donde vamos

03 février 2019

Magouilles et corruption des élites - Partie 2: Le sabotage de la dénazification

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Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l’ultra libéralisme économique et financier, ce n’est pas par pragmatisme (on l’a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie. Il s'agit d'une idéologie totalement élitiste, on pourrait presque parler d'eugénisme social, et qui est souvent complétée par une gestion fascisante de la société et des rapports sociaux.

Ce très long article (seulement la 2de partie est publiée aujourd'hui) permettra de comprendre les liens existants entre certaines mouvances d'extrême droite, fidèles représentants du fascisme, le processus de création européenne qui relève de la même idéologie, et les lobbys qui représentent avec un grand succès les milieux patronaux et financiers. Aujourd'hui, focus sur le traitement des différents "collabos" après la guerre et la montée en puissance de la mafia.

 

 

PARTIE 1:

 

Magouilles et corruption des élites - Partie 1 : La 2e Guerre Mondiale, œuvre du fascisme financier - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

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PARTIE 2: 

 

Le "Sabotage de la dénazification"

Annie Lacroix-Riz parle de "sabotage de la dénazification politique et culturelle", ainsi qu’ "économique", par les Américains et leurs alliés du "grand capital". En effet, à la fin de la guerre, il n’était pas question pour les US de déstabiliser l’économie allemande avec des sanctions, et surtout pas contre les grands industriels et financiers ou leurs actionnaires.

D’ailleurs, on se rappelle que les usines clés de l’industrie allemande, où étaient souvent placés des capitaux américains, ont généralement évité les bombardements alliés [1]. Il fallait que l’argent continue à rentrer. "La plupart des installations appartenant aux filiales des entreprises américaines en France, en Belgique et aux Pays-Bas subirent si peu de dégâts suite aux bombardements alliés qu’il ne fut pas rare que "des usines qui, une semaine plus tôt, avaient encore produit pour l’armée allemande, se mirent brusquement à fournir le même matériel aux armées alliées", comme l’écrit Robert Sobel à propos des filiales d’ITT", explique Jacques Pauwels dans " Big Business avec Hitler".

Dans le même ordre d’idées, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’après-guerre, les US condamnent ou au moins sanctionnent les entreprises américaines qui avaient fait du business et possédaient des sites industriels dans l’Allemagne d’Hitler, eh bien il n’en a rien été. Au contraire même :  Pauwels rappelle que "Une fois la guerre terminée, ITT, General Motors et les autres grandes entreprises américaines qui avaient fait des affaires en Allemagne non seulement ne furent pas sanctionnées, mais elles furent dédommagées pour les dégâts que leurs filiales avaient subis suite aux bombardements anglo-américains[2]

 

L’exfiltration et la réinsertion des Nazis

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Passons donc sur la guerre en elle-même, sur la Collaboration politique et économique, et sur l’œuvre durant la guerre des mafias de fascistes protégés, qui s’en prenaient aussi bien aux Juifs qu’aux Résistants, aux communistes et à leurs concurrents en affaires.

Nous allons voir à travers différents exemples à quel point ce "sabotage" de toute tentative sérieuse d’épuration ou de dénazification a été important, car de fait il arrangeait tout le monde. Sauf, bien-sûr, la démocratie et les libertés des peuples, mais à ce stade nous avons bien compris que ce n’est pas du tout là l’objectif, ni de ceux qui nous dirigent, ni de ceux qui ont le pouvoir.

Commençons avec le cas le plus emblématique qui reflète ce sabotage : l’opération Paperclip, destinée à faire sortir d’Allemagne et des pays alliés, à la fin de la guerre, des milliers de nazis. Ces criminels ont été exfiltrés avec l’aide de l’église catholique (la "ratline" via les monastères italiens, ou encore la filière Opus Dei, qui passait par Madrid pour finir le plus souvent en Argentine [3]) mais aussi et surtout avec l'aide de la CIA. Cette fuite a aussi été organisée avec la contribution de nazis comme Otto Skorzeny ou Reinhard Gehlen (dont on va reparler), qui ont mis en place ces réseaux d’exfiltration, devenus ensuite des réseaux d’agents voués à la défense des intérêts US partout dans le monde.

2018-12-15 11_12_01-Klaus Barbie, el carnicero nazi que ayudó a Pablo Escobar a formar su imperio _

C’est pour cela qu’on a, par exemple, retrouvé Klaus Barbie en Bolivie, où il trafiquait de la drogue [4], où il a contribué à la traque de Che Guevara et à son assassinat en Bolivie avec la bénédiction de la CIA, et conseillé les dictateurs du moment pour la répression des opposants, à laquelle il a pris une part active et pas seulement en Bolivie. C’est aussi comme cela qu’Eichmann a été rattrapé en Argentine, contre la volonté de la CIA et des services allemands, qui savaient parfaitement où le trouver. C’est pour cela que Mengele a vécu paisiblement à Buenos Aires en Argentine, au Paraguay [5]il était proche du dictateur Stroessner et aurait fait dans le trafic de drogues, et au Brésil, après un passage au Canada en 1962. Même Hitler, selon certains, aurait pu s’échapper de cette manière pour aller vivre en Amérique Latine [6].

En Amérique Latine où des réseaux de nazis ont facilité l’exfiltration de congénères, notamment en Argentine [7], et en Afrique, ces nazis ont aidé les dictateurs, participant à la formation des forces de répression, ou à la traque et à l’élimination des opposants.

Par exemple, Walter Rauff, inventeur des fourgons à gaz et responsable de la mort de plus de 100.000 personnes, a fui grâce au Vatican et s’est réfugié au Chili où il a été l’un des conseillers de la DINA, la police politique de Pinochet. Il est mort en 1984 sans jamais avoir été inquiété bien qu’il avait été localisé officiellement en 1961. Rauff a aussi travaillé pour le Mossad dès la fin des années 40 et c’est même son agent traitant au Mossad qui lui a permis d’obtenir des papiers pour l’Amérique Latine [8].

2019-01-27 18_29_12-Colonia Dignidad_ La peligrosa secta que ayudó a implantar un régimen de terror

Un lieu sordide appelé "Colonia Dignidad", a servi de centre de la répression dans le cadre du plan Condor[9], établi dans plusieurs dictatures latino-américaines. Colonia Dignidad était une véritable colonie Allemande, en contact avec les autorités allemandes et chiliennes, et c’était surtout un lieu de tortures, de meurtres d’opposants, de viols systématiques d’enfants [10], ainsi que d’expérimentations [11], qui passait pour une secte. Des enfants étaient torturés devant leurs parents, violés, parfois tués. Ce complexe a été créé par d’anciens SS, derrière un certain Franz Pfeiffer Richter qui dirigeait le Parti Nazi Chilien[12].

La Colonie a eu les mains libres jusqu’en 1996 [13]. Son patron pendant des dizaines d’années, le médecin allemand et ancien nazi Paul Schafer [14], invitait des politiciens à la colonie et filmait tout. On a appris récemment que parmi ces visiteurs il y avait le ministre la justice et sénateur Hernán Larraín, ancien fan du régime Pinochet, qui avait défendu publiquement Schafer et s’était indigné de l’intrusion de la police dans la propriété à l'occasion d'une perquisition.

L’un des premiers soutiens de la colonie était un certain Gerhard Mertens, marchand d’armes international qui gérait la boîte Merex Corp. basée à Bonn et fondée en 1966 avec Skorzeny. Ledit Mertens était depuis des années rémunéré par la DIA (Defense Intelligence Agency) et la CIA, et collaborait avec le BND, les services secrets allemands [15], eux-mêmes créés par un autre nazi, Reinhard Gehlen. Il a aussi officié comme conseiller militaire, notamment en Egypte au début des années 50. Merex a fourni des millions de munitions aux Contras qui s’opposaient au gouvernement démocratique du Nicaragua. On pourrait élargir longtemps sur ces magouilles, liées conjointement aux Nazis et à la CIA, c’est d’ailleurs édifiant et trop peu connu.

Un peu dans la même catégorie, on peut citer le cas du Suisse François Genoud, qui fut aussi bien nazi qu’un important soutien de mouvements terroristes arabes, au moins depuis la fin des années 50 aux années 90. Nazi de la première heure (il était le légataire des écrits de Goebbels et son exécuteur testamentaire), ce banquier passait déjà pour un des banquiers du IIIe Reich. Il a aussi travaillé pour l’Abwehr pendant la guerre, a été recruté en 1941 par l’officier de l’armée et ex gestapiste (et futur parton de la police criminelle allemande) Paul Dickopf dont il est devenu l’ami, afin de travailler pour les renseignements nazis, alors qu’il travaillait déjà pour les renseignements suisses. Pendant la guerre il se livre à des trafics d’or, de devises et de faux papiers, puis est emprisonné un petit moment en 1944 pour espionnage en faveur de l’Allemagne, et aide les US à exfiltrer ses amis nazis, notamment vers l’Afrique du nord et le Moyen-Orient.

2019-02-03 15_01_39-L'éditeur pronazi François Genoud est mortLe banquier antisémite finançait aussi

En 1951, Genoud, qui était un ami de gens comme Klaus Barbie dont il a financé la défense, Martin Bormann dont il a géré une partie des investissements pour le compte d’Hitler, ou Otto Skorzeny, édite les livres du Nazi belge Léon Degrelle et d’autres collabos français, et puis très vite il commence à s’occuper des mouvements d’opposition terroristes ou non en Algérie où il finance le FLN dès 1962, au Maroc, au Liban, en Egypte notamment. Puis, il finance divers groupes islamistes comme les Frères Musulmans, via notamment la banque Al-Taqwa qu’il a cofondée [16] en 1988 avec d’autres Nazis.

Cette banque basée dans trois paradis fiscaux (Suisse, Bahamas, Liechtenstein) a perdu sa licence en 2001 en raison de ses activités douteuses : elle a carrément été accusée d’avoir financé Al Qaïda, le Hamas et le GIA algérien. Son directeur, un Suisse converti au centre islamique de Genève qui se faisait appeler Ahmad Huber, s’affichait en même temps comme néo-nazi, et mettait des portraits d’Hitler chez lui. C’était un proche de Genoud. 

Certains soupçonnent également Genoud, avec ses amis nazis impliqués dans la finance, d’avoir contribué à dissimuler l’argent des Nazis, c’est-à-dire les milliards volés aux Juifs et aux peuples pillés par cette clique. Ce genre de manoeuvre semble d'ailleurs être devenu sa sépcialité, comme le montre une anecdote citée par la CIA. Dans les années 80, les archives de la CIA mentionnent en effet une drôle d’affaire impliquant Genoud : il est écrit dans une note d’information de septembre 1987 concernant François Genoud que "Après être rentré de Suisse, il est devenu un des dirigeants principaux de la Banque Commerciale Arabe. L’émir du Koweït a déposé 500.000 £ à la banque pour l’assistance aux orphelins de la guerre d’Algérie. L’argent a disparu et Genoud a été accusé d’avoir détourné les fonds vers les terroristes palestiniens" par les algériens, qui l’ont arrêté quelque temps.

2019-02-03 17_08_40-Destination Lune - Les anciens nazis de la Nasa _ ARTE

Une autre partie des Nazis et collabos s’est trouvée recyclée dans la politique européenne, nationale, ou dans la banque, les services secrets[18], l’industrie, et cela aussi bien en Allemagne qu’en France (Mitterrand, Papon, Bousquet [19]…), en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, au Danemark et ailleurs. La liste des ordures recyclées dans la société, et dans les structures étatiques d’après-guerre est très longue et particulièrement alarmante, au point qu’on est obligé de se demander si ce n’est pas dans le 4e Reich que nous vivons aujourd’hui. On va revenir sur tout cela.

Les USA ont aidé et accueilli de nombreux nazis, que ce soit à la NASA, dans les universités pour la recherche dans différents domaines tels que la psychologie et la psychiatrie, le nucléaire, la chimie, et même dans les renseignements. Un certain Otto Albrecht von Bolschwing, qui fut SS et aide de camp d’Eichmann (il a organisé des pogroms contre les juifs en Roumanie) puis banquier pendant la guerre, a ainsi rejoint l’organisation Gehlen puis la CIA, d’abord en Europe puis aux Etats-Unis. Il a été naturalisé en 1959[17] et a perdu ladite nationalité en 1982, peu avant sa mort mais après le scandale de l’affaire Eichmann. On va revenir sur tout cela par la suite.

Tout ce recyclage a été possible grâce aux contacts étroits déjà noués pendant la guerre, notamment par Allen Dulles, qui était en poste en Suisse en tant que chef de la division européenne des renseignements US. Auparavant, il était le copropriétaire de la grande firme d’avocats Sullivan & Cromwell, qui travaillait pour les plus grands monopoles US de Wall Street.

 

Le pouvoir des mafias

Carbone,_Hainnaux,_de_Lussats_et_Spirito_-_Regards_-_6_mars_1934

A la Libération, très peu des truands collabos et/ou nazis ont été condamnés. Que ce soit à Paris ou sur la côte d’Azur, ils ont su rester proches des milieux politiques, on va y revenir car cela donnera notamment la French Connection (un trafic de drogue centré sur Marseille, qui importait la matière première d’Asie et du Moyen-Orient pour la transformer dans les labos clandestins [20], et l’expédier en majorité vers les Etats-Unis, dans les années 60 et 70 surtout), qui a été largement couverte, si ce n’est implémentée par les milieux politiques français [21]. Nombre de hauts fonctionnaires et politiciens Collabos ont également pu poursuivre leurs activités quasiment sans encombres.

Paul Carbone était avec Lidro Spirito, né dans le sud de l’Italie, un des deux grands mafieux qui régnaient sur Marseille dans les années 30. Ils étaient très actifs dans la traite des femmes jusqu’au Maghreb (notamment Le Caire qui était la plaque tournante de ce qu’on a appelé la "traite des blanches"), ainsi que dans le jeu et le trafic de drogue.

Pendant la guerre, Carbone était en contact avec les autorités allemandes et même avec la Gestapo, conseillant par exemple aux Allemands de faire sortir de prison un diplomate péruvien appelé Carlos Fernandez Bacula, emprisonné en Allemagne puis en France pour trafic de drogue. Carbone avait aussi proposé à un lieutenant-colonel de l’Abwehr de mettre en place un trafic d’héroïne. Quand le Péruvien est sorti de prison, c’est chez Etienne Léandri, ce Corse qui a travaillé pour la Gestapo durant la guerre, qu’il l’a planqué.

Le protecteur de Carbone et François Spirito, Simon Sabiani, régnait politiquement sur Marseille où il était élu et dirigeait la Légion des Volontaires Français, qui a collaboré avec les nazis. Condamné à mort à la Libération, il a fait un passage en Italie en 1945, où il était en contact sur place avec Marcel Déat, autre fasciste patron du Parti Populaire Français que Sabiani avait rallié dès 1936 [22]. Pendant les années 30, Spirito a utilisé les hommes de main des mafieux Carbone et Spirito pour être réélu et mater les manifestation d’opposition. La symbiose était donc complète. 

Mafia et République 1 3 Naissance d'un pouvoir invisible 1929 1945 – ARTE 2017

De fait, la mafia n’est pas en dehors du pouvoir, elle en est un rouage, un corollaire indispensable. Que ce soit en termes de pouvoir économique ou politique, parfois même militaire, la mafia joue un rôle nécessaire car elle peut mener des opérations hors du champ du contrôle démocratique (Parlements, médias) et ainsi rapporter de grandes quantités d’argent.

La proximité entre truands et politiques s’est exportée jusqu’à Paris avant la guerre, et s’y est renforcée au fil des années comme l'a montré l'exemple des Hauts-de-Seine, royaume du RPR et, un temps, de Pasqua, puis de Sarkoléon. Quand la guerre a éclaté, Sabiani qui dirigeait le Parti populaire Français pour la zone sud et était en contact avec Pierre Laval, le bras droit de Pétain, a demandé à faire libérer les truands qui avaient été mis en prison afin de renforcer les troupes de la « Révolution Nationale » et de lutter contre la Résistance. A Marseille, les Allemands ont donc pu s’appuyer sur "les services du PPF de Sabiani et des gangsters Carbone et Spirito[23], deux mafieux qui ont créé la première filière de transformation de l’opium à destination des Etats-Unis dès les années 30. Spirito avait même son bureau à côté du SS en chef Ernst Dunker à Marseille.

Simon Sabiani, Paul Carbone et François Spirito à Marseille en 1934 - AFP STF

Carbone a donc poursuivi son trafic de drogue international pendant la guerre avec la bénédiction des Allemands et grâce à ce diplomate péruvien germanophile dont il était partenaire. Puis ce sont les frères Guérini qui ont repris le flambeau avec la bénédiction du Roi de Marseille, Gaston Deferre.

Un des proches de Carbone et de Sabiani, mais aussi d’Henri Lafont [24] ce truand bras-droit de la Gestapo, était le proxénète, spécialiste du racket et trafiquant d’héroïne Auguste Ricord, qui a été le co-auteur, avec le déjà célèbre braqueur Alfredo Palmeri, du vol de passeports français vierges dans les coffres de l’imprimerie de Melun. Ces passeports "permettront aux agents de l’Abwehr ou de la Gestapo de se mêler sans tarder à la foule des réfugiés qui errent encore sur les routes", écrivent Louis Sapin et Pierre Galante dans "La grande filière. Croissance, déferlement et débâcle de la French Connection". Ricord n’avait pas non plus hésité à collaborer avec la Gestapo à Paris [25], à travers une organisation de mafieux fascistes dirigée par Henri Lafont, appelée "La Carlingue". Certains des membres de la carlingue disposaient de cartes de police et travaillaient à la demande de la gestapo, tout en continuant leurs différents business en toute impunité [26]. A Paris et Lyon, Henri Lafond, un célèbre truand, sera ainsi recruté par la Gestapo. Les mafieux se retrouvent ainsi dans les services d’ordres nazis et vichystes.

Les auteurs rappellent aussi que le groupe de Corses auxquels appartenaient Ricord, Palmeri et quelques autres, "S’ils ne disposent pas de la carte de la police allemande, ses membres –qui sont d’ailleurs pour la plupart des italiens- ont dans leur poche une attestation bilingue avec la mention :’Les autorités allemandes sont invitées à aider le porteur de cette carte. En cas d’arrestation, prière de se mettre en rapport avec le service dont il dépend".

PPF Doriot

Un certain Etienne Léandri, monté à la capitale dans les années 30 pour y étudier le droit, a trainé dans les soirées parisiennes pendant toute l’Occupation, et a aussi collaboré de près avec la Gestapo à Nice, tout en vendant des crèmes de beauté aux allemands grâce à des passe-droits pour pouvoir les fabriquer. A cette époque, il se vante de gagner beaucoup d’argent et même de pouvoir financer le PPF de Doriot. En 1943, il a largement financé les obsèques de Paul Carbone, où étaient également présents Otto Abetz, ambassadeur de Berlin à Paris, un tas d’officiers Allemands, des membres du PPF de Doriot, ainsi que Tino Rossi ou Mistinguett…  Léandri était également proche, pendant et après la guerre d’un milliardaire US, Virgil Neil, qui était devenu le fournisseur exclusif de crèmes à raser de la Wehrmacht grâce à ses amitiés avec des membres des services secrets nazis. On notera au passage que Neil utilisait des sociétés écrans basées à Monaco (un paradis fiscal) pour mener ses transactions.

Il s’enfuit en Allemagne en 1944 avec une centaine de membres de PPF, puis revient rapidement en France bien qu’il ait pris 20 ans de travaux forcés pour collaboration[27]. Devenu quelques années plus tard un proche de Charles Pasqua [28], Léandri a pu continuer ses activités.

Les truands Carbone et Spirito sont remplacés par une nouvelle génération, comme les frères Guérini qui joueront un rôle central dans la French Connexion jusque dans les années 60. Ils étaient liés de près au "socialiste" Gaston Defferre qui a régné sur Marseille de 1953 jusqu’à sa mort en 1986, dans une relation semblable à celle de Sabiani, qui en 1944, selon la CIA "était le leader des Corses en France", avec Carbone et Spirito. On retrouve beaucoup de types au passé obscur dans les rangs de la French Connection, comme le chimiste Franz Kopp, ancien colonel de la Wehrmacht qui a travaillé pour divers mafieux.

 

En France, un discret retour des milieux fascistes

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En France, on connait les cas Bousquet, Papon, Leguay, ou encore Touvier [29]. Eux ont tout de même été jugés. Mais ils ne représentent qu'une petite partie de ces nazis et collaborateurs qui n’ont pas hésité à participer à la répression durant la guerre, et qui ont pu mener tranquillement la suite de leur carrière après la guerre. Et si cela n’avait tenu qu’aux autorités, ils seraient tous morts sans avoir jamais été renvoyés au tribunal.

On notera aussi que beaucoup d’entre eux sont parvenus à s’acheter une image de résistant à la fin de la guerre. C’est le débat de ce qu’on appelle les "vichysto-résistants" sur lesquels règne un lourd soupçon de la part de nombreux résistants historiques. 

Quelques collabos, généralement parmi les plus meurtriers et les plus visibles, ont été fusillés à la Libération, notamment quelques gestapistes comme Henri Lafont. Mais il existe de nombreux cas surprenants, comme celui Jean Barbier. Chef à Grenoble du Parti Populaire Français de Jacques Doriot durant la guerre, il a incorporé la Waffen SS, travaillait aussi pour la Gestapo a dénoncé et torturé à tour de bras. En 1944 il a fui avec les Allemands mais a tenté de déserter, a été arrêté puis libéré par les US, et s’est enfui à nouveau quand il a été reconnu en France, avant d’être condamné par contumace. Dès 1946 il s’est installé sous un faux nom à Marseille, jusqu’à ce qu’une de ses victimes le dénonce en 1962. Il sera à nouveau condamné à mort en 1965 puis gracié par De Gaulle dès 1966.

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Robert Schuman, un des "pères fondateurs" de l’Europe, n’avait pas caché ses sympathies fascistes avant et même pendant la guerre (il a notamment voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940), ce qui ne l’a pas empêché de devenir une icône de la politique nationale et européenne. Mitterrand, qui était un grand ami de René Bousquet, s’est entouré de plusieurs vichystes dans son cabinet dans les années 50. S’il a pu se construire un passé de Résistant à la fin de la guerre, ce passage de sa vie reste l’objet de nombreuses controverses et de vrais résistants se montrent très sceptiques. D’ailleurs, il a réclamé la Francisque, une breloque vichyste pour services rendus, et l’a obtenue en 1943.

Révoqué en 1945, Jean Leguay a gagné les Etats-Unis, passant dans le privé : "il travaille successivement pour le parfumeur Nina Ricci (il en est le vice-président pour la distribution) puis pour le groupe Warner Lambert, l’un des leaders américains de la chimie fine pharmaceutique et des cométiques, dont il dirige les filiales françaises" selon Philippe Valode dans "Le Destin des hommesde Pétain". Dès 1957 Leguay obtient sa réintégration dans le corps préfectoral. Il est quand-même repéré par les Klarsfeld, qui débusquent les nazis impunis, est inculpé en 1978 pour crimes contre l’Humanité, mais meurt en 1989 avant qu’un procès n’ait eu lieu.

2019-02-03 16_04_36-1993, l'assassinat de René Bousquet _ justice ne sera pas rendue - Archives vidé

Bousquet lui-même a d’ailleurs été recruté très tôt par les services américains, qui l’ont libéré en 1945 de la résidence surveillée où les Nazis l’avaient placé à la fin de la guerre. Du coup, alors que ce haut fonctionnaire avait joué un rôle important dans la police vichyste [30], et avait été préfet en zone occupée. "En avril 1945, les troupes américaines le libèrent et lui proposent de rejoindre les Etats-Unis, à la demande de l’Office of Strategic Studies (l’OSS), ancêtre de la CIA, qui a flairé l’importance du personnage[31]. Mais finalement il rentre en France dès le 18 mai 1945 et doit faire un passage à la prison de Fresnes avant de travailler comme conseiller technique à la direction générale de la Banque d’Indochine dont il devient rapidement secrétaire général [32] puis dont il a dirigé de nombreuses filiales dans le monde.

Bousquet a aussi intégré le conseil d’administration de La Dépêche de Toulouse en 1959, en faisant un organe pro-Mitterrand.  Puis il tente de se lancer en politique, côté "socialiste" tout en siégeant dans divers conseils d’administration. Philippe Valode dans "Le destin des hommes de Pétain", explique que Bousquet est parvenu à conserver la garde rapprochée qui l’entourait avant et pendant la guerre, lors de sa carrière d’après-guerre. Il cite Jean Leguay, qui a été directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur en zone occupée, Ingrand, qui "participe largement aux négociations avec les Allemands et à l’organisation des rafles de juifs en zone occupée et en zone libre, ainsi qu’à leur transfert de la zone libre vers la zone occupée", le tout sous les ordres de Bousquet, les deux avaient participé à l’organisation de la rafle du Vel d’hiv (13.000 personnes, dont plus de 4.000 mineurs). En 1943 il est nommé préfet de l’Orne.

Hélas, Bousquet a été assassiné en 1993, quelques semaines avant son procès, par "un déséquilibré".

Pour citer encore un autre exemple, au hasard, prenons dans le secteur agricole. L’Etat vichyste, qui a beaucoup misé sur la culture paysanne et l’agriculture pour approvisionner suffisamment les français et l'Allemagne, avait créé la "Corporation Paysanne" dès 1940 afin d’organiser le secteur. L’un de ses dirigeants, nommé par Pétain, était le syndicaliste paysan (UNSA) Camille Laurens. L’individu avait aussi, comme Mitterrand, obtenu la plus haute distinction du régime vichyste, la francisque, qu’il fallait réclamer. Dès 1945, Laurens, devenu résistant à la fin de la guerre, se présente aux législatives, ce qui provoque quelques remous car il s’agissait tout de même d’élire une assemblée constituante. Il a été élu au nom de la lutte contre "le péril marxiste", mais son élection a été invalidée par les députés. Il s’est représenté en 1946 a été réélu par l’électorat paysan du Cantal où Laurens installe sa petite hégémonie. Pourquoi une telle persévérance ? "Il y eut immédiatement, aux côtés du nouveau député du Cantal, un groupe de notables profondément maréchalistes qui accédèrent bientôt aux responsabilités politiques", explique l’historien Gilles Richard, dans l’article "Parti paysan et société rurale dans la France d’après-guerre – l’exemple du cantal (1945-1962)". Laurens devient ensuite ministre de l’Agriculture sous quatre gouvernements successifs entre 1951 et 1953.

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A Nantes, il y a par exemple le cas André Morice. Pendant la guerre il était le directeur, avec Théophile Badiou, de l’Entreprise nantaise de travaux publics et paysagers (ENTPP), qui avait beaucoup travaillé avec l’occupant durant la guerre, notamment pour construire le "mur de l’Atlantique". Si Badiou a pris une lourde amende après la guerre pour collaboration économique, de son côté Morice a su louvoyer et éviter une condamnation. Il a donc repris à la fois la direction de l’entreprise et la politique, au parti radical de droite, tout en menant la réorganisation de la fédération locale pour en faire un tremplin, est parvenu à occuper des fonctions ministérielles jusqu’en 1957, à devenir maire de Nantes de 1965 à 1977, et sénateur de 1965 à 1983.

Quant aux patrons et dirigeants qui ont allègrement collaboré pendant la guerre, on s’est rarement empressé de les condamner. Les comités professionnels d’épuration d’après-guerre ont fonctionné au ralenti, protégeant les responsables les plus élevés, qui se sont aussi bien enrichis grâce aux nazis. Le cas du comité de la fédération du BTP est assez révélateur.

Dans l'article "Un grand patronat français peu renouvelé à la Libération", Hervé Joly mentionne une liste de grands patrons collabos, dont finalement peu ont reçu une condmnation qui, quand elle a eu lieu, fut symbolique : "L. Renault ou M. Paul-Cavallier, arrêtés, sont morts (respectivement en octobre 1944 et janvier 1946) avant d’avoir été jugés. G.-J. Painvin (Ugine et CCF), R.-P. Duchemin (Kuhlman), H. Jahan (Paribas) ou H. Ardant (Société générale) ont finalement bénéficié de non-lieux judiciaires ; seul P. Baudoin a été condamné par la Haute Cour à cinq ans de travaux forcés, mais en qualité d’ancien ministre des Affaires étrangères ; de même, tous sauf A. Laurent-Atthalin, H. Jahan (Paribas) et J. Frossard (Kuhlman), sanctionnés d’une interdiction de conserver un poste de commandement, ont été mis hors de cause par la Commission nationale interprofessionnelle d’épuration (CNIE). Mais ces décisions clémentes sont intervenues tardivement, entre 1947 et 1949, après que les campagnes menées à la Libération contre certains dirigeants les aient déjà amenés à démissionner". 

 

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La situation globale après la guerre était instable : les communistes, nombreux dans la Résistance, étaient puissants, les Russes avaient réussi un partage de l’Europe qui ne plaisait pas aux Américains, et le continent était ravagé sur tous les plans.

L’urgence pour les milieux industriels et financiers, américains en tête, était d’établir une hégémonie sur l’Europe de l’Ouest. Comment imposer cette hégémonie ? Plusieurs leviers ont été utilisés, dont le principal était la création de l’Europe, cette vieille chimère de certains milieux politiques et économiques.

Cette idée était, il faut bien le dire, assez osée : alors que les cendres des villes détruites étaient encore fumantes, des Monnet, Schuman et compagnie ont imposé une "Europe" où on ouvrait grand les bras aux Allemands. On va voir qu’ils se sont donné du mal pour imposer cette Europe "contre les peuples", comme l’a dit fièrement Jean Monnet, mais qu’ils ont eu de grands soutiens et que finalement, il aurait été impossible de faire autrement.

L’intégration européenne avait pour seul objectif de créer un marché libre pour l’économie US, sans aucune entrave. Le bonus était d’intégrer militairement l’Europe dans l’OTAN, et politiquement dans l’ONU et ses satellites, le FMI et la BRI, la banque mondiale et la banque des règlements internationaux.

 


[1] Dans "Big Business avec Hitler", Jacques Pauwels rapporte (p.304) que "Bernard Baruch, un financier de Wall Street devenu conseiller du président Roosevelt, aurait donné l’ordre de ne pas bombarder - ou légèrement seulement - certaines usines situées en Allemagne, notamment les filiales des entreprises américaines. Si c’est vrai, cela expliquerait pourquoi le centre historique de Cologne fut écrasé sous les bombes, alors que la gigantesque usine de Ford-Werke, en bordure de la ville et clairement visible du ciel, eut la réputation d’être l’endroit le plus sûr de la ville durant les raids aériens, même si, de temps à autre, quelques bombes s’écrasèrent sur son vaste terrain.". A Anvers en Belgique, l’usine Ford a aussi été épargnée par les bombes, tout comme les usines d’AEG à Nuremberg (dont un gros actionnaire était General Electric), ou le site de Bayer, qui était liée à la Standard Oil via l’IG Farben, à Leverkursen.

[2] Pauwels précise que "General Motors et ITT reçurent de l’État américain des dédommagements s’élevant respectivement à 33 et 27 millions de dollars, partiellement sous la forme de réductions d’impôts. Dans le cas d’ITT, il s’agit principalement d’indemniser l’usine qui produisait des chasseurs du type Focke-Wulf ".

[3] L’Opus Dei, dont le fondateur était un membre du cabinet de Franco, tout comme son ami Licio Gelli le fondateur de la Loge P2, très active dans le stay-behind, s’est fait beaucoup d’argent grâce à l’exfiltration des criminels de guerre nazis. Par exemple, Martin Bormann et 13 des plus hauts dignitaires nazis ont rejoint l’Amérique latine, déguisés en prêtre et munis de passeports du Vatican avec des noms à consonance espagnole.

barbie

[4] Barbie le nazi (surnommé « le boucher de Lyon », responsable de 10.000 arrestations, de tortures, de déportations, et de l’assassinat de nombreux Résistants comme Jean Moulin, environ 6.000 et disparitions à son actif), arrivé en 1951 en Bolivie, a obtenu la nationalité en 1957, et a travaillé notamment avec Pablo Escobar pour la fourniture de matière première destinée à la fabrication de cocaïne, qui était transformée par Escobar dans ses laboratoires en Colombie. De 1946 à 1951, il était un informateur du service de contre-espionnage de l’armée d’Allemagne de l’ouest. En Bolivie, Barbie, alias Klaus Altmann, n’était pas du tout repenti, s’étant même fait virer en 1966 d’u club Allemand de La Paz pour avoir crié « Heil Hitler », ce qui a jeté un froid. Hugo Banzer, le dictateur Bolivien (d’origine allemande) de 1971 à 1978 et de 1997 à 2001, a décidé produire de la coca à la place du coton, et Barbie, avec ses réseaux, a contribué à la mise en place des circuits de vente.

Banzer avait nommé Barbie/Altman à la direction de la compagnie commerciale maritime nationale, la Transmarítima Boliviana (la Bolvie n’a pas de côte) qui lui permettait de transporter diverses marchandises partout dans le monde et voyager lui-même, notamment en Europe. Parmi ces marchandises, il y avait semble-t-il des armes. Plusieurs proches de Banzer ont été arrêtés en 1978, si bien qu’il a du organiser des élections qu’il a perdues malgré d’importantes fraudes. Mais en 1980 le « coup d’Etat de la cocaïne » a mis au pouvoir le général Garcia Meza, très proche du plus gros narco du pays, Roberto Suarez Gomez, l’un des organisateurs du coup d’Etat avec le général Arce Gomez, ami de Klaus Barbie qui a joué un rôle également dans l’organisation du coup d’Etat. Barbie a notamment fait appel a à l’un des leaders du réseau Gladio italien et membre de la loge P2, Stefano Delle Chiaie, qui était alors en fuite pour le meurtre à Washington d’un politicien chilien d’opposition. Delle Chiaie est donc arrivé en Bolivie avec 200 mercenaires Argentins déjà habitués au massacre des opposants à la dictature. Delle Chiaie lui-même était en contact permanent avec la CIA., qui l’a même prévenu en 1982 quand les Italiens et le bureau des stupéfiants US s’apprêtaient à le faire arrêter en Bolivie.

[5] Mengele a vécu au Paraguay au moins en 1960 et de 1963 à 1964, dans le village d’une charmante petite communauté allemande appelée Hohenau, sous le nom de José Mengele.

[6] Le journaliste Jacques Robert dans « L’évasion d’Adolf Hitler », paru en 1989, explique que la mort d’Hitler était une mise en scène et qu’il s’est enfui. Plusieurs témoignages collectés par la CIA disent qu’Hitler a été vu en Amérique Latine. 

[7] Selon un document de la CIA de 1953 sur "les nationalistes allemands et les activités néo fascistes en Argentine", les Nazis établis en Argentine étaient en lien à la fin des années 40 avec les néo nazis italiens, qui on va le voir plus bas ont été le bras armé des réseaux Gladio mis en place par les US pour conserver la mainmise politique, et par conséquent économique, sur l’Europe.

Pinochet-1973-11-septembre

[8] En 1966 au Chili, il déclarait à un journaliste qui l’interrogeait sur ses actes durant la guerre : "Je dirais que je referais la même chose aujourd’hui. Il n’y avait rien d’autre à faire". Il a fui le Chili durant la période d’Allende, qui menaçait de l’envoyer au tribunal et de saisir son usine. Il est revenu après le coup d’Etat de Pinochet, pour devenir conseiller en chef de la DINA, chargée de lutter contre l’opposition par la terreur et les meurtres de masse. On estime que dans les premiers mois qui ont suivi le meurtre d’Allende et le coup d’Etat, environ 30.000 personnes ciblées (leaders politiques, syndicalistes, intellectuels, étudiants, artistes) ont été éliminés.

[9] La police secrète de Pinochet, la DINA, a envoyé des opposants prisonniers par centaines à Colonia Dignidad. Cela, alors que l’ambassade d’Allemagne au Chili était en contact permanent avec la colonie.

[10] Les enfants de familles pauvres et analphabètes des alentours étaient récupérés quand leurs parents devaient les amener au seul hôpital du coin, qui se trouvait dans la colonie. Il suffisait de dire aux parents que leur enfant était mort et de leur faire signer à leur insu un document d’adoption.

[11] Des documents déclassifiés, divulgués en 2016 par la justice chilienne, montrent selon les médias locaux que la Colonia Dignidad, appelée également « Villa Bavaria », la villa bavaroise, était « un centre d’endoctrinement qui créait des ‘robots humains’ au moyen d’enfermement et de tortures. Dans cet endroit, on abusait sexuellement de dizaines de mineurs, on appliquait des techniques d’expérimentation avec des psychotropes illégaux et des électrochocs sur les membres de la communauté ». D’importants stocks d’armes et de munitions y étaient aussi planqués, et Schäfer était mandaté pour acheter des armes sur le marché noir.

world union of national socialists

[12] Le Partido Nacional Socialista Obrero (PNSO), le parti national socialiste ouvrier. Pfeiffer avait, selon divers témoins, des contacts réguliers avec le parti nazi des Etats-Unis ainsi qu’avec le Ku Klux Klan. Dès sa création en 1962, le PNSO a rejoint l’Union Mondiale des Nationaux Socialistes (World Union of National Socialists -WUNS, une fédération de nazis basées aux Etats-Unis). En 1975, Pfeiffer, qui a entretemps été condamné pour des attentats, est nommé coordinateur idéologique de l’ « Alliance mondiale des nationaux révolutionnaires ».

[13] Un 1996, le pédophile allemand, Paul Schafer, un ancien des jeunesses hitlériennes devenu un pilier de la colonie à partir de 1961 et proche de Pinochet, a été condamné et a pris la fuite. Il était poursuivi pour tortures, disparitions, viols sur 16 mineurs, meurtre etc. Il a été arrêté en 2006.

[14] Paul Schäfer a dû quitter l’Allemagne pour des faits de pédophilie. Il avait monté une sorte de secte pédophile dans l’Allemagne d’après-guerre, appelée « la mission sociale privée », une œuvre soi-disant caritative dans l’Allemagne ruinée de la fin des années 40. Il enseignait carrément abuser des enfants qui étaient placés sous sa tutelle, et a fini par être dénoncé. Il a donc fui au chili avec 300 adeptes et contribue à la fondation de la Colonia Dignidad en 1961.

[15] Cf. "The Nazi hydra in America : Suppressed historty of a century, Wall Street and the Rise of the Fourth Reich" de Glen Yeadon (p.421).

[16] La licence de la banque Al Taqwa a a été retirée par les US

[17] Plus d’un millier de Nazis seraient officiellement entrés aux Etats-Unis à la fin de la guerre, selon les chiffres officiels, mais des archives indiquent plutôt un chiffre de 6 à 8.000. ET c’est sans compter ceux qui ont été envoyés en Amérique Latine, en Afrique ou au Moyen-Orient.

Otto-Skorzeny

[18] Par exemple, l’organisation ODESSA d’Otto Skorzeny, officier SS recruté par la CIA, a recyclé pas mal de nazis dans les pays du Maghreb. Emprisonné pour nazisme à la fin de la guerre, ce très proche d’Hitler a été mystérieusement acquitté, et a rejoint l’Espagne franquiste avec l’aide des américains. Skorzeny a même travaillé pour le Mossad, notamment en Egypte. Le réseau Gehlen, de Reinhard Gehlen et qui regroupait plein de gestapistes, informait la CIA sur tout ce qu’il passait en URSS, et a été intégré au BND, les services secrets allemands en 1956.

[19] Haut fonctionnaire prometteur dans les années 30, Bousquet aurait la responsabilité de 40% des Juifs déportés pendant la guerre. En 1941, Darnand le nomme au Secrétariat général à la Police. En 1943, il a retourné sa veste, fait quelques actes favorables à la Résistance, puis en 1944 les Allemands l’envoient en résidence surveillée en Bavière. Les US le libèrent, lui proposent de travailler avec eux dans le renseignement militaire, mais il refuse et rentre en France  où il fait un passage à Fresnes avant d’être acquitté pour toute Collaboration. Une procédure est lancée contre lui en 1989, que Mitterrand fait tout pour freiner. Il est quand-même inculpé en 1991, mais est assassiné le 8 juin 1993.

[20] Ces laboratoires se trouvaient principalement sur la Côte d’Azur autour de Marseille, mais aussi à Paris et au havre, selon un rapport d’un comité du congrès US de 1971 sur le trafic de drogue.

[21] Les mafieux corses, notamment Carbone et Spirito, ont commencé le trafic d’opium dans les colonies françaises, comme l’Indochine, dès le début du XXe siècle.

[22] Sabiani s’est enfui à Barcelone où il est mort en 1956.

[23] Cf. Jean Defrasne, Que sais-je ? « L’Occupation allemande ». Jacques Follorou et Vincent Nouzille dans "Les parrains Corses : leur histoire, leurs réseaux, leurs protections", expliquent qu’en 1943 à Marseille, le Nazi qui dirigeait une section locale de la police secrète a recruté "plus de 200 agents locaux" et obtenu "facilement l’aide des hommes de main du PPF marseillais, qui pourchassent nuit et jour les opposants (…) Les frères Palmiéri, gros bras de carbone et Spirito, militants actifs du PPF, sont parmi les éléments les plus zélés de cette police prallèle. Ils extorquent des fortunes aux juifs qu’ils traquent, tout en prélevant leur dîme sur les saisies de biens qu’ils signalent aux Allemands". Afin de lutter contre les communistes, Sabiani a aussi promis le droit de porter des armes en intégrant une bande appelée la "Garde française", ce qui a fait accourir à Marseille pas mal de truands.

[24] Un documentaire qui retrace le parcours de Lafont :

Henri Lafont le parrain de la gestapo

[25] Ricord a été condamné à la Libération, pour des délits de droit commun, ainsi qu’à la peine de mort, par un tribunal militaire. Mais il s’est enfui en Amérique Latin, d’abord en Argentine dont il a obtenu la nationalité avant d’être expulsé, puis au Paraguay où il a été arrêté en 1972 à la demande du bureau des stupéfiants US en raison de son implication dans l’importation d‘héroïne aux Etats-Unis. Sur 20 ans de prison il en fait 10, sort en 1983 et meurt en 1985.

[26] Selon des inspecteurs de police chargés d’enquêter sur eux à la Libération, cités par Jacques Follorou et Vincent Nouzille dans leur livre "Les parrains Corses : leur histoire, leurs réseaux, leurs protections", la clique de la Carlingue s’adonnait en toute tranquillité à une liste de méfaits assez variée : "Pillage de biens juifs, récupération d’or, de bijoux de valeur, chasse aux patriotes, lutte contre les maquisards étaient les moindres actions de cette équipe de tueurs à la solde des Allemands qui les chargeaient des hautes et basses œuvres de leur justice : enlèvements, exécutions, disparition des traces de crimes, etc."

[27] C’est grâce à Lucky Luciano que Léandri est introduit auprès la CIA, et reprend ses trafics dans le cadre de la stratégie de la CIA. Le juge Gilbert Thiel écrit dans son livre "Mafias" que "Etienne Léandri avait représenté plusieurs fois les intérêts de Lucky Luciano auprès de la CIA, laquelle, en contrepartie des services ainsi rendus, lui apporta son aide pour obtenir l’effacement de sa condamnation en France".

[28] "Les deux premiers à accourir au chevet d’Etienne ont été Charles Pasqua et son fiston Pierre. C’est dire si la famille Pasqua doit beaucoup à l’ami Etienne, le grand argentier du clan", écrit Nicolas Beau dans "La Maison Pasqua", paru en 2001. "Ce natif de l’île de beauté est au mieux avec les Corses de l’UDR : Achille Peretti, Paul Comiti, René Tomasini, et naturellement Charles Pasqua".

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[29] Paul Touvier a dirigé la milice à Lyon, traqué les Juifs et les Résistants, puis est parti en cavale à la Libération, a été condamné à mort deux fois mais parvient à s’échapper in extremis, se planque dans des monastères, obtient une grâce présidentielle en 1967. Mais il reste planqué, car de nouvelles charges apparaissent contre lui, notamment l’assassinat d’un couple de Juifs, les Basch. Il est de nouveau arrêté en 1989 à l’abbaye de Wisques, puis a été condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité en 1994.

Touvier a donc bénéficié de nombreux soutiens dans sa fuite. Il a par exemple été aidé, pour obtenir la grâce de 1967, par un flic, le commissaire Tonnot, qu’un témoin a accusé d’avoir « tronçonné le dossier Touvier, d’en avoir fait sauter l’essentiel », notamment des pièces concernant l’assassinat d’Hélène et Victor Basch. Tonnot a été arrêté en 1975, car il était devenu « le souteneur des souteneurs » lyonnais, selon un article du Nouvel Observateur. Selon diverses accusations, Tonnot, frère d’un directeur de banque et soi-disant terreur du milieu lyonnais, « protégeait quinze hôtels de passe sur lesquels il prélevait une forte dîme ». Tonnot était très proche des gaullistes, ayant participé aux négociation d’Evian sur l’indépendance de l’Algérie. Selon Le Nouvel Observateur, « c’est lui qui, à Alger, en juillet 1962, a pris en charge le transport ou la destruction des archives de la police algéroise ». Puis, ajoute Guy Sitbon dans son article, « il a eu une carrière étonnante pour un homme entré dans le service comme gardien de la paix : il devait être promu commissaire divisionnaire en novembre 1972 ». Il avait donc la pleine et totale confiance des autorités.

Les soutiens de Touvier ont été nombreux du côté de l’Eglise, comme l’explique le rapport rendu en 1992 par des historiens au sujet de Touvier : « Parmi les réseaux qui ont protégé le tortionnaire, figurent des congrégations de contemplatifs de toutes obédiences (bénédictins traditionalistes de Solesmes et de Fontgombault, riches abbayes de Hautecombe, de la Grande Chartreuse, de Tamié et de Fontgombault, prieurés intégristes comme celui de Nice), des religieux engagés (jésuites, dominicains, pradosiens), des mouvements caritatifs (Saint-Vincent-de-Paul et le Secours catholique qui versait une aide mensuelle à Touvier), des services de l'église (Pax Christi, l'Aumônerie des prisons.). Parmi les personnalités ayant aidé Touvier, figurent le cardinal Jean Villot, secrétaire d'Etat au Vatican, Mgr Rodhain, fondateur du Secours catholique, Mgr Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Julien Gouet, responsable du secrétariat général de l'épiscopat, l'abbé Lucien Bourgeon qui se parait du titre d'aumônier du général de Gaulle, Mgr Duquaire, secrétaire particulier du primat des Gaules, Mgr Gerlier. Si, en novembre 1971, le président Pompidou signe un décret annulant l'interdiction de séjour et la confiscation des biens de Touvier, c'est sur sollicitation du père Léopold Bruckberger, son conseiller spirituel, mais aussi de Mgr Duquaire », lit-on dans l’Humanité du 10 janvier 1992.

[30] Certains disent qu’il aurait fait de la « résistance passive » au début de la guerre, et aurait laissé en place les hauts fonctionnaires francs-maçons, ou aidé des prisonniers de guerre à fuir. Des arguments qui ont probablement été sortis durant les poursuites judiciaires qu’il a connues. En 1942, il met en place une gestapo à la française en lien avec le général SS Karl Oberg. Les missions principales de cette « police » : traquer les Juifs et les résistants.

[31] Jean-Paul Lefebvre-Filleau et Gilles Perrault, « Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich ».

[32] Selon Philippe Valode dans son livre « Le destin des hommes de Pétain », Bousquet est nommé secrétaire général de la Banque d’Indochine « sur décision du président [de la banque] Jean Laurent (l’ancien chef de cabinet de De Gaulle, alors sous-secrétaire d’Etat à la Défense). Il y retrouve comme directeur général adjoint Paul de Thomasson, l’ancien directeur de la Banque de Paris et des Pays-Bas, également ancien administrateur de biens juifs séquestrés ».

 

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19 janvier 2019

Magouilles et corruption des élites - Partie 1 : La 2e Guerre Mondiale, œuvre du fascisme financier

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Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l’ultra libéralisme économique et financier, ce n’est pas par pragmatisme (on l’a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie. Il s'agit d'une idéologie totalement élitiste, on pourrait presque parler d'eugénisme social, et qui est souvent complétée par une gestion fascisante de la société et des rapports sociaux.

Ce très long article (seulement le début est publié aujourd'hui) permettra de comprendre les liens existants entre certaines mouvances d'extrême droite, fidèles représentantes du fascisme, le processus de création européenne qui relève de la même idéologie, et les lobbys qui représentent avec un grand succès les milieux patronaux et financiers. Ces connexions ne datent pas des années 30, mais comme il ne s'agit pas de revoir toute l'histoire de France, nous allons débuter ce récit avant la guerre.

 

On observe au regard de la succession de mouvements sociaux/ répressions/ régressions dans la société française depuis la "révolution" (terme à prendre avec un certain recul, quoi qu'après tout une révolution est un tout complet), cette idéologie fasciste ne peut s’affirmer que par la manipulation et par la force. C’est-à-dire dans une forme de totalitarisme, devenu un "totalitarisme bright", car aujourd’hui le totalitaire a un sourire de dentifrice, et un beau costume. L’autocrate n’est plus en uniforme militaire, il est carrément en uniforme de banquier.

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Et si, mandat après mandat, gouvernement après gouvernement, ceux qui incarnent ce fascisme financier continuent à détruire les pays comme si aucune alternative n’était possible, c’est parce qu’en effet, pour ces gens-là, il n’y a pas d’alternative.

D’abord parce qu'eux et leurs amis du gratin ont intérêt à continuer cette destruction jusqu’au bout, parce que c’est dans leur intérêt personnel et celui de leur caste. Ensuite, parce que ceux qui prennent les décisions sur le plan politique sont tenus par différents groupuscules, pour différentes raisons, et ne pourraient de toute manière pas agir autrement.

On entre là dans le vif du sujet.

 

La 2e Guerre Mondiale : l’œuvre du fascisme financier

Pour bien comprendre où nous en sommes aujourd’hui, il faut d’abord examiner comment les choses se sont déroulées jusqu’ici.

On pourrait remonter à l’Ancien Régime et ce serait très intéressant, on devrait même au moins commencer aux prémices de la "Grande Guerre", dans les années 1910, mais l’idée ici est de faire le plus court possible et c'est raté. 

On va donc commencer avant la deuxième guerre, quand les mécanismes par lesquels opère ce fascisme financier pour s’enrichir, et ce faisant, décidant de la pluie et du beau temps dans le monde entier, sont devenus franchement visibles. Même si l’historiographie officielle évite encore soigneusement le sujet, les archives sont là (surtout à l’étranger).

 

Des élites favorables à Hitler

Times 13 avril 1936

Le rôle des élites industrielles, financières et politiques dans le triomphe des idées fascistes mériterait à lui seul une encyclopédie. Le fascisme, c’est-à-dire l’autoritarisme politique, va de pair avec une forme d’ultra nationalisme, mais a pour rôle premier de faire la part belle aux intérêts financiers et industriels.

L’historienne Annie Lacroix-Riz a beaucoup travaillé sur cette question. Elle a notamment étudié un petit groupe qui s'appelaitr la "synarchie" [1], composé de banquiers, d’industriels et de technocrates aux idées clairement fascistes, généralement pro-Nazis [2], qui ont œuvré dans les années 30 pour que la France capitule face aux Allemands. En parallèle, ces mêmes individus ont fait prospérer leur business aussi bien avant que pendant l’Occupation. Toutefois, nombreux sont ceux qui continuent à nier l’existence de cette "synarchie", et crient au complotisme. Mais finalement cette "synarchie" n’était que l'une des multiples vitrines de ce pouvoir financier, pas plus efficace que d'autres.

Antony Sutton, un économiste anglo-américain qui a pu voir de nombreux documents sur les transactions et alliances entre Wall Street et l’industrie allemande dans les années 30, a montré à quel point l’argent de Wall Street a renforcé l’effort de guerre allemand, puis le 3e Reich. C’est grâce à Wall Street, par exemple, qu’Hitler a toujours pu avoir du pétrole pour faire la guerre. 

Time 14 avrl 1941

En France, la Collaboration a concerné de nombreux industriels et banquiers, des politiques ainsi que divers truands fascistes qui étaient bien pratiques pour mener les basses œuvres, comme réduire l’opposition au silence.

Le patronat, en effet, n’aime ni la dissidence ni la contestation. Il aime l’Ordre, et veut que l’ordre reste bien établi tel qu’il l’a toujours été, c’est-à-dire avec une disponibilité de main d’œuvre corvéable à merci qui ne peut pas contester sa condition, ou dont la contestation n’a pas d’impact sur la politique menée. Evidemment, un régime fasciste, voir nazi, où les syndicats et la gauche sont interdits [3], et où les salaires sont comprimés au maximum, constitue pour eux le régime parfait.

D’importantes sommes d’argent US ont été versées à l’Allemagne des années 20 et 30, de l'argent qui a en grande partie servi à réarmer le pays après la première Guerre.

Grâce aux prêts américians liés aux plans d’ "aide" économique à l’Europe, les plans Dawes (du nom du banquier de Wall Street qui a mené les négociations) signé en 1924 et Young en 1929 (Owen D. Young a été le n°1 de General Electric en 1922 et a aussi travaillé pour JP Morgan), l’Allemagne a bénéficié de fonds importants certes pour stabiliser le mark, mais aussi pour se réarmer, se renforcer sur le plan industriel, et d'un autre côté elle a pu très largement échapper aux réparations de guerre. Au passage, les US ont aussi imposé à la France de quitter la Ruhr allemande qu’elle occupait depuis la fin de la Première Guerre, et qui était à l’époque un pôle industriel crucial pour l’économie.

Hitler et Hjalmar Schacht

Ces deux plans ont entraîné la création de la BRI, la Banque des Règlements Internationaux, à Bâle (en Suisse) en 1930, pour répartir l’argent US en Europe, contre la mise en œuvre de politiques libérales et d’austérité.

Cette banque qui existe toujours était dirigée par un certain Thomas McKittrick, ami des frères Allen et John Foster Dulles a beaucoup servi à financer le 3e Reich. Certains qualifient McKittrick de "banquier d’Hitler", notamment parce qu’il a accepté les dépôts d’or volé aux Juifs et aux pays pillés et de réaliser des échanges commerciaux avec l’étranger pour le compte de la Reichsbank, la banque du 3e Reich[4]. Autre anecdote sur la création de BRI : celui qui en a rédigé la charte était Hjalmar Schacht, alors patron de Reichsbank, qui a mis tout son pouvoir au service d’Hitler.

Ladite "BRI" a été créé pour financer l’Europe et principalement l’Allemagne, à qui des banques comme JP Morgan avaient prêté des millions de dollars. Ils voulaient donc revoir leur argent, et il fallait donc injecter de l’argent frais pour que l’Allemagne soit à nouveau en capacité de rembourser l’argent privé qui lui avait été prêté. C’est d’ailleurs exactement ce qu’il s’est passé avec la Grèce.

Les usines Ford, dont le propriétaire Henri Ford affichait ses sympathies nazies avant la guerre, a fourni le IIIe Reich en utilisant aussi des prisonniers de guerre (surtout des français) pour produire des véhicules destinés à la Wehrmacht. Ford a installé des usines en Allemagne dès les années 30, et les antennes allemande et US de Ford ont toujours collaboré, aussi bien entre elles qu’avec le 3e Reich.

General Motors était aussi très proche du Reich : sa filiale Opel, le plus gros fabriquant d’automobiles allemand racheté en 1929, a conservé ses usines pendant le réarmement et pendant la guerre, et son vice-président à l’époque, responsable des exportations, était Graeme K. Howard, qui a aussi écrit un bouquin intitulé "l’Amérique et le Nouvel Ordre Mondial".

Selon Antony Sutton, les deux plus gros producteurs de tanks en Allemagne avant la 2e guerre étaient Opel, lié à General Motors et contrôlée par la banque JP Morgan, et Ford AG. Il faut dire que, dès 1922, Henri Ford a financé le NSDAP, le parti national socialiste d’Hitler, ce qui lui a valu une haute distinction en 1936.

Unilever, Dunlop, Renault, Pechiney, Air France [5], pour citer des entreprises respectivement hollandaise, anglaise et françaises, ont travaillé avec le Reich sans se poser de questions, par appât du gain et souvent par idéologie. Le comité des Forges, le "syndicat de patrons" qui régnait en France sur le secteur de l’acier, était ravi de vendre ses productions en Allemagne. Il finançait en France les ligues fascistes comme La Cagoule, un groupe créé en 1935 ayant revendiqué jusqu’à 12.000 membres rien qu’à Paris [6], qui tentaient d’imposer un Etat fasciste en commettant divers attentats.

Les chefs des principaux partis collaborationnistes en 1941

Selon l’historien Jacques Pauwels dans son livre "Big business avec Hitler", le trust allemand IG Farben, qui était un pilier central de l’effort de guerre nazi, "avait des liens avec pas moins d’une cinquantaine d’autes entreprises américaines, dont Alcoa, Dow Chemical, Monsanto, et DuPont". Beaucoup de ces noms sont toujours connus et c’est logique : ces entreprises continuent à vouloir transformer les citoyens en esclaves car c’est le plus rentable. Ce sont les mêmes qui passent outre les précautions sanitaires et environnementales, les lois fiscales et sociales.

La Rockefeller Chase Bank n’a pas été dérangée non plus de travailler pour l’Allemagne pendant la guerre. La Standard Oil des Rockefeller a fourni le pétrole nécessaire pour alimenter les avions et véhicules de guerre allemands et travaillait directement avec IG Farben, le conglomérat chimique allemand divisé en BASF, Bayer, Hoechst et Agfa après la guerre. La Standard Oil a aussi permis des transferts de technologie vers l’Allemagne nazie pour fabriquer du caoutchouc synthétique ou en essence synthétique à partir de charbon [7].

De nombreux investissements venus de Wall Street, via notamment le cabinet Sullivan & Cromwell des frères Allen et John Foster Dulles, alors avocats d’affaires à New York, ont contribué à l’effort de guerre nazi. La plupart des grandes banques US de Wall Street ont aidé les Nazis, en les finançant ou en fabriquant l’armement. On pourrait continuer la liste pendant longtemps.

Ces gens qui ont financé ou contribué à l’effort de guerre du 3e Reich ont permis le pillage de l’Europe et de ses citoyens par les nazis, parce que c’est leur idéologie et parce qu’ils y avaient un intérêt.

Louis Renault, Hitler et Goering en 1939 devant un véhicule Renault

En France, un certain Louis Renault, patron du groupe Renault, a rencontré Hitler à plusieurs reprises au cours des années 30, et a fait participer son groupe à l’effort de guerre nazi, notamment en fabriquant des chars. Louis Renault, en plus d’être proche des valeurs fascistes voire nazies, était aussi un fan du concept d’Etats-Unis d’Europe, dès les années 30 .

Le neveu par alliance de Renault, François Lehideux, était un ponte de la banque Worms –une banque dont on va reparler, qui tenait "sous sa coupe" la moitié de l’industrie française [8]. Il était aussi un membre de la synarchie, financier du groupe d’extrême droite La Cagoule, puis a été un pilier du régime de Vichy. Le groupe Renault a été nationalisé à la Libération [9].

On peut aussi évoquer le cas d’Eugène Schueller, le fondateur de l’Oréal, qui était un leader de la Cagoule et de la synarchie dans les années 30, puis fut un collaborateur zélé du régime nazi pendant la guerre. Ce grand ami du n°1 de la Cagoule qui s’appelait en fait l’Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN) a réussi à développer son entreprise aussi bien pendant (grâce aux biens "aryanisés") qu’après la guerre.

En 1938, la France applaudit l’Anschluss, c’est-à-dire l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, et l’année suivante le gouvernement reconnait le régime de Franco en Espagne comme parfaitement légitime.

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La situation en 1939 est la suite logique des années précédentes : "Sur le plan économique, les relations commerciales et financières nouées entre les entreprises françaises et allemandes durant l’entre-deux-guerres se poursuivent sans interruption. En juillet 1939, quelques semaines avant l’entrée en guerre de la France et tandis que les intentions du régime nazi ne font aucun doute, l’entreprise sidérurgique allemande Krupp assurait sa production militaire avec une part non négligeable de charbon en provenance de France", résume l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT.

"Le patronat de la métallurgie, "menacé" de réquisitions par l’occupant, se mobilise dans sa grande majorité au service de l’économie de guerre allemande. Ainsi, les Aciéries du Nord, liées au groupe de Wendel, assurent, avec ses huit usines, la maintenance du matériel roulant ferroviaire dont fait usage l’armée allemande. Alais, Froges et Camargue, ancêtre de Pechiney, fournit en aluminium l’aéronautique nazie, tandis que les Chantiers navals du Trait, propriété de la banque Worms, achèvent pour la marine allemande des sous-marins commandés initialement par le ministère de la Défense".

Eugène Schueller, avec son groupe l’Oréal fondé en 1910, a financé un parti clairement fasciste et collabo, le "Mouvement Social Révolutionnaire pour la Révolution nationale", dirigé par son ami Eugène Deloncle, qui rejoint rapidement de Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat. Et travaille de près avec la Gestapo durant la guerre.

Bref, au total environ 200 personnes ont été réellement "condamnées" en France pour collaboration économique, généralement à des "peines" ridicules d’ "indignité nationale" temporaires. Les chiffres sont un peu moins lamentables en Allemagne, mais au final la plupart des patrons et dirigeants d’entreprises collaborationnistes, ou même franchement nazis, n’ont pas été condamnés. En 2007, par exemple, les Allemands ont découvert avec effroi que la gentille famille de milliardaires qui avait racheté Daimler (la maison mère de BMW notamment) en 1959, avait activement participé à l’accession d’Hitler au pouvoir [10].

 

Crise économique, profits menacés, stratégie du choc

2019-01-19 13_26_12-Actualités en rapport avec #GiletsJaunes sur Twitter

Sur le plan économique, l’Europe des années 30 ne s’était pas relevée du krach de 1929, qui a plongé le monde dans une longue crise économique. Le capital et le profit étaient menacés (et donc la bourse par voie de conséquence), et les gouvernements successifs n’ont eu comme objectif que de maintenir au mieux les profits. La situation est d’ailleurs très semblable à aujourd’hui : on vit encore une crise de surproduction en raison notamment de la faiblesse du pouvoir d’achat en France et ailleurs.

Un cercle vicieux commence alors : pour maintenir ses profits, le patronat réclame que les politiques compriment les salaires, réduisent leurs impôts et donc les dépenses publiques. Les années 30 ont donc connu, comme aujourd’hui, de fortes attaques contre les salaires, qui ont été réduits par les politiques à la solde du patronat.

D’autres attaques ont été menées contre l’Etat providence (encore embryonnaire certes mais il y avait déjà les week-ends, un peu de congés, l’ébauche d’une assistance publique pour les vieux et les plus démunis…), cela au nom de "la saine gestion financière", selon les propos d’un certain André François-Poncet en 1931.

François Poncet est intéressent, on va s'y arrêter deux minutes. Au début de sa carrière, dès 1919, il a été rédacteur puis éditeur du "bulletin quotidien" du Comité des Forges, qui était en fait le journal économique de référence. Ce "bulletin" donnait le "la" aux rédactions de divers journaux appartenant au Comité des Forges (le "syndicat" des patrons de la sidérurgie dont l’ex patron du Medef Ernest Antoine Sellière est l’un des descendants). Accessoirement, Poncet a été en 1926 l’un des membres fondateurs de la Fédération pour l’entente européenne [11], et avait adhéré à la section française du Comité pour les intérêts communs des peuples de l'Europe, créée en 1925. Puis Poncet a été ambassadeur de France à Berlin de 1931 à 1936. Et il a même été placé comme député par les lobbys patronaux, tant il a bien défendu dès 1932 la fin des réparations que l’Allemagne devait théoriquement verser suite aux dommages de la Première Guerre, ainsi que le réarmement de l’Allemagne.

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Parmi les lobbys qui ont mené ces attaques contre les acquis sociaux et la démocratie, il y avait un groupe appelé la "synarchie", composé de banquiers et d'hommes de main élus. Mais cette "synarchie", bien qu’ayant montré une certaine influence, n’était qu’un des nombreux labels qui servaient d’outil de propagande à on ne sait trop quel pouvoir derrière, pouvoir qui est à chercher du côté des très gros détenteurs de capital.

Le Comité des Forges, qui était le syndicat des patrons de la métallurgie, était un autre front, X-mines, le lobby de polytechnique, ou la Banque de France, en étaient encore d’autres, etc.[12] Tous ces groupuscules se mélangent (on retrouve les mêmes individus dans plusieurs groupuscules, comme par exemple François De Wendel, patron de la sidérurgie dans l’Est de la France et leader durant des années du Comité des forges, mais aussi membre de 200 familles actionnaires de la Banque de France et ambassadeur à Berlin) au point de former un microcosme, une sorte de biotope.

En 1931, le taux de chômage commence à grimper (les premières comptabilisations des chômeurs commencent au début des années 30), le salaire minimum est réduit de 15%, etc. L’austérité imposée au pays (les politiques "déflationnistes" : baisse du nombre de fonctionnaires et de leurs salaires, baisse des dépenses publiques, augmentation des taxes et impôts…) a fini par entraîner la déflation, c’est-à-dire une baisse des prix qui aggrave la baisse de la production[13].

On notera d’ailleurs que cette politique de déflation est menée par Pierre Laval, avocat et homme des banques, qui déjà avait obtenu les pleins pouvoirs pour passer à l’action, et qui devint l’un des piliers du régime de Vichy durant la guerre. Cette politique fut un échec, à tel point que le Front populaire a remporté les élections de 1936. La situation était la même en Belgique et, je suppose, dans plusieurs autres pays européens.

Pierre Laval est un personnage des plus surprenants, aux valeurs très variables : il a commencé comme militant et député socialiste (SFIO) pendant la Première Guerre, il prend ensuite l’étiquette de socialiste "indépendant" jusqu’en 1940, et sera entre temps dix fois ministre et quatre fois président du Conseil (1er ministre). Laval a entamé en parallèle de sa carrière politique une carrière dans le business, au fil des années 20.

Laval Homme de l'année - Time 4 janvier 1942

En 1931, il a même droit à une tournée triomphale aux Etats-Unis, une exception pour un Français, et est même désigné "Homme de l’année", par le magazine Time, créé aux USA par Henry Luce, très proche des idées fascistes. En 1940, Laval est l’un des principaux moteurs derrière le vote des pleins pouvoirs à Pétain [14], et il collabore ensuite sans aucun problème avec l’Allemagne.

Suite aux politiques d’austérité, d’énormes grèves ont eu lieu, notamment en 1936, et ont été réprimées dans le sang par des "forces de l’ordre" à la botte des politiques, eux-mêmes à la botte du patronat bien qu’à l’époque le Front Populaire était au pouvoir [15]. Au passage, les ligues fascistes sont dissoutes.

En avril 1938, le nouveau président du Conseil Daladier –mis en place par un patronat qui finit quand-même excédé par le Front Populaire-  déclare qu’il veut "remettre la France au travail", et il passe ses "décrets misère" en novembre, des lois passées comme le fait le micron, par décret donc sans discussion au Parlement.

Au programme : nouvelles taxes et impôts, baisse des salaires, augmentation du temps de travail, avec une semaine qui passe à 48h (+ 8 heures) sur 6 jours au lieu de 5. Il fallait en finir avec "la semaine des deux dimanche", disait Daladier : "Cette loi [qui créé le samedi de congé] est responsable de tous les maux de l’économie, dit-il. On ne peut pas avoir une classe ouvrière “à deux dimanches” et un patronat qui s’étrangle pour faire vivre le pays !". Cela peut sembler stupide puisqu’il n’y avait déjà pas assez de travail, mais l’objectif était de comprimer les salaires et un taux de chômage élevé permettait de réduire les salaires.

Bref, comme le dit Annie Lacroix-Riz, c’est la stratégie du choc, exactement comme aujourd’hui avec la micronie triomphante, et "la stratégie du choc, pour être acceptée, doit provoquer un effet de stupeur et donc l’impression d’absurdité totale".

On était en plein dedans dans les années 30, et on y est à nouveau car nous ne sommes jamais sortis de la crise de 2006 -2008. Aujourd’hui le grand capital, même en pompant la quasi-totalité de la croissance créée chaque année, se demande où et comment il sera possible d’accumuler encore plus. On arrive aux limites de cet accaparement [16].

Comment faire pour gratter encore du fric dans des pays exsangues économiquement ? Eh bien en poussant au réarmement et à la guerre. En plus comme on l’a vu, la guerre c’est très bien parce que ça calme les ardeurs sociales des classes populaires.

Selon diverses archives, étudiées par des historiens étrangers et parfois français, l’effort de guerre français a été en partie saboté, et l'affaire de cette parfaitement inefficace "ligne Maginot" n’en est qu’un lamentable exemple.

 

PARTIE 2 :

 

Magouilles et corruption des élites - Partie 2: Le sabotage de la dénazification - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

http://dondevamos.canalblog.com

 


[1] On avait déjà parlé de la synarchie sur ce blog il y a plus de 10 ans (le temps passe vite !), avec l’exemple de la banque Worms, qui finançait dans les années 30 divers groupuscules fascisants et pro-Nazis, comme la Cagoule dont François Mitterrand le royaliste était a minima très proche. Ces groupes ont tenté plusieurs coups d’Etat fascistes en France dans les années 30. La banque Worms regroupait le lobby du Comité des Forges, devenu le CNPF puis le Medef, et celui de la Banque de France (un organisme privé dirigé par des banquiers), et une partie de ses dirigeants étaient des proches de Pierre Laval. Après-guerre, la quasi-totalité des individus qui gravitaient dans et autour de cette synarchie ont été réinsérés dans la politique et l’administration, notamment un ponte du RPR, Georges Albertini. Il est amusant de constater que les "historiens officiels", ceux qu’on voit sur les plateaux télé mais qui ne mettent jamais le nez dans des archives, nient encore l’existence de la synarchie, et crient au conspirationnisme de bas étage. Vidéo sur la Cagoule :

La cagoule , enquête sur une conspiration d'extrème droite.

[2] Pour n‘en citer qu’un, il y a par exemple Jean Coutrot, polytechnicien fan de Vichy et grand fan également d’Alistair Crowley, le sataniste le plus connu du début du XX e siècle.

[3] "Le Ier mai fut proclamé par les nazis « Journée du travail national» et, cette année 1933, fêté avec beaucoup d’éclat, comme il seyait à un parti «socialiste". Mais, le lendemain, les bâtiments des syndicats allemands furent occupés manu militari par les SA, leurs dirigeants expédiés dans des camps de concentration et leurs biens -pour une valeur de plus de 184 millions de RM - saisis60. Désormais, dans l’État d’Hitler, les syndicats étaient interdits", écrit l’historien Jacques Pauwels dans le livre "Big Business avec Hitler".

[4] Les liens étaient semble-t-il si étroits entre la BRI / BIS et la Reichsbank que le vice-président de cette dernière, jugé pour crimes de guerre, a fait référence à la BRI comme étant la seule « branche étrangère » de la Reichsbank !

[5] Selon Colombat et Servenay dans « Histoire secrète du patronat » (p. 39), plusieurs dirigeants de l’entreprise ont été arrêté à la Libération : « Parmi eux, le président de la compagnie aérienne, son vice-président et trois autres administrateurs –dont les représentants de la Banque de l’Afrique occidentale française et de la Banque d’Indochine. Motif : ils ont livré à la compagnie allemande Lufthansa le matériel d‘Air France et, en accord avec Vichy, envoyé en Allemagne des travailleurs de l’entreprise ».

[6] La Cagoule, sur laquelle on va revenir, était financée par divers patrons, et se voulait un groupe insurrectionnel d’extrême droite, qui a d’ailleurs commis des meurtres et attentats comme une fusillade lors d’une manifestation de gauche contre la diffusion d’un film organisée par un groupe d’extrême droite, à Clichy en 1937, ayant entraîné 5 morts et 200 blessés, ou "l'explosion, le 11 septembre 1937, de l'immeuble parisien de la Confédération générale du patronat français, près de l'Etoile", raconte le quotidien belge Le Soir du 28 juin 1991. Le groupe a aussi convoyé des armes pour aider Franco à vaincre les Républicains, tué des opposants en France, et noué des relations avec l’Allemagne d’Hitler comme avec l’Italie de Mussolini.

[7] Pour donner un exemple exposé par Antony Sutton : "en 1939, la branche allemande de la Standard fît une usine pour la production du carburant synthétique pour l’aviation. Du tétraéthyle fut exporté en urgence depuis les États-Unis pour la Wehrmacht et une assistance majeure fut donnée pour la fabrication du caoutchouc butyle, tout en maintenant secret aux États-Unis le processus d’IG Farben".

[8] Cf. Annie Lacroix-Riz, "Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 30". Selon des documents des renseignements sur la banque Worms, celle-ci était dirigée par des gens qui défendaient leurs intérêts en poussant à l’établissement d’un Etat fasciste, et ont donc freiné l’effort de guerre français tout en soutenant celui de l’Allemagne, avant de collaborer avec les Nazis sous Vichy. Son directeur général était Jacques Barnaud, inspecteur des finances, directeur de cabinet de Painlevé, Loucheur et Doumer au ministère des Finances, il a rejoint la banque Worms dès 1927 et en est devenu associé le 31 décembre 1929.

[9] L’ordonnance de nationalisation du 16 janvier 1945 signée par le Général De Gaulle précise : "Dès juin 1940 Monsieur RENAULT qui se trouvait en mission en Amérique s’était empressé de regagner la France afin de mettre ses usines à la disposition de la puissance occupante, c’est en considération de ces faits, que d’autre part les usines Renault ont constitué un instrument entre les mains de l’ennemi que le gouvernement a décidé de procéder à la nationalisation de ces usines, ainsi qu’à la confiscation des biens et participation de Louis RENAULT. Le gouvernement provisoire de la République Française est ainsi conscient, en proposant ces mesures d’une part de contribuer au redressement moral et matériel du pays dans le cadre de l’effort de guerre des Nations Unies, d’autre part de répondre par des réformes hardies aux vœux de la Résistance Française et de la classe ouvrière toute entière".

[10] Libération du 22/11/2007 a évoqué un documentaire diffusé en Allemagne, sur le passé trouble de cette famille, déjà très riche dans les années 30, et qui s’est enrichie pendant la guerre. "Membre du parti nazi, le NSDAP, dès 1933, Günter Quandt (1881-1954) utilise dès les années 30 les relations que lui assure le remariage de son ex-épouse Magda avec Goebbels, le chef de la propagande de Hitler", explique cet article. Grâce aux esclaves des camps de concentration, les usines de la famille "tournent à plein régime" .

[11] Selon l’historien Jean-Michel Guieu, la première conférence en 1926 "réunit un certain nombre d’hommes d’État et de parlementaires européens décide à l’unanimité la constitution de la Fédération pour l’Entente européenne". Et "le Comité fédéral s’est vanté d’avoir eu une grande influence sur les projets européens d’Aristide Briand et du Quai d’Orsay". D’autres groupuscules du même type avaient été comme Pan Europe du comte Coudenhove-Karlegi ou l’Union Douanière Européenne.

[12] Annie Lacroix-Riz "Le choix de la défaite : Les élites françaises dans les années 1930".

[13] "A partir de 1932, la politique d'équilibre budgétaire menée vaut de facto encouragement à la déflation, vue souvent comme un mal nécessaire pour rétablir la compétitivité sans recourir à la dévaluation. En 1934-35, spécialement avec Laval, l’objectif déflationniste devient explicite (…) Paradoxalement, plus les dépenses sont rabotées, plus le déficit grossit, alors qu'en 1930 le budget était encore équilibre. Les dépenses ne baissent pas vraiment (si elles perdent 10% en valeur de 1930 à 1935, elles passent de 15 à 19% du PIB) tandis que les recettes, plus sensibles à la conjoncture, chutent de 20%, ce qui aggrave le déficit, celui-ci dépassant 10 milliards en 1935 (soit seulement 4% du PIB), tandis que le poids de la dette explose (de 75% du PIB en 1930 à 133% en 1935) surtout du fait du recul du PIB. La défiance qui en résulte – contre laquelle on prétend lutter par la rigueur - rend le recours à l'emprunt difficile (les taux d'intérêt sur la dette publique augmentent de moitié en cinq ans", écrivait le professeur d’économie Pierre-Cyrille Hautecoeur dans Les Echos.

[14] En fait, Laval avait tenté de mettre Pétain au pouvoir dès 1937.

 

[15] Mais il faut dire qu’à l’instar des "socialistes", le Front Populaire a accompli le programme des banques et des industriels sans trop rechigner, et n’a pas hésité à passer en force contre le monde ouvrier.

[16] Selon l’Express Business du 4 juillet 2018, "Le montant cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a été multiplié par trois en dix ans, atteignant un record de 650 milliards d'euros, selon le classement 2018 du magazine Challenges à paraître jeudi, et encore dominé par Bernard Arnault. La fortune cumulée des plus riches de France représente ainsi près de 30% du PIB du pays en 2018, contre 10% en 2009, après la crise financière". Et c’est exactement pareil au niveau mondial. Selon le Guardian du 26 octobre 2018, "Les milliardaires ont gagné plus d'argent en 2017 que durant n'importe quelle année de leur histoire connue". Les 2.158 personnes les plus riches de la planète ont augmenté leur richesse de plus de 19% en 2017 pour atteindre les 8.900 milliards de dollars (7.829 milliards d'euros.

02 janvier 2019

Affaire d'Outreau : premiers boulets de canon contre Chérif quand il achève le récit de sa vie ?

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Comme c'est étrange. Alors que plus personne ne parlait de l'affaire d'Outreau, nous avons eu droit à deux articles dans La Voix du Nord pour donner une véritable tribune à l'un des acquittés, le curé Dominique Wiel. Et puis le 31 décembre, une fumeuse histoire d'alerte au risque d'attentat de la part de Chérif Delay, l'une des victimes d'Outreau, a été diffusée dans les commissariats et sur le web peu après qu'il ait fini son livre. Y aurait-il un lien de cause à effet ?

 

Pourquoi cette journaliste de La Voix du Nord a-t-elle été chercher Wiel, pour publier les 24 et 25 décembre deux articles d'une rare complaisance donnant la parole sans contradiction aucune à cet acquitté [1]?

Parce qu'il est vrai qu'on ne parle plus de cette affaire d'Outreau, une des plus glauques qu'ont connu les prétoires en ce début de XXe siècle. Il faut dire que d'un point de vue historique, le résultat de la propagande anti-victimes qui s'est considérablement renforcée depuis les procès médiatiques de 2004 et 2005 montre au grand jour ses effets délétères: c'est ce que certains spécialistes appellent déjà "l'effet Outreau". Il n'y a pas que le terrible constat de la baisse de 40 % des condamnations sur pour viol, ni l'omerta imposée aux victimes, ce n'est pas seulement la mascarade médiatique qui a régné avant, pendant, et après ces procès, qui laisseront des traces indélébiles dans ce que d'aucuns osent encore appeler un "état de droit".

Le pire reste l'impunité des coupables.

Il serait plus décent de ne pas trop revenir avec cet ancien récit sur l'affaire d'Outreau, celui qu'on appelle le scénario des "enfants menteurs". 

Ou alors il faudra que l'on reparle, une fois de plus, de ces 12 enfants reconnus victimes, dont certains de proxénétisme, à l'issue du procès en appel, et peut être que l'on rentre dans le détail de certains témoignages, y compris parmi ceux des coupables ou bien de certains acquittés. On reviendra aussi sur le traitement des enfants victimes, pendant et après les procès, sur ces gens qui sont restés hors du champ de l'instruction, ou encore sur les "dossiers bis", "et des 60 et quelques enfants cités dans ce dossier qui s'est lentement dégonflé sur le plan judiciaire. Il y a tant de choses à dire. 

 

Wiel raconte sa vie dans la Voix du Nord

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On savait que ce canard n'avait pas brillé par son impartialité et la qualité de ses enquêtes au sujet de cette affaire d'Outreau, mais à quoi servait-il d'offrir une telle tribune à cet individu qui, bien qu'acquitté, n'a pas fait preuve de charité une seule seconde envers les enfants impliqués dans cette affaire, qu'ils aient été reconnus victimes ou non. Mais on y reviendra.

Wiel, donc, évoque gracieusement dans le quotidien local sa vie, son oeuvre, et ce qui deviendra certainement un jour un véritable scandale judiciaire, du genre de l'affaire Dreyfus mais pour les enfants victimes de pédocriminalité, d'actes de tortures et de réseaux pédophiles.

La journaliste appelle donc Wiel en cette veille de Noël et se dit qu'il ne voudrait pas parler de tout cela, lui l'Acquitté. "Mais non", écrit-elle -et l'on ne peut que deviner l'ébahissement de la journaliste, "Il accepte volontiers de revenir sur cet épisode complètement improbable de sa vie".

Pourtant, depuis 2012 il était censé "arrêter" de revenir sur cette histoire.

Par ailleurs, "Improbable" n'est pas le mot adéquat au vu du dossier. S'il a été mis en préventive plusieurs mois, et s'il a été condamné en première instance, c'est parce qu'il y avait tout de même quelques éléments à avoir posé questions aux magistrats durant les 3 ans d'instruction. 

Et Wiel d'expliquer : "Je l'ai fait encore il y a quelques jours à Dieppe pour le Rotary" (de parler de lui et de l'affaire). Ah tiens, Wiel continue donc sa propagande "révisionniste" comme dirait Duponpon, son story-telling sur cette affaire, et cela auprès des amis du Rotary, un club qui sert de vivier à la franc-maçonnerie, mais qui sert aussi à diffuser des mots d'ordre, des tendances. Serait-on en train de s'agiter de ce côté-là aussi?

Aujourd'hui, Wiel, qui a toujours traité les enfants de menteurs, même ceux qui ont été reconnus victimes [2], qui a toujours nié la culpabilité des deux couples reconnus coupables, ce Wiel qui avait lancé une pétition dans le quartier afin d'annuler le placement des enfants du couple D (dont Chérif) au tout début de l'affaire [3], "dit ne pas en vouloir aux enfants". Eh bien alors qu'il cesse de réécrire l'histoire

Wiel veut aussi "des excuses" de la part du juge Burgaud. Ah tiens, et pour quoi donc? 

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Rappelons que malgré une enquête de l'inspection des services judiciaires et une enquête parlementaire largement à charge, le juge Burgaud n'a pas été sanctionné, au contraire il a obtenu une promotion en devenant juge anti-terroriste. Il n'y a donc pas eu de faute. 

Dans l'interview qui accompagne l'article, on apprend que Wiel a déménagé à Calais il y a deux ans, pour "être plus proche du travail" qu'il fait "auprès des migrants" par le biais du Secours Catholique, nous dit-on. Parmi les "missions" qu'il accomplit en faveur des migrants, il y a l'école, preuve qu'il n'est pas effarouché par ces enfants menteurs pathologiques capables d'inventer de toutes pièces des affaires de réseaux pédophiles impliquant des gens qu'ils sont souvent censés ne pas connaître, d'après les intéressés eux-mêmes : "J'ai fait l'école aussi, j'ai donné des cours de français et je continue actuellement à le faire à raison de trois matins par semaine"...

On apprend aussi que Wiel, cet ami et soutien d'un curé pédophile dénommé François Lefort (condamné à 8 ans de prison pour des viols sur de jeunes sénégalais dont certains se sont rétractés comme par miracle après cette condamnation, du coup il demande la révision du procès)  accueille chez lui des migrants qui sortent de l'hôpital. 

 

Les voeux de bonne année des autorités à Chérif 

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Le 31 décembre, dans la soirée, nous avons pu découvrir avec stupéfaction -c'est le moins qu'on puisse dire- une alerte diffusée par la police, afin de signaler aux focres de l'ordre du pays que Chérif était armé, montait sur Paris afin d'y commettre un attentat, et qu'il fallait tirer à vue car il ne se laisserait pas faire!

Incroyable. Le même jour, Chérif n'était pas seul, il n'a pas bougé, il était "en famille". Il 'n'est pas du tout dans un délire terroriste et a bien d'autres choses en tête, notamment parce qu'il a terminé tout récemment un livre dans lequel il raconte ce qu'il a vécu depuis "l'affaire".

Et puis, vers le milieu de la matinée, on voit apparaître sur Twitter les premiers "signalements", selon lesquels Chérif serait "dangereux" et même "armé", et qu'il se rend à Paris. Un Tweet espagnol date du 31/12 à 10h 26, et publie même la fiche officielle de la police, où on trouvait aussi, étrangement, le nom de la personne qui l'aurait dénoncé à la police. Dénoncé, apparemment suite à son live sur Facebook la veille, dans lequel il brandissait un faux flingue et menaçait l'un des acquittés.

fiche police 31 dec - Copie

Pas pour "terrorisme", en tout cas.

Bref, Chérif a bien été arrêté, mais pour les menaces sur Facebook,  desquelles il s'est excusé publiquement. 

Pourquoi donc une fiche de polic intitulée carrément "ALERTE MENACE ATTENTAT", signalant notamment que Chérif menace de mort "un individu non identifié", ce qui est faux, on sait très bien qui aurait pu être visé (si toutefois Chérif avait réellement eu l'intention de le faire, ce qui est loin d'être avéré) puisque c'est clair dans la vidéo diffusée sur Facebook (retirée rapidement).

De plus, l'avis de police signale comme lieu de passage probable de l' "individu" la gare du Nord, qui correspond à la direction pour aller vers la région des "Hauts-de-France" où s'est déroulée l'affaire.

Quant au document, il ne s'agit pas d'une imitation, il s'agit bien d'un vrai avis émis par la police.

La fiche précise en outre que Chérif serait "déterminé", et que l' "individu déclare ne pas se laisser interpeller sans qu'il soit abattu". Et puis la fiche mentionne que des investigations sont menées.

Et puis, le truc fait effet boule de neige sur Twitter, les propos les plus débiles circulent de la part d'individus prompts à cracher du venin sans prendre le temps de vérifier leurs informations, et on voit même apparaître deux espèces d'articles, notamment sur LCI, bourrés d'approximations loins hélas d'être anodines, qui veulent rassurer le bon peuple parce que le monstre serait "interpellé". 

Alors qu'il était déjà en garde-à-vue depuis 16h le lundi 31, et jusqu'au lendemain dans la journée.

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L'article de LCI remonte au 31 décembre vers 23h. Il n'est pas question d' "attentat" terroriste, et précisé qu'il est incarcéré pour une autre raison. Mais il y est écrit que Chérif voulait s'en prendre à "un ancien codétenu". Or, c'est bien à l'un des protagonistes de l'affaire d'Outreau qu'il adressait ces menaces. Et il n'a pas été interpellé en train de faire le déplacement mais au domicile qu'il fréquente le plus souvent.

Bref, en voyant une telle "chose" au soir du 31 décembre, on se dit "mais qu'est-ce qu'il leur prend?

On n'ose imaginer un traquenard, peut-être même morbide, de la part d'on ne sait qui. Ce serait là une vilaine théorie du complot, et tout le monde sait bien que les complots n'existent pas. 

Toujours est il qi'au fil des Tweets, le Chérif "potentiellement armé" de la police devient un Chérif "armé et extrêmement dangereux", puis il est même déclaré "en fuite", et on a senti une certaine frénésie se mettre en place sur Twitter, malgré beaucoup de commentaires apelant à la raison.

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On est finalement rassuré que Chérif n'ait pas croisé un escadron de policiers fatigués et aux aguets ce soir-là. Qui sait ce qu'il aurait pu arriver? La bavure eut été énorme.

Cet incendie, allumé on ne sait trop par qui ni comment, mais on devine un peu pourquoi, a été éteint.

L'info n'a pas été reprise dans les médias, mais il sera intéressant de comprendre comment cet amalgame a été fait entre une "alerte attentat" et un jeune homme en crise de nerf qui menace quelqu'un qui, selon lui, lui a fait du mal.

 

L'affaire d'Outreau, un réseau pédophile sans coupables

Espérons que ces articles ne sont pas les premiers d'une série de "reportages" et autres fake news destinés à nous apitoyer encore une fois sur le sort de ceux qui sont appelés "les acquittés d'Outreau", et/ou à décrédibiliser les victimes.  

Chérif, il faut le rappeler, a été reconnu victime de viols répétés, par différents adultes. D'autres enfants ont décrit les mêmes faits, au total 12 d'entre eux ont été reconnus comme victimes à l'issue du procès en appel.  

Il faut redire ce dont il a été question: Les enfants avaient décrit au cours de l'instruction, mais aussi à la barre dans des conditions effroyables, de véritables partouzes pédophiles, des échanges de billets de banque, des actes filmés, en France mais aussi en Belgique, où ont eu lieu de nombreux déplacements. Ce qui manque dans cette affaire, ce ne sont pas les éléments, ce ne sont pas les victimes, car on en compte tout de même 16 dans les dossiers Outreau et dans un dossier lié au même réseau mais qui a été disjoint, par exemple. Non, ce qui manque ce sont les coupables. 

Comme l'avait dit l'une des victimes, à l'issue du procès de Daniel legrand à Rennes en 2015, "Le combat n’est pas terminé, ça fait 10 ans que je me bats et c’est pas terminé, c’est très très loin d’être terminé …". Malgré la propagande à travers des articles, des livres, des films ou des conférences ubuesques, qu'on a connus jusqu'à présent, et désormais les histoires d' "alertes attentat" bidons, l'Histoire fait son chemin.

 


[1] Wiel avait tout été condamné à 7 ans de prison en première instance, puis a été acquitté en appel. 

[2] Dans son livre "Que Dieu ait pitié de nous" publié en 2006, Wiel déclare que les deux couples condamnés sont innocents ou presque, et il a même été jusqu’à écrire une lettre ouverte aux deux ainés du couple D. pour les traiter de menteurs.  Il leur écrit : "je n’ai jamais cru à vos récits de viols, et même jamais cru à la culpabilité de vos parents". Ceci, alors que ces deux enfants ont été reconnus comme victimes, de leurs parents et d’un autre couple, et indemnisés pour cela (modestement comparé aux sommes mirobolantes perçues par les acquittés, mais ils ont été reconnus victimes par la même justice qui a acquitté Wiel).

[3] Myriam Badaoui, qui avait parlé avant les procès, avait d'ailleurs fourni une explication sur cette célérité du curé à faire revenir ses enfants au domicile où ils ont subi tant d'abus.

19 novembre 2018

Revue de presse : Septembre et octobre 2018

images (1)Au programme de cette rentrée  des peines minimalistes, une solide omerta autour de l'Eglise, des pervers qui exploitent leurs enfants sur le net, des parents protecteurs désemparés, des victimes pas entendues, des lois complètement ineptes, des politiques à côté de la plaque. On a aussi, et c'est à noter, des mineures consentantes à des rapports vraiment malsains avec des types bien plus âgés qu'elles ne connaissent pas, et la généralisation des "atteintes sexuelles" pour remplacer les qualifications de viols. 

 

Cette petite revue de presse n'est pas exhaustve, mais elle est assez complète quand-même sur les questions de pédocriminalité. Elle a au moins le mérite de faire apparaître les problèmes systémiques en la matière, que ce soit sur le plan judiciaire, législatif, et dans une moindre mesure sur le plan social.

Pour avoir fait ce genre de revue de presse il y a quelques années, je dois dire que la situation ne s'est pas du tout améliorée, et qu'on a même l'impression du contraire.

Ames sensibles, se munir d'une bassine. 

 

SEPTEMBRE 

2018-11-16 23_01_15-_En Francia me ven como una criminal; si regreso me sacarán a mis hijos_ - 01_093 septembre 

▶ ARGENTINE : Une mère française se réfugie en Argentine

  • Un journal national argentin parle d'une maman qui a quitté la france avec ses deux enfants. Le père ayant demandé la garde, il l'a obtenue et les enfants devaient rentrer seuls chez lui en france, début septembre. Dans cet article, la maman raconte un père /conjoint pervers et manipulateur, puis pédophile, et la fuite pour préserver ses fils de 6 et 8 ans. "En France ils me voient comme une criminelle", explique-t-elle, "si je rentre ils vont prendre les enfants et je ne pourrai plus les voir", dit cette maman. L'article explique qu'elle est venue en Argentine, pensant ne pas être extradée, et qu'il y a des attestations de psychologues en france et en Argentine qui confirment les propos des enfants. Une expertise conclut que les probabilités que les faits soient réels sont "très élevées". L'article suggère même les exceptions à l'application de la convention de La Haye, sur laquelle se base la france pour exiger le retour des enfants: la situation de menace sur l'enfant (JAMAIS invoquée dans notre république bananière). La maman a quant à elle été condamnée 12 mois de prison fermes pour soustraction de mineurs.

▶ Essonne: Le récidiviste drogue et viole un mineur

  • Un infirmier pédophile de 33 ans a drogué un gamin de 11 ans qu'il a embarqué chez lui et qui heureusement pour lui a pu s'échapper. L'individu est un récidiviste, déjà condamné (et pourtant, pour se faire condamner, dans ce pays, faut vraiment y aller...) "Il a déjà été condamné en 2009 à Sarreguemines (Moselle) pour agression sexuelle sur mineur et détention d’images pédopornographiques. Et a depuis l’interdiction de s’approcher et d’entrer en contact avec des mineurs.

 

7 septembre 

▶ PAYS-BAS : Du contrôle mental aux Pays-Bas ?

  • Un article de MK-Polis évoque le livre d'une ancienne mannequin, qui dénonce un système de programmation de certains top molels dès le plus jeune âge, de type MHK Ultra. Elle écrit notamment que "En 2018, l'Union Européenne a préparé d'importantes mesures pour légaliser et normaliser la pédophilie et décriminaliser en Europe les relations sexuelles avec les enfants. Le principe d'un âge minimum a déjà été abandonné par plusieurs pays européens. Dans ces pays, on autorise les adultes à avoir des rapports sexuels avec des enfants de tout âge. Ils ne seront pas poursuivis pour viol si l'enfant victime est incapable de prouver qu'il y a eu "menace, violence, contrainte ou surprise". Ces propos sont ceux d'une militante anti-pédophile hollandaise, ex victime d'abus rituels, aujourd'hui collée en hôpital psychiatrique. Elle tente d'alerter sur le système pédophile qui s'implante en Europe notamment, à cause des pédophiles qui nous dirigent.

 

2018-11-16 23_40_42-Le père accusé de violer son fils et de le livrer à des pédophiles _ FranceSoir9 septembre 

▶ BELGIQUE : Un fonctionnaire de la justice prostitue son fils

  • Un pédophile qui exerce des fonctions "importantes" dans la justice passe en correctionnelle alors qu'il a violé son fils et l'a livré au cours de "voyages" à d'autres pédophiles, aurait forcé une autre victime a avoir des "relations sexuelles " avec son fils, et détenait 280.000 contenus pedopornographiques...

 

10 septembre 

▶ Niort : Une session banale de cour d'Assises

  • Sur 3 viols jugés dans cette session de la cour d'Assises, deux sur mineures de moins de 15 ans. "Lundi 17 et mardi 18 septembre : viol commis sur une mineure de moins de 15 ans dans le Thouarsais, du 17 juin 1988 au 31 décembre 1991. Déjà condamné en 2012 par le tribunal correctionnel de Niort pour des faits d’agression sexuelle, un Loudunais de 72 ans est soupçonné d’avoir violé à plusieurs reprises une mineure dans sa voiture et chez elle : il était un ami proche de la famille de la partie civile, aujourd’hui âgée de 41 ans. Le mis en examen comparaît libre : il n’a jamais fait de détention provisoire dans ce dossier. Son avocat, plaidera l’acquittement. Un huis clos est envisageable". Mercredi 19 et jeudi 20 septembre : viol sur une mineure de moins de 15 ans le 11 janvier 2017. "Un natif de la région parisienne âgé de 38 ans prendra place sur le banc des accusés : incarcéré depuis sa mise en examen, il reconnaît les faits qui se sont déroulés à son domicile aux dépens de la victime, 5 ans à l’époque, une copine de sa propre fille. [Il] était alors alcoolisé.  Là aussi, les débats pourraient ne pas être publics."

 

13 septembre 

▶ Meaux : Un pédophile qui bénéficie du laxisme pro-pédophiles

  • videoblocks-haunted-doll-flicker-burnt-face-a-wicked-doll-moving-its-burnt-eyes-and-mouth-looking-at-the-viewer-and-following-him-until-everything-is-dark-handheld-travelling-shot-halloween-C'est parce qu'il est contrôlé avec de fausses plaques d'immatriculation que les flics ont fouillé dans son portable et trouvé une vidéo pédoporno avec sa fille de 5 ans. En 2010 il avait déjà été "condamné" pour des agressions sexuelles. Et deux plaintes d'autres enfants contre lui avaient été CLASSEES SANS SUITE. "L’enquête est confiée à la Sûreté départementale de Seine-et-Marne, qui va découvrir l’ampleur du calvaire vécu par la fillette, placée dans une famille d’accueil, abusée tous les dimanches, à l’occasion des visites de son père. Les enquêteurs ont également ressorti les plaintes de deux autres enfants, qui avaient fait l’objet de classements sans suite.". Là il a pris 20 ans sans peine de sureté apparemment donc il sera dehors dans 10 ans grand maximum.

 

14 septembre 

Une petite bombe dans un rapport des services judiciaires:

 

2018-11-16 23_58_42-Rennes_ L'Etat condamné pour déni de justice après les viols répétés d'une fille17 septembre 

▶ "Justice" : L'Etat condamné pour son inaction malgré plusieurs alertes

  • L'Etat est condamné pour n'avoir rien fait afin de protéger une mineure victime de viols répétés, malgré moult alertes. C'est une première: la nullité absolue du système de protection des mineurs en danger (sévices sociaux / "justice") est enfin pointée du doigt: "La victime aurait dû être placée. De 2002 à 2005, elle a été violée à de multiples reprises par un ami que ses parents hébergeaient à leur domicile." Le pédocriminel a seulement été condamné en 2018, à "30 ans". Les parents aussi, toujours pas pour association de malfaiteurs ni actes de torture et barbarie, bien sur, mais pour avoir obligé leur fille à se taire afin de se protéger et de protéger le pédo. Au passage la victime explique que les auditions de mineurs c'est du grand n'importe quoi, surtout quand ils sont toujours à la garde de leurs bourreaux. Dans Le Parisien: "Par deux fois, des enquêtes ont pourtant été ouvertes par la gendarmerie… Quand on m’a interrogée, j’étais petite, j’avais tellement peur de René (NDLR : son père), de leurs violences à tous les deux, que je ne pouvais rien dire. Je savais que, sinon, j’allais me prendre une bonne gifle en sortant. Une fois, ils ont même organisé une sorte de sketch, la veille d’une audition, pour être sûrs que je réponde bien aux questions. Après, pour me récompenser, ils m’ont emmenée chez Mc Donald’s… La seconde fois, c’était chez Flunch."

 

18 septembre 

▶ Ecosse : Un réseau pédophile dirigé par un ancoen militaire ?

  • Un ancien soldat, mais toujours pédophile, aurait mis en place un réseau pédophile à Edimburgh. Il vient de prendre 12 ans pour les viols de 6 mineurs. Mais l'une des victimes a déclaré que plusieurs fois, quand elle avait 8 ans, il l'a amenée dans un appartement où il y avait 5 types qui l'ont violée aussi. Les types ont donné du cash au pédophile, un dénommé David Scott. Une des victimes l'avait dénoncé en 1997 mais cela n'a mené à rien.

2018-11-17 00_07_12-Pédopornographie _ Bernard Dejager, 89 ans, rattrapé par ses démons _ - Le Point▶ Un vieux pédophile :

  • A 89 ans, Bernard Dejaeger est apparemment toujours un fervent pédophile. Sera-t-il encore soutenu par les pseudo intellectuels parisiens? Selon Le Point, "Son domicile situé en Seine-Saint-Denis a été perquisitionné la semaine dernière. La police y a trouvé des documents à caractère pédopornographique, notamment des vidéos. Une information confirmée par le parquet de Bobigny. À ce stade de l'enquête, on ignore s'il est bien le propriétaire de ces documents. Selon une source judiciaire, son habitation était régulièrement squattée." En 1977 il avait déjà passé quelque temps en prison pour "avoir eu des relations sexuelles" avec des mineurs de 13 et 14 ans, affaire qui avait entraîné une lamentable pétition dans Le Monde, lancée par un autre pédophile revendicatif, Gabriel matzneff, signée notamment par Jack lang, mais aussi par Jean-Paul Sratre, Francis Ponge, Louis Aragon, Gilles Deleuze, Philippe Sollers, Adré Glucksmann, René Schérer, Bernard Kouchner et bien d'autres militants pédophiles ou à tout le moins pro-pédophiles. 

 

20 septembre 

▶ SUISSE : Une affaire hallucinante

  • Le pédophile de 24 ans agresse et viole 8 gamins sous la menace, il oblige certains à vendre du shit pour lui et prend 1 an ferme. Il fait appel et ça passe à 6 mois, puis il fait appel et un expert déclare qu'il a compris et ne recommencera pas: il a un sursis total... "Dans certains cas, c'est sous la menace d'un pistolet que des garçons d'une dizaine d'années ont subi attouchements, fellations et sodomies. A l'arrivée, le Suisse de 24 ans s'en tire avec du sursis et 100 fr. d'amende. En tout et pour tout, le jeune Vaudois n'aura passé que treize jours en prison dans le cadre de sa détention préventive".

▶ Prostitution de mineure

  • Un homme et une femme ont été arrêtés pour avoir prostitué une mineure de 17 ans en 2013. La jeune femme a porté plainte il y a quelques semaines seulement. Apparemment, au moins une autre mineure était victime de ce duo. "L’homme, qui a assuré ne pas connaître l’âge de la victime, a été mis en examen pour viol sur mineure. La femme pour complicité de viol et proxénétisme aggravé"

 

21 septembre 

▶ Morbihan : L'inspecteur de l'ASE drague et harcèle des mineures. 

  •  Un inspecteur de l'Aide Sociale à l'Enfance est mis en examen pour avoir ades abus sexuels sur des mineures qu'il suivait, et incarcéré pour les avoir harcelées. "Un inspecteur de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), mis en examen pour viol sur mineure de plus de quinze ans, depuis le 20 juin vient d'être écroué, selon Ouest France ce vendredi. Il n'a pas respecté les obligations auxquelles il était astreint et son placement sous contrôle judiciaire a été révoqué. Il était notamment notifié à cet homme, également soupçonné de harcèlement envers quatre autres mineures et d'appels malveillants répétés jusqu'en avril dernier, qu'il lui était interdit d'entrer en contact avec l'une ou l'autre des plaignantes".

 

2018-11-17 00_29_43-Layla Leisha abduction_ Plea for Shem Leisha to hand himself in _ The Courier-Ma22 septembre

▶ AUSTRALIE : Le père dénonce un réseau pédophile autour de la maman.

  • Un père avait les autorités aux trousses depuis 4 ans pour avoir enlevé sa fille et a été attrapé. Cet homme déclare qu'il veut la protéger parce que la justice ne fait rien, qu'elle met ces affaires sous le tapis et que les parents doivent se mettre hors-la-loi pour protéger leurs enfants. Il dit que sa fille a été embarquée dans un réseau pédophile qui impliquerait la police fédérale australienne, la police spécialisée dans la protection des mineurs du Queensland, les services de protection de l'enfance, les francs-maçons et de nombreux avocats. Selon ce père, la mère de l'enfant aurait une relation avec un inspecteur en chef qui faisait des photos pédopornos de sa fille. Il accuse aussi plusieurs membres de la famille.

 

24 septembre 

▶ Calais : Rien que de très banal à Pédoland

  • Un type de 34 ans est accusé de viol sur sa fille de 5 ans. "mais rapidement les enquêteurs vont faire la lumière sur d’autres faits de même nature et des faits d’agression sexuelle sur d’autres enfants du couple, séparé depuis. L’ex-compagne du Calaisien est également poursuivie pour ne pas avoir dénoncé ces actes perpétrés par son compagnon de l’époque." Mais encore: "Les policiers découvrent rapidement que le suspect a déjà été mis en cause dans plusieurs affaires d’agressions sexuelles sur mineurs et qu’il avait été « lui-même victime de violences sexuelles par son père alors qu’il n’avait que 7 ans ». Le père a d’ailleurs été condamné à deux ans de prison en 1994 après avoir avoué des agressions sexuelles sur son fils et sa fille." Ambiance inceste sur fond d'alcool, on connait le tableau. Donc il a été "mis en cause" mais on devine que les plaintes ont été "classées sans suite", comme sait si bien le faire cette "justice" qui ne sert décidément qu'à protéger l'ordre établi.

2018-11-17 00_38_59-Un viol jugé aux assises - La Presse de Vesoul - Opera▶ Vesoul : "Un viol jugé aux Assises".

  • Sans déconner? Ca devient tellement rare que c'est devenu une info en soi... et que ça mérite même un titre. Peu d'éléments dans l' "article" (si on peut appeler ça comme ça) mais on sait que ça se passe en france: "actuellement libre mais sous contrôle judiciaire, [il] sera accusé d’un viol commis sur un mineur de 15 ans depuis le 1er janvier 2001 jusqu’au 30 juin 2003." Le stagiaire était beurré: il y a probablement plusieurs viols vu la période d'infraction... 

 

25 septembre 

▶ BELGIQUE / Pédoland

  • Le type viole et filme les abus sur au moins 5 mineurs. Il est envoyé en correctionnelle après qu'une petite ait écrit sur un papier : "Papa m’a photographiée toute nue. Il m’oblige à sucer son zizi." Pour la première fois je lis que "les psychiatres estiment qu’une thérapie ne ferait que renforcer leur perversité et leur permettrait de se perfectionner pour éviter d’être pris en récidive", a grondé la substitut".

▶CHILI/ALLEMAGNE: Le "médecin" Nazi et pédophile évite la prison

  • Le bras droit du leader de colonia Dignidad, une secte de nazis réfugiés au Chili, où des abus sexuels graves et divserses maltraitances ont eu lieu durant plus de 30 ans, échappe à la prison en Allemagne où il s'est planqué, alors qu'il a bien été condamné au Chili! Et on vient encore nous faire des commémorations sur les 2 guerres mondiales! "La justice allemande a annoncé mardi 25 septembre son refus d'emprisonner un ancien médecin allemand de la Colonia Dignidad, la secte d'un vétéran nazi au Chili, malgré sa condamnation dans ce pays pour complicité de viols d'enfants." Autre précision au passage : cette secte avait collaboré avec Pinochet, et un certain nombre d'opposants y ont probablement été tiorturés et éliminés. 

 

26 septembre 

Sa fille l' "aguichait"...  

  • En 2011, une jeune femme porte plainte contre son "père" pour des viols répétés entre 2001 et 2003, quand elle avait 13-14 ans. "C'est à cet âge que la jeune fille, qui ne connaissait alors pas son père, aurait décidé de renouer avec lui. Quelques mois après leurs retrouvailles, il "aurait commencé à abuser d’elle (...) chez sa belle-mère, au domicile d’une tante ou encore à l’hôtel"." En garde-à-vue le pédo nie en bloc, puis admet des "attouchements". Et selon lui (c'est la même défense que les curés pédophiles), "c’était du 50-50; c’était elle qui demandait, qui aguichait". Evidemment. Comment n'y a-t-on pas pensé avant? Mais au procès, il se rétracte et n'avoue plus rien. "Dans sa déposition, la victime présumée, qui ne s’est pas présentée au premier des deux jours consacrés au procès, a dénoncé des actes de pénétration, des fellations ou encore des masturbations réciproques. Elle a notamment donné des détails anatomiques de son père", a souligné le quotidien. Elle a notamment décrit avec précision les tatouages de son père ainsi que son sexe circoncis, dû à une éphémère union avec une femme de confession musulmane en 2001."

 

27 septembre 

▶ Tahiti : 4 ans pour avoir permis 600 viols sur sa fille.

  • Une mère proxénète qui a livré sa fille au grand-père, oncles, cousins etc. pendant des années prend... 4 ans de prison. Donc en réalité elle en fera 2 grand maximum. Elle l'a aussi livrée à des inconnus pour 1500 F. La mère se fait passer pour une débile au procès, mais elle a très bien su dissimuler les faits, encaisser l'argent et contraindre sa gamine. A chaque fois que des cas sociaux font leur numéro la justice passe l'éponge parce qu'ils seraient trop cons... Mais ce n'est PAS une excuse. Même les débiles connaissent la différence entre le bien et le mal.

 

2018-11-18 13_58_22-28 septembre

L'ex n°1 de la Fédération Française de Tennis avait une "relation sordide" avec une mineure.

  • Jean-Pierre Dartevelle, dentiste à Montbéliard et conseiller régional LR de Franche-Comté, ex président de la fédération française de tennis jusqu'en 2017, a été perquisitionné mais laissé libre (en france on n'enferme pas les pédophiles, quand-même), suite à une "relation sordide" avec une mineure. Agée aujourd'hui de 18 ans, elle a porté plainte. Et devinez quel est le chef d'accusation? Pas "viol", pas "agression sexuelle", mais "atteinte sur mineure". Car en france c'est bien connu: les mineures sont consentantes.

▶ BELGIQUE : La correctionnalisation, toujours...

  • Le type de 30 ans viole la soeur de sa compagne âgée de 12 ans au début des faits, qui ont duré TROIS ANS... Il "risque" 5 ans. En Belgique on est libérable au tiers de sa peine et en-dessous de 2 ans de prison les peines sont aménagées. "En 2014, cette dernière aurait tenté d’en parler avec sa maman, qui ne l’a pas crue au départ. «La maman a préféré aller demander des comptes directement à l’agresseur qui a nié les faits », a indiqué le juge lors de l’audience, ce jeudi matin. En août 2016, la maman de la victime repère des messages suspects du prévenu sur le GSM de sa fille. «Les messages ne laissaient planer aucun doute quant à la relation qui unissait le prévenu à sa victime, a affirmé le procureur du roi. Dans ceux-ci, le prévenu indiquait “ fantasmer ” sur la jeune fille. Il lui implorait ensuite de répondre à ses messages. La maman a déposé plainte contre l’agresseur de sa fille, embarrassée de ne pas l’avoir crue la première fois.»" Evidemment, le pédophile "nie en bloc". Ces ersatz n'avouent jamais.

 

42771032_2135867573104001_1359971565730529280_n29 septembre 

▶ Bretagne : Un Tro Breizh pour alerter sur la situation des enfants victimes d'abus sexuels

  • Une grand-mère accomplit un tour de Bretagne à pieds pour défendre la cause des enfants victimes de pédophilie. Partie le 1er septembre de Molraix avec un sac de randonnée, Martine Barosco Le Luc avait déjà fait 550 km à la fin du mois, dormant chez l'habitant. Son combat: demander une meilleure prise en charge des enfants victimes, et sensibiliser les gens mais aussi les médias et les autorités à ce probléme bien réel. Nous avons tous suivi ses pérégrinations, sous le soleil et aussi sous la pluie : "Au fil du chemin, elle raconte avoir fait des « rencontres sensationnelles » et avoir porté ici et là son message « de soutien aux victimes de la pédophilie ». Histoire, dit-elle, d’ « éveiller les consciences. Je ne voulais pas marcher pour rien. Je voulais servir une cause »", expliquait l'association "Le monde à travers un regard". Son Tro Breizh (tour de Bretagne, via Nantes évidemment) s'est achevé le 26 octobre après avoir parcouru 1.000 kilomètres. Un grand bravo à elle et merci pour les enfants!

 

30 septembre 

▶ Une histoire qui a bien failli rester discrète...

  • ... mais qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux... Un inspecteur de l'Aide Sociale à l'Enfance de (ASE) de Vannes, poursuivi pour avoir eu une relation sexuelle avec une mineure et accusé par de jeunes adultes de les avoir "harcelées" (sic.), est remis en liberté. Il est quand-même mis en examen pour "viol sur mineure" et peut faire pression sur ses victimes, mais aucun problème pour les juges. "Le viol aurait été commis lors de l’année 2017 et le harcèlement et les appels malveillants sur des jeunes majeures sous contrat avec le département, entre octobre 2017 et avril 2018, a précisé Laureline Peyrefitte, procureure de Lorient.Il avait été laissé libre, puis mis en taule il y a quelques semaines pour ne pas avoir respecté les termes du controle judiciaire, et est donc très vite libéré de nouveau. "Mis en examen le 20 juin et incarcéré, il a été remis en liberté le 7 septembre par décision de la chambre de l’instruction de Rennes après appel de son placement en détention provisoire. Le juge des libertés et de la détention du TGI de Lorient avait d’abord ordonné le placement en détention provisoire, précise Le Télégramme, car il aurait enfreint certaines règles, entrant notamment en contact avec les plaignantes."

 

OCTOBRE

44500805_1388707341265349_3048665291048353792_n1er octobre 

▶ Mères porteuses et trafic de bébés

  •  La campagne de com' pro-GPA de Fogiel. Ce type écrit un livre pour défendre son point de vue mercantile sur l'exploitation du corps des femmes et la vente de bébés, et les médias sont d'une complaisance rare. Le pompon étant son (trèèèèès long) passage chez Ruquier qui lui a servi la soupe sans contradictoire. Le but? "Ouvrir le débat sur la GPA". Mais NON on n'ouvre pas le débat sur la GPA. Fogiel est hors la loi et devrait aller en prison pour trafic d'êtres humains. On ne doit pas accepter le commerce de bébés, conçus pour la vente! On ne doit pas accepter la marchandisation des femmes et des enfants pour le simple plaisir de types à fort pouvoir d'achat.

 

2 octobre 

▶  Le pédophile n'était pas le bon... 

  • Une enquête est menée dans un cas de viol sur une fillette de 4 ans, sur laquelle des "blessures" d'agression sexuelle ont été constatées. La petite a accusé son instituteur, qui nie les faits. MAIS pour une fois, une analyse ADN a été réalisée sur des vêtements de la petite. Et l'agresseur s'avère être "de la lignée paternelle". J'ai déjà vu ce genre de cas de figure: l'enfant est bien victime, mais dénonce un étranger au lieu du proche qui est le vrai coupable. Dans ce cas précis, "Pour expliquer la présence de cet ADN sur les vêtements de l'enfant, les parents auraient alors expliqué qu’un transfert était intervenu fortuitement entre plusieurs vêtements dans la panière à linge familiale". Bref, on n'est pas près d'avoir des aveux. Mais en temps "normal" l'affaire aurait été classée après les dénégations de l'instit.

2018-11-18 14_07_06-Gardaí quiz 12 people as part of ongoing investigation into 'paedophile ring' -▶ IRLANDE : Une affaire de réseau pédophile qui traîne

  • Une douzaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre d'une affaire de réseau pédophile à Munster. Mais comme toujours en Irlande, on n'a quasi pas d'info sur l'enquête, les faits reprochés, les accusés. Il s'agit de la suite d'une enquête lancée plus tôt cette année, où 5 femmes et 6 hommes ont été arrêtés pour avoir violé leurs enfants mais ont été relâchées sans poursuites. Une vingtaine de victimes avaient pourtant été identifiées, âgées de 0 à une dizaine d'années. L'affaire semble très sensible et la justice a mis le secret total sur l'instruction. Les personnes arrêtées étaient en contact, de plusieurs familles issues de la même région. Les abus auraient eu lieu sur plusieurs générations.

 

3 octobre 

▶ Assises - Nevers: Encore un winner

  • "Un Neversois de 63 ans est convoqué pour répondre de faits de tentatives de viols incestueux, viols incestueux et agression sexuelles incestueuses sur trois victimes, mineures de 15 ans au moment des faits. Deux d'entre elles étaient, à l'époque, les filles de ses compagnes successives. En juin 2015, la première victime, alors âgée de 37 ans, dépose plainte contre le compagnon de sa mère de l'époque, qui entre 1985 et 1989 – elle avait alors entre 8 et 12 ans – l'aurait sexuellement abusée. Les faits ne seraient arrêtés qu'à la séparation du couple. L'accusé est placé en garde à vue puis mis en examen le 23 septembre 2015." Si la police n'a pas cherché d'autres victimes, celles-ci se sont fait connaitre: "L'instruction judiciaire révèle d'autres victimes. Une femme se présente spontanément au commissariat de Nevers. Elle émet alors des doutes sur des faits dont aurait été victime sa fille. Elle confie l'avoir laissée en garde chez sa mère, à l'été 2015, dont le compagnon du moment n'était autre que l'accusé. Après les vacances, elle aurait trouvé sa fille changée, relevant des troubles du comportement et beaucoup de pleurs. Elle a alors 4 ans et demi. Se manifeste ensuite la troisième victime, 33 ans aujourd'hui. Lorsqu'elle avait 10 ans et jusqu'à ses 15 ans, elle aurait régulièrement été gardée par le violeur présumé, ami de sa mère. Les abus sexuels décrits sont les mêmes." Combien d'années d'impunité, combien de victimes au total pour ce pédophile?

2018-11-18 14_11_31-Agresseurs sexuels_ le psy pour échapper à la prison - L'ExpressLa question stupide du jour, dans L'Express 

  • "Pour réduire la peine prononcée, des harceleurs arguent au tribunal d'un suivi psy. Tactique ou vraie prise de conscience?". Alors qu'on sait très bien que la pédophilie ne se "soigne" pas, un pédo ou violeur qui déclare se faire "soigner" aura une peine allégée. "Dans les affaires de viol ou d'agression sexuelle, les magistrats posent désormais systématiquement la question au prévenu : Etes-vous suivi ? Par qui ? Un psychiatre ? Un psychologue ? A quel rythme ? L'accusé hoche la tête, donne quelques détails." Comme nos magistrats ne savent pas reconnaitre les pervers, ça marche très bien: "Le raisonnement des magistrats est simple. Pour eux, reconnaître les faits, les accepter et s'engager dans un processus thérapeutique est signe que l'on est prêt à s'amender, avec un moindre risque de récidive". ET LE PIRE: l'article conclut avec le mythique "6%" de récidive des pédophiles! C'est incroyable, alors que 85% des plaintes finissent à la poubelle et qu'à peine un crime sur 10 fait l'objet d'une plainte, il est IMPOSSIBLE d'évaluer le taux de récidive des agresseurs sexuels puisque ce sont les crimes les plus impunis de france (excepté peut-être, mais cela reste à voir, la délinquance financière et la corruption des politiques).

 

5 octobre

▶ ANGLETERRE : Echec total des sévices sociaux.

  • Une fillette qui avait survécu à des violences sexuelles a été placée par les services de la protection de l'enfance chez un père d'accueil pédophile. Le couple n'avait pas été formé ni validé par l'administration pour accueillir des enfants. Les abus ont duré des années, puis elle a porté plainte dans les années 2000 été retirée à cette famille. Mais c'est seulement quand elle est devenue adulte que le type a été renvoyé devant le tribunal, après que "de nouvelles preuves" soient apparues...

6 octobre 

▶ BELGIQUE / PEDOLAND : Du sursis pour des viols sur mineures

  • Ce n'est pas une blague : le type est accusé de viols sur plusieurs années par une victime devenue majeure, puis par deux autres fillettes. "Une des victimes avait déposé plainte contre le prévenu en 2015 après avoir atteint sa majorité. Elle avait révélé avoir été violée à de multiples reprises par le compagnon de sa marraine entre ses 6 ans et ses 12 ans. D'autres faits avaient ensuite été dévoilés par deux autres fillettes. L'ensemble des faits s'étaient déroulés entre 2002 et 2012. Il s'agissait principalement de scènes imposées par le prévenu aux fillettes dès leur plus jeune âge et durant plusieurs années. Il s'agissait aussi de faits d'attentats à la pudeur ". Il prend... 5 ans de SURSIS.

c94bac2_7JETzkwzba5Pdllqhp9ODJUG (1)▶ Une question fort pertinente, dans Le Monde :

  • "Lutte contre les violences sexuelles : la justice est-elle à la hauteur ?" Et de préciser que "Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an et une décennie de chute des condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire à terrasser ce fléau.(...) Comment expliquer, alors, qu’en France en dix ans le nombre de condamnations pour viol a chuté de 40 % et celles pour agression sexuelle de 20 % ? Les magistrats s’en étonnent eux-mêmes" (s'ils écoutaient un peu les associations et moins les lobbys pédophiles on n'en serait pas là). Ils disent que ce n'est pas un problème législatif, que les lois existent. On va dire que oui en grande partie, à part cette question de l'âge de non consentement. Mais j'aimerais bien savoir quels dysfonctionnements ils pointent... Je n'ai pas accès à tout l'article, si quelqu'un l'a je suis preneuse!

▶ Orne - Assises : Enorme !

  • Ce père de famille a été reconnu coupable de viols sur ses deux enfants de 6 et 4 ans et a même avoué des pénétrations digitales, avant de se rétracter. Les deux enfants, séparément, ont décrit les mêmes faits. En première instance, il a pris 10 ans, puis a fait appel, et comme il nie et que c'est manifestement la parole de l'adulte contre celle des enfants, sa "peine" est ramenée à 3 ans. En appel, "les faits de viol n'ont pas été retenus" et le type a simplement été condamné pour "corruption de mineur".

 

7 octobre 

Arrivées au commissariat, 4 victimes sur 10 ne portent pas plainte !

  • Une info piochée dans InterStats, les stats du ministère de l'Intérieur ... L’écrasante majorité des victimes de violences sexuelles (86 %) ne font pas le déplacement au commissariat ou à la gendarmerie pour signaler les faits qu’elles ont subis. Celles qui font le déplacement renoncent 4 fois sur 10 à déposer plainte. Au final, seule une victime sur douze (8 %) déposerait formellement plainte auprès des forces de sécurité.

 

8 octobre 

Le ténor du barreau échappe au tampon "pédocriminel"...

  • Encore un "séducteur" (synonyme de sale pervers dans le langage "médiatique") tombé de son piédestal: "Sidney Amiel, ancien ténor du barreau de Chartres, ex-avocat de 68 ans, comparaîtra libre devant les assises des Hauts-de-Seine. Il est en effet sorti de prison près de deux mois jours après le verdict de son premier procès en juin 2017 et a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’appel. Il a été condamné en première instance à 10 ans de prison pour un viol et des agressions sexuelles. Son procès en appel commence ce mardi 9 octobre.Sa belle-fille l'avait déjà accusé d'attouchements quand elle était mineure, le traitant de "pervers". "Sidney Amiel, ancien avocat très respecté spécialiste du droit social, avait pour sa part crié au « complot policier, professionnel et antisémite »" MDR...

15243367▶ Assises - Angoulême : Encore des viols pour remplir la cour d'assises

☑️ "L’accusé est libre, sous contrôle judiciaire depuis le mois d’avril 2012. À partir de cet après-midi et jusqu’à demain soir, il sera jugé par la cour d’assises de la Charente pour des "viols avec plusieurs circonstances aggravantes, commis sur son neveu et sa nièce, dans les années 80. Pour ces faits anciens, révélés après plusieurs années, l’homme n’a jamais été placé en détention". Ah tiens, et pourquoi? Les faits "anciens" sont moins graves?

☑️ "La semaine prochaine, les jurés devront examiner un dossier de récidive de viols commis sur un mineur de 15 ans et récidives d’agressions sexuelles imposées à un mineur de 15 ans. L’accusé, un ancien militaire calédonien engagé dans la marine, aujourd’hui âgé de 35 ans, est accusé d’avoir abusé d’une fillette, âgée de six ans, dans la nuit du 1er de l’An 2010. La plainte pour agression sexuelle a mis un peu de temps à être instruite. Le 28 novembre 2015, il aurait violé la petite fille de ceux qui l’hébergeaient. La fillette était alors âgée d’à peine sept ans." Ca veut dire quoi "un peu de temps"? Le temps de récidiver? "Deux jours plus tard, l’homme était écroué. Lundi et mardi prochains, il sera jugé en récidive légale. En 2007, il avait été condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises du Finistère, pour un viol commis en 2004. Des faits qui avaient mis fin à son engagement militaire". Nous voilà rassurés...

☑️ "À partir de mercredi, un couple sera jugé pour des viols commis sur un petit garçon, âgé d’environ six ans au moment des faits qui souffrait de troubles importants. L’auteur était le compagnon de la maman. Il est incarcéré depuis décembre 2015. La jeune femme comparaîtra elle aussi, accusée d’avoir participé aux viols et pour corruption de mineur".

 

2018-11-18 14_59_19-Charleroi_ le couple de pédophiles filmait les viols de leurs enfants, des peine9 octobre 
▶ BELGIQUE / PEDOLAND : Peines assez lourdes pour les parents proxénètes
  • Une fois n'est pas coutume, un couple de pédocriminels belges prend 18 et 10 ans de prison (+ mise à disposition du tribunal pendant 5 et 10 ans c-à-d que s'ils ne sont pas gentils en prison ils feront jusqu'à 5 et 10 ans de plus). "Ce sont quelques mots gribouillés par une petite fille de 9 ans sur un bout de papier qui ont attiré l’attention de sa mère. "Papa m’a photographiée toute nue. Il m’oblige à sucer son zizi et mon frère aussi." Les deux violaient une série d'enfants et filmaient le tout pour le diffuser sur le web: "lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert une horrible collection de plusieurs dizaines de milliers de fichiers photos et vidéo mettant en scène Guy et une série de mineurs issus de son giron familial.La nouvelle "compagne" lui a carrément livré ses propres enfants du coup elle prend 10 ans. Le type a aussi "dragué" une gamine de 11 ans (selon les juges français elle serait donc "consentante"), et lui a même fait signer un "contrat de soumission" : "son corps devait lui appartenir totalement, elle devait s’installer chez lui, y vivre nue, se marier avec lui et lui faire des bébés qu’ils devaient élever… pour pouvoir en abuser ! (...) Au total, cinq victimes mineures ont été identifiées mais plusieurs majeures n’ont pas souhaité se constituer parties civiles à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi.". Eh oui, la justice est tellement à côté de la plaque que même quand on vient les chercher, certaines victimes refusent d'entamer une procédure. Et on les comprend.

10 octobre 
▶ SUISSE: Les pédos loin des enfants
  • 135300-135220La Suisse va interdire aux "pédophiles" de travailler avec des enfants, à vie, à partir du 1er janvier 2019. Cela pourrait sembler une évidence, mais c'est une première et en france cela n'est toujours pas en débat, loin de là. Ceci dit, il faut bien-sûr que elsdits pédophiles aient été condamnés pour qu'on puisse les empêcher de fréquenter les mineurs dans un cadre professionnel ou bénévole. "L’idée de cette loi, l’une des plus sévères d’Europe visant les auteurs d’abus sexuels, avait été approuvée par 63 % des Suisses, lors d’un référendum, en 2014. Malgré le large soutien de la population, la proposition de loi était restée dans les tiroirs pendant quatre ans en raison de réticences du gouvernement à créer un automatisme entre une condamnation et l’interdiction à vie".


11 octobre 
▶ Evreux:  L'ex mineur prostitué paie à son tour des mineurs pour des actes sexuels.
  • Le tout, jugé en correctionnelle. Le dénommé Frédéric Devouassoux, animateur périscolaire de 34 ans, a déjà été "condamné" en 2015 pour "exhibition sexuelle". Quelques mois plus tard il est attrapé pour détention de pédopornographie, et en regardant dans son téléphone les policiers trouvent des conversations sexuelles avec des gamins de 12 ou 13 ans. "Les adolescents étaient âgés entre 12 et 14 ans au moment des faits. Le pédophile est en contact permanent avec eux sur les réseaux sociaux et par SMS. Contre rémunération, il finit par obtenir d’eux des fellations. Il se masturbe aussi devant eux en voiture ou chez lui. Dans les échanges de textos découverts, il propose 50 € pour une fellation et 200 à 300 € pour une relation complète. Quand ce n’est pas de l’argent, c’est un ordinateur portable, une tablette numérique ou un téléphone portable qu’il leur offre". Le pédocriminel reconnait quelques faits mineurs, tout en expliquant que "Moi-même je me suis prostitué avec des hommes plus âgés que moi pour payer mon héroïne. Pourtant j’étais d’accord ". Il a pris 7 ans, et en fera certainement moins de la moitié enr aison de la préventive.
12 octobre 
2018-11-18 16_02_24-'Fred West' rape couple victim's concern over evidence - BBC News
▶ ANGLETERRE : Un couple de sexagénaires violeurs de mineures
  • Ce petit couple du troisième âge, selon une de leurs victimes, faisait partie d'un réseau pédophile. Cette personne s'étonne que ses plaintes déposées dans les années 70 et 80 aient disparu. Peter et Avril Griffiths ont été condamnés le mois dernier pour des viols de mineures. De nouvelles informations sont parvenues aux autorités depuis, pointant des relations du couple avec des policiers, lors du procès une femme a évoqué une partouze sur un bateau en présence de policiers, au cours de laquelle elle a été violée et menacée par ces types qui disaient "être la loi". Cette femme avait rapporté les faits à la police au début des années 2000, fournissant notamment une photo où elle pose topless avec le couple Griffith et citant d'autres pédocriminels actifs dans le même réseau. Tous ces éléments avaient disparu lors du procès de 2018, a-t-il été constaté. Au final, on a dans cette histoire plus de 30 ans d'impunité, et des victimes qui auraient pu être épargnées. En 2004 la police a reçu de nouvelles preuves mais aucune poursuite n'a été menée. Une autre victime réclame des investigations sur le lien entre le couple Griffith et un autre couple, des serial killers et violeurs, Rosie et Fred West, qui fréquentaient également Barry Island et la ville de Bristol et sont toujours passés pour des prédateurs isolés.
▶ Compiègne - Correctionnelle : Le papy pervers attirait des jeunes
  • Il visait principalement, selon certains journaux, des enfants de familles défavorisées à son domicile, pour les agresser. Il est question de sept garçons âgés de 6 à 12 ans dont certains font partie de l'entourage familial du pervers, et de faits commis entre 2006 et 2013. Chez lui, c'était le paradis pour des ados: cigarettes, jeux vidéos, un peu d'alcool, des entrées au parc Astérix, et puis le pédophile leur demandait de toucher son sexe, les tripotait et demandait que les garçons le sodomisent. Au tribunal, le vieux a crié au "complot", un moyen de défense classique chez les pédocriminels. "Le prévenu avait fait l’objet de signalements de la part de son entourage, intrigué par ces jeunes qui passaient le voir de manière régulière". Seulement 6 ans de prison ont été requis par le parquet.
Maman est debout
13 octobre 
Maman est debout !
  • Un collectif de mamans "désenfantées", c'est-à-dire à qui la justice a retriré leurs enfants, tente de sensibiliser les autorités à l'ineptie de très nombreuses procédures judiciaires. Vous pouvez les suivre sur leur page facebook. Le collectif Maman est Debout a aussi lancé une pétition, un manifeste, pour demander la prise en compte des victimes dans ces affaires "familiales" où la parole d'un type, même violent, vaut 10 fois plus que celle des mères et des enfants réunis. Notamment à cause d'expertises mensongères ou complètement bidons,d e rapports d'éducateurs incompétents qui sont parfois illégaux, de distorisons des faits et d'exonération totale des "pères" (sauf bien-sûr quand il s'agit de pères protecteurs, cela arrive!). 

14 octobre 
Fin de la traque des pédos sur Internet.
  • Pour une fois, un membre du gouvernement ne dit pas une ineptie ou un mensonge : Belloubet "reproche au Sénat d'affaiblir la lutte contre la pédopornographie". D'ailleurs, le Sénat est à l'avant garde de la lutte pour les droits des pédophiles en france (refus d'un âge de consentement par exemple), c'est à se demander combien il y en a dans ses rangs. En effet, on apprend que la commission des lois du Sénat veut que seuls les faits punis de plus de 3 ans de prison puissent faire l'objet d'une enquête sous pseudonyme par la police. Comme la diffusion et le téléchargement de pédoporno n'est généralement punie que de peines dérisoires de sursis, ces délits et crimes ne passeront plus dans le scope. On était déjà très mauvais dans ce domaine, on va réussir à faire pire.
16 octobre 
▶ Un message de SOS les Mamans :
  • "Aujourd'hui nous défendrons les mères et leurs enfants une fois de plus en nous rendant à l'Assemblée Nationale pour donner notre avis sur la réforme de la justice et l'ignoble article 18*. Dans celui-ci chaque non-représentation d'enfant quel que soit le motif se verra imposer des astreintes financière et la possibilité pour le plaignant de faire récupérer les enfants par une procédure policière à sa seule demande. En face de nous on va devoir se taper SOS Papa, SOS exclusion parentale, et l'UNAF qui est pro SOS Papa. Ausecours les pervers.😣" AUTRE MESSAGE du 18/11/2018: "cette fois-ci c'est le groupe enmarchefr qui veut nous imposer la résidencealternée sous l'impulsion de la Latombe + Astreintes pour NPE"
2018-11-18 18_16_43-Repéré par le FBI, il gérait des sites de pornographie infantile depuis l’Oise -▶ "Bien inséré", il gérait des sites pédopornos depuis l'Oise
  • Le pédo, discret, était actif sur le Darknet (cette partie du web qui n'est pas du tout censurée ni contrôlée, mais où se passent 95% des infractions). Et évidemment, ce ne sont pas les flics français qui l'ont trouvé, mais "une fondation spécialisée"(ce serait interdit en france), qui a refilé les infos aux autorités. "Cet homme avait été, dans un premier temps, repéré par une fondation spécialisée dans la traque des pédopornographe sur Internet. Cette dernière a signalé les agissements présumés de cet internaute aux policiers américains du FBI et à la police australienne. « Le mis en cause a fait l’objet d’une surveillance par des services de police étrangers, confirme Florent Boura, le procureur de la République de Beauvais. Quand ils l’ont localisé en France, ils ont transmis l’information à Europol puis à la police judiciaire française qui travaille sur ce dossier depuis plusieurs mois. »
17 octobre 
▶ Lyon - Assises : Deux jeunes femmes courageuses ont levé le huis clos
  • C'était le procès de leur géniteur pédophile, à Lyon, et elles ont voulu alerter l'opinion publique sur l'inceste. Jusqu'au bout il a nié, crié au "complot familial"... Ca a commencé dès leurs 5 ans, il a demandé à l'ainée de "montrer" à la cadette comment elle devait faire avec "papa". "« Dès que je rentrais de l’école, je savais ce qui m’attendait. Il me disait « ce soir, tu vas me faire plaisir », témoigne douloureusement Lucie. Ses jambes tremblent. On lui apporte une chaise."« Il me disait qu’il voulait être le premier et que c’était normal de faire mon éducation. Histoire de ne pas être nunuche avec un garçon ». Un scénario qui se répète « deux à trois fois par semaine »". Sous emprise, la mère qui travaillait le soir n'a jamais rien vu, elle n'a rien soupçonné. Elle dit : "A l’extérieur, il était un homme sympathique, souriant, serviable. On faisait tous bonne figure. On donnait l’image d’une famille parfaite. Personne n’aurait compris".
▶ Le sénat rejette la commission d'enquête sur les abus dans l'Eglise
  • Etonnant (je plaisante!), après les députés, ce sont les sénateurs qui ont rejeté la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire. Evidemment, ce n'est pas pour protéger les curés pédophiles et la réputation de cette institution moribonde, mais pour d'obscures "raisons techniques". Mais pour se rettraper, ils tentent de proposer un machin totalement inutile et surtout complètement inoffensif : "Afin de ne pas donner l’impression de se désintéresser du sujet, les sénateurs de droite ont brandi une proposition de compromis. A l’invitation de Philippe Bas, ils ont voté en faveur de la mise en place d’une mission d’information qui s’intéressera plus largement à la prévention de la pédophilie dans les institutions accueillant des enfants".
19 octobre 
A l'école, la petite fait "comme à la maison avec papa".
  • De 2012 à 2016 le père viole ses filles. Elles et leurs frères sont placés en 2016 parce que le couple sur endetté n'arrivait plus à payer l'électricité. Âgée de 8 ans l'aînée a eu récemment des comportements sexuels avec ses camarades de classe, ce qui a poussé une institutrice à lui poser des questions. La petite a alors expliqué dit qu'elle faisait "comme à la maison avec papa". Les faits ont donc certainement continué après 2016.

2018-11-18 17_26_38-Faits divers _ Un homme de 66 ans accusé de viol par sept membres de sa famille20 octobre

▶ Rennes - Assises : Le papy viole sur plusieurs générations.

  • C'est une histoire de famille: sept personnes accusent le papy, sur deux ou trois générations, de viols répétés. Toujours dans le silence, imposé par le pervers. "La première victime s'est manifestée le 20 août dernier. Il s'agit de l'une des filles du suspect. Âgée de 30 ans, elle a décidé de sortir du silence : elle a déclaré aux enquêteurs avoir subi des viols de la part de son père entre 5 et 15 ans. (...) Pourquoi parler maintenant ? Parce que son fils de 10 ans "lui a révélé que son grand-père l'avait caressé". Le point de départ d'une succession de révélations puisqu'une autre fille du suspect a évoqué des faits similaires. Suivie par deux cousines, une demi-sœur et même la belle-sœur du sexagénaire".

 

21 octobre 

Tribune pour l'imprescriptibilité des viols sur mineurs

  • Une tribune publiée par une psychologue clinicienne, Marie-Claude Babin, dans le Huffington Post. Toute la tribune, où elle décrit ce que j'appelle le Pédoland, est intéressante à lire. Pédoland, ou la vie en patriarchie, c'est des violences sexuelles minimisées pour assurer l'impunité tout en faisant mine de prendre le problème en considération... "Il existe une "culture du viol" sous-jacente, que l'on pourrait définir comme un refus de conceptualiser les violences sexuelles, d'en reconnaître la réalité, les conséquences, d'entendre celles-ci lorsqu'elles sont révélées. Entendons-nous bien: cette attitude n'est pas seulement celle du violeur, mais de tout notre système". C'est tout un "système" de retournement, d'inversion, qui fait que c'est la victime qui est passée sur le grill. "En amont, on dénonce avec force et indignation; en aval, confrontés aux faits, on élude, on doute, on classe sans suite, bref, on pratique une forme de complicité passive. Par lâcheté collective, angoisse devant l'impensable, volonté de minorer un problème qui dérange, ou parce que les autorités et les médias subissent à leur insu l'influence du discours de l'agresseur – dominant par nature... La fréquente méconnaissance des mécanismes psychotraumatiques par les différents intervenants – forces de l'ordre, magistrats instructeurs, juges d'assises, avocats, médias et simples observateurs – achève de réduire les victimes au silence. Un silence qui, au fond, arrange bien une société redoutant d'être confrontée à ses failles, à ses démons."

 

23 octobre

2018-10-28 12_40_17-Un viol sur mineure requalifié en atteinte sexuelle_ les associations indignées

L'atteinte sexuelle, nouveau mot de la justice pour les viols sur mineures
1. Les adultes doivent-il protéger les enfants ou en profiter quand ils en ont l'occasion?
2. A quoi sert la justice?
3. A quoi sert la notion de minorité en droit?
4. Cette gamine n'est-elle pas perturbée? Et on revient au 1.
Mais que dit la "justice" ? "selon les magistrats, le "défaut de consentement" de l’adolescente âgée de 14 ans au moment des faits est "insuffisamment caractérisé"."
25 octobre 
▶ Policier pédophile.
  • Heureusement que ce flic pédophile est aussi stupide: il a filmé les viols et a donc été forcé d'avouer. Et surtout, heureusement qu'on a saisi et examiné le téléphone ou les disques durs du pervers, ce qui est très rare. Il a donc été mis en prison et en examen mercredi pour "viols​ et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans". Selon Le Dauphiné, "il est accusé de s’en être pris aux deux filles de son ex-compagne, âgées de 11 et 13 ans. C’est l’une d’elles qui a donné l’alerte en racontant les sévices subis à un adulte de son collège."
▶ Roubaix : Encore des viols sur mineure requalifiés en "atteinte sexuelle".
  • 2018-11-18 20_23_36-16 ans de réclusion pour Grégory Mestre, accusé du viol d'un collégion de 11 ansLe type de 29 ans est hébergé chez les parents de la victime, et passe devant les assises pour viol sur mineure et tentatives d'agressions sexuelles. Mais il est aquitté de presque tout et prend du sursis car, selon le tribunal, la victime était top jeune pour consentir "pleinement". On considère donc que le consement "à moitié" d'une mineure de 14 ans est valable, à Pédoland. "Après trois jours d’audience, le mis en cause a été acquitté des faits pour lesquels il était poursuivi. Il a finalement été condamné à 5 ans de prison dont un avec sursis et mise à l’épreuve de dix-huit mois pour des «  atteintes sexuelles  »". 

▶ 16 ans pour viol d'un mineur sous la menace d'une arme
  • Un pédophile des Ardennes a eu moins de chance. Il avait violé un gamin de 11 ans qui passait dans un parc, sous la menace d'un cutter. Grégory Mestre, 35 ans, a tenté de parler d'acte "consenti" avec ce gamin qui ne le connaissait pas et était vierge. C'est vrai que cet argument a marché à Pontoise, notamment, où une fillette de 11 ans, vierge, a été considérée comme consentante à une "relation sexuelle" avec un parfait inconnu en bas de son immeuble où elle était sortie jouer avec une copine. Quant à Grégory Mestre, "Confondu par son ADN, il sera arrêté un mois plus tard chez ses parents au terme d’une grande chasse à l’homme. Identifié par sa victime, il sera ensuite mis en examen pour “viol aggravé”".

 

30 octobre 

▶ Jurisprudence anti-victimes : pas de non-prescription pour amnésie traumatique

  • iid_de_anzeige_puppe_151111_aotwBravo aux juges du Pédoland: Ils viennent de pondre une jurisprudence qui considère que l'amnésie traumatique n'est pas un frein à la révélation des faits qui permet de casser la prescription... "L’amnésie traumatique invoquée par la victime d’un viol commis lorsqu’elle était mineure ne peut être considérée comme constituant un obstacle de fait insurmontable et assimilable à la force majeure ayant pu suspendre le délai de prescription. " La raisonnement, complètement fallacieux et hors des réalités du trauma, est le suivant: "En tout état de cause, le viol ayant fait l’objet d’une amnésie traumatique de la victime ne peut pas être qualifiée d’infraction occulte ou dissimulée au sens de l’article 9-1 du code de procédure pénale. Celui-ci définit l’infraction occulte comme celle qui « en raison de ses éléments constitutifs, ne peut être connue ni de la victime ni de l’autorité judiciaire ». Or, le viol constitue bien au contraire une infraction qui, par nature, est connue de la victime. "

▶ Des restes humains au Vatican
  • Au Vatican lors des travaux de restauration d'une annexe, des ossements ont été retrouvés dans une propriété où se trouve l'ambassade du Vatican. Ce qui est étonnant, c'est qu'un lien éventuel avec deux disparitions de mineures en 1983 est fait dans la presse: "La police italienne a été informée et une enquête est en cours pour établir l'âge et le sexe du corps ainsi que la date du décès. Les enquêteurs chercheront en particulier à déterminer si l'ADN de ces restes correspond à celui d'Emanuela Orlandi ou de Mirella Gregori, deux mineures disparues séparément à Rome en 1983. Emanuela Orlandi, fille d'un membre de la police vaticane, avait été vue la dernière fois le 22 juin 1983 alors qu'elle sortait d'un cours de musique."
▶ Seulement 4 curés en prison
  • 109890491Après trois ou quatre ans de remue-ménage dans l'opinion publique et une légère onde de choc dans l'Eglise, qui reste à ce jour le plus gros réseau pédophile en activité (du moins jusqu'à preuve du contraire), on atteint le chiffre faramineux de "10 clercs actuellement mis en examen et 4 incarcérés" sur 15.000 au total, selon le Figaro. Pourtant, ce ne sont pas les accusations qui manquent: "entre janvier 2017 et octobre 2018, dix prêtres ou diacres qui faisaient l'objet d'une enquête ont été mis en examen. Par ailleurs, quatre clercs sont actuellement incarcérés pour des faits de violences sexuelles commises sur des mineurs. Et cinq autres ont fini d'exécuter leur peine (prison, sursis, amende, bracelet électronique etc). Entre 2017-2018, 129 clercs ont été mis en cause par un témoignage, un signalement, ou une plainte, mais la proportion de ceux faisant l'objet d'une procédure n'est pas connue. A titre de comparaison, entre 2010 et 2016, 26 clercs avaient été mis en examen, et fin 2016, neuf étaient incarcérés et 37 avaient fini d'exécuter leur peine". 

▶ ESPAGNE : Bientôt l'imprescriptibilité des abus sexuels sur mineurs? 

  • Bien-sûr, cela est totalement impensable en france. On ignore pour quelle raison, nos députés sont incapables de voter des lois réellement protectrices pour les mineurs. En Espagne, donc "Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé, lundi 29 octobre, une prochaine réforme du Code pénal pour en finir avec la prescription des crimes et délits sexuels commis sur des mineurs. “Ce qui les mettrait sur le même plan que les assassinats terroristes et les délits de génocide et de crimes contre l’humanité”

17 novembre 2018

Papa m'a fait bobo: une fillette de 4 ans confiée à la garde exclusive de son père

2018-10-07 16_15_55-Aidons Marie_

Aujourd’hui, on va parler d'une affaire qui, bien qu’étonnante pour un néophyte en matière de violences sexuelles contre les enfants, est tristement classique pour ceux qui tentent de venir en aide à ces jeunes victimes. "Marie" est une fillette âgée de 6 ans aujourd’hui, qui ne peut plus voir sa mère depuis des mois. Elle a en effet été confiée à la garde de son père, juste après l’avoir accusé d’abus sexuels.

 

Dès que Marie a été dans le ventre de sa mère, son père a commencé à changer de comportement. On connaît bien ce schéma dans nos dossiers, c’est comme si certains pères avaient un déclic pervers qui se déclenchait. Ils deviennent agressifs, colériques, s’éloignent de la mère, la rabaissent, voir rejettent l’enfant.

La vie familiale est donc difficile, jusqu’à ce que le père décide de partir pendant 15 jours, seul avec l’enfant de 2 ans à l’époque.

Quand la maman revoit sa fille, celle-ci se montre perturbée, et elle remarque des inflammations au niveau du sexe, constatées par un certificat médical.

 

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Après un classement sans suite, l’enfant confié à celui qu’il a dénoncé

Suite à cet épisode, la mère décide de partir avec l’enfant, et le père demande la résidence exclusive, qu’il n’obtient pas en raison du très jeune âge de l’enfant.

Puis, alors que la petite fille a à peine 3 ans, le père l’embarque à nouveau, cette fois pendant deux mois, alors qu’il l’avait pour le week-end. Au retour, l’enfant parle notamment de "bobo aux fesses" et décrit des actes de pénétration.

La mère porte plainte, et un an plus tard elle est classée sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée" alors qu’un examen gynécologique a relevé une hypotonie du sphincter "compatible avec des faits de pénétration digitale", même si ce n’est pas spécifique.

Il faut savoir que ce symptôme apparaît chez les enfants qui subissent des viols anaux, il s’agit d’une réaction au phénomène de pénétration. Comme l‘examen a lieu 10 jours après le retour de l’enfant, aucune autre trace n’est visible.

Entre temps, un Juge aux Affaires Familiales (JAF), qui a réclamé une enquête sociale à un individu déjà repéré dans le secteur pour enfoncer les mères qui tentent de dénoncer des abus, considère que toute l’affaire (pas encore classée à ce moment) se résume à un "extrême conflit entre les parties". La petite reste cependant confiée à sa mère le temps de l’enquête.

Un Juge des Enfants (JDE) reprend ce couplet avec l’argumentaire de l’enquête sociale, totalement à charge contre la mère. Alors que la plainte n’est toujours pas classée, ce juge écrit que "il ne peut être exclu que la dénonciation des faits d’agression sexuelle soit une manipulation permettant à madame d’obtenir la résidence de l’enfant". On se demande sur quoi se fondent ces spéculations, mais elles permettent de renforcer le délire de "conflit parental" initié évidemment par la mère, et de demander un suivi de la petite chez celle-ci.

Début 2017, la plainte est donc classée. Le JAF qui avait commencé à parler de "conflit parental" confie immédiatement Marie à son père, avec un droit de visite et d’hébergement pour la mère un week-end sur deux et la moitié des vacances.

 

Confrontée à l’urgence, une mère "hors la loi"

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Comme de nombreuses mamans (parfois des pères) confrontées à cette situation, celle de Marie a refusé de laisser sa fille de 4 ans à ce père qui, d’après ce que la petite avait dit à de nombreuses reprises, commettait régulièrement sur elle des abus sexuels. Cette maman avait d’ailleurs reçu des conseils de plusieurs intervenants allant dans ce sens.

Elle est retrouvée trois semaines plus tard, placée en garde-à-vue, et la petite Marie est envoyée chez son père directement .

Suite à cela, les droits d’hébergement de la mère sont supprimés, punissant l’enfant par la même occasion. Pour avoir parlé ? C’est en tout cas comme cela que la fillette va le comprendre.

Le JDE confie donc la petite au père, la mère n’a plus que des visites médiatisées. Deux fois par mois. On attendrait d’elle qu’elle se remette "en question" et cesse de "déformer la réalité". Il va sans dire que lesdites visites médiatisées ont mis des lustres à se mettre en place,  de manière erratique, et que le père fait ce qu’il peut pour couper les liens entre l’enfant et sa mère.

Les enquêtes sociales et expertises sont à l’avenant : la mère a tous les torts. On décèle même chez elle "une dimension perverse" etc., le tout pour revenir sur cette histoire de "conflit parental" tellement pratique pour expliquer les plaintes et les accusations graves des enfants (même si en réalité cela n’explique rien du tout).

Fin 2017, le père réclame l’autorité parentale exclusive, puis il déménage pour s’éloigner encore de la mère, qui ne voit sa fille que très occasionnellement et toujours très brièvement durant toute l’année.

On voit mal ce qui pourrait justifier aux yeux du père de couper tout lien, même légal, entre cette fillette et sa mère. Même des pédophiles conservent l’autorité parentale !

Ce genre de comportement est très grave, d’autant qu’outre ses accusations, la petite n'a, rappelons-le, que 5 ans à ce moment.

La maman décide donc de se constituer partie civile.

 

Deux signalements en suspens

2018-09-16 16_14_08-Les condamnations pour viol ont chuté de 40% en dix ans

La situation est déjà particulièrement inquiétante à ce moment, fin 2017, quand Marie est emmenée chez un médecin spécialiste à qui elle parle de ce qu’il se passe à la maison, c’est-à-dire des comportements qui relèvement au minimum de la corruption de mineur. Le suivi a été stoppé par le père suite à ces signalements.

Ces révélations, intervenues début 2018, ont lieu alors que l’enfant ne voit presque plus sa mère, et quand elle la voit c’est en présence d’éducateurs. On ne peut donc pas l’accuser d’avoir "projeté" sur sa fille, de l’avoir "manipulée", ou même pervertie.

Cela n’a pas empêché le JAF de fixer une nouvelle fois la résidence de l’enfant chez son père afin, est-il dit, de préserver sa "stabilité", et la mère, à qui on reproche encore de ne pas se "remettre en question", obtient des droits de visite deux fois par mois dans un point rencontre.

Nous en sommes là dans ce dossier.

La mère a fait appel du jugement du JDE, la prochaine audience est donc fixée au 13 décembre à 15 h à la cour d’appel de Nîmes, chambre spéciale civile des mineurs. Ces audiences ne sont pas publiques, mais la maman a besoin de soutiens, et ceux qui sont dans le secteur seront les bienvenus.

 

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Dans un contexte où le nombre de condamnations pour viols sur mineurs a baissé de 40 % en dix ans, depuis le désastre de l’affaire d’Outreau et l’omerta imposée aux enfants par des experts ineptes, il devient évident que les classements sans suite ne reflètent pas la réalité des abus sexuels sur les mineurs dans ce pays.

Pour 10 viols de mineurs, il y a moins d’une plainte. 70 % des plaintes qui passent la porte des commissariats et gendarmeries, ou sont reçues par les procureurs, sont classées sans suite. 15  autres pour cents finissent en non-lieux, c’est—à-dire qu’on la jette à la poubelle avant d’aller devant les juges. Dans le reste, une partie des plaintes est envoyée au tribunal correctionnel, puis il y a les acquittés, les sursis, les peines aménageables. Au final, les pédophiles condamnés qui font de la prison sont minoritaires.

Voilà dans quel pays nous vivons sur le plan des chiffres, si on regarde la situation avec un grand angle. Si on zoome, ça donne des situations comme celle de la petite Marie, ou encore cette autre affaire assez semblable, dont j’ai parlé ici il y a peu de temps.

Il s’agit dans ces deux affaires d’enfants violées, des petites filles qui ont commencé à subir les assauts de leurs pères avant de mettre le pied à la maternelle. Des enfants qui ont parlé, qui n’ont été entendues que par une mère, par des professionnels, mais pas par la justice, et que l’on confie aux bons soins de ceux qu’elles ont dénoncés. Dont elles ont demandé à être protégées.

Imaginons deux minutes les conséquences de ces décisions ahurissantes, dès à présent mais aussi dans 2 ans, dans 10 ou 20 ou 30 ans.

Il est temps que cela cesse, il est temps de faire comprendre à cette justice rendue en notre nom qu’elle déraille, et que nous soutenons ces enfants, ainsi que les parents protecteurs. Rendez-vous donc le 13 décembre à 14 h 30 devant la cour d’appel de Nimes.

 

15 novembre 2018

Pompiers de Paris accusés de viols sur mineure: patriarchie, consentement et supplice chinois

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L’affaire de cette ado utilisée comme objet sexuel par des pompiers de Paris issus de plusieurs casernes, affaire requalifiée en  "atteinte sexuelle" par le parquet, et qui risque donc d’être renvoyée en correctionnelle, fait effet boule de neige. Pourquoi ? Parce que le décalage est abyssal entre la pratique judiciaire et la réalité sociétale. Parce que ce déni des violences sexuelles sur les mineurs, au-delà d’être indécent car produit par la "justice", entraîne surtout un véritable danger pour la société tout entière.

 

Depuis quelque temps, les pompiers de Paris sont régulièrement cités comme abuseurs par des femmes de tous âges. Plusieurs affaires de violences sexuelles sont aujourd'hui en cours, même s'il est certain que la justice manque d'empressement pour les amener devant les juges. Parfois ce sont de jeunes collègues qu'ils auraient donc agressées (le conditionnel est de mise même si ona tendance à accorder une grande crédibilité à certaines victimes et très peu aux mis en cause), parfois il s'agit carrément de mineures. 

En l'occurrence, nous allons revenir sur les viols répétés qu'une jeune femme accuse plusieurs pompiers d'avoir commis alors qu'elle était mineure. Et dans ce dossier, le parquet utilise une bien étrange logique pour nier la connaissance qu'avaient les pompiers accusés de l'âge de la victime, et de sa vulnérabilité.

Il demande donc le renvoi de trois individus en correctionnelle pour "atteinte sexuelle", ce qui suppose un "consentement" de la victime.

 

Quid de la notion de contrainte ?

Le réquisitoire du parquet a été largement diffusé dans la presse à la mi-octobre, et on pouvait donc lire le point de vue du procureur sur ce dossier. Un procureur, Vincent Lesclous censé représenter les intérêts de la société, qui a considéré qu’une mineure de 13 ans, sous un traitement médical très lourd qui la mettait littéralement à l’état de "légume", était "consentante" à des "rapports sexuels" (admis par 17 pompiers qui ne sont même pas renvoyés devant la "justice"), parfois avec trois types en même temps, "rapports sexuels" relevant davantage du porno trash que du flirt d’adolescente.

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L’adolescente a porté plainte en 2010 contre une vingtaine de pompiers pour des faits commis entre 2008 et 2010, alors qu’elle avait entre 13 et 15 ans. En 2012, il était bien question de 17 pompiers qui auraient abusé de cette mineure (entendus comme simples té moins), en plus des trois qui ont été mis en examen.

Lesdits pompiers avaient, nous dit-on, "fiché" cette gamine comme "nympho", et se refilaient son numéro. Ils étaient capables de venir à plusieurs de l’appeler, de lui demander divers actes sexuels n’importe où, et de se barrer en la laissant là, complètement stone, au bout de 10 minutes.

Mais en juin, le juge d'instruction "envoie ses conclusions au parquet de Versailles : sur la vingtaine de mis en cause, selon lui, seuls deux méritent des poursuites judiciaires pour “viols sur mineure”. Entre temps d’ailleurs, ces deux pompiers ont été radiés ou suspendus par leur hiérarchie", selon Le Nouveau Détective.

Et en octobre, on découvre que pour le procureur, "le défaut de consentement" de cette victime est "insuffisamment caractérisé". Or la question ne devrait même pas se poser, car en effet :

  • La victime avait 13 ans au début des faits, et les pompiers le savaient puisqu’ils intervenaient quotidiennement auprès d’elle (il est question de quasiment une intervention par jour pendant deux ans).
  • Les pompiers concernés étant Sapeur-Pompier de Paris donc militaires, étaient des personnes ayant autorité sur cette jeune mineure. Non seulement leur position leur conférait autorité sur elle mais annulait également la majorité sexuelle à 15 ans.
  • De plus, la victime suivait un traitement médical très lourd qui l’empêchait de prendre du recul ou même d’avoir la moindre volonté. une grande partie des pompiers le saveient puisqu'ils intervenaient régulièrement pour transporter l'adolescente (elle ne suit fort heureusement plus ce traitement aujourd’hui).

 

L’expertise psychiatrique l’avait reconnue à l’époque dans un état de grande vulnérabilité et donc de faiblesse.

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Le parquet explique que les déclarations de la mineure ont "varié". "Avec un pompier, elle entretiendra une relation suivie entre février et novembre 2009. Après avoir évoqué dans les premiers temps une "amitié sexuelle", l’adolescente évoluera peu à peu pour dénoncer des rapports non consentis", lisait-on dans Le Dauphiné du 22 octobre 2018, reprenant fidèlement l'argumentaire du parquet.

Pour illustrer la manière dont se passaient les "rapports sexuels", et aussi le traitement judiciaire de l’affaire, le paragraphe suivant est révélateur : "La plupart ne sont pas poursuivis, à l’exception de quatre pompiers soupçonnés de non-assistance à personne en danger. Il leur est reproché d’avoir abandonné l’adolescente en pleine crise de spasmophilie, après que deux d’entre eux ont eu une relation sexuelle simultanée avec elle sur un parking, sans connaître son âge. Un non-lieu a été requis à leur encontre".

Pour la petite, tout a commencé après une crise de spasmophilie à l’école, quand elle avait 13 ans et demi. Un pompier qui vient la chercher récupère son numéro à la suite de l’intervention, et la contacte. D’autres rendez-vous suivent, avec d’autres pompiers, parfois à deux ou trois.

Un matin un pompier, habillé en tenue de pompier et que la famille connaissait, à force de les voir intervenir au domicile, vient la chercher chez elle, soi-disant pour faire un tour dans un parc.

Mais au lieu de cela, il l’emmène chez lui où se trouvent déjà deux autres pompiers. Ils menacent de la frapper et exigent des actes sexuels. Elle ne voit aucune issue à part céder, évidemment (d'ailleurs on s'interroge: qu'aurait fait le procureur dans la même situation, déjà en tant qu'adulte, mais surtout en tant que mineure vulnérable?).

La victime décrit plusieurs viols en réunion commis par ces pompiers durant la période des faits, ainsi que de nombreux actes sous une forme ou une autre de contrainte. Ces faits sont d'un glaque digne des films pornos les plus vomitifs.

On comprend donc très bien pourquoi ses délcarations ont "varié", puisque lorsqu'elle a porté plainte, elle était encore sous le choc et sous traitement. C'est seulement progressivement qu'elle a pu prendre le recul nécessaire, remettre les choses à peu près dans l'ordre, et comprendre ce qu'il lui était arrivé.

 

La procédure judiciaire, ou le supplice chinois de la patriarchie

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Au fil de ces deux ans et demi de viols à répétition, la victime a sombré dans la dépression, et son état n’a fait qu’empirer. Preuve que ces "relations" ont été loin d’être épanouissantes. Elle était très bonne élève (elle avait même sauté une classe), ses notes se sont mises à chuter, elle finit par être déscolarisée, par développer une phobie sociale, et ne sort plus de chez elle.

"Plus y avait des viols plus je faisais des crises d’angoisse et ils étaient obligés de ré-intervenir, ce qui fait que mon état de santé était parfaitement connu", a-t-elle expliqué. C'est seulement à 15 ans, à la suite d'un nouveau viol collectif, que l’adolescente parvient enfin à parler à sa mère. Elle l’emmène immédiatement porter plainte.

Après la plainte, la police a mis six mois à entendre la victime. Puis c’est Paul Bensussan qui a été chargé de son expertise. Le tristement célèbre psychiatre, qui avait déclaré lors de l'audience du procès en appel d’Outreau que les enfants étaient des menteurs. Ceci, sans les avoir expertisés et alors que 12 ont été reconnus victimes d’abus sexuels variés, et certains de proxénétisme. Sans surprise, il a rendu un rapport très favorable aux pompiers qui a servi de base au réquisitoire du procureur, où les faits sont requalifiés en "atteinte sexuelle".

Paul Bensussan n’est pas pédopsychiatre, ni spécialiste en victimologie, et il est critiqué jusque dans les prétoires Suisses. Pourtant, le juge d’instruction a refusé la contre-expertise demandée par la famille.

Il faut savoir que la Cour Européenne des Droits de l’Homme considère que les parties prenantes à la procédure, y compris donc la victime, doit pouvoir commenter l’expertise pour compléter l’information sur laquelle va se baser le juge pour prendre sa décision. Cela est indispensable pour assurer le droit à un procès équitable. Mais en france cela reste un voeu pieu.

La procédure est donc un nouveau supplice, la parole de la victime étant systématiquement et sans cesse remise en question.

Accusation de viols chez les pompiers de Paris: " J'ai été détruite ", raconte Julie sur RMC

TEMOIGNAGE RMC - Julie a déposé plainte il y a huit ans. Le parquet a renvoyé trois pompiers devant le juge sans pour autant retenir la qualification de " viol ".

https://rmc.bfmtv.com

Dans cette affaire, alors que 17 pompiers qui ont reconnu des rapports sexuels quand la victime avait entre 13 et 15 ans, et que depuis 8 ans, la seule agression retenue par la procédure était qualifiée de viol en réunion sur mineur de moins de quinze ans, le procureur a non seulement requalifié le viol en réunion en "atteinte sexuelle" mais n’a pas qualifié les nombreuses "atteintes sexuelles" alors qu’elles sont reconnues et établies dans le dossier de la procédure.

On lit sur le site de BFM que "Pour son avocat Jean Tamalet, la "lecture du parquet est offensante" pour la victime. "Les pompiers ont un ascendant sur Julie à l'époque, ce qui est un des éléments constitutifs de la contrainte. Sa vulnérabilité est avérée, compte tenu des médicaments qu'elle prend à haute dose. Ca ne peut pas être de la correctionnelle".

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Comment peut-on, après cela, dire à une victime de porter plainte contre celui qui l’a violée ? Aujourd’hui  nous sommes obligés de les prévenir qu’il y a très peu de chances que sa plainte débouche sur un procès pour viol. 85 % des plaintes pour viol qui sont instruites finissent classées sans suite ou par des non-lieux. Ensuite, nous devons leur dire qu’elles seront mises sur le grill, que leur parole sera remise en cause par la plupart des intervenants, experts compris le plus souvent, et que psychologiquement ce sera très difficile. Mais si en plus, au bout de 9 ans de procédure, on requalifie des viols en "atteintes sexuelles", alors cela s'assimile à un coup de grâce pour les victimes.

Bref, aucun "renforcement de la protection des mineurs " en vue à ce jour, malgré les salves de propagande de Schiappa tout l'été, qui disaient l'inverse. 

 

Une pétition réclamant que le viol de mineur soit jugé comme un crime est en ligne, et a recueilli un peu plus de 120.000 signatures.

L'association Enfance et Partage, qui suit cette affaire depuis un moment, a diffusé un communiqué qui n'a pas été repris avec autant d'entrain que le réquisitoire du parquet. On espère que la proximité des médias avec les informateurs que représentent les pompiers n'a rien à voir avec cette forme d'omerta dans une affaire pourtant fort médiatisée, de même que les relations de dépendance avec le parquet. 

 

29 octobre 2018

Quand la justice qualifie les viols de mineurs en atteintes sexuelles : de l'art de séduire les mineures vulnérables

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Depuis la rentrée, les cas de viols de mineures requalifiés en "atteinte sexuelle" se succèdent. La tendance, comme on le sait, est bien à décriminaliser les viols de mineurs, pour en faire dans un premier temps de simples délits, et encore. Dans un second temps, on se doute qu'il s'agira de donner des "droits sexuels" aux mineurs et de légaliser la sexualité des mineurs. Revenons sur quelques cas tout récents qui montrent bien le processus en cours.

 

On a vu le mois dernier que 85% des plaintes pour viol sur mineur ne vont même pas jusqu'au tribunal: 70% sont classées sans suite, 15% subissent un non-lieu. Et bien-sûr un paquet de plaintes sont correctionnalisées, et un paquet de pédophiles ne sont pas condamnés. Quand ils le sont, tous ne vont pas en prison loin de là.

On a vu aussi que depuis 10 ans, alors que le nombre de plaintes augmente de 10 à 15% par an, le nombre de condamnations pour viol a baissé de 40 %. Ce qui est logique quand on voit la pauvreté des enquêtes, si on peut appeler cela comme ça.

Il est important de planter ce tableau avant de continuer. Pour les gens en effet, les abus sexuels sur les mineurs sont graves. Mais ce n'est manifestement pas le cas dans le chef de nos magistrats.

 

Roubaix: une gamine de 12 ans jugée pas "consentante" mais le violeur prend 4 ans...

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Le 25 octobre, la presse locale évoquait une affaire pourtant jugée aux Assises: un réfugié de 29 ans a été envoyé au tribunal pour avoir entretenu des rapports sexuels avec une mineure de 12 ans alors qu'il était hébergé dans une famille. Les faits ont d'abord, en toute logique, été qualifiés de viol vu l'âge de la victime -bien qu'il n'y ait toujours pas en france d'âge de consentement. 

L'individu était jugé pour "tentative d’agression sexuelle imposée à un mineur de 15 ans" et pour " viol sur un mineur de 15 ans". Evidemment, il a déclaré que la fillette était "consentante" et qu'il y avait des "sentiments réciproques". 

Alors que là n'est même pas la question, le tribunal a manifestement considéré que la petite l'avait cherché, et a acquitté l'individu des accusations de viol et tentative d'agression. A la place il  a été "condamné" pour "atteinte sexuelle" à 4 ans de prison, autant dire que la préventive va quasiment couvrir ladite "peine".

Le pire est dans la conclusion de l'article de Nord Eclair: "La Cour d’Assises a estimé qu’en raison de l’âge de la jeune fille, celle-ci n’était pas en mesure de consentir "en pleine conscience" à des relations sexuelles avec un adulte. Son avocate s’est refusée à tout commentaire."

Là on entre donc dans le cas du viol puisque la pénétration est reconnue. Mais finalement pourquoi condamner un pédophile? Autant lui signer un chèque en blanc pour recommencer, et montrer à toutes les gamines de 12 ans qu'elles ne pourront s'en prendre qu'à elles-mêmes si elles entrent sous l'emprise d'un manipulateur bien plus âgé qu'elles qui cherche des relations sexuelles avec des mômes vulnérables, crédules, en recherche d'amour comme toutes les ados.

On apprend au passage qu'on peut donc consentir à 12 ans sans avoir "pleine conscience", selon la justice.

La question encore une fois c'est : un mineur qui n'a donc pas un consentement libre et éclaire doit-il être protégé des adultes? Les adultes qui cherchent des relations sexuelles doivent-ils être punis à la hauteur du crime (car en théorie le viol de mineur reste un crime)?

La réponse de la justice est dans ce cas: non, ou plutôt un petit peu. D'où les 4 misérables années de "prison" dont il fera au mieux la moitié. 

 

Versailles: une gamine fragile de 13 ans utilisée en tournante par les pompiers: elle était consentante 

2018-10-28 12_40_17-Un viol sur mineure requalifié en atteinte sexuelle_ les associations indignées

Autre affaire sordide dans laquelle la justice brille par sa complaisance avec les agresseurs: celle d'une fillette qui, de 13 à 14 ans, a été utilisée sexuellement par une vingtaine de pompiers. L'affaire remonte en effet à 2009, on est donc presque 10 ans plus tard, le temps de réduire l'affaire à rien du tout.

En octobre 2012, on apprenait que 17 pompiers étaient "dans le viseur de la justice". En 2011 trois pompiers étaient mis en examen, mais en octobre 2012 il n'y en avait plus qu'un seul. "La victime, qui avait 13 ans lors des premiers faits dénoncés, avait désigné au total une vingtaine d'agresseurs présumés. Aujourd'hui, 17 pompiers de Paris se retrouvent dans le collimateur de la justice. Ils ont jusqu'ici été entendus comme simples témoins dans le cadre de l'instruction de cette affaire sensible", lisait-on dans Le Parisien.

L'affaire part quand-même sur l'accusation de viol, pour tous les faits survenus avant les 15 ans de la victime.

Récit des faits: "Cette affaire commence courant 2008. La jeune fille fait une crise d'angoisse au collège. Dans le fourgon qui la conduit à l'hôpital, elle sympathise avec un pompier de la caserne de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine). Des liens se nouent sur le site Internet Facebook entre elle et le jeune homme.
Un jour, Pierre, qui a 20 ans, vient chercher la jeune fille et l'emmène chez lui. Malgré l'âge de la préadolescente, ils ont une première relation sexuelle qui sera suivie de beaucoup d'autres. Pierre propose à ses collègues d'avoir à leur tour des relations avec la jeune fille. Le numéro de portable et l'adresse Facebook circulent entre les soldats du feu. C'est à cette époque que l'adolescente sombre dans la dépression, devient suicidaire. Les psychiatres lui prescrivent des médicaments à haute dose. Pendant deux ans, 20 pompiers seraient entrés en contact avec elle pour satisfaire leurs pulsions avec une gamine présentée comme une « fille facile ». En fait, une gamine en état de vulnérabilité, incapable de dire non".

On comprend donc que la petite était déjà assez mal dans sa tête au début des faits, qu'un type de 20 ans a abusé d'elle de la pire manière puisqu'il l'a proposée à ses copains, et que l'état psychologique de la victime n'a fait qu'empirer. On ne peut clairement pas estimer qu'elle a pu consentir à quoi que ce soit, surtout à 13 ans. 

"Lors de leurs auditions, les pompiers reconnaissent tous avoir eu des relations sexuelles avec l'adolescente. Mais tous soutiennent qu'elle était consentante et qu'elle les avait même contactés sur Internet ".

2018-10-28 12_43_02-Pétition · Après #Pontoise, #Versailles_ le viol d'un enfant doit être jugé comm

En octobre 2018, où en est-on dans ce dossier? Le parquet vient de laisser tomber les accusations de viol concernant deux pompiers, qui seront probablement renvoyés en correctionnelle, donc jugés pour un simple délit, pour "atteinte sexuelle". Le même parquet a aussi demandé qu'un 3e pédophile soit jugé non pas pour "agression sexuelle" (passible de 10 ans) mais bien pour "atteinte sexuelle".

Pourquoi? Parce que "selon les magistrats, le "défaut de consentement" de l’adolescente âgée de 14 ans au moment des faits est "insuffisamment caractérisé". Les agresseurs présumés risquent sept ans de prison".

On remarque au passage que la victime a vieilli d'un an. Et que même à 14 ans, même sous médicaments avec un traitement "lourd", même si les pompiers sont intervenus 130 fois en quelques mois pour des problèmes de santé de la gamine, eh bien des magistrats peuvent considérer qu'il y a consentement.

Pourquoi se priver? La loi Schiappa n'a pas fixé d'âge de consentement.

Suite à cette affaire, l'association Amnésie Traumatique a lancé une pétition afin de demander cette chose toute bête dans une société où règne la loi du plus fort: que "Le viol d'un enfant doit être jugé comme un crime".

 

Tahiti: le tribunal s'interroge: à 14 ans peut-elle être consentante à des relations sexuelles avec un quinquagénaire?

2018-10-28 13_04_30-Un père de famille condamné pour des relations avec sa voisine âgée de 14 ans

Fin septembre au tribunal correctionnel de Papeete, un père de famille d'une cinquantaine d'années comparaissait non pas pour viols ni  même pour "agressions sexuelles", mais pour "atteinte sexuelle". Et de fait il a pris... 3 ans de prison.

Les faits sont pourtant clairs: l'adolescente va initialement porter plainte pour des violences commises par cet individu, qui l'avait frappée. Elle finit par expliquer qu'elle "entretient des rapports sexuels avec cette homme, un père de famille qui est également l'ami de ses parents. Elle dit "aimer" le prévenu tout en voulant que les choses "s'arrêtent"", écrit la presse locale.

Le pédophile lui offre des cadeaux, prend le temps de "flirter", comme il dit, lui donne aussi de l'argent, et finit par obtenir ce qu'il cherchait: des rapports sexuels, non protégés tant qu'à faire. 

"Le mis en cause nie les faits à de nombreuses reprises. Puis, après avoir rencontré un avocat, il se décide à parler de celle dont il se dit "amoureux" et avec laquelle il affirme avoir eu des rapports "consentis" teintés de vraies "scènes d’amour" ". Evidemment. Et en plus, ça marche!

 

Il la pensait "plus vieille": 12 mois de sursis pour "atteinte sexuelle"

2018-10-28 16_07_40-Sambre-Avesnois_ 12 mois de prison avec sursis simple pour le trentenaire trop e

Le 26 octobre, c'est encore dans le Nord qu'un homme de 33 ans a été "condamné" à une peine de sursis intégral (12 mois) pour avoir eu "une relation sexuelle avec une adolescente de 14 ans" il ya 5 ans, en décembre 2013.

En réalité, il y a eu une "relation" suivie et probablement plusieurs "relations sexuelles". 

Dans cette affaire également, la victime, qui est tombée "amoureuse" du type, semble vulnérable: "L’adolescente était fragile. Elle était affectée aussi d’un milieu familial peu stable. Alors, quand elle raconte à cet homme qui se trouve chez sa mère son mal être, il l’a prend dans ses bras et va plus loin. Ça se passe dans une pièce à côté des pièces à vivre. Des caresses, il en arrive à une relation sexuelle", explique le quotidien local La Voix du Nord.

Ce personnage a expliqué au tribunal qu'il "la pensait plus vieille", et ce moyen de défense a été percutant et efficace pour les juges. Il a donc pris 12 mois de sursis et... 500 € à verser à la victime. 

 

Un dangereux processus en cours

Bref, comme prévu cette loi ouvre les vannes à la décriminalisation des viols de mineurs, qui peuvent très facilement être qualifiés d'"atteinte sexuelle" même lorsqu'il y a pénétration et que "discernement" est loin d'être acquis. Par ailleurs, cette loi institutionnalise l'inversion des rôles, en considérant a priori que la victime mineure est consentante, sauf preuve matérielle et clairement évidente du contraire. Et encore, comme ces affaires le montrent, même une gamine perturbée, vulnérable et sous médicaments peut être considérée comme consentante. 

On comprend aussi que cette histoire de "discernement", introduite par la loi Schiappa pour soi-disant ajouter un critère élargissant la définition juridique du viol sur les mineurs n'était que de la poudre aux yeux (de la "poudre de perlinpinpin, comme dirait l'autre). 

Comme le résume l'association AIVI (association internationale des victimes de l'inceste): "Ce qui est odieux c'est l'inversion des rôles et le juge, le procureur qui questionne le comportement de l'enfant et non celui des agresseurs. Jamais un enfant ne devrait être interrogé sur son "consentement" à un acte sexuel !"

2018-10-28 13_34_53-Justice _ le Sénat vote l’expérimentation des tribunaux criminels départementauxMarie-Claude Barbin, psychologue clinicienne, expliquait dans une tribune le processus qui permet cette négation des violences sexuelles en général (les mineurs étant particulièrement concernés): "Tout un magma de présupposés malsains conduit insidieusement à une banalisation des violences sexuelles. Plus encore que la dénégation ("Elle ment, il ne s'est rien passé"), la posture défensive la plus fréquente chez les violeurs reste "Elle était consentante". Cette formule sous-entend l'inadmissible aphorisme "Qui ne dit mot consent" suggérant que ne pas résister, c'est accepter; qu'en pareil cas, il n'y aurait pas de "vrai viol". 

Sont ainsi éludées la capacité de l'agresseur à imposer sa domination sans violence ni menace – et à l'inverse, l'incapacité à agir d'une victime paralysée par la peur de mourir: en état de sidération. Peut-on réellement affirmer qu'un enfant possède l'aptitude physique et psychique au consentement qu'on se plaît à lui prêter?"

Les choses ne vont pas s'arranger avec la création des "tribunaux départementaux" censés désengorger les cours d'assises. Ces mini tribunaux jugeront les faits criminels jugés de seconde zone par le pouvoir, c'est-à-dire, justement, les viols. L'intérêt principal c'est que les audiences coûteront moins cher puisqu'il n'y aura pas de jurys populaires (censés être présents pour juger l'ensemble des crimes). Le gouvernement trouve cela "innovant", les associations craignent déjà que ces tribunaux jugent n'importe comment histoire de désengorger les prisons, et que les peines déjà rares et peu importantes seront encore moindres [1].

 

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Officiellement, Schiappa et le gouvernement ont renoncé à instaurer dans la loi la notion d' "atteinte sexuelle avec pénétration". Mais on dirait que cette notion est quand-même mise en application. 

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En réalité la loi Schiappa du 3 août permet de requalifier tout au long de la procédure les viols aggravés sur les mineurs en "atteinte sexuelle" (passible de 7 ans de prison et 100.000 € d'amende (mdr)). Cela, si l'accusé parvient à contester la violence, contrainte, menace ou surprise, c'est-à-dire lorsque les magistrats considèrent qu'il y a eu "consentement".

Le texte dit: "Lorsque l'accusé majeur est mis en accusation du chef de viol aggravé par la minorité de quinze ans de la victime, le président pose la question subsidiaire de la qualification d'atteinte sexuelle sur la personne d'un mineur de quinze ans si l'existence de violences ou d'une contrainte, menace ou surprise a été contestée au cours des débats."

Dans les affaires citées plus haut, les juges auraient cependant pu considérer qu'il y avait une "contrainte morale" car on avait bien une "différence d'âge significative" entre la victime et le prévenu, et parce que les victimes ne disposaient pas "du discernement nécessaire pour ces actes". 

Donc cette loi va dans les deux sens et il semble assez évident que ce qui est utilisé par les magistrats, c'est le volet "atteinte sexuelle", pas celui de la question du "discernement". Qui de toute manière est un piège et ne devrait même pas être posée quand il s'agit de mineurs.

La qualifiquation en "atteinte sexuelle" signifie pour les juges -et donc pour la société qu'ils cont censés représenter- qu'il n'y a eu ni contrainte, ni surprise, ni violence, ni menace. Et, depuis août et la "loi Schiappa" [2], que la victime disposait aussi du "discernement nécessaire pour ces actes", n'est-ce-pas.

Il est à craindre que cette qualification d' "atteinte sexuelle" ne devienne la norme, comme une sorte d'inclupation "fourre-tout" qui couvre aussi bien le viol (pénétration)  que l'agression sexuelle (pas de pénétration) et l'atteinte sexuelle, (qui jusqu'à présent couvrait le reste des faits).

Ces affaires montrent que les tribunaux ont tendance à considérer un peu facilement que des mineures sont consentantes, alors que ceux qui connaissent la problématique (pour utiliser un euphémisme) réclament qu'on ne se pose pas la question du consentement lorsqu'il s'agit d'abus sexuels sur des mineurs. La plupart des associations et professionnels réclament un seuil d'âge à 15 ans en-dessous duquel on considère a prirori que le mineur n'est pas consentant [3]. 

Pour éviter ce genre de dérives, dans un contexte où la sexualisation des enfants est devenue une priorité sociétale, semble-t-il, c'est très simple:

  • On établit un âge de consentement, en-dessous duquel tout acte sexuel est considéré comme un crime, passible de 10 à 20 ans de prison, à partir du moment où l'auteur des faits est majeur. 
  • On établit une interdiction ferme et claire pour tout adulte : aucune relation sexuelle n'est permise avec un mineur en général, et avec mineur en-dessous de l'âge du consentement en particulier, il s'agit de crimes passibles des assises. Cela évitera que des types se mettent à "séduire"/"draguer"/manipuler des gamines qui sont incapables de comprendre leur manège. 

 


[1] Un des problèmes sera aussi que "la détention provisoire est limitée à un an" pour les procédures de ces mini tribunaux d'assises, ce qui dans les cas de viols est juste inacceptable. Autre argument pointé par Belloubet: "c’est en effet une réponse au problème de la correctionnalisation des viols et leur correctionnalisation". Or il s'agit plutôt de juger des faits qui auraient du passer aux assises, pas de désengorger les tribunaux correctionnels. 

[2] Votée par le chiffre incroyable de 92 députés en pleine nuit. Et l'objectif était bien, selon Schiappa, de "renforcer la répression des viols et abus sexuels commis sur les mineurs", mais qui a toujours été dénoncée par l'ensemble des associations et des professionnels intervenant auprès des mineurs victimes de violences sexuelles. 

[3] D'autres parlent de 16 ans, de 18 ou dans l'autre sens de 13 ou12 ans (âge fixé au Vatican).