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30 juillet 2022

Note de lecture : L'imposture des droits sexuels ou la loi pédophile au service du totalitarisme mondial

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Beaucoup d'entre nous ont compris le glissement totalitaire auquel nous sommes confrontés. Ariane Bilheran en parlait déjà il y a quelques années, en mettant en évidence l'idéologie à la base des "droits sexuels", prétexte pour faire avancer la sexualisation des enfants. Mais tout cela n'est qu'un des biais par lesquels un système totalitaire, pédocriminel, eugéniste, transhumaniste, se met en place.

 

Dans le livre "L'imposture des droits sexuels ou la loi pédophile au service du totalitarisme mondial", dont la première édition date de 2017 et qui en est aujourd'hui à la 5e, Ariane Bilheran explique comment le lobbying pour les "droits sexuels" des enfants, basé sur des décisions de l'ONU et de l'Europe, constitue non seulement une transgression des interdits qui font la société (les enfants n'ont pas une sexualité d'adulte, les filles ne sont pas des garçons etc.), mais est aussi un pas de plus vers un nouveau totalitarisme dont on peut retracer l'origine dans l'idéologie eugéniste.

 

Un concept pervers diffusé de manière autoritaire

Pour imposer cette notion de sexualité des enfants, une fausse science a été créée de toutes pièces par les milliardaires US, Rockefeller en tête. Ceux-ci lui ont donné une "légitimité" via l'ONU où des lobbys en faveur des "droits sexuels" des enfants sont référencées pour consultation. Judith Reisman a expliqué cela dans plusieurs ouvrages après avoir analysé l'historique de ce concept de sexualité des enfants.

Déjà le SIDA avait servi de prétexte pour faire de l'éducation sexuelle, principalement sur les moyens de se protéger, dans les collèges et lycées du monde, chaque année. On passe un cap avec les "droits sexuels" diffusés via "l'éducation sexuelle" notamment, qui permettent d'apprendre aux enfants ce qu'est la sexualité des adultes.

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L'étape suivante est de les considérer a priori comme consentants aux relations sexuelles, s'ils ne disent pas non de manière très claire, voire physique. Or un mineur doit être protégé et ne peut pas être "consentant" puisqu'il est mineur et n'a pas encore tout son libre-arbitre (sinon il pourrait voter et entrer dans l'armée, par exemple).

Tout est flou dans les documents qui nous imposent ce glissement : l'enfant est une "personne" ou un "jeune" et sont considérés comme "marginalisés", les "droits sexuels" ne sont jamais définis précisément [1], la notion de "majorité sexuelle" est absente... Si le "genre" apparaît comme une préoccupation centrale de ces documents, avec 73 occurrences par exemple dans la "Déclaration des droits sexuels de l'IPPF" que le mot "jouir" revient 27 fois, en revanche la pédocriminalité ou l'inceste en sont totalement absentes.

Autre théorie diffusée par le biais de cette "éducation sexuelle" préparée discrètement par l'ONU: la théorie du genre, dont la définition présentée dans la déclaration des droits sexuels relève du délire.

En effet, selon la note 22 citée dans le livre, "L'identité de genre renvoie à la conviction intime qu'une personne a d'être homme ou femme, masculin ou féminin" et "le genre fait référence aux attributs économiques, sociaux et culturels associés au fait d''être homme ou femme à un moment particulier dans le temps". Ce gloubiboulga revient, pour Ariane Bilheran "à prendre une certitude délirante de type paranoïaque pour une réalité". 

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La notion de "capacités évolutives de l'enfant" qui sont censées lui permettre, selon on ne sait quels critères, de prendre seul des décisions concernant sa sexualité et son identité sexuelle, est également une régression alarmante en termes de protection de l'enfance.

Le niveau de protection des mineures dépend de ces "capacités évolutives". C'est là qu'on comprend l'importance de l' "éducation sexuelle", qui permettra assurément d'améliorer ces "capacités" et d'accélérer leur acquisition.

Ariane Bilheran dresse une liste effarante des implications de cette transgression pour la société et les individus. Le fait de considérer l'enfant, désigné dans ces document comme une "personne" ou un "jeune", comme une sorte d'adulte évolutif auquel on va imposer des notions de sexualité adulte, constitue une "effraction psychique". Or c'est justement ce que doit éviter une société évoluée.

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Par exemple, la Déclaration de l'IPPF dit que "toute personne doit pouvoir bénéficier de la capacité légale et des mêmes opportunités d'exercer ladite capacité [évolutive], de droits égaux à signer des contrats et gérer des biens et doit être traitée avec égalité dans toutes les étapes de la procédure dans un tribunal, ce en tenant pleinement compte des capacités évolutives de l'enfant". Un langage inquiétant quand on sait à quel point la parole des enfants est méprisée quand ils dénoncent des violences sexuelles. 

Mais quand il serait question de ses "droits sexuels", comme par exemple demander une opération chirurgicale contre l'avis de ses parents, se marier, ou même signer un contrat pour des tournages pornos s'il est consentant, alors ses droits devront être "respectés" et "satisfaits".

D'ailleurs, les "droits d'accès" aux différentes "technologies" en matière de "santé de la reproduction" doivent aussi être garantis selon l'IPPF, et aucune "restriction à ce droit, fondée sur l'âge, doit respecter les principes de non-discrimination et de capacité évolutive de l'enfant".

Toujours selon l'IPPF, "Toute personne a le droit à l'autonomie sexuelle et doit pouvoir prendre des décisions concernant sa sexualité, son comportement et son intimité sexuelle sans immixtion arbitraire".

 

Pour Ariane Bilheran, 

"Les peuples sont en droit d'exiger des significations claires sur ces phrases qui jamais ne nomment ni ne condamnent clairement la séduction pédophile ni les comportements pédophiles, mais au contraire, semblent fortement les encourager"

 

Guide des droits sexuels pour les jeunes de l'IPPF

Le motif invoqué est de ne pas "discriminer" les enfants qui ont des "droits sexuels" comme tout le monde, alors que c'est cette discrimination des enfants, cette différenciation d'avec les adultes, qui les protège.

L'ONU (via l'OMS) a diffusé plusieurs documents qui imposent aux Etats adhérents de l'ONU de mettre en oeuvre des programmes d' "éducation sexuelle" et de prendre les dispositions pour "satisfaire" les "droits sexuels", ce qui interdit toute discrimination (même potentiellement des pédos qui ne sont jamais mis en cause dans ces documents), et aussi par l'âge:

  • La Déclaration des droits sexuels de l'IPPF parue en 2008 (le planning familial international) dans sa version longue et sa version courte qui sont idéalement à lire aussi en espagnol et en anglais car les traductions varient, avec aussi son guide pour les jeunes "Exprime toi! Le guide des jeunes sur l'éducation sexuelle : une déclaration de l'IPPF". 
  • Les Standards pour l'éducation sexuelle en Europe, un "cadre de référence pour les décideurs politiques, les autorités compétentes en matière d'éducation et de santé et les spécialistes" de l'OMS "Europe" paru en 2010. Ces recommandations concrétisent les principes de l'IPPF via l' "éducation sexuelle" imposée aux pays adhérents.

Ce document inquiétant part du principe qu'il faut "commencer l'éducation sexuelle avant 4 ans", et cela de manière très pratique. De 4 à 6 ans, par exemple, on leur explique clairement comment se passe la reproduction (pas question d'abeilles ou de cigognes).

Il sera aussi question de "discuter de sujets qui concernent la sexualité (compétences de communication)", de "consolider son identité sexuelle", de connaître "le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce, la découverte de son propre corps et de ses parties génitales, la signification et l’expression de la sexualité (p. ex. l’expression des sentiments d’amour) le langage sexuel approprié, les sensations liées à la sexualité (proximité, plaisir, excitation) comme faisant partie de la gamme des sensations humaines (elles doivent être positives, n’inclure aucune coercition et ne pas faire mal)".

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On a ensuite les déclinaisons nationales, à travers des documents cadres comme le "Plan santé sexuelle 2017-2030" ou la "Stratégie nationale de santé sexuelle" (qui ne cite pas les Standards mais s'aligne en grande partie sur ses prescriptions), ainsi que via des supports "pédagogiques" délirants comme le site web non moins délirant, financé par le ministère de la santé, "On s'exprime" sur lequel des ados en montée d'hormones peuvent s'épancher et raconter leurs exploits sans aucune modération d'experts.

Aujourd'hui, alors que ce site s'adresse aux ados dès 11 ans, on y trouve carrément des "Sexotutos" interdits au moins de 18 ans, sur divers thèmes comme "la masturbation", "les films pornos", mais il y en a tout de même un sur "le consentement".

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En juillet 2020 encore, le conseil de l'Europe se lamentait que cette "éducation sexuelle" dite "complète" considérée comme une panacée n'était obligatoire que dans 11 Etats sur 22. Mais l'argumentaire, qui citait les Standards de l'OMS parmi les références, était axé sur les avantages en termes de prévention, pourtant bien dérisoires face à l'ampleur du désastre de cette sexualisation à marche forcée, comme le rappelle Ariane Bilheran dans cet ouvrage.

En novembre 2019, le Conseil économique et social remettait un rapport, qui dénonce la "frilosité des pouvoirs publics" à mettre en application les Standards et compagnie. On se rappelle en effet du tollé engendré par le fameux "ABC de l'égalité" et les mouvements de contestation type journée de retrait de l'école.

 

L'IPPF et les Standards citent notamment comme références: 

  • Alfred Kinsey le père de la "révolution sexuelle" dans les années 50, financé par Rockefeller. Il a mené des études avec divers pervers sexuels dont des pédocriminels, pour conclure que la déviance sexuelle était la norme, et que des bébés pouvaient avoir des orgasmes. Il était aussi fan d'Alistair Crowley et était en contact avec des nazis [2].
  • SIECUS (Sex Information and Education Council of the United States) dirigé par Mary Calderone qui l'a créé en 1964 pour diffuser les théories de Kinsey qui était sa principale référence, à travers des programmes d' "éducation" -notamment des programmes "expérimentaux d'éducation sexuelle". Des membres du SIECUS ont soutenu clairement la "pédophilie".
  • IPPF (International Planned Parenthood), qui est la maison mère des Plannings familiaux internationaux: Il est à l'origine de ce lobbying est citée en référence par elle-même et par l'OMS, qui a diffusé ses Standards conformes à la Déclaration de l'IPPF.
  • Sensoa, le "centre flamand d'expertise sur la santé sexuelle", très libéral en ce qui concerne l'éducation "sexuelle" et a défini des programmes pédagogiques pour tous les âges.

Ariane Bilheran analyse les mots et le sens -ou le non-sens bien souvent- de ces mots dans ces documents qui sont la base de la propagande sexuelle à destination des enfants et des ados, un travail indispensable pour comprendre à quel point on bascule dans une idéologie à la fois délirante et perverse.

 

La sexualisation des enfants, marqueur d'un nouveau totalitarisme

2017-10-14 18_54_19-Non, l'ONU ne veut pas légaliser la pédophilie et imposer des «droits sexuels»

Parmi les nouveaux dogmes, la transsexualité est en bonne place, et elle est carrément encouragée au lieu d'eptre d'abord questionnée. Non pas qu'elle doive être bannie, mais il faudrait dire aux jeunes de prendre du recul, de réfléchir aux conséquences, comme la stérilité.

Pour avoir des enfants il faudra recourir à la "médecine reproductive", et même si c'est aussi prévu par l'IPPF et consorts, il s'agit d'une contrainte énorme pour des jeunes.

Au-delà d'une légitimation progressive de la pédocriminalité, tout ça contribue à transformer les enfants en objets [3], au contrôle des naissances, et in fine à l'agenda transhumaniste / eugéniste.

 

 

Il faut souligner que jamais la prévention contre les violences sexuelles n'est prise en compte dans l' "éducation sexuelle" version OMS. En France, il a fallu une contestation massive pour que ces éléments soient introduits, timidement, après quelques années de propagande sexuelle dans les écoles.

Car cette "éducation sexuelle" nous a été imposée par le biais de l'OMS puis de l'Europe, puis par les autorités de l'Etat français, sans qu'il n'y ait eu de débat, ni dans l'opinion publique ni avec les spécialistes de l'enfance. Toute contradiction, comme le rappelle Ariane Bilheran dans son livre, était considérée comme une "polémique", même quand des experts ont osé donner un avis qui n'allait pas dans le sens de la doxa.

 

"La problématique de la 'polémique' est centrale, car elle est le marqueur même de la propagande, avec une véritable police de la pensée, qui entrave l'accès à toute pensée tierce, alternative, nuancée".

 

 

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Il n'y a pas eu de débat public avant de lancer le processus et de commencer cette "éducation" dans les collèges et lycées puis dans les écoles primaires et maternelles, et encore moins de réflexion avec les parents, manifestement jugés inaptes à décider en la matière.

Il n'y a pas eu d'échanges entre experts, et tout cela se passe en outre dans le dos des parents qui n'ont pas leur mot à dire. c'est encore un trait de régime totalitaire, quand les enfants sont d'abord la propriété d'un Etat omnipotent et sont soumis à son idéologie.

Car si un jeune veut par exemple changer de sexe, ses parents ne doivent pas pouvoir s'y opposer. Leur enfant peut aussi avoir les pratiques sexuelles qu'il veut, comme un adulte, puisqu'on n'a pas le droit de le "discriminer" dans sa "sexualité". Dans cette idéologie, la protection légale des mineurs vis-à-vis de la sexualité devient ainsi une "discrimination".

De manière assez perverse, l'OMS et l'IPPF recommandent que les "jeunes" soient impliqués dans le lobbying en faveur de leur propre sexualisation sans tabou.

 

"Avec ces "droits sexuels", la civilisation est fin prête pour régresser dans le chaos et dans la barbarie, avec des êtres traumatisés à la racine, prisonniers de leurs pulsions sexuelles, et marchandant leur corps dans le sexe"

 

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L'IPPF mais surtout les Standards de l'OMS recommandent que toutes les structures de la société, toutes les institutions intervenant auprès des enfants, contribuent à la satisfaction des "droits sexuels" de tous, et à développer l' "éducation sexuelle".

Tout l'appareil d'Etat, mais aussi chaque individu, chaque entreprise, doit faire appliquer ce programme purement idéologique. Comme l'explique Ariane Bilheran il s'agit d'assurer l' "infiltration idéologique de la pédophilie" dans laquelle la confusion est la règle, dans l'ensemble de la société. Et la cible prioritaire, ce sont les enfants.

 

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Aujourd'hui le processus de "transsexualisation" des jeunes a beaucoup avancé, avec des traumatismes qui commencent à émerger chez de plus en plus de ceux qui ont passé le pas, beaucoup d'interrogation inutiles chez de nombreux autres. Des lobbys puissants se sont mis à l'œuvre pour soutenir ce processus, qui commence à faire beaucoup de dégâts auprès des femmes, de plus en plus marginalisées par le puissant lobby trans-masculiniste, ces hommes qui décrètent qu'on doit les considérer comme des femmes parce qu'un beau matin ils décident de se mettre des talons hauts et une perruque.

On voit à l'oeuvre cette sexualisation des mineurs: on ne compte plus les faits divers d'enfants agressant d'autres enfants, parfois même en primaire, depuis que ces cours dits d' "éducation" sexuelle ont été mis en oeuvre. Personne ne fera le lien mais la concomitance avec l'augmentation de ces faits est flagrante.

Les mineures prostituées aussi font enfin l'objet d'une préoccupation de l'opinion publique: tant de filles se prennent pour des objets sexuels qu'aujourd'hui ce moyen de se faire de l'argent de poche se banalise très dangereusement.

Le porno? Il est toujours là, et plus présent que jamais. Toujours pas inaccessible sans carte bleue.

La condamnation de la pédocriminalité, on l'a vu lors de la loi "Schiappa" que j'ai appelée "loi pédophile", le lobby pédocriminel français est toujours présent pour faire obstruction dès qu'il est question de respecter le concept de minorité sexuelle. Devant des cours d'assises, des enfants sont considérés comme consentants à des actes sexuels avec des adultes, s'ils ne prouvent pas qu'ils ne l'étaient pas.

On le voit l'idéologie de l'IPPF, de kinsey, celle des pédos, fait son chemin. Etape nécessaire dans le travail de déstabilisation sociale, de reconfiguration d'une société dont on a effacé les repères. Ce livre permet de remettre tout cela en contexte et de comprendre comment un conglomérat eugéniste a permis d'en arriver là.

 


[1] On comprend que les "droits sexuels" sont des "droits humains" et concernent "l'activité sexuelle, l'identité de genre, l'rientation sexuelle, l'érotisme, le plaisir, l'intimité et la reproduction", selon la Déclaration de l'IPPF. Or, rappelle Ariane Bilheran, la notion de "genre" n'a jamais été définie par la communauté scientifique, et l'"orientation sexuelle" est un concept de Kinsey. 

"Ainsi s'opère le renversement pervers, sur la base même de la citation de la Convention des droits de l'enfant: l'enfant n'a pas de "droits sexuels", il a en revanche le droit d'être protégé contre toute forme d'effraction de la sexualité dans son statut d'enfant, et de traumatisme sexuel", précise-t-elle.

[2] Voir les travaux de Judith Reisman, ou mes articles sur Kinsey (voir ci-dessous)

[3] On peut aujourd'hui acheter un enfant à l'étranger à une mère porteuse, sans problème bien que c'est interdit par la loi.

 

A voir également:

Le contrôle mental : de l'eugénisme à l'hygiène sociale, un moyen de gérer les masses - donde vamos

Dans cet article, on va revenir un peu plus en détail sur certains points abordés lors de l'émission avec Ariane Bilheran et Akina. Pour commencer, un retour sur le début des travaux scientifiques autour du contrôle de la société et des individus, initié par un courant 100% eugéniste très en vogue dans les années 20, et rassemblé dans et autour de l'Institut Tavistock.

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Alfred Kinsey, le scientifique des viols d'enfants - donde vamos

Le point sur Alfred Kinsey, qu'on appelle toujours le "père de la révolution sexuelle", ou le "pionnier de la recherche sur la sexualité", un pseudo scientifique aux méthodes barbares qui pourtant passe pour une référence en matière de sexualité.

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Alfred Kinsey et l'agenda pédophile: les prémisses de l' "éducation sexuelle" - donde vamos

Cet article est une traduction d'un article de Dana S. Scanlon intitulé "Alfred Kinsey et l'agenda pédophile", disponible en anglais ici . Le projet de sexualisation précoce des enfants est un projet intentionnel, marqué du sceau du satanisme (Kinsey, le "scientifique des viols d'enfants", était un fervent fanatique d'Aleister Crowley) et du nazisme.

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A l'origine des concepts de "droits sexuels" et d' "éducation sexuelle" - donde vamos

Il est difficile de remonter à la source de cette dangereuse vague des "droits sexuels", même si on commence à savoir qu'elle date de la brillante époque d'Alfred Kinsey et de ses "recherches" largement critiquées aujourd'hui.

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Quand l'éducation sexuelle et les droits sexuels zappent la protection des mineurs - donde vamos

Aujourd'hui, on va tenter de comprendre ce qui se cache derrière la "Déclaration des droits sexuels" promue par le Planning Familial International (IPPF), mais aussi par l'association mondiale pour la santé sexuelle, qui regroupe le milieu de la sexologie et a rédigé sa propre déclaration, par l'institut Kinsey, et finalement par l'Organisation Mondiale de la Santé.

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28 juillet 2022

Affaire Epstein - Partie 1 : le système Epstein

Je republie cet article d'août 2019 qui a été supprimé de Google et de mon blog, même des brouillons. C'est qu'il doit être intéressant!

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L’affaire Epstein, qu’on pensait enterrée, a resurgi ces dernières semaines avec une nouvelle mise en cause parce que sa première condamnation, absolument ridicule, était le fruit d’un accord illégal passé dans le dos des victimes.

Et puis le 9 août, Epstein est retrouvé mort dans sa cellule. Cette nouvelle séquence semblait viser principalement Donald Trump, un vieil ami de partouzes (y compris avec des mineures) d’Epstein. Nous verrons cela dans un dossier en deux parties, dont voilà la première.

 

Comme le dossier est très touffu, il est en deux parties. La première est un état des lieux de la procédure et réseau d'Epstein, la seconde permettra de voir ses connexions avec la finance, les renseignements, le monde du mannequinatn le business des fondations.

 

Qui était Jeffrey Epstein ?

Commençons au début : qui était Epstein ?

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Nous allons d’abord nous limiter à la version officielle. Né en 1953 à Brooklyn, est passé par la Cooper Union pendant deux ans, puis à la New York University de 1971 à 1974 et n’a jamais obtenu de diplôme. Il démarre tout de même, à 21 ans, comme prof dans une école huppée de Manhattan. C’est là qu’il rencontre le père d’une de ses élèves, patron d’une grande banque qui sera à deux doigts de la faillite en 2008 à force d’avoir spéculé sur des produits spéculatifs pourris : Bear Stearns [1]. Il rejoint la banque en 1976 comme gestionnaire de fortune (avec les plus gros clients).

En 1981, il est viré de la banque suite à une suspicion de fraude –déjà [2]- et décide de monter son propre fonds d’investissement, International Assets Group Inc., qui devient J. Epstein & CO et conseille ses clients très riches sur la gestion de l’ensemble de leur patrimoine. Un peu comme Madoff, il avait fixé une limite minimale de 1 million de dollars de patrimoine.

Il devient un VIP de la côte est, rencontre du gratin comme Leslie Wexner, le patron de la marque de sous-vêtements Victorias Secrets qui lui ouvre grand son carnet d’adresses plein de VIP, et gère assez rapidement plus d’un milliard de dollars d’actifs, ce qui est énorme à l’époque. Il prend des participations dans des entreprises, créé des boites dans divers paradis fiscaux.

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En 1992, Epstein rencontre celle qui deviendra sa compagne / rabatteuse / formatrice de recrues Ghislaine Maxwell, une anglaise fille d’un magnat de la presse tabloïd anglaise mort subitement en 1991 après avoir tenté de faire pression sur le Mossad, pour qui il avait toujours travaillé.

En 1998 il achète son île, Saint James, aux ïles Vierges. Il y a construit un petit temple dont il a récemment enlevé le dôme ainsi que les hiboux dorés qui l’ornaient. 

La première plainte pour agression sexuelle intervient en 1996 [3], elle est étouffée. Une autre est déposée l’année suivante, sans suite

En 2000 Epstein créé sa fondation, la Jeffrey Epstein VI Foundation, basée aux Iles Vierges, qui investit principalement dans les sciences (intelligence artificielle, neurosciences, transhumanisme…) et l’éducation.

Ses ennuis judiciaires commencent vraiment en 2005. A ce moment il est au faîte de sa carrière de financier VIP, adulé des médias bien que discret, et incontournable des soirées jet set aussi bien à New York qu’à Palm Beach.

Parmi ses nombreux contacts on peut citer un certain nombre de membres du gratin, notamment financier, comme Clinton, Al Gore, Trump, Edouard De Rothschild, David Rockefeller, Richard Branson le patron de Virgin, Henri Kravis (un des plus gros milliardaires US), Lawrence Summers, président d’Harvard et ex conseiller économique d’Obama, ou des acteurs comme Kevin Spacey, Alec Baldwin ou Chris Tucker.

Il se faisait bien voir de ce petit monde (particulièrement dans la communauté juive, mais pas uniquement) en donnant de l’argent à leurs œuvres de charité ainsi qu'aux campagnes électorales, et en organisant de nombreuses soirées.

 

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Une enquête a été ouverte par la police de Palm Beach en 2005 suite à la plainte d’une mineure et de ses parents, pour des viols commis par Epstein à l’occasion d’un des fameux "massages" dont on va beaucoup parler.

Au total, 34 victimes d’Epstein ont été entendues dans le cadre de cette enquête. Aujourd’hui, un avocat qui défend certaines d’entre elles parle de plus d’une cinquantaine de victimes. De fait, selon ses employés de maison, il réclamait 2 à 3 massages par jour, et les filles très jeunes qui venaient pour cela changeaient presque à chaque fois.

Une perquisition est menée en octobre 2005 dans sa villa de Palm Beach, et de nombreuses photos de filles nues, y compris mineures, ainsi que deux caméras cachées et des fils d’un système de vidéosurveillance ont été trouvés. Mais, ses ordinateurs avaient disparu. En 2006 la justice décide de le poursuivre ainsi que deux de ses "assistantes" (d’anciennes victimes devenues rabatteuses [4]).

Et lors de la perquisition à son domicile New-Yorkais, les enquêteurs ont trouvé des dizaines de diamants et "des piles de cash"ainsi qu’un faux passeport : un passeport autrichien datant des années 80 indiquant une domiciliation en Arabie Saoudite, avec sa photo mais un autre nom, donnant comme adresse une résidence en Arabie saoudite. La justice US n’aurait toujours pas déterminé s’il s’agit d’un faux ou bien d’un document délivré par les autorités autrichiennes.

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Mais revenons à la procédure. Suite à des pressions de la police de Palm Beach, le FBI ouvre à son tour une enquête autour des faits probables de prostitution de mineures. Des victimes potentielles sont entendues au Nouveau Mexique, à New York et en Floride, trois lieux de domiciliation d’Epstein.

Alors qu’il était mal barré, bizarrement il ne s’est plus rien passé. Une énorme campagne de presse a été menée afin de discréditer les victimes, et en première ligne Virginia Roberts qui avait osé dénoncer publiquement Epstein, mais aussi le prince Andrew et Ghislaine Maxwell, notamment.

Et les avocats d’Epstein (à savoir Kenneth Starr celui qui a failli faire plonger Clinton pour l’affaire "Monica Lewinski", Alan Dershowitz, qui a aussi défendu Harvey Weinstein et dont on va reparler, et un dénommé Lefkowitz) ont négocié en secret un accord avec le procureur de Floride, Alexander Acosta, pour ne retenir que les charges les moins graves.

Alexander Acosa, nommé ministre du travail par Trump, a d’ailleurs dû démissionner fin juillet 2019 suite au 2e round de l’affaire. Suite à cet accord, Epstein n’a pris que 18 mois de prison (et en a fait 13) pour sollicitation de prostitution de mineures.

Le hic, c’est que les victimes n’étaient pas au courant de cet accord. Quand elles n’ont découvert en 2009, elles ont demandé l’annulation de la procédure via une plainte contre le gouvernement, qui s’est retourné contre la décision de justice, si bien que le deuxième round de l’affaire est survenu en juin 2019 : on recommence la procédure, avec de vraies charges.

 

Le 2e round

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Dans cette nouvelle procédure, Epstein n’est plus seul dans la ligne de mire. Les poursuites visent aussi d’autres personnes (non citées à l’heure actuelle) parmi le réseau de rabatteurs qu’il avait mis en place pour lui fournir des mineures où qu’il soit. Et ses pilotes ont été mis examen au sujet du trafic sexuel international auquel se livrait Epstein.

La première de ces rabatteurs était Ghilsaine Maxwell, une VIP anglaise bien insérée sur le côte est [5] (en 2010 elle était présente au mariage de Chelsea Clinton), qui lui a ouvert son carnet d’adresses, très fourni en gratin. Ils se sont rencontrés au plus tard en 1992, et plusieurs victimes la citent dès les années 90 comme étant celle qui les a contactées et introduites auprès d’Epstein, au prétexte de se faire un peu d’argent avec des "massages".

Un autre de ces rabatteurs était Jean-Luc Brunel, patron d’une agence de mannequins, dont on va parler plus bas, même s’il ne semble pas concerné par cette nouvelle procédure.

Epstein a été arrêté le 6 juillet et envoyé en prison. La procédure est partie pour durer environ deux ans.

Et puis, juste après qu’un tribunal ait décidé de publier au moins en partie les 2000 pages de la procédure concernant Maxwell, Epstein a été retrouvé à moitié conscient dans sa cellule fin juillet, probablement victime d’une agression, histoire de le prévenir qu’il vaut mieux ne pas citer ses copains de partouzes, et en premier lieu son ancien pote Donald [6].

Une nouvelle perquisition à son domicile de Manhattan a permis au FBI de mettre la main sur des photos d’adolescentes nues, restées planquées jusque là.

Au vu de ses relations, de ses magouilles fiscales et de l’activité - notamment internationale- de son réseau de "massages", il est clair que beaucoup, à droite comme à gauche, aux Etats-Unis comme en Israël et même en Russie, devaient espérer qu’Epstein la ferme.

Le 12 juillet, 14 femmes supplémentaires accusaient Epstein de les avoir exploitées sexuellement, selon l’avocat Jack Scarole, dont certaines alors qu’elles étaient mineures.

2018-09-09 22_08_00-Jeffrey Epstein with Professor Alan Dershowitz Pictures _ Getty Images

Le 9 août, de nombreux documents liés à la procédure en diffamation entre Virginia Roberts et Ghislaine Maxwell ont été publiés par la justice US. Dedans, les noms de Maxwell et d’autres rabatteuses d’Epstein sont cités ainsi que ceux de plusieurs clients chez lesquels Epstein et Maxwell avaient envoyé l’adolescente pour des relations sexuelles.

Sont ainsi épinglés pour avoir bénéficié de la prostitution de mineures le député démocrate George Mitchell, le politicien démocrate Bill Richardson, ex sénateur du Nouveau Mexique qui avait bénéficié des largesses d’Epstein pour sa campagne, Glenn Dubin (patron d’un fonds d’investissement, dont la femme est une ex d’Epstein)[7], le scientifique et ami d’Epstein Marvin Minsky, le prince Andrew, Alan Dershowitz ou encore Jean-Luc Brunel (évidemment). Elle mentionne d’autres politiciens, notamment un président étranger, dont elle a oublié les noms.

Virginia Roberts est très claire : c’étaient Epstein et Maxwell qui l’envoyaient pour des "massages" chez les nombreux clients de leur réseau. Ensuite, elle devait leur dire quelles étaient leurs préférences sexuelles.

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Et le 9 août, le samedi matin, Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule. Etonnant, alors qu’il avait été placé sous "surveillance suicide" depuis le précédent événement -mais venait d'en ressortir sans qu'on sache comment, et que la procédure ne faisait que démarrer et qu’il avait de quoi négocier. En outre, il a un profil de pervers et ces gens là ne se suicident pas. La version officielle est celle d’un "suicide apparent", qui en tout cas tombe vraiment à pic. Le procureur général des Etats-Unis, William Barr, a demandé au ministère de la justice d’ouvrir une enquête sur la mort d’Epstein.

En tout cas, le décès fait polémique. Et certains se demandent déjà "à qui profite le "suicide apparent" d'Epstein?  Des politiques demandent des enquêtes, et le FBI ainsi que le ministère de la justice en ont ouverte une. A moins que els complices d'Epstein et -on peut rêver- les clients soient poursuivis, la procédure s'éteint avec la mort d'Epstein. cela arrange en effet pas mal de monde, à gauche comme à droite de l'échiquier politique (on verra cela dans la deuxième partie). 

Mais c'est bien Trump qui était visé par les médias depuis plusieurs semaines, et on se rappelle de la démission d'Alexander Acosta en juillet. Bien que les deux étaient brouillés depuis 2005, leurs liens étaient nombreux et surtout sulfureux. Mais Epstein touchait aussi au monde de la finance off shore, des renseignements, du mannequinat, et finalement il était au centre de divers lieux de pouvoir.*

 

Le carnet d'adresses

A ce stade, il est intéressant d’examiner les connexions diverses d’Epstein. Dans son carnet d’adresses saisi lors de la procédure de 2006 on trouve, par exemple :

  • 2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and hisBill CLINTON

  • Henry KISSINGER : conseiller politique conservateur, derrière pas mal de coups d’Etat US en Amérique latine et au Moyen-Orient, aux tendances pédophiles selon Cathy O’Brien et d’autres victimes du programme MK Ultra.
  • Leslie WEXNER : patron de Limited Brand et de la marque de sous-vêtements Victoria Secret. Il a beaucoup investi dans les business d’Epstein. Wrexner a été associé de Charles Bronfman, dont le père Samuel s’était enrichi grâce à la Prohibition et dont les filles sont mêlées à l’histoire de la secte NXIVM.
  • Lawrence SUMMERS : président d’Harvard puis ministre du Budget et conseiller économique d’Obama.
  • Kevin SPACEY : l’a baladé dans son jet, notamment en Afrique lors d’une campagne sur le SIDA.
  • Chris TUCKER : l’a baladé dans son jet en même temps que Spacey.
  • Courtney LOVE, et surtout son copain Dana, certainement Dana GIACHETTO, mort en juin 2016. Il était conseiller financier et avec comme client DI CAPRIO, Cameron DIAZ, Ben AFFLECK. En 1998 il contrôlait 100 millions de dollars d’actifs.
  • Ron BURKLE : l’a baladé dans son jet. Proche de CLINTON même après sa carrière politique. Ont beaucoup trainé ensemble avec EPSTEIN puis se sont brouillés.
  • Mort ZUCKERMAN : Créateur du site Radar 2.0., présent aux soirées d’Epstein avec qui il est brouillé.
  • Glenn DUBIN : a voyagé dans l’avion d’EPSTEIN. Dirige sa société d’investissement, Dubin & Co LP, dans laquelle Epstein a investi.
  • Stephen HAWKING le scientifique, venu aussi sur son ile en mars 2006.
  • Henry KRAVIS : Cofondateur de Kohlberg Kravis Roberts & Co, société d’investissement capitalisée à 16,5 milliards de dollars en octobre 2017.
  • David ROCKEFELLER
  • Edouard DE ROTHSCHILD
  • Evelyn DE ROTHSCHILD
  • Richard BRONSON : patron de Virgin.
  • Peter MANDELSON: politicien travailliste anglais, cité dans plusieurs affaires de pédocriminalité en réseau et dénoncé comme sataniste, devenu commissaire européen et très proche des Rothschild.
  • Donald TRUMP (une dizaine de numéros)
  • Rupert MURDOCH, qui avait financé sa campagne pour les présidentielles en 2016.
  • Alistair MCALPINE : trésorier du parti conservateur anglais sous Thatcher, il a été accusé d’actes pédocriminels et même de meurtres d’enfants et a eu la bonne idée de mourir en décembre 2014, en plein pendant le scandale.
  • George SOROS
  • Paolo ZAMPOLLI, patron d’une agence de mannequins.
  • Geordie GREIG : éditeur du Daily Mail.
  • Prince Salman d’Arabie Saoudite

Zoom sur quelques témoignages de victimes

Il est intéressant de s’arrêter sur les témoignages de quelques-unes de victimes d’Epstein et sa bande, parce qu’ils permettent de bien saisir le fonctionnement de cette bande.

 

Alicia ARDEN

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Elle est la deuxième, d’après ce qu’on en sait aujourd’hui, à avoir déposé plainte contre Epstein, en 1997. A l’époque elle cherchait à devenir mannequin pour la marque Victoria Secret.

Elle a rencontré Epstein cette année-là en Californie à Santa Monica, alors qu’il se faisait passer pour un recruteur d’agence de mannequin, Victoria Secrets. Il l’a invitée dans une chambre d’hôtel pour une "audition" et faire des photos, et il en a profité pour lui sauter dessus.

Elle a déposé plainte rapidement et n’en a plus jamais entendu parler.

 

Maria FARMER

C'est a priori la première victime à avoir porté plainte, en 1996. A cette époque elle avait 26 ans et sa sœur de 15 ans, et elle affirme que les deux ont été agressées sexuellement par Epstein. Elle a dénoncé les faits en 1996 à la police de New York et au FBI. A priori, elle est aussi la première à avoir parlé d’Epstein au FBI.

Elle a rencontré Epstein et Maxwell en 1995 à une exposition, à l’occasion de laquelle elle lui avait vendu une peinture pour 3.000 $, la moitié du prix parce qu’il lui avait promis de l’aider dans sa carrière. Il l’a rappelée en 1996 sous prétexte de lui proposer un job qu’elle a accepté. Mais il ne s’agissait pas d’art, plutôt d’officier en tant que gouvernante lors des soirées dans son immeuble à New York.

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Elle a donc pu observer les allées et venues de mineures parfois en uniforme d’école : "les filles arrivaient dans la maison et étaient guidée au premier étage", explique-t-elle dans sa déposition à la police. Elle déclare qu’Alan Dershowitz est venu de nombreuses fois chez Epstein à New-York, où il était très à l’aise et se déplaçait comme chez lui pendant que des filles de moins de 18 ans attendaient à l’étage.

Le groupe avait montré un intérêt pour sa sœur cadette âgée de 15 ans, Annie, à laquelle il a proposé de payer un apprentissage du massage en Thaïlande.

Elle explique qu’à l’été 1996 Epstein et Maxwell les ont amenées dans son ranch au Nouveau Mexique, et qu’ils ont agressé lors d’un "massage" pour lequel ils ont demandé à Annie de se déshabiller. Elle n’en avait parlé à sa sœur qu’une fois en Thaïlande.

Durant ce même été, Maria explique qu’elle a été violée par Epstein et Maxwell, alors qu’elle séjournait chez Leslie Wexner. Epstein lui avait proposé un job sur un projet artistique dans la propriété de Wexner.

Lors de l’agression, Maria Farmer a tenté de s’enfuir de la propriété de 47 millions de dollars mais les agents de sécurité de Wexner l’en ont empêchée. Elle a été retenue 12 h avant que son père ne puisse venir la chercher.

Après cela Maxwell et Epstein l’ont appelée de nombreuses fois, ils ont même contacté ses clients en tant qu’artiste et des gens du milieu artistique pour ruiner sa carrière. Elle ajoute qu’ils ont réussi, et qu’elle a été mise totalement hors-jeu : « Maxwell et Epstein ont travaillé de concert pour s’assurer que ma carrière et ma vie étaient ruinées ». Elle a dû déménager régulièrement pour tenter de leur échapper.

 

Virginia ROBERTS

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C’est la victime la plus connue, car c’est sa plainte qui a permis d’ouvrir l’enquête de 2005. Elle est victime à la fois d’Epstein, de Dershowitz, de Maxwell (qu’elle a cités dans la procédure) et de leurs « clients ».

Selon ses déclarations à la justice, elle a rencontré Maxwell en 1999 quand elle avait 15 ans. Elle lui a proposé d’aller chez Epstein pour lui montrer comment on fait les massages. Quand elle est arrivée son père a été bloqué à l’entrée et Epstein était nu sur une table de massage et les 2 l’ont forcée à avoir des relations sexuelles avec lui, contre 200 $.

Ils lui ont dit qu’elle voyagerait avec eux et rencontrerait des gens puissants qui pourraient lui trouver un métier bien payé.

Puis Maxwell et Epstein l’ont amenée à New York et lui ont appris les relations sexuelles et l’utilisation de sex toys pendant quelques semaines. "J’étais entrainée à faire tout ce qu’un homme voulait que je fasse" et à capter leurs désirs en un coup d’œil. " Ils m’ont dit de faire attention aux détails de ce que ces hommes voulaient, pour pouvoir leur rapporter ensuite".

Tout de suite, elle a du avoir des relations sexuelles avec Maxwell, et l’a aussi vue avoir des relations sexuelles avec "des douzaines de filles mineures", et qu’elle prenait des photos sexuellement explicites la plupart du temps: "Souvent, elle me faisait dormir avec d’autres filles, certaines très jeunes, pour prendre des photos sexuelles", explique-t-elle. Les photos étaient copiées et conservées dans les ordinateurs des différentes maisons.

Elle a très vite eu peur d’Epstein, sachant qu’il pouvait très bien la tuer ou la faire disparaître impunément. Il lui avait dit qu’il faisait ce qu’il voulait. Elle a pu quitter le réseau à l’été 2002 après qu’Epstein l’ait laissée partir en Thaïlande pour apprendre le massage. En 2014 elle est retournée aux USA et a pris contact avec le FBI.

Elle a été amenée dans ses différentes propriétés à New York, au Nouveau Mexique, en Floride, aux Iles Vierges et à Paris. A tous ces endroits elle a dû avoir des relations sexuelles avec Epstein et avec les types qui le demandaient (et pour lesquels Epstein payait la plupart du temps).

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"Quand j’étais avec lui, Epstein avait des relations sexuelles avec des mineurs quotidiennement", a-t-elle expliqué. Il s’était vanté aurpès d’elle d’avoir couché avec plus de 1.000 filles de chez Brunel.  Les types autour de lui avaient le même penchant. Selon elle, tous ceux qui passaient un peu de temps chez lui ne pouvaient pas ignorer ce qu’il se passait.

Epstein et Maxwell cherchaient des filles pour eux, mais aussi pour leurs amis : "Epstein m’a dit précisément que la raison pour laquelle il faisait cela pour qu’ils lui "soient redevables", qu’ils seraient "dans sa poche" et qu’il aurait "quelque chose d’eux"".

Pour elle, la relation entre Maxwell et Epstein était gagnant – gagnant : elle utilisait son argent et lui utilisait son nom et son carnet d’adresses.

Dershowitz, avocat d’Epstein, était souvent là, restait tranquillement parler avec Epstein quand elle lui faisait des fellations, et Virginia Roberts affirme qu’elle a dû avoir au moins 6 fois des relations sexuelles avec lui. Bref, il participait pleinement aux partouzes de son ami.

Epstein l’a aussi forcée à coucher avec le prince Andrew, trois fois dont l’une lors d’une orgie. Pour sa première relation avec lui en 2001 elle a eu 15.000$. Virginia Roberts évoque les nombreuses filles présentes aux soirées auxquelles elle a assisté, dont beaucoup étaient mineures, et ne parlaient pas anglais.

Quand elle a dénoncé les faits, elle a subi une campagne de dénigrement assez intensive dans la presse, et plusieurs protagonistes comme Maxwell ou Dershowitz l’ont même traitée publiquement de menteuse. Du coup, Elle a levé son anonymat pour se défendre et a entamé des poursuites, qu’elle a gagnées, contre Maxwell et Dershowitz [8]

Dans une déposition, elle évoque un trip de 6 semaines avec Epstein en 2001, où ils sont allés au Maroc, en Angleterre, en France notamment. Partout, il y avait des caméras cachées, comme le lui a expliqué le FBI.

Elle mentionne un séjour de Clinton et de Al Gore et sa femme sur l’ile d’Epstein. Elle dit que le sénateur George Mitchell venait souvent rendre visite à Epstein à son domicile de New York, et qu’ils étaient très proches.

Elle dit aussi qu’elle a rencontré Naomi Campbell lors d’une soirée sur un yacht dans le sud de la France: "C’est une amie de Ghislaine, mais pour moi c’était vraiment une prostituée".

 


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Elle travaillait comme femme de chambre au Club de Mar A Lago, à l’été 1998 quand elle avait 15 ans. Elle a alors été recrutée par Ghislaine Maxwell qui lui a proposé d’apprendre les massages et de gagner de l’argent, et qui vivait et voyageait avec Epstein.

La première fois où elle est allée chez lui, elle a été violée par Epstein et Maxwell. Pendant deux semaines, ils la ramènent chez elle et la reprennent pour des "massages".

Très vite Epstein lui demande de le suivre dans ses voyages pour gagner beaucoup d’argent. Au bout de deux semaines d’abus, elle est emmenée dans son jet à Manhattan. Ils lui ont obtenu un passeport et des documents pour voyager tranquillement.

Elle a voyagé comme ça également à Santa Fe, Los Angeles, San Francisco, Saint Louis, en Europe, dans les Caraïbes, en Afrique. A chaque fois des soirées étaient organisées et des abus sexuels avaient lieu. Des mannequins, célébrités, actrices, et aussi des mineures venues de partout dans le monde étaient présentes.

Elle évoque les trois mineures de 12 ans amenées à Londres pour la partouze d’anniversaire d’Epstein.

 

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Cette jeune femme explique qu'elle a été recrutée en octobre 2006 par les rabatteurs d’Epstein, et qu'elle est restée sous leur coupe jusqu’en avril 2007, donc à une époque où Epstein était déjà mis en cause et sous le coup de poursuites.

Elle a été recrutée par Natalya Malyshev qui avec Sarah Kellen, Lesley Groff et Maxwell lui ont promis qu’Epstein la ferait entrer au Fashion Institute of Technology à New York. Maxwell a aussi pris soins de préciser qu’ils pouvaient aussi bien ruiner sa carrière si elle les dérangeait.

C’est Maxwell qui lui a expliqué comment procéder pour les "massages" avec Epstein, qui ont eu lieu d'abord à New York puis aux Iles Vierges. C’est Maxwell qui gérait le rôle de chaque fille et le scénario de chaque séance. L’équipe d'Epstein l’a aussi fait voyager par des vols commerciaux pour la prostituer dans différents pays.

En janvier 2007, ils l’ont envoyée en Afrique du Sud d'où elle est originaire, pour recruter des candidates mannequins destinées à devenir assistantes personnelles d’Epstein, mais elle a refusé car elle savait ce qui les attendait réellement.

Epstein et sa bande lui ont alors dit qu’elle ne rentrerait pas aux USA tant qu’elle ne perdait pas 5 kilos. Elle est rentrée en février 2007 et Maxwell lui a immédiatement demandé d’avoir un rapport avec Epstein.

Elle savait que si elle n’obéissait pas ils s’arrangeraient pour ruiner sa vie, comme ils l’avaient déjà fait à d’autres. En mai 2007 elle a quitté les Etats-Unis et n’est plus revenue.

Les rabatteuses

Comme on l'a vu, Epstein avait mis en place un système de rabatteuses qui, comme Ghislaine Maxwell, attiraient des adolescentes dans ses filets. A l'heure actuelle, elles ne sont toujours pas inculpées par la justice et n'ont été entendues que comme témoins. 

 

Adriana ROSS

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Née le 7 octobre 1983 en Pologne, elle s’appelait Adriana Mucinska et est arrivée fin 2002 aux USA. Elle s’est mariée en juillet 2003 et a pris le nom du mari.

Arrivée à la demande d’une agence de mannequins, Elite Models. C’est Duncan Ross, son "mari", qui travaillait et l’a mise en contact avec Elite alors qu’ils étaient en Europe et l’a fait venir. Elle était déjà mannequin, depuis ses 16 ans, vers 98 – 99.

Quand elle est arrivée fin 2002, elle ne se rappelle plus du mois. Elle a passé directement 2 semaines à Miami mais ne se rappelle pas, quand elle est entendue par la justice en 2010, ce qu’elle a fait pendant ces 2 semaines.

A aussi bossé pour ID Models et Michele Pommier.

Elle a poursuivi des études aux USA, obtenu un dipome en 2008 et quitté le mannequinat en 2006.

Elle a refusé de répondre sur quand elle a parlé à Epstein pour la dernière fois, sur ses liens avec lui, sur le fait qu’elle connaissait Maxwell, Keller, Dershowitz, Brunel et sur le fait que des mineures vivent souvent chez lui, sur les transports de filles mineures en avion pour l’agence MC Squared.

On lui demande aussi s’il est vrai qu’elle a assisté à des viols de filles de parfois 12 ans par Epstein, si Marcinkova a eu des rapports sexuels avec lui quand elle était mineure, si Espetin avait des relations sexuelles avec des mineures tous les jours…

 

Nadia MARCINKOVA

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Née en 1986 en Slovaquie, elle était mannequin débutante en Yougoslavie quand Epstein l'a ramenée aux Etats-Unis, à l'âge de 14 ou 15 ans, en 2000. Puis, de victime elle est devenue complice d’Epstein. 

Elle a officié pendant plusieurs années en tant qu'"assistante personnelle" d'Epstein, vivait carrément chez lui (la même époque qu'une autre rabatteuse, Sarah Kellen) et a fait des centaines de voyages à bord de ses avions.

Du coup, elle a ramené de nombreuses filles chez lui, elle les formait et participait régulièrement aux faits avec les adolescentes, selon notamment le témoignage de Virginia Roberts. Quand Epstein était en prison elle venue des dizaines de fois lui rendre visite.

Après avoir étudié le design a New York, elle est aujourd'hui pilote d’avions et donne des cours de pilotage. Elle a changé de nom pour Nadia Marcinko.

Elle a été citée dans le dossier dès 2005 comme étant l'une des rabatteuses d'Epstein, mais  n'a jamais voulu répondre aux enquêteurs sur les rôles des uns et des autres, et n'a jamais été inculpée pour sa complicité avec Epstein. On a appris récemment qu'Epstein avait versé de fortes sommes à deux de ses ancien(ne)s complices, et il est probablement que Marcinkova soit l'une des deux.

 

Tiffany X

C'est la rabatteuse de Katie Johnson, cette femme qui a accusé Trump et Epstein de viols commis alors qu'elle avait 13 ans, en 1994 à Manhattan. Tiffany a également témoigné, et pu confirmer le témoignage de Katie Johnson. Mais l'affaire a été conclue par un accord.

Entendue par la police en 2016, elle explique qu’elle a rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice de soirées. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wrexner Mansion à New York sur la 71 rue. C’est comme cela qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qu’elle a "persuadée" de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec Trump.

Elle mentionne le viol commis avec la participation de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle ajoute qu’elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille. Son travail était de superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit.



[1] Bear Stearns, 5 e banque de placements des Etats-Unis, a été rachetée à très bas prix in extremis par JP Morgan.

[2] Les fraudes semblent être multiples, mais les Panama Papers ont par exemple révélé l’existence d’une société basée aux Bermudes appelée Liquid Funding Ltd, qu’il a présidée de 2000 à 2007, dont Bear Stearns détenait des parts.

[3] Elle est déposée par Maria Farmer, pour une agression sexuelle contre elle et le viol de sa sœur alors mineure, commis au ranch de Wexner.

[4] Certaines ont déjà été citées dans plusieurs plaintes, comme Sarah Kellen, Adriana Ross, Lesley Groff, et Nadia Marcinkova, qui sont parfois tombées entre les griffes d’Epstein quand elles étaient elles-mêmes mineures.

[5] Elle a quitté l’Angleterre en 1991, à la mort de son père Robert Maxwell, magnat des médias et député anglais qui aurait, selon certaines sources, été liquidé (son corps a été retrouvé flottant sur la côte des Canaries alors qu’il était parti faire un tour avec son yacht le Lady Ghislaine) après avoir eu la mauvaise idée de faire pression sur son vieil employeur, le Mossad. Quand un livre écrit par un spécialiste de la CIA sur le meurtre de Maxwell par le Mossad (« The Assassination of Robert Maxwell » de Gordon Thomas et Martin Dillon), Alan Dershowitz s’est fendu d’une tribune dans le Telegraph pour dire que c’était n’importe quoi. Bref. Maxwell a notamment vendu un logiciel espion appelé « Promis » aux services secrets de nombreux pays « amis » d’Israël.

[6] Les deux se sont brouillés suite à une histoire d’achat de terrain qu’Epstein convoitait, et que Trump a racheté avant de le revendre 3 fois le prix à un oligarque russe de ses amis (selon Epstein), le patron du Monaco AC Rybolobvlev.

[7] Un des anciens employés de Dubin a déclaré qu’il avait croisé une mineure suédoise à son domicile, qu’on lui avait pris son passeport et que celle-ci disait qu’on l’avait forcée à avoir des relations sexuelles sur l’ile privée d’Epstein, d’où elle venait sans savoir comment.

[8] La plainte contre Dershowitz a été déposée en avril de cette année, car il a menti à son sujet dans des déclarations. En effet, elle l’accuse d’avoir participé, et pas seulement à la marge, au réseau d’Epstein, dont il était l’avocat. Quant à celle contre Maxwell (pour diffamation également), elle a été déposée en 2015.

Affaire Epstein - Partie 2 : Un pervers au cœur des réseaux de pouvoir

Je republie cet article d'août 2019 qui a été supprimé de mon blog.

Children

Epstein est mort alors qu’il aurait dû être surveillé, et aujourd’hui on ne sait pas si ses complices, ou les clients des filles mineures qu’il prostituait, seront un jour inculpés. Cela n’en prend pas le chemin, mais en tout cas, du tréfonds de leurs vacances, schiappa et taquet, les pieds nickelés de la protection de l’enfance, nous ont sorti un communiqué de presse pour demander "l’ouverture d’une enquête" sur les activités d’Epstein en France [1]. Et les médias français semblent découvrir cette affaire qui dure depuis 10 ans. Grand moment.

 

Cette agitation de shciappa et tacquet est étonnante, car Epstein a forcément des connexions importantes chez nous, pour atterrir et décoller comme il le voulait avec des mineures étrangères. On va y revenir, mais en tout cas ce serait bien la première fois que les politiques cherchent à faire la lumière sur un réseau pédocriminel (n’en déplaise à Castelnaud, grand ami de Bensussan et marié à l’avocate Florence rault qui défend les accusés de pédocriminalité).

Certains doivent être un peu inquiets, dans notre pédoland, mais pas trop car ils savent bien qu’ici, officiellement, les réseaux pédocriminels n’existeront jamais.

On a vu qui était Epstein, son parcours surprenant dans le monde de la finance, on va aborder plus en détail ses différentes activités. La fortune d’Epstein a toujours posé question aux observateurs. Il semblait riche à millions, sans qu’on sache bien d’où provenait cette fortune.

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Epstein avait plusieurs propriétés et deux avions, un Boeing et un jet, ainsi qu’un hélicoptère, qui voyageaient beaucoup, et avec beaucoup de monde. Clinton, par exemple, a fait une vingtaine de voyages avec lui, notamment jusqu’à Hong-Kong, Singapour, la Thaïlande et Brunei [2], ou encore vers une base navale US au Japon où l’avion est resté deux jours [3]. Dans ses avions, Epstein pouvait transporter des mineures et leur faire passer des frontières sans la moindre difficulté, y compris en France.

Son argent lui a servi à financer des campagnes électorales : on a ainsi appris tout récemment que certains d’entre eux avaient reversé l’argent à des associations, comme Stacey Plaskett, députée démocrate des Iles Vierges qui a reçu de l’argent pendant plusieurs années, le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, ou Bill Richardson du Nouveau Mexique, accusé par l’une des victimes d’avoir profité de son exploitation sexuelle.

De 1980 à 2003, la presse US a calculé qu’Epstein aurait donné au moins 139.000$ à des démocrates, dont Clinton. Ce qui semble assez peu vu les sommes révélées récemment. Virginia Roberts, dans ses déclarations, a affirmé qu’Epstein et Maxwell l’ont envoyée très rapidement faire des "massages" à divers politiques, comme Bill Richardson, George Mitchell, ou encore Stephen Kaufman, un autre démocrate. Du coup, ils étaient tous redevables à Epstein. Et les filles étaient aussi envoyées chez des financiers, des patrons de multinationales, des avocats, des acteurs et autres VIP…

Et puis, il a cette ile, aux Iles Vierges, achetée en 1998. Epstein y a même construit un mini temple aux couleurs d’Israël, orné de deux chouettes dorées, dans laquelle il semble qu’il y ait des tunnels. Le FBI y a fait une petite excursion le 12 août.

 

Les connexions

Finance

Ehud Barak devant chez Epstein en 2016

Epstein, dont la justice estime aujourd’hui la fortune à environ 560 millions de dollars (dont 56 en cash), commence donc dans la finance chez Bear Stearns, où il rencontre un tas de businessmans, de banquiers, de politiques et de gens aussi riches qu’influents. Sa fortune a très vite suscité diverses interrogations, car il ne déclare presqu’aucune activité de ses sociétés.

Au sujet de son passage à Bear Stearns, disons qu’il lui a permis de se faire un carnet d’adresses et pas mal d’argent, avant de se faire virer. Selon une procédure qu’il a lancée contre la banque, Epstein détenait environ 176.000 actions de Bear Stearns, pour près de 18 millions de dollars, en août 2007. 

Quand la crise de la banque a commencé en 2007, le cours de l’action s’est effondré mais il a quand-même réussi à en revendre un paquet avant que la banque dévisse  : ce mois-là il a vendu 56.000 actions à 101 $ (elles étaient à près de 160 $ fin avril 2007), puis 120.000 autres en mars 2008 quand la banque a coulé, mais avec de grosses pertes (il a revendu 20.000 actions à 35$ et le reste à 3$). Il aurait aussi perdu 50 millions dans un fonds spéculatif appartenant à Bear Stearns.

Après avoir été viré de Bear Stearns, Epstein lance en 1981 J. Epstein & Co, un fonds de placements qu’il gère pendant quinze ans. C’est à cette époque qu’il se rapproche de Larry Summers, alors président d’Harvard, une université à laquelle Epstein fera de nombreux dons, qui deviendra secrétaire au Trésor de Clinton et conseiller d’Obama. C’’est là aussi qu’il rencontre Alan Dershowitz, ami et fan de Trump[4] qui deviendra son avocat, Leslie Wexner et aussi tout un tas de scientifiques.

 

L’argent de Wexner

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Selon certains, une partie de l’argent d’Epstein vient de Wexner, mais leurs relations d’affaires rentent assez mystérieuses. Dans les années 80, Epstein officie pour Wexner en tant que conseiller financier, et devient en 1991 son chargé de pouvoir [5] dans sa boîte historique, L Brands Inc. mais il est probable qu’il le conseillait surtout sur les moyens d’évasion fiscale [6]. Et certaines mauvaises langues disent que Wexner était le seul client de J Epstein & Co

Autour de 1995, Epstein a aussi été directeur de deux fondations appartenant à Wexner : la Wexner Foundation, qui vise à renforcer la communauté juive et ses leaders, et sa filiale la Wexner Heritage Foundation. Il a aussi été président de la Wexner’s NA Property Inc., une société qui était sur le marché du développement d’une ville près de Colombus.

Wexner affirme aujourd’hui qu’il a coupé les ponts avec son ancien ami depuis ses ennuis judiciaires. Ce qui est étonnant car à ce moment, personne ou presque ne lui a tourné le dos. Et puis, en 2008 Epstein donné 46 millions de dollars à un fonds de charité tenu par la femme de Wexner, tandis qu’en 2011 c’est une maison de Manhattan appartenant à Wexner qui a été transférée à Epstein par un circuit financier offshore [7]. Wexner lui aurait aussi filé son Boeing 727.

Et début août Wexner s’est réveillé d’un coup[8], accusant publiquement Jeffrey Epstein de lui avoir piqué plein de fric (il parle de plus de 46 millions de dollars, mais on est a priori encore loin du compte).

 

Pyramide de Ponzi à 450 millions de dollars

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A la fin des années 80 et jusqu’en 1993, une magnifique fraude s’est déroulée avec Epstein comme protagoniste de premier plan. Ladite fraude a vu la condamnation en 1997 à 20 ans de prison de Steven Hoffenberg, le patron de Towers Financial Corp.. Mais bizarrement Epstein est passé à travers[9] cette procédure.

Du fond de sa prison, Hoffenberg dénonce depuis 2013 son ancien bras droit, Epstein, avec qui il travaillait au quotidien dans les années 80, et l’accuse d’avoir pleinement participé à la pyramide de Ponzi[10] en question. D’ailleurs, il pense qu’une partie des millions d’Epstein viennent de là, ce qui est très probable : 200.000 personnes avaient été touchées, pour plus de 500 millions de dollars.

Hoffenberg déclare que l’argent serait parti dans un fonds créé par Epstein aux Iles Vierges en 1996, le Financial Trust Company. Il a déposé plusieurs plaintes, de même que les victimes, contre Epstein, en vain[11].

Ce qui est certain, c’est qu’une multitude de sociétés écrans (off-shore, qui sont basées dans des paradis fiscaux, des LLC notamment [12]) ont été créées par Epstein –comme l’ont montré les Paradise Papers. Or il est connu que ces sociétés servent quasi exclusivement à frauder et blanchir de l’argent sale. En tant que bon gestionnaire de fortune, Epstein conseillait à ses clients sur les meilleurs chemins de l’évasion fiscale, et probablement que certains de ses secrets se trouvent aussi de ce côté-là.

Jusqu’en 2013, la banque privilégiée d’Epstein était, nous dit-on, JP Morgan. Puis il s’est rabattu sur la Deutsche Bank qui a eu la bonne idée de ne s’interroger qu’en 2018 sur ses différents comptes. Ce qui lui a permis de réaliser de nombreuses transactions, signalées –à contrecœur- aux autorités de régulation pour suspicion de fraude. Epstein aurait ainsi transféré des millons de dollars issus de douzaines de et vers différents comptes via la Deutsche Bank.

L’argent d’Epstein n’est pas que le sien : il joue aussi avec celui des investisseurs dont il gère les actifs. Il y a aussi, très probablement, des détournements d’argent, dont ces pyramides de Ponzi, pourtant très faciles à détecter.

Et puis il y a tout son business offshore, tous ses investissements dans des start-up technologiques.

A cette époque, les affaires d’Epstein sont florissantes. Un article paru en 2002 dans un magazine New Yorkais relate les propos d’un financier de la place de New York à propos d’Epstein : "Il m’a dit une fois qu’il avait 300 personnes qui travaillaient pour lui, et j’ai aussi entendu qu’il gérait l’argent de Rockefeller".

 

Apollo

2019-08-13 12_36_52-Leon Black Plays Down Ties to Jeffrey Epstein but Is Silent on 2011 Deal - The N

Epstein était également proche jusque très récemment des dirigeants d’Apollo Global Management, un des plus gros fonds d’investissements et gestion d’actifs (qui gère notamment les 5 milliards de retraite de fonctionnaires Californiens), en particulier de son patron et co-fondateur Leon Black qu’il connait depuis les années 90. Epstein venait lui rendre visite dans les bureaux pour parler stratégie fiscale avec les dirigeants.

Les liens entre Epstein et Apollo étaient plus étroits que les déclarations des uns et des autres ne le laissent penser aujourd’hui. En 2015, Black a envoyé le co-fondateur d’Apollo Marc Rowan à une réunion au domicile d’Epstein à Manhattan, avec des représentantes du groupe Edmond De Rothschild (Ariane De Rothschild et Cynthia Tobiano), pour discuter d’un rapprochement commercial des deux entreprises.

Par ailleurs, depuis au moins 2001 et jusqu’en 2012, Epstein était directeur de la Leon Black Family Foundation. Mais Black et la fondation disent qu’en fait il est parti en 2007 et qu’il s’agit d’une erreur.

En 2015, Black et Epstein faisaient toujours affaire ensemble : BV70 LLC (une fondation de charité déguisée sous un trust, contrôlée par Black) a reçu 10 millions de dollars de la fondation Epstein, Gratitude Amercia.

Epstein a aussi investi en 2011 dans Environmental Solutions Worldwide (ESW), qui créé des produits de contrôle des émissions, avec plusieurs personnes proches de Leon Black, donts ses quatre enfants. Des directeurs exécutifs d’Apollo son aussi au conseil d’administration de cette société.

ESW a eu quelques ennuis, notamment en 2002 quand la SEC suspectait son président d’alors, Bengt Odner, d’avoir participé au détournement de 15 millions des fonds de l’entreprise [13]. En 2011, ESW qui a déclaré un chiffre d’affaires de 12 millions de dollars à peine, a aussi déclaré 9 millions de pertes. A partir de 2015 plus aucun bilan n’a été publié.

 

Les fondations  

2019-08-06 17_58_59-Home - Wexner Foundation - Opera

Sur l’aspect financier des magouilles d’Epstein, il faut aussi mentionner ses fondations, en plus de celles qu’il a gérées, notamment pour Wexner ou Black. On peut parler d’un petit empire de la philanthropie, ce truc indispensable aux riches pour compléter leur panoplie de VIP. Difficile de dire combien il en possède, puisqu’elles sont hébergées aux Iles Vierges et fonctionnent comme des sociétés offshore lambda. L’argent est distribué de tous les côtés : à des programmes de recherche, à des associations, à des fondations appartenant à ses copains, et on ne sait où.

Il y a la maison mère, la Jeffrey Epstein VI Foundation créée en 2000 aux Iles Vierges. Il y a aussi Enhanced Education crée en 2002 et Gratitude America Ltd, créée en 2012, les deux aux Iles Vierges. L’objectif de Gratitude America [14] est de financer des "organisations dans le monde qui cherchent à célébrer les Etats-Unis d’Amérique et les Idéaux Américains" (sic.).

En 2016 et 2017 elle a financé une école orthodoxe juive huppée de filles à Manhattan, un programme de tennis pour les jeunes, une crèche d’Harlem, une association de lutte contre le cancer, la troupe de théâtre d’Harvard, à la Kuhl Foundation, au MIT et d’autres programmes divers et variés. En 2016 et 2017, Gratitude America a aussi donné 100.000 et 50.000$ à la Bruce and Marsha Moskowitz Foundation, appartenant à un proche de Trump qui interfère dans la politique nationale et qui figure aussi dans le carnet d’adresses d’Epstein.

A un moment, il a aussi eu la C.O.U.Q. Foundation, qui a existé de 1999 à 2012 et a donné 25.000$ à la fondation des Clinton, la J. Epstein Virgin Islands Foundation, ou encore Epstein Interests active de 1992 à 2013, gérées par les mêmes personnes qui changent de rôle de temps en temps, et dont les fonds se déplacent d’une structure à l’autre. Une partie de l’argent finissait dans des campagnes électorales.

Epstein a déclaré que sa fondation avait donné à plus d’une centaine d’organisations depuis 2008, année où il a plaidé coupable des faits de recours à la prostitution. De 2015 à 2017 il dit que sa fondation Gratitude America Ltd. a donné 1,84 millions à plusieurs associations du pays. Mais selon les médias, plusieurs de ces associations qui auraient été bénéficiaires des largesses d’Epstein disent qu’elles n’ont rien reçu, ou alors beaucoup moins qu’annoncé.

La C.O.U.Q aurait aussi donné 500.000$ en 2007 à la Ramaz School de New York, où son avocat Jay Lefkowitz (également conseiller des deux Bush)est impliqué, ou 250.000$ à la fondation for Criminal Justice, dont un autre de ses avocats, Gerald Lefcourt, était membre du conseil d’administration.

Début 2008, Epstein a versé 46 millions de dollars à la fondation de Wexner YLK, qui déclare pourtant qu’à cette époque il avait déjà pris ses distances. La YLK, créée par Mme Wexner en décembre 2007, ne subventionnait apparemment que la Columbus Foundation, qui finance elle-même des initiatives pour "renforcer la communauté". YLK a fermé dès 2009, et ses actifs ont été transférés au Wexner Family Charitable Fund.

Les circuits financiers liés aux transferts d’argents via ces fondations ressemblent à ceux du blanchiment d’argent et de l’évasion fiscale.

 

Mafia

roy cohn et trump

Si les connexions de Trump avec la mafia depuis ses débuts dans l’immobilier commencent à être connues, celles d’Epstein le sont moins. Pourtant, à ses débuts Epstein était entouré de gens qui avaient gravité dans l’entourage d’un sulfureux avocat, Roy Cohn, gay –bien qu’il condamnait publiquement l’homosexualité puisqu’il était de droite- et anticommuniste mais surtout maître chanteur. Parmi ces personnes, Trump n’était pas le dernier, et a été lui-même très proche de Roy Cohn (mort en 1986).

Mais il y avait aussi le magnat des médias Rupert Murdoch, Alan Dershowitz ou Mort Zuckerman (autre propriétaire de médias). Cohn, qui avait été l’assistant du sénateur McCarthy, aimait aussi les people et était très proche de la mafia juive, menée à son époque par Meyer Lansky, et d’autres mafieux enrichis grâce à la prohibition, Lewis Rosenstiel et son partenaire Samuel Bronfman, ainsi que de gens du Congrès Juif Mondial et du B’naï B’rith.

Dans les années 50 et 60, Cohn et Rosenstiel organisaient des soirées qui leur permettaient de faire chanter des personnalités. Par exemple en 1958 au Plaza Hotel de Manhattan, suite 233. Hoover y était, habillé en drag queen, et des adolescents mineurs également. Cohn, Hoover et Rosenstiel ont eu des relations sexuelles avec eux.

Hoover se serait fait avoir au moins 2 fois par Cohn et Rosenstiel. Les deux fois, il y avait des garçons mineurs avec lesquels il a eu des rapports sexuels. Cohn a déclaré à James Rothstein, du NYPD, chef de la division trafic humain et mœurs, qu’il faisait partie d’une organisation chargée d’organiser le chantage sur des politiciens, à l’aide de mineurs prostitués, et son rôle était de faire venir les garçons et d’amener les cibles mêmes réticentes à passer à l’acte.

Selon lui, cette opération de chantage s’inscrivait dans le cadre de la lutte anti communiste de l’époque, même si les soirées qu’il organisait et ses chantages ont duré jusqu’aux années 80.

Cohn évoque aussi un lien avec le Watergate avec l’épisode méconnu du vol d’un "blackbook" au parti démocrate avec les noms de politiciens pédos des deux partis. Cohn était proche du cardinal Spellman, du Diocèse de New York, gay également et qui était présent à au moins une des partouzes au Plaza de Manhattan. On notera que Trump a ensuite racheté le Plazza Manhattan, où il a organisé des soirées dans les années 90, avec de la coke, de très jeunes mannequins, et qui finissaient en partouzes.

Les informations étaient remontées aux renseignements US et à la mafia, bien-sûr.

Il se trouve que les soirées d’Epstein ressemblent beaucoup à ce schéma.

 

Mannequins

Depuis les années 80, quand il se faisait passer pour un recruteur de modèles pour la marque Victoria Secrets de son ami Wexner, Epstein apprécie le milieu du mannequinat.

 

Jean-Luc-Brunel

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Un de ses amis d’antan, Jean-Luc Brunel (ils sont brouillés depuis [15]), présent à moult partouzes, selon les déclarations de plusieurs victimes et selon les messages entre lui et Epstein qui ont été saisis. Brunel est le fondateur et propriétaire à 85% (en 2010) de l’agence de mannequine MC2 Models [16], basée à Miami et Tel Aviv. Il dit avoir découvert Monica Bellucci, Sharon Stone, Jerry Hall  et bien d’autres stars des podiums. Avant cela, il dirigeait Karin Models, également basée à Paris.

Selon Virginia Roberts et d’autres témoins, il a procuré de nombreuses filles étrangères à Epstein (et à d’autres) via son agence de mannequins, et Epstein s’est vanté devant elle d’avoir "couché avec plus de 1.000 filles de Brunel". Certaines de ces filles fournies par Brunel étaient mineures, et c’est lui qui emmenait les plus jeunes aux soirées d’Epstein.

Virginia Roberts a déclaré en 2015 devant le tribunal qu’elle a été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui de nombreuses fois entre ses 16 et ses 19 ans, année où elle a quitté le réseau. Ces faits ont eu lieu à Paris, dans le sud de la France, aux USA, et aux orgies sur l’ile privée d’Epstein aux Iles Vierges.

Brunel message fille - Copie

"Il était un autre des contacts puissants d’Epstein qui avait de nombreux contacts avec des filles jeunes partout dans le monde. En fait, la seule similarité avec Epstein et leur seul lien en amitié semblait être que Brunel pouvait trouver des douzaines de filles mineures et nourrir le solide appétit d’Epstein (et Maxwell) pour les rapports sexuels avec des mineures", a-t-elle précisé sous serment.

Selon elle, Brunel semblait avoir un "arrangement avec le gouvernement américain" pour obtenir des passeports et d’autres documents de voyage pour des filles, âgées de 12 à 24 ans, qu’il amenait aux Etats-Unis pour des objectifs d’exploitation sexuelle.

En fait, il ne gérait pas vraiment l’agence, et passait son temps comme recruteur, pour repérer des filles à travers le monde et leur proposer un boulot de modèle.

Puis, il en rabattait certaines vers les soirées d’Epstein ou les massages. En 2005 quand Brunel a créé l’agence MC2 Model & Talent, Epstein y aurait investi 2 millions de dollars. Brunel a nié tout financement de l’agence par Epstein, mais Maritza Velasquez, une ancienne collaboratrice a déclaré aux enquêteurs que Brunel lui avait confié qu’Epstein finançait les appartements pour les filles, assurait les liquidités quand il le fallait etc. Et Brunel vivait dans un appartement d’Epstein. Elle se souvient aussi qu’Epstein était en colère quand elle n’a pas réussi à obtenir un visa pour faire venir Nadia Marcinkova, alors âgée de 14 ans. Marcinkova qui est devenue l’une des principales rabatteuses d’Epstein.

Voilà une drôle d’agence, qui a besoin de financements privés pour assurer son activité quotidienne [17], pendant que de grosses sommes d’argent étaient transférées aux Iles Vierges.

2019-08-13 12_44_57-Enquête sur Jean-Luc Brunel, l’ami français de Jeffrey Epstein _ Mediapart - Ope

L’ancienne collaboratrice de Brunel entendue par les enquêteurs mentionne les liens de Brunel et Epstein avec le brésil, où ils se procuraient des filles. Elle explique que les filles étaient payées 100.0000$, parfois 200.000$, mais quand elles revenaient de ces quelques jours avec la bande de tarés, elles ne voulaient plus jamais travailler pour ce genre de types.

Les deux ont aussi effectué de nombreux voyages dans les avions d’Epstein et Brunel est allé lui rendre visite en prison. Un message manuscrit de Brunel à Epstein montre qu’il lui a réclamé une mineure de 16 ans pas blonde, sachant donner des leçons de Russe "gratuitement".

Avant de lancer MC2, Brunel grouillait déjà à Paris dans le milieu du mannequinat, et avait créé dans les années 70 une agence appelée Karin, devenue Karin Paris. A l’époque, selon le livre d’un certain Michael Gross paru en 1995, Brunel était « considéré comme un danger », qui aimait « la drogue et les viols silencieux » parce que « ça l’excite ». Une Néo-Zélandaise que Brunel avait recrutée à 17 ans et ramenée à Paris a raconté qu’il avait mis fin à sa carrière en répandant partout le bruit qu’elle était accro à la coke, après qu’elle ait refusé de coucher avec lui.

Il était réputé pour violer les filles, avec son bras droit, un dénommé Claude Haddad, qui pouvait se vanter de droguer et violer des filles de 13 ans. Une journaliste qui a enquêté sur cette affaire a entendu cinq femmes qui ont déclaré avoir été agressées sexuellement par Brunel et/ou Haddad.

Brunel a aussi travaillé pour l’agence Ford, qui l’a viré quand les rumeurs à son sujet sont devenues trop importantes.

En 2017 Brunel a porté plainte contre Epstein pour lui avoir fait perdre des millions et l’avoir plongé une dépression à cause de la mauvaise pub que lui faisaient les ennuis judiciaires du fan de massages. Bref, on commence à s'amuser et même Médiapart a enfin parlé de lui dans un long article.

 

Trump Models

2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and his

Trump lui aussi avait créé son agence de mannequins, appelée Trump Model Management, en 1999. La boîte amenait des filles aux Etats-Unis depuis l’étranger, notamment l’Europe de l’est et la Russie avec des visas de tourisme, ce qui signifie qu’elles n’avaient pas le droit d’y travailler. Pourtant, certaines y restaient plusieurs années de suite.

Trump en détenait 85% et l’agence lui rapportait environ 2 millions par an.

Dans les années 80 et 90, Trump était aussi un grand ami de John Cassablancas, patron de l’agence Elite qu’il avait fondée en 1972, qui couchait avec ses recrues mineures au vu et au su de tous [18]. Cassablancas trainait également avec Brunel et Haddad.

En 1996, Trump a racheté la franchise du concours Miss Univers, et en 1999 il a lancé l’agence T-models, devenue ensuite Trump Model Management.

Puis, il a décidé de lancer sa propre fille dans le mannequinat, et à l’âge de 13 ans elle signait chez Elite (dont Trump connaissait parfaitement la réputation) où elle a mené une courte carrière. Quant à lui, il trainait dans les jurys des concours organisés par l’agence avant de lancer les siens, comme Trump Realty Brazil (au Brésil) au conseil d’administration duquel il y avait Cassablancas.

 

Peter Listerman

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Citoyen Russe, il serait l’un des rabatteurs d’Epstein, et allait chercher les victimes dans les collèges et lycées. Il est réputé pour mettre en relation des types riches et de jeunes mannequins depuis des dizaines d’années, et s’en vantait lui-même dans des interviews.

Il ramenait des filles depuis l’Ukraine et la Russie pour les faire travailler dans des agences d’escorts pour VIP. Selon un article du New York Post, il a été vu alors qu’il rendait visite à Epstein, mais lui nie tout lien.

Il parle des filles qu’il livre aux VIP comme des « chicken » (terme qu’on retrouve dans le Pizzagate) ou des "génisses".

En 2009 dans un tabloïd Russe il a dit "Mes clients d'Hollywood et les oligarques sont lassés des filles moscovites, américaines ou européennes émancipées, qui ressemblent à des robots.L Tout le monde en a marre de ces filles démoniaques, ils veulent de la douceur et du romantisme".

Selon le témoignage d’une mannequin qu’il l’a rencontré à 14 ans, Kristina Goncharova, Listerman lui a demandé de très nombreuses fois si elle était d’accord pour un mariage. D’ailleurs, il dit organiser des mariages entre types riches et jeunes filles des payes de l’Est.

 

Sciences

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En bon mégalo, Epstein était fasciné par l’eugénisme, même si ça prend la forme de recherches sur l’ADN et l’ingénierie génétique, ou sur le transhumanisme. Pour financer ses délires, il a créé sa fondation en 2000, la Jeffrey Epstein VI Foundation, qui investit dans la science et un peu dans l’éducation : neurosciences, intelligence artificielle, physique, intelligence artificielle…

On a même appris qu’il comptait transformer son ranch en usine à bébés, avec son ADN évidemment, et qu’il voulait se faire cryogéniser le pénis. C’était même, semble-t-il, un grand sujet de discussion avec ses amis scientifiques.

Il a fait dès les années 90 des chèques à l’université de Harvard, dirigée alors par son ami Lawrence Summers, pour financer des programmes de recherches menés par ses amis scientifiques.

Parmi ses investissements dans la science :

Epstein a aussi de nombreuses fréquentations parmi les scientifiques les plus éminents aux Etats-Unis et ailleurs (liste partielle sur son ancien site) :

  • Stephen HAWKING qui est venu aux Iles Vierges.
  • Marvin MINSKY, spécialisé dans l’IA. Virginia Roberts déclare qu’Epstein lui a demandé d’avoir des relations sexuelles avec lui sur son île.
  • Ben GOERTZEL d’OpenCog Foundation à Hong-Kong.
  • Joscha BACH et le MicroPsi 2 Project.
  • Stephen M KOSSLYN.
  • Martin A NOWAK, qui a dirigé le programme d’Harvard sur la biologie mathématique et l’évolution dynamique. Au sujet d’EPSTEIN, NOWARK avait déclaré en 2003 : « Je suis stupéfait par les connexions qu’il a dans le monde scientifique. Il connaît un nombre incroyable de scientifiques. Il connaît tout le monde ».
  • Lawrence H SUMMERS, président d’Harvard de 2001 à 2006 et futur secrétaire d’Etat au Trésor sous CLINTON. Sous son mandat à Harvard, EPSTEIN aurait donné au moins 25 millions de dollars au programme for Evolutionary Dynamics.
  • Eric LANDER
  • George CHURCH, spécialiste de la physique moléculaire.
  • David GROSS, physicien
  • Frank WILCZEK, physicien au MIT et partenaire de GROSS.

 

Renseignements

2019-07-30 20_56_30-LAlex Acosta, U

Epstein est en cheville avec les services de renseignements US et américains, a minima. Alexander Acosta, le procureur qui lui a permis de s’en tirer grâce à un accord illégal en 2008, a déclaré qu’il a agi de la sorte parce qu’on lui avait dit qu’Epstein appartenait aux renseignements et qu’il fallait le laisser tranquille. C’est du moins ce qu’il a expliqué à l’équipe Trump quand il a été recruté comme ministre du Travail. Il a été viré le 12 juillet suite au scandale, justement pour son rôle dans l’exonération d’Epstein.

De quels renseignements parle-t-il ? probablement des services US, FBI, CIA ou autre. Car même en travaillant, comme on va le voir, pour les israéliens, Epstein n’aurait jamais bénéficié d’une telle impunité s’il n’avait pas aussi rencardé les services de sa terre natale –et de domiciliation.

Selon Robert Steele, ex agent de la CIA, Epstein travaillait à la fois pour le Mossad et la CIA. Son but était de coincer et de faire chanter des personnalités politiques. Et il est assez évident que si les israéliens avaient été les seuls à bénéficiers des tuyaux et magouilles d’Epstein, son impunité aurait été de beaucoup plus courte durée.

Le FBI a publié une partie de ses dossiers concernant Epstein, mais ils sont tellement caviardés que cela en devient suspect. Mais on y découvre tout de même qu’Epstein serait devenu un "informateur" du FBI dans l’espoir d’éteindre la procédure de 2005-2008. D’ailleurs l’enquête fédérale a son sujet a été close quand Epstein a donné des "informations" au FBI sur les malversations –qu’il connaît bien- de la banque Bear Stearns.

2019-08-13 12_51_02-Our Team - Carbyne - Opera

Il a aussi les liens d’Epstein avec des politiciens et membres des services israéliens, via des investissements dans des start-up de nouvelles technologies proches des renseignements, comme Carbyne Ltd, dans laquelle il a investi avec Ehud Barak, ex premier ministre israélien et président de Carbyne, qui espère faire son retour en politique aux prochaines législatives en Israël [20]. Carbyne, basée à Tel-Aviv et à New-York, a été créée en 2014 pour développer des technologies de communication ultra rapides pour agir en cas de crise, en utilisant toutes les sources de données disponibles. Ehud Barak et Jeffrey Epstein y ont investi dès 2015.

Celle qui occupe le poste de directrice dans cette boîte est Nicole Junkermann, ancien mannequin née en Allemagne, elle a grandi à Marbella, étudié le business à Monaco puis à Harvard, et est aujourd’hui installée à Londres. D’après les carnets de bord des pilotes d’Epstein, elle a voyagé deux fois seule avec Epstein en 2002 (trajet le Bourget – Birmingham) et une fois en mars 2002 avec deux autres passagers. Comme elle avait déjà 27 ans, il est peu probable qu’Epstein cherchait à lui sauter dessus.

Elle a co-fondé en 1998 Winamax (paris de foot en ligne revendu en 2001) et d’un fonds de capital-risque axé sur le sport, United Sports, en 2005. « Depuis 2011, elle est revenue à ses racines dans l’innovation numérique et les technologies expérimentales – des domaines tels que la robotique, le génome, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle », mentionne sa page sur le site de Carbyne. Elle possède un fonds d’investissement, NJF Capital Ltd., qui possède des actifs ou la totalité d’une trentaine de start-ups et réalise des investissements avec des personnalités de la Silicon Valley comme Eric Schmidt de Google ou Peter Thiel de Paypal, qui a aussi investi 15 millions de dollars dans Carbyne en 2018.

Par ailleurs, son nom apparaît dans les fuites des Panama Papers issus du cabinet Mossack Fonseca dans le cadre du scandale de corruption de la FIFA[21]. Elle est l’ex de Robert Louis Dreyfus et est mariée à un magnat de l’industrie italien. Elle a été nommée récemment comme conseillère au sous-secrétariat de la santé et de l’aide sociale de Grande-Bretagne, dans le tout nouveau Healthtech Advisory Board, qui doit conseiller le ministre Matt Hancock sur la « vision technologique de la santé et de l’action sociale ».

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Parmi l’équipe de direction de Carbyne, il y a aussi d’anciens militaires qui ont été impliqués dans les barbouzeries israéliennes, comme le PDG Amir Elichai, le directeur exécutif Pinchas Berkus, qui fut membre d’une unité d’élite de l’armée appelée IDF8200 Cyber Intelligence Unit, ou le co-fondateur Lital Leshem, qui est toujours officier de réserve. On y trouve même comme expert un ancien flic anglais, Andy Rooke, spécialiste des systèmes de transports intelligents et ex conseiller des autorités anglaises et européennes en matière de sécurité routière, un réserviste de l’armée US dans la police militaire, Brett Whitney pour le développement commercial ou encore un ancien collaborateur de député US et agent du bureau des affaires politiques à l’ambassade US en Afghanistan, Trae Stephens, qui a collaboré à l’équipe de transition de Trump pour le département de la Défense en novembre 2016 et collabore dans Founders Fund, un fonds d’investissement lancé par le milliardaire Peter Thiel (également actionnaire de Carbyne, membre du conseil d’administration de Facebook et supporter de la campagne de Trump auquel il a filé 1,25 millions pendant la campagne, et puis 250.000$ en 2018) et six autres types..

Et puis, il y a la co-fondatrice de Carbyne (qui en possède toujours des parts), Lital Leshem, est une collaboratrice d’Erik Prince [22], le fondateur de Blackwater, une société militaire privée impliquée dans divers scandales, notamment du trafic sexuel, en Yougoslavie par exemple. Récemment, Prince et Leshem disaient qu’il avait une solution pour le Venezuela, à savoir installer 4 à 5.000 hommes sur place pour mettre au pouvoir l’opposant de droite à Maduro, un scenario qu’on ne connaît que trop bien.

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Selon The Times of Israël du 16 juillet 2019, "Barak a déclaré au Daily Beast avoir rencontré Epstein à des dizaines d’occasion, et notamment après la révélation de l’organisation d’orgies sexuelles à ses différents domiciles qui auraient impliqué des mineures" à Manhattan et aux Iles Vierges, mais il n’aurait jamais vu de mineures chez lui ou participé à des partouzes.

Carbyne (qui s’est appelée durant quelques années Reporty Homeland Security Ltd.) a aussi des liens avec l’industrie militaire US, notamment via Michael Chertoff, ex conseiller de Bush qui a écrit le Patriot Act (surveillance de la population) et siège au conseil de surveillance de l’entreprise.

La boîte a également des liens avec des oligarques proches de Poutine : Viktor Vekselberg, un ukrainien proche de Poutine [23], et Andrew Intrater, depuis septembre 2017, via Columbus Nova Technology Partners, une boîte pour laquelle Michael Cohen a été consultant jusqu’en août 2017[24].

Selon un média d’influence Turc, "Epstein a travaillé en étroite collaboration avec Israël, à l'avant-garde d'une initiative privée visant à apporter au secteur privé la technologie de pointe du renseignement militaire israélien, offerte au plus offrant". Si c’est cela, il y a forcément des trappes dans les programmes, qui permettent aux israéliens d’avoir la main sur les données et/ou les programmes.

En tout cas, comme le note ce journal, TRT World, "Même si la société fournit des services d’intervention d’urgence, aucun des administrateurs ou des membres du conseil consultatif n’a de formation en systèmes d’intervention d’urgence".

On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un hélicoptère appartenant à Epstein a le même numéro d’immatriculation qu’un avion de la société militaire privée DynCorp.

Dans les années 80 déjà, Epstein disait à qui voulait l’entendre qu’il travaillait pour des gouvernements, pour récupérer de l’argent détourné par les dictateurs africains. Etonnant au vu des circuits habituels de "recouvrement" dans ce genre de magouilles, mais pourquoi pas. Et sur son site, Epstein se vante lui-même d’être un "ancien membre" de plusieurs comités :

  • Le Mind Brain and Behaviour Committee à Harvard,
  • La commission Trilatérale,
  • Le Council on Foreign Relations (CFR),
  • La New York Academy of Science
  • Le conseil d’administration de la Rockefeller University
  • La Edge Organization

Soyons clairs : on ne peut pas faire partie de ces organisations, même si la plupart sont plus ou moins tenues par les Rockefeller, si on est seulement un agent au service d’Israël. En particulier la Trilatérale, haut lieu de discussions informelles entre leaders politiques et économiques d’Asie, d’Europe et des USA et le CFR qui est l’un des instruments de la politique impérialiste US.

Par ailleurs, on sait que ses villas étaient truffées de caméras et qu’il conservait les vidéos en plusieurs exemplaires et en divers endroits. Virginia Roberts a expliqué qu’elle avait demandé les bandes où elle figure à la justice et au FBI, mais ça lui a été refusé.

Est-ce que le réseau servait à nouer des relations plus "intimes" avec des partenaires potentiels de business, et, tant qu’à faire, à avoir de quoi peser sur leur décision ?

 

Les liens avec Trump

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Epstein et Trump se connaissent depuis les années 80, ils sont voisins à Palm Beach et ont fait de nombreuses "soirées" ensemble. Le frère d’Epstein a témoigné en 2009 que Trump a voyagé au moins une fois dans le jet d’Epstein, en 1997, à partir de Palm Beach. Ils se sont brouillés fin 2004, début 2005, pour une histoire de propriété sur laquelle Epstein lorgnait et que Trump a rachetée dans son dos pour la revendre trois fois le prix.

Epstein a également confirmé leurs liens, mais a fait appel au 5e amendement quand on lui a demandé d’évoquer leurs partouzes communes.

On a vu que l’avocat Roy Cohn représente un lien déjà consistant eux deux, Dershowitz en est un autre, même s’il tente de faire croire qu’il a pris depuis longtemps ses distances avec Epstein et qu’il fut un donateur des campagnes de Clinton. En effet, Dershowitz est bien introduit à la Maison Blanche sous l’ère trump, notamment dans le cadre de conseils au sujet des négociations de paix entre Israël et la Palestine qu’il donnait encore en avril de cette année à une équipe composée de Trump, de son gendre Jared Kushner, de l’ambassadeur David Friedman et d’un envoyé spécial israélien. Dershowitz a aussi déclaré qu’il a parlé avec les conseillers de la Maison Blanche avant que la décision de transférer l’ambassade US à Jérusalem.

En 1971, Trump a pris Roy Cohn comme avocat quand il a débarqué à Manhattan pour se lancer dans l’immobilier, et a développé ses contacts notamment du côté de la mafia.

L’histoire de ce terrain est assez intéressante : En 2004, Epstein a parlé à Trump d’une villa qu’il voulait racheter à Palm Beach, pensant qu’il n’avait pas les moyens de la racheter. Mais Trump a réussi à obtenir un prêt de la Deutsche Bank (via une société baptisée Trump Properties LLC, entièrement financée par la Deutsche Bank), et a pu mettre 5 millions de $ de plus qu’Epstein, soit 41 millions au total. Il a ensuite rénové la maison et l’a remise en vente pour 125 millions puis vendue 96 millions à un russe proche de Poutine, Dmitry Rybolovlev, propriétaire de l’AS Monaco, qui n’y a jamais vécu.

 

Le viol de deux mineures de 12 et 13 ans

Katie Johnson - Copie

Parmi les victimes d’Epstein, au moins une dénonce des faits commis également par Trump : Katie Johnson a dénoncé des viols commis par Epstein et par Trump durant l’été 1994 à Manhattan, quand elle avait 13 ans, en présence d’une autre victime âgée de 12 ans.

Elle était arrivée en bus à New York pendant les vacances, pour tenter de se lancer dans le mannequinat. Au moment où elle allait reprendre le bus pour retourner chez elle, elle a rencontré un certaine Tiffany, qui lui a proposé de venir à une soirée pour y rencontrer des gens qui pouvaient l’aider. C’est comme cela qu’elle s’est retrouvée à quatre « soirées » chez Epstein à Manhattan [25].

A la 3e partie, Trump l’a attachée à un lit, frappée et violée. Epstein l’a violée à la deuxième et à la troisième soirées, elle a ensuite été menacée par les deux et ils lui ont rappelé qu’ils étaient puissants et faisaient ce qu’ils voulaient. Elle y est encore retournée trois fois.

Elle mentionne, à la troisième des quatre partouzes auxquelles elle a été amenée, une fillette de 12 ans qui a été forcée de participer aux faits commis par Trump et d’être également violée. Trump a dit à Katie Johnson qu’elle devait se taire si elle ne voulait pas disparaître comme cette fille, Maria, âgée de 12 ans, impliquée dans le 3e incident avec Trump, et qu’elle n’a jamais revue par la suite. Lors des faits, les deux filles avaient été forcées de s’habiller en servantes. A la fin Trump a jeté 400$ par terre à Katie Johnson.

Elle a expliqué dans sa déposition : "Trump a dit que je ne devais jamais rien dire si je ne voulais pas disparaître comme Maria, une fille de 12 ans qui a été forcée de participer au troisième incident avec TRUMP, et que je n’ai pas revue depuis (…) et qu’il était capable de faire tuer toute ma famille".

Entre les soirées, elle rentrait chez elle dans l’Oklahoma, puis Tiffany la rappelait.

Dès qu’elle a signalé les faits à la justice le 26 avril 2016, elle a reçu des menaces (coups de fils anonymes avec personne qui parle) et a demandé une mesure de protection.

Selon la plainte rédigée justice, dès le 28 avril 2016, Trump a fourni une déclaration à American Media Inc. et / ou à Radar Online LLC, disant que "ces accusations sont non seulement complètement fausses, mais dégoutantes au plus haut point et clairement destinées à solliciter l’attention des médias". Il a aussi diffusé des documents d’ordre diffamatoires contre la plaignante.

Le 5 novembre 2016 Katie Johnson a abandonné la procédure. Il n’y a pas eu d’enquête sur cette jeune "Maria". 

Les propos de Katie Johnson sont largement confirmés par Tiffany X, qui l’a fait rentrer dans le réseau et était présente lors des faits.

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Entendue par la police en 2016, elle a expliqué qu’elle avait rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice des soirées du pervers, et job consistait aussi à superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wexner Mansion à New York sur la 71 rue, occupée par Epstein. C’est dans ce cadre qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qui allait repartir dans sa province, et qu’elle l’a « persuadée » de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec TRUMP.

Elle mentionne le viol commis en présence de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes encore que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit, et elle savait qu’ils avaient les moyens de le faire car elle les avait déjà vus à l’œuvre.

 

Michael Cohen

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Un autre lien entre Trump et Epstein est Michael Cohen, ex avocat de trump et témoin clé de la procédure sur les liens de Trump avec la Russie. Ce grand fan de trump a investi dans les projets immobiliers de son idole, a travaillé pour dans la Trump Organization, et quand Trump est devenu président en 2017, Cohen a créé une boîte, Essential Consultants, pour monnayer l’accès à Trump [26]. La boîte aurait aussi servi payer pour éteindre des procédures, notamment celles lancées par Stormy Daniels et Karen McDougal pour des viols (éteintes pour 280.000$ semble-t-il) [27].

Cohen, qui se serait vanté d’avoir menacé et fait pression pour le compte de trump contre environ 500 personnes, représentait Trump dans la procédure contre Katie Johnson. Il est également lié au business des nouvelles technologies, via un des associés d’Epstein, l’anglais Andrew Intrater, qui est donc lui-même partenaire d’Ehud Barak, notamment, dans Carbyne. Intrater a été également entendu par la commission Mueller sur les liens de Trump avec la Russie pour ses liens avec Viktor Vekselberg et il est accusé d’avoir transféré 583.000$ à Cohen via son a société d’investissement, Columbus Nova Technology Partners, dont les US disent qu’elle est une filiale du Renova Group, qui appartiendrait à Vekselberg.

Enfin, Wayne Madsen, ancien fan de trump, a publié en février 2017 une liste de plusieurs procédures contre Trump pour des viols sur des mineurs, garçons et filles, qui ont été réglées "à l’amiable" [28] à coups de millions de dollars.

 

La France

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Aujourd’hui, le FBI s’intéresse aux activités d’Epstein hors des Etats-Unis. C’est heureux, et on espère vivement qu’ils s’intéresseront à la France, où Epstein a un domicile, et d’où il revenait lors de son arrestation à sa descente d’avion sur le sol US début juillet. Car, on dirait bien que les autorités françaises manquent de curiosité à ce sujet.

En effet, au vu du dossier –disponible en ligne avec les témoignages, on ne peut que s’interroger sur certains points, notamment :

  • Comment Epstein a-t-il pu faire circuler des mineures vers et depuis la France (aéroport du Bourget), en avion, sans aucun problème de douane ? Et cela même après 2001 et le renforcement drastique des contrôles aux frontières.
  • Qui étaient ces deux fillettes de 12 ans, fournies par un de ses "amis" à Epstein - Jean-Luc Brunel selon certaines sources- pour son anniversaire, et qui sont parties de France jusqu’à Londres juste pour y être violées lors d’une partouze ? Selon Virginia Roberts, "elles venaient de France parce qu’elles étaient vraiment pauvres là-bas et que leurs parents avaient besoin d’argent", et elles auraient été amenée ensuite à palm Beach.
  • Qui étaient les fréquentation d’Epstein en France ? Car on suppose qu’il ne faisait pas l’ermite durant ses séjours au pays des droits des pédos. D’ailleurs, dans son carnet d’adresses figurent quelques personnalités du tout paris comme un ex de Caroline de Monaco, des décorateurs et stylistes jet-setteurs, des aristos…

Selon Maritza Vasquez, qui a travaillé comme contrôleur financier pour l’agence Karin à partir de 1998 puis pour MC2, en 2010 Epstein et Brunel avaient l’intention de créer une agence de mannequins à Paris avec une française, sur le modèle de celle de Trump. Le projet n’aurait pas abouti.

On a appris le 12 août que le parquet de Paris avait transmis les éléments disponibles sur ce volet, et ceux-ci seraient "en cours d’analyse et de traitement".

Nous reviendrons sur ce volet français de l'affaire.

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Ce dossier est tentatculaire. On touche à l'ingénierie sur l'humain, aux renseignements, aux réseaux de blanchiment et de détournement d'argent, à l'exploitation sexuelle de mineurs et donc à la corruption. L'affaire Epstein amène à mettre le doigt au coeur du système de pouvoir international. Même s'il reste encore beaucoup à décrypter, on comprend qu'à ce niveau de magouilles, les collusions dépassent largement les clivages affichés pour le populo, par exemple entre la Russie et israël, ou entre la Russie et les Etats-Unis, ou entre Israël et la Russie. L'échiquier international qu'on nous montre serait-il une construction, un story-telling pou rle bon peuple?


[1] Le communiqué du 12 août précise « Nous rappelons à cette occasion notre détermination entière à protéger les jeunes filles des violences sexuelles et notamment des réseaux d’exploitation criminelle, qui donnera l’occasion à de nouvelles mesures lors du dernier trimestre de l’année. ». Sauf qu’il y a aussi des enfants dans cette histoire.

[2] Selon le pilote, Clinton devait y faire des discours.

[3] Outre Clinton et Epstein, Ghislaine Maxwell et Sarah Kellen, deux de ses rabatteuses favorites, étaient présentes à l’aller, et au retour quatre personnes de plus les accompagnaient : Mike Epstein, Doug Band un businessman politicien qui était aussi l’avocat de Clinton, et deux femmes appelées Janis et Jessica qui d’après le pilote appartenaient aux renseignements.

[4] Dershowitz est né en 1938, est avocat et prof de droit à Harvard (il fut le jeune prof de la fac à 28 ans).Il a défendu OJ Simpson, Epstein, Trump, Barak Obama, Bill Clinton, Benjamin Netanyahou, Marlon Brando, Frank Sinatra, et évidemment Harvey Weinstein. Il écrit des chroniques dans différents journaux importants, et à la télé surtout sur Fox News où il défend toujours TRUMP. Pseudo défenseur des « libertés publiques », est dans le courant libertarien. C’est un sioniste convaincu même s’il dit qu’il est « seulement » pro israélien. Il aurait rencontré Trump à Mar A Lago, et est venu diner à la Maison Blanche peu après une perquisition du FBI au bureau de Michael Cohen, ex partenaire de Trump dans l’immobilier et diverses magouilles.

[5] Epstein peut donc signer des actes et agir au nom de Wexner.

[6] Alors qu’il n’avait aucun titre dans l’entreprise, il en rencontrait régulièrement les dirigeants.

[7] Cette maison avait été achetée en 1989 par Wexner pour 13 millions dollars. Il l’a restructurée et vendue en 1998 à Epstein NES LLC, pour 0$. Autre étrangeté dans cette transaction : d’après les documents mentionnés par Bloomberg, Epstein a signé pour les deux parties du contrat.

[8] Il explique avoir découvert des malversations commises par Epstein dans sa fondation en 2007, après que l’affaire des massages ait éclaté et qu’il ait, d’après ce qu’il déclare aujourd’hui, coupé les ponts avec Epstein.

[9] Seul Hoffenberg a été cité nommément dans les poursuites, pour le reste ils ont été appelés « co-conspirateurs », mais il s’agissait très probablement d’Epstein tout seul.

[10] La pyramide de Ponzi est une escroquerie basique, inventée au XVIIe siècle : on promet aux gens de placer leur argent et de leur donner un gros rendement du genre 12, 15% par an, et on se sert de l’argent des nouveaux pigeons pour rémunérer les premiers quand ils réclament un peu de cash.

[11] Pourtant Hoffenberg dénonce des faits précis comme des détournements d’argent de certains clients vers d’autres, ou le siphonage de quelques millions.

[12] LLC, pour « Limited Liability Companies », des coquilles vides qui permettent d’acquérir des propriétés immobilières de manière discrète à l’égard des services fiscaux, très usitées dans le cadre du blanchiment d’argent (y compris en France bien-sûr).

[13] L’affaire a été réglée par un accord sans que l’on sache le fin mot de l’histoire.

[14] A ne pas confondre avec une association de vétérans du même nom (Gratitude America Inc.).

[15] En fait, en 2015 Brunel a déposé une plainte assez étonnante contre Epstein, qui ressemble à une tentative de se dissocier de son sulfureux ami. Cette plainte demandait réparations car les procédures contre Epstein avaient nui à l’image de Brunel et il en était meurtri et aurait perdu des millions de dollars.

[16] Il l’a créée ne 2005 avec Jeremy Fuller. Elle est d’abord implantée à New York.

[17] D’ailleurs Brunel maquillait les comptes pour laisser croire à Epstein que la boîte était en bonne santé et qu’il lâche encore de l’argent. Les filles pouvaient être payées en cash sans être déclarées.

[18] En 2002 il a été poursuivi par une ancienne mannequin de l’agence, qui l’accusait de viols commis quand elle avait 15 ans. En 1998, une enquête a été ouverte à Paris sur la prostitution des filles via l’agence Elite entre 1994 et 1997, et plusieurs personnes dont Robert De Niro ont été entendues. L’affaire a été dégonflée au fil de la procédure, pourtant il y avait des mineures parmi les victimes.  Il faut dire que parmi les clients, il y avait « de riches émirs arabes clients de nos marchands d'armes, des intermédiaires peu scrupuleux, des play-boys argentés et dépravés, un ancien gendarme de l'Elysée, un médecin cannois, une ancienne gloire du tennis, un producteur de cinéma ». Le photographe Jean-Pierre Bourgeois avait même été arrêté en janvier 1997, et avait déjà été soupçonné dix ans plus tôt des mêmes faits, de même que l’ex mannequin Annika Brumark.

[19] L’argent n’a pas été rendu par l’université après le scandale.

[20] Ce retour a été un peu plombé par ses liens avec Epstein, diffusés par la presse locale. Et son concurrent Netanyahou, lui aussi présent dans le carnet d’adresses d’Epstein, s’est fait un plaisir de rediffuser les articles qui y faisaient référence. Du coup, Barak, qui a au passage admis avoir rendu visite à Epstein, cherche à le faire expulser de leur business commun, même si la presse israélienne minimise la participation d’Epstein dans Carbyne.

[21] Une boîte qu’elle contrôlait avec Jacobs Holding (société de la famille suisse Jacobs) appelée Infront Sports & Media, qui vend les droits médias des coupes de foot, était dirigée par le neveu de Sepp Blatter et a été vendue en 2011 pour 650 millions d’euros tout de même.

[22] Leshem vient d’être nommée directrice des relations avec les investisseurs du fonds d’investissement de Prince, Frontier Resources Group, dont il aurait vendu une majorité à un type proche du président chinois, un dénommé Chang Zhenming.

[23] Vekelsberg a été entendu par le procureur Mueller dans le cadre de l’enquête sur les liens entre Trump et la Russie. Il est soupçonné par les US de mener des activités nuisibles pour le compte du gouvernement russe.

[24] Via sa boîte Essential Consulting, qui a également servi au versement d’argent à l’une des victimes de viol de Trump, Stormy Daniels, à la suite d’un accord pour la faire taire.

[25] Ces soirées ne passaient pas pour les plus chics de la ville, et certains invités, selon un témoignage, étaient choqués du nombre de jeunes mannequins russes.

[27] Ces règlements menés pendant la campagne électorale de 2016 ont valu 3 ans de prison à Cohen, qui a été condamné en mai 2019.

[28] Cette liste a été diffusée sur Facebook notamment. Elle mentionne six procédures :

1) Michael Parker, 10 ans, viom oral à Mar-a-Lago, Palm Beach, FL, 1992. Trump aurait versé 3 millions à ses parents.

2) Kelly Feuer, 12 ans, relation sexuelle forcée à la Trump Tower. Trump aurait payé 1 million de dollars en 1989.

3) Charles Bacon, 11 ans, viols oral et anal en 1994 à la Trump Tower. Trump aurait versé 3 millions.

4) Rebecca Conway, 13 ans, agression sexuelle et viol oral, chez Trump à Charlottesville. Il aurait payé 5 millions de dollars.

5) Maria Olivera, 12 ans. Sa famille aurait reçu 16 millions pour régler la procédure pour viols survenus à Mal A Lago en 1993.

6) Kevin Noll, 11 ans, viol anal à la Trump Tower en 1998. Le cas a été réglé aussi mais on ignore pour quel montant.

[29] Il faut savoir qu’à ces soirées de produits de luxe où des types très riches sont invités, on fait aussi venir tout un tas de mannequins dont une partie peuvent être réservées pour la soirée à des tarifs de VIP.

27 juillet 2022

Emission avec Akina le 26 juillet 2022 : Le covid, étape dans l'agenda eugéniste et mondialiste

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Mardi 26 juillet j'ai pu intervenir sur la chaîne du Front Médiatique, pour remettre le covid dans son contexte. Ce n'est pas un fait isolé, il s'inscrit dans un processus bien plus large qui consiste à réduire la population et à prendre le contrôle total. Mais on dirait que le cosmos est avec nous parce qu'il y a peu de chances qu'ils arrivent à imposer leur monde idéal, celui de Schwab, de Gates, des eugénistes.

 

Merci à Akina pour ces deux heures, qui ont permis d'entrer dans les détails!

 

 

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12 juillet 2022

Propagande, opérations psychologiques, guerre cognitive : l'OTAN s'active pour le contrôle de l'opinion publique

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Depuis l'affaire du covid, l'OMS puis l'OTAN ont publié plusieurs rapports autour de ce qu'ils appellent là-haut les "fake news" et l'OTAN se targue de mener des opérations de propagande contre la population civile européenne pour qu'elle adhère à son agenda. Un retour aux grandes années du stay-behind, mais cette fois de manière affichée. 

 

L'OTAN est connue pour être une structure militaire, chargée de la protection des pays ayant signé le Traité de l'Atlantique nord.

On a vu avec les réseaux stay-behind qu'elle s'est aussi mêlée de politique et de propagande, mais c'était encore discret. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas: l'OTAN dispose d'un "Centre d'excellence de la communication stratégique" (STRATCOM) qui forme les journalistes et leur fournit des outils pour exercer cette nouvelle et étrange forme de "journalisme" qui est le "fact checking".

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On voyait bien dans les derniers exercices "pandémiques" que les préoccupations étaient de plus en plus focalisées sur le contrôle de l'information pour faire accepter les mesures liberticides variées et permettre la "vaccination".

L'OMS a été leader dans cette stratégie de propagande et de censure des paroles critiques. Dès le 31 mars 2020 elle alertait sur les "fausses informations" en matière de covid et de traitements.

Elle a mis en place dès avril 2020 une structure dédiée à l'étude de ce qu'ils appellent " l'infodémie", c'est-à-dire les informations qui ne correspondent pas à la doxa pandémique: l'initiative d'intervention de l'ONU pour la communication chargé de produire et disséminer les éléments de langage officiels sur le covid.

Elle a aussi lancé dès avril 2020 l'Information Network for Epidemics (EPI-WIN) "qui réunit des équipes techniques et des médias sociaux travaillant en étroite collaboration pour suivre et répondre à la désinformation, aux mythes et aux rumeurs et fournir des informations et des preuves sur mesure pour l'action". Des preuves? J'ai dû les rater, n'ayant vu passer que des affirmations aussi péremptoires qu'infondées.

En mai 2020 elle fait passer la résolution WHA73.1 qui affirme que le contrôle des infos non conformes est un point essentiel dans la lutte "contre le covid", impose aux Etats de produire des contenus conformes et prendre des mesures contre les infos non conformes.

2022-07-09 09_21_55-5 ways the UN is fighting ‘infodemic’ of misinformation _ United Nations - Opera

Des budgets de plusieurs millions de dollars ont été débloqués, des chercheurs ont été recrutés, des formations sont organisées et on a mis en application des techniques de manipulation de l'opinion publique pour que le programme "pandémie - mesures liberticides - faux traitements et faux "vaccins" - censure" soit mis en œuvre sans que les voix critiques ne perturbent les masses.

Le problème pointé est le problème de l'ampleur de l'information qui détourne l'opinion du narratif officiel. En réalité, si toutes les infos disponibles allaient dans le sens de ce narratif, il n'y aurait pas le problème: ce qui pose problème en réalité est que des informations contradictoires circulent et sont considérées comme crédibles par une partie grandissante de l'opinion publique.

Dès les premières semaines du covid, cette histoire d' "infodémie" a été une préoccupation centrale. Des études et rapports ont été réalisée pour montrer à quel point les "fausses informations" ou "fake news" se sont multipliées, réduisant l'impact de la parole officielle.

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Très vite, une nouvelle discipline "scientifique" est née: l' "infodémiologie". Ils ont réussi à museler et inonder les réseaux sociaux de leur com insipide, la prochaine cible sera celle des messageries privées. Car bien que les infos n'y soient pas publiques et qu'on tombe dessus parce qu'on le demande, cela pose problème au ministère de la Vérité (l'OMS).

Ces cogitations ont débouché sur un processus de réponse immédiate et à grande échelle à toute parole critique sur le covid et sa gestion, et à la censure massive de manière à ce que la plupart des citoyens n'aient accès qu'à la propagande, délirante mais officielle.

Des messages de "solidarité", d'"effort collectif" ont été propagés pour empêcher les gens de dénoncer les différentes mesures ("confinements", "masques", injections expérimentales par exemple).

Il faut reconnaître qu'utiliser des arguments "sanitaires" pour mettre en œuvre cette science de la manipulation des masses a été assez efficace: c'est pour le bien de tous qu'on va nier toute parole contradictoire. Qui voudrait assassiner son voisin en diffusant des fake news, comme l'origine non naturelle du virus, l'efficacité de traitements existants comme l'ivermectine, l'inefficacité des nouvelles mixtures type Remdesivir et "vaccins" expérimentaux à ARN, injections de Rivotril dans les Ehpad, contenu obscur des mixtures etc? 

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Bref, l'OMS a mis le paquet sur les moyens de la propagande. Elle a lancé des appels à projets de recherche, des formations, des séminaires, pour constituer un corpus "scientifique" et donner une consistance à cette nouvelle discipline. En fait pas nouvelle puisque les armées utilisent la propagande depuis toujours, mais pour la première fois la manipulation de l'opinion publique devient un enjeu de société qui concerne la société civile. 

En septembre 2020 par exemple, l'OMS a lancé un "Appel à candidatures pour une formation complète pour la promotion de la demande de vaccins afin de maintenir et de rétablir la vaccination de routine et de promouvoir la vaccination contre la COVID-19".

Rappelons que les premiers "vaccins" anti covid ne sont arrivés sur le marché qu'un an plus tard: l'OMS ne pouvait donc pas savoir qu'ils étaient efficaces et inoffensifs, ce qui d'ailleurs n'est pas le cas. C'est ce qui s'appelle mettre la charrue avant les boeufs et ça pose la question des vrais objectifs de cette affaire de covid.

On s'étonne tout de même de cette totale absence d'autocritique, au vu de l'ampleur des moyens mis en œuvre pour censurer ou décrédibiliser toute contradiction et on peut intégrer cela à la dérive totalitaire en cours dans les institutions internationales et nationales.

 

La Communication stratégique : modeler l'opinion publique

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Plus inquiétant, l'OTAN se met aussi à cette lutte contre "l'infodémie", via son "centre d'excellence de la des communications stratégiques", opérationnel depuis janvier 2014 inauguré en présence de John McCain [1]. Car "Aujourd'hui", nous explique le site de STRATCOM, "l'OTAN agit dans trois dimensions pour ses opérations : les aspects physiques, cyber et cognitifs".

C'est dans ce cadre que le centre d'excellence de la propagande atlantiste, pardon de la "communication stratégique" a organisé un séminaire en avril, intitulé "renforcez votre crédibilité et votre lisibilité avec des outils et astuces pour la vérification des faits et l'authenticité"

Et on ne se cache pas: l'objectif est bien de faire en sorte que les médias jouent bien leur rôle de gardes-chiourmes de la pensée, voire même d'effaceurs de la pensée puisque l'objectif est que les gens suivent le narratif qu'on va leur imposer sans qu'ils sachent pourquoi évidemment : "L'atelier se concentrera sur les domaines cyber et cognitifs, en se concentrant particulièrement sur le rôle que les médias peuvent et doivent jouer en tant que gardien qui encadre les conversations et interprète les récits". 

L'objectif du séminaire était de leur apprendre ce qu'était une information à diffuser ou à ne pas diffuser et de montrer les bonnes sources d'information.

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Ce rendez-vous organisé dans un hôtel Spa à Riga devait être très intéressant. Evidemment, il était focalisé sur la Russie car selon la présentation, "C'est sans doute le premier conflit qui engage ouvertement la dimension cognitive de la guerre. Grâce à l'utilisation intensive de données et d'outils médiatiques modernes, les acteurs cherchent à façonner l'environnement de l'information et à façonner les discours, les opinions et les comportements dans le monde entier".

Et il est bien question de diffuser des "narratifs", des "récits", comme l'explique un rapport de 2019 qui posait la terminologie en la matière [2]. L'objectif est d'impacter "les perceptions, les attitudes et les croyances" du public. On veut modeler l'esprit de la population, pour qu'elle se comporte comme attendu. Est-ce cela la démocratie?

Une question cruciale est : quels moyens techniques ont-ils à disposition pour influencer la pensée des citoyens? Car si les moyens existent, n'en doutons pas: ils sont utilisés.

L'OTAN a établi la doctrine des "effets conjoints" pour désigner l'action conjointe des actions létales et non létales à toutes les étapes des conflits et de la gestion de crise (l'OTAN étant en permanence en "état de crise" puisque c'est sa raison d'être, quitte à les créer comme on l'a vu dans le cadre du stay-behind).

Les activités "non-létales" seraient la propagande et autres "opérations psychologiques". Un article du magazine "The Three Swords" paru en 2020 donne cette définition: 

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"Les effets psychologiques des activités non létales sont généralement censés changer un certain comportement indésirable ou influencer le prise de décision de l'adversaire ; l'effet de premier ordre est donc cognitif. Après l'effet cognitif vient le changement d'intention, ou amener l'adversaire est disposé à changer son comportement, qui est l'effet de second ordre. Enfin, et si ce dernier est atteint, l'effet de troisième ordre est le changement observable et réel du comportement de l'adversaire. C'est cet aspect cognitif qui rend difficile et chronophage de déterminer efficacement les impacts non létaux".

C'était tellement plus facile quand, pour s'informer, le clampin moyen n'avait que les médias de masse, avec une information lissée. Mais avec Internet et les réseaux sociaux, l'information est diffusée rapidement et à grande échelle, et chacun peut aujourd'hui avoir accès à des informations sensibles, du genre de celles qui amènent l'opinion à s'interroger sur le système dans lequel elle vit et ses mécanismes. Ce qui, immanquablement, amène à critiquer l'ordre établi que défend l'OTAN depuis sa création en 1949.

 

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On note aussi que le patron de STRATCOM , Janis Sarts, était au Bilderberg en 2019.

Depuis, STRATCOM organise des formations pour les armées des pays membres, sur les opérations d'information, les opérations psychologiques, la communication stratégique etc.

 

Objectif : contrôle de l'information sur les réseaux sociaux

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Cette année, STRATCOM a aussi publié deux rapports sur la guerre de l'information et la manipulation de l'opinion publique. Le premier est intitulé "Social Media Manipulation 2021/2022: Assessing the Ability of Social Media Companies to Combat Platform Manipulation" (Manipulation des médias sociaux 2021/2022 : évaluation de la capacité des entreprises de médias sociaux à lutter contre la manipulation des plateformes). 

C'est une analyse de la "capacité des entreprises de plateformes à protéger leurs plateformes contre la manipulation". Qu'est-ce que l'OTAN appelle "manipulation"? 

Eh bien des agents de l'OTAN se sont amusés à envoyer des messages sponsorisés sur différentes plateformes comme VK, TikTok, Instagram, Facebook... en utilisant des manipulations -que les Russes utiliseraient- pour pousser l'audience. L'OTAN a montré qu'il est possible d'acheter de "faux engagements" (commentaires, like etc.) qui font mousser les publications.

Bref, l'OTAN faisait des recommandations qui bien-sûr n'allaient pas contrôler que les Russes. L'OTAN veut pouvoir superviser les actions mises en place et contrôler les résultats de la lutte contre les opérations de communication de l'étranger, mais il y a fort à parier que d'ici peu ce sont tous les messages contradictoires qui seront visés.

Mais quand c'est l'OTAN qui utilise ces outils, pas de problème: en effet dans sa présentation de la "communication stratégique", STRATCOM précise que "L'OTAN doit utiliser divers canaux, y compris les médias traditionnels, les médias sur Internet et l'engagement du public, pour sensibiliser, comprendre et soutenir ses décisions et ses opérations".

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Le deuxième rapport "Disinformation in Democracies: Improving Societal Resilience to Disinformation" (La désinformation dans les démocraties : améliorer la résilience de la société à la désinformation), reprend le concept d'"infodémie"contre laquelle il faut bien-sûr lutter.

Plusieurs "solutions innovantes" (déployées à l'étranger de manière expérimentale ou en grandeur nature) sont présentées dans le rapport, comme adapter les messages aux populations ciblées, en appeler à la "morale" pour que les parents fassent injecter leurs enfants, faire de la "pédagogie" auprès du public et des médias sur les "théories complot" pour que le brave citoyen n'ose pas s'interroger dès que l'anathème de "théorie du complot" est jeté sur une information qui ne correspond pas au narratif...

On notera que les personnes dotées d'assez d'esprit critique pour avoir rapidement vu l'arnaque du covid puis des mixtures expérimentales à ARN messagers que certains appellent "vaccins" ont été étudiées de près, notamment par l'Agence des affaires civiles suédoise qui note le caractère hétérogène de ce "groupe" et note : "La croyance en une théorie du complot conduit aussi souvent à croire en une autre. Une fois qu'un récit s'est établi sur lequel on ne peut pas compter sur les autorités et les politiciens, [il] ouvre la porte à la notion d'un "État profond" qui induit intentionnellement en erreur". On aimerait enfin avoir un débat argumentatif sur ce sujet de l''Etat profond. 

En tout cas il faut absolument impliquer les médias dans la lutte, même préventive, contre les "théories du complot". Qui en fait sont toute parole contraire ou divergente de la parole officielle. 

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Pour eux le risque est grand car ce qu'ils appellent "désinformation" risque d'augmenter "les divisions" à l'intérieur de la société. Il faut donc redonner confiance dans les institutions, non pas en la méritant mais en organisant moult actions de communication et en impliquant les citoyens dans le processus. Le gouvernement finlandais organise depuis le printemps 2020 une grande campagne de "résilience psychologique" via 70 organisations civiles, pour rendre confiance dans le gouvernement et sa propagande et dans les autres citoyens.

D'autres on fait des jeux des fake news, des actions participatives pour guider le public dans la sélection des bonnes informations... Le Medialab de l'AFP est également cité en exemple de bonnes pratiques de fact checking (une extension qui dit si un site est bon ou pas en termes d'info, selon d'obscurs critères ou pour répérer si une photo a déjà été diffusée par exemple).

Parmi les conclusions, il fallait développer la communauté de la contre désinformation. Mais depuis 2020 le programme de travail de STRATCOM n'est plus publié. Et on attend toujours le rapport annuel de 2021.

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Un dernier rapport publié en 2021 est intéressant, il s'appelle "Inoculation theory and misinformation" (Théorie de l'inoculation et de la désinformation), encore centré sur la question des informations qui ne correspondent pas au narrtif officiel, et tente le périlleux exercice de la définir ce qu'est une fake news. Personnellement, après une analyse des discours sur le sujet et d'après mes propres connaissances historiques, j'en conclus qu'une fake news est une information qui ne correspond pas au narratif officiel, toute parole officielle étant considérée a priori comme une vérité absolue.

Le rapport constate que "Les conséquences néfastes de la diffusion d'informations fausses et/ou trompeuses se traduisent par la multiplication des groupes anti-vax sur Facebook, le manque de confiance dans la science du changement climatique, les actes de vandalisme commis sur la base de fausses théories du complot sur le COVID-19 et son influence sur l'exacerbation de la radicalisation et de la polarisation". Traduction: cela aiguise les esprits critiques, et c'est dangereux pour l'ordre social, politique et économique.

Mais la question de la définition est encore une fois éludée: en effet, comment critiquer le mensonge quand c'est la base de sa propre communication? Où s'arrête l'imprécision, où commence le mensonge? Comment ne viser que les informations issues de la société civile ou de médias alternatifs, mais pas celle des politiques ou des médias mainstream?

Eh bien le mieux semble, selon ce rapport, être de ne pas se préoccuper de la véracité ou non de l'information mais de l'intention dans laquelle elle a été produite ou diffusée: l'auteur voulait-il tromper le public? Mais il y a encore des failles : la communication politique, qui vise intentionnellement à mentir à l'opinion comme on le constate à la fin de chaque mandat, n'est pas considérée comme de la fake news.

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Le rapport souligne les limites du fact checking et l'influence grandissante des théories non officielles sur le public qui à force aurait tendance à les considérer comme vraies. De plus, les gens n'aiment pas le fact checking et qu'on leur dise quoi penser.

Bref, il faut "prévenir" la "désinformation" plutot qu'y remédier, selon ce document.

Le rapport explore donc "le rôle que la psychologie et les sciences du comportement peuvent jouer dans l'atténuation de la désinformation en ligne" et comment les gens peuvent admettre que les fakes news sont fausses et la parole officielle vraie. C'est-à-dire qu'il faut "renforcer la résistance psychologique" du public à ces horribles informations qui n'ont pas le tampon "vérité" et/ ou qui dérangent, "par le biais de "vaccins" ou "inoculations" psychologiques ": on est donc pleinement dans la manipulation de l'opinion. Et on prévoit de développer les "recherches" dans ce domaine.

La "théorie de l'inoculation", développée dans les années 60 (MK-Ultra?) consiste donc à "inoculer" aux public un "vaccin" contre les fake news ou finalement, tout ce qui dérange. Elle a d'abord été testée sur les soldats US pendant la guerre du Vietnam pour empêcher un éventuel lavage de cerveau par les Vietcongs. 

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Et comment "vacciner" les gens contre les "fausses informations"? En leur montrant au prélable l'info officielle et l'info qualifiée de "fake news", de manière ultra caricaturale et surtout sans entrer dans les débats de fond, pour que les gens retiennent bien laquelle est la bonne. Seule la forme des infos est examinée, en particulier la source. Le principe de base est le suivant : source officielle = vrai. 

Selon le spécialiste de psychologie sociale (= manipulation des masses en français) William McGuire, c'est la formule gagnante: "McGuire a proposé qu'au lieu de bombarder les gens avec des faits plus favorables, exposer de manière préventive les gens à une dose affaiblie d'un argument persuasif [manipulateur] spécifique pourrait conférer une résistance psychologique contre une exposition future à des attaques persuasives, un peu comme un vaccin médical confère une résistance physiologique contre une infection future". 

Les théories de McGuire n'ont été mises en application qu'en 2017 -on se souvient de l'affaire du Pizzagate en 2016 qui a servi à populariser le concept de "fake news" et à lancer la lutte contre les informations qui dérangent, en particulier sur les réseaux sociaux qui étaient encore assez libres.

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Adaptée aux besoins du moment, la théorie de l'inoculation vise en gros à prendre les informations les plus débiles, les sources les moins crédibles, pour mettre en exergue des "techniques" qui seraient manipulatoires telles que la "polarisation" entre les groupes (mais pour le micron ça ne compte pas bien-sûr), afficher des émotions telles que l'indignation, susciter des émotions telles que la peur, l'utilisation de "théories du complot" (qui ne sont pas définies non plus mais on comprend qu'il s'agit des théories contraires au narratif officiel)...

L'objectif est que les gens "reconnaissent ces techniques" quand ils les voient en ligne, mais pas à la télé.

Avec des jeux interactifs et des vidéos "pédagogiques", on s'aperçoit même que les gens ont de plus en plus confiance dans leur capacité à identifier les "vraies" / "fausses" informations, ce qui renforce l'effet de l'"inoculation" qui peut ainsi durer jusqu'à 3 mois. Différents outils sont en cours de développement, on a hâte de les découvrir. Et de voir le retour de bâton: une fois que nous aurons débunké les mensonges officiels les gens sauront plus facilement repérer les discours trompeurs.

Un des axes de recherches sera de savoir combien de temps dure l' "inoculation", comment renforcer la collaboration entre les acteurs pour lutter contre cette "infodémie" etc.

 

Le département des opérations psychologiques

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L'OTAN mène depuis toujours des opérations psychologiques, principalement pour que l'opinion publique adhère à ses guerres. [3] Et cela se faisait discrètement. Il s'agissait alors principalement d'enjeux militaires, mais seulement: Un document de l'OTAN de 2012 explique que le rôle des Opération psychologiques (OPSPSY) "est d'induire ou de renforcer les perceptions, attitudes et comportementsdes publics approuvés de l'OTAN en soutien des objectifs politiques et militaires de l'Alliance". (NB: les "publics autorisés" sont en fait la population générale ou des publics cibles selon les besoins).

A cette époque, l'OTAN considérait déjà les réseaux comme une grande menace qui dépassait les capacités de propagande des Etats et nécessitait le déploiement d" "OPSPSY efficaces": "Les PSYOPS sont un élément indispensable de la vaste gamme des activités militaires, politiques, économiques, civiles et d'information modernes visant à la prévention des conflits et la réponse de crise".

Un autre document de 2009, déclassifié, est la "doctrine de l'OTAN pour les opérations d'information". On y apprend que ces opérations peuvent être menées par "des moyens létaux ou non létaux". 

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Il y a 3 types de PSYOPS: les "blanches" quand la source identifiée est la vraie, les "grises" quand la source n'est pas claire, et les "noires" quand la source affichée est fausse. Mais elles doivent toujours être crédibles et dans l'idéal il faut s'appuyer sur des faits "indiscutables".

Comme au bon vieux temps du stay-behind (voir articles sur le sujet par exemple sur la France, la Belgique, l'Allemagne..), un département des Opérations Psychologiques mène des "actions de planification psychologique en utilisant des méthodes de communication et d'autres moyens dirigés vers des populations approuvées pour influencer les perceptions, les attitudes et les comportements, en relation avec l'accomplissement des objectifs militaires et politiques".

C'est moi qui ai mis en gras, parce que la question de ces "autres moyens" est importante, et il pourrait aussi bien s'agir d'armes psychotroniques. 

En tout cas, les attaques électromagnétiques sont utilisées contre des ennemis dans le cadre de conflits armés. Il n'y a qu'un pas avant de les utiliser contre une population considérée comme "insurrectionnelle".

Cet objectif affiché de manipuler et contrôler l'opinion publique, ainsi que l'esprit des individus, rappelle beaucoup la grande époque des magouilles Gladio, quand l'OTAN s'organisait avec les groupuscules d'ex nazis et d'extrême-droite pour mettre en place une stratégie de la tension destinée à renforcer l'Etat policier en Europe de l'ouest ainsi qu'à s'assurer que l'opinion rentre dans la ligne atlantiste.

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Pour cela, les médias étaient infiltrés, mais on utilisait aussi des attentats attribués à l'extrême gauche et réalisés par l'extrême droite, comme en Italie, la corruption des politiques, le trafic d'armes, de drogue, la mafia...

Aujourd'hui l'arsenal est bien plus complet: les ondes électromagnétiques peuvent être utilisées pour contrôler l'esprit humain, comme on l'a déjà vu (par exemple ici). 

"Nous devons penser à des solutions complexes à long terme et à des moyens efficaces d'influencer les grands discours importants dans un environnement très concurrentiel", explique le site de STRATCOM. En gros: il y a beaucoup d'informations qui circulent, et l'enjeu pour l'OTAN est que ses messages passent bien dans l'esprit des masses.

Un article de la revue 111 de Morpheus paru en mai 2022 explique que l'OTAN considère le cevreau humain comme un nouveau champ de bataille, au même titre que ceux de la terre, de la mer, de l'air, de l'espace et des technologies. Il est question de guerre cognitive, selon l'expression de François du Cluzel, qui dirige le carrefour de l'innovation de l'OTAN (I-Hub).

 

Des opérations psychologiques à la guerre cognitive

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En 2020 il a rédigé un rapport intitulé "Cognitive Warfare" dans lequel k'auteur nous annonce que "L'esprit humain est désormais considéré comme un nouveau domaine de guerre". En effet, avec "la surabaondance d'informations" (non contrôlées) et la technologie (notamment les messageries cryptées et les réseaux sociaux), "les capacités cognitives individuelles ne suffiront plus à assurer une prise de décision éclairée et opportune, d'où le nouveau concept de Guerre Cognitive". Mais bien-sûr, jamais il n'est dit l'OTAN utilise ces techniques, qui seraient l'apanage des "ennemis" de l'OTAN.

La guerre cognitive ou "cognitique", qui est un des grands sujets de travail de l'OTAN depuis deux ou trois ans, va prendre de l'ampleur à l'aune des nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives. Mais, si les actions de guerre cognitive ont cours depuis les années 90, l'OTAN est aujourd'hui occupée à transformer en profondeur sa stratégie d'intervention, et cela en collaboration étroite avec l'armée US. Elle donne une importance énorme aux actions de guerre non "militaires" comme la propagande et le conditionnement de "l'ennemi" en amont des conflits armés et pendant.

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"Tout utilisateur des technologies modernes de l'information est une cible potentielle. Elle vise l'ensemble du capital humain d'une nation." précise le rapport de Cluzel (en gras dans le texte original). Cluzel considère que les populations des pays de l'OTAN sont victimes d'une uerre cognitive des "ennemis de l'OTAN" (la Russie et la Chine principalement) pour saper la confiance dans le modèle atlantiste, plus précisément selon Cluzel, la "confiance du public dans les processus électoraux, confiance dans les institutions, les alliés, les politiciens..."). Comme si on avait besoin d'une guerre cognitive pour s'en méfier ...

Cette "guerre cognitive" exploite "les vulnérabilités innées de l'esprit humain, en raison de la façon dont il est conçu pour traiter l'information" et c'est devenu un business avec beaucoup de milliards à la clé. 

L'intelligence artificielle, l'économie de la donnée qui permet de cerner les comportements des individus, la neurodonnée, les neurosciences et la recherche biomédicale ouvrent des perspectives en mtière de manipulation de l'opinion et des individus.

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On va utiliser les émotions qui "limitent les capacités cognitives", les biais cognitifs connus et les failles du cerveau humain, qui sont précisées. Le cerveau :

  • est incapable de distinguer si une information particulière est juste ou fausse ;
  • est amené à prendre des raccourcis pour déterminer la fiabilité des messages en cas de surcharge d'informations ;
  • est amené à croire comme vrais des déclarations ou des messages qu'il a déjà entendus, même s'ils peuvent être faux ;
  • accepte des déclarations comme vraies, si elles sont étayées par des preuves, sans se soucier de l'authenticité de ces preuves.

Le grand enjeu sera de capter l'attention du public et d'éviter que les "ennemis" ou informations contradictoires ne le fassent. Ce qui montre l'importance de décrocher des médias mainstream, de ne pas nourrir la bête, de ne pas donner d'attention à la propagande.

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Cluzel anticipe que l'abrutissement généralisé va continuer avec le développement du numérique, ce qui est considéré comme une "oportunité": "L'une des évolutions déjà constatées est la perte de l'esprit critique directement liée à la lecture sur écran et l'incapacité croissante à lire un vrai livre. La façon dont l'information est traitée affecte le développement du cerveau, ce qui conduit à négliger les processus de pensée sophistiqués. Les cerveaux seront donc différents demain. Il est donc fort probable que nos cerveaux soient radicalement transformés dans un laps de temps extrêmement court, mais il est également probable que ce changement se fasse au détriment des processus de pensée plus sophistiqués et plus complexes nécessaires à l'analyse critique. 

Dans une ère où la mémoire est externalisée au profit de Google, du GPS, des alertes de calendrier et des calculatrices, il en résultera nécessairement une perte généralisée des connaissances qui ne sont pas seulement de la mémoire, mais plutôt de la mémoire motrice. En d'autres termes, un processus à long terme de désactivation des connexions dans votre cerveau est en cours. Il présentera à la fois des vulnérabilités et des opportunités".

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Alors que les USA, l'Europe et la Chine ont lancé de vastes programmes de cartographie du cerveau et de ses fonctions, l'utilisation de ces connaissances à des fins militaires est une certitude. Les différentes disciplines scientifiques se rejoignent d'ailleurs à travers un processus appelé "convergence scientifique intégrative avancée (AISC)".

Les armées développent déjà (et le programme MK-Ultra a montré que ça a commencé dans les années 50) des armes neurologiques qui visent le système nerveux et les capacités cognitives. Des expérimentations dans ce sens sont très certainement menées actuellement en Amérique Latine avec la DARPA.

Le rapport Cluzel poursuit: "Les produits de la recherche neuroscientifique et neurotechnologique peuvent être utilisés pour affecter :

  • la mémoire, l'apprentissage et la rapidité cognitive 
  • le cycles veille-sommeil, fatigue et vigilance ;
  • le contrôle des impulsions ; 
  • l'humeur, anxiété et perception de soi ;
  • la prise de décision ;
  • la confiance et l'empathie ;
  • le mouvement et la performance (par exemple, la vitesse, la force, l'endurance, l'apprentissage moteur, etc.).

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Dans le cadre de l'armée ou de la guerre, la modification de ces fonctions peut être utilisée pour atténuer l'agressivité et favoriser les cognitions et les émotions d'affiliation ou de passivité ; induire la morbidité, le handicap ou la souffrance ; et "neutraliser" les adversaires potentiels ou provoquer la mortalité".

Pour compléter la panoplie des actions de manipulations de l'opinion, on fait appel aux sciences sociales corrompues car en principe elles devraient servir à éviter cela. Bien-sûr, on ne dit pas que ce sera utilisé contre les populations occidentales également. 

Le rapport pointe les "défis" éthiques et juridiques évidents liés à l'utilisation de ces techniques de manipulation.

L'Innovation hub de l'OTAN collabore avec de nombreuses entreprises et centres dits de "recherche", notamment le Johns Hopkins Center [3], fidèle allié de Bill Gates et de l'appareil d'Etat US, qui a organisé plusieurs exercices "pandémie" ayant précédé le covid.

En 2021 par exemple, des étudiants de Johns Hokins ont collaboré avec le Hub pour lutter contre "la mésinformation" en définissant ce qu'est une attaque cognitive et en créant un système permettant de les repérer, de les mesurer et de les tracer. Cela, à travers un programme destiné à repérer les futurs décideurs du monde.

L'armée française a lancé fin 2021 le projet Myriade pour, selon la ministre de l'armée Florence Parly "mieux comprendre, anticiper et identifier les facteurs critiques de ce nouveau domaine potentiel de conflictualité, dans une démarche innovante impliquant plusieurs services du ministère et pouvant associer des PME et des start-ups sur la question des menaces cognitives ".

 La DARPA mène différents programmes comme REMIND, Restorative Encoding Memory Integration Neural Device, sur les mécanismes de la mémoire chez les soldats victimes de stress post-traumatique, ce qui "fait naitre des craintes de manipulations de souvenirs, implantations de faux souvenirs ou disparition de certains" souligne un article de la fondation pour l'Innovation politique.

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Nous voilà avertis: la guerre cognitive contre les populations a commencé.

 


[1] Ses premiers travaux visaient à contrer la propagande russe, à définir une doctrine de communication stratégique, à lancer des cycles de formation en communication stratégique pour les hauts fonctionnaires, examiner le rôle des réseaux sociaux...

Les premiers pays membres étaient les pays baltes, la Pologne, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas.

[2] "Les récits jouent un rôle central dans la Communication stratégique. Il est de la plus haute importance que les stratégies, les opérations et les niveaux tactiques de l'OTAN partagent une compréhension commune du terme. De plus, étant donné que la communication stratégique est une approche holistique approche de la communication, il devrait être facilement compréhensible par différentes communautés extérieures que l'organisation de l'OTAN essaie d'impliquer ou d'engager dans ses efforts de communication stratégique (par exemple les médias de masse, les organisations non gouvernementales, les universités, le secteur commercial). Par conséquent, la définition doit être aussi générique, simple, claire et applicable à d'autres domaines que possible".

[3] Cette collaboration a commencé en 2018, à l'occasion d'un challenge d'innovation organisé à Berlin par l'OTAN. Les discussions ont vite porté sur une implication du centre auprès de l'OTAN et lui soumettre des "problématiques".

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09 juillet 2022

Anneke Lucas: Un témoignage de l'intérieur sur le réseau pédocriminel belge

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Parmi les témoignages à lire si l'on veut comprendre ce qu'il se passe dans la tête des enfants victimes de violences sexuelles et de sadisme, ceux qui sont victimes de réseaux de tarés, celui d'Anneke Lucas est incontournable. C'est un livre violent, à hauteur d'une fillette de 11 ans devenue adulte malgré elle, une pièce du puzzle de l'Etat profond belge, européen, et certainement mondial.

 

Ce livre est le récit d'un traumatisme, des chocs successifs subis par cette fillette que sa mère a projetée dans les soirées glauques de la haute, comme on dit, parce qu'elle rêvait d'y avoir sa place. Sa fille a été la monnaie d'échange pour une vague considération, ni plus ni moins celle d'une proxénète d'enfant. 

Le silence résonne dans tout le livre: celui des adultes qui étaient là et participaient, celui des adultes qui l'entouraient et ne voyaient rien, celui des adultes complices qui n'ont posé aucune question devant ce couple bizarre et démonstratif, d'une gamine de 11 ans et d'un jeune type à l'air de voyou âgé de 21 ans...

Nous avions déjà parlé de l'histoire d'Anneke Lucas, qui a été une des nombreuses victimes du réseau pédocriminel belge, celui de Dutroux, celui de Nihoul et de Vanden Boyenants. Mais l'objet de ce récit est d'abord de montrer l'ampleur de la destruction, et comment tout cela se passe sans que personne voie rien, ne dise rien.

Le livre s'appelle "Quest for love- Memoir of a child sex slave" (En quête d'amour - Mémoires d'une enfant esclave sexuel), et il est publié maitenant (en anglais, avis aux éditeurs français!) parce que les gens semblent davantage prêts à entendre et à comprendre le fonctionnement de ces réseaux qui infiltrent et vérolent nos systèmes politiques, économiques, et finalement l'ensemble de la société. "Beaucoup d'autres histoires ne pourront jamais être dites parce que les victimes sont mortes", explique l'auteure.

On comprend que c'est aussi pour cela qu'Anneke Lucas a eu le courage d'écrire, réécrire et publier ce livre qui est aussi une forme de justice pour ces enfants qu'elle a vus massacrer sous ses yeux par les psychopathes de la haute, ceux du réseau qui est censé ne pas exister (on notera à ce sujet le dernier documentaire absolument inepte diffusé par Arte dans lequel il n'est même pas question du dossier bis, celui du réseau qui a été patiemment étouffé).

Car pour ceux qui me suivent ici, n'oublions pas la version officielle: Dutroux, Lelièvre et Martin étaient des prédateurs isolés et Nihoul n'avait rien à voir avec les enlèvements de mineures. Forcément: Nihoul était le pivot de l'organisation de certaines orgies, en contact à la fois avec Vanden Boyenants et les consommateurs principaux du réseau, et avec les pourvoyeurs d'enfants. Il ne fallait donc surtout pas qu'il soit impliqué. 

 

"La pédophilie des élites est le secret le mieux gardé au monde"

Rodos+1974

Anneke Lucas explique comment ce réseau a ensuite attiré des mères maquerelles, les relais du réseau comme la femme de ménage qui l'y emmenée en premier, et autres jeunes truands, fonctionnant comme un miroir aux alouettes géant. Tant de gens sont impliqués à tant de niveaux que pour préserver cette omerta qui dure encore et encore il faut un réel système de corruption. "Ceux qui font ce qu'ils font pour appartenir à l'élite sont les plus perdus, les plus immatures émotionnellement, les plus brisés, et les plus démoniaques parmi nous", écrit-elle. 

Elle décrit le comportement de gens qui sur scène s'affichaient comme des notables au-delà de tout soupçon et en coulisses violaient et torturaient des enfants allant souvent jusqu'à les tuer, le tout dans le plus parfait sadisme. On s'étonne que la société dans laquelle nous vivons soit sens dessus-dessous? Que les valeurs soient inversées ? Que les masses soient perçues et traitées de plus en plus comme du bétail?

Si on veut comprendre, la plongée dans le fonctionnement de ces réseaux est hélas nécessaire. Cela dépasse l'imagination: même dans mes pires cauchemars je n'aurais pas pu inventer les scènes décrites par Anneke Lucas et d'autres victimes de réseaux de tarés.

Et ces gens ont pignon sur rue, ces gens ont des responsabilités et NOUS dirigent, et ces gens vivent dans la plus parfaite impunité parce que la plupart des citoyens ne veulent pas voir. Il est bien plus facile de considérer qu'il s'agit d'élucubrations, n'est-ce pas. 

Anneke Lucas raconte comment sa mère, plus ou moins dans le dos de son beau-père, l'emmenait aux "soirées" contre rémunération mais surtout pour se faire bien voir des aristos du coin, totalement impliqués dans ce réseau et pratiquant la pédocriminalité et l'inceste depuis des générations, comme l'explique l'auteure. Sa mère était un personnage absolument détestable, superficiel, "morte à l'intérieur" comme l'écrit Anneke Lucas.

Enfant, elle savait que plus il y avait de personnalités à ces "soirées", plus le danger était grand. L'insécurité était énorme, lancinante, permanente. A chaque seconde lors de ces orgies, tout pouvait déraper dans l'horreur.

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Le patron du réseau et des orgies, c'était "Polo": Paul  Vanden Boeynants, qui avait été premier ministre et était alors ministre de la Défense. Les faits se déroulent entre 1972 et 1974, alors qu'Anneke était déjà depuis 3 ou 4 ans dans le réseau. Les seuls problèmes qu'a eus VDB comme il était appelé dans les médias sont des procédures pour fraude fiscale. Pourtant c'était Polo qui était le chef d'orchastre des tortures, qui se montrait le plus sadique.

Anneke Lucas explique qu'il utilisait ces "soirées" pour inviter certaines personnalités politiques ou des hommes d'affaires avec lesquels il négociait des contrats, et qu'elle-même a servi de "cadeau" lors de négociation de contrats d'armes, notamment. Les orgies pouvaient aussi être organisées pour appuyer ou couvrir divers business. Nihoul a d'ailleurs été condamné plusieurs fois pour escroqueries.

Le réseau était pyramidal et international: Polo lui-même était bénéficiaire des largesses d'un type encore plus puissant au niveau international, qui lui était un véritable sataniste. Il y avait des connexions avec de nombreux pays, Anneke a été ammenée en Allemagne, aux ETats-Unis ou en Suisse notamment.

Quant à Nihoul, il était donc dans le réseau depuis le début des années 70 et "s'est rapidement rendu indispensable comme l'intermédiaire entre les enfants victimes, les maquereaux, les pédophiles et Polo" précise Anneke Lucas. Et la description qu'elle fait de cet individu obséquieux, la manière dont il s'exprime, correspondent tout à fait au Nihoul qu'on a vu régulièrement se lamenter sur son sort dans les médias. Maintenant, il est mort, je lui souhaite le retour de manivelle ailleurs puisque la "justice" belge a été incapable de faire quoi que ce soit.

Les enfants étaient fournis par des mères maquerelles, au sens propre, comme celle d'Anneke, celle de Regina Louf, de jeunes truands qui allaient chercher des enfants dans des familles précaires ou instables, ou encore des aristocrates: "Je n'ai jamais vu d'hommes d'affaures amener leurs propres enfants aux orgies. Mais les aristocrates considèrent les relations sexuelles avec leurs enfants comme une partie de leur culture, et n'avaient aucun scupule à exposer leurs enfants à leurs rites dépravés" précise Anneke Lucas au sujet des aristocrates qu'elle a croisés dans ce réseau. Dans ces orgies, les petits aristos agissaient en tant qu'hôtes des lieux et proies sexuelles.

 

Lavage de cerveau et conditionnement

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Toute une partie du livre porte sur l'aspect psychologique, difficile à saisir, de ces violences. Anneke Lucas parle de "lavage de cerveau", d'entrainements qu'on lui a fait subir en Allemagne auprès de politiciens élevés dans le réseau. Elle a ainsi été entraînée à laisser de côté ses espoirs, ses émotions, pour avoir l'air morte intérieurement. 

C'est cela, explique-t-elle, qui lui donnait ce côté mature si recherché par les prédateurs, car il leur permettait d'oublier que c'est à une enfant qu'ils s'en prenaient. Mais cet entraînement n'a pas aussi bien fonctionné que prévu sur Anneke, car elle avait encore des émotions positives malgré les sombres délires des membres de ce réseau. Ce qui a probablement contribué à la sauver, en revanche, c'est qu'elle a réussi, à 9, 10, 11 ans, à jouer double jeu. 

2019-03-03 17_02_09-Les confessions de Michel Nihoul_ _Mon plus grand regret, c’est de ne pas avoir

L'entraînement lui a aussi appris à tuer sur ordre, sans se poser de questions. Le cerveau de la jeune Anneke était en veille en permanence, quasiment en ébullition lors des moments les plus critiques.

Elle devait comprendre ce que voulaient les psychopathes, et pas ce qu'ils disaient, tout en ne montrant pas qu'elle avait sa lucidité. La force qu'il lui restait et que d'autres n'avaient pas était qu'à un moment, elle avait pensé qu'elle avait le droit d'être aimée.

Il y avait une gradation dans l'horreur et des violences, lors de ses premiers pas dans le réseau vers 6 ans elle a été envoyée des week-ends chez un couple de pédos et on a commencé par lui montrer le cadavre d'une jeune femme qui avait été torturé. Puis sa mère l'a emmenée elle-même aux orgies, faisant toujours comme si de rien n'était au retour, voyant même sa fille de 10 ou 11 ans comme une rivale en termes de sex appeal et de réseau relationnel.

Les premières violences étaient destinées à lui faire comprendre qu'elle ne valait rien dans le réseau, qu'on pouvait la tuer avec ou sans raison.

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Dans son souvenir, c'était devenu pour elle un réflexe de savoir comment satisfaire sexuellement les hommes, de savoir quelles pratiques ils voudraient.

L'objectif était qu'elle puisse les faire parler et tout répéter à celui qui la "possédait", un membre élevé du réseau qui la modelait pour en faire une esclave sexuelle star du show biz, capable de séduire des hommes puissants et de rapporter leurs secrets à son "propriétaire".

Sa carrière était tracée.Une cérémonie qui commençait par une "performance" devant des proches du grand chef triés sur le volet, des stars, des intellectuels, "la crème du réseau", a même été organisée. "La partie suivante de l'événement m'a mise face au terrible prix que j'aurai à payer pour cette célébrité, une action pour sceller ma place dans le culte secret des élites mondiales. Même si je n'avais pas encore 10 ans, et même si je n'avais pas d'autre choix que de réaliser cette action, j'ai réalisé que c'était un prix trop élevé à payer", écrit Anneke Lucas.

Ce week-end là, Anneke a du mettre en application son entrainement auprès de personnalités politiques.

2022-07-09 21_19_14-(219) Patrick Haemers - Interview Part 3 fin - YouTube - Opera

Les enfants dans le réseau étaient "dressés" à devenir de vrais petits sadiques. Lors d'une soirée, Nihoul leur montrait comment couper, entailler, écorcher pour faire le plus mal. Il a aussi organisé un repas où les restes des victimes étaient servis aux enfants pour les terroriser, et aussi pour punir Anneke d'avoir dit à quelqu'un après deux jours de violences sans manger qu'elle avait faim.

Au-delà des critiques et du dénigrement permanents, des pulsions suicidiaires lui avaient été implantées lors d'une session spéciale d'entraînement à l'étranger, où Anneke se rappelle être attachée à une table médicale dans un laboratoire, avec deux types en blouse blanche qui pratiquaient des actes sexuels et Polo lui hurlant en boucle qu'elle ne méritait pas de vivre si un homme la laissait tomber.

Et c'est ce qu'il se passait, de manière en fait automatique, dans ces circonstances.

La relation qu'elle avait avec un jeune de 21 ans, Patrick, montre aussi la perversité de ce milieu. Pédophile, violent, il avait lui-même été victime de son père et sa mère. Anneke avait 11 ans, et cette "love story" qui ne pouvait pas en être une a tout de même permis à Anneke de sortir du réseau.

C'est en la menaçant de mort lors d'une soirée que Polo a pu obliger Patrick à travailler pour lui en échange de la vie d'Anneke. Patrick, qui l'a avertie des heures sombres que la Belgique allait traverser et l'a enjointe à quitter le pays dès qu'elle le pourrait, était ce braqueur dont le nom revient dans l'affaire des tueries du Brabant, Patrick Haemers. 

Ce livre est violent parce qu'on entrevoit l'état d'impuissance dans lequel étaient Anneke et les autres enfants. On comprend aussi à quel point un enfant est capable de s'adapter à tout, même à l'inimaginable. Bien-sûr les blessures physiques et psychiques restent, mais ces enfants, de l'extérieur, pouvaient sembler normaux bien qu'un peu tristes pour certains.

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Le chemin parcouru par Anneke Lucas, qui fut compliqué, est impressionnant. Depuis plusieurs années elle dénonce le développement de la prostitution de mineurs, apporte ce qu'elle peut à ceux qui en ont besoin avec le yoga notamment, parle de son histoire... Ce livre est courageux, aussi pour l'introspection et le recul qu'il a nécessité. Il a fallu faire un sacré chemin pour écrire un livre qui expose aussi bien les mécanismes d'emprise et de conditionnement.

Au-delà de contribuer à établir la vérité sur le volet "réseau" de l'affaire Dutroux, ce livre est surtout un document qui éclaire le fonctionnement de certaines élites dont les noms ne sont pas cités mais qui occupent des positions-clés dans la société, ogres qui dévorent l'enfance. Anneke Lucas lance aussi un appel à travers ce livre à faire attention au monde que ces gens modèlent pour nous, et finalement à cultiver les valeurs humaines telles que la liberté et l'empathie.

 

Le blog d'Anneke Lucas: https://annekelucas.com