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08 octobre 2019

Affaire Marie, 7 ans, confiée à son père qu'elle a accusé à plusieurs reprises de violences sexuelles: bientôt une mobilisation

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Il y a un an, nous parlions de l'affaire de la petite "Marie", qui a donc 7 ans aujourd'hui et vit toujours chez un père qui, selon les propos et les dessins de l'enfant, exerce des violences sexuelles sur la fillette.

La justice semble s'acharner: depuis un an, la procédure pour les viols stagne, mère et fille ne peuvent se voir que deux heures tous les 15 jours quand elles ont de la chance, et les magistrats aussi bien que les services sociaux semblent prendre la mère pour une mère quasi maltraitante.

 

Pour situer rapidement les faits, qui ont été détaillés dans un article de novembre 2018, "Marie" est née en 2012. Comme souvent, dès la naissance de l'enfant, le comportement du géniteur a changé: il est devenu agressif, expansif, et la séparation intervient quelques années plus tard. Il a la garde de l'enfant depuis 2 ans et demi environ alors que l'enfant a dénoncé des abus sexuels graves: des viols et agressions sexuelles répétés commis par le père, et de "gens tout nus".

 

Seules face au rouleau compresseur

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Suite à la séparation, le géniteur est parti 15 jours avec l'enfant, âgée de 3 ans environ. Elle est revenue totalement perturbée, si bien que sa mère l'emmène chez un médecin, qui rédige un certificat médical mentionnant des inflammations au niveau de la vulve.

Dans cette affaire, la procédure a immédiatement et totalement basculé en faveur du géniteur. Il a demandé à avoir la résidence habituelle de la petite, mais il a quand-même dû attendre quelques mois, le temps qu'une Assistance Éducative en Milieu Ouvert soit ordonnée par la Juge des enfants. Au final, il a été conclu que puisque la maman avait un "comportement" qui n'allait pas et que les services sociaux avaient fait des "constatations positives" au sujet du père, envers lequel la petite aurait eu une "attitude rassurante", alors il était possible que "la dénonciation de faits d’agression sexuelle soit une manipulation" de la maman pour "obtenir la résidence de l’enfant".

Entre temps, le "père" a disparu durant trois mois avec Marie, sans donner de nouvelles à la maman. Quand elle est revenue de cet enlèvement parental (jamais condamné), l'enfant tenait des propos inquiétants: elle parlait de coups, de "bobo aux fesses", de "papa [qui] met le doigt dans les fesses" etc. La maman a déposé plainte, la plainte a été classée sans suite début 2017. Les faits auraient été "insuffisamment caractérisés".

Pourtant, durant l' "enquête", bien que l'examen gynécologique "intrusif" ait été impossible du fait des réactions de la petite, l'examen visuel a fait apparaître des signes "compatibles avec des faits de pénétration digitale".

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Les paroles de Marie n'ont pas été prises en compte car l'affaire a été résumée à un "conflit parental", ce Joker qui permet d'enterrer les pires affaires de violences commises par les pervers / tyrans domestiques. Les propos du géniteur, en revanche, sont toujours pris pour parole d'évangile par les juges, qui reprennent largement ses arguments dans les différents jugements. Juste après le classement sans suite de la plainte, le père a obtenu la garde de Marie. Nous étions alors début 2017. La mère et sa fille ne pouvaient plus se voir qu'un week-end sur deux et la moitié des vacances, droit qui a été restreint depuis.

L'erreur de cette maman à ce moment, et que beaucoup commettent hélas, est de ne pas rendre l'enfant à celui qui en a la garde. C'est un geste qu'on ne peut que comprendre. Comment réagir quand une enfant de 4 ans parle de violences sexuelles commises par son père et peut-être d'autres adultes? Comment faire quand la plainte est classée et que la justice oblige à rendre l'enfant à celui qu'il dénonce?

 

Quand l'agresseur désigné par l'enfant obtient la garde exclusive

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Loin de ces considérations, ou d'envisager un quelconque "état de nécessité", la justice a immédiatement retiré tout droit d'hébergement à la maman, et a restreint les rencontres à deux heures de visites médiatisées tous les 15 jours, c'est-à-dire en présence d'éducateurs, assez hostiles en l'occurrence. Ceci, au motif qu'elle avait une "attitude disqualifiante" envers le pervers et même -horreur suprême - un "discours dénigrant". Cerise sur le gâteau: cette mère présenterait une "fragilité psychologique" (on le serait à moins).

Pour avoir lu cela dans de nombreux jugements qui se sont avérés catastrophiques pour les mères et les victimes, je confirme que ce n'est pas une blague phallocrate sortie du Moyen-Age, mais un couperet qui tombe sur la tête de ces femmes et leurs enfants.

Fin 2017, la maman s'est constituée partie civile. L'enfant a été confiée temporairement à l'aide sociale à l'enfance, mais très vite on la renvoie chez celui dont elle a jusque là toujours dénoncé les violences.

C'est à cette période qu'une spécialiste qui a vu Marie plusieurs fois et a pu recueillir ses paroles, a tenté d'alerter la justice et la protection de l'enfance sur la situation dans laquelle se trouvait l'enfant. Cette personne a effectué deux signalements, dont personne n'a tenu compte

En 2018, les visites sont maintenues sans les éducateurs mais le lieu d'accueil est débordé et les rencontres sont très difficiles à réaliser. Marie se renferme et semble aller de plus en plus mal.

Le père a aussi réclamé l'autorité parentale exclusive mais ne l'a pas encore obtenue. Nous craignons que cela ne tarde plus puisque les éducateurs persistent à dire que la fillette va très bien chez son père.

La maman a alors contacté une association qui s'occupe de victimes de violences sexuelle. Celle-ci a estimé que la petite "doit être mise à l'abri de pratiques sexuelles" qu'elle subit, décèle un "psychotraumatisme" et alerte sur le fait que "l'enfant est en danger, et en état de terreur quasi permanent". 

La maman a alors contacté une association qui s'occupe de victimes de violences sexuelle. Celle-ci a estimé que la petite "doit être mise à l'abri de pratiques sexuelles" qu'elle subit, décèle un "psychotraumatisme" et alerte sur le fait que "l'enfant est en danger, et en état de terreur quasi permanent".

 

Nouvelle série d'audiences en octobre 2019

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Au détour d'une audience à la mi 2018, la maman de Marie apprend de la bouche d'une magistrate qu'on lui "retiré" sa constitution de partie civile. Du jamais vu, même dans les procédures les plus surréalistes. Cette plainte avec constitution de partie civile est finalement "reprise", pourrait-on dire, mais le géniteur n'a que le statut de témoin assisté. Selon un magistrat il n'y aurait en effet "rien contre lui".

Durant tout ce temps Marie continue à se renfermer, son père lui interdit de dessiner, probablement au cas où les dessins débordent du silence qui est imposé à cette fillette.

Une procédure en cassation initiée par la maman dans le cadre de la garde accordée au père, et la procédure liée à sa plainte en partie civile semble toujours en cours. Mais l'agitation ne semble pas à son comble, loin de là, dans ce dossier où beaucoup d'acteurs ont montré un parti pris préoccupant.

Une nouvelle audience devant le juge aux affaires familiales aura lieu prochainement, parce que l'ancienne décision arrivait à échéance. Le père réclame toujours la garde exclusive de la fillette.

A l'heure actuelle, chaque citoyen qui prend connaissance de ce dossier peut légitimement avoir des craintes quant à la suite des événements. En effet, la petite Marie semble convaincue que jamais elle ne retournera chez sa mère. Pourtant, la justice n'a entamé aucune procédure contre sa maman. Ni pour maltraitances, ni pour manque de soins, ni pour rien du tout.

2019-10-08 23_34_27-Plaintes pour viols _ pourquoi tant de classements sans suite - Le Parisien - Op

 

On ne peut qu'espérer une réaction des magistrats, qui rendent encore la "justice" au nom du peuple français (et certains essaient probablement). On doit espérer qu'ils prendront enfin le temps de regarder de plus près les éléments du dossier, les certificats médicaux, les auditions de l'enfant, de proches à qui elle a parlé, de médecins, qui tous alertent sur l'urgence de la situation, et cela depuis quatre ans.

On est aussi amené à s'interroger sur le parcours de l'individu - possible pédocriminel, puisqu'un juge est censé s'occuper du dossier qui n'est pas classé à notre connaissance- et sur d'éventuelles protections.

Les détails de l'affaire ne sont pas exposés ici, ni les faits les plus graves. Mais, cette histoire est sordide. Elle est l'une de ces milliers d'affaires de viols sur mineur classées sans suite chaque année. 76% aux dernières nouvelles [1].

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Nous appellerons bientôt à la mobilisation sur cette affaire.

 


[1] Chiffres des classements sans suite 2018 des plaintes pour viol, contre les adultes et les enfants confondus. Car depuis 2 ans il est impossible de trouver des chiffres sur la ventilation des plaintes et des procédures entre les majeurs et les mineurs. D'après les derniers éléments, datant de 2016, la proportion et le nombre de classements sans suite sont plus importants chez les mineurs, qui ont également moins de chances de voir leur agresseur condamné.

 

22 septembre 2019

Outreau, angles morts. Ce que les Français n'ont pas pu savoir : un livre pédagogique sur l'affaire d'Outreau

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Le livre "Outreau, angles morts. Ce que les français n'ont pas pu savoir", a été publié cet été par Jacques Delivré et Jacques Cuvillier, deux fins connaisseurs des méandres judiciaires et médiatiques de l'affaire d'Outreau. Cet ouvrage factuel a un but pédagogique, et permet au lecteur initié à l'affaire par le seul biais des médias de remettre les choses à leur juste place. Il déconstruit l'histoire qui nous a été narrée par les avocats de la défense, répercutée inlassablement depuis des années sur les ondes et dans la presse.

 

Il y a quelques jours, Myriam Badaoui, condamnée à 15 ans de prison dans l'affaire d'Outreau, y est retournée quelques mois après avoir agressé deux jeunes femmes handicapées pour leur voler des chèques. On attend aussi depuis trois ans le procès de Frank Lavier pour les viols de de l'une de ses filles mineures [1]. Cette affaire d'Outreau, que nombre d'avocats osent encore invoquer dans les prétoires pour signifier aux juges qu'il ne faut pas écouter les enfants, ne finira jamais. 

 

Un scénario conçu par les avocats de la défense

Ceux qui connaissent le dossier savent qu'il n'est pas "vide" comme beaucoup l'ont affirmé suite à on ne sait quelle construction mentale. Rapidement, ce dossier est celui d'un réseau pédophile décrit par des enfants et certains adultes, qui s'est terminé par 4 condamnations (principalement Myriam Badaoui et son mari Thierry Delay, qui ont pris 15 et 20 ans, et un autre couple) et la reconnaissance de 12 enfants comme victimes [2], pour certains de proxénétisme. Au final, dans cette affaire, il manque les clients. 

2019-08-30 17_47_40-L’accusatrice mythomane du dossier Outreau, Myriam Badaoui, repart en prison - O

Le livre "Outreau, angles morts" est salvateur, et contribue honnêtement -c'est rare dans cette affaire- à l'information du public. Il raconte, avec une précision presque mécanique, le déroulé de l'histoire d'Outreau racontée par les médias, et remet chaque mensonge en relation avec la réalité du dossier et des faits. Autant dire que le lecteur non averti sera surpris, et terminera la lecture en ayant la furieuse impression d'avoir été manipulé. 

C'est pour permettre aux gens de sortir de cette manipulation, particulièrement dangereuse pour les droits des enfants victimes de violences sexuelles (moins 40% de condamnations piour viol depuis la procès en appel de l''affaire d'Outreau en 2006), que ce livre a été acrit, et doit être diffusé.

L'un des auteurs, Jacques Cuvillier, explique dans une interview que "Depuis les années du scandale, Outreau est devenu un nom commun. Son spectre souvent brandi dans les audiences comme un talisman est à même de conserver toute son influence tant que ne sera pas découvert toute l’ambiguïté sur laquelle il repose. Si l’influence des médias sur le fonctionnement de la justice peut être vue sous plusieurs angles et à partir d’exemples multiples, une étude étendue et rigoureuse de leur rôle, précisément dans l’affaire d’Outreau, est riche d’enseignements dans le sens où elle permet une vue panoramique de ses différents modes d’intervention et de ses effets".

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Les auteurs se sont rencontrés au procès de Daniel Legrand à Rennes, où un certain nombre de citoyens s'étaient déplacés durant trois semaines pour soutenir les frères Delay, parties civiles face à ce qui s'annonçait comme une nouvelle séance de broyage, ou simplement pour tenter de comprendre cette affaire. Jacques Cuvillier explique qu'ils ont été "sidérés de la différence de perception que nous pouvions avoir entre ce qui apparaissait lors de l’audience et ce qui en était dit sur les ondes et dans la presse qui ne semblait pas parler de la même affaire". 

Ce fut le cas de tous ceux qui étaient présents, même le public "habituel" des procès. Etant moi-même encore journaliste à cette époque et ayant couvert un certain nombre de procès, j'avoue avoir été totalement perplexe en observant la manière de "travailler" des journalistes, qui ne prenaient pour ainsi dire aucune note et se contentaient de la feuille d'éléments de langage que les avocats de la défense leur donnaient le matin en arrivant.

Tous étaient "drivés", il faut le dire, par Dufland, pardon Durand Soufflant, chroniqueur judiciaire du Figaro et président de l'association des chroniqueurs judiciaires, et sa comparse Florence Aubenas, fort occupée à dénoncer les "complotistes" qu'elle voyait rôder partout dans la salle et autour du tribunal. 

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Ce livre parle de désinformation à grande échelle et en décompose le mécanisme dans le cas de l'affaire de dizaines d'enfants ayant dénoncé des violences sexuelles commises par des dizaines d'adultes, et qui s'est conclue par 4 condamnations et 12 enfants victimes. Cela, à la suite d'un travail acharné de réécriture des faits par les avocats de la défense, dont la parole a été reproduite sans aucun recul par la totalité des médias ayant relaté l'affaire. 

Les faits sont tenaces, le dossier est lourd, et les incohérences du récit que l'on a imposé à la population sont nombreuses. Une bonne partie sont reprises dans cet ouvrage. 

Ce livre recadre la propagande qui a diffusé une version minimaliste de l'affaire d'Outreau. Les "oublis" des propagandistes, les distorisons de la réalité, les constructions mentales et les mensonges qu'ils ont véhiculés sont exposés et remis à leur juste place dans la vraie histoire. "Arrivé à ce point de récurrences, il ne s'agit plus d'erreurs ou de maladresses. Plutôt d'une entreprise délibérée de fabrication de mensonges. L'affaire, telle qu'elle apparaît à la lumière de l'instruction, fut démontée pièce par pièce. Sont ôtées ou sont soigneusement maquillées toutes les pièces gênantes. le tout est remonté, au nez et à la barbe du public", écrivent les auteurs.

L'objectif? Amener les médias et l'opinion publique à adhérer à la théorie (à ce moment ce n'est qu'une théorie et pas une vérité judiciaire) de l'innocence des accusés. 

 

Un livre qui contribue à déterrer la vérité

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Pourquoi les citoyens n'ont -ils eu droit qu'à une seule version de l'affaire, celle des accusés, futurs acquittés, et de leurs avocats? Parce que l'institution judiciaire a refusé de s'exprimer, ne serait-ce que pour recadrer les délires de plus en plus surréalistes qui se propageaient alors, et parce que les deux avocats qui représentaient l'ensemble des enfants ne se sont pas exprimés non plus pour défendre leurs clients. Payés par le Conseil général, ils avaient probablement mieux à faire. 

Quant aux parents de ces enfants, eh bien ils étaient généralement sur le banc des accusés, ou témoins, ou avaient été entendus dans l'affaire.

Voilà pourquoi seule la version des accusés a été diffusée, rediffusée et même surdiffusée à chaque étape de cette affaire, et encore récemment quand Dominique Wiel s'est exprimé dans la presse locale du Nord en décembre 2018. Toujours pour dire que les enfants, reconnus victimes, ont menti.

Pour ces raisons, les articles et reportages consacrés à l'affaire ont contribué à minimiser l'ampleur et la gravité des faits, quitte à travestir sérieusement les faits pour qu'ils deviennent fiction, à attaquer les experts et les victimes, à mentir de la manière la plus bête, à laisser de côté les faits incriminants ou menant vers l'existence d'un réseau organisé, pourtant loin d'être rares dans le dossier. Les auteurs parlent de multiples "exercices de réécriture" par différents journalistes, parmi lesquels Aubenas n'a pas été la dernière.

2019-09-22 12_28_18-Outreau, le séisme qui aurait dû bouleverser la justice - Opera

Derrière ces manoeuvres, l'objectif était de faire en sorte que le public s'identifie aux accusés, futurs acquittés. Il fallait qu'il y ait des "gentils" (les accusés) et des "méchants" (les "enfants menteurs" bien-sûr, et aussi tous ceux qui les avaient considérés crédibles: experts, assistantes maternelles, assistantes sociales...).

Le travail des deux auteurs d'"Outreau Angles morts", qui est aussi une analyse rhétorique du récit d'Outreau, reprend toute l'affaire depuis les premiers articles dans la presse en 2001, jusqu'à la commission d'enquête parlementaire et au procès de Daniel Legrand à Rennes, qui fut aussi édifiant voir kafkaïen que les procès précédents [3].

Les gens ont eu droit à des centaines d'articles, de reportages, à des "documentaires", des livres, et même à un film, diffusé ensuite sur la télé publique, pour entendre geindre Marécaux une fois de plus sur son triste sort. Tout cela relève de la fiction, comme le montre brillamment "Outreau, angles morts. Ce que les Français n'ont pas pu savoir". Une fiction qui est le fruit d'intérêts convergents pour enterrer l'affaire et, oserais-je dire, les enfants avec.

"Il ressort de nos travaux, une mise en évidence des connexions qui se tissent entre les parties au procès, les médias, le monde politique, le public lui-même en proie à ses angoisses et à ses représentations. Dans ce contexte chaque catégorie cherche à satisfaire ses attentes et la réalité des faits peine à prévaloir. Ce qui en résulte aboutit à une histoire consensuelle qui s’écarte considérablement de cette réalité.(...) notre approche montre clairement la multiplicité des responsabilités, contrairement aux explications beaucoup plus sommaires qui ont été parfois lues et entendues.", explique Jacques Cuvillier.

 

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L'affaire d'Outreau restera une tâche dans l'histoire médiatique, politique, judiciaire et même sociale. Trop de manipulations et de mensonges ont été répétés, tels un rouleau compresseur destiné à empêcher le public de penser. Depuis quelques années, à commencer par la psychologue experte qui avait reçu la plupart des enfants d'Outreau dans le cadre de l'instruction, Marie-Christine Gryson, un travail sérieux est mené pour analyser cette mystification d'Outreau et fournir au public les éléments de compréhension indispensables.

On peut douter que cette affaire soit un jour enterrée comme certains le voudraient. Après l'acquittement de Daniel Legrand, l'un de ses nombreux avocats (ils étaient cinq) avait lancé aux citoyens présents que "maintenant, l'affaire d'Outreau c'est fini". Eh bien non. Car depuis, la parole des enfants victimes est piétinée: moins de 400 condamnations par an pour viol sur mineur, un chiffre qui ne fait que baisser alors que le nombre de plaintes augmente d'année en année. Cette catastrophe qui permet à des psys de déclarer que les enfants mentent et de les envoyer vivre chez les agresseurs qu'ils dénoncent, qui permet de classer sans suite 76% des plaintes pour viol, c'est la conséquence de la mystification d'Outreau. 

 

Pour commander le livre "Outreau, angles morts. Ce que les Français n'ont pas pu savoir", c'est par ici.

Pour s'informer sur l'affaire d'Outreau, quelques références par ici.

 


 

[1] Il est mis en examen depuis juin 2016 pour avoir violé et agressé sexuellement l'une de ses filles encore mineure, qui ne faisait pas partie des victimes reconnues lors des procès précédents.

[2] 12 enfants ont été reconnus victimes à l'issue du procès en appel, mais des dizaines d'enfants ont été cités comme victimes dans le dossier. 

[3] Une anecdote qu'il faut raconter et qui récume assez bien l'ambiance surréaliste du procès c'est quand, le vendredi 29 mai, à la fin des trois semaines de procès, Daniel legrand est enfin entendu. On lui lit une audition lors d'une confrontation avec Myriam Badaoui, au cours de laquelle il a cité comme coupables des personnes que Badaoui n'avait pas citées, donnant même leurs noms et prénoms alors qu'il n'arrêtait pas de dire qu'il n'avait jamais mis les pieds à Outreau et ne connaissait personne. Il avait aussi décrit le meurtre d'une fillette dans le détail, un récit qui correspondait fortement à celui de Myriam Badaoui. Tout le monde se demandait en effet comment il avait pu, sans se tromper, donner les noms et reconnaitre des gens qu'il était censé n'avoir jamais vus, et décrire un meurtre auquel il dit qu'il n'était pas présent. C'est alors que Legrand a répondu: "Je suis rentré dans la tête de Myriam Badaoui". Eh bien personne n'a été lui demander d'où lui venaient ses dons d'extralucide, et on est passé à une autre question.

14 septembre 2019

Maroc: un foyer pour mineurs vulnérables fournissait de petits VIP espagnols

2019-09-13 21_03_06-La directora de la ONG acusada de pederastia deja Tánger antes de que le retiren

Dans la presse marocaine et espagnole, une affaire fait pas mal parler: un VIP aurait profité d'une association de mineurs vulnérables marocains pour en détourner certains vers des actes pédocriminels. Le dénommé Félix Pedro Ramos leur promettait un job et des papiers en Espagne. A priori, nous n'en sommes qu'au début de l'affaire, qui laisse penser à l'existence d'un réseau pédocriminel.

 

Felix Pedro Ramos, star du petit écran en Espagne, venait souvent en vacances au Maroc. Comme en France, où nombreux sont les adeptes de ce pays, comme Pierre Berger par exemple. Mais alors qu'il tentait de repartir de Tanger par la mer le 20 juin dernier, il a été arrêté par les autorités marocaines suite à des accusations d'escrocquerie, à laquelle se sont greffées des accusations de pédocriminalité.

 

Trafic de breloques et jeunes éphèbes

La justice marocaine avait reçu des plaintes de la part de deux "entrepreneurs", un Français et un Marocain, au sujet d'escroqueries commises par Ramos: il avait demandé de l'argent au profit d'une association, les orphelins de la Garde Civile (la gendarmerie espagnole) à Marbella, et leur a présenté de faux certificats honorifiques (en gros, il disait être recommandé par les monarchies espagnole et marocaine, doté de titres de noblesse, et il a présenté de faux diplômes). Selon un média espagnol, Ramos aurait fait cela au nom de différentes associations bien connues.

2019-09-13 21_54_33-GRANDES COCINA _  MAESTROS del siglo XX para los del XXI - Comunicación&Protocol

Le système est bête mais marche très bien chez les VIP et les aspirants VIP: Ramos leur disait qu'il avait de grandes relations chez les nobles (la grande classe), et proposait aux pigeons de leur donner un titre dans une association, gérée par lesdits nobles (comme les orphelins de la Garde Civile) ou dans un institut où on trouve du gratin, comme "L'institut d'histoire des Baléares", le tout contre quelques milliers d'euros destinés à des oeuvres caritatives, ou encore son titre de l' "ordre Impérial Byzantin de San Conatsantin Le Grand" (ordre qui existe vraiment). 

Apparemment, il n'y a pas que  les deux plaignants à déclarer avoir été  manipulés par Ramos pour lui donner de l'argent. Une trentaine de personnes se seraient fait connaître, et l'escroc ciblait avec ce système plutôt les people, les gens "riches".

Beaucoup de groupuscules fonctionnent de cette manière, avec souvent les breloques et costumes de cérémonie qui vont avec.

De fait, Ramos semble apprécier ce genre de "distinctions": il est "chevalier" ou "grand prieur" de toute une liste de groupuscules, président ou médaillé d'honneur d'autres machins. C'est du moins ce qu'il affiche, certains de ces titres étant probablement des faux comme ceux liés aux "Orphelins de la Guardia Civil" ou sa "Grande Croix de l'Armée des Asturies".

2019-09-13 22_08_08-Felix Ramos (@FelixRamosCo) _ Twitter - Opera

Ledit Ramos traînait aussi beaucoup dans les soirées "VIP - caritatives" sur le mode US, selon son fil Twitter (qui 'na que 551 abonnés depuis 2013, ce qui est assez étonnant pour un "journaliste" même local). Cet délire "VIP-charité", c'est comme Epstein qui aimait beaucoup les dons aux associations, écoles, universités, et surtout les soirées VIP. 

Un jeune aujourd'hui âgé de 19 ans, "M.B", a également déposé plainte contre lui,en mai semble-t-il, expliquant que Ramos lui avait mis le grappin dessus en 2014 alors qu'il avait 14 ans et qu'il vivait dans un foyer tenu par une association de Tanger. Cette "ONG" est également dans la ligne de mire de la justice marocaine, Ningún Niño Sin Techo ("pas d'enfant sans toit"), et sa fondatrice a précipitamment quitté le pays. 

Ramos avait fait venir ce jeune en Espagne, en lui promettant qu'il lui obtiendrait des papiers et lui trouverait un job dans le show biz.

 

Echanges de bons procédés ?

Apparemment, cela fait un moment que le centre 'Al Amal", géré par l'association Ningún Niño Sin Techo pour accueillir une dizaine d'enfants des rues, est pointé du doigt à Tanger, de même que sa patronne.

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Quand il l'a rencontré, Ramos a dit à ce jeune, qui vivait sans repères, qu'il était propriétaire d'une télévision de Marbella en Epsagne, et lui a proposé de travailler avec lui. Mais avant, il l'a invité dans sa chambre d'hôtel: "Ce jour-là, il m'a violé, j'ai tellement souffert que je ne l'oublierai jamais. Il me disait que j'aurais de l'avenir en Espagne", a-t-il expliqué aux journaalistes Marocains.

Quand Ramos venait au Maroc, où il tournait des émissions dans lesquelles il emmenait des people à la "découverte de Tanger", il faisait un tour par le foyer pour venir chercher M.B. Le jeune partait alors avec lui -sans que cela ne perturbe personne- et le suivait à travers ses pérégrinations, puis il l'a carrément suivi au maroc (alors que ce jeune était mineur et sans papiers). Après cela, M.B a été viré du centre par la fondatrice et patronne, Maria Rodríguez Almendros.

D'autres "personnalités" (assez épiques) sont citées par ce jeune et par une autre victime qui a également déposé plainte, comme un chanteur transsexuel de fado. Des Marocains, notamment de l'association, et des Espagnols sont nommés dans la procédure, ainsi que d'autres victimes mineures, des garçons. En termes d'accusés, il y a notamment:

  • 2019-09-13 21_13_55-Fiesta de Fin de Año en Tánger - 2017_18 - Opera - Copie (2)Felix Pedro Ramos, 39 ans, présentateur télé et VIP espagnol. Formé dans la finance, il est passé dans les médias, dans une télé de Marbella.

  • Manuela Vilches, une galeriste de Marbella qui posséderait de nombreuses propriétés au Maroc, dont certaines où des agressions ont eu lieu. Elle aime beaucoup exposer sa vie et ses amis VIP sur les réseaux sociaux.
  • Rafael Ojeda, alias Falete, le chanteur travesti espagnol. Ramos aurait demandé à M.B, lors d'un séjour à Tanger avec Ojeda, de "bien se comporter avec lui" car il pourrait l'aider dans sa carrière. Exactement le même discours que Ghislaine Maxwell et les autres rabatteuses lorsqu'elles cherchaient à attirer des mineures dans les filets d'Epstein. Ojeda a donc violé M.B plusieurs jours de suite, avant de lui donner 2000 dirhams (185 euros). Falete a aussi demandé à M.B de lui envoyer des vidéos pornos contre 60€.
  • María Rodríguez Almendros, la directrice -espagnole née à Tanger- de l'association Ningún Niño Sin Techo qui a fui en Espagne au début de l'été alors qu'elle vivait au Maroc depuis 1982. Pour raisons médicales dit-elle. N'empêche qu'elle est partie juste avant que la justice marocaine lui retire son passeport. Elle a cessé de payer le loyer du centre depuis plusieurs mois, était rarement sur place et ne se préoccupait pas beaucoup des conditions de vie des mineurs.

2019-09-13 23_35_02-Félix Ramos es el 'timador' de los ricos españoles - Opera

L'association Ningún Niño Sin Techo, où des jeunes sans abri étaient hébergés et manifestement pas vraiment aidés, a ouvert un foyer à Tanger en 2005. La justice marocaine a décidé la fermeture du centre et de l'association cet été.

Mais cela n'a pas dû beaucoup la perturber, puisque Maria Rodriguez Almendros aurait justement déclaré à ses copines qu'elle comptait mettre la clé sous la porte durant l'été.

Felix Ramos trainait autour du foyer depuis 2008 environ, et c'est María Rodríguez qui l'aurait introduit dans la bonne société marocaine. Et Ramos ramenait chez elle des people comme le présentateur télé José Manuel Parada Rodríguez, Agustín Bravo ou ledit Falete.

Car, pour assurer des rentrées financières l'association (ou son train de vie), María Rodríguez Almendros organisait des soirées de gala, où les VIP étaient attirés comme des mouches sur un papier collant. A ces "soirées", "participaient des célébrités et les enfants qui venaient de familles déstructurées. En outre, le centre a été maintenu avec des cotisations, des contributions d'amis et la solidarité de certains entrepreneurs", relatait El Espanol du 3 juillet 2019.

Cependant, quand l'affaire des viols a commencé à être connue, mi-2019, les donations ont commencé à se tarir.

Et puis, "M.B" a retiré sa plainte début septembre, probablement parce qu'il a été payé pour cela, lui qui se trouve toujours dans une situation précaire. Il a tout de même eu le temps de parler d'une soirée de nouvel an chez Vilches à laquelle il était présent, ainsi qu'un autre jeune du centre et un éducateur.

2019-09-13 21_26_21-Affaire Félix Ramos _ Un centre pour mineurs fermé à Tanger sur fond d’abus sexu

Les soirées de nouvel an de Vilches ont en effet ont l'air "festives". M.B précise qu'un soir, elle a même laissé tout l'étage d'une de ses propriétés à Ramos pour qu'il l'agresse tranquillement.

Selon M.B, au moins un autre garçons de l'association a eu "une relation" avec Ramos (alors qu'il était majeur sur la fin), jusqu'à l'arrestation de Ramos en juin. Et les enquêteurs ont trouvé sur les réseaux sociaux des photos où Ramos s'affiche en présence d'enfants de l'association.

Quant à l'association Touche Pas à Mon Enfant, qui travaille sur cette affaire et suit "M.B" [1], elle signale qu'un autre type est actuellement incarcéré dans le cadre d'une procédure pour le viol d'un mineur de l'association Ningún Niño Sin Techo.

La presse espagnole mentionne d'autres victimes encore, et des rumeurs de violences sexuelles courantes dans le foyer. Vilches aurait évoqué devant les policiers le cas d'une éducatrice qui aurait eu une relation avec un des mineurs. 

Bref, finalement Ramos risque d'être remis en liberté. A moins qu'il ne se suicide en prison? En tout cas, aujourd'hui, comme ce fut le cas pour Epstein, plus personne ne semble connaître Ramos. Même pas Falete.


[1] Mais depuis qu'il a retiré sa plainte, l'association n'a plus de contact avec lui, et il ne répond plus. 

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11 septembre 2019

La micronie avant le désastre économique et écologique : les risques du néant

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C'est la rentrée, qui s'annonce sous des auspices combatifs. Les citoyens sont encore plus gavés que l'année dernière par l'inanité du micron et sa clique, et eux n'ont pas du tout l'intention d'agir intelligemment. Si toutefois c'était à leur portée, ce qui est loin d'être sûr. Réflexions sur l'ambiance de cette nouvelle rentrée en micronie.

 

En cette rentrée, nous sommes nombreux à être comme au bord d'une piscine, avant un plongeon. Bien insipirer, anticiper l'impact au mieux, et se lancer.

Quelles sont les forces en présence? D'un côté, une population fatiguée par des années de restrictions, d'absence d'horizon, de décrochage total des élites. Mais une population qui ne s'avoue pas vaincue, et qui, comme on l'entend beaucoup les samedis après midi de promenades citoyennes, "n'a plus rien à perdre". 

De l'autre, des flics fatigués mais armés jusqu'aux dents, un pouvoir à bout de souffle, qui ne tient plus que grâce aux miracles de la répression et de la propagande la plus bête et méchante. D'ailleurs, ça en devient triste tellement les infos "mainstream" sont à côté de la plaque, triste reflet d'un néant dominant, d'un vide intersidéral de la pensée devenu la norme dans le monde politique. 

 

La mascarade

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Cette mascarade ne tient plus que par la violence, et grâce à une mafia qui applique les lois faites par les politiques, et que l'on appelle la "justice". 

La justice est l’instrument du pouvoir politique. C’est un point clé que nous devons dénoncer et modifier en tant que citoyens.

Elle applique les lois faites par le politique, les magistrats dépendent du politique pour leur carrière, et de plus en plus elle montre qu’elle n’est plus que le bâton qui frappe les masses pour assurer l’ordre établi. La justice ferme les yeux devant les élections bidons en france, comme elle a pu, au Brésil, contribuer au coup d’État qui a mis bolsonaro au pouvoir.

Elle enferme des Gilets Jaunes et refuse d’enquêter sur l’affaire du coffre fort disparu de Benalla au milieu d’une perquisition, classe sans suite l’affaire des mensonges de tout le monde sur l’affaire benalla, l’affaire des conflits d’intérêts -présumés- d’Alexis Kohler son ancien bras droit, l’affaire des comptes de campagne du micron, la plainte des Insoumis pour fraude électorale contre Valls à Evry lors des législatives (pourtant avérée), la plainte pour viol contre Darmanin, une plainte contre brigitte pour pour des faits de "corruption passive" et "trafic d’influence", les 500 plaintes de manifestants contre castaner, l’affaire des mutuelles de Richard Ferrand devenu président de l’Assemblée Nationale, etc. 1

Quant aux plaintes pour les violences policières, elles trainent ou, pour la plupart, sont classées sans suite.

Et d’un autre côté, des manifestants, des citoyens sont poursuivis et même parfois emprisonnés pour rien, juste parce qu’ils se trouvaient là, à tenter de défendre leurs droits.

Le politique, en micronie, est quant à lui réduit à son plus strict minimum : la communication élyséenne.

L’État, aujourd’hui en micronie, se réduit aux décisions d’un seul individu. Listons rapidement les régressions et destructions qu’il nous a imposées ces deux dernières années (mais j’en ai certainement oublié) :

  • Retraites
  • Chômage,
  • Sécurité sociale
  • "Justice" 
  • 11 vaccins pour les bébés
  • Fermetures de classes et d'écoles
  • Enseignement (régression vers un système encore plus inégalitaire)
  • Audiovisuel Public (en cours)
  • ED8a6xrWsAcwes- - CopiePrivatisations des Aéroports de paris, de la française des jeux, des barrages

  • Réduction des effectifs des ministères : environnement, impôts, santé.
  • Finir la destruction à marche forcée de la SNCF, de La Poste, des agences de l’environnement, des hôpitaux, des services publics en général, un bien commun.
  • Militarisation croissante de la police
  • Restrictions des libertés (manifester, liberté d’expression, droit de la presse, fichage de masse des opposants…)
  • Bombardement de la Syrie
  • Signatures des traités commerciaux ultra libéraux qui donnent tous pouvoirs aux multinationales (CETA, TAFTA, MERCOSUR en cours).
  • Droit du travail
  • Formation professionnelle
  • RIEN contre l’évasion fiscale 2 et l’ "optimisation fiscale".
  • Secret des affaires
  • Droits des femmes
  • Droits des enfants
  • Environnement, pesticides etc.
  • Non respect des droits des migrants
  • "Tolérance" pour les fausses déclarations des entreprises.
  • Intégration du trafic de drogue dans le calcul du PIB.
  • Cadeaux fiscaux aux riches : doublement du CICE à 40 milliards par alors qu’il ne créé pas d’emploi, fin de l’ISF sur les valeurs spéculatives 3, fin de la flat tax.²..

Le prochain chantier est carrément la "démocratie", ou ce qu’il en reste.

 

De qui micron est-il le représentant ?

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A ce sujet je recommande de lire Marc Endeweld (le Manipulateur), les Pinçon-Charlot (le président des ultra-riches) et Juan Branco (Crépuscule). Le micron a été financé par très peu de gens, qui ont donné le maximum au micron et à son parti rétrograde. Ces gens ont le même profil : petits patrons, patrons de grosses boîtes, professions libréales comme avocats etc.

Logiquement, même si son ingratitude a été déjà pointée du doigt, et surtout parce qu’il vient du même milieu, le micron défend leurs intérêts : les intérêts de sa classe, de celle de brigitte, de ses amis, de ses soutiens, de tous ceux qu’il a placés autour de lui, etc.

Car c’est bien de lutte des classes qu’il s’agit, même si le mot fait peur aux "bourgeois". Les riches sont en guerre contre les classes populaire (depuis longtemps) et moyenne (depuis les années 80, le fumeux "tournant libéral" de mitterrand et fabius, son 1er ministre).

Nous avons basculé hors des clous de la démocratie de bisounours qu’on nous vend depuis la "révolution", une révolution des élites pour les élites qui a eu pour seul mérite d’instaurer la propriété privée. Cet individu qui vit à l’Elysée depuis plus de deux ans ne supporte pas "le peuple", les citoyens, encore plus quand ils sont pauvres ou manifestants. Il centralise tous les pouvoirs sur sa personne, allant même jusqu’à nommer le procureur général de Paris (n°1 en france), et le chef du parquet national financier, tout en laissant ses équipes parler de "séparation des pouvoirs"4.

2017-12-30 23_47_56-20 heures _ [émission du 19 janvier 2008] - Vidéo Ina

Cet individu pense que le pays ira mieux en lui appliquant son remède, digne des médecins du Moyen-Age équipés de leurs clystères capables de prendre jusqu’à 5 litres de sang à un moribond.

Or on sait, depuis le début de l’ultra libéralisme pour certains, depuis quelques années pour d’autres (FMI, Banque Mondiale, ONU 5…), que ces méthodes ne font qu’enfoncer les pays dans la crise économique,  politique, sociale. Est-il aussi stupide, est-il ivre d’idéologie, rabâchée par des mentors comme Attali, Jouyet, Minc, Hermand, Pisani-Ferry, Rothschild et compagnie ?

Car, de deux choses l’une : soit nous sommes face à un incompétent qui ne sait pas ce qu’il fait, soit l’individu a un agenda dont l’objectif est d’assurer le règne des fonds spéculatifs, de la haute finance, de l’évasaion fiscale et du ruissèlement de l’argent des pays vers les poches de quelques profiteurs hors d’atteinte.

Au vu des faits et de ses discours, on ne peut qu’être amenés à se poser ces questions. Par ailleurs, le micron a certainement un plan de carrière, pour après ce job tremplin, et il pourra viser d’autant plus haut qu’il aura tenu bon devant les citoyens.

 

Que fait le micron ? Une lecture que vous n’aurez par dans la BFMsphère

Le micron dit sur Twitter (je recommande d’aller faire un tour sur son twitter, et surtout de regarder les nombreux commentaires des citoyens) que les inégalités c’est pas bien.

2019-09-02 21_46_00-Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) _ Twitter - Opera

Pourtant, les faits montrent qu’il fait tout pour enrichir ses copains les milliardaires. Alors on s'interroge: nous prend-il pour des cons, prend-il des drogues hallucinogènes, ou pense-t-il vraiment que son interminable série de régressions tend à réduire les "inégalités"? 

Pour ne prendre que quelques-unes des informations révoltantes de ces derniers mois :

En parallèle, les salaires baissent, comme les services publics, par exemple.

Quand le micron nous dit que les inégalités c’est pas bien, il se fout littéralement de tous "ceux qui ne sont rien " à ses yeux et qui par conséquent subissent de plein fouet son délire ultra libéral, totalement contre-productif. Où est la sacro-sainte "Croissance" (0,3 % au 1er trimestre, 0,2 % au 2e trimestre) 7 ? Où est-il, l’emploi ?

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Ce ne sont en tout cas pas les médias pro-micron (qu’on pourrait qualifier de "BFMsphère" 8  tant on a vu s’aligner les autres sur le discours ultra libéral et même quasi sectaire de BFM, comme LCI, France 2 ...), si nombreux qu’ils étouffent le paysage médiatique "grand public", qui nous permettront de nous poser les bonnes questions à partir des bonnes informations.

Alors que les citoyens sont opprimés comme jamais depuis l’invasion par les nazis (désolée d’en arriver au point Goodwin mais c’est une réalité), la BFMsphère continue de chanter les louanges du petit père du business français, devenu son candidat puis un président qu’il faut défendre envers et contre tout. Ce n’est pas un hasard si une dizaine de milliardaires, tous fans de jupiter, détiennent la grande majorité des médias et de l’audience, ce temps de cerveau disponible pour la propagande micronienne.

Petit à petit, nous entrons dans ce qu’on pourrait appeler une dictature capitaliste, avec quelques privilégiés très riches qui échappent à l’impôt, pendant que les entreprises dans lesquelles ils ont placé leurs billes bénéficient de lois différentes de celles auxquelles les citoyens sont soumis, de tribunaux différents 9, et désormais d’une quasi impunité même face à un endettement catastrophique10 et à des maltraitances graves des travailleurs (salariés, sous-traitants etc.).

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Ce personnage, ce jupiter de cour de récré, applique la politique de la mondialisation et de l’ultra libéralisme, c’est-à-dire la privatisation de tout ce qui peut rapporter à ses amis les milliardaires, français et étrangers. En parallèle les salaires régressent et l’endettement des ménages augmente 11.

Il ne remettra pas en cause ce qui a nous a menés dans la crise de 2006, dont ne sommes en réalité jamais sortis (la vente des biens publics encore 13 ans après en est la preuve).

Par exemple, il ne remettra pas en cause le mélange des genres entre banques de dépôts (celles qui ont notre argent et sont censées investir dans l’économie) et banques de spéculation financière, dites "d’investissement" (sic.), qui jouent en bourse les dépôts des épargnants 12.

Il ne régulera pas les banques 13, ni la finance, encore moins la mondialisation. Il ne mettra jamais fin aux paradis fiscaux.

Il n’instaurera aucune protection de l’économie nationale, ni, par conséquent, des citoyens. Quant à l’environnement, tout le monde a compris que cette préoccupation est totalement absente de son esprit probablement trop "complexe".

 

Conclusion et perspectives

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La question que nous devons nous poser aujourd’hui est : quand devons-nous arrêter de parler de démocratie, dire le mot d’oligarchie, de dictature (même "soft") ou de ploutocratie ?

Quand assumerons-nous enfin que la seule alternative est de nous battre pour ne pas tomber dans l’obscurité ?

Dans deux ans, nous aurons très certainement à nouveau le pen au 2e tour, contre le micron. Tout est prévu pour que ce scrutin auquel peu ont hâte d'arriver se passe ainsi, et nous en prenons dangereusement le chemin. Mais nous ne devons pas nous laisser à nouveau coincer dans ce traquenard qui ne nous précipitera qu’un peu plus vite, quel que soit le vainqueur du 2e tour, dans le néant démocratique et humaniste, et le gavage des élites 14. Nous devons organiser les filets de sécurité démocratiques, les réseaux de solidarité, afin de nous donner des chances de ne pas finir en esclavage.

L’obscurité commencera, comme dans les années 30, par le marasme économique. Dans lequel nous sommes déjà, mais qui va s'aggraver. Même Le Figaro s’étonnait le 5 septembre de la levée exceptionnelle de fonds par la France pour alimenter sa dette : un peu plus de 10 milliards, à taux négatifs même à 15 ans. Cela montre que les "investisseurs" sont prêts à perdre un peu d‘argent dans l’espoir d’éviter d’en perdre beaucoup, car la dette de la france s’avère parmi les moins risquées au monde.

Le quotidien des "idées saines" de préciser : "Ces levées s’inscrivent dans un contexte particulier pour la France. Le besoin de financement français en 2019 atteint 237 milliards d’euros. Il a été prévu dans la loi de finances d’y pourvoir essentiellement via des émissions de dette à moyen et long terme, avec un montant d’émissions de 200 milliards d’euros, là aussi un record. Ce pic s’explique d’une part par la dégradation continue des finances publiques mais aussi par les besoins de refinancement de la dette émise il y a dix ans, lors de la crise financière". En gros, la gestion désastreuse des finances publiques entraîne -malgré l’austérité et la taxation massive des classes moyennes- un trou de 237 milliards. Et en plus de la catastrophe micron, nous payons encore le financement public de la dette privée à la suite de la crise de 2006 15.

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Le micron nous parle sans cesse d’économies, mais en réalité il n’économise pas : il donne des milliards aux plus riches.

Aujourd’hui, de nombreux citoyens dénoncent les conséquences de l’ultra libéralisme, que ce soit sur les humains ou sur la nature : les animaux 16, les plantes, l’eau17, le sol, l’air.

Les gens sont de plus en plus nombreux à comprendre que plus rien ne tourne rond dans nos belles sociétés "démocratiques". Nombreux sont ceux qui ont parfaitement compris d’où vient le problème : du système économique et social actuel. Et certains tentent de s’organiser.

La bonne nouvelle est qu’il est tout à fait possible de créer des systèmes plus cohérents, puisque nos cerveaux sont capables de l’imaginer : "les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles", disait Raimbaud. Nous devons dépasser les concepts qui nous ont été inculqués depuis toujours, pour aller vers le bon sens, l’intérêt commun.

Il est évidemment contre-productif d’imposer à tous un système qui soit le même sur le plan politique, économique, social, culturel de plus en plus, et cela partout dans le monde. Par contre, nous pouvons inventer de nombreux systèmes, différents, adaptés aux histoires, aux paysages, aux contextes : il semble évident qu’un Inuit ne peut pas vivre avec le même sysème qu’un Peul, un européen, ou un habitant de New York. Cela n’empêche certainement pas les échanges, les liens, l’ouverture.

Cela peut sembler une évidence, mais nous vivons aujourd’hui dans le système inverse : les élites se reproduisent, se cooptent, dirigent, et s’organisent pour préserver leur pouvoir et leurs intérêts. Elles ont centralisé le pouvoir politique, économique, médiatique et accaparent les richesses comme jamais.

Le micron a commandé 25 millions de cartouches de fusil d’assaut pour équiper les "forces de l’ordre", celles qui font déià tant de dégâts avec des LBD et grenades de désencerclement 18.

On peut légitimement craindre qu’il ne s’en serve car cet individu a montré qu’il n’a pas de limites. Cette commande n’a pas été passée pour gaspiller une fois de plus de l’argent public, au vu et au su de tous (ces appels d’offre sont publics), mais parce qu’il pense devoir s’en servir, parce qu’il sait que ses régressions 19 pousseront à bout la grande majorité des citoyens.

 


 

1 Accessoirement, la « justice » sert surtout à classer sans suite les procédures gênantes, qu’elles concernent la micronie ou même les enfants victimes d’abus sexueles, les femmes battues etc.

2 Evasion fiscale estimée à 100 milliards d’euros par an en france. Quant à l’optimisation par les multinationales, elle ne coûterait que 14 milliards par an, soit un tiers de l’impôt sur les sociétés. 70.000 entreprises en france y auraient recours.

 

2018-09-16 10_12_42-Comment Emmanuel Macron appauvrit l'Etat _ Alternatives Economiques

3 La fin de l’ISF sur la spéculation (pas sur les biens immobiliers) coûte la bagatelle chaque année de 3,2 milliards d’euros contre 2 milliards annoncés par les expertis microniens. Quand il s’agit de fare payer les citoyens, on se contente de calculs à la louche.

4 Ces nominations des chefs du parquet par l’exécutif font d’ailleurs que la france ne peut pas vraiment se targuer d’être une véritable démocratie puisque la séparation des pouvoirs est un mythe.

5 Depuis la crise financière de 2006 - … ces insitutions ont toutes fini par admettre que l’austérité était néfaste pour les économies nationales. Tout en continuant à appliquer les bonnes vieilles mesures d’austérité, d’ailleurs.

6 Mais pas selon BFM, bien-sûr., qui situe plutôt le chiffre à 20 milliards Contre 1 milliard de fraudes RSA, arrêts maladie et CAF réunies. BFM qui, appartient au super endetté Patrick Drahi, vit aceessoirement grâce à l’évasion fiscale, appelée « optimisation » en micronie.

7 Et encore, cette mini "Croissance" n’est due qu’aux revendications des Gilets jaunes, dont certaines ont permis de limiter la destruction du pouvoir d’achat. En France, la "Croissance" est tenue à plus d’un tiers par la cosommation. Ceci dit, toute la « zone euro » est dans les choux, et la Deutsche bank fait craindre quelques difficultés pour l’Allemagne. Quoi que, la BNP est prête à racheter ses produits dérivés pourris. Notons aussi que la Deutsche Bank a été la banque de Jeffrey Epstein jusque très récemment, et a beaucoup financé Donald Trump. La bqnue détient d’ailleurs des documents fiscaux concernant Trump, que celui-ci a refusé de donner au Congrès.

8 En plus BFM est un bon exemple, puisqu’elle appartient comme RMC, Libération et L’Express et d’autres, à Patrick Drahi, qui finance « télé micron » grâce à l’évasion fiscale et à l’impunité offerte par l’État. Quand il était à Bercy, le micron a facilité le rachat de SFR par Drahi, sans qu’il ‘nait à rapatrier ses avoirs depuis la Suisse (Le Monde Diplomatique, mai 2017).

9 Les tribunaux de commerce sont un exemple, les tribunaux dits d’arbitrage prévus par les traités commerciaux comme le TAFTA ou le CETA en sont un autre en pire, puisqu’il s’agit de décisions prises par des arbitres privés, qui peuvent imposer des amendes de dizaines de milliards aux Etats. La belgique, tête de pont de la finance, mène depuis le refus du CETA par le parlement Wallon un intense lobbying à l’ONU pour créer un seul et unique tribunal "d’arbitrage" pour régler "les différends entre investisseurs et États". Comme si les investisseurs n’étaient pas le commun des mortels. Si Hulot n’a rien pu faire, c’est aussi à cause des traités comme le TAFTA : un rapport du Corporate Europe Observatory précise que des multinationales ont menacé la france de poursuites devant les "tribunaux arbitraux" (et d’extorquer des milliards à l’État) en cas de mesures de protection du climat qui auraient pu les pénaliser. Du coup, la loi Hulot a été vidée du peu de substance qu’elle avait.

 

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10 Endettement catastrophique car, selon la revue Oblik d’Alternatives Economiques, "si une partie de l’argent emprunté par les entreprises sert à renforcer leur trésorerie, une autre est utilisée pour jouer au casino boursier, avec tous les risques que cela comporte". On imagine qu’il en va de même avec les bénéfices, qui ne doivent pas vraiment servir à l’investissement ou à la rémunération des salariés.

11 En 2015, on apprenait qu’en 10 ans "l’encours de dette des Français a enflé de 79% alors que leurs revenus cumulés ont progressé de moins de 25%". Et la situation n’a fait que s’aggraver depuis l’arrivée du micron, d’autant que les taux de crédit sont très bas. Selon La Tribune du 18 mars 2019, "L'endettement des ménages et des entreprises français rapporté au PIB est désormais le plus élevé des grands pays d'Europe : à 133,3% du PIB en France à fin septembre 2018 (dont 59,2% pour les ménages et 74,1% pour les sociétés non-financières)".

12 La séparation entre banques de dépôts et de spéculation a été faite en 1933 après le krach boursier, avec le Glass Steagall Act, qui a été abrogé par Clinton en 1999. Ce qui a permis la crise financière, puisque les banques ont engagé du vrai argent dans des produits dérivés pourris. Et pour que les épargnants ne se retrouvent pas à la rue comme en 1929, les Etats sont obligés de renflouer les banques, avant de nous imposer des politiques d’austérité pour combler le trou. En France la séparation entre banques de dépôts et banques de spéculation a été opérée après la guerre, en 1945, jusqu’à ce que Mitterrand, en plein dans son délire et son tournant « libéral », décide que les banques pouvaient spéculer avec l’argent destiné à financer l’économie réelle. Puis en 2013, suite à la crise, les placements les plus risqués ont été vaguement "isolés". car les résistances dans le milieu de la finance sont encore importantes.

Ajoutons qu’aujourd’hui, ces "banques d’investissement" ne savent plus où placer leurs mises pour se faire des bénéfices supérieurs à la croissance mondiale (en berne). Et il n’y a plus grand-chose pour spéculer, à part racheter des actions dont les cours sont maintenus artificiellement par des rachats massifs de leurs propres actions par les multinationales, grâce aux taux d’emprunt proche de zéro, voir en dessous de zéro. Le marché du rachat d’action, le marché "secondaire", c’est plus de 80 % des achats d’actions. Dont la spéculation (appelée "investissement" par les idéologues ultra libéraux) ne créé pas de richesse, ou très peu. Par exemple, le patron de la Deutsche Bank vient tout juste d’annoncer qu’il consacrerait 15 % de son mirobolant salaire pour racheter des actions de la Deutsche Bank, passée à 7 euros. Elle était à 54 € en 2009, à 30 € en 2014. Mais, la tendance générale est à la baisse pour les banques européennes en général, france comprise.

13 En effet, le credo des amis banquiers du micron est l’auto-régulation. Elles font elles-mêmes leurs stress stests, qu’elles réussisent toujours (du moins quand on comprend les résultats, ce qui n’est pas le cas en 2019).

14 Car l’extrême drotie a toujours servi le capital et les capitalistes. En Europe, ces partis votent systématiquement en faveur du business contre les citoyens. Même s’ils disent le contraire.

15 A ce sujet, il est important de rappeler que la droite est pire gestionnaire que le PS. Sous Chirac, Sarkoléon, et Micron, la dette a explosé et les finances publiques se sont toujours retrouvées dans le rouge. C’est le prix des cadeux fiscaux aux entreprises (en réalité aux multinationales) et aux spéculateurs. 2018 fut une année record pour la dépense publique, et en avril 2019 le magazine Challenges titrait "Finances publiques : les baisses d’impôts de Macron ne seront pas soutenables".

 

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16 88 % d’espèces d’eaux douces en 40 ans, - 75 % d’insectes en 30 ans, et encore 40 % d’espères d’insectres menacées à court terme, une baisse de 60 % de la population animale entre 1970 et 2014...

17 En mcironie, les cours d’eau peuvent être détruits et remplis de pesticides, Nestlé pompe comme il veut dans la nappe phréatique, etc.

18 Précisons aussi qu’un des premiers actes du micron en tant que président, dès juin 2017, a été de commander pour 4 ans de lacrymos d’un coup, pour 22 millions d’euros. Tout le stock a été épuisé cet hiver. Aujourd’hui, des citoyens suisses tentent de faire interdire l’exportation de ces armes de guerre en France car elles sont utilisées contre les citoyens, ce qui est interdit par les conventions de Genève (qui régissent les conflits armés).

19 Le terme de "réforme" qui est employé par la mcironie, et avant eux par le club sarkoléon, le club flamby, etc., est impropre : comme le rappelle la revue Frustration – que je recommande à tous-, le Larousse définit une réforme par "Changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, et visant à améliorer son fonctionnement".  Or, comme ces personnages successifs n’ont fait que réduire la qualité (et la quantité) des services publics, de l’aide sociale, des droits des citoyens/ travailleurs/ consommateurs /utilisateurs/ électeurs, il est plus adapté de parler de régressions que de "réformes". Encore un terme galvaudé par les politiques.

 

08 septembre 2019

Magouilles et corruption des élites - Partie 3 : recyclage des collabos dans la banque et l'industrie

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Dans les précédentes parties, nous avons vu que les milieux financiers avaient financé l'Allemagne Nazie, qu'après la guerre les mêmes Nazis ont été choyés par les Américains, et que lorsqu'ils ont mis en place les services secrets en Europe, les US en ont profité pour y recycler plein de nazis et collabos. Aujourd'hui, on va voir qu'il en a été de même dans les milieux économiques et politiques, le tout au nom d'une lutte contre contre le fantôme communiste, et pour gaver les élites grâce à l'ultra libéralisme, ce nazisme du XXIe siècle. 

Pour s'y retrouver, voici le plan: 

1. La 2e Guerre Mondiale, oeuvre du fascisme financier.

2. Le sabotage de la dénazification.

3. Recyclage des Nazis et Collabos dans les nouvelles structures: 

     1) Les services sercets

     2) La banque et l'industrie

     3) La politique et les syndicats

     4) L'enseignement supérieur

     5) Les médias et la culture

     6) La justice

 

1. La banque et l’industrie

Les banques

Une épuration limitée

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Si Allen Dulles s’est implanté en Suisse fin 1942 [1], ce n’est pas seulement en raison de la "neutralité" du pays. Le chef de l’OSS en Europe devait aussi veiller aux intérêts de ses amis de Wall Street, nombreux en Allemagne et dans les coffres des banques suisses. Dulles, avocat réputé de Wall Street, a été l’avocat de la Rotterdam Bank qui a financé les nazis, de la Standard Oil qui a permis aux nazis d’avoir du pétrole de bonne qualité, etc.

C’est en utilisant les réseaux de la grande Loge Suisse Alpina, dans laquelle on trouvait le gratin local, que Dulles a pu s’implanter durablement et jeter les bases des réseaux "stay-behind". On va y revenir plus tard.

Le système bancaire déjà bien opaque de la Suisse avait permis à Hitler d’y stocker et d’y blanchir une bonne partie de l’or volé aux Juifs comme aux pays qu’il avait pillés [2]. La Suisse a donc pu servir de caisse noire pour les opérations US menées en Europe et à travers le monde après-guerre. Ce n’est pas une nouveauté : les banques nichées dans les paradis fiscaux servent à blanchir de l’argent, à faire disparaître de l’argent obtenu illégalement, par exemple via certaines commissions ou rétro-commissions sur des ventes d’armes, etc. Au final, une partie sert à financer les partis politiques, et la boucle est bouclée.

On a vu que les banques avaient plus qu’à leur tour collaboré avec Hitler, et ainsi contribué à son effort de guerre. Après la guerre, les mêmes milieux financiers ont tout fait pour que l’Allemagne n’ait pas à payer les réparations qu’elle aurait dû verser aux pays qu’elle avait agressés et détruits, l’URSS en premier lieu. 

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"On savait que les banques américaines avaient continué à faire commerce avec les nazis pendant toute la guerre mais l’ouverture des archives concernant les activités de la Chase et Morgan à paris entre 1940 et 1945 révèle l’ampleur du cynisme de ces établissements bancaires. Morgan et Chase ne paieront aucune amende, leurs biens ne seront jamais séquestrés pour infractions aux lois et ordonnances réprimant le commerce avec l’ennemi. Il faut attendre près d’un demi-siècle pour que le dossier soit entrouvert", a expliqué Fabrizio Calvi dans un entretien de 2007 pour L’Action Littéraire.

Calvi évoque aussi le cas de la banque Worms, dont on a déjà parlé, et cite un rapport des services secrets US, l’OSS, datant de 1942, au sujet de cette banque Worms : "La firme bancaire et industrielle française Worms & Cie rassemble des hommes qui exercent un grand pouvoir au sein du gouvernement de Vichy, contrôlent nombre de ses postes vitaux et se servent de ce pouvoir pour protéger leurs propres intérêts commerciaux et collaborer pleinement avec les Allemands", peut-on lire dans le rapport, "Ce groupe dont les membres sont liés par les mêmes idées réactionnaires, par les liens du mariage et par des connexions industrielles communes, comporte des hommes associés de bien des manières aux milieux d’affaires américains et anglais. On peut s’attendre à ce que les membres de ce groupe cherchent leur propre protection en cas de victoire alliée ou allemande, et mettent leurs importantes relations internationales au service du vainqueur, quel qu’il soit. Ils œuvreront à une paix négociée impliquant une réorganisation de l’Europe sur des bases libérales et qui les laisserait jouir de leur autorité financière, industrielle et politique". C’est un des piliers du Bilderberg, René Pleven, un traitre à la Bretagne et ancien de l’Action Française, qui a permis la levée des sanctions US contre la banque dès 1946.

Après la guerre, et malgré un bref passage en prison de son patron, la banque Worms est revenue en première ligne. Elle était alors dirigée par son patron historique Hippolyte Worms, par Jacques Barnaud, ex membre du Comité des Forges, devenu ministre sous Pétain, mais blanchi à la Libération et ensuite engagé dans l’ "association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain", et par un certain Claude Maynial. Et elle a pu continuer ses petites affaires au cours du XXe siècle.

dénazification

En France, les travaux menés par l’historienne Annie Lacroix-Riz montrent que les banques s’en sont tirées à bon compte face aux comités d’épuration, puisqu’elles ont réussi à ne montrer, comme dans l’affaire Kerviel, que les documents qui les arrangeaient. Du coup, il y a eu peu de sanctions pour collaboration dans le milieu bancaire.

De plus, "avérée ou non, la collaboration n’a pas justifié un châtiment plus sévère", précise-t-elle.

Annie Lacroix-Riz mentionne les opérations financières des banques de dépôt visées par le Comité de Libération en mars 1945 :

  1. "Avoir fait partie de l’Association financière pour le Développement de l’Industrie en France et aux Colonies, organisme financier ayant pour objet la réalisation de projets industriels franco-allemands [3],
  2. Avoir avantagé les industriels travaillant à l’exécution des commandes allemandes de fournitures de guerre ou autres, par l’octroi d’avances ou cautions,
  3. Avoir facilité aux Allemands l’acquisition d’intérêts dans les entreprises françaises".

IG Farben offices in Frankfurt

Par ailleurs, les liens personnels des membres des conseils d’administration avec l’occupant ont été pointés, mais au final l’épuration des pontes du milieu bancaire a été, selon Annie Lacroix-Riz, "dérisoire". Outre un financement soutenu des entreprises qui fabriquaient pour l’Allemagne, les banques ont mené des opérations directement avec la Reichskredit Gesellschaft, la Dresdner Bank, ou IG Farben. BNP Paribas a apporté des crédits à 14 compagnies d’assurance allemandes en 1940. Et que ce soit BNP Paribas, Société Générale, Union parisienne ou le Crédit Lyonnais, tous étaient prêts à financer le développement d’IG Farben. Ils ont aussi créé des sociétés mixtes franco-allemandes, pour mieux profiter des flux d’argent. Enfin, ces banques ont largement contribué la revente des entreprises des juifs. Si l’on se demande où sont les limites au business, la réponse par l’histoire montre qu’il n’y en a pas.

Annie Lacroix-Riz cite le chef de l’administration militaire allemande sous l’Occupation, qui avait déclaré : "La collaboration industrielle franco-allemande s’est produite (…) par une interpénétration des capitaux". Et ces petits jeux ne se font qu’avec l’accompagnement des banques d’affaires (ou aujourd’hui des cabinets d’avocats). Du coup, ce ne sont pas seulement les patrons collabos qu’il aurait fallu viser, mais aussi les spéculateurs qui plaçaient leurs billes dans l’industrie nazie. Evidemment, cela n’a jamais eu lieu.

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Si l’épuration dans le milieu bancaire a été très limitée, le secteur a tout de même été largement nationalisé et repris en main après 1944. Un certain nombre de têtes ont chuté (les vieux patrons du Crédit Lyonnais, de la Société Générale, de la BNCI, de Paribas, du Crédit commercial de France notamment), mais les cadres dirigeants sont restés en place, et les n°2 sont devenus les n°1.

Farbizio Calvi, dans une interview au Monde en mai 2014, revient sur le parcours d’un certain George Doriot, l’inventeur du capital-risque (un système de financement des entreprises), émigré aux USA et naturalisé US en 1940: "il était l'agent de liaison de Vichy dans le milieu bancaire américain, et il a blanchi et fait disparaître l'argent des victimes de l'Holocauste via des montages complexes passant par des paradis fiscaux comme la Suisse ou le Panama. La banque qu'il représentait aux Etats-Unis, la banque Worms "aryanisée" a joué un rôle très important dans la collaboration avec les nazis, et nombre de ses cadres ont eu des postes importants dans le gouvernement de Vichy". 

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Parmi lesdits cadres, Pierre Laval le "1er ministre" des débuts de Vichy, qui recevait de l’argent via Doriot et une série de sociétés écrans dans des paradis fiscaux. Doriot était également capable de faire "disparaitre" le "pognon", toujours via les indispensables paradis fiscaux. Les US l’ont récupéré avant ou au début de la guerre, selon la version officielle. 

Mais, on a encore aujourd’hui peu d’éléments sur le comportement des banques françaises, et surtout des banquiers français pendant la guerre, même si la tendance générale, selon Annie Lacroix-Riz, est clairement à la collaboration., avec l'aryanisation et les profits liés à l‘économie de guerre.

Après la guerre, on a nationalisé quelques banques et puis on a considéré qu’en la matière le problème était réglé. Annie Lacroix-Riz souligne tout de même une certaine continuité des pratiques des banquiers pendant et après la guerre, notamment dans leurs liens avec l’industrie et les banques allemandes. D’ailleurs, un certain nombre de dirigeants de banques ont continué leur carrière après la guerre. Aucun d’entre eux n’a admis avoir participé activement aux spoliations, aucun n’a avoué avoir franchement profité de la guerre pour s’enrichir, et cela l’évidence. La banque d’Indochine, qui était très active sous Vichy, en a accueilli quelques-uns.

Comme l’expliquent les auteurs de "Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours", les dirigeants de la banque ont bénéficié d’une grande bienveillance à la Libération. Ils citent par exemple le cas de Paul Baudouin, polytechnicien entré à la Banque d’Indochine avant-guerre, devenu son président sous Vichy après un passage comme ministre sous Pétain et quelques autres activités vichystes, il a été un peu embêté à la Libération ( dégradation nationale et 5 ans de travaux forcés), mais sa peine a été vite commuée en 5 ans d’indignité nationale si bien qu’il a pu réintégrer la banque. Paul de Thomasson, viré de la Banque de Paris et des Pays-Bas pour avoir un peu trop profité de la présence des Nazis, il a été récupéré en 1950 à la Banque d’Indochine comme directeur général adjoint. En 1952 Thomasson a même droit à la légion d‘honneur. En 1950, Paul Baudouin a fait entrer dans la banque son ami René Bousquet, ex chef de la police de Vichy et maître d’œuvre de la rafle du "Vel d‘Hiv", rencontré en prison à la Libération.

 

Le cas de la Banque des Règlements Internationaux (BRI)

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La BRI, une banque "internationale", souvent appelée la "banque centrale des banques centrales", est un exemple frappant de cette collusion entre la finance et des nazis : créée en 1930 comme un corollaire du plan Young [4] destiné soi-disant à répartir les réparations que l’Allemagne était censée payer (ce qui ne fut jamais le cas, pas plus après la première qu’après la deuxième guerre), la BRI, basée en Suisse évidemment, a en réalité été une courroie de transmission essentielle de l’argent vers et depuis le 3 e Reich. Elle a fonctionné comme une chambre de compensation, pour garantir des transferts d’argents importants convertibles en or, système grâce auquel l’or volé par les nazis a pu être blanchi en Francs suisses après la guerre.

Avant la guerre, la BRI a permis de financer le réarmement de l’Allemagne à travers les plans Dawes et Young, puis a stocké l’or volé par les nazis dans ses coffres Suisses, de manière ce qu’ils échappent aux enquêtes internationales et US destinées à mettre la main sur ces milliards. Détail incroyable : les statuts de la BRI précisaient d’emblée que ses avoir ne pouvaient en aucun cas être saisis.

Cette banque a été créée sur l’idée des banquiers anglais et allemands principalement. Après avoir abandonné l’idée de gérer des réparations que personne dans les milieux financiers ne voulait voir l’Allemagne payer, les banquiers de la BRI ont décidé de conserver leur petit club, afin d’établir une plus fort coopération financière entre Etats, bien avant les débats autour de la création de l’Europe. C’est un businessman US, le gérant du plan Young, patron de General Electric et président du conseil d’administration de la City national Bank, Owen D. Young, qui a présidé le comité d’experts ayant lancé le processus de création de la BRI, en 1929.

2019-09-08 13_08_00-Wall Street et l'ascension de Hitler

L’objectif pour les US et les anglais était de faire en sorte que les pays détruits par l’Allemagne renoncent aux réparations de la Première Guerre (ils ont recommencé après la 2e), parce que les financiers et industriels US avaient placé beaucoup de billes dans l’économie allemande et qu’il était pour eux hors de question de menacer leurs profits. De fait, en 1932, les pays détruits par l’Allemagne avaient totalement et officiellement renoncé à tout Deutschmark de compensation. La BRI a ensuite servi de courroie de transmission entre les "investisseurs" US et l’Allemagne, pendant la période de réarmement.

On peut donc considérer que la BRI a été conçue pour favoriser l’économie allemande (et par-là même les intérêts de la grande finance), ce qu’elle n’a jamais cessé de faire. D’ailleurs, ce sont des allemands qui ont très rapidement eu la main sur la BRI.

Selon Mark Uzan, professeur à Berkeley en Californie, dans son article "J.P Morgan, au centre de la finance de l’entre-deux-guerres" dans La Revue d’économie financière, "Les partenaires de la maison Morgan se trouvent en première ligne à la fin de la décennie durant les négociations sur le Plan Young et sur la création de la Banque des Règlements Internationaux. Le Plan Young permit un afflux de monnaie vers l’Allemagne, après que le Comité des experts dirigé par Owen Young ait précisé les conditions de sa résolution. Le plan Young appela aussi à la création d’une banque qui devait distribuer le paiement des réparations, et être un forum pour la coopération entre banques centrales".

A la manœuvre pour créer la BRI, il y avait aussi Hjalmar Schacht, dont les parents avaient émigré aux Etats-Unis avant de retourner en Allemagne vers 1876, qui fut cadre de la Dresdner Bank et fondateur du parti libéral allemand avant de devenir gouverneur de la Reichsbank (la banque centrale allemande) en 1924. Puis il sera un des plus fervents soutiens d’Hitler, et son grand pourvoyeur de fonds dès le début des années 30, avant de devenir son ministre de l’économie en 1934, tout en étant à la BRI. Montagu Norman, patron de la Banque d’Angleterre, a également joué un rôle important dans la création de la BRI.

La BRI, conçue à la base pour aider l’Allemagne à développer son économie, est rapidement devenue l’instrument de la finance : dirigée par les Banques Centrales (qui ne sont que des groupements de banques privées), les mêmes banques centrales en sont aussi actionnaires[5] et disposent de droits de vote à l’Assemblée générale et au conseil d’administration. Voilà un gage d’indépendance, pour les banquiers… Le premier président de la BRI, Gates W. McGarrah, fut un ancien président de la Chase National Bank, qui appartient principalement à la famille Rockefeller, puis de la Réserve Fédérale (la banque centrale US, privée elle aussi). En 1924, il était aussi membre du Conseil Général de la Reichsbank alors dirigée par Schacht, en tant que directeur américain.

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Le directeur de la BRI pendant la guerre était Roger Auboin, nommé en 1938, poste qu’il a occupé pendant 20 ans. Il était aussi membre du conseil général de la Banque de France depuis 1937. Selon l’historien Christopher Simpson, Auboin et Thomas McKittrick, proche des capitalistes allemands, grand ami d'Allen Dulles et président de la BRI dans les années 40, travaillaient directement pour Allen Dulles, alors patron de l’OSS (future CIA) [6]

Aubouin était un fidèle défenseur du capital, appelant en 1939 les ouvriers à "travailler plus", réclamant un "assainissement financier" et une "déflation salariale" (= baisse des salaires, un vieux refrain). Il a tenu le même discours pendant et après la guerre, sans problème. Pour limiter l’inflation tout en préservant le capital, il recommandait en 1949 que l’on comprime les salaires. En effet, cela manque d’originalité, le patronat ayant toujours le même leitmotiv.

Plusieurs anciens hauts cadres de la Reichsbank sous Hitler ont aussi travaillé à la BRI pendant la guerre. A part Schacht, qui est resté à la BRI pendant la guerre, l’Allemagne avait un autre représentant au comité de direction, en la personne de Hermann Schmitz. Qui dirigeait aussi la firme chimique IG Farben, fabricante du Zyklon B. Il y avait aussi Emil Heinrich Meyer, de la Dresdner Bank, ou le baron Kurt Von Schröder de la JH Stein Bank de Cologne, qui a aussi beaucoup contribué au financement du parti Nazi dans les années 30 tout en dirigeant les filiales d’ITT en Allemagne, et il est devenu le financier numéro 1 de la Gestapo[7]. Tous étaient des fans d’Hitler.

En 1940, le président de la BRI était le banquier US Thomas McKittrick, agent de l’OSS proche d’Allen Dulles et fan d’Hitler, qui a permis le dépôt de l’or des Nazis, volé notamment aux Juifs pendant qu’il dirigeait la BRI. Jusqu’au déclenchement de la guerre, McKittrick a aussi permis à la BRI de servir de chambre de compensation pour les achats de l’Allemagne aux Etats-Unis, y compris de l’armement.

Après la guerre, la BRI s’est évidemment occupée de la répartition de l’aide du plan Marshall entre les Etats. 

Aujourd’hui, la BRI est censée réguler l’ensemble des banques centrales et assurer les transactions entre elles, c’est toujours un club privé (le comité de Bâle, créé par la BRI en 1974, un an après que Pompidou ait fait passer la fameuse "loi Rothschild" qui oblige l’Etat à emprunter sur les "Marchés") et ils continuent malgré la crise dont on ne sort pas à parler d’ "autorégulation" au lieu de contrôler les banques et les produits sur lesquels elles spéculent. La BRI regroupe 58 banques centrales et donne toujours son avis sur la politique monétaire mondiale, sur la spéculation, sur la régulation des banques (une chimère). Elle n’est responsable devant personne : ni les Etats, ni bien-sûr aucun citoyen, nulle part [8]. Ses dirigeants ne sont pas élus, et les seuls intérêts qui y sont représentés sont des intérêts financiers privés.

La BRI a servi, et sert encore, à gérer le petit monde des banques centrales soi-disant "indépendantes" des Etats (mais pas des intérêts financiers évidemment), pour des intérêts qui ne sont clairement pas ceux des citoyens comme l’ont parfaitement montré la crise financière devenue économique de 2006 qui n’en finit pas et l’absence totale de régulation des banques depuis ladite crise, grâce principalement au lobbying du comité de Bâle. On parle peu de la BRI mais elle concentre encore des milliards de dépôts des banques centrales : 221 milliards de dépôts en 2013, et plusieurs centaines de tonnes d’or.

 

En Allemagne, des nazis dans les banques

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En Allemagne, on a déjà parlé d’Hjalmar Schacht, le patron depuis 1923 de la Reichsbank, qui fut si proche d’Hitler. S’il a quand-même été jugé à Nuremberg, il a été acquitté en grande partie grâce à l’intervention des US. L’Allemagne l’a ensuite poursuivi et condamné à 8 ans de travaux forcés 1947, peine qui a été annulée dès 1948. Ensuite, Schacht a fondé sa propre banque et est devenu conseiller financier de pays du Maghreb.

En 1948 la Reichsbank a été transformée en Bank Deutscher Länder (BdL, la banque des Etats allemands), et le Deutschmark a remplacé le Reichsmark. La BdL était calquée sur le modèle de la banque centrale US et était rattachée au gouvernement militaire [9]. A partir de ce moment, l’Allemagne a connu une croissance impressionnante, et le stock de capital était supérieur en 1948 à celui de 1936. Le premier président de la BdL fut Wihelm Vocke, adepte de Hjalmer Schacht (il est même venu le défendre à Nuremberg même s’il n’a pas dirigé la Reichsbank pendant la guerre), et il a encore été nommé comme premier président de la Deutsche Bundesbank.

En 1949, un certain John McCloy, qui avait dirigé plusieurs banques appartenant au clan Rockefeller, comme la First National City Bank, la Chase Manhattan, ou encore la Fondation Rockefeller avant de passer par la Banque Mondiale, est devenu Gouverneur militaire et Haut-Commissaire en Allemagne, afin de diriger la lutte anti-communiste, mais aussi de réintégrer les nazis dans les structures gouvernementales, institutionnelles et militaires.

Des banquiers importants en Allemagne, comme Hermann Abs, patron de la Deutsche Bank, ou Robert Pferdmenges, banquier et député de la CDU (le parti démocrate-chrétien), ont pu régner sur la finance allemande d’après-guerre alors qu’ils ont été fermement nazis avant et pendant la guerre. Pferdmenges était même un ami intime, et donc conseiller, d’Adenauer [10].

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Le successeur de Vocke à la présidence de la Deutsche Bundesbank, Karl Blessing [11], avait activement travaillé pour le financement de l’effort de guerre nazi. Entré en 1920 à la Reichsbank où il est vite devenu l’assistant de Hjalmar Schacht (ce qui lui a permis de participer à des conférences internationales, comme celle de Young à Paris, ou celle qui a vu la création de la BRI à Bâle), Karl Blessing fut conseiller général du ministère de l’Economie de 1934 à 1937, année où il rejoint le NSDAP, le parti nazi. Il a supervisé les dons au parti, et est alors devenu membre de la direction de la Reichsbank.

Blessing, qui a toujours été un orthodoxe de la "stabilité monétaires" (c’est-à-dire contenir l’inflation en comprimant les salaires et en appliquant l’austérité budgétaire pour les pauvres), était aussi administrateur de deux sociétés chimico-pétrolières : l’une est devenue Unilever, et l’autre, Kontinental Oil AG, extrayait du pétrole dans les pays occupés par le Reich, pour l’armée allemande. Selon le Handelsblatt, "Après la guerre, le banquier central s’est présenté comme un membre de la résistance Nazie" (car oui en Allemagne, comme chez nous les Vichystes, les pires collabos osent ensuite se dire résistants), ce qui lui a permis d’éviter d’avoir des comptes à rendre et d‘éviter la purge de l’après-guerre. Grand donateur du NDSAP, il avait pourtant obtenu divers honneurs et décorations de celui-ci. On notera au passage que son petit-fils, Martin Blessing, banquier également, a été le PDG de la Commerzbank et dirige aujourd’hui UBS Suisse. On sait bien que c’est dans les vieux moules qu’on fait les meilleurs gâteaux.

Il y en a d’autres qui ont été tellement nazis qu’ils ont été vaguement condamnés à Nuremberg, comme Hermann Schhmitz, président du conseil d’administration d’IG Farben, qui a pris 4 ans. Après la guerre, il a continué à être administrateur d’entreprises et membre du conseil de surveillance d’une banque de Berlin et de la Deutsche Bank.

Si on a conservé le même casting, à peu de choses près, après la guerre, c’est probablement parce que les intérêts à défendre étaient les mêmes, et que la méthode pour le faire ne devait pas avoir beaucoup changé.

 

L’industrie

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Le 10 août 1944 à Strasbourg, des patrons de l’industrie allemande ont pris l’initiative de se rencontrer avec leurs partenaires de business US. Il s’agissait de préparer la transition, après avoir mené leurs affaires sans discontinuer depuis l’avant-guerre, et alors qu’une grande partie de la population aspirait à une société plus "démocratique". C’est Jacques Pauwels qui rapporte cette histoire dans "Big business avec Hitler" : "L’intention était que la sympathie et le propre intérêt des Américains les conduisent à passer l’éponge sur les péchés nazis des grandes entreprises et banques allemandes". John McCloy, le représentant US en Allemagne nommé en 1949, a contribué à faire sortir de prison plusieurs industriels et banquiers, où ils se trouvaient pour leurs crimes commis pendant la guerre, comme Hjalmar Schacht, Alfred Krupp, ou des dirigeants d’IG Farben.

En France, "Dès le mois d’avril 1945, les syndicats ouvriers se plaignent que les comités professionnels d’épuration, mis en place en octobre 1944, fonctionnent avec une lenteur désespérante’. Ils en démissionnent d’ailleurs en juillet 1947. Ils constatent, par exemple, qu’un seul grand patron de la sidérurgie française a dû renoncer à ses fonctions : Marcel Paul, dit Paul-Cavallier, le président de Pont-à-Mousson, anticommuniste et fasciné par le modèle fasciste", écrit Jean Garrigues dans "Les patrons et la politique : 150 ans de liaisons dangereuses".

Des branches entières, comme la sidérurgie ou le BTP, qui ont beaucoup contribué à l’effort de guerre de l’occupant, sont quasiment passée à travers l’épuration. Un seul, Marcel Paul-Cavallier, PDG des Hauts-Fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson, a été écarté définitivement pour son fort engagement dans la collaboration, mais il est mort en 1946 ce qui a l’empêché de participer aux amnisties qui ont suivi.

Idem pour la construction mécanique, l’industrie électrique, la métallurgie : "Les dirigeants des grands groupes de la construction électrique comme Thomson-Houston, la Compagnie générale d’électricité ou Alsthom ne sont pas non plus touchés. Dans l’industrie des métaux ferreux et non ferreux, rien ne change chez Alais Froges et Camargue (AFC-Pechiney) pourtant très impliqué dans les contrats de livraison de bauxite et d’aluminium à l’Allemagne: le vice-PDG d’AFC Raoul de Vitry se serait ainsi dans les derniers mois de l’Occupation suffisamment engagé en faveur de la Résistance pour ne pas être véritablement inquiété", résume Hervé Joly dans l’article "Mobilités patronales dans l’après-guerre et impact de l’épuration". La chimie est un peu plus touchée au niveau des dirigeants, mais pas des actionnaires évidemment.

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Dans le Maine-et-Loire, par exemple, une étude a montré que "53,4 % des établissements de plus de 100 salariés de l’industrie ou du bâtiment travaux publics (BTP) (soit 31 établissements sur 58) et 73,7 % de ceux comptant un effectif supérieur à 200 (soit 14 établissements sur 19) ont dû justifier leur attitude sous Vichy". Beaucoup de patrons ont été inquiétés pour les profits réalisés grâce aux Allemands, mais il est évident que beaucoup sont passés entre les gouttes, et que ceux qui ont été sanctionnés ont eu des peines à la lourdeur très limitée [12].

Dans le Nord, où les houllières ont accéléré les cadences au maximum pour répondre aux demandes de l’occupant, la Commission Interprofessionnelle d’épuration des entreprises a fait un bilan de son action fin mai 1945 : "elle avait examiné 800 dossiers sur les 1000 qui lui avaient été présentés, pris 600 décisions, 42 sanctions : 18 suspensions, 11 déplacements, 11 rétrogradations, 2 licenciements"[13].

Seuls les secteurs nationalisés ont senti de réels changements de personnels dirigeants, mais pour des raisons politiques en général.

L’épuration dans le domaine économique a donc été minimaliste, particulièrement en France. En 2007, un article scientifique d’Hervé Joly intitulé « Un grand patronat français peu renouvelé à la Libération » revient sur cette question.

2019-09-08 13_55_18-Georges Villiers, Président du Conseil Narional du Patronat CNPF,

En 1946 le CNPF, le Conseil National du patronat Français, est créé (c’est le Medef aujourd’hui). Si on met à sa tête un petit patron à qui on a pu mettre l’étiquette de "résistant" bien qu’il ait été nommé maire de Lyon par Pétain, autour de lui plusieurs collaborateurs et membres de l’extrême droite dirigeaient le syndicat patronal.

Comme Pierre de La Lande de Calan, ex directeur de cabinet du ministre de la production industrielle de Vichy qui est vice-président du CNPF, Pierre Ricard ou André Boutemy [14]. Le rôle de cet ancien patron des RG sous Vichy auprès de son ami Georges Villiers était la lutte contre les communistes et le financement des candidats politiques qui convenaient aux patrons. Le tout, sous couverture d’un « Centre d’études administratives et économiques » installé dans les locaux du CNPF rue de Penthièvre, créé dès 1945 afin de "centraliser le financement patronal, dispersé à la Libération en plusieurs structures concurrentes[15].

Autour de lui, Boutemy, le "porteur de valises du patronat", recrute d’autres vichystes comme les préfets Henry Cado qui était très proche de Bousquet et a dirigé la Sûreté sous Vichy, et André-Paul Sadon, qui distribuaient l’argent à tous les politiques non communistes [16]. Selon l’historienne Georgette Elgey, dont les travaux sont cités par Jean Garrigues, "l’équipe Boutemy aurait dépensé entre cinq et six milliards de francs de 1946 à 1952, dont un milliard pour la seule élection de 1951, à l’issue de laquelle on fait circuler à l’Assemblée une liste de 160 députés « chéquards ». « Il est exact que j’ai distribué beaucoup d’argent. Je ne me souviens plus de qui je le tenais, mais je me souviens fort bien à qui je l’ai donné », dira-t-il en février 1953, en guise de menace pour ceux qui lui voudraient du mal".

Les différents groupuscules ou partis politiques (tous anti communistes) faisaient parfois carrément leurs demandes écrites de financement auprès du CNPF et de Boutemy. Cela, au nom de la lutte contre les communistes, bien-sûr.

Citons rapidement quelques cas assez emblématiques bien que trop peu connus de dirigeants d’industries qui ont activement soutenu Hitler, puis collaboré durant la guerre, avant de se revenir très rapidement dans le business.

  • la cagoule procèsFrançois Lehideux : ce membre de la synarchie, membre de la Cagoule (qui a entre autres tenté un coup d’Etat en 1937), dirigeant de la banque Worms, neveu de Louis Renault grand fan d’Hitler, a sous Vichy été secrétaire d’Etat à la production industrielle, et a été selon les sources d’Annie Lacroix-Riz activement protégé par les US, qui ont tout fait pour lui éviter des sanctions à la Libération. Elle explique notamment que Lehideux "fut investi officieusement par les Américains dès l’été 1944 des fonctions de conseiller économique pour la reconstruction française. Il ne put échapper à un séjour à Fresnes, que les incessantes pressions américaines réduisirent cependant à seize mois, après quoi il poursuivit à partir de 1950 sa brillante carrière dans l’industrie automobile : à la tête de la filiale française de la firme américaine Ford, il fit triompher les méthodes de guerre de classe qui avaient assuré sa promotion politique avant-guerre".

  • Eugène Schueller, le patron de l’Oréal, a quant à lui financé et dirigé la Cagoule, interdite en 1937 après quelques attentats. En 1941, avec Deloncle, il met en place une Légion des Volontaires Français (LVF, sous-traitante des Waffen-SS), pour aider Hitler sur le Front de l’Est. Il a bien-sûr continué ses activités après-guerre, et employé parmi les dirigeants d’ancien Collabos comme Jacques Corrèze, condamné à 10 ans de travaux forcés en 1948, recruté chez l’Oréal en 1950, puis amnistié en 1959 et même réhabilité en 1966 [17]. Grâce à divers témoignages (notamment de la part de Mitterrand ou de son futur gendre André Bettancourt) et parce qu’il avait penché du côté de Gaulle après la défaite des Nazis, Schueller a échappé à toute condamnation à la Libération et a même reçu la croix de Guerre ainsi que la Légion d‘Honneur ! Il faut dire que dès 1945, Schueller a embauché Mitterrand à l’Oréal (comme moult anciens cagoulards comme Filliol, Jacques Corrèze, Jean Leguay…) et comme PDG des éditions du Rond-Point qui dépendaient de l’Oréal (et directeur du magazine Votre beauté).
  • Henry Vuitton : le frère aîné du patron de la maison Vuitton a bénéficié de faveurs du gouvernement de Vichy, en même temps que les affaires de la maison Vuitton dirigée par Gaston florissaient. En 1942 il a reçu la francisque, la plus haute décoration du régime, et prête serment de fidélité au Maréchal. Il est également très ami avec des officiers vichystes et de la gestapo. C’est grâce à lui que l’entreprise familiale a pu fournir Vichy en "goodies" et autres objets de propagande fasciste comme, par exemple, les 2500 bustes de Pétain. L’entreprise a même été la seule à rester à l’hôtel du parc à Vichy, qui était l’Elysée de Pétain. Henry s’est fait discret après la libération, et Vuitton a, comme on le sait, continué le business. L’affaire est peu connue, et pour cause : en 2011 le magazine Géo Histoire a bloqué un article sur le sujet, probablement par peur de perdre des recettes publicitaires.
  • 2019-09-08 14_11_34-Les frères Lumière ont-ils collaboré pendant l'Occupation _ - OperaAuguste et Louis Lumière : on connaît les frères Auguste et Louis Lumière, qui ont "inventé" le cinéma à Lyon. Deux icônes locales, encore aujourd’hui, dont les portraits ornent des murs entiers de la ville. En 1941, pourtant, Auguste, proche du Parti populaire Français de Doriot, siégeait au conseil municipal de Lyon, mis en place par le régime de Vichy. Louis lumière s’est engagé en faveur de Mussolini dans les années 30. En novembre 1940, Louis écrit dans un canard vichyste local : "Ce serait une grande faute de refuser le régime de collaboration dont le maréchal Pétain a parlé dans ses admirables messages. Auguste Lumière, mon frère, dans des pages où il exalte le prestige incomparable, le courage indompté, l'ardeur juvénile du Maréchal Pétain et son sens des réalités qui doivent sauver la patrie, a écrit : "Pour que l'ère tant désirée de concorde européenne survienne, il faut évidemment, que les conditions imposées par le vainqueur ne laissent pas un ferment d'hostilité irréductible contre lui. Mais nul ne saurait mieux atteindre ce but que notre admirable Chef d'État, aidé par Pierre Laval qui nous a donné déjà tant de preuves de sa clairvoyance, de son habileté et de son dévouement aux vrais intérêts du pays." Je partage cette manière de voir. Je fais entièrement mienne cette déclaration". L’entreprise a perduré après la guerre, sans aucune difficulté.

  • Marius Berliet : encore très connue à Lyon, la famille Berliet a commencé dans le textile, puis a continué dans l’automobile. Les usines ont été placées sous séquestre à la Libération, Marius Berliet et ses deux fils, Paul et Jean, ont été arrêtés et "frappés d’indignité nationale à vie", avant que le jugement ne soit cassé par le Conseil d’Etat. Au procès, il a été reproché à Berliet d’avoir livré jusqu’à 899 camions aux Allemands en 1943, d’avoir envoyé des équipes d’ouvriers en Allemagne, d’avoir été très proche de Jacques Doriot le leader du parti populaire Français (ultra collaborationniste) dont il avait employé certains membres, et d’avoir livré un de ses ouvriers à la Gestapo (ce qui a été confirmé) [18]. La famille a récupéré l’entreprise en 1939, puis l’a revendue dans les années 70. On notera qu’une fille de Paul Berliet s’est mariée avec un fils de la famille Mérieux (Sanofi, Biomérieux…), et pour l’anecdote leur enfant Christophe a été enlevé en décembre 1975, à l’âge de 9 ans, par des membres du gang des lyonnais, qui le rendent contre 20 millions de F [19], dont une grande partie se sont évaporés.
  • fritz-schlumpf-ef66af60-8719-4cf8-9f51-49bf3140543-resize-750Fritz Schlumpf : dans les années 30, lui et son frère étaient parmi les plus puissants financiers français. Et ils aimaient beaucoup les idées d’Hitler. Dans son usine textile près de Mulhouse, Schlumpf "exécutait avec zèle le salut nazi dans son entreprise et crut de bonne politique de télégraphier ses félicitations à Hitler après l'attentat manqué de juillet 1944", rapporte L’Express en novembre 1995. Il n’a jamais été inquiété après la guerre. En plus de leur empire dans le textile, lui et son frère ont mis des billes dans le vin et dans l’immobilier. Quand vint la crise du textile, les Schlumpf ont été séquestrés 3 jours dans leur villa à l’occasion d’un conflit social. Lors de la faillite d’une de ses usines, les syndicats avaient demandé la revente de sa collection de voitures anciennes.

  • Gaston Gallimard : si un certain nombre d’éditeurs français franchement collabos, prompts à "aryaniser" leurs catalogues et à profiter de la spoliation des maisons d’éditions appartenant à des juifs (Calmann-Lévy, Offenstadt…), ont eu quelques ennuis à la Libération, Gaston Gallimard s’en est tiré à bon compte. Pendant la guerre le nazi Drieu La Rochelle a dirigé les éditions NRF (créées par Gallimard)[20] et poursuivi grâce au soutien d’Otto Abetz, ambassadeur allemand en France, la publication de La Nouvelle Revue Française. Gaston Gallimard dînait aussi avec des officiers allemands. Il a eu la chance d’être soutenu par des écrivains proches de la résistance et / ou de la gauche, ce qui lui permet d’éviter de rendre des comptes et de racheter d’autres maisons d’éditions.

Au-delà des patrons collaborationnistes, de nombreuses entreprises qui ont largement contribué à l’effort de guerre Allemand et se ont enrichies pendant la guerre (et leurs actionnaires avec), parfois grâce au travail des prisonniers dans les camps, existent toujours et sont même devenues des multinationales importantes. En Allemagne on peut citer la Deutsche Bank bien-sûr, mais aussi IG Farben qui a continué ses activités jusqu’en 2003 malgré un démembrement en quatre entités que sont BASF, Bayer (récemment fusionné avec Monsanto, et qui achetait des "lots" de femmes prisonnières à Auschwitz), Hoechst et Agfa. Il y a aussi Mercedes, Audi, Volkswagen, Adidas, Hugo Boss, Bosch…

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Récemment, c’est le multimilliardaire patron d’Ikea, qui a été épinglé pour son passé nazi. Apparemment, on ne savait pas encore tout, 70 ans après la guerre.

Mais on peut s’interroger : ces gens ont-ils pu renier leurs valeurs fascistes et/ou nazies d’un coup après la guerre ?

Ou est-ce que vieux délire, cette antienne du "arbeit macht frei", "le travail rend libre", est toujours d’actualité ?

Les nazis n’ont plus d’uniformes, ils ont des costumes de banquiers, de politiciens ultralibéraux. Comme sarkoléon pour qui "Le travail c'est la liberté" [21], ou le micron qui veut nous "libérer par le travail", ils sont prêts à réduire les peuples en esclavage pour une place en haut de la hiérarchie.



[1] Son arrivée a été mentionnée en grande pompe dans la presse locale, en tant que « représentant personnel du président Roosevelt ». Il venait en fait sous l’étiquette de l’OSS, devenue ensuite la CIA. Les Nazis avaient placé des agents parmi son personnel de maison, et ses conversations téléphoniques étaient interceptées par els services Suisses.

[2] Un rapport du Congrès Juif mondial a annoncé en 1997 que 85% de l’or des nazis, dont une partie provenait des spoliations des biens des Juifs, avaient été blanchis en Suisse avant de transiter vers d’autres pays. En gros, les banques suisses ont fonctionné comme un paradis fiscal dédié aux Nazis. Les chiffres annoncés semblent cependant assez bas : "Sur les 8,5 milliards de dollars en or, au cours actuel, pillé aux banques centrales des pays occupés et aux juifs d'Europe, 5,2 milliards auraient été «lavés» en Suisse", rapportait Libération le 8 octobre 1997.

[3] On revient d’ailleurs là sur ce très vieux débat de la séparation des banques d’affaires, qui peuvent investir dans la bourse, spéculer etc., et des banques de dépôt qui reçoivent l’épargne et sont censées prêter aux particuliers et aux entreprises. La bonne gestion nécessite une séparation des deux, d’ailleurs la crise de 2006 l’a encore montré. Mais les milieux financiers veulent profiter de l’argent sûr et frais des épargnants pour spéculer (et perdre, mais comme ils sont alors « too big to fail », trop gros pour tomber, eh bien ces établissements sont renfloués avec l’argent des contribuables. Bref, en 1945, la loi de nationalisation a séparé les banques de dépôt et d’affaires.

[4] Le plan Young était un prêt américain aux pays européens touchés par la crise. La BRI a été créée, nous a-t-on dit, pour gérer la distribution des fonds aux pays qui remplissaient bien les critères imposés par Washington. Et pour distribuer les réparations Allemandes, mais l’Allemagne n’a jamais payé.

[5] A l’origine cependant, la Réserve fédérale US n’a pas été actionnaire, mais 3 banques US l’étaient, avec 16.000 actions chacune : JP Morgan, First National Bank of New York et First National Bank of Chicago. A l’origine il y avait aussi les banques centrales anglaise, belge, française, italienne et allemande. Le capital était de 500 millions de France Suisses, répartis en 200.000 actions.

[6] Selon Christopher Simpson dans son livre « The Splendid Blond Beast: Money, Law, and Genocide in the Twentieth Century », McKittrick était référencé dans les carnets de Dulles à l’oSS sous le numéro 644 et donnait régulièrement des informations ainsi que divers services pour la station de l’OSS à Berne, où était justement nommé Allen Dulles comme chef de station. Roger Auboin, lui, possédait le numéro 651 avec le nom de code « General Manager B ».

[7] Marié à une fille de banquier, Von Schröder est passé de l’armée, qu’il a quittée après la 1ère guerre, aux affaires. Il est vite devenu membre de plusieurs conseils d’administration et dirigeant de la banque JH Stein de Cologne, une de ces banques régionales puissantes en Allemagne, qui finançait l’industrie de la Ruhr. Très proche d’Himmler, membre du parti nazi et de la Gestapo, Von Schröder s’est est tiré au procès de Nuremberg avec une peine dérisoire, qu’il a réussi à minimiser quelques années plus tard.

[8] Dans les statuts de la BRI, il est par exemple précisé que "Les biens et avoirs de la Banque, où qu’ils se trouvent et quels qu’en soient les détenteurs, bénéficient de l’immunité d’exécution (notamment à l’égard de toute mesure de saisie, séquestre, blocage ou d’autres mesures d’exécution forcée ou de sûreté) (…) ;

3) Les dépôts confiés à la Banque, toute créance sur la Banque, ainsi que les actions émises par la Banque, où qu’ils se trouvent et quels qu’en soient les détenteurs, ne pourront faire l’objet, sauf accord exprès préalable de la Banque, d’aucune mesure d’exécution (notamment de saisie, séquestre, blocage ou autres mesures d’exécution forcée ou de sûreté)".

[9] La Deutsche Bundesbank n’a été créée qu’en 1957.

[10] Annie Lacroix-Riz, "Aux origines du carcan européen".

[11] Blessing a occupé le poste de 1958 à 1969.

[12] Selon Marc Bergère dans l’article "Introduction pour une épuration économique à géométrie variable", toujours dans le Maine-et-Loire, "Toutes procédures confondues, on constate que 94 chefs ou dirigeants d’entreprises (de taille très modeste le plus souvent, il est vrai) ont été inquiétés et/ou sanctionnés par une instance d’épuration, soit 4,7 % du patronat local. C’est à la fois peu, – notamment au regard d’un niveau de sanction modéré – pour crier à l’épuration de classe, et trop, pour affirmer qu’ils ont échappé à l’épuration, en particulier au regard de l’impact comparé de l’épuration sur les autres corps sociaux".

[13] Cf. Article de Daniel Laurent, "Sur l'épuration dans le Nord et le Pas-de-Calais" paru en 1975 dans la Revue du Nord.

[14] Nommé sous-préfet de Thonon-les-Bains en octobre 1940, il est devenu directeur des Renseignements Généraux de Vichy en 1941. Il a ensuite été préfet de la Loire en 1943 puis préfet régional de Lyon en 1944. Il a fait un petit tour à Fresnes à la Libération, et malgré quelques ennuis il est blanchi en 1950, et rejoint le CNPF. La consécration survient en 1953 quand il est nommé ministre de la santé publique, jusqu’à ce que les communistes de l’alignent pour ses actes anti résistance pendant la guerre.

[15] Cf. « André Boutemy, une éminence grise de la IVe République » de Jean Garrigues.

[16] Jean Garrigues cite par exemple "ce « plan d’action politique » élaboré par les « Jeunesses radicales, les radicaux socialistes anti-marxistes, les socialistes paul-fauristes, des éléments de l’Alliance démocratique, et des représentants de la cgt », afin d’instaurer un « régime républicain (libéral) » et de « lutter contre le communisme », et présentant à Boutemy un devis détaillé : « 3 millions pour l’organisation du référendum (de mai 1946) et 100 000 francs pour les élections (de juin 1946), 250 000 francs pour les tournées de propagande, etc."

[17] Corrèze, qui a été l’un des dirigeants de la Cagoule qu’il a rejointe en 1936 à 24 ans, a contribué à des spoliations des biens des Juifs pendant la guerre, est mort en 1991, juste après l’ouverture d’une enquête par les Etats-Unis, où il vivait et travaillait pour l’Oréal, sur ses activités pro- Nazies durant la guerre, une semaine après son départ des Etats-Unis et sa démission d’une filiale de l’Oréal.

[18] "Histoire secrète du patronat français", p. 39.

[19] Lors du procès en 1981, l’un des responsables du rapt, Louis Guillaud a déclaré que selon lui, une partie de l’argent devait financer le parti de droite au pouvoir jusqu’en mai 1981.

[20] Ce qui a permis d’éviter à Gallimard d’être gérée par un administrateur allemand.

[21] Discours d’investiture à la tête de l’UMP en janvier 2007.

 

 

Magouilles et corruption des élites - Partie 1 : La 2e Guerre Mondiale, œuvre du fascisme financier - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

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Magouilles et corruption des élites - Partie 2: Le sabotage de la dénazification - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

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Magouilles et corruption des élites - Partie 3 : Recyclage des Nazis et Collabos dans les nouvelles structures (1) - donde vamos

Après avoir vu comment les Nazis ont été aidés par la finance et l'industrie des pays de l'Ouest, et comment on a soigneusement évité de réprimer les Nazis et collabos après la guerre, nous allons voir comment ces Nazis et Collabos ont été recyclés dans les nouvelles structures de l'Etat d'après-guerre.

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13 août 2019

Affaire Epstein - Partie 2 : Un pervers au cœur des réseaux de pouvoir

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Epstein est mort alors qu’il aurait dû être surveillé, et aujourd’hui on ne sait pas si ses complices, ou les clients des filles mineures qu’il prostituait, seront un jour inculpés. Cela n’en prend pas le chemin, mais en tout cas, du tréfonds de leurs vacances, schiappa et taquet, les pieds nickelés de la protection de l’enfance, nous ont sorti un communiqué de presse pour demander "l’ouverture d’une enquête" sur les activités d’Epstein en France [1]. Et les médias français semblent découvrir cette affaire qui dure depuis 10 ans. Grand moment.

 

Cette agitation de shciappa et tacquet est étonnante, car Epstein a forcément des connexions importantes chez nous, pour atterrir et décoller comme il le voulait avec des mineures étrangères. On va y revenir, mais en tout cas ce serait bien la première fois que les politiques cherchent à faire la lumière sur un réseau pédocriminel (n’en déplaise à Castelnaud, grand ami de Bensussan et marié à l’avocate Florence rault qui défend les accusés de pédocriminalité).

Certains doivent être un peu inquiets, dans notre pédoland, mais pas trop car ils savent bien qu’ici, officiellement, les réseaux pédocriminels n’existeront jamais.

On a vu qui était Epstein, son parcours surprenant dans le monde de la finance, on va aborder plus en détail ses différentes activités. La fortune d’Epstein a toujours posé question aux observateurs. Il semblait riche à millions, sans qu’on sache bien d’où provenait cette fortune.

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Epstein avait plusieurs propriétés et deux avions, un Boeing et un jet, ainsi qu’un hélicoptère, qui voyageaient beaucoup, et avec beaucoup de monde. Clinton, par exemple, a fait une vingtaine de voyages avec lui, notamment jusqu’à Hong-Kong, Singapour, la Thaïlande et Brunei [2], ou encore vers une base navale US au Japon où l’avion est resté deux jours [3]. Dans ses avions, Epstein pouvait transporter des mineures et leur faire passer des frontières sans la moindre difficulté, y compris en France.

Son argent lui a servi à financer des campagnes électorales : on a ainsi appris tout récemment que certains d’entre eux avaient reversé l’argent à des associations, comme Stacey Plaskett, députée démocrate des Iles Vierges qui a reçu de l’argent pendant plusieurs années, le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, ou Bill Richardson du Nouveau Mexique, accusé par l’une des victimes d’avoir profité de son exploitation sexuelle.

De 1980 à 2003, la presse US a calculé qu’Epstein aurait donné au moins 139.000$ à des démocrates, dont Clinton. Ce qui semble assez peu vu les sommes révélées récemment. Virginia Roberts, dans ses déclarations, a affirmé qu’Epstein et Maxwell l’ont envoyée très rapidement faire des "massages" à divers politiques, comme Bill Richardson, George Mitchell, ou encore Stephen Kaufman, un autre démocrate. Du coup, ils étaient tous redevables à Epstein. Et les filles étaient aussi envoyées chez des financiers, des patrons de multinationales, des avocats, des acteurs et autres VIP…

Et puis, il a cette ile, aux Iles Vierges, achetée en 1998. Epstein y a même construit un mini temple aux couleurs d’Israël, orné de deux chouettes dorées, dans laquelle il semble qu’il y ait des tunnels. Le FBI y a fait une petite excursion le 12 août.

 

Les connexions

Finance

Ehud Barak devant chez Epstein en 2016

Epstein, dont la justice estime aujourd’hui la fortune à environ 560 millions de dollars (dont 56 en cash), commence donc dans la finance chez Bear Stearns, où il rencontre un tas de businessmans, de banquiers, de politiques et de gens aussi riches qu’influents. Sa fortune a très vite suscité diverses interrogations, car il ne déclare presqu’aucune activité de ses sociétés.

Au sujet de son passage à Bear Stearns, disons qu’il lui a permis de se faire un carnet d’adresses et pas mal d’argent, avant de se faire virer. Selon une procédure qu’il a lancée contre la banque, Epstein détenait environ 176.000 actions de Bear Stearns, pour près de 18 millions de dollars, en août 2007. 

Quand la crise de la banque a commencé en 2007, le cours de l’action s’est effondré mais il a quand-même réussi à en revendre un paquet avant que la banque dévisse  : ce mois-là il a vendu 56.000 actions à 101 $ (elles étaient à près de 160 $ fin avril 2007), puis 120.000 autres en mars 2008 quand la banque a coulé, mais avec de grosses pertes (il a revendu 20.000 actions à 35$ et le reste à 3$). Il aurait aussi perdu 50 millions dans un fonds spéculatif appartenant à Bear Stearns.

Après avoir été viré de Bear Stearns, Epstein lance en 1981 J. Epstein & Co, un fonds de placements qu’il gère pendant quinze ans. C’est à cette époque qu’il se rapproche de Larry Summers, alors président d’Harvard, une université à laquelle Epstein fera de nombreux dons, qui deviendra secrétaire au Trésor de Clinton et conseiller d’Obama. C’’est là aussi qu’il rencontre Alan Dershowitz, ami et fan de Trump[4] qui deviendra son avocat, Leslie Wexner et aussi tout un tas de scientifiques.

 

L’argent de Wexner

wexner

Selon certains, une partie de l’argent d’Epstein vient de Wexner, mais leurs relations d’affaires rentent assez mystérieuses. Dans les années 80, Epstein officie pour Wexner en tant que conseiller financier, et devient en 1991 son chargé de pouvoir [5] dans sa boîte historique, L Brands Inc. mais il est probable qu’il le conseillait surtout sur les moyens d’évasion fiscale [6]. Et certaines mauvaises langues disent que Wexner était le seul client de J Epstein & Co

Autour de 1995, Epstein a aussi été directeur de deux fondations appartenant à Wexner : la Wexner Foundation, qui vise à renforcer la communauté juive et ses leaders, et sa filiale la Wexner Heritage Foundation. Il a aussi été président de la Wexner’s NA Property Inc., une société qui était sur le marché du développement d’une ville près de Colombus.

Wexner affirme aujourd’hui qu’il a coupé les ponts avec son ancien ami depuis ses ennuis judiciaires. Ce qui est étonnant car à ce moment, personne ou presque ne lui a tourné le dos. Et puis, en 2008 Epstein donné 46 millions de dollars à un fonds de charité tenu par la femme de Wexner, tandis qu’en 2011 c’est une maison de Manhattan appartenant à Wexner qui a été transférée à Epstein par un circuit financier offshore [7]. Wexner lui aurait aussi filé son Boeing 727.

Et début août Wexner s’est réveillé d’un coup[8], accusant publiquement Jeffrey Epstein de lui avoir piqué plein de fric (il parle de plus de 46 millions de dollars, mais on est a priori encore loin du compte).

 

Pyramide de Ponzi à 450 millions de dollars

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A la fin des années 80 et jusqu’en 1993, une magnifique fraude s’est déroulée avec Epstein comme protagoniste de premier plan. Ladite fraude a vu la condamnation en 1997 à 20 ans de prison de Steven Hoffenberg, le patron de Towers Financial Corp.. Mais bizarrement Epstein est passé à travers[9] cette procédure.

Du fond de sa prison, Hoffenberg dénonce depuis 2013 son ancien bras droit, Epstein, avec qui il travaillait au quotidien dans les années 80, et l’accuse d’avoir pleinement participé à la pyramide de Ponzi[10] en question. D’ailleurs, il pense qu’une partie des millions d’Epstein viennent de là, ce qui est très probable : 200.000 personnes avaient été touchées, pour plus de 500 millions de dollars.

Hoffenberg déclare que l’argent serait parti dans un fonds créé par Epstein aux Iles Vierges en 1996, le Financial Trust Company. Il a déposé plusieurs plaintes, de même que les victimes, contre Epstein, en vain[11].

Ce qui est certain, c’est qu’une multitude de sociétés écrans (off-shore, qui sont basées dans des paradis fiscaux, des LLC notamment [12]) ont été créées par Epstein –comme l’ont montré les Paradise Papers. Or il est connu que ces sociétés servent quasi exclusivement à frauder et blanchir de l’argent sale. En tant que bon gestionnaire de fortune, Epstein conseillait à ses clients sur les meilleurs chemins de l’évasion fiscale, et probablement que certains de ses secrets se trouvent aussi de ce côté-là.

Jusqu’en 2013, la banque privilégiée d’Epstein était, nous dit-on, JP Morgan. Puis il s’est rabattu sur la Deutsche Bank qui a eu la bonne idée de ne s’interroger qu’en 2018 sur ses différents comptes. Ce qui lui a permis de réaliser de nombreuses transactions, signalées –à contrecœur- aux autorités de régulation pour suspicion de fraude. Epstein aurait ainsi transféré des millons de dollars issus de douzaines de et vers différents comptes via la Deutsche Bank.

L’argent d’Epstein n’est pas que le sien : il joue aussi avec celui des investisseurs dont il gère les actifs. Il y a aussi, très probablement, des détournements d’argent, dont ces pyramides de Ponzi, pourtant très faciles à détecter.

Et puis il y a tout son business offshore, tous ses investissements dans des start-up technologiques.

A cette époque, les affaires d’Epstein sont florissantes. Un article paru en 2002 dans un magazine New Yorkais relate les propos d’un financier de la place de New York à propos d’Epstein : "Il m’a dit une fois qu’il avait 300 personnes qui travaillaient pour lui, et j’ai aussi entendu qu’il gérait l’argent de Rockefeller".

 

Apollo

2019-08-13 12_36_52-Leon Black Plays Down Ties to Jeffrey Epstein but Is Silent on 2011 Deal - The N

Epstein était également proche jusque très récemment des dirigeants d’Apollo Global Management, un des plus gros fonds d’investissements et gestion d’actifs (qui gère notamment les 5 milliards de retraite de fonctionnaires Californiens), en particulier de son patron et co-fondateur Leon Black qu’il connait depuis les années 90. Epstein venait lui rendre visite dans les bureaux pour parler stratégie fiscale avec les dirigeants.

Les liens entre Epstein et Apollo étaient plus étroits que les déclarations des uns et des autres ne le laissent penser aujourd’hui. En 2015, Black a envoyé le co-fondateur d’Apollo Marc Rowan à une réunion au domicile d’Epstein à Manhattan, avec des représentantes du groupe Edmond De Rothschild (Ariane De Rothschild et Cynthia Tobiano), pour discuter d’un rapprochement commercial des deux entreprises.

Par ailleurs, depuis au moins 2001 et jusqu’en 2012, Epstein était directeur de la Leon Black Family Foundation. Mais Black et la fondation disent qu’en fait il est parti en 2007 et qu’il s’agit d’une erreur.

En 2015, Black et Epstein faisaient toujours affaire ensemble : BV70 LLC (une fondation de charité déguisée sous un trust, contrôlée par Black) a reçu 10 millions de dollars de la fondation Epstein, Gratitude Amercia.

Epstein a aussi investi en 2011 dans Environmental Solutions Worldwide (ESW), qui créé des produits de contrôle des émissions, avec plusieurs personnes proches de Leon Black, donts ses quatre enfants. Des directeurs exécutifs d’Apollo son aussi au conseil d’administration de cette société.

ESW a eu quelques ennuis, notamment en 2002 quand la SEC suspectait son président d’alors, Bengt Odner, d’avoir participé au détournement de 15 millions des fonds de l’entreprise [13]. En 2011, ESW qui a déclaré un chiffre d’affaires de 12 millions de dollars à peine, a aussi déclaré 9 millions de pertes. A partir de 2015 plus aucun bilan n’a été publié.

 

Les fondations

2019-08-06 17_58_59-Home - Wexner Foundation - Opera

Sur l’aspect financier des magouilles d’Epstein, il faut aussi mentionner ses fondations, en plus de celles qu’il a gérées, notamment pour Wexner ou Black. On peut parler d’un petit empire de la philanthropie, ce truc indispensable aux riches pour compléter leur panoplie de VIP. Difficile de dire combien il en possède, puisqu’elles sont hébergées aux Iles Vierges et fonctionnent comme des sociétés offshore lambda. L’argent est distribué de tous les côtés : à des programmes de recherche, à des associations, à des fondations appartenant à ses copains, et on ne sait où.

Il y a la maison mère, la Jeffrey Epstein VI Foundation créée en 2000 aux Iles Vierges. Il y a aussi Enhanced Education crée en 2002 et Gratitude America Ltd, créée en 2012, les deux aux Iles Vierges. L’objectif de Gratitude America [14] est de financer des "organisations dans le monde qui cherchent à célébrer les Etats-Unis d’Amérique et les Idéaux Américains" (sic.).

En 2016 et 2017 elle a financé une école orthodoxe juive huppée de filles à Manhattan, un programme de tennis pour les jeunes, une crèche d’Harlem, une association de lutte contre le cancer, la troupe de théâtre d’Harvard, à la Kuhl Foundation, au MIT et d’autres programmes divers et variés. En 2016 et 2017, Gratitude America a aussi donné 100.000 et 50.000$ à la Bruce and Marsha Moskowitz Foundation, appartenant à un proche de Trump qui interfère dans la politique nationale et qui figure aussi dans le carnet d’adresses d’Epstein.

A un moment, il a aussi eu la C.O.U.Q. Foundation, qui a existé de 1999 à 2012 et a donné 25.000$ à la fondation des Clinton, la J. Epstein Virgin Islands Foundation, ou encore Epstein Interests active de 1992 à 2013, gérées par les mêmes personnes qui changent de rôle de temps en temps, et dont les fonds se déplacent d’une structure à l’autre. Une partie de l’argent finissait dans des campagnes électorales.

Epstein a déclaré que sa fondation avait donné à plus d’une centaine d’organisations depuis 2008, année où il a plaidé coupable des faits de recours à la prostitution. De 2015 à 2017 il dit que sa fondation Gratitude America Ltd. a donné 1,84 millions à plusieurs associations du pays. Mais selon les médias, plusieurs de ces associations qui auraient été bénéficiaires des largesses d’Epstein disent qu’elles n’ont rien reçu, ou alors beaucoup moins qu’annoncé.

La C.O.U.Q aurait aussi donné 500.000$ en 2007 à la Ramaz School de New York, où son avocat Jay Lefkowitz (également conseiller des deux Bush)est impliqué, ou 250.000$ à la fondation for Criminal Justice, dont un autre de ses avocats, Gerald Lefcourt, était membre du conseil d’administration.

Début 2008, Epstein a versé 46 millions de dollars à la fondation de Wexner YLK, qui déclare pourtant qu’à cette époque il avait déjà pris ses distances. La YLK, créée par Mme Wexner en décembre 2007, ne subventionnait apparemment que la Columbus Foundation, qui finance elle-même des initiatives pour "renforcer la communauté". YLK a fermé dès 2009, et ses actifs ont été transférés au Wexner Family Charitable Fund.

Les circuits financiers liés aux transferts d’argents via ces fondations ressemblent à ceux du blanchiment d’argent et de l’évasion fiscale.

 

Mafia

roy cohn et trump

Si les connexions de Trump avec la mafia depuis ses débuts dans l’immobilier commencent à être connues, celles d’Epstein le sont moins. Pourtant, à ses débuts Epstein était entouré de gens qui avaient gravité dans l’entourage d’un sulfureux avocat, Roy Cohn, gay –bien qu’il condamnait publiquement l’homosexualité puisqu’il était de droite- et anticommuniste mais surtout maître chanteur. Parmi ces personnes, Trump n’était pas le dernier, et a été lui-même très proche de Roy Cohn (mort en 1986).

Mais il y avait aussi le magnat des médias Rupert Murdoch, Alan Dershowitz ou Mort Zuckerman (autre propriétaire de médias). Cohn, qui avait été l’assistant du sénateur McCarthy, aimait aussi les people et était très proche de la mafia juive, menée à son époque par Meyer Lansky, et d’autres mafieux enrichis grâce à la prohibition, Lewis Rosenstiel et son partenaire Samuel Bronfman, ainsi que de gens du Congrès Juif Mondial et du B’naï B’rith.

Dans les années 50 et 60, Cohn et Rosenstiel organisaient des soirées qui leur permettaient de faire chanter des personnalités. Par exemple en 1958 au Plaza Hotel de Manhattan, suite 233. Hoover y était, habillé en drag queen, et des adolescents mineurs également. Cohn, Hoover et Rosenstiel ont eu des relations sexuelles avec eux.

Hoover se serait fait avoir au moins 2 fois par Cohn et Rosenstiel. Les deux fois, il y avait des garçons mineurs avec lesquels il a eu des rapports sexuels. Cohn a déclaré à James Rothstein, du NYPD, chef de la division trafic humain et mœurs, qu’il faisait partie d’une organisation chargée d’organiser le chantage sur des politiciens, à l’aide de mineurs prostitués, et son rôle était de faire venir les garçons et d’amener les cibles mêmes réticentes à passer à l’acte.

Selon lui, cette opération de chantage s’inscrivait dans le cadre de la lutte anti communiste de l’époque, même si les soirées qu’il organisait et ses chantages ont duré jusqu’aux années 80.

Cohn évoque aussi un lien avec le Watergate avec l’épisode méconnu du vol d’un "blackbook" au parti démocrate avec les noms de politiciens pédos des deux partis. Cohn était proche du cardinal Spellman, du Diocèse de New York, gay également et qui était présent à au moins une des partouzes au Plaza de Manhattan. On notera que Trump a ensuite racheté le Plazza Manhattan, où il a organisé des soirées dans les années 90, avec de la coke, de très jeunes mannequins, et qui finissaient en partouzes.

Les informations étaient remontées aux renseignements US et à la mafia, bien-sûr.

Il se trouve que les soirées d’Epstein ressemblent beaucoup à ce schéma.

 

Mannequins

Depuis les années 80, quand il se faisait passer pour un recruteur de modèles pour la marque Victoria Secrets de son ami Wexner, Epstein apprécie le milieu du mannequinat.

 

Jean-Luc-Brunel

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Un de ses amis d’antan, Jean-Luc Brunel (ils sont brouillés depuis [15]), présent à moult partouzes, selon les déclarations de plusieurs victimes et selon les messages entre lui et Epstein qui ont été saisis. Brunel est le fondateur et propriétaire à 85% (en 2010) de l’agence de mannequine MC2 Models [16], basée à Miami et Tel Aviv. Il dit avoir découvert Monica Bellucci, Sharon Stone, Jerry Hall  et bien d’autres stars des podiums. Avant cela, il dirigeait Karin Models, également basée à Paris.

Selon Virginia Roberts et d’autres témoins, il a procuré de nombreuses filles étrangères à Epstein (et à d’autres) via son agence de mannequins, et Epstein s’est vanté devant elle d’avoir "couché avec plus de 1.000 filles de Brunel". Certaines de ces filles fournies par Brunel étaient mineures, et c’est lui qui emmenait les plus jeunes aux soirées d’Epstein.

Virginia Roberts a déclaré en 2015 devant le tribunal qu’elle a été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui de nombreuses fois entre ses 16 et ses 19 ans, année où elle a quitté le réseau. Ces faits ont eu lieu à Paris, dans le sud de la France, aux USA, et aux orgies sur l’ile privée d’Epstein aux Iles Vierges.

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"Il était un autre des contacts puissants d’Epstein qui avait de nombreux contacts avec des filles jeunes partout dans le monde. En fait, la seule similarité avec Epstein et leur seul lien en amitié semblait être que Brunel pouvait trouver des douzaines de filles mineures et nourrir le solide appétit d’Epstein (et Maxwell) pour les rapports sexuels avec des mineures", a-t-elle précisé sous serment.

Selon elle, Brunel semblait avoir un "arrangement avec le gouvernement américain" pour obtenir des passeports et d’autres documents de voyage pour des filles, âgées de 12 à 24 ans, qu’il amenait aux Etats-Unis pour des objectifs d’exploitation sexuelle.

En fait, il ne gérait pas vraiment l’agence, et passait son temps comme recruteur, pour repérer des filles à travers le monde et leur proposer un boulot de modèle.

Puis, il en rabattait certaines vers les soirées d’Epstein ou les massages. En 2005 quand Brunel a créé l’agence MC2 Model & Talent, Epstein y aurait investi 2 millions de dollars. Brunel a nié tout financement de l’agence par Epstein, mais Maritza Velasquez, une ancienne collaboratrice a déclaré aux enquêteurs que Brunel lui avait confié qu’Epstein finançait les appartements pour les filles, assurait les liquidités quand il le fallait etc. Et Brunel vivait dans un appartement d’Epstein. Elle se souvient aussi qu’Epstein était en colère quand elle n’a pas réussi à obtenir un visa pour faire venir Nadia Marcinkova, alors âgée de 14 ans. Marcinkova qui est devenue l’une des principales rabatteuses d’Epstein.

Voilà une drôle d’agence, qui a besoin de financements privés pour assurer son activité quotidienne [17], pendant que de grosses sommes d’argent étaient transférées aux Iles Vierges.

2019-08-13 12_44_57-Enquête sur Jean-Luc Brunel, l’ami français de Jeffrey Epstein _ Mediapart - Ope

L’ancienne collaboratrice de Brunel entendue par les enquêteurs mentionne les liens de Brunel et Epstein avec le brésil, où ils se procuraient des filles. Elle explique que les filles étaient payées 100.0000$, parfois 200.000$, mais quand elles revenaient de ces quelques jours avec la bande de tarés, elles ne voulaient plus jamais travailler pour ce genre de types.

Les deux ont aussi effectué de nombreux voyages dans les avions d’Epstein et Brunel est allé lui rendre visite en prison. Un message manuscrit de Brunel à Epstein montre qu’il lui a réclamé une mineure de 16 ans pas blonde, sachant donner des leçons de Russe "gratuitement".

Avant de lancer MC2, Brunel grouillait déjà à Paris dans le milieu du mannequinat, et avait créé dans les années 70 une agence appelée Karin, devenue Karin Paris. A l’époque, selon le livre d’un certain Michael Gross paru en 1995, Brunel était « considéré comme un danger », qui aimait « la drogue et les viols silencieux » parce que « ça l’excite ». Une Néo-Zélandaise que Brunel avait recrutée à 17 ans et ramenée à Paris a raconté qu’il avait mis fin à sa carrière en répandant partout le bruit qu’elle était accro à la coke, après qu’elle ait refusé de coucher avec lui.

Il était réputé pour violer les filles, avec son bras droit, un dénommé Claude Haddad, qui pouvait se vanter de droguer et violer des filles de 13 ans. Une journaliste qui a enquêté sur cette affaire a entendu cinq femmes qui ont déclaré avoir été agressées sexuellement par Brunel et/ou Haddad.

Brunel a aussi travaillé pour l’agence Ford, qui l’a viré quand les rumeurs à son sujet sont devenues trop importantes.

En 2017 Brunel a porté plainte contre Epstein pour lui avoir fait perdre des millions et l’avoir plongé une dépression à cause de la mauvaise pub que lui faisaient les ennuis judiciaires du fan de massages. Bref, on commence à s'amuser et même Médiapart a enfin parlé de lui dans un long article.

 

Trump Models

2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and his

Trump lui aussi avait créé son agence de mannequins, appelée Trump Model Management, en 1999. La boîte amenait des filles aux Etats-Unis depuis l’étranger, notamment l’Europe de l’est et la Russie avec des visas de tourisme, ce qui signifie qu’elles n’avaient pas le droit d’y travailler. Pourtant, certaines y restaient plusieurs années de suite.

Trump en détenait 85% et l’agence lui rapportait environ 2 millions par an.

Dans les années 80 et 90, Trump était aussi un grand ami de John Cassablancas, patron de l’agence Elite qu’il avait fondée en 1972, qui couchait avec ses recrues mineures au vu et au su de tous [18]. Cassablancas trainait également avec Brunel et Haddad.

En 1996, Trump a racheté la franchise du concours Miss Univers, et en 1999 il a lancé l’agence T-models, devenue ensuite Trump Model Management.

Puis, il a décidé de lancer sa propre fille dans le mannequinat, et à l’âge de 13 ans elle signait chez Elite (dont Trump connaissait parfaitement la réputation) où elle a mené une courte carrière. Quant à lui, il trainait dans les jurys des concours organisés par l’agence avant de lancer les siens, comme Trump Realty Brazil (au Brésil) au conseil d’administration duquel il y avait Cassablancas.

 

Peter Listerman

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Citoyen Russe, il serait l’un des rabatteurs d’Epstein, et allait chercher les victimes dans les collèges et lycées. Il est réputé pour mettre en relation des types riches et de jeunes mannequins depuis des dizaines d’années, et s’en vantait lui-même dans des interviews.

Il ramenait des filles depuis l’Ukraine et la Russie pour les faire travailler dans des agences d’escorts pour VIP. Selon un article du New York Post, il a été vu alors qu’il rendait visite à Epstein, mais lui nie tout lien.

Il parle des filles qu’il livre aux VIP comme des « chicken » (terme qu’on retrouve dans le Pizzagate) ou des "génisses".

En 2009 dans un tabloïd Russe il a dit "Mes clients d'Hollywood et les oligarques sont lassés des filles moscovites, américaines ou européennes émancipées, qui ressemblent à des robots.L Tout le monde en a marre de ces filles démoniaques, ils veulent de la douceur et du romantisme".

Selon le témoignage d’une mannequin qu’il l’a rencontré à 14 ans, Kristina Goncharova, Listerman lui a demandé de très nombreuses fois si elle était d’accord pour un mariage. D’ailleurs, il dit organiser des mariages entre types riches et jeunes filles des payes de l’Est.

 

Sciences

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En bon mégalo, Epstein était fasciné par l’eugénisme, même si ça prend la forme de recherches sur l’ADN et l’ingénierie génétique, ou sur le transhumanisme. Pour financer ses délires, il a créé sa fondation en 2000, la Jeffrey Epstein VI Foundation, qui investit dans la science et un peu dans l’éducation : neurosciences, intelligence artificielle, physique, intelligence artificielle…

On a même appris qu’il comptait transformer son ranch en usine à bébés, avec son ADN évidemment, et qu’il voulait se faire cryogéniser le pénis. C’était même, semble-t-il, un grand sujet de discussion avec ses amis scientifiques.

Il a fait dès les années 90 des chèques à l’université de Harvard, dirigée alors par son ami Lawrence Summers, pour financer des programmes de recherches menés par ses amis scientifiques.

Parmi ses investissements dans la science :

Epstein a aussi de nombreuses fréquentations parmi les scientifiques les plus éminents aux Etats-Unis et ailleurs (liste partielle sur son ancien site) :

  • Stephen HAWKING qui est venu aux Iles Vierges.
  • Marvin MINSKY, spécialisé dans l’IA. Virginia Roberts déclare qu’Epstein lui a demandé d’avoir des relations sexuelles avec lui sur son île.
  • Ben GOERTZEL d’OpenCog Foundation à Hong-Kong.
  • Joscha BACH et le MicroPsi 2 Project.
  • Stephen M KOSSLYN.
  • Martin A NOWAK, qui a dirigé le programme d’Harvard sur la biologie mathématique et l’évolution dynamique. Au sujet d’EPSTEIN, NOWARK avait déclaré en 2003 : « Je suis stupéfait par les connexions qu’il a dans le monde scientifique. Il connaît un nombre incroyable de scientifiques. Il connaît tout le monde ».
  • Lawrence H SUMMERS, président d’Harvard de 2001 à 2006 et futur secrétaire d’Etat au Trésor sous CLINTON. Sous son mandat à Harvard, EPSTEIN aurait donné au moins 25 millions de dollars au programme for Evolutionary Dynamics.
  • Eric LANDER
  • George CHURCH, spécialiste de la physique moléculaire.
  • David GROSS, physicien
  • Frank WILCZEK, physicien au MIT et partenaire de GROSS.

 

Renseignements

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Epstein est en cheville avec les services de renseignements US et américains, a minima. Alexander Acosta, le procureur qui lui a permis de s’en tirer grâce à un accord illégal en 2008, a déclaré qu’il a agi de la sorte parce qu’on lui avait dit qu’Epstein appartenait aux renseignements et qu’il fallait le laisser tranquille. C’est du moins ce qu’il a expliqué à l’équipe Trump quand il a été recruté comme ministre du Travail. Il a été viré le 12 juillet suite au scandale, justement pour son rôle dans l’exonération d’Epstein.

De quels renseignements parle-t-il ? probablement des services US, FBI, CIA ou autre. Car même en travaillant, comme on va le voir, pour les israéliens, Epstein n’aurait jamais bénéficié d’une telle impunité s’il n’avait pas aussi rencardé les services de sa terre natale –et de domiciliation.

Selon Robert Steele, ex agent de la CIA, Epstein travaillait à la fois pour le Mossad et la CIA. Son but était de coincer et de faire chanter des personnalités politiques. Et il est assez évident que si les israéliens avaient été les seuls à bénéficiers des tuyaux et magouilles d’Epstein, son impunité aurait été de beaucoup plus courte durée.

Le FBI a publié une partie de ses dossiers concernant Epstein, mais ils sont tellement caviardés que cela en devient suspect. Mais on y découvre tout de même qu’Epstein serait devenu un "informateur" du FBI dans l’espoir d’éteindre la procédure de 2005-2008. D’ailleurs l’enquête fédérale a son sujet a été close quand Epstein a donné des "informations" au FBI sur les malversations –qu’il connaît bien- de la banque Bear Stearns.

2019-08-13 12_51_02-Our Team - Carbyne - Opera

Il a aussi les liens d’Epstein avec des politiciens et membres des services israéliens, via des investissements dans des start-up de nouvelles technologies proches des renseignements, comme Carbyne Ltd, dans laquelle il a investi avec Ehud Barak, ex premier ministre israélien et président de Carbyne, qui espère faire son retour en politique aux prochaines législatives en Israël [20]. Carbyne, basée à Tel-Aviv et à New-York, a été créée en 2014 pour développer des technologies de communication ultra rapides pour agir en cas de crise, en utilisant toutes les sources de données disponibles. Ehud Barak et Jeffrey Epstein y ont investi dès 2015.

Celle qui occupe le poste de directrice dans cette boîte est Nicole Junkermann, ancien mannequin née en Allemagne, elle a grandi à Marbella, étudié le business à Monaco puis à Harvard, et est aujourd’hui installée à Londres. D’après les carnets de bord des pilotes d’Epstein, elle a voyagé deux fois seule avec Epstein en 2002 (trajet le Bourget – Birmingham) et une fois en mars 2002 avec deux autres passagers. Comme elle avait déjà 27 ans, il est peu probable qu’Epstein cherchait à lui sauter dessus.

Elle a co-fondé en 1998 Winamax (paris de foot en ligne revendu en 2001) et d’un fonds de capital-risque axé sur le sport, United Sports, en 2005. « Depuis 2011, elle est revenue à ses racines dans l’innovation numérique et les technologies expérimentales – des domaines tels que la robotique, le génome, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle », mentionne sa page sur le site de Carbyne. Elle possède un fonds d’investissement, NJF Capital Ltd., qui possède des actifs ou la totalité d’une trentaine de start-ups et réalise des investissements avec des personnalités de la Silicon Valley comme Eric Schmidt de Google ou Peter Thiel de Paypal, qui a aussi investi 15 millions de dollars dans Carbyne en 2018.

Par ailleurs, son nom apparaît dans les fuites des Panama Papers issus du cabinet Mossack Fonseca dans le cadre du scandale de corruption de la FIFA[21]. Elle est l’ex de Robert Louis Dreyfus et est mariée à un magnat de l’industrie italien. Elle a été nommée récemment comme conseillère au sous-secrétariat de la santé et de l’aide sociale de Grande-Bretagne, dans le tout nouveau Healthtech Advisory Board, qui doit conseiller le ministre Matt Hancock sur la « vision technologique de la santé et de l’action sociale ».

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Parmi l’équipe de direction de Carbyne, il y a aussi d’anciens militaires qui ont été impliqués dans les barbouzeries israéliennes, comme le PDG Amir Elichai, le directeur exécutif Pinchas Berkus, qui fut membre d’une unité d’élite de l’armée appelée IDF8200 Cyber Intelligence Unit, ou le co-fondateur Lital Leshem, qui est toujours officier de réserve. On y trouve même comme expert un ancien flic anglais, Andy Rooke, spécialiste des systèmes de transports intelligents et ex conseiller des autorités anglaises et européennes en matière de sécurité routière, un réserviste de l’armée US dans la police militaire, Brett Whitney pour le développement commercial ou encore un ancien collaborateur de député US et agent du bureau des affaires politiques à l’ambassade US en Afghanistan, Trae Stephens, qui a collaboré à l’équipe de transition de Trump pour le département de la Défense en novembre 2016 et collabore dans Founders Fund, un fonds d’investissement lancé par le milliardaire Peter Thiel (également actionnaire de Carbyne, membre du conseil d’administration de Facebook et supporter de la campagne de Trump auquel il a filé 1,25 millions pendant la campagne, et puis 250.000$ en 2018) et six autres types..

Et puis, il y a la co-fondatrice de Carbyne (qui en possède toujours des parts), Lital Leshem, est une collaboratrice d’Erik Prince [22], le fondateur de Blackwater, une société militaire privée impliquée dans divers scandales, notamment du trafic sexuel, en Yougoslavie par exemple. Récemment, Prince et Leshem disaient qu’il avait une solution pour le Venezuela, à savoir installer 4 à 5.000 hommes sur place pour mettre au pouvoir l’opposant de droite à Maduro, un scenario qu’on ne connaît que trop bien.

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Selon The Times of Israël du 16 juillet 2019, "Barak a déclaré au Daily Beast avoir rencontré Epstein à des dizaines d’occasion, et notamment après la révélation de l’organisation d’orgies sexuelles à ses différents domiciles qui auraient impliqué des mineures" à Manhattan et aux Iles Vierges, mais il n’aurait jamais vu de mineures chez lui ou participé à des partouzes.

Carbyne (qui s’est appelée durant quelques années Reporty Homeland Security Ltd.) a aussi des liens avec l’industrie militaire US, notamment via Michael Chertoff, ex conseiller de Bush qui a écrit le Patriot Act (surveillance de la population) et siège au conseil de surveillance de l’entreprise.

La boîte a également des liens avec des oligarques proches de Poutine : Viktor Vekselberg, un ukrainien proche de Poutine [23], et Andrew Intrater, depuis septembre 2017, via Columbus Nova Technology Partners, une boîte pour laquelle Michael Cohen a été consultant jusqu’en août 2017[24].

Selon un média d’influence Turc, "Epstein a travaillé en étroite collaboration avec Israël, à l'avant-garde d'une initiative privée visant à apporter au secteur privé la technologie de pointe du renseignement militaire israélien, offerte au plus offrant". Si c’est cela, il y a forcément des trappes dans les programmes, qui permettent aux israéliens d’avoir la main sur les données et/ou les programmes.

En tout cas, comme le note ce journal, TRT World, "Même si la société fournit des services d’intervention d’urgence, aucun des administrateurs ou des membres du conseil consultatif n’a de formation en systèmes d’intervention d’urgence".

On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un hélicoptère appartenant à Epstein a le même numéro d’immatriculation qu’un avion de la société militaire privée DynCorp.

Dans les années 80 déjà, Epstein disait à qui voulait l’entendre qu’il travaillait pour des gouvernements, pour récupérer de l’argent détourné par les dictateurs africains. Etonnant au vu des circuits habituels de "recouvrement" dans ce genre de magouilles, mais pourquoi pas. Et sur son site, Epstein se vante lui-même d’être un "ancien membre" de plusieurs comités :

  • Le Mind Brain and Behaviour Committee à Harvard,
  • La commission Trilatérale,
  • Le Council on Foreign Relations (CFR),
  • La New York Academy of Science
  • Le conseil d’administration de la Rockefeller University
  • La Edge Organization

Soyons clairs : on ne peut pas faire partie de ces organisations, même si la plupart sont plus ou moins tenues par les Rockefeller, si on est seulement un agent au service d’Israël. En particulier la Trilatérale, haut lieu de discussions informelles entre leaders politiques et économiques d’Asie, d’Europe et des USA et le CFR qui est l’un des instruments de la politique impérialiste US.

Par ailleurs, on sait que ses villas étaient truffées de caméras et qu’il conservait les vidéos en plusieurs exemplaires et en divers endroits. Virginia Roberts a expliqué qu’elle avait demandé les bandes où elle figure à la justice et au FBI, mais ça lui a été refusé.

Est-ce que le réseau servait à nouer des relations plus "intimes" avec des partenaires potentiels de business, et, tant qu’à faire, à avoir de quoi peser sur leur décision ?

 

Les liens avec Trump

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Epstein et Trump se connaissent depuis les années 80, ils sont voisins à Palm Beach et ont fait de nombreuses "soirées" ensemble. Le frère d’Epstein a témoigné en 2009 que Trump a voyagé au moins une fois dans le jet d’Epstein, en 1997, à partir de Palm Beach. Ils se sont brouillés fin 2004, début 2005, pour une histoire de propriété sur laquelle Epstein lorgnait et que Trump a rachetée dans son dos pour la revendre trois fois le prix.

Epstein a également confirmé leurs liens, mais a fait appel au 5e amendement quand on lui a demandé d’évoquer leurs partouzes communes.

On a vu que l’avocat Roy Cohn représente un lien déjà consistant eux deux, Dershowitz en est un autre, même s’il tente de faire croire qu’il a pris depuis longtemps ses distances avec Epstein et qu’il fut un donateur des campagnes de Clinton. En effet, Dershowitz est bien introduit à la Maison Blanche sous l’ère trump, notamment dans le cadre de conseils au sujet des négociations de paix entre Israël et la Palestine qu’il donnait encore en avril de cette année à une équipe composée de Trump, de son gendre Jared Kushner, de l’ambassadeur David Friedman et d’un envoyé spécial israélien. Dershowitz a aussi déclaré qu’il a parlé avec les conseillers de la Maison Blanche avant que la décision de transférer l’ambassade US à Jérusalem.

En 1971, Trump a pris Roy Cohn comme avocat quand il a débarqué à Manhattan pour se lancer dans l’immobilier, et a développé ses contacts notamment du côté de la mafia.

L’histoire de ce terrain est assez intéressante : En 2004, Epstein a parlé à Trump d’une villa qu’il voulait racheter à Palm Beach, pensant qu’il n’avait pas les moyens de la racheter. Mais Trump a réussi à obtenir un prêt de la Deutsche Bank (via une société baptisée Trump Properties LLC, entièrement financée par la Deutsche Bank), et a pu mettre 5 millions de $ de plus qu’Epstein, soit 41 millions au total. Il a ensuite rénové la maison et l’a remise en vente pour 125 millions puis vendue 96 millions à un russe proche de Poutine, Dmitry Rybolovlev, propriétaire de l’AS Monaco, qui n’y a jamais vécu.

 

Le viol de deux mineures de 12 et 13 ans

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Parmi les victimes d’Epstein, au moins une dénonce des faits commis également par Trump : Katie Johnson a dénoncé des viols commis par Epstein et par Trump durant l’été 1994 à Manhattan, quand elle avait 13 ans, en présence d’une autre victime âgée de 12 ans.

Elle était arrivée en bus à New York pendant les vacances, pour tenter de se lancer dans le mannequinat. Au moment où elle allait reprendre le bus pour retourner chez elle, elle a rencontré un certaine Tiffany, qui lui a proposé de venir à une soirée pour y rencontrer des gens qui pouvaient l’aider. C’est comme cela qu’elle s’est retrouvée à quatre « soirées » chez Epstein à Manhattan [25].

A la 3e partie, Trump l’a attachée à un lit, frappée et violée. Epstein l’a violée à la deuxième et à la troisième soirées, elle a ensuite été menacée par les deux et ils lui ont rappelé qu’ils étaient puissants et faisaient ce qu’ils voulaient. Elle y est encore retournée trois fois.

Elle mentionne, à la troisième des quatre partouzes auxquelles elle a été amenée, une fillette de 12 ans qui a été forcée de participer aux faits commis par Trump et d’être également violée. Trump a dit à Katie Johnson qu’elle devait se taire si elle ne voulait pas disparaître comme cette fille, Maria, âgée de 12 ans, impliquée dans le 3e incident avec Trump, et qu’elle n’a jamais revue par la suite. Lors des faits, les deux filles avaient été forcées de s’habiller en servantes. A la fin Trump a jeté 400$ par terre à Katie Johnson.

Elle a expliqué dans sa déposition : "Trump a dit que je ne devais jamais rien dire si je ne voulais pas disparaître comme Maria, une fille de 12 ans qui a été forcée de participer au troisième incident avec TRUMP, et que je n’ai pas revue depuis (…) et qu’il était capable de faire tuer toute ma famille".

Entre les soirées, elle rentrait chez elle dans l’Oklahoma, puis Tiffany la rappelait.

Dès qu’elle a signalé les faits à la justice le 26 avril 2016, elle a reçu des menaces (coups de fils anonymes avec personne qui parle) et a demandé une mesure de protection.

Selon la plainte rédigée justice, dès le 28 avril 2016, Trump a fourni une déclaration à American Media Inc. et / ou à Radar Online LLC, disant que "ces accusations sont non seulement complètement fausses, mais dégoutantes au plus haut point et clairement destinées à solliciter l’attention des médias". Il a aussi diffusé des documents d’ordre diffamatoires contre la plaignante.

Le 5 novembre 2016 Katie Johnson a abandonné la procédure. Il n’y a pas eu d’enquête sur cette jeune "Maria". 

Les propos de Katie Johnson sont largement confirmés par Tiffany X, qui l’a fait rentrer dans le réseau et était présente lors des faits.

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Entendue par la police en 2016, elle a expliqué qu’elle avait rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice des soirées du pervers, et job consistait aussi à superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wexner Mansion à New York sur la 71 rue, occupée par Epstein. C’est dans ce cadre qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qui allait repartir dans sa province, et qu’elle l’a « persuadée » de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec TRUMP.

Elle mentionne le viol commis en présence de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes encore que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit, et elle savait qu’ils avaient les moyens de le faire car elle les avait déjà vus à l’œuvre.

 

Michael Cohen

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Un autre lien entre Trump et Epstein est Michael Cohen, ex avocat de trump et témoin clé de la procédure sur les liens de Trump avec la Russie. Ce grand fan de trump a investi dans les projets immobiliers de son idole, a travaillé pour dans la Trump Organization, et quand Trump est devenu président en 2017, Cohen a créé une boîte, Essential Consultants, pour monnayer l’accès à Trump [26]. La boîte aurait aussi servi payer pour éteindre des procédures, notamment celles lancées par Stormy Daniels et Karen McDougal pour des viols (éteintes pour 280.000$ semble-t-il) [27].

Cohen, qui se serait vanté d’avoir menacé et fait pression pour le compte de trump contre environ 500 personnes, représentait Trump dans la procédure contre Katie Johnson. Il est également lié au business des nouvelles technologies, via un des associés d’Epstein, l’anglais Andrew Intrater, qui est donc lui-même partenaire d’Ehud Barak, notamment, dans Carbyne. Intrater a été également entendu par la commission Mueller sur les liens de Trump avec la Russie pour ses liens avec Viktor Vekselberg et il est accusé d’avoir transféré 583.000$ à Cohen via son a société d’investissement, Columbus Nova Technology Partners, dont les US disent qu’elle est une filiale du Renova Group, qui appartiendrait à Vekselberg.

Enfin, Wayne Madsen, ancien fan de trump, a publié en février 2017 une liste de plusieurs procédures contre Trump pour des viols sur des mineurs, garçons et filles, qui ont été réglées "à l’amiable" [28] à coups de millions de dollars.

 

La France

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Aujourd’hui, le FBI s’intéresse aux activités d’Epstein hors des Etats-Unis. C’est heureux, et on espère vivement qu’ils s’intéresseront à la France, où Epstein a un domicile, et d’où il revenait lors de son arrestation à sa descente d’avion sur le sol US début juillet. Car, on dirait bien que les autorités françaises manquent de curiosité à ce sujet.

En effet, au vu du dossier –disponible en ligne avec les témoignages, on ne peut que s’interroger sur certains points, notamment :

  • Comment Epstein a-t-il pu faire circuler des mineures vers et depuis la France (aéroport du Bourget), en avion, sans aucun problème de douane ? Et cela même après 2001 et le renforcement drastique des contrôles aux frontières.
  • Qui étaient ces deux fillettes de 12 ans, fournies par un de ses "amis" à Epstein - Jean-Luc Brunel selon certaines sources- pour son anniversaire, et qui sont parties de France jusqu’à Londres juste pour y être violées lors d’une partouze ? Selon Virginia Roberts, "elles venaient de France parce qu’elles étaient vraiment pauvres là-bas et que leurs parents avaient besoin d’argent", et elles auraient été amenée ensuite à palm Beach.
  • Qui étaient les fréquentation d’Epstein en France ? Car on suppose qu’il ne faisait pas l’ermite durant ses séjours au pays des droits des pédos. D’ailleurs, dans son carnet d’adresses figurent quelques personnalités du tout paris comme un ex de Caroline de Monaco, des décorateurs et stylistes jet-setteurs, des aristos…

Selon Maritza Vasquez, qui a travaillé comme contrôleur financier pour l’agence Karin à partir de 1998 puis pour MC2, en 2010 Epstein et Brunel avaient l’intention de créer une agence de mannequins à Paris avec une française, sur le modèle de celle de Trump. Le projet n’aurait pas abouti.

On a appris le 12 août que le parquet de Paris avait transmis les éléments disponibles sur ce volet, et ceux-ci seraient "en cours d’analyse et de traitement".

Nous reviendrons sur ce volet français de l'affaire.

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Ce dossier est tentatculaire. On touche à l'ingénierie sur l'humain, aux renseignements, aux réseaux de blanchiment et de détournement d'argent, à l'exploitation sexuelle de mineurs et donc à la corruption. L'affaire Epstein amène à mettre le doigt au coeur du système de pouvoir international. Même s'il reste encore beaucoup à décrypter, on comprend qu'à ce niveau de magouilles, les collusions dépassent largement les clivages affichés pour le populo, par exemple entre la Russie et israël, ou entre la Russie et les Etats-Unis, ou entre Israël et la Russie. L'échiquier international qu'on nous montre serait-il une construction, un story-telling pou rle bon peuple?


[1] Le communiqué du 12 août précise « Nous rappelons à cette occasion notre détermination entière à protéger les jeunes filles des violences sexuelles et notamment des réseaux d’exploitation criminelle, qui donnera l’occasion à de nouvelles mesures lors du dernier trimestre de l’année. ». Sauf qu’il y a aussi des enfants dans cette histoire.

[2] Selon le pilote, Clinton devait y faire des discours.

[3] Outre Clinton et Epstein, Ghislaine Maxwell et Sarah Kellen, deux de ses rabatteuses favorites, étaient présentes à l’aller, et au retour quatre personnes de plus les accompagnaient : Mike Epstein, Doug Band un businessman politicien qui était aussi l’avocat de Clinton, et deux femmes appelées Janis et Jessica qui d’après le pilote appartenaient aux renseignements.

[4] Dershowitz est né en 1938, est avocat et prof de droit à Harvard (il fut le jeune prof de la fac à 28 ans).Il a défendu OJ Simpson, Epstein, Trump, Barak Obama, Bill Clinton, Benjamin Netanyahou, Marlon Brando, Frank Sinatra, et évidemment Harvey Weinstein. Il écrit des chroniques dans différents journaux importants, et à la télé surtout sur Fox News où il défend toujours TRUMP. Pseudo défenseur des « libertés publiques », est dans le courant libertarien. C’est un sioniste convaincu même s’il dit qu’il est « seulement » pro israélien. Il aurait rencontré Trump à Mar A Lago, et est venu diner à la Maison Blanche peu après une perquisition du FBI au bureau de Michael Cohen, ex partenaire de Trump dans l’immobilier et diverses magouilles.

[5] Epstein peut donc signer des actes et agir au nom de Wexner.

[6] Alors qu’il n’avait aucun titre dans l’entreprise, il en rencontrait régulièrement les dirigeants.

[7] Cette maison avait été achetée en 1989 par Wexner pour 13 millions dollars. Il l’a restructurée et vendue en 1998 à Epstein NES LLC, pour 0$. Autre étrangeté dans cette transaction : d’après les documents mentionnés par Bloomberg, Epstein a signé pour les deux parties du contrat.

[8] Il explique avoir découvert des malversations commises par Epstein dans sa fondation en 2007, après que l’affaire des massages ait éclaté et qu’il ait, d’après ce qu’il déclare aujourd’hui, coupé les ponts avec Epstein.

[9] Seul Hoffenberg a été cité nommément dans les poursuites, pour le reste ils ont été appelés « co-conspirateurs », mais il s’agissait très probablement d’Epstein tout seul.

[10] La pyramide de Ponzi est une escroquerie basique, inventée au XVIIe siècle : on promet aux gens de placer leur argent et de leur donner un gros rendement du genre 12, 15% par an, et on se sert de l’argent des nouveaux pigeons pour rémunérer les premiers quand ils réclament un peu de cash.

[11] Pourtant Hoffenberg dénonce des faits précis comme des détournements d’argent de certains clients vers d’autres, ou le siphonage de quelques millions.

[12] LLC, pour « Limited Liability Companies », des coquilles vides qui permettent d’acquérir des propriétés immobilières de manière discrète à l’égard des services fiscaux, très usitées dans le cadre du blanchiment d’argent (y compris en France bien-sûr).

[13] L’affaire a été réglée par un accord sans que l’on sache le fin mot de l’histoire.

[14] A ne pas confondre avec une association de vétérans du même nom (Gratitude America Inc.).

[15] En fait, en 2015 Brunel a déposé une plainte assez étonnante contre Epstein, qui ressemble à une tentative de se dissocier de son sulfureux ami. Cette plainte demandait réparations car les procédures contre Epstein avaient nui à l’image de Brunel et il en était meurtri et aurait perdu des millions de dollars.

[16] Il l’a créée ne 2005 avec Jeremy Fuller. Elle est d’abord implantée à New York.

[17] D’ailleurs Brunel maquillait les comptes pour laisser croire à Epstein que la boîte était en bonne santé et qu’il lâche encore de l’argent. Les filles pouvaient être payées en cash sans être déclarées.

[18] En 2002 il a été poursuivi par une ancienne mannequin de l’agence, qui l’accusait de viols commis quand elle avait 15 ans. En 1998, une enquête a été ouverte à Paris sur la prostitution des filles via l’agence Elite entre 1994 et 1997, et plusieurs personnes dont Robert De Niro ont été entendues. L’affaire a été dégonflée au fil de la procédure, pourtant il y avait des mineures parmi les victimes.  Il faut dire que parmi les clients, il y avait « de riches émirs arabes clients de nos marchands d'armes, des intermédiaires peu scrupuleux, des play-boys argentés et dépravés, un ancien gendarme de l'Elysée, un médecin cannois, une ancienne gloire du tennis, un producteur de cinéma ». Le photographe Jean-Pierre Bourgeois avait même été arrêté en janvier 1997, et avait déjà été soupçonné dix ans plus tôt des mêmes faits, de même que l’ex mannequin Annika Brumark.

[19] L’argent n’a pas été rendu par l’université après le scandale.

[20] Ce retour a été un peu plombé par ses liens avec Epstein, diffusés par la presse locale. Et son concurrent Netanyahou, lui aussi présent dans le carnet d’adresses d’Epstein, s’est fait un plaisir de rediffuser les articles qui y faisaient référence. Du coup, Barak, qui a au passage admis avoir rendu visite à Epstein, cherche à le faire expulser de leur business commun, même si la presse israélienne minimise la participation d’Epstein dans Carbyne.

[21] Une boîte qu’elle contrôlait avec Jacobs Holding (société de la famille suisse Jacobs) appelée Infront Sports & Media, qui vend les droits médias des coupes de foot, était dirigée par le neveu de Sepp Blatter et a été vendue en 2011 pour 650 millions d’euros tout de même.

[22] Leshem vient d’être nommée directrice des relations avec les investisseurs du fonds d’investissement de Prince, Frontier Resources Group, dont il aurait vendu une majorité à un type proche du président chinois, un dénommé Chang Zhenming.

[23] Vekelsberg a été entendu par le procureur Mueller dans le cadre de l’enquête sur les liens entre Trump et la Russie. Il est soupçonné par les US de mener des activités nuisibles pour le compte du gouvernement russe.

[24] Via sa boîte Essential Consulting, qui a également servi au versement d’argent à l’une des victimes de viol de Trump, Stormy Daniels, à la suite d’un accord pour la faire taire.

[25] Ces soirées ne passaient pas pour les plus chics de la ville, et certains invités, selon un témoignage, étaient choqués du nombre de jeunes mannequins russes.

[27] Ces règlements menés pendant la campagne électorale de 2016 ont valu 3 ans de prison à Cohen, qui a été condamné en mai 2019.

[28] Cette liste a été diffusée sur Facebook notamment. Elle mentionne six procédures :

1) Michael Parker, 10 ans, viom oral à Mar-a-Lago, Palm Beach, FL, 1992. Trump aurait versé 3 millions à ses parents.

2) Kelly Feuer, 12 ans, relation sexuelle forcée à la Trump Tower. Trump aurait payé 1 million de dollars en 1989.

3) Charles Bacon, 11 ans, viols oral et anal en 1994 à la Trump Tower. Trump aurait versé 3 millions.

4) Rebecca Conway, 13 ans, agression sexuelle et viol oral, chez Trump à Charlottesville. Il aurait payé 5 millions de dollars.

5) Maria Olivera, 12 ans. Sa famille aurait reçu 16 millions pour régler la procédure pour viols survenus à Mal A Lago en 1993.

6) Kevin Noll, 11 ans, viol anal à la Trump Tower en 1998. Le cas a été réglé aussi mais on ignore pour quel montant.

[29] Il faut savoir qu’à ces soirées de produits de luxe où des types très riches sont invités, on fait aussi venir tout un tas de mannequins dont une partie peuvent être réservées pour la soirée à des tarifs de VIP.