donde vamos

25 février 2017

Un article du Figaro parle du traitement judiciaire des enfants victimes et des parents protecteurs

2017-02-25 12_24_02-DébutPour une fois, on a pu lire dans Le Figaro un article pertinent sur la manière dont la justice traite les enfants victimes et les parents qui tentent de les protéger, via un recours quasi systématique au SAP, le fumeux syndrome d'aliénation parentale du pédophile Richard Gardner.

Le journaliste a interviewé deux mères dont le récit me rappelle les dizaines d'autres déjà entendus, et que nous connaissons tous ici. Il a aussi donné la parole à un avocat et à des spécialistes, qui dénoncent le non respect des droits élémentaires des enfants et la quasi impunité des pères agresseurs.

 

L'article est réservé aux abonnés mais il a été diffusé sur le web. Dans un pays où 98% des signalements pour des abus sexuels commis sur les enfants sont  classés sans suite, cet article est salutaire. Il montre la réalité, loin des discours idéologiques et victimaires des lobbys de pères perchés, souvent teintés de relents misogynes.

Aujourd'hui ces mères n'ont pas de solution. Il n'y a aucun moyen d'être certain qu'une enquête sera déclenchée après une plainte. Il n'y a aucun moyen juridique pour protéger ces enfants quand les agresseurs contre attaquent et parlent d' "instrumentalisation", nient les faits et veulent la destruction de leur ex.

On en est là et le problème a pris des proportions insupportables. Comme une cocotte minute, il est à craindre que le couvercle finisse par sauter, et cela très violemment. Il y a trop de victimes non reconnues, trop d'impunité, pour que notre société s'en tire sans payer sa dette.

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24 février 2017

Angleterre: l'ex 1er ministre Ted Heath était-il un pédophile tueur d'enfants?

2017-02-21 20_54_39-NouvheathLes affaires de pédophiles VIP en Angleterre sont étouffées, depuis plusieurs mois les victimes sont décrédibilisées, surtout si elles parlent de réseau, de meurtres ou même de rituels sataniques. Mais l’un des politiciens cités à de nombreuses reprises, défendu par ses pairs, revient dans l’actualité. Des victimes affirment en effet qu’Edward Heath, premier ministre au début des années 70, était pédophile et le relient à un culte obscur.

 

On a déjà eu l’occasion de parler de "Ted" Heath sur ce blog, car son nom revient dans plusieurs dossiers, dont celui des orphelinats de Jersey ou l’affaire Jimmy Savile. Mais, aucune investigation (quand il y en a eu) n’a mené à la découverte de preuves. Et l’establishment a défendu bec et ongles l’ex premier ministre, décédé il y a une dizaine d’années sans avoir jamais été inquiété.

En 2015, on apprenait que pas moins de sept forces de police devaient enquêter sur Heath. Ce qui ne manque pas de piquant, c’est que l’équipe qui pilotait ces investigations a justement été mise en cause pour corruption, en raison de la disparition de plusieurs preuves dans des enquêtes concernant des abus sexuels commis par Heath sur des mineurs, dans les années 90.

 

2017-02-21 21_06_50-Ted Heath was a 'shy gay man' but not a paedophile, claims former madam - TelegrL’affaire du bordel gay

A en juger par la succession d’affaires à l’occasion desquelles il a été cité, Edward Heath a bénéficié de soutiens solides. Beaucoup d’amis sont montés au créneau pour défendre son honneur. On a même dit qu’il était asexuel. D’autres ont dit qu’il était gay, notamment après qu’il ait été mis en garde par les renseignements au sujet de ses petits tours dans les toilettes publiques à la recherche de jeunes types.

Dans les années 90, une maquerelle a été poursuivie pour avoir prostitué des mineurs auprès, notamment, de politiciens. Mais il a été dit que ce procès avait été détourné afin de ne pas mettre en cause Edward Heath, à qui la maquerelle avait promis de ne pas ternir la réputation.

La maquerelle, Madame Ling-Ling, s’en est très bien tirée : après avoir menacé d’exposer différentes personnalités politiques et en particulier Edward Heath, les poursuites à son encontre ont été abandonnées. Heath n’a même pas été entendu dans cette affaire, alors que son nom a été rapidement cité par des victimes. En 2015, une enquête a été ouverte par la commission sur l’étouffement des affaires des pédophiles VIP (Independent Police Complaints Commission) sur l’abandon des procédures contre la maquerelle.

D’après sa sœur, Madame Ling Ling connaissait un certain nombre de « politiciens et célébrités », et elle-même a déclaré que ses visiteurs étaient des « acteurs, présentateurs de JT, député, avocats, juges et traders ».

Son bordel se trouvait près du domicile de Heath à Salisbury. Elle a déclaré qu’elle organisait des rendez-vous pour Heath avec des jeunes types de 21 à 30 ans, majeurs bien-sûr. Elle a quand-même été condamnée en 1995 en raison de son activité, mais surtout parce que des gamines mineures, parfois âgées de 13 ou 14 ans, y étaient prostituées. Ling Ling récupérait des ados en fugue ou placées dans des foyers et en faisait des « call girls ». Après sa peine de prison, elle a recommencé à organiser un réseau de prostitution à Salisbury, et a été condamnée une deuxième fois en 2009, à 5 ans de prison.

Apparemment, elle notait les noms de tous les visiteurs dans des carnets, qui sont entre les mains de la police. Mais ces noms restent secrets.

En 2012, le député Tom Watson, qui a tenté de mettre sur le tapis la question des réseaux VIP, a dit avoir eu des informations impliquant Heath dans des activités pédophiles.

 

L’affaire de Jersey

Ted-Heath-Morning-Cloud-650En 2015, une enquête autour des abus sexuels commis par différentes personnalités sur des enfants des orphelinats de Jersey s’intéresse aussi à Ted Heath, qui figure parmi les suspects [1] au même titre que Jimmy Savile et 55 autres personnes dont 16 notables. Savile a toujours nié avoir mis les pieds à Jersey, mais des photos prouvent le contraire et l’inspecteur qui a mené le début de l’enquête sur l’orphelinat Haut-de-la-Garenne pense qu’il y a violé des enfants.

Michael Shrimpton, avocat et juge très très à droite, et qui a beaucoup dénoncé l’ingérence allemande dans la vie politique anglaise, ce qui lui valut d’être taxé de conspirationniste et d’être même condamné pour détention de pédopornographie[2], a aussi dénoncé publiquement Edward Heath. Il a affirmé que Savile lui fournissait des enfants, à Jersey mais pas seulement. Shrimpton a affirmé que les enfants étaient violés sur le yacht de Heath et que certains ont été assassinés et jetés à la mer.

A ce sujet, il y a le témoignage, diffusé dans la presse, d’une femme qui déclare avoir vu 11 enfants monter sur le yacht de Heath à Bouley Bay, mais seulement 10 en revenir quelques heures plus tard. Linda Corby situe cela au début des années 70 : « J’étais avec le sénateur de Jersey Ralph Vibert, qui est décédé depuis. Il disait qu’il a été averti au sujet d’enfants qui montaient sur le yacht de Heath, le Morning Cloud, et dont certains ne revenaient pas. On regardait quand un groupe de garçons de l’orphelinat sont montés ». Linda Corby est revenue un peu plus tard avec le sénateur pour regarder le retour du yacht « on a de nouveau compté les enfants mais un garçon manquait ».

Les deux se sont immédiatement rendus à la police pour signaler les faits. Quelques jours plus tard, des officiers leur ont dit que « quelqu’un au-dessus » leur a dit de ne pas enquêter. De fait, la déposition de Linda Colby et du sénateur Vibert a été « perdue », a annoncé la police.

Le yacht a coulé en 1974 lors d’une tempête, et deux hommes de l’équipage se sont noyés.

C’est aussi en 2015, quand l’enquête sur Heath a été rouverte, que la police a appelé des victimes éventuelles de Heath à se faire connaître.

 

2017-02-21 20_59heathram ManagerLe Paedophile Information Exchange et le Kincora Boys home

On a déjà parlé de ce réseau pédophile tout à fait officiel, qui militait pour l’abaissement à 4 ans de la majorité sexuelle dans les années 70, et regroupait de nombreux pédophiles condamnés, ainsi que du gratin du parti conservateur, qui a permis de le financer en partie.

Le machin a été démantelé suite à plusieurs arrestations de membres du Paedophile Information Exchange. Heath a assisté à au moins 6 réunions du Paedophile Information Echange à Westminster.

Le PIE a été créé par plusieurs pédophiles dont Peter Righton, qui était la sommité du pays en matière de prise en charge des enfants victimes, consultant pour le National Children’s Bureau. Il conseillait même le gouvernement sur les politiques à mener en matière d’orphelinats et de protection de l’enfance, et a beaucoup écrit sur la prise en charge des enfants tout en défendant sa théorie selon laquelle le sexe avec des mineurs n’est pas forcément un drame.

Righton n‘a été mis à jour que très tard, dans les années 90, et est mort en 2007. Lui aussi a été protégé, des enquêtes n’ont pas été menées malgré des preuves [3].

C’est à cette époque qu’un homme affirme avoir été violé par Heath à son domicile de Myfair, après avoir été embarqué alors qu’il faisait du stop.

On sait aussi que Heath a été cité parmi les visiteurs du Kincora Boys Home, à Belfast, où un réseau pédophile lié au MI5 faisait venir diverses personnalités pour se taper des garçons mineurs. L’enquête sur le Kincora vient d’être close pour la deuxième fois, sans aboutir à la conclusion que le MI5 était impliqué.

Or, un agent des renseignements militaires qui a enquêté sur le réseau du Kincora déclare que Heath venait régulièrement et que des viols d’enfants étaient commis dans ce foyer pour ados.

 

La contre-attaque

0E420C0200000514-3977100-image-a-78_1480294478231Depuis quelques mois, les médias s’en prennent aux victimes qui ont parlé, comme « Nick », qui dénonce plusieurs meurtres d’enfants commis par le réseau de politiciens. Mais concernant Ted Heath, les dénégations ne sont plus crédibles, d’après certains policiers.

Où l’on rouvre la boîte de Pandore, avec l’accusation de participation à un réseau à la fois pédophile et satanique. Accusation réfutée en bloc par un spécialiste de la police (devenu une femme récemment) qui dit qu’il ne faut surtout pas prendre cela au sérieux. Le « Dr » Richard Hoskins (devenu Rachel Hoskins) déclare en effet que ces accusations relèvent des « faux souvenirs », cette théorie bidon inventée par un pédophile et développée par la CIA via la False Memory Syndrome Foundation afin de lutter contre la vague impressionnante de témoignages pointant des réseaux de type satanique et des abus rituels, qui a eu lieu dans les années 80 aux USA et en Angleterre [4].

« L'enquête Heath repose, comme l'enquête VIP de Westminster, sur une imagination suractive », tout cela relève de la « fantaisie », a ainsi tranché le « Dr » qui, pourtant, n’a eu accès qu’à une petite partie des éléments récoltés par les enquêteurs.

Quant à Heath, le principal argument avancé pour sa défense était qu’il ne conduisait pas et était constamment accompagné d’un policier, or plusieurs de ses victimes ont déclaré qu’il les a agressées dans sa voiture. Mais il se trouve que cette semaine, des photos de Heath au volant de sa voiture sont venues contredire cet argument.

Pour Hoskins, finalement, les seuls abus rituels qui existent sont de type vaudou commis par des Noirs. Pas d’abus sataniques en Angleterre, ni nulle part, malgré des dizaines de témoignages.

 

 

1411680864575_wps_6_Prime_Minister_Edward_TedLes accusations

Même si les accusations contre Heath sont livrées au compte-goutte, plusieurs victimes ont parlé à la police et à la presse[5]. Parmi elles, une femme déclare que Heath était en lien avec un réseau pédophile qui pratiquait des "orgies sataniques" et poignardait des enfants dans des églises. Cette femme "aurait des liens" avec une autre victime, « Nick », depuis très longtemps : selon Hoskins, leurs pères ont travaillé dans la même communauté. Rien ne prouve qu’ils se soient croisés mais pour Hoskins les deux témoins se seraient influencés mutuellement.

Nick, lui, ne parle pas spécifiquement de pratiques sataniques mais de meurtres d’enfants commis au cours de partouzes qui se sont déroulées à Londres, notamment au Dolphin Square, un complexe d’appartements de luxe.

Nick déclare avoir vu Heath au Dolphin Square, et même que c’est Heath qui lui a évité de se faire émasculer par Harvey Proctor, autre politicien mis en cause depuis des lustres, mais qui se défend d’avoir commis des actes pédophiles.

Il y a également trois femmes qui ont dit à la police que leurs parents étaient membres d’un groupe occulte, que Heath était un de leurs amis et qu’il était présents lorsqu’elles étaient abusées. L’une de ces femmes a raconté une cérémonie qui s’est produite dans une forêt où des chandelles étaient posées et des symboles dessinés au sol.

A ces témoignages, Hoskins, décidément d'une rare pertinence, a dit qu’aucune disparition d’enfant n’avait été signalée à cette période, pouvant corroborer ces propos. Faut-il préciser que les enfants massacrés lors de ce type de rituel n’ont généralement pas d’existence légale dans le pays ? Ils sont importés de l‘étranger, pris dans le réseau et n’ont jamais été déclarés, ou ils sont fugueurs.

3AC9D2AF00000578-3974750-image-a-20_1480201892692Hoskins trouve aussi impossible que les membres du culte aient ramené des enfants pour être témoins de ces meurtres. Là, Hoskins ferait mieux de réviser un peu : la présence de mineurs à ce genre de cérémonie fait partie de leur conditionnement dans le culte.

Pour Hoskins, puisqu’on n’a pas de preuves matérielles, tout cela est faux. Ce raisonnement simpliste est également dangereux : on n’a presque jamais de preuves matérielles des viols, et encore moins de l’existence d’un réseau, à plus forte raison s’il est de type satanique et que parmi ses membres on retrouve des VIP. C’est cela, la réalité.

Hoskins pointe aussi le manque de détails donnés par les victimes ; rappelons que si ce qu’elles disent est vrai, ces personnes ont subi des chocs traumatiques qui érodent voir effacent la mémoire, particulièrement celle des "détails" (lieux précis, noms, dates…). Hoskins est donc ignare ou de mauvaise foi.

Heureusement, la police a quand-même continué ses investigations sur Heath, dans le cadre de l’opération Conifer.

Parmi les témoignages, une femme (appelée « Lucy X ») a raconté qu’à l’âge de 10 ans, elle a kidnappé dans un village appelé Tidworth un gamin dans sa poussette, afin de le donner en cadeau à son père. Celui-ci l‘a ramené dans une église où, selon le témoin, l’enfant a été dénudé, mis sur l’autel, violé et étranglé jusqu’à la mort.  « C'est une histoire incroyable, même absurde », commente Hoskins, qui accuse dans la presse les thérapeutes de ces témoins de leur avoir inculqué des souvenirs bidons. Surtout l’un de ces témoins, dont les propos auraient été recueillis sous hypnose.

C5I9otQUMAARrtkLucy X avait déjà dénoncé ce meurtre rituel en 1989, au moment où plusieurs affaires liées à des pratiques sataniques et pédophiles ont défrayé les chroniques. A l’époque, les flics n’avaient pas jugé utile d’ouvrir une enquête.

Hoskins, comme la plupart de ceux qui dénoncent les enquêtes sur les VIP, pointe le coût de l’enquête, qui s’élèverait à plus de 2 millions de livres. Certes, mais combien ont coûté les dégâts causés par ces tarés depuis 40 ans ?

Le 20 février 2017, le Daily mail nous parle d’un "groupe de femmes [qui] déclarent qu’Edward Heath a abusé d’elles lorsqu’elles étaient enfants et que leurs parents sont impliqués dans plus de 16 meurtres".

"Elles disent que le culte a régulièrement abattu des enfants lors de sacrifices rituels dans les églises et les forêts autour du sud de l'Angleterre, et ont également participé à des cérémonies similaires en Afrique", dit l’article.

La mère et le père de ces femmes, qui connaissaient Heath, étaient selon ces femmes responsables de l’abattage d’enfants, aussi bien des bébés que des adolescents, et auraient toujours échappé à la justice.

Plusieurs fois, des accusations ont pointé Heath comme étant lié à un groupe de satanistes. Un témoignage (invérifiable) dit que Heath et Harold Wilson (autre ex 1er ministre) ont été placés au poste de Premier Ministre par ces satanistes, en l’occurrence lord Boothby et Tom Driberg. Selon ce témoignage, Heath était le plus haut sataniste à parvenir au poste de Premier ministre.

Il se serait baladé du côté d’un bois à Clapham dans le Sussex, pour des rituels. Comme la famille royale, Heath et Wilson ont sacrifié des enfants, et Heath appréciait beaucoup cela, toujours selon ce témoignage.

Il y a aussi cette liste des membres d’un groupe de satanistes, rédigée d’après les témoignages de plusieurs survivants, sur laquelle figure le nom de Ted Heath. Au moins cinq victimes d’abus rituels l’ont cité, alors qu’elles ne se connaissaient pas entre elles.

Sur le net, on trouve également un texte qui évoque le témoignage d’une femme, autour d’un réseau satanique. Elle parle d‘orgies dans des églises, de gens avec des costumes et des masques, de références à Baphomet. Elle a décrit un meurtre rituel d’un garçon de 6 ans, violé par un politicien d’Irlande du Nord puis égorgé. Parmi ses agresseurs, elle cite Ted Heath. Le type qui écrit cela, un certain "Bruce Fleming", dit que le nom de Heath revient sans cesse dans les témoignages de victimes d’abus sataniques en Angleterre.

Fleming évoque aussi le témoignage d’une autre femme, mariée à un sataniste et victime elle-même depuis l’enfance, qui aurait été présente lors d’un rituel au début des années 70, où Heath se trouvait aussi. Sauf que là, elle aurait expliqué avoir vu Heath se transformer[6]. On a donc de tout autour de l'histoire de Ted Heath sataniste et tout n'est pas à prendre au premier degré.

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imgID52820357Le policier en charge de l’enquête sur Heath, Mike Veale, affirme avoir subi des pressions pour clore l’enquête il y a quelques mois, au même moment où les enquêtes sur Leon Brittan (mort opportunément début 2016) ont été abandonnées. Si au départ la police mettait en doute ces accusations, Veale pense aujourd’hui que les accusations contre Heath sont fondées et parle dans la presse pour donner son point de vue, espérant sans doute faire pression sur sa hiérarchie par médias interposés.

Selon Veale, les différents témoignages se recoupent : les mêmes noms, les mêmes lieux et le même type de faits reviennent. Il affirme aussi que les témoins ne se connaissaient pas. Bref, le tout est crédible, même si on peut s'attendre, comme toujours, à un manque cruel de preuves matérielles. D'autant que les dossiers, avec les témoignages et les éléments d'enquêtes, ont une fâcheuse tendance à disparaître.

 


[1] En effet, Heath baladait son yacht du côté de Jersey. Il y venait aussi en compagnie de son ami Jimmy Savile et, selon des témoignages, emmenait des enfants des orphelinats sur son yacht, le Morning Cloud. Par ailleurs, heath a été l’un de ceux qui ont fait pression pour que Savile soit décoré et anobli, alors que beaucoup freinaient en raison des rumeurs persistantes comme quoi il violait des mineurs.

[2] Shrimpton dit pour sa part que ce seraient les services secrets qui lui auraient mis ces contenus dans son ordinateur. On ne le saura jamais, mais il est clair que cette technique est parfois utilisée par les renseignements.

[3] Notamment, du matériel trouvé lors de son arrestation en 1992 pour avoir détenu de la pédopornographie, montrait qu’il était au centre d’un véritable réseau pédophile.

[4] Cette théorie bidon est également véhiculée en Europe par un certain Hubert Van Gijseghem, un psy qui est venu dire au procès de Daniel Legrand (affaire Outreau) à Rennes en 2015 que les trois victimes, reconnues comme telles lors de précédents procès, avaient des "faux souvenirs". Diagnostic posé sans avoir vu une seule de ces victimes, et qui a servi au parquet à jeter le bébé avec l’eau du bain, afin d’acquitter l‘accusé. Van Gijseghem est, hélas, très actif dans la "formation" des magistrats et professionnels de l’enfance, et témoigne à de nombreux procès de pédophiles.

[5] Une quinzaine de victimes avait porté plainte contre Heath en décembre, on serait désormais à une trentaine identifiées par les services de police.

[6] Plusieurs personnes qui ne sont pas folles m’ont dit avoir assisté à ce genre de scène. Le sujet est complexe, et ce genre d’affirmation décrédibilise le discours. Mais il faut aussi se demander s’il n’y a pas une explication plus "rationnelle" à cela, peut-être en raison de prises de drogues ou d’une forme d’hypnose.

 

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04 février 2017

Les fake news, ou le procès en sorcellerie du XXIe siècle

2017-02-04 16_04_51-donde vamosLe Petit Journal (pardon, "Quotidien"), passé chez TF1, semble être agacé en ce début d’année par ce que d'aucuns appellent les fake news, c’est-à-dire les fausses informations. Voilà un passionnant sujet. Il faut savoir que la médiasphère considère ceux qui croient à ces fakes news comme membres de la "fachosphère". Oui, mais c’est quoi les fakes news, autrement appelées "théories du complot"? Et c’est quoi, leur problème ?

Selon bartez et ses invités sérieux qui reviendront sur le plateau, "2017 sera l'année des fake news", alors commençons l'année avec un point sur ce phénomène qui a l'air terriblement dangereux.

 

Je signale tout d’abord que selon le journal subventionné L’Express, ce blog est "complotiste" et se trouve en 7e position dans leur classement des sites "à consulter avec précaution". Et selon l'application du Monde sortie tout récemment, ce blog est gratifié d'un tampon rouge car il "diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs".

Ce journal fait donc cette recommandation: " Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information". Je ne sais pas sur quels critères ils se basent, puisque aucun argument n'est avancé. Enfin bref, vous voilà avertis: si vous ne trouvez rien dans les médias commerciaux pour corroborrer ce que j'écris, c'est que ce blog dit n'importe quoi.

2017-01-04 20_54_58-Conspirations, rumeurs, parodies_ l'annuaire des sites _d'infaux_ - L'Express -Quant à l'Express, s'il m'a classée dans son tableau, c'est parce qu'il a pris pour référence un site "anticomplotiste" qui prend pour argent comptant aboslument toutes les versions officielles y compris celle sur la mort de Kennedy [1] malgré la sortie de moult archives confirmant ce qui a été alors qualifié de "rumeur".

Depuis quelques mois, la lutte contre les "fausses informations" semble être devenue une priorité: on voit les articles fleurir, les interviews de savants anticomplotistes se multiplier, de même que les titres ridicules des médias commerciaux, pour attaquer ces "Infaux" comme diraient nos amis de L'Express. Cette notion est même devenue centrale dans la réthorique de Trump et des médias qui le critiquent.

Le fait qu'une grande campagne de propagande ait été lancée, y compris en france, est pour moi une évidence, tant la grande majorité de ces médias (tous pronant l'ultralibéralisme, défendant la guerre en Syrie, après celles de Libye, d'Irak, d'Afghanistan et d'ailleurs, défendant systématiquement le point de vue américain, l'Europe, l'euro, les intérêts des accumulateurs de capitaux en tous genre etc.) a l'air de nous chanter son couplet en choeur. On devine même comme une certaine angoisse dans cette propagande aux relents de délire paranoïaque.

Le 5 janvier dans l'Obs: "FakeNews, l'engrenage infernal de la désinformation". Les Echos, le même jour: "Ça se passe en Europe : les "fake news" ébranlent l'Allemagne"

Où l'on apprend même, par exemple, que "L'Italie veut créer des agences capables de bloquer les fausses informations sur le web", selon Numerama, ou encore que, selon RT, "L’Allemagne créerait un centre de la défense contre de fausses informations avant les législatives". Le Monde nous explique de son côté que "Le Brexit et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche annoncent, selon certains observateurs, l’entrée dans une "ère de la politique post-vérité" dans laquelle le vrai et le faux se valent quand ils se côtoient dans les timelines des réseaux sociaux".

On voit même apparaître de nouvelles expressions, comme "post-vérité", qui serait un synonyme de "fausses informations" parce que les gens goberaient n'importe quoi sur internet [2].

2017-01-07 15_29_01-Nouvelle notificationDe son côté, le gouvernement a lancé en février 2016 un site internet sobrement intitulé "On te manipule", doublé d'une campagne publicitaire du même nom, à la télé et sur Youtube notamment.

Outre le fait qu'elle est absolument ridicule, cette "campagne" n'a aucune chance de faire peur sur les théories dites du complot tant elle fait l'amalgamme entre des infos qui n'ont rien à voir.

Un comédien ventripotent y incarne deux personnages: l'un devant son ordinateur qui évoque des infos comme le 11 septembre, et l'autre dans son cannapé, qui lui explique que les sites genre "wikicomplot" c'est pas sérieux et qu'il faut vérifier ses infos. Mais pas sur les "sites complotistes", car ils reprennent tous leurs infos les uns des autres.

Bref, on comprend qu'en fait, si les médias commerciaux et/ou les autorités ne valident pas une info, c'est qu'il s'agit d'une fausse information ou d'une théorie du complot.

"Incapable de faire la démonstration rigoureuse de ce qu’elle avance, la théorie du complot accuse ceux qui la remettent en cause d’être les complices de ce groupe caché. Elle contribue à semer la confusion, la désinformation, et la haine contre les individus ou groupes d’individus qu’elle stigmatise", nous explique le site gouvernemental.

Puis, on nous donne les "7 commandements de la théorie du complot", à savoir:

  1. Derrière chaque événement un organisateur caché tu inventeras
  2. Des signes du complot partout tu verras
  3. L’esprit critique tu auras… mais pas pour tout
  4. Le vrai et le faux tu mélangeras
  5. La cohérence tu oublieras
  6. Le "millefeuille argumentatif" tu pratiqueras
  7. La charge de la preuve tu inverseras

2017-01-07 15_42_58-DébutLe principal problème avec cette liste à la Prévert, c'est que tous ceux qui sont qualifiés de complotistes ou de conspirationnistes ne rentrent pas dans ce cadre, loin de là. Beaucoup avancent des arguments, effectuent des recherches, critiquent les différentes sources, qu'elles soient officielles ou pas.

Le site du gouvernement renvoie vers quelques articles issus de sites "anti complotistes" dont les arguments m'épatent par leur pauvreté. Ainsi, dans un article intitulé "Attaques du 13 novembre : les ressorts fragiles des théories du complot", on tente de démonter les arguments les plus stupides sur les attentats du 13 novembre, sans apporter un seul argument factuel. Pourtant, il devrait y en avoir, si tout est aussi clair qu'on nous le dit dans ces attentats.

On peut considérer que la charge de cavalerie est lancée contre les fameuses "théories du complot". Je dirais qu'en réalité cela a vraiment commencé il y a un an ou deux, mais les choses semblent s'être accélérées depuis que la guerre en Syrie tourne clairement au désavantage des US et de leurs amis, il y a six mois environ, et depuis que la Turquie est quasiment passée en dictature, s'opposant de plus en plus à Washington. Quand plein d'infos ont commencé à arriver jusque chez nous depuis des médias Russes et proches de la Russie, aussi.

En face, Beppe Grillio, le leader du parti italien "5 étoiles" (détesté par nos médias officiels), "propose des jurys populaires pour lutter contre les "fake news" des médias de masse". Les initiatives sont ouvertes afin de poser le débat sur ce qu'est une "fake news", débat qui promet d'être riche et animé...

 

2017-01-04 22_35_18-Les trolls de Poutine ont-ils donné un coup de pouce à Fillon _ - 22 novembre 20Contre-offensive et écrans de fumée

Hillary  Clinton demandait à ce que les Facebook & Co contrôlent la diffusion des "fausses informations" pas plus tard qu'il y a un mois, et quelle chance: FB vient d'exaucer son voeu. Même chez nous, pendant la primaire à droite, Juppé a accusé Fillon d'être aidé par des Russes pour diffuser de fausses infos contre lui via les réseaux sociaux.

Le 23 janvier, France 24 nous apprend que "des scientifiques planchent sur un "vaccin"" contre les "fausses informations" [3 - je vous invite à lire cette note de bas de page!]. Le 25, Le Monde "lance une offensive contre les fausses informations sur internet", avec un moteur de recherche qui s'appelle Decodex et qui dit si un site ou blog est fiable ou pas. Il est cependant dommage qu'ils ne visent qu'internet, car on serait ravis que la traque s'étende aux infos véhiculées sur les supports papier, télé et radio également.

Cette application du Monde est la suite logique de la liste de l'Express, et vise les mêmes sites et blogs. Le quotidien dit "de référence" (mdr) cherche aussi à redéfinir la notion de "fausse information". Selon eux, il ne "faut plus parler de fake news" car il s'agit d'une expression "fourre-tout" (on ne leur fait pas dire).

Le 27 janvier, on apprend que c'est Google qui "bloque 200 sites diffusant de fausses informations". Que faut-il comprendre?

Selon bartez, le présentateur du Petit Journal [4], il faudrait "tuer dans l’œuf" lesdites fake news, ce qui, comme par hasard, est aussi la priorité de la mère Clinton, qui a rebondi suite à l'affaire dite du "Pizzagate", sur laquelle j'ai tenté de faire un point en expliquant par ailleurs qu'elle risquait d'être un prétexte pour censurer le web et les réseaux sociaux dès lors qu'une parole dissidente considérée comme menaçante y est diffusée.

L'histoire du "pizzagate", c'est que des gens ont pisté et dénoncé sur Internet le patron d'une pizzéria de Washington, qui est proche du parti démocrate. Le truc a moussé sur les réseaux sociaux, car des éléments assez inquiétants souvent assez orientés pédophilie, ont été été trouvés par ces internautes, il faut bien le dire.

Lesdits internautes sont à l'origine des fans de Trump, cela doit être précisé. Et leur véhémence dans la manière dont ils attaquent le clan démocrate ne les sert pas.

Le "pizzagate" est cité en exemple par une journaliste sur le plateau de l'émission de Bartes, comme l'archétype de la fake news qui finit par avoir des conséquences dans la vie réelle, comme l'avait dit la mère Clinton, car en effet un type s'est pointé armé dans la pizzeria incriminée afin d'y libérer les enfants qu'il pensait y être retenus.

2017-01-04 21_18_45-Nouvelle notificationLa journaliste présente l'affaire de telle manière qu'on ne peut pas la prendre au sérieux une seule seconde : "Le directeur de campagne d'Hillary Clinton serait le grand manitou d'un réseau pédophile basé dans la cave de cette pizzeria de Washington", dit-elle en montrant des images de ladite pizzeria.

Mais dans cette affaire, qui vise les puissants en général et le clan démocrate en particulier, on a aussi des emails assez spéciaux du conseiller de Clinton, John Podesta, qui ont l'air d'être codés et eux aussi orientés pédophilie. 

Le tout avec un arrière fond où on sent des références satanistes, voire des imitations de cannibalisme au cours de soirées de tarés. Bref, le temps de démêler les infos vérifiées comme celles que je viens de donner, et les centaines d'infos à vérifier plus ou moins hallucinantes et aberrantes, il y en a pour un bon moment.

En tout cas, tous les sites anticomplotistes se sont bien amusés à prendre cette histoire à la dérision. Moi je maintiens qu'il y a une part de vérité dans ce que disent les internautes, et que celle-ci devrait être démontée, si jamais elle devait l'être, avec des arguments de raison et pas d'autorité, du genre "c'est faux". Ou alors, les gens peuvent se rassurer car selon TF1 "tout est faux" dans cette histoire.

On a à peine le temps de suivre, que voilà un autre dossier dans le genre du pizzagate, là une histoire commence sur à se répandre sur le net, mais celle-ci est encore plus énorme que celle du pizzagate. Tapez le dièse (ou hastag pour les anglophones) #OccupyTheGetty sur Twitter pour voir.

La suite de l'émission de Bartes est à l'avenant: on nous explique que ces fakes news, en france, sont le fait de "la fachosphère" (comprendre: ceux qui pensent de travers), et on nous montre l'exemple d'un site d'extrême droite qui a donné une info un peu trop résumée sur Vincent Peillon. Puis vient la question cruciale: "comment reconnaître une fake news ?".

 

2017-01-07 13_35_15-DébutQuand l' "anticomplotisme" confine au ridicule

La manière dont sont généralement présentés les arguments des complotistes pose question: nous prend-on pour des débiles, ou bien la pensée de ces orthodoxes est-elle réellement aussi limitée?

Par exemple, dans son schéma (que j'ai mis plus bas) "détecteur de la théorie du complot", le gouvernement nous dit qu'afin de savoir si une théorie est une théorie du complot, nous devons répondre par oui ou par non à des questions sans aucune subtilité, comme "l'hypothèse du complot repose-t-elle sur une conspiration mondiale impliquant l'intégralité des membres d'une communauté religieuse ou nationale".

Ceux qui suivent ce blog savent que l'explication est plus complexe qu'un "complot" mondial. Personnellement, et comme beaucoup, je suis encore incapable de déterminer précisément d'où vient l'impulsion des politiques mondiales et nationales désastreuses que nous subissons, même si j'ai une idée assez claire du processus et des intérêts qui sont défendus.

Bref, on caricature le discours soi-disant complotiste afin de le rendre le moins crédible possible. Mais on n'argumente toujours pas sur le fond. Qu'on nous explique pourquoi toutes les poltiques des pays passés au libéralisme "ultra", et dont on constate depuis 30 ans l'inefficacité, vont dans le même sens qui est celui de l'intérêt des plus riches, de ceux qui accumulent la richesse dans des proportions dangereuses pour la stabilité mondiale, que ce soit sur le plan économique, mais aussi politique, social, environnemental. 

2017-01-07 17_42_42-On te manipule _ GouvernementIl serait intéressant d'ouvrir le débat, argumenté et sourcé, sur cette problématique. On pourrait aussi parler de la franc-maçonnerie, par exemple, du Bilderberg, de l'OTAN, de l'euro, du financement des islamistes un peu partout au Moyen-Orient. Qu'on nous réponde sur les faits précis, et qu'on nous donne des faits, pas des arguments d'ordre idéologique. 

A ce sujet, il est amusant de constater aussi que les infos diffusées par des médias russes dérangent aussi nos amis des médias traditionnels et probablement ceux qui les possèdent.

Ils ne vont pas jusqu'à dire qu'il s'agit de "fake news", mais on rappelle toujours que ces médias sont "proches du Kremlin" c'est-à-dire de Poutine, comme si l'AFP n'était plus la voix de l'Elysée, surtout en matière de politique internationale. 

J’aime aussi beaucoup l’argumentaire utilisé pour cette propagande. Devinez pourquoi les fakes news/théories du complot sont fausses ? Eh bien parce qu’elles sont fausses. Et vous avez intérêt à vous en satisfaire, car vous n'entendrez ou ne lirez aucun argument de fond. Justement, le but est de ne pas ouvrir le débat, d'occulter les questions posées, et pour cela il faut des écrans de fumée et une contre propagande efficace.

C'est tellement gros que cela en devient ridicule.

2017-01-08 22_37_52-DébutSelon Le Monde, le meilleur moyen de ne pas tomber dans le piège des fausses informations est: "Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus. Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies. Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent se révéler par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi".

Donc, en gros, on ne doit se fier qu'aux médias ayant pignon sur rue. Autant dire que ces gens n'ont pas compris l'ampleur de la défiance qu'ils inspirent. Et je connais beaucoup de journalistes et d'anciens journalistes qui connaissent les travers du système médiatique et ont conscience que les mensonges par omission deviennent flagrants dans ces mêmes médias traditionnels.

"Bienvenue dans l'ère de la post-vérité, où les convictions ont plus de poids que les faits objectifs", explique savamment "L'Obs".

Voilà un concept absolument stupide, qui n'a de sens pour aucun philosophe. Objectif par rapport à quoi, pourrions-nous demander. Est-ce que Le Figaro, qui sert à son propriétaire Dassault à faire "passer des idées saines", est "objectif"?

On peut clairement en douter, d'autant plus que son positionnement est ultra libéral et conservateur. L'objectivité journalistique est un leurre pour étudiants de première année, et pour les naïfs. Parce qu'il est clair que n'importe quel régime dictatorial estime être objectif. D'ailleurs le fait même de se revendiquer "objectif", qu'on soit journaliste ou pas, peut être considéré comme relativement inquiétant.

A force de voir le monde par le petit bout de la lorgnette, ces médias qui sont quasiment tous détenus par quelques banquiers et industriels (notamment dans l'armement), ont perdu la crédibilité qu'ils avaient. Cela, c'est grâce à la concurrence des médias alternatifs. Où l'on trouve tout et son contraire, des choses sérieuses et d'autres pas, et cela les gens le savent parfaitement.

Ce qui les gêne, c'est que cette Pravda capitaliste a désormais de la concurrence. Alors on jette le bébé avec l'eau du bain: on met en exergue des infos aberrantes pour critiquer l'ensemble des informations dissidentes, non orthodoxes, donc forcément pas "sérieuses".

Hélas pour eux, la censure aura bien du mal à passer, même après ce labourrage de l'opinion publique. Car aujourd'hui, tout le monde sait que nos gouvernants passent leur temps à nous mentir, les exemples ne manquent pas, depuis l'inversion des courbes du chômage jusqua'aux dénégations de Cahuzac, en passant par les mensonges de flamby sur l'implication de la france en Syrie, l'augmentation de la croissance et du pouvoir d'achat, son soutien au TAFTA... Et encore, ce ne sont que les mensonges dont nos médias traditionnels ont parlé.

 

le-detecteur-theorie-du-complotDe l'obscur concept des "fake news"...

"Il est extrêmement intéressant, en cette période de crise systémique, de réfléchir sur la stratégie des classes dirigeantes. Mais, comme vous le savez, aujourd'hui, réfléchir sur la stratégie des classes dirigeantes c'est déjà entrer dans l'obscène, pratiquement. Puisque analyser les stratégies des classes dirigeantes, serait céder à ce qu'on appelle la théorie du complot", expliquait l'historienne Annie Lacroix-Riz lors d'une conférence en 2010 [5].

De fait, désormais, s'interroger sur certains processus, certains faits, certains discours, peut nous valoir d'être doublement estampillés "fachosphère" et "conspirationniste". Ce qui est très mal.

Il serait en tout cas temps de définir précisément ces deux termes, dont usent et abusent nos amis journalistes, souvent soumis à des conditions de travail aberrantes, mais qui agissent souvent en chiens de garde du système.

Le fond de tout ce débat est cependant très intéressant car finalement on peut le résumer en une seule question : "Qu'est-ce qu'une "fausse information ? "

Aujourd'hui, par exemple, nos médias n'utilisent même plus le conditionnel lorsqu'ils attribuent le piratage des élections US aux Russes, alors qu'aucune preuve n'a jamais été fournie, et que nombre de sources pointent un ou plusieurs services de renseignement US.

Peut-on considérer qu'il s'agit d'une "fake news", sachant que ces sources officielles ont été capables de nous annoncer prématurément le décès d'un grand patron, de nous dire que le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à la frontière, ou de nous cacher l'existence de Mazarine Pingeot et de sa mère, protégées aux frais de la république, pendant 25 ans- pour ne citer que ces exemples?

On doit s'interroger: pourquoi une telle réaction des autorités et des médias classiques face à ces "théories du complot"?

Ariane Bilheran, auteure de "Psychopathologie de la paranoïa", expliquait dans le numéro de Nexus de cet été que nous sommes face à une réaction d'ordre paranoïaque de la part de ceux qui détiennent le pouvoir. Tout simplement parce que ces gens qui détiennent le pouvoir se sentent menacés : d'une manière générale car les populations sont gavées par la dérive oligarchique du système, et également en raison de ces "théories du complot" qui sont loin d'être toutes des aberrations, et qui ont au moins le mérite d'amener les gens à se poser davantage de questions et à prendre du recul.

Selon Ariane Bilheran, plus le pouvoir est arbitraire, plus cette crainte augmente, et plus on va chercher à dénoncer les "théories du complot" et à mettre au pilori ceux qui les répandent. D'ailleurs, ceux-ci se font vite désigner à la vindicte générale, traités par exemple d'anti patriotes dans certains pays, d'anarcho autonomes, d'extrémistes, cela dépend des lieux et des circonstances. Dans ces conditions, on en arrive vite à une sorte de "harcèlement du peuple" dès lors qu'il ne marche plus au pas, bien droit sur le chemin qu'on lui a tracé. 

"La paranoïa porte en elle un projet de mort, et pour cema, elle utilise la terreur, le totalitarisme de la pensée unique, celui de l'interchangeabilité humaine, cemio di contrôle absolu. La parole dominante est une propagande, dans laquelle les victimes de la terreur sont désignées comme coupables, et les résistants à la soumission comme des traîtres", a expliqué Ariane Bilheran cette interview de la revue Nexus que je recommande à tous de lire.

2017-01-11 22_01_43-l'An 2000 - À partir de quand un articEn tout cas, ce qui va être progressivement demandé, à force d'articles paranoïaques, justement, sera tout simplement une censure sous quelque forme qu'elle soit: un filtre des informations, et si possible une censure a priori, c'est-à-dire avant la diffusion des "fausses informations" qui font si peur.

Bien qu'on ne voie aucune discussion dans les médias que je suis régulièrement au sujet de cette étrange notion de "fake news", on dirait qu'une amorce de débat semble s'être enclanchée.

En effet, la contre attaque des médias ultraconservateurs US semble avoir commencé, avec notamment Breitbart, qui évoquait un "label fake news" attribué par "les maîtres de l'univers", et même aussi chez nous, où le concept de "fausse information" laisse malgré tout à réfléchir à certains journalistes.

 

Quand viendra la censure

Il y a quelques années, on m'avait dit qu'à terme, nous irions vers un web à 3 niveaux, suivant le degré de sensibilité des infos qui y sont véhiculées:

> un premier niveau, pas vraiment contrôlé, auquel on aura accès avec un abonnement à prix raisonnable, et sur lequel on trouvera la masse du divertissement et des informations autorisées;

> un second niveau plus contrôlé, un peu plus cher, avec des informations, des études, du savoir qui peut être sensible et qui peut donner aux gens les clés pour comprendre le monde; et enfin

> un dernier niveau très contrôlé, auquel l'accès sera beaucoup  plus cher, où seraient cantonnées les informations clairement dissidentes et qu'il faudrait censurer.

Je ne sais pas si le mode de censure qui sera retenu au final ressemblera à cela, mais il est clair depuis un moment que le contrôle de l'information est un enjeu crucial, puisque le risque de voir surgir une rébellion de masse est important.

877107-prodlibeCar les mobilisations citoyennes, à travers le monde et pour des causes diverses et variées, portent souvent leurs fruits. Elles permettent de retarder des décisions qui devaient être prises en coulisses, d'entraîner un débat et au final de modifier l'orientation des projets, traités ou lois qui auraient du être imposés sans concertation.

L'efficacité de ces mobilisations passe par la capacité à communiquer rapidement, que ce soit de manière ciblée ou à grande échelle, selon les situations.

D'un autre côté, la pression exercée par le pouvoir pour rester en place, tout en faisant passer des lois de plus en plus inéquitables, ne cessera pas de s'accroître car il est essentiel de contrôler la population et donc de contrôler les flux d'information.

Parallèllement, les moyens de rétorsion se développent aussi: aujourd'hui, les "forces de l'ordre" ont des armes de plus en plus dangereuses pour écraser les manifestations. Les lois liberticides se multiplient, que ce soit pour pouvoir contrôler l'ensemble de nos communications ou même pour s'assurer qu'un opposant qu'on juge trop agité soit hors d'état de nuire. L'arsenal législatif permet de progresser dans ce sens, et il n'y aura probablement pas de limite au flicage généralisé de la population [6].

2017-01-17 22_46_58-Le Cameroun _assainit_ les réseaux sociaux - BBC AfriqueVous allez constater au fil des semaines que diverses mesures seront prises, a priori d'abord par les entreprises comme Facebook ou Twitter, qu'on somme de réguler le flot de "fake news", mais ensuite on peut s'attendre à ce que ces mesures soient direcement prises par les gouvernements. La phobie des "fausses informations" sur les réseaux sociaux a même gagné le Cameroun.

D'ailleurs, Facebook "étend sa lutte contre les fausses informations à l’Europe", nous a-t-on annoncé le 17 janvier. Le premier pays qui aura la joie de tester ce nouvel "outil de signalement des fausses informations" sera l'Allemagne, où les internautes seront donc appelés à "signaler" les fausses informations. Bon, si c'est aussi efficace que le signalement des pages pédophiles, on ne risque pas de voir beaucoup de changement. Toutefois, ce sujet a l'air de tenir très à coeur à nos dirigeants.

Ainsi, "Si ces derniers [les internautes] repèrent un article qui leur semble erroné ou faux, ils ont la possibilité de la signaler au réseau social via un bouton dédié. Des journalistes "issus de médias indépendants" sont alors chargés de vérifier le contenu de ces articles. Un système automatique est aussi chargé de détecter les articles inexacts et de les soumettre à la vigilance des journalistes travaillant avec Facebook.

Lorsqu'un article est jugé faux ou erroné par l'équipe de journalistes, ce dernier est déclassé dans le fil d'actualité des internautes. Autrement dit, le lien s'affiche plus bas dans la timeline des utilisateurs. L’article est également accompagné d'un message d'avertissement prévenant l’utilisateur que son information est fausse. Un internaute souhaitant le partager voit également le même message apparaître".

 

Quelques théories du complot officielles qui se sont avérées fausses

2017-01-08 19_51_05-Nouvelle notificationEn temps de guerre, la propagande a tendance à s'intensifier. Le but est de montrer à l'opinion publique que l'ennemi est très très méchant, et que nous sommes les gentils. Evidemment, les deux camps procèdent ainsi.

Il est donc très simple de relever diverses théories du complot balancées en pâture dans ces périodes de tension internationale. Pas besoin de preuve: les médias prennent pour acquises la quasi totalité des informations estampillées officielles.

Et si d'aventure, un citoyen s'avisait de mettre en doute l'un des points-clés de la propagande, il serait considéré comme un traitre. Par exemple, si quelqu'un pense que nous avons armé et financé les islamistes en Syrie et en Irak, cette personne est considérée comme un suppôt d'Assad. 

Reprenons donc quelques-unes de ces "théories du complot officielles", qu'aucune preuve ne vient corroborrer, et quand il y en a elles sont fabriquées de toutes pièces.

 > Commençons par l'un des plus célèbres mensonges officiels, communément admis par tous aujourd'hui: quand en 2003, à l'ONU, Colin Powell a sorti une soi-disant fiole d'anthrax afin d'accuser Saddam d'avoir développé des "weapons of mass destruction", des armes de destruction massive (l'expression était à la mode à ce moment). Malgré la destruction du pays, aucune de ces armes n'a été retrouvée. Je trouve cela étonnant car les américains avaient eux-même vendu divers virus à Saddam dans les années 90, mais passons. Quand à la france, on lui a construit une centrale nucléaire capable de produire du plutonium. Toutes les "preuves" présentées par Bush junior et son équipe ont été reprises en choeur dans les médias qui n'ont mené aucune contre-enquête, et toutes se sont révélées être des mensonges.

> Les charniers de Ceaucescu en Roumanie (voir affaire Timisoara)

> Les troupes de Saddam qui massacrent des bébés dans les couveuses de maternités koweïtiennes.

99118177> L'enlèvement en Syrie en 2013 du journaliste américain James Foley: tous les médias ont plus ou moins directement accusé Assad d'avoir fait enlever ce journaliste.

Ce fut le cas de l'AFP notamment, reprise en choeur par les médias commerciaux. L'agence de presse nationale avait affirmé que Foley était aux mains des "services de renseignements" syriens et  qu'il avait été "enelevé par un groupe de miliciens pro régime". Mais finalement ce sont bien les terroristes qui l'ont décapité, ceux que nous avons armés et qui d'un coup ont décidé de se radicalier pour dégager Assad et prendre le pouvoir.

> Les attentats terroristes sanglants qui ont été systématiquement, à grand renfort de discours et de propagande, attribués aux communistes et groupes d'extrême gauche dans les années 70 et 80, en Italie notamment, et qui étaient en réalité commis par une frange d'extrême droite de militaires ou d'ex militaires, proches de l'OTAN.

Des enquêtes parlementaires ont eu lieu dans les années 90 au sujet de ces barbouzeries, qui avaient pour but de renforcer la sécurité en Europe, donc la présence de l'OTAN, et d'éliminer la gauche du paysage politique européen.

> Je termine par le plus célèbre mensonge d'Etat français, celui auquel l'ensemble de la population a assisté mais qui n'est pas une théorie du complot: le délire du nuage radioactif de Tchernobyl qui se serait arrêté à la frontière française, à l'est comme au nord. Les belges en rient encore, car les français étaient censés croire qu'à 2 kilomètres près de part et de l'autre de la frontière, le risque passait de nul à total (en Belgique des mesures ont été prises immédiatement, il était interdit d'utiliser l'eau des sources ou de ramasser des champignons, par exemple). Cependant, beaucoup de français ont cru à ce mensonge, avec les conséquences sanitaires que cela implique.

 

Quelques théories du complot non officielles qui se sont avérées vraies:

> La création de l'Europe par des marionnettes des Etats-Unis.

> L'existence du programme militaire MK Ultra (et d'autres) axé sur le contrômle mental, dans le but d'obtenir un soldat parfait, 100% manipulable et hyper opérationnel en toutes circonstances.


CIA Projet MK-Ultra (fabrique de terroristes)

> Le transfert de centaines de scientifiques nazis aux USA dès la fin de la guerre (operaton Paperclip)

> Le financement d'Hitler par Wall Street.

> Le trafic d'organes pendant la guerre au Kosovo, qui a été très vite dénoncé, ce qui a valu des ennuis aux lanceurs d'alerte comme Carla DelPonte, l'ex procureur du TPIY, avant d'être établi 15 ans plus tard. Accessoirement, le nettoyage ethnique des serbes par les albanais du Kosovo, sous la direction des chefs de guerre qui sont aujpurd'hui encore au gouvernement du pays, commence à être révélé lui aussi. Je rappelle qu'à l'époque, on a surtout pointé le massacre des albanais par les serbes, qui représentaient moins de 20 % de la population kosovoare avant la guerre, et en sont quasi absents aujourd'hui. Récemment, des médecins ont été condamnés pour un trafic d'organes plus récent au Kosovo, mais en lien avec ce qui s'est produit durant la guerre.

> Les coups d'Etats organisés par la CIA dans divers pays tels que l'Iran, le Guatemala, ou le Chili, afin d'éjecter des leaders démocratiquement élus pour les remplacer par des juntes militaires et autres dictateurs.

> L'armement des rebelles syriens devenus Daesh par l'Occident. Même Flamby a fini par l'admettre. Puis il a dit qu'il financerait des rebelles modérés pour lutter contre les rebelles modérés qu'il avait financés mais qui otn eu la mauvaise idée de se radicaliser et de mettre la zone dans le pays. Fin décembre c'est Erdogan qui a  déclaré avoir les preuves du fiancement de Daesh par l'Occident.

2017-02-10 23_31_13-L'assassinat de Robert Boulin> Le meurtre de Robert Boulin. Même si l'enquête, qui n'aboutit pas depuis le 30 octobre 1979, date du "suicide" officiel, n'a pas conclu à un meurtre à l'heure actuelle, de nombreux témoins ont parlé, des éléments concrets sont dans le dossier, et il est en tout cas parfaitement clair que l'Etat a dissimulé diverses preuves et fait en sorte que l'enquête n'avance pas.

> Le rôle de la france dans le génocide au Rwanda en 1994. Même si le sujet reste tabou en france, les éléments de preuves sont suffisamment nombreux pour lever tout doute sur l'implication de la france.

> Les attentats commis en Italie et en Allemagne, notamment, par l'extrême droite, dans les années 70 et 80. A l'époque, les politiques et les médias ont accusé des groupes gauchistes d'avoir commis ces attentats, les gauchistes ont nié et dénoncé l'extrême droite, d'ailleurs aujourd'hui il est clair dans nombre de ces dossiers qu'il s'agissait d'actes commis par des cellules d'extrême droite, plus ou moins liées à l'armée et à l'OTAN, comme on l'a vu plus haut. Ces réseaux "Gladio" étaient d'ailleurs mis en place à la demande des US par un nazi, Reihardt Ghelen, qui a aussi permis l'exfiltration d'un certain nombre de ses congénères.

> Les camps de concentration et les chambres à gaz utilisés par hitler et les nazis pendant la 2e guerre: certains, notamment du côté du parti communiste, avaient dénoncé dès la fin des années 30 l'existence des camps de concentration en Allemagne. Quant aux chambres à gaz, la "rumeur" de leur existence a commencé à courir bien avant la fin de la guerre.

 

MQVhQKugXKMrUsLC6Qqg1pJVDu rôle de la propagande

Pour terminer cette "réflexion" sur le dossier "fausses informations", il faut évoquer le rôle de la propagande dans nos sociétés ultra libéralisées économiquement mais incroyablement rétrogrades sur les plans social et politique.

Je conseille à ce propos la lecture d'un livre qui fut censuré en 1939, deux mois avant la guerre, par les autorités françaises car dans ce livre, les passages concernant Hitler et Mussolini n'avaient pas plu: "Le viol des foules par la propagande politique". On ne parle pas là de campagne électorale mais de la gestion des masses. En 1940, lorsque l'auteur tenta une nouvelle édition, les livres ont été brûlés. Comme au bon vieux temps.

L'auteur, Tchakhotine, explique que la propagande est similaire à un conditionnement, destiné à nous faire avoir des réflexes que nous n'aurions pas eus naturellement. Il fait même un parallèle, justifié à mon sens, entre l'éducation, la propagande et la publicité (on pourrait ajouter la religion), "car l'une et l'autre cherchent à agir sur les mêmes mécanismes essentiels de l'homme, et à former des réflexes conditionnés appropriés. La différence en est seulement que les buts auxquels aspire l'éducation sont de nature durable : elle cherche à former l'individu, tandis que la propagande et la publicité recherchent un effet ad hoc, il leur importe "de créer, de transformer ou de confirmer des opinions"".

Tchakhotine analyse méticuleusement le mécanisme de sujétion mentale à la propagande, qui est forcément répétititve. Si on se souvient des discours d'Hitler, généralement en grande pompe, avec une foule galvanisée et une mise en scène au millimètre, on reconnait ce sens du spectacle propre aux adeptes du culte de la personnalité.

affiche_nicolas-sarkozy_campagne-20071"La publicité commerciale, mais aussi la propagande politique, qui s’adressent aux masses, se rendent bien compte du fait psychologique que le niveau intellectuel c'est-à-dire la faculté critique, est bien basse dans la masse, et elles utilisent en conséquence deux principes importants : par la répétition incessante et massive de mêmes formes, slogans, etc., et en les accompagnant surtout des excitations lumineuses, en couleurs criardes, des sonorités rythmées obsédantes, elles créent un état de fatigue mentale, qui est propice à l’assujettissement à la volonté de celui qui exerce cette publicité tapageuse.

L'autre principe consiste en ce que les hommes, surtout dans les masses, sont enclins à croire aux choses qu'ils souhaitent voir réalisées, même si celles-ci ne sont appuyées que par des arguments peu fondés, mais du type émotionnel".

Tchakotine n'avait pas encore la télé mais il nous décrit les tunnels de publicité que subissent les téléspectateurs, dont "le temps de cerveau disponible" vaut pas mal d'euros, et aussi les JT, ces fameux journaux télévisés aux infos clips de plus en plus courts, insipides et manichéens, qui nous mettent le cerveau dans un état de veille, comme on l'apprend quand on est étudiant en journalisme.

Ces fameux JT qui pour beaucoup sont l'alpha et l'omega de l'information, et qui nous passent en boucle des clips sur la Syrie, martelant qu'Assad est un sale dictateur sanguinaire à la tête d'un "régime", et oubliant systématiquement de rappeler que si Daesh est si puissant, c'est parce que nous l'occident avons décidé de financer et armer des "rebelles modérés" pour le renverser.

Ces JT qui enchainent un clip sur la Syrie avec un clip sur comment choisir ses pneus neige. Qui donnent à chaque fois des bribes d'infos, si bien que peu de gens parviennent à avoir une vision globale des événements. Et quand on a droit à une "analyse", on se colletine les éditorialistes les plus idéologues, comme Nathalie St Cricq de France 2 qui voulait "traquer" ceux qui "ne sont pas Charlie", ou François Langlet qui répète sa doxa ultra libérale, pour ni citer que des cas de France 2.

pujF2Au fil des JT, des "Unes" tapageuses, c'est bien la peur qu'on distille dans l'esprit des gens. Et une population qui a peur est bien plus facile à manipuler, surtout si elle ignore les desseins de ceux qui la dirigent. 

Noam Chomski, dans son livre "La fabrication du consentement", explique cette manière "soft" et moderne de contraindre les populations, en les tenant à l'écart des débats de société, ou en manipulant l'opinion pour qu'elle consente "d'elle-même" à des réformes qui vont contre son intérêt. C'est d'autant plus facile à faire que l'extrême concentration des médias entre les mains de grands capitalistes facilite la convergence des messages.

Mais, cela ne marche pas toujours: on l'a vu avec le "non" à la pseudo constitution européenne, ou plus récemment avec le Brexit, qui ont été à l'encontre des injonctions médiatiques et politiques.

"N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite "pour le bien" du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux", expliquait-Chomsky en 2007 au Monde Diplomatique.

En effet, si on a fait l'Europe, si on a privatisé à qui mieux-mieux, si on veut aujourd'hui détruire ce qu'il reste de sécurité sociale et de système de retraite, c'est pour notre bien. Si on a interdit aux femmes de voter pendant si longtemps, c'était pour le bien de la société, si on nous impose le traité transatlantique (TAFTA) c'est juste pour avoir un peu plus de croissance, pour le bien de tous évidemment...

Sauf qu'une analyse, même rapide, des résultats de ces politiques, montre qu'il n'en est rien. Et les gens se rendent compte que les promesses de plein emploi, de croissance, etc. n'engagent que ceux qui les croient.

Que ce soit en temps de guerre et donc de propagande paroxystique, ou en temps normal quand on est dans la "fabrication du consentement", les médias commerciaux répètent sans se poser de questions la parole officielle, comme si jamais nos gouvernements ne mentaient, comme s'ils ne pouvaient pas mentir et que cette parole officielle n'avait pas à être remise en cause. De fait, les sources officielles sont considérées comme véridiques "a priori", tandis que la parole non orthodoxe est considérée comme mensongère "a priori"...

 

Mise à jour du 24/02/2017:

J'apprécie la petite application Open Mind, qu'on met sur Google Chrome, et qui est le pendant du Décodex du Monde, mais dans le sens inverse. L'application a inversé le code couleur: ce qui est mis à l'Index par Le Monde vire parfois au vert, justement parce que c'est mis à l'Index par Le Monde. Quant aux médias commerciaux, ol'appli précise bien que leurs infos sont à prendre avec des pincettes.

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[1] L'auteur dudit site a même déstalbilisé Caroline Fourest, qui l'interviewait à la radio, quand il a maintenu qu'il n'y avait rien de troublant dans la VO.

[2] En référence au concept d' "ère post factuelle" inventé en 2004 aux USA, quand il a été clair que la polémique sur le 11 septembre n'allait pas cesser. Ce concept sert à définir une norme en termes d'information en soulignant une nouveau style de communication politique qui consiste à ne pas argumenter mais à faire appel aux émotions du public. Cela se répercute à fond sur les réseaux sociaux, qui seraient dans l'émotion alors que les vrais médias ne le seraient pas.

[3] D'ailleurs, la solution préconisée pour ce vaccin ne manque pas de piquant: ""Le principe est similaire au monde médical : nous inoculons une petite dose de fausse information afin que l’individu, c’est-à-dire l’internaute, développe des anticorps", explique Sander van der Linden, chercheur en psychologie à Cambridge et auteur principal de l’étude, contacté par France 24". Ils ont testé la méthode sur les arguments des climatosceptiques, en désignant comme faux un seul élément (en l'occurrence quelques signatures fantaisistes sur une pétition "climatosceptique") pour que des cobayes prennent pour fausses l'nesemble des informations diffusées par un site "climatosceptique" fait par eux-mêmes, avec des arguments qu'il serait intéressant de connaitre dans le détail. "Et avant de leur montrer le site climatosceptique, ils leur ont prouvé que certaines informations qui s’y trouvent sont fantaisistes. En l'occurrence, les scientifiques ont isolé une pétition sur le site controversé dont certaines signatures étaient clairement farfelues comme celles de Charles Darwin ou des membres des Spices Girls. Résultats concluants : non seulement, les internautes ont été moins receptifs à ce site, mais en plus ils se sont montrés beaucoup moins perméables aux autres messages climatosceptiques ailleurs sur le Net". J'en conclus qu'on peut s'attendre, même si à mon avis cela a déjà commencé, à avoir une diffusion d'infos bidons destinées à décrédibiliser les propos des "dissidents".

[4] Je recommande à tous de regarder la 1ère partie de "Quotidien" du 3 janvier, c'est assez interpellant. Barthez, qui s'est spécialisé dans l'interview de rebelles anti Assad à Alep Est, nous gratifie de tous les poncifs en matière de "théorie du complot".

[5] Il s'agissait d'une conférence sur son ouvrage "Le choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930", une somme que je conseille, un véritable travail d'historien, qui porte sur la proximité de la classe dirigeante française avec les idées nazies et fascistes, et que ceux-ci se sont arrangés pour que la france perde sur le plan militaire et économique.

[6] Cela, pour plusieurs raisons parmi lesquelles le business du flicage à grande échelle qui se développe à vitesse grand "V" et mène un lobbying intensif pour développer les politiques publiques dans ce domaine. Les raisons de ce flicages tiennent aussi au caractère de plus en plus illégitime du pouvoir, qui fait que le gouvernement ne représente plus personne ou presque, et que dans ce cas la population est à surveiller comme du lait sur le feu. Et puis parce que cet Etat est un "Etat paranoïaque".

 

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28 janvier 2017

Australie: retour sur le réseau global dénoncé par Fiona Barnett

maxresdefaultEn Australie, une femme dénonce depuis des années un réseau à la fois pédocriminel et satanique, dont faisaient partie un certain nombre de VIP. Il s'agit de Fiona Barnett, dont on a déjà parlé. Elle vient de diffuser sa déposition à la police, concernant un politicien travailliste, Paul Keating, et le père de l'actrice Nicole Kidman, médecin en vue qui était l'un des piliers de ce groupe de dingues.

 

On avait déjà parlé de Fiona Barnett fin 2014, quand elle avait dénoncé publiquement Anthony Kidman, mais aussi des ministres et d'autres membres de ce réseau [1], comme des adeptes du meurtre rituel d'enfants, entre autres turpitudes. Comme c'est souvent le cas, la nouvelle a promptement entraîné la mort pour une raison indéterminée (en raison des diverses versions données par les médias) du père Kidman. Barnett l'accusait aussi d'être un "programmeur", car elle évoque des tortures similaires à celles décrites par des victimes US du programme MK Ultra, avec des chocs traumatiques répétitifs, le façonnement de plusieurs personnalités, avec un plus ce folklore satanique.

Un an plus tard, fin 2015, les noms de plusieurs anciens ministres ont circulé, un député a réclamé une enquête qui a été plus ou moins lancée, quelques journaux ont interviewé Fiona Barnett, mais finalement il ne s'est pas passé grand chose.

Bref, après une pause amplement méritée, Barnett revient sur le terrain et diffuse son témoignage des 2 et 3 novembre 2015 devant la police des Nouvelles Galles du Sud. Ce témoignage est focalisé sur quatre personnes essentiellement, mais Barnett a cité de nombreux autres protagonistes depuis deux ans, dont Richard Nixon qui l'aurait agressée dans un avion militaire sur la base de l'armée de l'air de Fairbairne à Canberra, et plusieurs psychiatres et psychologues réputés qui travaillaient sur la personnalité.

Comme d'autres victimes un peu partout, Fiona Barnett a décrit des séances de torture, notamment sur des bases militaires, avec des électrochocs, de l'hypnose, des viols, des prises de drogues. Elle assimile ce vécu au programme mené aux Etats-Unis après la 2e guerre -et probablement encore aukourd'hui mais sous un autre nom- MK Ultra, dont on sait qu'il a bien existé même si la CIA a eu le temps de détruire un paquet de preuves.

Fiona Barnett a également fait de nombreux dessins pour illustrer les faits dont elle parle. On y retrouve des scènes similiaires à celles dessinées par Kim Noble, une victime anglaise du même type de réseau, qui souffre de personnalités multiples, et à ce qu'ont dessiné des enfants en france.

 

sydney-witness-statement-1Le récit

Dans ces dépositions de novembre 2015, Barnett raconte brièvement son enfance: née en 1969 d'une famille d'immigrés polonais catholiques arrivés en Australie après la guerre. Ceux-ci, apparemment, ont été très tôt impliqués dans un culte sadique. Fiona Barnett explique que sa mère est tombée malade quand elle était enfant, si bien que son père et ses grands-parents paternels ont fait ce qu'ils ont voulu.

C'est-à-dire l'intégrer dans leur culte, qui avait pour façade une église classique de quartier, mais derrière laquelle on trouvait également ce groupe d'illuminés, "un ordre caché appelé "l'ordre de l'aigle"" (order of the eagle) [2].

Son père l'emmenait dans des chapelles où elle était violée par des membres du groupe.

Barnett dit qu'elle se rappelle d'un médecin d'origine lituanienne, Leonas Petrauskas, surnommé "Dr Mark", qu'elle relie à un programme de type MK Ultra et qui a effectivement travaillé en psychiatrie dans des lieux à la triste réputation, comme le Concord Military Hospital à Sydney. A l'âge de 5 ans, elle avait l'habitude d'être emmenée chez lui ou à son cabinet, et lui se rendait souvent au domicile familial. 

Elle dit que les prêtres d'un internat d'Engadine, appelé Boystown (comme l'orphelinat géant de l'affaire Franklin aux USA), "avaient un groupe de personnes à qui on donnait des enfants pour les agresser sexuellement. Je le sais parce que j'ai été l'un de ces enfants et j'ai pu voir ce qu'ils faisaient", dit Fiona Barnett. Certains abus auraient eu lieu dans la chapelle de Boystown.

Elle décrit une scène avec Petrauskas, et d'autres adultes, quand elle avait 5 ans. Parmi ces adultes il y avait un autre médecin, le psychologue John Gittinger, qui l'appelait la "candy girl". Lors de cette "séance" les médecins lui ont posé plein de questions, et Gittinger lui a demandé si ça lui plaisait "d'être spéciale". Comme tous les gosses, elle a répondu oui et il a ajouté "on va te faire devenir spéciale".

"Entre 6 et 16 ans, j'ai perdu le compte du nombre de gens et de bébés qui ont été tués par "Dr Mark" sur les autels des églises" de Shutherland Shire, a déclaré Barnett aux policiers "Ils étaient tués par des meurtres du genre de rituels sacrificiels".

Elle raconte qu'une fois, durant l'été 77 ou 78, elle était avec "Dr Mark" quand il a reçu un appel lui demandant de se rendre sur une plage, Kurnell Beach où il l'a amenée et où ils ont retrouvé "Paul", qu'elle a plus tard reconnu comme Paul Keating. A ce moment, Keating était un des poids lourds du parti travailliste local mais il est devenu premier ministre de 1991 à 1996. Barnett dit qu'il était connu pour être nécrophile. Une pratique qu'on retrouve quand-même assez régulièrement dans le milieu des réseaux pédocriminels.

2017-01-28 14_43_12-Ritual Abuse, Mind Control & DID_ How to Integrate - YouTubeBref, sur cette plage, le "Dr Mark" lui aurait demandé de creuser un trou et de déterrer le corps d'un garçon blond de 5 ou 6 ans. "Sa bouche était restée ouverte et ses yeux étaient ouverts, l'enfant avait un air d'horreur et de choc sur le visage".Elle n'a pas vu de blessure sur l'enfant et ne l'a pas reconnu.

Le "Dr Mark" a parlé de faire un faux certificat de décès pour ce gamin (probablement en disant qu'il a été piqué par une pieuvre), qu'ils ont lavé dans l'eau et mis dans une ambulance venue le chercher, selon Barnett.

A partir de 12 ans, le "Dr Mark" l'a constamment violée, à Boystown ou ailleurs à Sydney. Généralement, son père et sa grand-mère chez qui elle vivait recevaient un appel téléphonique et lui demandaient de se rendre là. Son premier avortement a eu lieu à 14 ans et c'est son assistante qui s'en est occupée.

Elle pense qu'elle est tombée enceinte lors d'un rituel qui s'est déroulé dans le sous-sol de l'église de Boystown. C'est aussi à cet âge de 14 ans qu'elle a été "mariée" à ce type lors d'une autre cérémonie.

A partir de Boystown, il y avait un tunnel secret pour accéder à l'église via des souterrains. Il y avait là de nombreuses cérémonies, comme celle du "mariage", ou encore celle qui a été organisée pour son "avortement". Ces cérémonies se déroulaient toujours sous l'église, avec généralement une douzaine de personnes en robes noires qui chantaient dans une autre langue que l'anglais. Elle se rappelle notamment s'être retrouvée sur l'autel dans ce sous-sol, lors d'une "cérémonie d'imprégnation" par "Dr Mark".

0e33d40b78Ses souvenirs sont souvent flous en raison des nombreuses drogues qu'on lui faisait prendre durant cette période. Elle se rappelle une statue à moitié homme à moitié boeuf à l'échelle 1,avec l'umain tenant un chaudron d'huile, posée sur un piedestal. Ils appelaient cette statue "Baal". "C'était effrayant et menaçant, et beaucoup de bébés ont été sacrifiés dans l'huile bouillante", dit Barnett.

Elle raconte la cérémonie d'avortement, où elle était attchée sur l'autel, et cela a été pratiqué par "Dr Mark" et son assistante à l'aide d'un outil crochu en or, sans anésthésie. Fiona Barnett explique avoir perdu beaucoup de sang et s'être évanouie. Le bébé a été retiré intact, et déjà formé même s'il tenait dans une main. Le "Dr Mark" l'a ensuite jeté dans la marmite avec l'huile bouillante.

Barnett décrit aussi une scène de meurtre rituel, sur la Kurnell Beach, à peu près à la même époque. Le "Dr Mark" et son assistante étaient présents. Les gens dansaient à poil au son des percussions, et un surfer était allongé au milieu, manifestement drogué. Des hommes l'ont ensuite empalé avec un poteau en bois en lui l'enfoncant par l'anus. Ensuite, la peau et les organes -y compris le coeur- auraient été récupérés méticuleusement, alors que la victime était, selon Barnett, encore vivante au départ. Ensuite ils auraient essayé de brûler le corps dans le feu.

Fiona Barnett évoque ensuite Antony Kidman, qu'elle a reconnu comme étant aussi le père de l'actrice Nicole Kidman. Il était un psychologue réputé de Sydney, et elle dit qu'il a été l'un de ses agresseurs depuis son enfance. Il est mort en 2014, juste après qu'elle ait écrit à l'ordre des médecins australien pour le dénoncer.

0e323108eaElle dit que son premier souvenir de Kidman remonte à l'âge de 3 ans, fin 72 ou début 73, à l'occasion d'une séance de torture qu'elle décrit de manière assez précise. Au cours de cette séance, Kidman lui a mis des épingles sous les ongles alors qu'elle était attachée sur une chaise de dentiste.

Juste avant d'entrer dans la pièce, on lui avait ordonné d'appeler Kidman "papa" et lui l'appelait "Star Child". Puis il lui aurait mis un tube dans la gorge et fait ingérer un liquide, puis il a commencé à la violer. La deuxième rencontre avec lui remonterait à ses 9 ans. Kidman l'aurait emmenée de nuit dans une grande salle de l'université de Sydney où se trouvaient plein de gens en robes.

"Cette section du réseau définissait les couleurs des robes en fonction du "Pentagramme de Kidman". Les couleurs étaient bleu, jaune, vert, blanc et noir et les robes étaient portées selon le statut de la personne dans le groupe", précise Fiona Barnett.

Kidman, selon elle, était le leader de la section "intérieure" de Sydney, il était basé à l'université de la ville et son organisation était très liée à l'Eglise catholique, notamment le St John's Boy Catholic College et le Sanasta Girls Catholic College, qui se trouvaient dans le périmètre de l'université.

Fiona Barnett avait déjà signalé le père Kidman à des médecins en 1986, puis à la police dès 2008, et à la commission royale d'enquête en 2013. Mais il est mort en 2014.

113806356_oBarnett dit que Nicole Kidman était présente lors de cette cérémonie à l'université, et qu'à l'époque elle avait environ 11 ans. De même, elle se rappelle un certain Bruce Spence, dont elle a su plus tard qu'il était acteur. Au cours de cette cérémonie, un garçon d'environ 5 ans a été sacrifié. Il était attaché sur l'autel, conscient, et aurait été tué par Antony Kidman, avec un très long  couteau.

Les gens chantaient et parlaient dans une langue qu'elle ne comprenait pas, et Kidman a commencé à couper l'enfant sur tout le long du corps, avant d'enlever la peau, laissant les organes apparaître [3].

Elle dit qu'elle ne pouvait pas voir complètement la scène car on la maintenait au sol, mais qu'elle pouvait entendre des gémissements pendant que Kidman faisait cela.

A l'âge de 14 ans, en 1984, Barnett racontre une autre scène qui aurait eu lieu au domicile de Kidman, à Longueville. Elle donne l'adresse exacte et décrit la maison. Elle dit avoir été amenée par "Dr Mark" depuis Engadine. Des gens étaient là, en tenue de soirée et avec des masques [4]. A la fin de la soirée elle dit qu'elle a été violée par Kidman et un autre acteur, John Bell, qui l'ont presque noyée ensuite dans la piscine, puis frappée, alors qu'elle était attachée à une chaise, en présnece de Nicole, qui devait avoir 16 ou 17 ans.

A chaque fois, après tous ces faits, elle était ramenée chez son père.

 

La technique de l'édredon

Aujourd'hui, Fiona Barnett tente d'alerter sur les abus rituels, et pas seulement en Australie. Ce qu'elle dénonce, c'est un réseau mondial. Elle dit avoir été amenée à l'étranger, notamment aux Etats-Unis.

Elle a monté une association, fait des conférences, tente de saisir la justice et de s'exprimer dans les médias et sur le web. Pour Barnett, le réseau pédo-satanique est donc mondial, avec des VIP qui les pilotent et les utilisent, et avec des scientifiques qui travaillent sur la manipulation des victimes mais aussi des membres de ces groupes. Comme d'autres victimes de ce même genre de réseau, elle mentionne des tests et tortures survenus dans des bases militaires, des séances de tortures avec des médecins, une hiérarchie dans le réseau, l'impunité, et des pratiques rituelles meurtrières.

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On a à peu près les mêmes éléments avec l'affaire Dutroux, avec celle d'Outreau, en Angleterre à Jersey, au Vatican, pour ne citer que quelques cas connus, même s'ils ont rarement été exposés dans la profondeur de leur horreur.

Mais évidemment, rien ne se passe. Même si quelques médias ont fait écho à Fiona Barnett, même si un député a demandé une enquête sur un ministre pédophile, rien n'aboutit. On peut frapper le système en disant la vérité, mais il ne vacille pas, du moins en apparence, du moins immédiatement. C'est comme un oreiller sur lequel on frappe et qui reprend très vite sa forme initiale. Le système est inerte car les braves gens ne peuvent croire à tout cela. D'ailleurs, il n'existe pas de preuve matérielle et irréfutable, il n'existe que des centaines d'éléments, parfois disparates, mais qui vont tous dans le même sens, dans le sens ce ces nombreux témoignages de victimes à travers les pays occidentaux, qui racontent toutes la même chose.

Sont-elles folles? Et ceux qui les croient et qui répercutent ces histoires sont-ils aussi fous à lier? Parce que si tout cela est faux, et si rien ne vient corroborrer ces témoignages, alors ceux qui en parlent inventent, gobent n'importe quoi, et s'amusent juste à faire peur aux braves gens.

4cyMais la réalité, ce n'est pas cela. La réalité est beaucoup plus hard, et je ne la connais pas entièrement. En fait, j'ai des disques durs bourrés de ces élements qui existent bel et bien, et qui n'ont de sens que si ce que disent ces victimes relève de la vérité.

Barnett explique que toutes les insitutions du pays sont gangrenées par cette clique de tarés. Et manifestement l'Australie n'est pas un cas à part. Selon elle, et je ne peux qu'aller dans ce sens pour avoir travaillé sur la question, ce réseau géant s'appuie sur des psys anti victimaires, qui répandent des théories comme les "faux souvenirs" (utilisés, notamment, pour acquitter Daniel Legrand à Rennes en mai 2015, sans aucune expertise à l'appui) ou le "syndrome d'aliénation parentale" [5].

Ces théories ont comme avantage de décrédibiliser a priori les victimes, et on ne compte plus les cas où elles ont servi à assurer une victoire judiciaire à de véritables "pédophiles".

Les "experts" qui répandent ces théories, en les enseignant à leurs confrères et aux professionnels de la justice ou des sévices sociaux, ont pignon sur rue ainsi que dans les médias. En revanche, on oublie totalement de former les psys, magistrats et professionnels de l'enfance aux abus sexuels sur mineurs en général, et à la question des abus rituels en particulier.

C'est la technique: pas de recherche, pas de résultat; donc pas de données et pas de problème. En gros, il suffit de ne pas évoquer une chose pour qu'elle n'existe pas.

Le problème, c'est que des victimes, il y en a des tonnes. Et des abuseurs, des dingues en position de force, il y en a aussi des tonnes. Ils ont l'air respectables, vous en voyez certains à la télé régulièrement, y compris en cette période électorale, et jamais vous n'auriez soupçonné qu'ils fassent partie de ce système.

Je dirais même que pour certains politiques ou stars du show biz, plus leur côte de popularité est élevée, plus ce sont des raclures.

(La vidéo ci-dessous est celle d'une conférence de Fiona Barnett, avec les sliders qu'elle a diffusés)

Je recommande la lecture du blog de Fiona Barnett, où elle raaconte ses recherches sur ce réseau, fait des liens avec d'autres affaires, cherche à comprendre le fonctionnement, les tenants et les aboutissants du système. Si elle parle, c'est aussi parce qu'elle et sa famille sont mises sous pression et que "le seul moyen" de se protéger est de partager les informations qui entraînent ces menaces.

 

2017-01-28 14_55_37-DébutDisparition élucidée

Par exemple, elle évoque l'enlèvement de Helen Karapidis le 22 décembre 1988, à l'âge de 10 ans. Elle a été déclarée morte, l'affaire reste officiellement non élucidée. La soeur d'Helen s'est suicidée à 18 ans, le père était violent, Helen songeait à s'enfuir du domicile familial, mais l'enquête n'a abouti à rien.

Selon Fiona Barnett, Helen Karapidis a été enlevée par une branche locale du réseau, des gens qu'elle connaissait et qui gravitaient autour de l'église du pasteur Frank Houston, reconnu aujourd'hui comme un pédophile qui a violé plus de 9 enfants.

Barnett explique que Houston était en fait un fournisseur d'enfants pour les partouzes du réseau VIP de Sydney. Il a, selon Barnett, été cité par de nombreuses victimes qui ont témoigné devant la commission d'enquête (sur les abus sexuels commis par des membres de l'Eglise). Il prenait des enfants de familles monoparentales défavorisées, de parents en délicatesse avec la loi, et qui étaient suivis par les services sociaux.

Dans les services sociaux, et notamment à leur tête, Barnett dit que des membres du réseau étaient en fonction.

"Helen Karapidis a été tuée rituellement quelques jours après son enlèvement, pendant un office du soir à l'église, dans une pièce secrète qui donnait sur la congrégation à Hillsong Church Young St, Waterloo", écrit Fiona Barnett.

"Deux enfants de 6 et 8 ans ont assisté au meurtre rituel d'Helen Karapidis et l'ont rapporté à la police. Plus tard, les enfants ont gagné une procédure de compensation pour les victimes au tribunal, sur la base du fait qu'ils ont été témoins du meurtre d'Helen Karapidis à Hillsong Church. les enfants ont aussi assité à plsieurs autres meurtres d'enfants pendant le même office".

Aucune investigation à propos de ces témoignages n'a été menée par la police, dit Fiona Barnett. Par contre, les flics se sont acharnés sur les enfants et sur leur mère et ont tenté de détourner les soupçons de l'enlèvement vers le père Karapidis. Apparemment les pressions continuent: un des enfants témoins est aujourd'hui en prison, et a été arrêté juste après que sa mère ait pris contact avec la famille Karapidis.

 

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Cette affaire commence à être reliée au "Pizzagate", également par Fiona Barnett elle-même. Il est vrai que sur le fond, on a le même contexte. Parallèllement, l'Australie connait le même scandale sur les curés pédophiles qu'en Europe et aux Etats-Unis. Des dizaines de "religieux" sont tombés ces dernières années [6], des centaines de victimes ont témoigné devant une commission d'enquête, mais jamais il n'a été officiellement question de réseau. Cependant, on peut se demander combien de ces curés, insérés dans le réseau décrit par Fiona Barnett, figurent parmi ceux qui ont été condamnés en tant que prédateurs isolés.

Et en france, combien de ces curés pédophiles trempaient aussi dans d'autres genres de rituels? On est en droit de se poser la question, car il existe des témoignages de victimes qui mentionnent des prêtres présents lors de rituels gores, ou de rituels qui se déroulent de nuit dans des souterrains d'églises, qu'on rejoint par des tunnels pour ne pas attirer l'attention du voisinage.

L'affaire est à suivre, en tout cas je n'ai pas connaissance de plaintes contre Fiona Barnett, ou de procédures en cours. Derrière elle, de nombreuses autres victimes attendent d'être crues et prises en compte.

 

 

 


[1] Barnett appelle ce groupe le "Neuvième Cercle" (Ninth Circle), et selon elle il aurait été lancé par des immigrés nazis après la guerre. Justement, je constate qu'en Europe aussi, la plupart des réseaux du même acabit (ou plutôt le gros réseau VIP européen) remontent à la même époque.

[2] Selon Barnett, il y avait tout un réseau d' "églises" cachées, satanistes, avec au sommet de la hiérarchie de la zone de Sutherland à l'église Regina Coeli, et au niveau national à la St Mary Church à Sydney.

[3] Ce qui rappelle étrangement le délire du "spirit cooking" de l'affaire du pizzagate, dont on a parlé récemment.

[4] Comme la fameuse soirée de Marie-Hélène de Rothschild en 1972.

[5] Ledit syndrome, comme on le sait, a été inventé par Richard Gardner, un pédophile qui a gagné sa vie en défendant des pédophiles dans les tribunaux grâce à ce syndrome bidon, qui par ailleurs prend du plomb dans l'aile ces derniers temps, tant il est infondé. Et les psys comme Paul Bensussan, qui font leur beurre sur ledit SAP commencent et c'est tant mieux à se faire plus rares dans les médias.

[6] Plusieurs scandales ont concerné des établissements scolaires catholiques, avec parfois plusieurs curés impliqués. Certains d'entre eux cumulent plusieurs dizaines de victimes. C'est par exemple le cas pour Boystown à Engadine, que cite Fiona Barnett, où le curé Paul Evans est pour l'instant accusé d'avoir agressé 23 garçons dans les années 80. Une enquête sur l'existence d'un réseau pédophile dans cette "residential school" aurait été lancée en 2014, mais rien n'a abouti. Et le témoignage de Fiona Barnett n'a toujours pas été pris au sérieux, rien n'a été vérifié. De fait, en Australie comme ici, on ne connait encore que la partie émergée de l'iceberg.

 

23 décembre 2016

Témoignage d'Anneke Lucas, survivante du réseau pédophile Belge: Dutroux n'était pas un prédateur isolé.

2016-12-22 20_21_59-DébutIl y a deux ou trois jours, le témoignage d’Anneke Lucas a été diffusé sur le net. Cette Belge originaire de Bruxelles se présente comme une survivante de trafic sexuel, et a fondé en 2014 Liberation Prison Yoga afin d’aider d’autres victimes. Ce qu’elle raconte replonge directement dans la version hard de l’affaire Dutroux, c’est-à-dire la version non officielle, celle qui vise directement une élite de pédocriminels.

 

Anneke Lucas explique dans ce témoignage diffusé sur le site d’une sorte d’ONG, Global Citizen [1], qu’à 6 ans, sa mère l’a introduite dans un réseau pédophile, et témoigne afin de militer pour un changement des lois US, puisqu’elle vit à New York, en matière de trafic sexuel.

Elle raconte aussi les difficultés qu’éprouvent les victimes de ce type d’abus pour être reconnues, prises en compte et surtout aidées correctement.

Lucas a donc rédigé un court texte dans lequel elle fait le lien entre son vécu et le réseau pédocriminel de l’affaire Dutroux.

 

2016-12-23 14_29_40-The World & I_ Anneke Lucas - YouTubeInversion des valeurs

Dès qu’elle recevait un appel, sa mère qu’elle décrit comme une "psychopathe" la conduisait sur les lieux des abus. "Le chef de ce réseau pédophile était un ministre Belge. Les clients étaient des membres de l’élite. J’ai reconnu des gens à la télévision", écrit-elle. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée avec des dirigeants européens, et "même un membre de la famille royale", qui pourrait être Albert 2, le père du Roi actuel qui est beaucoup cité dans le dossier Dutroux, mais qu’elle ne cite pas.

Dans un texte de 2014, Anneke raconte : "Mes parents avaient l’habitude de me punir avec ces mots : "Je vais te réammener là-bas", avec le pouvoir de la vengeance. Mes parents me conduisaient, généralement les nuits de week-end, parfois pendant les jours d'école, partout où c’était demandé. D'habitude, je trouvais leur voiture garée à l'extérieur à l'aube, pour être ramenée à la maison, endormie et meurtrie. J'ai découvert auprès de mes abuseurs que mon «gardien» était payé comme les autres proxénètes ".

Vers son 6e anniversaire, en 1969, Lucas dit qu’elle a été amenée à une orgie dans un château, pour la première fois, et qu’elle y a été utilisée pour un "show" SM au cours duquel elle a dû manger des excréments humains.

Elle décrit "des aristocrates habillés en hippies", réunis dans une sorte de club, copulant les uns avec les autres au son de musiques psychédéliques, buvant et se droguant à qui mieux mieux. Les enfants étaient seulement des marchandises qui servaient à ces gens à se faire plaisir, de manière sadique évidemment. D’ailleurs, elle explique que "des aristocrates" faisaient partie de ce club, et que certains "aimaient tuer des enfants".

Anneke Lucas raconte qu’on l’a enfermée dans une cellule et qu’elle a dû regarder le corps d’un autre enfant assassiné, pour lui faire comprendre qu’elle devait se taire. La semaine, elle allait à l’école, où elle se montrait timide et renfermée. De nombreux enfants, selon elle, ont été tués dans ce réseau, juste pour le plaisir des dingues du gratin. Ce seraient "les enfants qui n’étaient pas assez appréciés" qui étaient tués.

2016-12-23 14_46_06-Incredible Story Of How A Child Trafficking Survivor Overcome The Horrific Past_Les abus avaient lieu généralement toute une nuit, chaque week-end. Anneke Lucas pense avoir été violée par environ 200 hommes en cinq ans.

Elle raconte que chez elle, elle ne recevait aucune attention, et que finalement c’est dans le réseau, dans les orgies, qu’elle avait un minimum d’importance. Quand elle a eu 10 ans, elle a rencontré un type de 20 ans ramené là par son père. Les deux se sont rapprochés, et Anneke Lucas explique "je n'étais plus d'aucune utilité au réseau et devais être tuée. Quand ma torture a commencé, il est resté à regarder, en riant".

Elle poursuit : "On m'a emmené dans une petite pièce et on m'a attachée sur une table de boucher. L'homme qui me torturait était l'un des accusés de l'affaire Dutroux, qui, quand elle a éclaté dans les médias en 1996, risquait de faire sauter le réseau pédophile belge. Mais huit ans plus tard, seul Marc Dutroux a été condamné à perpétuité. J'aurais dû mourir ce soir-là en 1974 sur cette table de boucher, mais ma vie a été sauvée à la dernière minute".

Ce qu’il s’est passé, apparemment, c’est qu’elle pensait devoir mourir ce jour-là (elle avait 11 ans), et que le jeune type, qui a pourtant été son pire abuseur durant un an et avait déjà tué plusieurs personnes[2], a négocié avec le politicien qui dirigeait le réseau afin qu’elle soit épargnée. Le deal était qu’il devait bosser pour le politicien afin d’étendre ses activités salaces, en échange de sa vie. Elle a été torturée plusieurs heures sur cette table, noircie par le sang des enfants passés là avant elle, et dit qu’elle en porte encore les cicatrices actuellement.

On l’a alors laissée partir : "Et j'ai été relâchée, pas tout de suite. Je devais passer par la pire expérience là-bas, ce qui signifie commettre la violence avant qu’on ne me lâche". On comprend que probablement, elle a été elle-même forcée à commettre un meurtre ce jour-là. En tout cas, en faisant cela, le réseau lui a imposé le silence, et Anneke Lucas ne parle de tout cela que depuis 2013.

Finalement, c’est ce jeune homme qui a été liquidé. "Dans ce milieu, toute once d'humanité est une faiblesse mortelle".

C’est après cela qu’elle a pu quitter le réseau[3], en suivant les conseils, les "instructions" très précises du type qui l’avait sauvée[4]. C’est-à-dire quitter la Belgique et éviter les pièges qui l’auraient fait retomber dans le même milieu[5].

 

anneke-interview-7-webL’oubli

Anneke Lucas a quitté la Belgique au début des années 80, d’abord pour travailler vers 16 ans comme hôtesse dans le quartier rouge d’Anvers, puis pour aller en France, puis à Londres et à New York où elle est arrivée en 1985.

Tous ces souvenirs ont disparu de sa mémoire. Jusqu’à un jour de 1988 où, à 25 ans, ça lui est revenu soudain en mémoire, violemment. Elle s’est dit alors que si c’était vrai, elle n’avait plus qu’à se tuer. Elle vivait alors à los Angeles, et a commencé le yoga et la méditation.

Mais, les souvenirs ont à nouveau été refoulés. Et c’est seulement après des années de thérapie qu’elle a pu remettre ses souvenirs en ordre.

Lucas a écrit un livre autobiographique sur une relation incestueuse d’une jeune femme avec son père qu’elle rencontre pour la première fois. Son père serait Frederic Devreese un compositeur né aux Pays-Bas et naturalisé belge. Sa mère serait alors Annie De Clerck.

Beaucoup pourraient prendre ce témoignage pour une fantaisie, un délire. Ce serait le cas pour moi aussi, si je tombais dessus sans avoir travaillé sur ces dossiers, sans avoir entendu et lu de nombreux témoignages qui seraient simplement hallucinants pour quelqu’un de « normal ».

Lucas a témoigné également dans une vidéo [6] (faite à l’américaine, c’est certain), merci aux collègues qui ont fait la traduction et les sous-titrages :


Anneke Lucas survivante du réseau pédocriminel... par JaneBurgermeister

(Je remets la vidéo, cette fois sur Dailymotion, puisque Uziel, l'avocat probablement gêné aux entournures qui a lancé cette campagne, a censuré la première, sur Youtube, pour "atteinte au droit d'auteur", alors qu'elle était seulement sous-titrée. ce genre de censure est autant contre productif que révélateur de la sensibilité du sujet. Cet "avocat" sur lequel on ne trouve quasi rien sur le net d'avant 2016, ne sait pas où il a mis les pieds, et cherche manifestement à se protéger)

Derrière cette histoire glauque mais beaucoup plus courante hélas que les gens "normaux" ne peuvent le penser, il y a la souffrance des victimes qui ne sont pas reconnues comme telles, et surtout qui doivent se débrouiller seules pour se construire et évoluer. Le mal-être est prégnant, et il est difficile de trouver des moyens de survie.

Anneke Lucas enseigne le yoga depuis 2010, en l’envisageant comme un moyen de thérapie, en organisant des ateliers dans des prisons.

Il serait intéressant d’en savoir davantage sur les faits survenus en Belgique. En même temps, les faits sont tous prescrits, et Lucas n’avait que de 5 à 11 ans quand les abus ont eu lieu.

 

hclbes0zyilxrholitetnd5pqyyojky3nj22paxddrtq1j7bc6czs28detadiaktOù l’on reparle de l’affaire Dutroux, version non officielle

Mais, ce témoignage venu d’Outre Atlantique pourrait bien remettre sur le tapis certaines questions liées à l’affaire Dutroux, et notamment ce tabou absolu qu’est devenue la "théorie" du réseau.

Une partie des faits racontés par plusieurs victimes de l’affaire Dutroux, celles qu’on a appelées les "témoins X", se sont déroulés à Bruxelles et dans les environs de Bruxelles. La plupart des victimes qui ont été entendues par la police ont parlé de soirées sadiques dans des châteaux, nombreux dans le pays.

Des politiciens et aristocrates ont également été cités, par plusieurs victimes pour certains d’entre eux, et ils étaient des personnages centraux du réseau, semble-t-il. Anneke Lucas dit que certains de ces tarés sont "puissants" au niveau mondial, et qu’ils tirent leur pouvoir des exactions qu’ils commettent. Cependant, elle pense que les politiciens et aristos auxquels elle a eu à faire, et qui n’ont jamais été inquiétés par la justice, sont tous décédés aujourd’hui.

Anneke Lucas décrit le même genre d’épisodes que Régina Loof, ce témoin X1 de l’affaire Dutroux, qui a été entendue à 17 reprises par les enquêteurs. Il s’agit d’expériences traumatisantes destinées à perturber l’enfant et à lui faire perdre ses repères : "j'ai été descendue dans une cave à charbon, c'était la cave d'une grande maison, avec deux hommes adultes, dont un était un politicien, un politicien célèbre. Et ils avaient une boîte en carton avec eux. Le politicien ne portait pas la boîte. Mais j'ai été emmené dans une cave avec des charbons à l'intérieur et il avait trois murs. Alors j'ai été mise dedans et on m’a jeté la boite. J'avais environ dix ans à l'époque, peut-être un peu plus jeune. Et il y avait des insectes à l'intérieur et ils avaient des pinces, ils m’ont pincée partout et j‘ai crié ".

Des victimes de MK ultra aux USA ont décrit elles aussi ce genre d’actes, comme d’autres classiques du type tuer un animal devant l’enfant, après qu’il s’y soit attaché.

Anneke dit qu’elle n’a jamais cité les noms de ses agresseurs, car elle ne veut pas "être tuée". Elle évoque l’affaire Dutroux dans une interview en février 2015 : "Il s'agissait d'un procès d'un homme appelé Dutroux, qui a dit qu'il avait des amis haut placés qui avaient kidnappé des enfants, et qui était en fait un souteneur pour ce réseau, il délivrait des enfants. Mais au lieu de s'infiltrer dans les familles, les familles incestueuses généralement, souvent les familles pauvres, et d'obtenir les enfants, il a commencé à kidnapper des enfants". Elle rappelle que Dutroux est "le seul qui est allé en prison à vie" dans cette histoire, et que même Nihoul [7] s’en est tiré.

2016-12-23 14_59_41-(64) Anneke LucasElle dit qu’elle a croisé Nihoul lors des abus qu’elle a subis : "j'ai été confrontée à Jean Michel Nihoul, qui était l'une des personnes là-bas". Pour Lucas, Nihoul était "un intermédiaire", ce qui est largement confirmé dans le dossier. Elle précise aussi que comme sa mère était une maquerelle, elle-même n’a pas vraiment eu à faire aux intermédiaires.

Comme Régina Louf, elle explique que beaucoup de filles qui vieillissaient un peu tombaient enceintes et étaient simplement tuées.

Sur Facebbok, où elle a posté son témoignage, Anneke lucas a écrit ce 23 décembre : "Les commentaires sur ce fil révèlent que les temps ont changé. Il y a quelques dissidents et mécréants, tous contrecarrés et éduqués par la majorité. Il y a plus de compréhension sur le sujet maintenant que jamais - sur les multiples raisons pour les victimes de garder le silence au lieu de parler, et sur les attaques contre les victimes. Cela me donne de l'espoir".

 

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L’affaire Dutroux est probablement close à jamais, les délais de prescription aidant. Mais de nombreuses victimes ont et auront encore besoin de s’exprimer même si elles n’obtiendront jamais justice.

Le témoignage d’Anneke Lucas est tout à fait crédible, même si on ne pourra jamais le corroborer. Pour cela, il faudrait une enquête sérieuse, des recoupements, de nombreuses auditions de témoins que personne dans l’establishment n’a envie d’entendre.

Ce témoignage montre en tout cas qu’on a beau étouffer les dossiers les plus sordides, il reste toujours des victimes, dont certaines sont en état de parler. C’est ce qu’il arrivera aussi, chez nous, avec l’affaire d’Outreau.

J’espère que d’autres victimes parleront publiquement, même sans citer de noms, pour dire que oui, en Belgique un réseau pédocriminel d’élite est resté impuni. Et pour aider les autres victimes à se reconstruire.

 

La page Facebook d’Anneke Lucas : https://www.facebook.com/anneke.lucas.7

Ajout du 25/12/16: en regardant à nouveau la page Wikipedia d'Anneke Lucas, je constate que la mention de son père est effacée. Idem sur la page de Frederic Devreese: la page a été modifiée et on a effacé la mention d'Anneke Lucas comme étant sa fille. PCar finalement on ne serait pas certain qu'elle soit bien sa fille.

2016-12-25 22_42_20-Frédéric Devreese_ Difference between revisions - Wikipedia



[1] Il s’agit d’un groupe monté pour défendre un tas de valeurs comme la santé, la lutte contre la pauvreté, l’enfance, les droits des femmes, l’environnement, la citoyenneté, et qui est financé par le privé. Le but est de créer « le plus grand mouvement mondial pour l’action sociale ». Parmi les principaux « partenaires », on trouve la fondation Bill et Melinda Gates, Caterpillar, MSNBC, le cabinet Johnson & Johnson, Youtube, HP… Au conseil d’administration, on retrouve aussi la fondatrice du Huffington post et divers dirigeants de cabinets d’avocats, de cabinets de placements ou de multinationales.

[2] Anneke raconte que ce type qui devait avoir 20, 21 ans, a été lui-même abusé et même mutilé par ses parentson père qui l’a retrouvé au lit avec sa mère (il boitait et Anneke dit qu’il lui a fait subi la même chose en la poignardant à la jambe, de manière à ce qu’elle boîte elle aussi). Selon elle, son seul moment d’humanité a été quand il a négocié pour la sauver. « Pour connaître son histoire, j'ai également découvert plus tard qu’il a été impliqué dans des choses très sombres, et avait tué beaucoup de gens ».

[3] Elle explique qu’après ce jour-là, sa mère a continué les abus mais n’a plus pu la ramener dans le réseau. Apparemment, cela l’a rendue encore plus mauvaise, et pas seulement parce qu’elle ne touchait plus cet argent de la prostitution de sa fille, mais parce qu’elle perdait du pouvoir sur elle. C’est vers 14 ou 15 ans qu’Anneke a définitivement quitté sa mère. Selon elle, sa mère a été victime elle aussi d’abus sexuels important, car elle en portait tous les traumatismes, même si elle n’en a jamais parlé. Sa mère avait perdu sa propre mère à l’âge de 5 ans, en 1945.

[4] Parmi ces conseils, il y avait quitter le pays, mais aussi ne pas céder à la prostitution, ne pas prendre d’argent d’un homme.

[5] D’ailleurs, à 18 ans, un « grand réalisateur français » lui a dit qu’elle pourrait devenir célèbre, mais elle n’est pas tombée dans le piège.

[6] La vidéo a été réalisée dans le cadre de la campagne « Real Woman, real stories », pour alerter sur la condition des femmes et les discriminations qu’elles subissent. La campagne a été lancée en mars 2016 lors de la « journée de la femme » et est constituée de courtes vidéos d’interviews très émotionnelles, peut-on dire vu d’ici, de femmes ayant subi des agressions en tant que femme ou enfant. Personne aux USA ne semble connaitre l’affaire Dutroux, du coup ça n’a pas l’air de rebondir sur la question. Cette campagne a été lancée, semble-t-il, par un certain Matan Uziel, avocat  et « producteur » qui militerait pour les droits des femmes, et sur lequel on trouve peu d’infos.

[7] Nihoul était en fait le pivot entre les délinquants type Dutroux qui faisaient les basses œuvres, et la clique de tarés puissants qui tiraient les ficelles. Le réseau ne faisait pas que dans le trafic d’enfants : il y avait aussi le trafic de drogue, de voitures, d’armes, et des connexions avec les tueries du Brabant.

22 décembre 2016

Angleterre: encore un réseau-pédophile-qui-n'existe-pas à l'orphelinat de Shirley Oaks?

2016-12-22 00_18_38-Début700 victimes de l'orphelinat de Shirley Oaks, à Londres, se sont regroupées dans une association afin d’obtenir justice pour les abus qu’ils ont subis enfants. La Shirley Oaks Survivors Association (SOSA) regroupe aussi les témoignages des victimes, qui dénoncent l’existence d’un vaste réseau pédocriminel d’exploitation des enfants, qui opérait dans les orphelinats de l’arrondissement de Lambeth à Londres.

 

Les enquêtes sur le réseau pédophile VIP sont étouffées les unes après les autres, et finalement aucun politicien anglais n’est mis en cause par la justice. Un véritable tour de force.
Tous seraient donc innocents, doit croire le grand public.

Oui mais voilà : des centaines de victimes des orphelinats d’un arrondissement londonien dont on a déjà beaucoup parlé, Lambeth, se rebiffent.

 

Retour sur le Lambeth des années 80

En 1992, trois travailleurs sociaux des orphelinats de Lambeth sont renvoyés au tribunal pour des viols et agressions sexuelles commises sur des enfants dont certains étaient à la charge de services sociaux.

En 1993, il est question de "centaines" de garçons de Southvale, West Norwood, et quatre autres orphelinats de Lambeth, qui seraient tombés entre les mains d’un réseau de production de pédopornographie. Trois types ont été arrêtés et immédiatement relâchés sous caution.

La même année, Bulic Forsythe, responsable des services sociaux de Lambeth, est assassiné après avoir commencé à regarder de plus près ce qu’il se passe dans les orphelinats du secteur et menacé de tout balancer. Il suivait la piste d’un réseau de pédopornographie qui tournait des films dans les locaux des services sociaux de Lambeth, et était tombé sur des politiciens, des flics et des employés du conseil. Il a été tué dans les heures après avoir annoncé son intention d’exposer le dossier. Le lendemain de sa disparition, alors qu’on a retrouvé son corps deux jours après, des voisins ont vu des types emporter des documents de chez Forsythe.

Sari Conway, qui a été chef du conseil de Lambeth en intérim, a dû quitter son domicile, puis son poste, suite à des menaces qui ont commencé quand elle démarré une enquête interne sur les faits d’abus sexuels.

2016-12-22 00_21_21-Début3En 1995, il est question de pédopornographie réalisée dans les locaux du conseil de Lambeth, monté avec les ordinateurs du conseil, par des employés du conseil. Mais aucun film n’aurait été trouvé.

Cette année-là, une femme victime d’abus dans ces mêmes orphelinats lorsqu’elle y a travaillé [1] manque d’être brulée vive par un type, alors qu’elle avait entamé une procédure contre un des agresseurs. Cette femme avait dit avoir été violée par plusieurs membres du conseil de Lambeth, de manière ultra violente, dans les sous-sols du conseil de Lambeth, et cela en même temps que des enfants et des animaux. Elle avait déjà subi diverses menaces auparavant.

Malgré la tentative d'immolation, elle a décidé de maintenir sa plainte, et là un type est entré chez elle de nuit et l’a aspergée d’essence sur le lit où elle dormait. Elle en a réchappé de peu.

En 1995, l’ensemble des orphelinats de Lambeth est fermé.

En 1997, la presse de ce grand arrondissement du sud de Londres, situé pas très loin de Pimlico, a relaté la découverte d’un donjon de tortures au sein même du commissariat. Ledit donjon était tout équipé, avec menottes, chaînes, lumière rouge et instruments divers. Ce sont des employés civils de la police qui avaient raconté l’histoire avant de tous se faire virer.

Scotland Yard est quand-même passée voir de quoi il retournait. On a donc regardé les nombreux contenus pédopornographiques qui étaient conservés dans le commissariat, ce qui a permis de voir que des enfants des orphelinats des alentours étaient amenés dans ce commissariat pour y subir diverses agressions. Apparemment, plusieurs officiers prostituaient carrément ces enfants dans le commissariat. Mais finalement les autorités ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve que des flics étaient impliqués, ni que des abus ont pu être commis dans ce donjon.

Le policier Clive Driscoll a alors été nommé sur cette affaire, mais quand son enquête l’a mené sur la piste de politiciens, il a été muté hors de Lambeth. Driscoll avait cependant compris que les 25 orphelinats de Lambeth, sous la responsabilité du conseil local, abritaient un réseau de pédocriminels, et il avait une liste de suspects, parmi lesquels figuraient des politiciens locaux et nationaux.

_3421022_origIl semble que "beaucoup de gens haut placés tentent d’éteindre cette enquête", confiant un responsable de la protection de l’enfance en 1998. Et Scotland yard a tout fait pour clore l’enquête de Drsicoll au plus vite, pendant que la Metropolitan police tentait de décrédibiliser une lanceuse d’alerte, Anna Tapsell[2], qui tentait d’avoir des explications sur le cas d'un certain Michael John Carroll.

En 1999, ledit Carroll, ex employé des services sociaux de Lambeth, qui dirigeait l’orphelinat de Angels Road[3] (malgré une condamnation pour des faits de pédophilie en 19664), a enfin été inquiété pour quelques agressions sexuelles pour lesquelles il a pris 10 ans de prison – et il est sorti en 2004 après moins de 6 ans de taule. Quand il a été arrêté, un député travailliste a tenté de faire pression sur la police pour que l’enquête soit abandonnée. Et quand Carroll est sorti de prison, il est parvenu à payer cash un hôtel pour 725.000£ et une maison pour 500.000£, alors que son salaire à Lambeth était relativement modeste.

Une travailleuse sociale de Lambeth, Libby Blake, a expliqué à Driscoll que "Carroll était seulement le sommet de l’iceberg. Les orphelinats étaient un terrain de jeux pour les riches et les puissants depuis des années". Et selon cette femme, Anna Tapsell était la seule responsable à Lambeth qui allait lui dire la vérité.

En 2000, suite à l’opération Middleton[4], on parle de 40 pédophiles qui travaillaient dans les orphelinats de Lambeth. Tous considérés comme des prédateurs isolés, cela va sans dire[5]. A ce moment, les flics estiment qu’il doit y avoir environ 200 victimes d’abus dans l’affaire des orphelinats de Lambeth. En 14 mois d’enquête, seulement cinq types et deux femmes ont été arrêtés.

A l’époque, certains travailleurs sociaux qui avaient enquêté sur Carroll savaient bien que l’affaire des orphelinats de Lambeth ne se limitait pas à Lambeth, et avait des ramifications au Pays de Galles et dans d’autres orphelinats du pays et de Londres (notamment à Islington). Les enfants étaient envoyés d’une région à l’autre, entre des orphelinats aujourd’hui connus pour avoir été des lieux d’abus à grande échelle. Mais, pour protéger les politiciens impliqués, toute l'affaire a été étouffée.

En janvier 2011, un flic de Lambeth a été condamné pour production et diffusion de pédopornographie (à 4 mois de prison !). On ignore combien de films ont été tournés à Lambeth ou même dans le commissariat, et le type, Jordan Janssen, a refusé de donner les noms des autres flics impliqués[6].

 

2016-12-22 00_12_35-Contrôle du volumeObtenir justice, le rêve fou des victimes

L’association des victimes de Shirley Oaks a réussi à gagner au civil, et pas moins de 40 millions de livres seront débloquées par le conseil de Lambeth (donc les contribuables évidemment) en guise de compensation pour les victimes. C’est la plus grosse somme qui a jamais été versée dans ce type de dossier : même les 160 victimes reconnues des orphelinats du Pays de Galles n’ont touché que 3 millions, et les 166 victimes officielles de Jimmy Savile n’ont eu que 2,3 millions de livres à se partager, ponctionnés sur ses biens.

Un rapport réalisé par l’association sur ce dossier affirme que le réseau pédophile comptait une soixantaine de pervers qui se rendaient dans les orphelinats du coin : médecins, profs, flics, entraineurs de sports (dont Eddie Heath, un coach de foot cité dans le dossier des pédophiles dans le monde du foot anglais), employés du conseil de Lambeth ou encore prêtres.

Ledit rapport précise aussi que les responsables du conseil ont étouffé les plaintes, et que les flics ont eux aussi couvert le réseau, permettant aux violeurs d’échapper à la justice. Les victimes rappellent d’ailleurs que Carroll ou Leslie Paul, deux pédophiles condamnés pour faits à Angels Road, un orphelinat géré par le conseil de Lambeth, avaient de nombreux liens avec la Met, la police Metropolitaine.

Par ailleurs, 48 enfants sont morts[7] entre 1970 et 1989, alors qu’ils étaient entre les mains des sévices sociaux de Lambeth, dont 20 étaient des victimes d’abus à Shirley Oaks, l’un des orphelinats de Lambeth.

Les abus auraient commencé à une échelle industrielle dès les années 50.

2016-12-22 00_20_39-Début2Au fil des années, pas moins de 15 rapports ont évoqué les abus sexuels commis sur les enfants des orphelinats de Lambeth. Il ne s’est, évidemment, rien passé.

Le rapport de SOSA affirme aussi que Jimmy Savile, qui avait l’habitude de visiter des orphelinats dans tout le pays, a violé des enfants de Shirley Oaks. Il venait le soir ou la nuit, parfois seul mais souvent accompagné.

Les abus n’ont pas eu lieu qu’à Shirley Oaks, qui était un orphelinat géant avec des maisonnettes disséminées dans un grand parc, fermé en 1983, mais aussi dans les autres orphelinats de Lambeth (Angel Road ou South Vale, qu’on a déjà évoqués), dit le rapport, confirmant par là ce qu’on savait déjà depuis longtemps. Une bonne partie des pédos sont encore en vie et, manifestement, encore protégés.

Dans les années 2000, alors que c’est interdit, le conseil de Lambeth a détruit 140 dossiers d’enfants à charge des orphelinats locaux.

Aujourd’hui, on est censés croire que six enquêtes sont en cours sur les abus à Shirley Oaks. Mais on commence à avoir l’habitude : l’enjeu sera surtout de détruire les preuves et de faire taire les victimes.

Durant une période à l’époque des abus, les orphelinats de Lambeth étaient dirigés par Janet Boateng, la femme de Paul Boateng, politicien du labour qui a été ministre de la Santé puis de l’Intérieur et de l’Economie de Tony Blair, nommé conseiller de la Reine en 1999, puis ministre de la Jeunesse en 2000, et qui est aussi cité dans une liste de membres d’un culte satanique [8]. Boateng a aussi joué un rôle actif dans la politique Every Child Matters, une réforme des services de l’enfance qui a finalement industrialisé le placement abusif d’enfants.

2016-12-22 16_35_34-Two boys 'murdered' at Croydon children's home Shirley Oaks and 'buried in nearbD’ailleurs, dans la retranscription des auditions de victimes de Shirley Oaks pour la « grande enquête indépendante » sur les abus étouffés, c’est Paul Boateng qui est désigné comme étant le politicien du Labour, futur ministre, grand ami de Carroll, qui venait violer des gamins le soir, et allait et venait à sa guise dans l’orphelinat d’Angels Road. Il a même signé plusieurs fois le registre des visites mais nie avoir jamais connu Carroll.

C’est aussi Boateng qui aurait tenté d’intervenir pour que Carroll et sa femme puissent devenir des familles d’accueil. Pas de bol, c’est justement cette procédure, qui n’a pas abouti en raison de sa précédente condamnation en 1966, qui a mené certains membres du conseil à regarder de plus près qui est Carroll.

Il existerait une photo de Carroll avec Boateng, mais celle-ci aurait disparu après avoir été donnée aux flics par un témoin, dans les années 90.

Carroll était aussi dans les années 80 l’un des piliers de l’Association of Combined Youth Clubs (ACYC), qui était semble-t-il un repère de pédophiles (plusieurs membres ont été condamnés). Ca a commencé à sa savoir franchement dans les années 90 seulement, mais au regard des personnalités qui y ont contribué, comme la princesse Anne ou Paul Boateng, justement, on aurait pu s’interroger avant.

L’ACYC, créée en 1977, était connectée à l’église catholique (qui en Angleterre aussi essuie des centaines d’accusations d’abus sexuels dans ses écoles et orphelinats), mais aussi à des politiciens en vue et des flics. La princesse Anne était la marraine de l’association, et le présentateur vedette de la BBC (autre réseau pédophile) David Dimbleby en était le directeur, au moins jusqu’en 1990.

L’association organisait des camps de vacances pour les enfants de divers orphelinats. D’après au moins un témoin, Boateng venait y rejoindre Carroll et les dizaines d’enfants qui partaient avec lui. C’est d’ailleurs une photo de Boateng et Carroll à un de ces camps d’été qui a disparu de chez les flics.

Au moins 124 enfants des orphelinats de Lambeth ont été expédiés dans d’autres orphelinats dans le pays, notamment au Pays de Galles où opéraient aussi des réseaux pédophiles, tous plus ou moins reliés entre eux.

En 1986, la presse évoqué le procès d’un travailleur social de Lambeth qui prostituait des garçons (une vingtaine avaient été identifiés) à Picadilly Circus, haut lieu de la prostitution de mineurs à l’époque, pour des hommes d’affaires, souvent étrangers paraît-il. La même année, un gamin handicapé de 12 ans parle à sa mère des nombreux abus qu’il a subis dans un foyer de Lambeth pour enfants handicapés. Le gamin avait été menacé de mort s’il parlait. L’enquête a été vite close et personne n’a été arrêté bien que les abus aient été confirmés par des médecins. Fermer le dossier était d’autant plus facile que d’autres victimes dans ce même foyer étaient incapables de parler.

Finalement dans les années 90 on a fait un peu mine de prendre le problème en main, en cherchant des victimes et quelques coupables. Pendant dix ans, ça remue un peu en disant qu’il faut une grande enquête, quelques investigations sont même menées. Qui n’ont bien-sûr abouti à rien.

 

sosa1Et aujourd'hui?

Un écrivain passé par Shirley Oaks entre 1966 et 1978, Alex Wheatle, a parlé des abus sexuels qu’il y a subis, des types qui venaient la nuit dans l’orphelinat, des camarades suicidés, des enquêtes qui n’ont rien donné ou presque. Weathle a dit qu’il était « certain » qu’un réseau pédophile opérait à Shirley Oaks, qui a fermé en 1983, et que les autorités étaient parfaitement au courant.

Suite à ces déclarations, en 2014, d’autres anciens résidents de l’orphelinat, dont un qui a écrit un livre sur l’histoire de Shirley Oaks, oubliant de mentionner les abus sexuels, ont dit que les lieux étaient un vrai paradis pour les enfants. Puis d’autres encore ont décidé de dénoncer publiquement les abus qu’ils ont subis, par le staff et par des visiteurs nocturnes de l’orphelinat. C’est là que l’association a commencé à se mettre en place.

Bref, là encore on a de l’info et de la contre-info, comme cela devient le cas de manière assez systématique ces derniers temps. La contre-info venant de la presse commerciale.

Ces victimes ont dit clairement qu’elles n’avaient aucune confiance dans la justice, et qu’elles iraient au bout dans leur dénonciation des faits. En novembre, SOSA a dénoncé la "grande enquête indépendante sur les abus sexuels contre les enfants", qui en est à son quatrième chef suite à trois démissions successives et n’a pas avancé d’un iota depuis son lancement en 2014[9]. Et l’association a quitté le panel de ladite "grande enquête" en claquant la porte. Les victimes de Jersey avaient fait de même, et beaucoup d’autres victimes ont décidé de ne pas s’investir une fois de plus dans une usine à gaz qui n’a clairement pas pour but de faire la lumière sur ce qu’il s’est passé.

Le rapport préparé par l’association identifie pas moins de 60 pédocriminels qui ont abusé d’enfants à Shirley Oaks. On est donc bien loin des trois misérables –et vagues- condamnations de l’opération Middleton. 680 victimes se sont fait connaitre.

On a appris le 20 décembre qu’une enquête allait être rouverte, sur la disparition d’un adolescent de Croydon, la ville juste à côté de Lambeth, il y a 30 ans. En 1986, Kevin Hicks a disparu pas loin de Shirley Oaks alors qu’il était sorti faire une course. Aujourd’hui, la police pense qu’il a peut-être été assassiné par un pédophile, et qu’il avait en réalité rendez-vous avec la personne qui l’a enlevé[10] et avec qui il était certainement en contact depuis un moment.



[1] Cette travailleuse sociale avait porté plainte contre des responsables politiques de Lambeth

[2] Tapsell a aussi eu la visite de deux types des renseignements à son domicile, venus lui dire de ne pas se mêler des affaires d’abus sexuels sur les enfants des orphelinats de Lambeth.

[3] Un politicien travailliste, futur ministre de Blair et jamais nommé publiquement a été vu se rendant au Angels Road Childrens home au moins quatre fois en trois mois, à l‘époque où Carroll le dirigeait. Les deux passaient des soirées entières dans l’orphelinat, et emmenaient des enfants dans une annexe où plusieurs victimes ont dit que des abus se déroulaient. Mais les flics, excepté Driscoll, ont estimé que c’était n’importe quoi. Des policiers venaient aussi, ainsi que des éducateurs d’autres orphelinats de Lambeth. Le politicien faisait même sortir des enfants de l’orphelinat, seul ou avec Carroll.

[4] L’enquête ne portait que sur des abus commis entre 1974 et 1994, comme si tout avait cessé brusquement, alors que l’impunité était de mise et qu’on sait que les viols ont commencé au moins dans les années 60. De plus, alors qu’en principe elle visait à étudier 120 accusations différentes, l’opération Middleton a été refermée prématurément. Ladite enquête était pourtant censée porter sur un énorme réseau pédophile implanté dans l’ensemble du pays. Après 5 ans d’ « enquête », l’opération Middleton n’a débouché que sur 3 condamnations . 19 abuseurs n’auraient pas pu être identifiés, et 16 étaient morts. Une victime de Shirley Oaks a dit qu’au lieu d’être focalisée uniquement sur des faits survenus dans la piscine de l’orphelinat, l’enquête aurait du s’intéresser à ce qu’il se passait dans les 34 « bungalows » où étaient répartis les enfants.

[5] Pourtant, les enquêteurs avaient compris que plusieurs abuseurs étaient reliés entre eux et s’échangeaient des victimes et du matériel pédoporno.

[6] Apparemment, des contenus pédopornographiques ont d’abord été retrouvés au commissariat. En les visionnant, des enquêteurs ont compris que des enfants des orphelinats du coin étaient violés dans les locaux du commissariat et filmés, et pensaient que plusieurs officiers « louaient » ces gamins. Clive Driscoll a été d’abord nommé sur cette affaire, puis Scotland Yard a repris le dossier en main.

[7] Parmi ceux-ci, deux garçons tués à Shirley Oaks, qui ont été enterrés dans un bois d’un golf à côté. Le policier Clive Driscoll a eu cette même information par une autre source, en 1998. Il y a aussi cet ado de 15 ans retrouvé pendu en 1977 dans l’orphelinat, qu’on pense être un meurtre. Deux ans plus tôt, ce jeune, Peter Davis, a été témoin lors d’un procès pour viol dans un autre orphelinat, Old Bailey. Quand en 2003, des journalistes ont cherché à obtenir les minutes du procès et les documents relatifs à l’affaire, ils ont appris que le secret avait été imposé pour 100 ans. Ce qui signifie que ces documents pourraient mettre en cause des politiciens et hauts fonctionnaires toujours en vie.

[8] Boateng a démarré sa carrière politique en 1981 comme conseiller municipal. Puis il a été "responsable des questions de l'enfance" pour l'Union Européenne lors de la présidence britannique en 1998, et ambassadeur en Afrique du Sud de 2005 à 2010. Il a été anobli en 2010 grâce à l’appui du pédophile Lord Greville Janner (qui vient d’échapper aux poursuites) et passe pour un militant des droits de l'homme. D'après le document, il a été cité par plusieurs victimes comme étant un membre du réseau. Aujourd'hui, Boateng est directeur non exécutif d'Aegis Defense Services, une boite de sécurité militaire privée. Au sujet de Boateng, on note également que l’un de ses fils a failli échapper à des poursuites pour viol. En 2006, il avait été acquitté du viol d’une adolescente en Afrique du Sud. Apparemment, le fils Boateng pense être au-dessus des lois grâce à ses parents, et a même accusé la victime de l’avoir cherché. Il a finalement pris 3 ans de prison.

[9] En réalité, la « grande enquête » a surtout permis de clore des enquêtes vaguement ouvertes, de décrédibiliser des victimes et de blanchir des VIP incriminés. Au final, on peut s’attendre à ce que la conclusion de cet étouffoir en règle soit qu’il n’y a jamais eu de réseau pédophile, et encore moins de VIP impliqués dedans.

[10] Dans les cas où des ados disparaissent pour se retrouver dans des réseaux pédophiles, on sait que souvent la victime était déjà en contact avec ses agresseurs depuis un moment. C’était le cas par exemple de Christine van Hees ou de Sylvie Carlin dans l’affaire Dutroux, et probablement de Manuel Schadwald en Allemagne.

14 décembre 2016

Pizzagate: le prétexte pour une censure généralisée du web?

2016-11-28 22_39_251Tiens, les médias en chœur parlent d’une "rumeur" de réseau pédophile autour de Clinton, John Podesta son ex directeur de campagne, et d’une pizzeria de Washington. Ladite "rumeur" enfle sur le web depuis le début du mois de novembre. Quand l'ensemble des médias commerciaux juge utile de dénoncer une "rumeur" et de réclamer un "contrôle" du flux d'informations, le sujet mérite qu'on y regarde de plus près. 

 

"C'est l'affaire qui enflamme une partie du web américain. Depuis plusieurs semaines, une pizzeria de New York, le Comet Ping Pong, est suspectée par des internautes de cacher un réseau pédophile de trafic d'enfants", lisait-on le 26 novembre sur le site de RTL.

Quand je liste les qualificatifs censés nommer ceux par qui le scandale arrive ("sites de désinformation à tendance complotiste", "internautes conspirationnistes pro-Trump" en gras dans le texte), je me dis qu’il faut vraiment creuser cette histoire qui semble faire tellement peur au système. Et beaucoup m'ont demandé ce que je pensais de cette histoire qui enflamme le web depuis plusieurs semaines, et désormais les médias traditionnels, y compris en france.

C’est le New York Times qui avait commencé, le 21 novembre. "Quelques jours avant l’élection [présidentielle], James Alefantis, le propriétaire d’une pizzeria de quartier appelée "Comet Ping Pong" " a remarqué une augmentation inhabituelle de ses abonnés sur Instagram". Puis, lui et ses employés ont reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux. On l’accusait d’héberger "un réseau pédophile dirigé par Hillary Clinton et son chef de campagne John Podesta" dans sa pizzeria.

C’est un article intitulé "Pizzagate: How 4Chan Uncovered the Sick World of Washington’s Occult Elite" (Pizzagate : Comment 4Chan a découvert le monde malade de l’élite occulte de Washington) qui a mis le feu aux poudres sur le net. Mais tout ce qu’il y a dans cet article est faux, nous expliquent les médias de masse, sans plus d'argument sinon la parole d'Alefantis.

2016-11-28 22_51_36-Nouvelle notificationEn lisant l’article du New York Times, on ne comprend pas bien sur quoi se basent les accusations contre Alefantis et sa pizzeria, si ce n’est qu’elles se fondent sur des emails publiés par Wikileaks durant la campagne.

Dès le 4 novembre, le Washington Post tentait d’éteindre la "rumeur" (ou de la faire enfler) avec un article intitulé "Non, John Podesta n’a pas bu des fluides corporels au cours d’un diner satanique secret".  Pendant un mois, une énergie considérable a été dépensée pour dire partout qu'il n'y avait aucun fondement aux "rumeurs" du pizzagate.

Et puis  voilà que dimanche 4 décembre, en plein service, un type armé est entré dans le Comet Ping Pong : "Une fois devant la porte de l’établissement, l’homme de 28 ans a pointé son arme sur un employé qui a réussi à s’enfuir et à prévenir la police, relate le Washington Post. Selon la police, il a tiré à au moins une reprise. Personne n’a été blessé. L’homme arrêté a dit aux autorités avoir voulu lui-même enquêter sur le " pizzagate"."

Voilà qui devrait donner du grain à moudre aux tenants des théories officielles, du circulez-y-a-rien-à-voir, de ceux qui n’aiment pas qu’on mette en cause les puissants. La cerise sur le gâteau de la manipulation, en quelque sorte.

Car évidemment, tous les médias commerciaux ont repris l'info et vivement dénoncé la "désinformation", le "délire viral", les "fausses informations" qui ont mené à ce "faits divers".

2016-12-06 22_04_41-DébutOn sent comme un agacement de la part de la Pravda, les médias mainstram qui ne racontent que la vérité, c'est bien connu, et surtout TOUTE la vérité. Le prétexte du pizzagate tombe à pic, en tout cas, pour tenter de recadrer sérieusement la "liberté" d'expression qu'il reste encore sur les réseaux sociaux.

Aini, on nous explique que le type qui était entré armé au Comet Ping Pong pour y rechercher des tunnels et tirer, semble-t-il, plusieurs balles dans le sol, avait lu les infos qui circulaient sur le net : "Rapidement interpellé par la police, le suspect a en effet affirmé avoir fait la route depuis la Caroline du Nord où il réside pour mener l'enquête sur le "pizza gate"", explique Le Figaro.

Le type, Edgar Maddison Welch, a déclaré être venu armé de Caroline du Nord afin de libérer les enfants qui, d'après ce qu'il avait lu sur internet, se trouvaient enfermés au Comet Ping Pong. Je dois dire que cette version m'étonne, car à moins d'être débile, on ne se pointe pas tout seul -même avec trois armes- pour libérer des otages de trafiquants. Mais, d'après les tenants du pizzagate, Welch serait un acteur, envoyé pour jouer la comédie.

L'assaillant risque jusqu'à 5 ans de prison.

Le patron de Reddit, un média pourtant habitué au scandale, a même fini par censurer toute discussion autour du pizzagate sur son site.

On est d'ailleurs obligé de constater qu'il y a eu un nettoyage du web au sujet de cette affaire: de nombreux sites ont désactivé des pages évoquant le pizzagate, dont certains étaient relativement bien sourcés.

Et, alors que la "rumeur" vient clairement de ses supporters, Trump vient de virer de son équipe le fils de l'ancien général Michael Flynn, parce qu'il a "relayé des théories conspirationnistes", nous dit Le Figaro le 7 décembre, reprenant le New York Times, qui s'est fait l'écho de cette nouvelle. Ledit fils, d'après un communiqué de l'équipe Trump, "aidait un peu [son père] avec des questions de programmation d'agenda et des tâches administratives. Mais ce n'est plus le cas".

Sa faute était d'avoir relayé sur Twitter des "fausses informations" au sujet de la mère Clinton, ce qui, rappelle le média US, a mené "à une confrontation armée dans une pizzeria de Washington". Etrangement, le père a diffusé le même genre d'infos sur Clinton,mais lui n'est pas dans le collimateur, ou du moins pas publiquement. Il faut dire qu'il est le conseiller à la sécurité nationale de Trump dans son "gouvernement de transition".

Au même moment, c'est Hillary en personne qui a tenté de calmer le jeu: "Il est désormais évident que les fausses informations peuvent avoir des conséquences dans le monde réel. Des vies sont menacées, la vie de gens ordinaires qui ne font que leur travail ". Pour elle, "C’est un danger qui doit être traité, et traité rapidement".

Voilà donc, à l'heure actuelle, ce qui est la version qu'on pourrait qualifier d' "officielle" de l'affaire du "pizzagate".

 

David Brock James Alefantis-SAlefantis et David Brock

Alors que les médias officiels nous répètent en chœur que "tout est faux" dans la version des faits diffusée sur le net, voyons qui est Alefantis, la pauvre victime de cette cabale soi-disant sortie de nulle part.

Si Alefantis connait des personnalités du parti démocrate parmi lesquels John Podesta qui est l’un de ses clients, il n’aurait jamais rencontré Hillary et il n’a rien à voir avec le trafic d’enfants. Il a donc demandé, et manifestement obtenu, un nettoyage du web sur le sujet. Notamment un site qui renvoyait vers la page des donateurs de la campagne électorale, où on voit qu'Alefantis a donné 8.000$ à diverses structures liées au parti démocrate, dont "Friends of Hillary" ou "Hillary Clinton for President", qui récupéraient des dons pour la candidate.

D'ailleurs, Hillary l'a chaleureusement remercié pour avoir participé à une soirée de levée de fonds avec les frères Podesta, comme le montre la lettre qu'il a publiée sur Instagram. Apparemment, Alefantis est allé quatre fois à la maison Blanche, toujours en fin de journée, en 2012, et une fois en 2014. Mais peut-être qu'il livrait ses pizzas?

Comet Ping Pong, son resto, a été créé en 2006 à Washington DC, par Alefantis et Carole Greenwood. Le duo tenait aussi le Buck’s Fishing and Camping, ouvert en 2003 et situé pas très loin, et Greenwood officiait au départ en tant que copropriétaire et chef. Dès 2006, Greenwood se retire de ce business.

Une salle privée permet de faire des soirées privées à Comet Pizza, mais des concerts s’y déroulent aussi. D'après le site du restaurant, il y aurait même des "salles de bains cachées derrière des panneaux secrets" (bathrooms hidden behind secret panels). C'est un commentaire d'un chroniqueur du Washington Post, David Sax, qui le dit. Car le Comet Ping Pong est encensé unanimement par les critiques des divers journaux du coin.

Alefantis est aussi actif dans le monde de l’art. Il avait eu une galerie à Georgetown, et préside  toujours Transformer, une galerie d’art contemporain. Avec son argent, il supporte diverses causes, comme les arts, des écoles ou les gays, communauté dont il est membre.

En 2012, le magazine GQ l’a mis 49e personnalité la plus puissante de Washington, en raison des nombreuses personnlités libérales (proches du parti démocrate) qui avaient fait leur cantine du Comet Ping Pong. Le compagnon -ou ex compagnon selon certains médias, mais en tout cas en 2010 ils venaient de se mettre en couple- d’Alefantis est David Brock. Celui-ci, qui voit toujours Alefantis, est l’un des soutiens les plus influents du parti démocrate, cheville ouvrière de la levée de fonds et de la propagande pour Clinton.

2016-12-11 23_01_23Brock a fondé en 2004 un média "liberal", Media Matters for America (MMA), qui fonctionne avec 2 millions de dollars de dons, dont 1 million donné par George Soros, et critique les médias de droite comme Fox News. John Podesta, qui a été chef de cabinet de Bill Clinton, a hébergé les bureaux de MMA dans les locaux du lobby qu’il a fondé en 2002, Center for American Progress. Brock revendique d’utiliser l’argent de Soros pour influencer les médias commerciaux et travailler directement avec les journalistes ayant pignon sur rue, grâce à MMA.

Brock, qui était très à droite dans sa jeunesse [1] avant de virer de bord en 1997, a aussi fondé en 2010 American Bridge 21 st Century, afin de suivre les candidats républicains et démonter leur propagande. Il est présidé par le fille de Robert Kennedy, Kathleen Kennedy Townsend. Là encore, le plus gros donateur est George Soros. Lié à MMA, Brock a aussi créé EqualityMatters.org, un lobby qui revendique l’égalité entre homos et hétéros.

Brock a également été très actif dans la campagne d’Hillary Clinton en 2008. Il a même créé d’autres structures destinées à taper sur les républicains et/ou à soutenir la mère Clinton, comme Correct the Records, The American Democracy Legal Fund ou  l’American Independant Institute, et depuis 2014 il préside CREW (Citizens for Responsability and Ethics in Washington), une arme de propagande pro Clinton (Hillary).

De nombreux médias de droite s’en prennent donc à Brock, l’accusant d’être accro à la coke, de se comporter comme un dictateur, de lancer des poursuites contre ceux qui s’attaquent à Obama ou aux démocrates… Toutefois, il n'a semble-t-il pas grand chose à voir avec le Comet Ping pong, il n'y a aucun élément sur un lien éventuel avec ce restaurant ou les protagonistes du "pizzagate".

Quant à lui, Brock vient de lancer un bureau anti Trump dans American Bridge, afin de fouiller dans le passé de Trump pour en sortir de quoi détruire sa réputation et de dénoncer ses mensonges (ce qui sera difficile, car il a déjà énormément de casseroles, mais cela n'a pas empêché le débile US moyen de voter pour lui). S'exprimant au sujet du pizzagate, le pauvre Brock serait mis à pleurer, entraînant la compassion des médias commerciaux.

 

5821db38c46188de698b4570John et Tony Podesta

Regardons maintenant qui est John Podesta. Après avoir commencé très tôt sa carrière au parti démocrate, John Podesta, accompagné de son frère Tony crée un cabinet de lobbying proche du parti démocrate, Podesta Associates Inc, à Washington [2], devenu le Podesta Group.

Dès 1993, Podesta est assistant de Bill Clinton, puis conseiller à l’information du gouvernement et à la sécurité des communications. Il continue son ascension et en 1998 il devient chef de cabinet de Clinton. En 2003 Podesta créé le Center for American Progress, un lobby démocrate destiné à influencer le débat public, dans lequel il joue encore un rôle actif.

John Podesta est aussi connu du public pour s'être déclaré favorable à la déclassification des dossiers concernant les OVNIS, et il considère comme l'un de ses plus grands échecs de ne pas y être parvenu jusqu'à présent.

En réalité il y a peu d'éléments contre Podesta dans cette histoire. Il fait surtout le lien entre la pizzeria et le clan Clinton. Ce qui est le plus percutant par rapport à John Podesta, ce sont ses emails parfois sybillins, dont on va parler plus bas.

Tony Podesta, le frère de John, est lobbyiste. Il toucherait 140.000 $ par mois pour faire du lobbying en faveur de l’Arabie Saoudite, selon un site de droite.

CaptureL’Arabie Saoudite, qui grâce à la mère Clinton, a pu acheter quantité d’armes qu’elle a ensuite refourgées à Daesh et autres groupuscules "terroristes" au Moyen-Orient et en Afrique. En tant que lobbyiste, il représente plusieurs grandes banques russes, ce qui, selons certains observateurs, leur assurerait des entrées auprès des démocrates. Parmi ces établissements, la Sberbank, la plus grande banque du pays, citée dans les Panama papers.

D'après l'Observer, une partie des fonds gérés par la Sberbank servent à financer des "opérations de renseignement clandestines", et les sièges à l'étrangers abriteraient des agents russes sous couverture. La banque aurait aussi financé l'opposition de la Crimée et d'une partie de l'Ukraine au coup d'Etat mené par l'OTAN (ou devrais-je dire à la "révoliton" financée par Soros, la CIA et compagnie).

Le Podesta Group défend d'autres banques Russes installées dans des paradis fiscaux, comme les îles Caïman, le Luxembourg ou Chypre. Selon certains, ces banques détoruneraient des fonds publics, via un système organisé par Poutine. Pour d'autres, ces banques russes se livreraient à du blanchiment d'argent de la mafia nationale, liée comme chacun le sait au sommet de l'Etat.

Quant à John Podesta, selon le site très à droite Infowars, il serait lui aussi impliqué dans des opérations de blanchiment impliquant la Russie. A propos d'Infowars, qui joue une part active dans la diffusion du pizzagate et s'est montré très favorable à Trump, on notera que Le point a jugé nécessaire de faire un article entier le 14 décembre, juste pour traiter Alex jones qui tient le site, de "conspirationniste" qui "murmure à l'oreille de Trump" et, bien-sûr, diffuse de "fausses informations". Ce canard subventionné 'na manifestement pas encore compris que plus les médias maintream tapent sur les auteurs d'infos alternatives, plus ils assurent un succès à ces infos.

Tony Podesta est également un grand amateur d’art, qui fait figurer Marina Abramovic dans le "top 5" de ses artistes préférés, avec Vik Muniz, Louise Bourgeois, Olafur Eliasson et Antony Gormley. Ceux-ci ont cepndant l'air bien moins sulfureux qu'Abramovic. Son frère John, lui, a affiché dans son bureau dédié à la campagne pour Hillary une oeuvre montrant un scène de cannibalisme. Celle-ci pose manifestement question à ses collaborateurs, ce à quoi il répond qu'il vaut mieux être à la place de ceux qui tiennent la fourchette que du type qui est allongé sur la table à manger.

Au sujet des frères Podesta, des internautes s'interrogent aussi quant à leur ressemblance avec les portraits robots d'un suspect dans l'enlèvement de la petite Madeleine McCann, le 3 mai 2007 au Portugal. Ca va faire "complotiste", mais il semble assez clair aujourd'hui que l'enlèvement de cette gamine était une commande. La question ouverte est: par qui a été passée cette commande.

 

CyaaRbUUAAAzg9TLes emails

On nous parle de messages codés [3] dans les mails diffusés par Wikileaks. Cependant il est vrai que certains emails posent question, et semblent n’avoir aucun sens, aucun intérêt.

L’un des emails repérés par les internautes, "conspirationnistes" ou "d’extrême droite", au choix, mentionne une invitation de l’ "artiste"Marina Abramovic à John Podesta, en juin 2015, pour un "Spirit Cooking dinner", qui ne serait qu’un diner normal destiné à remercier une dizaine de donateurs, selon Abramovic. En réalité, il s'agirait de mimer un repas cannibale au cours d'une soirée sympathique et conviviale.

(Précision sur l'image à gauche: il s'agit d'un mannequin en gâteau. On y voit Lady Gaga et Abramovic qui va entamer le mannequin. La photo a été prise lors d'une charmante soirée intitulée "Devils Heaven" (le paradis du démon), qui était une soirée caritative au profit du Robert Wilson's Watermill Center. Elle a eu lieu le 22 juillet 2013, et d'autres photos de cette soirée sont disponibles sur le site de l'agence Getty Images). Et comme par hasard, le 22 juillet tombe dans le créneau du 20 au 26 juillet, qui d'après le calendrier satanique est consacré aux cérémonies de sacrifices humains pour le grand climax. Mais tout cela n'est que de la myhtologie, bien-sûr.

Il se trouve qu’Abramovic est adepte des performances sanguinolentes (avec de la peinture), décrites par le Times comme "un mélange de masochisme et de spiritualité". Certains la rattachent aux Lucifériens, qui sont en train de renverser les satanistes, dominants jusqu’à présent. Abramovic a écrit un livre, "Spirit cooking with essential aphrodisiac recipes" (Cuisine spirituelle avec des recettes aphrodisiaques essentielles), dans lequel elle explique que le spirit cooking est une pratique occulte avec des rituels sexuels. La dame se dit aussi un peu voyante, et qu'elle aurait prévu le tremblement de terre en Italie ou la tentaive de meurtre contre Jean-Paul 2.

En mars 2016, un email de Tony Podesta à son frère John mentionne une "pizza party" le 10 avril. Et on tombe aussi sur un mail d'Alefantis à Tony Podesta au sujet du logo pour cette "pizza party".

2016-12-09 21_16_27-#jimmycometDans les mails, on en trouve un de Tony Podesta dans lequel il évoque une soirée de levée de fonds pour Clinton, à son propre domicile, avec Alefantis et deux autres restaurateurs en vue.

Plus d’une centaine de mails écrits ou reçus par John Podesta parlent de pizza. Certains sont assez sibyllins. "Je vais passer. J’ai trop de choses à faire avant de me rendre dans le Michigan demain. Pas besoin de pizza" écrit ainsi Tony à John, le 3 mars 2016.

Le 6 janvier 2014, Tony demande à John s’il serait libre pour prendre une pizza pendant une heure ("would love to get a pizza for an hour ?"). Le 20 octobre 2015, une certaine Catherine Chieco demande à Marie Podesta (la femme de John), John Alefantis, John Podesta et d’autres s’ils viennent à une "réunion" qui aura lieu "quelques jours avant la ‘pizza extravaganza’ " ?

Il y a aussi ce logo créé par l’équipe d’Alefantis, pour la "pizza party" destinée à récolter des dons pour Hillary, dans un mail du 18 mars 2016.

On trouve aussi un mail assez bizarre d'un certain Herbert Sandler, fondateur d'un fonds de placement appelé Golden West Financial Corporation [4] et grand "philanthrope", qui était un des grands donateurs du Center for American Progress de John Podesta. Dans ce mail du 24 décembre 2015, Sandler d'un envoi qu'il reçu, mais "au lieu de pâtes et de magnifiques sauces, c'était un adorable et tentant assortiment de fromages, miam" (instead of pasta and wonderful sauces, it was a lovely, tempting assortment of cheeses, Yummy).

Il continue en disant qu'il a hâte que ses enfants et petits enfants rentrent de vacances, pour "les démolir" (demolish them), sans qu'on sache bien s'il parle de sa descendance ou des fromages. Sandler conclut en demandant à Podesta s'il doit jouer aux "dominos" avec du fromage ou avec des pâtes... Selonle code suggéré par les internautes, "dominos" voudrait dire "domination", "pâtes" voudrait dire "petit garçon", et "cheese" voudrait dire "petite fille". Ce code aurait au moins le mérite de donner un peu de sens à ce message, mais on n'a pas de certitude sur la réalité de ce code.

Là encore, il n'y a peut-être rien, mais c'est vrai que certaines discussions laissent assez perplexe, dès qu'ils concernent des histoires de "pâtes", de "pizzas", de "noix" ou encore de "fromage", de "poulets", de "glaces"...

 

CzMJ2qOXUAAei4NL'enquête Pizzagate

Les médias se sont lâchés sur les "conspirationnistes" qui ont diffusé des photos des enfants d'employés de Comet Pizza, mais s'il n'y a pas de trucage, certaines sont tout de même équivoques, notamment dans les commentaires. Comme celle-ci, diffusée sur Instagram, postée par un certain "jimmycomet" qui également mis le lien "chickenlovers" dans les commentaires.

Les pédophiles ont l'habitude d'appeler les enfants des "poulets". Le compte en question est désormais privé, ce qui est plutôt rare sur Instagram, et ce qui doit être récent puisque cette photo est une capture d'écran.

Du même "jimmycomet", qui serait en réalité John Alefantis, ce qui semble être le cas vu les nombreuses références faites à "Comet Ping Pong", d'autres photos d'enfants posent question. Surtout quand on connait les délires des pédophiles qu'on peut trouver librement sur Facebook, en tapant par exemple "pedobear".

Un certain nombre de photos d'Instagram, un réseau social destiné à diffuser des photos en public, postées par ce compte ou par celui d'employés d'Alefantis, sont diffusées un peu partout, notamment ici ou en français ici.

De fait, certains internautes se sont penchés sur le compte Instagram "jimmycomet", et y ont retrouvé de nombreuses références à la pédophilie. L'humour du nommé "jimmycomet" laisse d'ailleurs à désirer, car il semble s'amuser d'une image de bébé avec devant lui un panneau indiquant "German baby 1.200$ - please do not touch" (bébé allemand 1.200$, prière de ne pas toucher), ou d'une chambre froide qu'il trouve "sympa".

D'autres restaurants proches géographiquement du Comet Pizza sont aussi mis en cause en raison de la symbolique qui leur est attribuée. En effet, selon certains observateurs, qui diffusent des infographies illustrant la situtation géographique et les logos imputés à ces établissements, il y aurait une proximité avec la "culture pédophile".

En effet, si les logos qui leur sont attribués sont vraiment leurs logos, cela fait beaucoup en peu d'espace. Car il s'agirait bien de symboles utilisés par les pédophiles, d'un côté pour les "boy lovers", de l'autre pour les "girl lovers", selon le sexe que ces pervers préfèrent.

Toutefois, aujourd'hui on ne trouve plus toujours les mêmes logos sur les sites de ces restaurants:

2016-12-09 21_43_33-DébutA gauche, le symbole qui figure actuellement sur le site web de la boite.  Cependant, le symbole mentionné dans les posts sur le Pizzagate est légèrement différent, reprenant ostensiblement le symbole des boylovers.

Or, en cherchant sur le web dans les images d'articles mentionnant Besta Pizza datant d'avant 2015, devinez quel logo apparait?

0bestaC'est bien celui dont parlent les "complotistes", avec le symbole des pédophiles amateurs de garçons (voir doc du FBI ici). Il y a juste la couleur qui change. Le logo aurait-il été changé récemment, peut-être depuis que l'affaire du Pizzagate fait autant jaser?

A noter que l'image à gauche, avec la façade, a manifestement disparu du web en l'espace de 5 minutes quand je faisais mes recherches, et le site qui l'hébergeait avec, parce que je n'arrive pas à la retrouver.  A tout hasard, son url est: http://p5.storage.canalblog.com/51/72/362748/113788700_o.jpg

On retrouve encore ce même logo "pédophile" sur un menu imprimé en juillet 2015.  En l'occurrence, il semble bien que la boite a changé son logo. Il semble d'ailleurs que pas mal de mises à jour ont été faites récemment, courant novembre même, sur des annuaires de restaurants en ligne. D'ailleurs, l'archive de leur site web, pas plus tard que le 8 octobre 2016, montrait encore l'ancien logo, avec le delta grec, symbole des "boy lovers".

On note aussi que toutes les actualités de leur page Facebook ont été enlevées, peut-être suite aux commentaires agressifs postés par des internautes. En tout cas, si ce logo est aussi "innocent" que cela, on peut se demander pourquoi les responsables de la marque ont décidé de le changer, précisément suite à la polémique.

L'image ci-dessous provient du menu de juillet 2015 (la date d'impression est écrite tout en bas de la première feuille, en petit).

2016-12-11 19_55_09-Besta Pizza 8Le logo n'est pas le même non plus pour un autre resto du coin, entre la version qui figure actuellement sur le site et la "version pizzagate", mais cette fois il n'y a aucune trace que le resto l'ait modifié.

Par contre, une photo de la propriétaire avec Hillary Clinton, manifestement dans les murs dudit resto, était encore sur le site quand j'y ai regardé. Ce qui en soi n'a rien de compromettant, mais montre que la mère Clinton se balade dans le secteur.

Rien de franchement compromettant non plus dans les images diffusées par un certain "joshuaryanv", relié à Comet Ping Pong, sur Instagram . C'est juste de la promo avec de fortes connotations sexuelles, ce qui peut quand-même surprendre pour un établissement qui se revendique "familial", et mise d'ailleurs sur ses tables de ping pong pour jouer la carte du "family friendly".

Diverses lubies circulent au sujet des frères Podesta ou d'Hillary, ou des autres protagonistes de l'affaire. L'une d'elles relie les frères Podesta à l'enlèvement de Maddie McCann, en raison des portraits robots d'un hmme vu sur place la nuit de la disparition, et parce que soi-disant un type du FBI aurait raconté que les frères Podesta louaient justement un appartement pas loin du lieu de l'enlèvement. Cet appartement existe bien: il a longtemps appartenu à Clement Freud, un pédocriminel anobli, petit-fils de Freud le psy. La photo à l'appui de cette théorie est assez clairement photoshoppée pour y faire figurer John Podesta à côté d'une adolescente appelée Madeleine Beth McCann (qui d'après certains serait la petite Maddie, disparue au Portugal).

 

2016-12-10 13_05_50-Nouvelle notificationQuestions

Beaucoup sont sceptiques à propos du fondement de cette affaire de Pizzagate. Ils s’interrogent sur les éléments sérieux qu’on trouve dans les blogs et autres sites qui répercutent cette histoire, et ne trouvent rien ou presque de consistant.

Par ailleurs, il y a une évidente récupération politique de cette histoire, notamment par le clan Trump. Cependant, même ces sceptiques considèrent que des enfants sont bien victimes de cette clique. Cela, c’est même une évidence pour tous ceux qui ont l’habitude de travailler sur ce genre de dossier.

Si on peut s’interroger sur certaines formes d’ "art", comme on l’a vu avec cette expo catastrophique à la friche de la Belle de Mai, on est dans cette affaire face à un réseau sans victime, sans témoignage.

C’est par les réseaux sociaux que cette affaire a été diffusée, et surtout par des médias  liés à la droite US.

Ce sont donc les réseaux sociaux qui sont attaqués par les médias mainstream, qui ne vont pas manquer de réclamer davantage de contrôle sur ces plateformes. D’ailleurs, il est clair qu’une forte pression est opérée sur les sites US tels que Google ou Facebook, pour mettre un frein aux médias alternatifs et à la diffusion des informations jugées "conspirationnistes".

"Au lendemain de l’élection de Donald Trump, les fausses informations et leur propagation font l’objet d’un débat. Quelle est la responsabilité des géants du Web ? Google et Facebook ont aussi annoncé qu’ils allaient s’attaquer aux faux sites d’informations en leur coupant les revenus publicitaires. Mark Zuckerberg a promis qu’il travaillait à des solutions", lisait-on dans le média subventionné Rue 89, satellite de l’Obs.

2016-12-11 16_31_53-Hillary_pizza_04-Nous y voilà : la censure. Le musèlement de la parole non orthodoxe. Je pense que c’est là le but final de la manœuvre, qui fait également passer Clinton pour une victime de la cause.

Par ailleurs, au moment où la Turquie est en crise, l’affaire y envahit les réseaux sociaux.  Et pour certains, cet affolement sur le "pizzagate" servirait surtout à masquer une affaire de pédocriminalité qui fait scandale dans le pays, autour de la fondation Ensar qui proche du gouvernement. Scandale qui est par ailleurs largement censuré par le

Aux USA, cela servirait à masquer le bidonnage des élections, dont le résultat serait probablement favorable à la mère Clinton. En effet, de nombreux éléments laissent à penser à des trafics sur les machines à voter, qui sont facilement piratables. Ce ne serait pas la première fois que des élections sont bidonnées aux Etats-Unis, cf. les deux élections de Bush junior. Certains accusent même les Russes d'avoir piraté les machines à voter, mais c'est une autre histoire. 

Cela rappelle aussi les accusations du clan Juppé, comme quoi des sbires russes de Fillon diffusaient une propagande agressive contre lui, via lesdits réseaux sociaux. Cela peut paraître surprenant, mais la Russie développe en effet une propagande assez importante sur le web et les réseaux sociaux depuis deux ou trois ans. Et Fillon est plus proche de Poutine qu’il ne le dit.

 

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2016-12-10 16_27_24-Nouvelle notificationCe n'est pas parce que les médias font de la mère Clinton une victime, ni parce que l'affaire du pizzagarte repose essentiellement sur des spéculations que Clinton est blanche comme neige.

Cathy O’Brien, dans Trance Formation of America, a évoqué un viol commis par Hillary Clinton sur elle-même, alors qu’elle était adulte. Elle décrit une femme qui profite du système des esclaves sexuels formés par le programme MK Ultra, dont beaucoup sont victimes d’abus dès leur plus jeune âge.

Mais cette histoire de Pizzagate sème le doute. On a un faisceau de présomptions, des artistes étranges, des pratiques morbides qualifiées d’art, un patron et des employés d'une pizzéria qui diffusent des photos bizarres, des mails qui ont l'air d'avoir un double sens, mais on n'a pas le début d’une preuve.

Pour autant, l'affaire semble faire peur au camp Clinton et à l'establishment en général. Alors de deux choses l'une: soit le fond de l'histoire est vrai, l'analyse sur le "pizzagate" est bonne, et cette peur ainsi que la contre attaque médiatiques sont logiques, soit rien n'est vrai, et la propagande médiatique vise seulement à obtenir la censure des "conspirationnistes". Car lorsqu'elles ne sont pas trop menaçantes, aucun média ne rebondit sur les théories "complotistes". C'est seulement, comme dans l'affaire Outreau par exemple, dans des cas où certains ont chaud aux fesses, que la grande offensive anti complotiste est lancée.

Par ailleurs, le "pizzagate" ressemble à une cabale, à une opération de propagande via les réseaux sociaux. Rappelons que même en France, depuis deux ans environ, des dizaines de types ont été formés pour troller les réseaux sociaux, essentiellement sur les sujets "chauds", comme Israël, les réseaux pédophiles, l’Europe, l’immigration…

Il est clair que la Russie utilise ce même levier, et on sait aussi que l’équipe de Trump est hyper active sur les réseaux sociaux elle aussi.

2016-12-11 17_47_09-CortanaComme par hasard, les médias mainstream s’en donnent à cœur joie pour dénoncer la "chaine de désinformation", les "complotistes", les "blogs" et compagnie. Facebook est accusé de laisser diffuser de fausses informations, et justement la boîte US révise ses algorithmes pour laisser moins de place aux infos qui ne bénéficient pas du cachet "officiel". 

"Accusé de favoriser le partage de faux articles, Facebook a notamment été appelé à prendre des mesures pour éviter la propagation de la désinformation sur son réseau social", résumait le Figaro à ce sujet.

L’affaire du pizzagate donne de l‘eau au moulin de ceux qui cherchent à contrôler le web et les réseaux sociaux.

Cependant, je connais assez nos "élites" pour savoir pertinemment qu'un grand nombre de ceux qui nous gouvernent sont des pédocriminels. Je sais aussi que beaucoup de ces gens participent à des partouzes, et pas seulement avec des adultes.

A ce sujet, il ne faut pas oublier que celui qui est le plus carbonisé en matière d’abus sexuels, y compris sur des mineures, c’est bien Trump, à qui j’ai consacré un article entier il y a quelques mois et sur lequel je vais revenir. Trump qui est, comme le couple Clinton, ami du pédophile et proxénète Jeffrey Epstein, avec qui aussi bien Trump que les Clinton ont voyagé pour se rendre dans des villas à travers le monde, où avaient lieu diverses partouzes.

Bref, je ne sais pas encore vraiment à quoi m'en tenir par rapport à cette histoire, mais au stade actuel certaines choses me semblent assez suspectes.

Au final, on ne peut qu'attendre des éléments plus concrets de la part de ceux qui creusent sur le pizzagate (et les rechercher nous-mêmes), et anticiper une tentative de censure à grande échelle contre ce que ces gens qualifient de "fausses informations".



[1] Apparemment, Brock a été à l’origine des premières accusations d’adultère contre Clinton, en 1994, avec l‘affaire Paula Jones.

[2] Ce cabinet a travaillé pour de nombreuses multinationales, grâce à ses entrées auprès des responsables politiques démocrates. On peut citer par exemple Bank of America, Merck, BP, Google, Michelin, General Dynamics, Raytheon, Tyco Electronics, Nestlé, Novartis, Lockheed Martin, Wal-Mart, mais aussi l’Egypte ou l’Ukraine pro occidentale

[3] Le code semble être d'après les "enquêteurs" du pizzagate: "hotdog" = garçon ; "pizza" = fille ; "fromage" = petite fille ; "pâtes" = petit garçon "glace" = prostitué mâle ; "noix" = personne de couleur ; "carte" = sperme ; "sauce" = orgy.

[4] D'ailleurs, la World Savings Bank de Sandler a été l'une des premières à refourguer des produits dérivés basés sur des hypothèques irremboursables, système qui a été à l'orgine de la crise des subprime et de la crise économique qui en découle, et que nous subissons toujours. Il est l'un des gros donateurs à Clinton, et avait déjà versé 1,5 million de dollars pour sa campagne en janvier 2016. D'autres parlaient de 2,5 millions donnés en 2 ans.