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30 janvier 2012

Elections truquées à la Cour Pénale Internationale

TRC_cartoonOn va évoquer aujourd'hui un sujet peu palpitant a priori, mais dont les enjeux sont  importants : l' « élection » très bizarre du Procureur général de la CPI, la Cour Internationale de Justice. L'enjeu, en ce qui nous concerne, c'est la possibilité de pouvoir y porter plainte pour les abus sexuels commis en France avec la bénédiction de la Justice.

 

Posons le cadre rapidement : la CPI a remplacé récemment les TPI, les tribunaux pénaux internationaux qui ont plus ou moins jugé les crimes de guerre en ex Yougoslavie, au Rwanda ou en Sierra Leone. C'est le statut de Rome de 2002 qui régit son fonctionnement, et la CPI est donc dotée d'un Procureur qui a tout un tas d'adjoints. Elle est compétente pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, quand les Etats eux-mêmes sont incapables de rendre la justice.

Depuis 2003, c'est Luis Moreno Ocampo, un Argentin[1], qui occupe le poste de Procureur. Son successeur a été élu en décembre, ou plutôt devrait-on dire qu'il a été désigné. Comme par hasard, l'heureuse élue, la guinéenne Fatou Bensouda, n'est autre que l'ancienne adjointe de Moreno Ocampo[2]. Elle sera donc le deuxième procureur de la CPI.

La procédure fort originale qui a été mise en place pour verrouiller cette «élection » est très intéressante. En fait, on marche carrément sur la tête tant les textes originaux ont été dévoyés…

En principe, le poste de Procureur de la CPI est ouvert à tout le monde ou presque : en gros, il faut jouir d'une « haute considération morale », être « intègre ». Mais aussi  il faut « avoir de solides compétences et une grande expérience pratique en matière de poursuites ou de procès dans des affaires pénales. [Les candidats] doivent avoir une excellente connaissance et une pratique courante d'au moins une des langues de travail de la Cour ».

A ce titre, une française s'est présentée pour ce poste, en justifiant d'une longue expérience dans les procédures judiciaires concernant les abus sur les enfants. Elle a donc pu observer de près les manœuvres destinées à écarter d'office plus de 90% des candidats.

 

Manipulations

 

Il est écrit dans le statut de Rome que «  Le Procureur est élu au scrutin secret par l'Assemblée des États Parties, à la majorité absolue des membres de celle-ci », et son mandat dure 9 ans, de même que celui des Procureurs adjoints.

Jusque là, les choses semblent claires.  

L'élection du Procureur était prévue pour la dixième session de l'Assemblée des États Partie en décembre 2011, et la période de présentation des candidatures  a été fixée initialement entre le 13 juillet et le 2 septembre 2011. Ladite période a ensuite été repoussée sept fois, pour s'achever finalement le 9 décembre, juste avant la fameuse « élection », au lieu du 7 septembre. On a ensuite fixé moult critères absolument pas démocratiques pour qu'au final, on nomme quelqu'un du sérail.

Pourquoi avoir repoussé sept fois la date de dépôt des candidatures ? « Conformément à l’une des conditions techniques de la résolution ICC-ASP/3/Res.6, nous avons déjà prolongé plusieurs fois la période de présentation des candidatures pour nous donner plus de temps pour parvenir à un consensus. Étant donné que la période de présentation des candidatures prorogée s’achève à nouveau le 25 novembre, nous prolongerions formellement la période de nomination une fois de plus pour permettre à nos consultations d’aboutir. Là encore, notre date butoir serait fixée au soir du 30 novembre, à l’heure de New York », expliquait le président de l’Assemblée des Etats Parties le 23 novembre 2011. C’est donc dans le seul et unique but de désigner un candidat par consensus, c’est-à-dire sans vote, qu’on a repoussé sept fois cette échéance.

De fait, en 2002, l'Assemblée en question s'est mis en tête, juste avant l' « élection » de Moreno  Ocampo, de tout mettre en œuvre pour « élire le Procureur par consensus ». Ca veut dire que tout le monde doit être d'accord sur le même candidat, ce qui est pour le moins étrange dans le cadre d'un scrutin qui se veut démocratique. Du coup, en parallèle de l’ « élection », on a mis en place un processus de « désignation », ce qui est pour le moins original.

Alors qu'avant, le statut prévoyait simplement un vote de l'Assemblée des Etats parties par vote secret, ce qui devient en fait la solution de rechange si on ne parvient pas au « consensus ».

Fin 2010, le bureau du Procureur décide donc de mettre en place un obscur « comité de recherche » censé présélectionner au moinsinternational_criminal_court_1229155 trois candidats.  On dit même, dans la résolution ICC-ASP/9/INF.2, que « Les États Parties sont toutefois invités à se conformer à ce processus en veillant à désigner un candidat bénéficiant du consensus général, et de préférence tant pour sa désignation que pour son élection ». Car oui, on fait la différence entre la « désignation » du Procureur et son « élection » qui se fait donc « par consensus ». On pousse donc les Etats à présenter des candidats avalisés par l'ensemble de l'Assemblée, ce qui est très démocratique. D'ailleurs, les Etats qui veulent présenter un candidat sont invités à « contacter le Comité de recherche avant de soumettre toute candidature officielle ». Et tous les candidats devaient d'ailleurs faire de même.

Le président de l’Assemblée des Etats Partie s’est carrément félicité « du fait que les États aient manifesté leur respect envers cette procédure en s’abstenant de soumettre des candidatures formelles et de mener des activités de campagne formelles, et qu’ils aient plutôt collaboré directement avec le Comité de recherche et communiqué leurs déclarations d’intérêt directement aux membres du Comité ».

Bref, le mandat de ce « comité de recherches » précise  que son job est de « faciliter la désignation et l'élection  par consensus du prochain  Procureur », en préparant une  « liste restreinte comportant au moins les noms de trois candidats qualifiés aux fins de la soumettre, dans toute la mesure du possible, à l’attention du Bureau ».

Donc les cinq membres du « comité de recherche » ont pour mission de présélectionner les candidats les plus consensuels, en fonction des critères du statut de Rome qu'on a évoqués plus haut. Mais pas seulement. On a en effet ajouté des critères aussi aberrants que l’origine ou le sexe, sans que cela ne rentre ni dans l’esprit, ni dans la lettre du statut de Rome.

Au final, 52 candidatures ont été retenues. Parmi les 51, seuls 8 candidats ont eu l'honneur d'être reçus par le comité de recherche, qui a présenté quatre candidats à la fin de ses recherches, le 22 octobre, soit plus de deux mois avant la fin du dépôt des candidatures. Dès le 5 octobre, Bethlehem, l’un des membres du comité de recherches, expliquait que la liste restreinte avait été réalisée en tenant compte du sexe et de l’origine des candidats, puisqu’il fallait la diversité.

 

Au final, donc la liste de quatre membres qui a été proposée par le comité de recherches était la suivante :

- Fatou B. Bensouda (Gambie) : on a déjà présenté son parcours, du TPI au ministère de la justice de Gambie, elle était procureur adjoint à la CPI depuis 2004.

- Andrew T. Cayley (Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord) : actuellement co-procureur auprès des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, il a été premier substitut du procureur de la CPI, et a été conseil de la Défense dans les procès des TPI pour la Sierra Leone et pour l'ex Yougoslavie, tout en étant aussi  premier substitut puis substitut du procureur lors du procès pour l'ex Yougoslavie.

- Mohamed Chande Othman (République-Unie de Tanzanie) : il est président de la Cour suprême de Tanzanie, a été procureur général, pour l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), chef des poursuites au TPIR (tribunal pour le Rwanda), ou conseiller principal pour la réforme du secteur judiciaire, Programme des Nations Unies pour le développement (Cambodge) etc.

- Robert Petit (Canada) : a été notamment co-procureur auprès des chambres extraordinaires au sein des tribunaux  cambodgiens (CETC) ; premier substitut du procureur au Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) ; Procureur, Unité des crimes graves, Administration transitoire des  Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO)

 

L’Assemblée ayant décrété que l'heureux élu doit être le « plus qualifié », mais aussi  qu'il « devait être issu du continent africain », le consensus s'est évidemment porté sur l'adjointe du procureur, c'est-à-dire Fatou Bensouda, et cela avant même qu'elle ne soit élue, le 12 décembre2. 67 États la soutenaient sur 118 ayant ratifié le statut de Rome.

cartoon_f1Autre étrangeté : le 12 septembre le comité de recherche avait fait une liste de 11 candidats « sérieux », alors que la période de dépôt des candidatures courait encore.

Et le comité de préciser que de nombreux candidats remplissant les critères du statut de Rome, il a été difficile  de faire une « liste restreinte ». On nous dit en outre que ladite liste a été établie « en écartant de nombreux individus  dont les titres méritaient par ailleurs de faire l’objet d’un examen plus approfondi ». Bref, on dirait bien que la sélection s'est faite de manière quelque peu arbitraire...

Il semblerait aussi qu'un certain nombre de bons candidats se soient désistés quelques semaines avant la nomination du Procureur.

 

Le 28 novembre 2011, le président de l'Assemblée des Etats partie, qui a reçu la liste restreinte un mois plus tôt,  rappelle que le candidat sera choisi par « consensus », mais précise ses critères, avant même que les dépôts de candidature ne soient terminés. Ainsi, « d’après le sentiment général, le prochain Procureur doit venir d’Afrique », si bien que le président de l'Assemblée nous explique s'être concentré sur les deux candidats africains, et n'avoir fait porter les consultations que sur ces deux candidats.

S’ensuit un argumentaire kafkaïen destiné à justifier ce choix arbitraire d’ « élire » un candidat africain : « Bien que ce point de vue [choisir un candidat africain] ait été exprimé de façons très différentes, et que certains d’entre vous ont explicitement exprimé leur soutien en faveur de candidats d’autres parties du monde, nous sommes convaincus de ne pouvoir parvenir à un consensus que si nous nous concentrons effectivement sur les deux noms de la région d’Afrique ».

Cela n'empêche pas Fatou Bensouda de nier qu'elle a été « élue » justement parce qu'elle est africaine. Accessoirement, toutes les poursuites en cours à la CPI concernent des africains, et il est facile d'imaginer que la CPI tente d'éviter d'être taxée de raciste et orientée.

On se félicite qu'aucun Etat n'ait présenté de candidature officielle, et on nous ajoute que « Conformément à l’une des conditions techniques de la résolution ICC-ASP/3/Res.6, nous avons déjà prolongé plusieurs fois la période de présentation des candidatures pour nous donner plus de temps pour parvenir à un consensus. »

Le 1er décembre, alors que les dépôts de candidatures ont été prolongés (pour la septième fois) jusqu'au 9, mais que la liste restreinte est établie depuis  plus d'un mois,  le président de l'Assemblée  appelle les Etats parties à présenter des candidatures. Le même jour, le même président précise par communiqué que « Les consultations ont débouté sur un accord informel entre les États Parties pour désigner un candidat pouvant recueillir un consensus, Madame Fatou B. Bensouda (Gambie), dont la candidature a été soumise pour examen à l’Assemblée des États Parties. Mme Bensouda sera élue à la dixième session de l’Assemblée au siège des Nations Unies le 12 décembre 2011, et entrera en fonction le 16 juin 2012 ».  Le 1er décembre, Fatou Bensouda est donc la « seule candidate » qui reste pour l’élection. Cherchez l’erreur…

La 12 décembre, à la suite d'un processus de nomination qui n'est pas sans rappeler celui qui vaut pour les papes, Fatou Bensouda a été « élue » à l'unanimité au poste de Procureur lors de la 10e conférence de l'Assemblée des Etats Parties. Au sujet de cette étrange « élection », un responsable d'Amnesty International a déclaré : «  Si nous reconnaissons qu'il est important que l'élu bénéficie d'un large soutien de la part des États parties, chercher à atteindre un consensus de manière informelle risque de politiser encore davantage le processus et de compromettre sa transparence ». Et de rappeler que le procureur de la CPI, selon le statut de Rome, doit se faire « au scrutin secret par l’Assemblée des Etats Parties ».  Enfin, « En prévision du processus qui s’annonce, Amnesty International exhorte les États à ne pas se livrer à des marchandages de voix en relation avec d’autres élections internationales – notamment l’élection parallèle de six juges à la CPI – ni à conclure un quelconque autre accord susceptible de compromettre l’intégrité de l’élection. Ce genre d'arrangement a régulièrement des effets négatifs sur les élections internationales et doit être proscrit dans le cadre du processus de désignation du procureur de la Cour pénale internationale, un poste d’une grande importance », concluait le communiqué de presse.

 

Pour autant, on n'a pas entendu beaucoup de protestations de la part des ONG démocratiques, au contraire même...

 

La CPI et les lobbies

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Les liens sont étroits entre les membres de la CPI et les groupuscules internationaux. En fait, on se rend compte qu’autour de la CPI, gravite une nébuleuse de fondations et autres think thank, tous liés les uns aux autres. On repère que certains personnages comme Georges Soros ou Kofi Annan sont présents dans nombre de ces groupuscules, aussi on ne sera pas surpris du soutien public de ces derniers à l’ « élection- désignation » du Procureur de la CPI par consensus.

La fondation MacArthur a par exemple remis un prix  pour la Justice Internationale à Richard Goldstone[3], ancien procureur en chef du TPI pour le Rwanda et l'ex Yougoslavie. Goldstone est également un ancien président de Human Rights Watch, dont on va reparler.

La fondation Macarthur, qui a un budget de 5,6 milliards de dollars, œuvre pour l'amélioration des conditions de vie humaine, nous dit-on, surtout en Afrique et en Russie, avec notamment des programmes de développement et d'éducation axés sur la sexualité des adolescents et des adultes. De fait, l'éducation des jeunes en matière de sexualité semble être une des principales préoccupations de la fondation, avec comme but affiché de réduire la natalité.

Paradoxalement, ladite fondation qui dit œuvrer pour le bien de l'humanité tire ses revenus de la spéculation, y compris sur les produits dérivés, dont on sait qu'ils fonctionnent sans aucune éthique.

Elle finance d’autres « ONG » pilotées par les copains, comme l’International Crisis Group de Soros.

 

Dans le comité de recherche des candidats, on n'a que cinq types, censés représenter les cinq régions du monde. Dedans, il y avait deux avocats et trois représentants permanents auprès des Nations Unies.

 

- Baso Sangqu, Représentant permanent de la République d'Afrique du Sud auprès des Nations Unies (Groupe des États d'Afrique)

-  S.A.R. Le Prince Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, Représentant permanent du Royaume hachémite de Jordanie auprès des Nations Unies (Groupe des États d’Asie)

- S.E. M. Miloš Koterec, Représentant permanent de la République slovaque auprès des Nations Unies (Groupe des États d’Europe orientale)

- M. Joel Hernández García, Conseiller juridique auprès du Ministère des  Affaires étrangères du Mexique (Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes)

- M. Daniel Bethlehem, Q.C., Conseiller juridique auprès du Ministère des  affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume Uni (Groupe des États d’Europe occidentale et autres États). Il a rejoint l'International Institute for Strategic Studies, un think thank anglais financé par des multinationales et qui se mêle de géostratégie[4], à la mi septembre 2011, en plein milieu de la période de présélection des candidats au poste de Procureur.

En outre, le comité de recherches chargé de présélectionner les candidats a retenu deux mémorandums qui lui ont été adressés pour donner des points de vue sur l'élection du Procureur. Le premier émanait d'une coalition d'ONG, toutes appartenant aux cénacles habituels, et où on retrouve souvent Georges Soros : Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, Human Rights Watch[5], le Centre international pour la justice transitionnelle,  l’International Crisis Group[6], l’Institute for Security Studies, ainsi que l’Open Society Initiative[7], avec la participation active de la Coalition pour la Cour pénale internationale[8]. L'autre venait de l’Association internationale des procureurs et poursuivants.

 

Bref, cette élection du Procureur de la CPI a été complètement verrouillée. Pour désigner le vainqueur, on s’est mis d’accord entre initiés, et c’est la personne la plus intégrée au sérail en question qui a été retenue.

Ce poste est pourtant d’une importance capitale, car elle n’a pas seulement la compétence de poursuivre les dictateurs africains qui déplaisent à l’establishment international. Depuis peu, elle peut aussi se mêler de l’exploitation sexuelle des enfants. Une plainte vient d’ailleurs d’y être déposée contre le Vatican par des victimes de l’Eglise[9].

 



[1] Il a été souvent accusé de manipuler les preuves, comme dans le cas du procès de Lubanga pour avoir enrôlé des enfants soldats. Ses collaborateurs lui reprochaient d’agir sans les consulter, d’avoir des méthodes opaques, de violer les procédures, de se comporter en dictateur (menaces de poursuites contre ses collaborateurs s’ils parlent aux médias, par exemple) etc. si bien qu’un certain nombre a démissionné. Mais, Ocampo semble très controversé dans son pays également. A la fin de la dictature en Argentine en 1983, il a assisté le Procureur en chef pour le procès de neuf dignitaires du régime, le tout premier d’une longue série de procès, qui a abouti à cinq condamnations. Aucun des survivants de la dictature n’a voulu rentrer en Argentine et lui parler, ne sachant pas s’ils risquaient des représailles, et sentant que Moreno n’avait que faire des victimes. Puis, il est devenu « l’avocat des puissants », défendant certains personnages parmi les moins appréciés du pays, comme un ancien ministre corrompu, Diego Maradona ou un prêtre pédophile dénommé Julio Grassi, condamné à 15 ans de prison pour des abus sexuels sur de jeunes garçons de sa fondation. Pour défendre ce dernier, Moreno Ocampo aurait utilisé des méthodes douteuses, accusant sans aucune preuve des victimes d’avoir menacé son client, et aidant Grassi à localiser les victimes.

Mais la plus grosse casserole de Moreno Ocampo est la plainte pour un viol qu’il aurait commis fin 2004 dans un hôtel d’Afrique du Sud sur une journaliste. Mais la plainte a été jugée infondée par la CPI.

[2] Elle a aussi été ministre de la Justice de Yahya Jammeh de 1998 à 2000, un lieutenant putschiste marabout qui est au pouvoir depuis son coup d’Etat de 1994. Il est tojour sréélu et Bensouda est loin de remettre en cause ces élections. Depuis, Jammeh a « demandé à tous les homosexuels de partir en 2008 et promis la mort en 2009 à tous les défenseurs des droits de l’homme de son pays ». Ensuite, elle a monté un cabinet privé de consultants en droit puis dirigé la banque internationale pour le commerce de Gambie, qui comptait parmi ses clients, en 2002. En 2004 elle est arrivée à la CPI.

[3] Il a notamment été juge à la cour constitutionnelle d’Afrique du Sud et procureur en chef au TPIY (tribunal pénal international pour l’ex Yougoslavie) et au TPIR (Rwanda) de 1994 à 1996.

[4] L’IISS mène par exemple un intense lobbying afin d’amener à penser que l’Iran est dotée de l’arme nucléaire, mais aussi d’un arsenal chimique et biologique. Le think thank avait déjà fait le même coup pour les armes de destructions massives en Irak.

[5] Human Rights Watch a d’ailleurs soutenu publiquement la désignation du nouveau Procureur par consensus. L’ONG est financée notamment par Georges Soros. HRW a comme partenaires la fondation Ford, la fondation MacArthur ou l’Open Society Institute de Georges Soros.

[6] Soros est l’un des membres du comité de direction de l’International Crisis Group, tout comme Kofi Annan, Joschka Fischer, Javier Solana ou Lawrence Summers (ex directeur du Trésor US).

[7] L’Open Society a été créée par Soros en 1984, afin de superviser différentes fondations. Le machin aurait plus de 1.000 milliards de dollars d’actifs. L’open society a notamment financé les révolutions dans le sillage d’OTPOR qui a poussé à la « révolution » en ex Yougoslavie.

[8] Dans le comité exécutif de ce machin, on retrouve Human Rights Watch, Amnesty International, et plein d’ONG du même genre. Au comité consultatif, on a la présidente de l’International Crisis Group, Louise Arbour, Richard Goldstone (dont on a déjà parlé, Kofi Annan (qui a été le premier lauréat de la fondation MacArthur), ou encore –ô surprise- le Prince Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, membre du fameux « comité de recherche ».

[9] Une association US (« Survivors Network of Those Abused by Priests ») regroupant environ 10.000 victimes a porté plainte en septembre 2011. Le hic, c’est que les Etats Unis ne font pas partie des Etats Parties au statut de Rome.

 

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24 janvier 2012

Pédophilie: ce qu'il se passe en France

article_photo_1224064162091_1_0Il est temps de refaire le point au sujet des réseaux pédophiles en France. Je préviens déjà les futurs détracteurs : cet article ne sera ni signé, ni sourcé.

Pas signé parce qu’aujourd’hui, dans la France de 2012, ceux qui tentent de dénoncer les réseaux pédophiles se font laminer par la Justice, et j’ai l’intention de continuer encore longtemps à travailler sur cela.

Pas sourcé, parce qu’hélas, dans la France de 2012, il n’y a quasiment pas de sources. Personne ou presque ne parle des réseaux pédophiles, et encore moins les médias traditionnels, seules « sources » jugées fiables par la plupart des gens. Les sources publiques sont donc rares, voir inexistantes. Mais je vous assure que ce qui est écrit à ce sujet sur ce blog est vrai, les documents qui le prouvent existent. J’espère que bientôt la Justice fera son travail et que cela deviendra une évidence. D’ici là, vous devrez chercher par vous-même à infirmer ou à confirmer ce que vous lisez à propos des réseaux pédophiles.

 

En attendant, je vais essayer ici de vous expliquer comment les choses se passent. Depuis quelque temps, vous avez pu lire ici quelques articles au sujet de la pédophilie en général, ainsi que certaines affaires impliquant des réseaux.

Dans l’article : « Pédophilie, l’ambiance est à la tolérance », on avait abordé le climat qui règne dans la Justice, chez certains psychologues et dans les services sociaux au sujet de la pédophilie. On a vu à quel point la parole des enfants est bafouée dans ces affaires, et cela de manière systématique pour ne pas dire institutionnelle.

A Castres, deux sœurs âgées de 4 ou 5 ans, avec huit années d’écart, ont dénoncé les mêmes gestes du même homme. Que se passe-t-il aujourd’hui ? La mère est séparée de ses plus jeunes enfants, cantonnés à un foyer, et elle risque de se retrouver en prison dans les jours qui viennent, pour avoir refusé de laisser ses enfants à celui qu’ils accusent de les avoir abusés.

A Outreau, quinze enfants ont été reconnus victimes, et pas seulement les enfants Delay. Mais la plupart des agresseurs qu’ils ont désignés courent toujours. Myriam Badaoui est même ressortie de prison récemment, pendant que son fils Kévin était sous le coup de plaintes pour menaces de mort et envoyé en internement.

Dans le Var, que se passe-t-il ? Les enfants qui ont dénoncé 16 meurtres d’enfants sont coupés de leur mère qu’ils ne voient qu’en point rencontre, et vivent désormais chez leur père plusieurs jours chaque mois, alors qu’ils l’ont accusé d’avoir participé aux meurtres et aux viols.

A Saint Malo, une petite fille qui a dénoncé des viols de la part de son oncle et des coups de la part de son grand père doit aujourd’hui vivre avec sa mère qui laisse l’oncle et le grand-père faire ce qu’ils veulent. Son père, quant à lui, a perdu tous ses droits parentaux sur la petite.

Une autre mère qui a dénoncé des attouchements de son ex sur leur fils a aussi perdu toutes les procédures et ne peut voir son fils qu’en point rencontre.

Une autre, qui a tenté de récupérer son enfant pendant des années, a vu son fils sodomiser des enfants sur une vidéo pédo, parce que personne n’a jugé utile de le sortir de là, et encore moins de l’aider.

Des témoignages comme ceux-ci, vous pourrez en trouver à foison sur le net, sur certains sites d’aide aux victimes, sur des blogs consacrés à ces affaires. Il n’y a qu’à chercher, et vous trouverez.

Des familles ou des mères seules doivent fuir la France avec leurs enfants afin de les protéger, notamment d’une Justice aveugle. Ce scénario survient presque chaque jour dans la France de 2011.

 

Alors on peut se dire que c’est impossible, que si c’était si grave on le saurait, mais j’ai envie de demander « comment ? ».

Comment saurait-on que « ça arrive », si la Justice nie systématiquement la réalité des faits, surtout quand on parle de viols d’enfants en réunion ? Car, il faut savoir que les journalistes n’ont pas le droit de remettre en cause une décision de justice. Une affaire jugée est donc censurée à jamais, selon la loi.

De plus, quel journaliste sera assez suicidaire pour publier sous son nom un article qui met en cause de la pire manière des personnes bien placées, et/ou certains magistrats ?

Voilà pourquoi on manque de « sources », et pourquoi il n’y en aura probablement jamais d’autres que celles laissées par des personnes isolées qui ont cherché à comprendre ce qui se passe.

 

Voyons les étapes classiques d’une affaire de pédophilie en France :

  1. La découverte des faits

Généralement, c’est la mère qui apprend de la bouche de son enfant que le père, ou X l’ont touché. L’enfant parle d’abord de ce qui lui fait le moins peur, et on commence par apprendre des faits qu’on pourrait qualifier de « mineurs ». Cela suffit souvent à la mère pour demander le divorce, et porter plainte.

 

  1. La dénonciation des faits

En général, la mère emmène l’enfant chez un médecin, qui le plus souvent constate bien que l’enfant a subi quelque chose. Parfois, ce médecin fait un signalement auprès du Procureur. Ce qui est le mieux, car ainsi la mère ne peut pas être accusée de dénonciation calomnieuse par la suite, comme c’est presque toujours le cas. Bref, sinon c’est la mère qui cherche à porter plainte, et la plupart du temps la police refuse de la prendre. Il faut donc insister.

 

  1. La machine judiciaire se met en branle

A partir de là, l’affaire échappe complètement à la mère. Une fois que la plainte a été prise, la police interroge généralement les protagonistes. Quand l’enfant parle, on n’en tient pas compte, ou beaucoup moins que de ce que disent les adultes, surtout le père, qui nie les faits. La Justice prescrit donc des examens médicaux qui ne donnent généralement rien, surtout quand ils ont lieu des mois après les faits. Toutefois, au début la mère peut penser que les choses vont s’arranger, puisque dans un premier temps, en général, le père n’a plus le droit de voir ses enfants sauf en point rencontre.

 

  1. Changement d’orientation

Puis soudain, on s’aperçoit au fil des rapports d’experts et des conclusions de la partie adverse (car on a souvent une procédure de divorce, une autre pour la garde des enfants, et une autre pour les abus sexuels, suivies par des procédures pour dénonciation calomnieuse et mensongère, pour non présentation d’enfants, voire pour aliénation parentale), que les accusations s’orientent de plus en plus vers la mère, qui induirait les accusations d’abus à son enfant. On explique par exemple que la mère en veut au père de manière irrationnelle, qu’elle cherche à le couper de ses enfants. Ou alors on va dire qu’elle est instable, ou simplement on ne va pas du tout tenir compte de ce qu’elle dit, tout en prenant pour parole d’évangile les arguments du père. Quant aux enfants, à ce stade de la procédure on se moque complètement de ce qu’ils peuvent dire ou penser. Précisons aussi que la police, dans les affaires qui nous concernent, ne va jamais mener d’enquête de personnalité ou de voisinage sur l’accusé, et encore moins saisir son ordinateur ou le mettre sur écoute. Non, on se contente de son témoignage, même quand il est bourré de contradictions.

 

  1. Laminage

La suite logique des événements est que bien sûr, la ou les plaintes concernant les abus sexuels sont classées sans suite, le père est donc innocent et obtient ses droits, voire tous les droits, sur les enfants. Du coup, la mère a menti et peut se trouver obligée de partir avec ses enfants pour qu’ils ne soient pas violés chez leur père, et là elle risquera jusqu’à deux ans de prison, sachant que dans ces cas-là, la Justice veut des peines exemplaires. La mère peut aussi se retrouver à devoir payer jusqu’à 40.000€ de dommages et intérêts pour diffamation et/ou dénonciation calomnieuse, et comme par hasard ces plaintes-là ne sont pas classées sans suite.

 

  1. Epilogue

A la fin, les enfants sont soit chez leur père, soit en foyer, soit les deux. Il est très rare que la mère ait une garde partagée, et même dans ce cas les choses sont très difficiles puisque le père continue à abuser de l’enfant quand il en a la garde. Il y a donc de forts risques pour qu’on en revienne à l’étape 4.

On l’aura compris, ces affaires sont verrouillées par la Justice.

 

Pourquoi « on » n’en parle pas

Quand un enfant dénonce ces faits, qui le croit ? Il n’est pas rare que même la mère ne le croie pas, pour peu qu’elle soit sous081101 l’influence du pédophile, ou simplement qu’elle ait l’intention de rester aveugle. Et quand l’enfant parle à la Justice, il voit bien qu’on ne le croit pas, et qu’en plus à chaque fois qu’il parle, sa mère a des ennuis et qu’il se retrouve séparé d’elle. Cela incite les enfants à se taire rapidement et pour de bon, surtout s’ils ne vivent déjà plus chez le parent qui tente de les protéger.

Outreau a été un bel exemple pour les enfants victimes : même si vous parlez, on ne vous croira pas. Vos témoignages peuvent se recouper, vous pouvez désigner les mêmes lieux, les mêmes faits et les mêmes personnes, on fera comme si vous n’aviez rien dit.

Et cela, les victimes, qui sont également menacées (« maman ira en prison si tu parles », « je te ferai et/ou à ton frère encore pire si tu parles »…), l’intègrent parfaitement.

Donc, les petites victimes se taisent la plupart du temps. Sauf, si la situation change, par exemple lors d’un divorce. Ils peuvent alors se dire que la menace s’éloigne et avoir envie de parler.

Une fois adultes, d’autres parlent. Quand ils se sentent assez loin du milieu dans lequel on abusait d’eux, et quand ils sentent assez forts. Mais là c’est dommage, car jusqu’à il y a peu, on ne pouvait porter plainte pour des viols subis dans l’enfance que jusqu’à 28 ans. S’il y a eu viol, car les abus c’était seulement 3 ans après la majorité. Aujourd’hui, c’est un peu plus long, mais ceux qui défendent les victimes mineures aimeraient que les abus sexuels commis contre les enfants soient imprescriptibles. Cela éviterait probablement que certains pervers ne sévissent durant cinquante ans ou plus.

 

Bref, si certaines ex victimes veulent parler, elles se trouvent face à la question de prouver de tels faits des années après. S’il n’y a qu’un témoignage, le sien, rien n’aboutira.

S’il y a plusieurs témoignages, comme dans un cas à Angers, où toute une fratrie a dénoncé les parents qui les ont prostituées durant une bonne partie de leur enfance, seuls les parents ont été condamnés, et fort peu en appel. Quant aux notables qui ont aligné le fric, aucun n’a été inquiété, cela va de soi. A Outreau aussi, les témoignages étaient nombreux. Mais cela n’a pas empêché la Justice de décider quels témoignages étaient valables, selon des critères des plus obscurs.

Au final, pour les victimes qui parlent, ces procédures sont beaucoup de douleur pour un résultat minable. Au mieux elles sont reconnues comme victimes et le coupable est vaguement condamné, au pire on les bafoue encore une fois, quand on ne les envoie pas se faire interner.

Pour les pédos, tout va bien : une partie de leurs victimes se seront suicidées, ou auront de tels traumatismes qu’aucun tribunal ne les jugera crédibles (cf. affaires Dutroux, Allègre et tant d’autres). Pour les autres de leurs victimes, une partie sera devenue pédo à son tour, faute d’avoir été aidées convenablement. Une autre partie voudra tout oublier et se reconstruire. Certaines victimes, d’ailleurs, ne commencent à se rappeler de quelques souvenirs que par bribes, vers 40 ans. Ou ne s’en rappellent jamais vraiment. Juste des sensations étranges, un profond malaise…

Du côté de ceux qui veulent aider ces victimes, on n’est pas plus aidé. En fouillant trop, on se retrouve vite avec des problèmes administratifs, fiscaux, voir judiciaires. Personne ou presque ne veut leur parler, et les flics au lieu de les aider leur demandent de ne pas mettre leur nez dans ces affaires, qui sont synonymes de pouvoir pour qui en a connaissance et veut les utiliser. Les avocats se dégonflent tous ou presque (mais empochent l’argent), de même que les rares journalistes qui daignent s’intéresser à ces affaires. Leur hiérarchie leur dit de passer à autre chose : pas les moyens d’investiguer, trop risqué, et puis tout cela n’existe pas, n’est-ce pas ?

Enfin, le public préfère se voiler la face. On peut comprendre qu’il est difficile pour des parents d’envisager cette réalité. C’est difficile aussi quand on n’a pas d’enfant. Si on admet cette réalité, on a soudain envie de vomir, et on oublie son confort intellectuel. Tout bascule, et on comprend qu’on a face à nous les pires pourritures que la terre puisse porter. Et que ça existe vraiment.

 

Ces gens sont protégés. Par l’ignorance du public, par la police qui ne cherche pas, par la Justice qui nie, par les médias qui doivent se tenir à la « vérité judiciaire » (et s’en contentent), par les politiques figés dans un immobilisme complice.

Qui peut protéger les enfants, aujourd’hui ?

Pas les services sociaux, qui se transforment à vitesse grand V en plateforme de fourniture pour réseaux pédophiles. Et qui souvent ferment les yeux, même si parfois certains tentent de tirer la sonnette d’alarme.

Pas les associations, qui touchent souvent leurs subventions d’un Etat complice, ou de gens fortunés et/ou cocaïnés qui savent très bien ce qu’est la pédophilie pour la pratiquer régulièrement.

Pas la police ni la Justice, on l'a compris.

Pas les politiques, qui ferment systématiquement les yeux sur ces affaires. Qui ne légifèrent pas pour protéger les enfants et traquer les pédos. Qui n’aident pas la presse à être libre…

Voilà ce qui se passe dans la France de 2012.

Quand on sait quels massacres sont commis un peu partout en France (et ailleurs), comment on fait souffrir des gamins des manières les plus inhumaines, quand on sait parfois où cela se passe et qui le fait, on a juste envie de vomir, de ne pas y croire, et finalement on trouve la force pour essayer de se battre. Tout simplement parce qu’en tant qu’êtres humains lambda, on n’a pas le choix.

 

pedophiliePourquoi écrire des articles pareils, certains allant jusqu'à parler à raison de l'existence de charniers denfants, s’il n’y a pas de problème ? Juste par envie de faire frémir dans les chaumières ? Les gens ont autre chose à faire, en réalité, que de s’amuser à faire flipper le populo. Pourquoi passer tout son temps libre à essayer de faire en sorte que cela s’arrête s’il ne se passe rien ? Pourquoi accepter de passer pour des illuminés, à moitié timbrés, des crédules qui ont la tête à l’envers ?

Et je suis désolée de le dire, ça va faire lyrique mais tant pis, pourquoi prendre autant de risques s’il n’y a aucun problème ? Les gens qui s’engagent dans ce combat ne sont pas fous, ils ne croient pas en la « théorie du complot », et je vous l’assure, ils aimeraient bien que tout cela ne relève que du délire le plus profond.

Sauf que ce n’est pas le cas.

La première fois qu’on m’a parlé des réseaux pédophiles et de la manière dont ils broient les gamins, j’ai mis plusieurs jours à comprendre de quoi on me parlait. Et j’ai eu cette nausée, qui ne m’a pas lâchée pendant plusieurs jours, du matin au soir. Parce que quelqu’un a pris le temps de m’expliquer son histoire en détail, et parce que j’ai compris de quoi il s’agissait. Il a fallu digérer, et apprendre. Comprendre, revoir l’affaire Dutroux autant que possible, l’affaire des disparues de l’Yonne, l’affaire Allègre, et puis toutes ces autres « affaires » qui n’en sont pas pour la Justice, mais derrière lesquelles il y a des drames pour les enfants et pour le parent qui tente de les protéger.

 

Comprendre, à force, qu’en France ces réseaux pédophiles qui n’existent pas prospèrent, aidés par une Justice aveugle ou pourrie, à vous de choisir, et par l’ignorance de l’opinion publique.

Il faut aussi savoir que beaucoup d’argent est en jeu, et il doit bien transiter quelque part. Un snuff movie, un film où on voit la mort d’un enfant, coute des dizaines de milliers d’euros sur commande. Et il peut se revendre ensuite plusieurs fois. Il n'y a qu'à se balader 30 secondes sur le web caché, via le logiciel TOR, et on a envie de pleurer tant les sites d'échange d'images pédopornographiques sont légion.

Quant aux enfants exploités dans des réseaux, ils rapportent beaucoup d’argent sur le long terme, et/ou permettent d’asseoir son influence, d'éviter certains procès... Car nombre de partouzes avec des enfants sont organisées avec pour principal but de corrompre des personnes bien précises, ou au moins de les amener à se taire.

Dans ces réseaux, il y a de véritables pervers, qui ont l’argent pour payer et qui aiment faire mal aux enfants. Il y a aussi les petites mains, qui fournissent les enfants, comme Dutroux ou Emile Louis, pour ne parler que de ceux-là. Et qui finissent par devenir des pervers, quand ils ne le sont pas à la base.

Aujourd’hui le seul moyen de bloquer ces réseaux est d’informer cette opinion publique, qui doit aussi penser à la crise économique, à savoir pour quel incompétent voter en avril, mais qui doit surtout, avant tout, protéger ses enfants.

C’est à un véritable carnage que nous assistons passivement, simplement parce qu’on n’entend pas parler de ça dans « les médias ». Pourtant les sources existent, il y en a hélas partout sur le web. Moins que la propagande pédophile, mais quand-même. Le système fait qu’on empêche les gens d’être informés convenablement, eh bien qu’ils s’informent autrement que par les biais traditionnels. Auxquels plus personne ne fait confiance, d’ailleurs.

Le seul moyen de mette des bâtons dans les roues à ces réseaux qui rapportent tant de pognon, tant de jouissance aux pires raclures que la terre puisse porter, c’est que tout le monde se réveille.


Nombreux sont ceux qui y travaillent aujourd’hui, ils vous demandent juste de garder votre esprit critique éveillé.

 

Anti propagande

 

Qu’on le veuille ou non, les pédophiles n’ont pas grand-chose à craindre en France, du moment qu’ils n’avouent pas. Ils ont leurs lieux de discussion –et d’échanges de fichiers- sur le web, ou plutôt derrière le web en général, mais aussi une journée mondiale rien que pour eux, pendant qu’une banalisation de la pédophilie a lieu de manière éhontée.

Partout, des pubs érotisent les enfants. On a un ministre qui écrit carrément dans un bouquin qu’il s’est tapé des gosses en Thaïlande, un ponte des Verts qui s’est vanté dans un autre bouquin d’avoir tripoté des enfants qui ne demandaient que cela, bien sûr, et personne ne réagit. Ca ne choque que quelques illuminés, semble-t-il.

Il faut savoir que le petit jeu favori des pédos, que ce soit lors de leurs procès ou même quand ils font leur propagande à droite et à gauche sur les forums, c’est de se faire passer pour des victimes. Le système judiciaire ne tient pas compte de leurs « choix amoureux », la loi est devenue trop restrictive alors qu’ils ne faisaient qu’ « aimer » les enfants, etc. Oubliez le pédo qui fait profil bas, c’est extrêmement rare, en tout cas je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à une telle scène.

Bref, en tant que victimes, ils adorent se lamenter du fait qu’on ne les comprend pas, et argumenter durant des heures, de manière souvent aussi pédante qu’hallucinante, sur ce qu’est selon eux une relation avec un enfant. Ils sont même capables de vous expliquer savamment que « les lois n’ont pas toujours été aussi restrictives dans le passé », sous entendu qu’avant on tenait davantage compte du mode de vie des pédos. Que répondre à un argument aussi stupide ? Oui, au Moyen Age on envoyait les gamins aux champs avant de savoir parler, et toute la famille pouvait leur passer de dessus, personne n’aurait rien trouvé à redire. Je ne suis pas sure de vouloir cela pour les gamins de la France de 2012…

Leurs arguments sont quasiment toujours de ce niveau, en inversant complètement la logique, et surtout en niant absolument la condition de mineur. D’ailleurs, ils passent beaucoup de temps à réclamer l’abaissement de la majorité sexuelle. Jusqu’à imiter le Vatican, où elle est fixée à 12 ans ? Ou encore moins, peut-être ? Pourquoi a-t-on protégé les mineurs en 1945 ? Parce qu’on considère qu’ils n’ont pas leur libre arbitre, qu’ils sont trop conditionnés et influencés par leur environnement, leur milieu de vie. Selon les pédos, un mineur peut être consentant. Ce n’est pas possible légalement, et d’un point de vue sociologique, un gamin qui demande à se faire sodomiser par un adulte a fort probablement évolué dans un milieu des plus malsains. Bref, son consentement est à 100% induit par une situation, un passé etc.

 

Cela, les pédos vont dire que c’est une minorité et vont vous citer moult histoires qu’ils qualifient d’ « amour » avec des enfants, parfois très jeunes. Des histoires souvent platoniques, du moins ils le disent et on l’espère fortement. Il ne sert à rien de rentrer dans ce genre de débat, à part finir avec une migraine, voire très énervé.

Tout cela pour dire que les pédos, donc, revendiquent. Pas encore haut et fort mais subtilement et en permanence. Et cela contribue à cette atmosphère de tolérance, de minimisation envers les actes pédophiles en général.

En ce qui concerne nos réseaux, rappelons qu’officiellement ils n’existent pas. C’est ce que les médias s’acharnent à nous dire à chaque fois qu’une personnalité est impliquée dans une affaire de pédophilie. Comme s’il n’y avait que le commun des mortels à être pédophile. Et encore, même pas : les seuls ou presque à passer au tribunal pour des faits de pédophilie sont ce qu’on appelle parfois les ‘cas sociaux’, si possible au chômage et alcoolique. Les autres y échappent miraculeusement la plupart du temps.

Aujourd’hui, il devient urgent de dépasser cette chape de plomb et de regarder la réalité en face. Si le méchant réseau complètement sataniste avec les bourgeois du coin n’est pas derrière toutes les affaires, on est malgré tout souvent face à des réseaux. Qui fournit, diffuse et vend les images ? Qui fournit la plateforme d’échange, les vecteurs de paiements etc. ? Qui commande et qui paie ces films, qui vient aux réunions, qui amène les enfants ? Qui protège les pédos dans la Justice, dans la police, dans le monde politique ?

 

Ce sont donc bien de réseaux que nous parlons.

 

 

Liste de liens, parmi d’autres

 

Aide aux victimes

 

 

Collectif féministe contre le viol CFCV

http://www.cfcv.asso.fr/

Association Internationale des Victimes de l’Inceste AIVI

http://aivi.org/

S’informer, sites sérieux

 

 

Agence Jean Claude Ponçon

http://agencejeanclaudeponson3.blogspot.com/

Justice Enfants 77

http://justiceenfants77.blogspot.com

Pédopitchoun2

http://pedopitchoun2.blogspace.fr (il a disparu depuis peu, en espérant le relire)

Déni de justice

http://denidejustice.wordpress.com/

Pédophilie institutionnelle

http://pedophiliecannoisefrance.wordpress.com/

Syndrome d’Aliénation Parentale

http://contrelesap.canalblog.com/

Affaires (France)

 

 

Outreau

http://www.jacquesthomet.com/

Saint Malo

http://comite-salut-public-tribunal-dinan-sa.blogspot.com/

Castres

http://pedophilie-castres.over-blog.com/

Var

http://reseaupedophileduvar.over-blog.com/

Paris

http://www.soslesmamans.com/arthurvalentinee/index.html

Meaux

http://justiceenfants10.blogspot.com/2011/08/crime-en-bandeorganisee-au-tgi-de-meaux.html

Nice (affaire Kamal)

http://www.ladepeche.fr/article/2001/06/24/215445-karim-kamal-une-gifle-pour-la-justice-francaise.html

http://www.humanite.fr/node/398818

http://pedophiliecannoisefrance.wordpress.com/category/corruption/

http://fondation.princessedecroy.droitfondamental.eu/wordpress/?p=330

Annecy (affaire « Pierre et Marie »)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Viols_d'enfants_:_la_fin_du_silence_%3F

http://www.youtube.com/watch?v=SePUMSquQEk

Affaires (international)

 

 

Affaire Zandvoort (Belgique) en vidéos.

http://www.dailymotion.com/video/xae9og_1-l-affaire-zandvoort-enquete-sur-l_news

Affaire Dutroux (Belgique)

http://reopendutroux.blogs.fr/

http://www.scribd.com/doc/37251848/Dossier-X

Affaire du CRIES (UNICEF, Belgique)

Wikipedia CRIES

http://droitfondamental.eu/007-CRIES__fr.htm

Affaire Franklin (Boys Town, Etats Unis)

http://www.franklincase.org

http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_Franklin

Affaire CORAL (France)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral

http://droitfondamental.eu/007-Coral___fr.htm

Disparues de l’Yonne

http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique43

Ecole Mc Martin (Los Angeles, Etats Unis)

http://en.wikipedia.org/wiki/McMartin_preschool_trial

Orphelinat de Jersey

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_l'orphelinat_de_Jersey

http://www.guardian.co.uk/uk/2011/jan/06/jersey-childrens-home-scandal-ends

Orphelinat au Portugal

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_Casa_Pia

Articles parus sur ce blog

 

Pédopornographie : les réseaux se portent bien, merci

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/01/16/20143485.html

Dutroux, l’archétype du prédateur isolé ?

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/06/12/21377447.html

Pédophilie : l’ambiance est à la tolérance

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/09/28/22179142.html

Rapport de l’ONU sur les dérives de la Justice en matière de réseaux pédophiles.

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/01/23/23034833.html

 

 

 

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12 janvier 2012

Europe: on voit le mur et on accélère

B1Bon, faisons le point rapidement sur la situation financière de l’Europe. Depuis des années maintenant, on sait que c’est « la crise ». Financière ou économique, finalement on s‘en fiche, le résultat est le même : les pauvres tombent dans une misère digne de l’époque napoléonienne,  tandis que les plus favorisés sont toujours soignés aux petits oignons. Normal : les réunions et autres lobbies type Bilderberg ou FMI décident de tout, entre initiés et dévots aux théories ultra libérales. Le chèque en blanc qu’on nous demande encore de payer, peut-être qu’on peut éviter de le signer.

 

On a déjà longuement parlé de la crise actuelle, et cela depuis des mois. Simplement parce que c’était la suite logique des « choix politiques » qui n’ont pas été faits. Bref, en 2012 on en sera encore à payer les conséquences de la crise dite « des subprime ».

Les banques ont des bilans auxquels on ne peut absolument pas faire confiance, comme on l’a vu à moult reprises depuis des années. Les bénéfices sont planqués dans les paradis fiscaux, les pertes sont transférées en France ou ailleurs pour obtenir des dégrèvements fiscaux, voir des remises d’impôt. Ce système contribue largement à faire de la France un paradis fiscal, mais bref.

Les banques annoncent les chiffres qu’elles veulent, grâce aux paradis fiscaux (on fait passer les bénéfices dans les paradis fiscaux et les pertes en France). Du coup, malgré les bénéfices annoncés (certes en baisse cette fois-ci), il était prévisible que les banques allaient finir par faire sortir à un moment ou à un autre les pertes brutes issues de la crise subprime. Nous y sommes, et aujourd’hui les banques européennes se montrent telles qu’elles sont : plombées.

Pas plus que les banques américaines. La seule différence, c’est que les Etats Unis et la FED peuvent créer des billets pour racheter les titres pourris des banques, mais que nous en Europe, on ne peut pas. Il est en effet écrit dans le traité contre lequel nous avons voté, que les Etats ne peuvent pas prêter aux banques, ni même à l’Etat, et encore moins les banques centrales qui ne servent plus à rien. La BCE, en principe, n’en a pas le droit non plus. En Europe, pour prêter aux banques (ou donner, comme aux Etats Unis), on doit emprunter sur « les Marchés », avec des taux d’intérêt iniques et tout le bazar.

Bref, les banques US vont mieux que les banques européennes simplement parce que la FED a créé des milliards de dollars[1] pour racheter des titres pourris qui ne valaient plus rien. En Europe, la BCE nous endette pour filer l’oseille au FESF (fonds européen de stabilité financière) qui rachète au prix fort les titres pourris de dette grecque ou autre que les banques ont racheté sans discernement. Ou en sachant pertinemment que les citoyens allaient finir par payer, comme d’habitude.

Rappelons que dès le début, la Grèce n’était pas solvable pour autant d’argent emprunté à un tel taux. D’ailleurs, la note AAA du FESF est également menacée par les agences de notation… D’ailleurs, Standard & Poor’s a déjà prévenu que 15 Etats européens (dont les sixB3 qui ont encore leur AAA) risquent de voir leur note dégradée prochainement.

Au final, les mesures prises pour garder un AAA collé par des agences ineptes nous ont menés à la récession. Et on l'a quand-même perdu, malgré trois plans d'austérité successifs. Mais maintenant, il paraît que ça ne change rien. A part qu'on empruntera plus cher sur "les Marchés", et que la note du FESF risque de baisser elle aussi...

Depuis  le début de la crise, la BCE qui ne servait qu’à limiter l’inflation (en comprimant les salaires) s’est transformée en banque des banques, pour un résultat qui laisse perplexe. En juin 2009, la BCE a ainsi prêté 442,4 milliards d’euros sur un an, un record à l’époque, à 1.121 banques et établissements financiers.  Elle a encore prêté 111 milliards à 78 banques pour leur permettre de la rembourser du prêt de juin 2009, et encore 132 milliards prêtés à trois mois. Début décembre, la BCE a battu son précédent record, en prêtant encore près de 490 milliards à 523 banques etc. sur trois ans cette fois, et toujours à 1%.

Or, plus de 600 milliards d’euros de dettes bancaires devront être remboursées en 2012 (dont 230 milliards au premier trimestre), ce qui semble compliqué pour nombre d’établissements. Donc en gros, la BCE prête aux banques pour qu’elles la remboursent de ses prêts précédents. Quand un particulier fait ça, on dit qu’il est surendetté, mais qu’on se rassure : la BCE prête au taux record de 1% aux banques[2], qui elles prêtent aux Etats à des taux de 5 à 10%. Et d’où vient le fric que la BCE file gentiment aux banques ? Des Etats, donc des contribuables. Cherchez l’arnaque…

Et selon certains, la BCE, le FESF et bientôt le MES (mécanisme européen de stabilité qui va remplacer le FESF) auront donc « prêté » près de 2.200 milliards d’euros aux banques en mois d’un an.

Et l’Europe vient de décider, à la suite d’un énième sommet de crise, d’augmenter les fonds du FESF à 1.000 milliards d’euros, puisque des 400 milliards garantis jusque là ne suffisent pas. Et cet argent ne servira qu’aux banques : pas question que l’Europe prête directement aux Etats. D’où un système subtil dans lequel les banques centrales des Etats européens vont prêter 150 milliards au FMI, pour qu’il les prête aux Etats en difficulté. Tout ça pour respecter le principe débile selon lequel les Etats doivent emprunter sur les Marchés pour s’endetter.

On constate que cette politique de prêt ne sert à rien. Comme à des drogués à qui on file leur dose régulièrement, l’effet de l’injection de fric ne dure que quelques jours, voir une ou deux semaines, et à nouveau le scénario se répète et « les Marchés », c’est-à-dire les spéculateurs, se remettent à flipper et à nous mettre la pression. D’ailleurs dans les jours qui ont suivi le prêt du 5 décembre, Moody’s a dégradé la notre de trois des « grandes » banques françaises (Credit Agricole, BNP Paribas, Société Générale). Et bientôt ce sera probablement le FESF lui-même qui verra sa note dégradée, puisque ce terrain est en train d’être labouré par les médias au courant. Ce sera alors aux Etats (essentiellement la France[3] et l’Allemagne) de s’endetter pour boucher le trou.

Question à dix mille : que font les banques avec cet argent ? Elles le déposent sur leur compte à la BCE. Ainsi, l’AFP nous expliquait le 5 décembre que « Les dépôts des banques auprès de la Banque centrale européenne (BCE) ont marqué aujourd'hui, pour la troisième fois consécutive, un plus haut depuis 18 mois, signe de la gravité de la crise de confiance dans le système financier européen. Au total, les banques de la zone euro ont déposé entre vendredi et lundi 332,7 milliards d'euros auprès de la BCE. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les banques avaient déjà déposé 313 milliards d'euros, et 304 milliards la veille.  Le record absolu, de 384,3 milliards d'euros, date de juin 2010 ».

Rebelote autour du 22 décembre : « Les banques de la zone euro ont déposé 347 milliards d'euros auprès de la BCE entre jeudi et vendredi. Soit un nouveau record depuis juin 2010, qui dépasse d'une courte tête le niveau atteint il y a dix jours (346,3 milliards d'euros) ». Et nouveau record début janvier, avec 443 milliards d’euros déposés à la BCE.

Ben oui, on demande aux banques d’augmenter leurs fonds propres, mais elles n’en ont pas. Alors dès qu’on leur prête elles tentent de mettre quelques euros de côté. Au final, on estime que 60% de l’argent injecté par le BCE dans les banques lui revient en dépôt. Cet argent ne sert donc à rien, à part gonfler les comptes des banques.

Et accessoirement, la BCE accepte[4] comme garantie (comme « collateral », dit-on) de ses prêts les actifs qui ont amené à la déroute : les obligations souveraines, y compris les dérivés de dette grecque, et cela officiellement à hauteur de 5% du montant total de la garantie en question. Mais, d’autres « actifs » plus ou moins pourris font aussi partie du lot. A part ça, on s‘est bien gardé d’exiger quoi que ce soit des banques, et surtout pas de respecter les principes pourtant évoqués aux G8 etc.

 

B2Délestage massif de titres pourris

 En parallèle, lesdites banques ont réussi à lâcher une bonne partie de leurs titres de dettes souveraines pourris. Et qui les a rachetés au prix fort car plus personne n’en veut ? La BCE[5], via le Securities Market Program. Pour en faire quoi ? Mystère, car ils ne valent plus grand-chose. L’Expansion écrivait le 13 décembre que « Sur les neuf premiers mois de l'année, BNP s'est par exemple délestée de 61% de ses actifs sur les titres souverains (elle est passée de 215 milliards d'euros à 83 milliards). Et à l'échelle européenne, l'ensemble des banques ont vendu 39% de leur portefeuille (1.574 milliards d'euros d'exposition fin septembre contre 2.585 milliards en janvier). La BCE va ainsi prendre en garantie ("collateral") les titres de dette détenus par les banques en échange des prêts accordés. Ce qui pourrait revaloriser les titres souverains des Etats en difficultés sur les marchés ».

Pourquoi la BCE rachète-t-elle ces titres pourris depuis le début de l’année, via le FESF ? Pour « calmer les Marchés », pardi. Entre août et mi décembre 2011, 211 milliards ont ainsi été consacrés à cette dépense totalement improductive.

Question : la BCE a-t-elle les reins assez solides pour engager autant d’argent de manière aussi incertaine ? Il semble que non, car avec à peine plus de 5 milliards d’euros de fonds propres, l’effet de levier (la masse d’argent encourue à partir d’un seul euro) est de 30,8[6]. Soit, 30,8€ d’engagés avec un seul euro de garantie en fonds propres, ce qui est du niveau des banques US qui ont coulé pendant la crise subprime, comme Lehman Brothers.

Si la BCE, qui rappelons-le au passage est dirigée par un ancien de Goldman Sachs qui a été directement impliqué dans la falsification des comptes Grecs[7], ne revend pas ces titres pourris, ou pas assez cher, on se retrouvera en faillite. D’où l’idée géniale de demander aux Etats de la renflouer. Mais comme les Etats ne peuvent plus se financer via leurs banques centrales, ils devront encore emprunter sur les marchés à des taux de plus en plus délirants.  

Entre parenthèses, d’autres fanatiques de l’ultra libéralisme de l’Institut Montaigne avancent depuis quelques semaines l’idée géniale de demander aux « ménages » de financer la dette de la France. Les banques ne veulent plus se mouiller, alors on va refourguer le bébé aux citoyens.

Evidemment, ces titres pourris sont rachetés aux banques par la BCE bien au dessus de leur valeur réelle, qui est proche de zéro. La BCE, qui ne veut surtout pas pénaliser les banques, a ainsi appliqué  une décote de 50% aux titres de dette grecque il y a quelques mois, alors qu’on savait pertinemment qu’elle ne rembourserait pas et que ces titres ne valent plus rien. C’est d’ailleurs pour ça que les banques s’en séparent. Bref, au lieu de 50%, c’est de 75 ou 80% qu’il aurait fallu baisser le prix d’achat.

Officiellement en 2009, les banques n’avaient pas planqué d’actifs toxiques en France, selon le président de la fédération bancaire française. Il a bien précisé « en France », car lesdits actifs étaient planqués dans des paradis fiscaux, et ont été rapatriés par paquets dans des bad banks créées spécialement pour ça. Et chez nous, comme par magie, ils disparaissent. Et sarkoléon, pourtant prompt à s’agiter, n’a rien trouvé à redire.

Et nos banques ne sont toujours pas en bonne santé, loin de là. Les dettes bancaires sont jugées risquées par les « Marchés », et les produits dérivés de dettes bancaires rapportent de moins en moins, malgré les milliards investis. De son côté, Goldman Sachs a inventé lors de la crise subprime un nouveau produit dérivé qui promet de faire des merveilles : une assurance sur une assurance contre un défaut de paiement. Les CDO sur les dettes de certains pays ne sont plus du tout rentables tellement tout le monde est au courant que la dette ne sera pas entièrement payée, et les CDS (les assurances) qui vont avec non plus. Du coup, pour continuer à spéculer sur du vent, on a inventé les « synthetic CDO ». Ce qui revient à parier sur un défaut de paiement des CDO

Au final, l’Europe est en train d’institutionnaliser la transformation de la dette privée (celle des banques etc.) en dette publique. Sauf que la richesse produite par les travailleurs du monde entier (le PIB mondial) ne suffirait même pas pour éponger un dixième de cette dette, en y consacrant la totalité de la richesse.

L’Europe va bientôt piloter de A à Z l’économie des 27 Etats membres, et on exige des citoyens qu’ils signent un chèque en blanc, un de plus. Sans savoir ce qui sera fait de cet argent, ni s’il sera remboursé.

Même l’idée que les Grecs organisent un référendum fait paniquer « les Marchés », alors qu’on sait très bien que les grecs ne pourront pas rembourser toute leur dette. Toutefois, il faut encore s’entendre sur le montant de cette dette, car il semble qu’on ait surévalué celle de l’Irlande de 3,6 milliards jusqu’en novembre 2011. La démocratie n’est qu’un mythe en Europe, au cas où quelqu’un en doutait encore depuis que sarko nous a imposé le traité européen qu’on avait refusé par référendum.

 

Perspectives

On nous promet une récession pour la zone euro en 2012[8]. A quoi ont donc servi tous ces plans d’austérité ? En est-on encore àh-4-2062658-1273137156 devoir se flageller des années durant pour espérer aller au paradis ?

Certains parlent aujourd’hui de dévaluer l’euro, certains disent même de 20%, pour que la dette coute moins cher aux Etats et aux banques, et ce serait amusant de voir la BCE nous créer de l’inflation au lieu de la contenir comme elle est censée le faire (à tort plus qu’à raison, d’ailleurs, mais bon). La conséquence d’une dévaluation sera que nos produits seront en effet moins chers à l’exportation, mais ce que nous achèterons à l’étranger nous coutera aussi plus cher. Bref, de joyeux débats s’annoncent entre, en gros, le camp des exportateurs et celui des importateurs. Et pour finir ce sera le camp des spéculateurs qui tranchera. Enfin, encore une fois on tombe en pleine contradiction puisque les technocrates bruxellois ont voulu, en leur temps, un euro fort (d’où l’austérité depuis des années, en fait).

D’un autre côté, la spéculation continue à plein. Les « entreprises financières », c’est-à-dire qui dégagent des bénéfices de la spéculation, sont le secteur le plus bénéficiaire au Royaume Uni, mais en France elles ont pesé pour 25% des 49 milliards d’euros de bénéfice tiré par le CAC 40 en 2009. Autant dire qu’on n’est pas près de mettre en place la taxe Tobin.

Bref, il serait largement temps d’aborder les solutions pour sortir de ce bourbier. Il est temps d’y réfléchir sérieusement, et on a bien compris que l’impulsion ne viendra pas du monde politico financier.

Les banques ont donc le droit de s’endetter sans fin : aucune contrepartie ne leur est jamais demandée, et la régulation tant invoquée se fait attendre. Jusqu’à quand ce cirque va-t-il continuer ? On vote bientôt en France, mais les véritables enjeux ne sont même pas abordés. Qui nous dit comment on pourrait sortir de la crise ? Qui propose des solutions, des pistes ? Ni le PS, ni l’UMP, ni le centre, ne veulent remettre publiquement en cause le système européen, de peur de ne pas être jugés « crédibles ».

Pourtant, le constat est clair : la politique économique européenne est désastreuse et on le constate chaque jour depuis 20 ans. Le délabrement a commencé lentement, mais aujourd’hui les choses s’accélèrent, et les dernières « réformes » nous font revenir à des conditions sociales d’avant la première guerre mondiale. Si on continue à cette vitesse, dans peu de temps nous serons revenus à l’ère des journaliers, qui n’avaient que leurs bras pour survivre, dans ce XIXe siècle qui a pourtant suivi ce qu’on ose encore appeler la « Révolution ». Une époque où seuls les riches pouvaient voter, où la sécurité sociale n’existait pas, où on devait condamner le « vagabondage », et où le livret ouvrier suivait les travailleurs durant toute leur vie à l’usine. Le rêve pour certains, c’est probable, mais qu’en est-il pour la piétaille ?

 

 



[1] Il s’agit des plans appelés quantitative easing, et nous en serons bientôt au troisième depuis 2008. Avec cet argent, la FED a racheté plein de titres pourris aux banques, assurances etc. 2.350 milliards auraient ainsi été sortis du chapeau de la BCE en trois ans : 600 puis 1.750 milliards en mars 2009 et 600 milliards fin 2010.

[2] Rappelons que l’inflation étant officiellement à 3% environ (taux par ailleurs fort contesté), prêter à 1% revient à donner quelques milliards à nos chères banques.

[3] Ce qui explique pourquoi l’agence de notation Fitch estime que si la note de la dette française baisse, celle du FESF doit baisser aussi. Car si la France est jugée moins solvable, et puisqu’elle est garante d’une masse d’argent engagé par le FESF sur « les Marchés » (c-à-d dans les banques et autres machines à spéculation), on se dit que le FESF est lui aussi moins sûr.

[4] Suite à la prolongation pour 2011 d’un « assouplissement » des règles en la matière. Et d’un nouvel assouplissement en septembre 2011. Pour, probablement, aller vers un assouplissement durable

[5] Au total, la BCE n’aurait racheté que pour 213 milliards d’euros d’obligations souveraines (ces produits dérivés de dette Grecque ou autre)

[6] Il semblerait que la banque d’Angleterre en soit à 52,2, et la banque de France à « seulement » 16,5. Niveau solvabilité, donc, la France bat largement sa voisine.

[7] Mario Draghi est en effet dans le cénacle des décideurs puisqu’on l’a vu participer aux réunions du Bilderberg en 2009 ainsi qu’en 2008. Quant à l’autre italien de Goldman Sachs adepte du Bilderberg, Mario Mont qui a réussi à prendre la place de Berlusconi, il est aussi président pour l’Europe de la trilatérale, ce machin inventé par Rockefeller en 1973.

[8] Certains, comme les analystes de chez Dexia Asset Management, envisagent même une récession de 1,8% pour toute l’année 2012 dans la zone euro.

 

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05 janvier 2012

L'assassin de Bob Kennedy était sous contrôle mental, selon ses avocats

 

article-2066883-0EF6BCF600000578-336_634x383C’est un document qui interpelle. Public Intelligence a publié récemment un document dans lequel l’avocat de Sihran Sihran, jugé coupable de l’assassinat de Robert Kennedy, explique que son client était sous contrôle mental au moment des faits. Il dit aussi que les balles qui ont tué Kennedy provenaient d’une autre arme que celle de Sirhan Sirhan, un réfugié palestinien de 25 ans, sorti de nulle part.

 

Lors du procès qui a mené à la condamnation de Sirhan Sihran[1] en 1969, ses avocats avaient déjà souligné l’ « évidence » de son innocence et les nombreuses violations de ses droits. Aujourd’hui, ils veulent le faire sortir de prison et avancent de nouveaux arguments.

Les avocats actuels de Sirhan, qui espèrent faire libérer leur client, expliquent par exemple que le parquet a refusé de transmettre l’autopsie à la défense jusqu’à la veille du procès alors qu’ils l’ont eue des mois auparavant.

L’autopsie montrait quelques incohérences dans la théorie de l’accusation, mais Cooper, l’avocat de Sirhan en 69, s’est bien gardé de les souligner. Il n’a pas non plus relevé les problèmes au niveau de l’analyse balistique, dont on va reparler brièvement, et n’a pas jugé utile de faire des recherches quant au nombre de tireurs et de coups de feu. Sirhan n’a jamais pu avoir connaissance des analyses de sang et d’urine réalisées juste après son arrestation, et elles ont été détruites très rapidement.

Les avocats de Sirhan ajoutent que lors du procès, on a remplacé la balle qui était dans le crâne de Kennedy par une autre afin de faire accuser leur client.

En outre, un document audio récemment mis au jour[2] fait apparaître que pas moins de 13 coups de feu ont été tirés en l’espace de 5 secondes, alors que l’arme de Sirhan Sirhan ne pouvait contenir que huit balles[3]. Du coup, les avocats affirment qu’il y a forcément eu deux tueurs. L’enregistrement en question aurait été pris à environ 12 mètres du lieu de l’assassinat (40 pieds) par un journaliste dénommé Pruszynski, qui était derrière Kennedy[4]. L’analyse des sons effectuée par Philip Van Praag, un spécialiste du son (p.100 et suivantes), a aussi permis de conclure qu’on entend deux armes différentes : un Iver Johnson Cadet 55SA (celui qui était vraisemblablement dans les mains de Sirhan) et un Harrington & Richardson 922.

Dans le même genre de contradictions, il s’avèrerait que les quatre balles qui ont touché Kennedy provenaient de très près derrière lui, alors que Sirhan se trouvait face à lui, selon les témoignages d’une douzaine de personnes présentes sur place (cf. p.67 et suivantes). Ou, des témoins présents lors des faits affirment que des gens ont bloqué Sirhan juste après qu’il ait tiré son deuxième coup de feu, et qu’ils ont pris son arme, si bien que les derniers coups de feu ont été tirés ailleurs que vers Kennedy.

 

La théorie du contrôle mentalrfkmustdie

Depuis 1968, l’assassin officiel dit qu’il ne se rappelle pas du moment où il a tiré. Et ses avocats disent que c’est parce qu’il était à ce moment sous l’emprise d’un contrôle mental, d’une « hypno programmation », dit autrement.

Un expert, prof associé en psychologie à Harvard et spécialisé dans l’hypnose, le confirme après avoir interviewé Sirhan durant 60 heures en l’espace de trois ans. Daniel Brown, c’est son nom, affirme en effet que l’assassin aurait été manipulé au moment des faits, et même qu’il était accompagné par un moustachu à l’accent étranger, qui a refusé de s’identifier et de signer le registre. Le moustachu aurait dit à Sirhan que les officiels du gouvernement doivent être tués.

Il explique que l’une des grandes « preuves » à charge était qu’on a trouvé l’inscription « RFK must die » dans le calepin de Sirhan, probablement écrite de sa main. Mais, il aurait écrit cela de manière automatique.

Brown pense même qu’il a fait une fausse confession en avouant pendant son procès avoir tué Kennedy, et que cette confession lui a été induite avant les faits. Pour cela, précise Brown, il faut un sujet très réceptif à l’hypnose, un fort conformisme social, et une forte capacité de dissociation. Il ajoute qu’il est très rare que quelqu’un revienne sur de fausses confessions.

Mais, un autre expert, Herbert Spiegel spécialiste de l’hypnose à l’université de Columbia, estimait dans les années 90 qu’il y a de très fortes probabilités pour que Sirhan ait été sous contrôle mentale. Toutefois, le tribunal a refusé qu’il rencontre Sirhan en prison. Mais, Spiegel est parvenu à imprimer des informations dans l’esprit de personnes sous hypnose lors de diverses expériences. On peut même induire des émotions, une amnésie, une envie de meurtre ou de suicide[5].

D’après ce qu’explique Brown dans une lettre d’argumentation au tribunal (p.220 du document), un certain nombre de scientifiques auraient ainsi démontré que sous hypnose, on pouvait faire faire n’importe quoi à quelqu’un, y compris des actes antisociaux. Des recherches ont ainsi permis de comprendre que les gens qui ont agi sous hypnose sont plus passifs et ne se montrent pas particulièrement préoccupés par les conséquences de leurs actes. Ils sont aussi moins perturbés par leurs actes que s’ils avaient agi dans un état de conscience. Et cela, surtout si on utilise des drogues telles que le LSD en même temps, ainsi que des études menées dans les années 60 par John Lennox de l’université de Californie (UCLA) et par la CIA le montrent.

Le très sérieux Journal of Amercican Medical Association a d’ailleurs publié plusieurs études de ce type dans les années 50 et 60. La CIA a beaucoup travaillé sur ce sujet, puis a répandu dans l’opinion publique l’idée que ces recherches s’étaient avérées infructueuses, mais d’après Brown des rapports non officiels disent le contraire[6]. Brown évoque aussi les recherches d’Ewen Cameron ou les programmes MK Ultra ou ARTICHOKE, autant de fait aujourd’hui bien renseignés par de nombreuses archives.

Dans le cas de Sirhan, ses proches affirment qu’il a disparu pendant deux semaines après une chute de cheval, et qu’il est revenu différent. D’après Brown, Sirhan se rappelle alors une unité dans un hôpital qui ressemble à une prison, où il oscillait entre conscience et inconscience comme s’il avait été sous l’influence d’hallucinogènes, de médicaments ou bien qu’il était sous hypnose.



[1] Né en Cisjordanie en 1944 dans une famille maronite, ses parents ont émigré quand il avait 12 ans et se sont installés en Californie. Son père est ensuite rentré seul au Moyen Orient. Sirhan a changé de religion plusieurs fois, devenant baptiste, puis adventiste du 7e jour, et a probablement versé dans l’occulte.

[2] Des analyses réalisées en 2007 sur un enregistrement jamais étudié ont montré que l’entend treize détonations. En outre, à au moins deux reprises, le temps entre deux coups de feu est insuffisant pour que ce soit la même arme qui ait tiré. Un autre affirme que ce sont au moins quatorze coups de feu qui ont retenti.

[3] Comme par hasard, le tribunal avait décidé à l’époque qu’il n’y avait pas eu plus de huit coups de feu de tirés.

[4] En fait Pruszynski avait perdu l’enregistrement original, mais en 2004 ou 2005 un journaliste de CNN a mis la main sur des archives de l’Etat de Californie qui contenaient une copie partielle  de l’enregistrement fait à l’hôtel Ambassadeur dans la nuit du 4 au 5 juin 1968.

[5] Des expériences ont été menées par la CIA à ce sujet dans les années 50, comme le détaille Alan Scheflin (p. 130 et suivantes)

[6] Dès les années 20, un dénommé Georges H. Eastbrooks, de Harvard, a cherché à inculquer des personnalités multiples via l’hypnose, ce qui appelait des « agents doubles » puisque chaque personnalité ignore ce que fait l’autre. Eastbrooks les appelait des « super espions », et pour cause : même eux ignoraient ce qu’ils faisaient. Dans les années 30, la CIA s’est beaucoup intéressée à ses travaux, et le phénomène a été décrit ensuite par les militaires.

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23 novembre 2011

L'affaire de Castres en détail

danger_pedophilieReprenons notre affaire en détail. Pour partie, nous reprendrons les mots de Sandrine, qui a rédigé une synthèse de son histoire et de celle de ses enfants. Dans cette affaire, deux petites filles dénoncent les mêmes faits commis par la même personne, mais la Justice n’en tient pas compte, et cela pendant dix ans. A tel point que Sandrine décide d’éloigner autant que possible les deux petits de leur père, qui veut en avoir la garde. Récit d’une affaire où une fois de plus, la Justice marche sur la tête. 

 

Sandrine est une jeune mère célibataire, qui cherche un travail après un DEUG de biologie. Julie a trois ans fin 1999, quand sa mère est engagée dans un magasin d’articles sportifs, et c’est Jean-Claude D. qui la recrute et devient son supérieur. Elle apprendra plus tard qu’il l’a embauchée surtout pour qu’une autre responsable de rayon ne la prenne pas.

Bref, Sandrine a un emploi et commence à nouer des relations avec des collègues, dont Wolfgang L. et Valérie M., mais aussi Jean-Claude. Très vite, les relations avec ce dernier deviennent plus intimes, et Sandrine s’installe dans son petit appartement. A cette époque, Julie vit chez la mère et la sœur de Sandrine, où elle est scolarisée. Jean-Claude a déjà été marié avec une femme d’une dizaine d’années de plus que lui mère d’une petite fille et auparavant mariée, qui a demandé le divorce au bout de deux ans. La mésentente avec sa belle-famille y a probablement été pour quelque chose. Après ce divorce, Jean-Claude a vécu en collocation avec des collègues avant de se trouver ce F1.

 

Début mai 2000 a lieu un conflit important entre la mère et la fille, et Sandrine fait appel à la gendarmerie pour récupérer sa fille début juin 2000. La Justice s’abritera ensuite derrière ce conflit pour estimer que Julie est l’enjeu d’un conflit familial, et nier sa parole.

A ce moment, Sandrine est  déjà sous l’emprise de Jean-Claude, qui nie les faits dont parle Julie. C’est d’ailleurs avec lui et leur ami Wolfgang qu’elle vient chercher Julie en ce début juin. Sandrine écrira plus tard : « J'ai enlevé ma propre enfant, qui était heureuse et en sécurité, menant une vie harmonieuse et comblée, sans manque d'affection, pour la livrer au pire danger que je ne réalise pas ».

Comme Sandrine et Jean-Claude travaillent, la grand-mère continue à s’occuper de la petite certains jours. Auprès d’elle, Julie se plaint de douleurs dans le courant du mois du juin, et la grand-mère fait venir le médecin de famille à deux reprises. Julie refuse d’être examinée et se recroqueville sur elle-même, mais le médecin parvient à détecter des rougeurs inhabituelles au niveau du sexe, un état de fatigue anormal et la présence d’herpès au visage.

Le 25 juillet, la grand-mère emmène Julie chez un pédopsychiatre fait un certificat et fait un signalement auprès du Procureur et conseille à la grand-mère de porter plainte. Le lendemain, Julie parle encore à sa grand-mère, évoquant des abus sexuels commis par Jean-Claude. Une fois de plus, la grand-mère emmène Julie chez le médecin du village, le Dr. E, qui ne parvient pas à examiner la petite mais la fait dessiner et parler. Il écrit dans son certificat qu’elle le fait « sans hésitation » et dessine « un cadre sur la feuille de papier disant très clairement que c’est le lit, puis y ajoute deux personnages, d’abord un grand qu’elle nomme [Jean-Claude] en y ajoutant une excroissance couverte de gribouillages qu’elle dit être les poils, elle ne nomme pas cette excroissance de suite. Quand je lui demande si c’est une jambe, elle répond non, si c’est un bras elle répond non, je lui demande si elle sait ce que c’est, elle répond ‘oui c’est un zizi’. Puis [Julie] ajoute ‘que le zizi ça fait mal au cucu’ et elle répètera plusieurs fois en portant sa main droite vers ses fesses puis sa vulve. Je lui demande si ça l’a fait pleurer et me répond que ‘oui’ et rajoute qu’elle n’ ‘aime pas la colle qui est sur son cucu’ ». Puis la petite décrit la couleur de la colle, « sans hésitation elle répond blanc ».

Le Dr E conseille lui aussi à la grand-mère de porter plainte. Elle va donc signaler les faits auprès des substituts des procureurs de Tarascon et d’Avignon.

Le 27 juillet la grand-mère est auditionnée par la gendarmerie sur requête du substitut du procureur de Tarascon. A cette occasion, elle montre aux gendarmes une culotte tâchée de sang appartenant à Julie, mais cette pièce n’est pas mentionnée dans le rapport d’audition, et on n’en entendra jamais reparler par la suite. Sandrine apprendra plus tard l’existence de ce signalement, quand le procureur B. lui demande de confier sa fille à sa grand-mère pendant l’enquête.

 

Le 1er août, Sandrine est entendue à son tour par la brigade des mœurs d’Avignon avec Julie. Le policier qui l’interroge sous-entend que le signalement de la grand-mère est le fruit d’une manipulation car celle-ci ne veut pas lui rendre la petite. Sandrine ne se pose pas plus de questions à ce moment, mais demande une expertise médico légale de Julie, mais on la lui refuse au motif que ce serait trop traumatisant pour la petite. Accessoirement, la grand-mère a elle aussi demandé une expertise médico légale, mais on la lui refuse au motif que Sandrine aurait posé son veto. Julie est entendue également, mais elle ne semble pas parler, d’après le PV d’audition.

Trois jours plus tard, Julie est placée en famille d’accueil. Même si elle n’y reste que quelques jours, la petite ne peut qu’associer son éloignement de sa grand-mère des révélations qu’elle lui a faites. Pendant ce temps, l’enquête se focalise sur le conflit familial entre Sandrine et sa mère. Jean-Claude, qui nie les faits en bloc, consulte quand-même un avocat.

Julie et Sandrine sont également entendues par la psychologue G. qui estime que Julie « ne manifeste aucun des signes habituels d’abus et ne montre aucune souffrance ni psychique ni physique ni relationnelle », et que Julie est l’enjeu d’un conflit entre sa mère et sa grand-mère. A cette époque, mais Sandrine ne le sait pas encore, Jean-Claude menace Julie, de même que son ami Wolfgang, qui a dit à la petite « si tu parles je te jette dans le puits ». Le même n’a de cesse de défendre Jean-Claude auprès de Sandrine. Jean-Claude vire de plus en plus au tyran domestique, exigeant de Sandrine, qui gagne deux fois moins que lui, de participer presque exclusivement aux frais de la vie familiale. Quand Sandrine se retrouve alitée, ayant presque perdu l’usage de ses jambes, il l’oblige à aller travailler, gavée de corticoïdes. A côté de cela, il l’isole, s’arrange pour l’éloigner de tout le monde.

Toujours en ce mois d’août 2000, un élu du Conseil Général auquel s’est adressée la grand-mère, lui répond qu’il croit la petite mais qu’elle devrait rester éloignée de cette affaire, car « une personne haut placée » pourrait « se retourner » contre elle.

 

Jean-Claude trouve alors un poste de professeur d’éducation physique quelques heures par semaines dans un lycée privé, grâce à sa sœur aînée dont il est très proche, qu’on appellera Antoinette. Ce lycée a l’avantage d’être proche de Montpellier, là où réside sa famille. Mais, comme le salaire est insuffisant, Jea,-Claude travaille également dans une grande surface du coin. Il impose à Sandrine de démissionner du magasin de sport, pendant que lui s’absente beaucoup pour trouver –en vain- un logement pour trois, ce que Sandrine parvient à faire en une journée. 

 

Jean-Claude est auditionné début septembre, pour la seule et unique fois concernant les accusations de Julie. Sa famille, son ex femme, son ami Wolfgang, ne seront jamais entendus dans cette affaire.

Il nie les faits et dit qu’il « ne comprend pas pourquoi [Julie] a fait une déclaration pareille ». Il déclare qu’il s’occupait de Julie comme de sa fille. « Je n’arrive pas à comprendre comment [Julie] peut faire des dessins pareils, car je ne me suis jamais présenté nu devant elle ». Il dit qu’elle a dormi deux fois dans leur lit, « mais du côté de sa mère ». Selon Jean-Claude, la grand-mère de Julie l’insultait au téléphone, fin mai, quand Sandrine a récupéré la petite, lors d’une conversation avec sa fille qu’il était en train d’écouter. Il parle aussi de coups de téléphone anonymes en juillet, où personne ne parlait.

Dans le courant du mois de septembre, Sandrine vient récupérer Julie dans la famille d’accueil. La Justice ne lui en tient pas rigueur, et se contente d’envoyer une assistante sociale sans qu’il n’y ait de suites. Et cela malgré que la grand-mère ait produit trois attestations de personnes qui ont été témoins des propos de Julie, qui expliquait que Jean-Claude lui mettait de la « colle » dans les fesses et que ça lui faisait mal. Malgré, également, l’expertise d’une psychanalyste, Mme E et les signalements des médecins généralistes consultés au début de l’été.

Sur ces entrefaites, la Justice classe sans suite la plainte de la grand-mère, faute d’éléments suffisants. Le 6 novembre 2000, elle donne aux gendarmes la cassette audio d’une discussion avec Julie, au cours de laquelle la petite a dit qu’elle ne voulait pas retourner chez sa mère car elle a peur de Jean-Claude, qui lui met de la colle dans les fesses. On n’entend jamais parler de cette cassette dans les différents jugements rendus pour cette affaire.

 

Quand Sandrine rencontre la famille de Jean-Claude, elle est surprise d’apprendre qu’il n’a pas qu’une seule sœur, mais deux. Elle rencontre le mari de celle-ci, qui se plaindra ensuite de l’immixtion permanente de sa belle famille dans leur vie, et qui d’ailleurs va demander le divorce quelques années plus tard. Jean-Claude est très proche de sa sœur Antoinette, qui a une dizaine d’années de plus que lui. Ils s’appellent tous les jours discrètement, et celle-ci ne supporte pas Sandrine. La famille de Jean-Claude a quitté le Nord de la France quelques années plus tôt, pour des raisons qu’ils ne veulent pas donner. Le sujet semble vite tabou à Sandrine.

La grand-mère est inquiète pour sa petite fille. Elle porte à nouveau plainte à la brigade de prévention de la délinquance juvénile et signale la situation de Julie à la directrice de l’école, qui demande à un médecin de voir la petite. La directrice prévient Sandrine et Jean-Claude de ces investigations, et la maitresse signale que Julie est très renfermée.

Sandrine et Julie sont ensuite entendues par la gendarmerie. On lui demande de ne pas en parler à Jean-Claude, mais il se doute de quelque chose et la questionne, si bien que Sandrine finit par lui dire qu’elle a vu un gendarme. Celui-ci a ensuite appelé la directrice de l’école pour lui demander d’arrêter les recherches concernant Julie car une enquête est en cours. Mais l’affaire est encore classée sans suite très rapidement.

 

Sandrine achète un téléphone portable à Julie, en cas de problème quand elle est au travail mais aussi pour qu’elle puisse parler à sa grand-mère. C’est ainsi que la grand-mère apprend que Jean-Claude laisse la petite toute seule pendant des heures, qu’il la maltraite, lui crie dessus, menace d’envoyer sa mère et sa grand-mère en prison... Cette fois, la grand-mère signale les faits au Conseil Général, qui convoque Sandrine en 2002. Deux assistantes sociales se présentent chez Sandrine et Jean-Claude, mais ce dernier parvient à éluder le problème. Il n’y aura aucune suite.

 

La grand-mère demande aussi à voir sa petite fille et à pouvoir l’héberger. Elle n’obtient qu’un droit de visite médiatisée, c’est-à-dire dans un point rencontre et en présence d’un tiers. Le tiers en question étant une assistante sociale, qui écrira dans son rapport que Julie « a toujours nié avoir été victime d’attouchements sexuels de la part de l’ami de sa mère », bien que la petite ait à nouveau parlé d’abus sexuels à sa grand-mère. L’assistante sociale refuse absolument de relater cela dans son rapport et dit même à Julie, devant sa grand-mère, qu’ « on va dire qu’il l’a fait et que maintenant il ne le fait plus », ou qu’il « s’agit d’un mauvais rêve »… Son rapport a servi à justifier qu’on refuse le droit d’hébergement à la grand-mère.

 

Toujours aveuglée par les belles paroles de Jean-Claude, Sandrine préfère croire ce que dit la Justice, qui refuse que Julie voie librement sa grand-mère, et qui ne tient pas compte des propos de l’enfant. Depuis cette période, Julie a des symptômes qu’on ne relie à aucun problème physique, comme des saignements de nez ou une toux chronique. Des années plus tard, Julie expliquera à sa mère que quand elle se trouvait seule avec Jean-Claude à cette époque, il la frappait, lui criait dans les oreilles, ne lui donnait rien à manger ou à boire, la laisse seule durant des heures, pendant qu’il va manger chez sa mère… Tout cela s’accompagnant de menaces d’envoyer sa mère et sa grand-mère en prison, si bien que Julie préfère se taire.

 

Les relations entre Sandrine et Jean Claude se détériorent à mesure que son comportement empire. Elle refuse de voir ses beaux-parents et sa belle-sœur, trop envahissants. Pourtant Sandrine finit par tomber enceinte fin 2002, à la demande pressante de Jean-Claude. Il s’agit de triplés, mais cette grossesse s’avère dangereuse et Sandrine doit avorter de l’un des enfants. Elle aurait pu tenter de garder les trois jusqu’au terme, en restant au repos, mais Jean-Claude décide qu’il faut avorter d’un des trois. Au sujet de l’opération, Sandrine écrit plus tard : « Dans la minute, la réduction embryonnaire est décidée, la date est programmée, la visite chez l'anesthésiste immédiate. A ce jour, je n'ai plus le souvenir du nom du chirurgien, ni le nom de la clinique, je n'ai aucune trace de cette opération dans mes papiers CPAM. Craignant que je ne me rende pas à la clinique pour l'opération, il posera sa journée pour m'accompagner ce 02 janvier 2003, à la clinique de Nîmes. A mon arrivée, on ne trouve pas mon nom au service administratif. Nous nous rendons directement à l'étage du service du chirurgien qui doit faire l'intervention, où je suis attendue. [Jean-Claude]attendra pour s'assurer que l'opération a bien eu lieu et partira sans attendre mon réveil. Le chirurgien ne me donne pas de précisions sur l'opération pour m'épargner la douleur, mais évoque pourtant le fait que ce devait être un garçon. Cependant, de son côté, [Jean-Claude] prétend avoir obtenu tous les détails et me révèle d'emblée les détails tels que « ils ont du piquer à deux reprises pour être sûr de l'avoir! »

 

Pendant sa grossesse, Sandrine doit tout faire seule, Jean-Claude étant absent pour diverses bonnes raisons. Julie est gardée par une amie de Sandrine pendant son hospitalisation. Une amie qu’elle ne reverra bientôt plus, à partir du moment où elle trouve un job dans un magasin situé face à celui de Jean-Claude. Cette amie quitte la région peu après, et ne donnera plus jamais de nouvelles à Sandrine.

Aude et Romain naissent en juin 2003, mais la belle famille est focalisée sur le petit garçon. A la maison (un F2 de 47m²), Sandrine doit s’occuper seule des trois enfants et de la maison, Jean-Claude ne revenant que le week-end, furtivement.

Pendant ce temps-là, Julie ne voit sa mère qu’en présence de la même assistante sociale, qui écrira dans son rapport de novembre 2003 que Julie s’entend très bien avec sa grand-mère, mais que Julie « voudrait que sa grand-mère accorde enfin un peu de confiance à l’ami de sa mère », et qu’on puisse l’appeler « papa » sans que ca ne gêne sa grand-mère. Elle précise encore que Julie « souhaite que nous restions présente durant toute la rencontre et exprime sa crainte de ‘débordements verbaux’ de la part de sa grand-mère. Elle ne se sent pas prête à rencontrer seule sa grand-mère, elle voudrait avoir la garantie que [la grand-mère] ne l’interroge plus sur ‘ce dont elle a rêvé’, c’est avec ces mots que [Julie] parle de la plainte de la grand-mère, relative aux supposés agissements de l’ami de la mère sur la fillette ».

 

En septembre 2004, la famille s’installe dans le Tarn. Sandrine s’inscrit à des cours par correspondance, et le couple fait construire une maison, avec un prêt  que Jean-Claude a pris à taux variable, sans l’avouer à Sandrine qui a du continuer à payer ledit prêt jusqu’en 2011. Pour simplifier les choses, Sandrine et Jean-Claude se marient en mai 2005, sans la présence de la famille de Sandrine.

En mars 2006, la famille emménage dans la maison près de Castres, et Jean-Claude frappe Sandrine pour la première fois ce jour-là, la rouant de coups alors qu’elle se trouve à terre.  Rien ne lui va : Sandrine est trop proche de ses enfants, ses relations amicales le dérangent, il critique tous les travaux intérieurs de la maison que fait elle-même Sandrine… Il ne veut pas qu’elle travaille, si bien que Sandrine doit s’inscrire au Pôle Emploi sans le lui dire.

 

Quand Sandrine demande à Jean-Claude de faire un tour avec les enfants le dimanche, ils reviennent en pleurs après quelques heures avec lui et se jettent dans les bras de leur mère. Mais, Sandrine ne parvient pas à avoir d’explications. La nuit, Aude se réveille en pleurs, le bras ankylosé, et quand Sandrine arrive dans la chambre de la petite, Jean-Claude se tient debout devant sa fille, sans réagir. Puis, fin 2007, Sandrine remarque que pendant qu’elle dort, Aude tient solidement son doudou au niveau de son sexe, comme pour se protéger.  Si elle n’a pas le doudou, elle le remplace par ses mains, serrées très fort durant son sommeil.

Puis, Jean-Claude commence à s’intéresser à leurs biens communs, qui se résument à rien puisque c’est Sandrine qui a acheté les meubles, dont certains avec l’aide de sa mère.

 

Quand l’histoire se répète

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C’est à ce moment là, en septembre 2007, qu’Aude parle à sa mère. Un soir après la douche, Sandrine remarque que sa fille se touche le sexe d’une manière bizarre. La petite explique que son père lui fait cela. Julie et Romain arrivaient pour demander quelque chose à Sandrine, et ont entendu ce que disait leur sœur. La première replonge sept ans en arrière, et va se planquer dans sa chambre, Romain confirme les propos d’Aude. Romain raconte à sa mère qu’il a entendu Aude pleurer, et qu’il a vu son père par la porte de la chambre faire mal à Aude, en lui touchant le sexe.

 

Sandrine a les idées mises brutalement en place. Elle se rend compte qu’elle n’a pas écouté son aînée, et que le scénario se répète. Qu’elle est manipulée par Jean-Claude, aveuglée au point de ne pas écouter le mal être de sa propre fille, et cela pendant toutes ces années. Julie, elle, se replie à nouveau sur elle-même, pendant que ses résultats scolaires sont en chute libre. Elle a les idées loin de l’école, du haut de ses dix ans.

Le lendemain, Sandrine se rend chez le médecin sans Aude, mais celui-ci lui conseille quand-même de consulter un avocat.

Résolue à protéger ses enfants, Sandrine veut se séparer définitivement de Jean-Claude et demande le divorce. L’avocat qu’elle consulte à cette occasion lui conseille de faire un signalement à la gendarmerie, ce qu’elle fait. Il n’y aura pas de trace de ce signalement. Elle ne dit rien à Jean-Claude qui rentre toujours le week-end, car elle ne veut pas que la Justice suive le même processus que lorsque sa mère a porté plainte pour Julie sept ans plus tôt.

Un soir à table, Aude dit à son père « tu es méchant toi, tu fais mal », et le dimanche soir il part en vidant son armoire et en prenant ses papiers avec lui. Il frappe Sandrine au passage, et quitte définitivement le domicile. Aude parle aussi à sa grand-mère, dessine pour exprimer son malaise.

 

Suite à la requête en divorce de Sandrine, Jean-Claude a un droit de visite médiatisé et doit verser 300 euros de pension pour les deux enfants. Cela ne l’empêche de venir faire des scandales chez ses Sandrine, la menaçant de lui enlever les enfants.

Quand Sandrine veut porter plainte à la gendarmerie du coin pour Aude, les gendarmes mettent tellement de mauvaise volonté que la tâche s’avère impossible, il faudra qu’elle revienne plus tard. Jean-Claude sera entendu une fois, et nie les faits, y compris d’avoir frappé Sandrine. Il remet même des attestations bidons de sa famille et d’une amie qui témoignent, en gros, que Sandrine est une mauvaise mère. Il a aussi cherché à obtenir des attestations de la part des écoles de ses enfants. Accessoirement, il s’arrange pour que Sandrine ne reçoive pas sa feuille d’impôts de 2007 alors qu’elle avait rempli la déclaration au centre des impôts, ni sa feuille d’impôts locaux, ou pour lui faire couper le téléphone fixe, et Julie reçoit des appels anonymes où elle se fait insulter…

Aude est soumise à divers examens médicaux où, comme souvent, on ne trouve aucune trace d’abus. Pire, elle est systématiquement discréditée par l’expert qui est présent lors des entretiens, car « son discours manquait de consistance ». Bien qu’elle répète les faits, certes de manière évasive, on fait comme si elle s’était rétractée et on commence à se focaliser sur le « contexte familial » en regardant uniquement du côté de Sandrine, accusée d’avoir été « suggestive » envers sa fille. Cet expert a permis de classer la plainte pour les faits sur Aude sans problème en mai 2008.

 

Pour montrer à quel point le rapport de l’expert a été biaisé, il faut lire le PV, où l’on remarque que les questions posées aux enfants sont tout aussi biaisées : Aude dit, juste après une phrase anodine selon le PV, que « papa m’a touché ma foufounette ». Elle le répète quand on lui demande pourquoi Jean-Claude n’est pas gentil. Puis, elle dit qu’elle ne sait pas ce qu’est « la foufounette ». On lui demande « C’est maman qui t’as appris ce mot ? »

R : « Oui. Mais c’est pas maman c’est papa ».

Q : « C’est qui qui t’as appris ce mot, maman ou papa ? »

R : « C’est papa »

Q : « C’est papa aussi ? »

R : « Oui ».

Q : « Et tu dis que papa qui t’as touché la foufounette aussi ? Et comment il a fait ça ? »

Aude ne donne pas de précisions, elle dit qu’elle ne se rappelle pas. Puis :

Q : « Et quand papa t’as touché la foufounette, tu as eu mal ? »

R : « Oui »

 

Puis elle bloque, on lui demande si elle a « pleuré très fort », elle répond « oui ». Montre l’endroit où il l’a touchée sur une poupée. Aude explique que son père l’a touchée plusieurs fois, y compris en présence de son frère.

Suite à cette audition, l’expert écrira pourtant qu’Aude dit que c’est sa mère qui lui a montré et expliqué ce qu’est « la foufounette », histoire de braquer les projecteurs sur Sandrine et pas sur Jean-Claude. La plainte sera donc classée sans suite, et Sandrine décidera de se constituer partie civile pour sa fille en août 2008.

 

La première expertise psychiatrique des enfants conclut qu’ils ne présentent aucun signe d’abus. Mieux, encore une fois c’est Sandrine qui est visée, car elle refuserait que les enfants voient leur père. En réalité, si les visites médiatisées se sont avérées compliquées, c’est parce que les enfants, surtout Romain, ne veulent pas voir Jean-Claude et refusent de sortir de la voiture pour se rendre au point rencontre. Cela n’empêche pas Jean-Claude de demander en avril 2008 à héberger les jumeaux un week-end sur deux.

 

Il se plaint au passage que Sandrine veut le détruire et ruiner son « image de père »…

 

Mi 2008, Sandrine entre en contact avec une assistante sociale, Myriam F, qui parvient à mettre Julie en confiance,  si bien que la petite se confie à elle. C’est ainsi que Sandrine apprend que Julie n’a pas seulement subi des attouchements, mais aussi des viols par sodomie, de la part de Jean-Claude.

 

L’assistante sociale fait un signalement à la cellule Enfance en danger, en mai 2008. Elle explique la situation, dit qu’Aude ne veut pas voir son père au point rencontre, rappelle les faits dénoncés par Julie, que Sandrine n’avait pas pris au sérieux à l’époque. L’assistante sociale précise que la Justice dissocie les faits révélés par Aude de ceux qui ont été révélés par Julie, et elle demande qu’on fasse des recherches sur l’ensemble des faits.

 

En juillet, Julie, qui a peur qu’on ne prenne pas sa sœur au sérieux davantage que ce ne fut le cas pour elle, écrit  à son tour pour raconter les faits. Sa lettre est jointe au signalement de Myriam F. Elle y écrit « je me souviens que mon beau-père après les douches, me disait d’enlever mon short pour qu’il me touche la foufounette. Je me souviens que sa zézette était marron. Je pleurais et je criais « mamie », et il me disait de me taire. Il me menaçait que je le disait à ma mère ou à ma mamie, elles iraient en prison. Son copain [Wolfgang] me menaçait de me jeter dans le puits si je le disais »

Elle dit aussi  qu’à Montpellier, Jean-Claude la frappait et lui criait dessus, qu’elle a saigné du nez et qu’elle pleurait. Elle écrit « Aujourd’hui je suis en colère car personne n’a crue ma sœur et ni moi ni ma mamie il y a 8 ans en arrière. Et j’en veux beaucoup à ma mère car elle ne m’a pas crue, et a fait du mal à ma mamie ».  

Sandrine se porte donc partie civile pour les faits commis sur Aude et aussi sur Julie. Elle dépose également plainte auprès d’un gendarme, qui écrira dans un rapport : «  nous remarquons que cette personne est prête à tout pour nuire à son mari et qu’elle dégage un climat délétère au sein de sa famille et de ses enfants dont elle a la garde ». La plainte pour Aude sera classée sans suite deux semaines plus tard, et le juge A, saisi par Jean-Claude, classe le dossier concernant Julie.

 

phpThumb_generated_thumbnailjpgChemin de croix judiciaire


Le 16 juillet 2008, Julie est convoquée à la gendarmerie, et l’expert qui a discrédité sa sœur quelques mois plus tôt fait le même travail avec elle. Pourtant, l’officier qui l’auditionne estime qu’il y a matière à ouvrir une enquête.

 

Le 28 août 2008, le juge A. décide de maintenir le droit de visite médiatisé de Jean-Claude, mais les deux enfants ne sont pas plus enthousiastes qu’auparavant, refusant même les cadeaux de leur père. A travers une porte, elle entendra même ce juge crier à ses enfants : « Quoi que vous ait fait votre père, votre devoir est d’aller le voir ! C’est moi le juge ici, c’est moi qui commande, pas votre père ni votre mère ! ». Etat forcés de revoir leur père, Sandrine constate que des symptômes psychosomatiques apparaissent chez les jumeaux : Romain se remet à faire pipi au lit et Aude a des nausées et des vomissements régulièrement, et ils font des cauchemars.

 

En septembre, Sandrine décide de scolariser Aude chez sa grand-mère, où elle reste dans le but de l’éloigner des tracas causés par l’affaire, et parce que la Justice commence à reprocher à Julie de manipuler sa sœur. Et cela devrait aussi aider Julie, pense Sandrine. La scolarité d’Aude s’est améliorée hors du contexte stressant de l’affaire. Pour les mêmes raisons, son frère la rejoindra quelques semaines plus tard. De plus en plus, les enquêteurs accusent Julie de manipuler sa sœur, qui n’aurait jamais été victime de rien. Mais, la Justice ordonne rapidement à Sandrine de faire revenir les enfants avec elle, pour « réinvestir » son « rôle de mère ».

 

Le mois suivant, Sandrine trouve un poste en CDI en tant qu’aide documentaliste dans le collège de sa ville, ce qui lui permet de s’occuper de ses enfants et d’avoir les mêmes vacances qu’eux.

 

Comme les enfants refusent de descendre de voiture lors des visites avec leur père, Jean-Claude décide de porter plainte contre Sandrine pour non présentation d’enfants. Il porte également plainte pour dénonciation calomnieuse, tout cela en une semaine de temps, du 15 au 22 octobre 2008. Ses parents s’y mettent aussi, lançant une procédure afin d’obtenir un droit de visite et d’hébergement des jumeaux, ce qu’ils obtiennent dès novembre 2009.

 

Le 8 décembre, Sandrine porte à nouveau plainte pour Aude, à la suite du signalement effectué par l’institutrice de la petite, car Jean-Claude est venu accompagné d’une femme présentée ultérieurement à la PJJ comme étant sa sœur à l’école de sa fille, ce qui lui est formellement interdit puisqu’il ne peut voir les enfants qu’en point rencontre et en présence de tiers. Mais, il n’y aura aucune suite et la plainte est classée sans suite, pour « absence » d’infraction, le 12 janvier 2009.

 

Le 19 décembre, le juge A réclame une expertise psychiatrique de Sandrine par le Dr R, expert auprès de la Cour d’Appel de Toulouse. Le but est de déterminer si Sandrine a des « sur son comportement et, si ces troubles ou déficiences constatés rendent nécessaire une mesure de protection pour elle-même ou pour ses enfants, de sauvegarde ou de rééducation particulière, ou s’ils entraînent des contre-indications professionnelles ou autres ». Le Dr R doit examiner sa personnalité mais surtout décrire « la relation mère enfant », « dire s’il est de l’intérêt des enfants d’avoir des rapports réguliers avec leur mère », si elle peut « assumer » la garde à temps complet « en l’état ou dans l’avenir », si elle pourrait avoir des droits de visite de ses enfants ou même une AEMO…

 

Autrement dit, le juge A.met lui aussi Sandrine sous les projecteurs de la Justice. C’est elle qui se retrouve en position de suspecte. On considère qu’elle manipule ses enfants, qu’elle cherche à nuire par tous les moyens à Jean-Claude, quitte à priver ce bon père de ses enfants. Un autre examen par le même médecin est encore réclamé pour Julie, afin de savoir pourquoi elle manipule sa sœur, mais surtout de savoir « à quelles conditions et par quels moyens il serait possible de mettre cette mineure en situation de ne plus manifester dans l’avenir de comportements antisociaux ».

 

Le 2 janvier 2009, Jean-Claude réclame auprès du juge l’autorité parentale et l’hébergement exclusifs sur les jumeaux. 

Le 11 mars 2009, le juge pour enfants reçoit le rapport de la Sauvegarde de l’Enfance au sujet d’Aude. La petite, encore une fois, a été relativement mutique devant le médecin, le psychologue H. Celui-ci estime que « le milieu familial est fermé, soumis à l’autorité de [la grand-mère maternelle], qui est seule à décider, à fournir des explications ou pas », que Aude « ne sait rien de son père si ce n’est qu’il ‘est méchant’, ajoutant ‘j’en ai peur’ mais aussi ‘je ne sais pas pourquoi’ ». Pour lui, la petite est « éteinte » en présence de sa grand-mère, qui parle des faits devant Aude, ce qui semble inquiéter le psy, comme si la petite ne savait pas de quoi il s’agissait…

Un psychiatre, le Dr B., examine à son tour Aude, et considère quant à lui que les propos d’Aude au sujet de son père sont « le résultat d’une induction de son entourage familial maternel », et il sous-entend même que la petite est perturbée du fait de l’absence de son père.

Histoire de bien enfoncer le clou, une assistante sociale déclare ensuite que Aude n’est qu’un « enfant objet », qu’elle n’est pas épanouie, et qu’elle est « otage au sein d’un système familial complexe et perturbé ». Cette assistante sociale évoque un « clan de femmes » duquel « les hommes sont exclus ». Elle conclut qu’il n’est pas dans l’intérêt des enfants de rester chez leur grand-mère et recommande une mesure éducative.

 

Quant à Romain, le rapport conjoint d’un psychologue et d’un éducateur explique que Sandrine aurait dit qu’Aude a été envoyée chez sa grand-mère pour la sortir de l’influence de Julie, ce qui est faux. Les deux estiment que les propos de Romain ne sont qu’un mélange de « parole personnelle et parole rapportée pour rester solidaire de la lutte que mène sa mère ». On ajoute encore que Sandrine a crié « dans les oreilles de son fils » que le service protégeait les pédophiles et ne voulait pas croire que sa sœur a été violée, mais à ce moment Sandrine était au téléphone. Encore une fois, c’est une interprétation libre des faits : à ce moment-là, Sandrine était au téléphone et c’est à quelqu’un d’autre qu’elle parlait.

 

Julie, pour sa part, est davantage questionnée sur son quotidien que sur le fond de l’affaire, bien qu’elle ait été convoquée suite au signalement de son avocat. Julie dit que la vie à la maison s’est améliorée depuis que Jean-Claude n’est plus là, et qu’elle faisait office de souffre douleur depuis la plainte pour les abus sexuels. Elle doit aussi s’entendre dire qu’Aude est partie vivre chez sa grand-mère en raison de « l’influence négative » qu’elle pouvait avoir sur sa sœur. Julie dénoncera plus tard cet entretien, car on ne l’a pas écoutée.

 

Quand tout bascule


La conclusion de ce rapport est d’une logique implacable : Sandrine « met les enfants en danger », et on évoque un « bourrage de crane » sur les enfants « qui constitue le véritable syndrome d’aliénation parentale ». On estime qu’ « elle invente des attouchements, dépose plaintes sur plaintes », déplace les enfants chez la grand-mère, fait obstacle à la présence du père. Les deux rapports de l’IOE refusent que les enfants soient chez leur mère ou leur grand-mère. Car Sandrine « va même jusqu’à inventer que [Romain] a assisté aux attouchements qui ne sont que dans son imagination ». L’IOE est donc d’accord pour un placement des enfants et demande un droit de visite médiatisé… pour leur mère !

Cela se traduit par un jugement du juge A. le 24 mars 2009, au sujet de la garde des enfants. On considère le « milieu maternel malsain pour les enfants », qui « sont en souffrance » et sont « les objets d’un conflit entre adultes ». On ajoute que « les reproches qu’ils font à leur père ne sont étayés par aucun fondement », qu’une « mesure de placement est envisagée » en raison de l’ « influence néfaste de la grand-mère maternelle ». Mais, on décide quand-même de confier les enfants à leur mère, à la condition qu’elle favorise la reprise de contact des enfants avec leur père et qu’elle « restaure » le « rôle paternel ».

 A la demande de Sandrine, une psychiatre reçoit Julie, et conclut en avril 2009 à « l’existence d’un syndrome pysho traumatique très sévère », et que « l’état de santé de [Julie] nécessite une prise en charge spécialisée, sur le plan psycho sensoriel ». Le médecin remet à Sandrine un certificat dans lequel elle mentionne que Julie lui a dit « être victime d’attouchements sexuels et de viol digital à plusieurs reprises » quand elle avait 3 et 4 ans. Selon cette psychiatre, les symptômes qu’elle décèle chez Julie « sont quant à leur nature et à leur intensité tout à fait compatibles avec les dires » de Julie « à savoir : des sévices sexuels à types d’attouchements et de viols dans une situation de dépendances-soumission ». Comme de bien entendu, la Justice ne tiendra pas compte de ce rapport.

En juillet 2009, le psychiatre R. rend son rapport concernant Sandrine et les trois enfants. Il conclut à l’absence de mécanisme délirant chez Sandrine, qui n’a aucun trouble de la personnalité. Pour lui, Sandrine est « à même d’assumer à temps complet la garde de ses enfants ». Concernant Romain,  d’abord vu avec sa mère et Aude puis seul, le médecin ne décèle pas de trouble anxieux, l’enfant est jugé « gai et spontané ». Pour le médecin, il peut rester avec sa mère, mais il est influencé par le discours de sa mère.

 

Aude  dit spontanément au cours de l’entretien qu’elle veut retourner chez sa tante et sa grand-mère. Le médecin considère cependant qu’elle doit se sentir coupable de la situation de conflit familial. Il ne décèle pas de troubles psychopathologiques chez elle.

 

Enfin, Julie se montre très réservée durant l’entretien, lassée de ne jamais être prise au sérieux. Elle non plus ne présenterait aucun trouble psychopathologique, « rien ne permet de mettre en question, a priori, ou d’interpréter les comportements ou paroles » de Julie.

Jean-Claude, lui, ne passera cet examen qu’en septembre, avec un autre médecin. Le rapport est d’une complaisance rare avec cet homme accusé d’abus sexuels par sa fille et sa belle-fille…  Il est écrit dans ledit rapport  que la mère de Jean-Claude n’a pas de problème de santé (bien qu’elle soit alcoolique et en sevrage depuis des années), qu’il « a grandi dans le Nord de la France avec ses deux sœurs » alors qu’Antoinette a passé ses six premières années chez ses grands parents pour une raison absolument taboue dans la famille. Jean-Claude explique qu’en 2000, il « répondit à une proposition pour devenir professeur d’éducation physique, le métier qu’il voulait exercer au départ », dans un « lycée privé bilangue », mais il part au bout de trois ans parce que ça ne lui plaisait plus.  Il survole le sujet de son absence du foyer (pas de vacances en famille), dénonce la présence de la grand-mère, parle d’un « monde d’où les hommes étaient exclus », reprenant les mots de certains rapports. Il sous entend en outre que Sandrine l’a trompé et qu’elle voulait l’éloigner d’elle et des enfants.

 

Le médecin estime que Jean-Claude a « un ton apparemment sincère », des « propos cohérents ». Il  explique en effet avec le plus grand calme, semble-t-il, que Sandrine l’accuse d’attouchements sur sa fille, et que la mère de Sandrine l’avait déjà accusé de cela auparavant. Pour Jean-Claude, « avec le recul, à l’évidence, la grand-mère agissait pour récupérer sa fille », et aujourd’hui Sandrine copie sa mère. Il ajoute que  c’est « normal » car elle a évolué « dans un climat d’hostilité envers la figure paternelle ». Au final, pour le médecin, Jean-Claude « est apparu comme un homme en phase avec la réalité, soucieux » de l’intérêt de ses enfants, et est capable de les accueillir chez lui…  

Le 19 octobre 2009, les grands-parents paternels obtiennent le droit de rendre visite aux jumeaux deux jours par mois, d’abord le samedi, puis du vendredi 10h au mardi 18h pour les petites vacances, et enfin deux week-ends par mois dès Pâques 2009. Cela, sous réserve de la décision du juge des enfants.

Le 2 novembre 2009, la juge F, qui remplace le juge A, muté ailleurs, donne à Jean-Claude un droit de visite évolutif : d’abord deux samedis par mois pendant 3 heures en point rencontre, puis dès février 2010, il pourra les accueillir chez lui de 10h à 17h deux samedis par mois. Enfin, dès avril 2010, Jean-Claude aura le droit d’héberger ses enfants un week-end par mois ainsi que la moitié des vacances scolaires.

Nouvelle expertise d’Aude par le Dr P, également expert à la Cour d’Appel de Toulouse. Il estime qu’Aude  « n’exprime pas de détails spécifiques, d’éléments chronologiques ». Si la petite est en effet très laconique, elle répète pourtant que Jean-Claude lui a « touché la foufounette ». Conclusion de ce médecin : Aude ne présente aucun « syndrome psycho traumatique »…

Le 28 novembre, les grands parents paternels, qui ont un droit d’hébergement des enfants, viennent chercher Aude et Romain chez Sandrine, accompagnés de la compagne de Jean-Claude qu’ils présentent à Sandrine comme étant assistance sociale, et d’Antoinette. La famille de Jean-Claude se montrant très agressive, la rencontre tourne vite à l’altercation et Sandrine doit faire appel à la gendarmerie du coin. En effet, Antoinette et la mère de Jean-Claude n’ont pas hésité à frapper Sandrine, à l’insulter en pleine rue ainsi que Julie et une voisine qui a assisté à la scène, et la sœur de Jean-Claude hurle à Sandrine qu’elle va lui « faire la peau », la « tuer », et la mère menace qu’elle et les enfants vont « le payer ». Sandrine porte plainte pour cette agression, mais la plainte est classée le 27 mars 2010.

A la suite de cette crise, Sandrine est véritablement inquiète pour la sécurité de ses trois enfants. Le lendemain, elle quitte la maison avec eux. Elle les retire aussi de l’école, autour de laquelle Jean-Claude et sa famille avaient la fâcheuse manie de rôder et leur fait cours elle-même (elle a obtenu une autorisation de l’inspecteur d’académie à cet effet), quitte son emploi et décide qu’elle coupe les contacts avec Jean-Claude. Lorsqu’elle va porter plainte pour l’agression du 28 novembre, Sandrine précise bien aux gendarmes qu’elle va quitter les lieux car ses enfants ont été menacés de mort par sa belle-famille, et qu’elle prend ces menaces très au sérieux.

 

Julie est à nouveau séparée de sa mère, et est confiée à sa tante, la sœur de Sandrine. Elle est scolarisée dans un collège privé, où ses résultats scolaires remontent.

 

Sandrine vit donc avec les jumeaux, en profite pour les faire sortir, les faire bien travailler. Elle croise les gendarmes à de multiples reprises, et ne fuit pas, ne se cache pas. Elle vit seulement ailleurs que chez elle, et tente d’éviter que les enfants ne risquent quoi que ce soit.

 

Au départ, elle garde même son numéro de portable, puisque Jean-Claude ou ses proches font des appels anonymes, ou pas… Pendant ce temps-là, il fracture régulièrement la boîte à lettres de Sandrine pour lui subtiliser du courrier, histoire de lui compliquer la vie mais aussi pour tenter de savoir où elle se trouve. Quand elle change de numéro, il parvient à obtenir le nouveau. Une fois, il lui demande si elle a « bientôt fini » de se « promener », une autre il affirme qu’il l’a localisée...

En l’absence de Sandrine à l’audience (puisque Jean-Claude a certainement du intercepter la convocation), la juge F. décide le 05 février de placer provisoirement Aude et Romain auprès de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du Tarn, pour 6 mois, car ils seraient face à un « danger psychologique ». Jean-Claude obtient un droit de visite médiatisé de deux heures par mois, de même que Sandrine.

Deux jours plus tard, la juge B. rend un non lieu concernant la plainte pour l’agression sexuelle sur Aude. Dans le jugement il est écrit que « Entendue à deux reprises, [Aude] déclare que son père lui avait touché le sexe (D35). Toutefois, le psychologue clinicien qui avait assisté à l’audition indiquait que la pauvreté du discours, les imprécisions, l’incohérence parfois, rendaient l’analyse du contenu peu exploitable. Il soulignait que la probabilité d’un récit véridique s’avérait mince de sorte qu’il fallait s’interroger sur le contexte familial (D17) », puis que « Plus tard, assistée d’un administrateur ad hoc, [Aude] disait n’avoir « rien fait » avec son père (D142).

 

La juge se base encore sur l’expertise psychiatrique du Dr P, sur le dossier d’assistance éducative du juge des enfants de Castres, qui pointe « le caractère délétère de l’environnement familial d’[Aude], sa position d’ ‘otage au sein d’un système familial complexe et perturbé’, ‘subissant un enfermement dans un univers où tous les hommes sont exclus’ », sur l’audition par le JDE.

 Le jugement mentionne également une entrevue d’Aude et Romain avec le juge des enfants, au cours de laquelle Aude aurait déclaré « maman a dit qu’il ne fallait pas aller voir papa car il est méchant », ainsi qu’une conclusion du juge aux affaires familiales soulignant « l’attitude de la mère visant à faire obstacle aux relations père-enfant », les auditions d’enseignants qui n’auraient pas constaté de changement d’attitude chez Aude, les déclarations de Jean-Claude expliquant qu’il ne s’est jamais rien passé et qu’il n’a pas vu les enfants depuis le 29 octobre 2007.

 

Quant à la première plainte concernant les attouchements sur Julie, l’expertise psychologique la balaie car Julie serait « influencée par un environnement familial très conflictuel où, à travers elle, mère et grand-mère règlent leurs comptes mais aussi aux pères et hommes en général ». Ainsi, la famille de Sandrine ne serait qu’un bastion intégriste du MLF, ce qui discréditerait totalement les accusations des enfants…

Bref, finalement la juge B. conclut qu’ « aucun élément matériel ne permet d’établir l’existence de charges suffisantes contre » Jean-Claude. Surtout que, précise la juge, « Les examens psychiatrique et psychologique de l’enfant concluent à l’absence de retentissement émotionnel en lien avec  les faits. Le Dr V. qui a assisté aux deux auditions de l’enfant par les enquêteurs, souligne également le caractère rigide des déclarations de l’enfant, le décrochage dans le discours, c’est-à-dire un passage brutal des faits neutres aux faits incriminés, autant d’indicateurs qui penchent en faveur d’un discours induit, suggéré ».

 

En mai 2010, Jean-Claude, qui a obtenu le nouveau numéro de Sandrine, lui dit qu’il a le bras long et lui demande s’il fait beau à Bordeaux, histoire de lui montrer qu’il sait quand-même où elle est. Quelques jours plus tard, Sandrine décide de porter plainte contre Jean-Claude pour harcèlement moral, menaces, injures et diffamation, vol avec effraction pour le courrier et non paiement de la pension alimentaire. Mais elle porte aussi plainte contre les parents de Jean-Claude et Antoinette pour diffamation, injures, menaces, et contre la compagne de Jean-Claude, pour usurpation d’identité, incitation à la menace et non assistance à personne en danger.

Il n’y aura aucune trace de cette plainte pendant des mois, selon l’avocat commis d’office de Sandrine. Elle a pourtant été envoyée au tribunal de grande instance avec accusé de réception. Jusqu’en novembre 2011, quand Sandrine se rend au TGI de Castres et qu’elle obtient après moult tergiversations à obtenir une copie du classement sans suite de ladite plainte. Classement en date du 29 septembre 2011, comme par hasard quelques semaines avant l’audience déplacée au 16 novembre, peut-être parce que l’avocat de Sandrine comptait la mentionner durant les débats ? Accessoirement, la plainte a été classée avec l’adresse du lieu des faits, pas avec celle de Sandrine à l’époque, mentionnée dans la lettre avec accusé de réception envoyée pour la plainte auprès du procureur.

Nouveau jugement le 9 juin 2010, toujours en l’absence de Sandrine, pour non présentation d’enfants. Jean-Claude s’est porté partie civile, et Sandrine est condamnée à faire six mois de prison fermes.

 

L’enlisement

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Le 7 juillet 2010, le juge aux affaires familiales remet l’autorité parentale exclusive à Jean-Claude, qui a aussi le droit d’hébergement exclusif. Le juge ne manque pas de relever  « l’acharnement » de Sandrine contre Jean-Claude et son refus « d’exécuter les décisions de justice (…) sans essayer de chercher à comprendre et de connaitre la vérité, persuadée qu’il était coupable, est constitutif d’un comportement malveillant à l’encontre de son conjoint. Ainsi [Sandrine] a fait preuve d’un irrespect total à l’égard du père de ses enfants qu’elle n’a pas hésité à atteindre dans sa dignité ». On estime que Sandrine n’apporte pas de preuve des violences conjugales en 2006 et on rejette sa demande de divorce, finalement prononcé à ses torts exclusifs. Bien que Jean-Claude vivait avec une femme dont il a eu un enfant, mais ce n’est surement qu’un détail…

 

Sandrine n’a plus qu’un droit de visite médiatisé, mais celui-ci est suspendu car elle n’a pas donné de nouvelles au Juge des Affaires Familiales. Elle doit également verser 3.000€ de dommages et intérêts à Jean-Claude et payer les frais de procédure. Et la maison dont elle paie seule les traites doit être revendue.

On constate par ailleurs la célérité de la justice, qui expédie toutes les procédures lancées par Jean-Claude en l’espace de quelques mois, pile durant l’absence de Sandrine et des enfants. Comme si tout était prévu d’avance, comme si son départ avec les enfants était prévu, devenant l’élément déclencheur de la traque de Sandrine et des enfants. En outre, en se basant sur l’adresse de la maison familiale qui n’est plus valable depuis novembre 2009, le tribunal de Castres se déclare compétent pour toutes les affaires concernant Sandrine. Sur les actes judiciaires qui suivent, on ne mentionne que le nom de leur père quand Aude et Romain portent aussi le nom de leur mère.

 

Le lendemain, la juge F. prolonge le placement des enfants à l’ASE pour 12 mois supplémentaires. Les deux parents se voient gratifiés d’un droit de visite médiatisé de deux heures par mois.

 

Sandrine n’est pas au courant de ces décisions de justice. Le 7 décembre 2010, elle vient voir Julie qui fête son anniversaire trois jours plus tard, et la dépose à son collège accompagnée de sa mère, avec qui elle allait acheter le sapin de Noël. Deux gendarmes bloquent la rue, aidés par la police municipale. Officiellement, il s’agit d’un banal contrôle de la circulation, mais bizarrement le seul véhicule à être intercepté est celui de Sandrine. Julie, qui se doutait que les flics n’étaient pas là pour rien, attend devant l’entrée et assiste à l’arrestation de sa mère, quelques mètres plus loin.

 

L’un des gendarmes annonce directement à Sandrine qu’elle passera les fêtes derrière les barreaux. Elle part immédiatement en garde à vue, puis rencontre la juge B. le lendemain matin, qui l’envoie en maison d’arrêt jusqu’au 27 janvier. C’est cette même juge qui avait déjà prononcé le non lieu pour la plainte concernant Aude… Elle comme le juge des libertés qu’elle verra également, veulent absolument savoir où sont les enfants, mais Sandrine refuse obstinément de leur répondre à ce sujet. On lui reproche la non présentation d’enfants, mais aussi la non communication d’un changement d’adresse. Ce qui ne manque pas de sel, Jean-Claude ayant changé moult fois d’adresse, en ayant même falsifié pour ne pas avoir l’air de vivre avec sa nouvelle compagne…

 

La juge B dit à Sandrine que les enfants seront placés et qu’ils n’iront pas avec leur père, mais Sandrine répond qu’elle sait très bien que Jean-Claude réussira encore à séduire tout le monde et obtiendra les droits sur les enfants. Sandrine est très claire : elle préfère aller en prison plutôt que de dire où se trouvent ses enfants.

Dès son incarcération, Sandrine prévient qu’elle entame une grève de la faim et de la soif, mais les gardiens mettront plusieurs jours à s’en apercevoir. Les médecins de la prison, quant à eux, veulent la gaver de médicaments car elle pleure beaucoup. Elle doit voir un expert psychiatre, qui conclut que son « cas n’est pas psychiatrique mais judiciaire », ce qui encourage Sandrine à se réhydrater de nouveau.

 

Le 25 janvier, des gendarmes de trois brigades différentes (Graveson, Arles, Castres), déboulent chez la mère et la sœur de Sandrine où sont hébergés les enfants. Ils retournent tout, et finissent par trouver les gamins, qui se sont cachés dès qu’ils ont entendu les sirènes. Pour les faire sortir, les flics ont menacé de mettre en prison leur tante et leur grand-mère. Les enfants iront dans un foyer avant d’être placés quelques jours plus tard dans une famille d’accueil. Les services sociaux estiment que les enfants ne sont pas en forme, ils auraient même des « problèmes moteurs », marchant « difficilement », Aude ne saurait pas lire, mais tout serait rentré dans l’ordre depuis qu’ils sont séparés de leur mère. Preuve du traumatisme subi, le rapport de l’ASE mentionne même que « « les enfants ne semblent pas vraiment mesurer l’anomalie de ce qu’ils ont vécu »…

Le 27, Sandrine est libérée sous conditions et placée sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de voir les jumeaux. Le juge R., bien connu pour avoir prononcé moult non lieux dans l’affaire Patrice Alègre, remplace la juge B., il est le troisième intervenant. Sandrine doit retourner vivre dans la maison familiale, où il n’y a plus d’eau ni d’électricité.

Sandrine s’aperçoit aussi rapidement que l’avocate censée défendre les jumeaux, Me M., est de moins en moins impliquée dans son job, et qu’elle parle beaucoup aux éducatrices de l’ASE. C’est ainsi que la juge F. pourra empêcher Aude et Romain de voir leur sœur.

 

Julie, écœurée par les réactions de la Justice face aux dénonciations d’Aude, décide de se porter partie civile. Et la Justice décidera de ne pas plus l’écouter, de bafouer une fois sa parole. Elle a vu sa mère se faire embarquer par les flics devant son école, en présence de ses camarades, ses frère et sœur ont été embarqués à leur tour d’une manière extrêmement violente pour des gamins de sept ans… Quand les gendarmes lui disent qu’ils ont pris les jumeaux, elle demande s’ils vont devoir retourner chez leur père, ce à quoi on lui a répondu par la négative, ce qui est un mensonge puisqu’à terme, c’est bien Jean-Claude qui devrait en avoir la garde exclusive.

 

Pendant ce temps-là, la juge F. repousse le droit de visite de Sandrine auprès de ses enfants au motif qu’elle persévère dans ses accusations contre Jean-Claude. La juge décide que les enfants ne pourront voir leur mère qu’après que les liens père-enfants soient rétablis ! Et elle demande de nouvelles expertises psychiatriques des jumeaux, ainsi que de Sandrine et Jean-Claude.

 

Sandrine doit être jugée pour la non présentation d’enfants par le juge R. à la mi juin, mais l’audience sera décalée au 16 novembre 2011, pour regrouper toutes les affaires et les juger en même temps. La mère et la sœur de Sandrine sont également placées sous contrôle judiciaire et ne peuvent pas voir les enfants. Elles ne peuvent même pas entrer dans le département du Tarn. Elles sont soupçonnées par la Justice d’avoir aidé Sandrine à cacher les enfants depuis novembre 2009.

 

Le 22 juin, c’est la première fois que Sandrine peut revoir ses enfants depuis son incarcération, dans un point rencontre de Castres, pendant une heure et demie. Les enfants sont très lointains, n’osent pas la regarder dans les yeux. Ils ne parlent que très peu, et Sandrine a l’impression qu’ils sont « conditionnés, robotisés ». Elle constate en outre que leur hygiène laisse à désirer et en fait part aux éducatrices présentes.

 

Sandrine ne sait toujours pas où et dans quelles conditions les enfants sont hébergés. Et on se permettra de lui reprocher de ne pas s’inquiéter de ce qu’ils deviennent !

 

Mi juillet, l’ASE remet son rapport au sujet de la première rencontre entre Sandrine et ses enfants. On trouve que Sandrine pose beaucoup de questions aux éducatrices au sujet de ses enfants, ce qui les mettrait mal à l’aise, on écrit que « les enfants se sont tendus au fur et à mesure de la visite », on fait de Sandrine une maniaque de l’hygiène et on ne manque pas de souligner le contraste entre les visites du père (qui se déroulent évidemment à merveille) et celle de la mère.

 

La juge M. qui remplace la juge F. décide le 22 juillet de poursuivre le placement des enfants. Jean-Claude a le droit de les voir durant une journée entière, une ou deux fois par semaine ainsi que quatre jours en août, et Sandrine n’a le droit qu’à des visites médiatisées une fois par mois. Pour la juge, les enfants ont « pu renouer avec leur papa une simplicité, un naturel et un bonheur partagé presque déconcertants après cette longue séparation si dramatisée, et ils restent dans l’attente de leurs prochaines rencontres ». Dans le jugement, il est écrit que « s’il est prématuré, avant le retour de l’éclairage psychiatrique demandé et d’une enquête sociale dans le foyer du père, de programmer une installation des enfants chez leur père, il est en revanche possible et souhaitable d’accroitre les temps passés ensemble ». Accessoirement, la juge M. est la juge d’application des peines qui avait mis Sandrine en prison en décembre 2010. Quand elle reçoit Sandrine, elle lui demande carrément : « Comment allez-vous depuis la dernière fois qu’on s’est vues ? ». Rappelons qu’un même juge n’a en principe pas le droit de juger deux fois la même personne dans des instances différentes, mais un tel vice de procédure ne semble pas gêner la Justice…

 

De son côté, Jean-Claude s’attache soudain à revendre la maison dont il a fait changer les serrures, à regrouper les comptes bancaires, y compris celui de Julie, sous son autorité. Question à dix mille : pourquoi ne s’occupe-t-il de cette maison qu’à ce moment-là, et pas dès le départ de Sandrine ? Pour que la Justice puisse continuer à faire comme si elle habitait toujours à Payrin et conserver la même clique judiciaire à ses trousses ?

 

Aujourd’hui, Sandrine doit encore affronter différentes procédures, et vit dans l’incertitude la plus totale concernant l’avenir d’Aude et Romain. Elle-même risque aussi de repartir en prison, pendant que les enfants risquent de devoir vivre chez leur père.

 

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Dans cette affaire, on peut se demander ce qu’est censée faire une mère dont les enfants parlent d’abus sexuels commis par leur père. Si elle dénonce les faits à la police mais qu’au final, la Justice estime qu’il ne s’est rien passé, elle risque d’être poursuivie pour dénonciation calomnieuse. Si elle ne dénonce pas les faits, c’est la non dénonciation d‘un crime et non assistance à personne en danger, et c’est puni par la loi. Que la Justice soit claire, qu’elle donne la marche à suivre.

Dans le cas de Sandrine, Julie, Aude et Romain, tout s’est passé comme si Sandrine avait eu tort de finir par écouter ses filles. Les choses n’auraient pas pu se dérouler d’une manière plus compliquée si elle avait continué à se voiler la face.

 

Cette affaire pose aussi la question de la place qui est accordée à la parole des enfants dans un système judiciaire où les magistrats sont tout puissants. Leur « pouvoir d’appréciation » fait qu’ils peuvent retenir les éléments qu’ils veulent dans une affaire, et rejeter ceux qui les dérangent ou qui ne collent pas avec la « vérité judiciaire ». Une « vérité » que les médias ont l’interdiction absolue de remettre en cause, preuve que la liberté d’expression et la démocratie ne sont que des vœux pieux.

On n’a pas écouté Julie, et sept ans plus tard on n’a pas plus écouté Aude. Au final, deux gamins sont séparés de leur mère et de leur sœur, simplement parce qu’ils ont parlé. Et Julie doit grandir avec l’idée que sa famille a explosé à la suite de sa dénonciation. Ce n’est pas de sa faute, non, tout cela survient parce qu’on vit dans un pays où, comme l’a expliqué un rapport de l’ONU il y a quelques années, la défense des réseaux pédo criminels est institutionnalisée.

 

Après une telle affaire, l’expression « déni de justice » prend tout son sens.

 

Source:  http://pedophilie-castres.over-blog.com/article-l-affaire-de-castres-en-detail-89589862.html

Posté par Ceri à 15:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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