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Politique mondiale, questions économiques et sociales, géopolitique

07 décembre 2009

Réunion Bilderberg 2009: pas d'accord sur la crise?

Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la « régler ».

L’objectif : la restructuration de l’économie politique mondiale  

 

Avant le début de la rencontre, le journaliste d’enquête Daniel Estulin a fait un reportage sur le principal point à l’ordre du jour, que lui ont divulgué ses sources à l’interne. Bien que de tels reportages ne puissent être vérifiés, ses sources, ainsi que celles de Jim Tucker, traqueur vétéran du Groupe Bilderberg, ont fait preuve d’une extrême justesse par le passé. Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ». À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ». Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre [1] », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial.

Peu après le début des réunions, le traqueur Jim Tucker signalait que ses sources à l’interne avaient révélé que le groupe a comme priorité « la planification d’un département mondial de la santé, d’une trésorerie mondiale et d’une courte dépression plutôt qu’un long déclin économique ». Tucker rapportait que Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et ancien premier ministre, «  a fait un discours encourageant la transformation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en un département mondial de la santé, celle du Fonds monétaire international (FMI) en un département mondial du trésor, tous deux bien sûr sous les auspices des Nations Unies ». En outre, M. Tucker signalait que « le secrétaire au Trésor Geithner et Carl Bildt réclamaient une récession plus courte, non pas une récession de 10 ans […] en partie parce que cette dernière ferait du tort aux industriels du Groupe Bilderberg. Bien qu’ils désirent des départements mondiaux du travail et du trésor, ils font tout de même de l’argent et une longue récession de la sorte leur coûterait cher sur le plan industriel puisque personne n’achèterait leurs gadgets. […] Le penchant est pour une courte récession [2]. »

Daniel Estulin rapportait après les réunions que « selon lui, l’une des principales préoccupations du club Bilderberg est le danger que leur zèle à réformer le monde en engendrant le chaos afin d’implanter leurs objectifs à long terme ne mène à une situation hors de contrôle et qu’elle entraîne tôt ou tard un scénario où Bilderberg et l’élite mondiale en général sont dépassés par les événements et finissent par perdre leur contrôle sur la planète [3] ».  

Le 21 mai, la Macedonian International News Agency affirmait qu’« un nouveau rapport du Kremlin sur l’obscur Groupe Bilderberg, qui tenait la semaine dernière sa rencontre annuelle en Grèce, mentionne que les membres de l’élite financière, politique et corporative de l’Occident ont émergé de leur conclave après être parvenus à l’entente selon laquelle il fallait ”complètement” détruire le dollar étatsunien s’ils voulaient continuer leur élan vers un nouvel ordre mondial dominé par les puissances occidentales ». De plus, ce même rapport non confirmé signalait que « lors d’une rencontre secrète à New York convoquée et présidée par David Rockefeller, la majorité des membres les plus riches de l’élite avaient convenu de conspirer l’effondrement du dollar étatsunien [4]. » Ce rapport, qui n’a pas été reconnu par d’autres sources médiatiques, doit être vérifié.


La réunion secrète des milliardaires

À la rencontre secrète dont il est question « une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent ». La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’« elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus ». L’éditrice de Chronicle of Philanthropy, Stacy Palmer, a déclaré : « Vu la gravité de la conjoncture économique, je ne crois pas qu’il soit surprenant que ces philanthropes se soient réunis. Il n’est pas typique qu’ils se rencontrent et se demandent des conseils », a-t-elle ajouté. Les trois hôtes de la rencontre étaient Bill Gates, Warren Buffett et David Rockefeller [5]. [Voir appendice 2 Bilderberg Connections to the Billionaire’s Meeting]. 

Membre fondateur de Bilderberg David Rockefeller, président honoraire du Council on Foreign Relations,

président honoraire et fondateur de la Commission Trilatérale , président du Council of the Americas et de la Americas Society, ancien président et PDG de Chase Manhattan.

À la réunion, « les participants ont refusé catégoriquement de révéler le contenu de la discussion. Certains ont cité une entente visant à garder la rencontre confidentielle. Les porte-parole de MM. Buffett, Bloomberg, Gates, Rockefeller, Soros, de Mme Winfrey et d’autres ont scrupuleusement refusé de commenter, bien que quelques-uns aient confirmé leur présence [6]. » Des reportages indiquent qu’« ils ont discuté de la façon d’aborder la crise mondiale et d’élargir leurs activités charitables pendant le déclin [7]. »

Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces « éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement ». Fait intéressant, « la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“ ». En outre, « on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts ». Ils ont par ailleurs « convenu que la surpopulation était une priorité ». Ultimement, « ils ont atteint un consensus selon lequel ils cautionneraient une stratégie où la croissance de la population serait taxée de potentielle menace environnementale, sociale et industrielle désastreuse [et qu’ils] doivent être indépendants des agences gouvernementales, lesquelles sont incapables de contrer le désastre imminent [qu’ils] voient tous ». Un des invités a déclaré qu’« ils désiraient discuter de riche à riche sans craindre que ce qu’ils disent se retrouve dans les journaux, les dépeignant comme un gouvernement mondial de rechange [8]. »

Un rapport a fuité

Daniel Estulin aurait reçu de ses sources au sein de Bilderberg un résumé de la réunion de 73 pages destiné aux participants et révélant de sérieux désaccords parmi ceux-ci. « Les partisans de la ligne dure sont favorables à un déclin dramatique et à une dépression courte et sévère, mais d’autres pensent que les choses sont allées trop loin et que les retombées du cataclysme économique mondial ne peuvent pas être calculées avec exactitude si le modèle de Henry Kissinger est choisi. » Richard Holbrooke est l’un d’eux, mais on ignore pour l’instant si sont point de vue est en fait celui d’Obama. » La vision du consensus était que la récession empirerait et que la reprise serait « relativement lente et prolongée » et de chercher ces termes dans la presse durant les semaines et les mois à venir.

M. Estulin rapportait « que face au spectre de leur propre mort financière, certains éminents banquiers européens sont extrêmement préoccupés et qualifiaient cet exercice de haute voltige d’« insoutenable », et affirmaient que les déficits budgétaire et commercial pourraient engendrer l’effondrement du dollar ». Un membre de Bilderberg a admis que « les banques mêmes ne savent pas quand [le fond sera atteint] ». Tous paraissaient s’entendre sur le fait que « le niveau de capital dont les banques étatsuniennes ont besoin pourrait être considérablement plus élevé que ce que le gouvernement états-unien a suggéré lors de ses récents tests de tension ». De plus, « quelqu’un du FMI a souligné que sa propre étude sur les récessions historiques suggère que les États-Unis ne sont rendus qu’au tiers de celle-ci. Par conséquent, les économies s’attendant à se rétablir grâce à la résurgence de la demande provenant des États-Unis devront attendre longtemps. » Un des participant à déclaré que « les pertes en capitaux propres en 2008 étaient pires que celles de 1929 [et que] la prochaine phase du déclin économique sera également pire que dans les années 1930, surtout parce que les États-Unis sont chargés d’une dette excessive d’environ 20 billions de dollars. L’idée d’un boom [économique] sain constitue un mirage jusqu’à ce que cette dette soit éliminée [9] ».

Selon Jim Tucker, le Groupe Bilderberg travail à la tenue d’un sommet en Israël du 8 au 11 juin, où « les experts internationaux en réglementation [pourront] aborder la situation économique actuelle dans un forum ». En ce qui a trait aux propositions de Carl Bildt concernant la création d’une trésorerie et d’un département de la santé mondiaux menés par les Nations Unies, le FMI deviendrait le Trésor mondial alors que l’Organisation mondiale de la Santé serait transformée en département mondial de la santé. M. Bildt a également réaffirmé que les « changements climatiques » serviraient de défi clé servant à la poursuite des objectifs de Bilderberg, faisant référence à la crise économique comme « une crise ne se produisant qu’une fois par génération alors que le réchauffement climatique est un défi qui n’arrive qu’une fois par millénaire ». Il a aussi prôné l’expansion de l’ALENA à travers l’hémisphère occidental dans le but de créer une Union américaine en utilisant l’UE comme « modèle d’intégration ».

Le FMI aurait envoyé un rapport au Groupe Bilderberg préconisant son ascension à titre de département mondial du Trésor et « le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner a cautionné ce plan avec enthousiasme, bien qu’il n’ait eu aucune assurance qu’il en serait le dirigeant ». Geithner a ajouté qu’« [ils] espéraient pouvoir travailler avec l’Europe à un cadre mondial, à une infrastructure mondiale pouvant effectuer une surveillance mondiale [10] ».

Le plan Bilderberg en marche?

Réformer la Réserve Fédérale  

À la suite de la rencontre du Bilderberg, plusieurs participants renommés ont fait des annonces intéressantes, particulièrement concernant la réorganisation de la Réserve fédérale. Le 21 mai, on rapportait que le secrétaire au Trésor Tim Geithner « était vraisemblablement fort enclin à donner un rôle majeur à la Fed dans la future réglementation [et] il est entendu que celle-ci effectuerait certaines des tâches de la Securities and Exchange Commission (SEC) étatsunienne [11] ».

Mercredi le 20 mai, Geithner a parlé devant le Comité des banques du Sénat (Senate Banking Committee), où il a déclaré que« des signes importants montrent que notre système financier commence à se rétablir ». À propos de la réglementation du système financier, il a ajouté : « Nous devons nous assurer que les règles financières internationales et les standard élevés que nous implanterons aux États-Unis sont cohérents [12]. » 


Le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner, ancien président de

Un article de Bloomberg révélait ceci : « L’administration Obama pourrait demander qu’on retire à la Sec certains de ses pouvoirs dans le cadre d’une réorganisation réglementaire. La proposition, toujours à l’ébauche, donnera possiblement davantage d’autorité à la Fed pour superviser les institutions financières jugées trop grosses pour faire faillite.

Par ailleurs, on rapportait que « le secrétaire au Trésor Geithner était prêt à discuter de propositions pour changer les règles financières hier soir à un dîner en compagnie du directeur du Conseil économique national, Lawrence Summers, de l’ancien président de la FED Paul Volcker, [qui étaient tous deux à la conférence Bilderberg], de l’ancien président de la SEC Arthur Levitt et de la professeure de droit de l’Université Harvard, Elizabeth Warren, à la tête d’un groupe de vigilance parlementaire pour le Plan de sauvetage des actifs à risques (Troubled Asset Relief Program (TARP)) de 700 milliards de dollars [13] ». La Réserve fédérale est une banque centrale privée, détenue par ses actionnaires, qui sont les plus grandes banques formant chacune des Fed régionales (les plus grandes étant JP Morgan Chase et la Federal reserve bank of New York). En gros, ce plan donnerait à une banque privée, laquelle possède une autorité gouvernementale, la capacité de réglementer les banques qui la détiennent. Cela équivaut à prendre un colonel pour veiller sur un général à qui il est directement redevable. C’est confier au renard la garde du poulailler. Il s’agit littéralement d’octroyer la propriété de la réglementation financière aux banques qui subissent la réglementation.

Comme le mentionnait Market Watch, une publication en ligne du Wall Street Journal, « la réserve Fédérale, créée il y a presque 100 ans dans la foulée d’une panique financière, pourrait être transformée en une agence différente au moment où l’administration Obama réinvente la façon dont le gouvernement interagit avec le système financier ». Concernant la présence de Geithner au Sénat, on mentionnait qu’« [il] a été bombardé de questions sur les relations étroites qu’entretiennent les grandes banques et les banques régionales de la Fed.

Avant que Geithner ne se joigne au gouvernement, il était président de la FED de NewYork, une étrange institution hybride publique-privée, en fait détenue et dirigée par les banques. » En réponse, « Geithner a insisté sur le fait que les banques privées n’ont pas leur mot à dire sur les politiques de la FED de New York, mais a reconnu que celles-ci en ont un lors de l’embauche du président, qui, lui, fait les politiques. Le président de la FED de New York, Stephen Friedman, a été contraint de démissionner plus tôt ce mois-ci en raison d’apparence de conflits d’intérêt dus à ses avoirs importants chez Goldman Sachs [14] ».

          
Le FMI comme trésorerie mondiale

L’objectif de Bilderberg visant à créer un trésor mondial avait déjà été mis en oeuvre avant leur réunion, avec les décisions prises lors du sommet financier du G20 en avril. Si le G20 semblait vouloir créer cette trésorerie en en faisant plutôt une banque centrale mondiale, il est probable que le FMI puisse assumer les deux rôles.

Après la réunion du G20 au début d’avril 2009, on mentionnait que « le monde a fait un pas de plus vers une monnaie mondiale, financée par une banque centrale mondiale, dirigeant une politique monétaire pour toute l’humanité », puisque le communiqué publié par les leaders du G20 indiquait : « Nous nous sommes mis d’accord pour soutenir une allocation générale de DTS, lesquelles injecterons 250 milliards de dollars (170 milliards de livres) dans l’économie mondiale et augmenterons la liquidité. Les DTS sont des droits de tirage spéciaux, un papier monnaie synthétique émis par le Fonds monétaire International qui dormait depuis un demi siècle. » Au fond, « il mettent en jeu une monnaie mondiale de facto. Elle n’est contrôlée par aucune entité souveraine [15] ». [Voir annexe 2: Creating a Central Bank of the World]

À la suite de la réunion de Bilderberg, « le président Obama a demandé au Congrès d’autoriser 100 milliards de dollars en prêts au FMI pour aider à la création d’un fonds de sauvetage mondial de 500 milliards », ce qui donnerait à cette institution le privilège exclusif essentiel d’un trésor mondial fournissant de l’aide financière aux pays dans le besoin autour du globe. De plus, « le projet de loi permettrait au FMI d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars des États-Unis et d’augmenter sa contribution fiscale à l’organisation de 8 milliards ». Plus en détail sur le programme, on a mentionné que « les leaders internationaux ont commencé à mettre en œuvre l’initiative d’aide financière mondiale appelé Nouveaux accords d’emprunts (NAE) au sommet du G20 en avril. Le président a accepté à ce moment là de mettre les fonds additionnels à disposition. » Obama a écrit : « Le secrétaire au Trésor Geithner a conclu que la taille des NAE est lamentablement inadéquate pour affronter la nature grave de la crise économique et financière que nous vivons et je suis d’accord avec lui [16] ».

En ce qui a trait à la décision du G20 d’accroître l’usage des DTS du FMI, créant une monnaie mondiale de facto, on rapportait que « l’Afrique subsaharienne recevra environ 10 milliards du FMI en DTS afin d’aider ses économies à surmonter la crise financière mondiale. Dans le cadre d’un accord de 1,1 billion de dollars conclu au sommet du G20 en avril et visant à lutter contre le déclin économique mondial, le FMI émettra l’équivalent de 250 milliards de DTS, qui pourront servir à augmenter les réserves de devises étrangères ».

Des reportages récents ont également indiqué que le rôle du FMI dans l’émission des DTS va de pair avec la discussion de Bilderberg sur l’effondrement du dollar étatsunien et que « le fait de transformer l’étalon dollar en système basé sur les DTS constituerait une rupture avec la politique en vigueur depuis plus de 60 ans ». On signalait également ceci : « Il existe deux façons de réduire le rôle du dollar dans le système monétaire international. Une des possibilités serait son érosion graduelle comme monnaie de réserve en fonction du marché et en faveur de l’euro. Toutefois, même si le rôle international de l’euro a augmenté depuis son inauguration, particulièrement dans les marchés financiers, il est difficile d’envisager qu’il surpasse le dollar comme monnaie de réserve dominante dans un avenir rapproché. » Cependant, « puisque qu’il est improbable que l’hégémonie du dollar soit minée par les forces du marché, du moins à court ou moyen terme, la seule façon de provoquer une réduction majeure de son rôle comme monnaie de réserve assez rapidement est au moyen d’un accord international ». C’est là où les DTS entrent en jeu puisque « une façon d’[en] faire rapidement la principale monnaie de réserve serait de créer et d’allouer aux membres du FMI d’énormes sommes de DTS [18] ». Fait intéressant, c’est exactement ce qui se produit actuellement en Afrique avec le FMI.

L’ancien directeur général du FMI Jacques de Larosière a récemment déclaré que la crise financière actuelle, « compte tenu de son envergure, offre une chance unique d’améliorer les institutions et il y a déjà un risque de la rater si les différents acteurs n’arrivent pas à s’entendre sur les changements avant que la croissance économique ne reprennent ». Il est maintenant conseiller pour BNP Paribas, une compagnie fortement représentée aux réunions de Bilderberg, et il a été à la tête du Trésor de la France lors de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, un habitué du Groupe Bilderberg [19].  


The Guardian couvre la rencontre de Bilderberg

Le journal britannique Guardian a été le seul des grands quotidiens dominants à couvrir la réunion à chaque instant au cours de la fin de semaine. Les premières rubriques de Charlie Skelton étaient satiriques et légèrement railleuses, en faisant allusion à l’événement comme « un long weekend dans un hôtel de luxe, où les élites du monde peuvent se serrer la main, faire tinter leurs verres, mettre au point leurs projets mondiaux, se disputer à propos de celui qui possède la meilleure chaise longue. Je suppose que Henry Kissinger fait apporter la sienne par hélicoptère et la fait surveiller par une équipe d’opérations spéciales de la CIA [20] ». Mais au courant de la fin de semaine, le journaliste a changé de ton. La samedi il a déclaré : « Je sais que je me fais suivre. Je le sais car je viens de discuter avec le policier en civil que j’ai surpris en train de me filer. » Il a aussi été arrêté à deux reprises la première journée des réunions pour avoir tenté de prendre des photos alors que les limousines arrivaient à l’hôtel [21].

Il a mentionné plus tard qu’il n’était pas certain de ce dont ils discutaient à l’intérieur de l’hôtel, mais qu’il « sentait qu’il y avait quelque chose de corrompu en Grèce. Il a ajouté qu’« en trois jours [il] était devenu un suspect, un fauteur de trouble, un indésirable, [qu’il] se sentait mal à l’aise, fatigué et un peu craintif ». Il poursuit en écrivant « Bilderberg c’est une question de contrôle. Tout tourne autour de "qu’est ce que nous devrions faire ensuite?" Nous dirigeons déjà plein de trucs, et si on en dirigeait plus? Et si on en facilitait la maîtrise? Rendre le tout plus efficace. L’efficacité c’est bien. Ce serait tellement plus facile avec une seule banque, une seule monnaie, un seul marché, un seul gouvernement. Et s’il n’y avait qu’une seule armée? Ce serait vraiment super. Nous n’aurions alors plus de guerre. Ce cocktail de crevettes est BON. Et s’il n’y avait qu’une seule façon de penser? Et si Internet était contrôlé? » Et il ajoute, « et si... Non, je blague ».

Puis, il fait une remarque avisé, contrant l’argument fréquent voulant que Bilderberg n’est qu’un forum où les gens peuvent s’exprimer librement : « Je suis incroyablement écoeuré que le pouvoir soit influencé par le plus petit nombre. Je l’ai vu de mes yeux pendant trois jours et cela m’emmerde au plus haut point. Ça m’est égal si le Groupe Bilderberg envisage de sauver le monde ou de le mettre dans un mélangeur et d’en boire le jus, mais je ne crois pas que c’est la façon de faire de la politique. » L’auteur, déclare ensuite de manière éloquente : « S’ils tentent de guérir le cancer, ils pourraient le faire à la lumière du jour. » Il explique ensuite que « Bilderberg c’est une question de positions de contrôle. Je m’en approche à un demi mille et soudainement, je suis un des contrôlés. On me suit, me surveille, m’enregistre, me met en détention et encore en détention. C’est le "pouvoir" sur la route qui m’a mis dans cette situation [22] ».

Dimanche le 17 mai, Skelton a demandé au chef de police pourquoi on le suivait, celui-ci lui a répondu en lui demandant : « Pourquoi vous êtes là? » Le journaliste a répondu qu’il était là pour couvrir la conférence de Bilderberg, après quoi le chef lui a rétorqué : « Hé bien voilà la raison! Voilà pourquoi! Notre conversation est terminée! [23] » Les reporters se font-ils suivre et traquer par la police lorsqu’ils couvrent le Forum économique mondial? Non. Alors pourquoi est-ce le cas avec le Groupe Bilderberg, si cette conférence n’est vouée qu’à discuter d’idées librement?

Le lundi suivant la conférence, Skelton écrit : « Il n’y a pas que moi qui ait été arrêté pour avoir osé traîner à un demi-mille des portes de l’hôtel. Les quelques journalistes qui ont fait le voyage jusqu’à Vouliagmeni cette année se sont tous faits harcelés et ont senti la partie travaillante d’un talkie-walkie grec. Bon nombre ont été arrêtés. Bernie, d’American Free Press et Gerhard, le documentariste (on dirait un nom de personnage de Donjons et Dragons) ont affrété un bateau d’une marina à proximité afin d’essayer de prendre des photos par la mer. Ils ont été arrêtés à trois milles du complexe hôtelier. Par la marine grecque. » Comme l’a dit Skelton : « Mes dépêches sur la conférence de 2009, si elles signifient quoi que ce soit, ne représentent rien de plus évident que l’absence de couverture médiatique grand public approfondie [24]. »

L’article final de Skelton sur Bilderberg le 19 mai montre jusqu’où il est allé durant ces quelques jours de reportage : de l’écriture humoristique à la découverte de sa filature par le service de sécurité de l’État grec. Il a fait ces réflexions : « Alors, qui est le paranoïaque? Est-ce moi, qui se cache dans les cages d’escalier, observant le reflet de la chaussée derrière moi dans les vitrines de magasins, demeurant en public par mesure de sécurité? Ou Bilderberg, avec ses deux F-16, ses hélicoptères qui font des rondes, ses mitraillettes, ses commandos de la Marine et sa politique visant à détenir et harceler à répétition une poignée de journalistes? Qui est le plus cinglé? Moi ou Baron Mandelson? Moi ou Paul Volker, le dirigeant du Conseil consultatif pour la relance économique? Moi ou le président de Coca-Cola »?

Il ajoute : « La publicité est comme du sel pur sur la limace géante qu’est Bilderberg. Je suggère donc que l’on se pointe l’an prochain avec quelques pots à sel de plus. Si la presse dominante refuse de couvrir convenablement cet important événement annuel, alors les citoyens intéressés devrons le faire : les médias du peuple. »

Étonnamment, Skelton juge que ce qu’il a appris de la conférence Bilderberg est « notre devoir de nous battre, nous battre, nous battre, maintenant, dès maintenant, cette seconde même, avec chaque particule de notre âme, -- pour empêcher le projet des pièces d’identités, [puisque] tout tourne autour du pouvoir de demander à les voir, de l’obligation de les montrer, d’avoir à justifier son existence, du pouvoir de celui qui questionne sur la soumission de celui qui doit répondre. […] J’ai appris avec les fouilles aléatoires, les détentions, les coups des furieuses brutes de la sécurité et les bureaux de policiers sans numéros que j'ai cognés, que j’ai dû souffrir à cause de Bilderberg : j’ai passé la semaine à vivre à la fois le cauchemar d’un avenir probable et différentes versions d’un passé terrifiant. J’ai eu droit à un très petit aperçu d’un monde de vérifications ponctuelles et de forces de sécurité non contrôlées. Et j’en suis resté ébranlé. J’en suis resté marqué, littéralement. » Il explique ostensiblement : « la carte d’identité transforme le citoyen libre que vous êtes en suspect [25]. »

Qui était présent?

La royauté

La reine Beatrix des Pays-Bas, la plus importante actionnaire de Royal Dutch Shell

Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en Analyse économique et commerciale, en Analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en Technologie de l’information, parmi bien d’autres. Le prince Constantijn a également été chercheur en politiques pour la Rand Corporation en Europe.

Les banquiers 

Comme d’habitude, la liste des participants était pleine de représentants des plus grandes banques au monde. Parmi ceux-ci, David Rockefeller, ancien PDG et président de la Chase Manhattan – maintenant JP Morgan Chase – dont il était jusqu’à récemment président du Conseil consultatif international. Aussi, il siège toujours à titre de président honoraire du Council on Foreign Relations, de président du Board of the Americas Society et du Council of the Americas, de président honoraire de la Commission, trilatérale, qu’il a fondé aux côtés de Zbigniew Brzezinski, également membre fondateur du Groupe Bilderberg, éminent philanthrope et actuel doyen d’une des dynasties bancaires les plus riches et puissantes du globe.  

Josef Ackermann était également de la partie. Le banquier suisse est PDG de la Deutsche Bank et directeur non exécutif de Royal Dutch Shell, vice-président de Siemens AG – la plus importante firme d’ingénierie européenne – membre du Conseil consultatif international du groupe Zurich Financial Services, président de l’Institut de finances internationales — la seule association mondiale d’institutions financières – et enfin vice-président du Conseil de fondation du Forum économique mondial [27].  

Roger Altman, spécialiste des services de banques d’affaires, investisseur de capitaux propres et ancien secrétaire adjoint au Trésor du gouvernement Clinton participait lui aussi à cette rencontre. D’autres banquiers étaient du nombre, comme Ana Patricia Botin, présidente de la banque d’Espagne, de Banco Español de Crédito et anciennement au service de JP Morgan; Frederic Oudea, PDG et récemment nommé président du conseil de société Générale, banque française; Tommaso Padoa-Schioppa, économiste et banquier italien, anciennement ministre de l’Économie et des Finances; Jacob Wallenberg président de Investor AB; Marcus Wallenberg, PDG de Investor AB et George David, PDG de United Technologies Corporation et membre du conseil d’administration de Citigroup, du Business Council, du Business Roundtable et vice-président du Peterson Institute for International Economics [Pour en savoir plus sur le Peterson Institute, voir Annexe 1]

Parmi les banquiers canadiens figuraient W. Edmund Clark, président et PDG du Groupe Financier Banque TD, membre de la direction de l’Institut C.D. Howe – un important laboratoire d’idées canadien; Frank McKenna, vice-président du Groupe Financier Banque TD, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, et enfin la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, qui siège par ailleurs sur le conseil de la banque Scotia, une des plus grandes du pays.

Dirigeants des banques centrales

la Banquela Banquela Banquela Federal Reservea Réservela FedAu sein des membres du Groupe Bilderberg, il y a bien sûr les dirigeants des banques centrales les plus importantes du monde. Cette année, il y avait le gouverneur de la Banque nationale de Grèce, celui de la banque d’Italie, le président de la Banque européenne d’investissement, l’ancien président de mondiale, James Wolfensohn et Nout Wellink membre de la direction de des règlements internationaux (BRI) [28] et Jean-Claude Trichet président de centrale européenne [29]. Rien n’indique que le président de Bank of New York, William C. Dudley, ainsi que le gouverneur de fédérale, Ben Bernanke, y étaient, ce qui serait un étrange concours de circonstances si l’on considère que celui qui occupe ce poste est toujours présent aux rencontre du Bilderberg. J’ai contacté de New York afin de savoir si M. Dudley avait participé à des réunions en Grèce ou s’il y était allé du 14 au 17 mai ou si un autre haut représentant de l’institution y était allé à sa place. J’attends toujours une réponse.

Le gouvernement Obama à la conférence Bilderberg


Le conseiller à la sécurité nationale, le général James Jones

Les membres de l’administration Obama étaient en grand nombre à cette conférence annuelle. Parmi eux, Keith B. Alexander, lieutenant général de la United States Army et directeur de la National security Agency, l’agence d’espionnage monumentale des États-Unis; Timothy Geithner, secrétaire au Trésor et ancien président de la Federal Reserve Bank of New York; Richard Holbrooke, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan; le général James Jones, conseiller national pour la Sécurité la Russiela Sécuritéla Maison-Blanchela Banquela Réserve fédérale et chef du Comité consultatif de relance économique du président Obama; Robert Zoellick, ancien président de Goldman Sachs et actuel président de la Banque mondiale [30] et le secrétaire d’État adjoint James Steinberg [31]. ; Henry Kissinger, envoyé spécial pour , membre de longue date de Bilderberg et autrefois secrétaire d’État et conseiller national pour ; Dennis Ross conseiller spécial pour le golfe Persique et l’Asie du Sud-Ouest de la secrétaire d’État Hillary Clinton; David Patraeus commandant de CENTCOM (Commandement du Centre des États-Unis au Moyen-Orient), Lawrence Summers, directeur du Conseil économique national de , ancien secrétaire au Trésor du gouvernement Clinton, ancien président de l’Université Harvard et ancien économiste en chef de mondiale; Paul Volcker, ancien gouverneur de la FED.

Autres noms notoires 

Parmi bien d’autres personnalités présentes à cette rencontre se trouvaient le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission européenne et président honoraire du Groupe Bilderberg; Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre du Portugal; Franco Bernabè, PDG de Telecom Italia et vice-président de Rothschild Europe; Carl Bildt, ancien premier ministre de la Suède; ; Kenneth Clarke obscur secrétaire administratif au Royaume Uni; Richard Dearlove, ancien chef du service de renseignements britannique MI6; Donald Graham, PDG de la Washington Post la Chambre la Dotation Carnegie Company; Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN; John Kerr, membre de des lords britannique et président de Royal Dutch Shell; Jessica Matthews, présidente de pour la paix internationale; Richard Perle de l’American Enterprise Institute; Romano Prodi, ancien premier ministre italien; J. Robert S. Prichard, PDG de Torstar Corporation et président émérite de l’Université de Toronto; Peter Sutherland, ancien directeur général de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), premier directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et actuellement président de British Petroleum (BP) et de Goldman Sachs International ainsi que membre de la direction de la Royal bank of Scotland, président de la commission trilatérale, vice président de la Table  ronde des industriels européens et membre de longue date de Bilderberg; Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook; Jeroen van der Veer, PDG de Royal Dutch Shell; Martin Wolf, rédacteur en chef adjoint et journaliste économique en chef du journal Financial Times et finalement Fareed Zakaria, journaliste étatsunien et membre de la direction du Council on Foreign Relations [32]. Certains reportages faisaient état de la présence d’Eric Schmidt, PDG de Google, et du rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Gigot [33], tous deux présents à la rencontre de l’an dernier [34].

Conclusion  

 

Il est évident que la prérogative de cette rencontre annuelle de Bilderberg était d’exploiter au maximum la crise financière mondiale pour atteindre les objectifs que le groupe s’était fixés depuis de nombreuses années. Ceux-ci comprennent la création d’un département du trésor mondial, probablement en concomitance avec une banque centrale mondiale ou intégré à celle-ci, lesquels semblent en voie d’être incorporés au FMI.

Naturellement, ces rencontres de Bilderberg servent les intérêts des personnes et des organisations présentes. Étant donné la vaste représentation de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à cette réunion, il est surprenant qu’il n’y ait pas eu plus d’informations provenant de cette rencontre en ce qui concerne la politique étrangère des États-Unis, notamment au Pakistan et en Afghanistan. 

Cependant, les États-Unis ont décidé récemment de congédier le général qui supervisait la guerre en Afghanistan et de le remplacer par « le lieutenant-général Stanley McChrystal, un ancien béret vert qui commandait il y a peu de temps les Forces d’opérations spéciales secrètes de l’armée en Irak [35] ». De 2003 à 2008, McChrystal était à la tête du Joint Special Operations Command du Pentagone (JSOC), lequel supervise les forces les plus cruciales de l’armée, y compris la delta force « et que Seymour Hersh, journaliste d’investigation et récipiendaire du prix Pulitzer, a désigné comme le chef de “l’aile administrative d’assassins“ du vice-président Cheney [36].

Donc, vu les récents changements ainsi que le nombre élevé de représentants de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à la conférence Bilderberg cette année, il est probable que des décisions aient été prises ou, à tout le moins, qu’il y ait eu des discussions concernant l’escalade de la guerre en Afghanistan et de son expansion au Pakistan. Toutefois, il n’est pas surprenant que le principal point à l’ordre du jour ait été la crise financière mondiale. La prochaine année sera sans aucun doute intéressante et l’élite espère certainement en faire une année productive.

Article original en anglais,

The Bilderberg Plan for 2009: Remaking the Global Political Economy, publié le 26 mai 2009.

Traduction : Julie Levesque, Mondialisation.ca.

Notes


[1] CFP, Annual Elite Conclave, 58th Bilderberg Meeting to be held in Greece, May 14-17. Canadian Free Press: May 5, 2009:

http://canadafreepress.com/index.php/article/10854

[2] Paul Joseph Watson, Bilderberg Wants Global Department Of Health, Global Treasury. Prison Planet: May 16, 2009:

http://www.infowars.com/bilderberg-wants-global-department-of-health-global-treasury/

[3] Paul Joseph Watson, Bilderberg Fears Losing Control In Chaos-Plagued World. Prison Planet: May 18, 2009:

http://www.prisonplanet.com/bilderberg-fears-losing-control-in-chaos-plagued-world.html

[4] Sorcha Faal, Bilderberg Group orders destruction of US Dollar? MINA: May 21, 2009:

http://macedoniaonline.eu/content/view/6807/53/

[5] Kristi Heim, What really happened at the billionaires' private confab. The Seattle Times: May 20, 2009:
http://seattletimes.nwsource.com/html/thebusinessofgiving/2009244202_what_really_happened_at_the_bi.html

[6] A. G. Sulzberger, The Rich Get … Together (Shhh, It Was a Secret). The New York Times: May 20, 2009:
http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/05/20/the-rich-get-together-shhh-it-was-a-secret/

[7] Chosun, American Billionaires Gather to Discuss Slump. The Chosun Ilbo: May 22, 2009:

http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2009/05/22/2009052200772.html

[8] John Harlow, Billionaire club in bid to curb overpopulation. The Sunday Times: May 24, 2009:

http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article6350303.ece

[9] Press Release, Investigative Author, Daniel Estulin Exposes Bilderberg Group Plans. PRWeb: May 22, 2009:

http://www.prweb.com/releases/Bilderberg_Group_Meeting/Daniel_Estulin/prweb2453144.htm

[10] James P. Tucker Jr., BILDERBERG AGENDA EXPOSED. American Free Press: June 1, 2009:

http://www.americanfreepress.net/html/bilderberg_2009_179.html

[11] James Quinn, Tim Geithner to reform US financial regulation. The Telegraph: May 21, 2009:

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance
/5359527/Tim-Geithner-to-reform-US-financial-regulation.html

[12] Greg Menges, U. S. Secretary of the Treasury Timothy F. Geithner speech before the Senate Banking Committee. Examiner: May 20, 2009:

http://www.examiner.com/x-8184-Boston-Investing-Examiner~y2009m
5d20-U-S-Secretary-of-the-Treasury-Timothy-F-Geithner-speech-before-the-Senate-Banking-Committee

[13] Robert Schmidt and Jesse Westbrook, U.S. May Strip SEC of Powers in Regulatory Overhaul. Bloomberg: May 20: 2009:

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a18ctNv3FDcw

[14] Rex Nutting, Fed could be completely retooled, Geithner says. Market Watch: May 20, 2009:

http://www.marketwatch.com/story/fed-could-be-completely-retooled-geithner-says

[15] Ambrose Evans-Pritchard, The G20 moves the world a step closer to a global currency. The Telegraph: April 3, 2009:

http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/5096524/The-G20-moves-the-world-a-step-closer-to-a-global-currency.html

[16] Marie Magleby, Obama Wants U.S. to Loan $100 Billion to Global Bailout Fund. CNS News: May 20, 2009:

http://www.cnsnews.com/public/content/article.aspx?RsrcID=48329

[17] Joe Bavier, Sub-Saharan Africa to receive $10 bln in SDRs-IMF. Reuters: May 25, 2009:

http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUSLP336909

[18] Onno Wijnholds, The Dollar’s Last Days? International Business Times: May 18, 2009:

http://www.ibtimes.com/articles/20090518/dollar-rsquolast-days.htm

[19] MATTHEW SALTMARSH, Former I.M.F. Chief Sees Opportunity in Crisis. The New York Times: May 22, 2009:

http://www.nytimes.com/2009/05/23/business/global/23spot.html?ref=global

[20] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: in pursuit of the world's most powerful cabal. The Guardian: May 13, 2009:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/13/in-search-of-bilderberg

[21] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: They're watching and following me, I tell you. The Guardian: May 15, 2009:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch

[22] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: I'm ready to lose control, but they're not. The Guardian: May 15, 2009:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch1

[23] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: 'You are not allowed to take pictures of policemen!' The Guardian: May 17, 2009:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/17/charlie-skelton-bilderberg

[24] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Fear my pen. The Guardian: May 18, 2009:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/18/bilderberg-charlie-skelton-dispatch

[25] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Let's salt the slug in 2010. The Guardian: May 19, 2009:

http://www.guardian.co.uk/news/blog/2009/may/19/bilderberg-skelton-greece

[26] Dutch Royal House, Work and official duties. Prince Constantijn:

http://www.koninklijkhuis.nl/english/content.jsp?objectid=18215

[27] Deutsche Bank, Management Board. Our Company:

http://www.db.com/en/content/company/management_board.htm

[28] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:

http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[29] Demetris Nellas, Greek nationalists protest Bilderberg Club meeting. AP: May 14, 2009:

http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5jep_nbEq1srzJHFQ8fRGNQO3P38QD987H3200

[30] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:

http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[31] MRT, Top US official arrives in Greece. Macedonian Radio and Television: May 15, 2009:

http://www.mrt.com.mk/en/index.php?option=com_content&task=view&id=6112&Itemid=28

[32] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:

http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[33] WND, Google joins Bilderberg cabal. World Net Daily: May 17, 2009:

http://worldnetdaily.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=98469

[34] Adam Abrams, Are the people who 'really run the world' meeting this weekend? Haaretz: May 14, 2009:
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1085589.html

[35] YOCHI J. DREAZEN and PETER SPIEGEL, U.S. Fires Afghan War Chief. The Wall Street Journal: May 12, 2009:

http://online.wsj.com/article/SB124206036635107351.html

[36] M.J. Stephey, Stan McChrystal: The New U.S. Commander in Afghanistan. Time Magazine: May 12, 2009:

http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1897542,00.html

La RAND Corporation était initialement un groupe de réflexion destiné à offrir des recherches et des analyses aux Forces armées étatsuniennes, mais elle travaille maintenant avec des gouvernements, des fondations et des organisations internationales et commerciales [26]. Parmi les autres membres de la royauté européenne présents à la conférence, on trouvait le prince Philippe de Belgique et la reine Sofia d’Espagne.

La Fed héritera peut-être de certaines fonctions de la SEC , les autres pourraient être assumées par d’autres agences. » Fait intéressant, « l’agence de Mary Schapiro, présidente de la SEC , a été absente durant la majeure partie des négociations sur la refonte réglementaire et elle s’est dite frustrée qu’on ne l’ait pas consultée ».

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06 décembre 2009

DSK, le retour (3è partie)

Il est temps de parler de DSK et du tapage médiatique auquel on a droit depuis quelques mois pour en faire LE candidat du PS en 2012. Son parcours mérite quand même un bref résumé, car ces dernières années, DSK est entré de plein pied dans l'establishment international. Du coup, il est en pôle position pour 2012, d'après les médias.

En 2000, par exemple, il avait déjà fait son "grand retour", dixit France 2, après avoir été impliqué dans différentes h_20_1472139_1238081742affaires judiciaires à la fin des années 90. Affaires desquelles il est, comme par hasard, toujours ressorti avec des relaxes ou des non lieux, ce qui interdit de les évoquer. Mais là il s'agit de retracer brièvement le parcours d'un éventuel futur président de la République.


Les "affaires"


On se souvient de l'affaire de la Mnef, la Mutuelle Nationale des Etudiants de France, à laquelle cotisent les étudiants pour être remboursés de leurs frais médicaux. DSK avait été mis en examen et était accusé d'avoir fait des faux afin de détourner une partie de l'argent des étudiants pour le PS. Il avait ainsi perçu 600.000 F de la mutuelle en échange de "conseils" procurés par son cabinet d'avocats. C'était la 1ère mise en examen.


La deuxième, pour "recel d'abus de bien sociaux", c'était pour avoir fait payer le salaire de sa secrétaire par ELF, qui a aussi versé son obole au cercle de l'Industrie de DSK avant même d'en faire partie. A noter: la secrétaire payée par ELF travaillait pour le Cercle de l'Industrie.

Juste avant ces deux mises en examen, il a démissionné du gouvernement Jospin en novembre 1999. Mais enfin, tous les politiques sont montés au créneau pour dire que le pauvre, il était bien obligé, comme tout le monde, de détourner de l'argent pour financer son parti, puisqu'il n'y avait pas d'argent public pour financer ces machines voraces en fric.


DSK a aussi connu des perquisitions dans l'histoire de la cassette Méry, où ce politique expliquait un système de corruption politique. Les juges, qui ont enquêté à son sujet pour "soustraction de preuves" et "trafic d'influence " ont été perquisitionner chez un DSK "indigné" ainsi qu'à son bureau pour trouver ladite cassette, qu'on  l'a soupçonné d'avoir récupérée cotnre avantages fiscaux à Karl Lagerfeld, et refilée à la presse. Lui disait l'avoir eue, mais jamais regardée...



sego_dsk_venereUn socialiste "nouvelle vague"


DSK commence sa carrière politique à la fin des années 70, au Ceres de Chevènement, puis au début des années 80,  il commence à conseiller Jospin. Au passage, on comprend mieux pourquoi le PS a très vite arrêté de critiquer l'économie de marché.


En 1982, DSK entre au Commissariat général au Plan en tant que chef du service financement, puis commissaire adjoint général.

En 1986, il est député de Haute Savoie, puis du Val d'Oise en 1988. A l'Assemblée, il devient président de la Commission des Finances. Pendant ce temps là, il devient aussi l'oracle du PS en matière d'économie, jusqu'à parvenir au poste de ministre de l'Industrie et du Commerce dans le gouvernement Cresson, en 1991, puis dans celui de Beregovoy.


En 1995, il devient maire de Sarcelles qui se transforme en zone franche, et théorise des grandes expériences dans le programme économique du PS.


En 1997, il est ministre des Finances sous Jospin. Et là, il applique un programme libéral, soi disant pour appliquer les mesures européennes, mais en réalité il s'agit du credo qu'il n'hésite pas à affirmer aujourd'hui. Il commence la privatisation de France Telecom, par exemple, ou de Thomson.
Il signe aussi l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce des Services, qui prévoit la libéralisation de tous les services, dont la santé, l'éducation, les transports en commun, l'eau, l'électricité...

Il doit démissionner en 1999 après avoir été mis en cause, et revient en 2002 après avoir été blanchi (on remarquera, en l'occurrence, la rapidité du processus judiciaire) comme député du Val d'Oise. C'est aussi juste après la défaite cuisante du PS qui n'a pas été au second tour, si bien qu'il a beau jeu de critiquer la campagne et de faire le beau dans moult émissions de télé en disant qu'avec lui ça n'aurait pas été la cata.


DSK est aussi secrétaire national du PS etc. prône le "oui" au référendum sur la constitution européenne via son club "A Gauche en Europe" (sic.) crée pour l'occasion avec Rocard, et où on retrouve une partie du gratin européen de l'époque. Le groupuscule participe à la création du magnifique programme du PS en 2007. Dès la défaite, il déclare qu'il faut que le PS rejoigne la "social démocratie", qui n'a rien de social ni d'ailleurs de démocratique.


Pas d'inquiétude, il se recase tout de suite au FMI, où en même pas un an il arrive à se coller une histoire de favoritisme au profit d'une ou deux de ses maîtresses. Et il est encore une fois blanchi par le FMI soi-même. Grâce, toutefois, à l'aide d'un communiquant d'Euro RSCG.

Pendant qu'il est au FMI, des types comme Cambadélis (qui a fait partie comme Jospin du fameux courant lambertiste financé jadis par l'agent de la CIA Irving Brown, et a été mouillé lui aussi dans l'affaire de la Mnef, mais lui est condamné à des amendes) assurent sa représentation au PS et ailleurs.




A cotés...

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En 1993, après une défaite électorale aux législatives, il devient avocat d'affaires et crée DSK Consultants. L'année suivante, il crée avec le parton de Publicis le Cercle de l'Industrie, avec des industriels et politiques de droite et de gauche. Étaient réunis pour parler d'Europe, donc, et d'Industrie,  le PDG de Renault, ou celui de Lafarge (entreprise toujours représentée au Bilderberg depuis des années), celui de l'ex Rhône Poulenc, d'EDF, de l'Oréal ou de Total par exemple.

En fait, le Cercle de l'industrie est une espèce de lobbie pro européen regroupant des industriels pour défendre leurs intérêts auprès de l'Europe.


Très vite, une cinquantaine d'entreprises françaises y cotisent. Accessoirement, cela permet aussi à DSK de se rapprocher de tous ces PDG qui seront prompts ensuite à financer et propager sa cause. Ce qui, on le constate, n'a pas manqué. Mais aussi, certaines de ces entreprises l'ont grassement rémunéré pour ses "conseils".

Au sein du PS, il aussi un courant de jeunes qui se réclament du courant DSK, Socialisme et démocratie jeunes, qui fait partie du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), histoire d'assurer la relève.



En 2001, il devient président de la Fondation Jean Jaurès, assez proche des organisations atlantistes comme la National Endownment for Democraty et du National Democratic Institute.


Pendant ses périodes hors du champ politique, il enseigne. Notamment à Stanford, où il a été recruté en 2000 par Condoleeza Rice, qui dirigeait l'université.


c_039_strauss_kahnIl participe également à la réunion du Bilderberg dès 2000 , où il a croisé Georges Soros (un habitué), David Rockefeller, Henri Kissinger, Javier Solana, Jean-Calude Trichet de la Banque de France qui passe ensuite à la BCE (un habitué aussi), James Wolfensohn de la banque mondiale, les PDG de Paribas, Fortis, Nokia, le directeur de la CIA et bien d'autres, ce qui lui a ensuite valu les faveurs de Romano Prodi et de Jean Claude Juncker, deux autres habitués du Bilderberg, pour être le candidat de l'Europe au FMI, pile au moment de la crise et du renforcement du rôle et des moyens dudit FMI.


C'est aussi le candidat de la france, puisqu'il a eu tout l'appui de Sarko. D'ailleurs, certains pensent que DSK s'est retiré de la campagne en échange de ce poste, juste pour favoriser Sarko.
Sa campagne pour le poste au FMI, où il a sillonné le monde pour "convaincre" des pays dont le droit de vote au FMi est proche de 0%, de voter pour lui, a été financée par le contribuable Français, pour le bénéfice de diverses agences de com', dont TD International, créée par un ancien dirigeant de la CIA, William Green, expulsé de Paris par Pasqua quand il était à l'Intérieur.


Il fonde aussi l'European Council on Foreign Relations en 2007, un think tank destiné à promouvoir une position atlantiste de l'Europe en matière de politique étrangère. Ce truc est largement financé par le milliardaire US Georges Soros qui, dans sa grande mansuétaude, aussi financé quelques "révolutions" du côté des Balkans, comme celle des Roses ou bien la "révolution orange" en Ukraine. En font également partie Jospin, Christine Ockrent, Pierre Moscovici ou l'incontournable Daniel Cohn Bendit.

Et puis, on y retrouve aussi tout un tas de pontes de l'européanisme orthodoxe comme Martti Ahtisaari, qui a poussé à l'autonomie du Kosovo et a reçu un prix nobel de la paix, Giuliano Amato (ex président du Conseil italien, qui a été à l'origine du traité européen qui vient d'entrer en vigueur, cette espèce de "constitution" gravissime tant elle est libéarle. Il était aussi membre des Amis de l'Europe, où on retrouve Etienne Davignon, le directeur du Bilderberg, au poste de président.), des patrons comme celui de Venture, de la Deutsche Bank, le directeur de la Confindustria italienne, le directeur de l'IFRI (institut français des relations internationales),  de l'institut Aspen italien, de la fondation Bertelsmann, celui de l'International Crisis Group de Soros ainsi que divers lobbyistes et consultants en tous genres, des profs d'universités diverses dont la London School of Economics, des politiciens européanistes de tous bords et de tous pays.  

Accessoirement, DSK a des positions plutôt favorables aux sionistes en prônant systématiquement la nocivité du Hamas et du Hezbollah, qui refusent d'accepter Israël et de négocier pacifiquement, ce qui est un résumé un peu rapide de la situation. Pour lui, Jérusalemn doit être la capitale d'Israël, et il faudrait même intégrer la région à l'Europe, pour assurer la paix! Et puis, il ajoute de la tension avec l'Iran, rappelle que le hezbollah est considéré (par les US) comme une organisation terroriste etc. Autant de positions parfaitement alignées sur celles de Washington et de Sarko.



Le raout médiatique

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Déjà en 2002, quand il fait son retour juste après quelques "affaires", on a pu lire des panégyriques sur DSK un peu partout. Par exemple, un type d'IPSOS a décrit DSK à l'époque comme " Séducteur sans être démagogue, stratège sans être un simple tacticien. On lui reconnaît une capacité d'adaptation sans superficialité, une ambition réelle mais pas de visée carriériste", "capable de se mettre au niveau de son public, sans pour autant tomber dans un registre populiste. Il sait expliquer sans professer, se mettre à la portée d'autrui sans rabaisser.Il a une personnalité réelle, affirmée, il "ne doit rien à personne" et on voit en lui un homme de convictions capable de lutter pour les imposer face à divers adversaires dans son camp ou dans l'autre". mais surtout, "DSK fait figure d'homme raisonnable, cartésien, d'économiste hyper-brillant mais compréhensible, au discours accessible".


N'en jetez plus! Je vous épargne la suite, du même acabit et carrément lourdingue. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi DSK était encensé à ce point, mais finalement il a probablement toujours été dans les hautes sphères politiques et les manigances nationales puis internationales, ce qui fait que personne n'ose le critiquer ouvertement.

Puis, il revient. Toujours aussi libéral et adepte de la mondialisation, se félicitant d'avoir "pérénnisé" le G20 et mis le FMI "au centre des objectifs"…


En mars 2009, il est 1er des "côtes d'avenir", super classement... du Figaro. Puis, il passe à une conférence au Canada, intitulée: "S'adapter au Nouvel Ordre mondial" (on notera qu'il ne s'agit pas d'une question, mais d'une injonction) où on a aussi pu voir Catherine Ashton, la nouvelle ministre européenne des affaires étrangères. Encore une fois, que du beau linge.

En juillet 2009, alors que tout le monde s'en fout en France, un sondage IFOP et paris Match déclare que DSK est la "personnalité politique préférée des Français", ex aequo avec Chirac. No comment.
Autre "sondage" quelques semaines plus tard, pour nous dire que DSK gagnerait contre Sarko en 2012. Et attention, pas qu'un peu: 51% contre 49% pour Sarko. Eh ben, à deux ans et demi du scrutin, sur un candidat qui ne s'est pas présenté et qui vit très loin, si en plus on tient compte de la marge d'erreur de 2 points, voilà une nouvelle fracassante. Il y en a même 27% qui trouvent qu'il a "un bon projet" pour la france. Des voyantes, sûrement...

Mais sans rire, à quoi sert un tel "sondage", si ce n'est à préparer le terrain dans l'opinion publique, à "faire infuser les mentalités", comme dirait sarko?

Il passe au Grand Journal de Canal + fin novembre 2009, et Canal + a carrément déclaré le samedi suivant qu'il est celui "qui a le plus de chances pour la présidentielle".
Le Monde encense son grand retour, comme le Figaro, Marianne, LCI, TF1 etc. Et tout ce cirque va probablement durer jusqu'à ce qu'aucun autre candidat n'apparaisse comme réaliste à gauche et que DSK ou un de ses sous fifres se lance dans la grande aventure de la campagne 2012. On peut dire qu'en une semaine, il a réussi sa  tournée (sur Google, on compte plus de 1.000 articles en quatre ou cinq jours)!

Bref, reprenons tous en choeur 'DSK reviens, DSK reviens parmi les tiens"... allez, un peu de conviction!

 

30 novembre 2009

Van Rompuy: l'an 1 de la gouvernance mondiale

Une brève, pour revenir sur le 1er discours d'Herman Van Rompuy, le 1er président de l'Europe. On seperspective_europe_613215 rappelle qu'il a passé un "oral" devant une délégation du Bilderberg venue l'interroger à Bruxelles, moins d'une semaine avant sa nomination. Que les bilderbergers inquiets de sa nomination se rassurent: Van Rompuy a immédiatement tenu un langage apte à rassurer les plus sceptiques.


Son discours montre en effet qu'il a bien l'intention de se tenir dans la ligne du Bilderberg et des autres groupuscules mondialistes. C'est-à-dire avancer à pas forcés vers un super "gouvernement mondial" qui est tellement génial n'est-ce-pas.

Dans le texte, ça donne (après tout le baratin européaniste traditionnel): "2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par l’action".

Plus loin, au cas où on aurait encore cru que l'avis des peuples avait un intérêt quelconque pour nos élites européennes et que le fait qu'on se soit assis sur le vote des peuples n'est pas une gloire, Van Rompuy précise que "Le débat institutionnel est clos pour une longue période. Je souhaite faire fonctionner ce cadre et ces règles librement choisies par tous nos gouvernements. Je le ferai en concertation permanente avec le Président de la Commission et du Parlement européen dans un souci constant d’équilibre entre les Institutions".

Et puis, il y a évidemment la question de l'élargissement ad vitam eternam de l'Europe. jusqu'à tous "les pays qui bien sûr remplissent les conditions". Van Rompuy explique ainsi que "Ce monde n’a d’avenir sans un grand nombre de nos valeurs. D’ailleurs, j’espère que notre Union s’élargira encore les prochains 2 ans et demi à des pays qui bien sûr remplissent les conditions".

Le pote de Van Rompuy, Etienne Davignon, qu'il a croisé notamment au Crown's Council qui réunit l'élite Belge, autour du Roi, est le pilier du Bilderberg depuis des dizaines d'années. Il en est en effet le directeur depuis au moins vingt ans, et a donc participé à l'audition de van Rompuy avant sa nomination.
Et Davignon, a innocemment expliqué au journal EU Observer, en mars 2009,  que le Bilderberg, qu'il met au même plan que le très officiel G20, "a aidé à créer l'euro dans les années 1990".

Encore une phrase qui semble anodine, mais qui de fait fait sortir du bois la réunion du Bilderberg, qui se voulait ultra secrète jusqu'à ce que le secret s'évente et que certains journalistes commencent à en parler. alors le Bilderberg contre attaque, en tentant d'apparaître comme légitime, puisque de fait, il existe depuis longtemps et a construit l'Europe. Reste que le Bilderberg n'a aucune légitimité, et ses décisions non plus.

26 novembre 2009

Affaire SNCF: 1 an d'enquête, 0 preuves


gir004_girouette_personnage_epouvantailRetour sur l'affaire de Tarnac, cette sombre histoire dans laquelle on voit MAM et les RG s'acharner contre quelques jeunes gauchistes qu'ils accusent d'avoir "saboté" une ligne de chemin de fer en novembre 2008.

Aujourd’hui, les « preuves » accablantes qu’on est censés avoir contre eux depuis le début s’écroulent les unes après les autres sans que MAM ne change d’orientation : on n'a pas traîné pour les mettre en prison, mais on a beaucoup de mal à admettre les soupçons d’innocence qui pèsent sur les gens arrêtés dans le cadre de cette affaire SNCF Tarnac.



Il y a quelques jours, les avocats de Coupat, le principal accusé (d' "association de malfaiteurs à visée terroriste"), ont souligné publiquement quelques incohérences dans l'accusation. Par exemple, pour réaliser le trajet qu'on les accuse d'avoir fait jusqu'à la voie ferrée, ils auraient du rouler à 160km dans une vieille voiture. Ou, le flic qui est censé les avoir filés pendant plusieurs jours ne les a pas vus partir. ou encore, les marques de pneus ne correspondent pas avec les empreintes de la voiture de Coupat.

A l'époque, les Rg avaient qualifié dans un rapport de 41 pages sorti en juin, la librairie de Coupat à Tarnac de lieu "d’archives, d’études et de conspiration", on avait pointé le "milieu radical" etc.

Bref, aujourd'hui, trois des avocats de la défense, qui réclament un "non lieu rapide", ont déclaré lors d'une conférence de presse tenue juste après l'arrestation d'un autre gauchiste de Tarnac, que les flics avaient manqué de "loyauté", et les accusent d'avoir "falsifié" au moins un procès verbal."Nous avons la nette impression que policiers et magistrats ont reçu l’injonction de rechercher des faits susceptibles de revêtir la qualification d’entreprise terroriste", explique l'un des avocats.



Ah bon, des PV bidons?


Le PV incriminé (D 104, rédigé par la SDAT, la sous-direction anti-antiterroriste), en principe rédigé parculture001 un flic, raconte par le menu le sabotage soi-disant réalisé par Coupat et Lévy, entre 4 et 6 heures du matin le 8 novembre 2008.


 Une des incohérences est que le couple de "terroristes" aurait réussi à franchir les grilles de la voie ferrée avec deux fers à béton de plusieurs kilos et au moins une échelle, serait parvenu à poser lesdits fers en béton sur les lignes à haute tension (15.000V) situées à au moins 5 mètres du sol, le tout sans s'électrocuter et en moins de 20 minutes. Encore mieux qu'Intervilles.
Du coup, les avocats pensent que les flics n'étaient pas sur les lieux et qu'ils ont simplement imaginé le déroulement des faits.


Le mieux, c'est que jamais le juge Fragoli (chargé de l'enquête) ne s'est rendu sur les lieux pour vérifier si ces avérations sont ne serait-ce que réalistes, alors que Coupat a fait six mois de prison et qu'ils sont encore quelques un à être soumis à un contrôle judiciaire extrêmement contraignant (par exemple ils ont l'interdiction de rentrer chez eux).

Et puis, il y a cet agriculteur qui a d'abord déposé sous X puis sous son vrai nom, et qui considère avoir été manipulé ainsi que ses propos, et qu'en outre sa déposition est antidatée (le 14 alors que l'audition était le 13). Du coup, les avocats demandent une nouvelle audition. En fait, les flics lui auraient « demandé » sous la pression de signer un PV en blanc, et ont ajouté différents éléments à sa déposition, comme le contenu de mails interceptés.


anarcho_autonomeComme l'ombre d'un doute...


Du PS à la LCR, toute la gauche monte au créneau. Certains plus récemment que d'autres, mais hier des parlementaires PS, PC, Verts et Parti de gauche ont dit qu'il s'agit d'un "scandale d'Etat", d'un "montage" même.


De fait, après un an de ce que certains qualifient d' "enquête", force est de constater qu'aucune preuve 'na été apporté à l'accusation.
nous sommes aussi obligés de constater que l'enquête se fait exclusivement à charge, puisqu'il aurait été très facile pour le juge de démonter une bonne partie des éléments de l'accusation.

L'avocat de coupat, Jérémie Assous, considère que certains desdits éléments, tant ils sont incohérents,  ont été complètement fabriqués par les flics, et explique qu'il y a de " fortes présomptions de falsification, voire de fabrication de preuves".

Un autre avocat, Thierry Lévy, déclare carrément que "Le gouvernement a pris la responsabilité d'ordonner des enquêtes en incitant les policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à quelque chose qui n'existe pas".

Et comme par hasard, juste avant cette conférence de presse, on arrête un autre de Tarnac et on prolonge sa garde à vue dans les locaux de la DCRI. Accusé de terrorisme, il peut faire jusqu'à 96 heures, dont 72 sans avocat.

Le 5 novembre, à 6h 30, des flics parisiens ont perquistionné un appartement à Rouen: ils étaient à la recherche d'organisateurs d'une manif de soutien aux inculpés de Tarnac, le 21 juin à Paris, où les flics ont fiché -et arrêté- autant qu'ils pouvaient et au cours de laquelle des vitres d'une prison ont été cassées, notamment par des types masqués. Ils venaient à Rouen parce que la boîte mail du comité de soutien local avait été créée dans cet appart', d'après les informations fournies aux flics par Gmail. Accessoirement, des personnes sont recherchées pour "dégradations" et "violences à agent" mais attention: "en bande organisée" ce qui alourdit toujours les peines.


Mais les arrestations ont été nombreuses depuis un an (y compris en Allemagne), et avec l'accusation de Capture_d__cran_2009_10_06___20"terrorisme" ou de "soutien à un groupe terroriste", à chaque fois c'est 72 heures sans avocat, soit trois jours, en garde à vue dans une autre ville que celle où ils ont été arrêtés. Le temps de faire avouer à peu près n'importe quoi.

Histoire de faire comme s'il y avait vraiment des soupçons sérieux, malgré tout. Pourtant, s’il y avait ne serait-ce qu’une once de début de preuve utilisable, ça fait un moment qu’ils seraient déjà tous retournés en prison.


Dans un cas "normal", l'instruction aurait déjà pris fin. Mais là, non. Après que MAM ait étalé ses "preuves" accablantes dans les médias pour justifier les emprisonnements des types de Tarnac, il est hors de question de perdre la face. Même si, depuis, le départ, cette affaire "sent le souffre", il faut continuer le tapage médiatique anti "ultra gauche", anti "anarcho autonomes", histoire de justifier le flicage et la répression de tous ces gauchistes bientôt assimilés à des "terroristes".


A ce propos on se souvient que MAM avait osé le parallèle entre les inculpés de Tarnac et "les Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne"1]. Eh oui, la preuve: " Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n'utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer", déclarait-elle.

 

Ajout du 27/11/09: Le Canard Enchaîné de cette semaine apporte un éclairage nouveau sur cette histoire: d'après l'hebdomadaire, la gendarmerie, d'abord chargée de l'enquête puisque les faits de sabotage se sont déroulés dans sa zone, a quelques doutes quant à la présence des RG sur le bord de la voie ferrée, ce fameux matin du 8 novembre. 

D'une, les gendarmes, contrairement à l'usage, n'avaient pas été prévenus par les RG de leur mission sur place. Ensuite, les gendarmes se sont mis à enquêter sur l'enquête menée par les RG au sujet des sabotages, et ont questionné des agents de la SNCF afin de confirmer oud 'infirmer la présence des RG à cet endroit-là, à ce moment-là après que certains gradés aient expliqué qu'ils cherchaient à préciser ces faits.

Or, comme le rappelle Le Canard, "c'est cette présence  qui fonde toute l'accusation contre les "saboteurs" présumés". Un magistrat interrogé par les journalistes déclare même à propos des gendarmes que "ce n'est pas une dent qu'ils ont contre la police dans ce dossier. C'est un râtelier".

De fait, les pandores ont qualifié les faits de "dégradations volontaires  d'un bien public commises en réunion" par "un groupuscule de la mouvance anarchiste de gauche". On est loin de l'accusation d' "association de malfaiteurs à visée terroriste" que MAM s'est vantée publiquement d'avoir initiée.

Finalement, le 11 novembre 2009, MAM a déssaisi les gendarmes de leur enquête sur les sabotages, ou plutôt devrais-je dire les "attentats", n'est-ce-pas...



 

[1] Elle a déclaré sur Europe 1 le 23 novembre 2008 que « Nous assistons à des phénomènes qui sont exactement ceux qui ont précédé les attentats des Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne », suite au rapport des RG intitulé 'Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne', dans lequel les flics précisaient –toutes proportions gardées, bien entendu !- que « Les faits et comportements observés sur notre territoire sont similaires à ceux recensés à la fin des années 70 qui avaient été précurseurs de la constitution du groupe Action directe ». Rien que ça... Et il y avait aussi une sorte de liste rouge de gauchistes...


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AfficheTarnac_nouvelle

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22 novembre 2009

Compléments alimentaires: affaiblir la population pour vendre des médocs

 

 

88721512mcdo271107_jpgUn sujet fort intéressant bien que largement ignoré : la question des vitamines contenues dans l’alimentation. Derrière cette question qui semble anodine, il y a l’enjeu de la santé publique. Certains veulent limiter ces vitamines ou carrément les interdire en tant que compléments alimentaires, comme la FAO ou l’OMS, les autres affirment qu’on connaît parfaitement les doses à ne pas dépasser et qu’il n’y a pas lieu de leur faire la chasse. Sauf, peut-être, pour enrichir l’industrie pharmaceutique…

 

 Alors qu’en 50 ans, beaucoup d’aliments, à cause de la course au rendement, ont perdu la moitié de leur valeur nutritionnelle, les normes en matière d’alimentation font que les quelques vitamines et nutriments qui restent encore sont voués à disparaître totalement ou presque. Un exemple parlant : la pomme de terre, qui a perdu la moitié de ses vitamines, de son fer et un quart de son calcium.

Potatoes, one potato, peeled before boiling, 136g. 100/136=.74

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Calcium(mg)
  (I.U.)

 
 

Iron  (mg)

 

Vitamin A

 
 

Vitamin C (mg)

 
 

Thiamine(mg)

 
 

Riboflavin (mg)

 
 

Nicacin(mg)

 
 

1951

 
 

11.00 

 
 

0.70

 
 

20.00

 
 

17.00

 
 

0.11

 
 

0.04

 
 

1.20

 
 

1972

 
 

5.74 

 
 

0.49

 
 

0.00

 
 

16.39

 
 

0.09

 
 

0.03

 
 

1.15

 
 

1999

 
 

7.97 

 
 

0.30

 
 

0.00

 
 

7.25

 
 

0.09

 
 

0.02

 
 

1.74

 
 

% change

 
 

-27.55 

 

 

 
 

-57.14

 
 

-100

 
 

-57.35

 
 

-18.18

 
 

-50.00

 
 

+45.00

 

Ou le brocolis :

Broccoli, Raw, 3 spears, 93g. 100/93=1.08

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Calcium(mg)
  (I.U.)

 
 

Iron  (mg)

 
 

Vitamin A

 
 

Vitamin C (mg)

 
 

Thiamine(mg)

 
 

Riboflavin (mg)

 
 

Nicacin(mg)

 
 

1951

 
 

130.00

 
 

1.30

 
 

3500.00

 
 

104.00

 
 

0.10

 
 

0.21

 
 

1.10

 
 

1972

 
 

87.78

 
 

0.78

 
 

2500.00

 
 

90.00

 
 

0.09

 
 

0.20

 
 

0.78

 
 

1999

 
 

48.30

 
 

0.86

 
 

1542.00

 
 

93.50

 
 

0.06

 
 

0.12

 
 

1.07

 
 

% change

 
 

-62.85

 
 

-33.85

 
 

-55.94

 
 

-10.10

 
 

-40.00

 
 

-42.86

 
 

-2.73

 

Aux Etats Unis, des études ont montré que ces dernières années, les aliments ont perdu au moins 10% de leur teneur en fer, zinc, calcium, sélénium etc. ce qui diminue l’apport nutritionnel par calorie consommé et favorise donc l’obésité et l’affaiblissement de l’organisme. De son côté, l’agriculture bio, avec des rendements moindres, produit des aliments qui contiennent 20% de certains minéraux en plus et 30% d’anti oxydants en plus. Dans certaines tomates biologiques, on a même deux fois plus de certains anti oxydants que pour les tomates « normales ».

Aujourd’hui encore, il est question de diminuer l’apport en nutriments au nom de la santé publique. Ainsi, le sodium, par2009_02_12_Catelain_OGM exemple, est dans la ligne de mire des autorités sanitaires canadiennes. En effet, le sodium est accusé de favoriser l’hypertension. Alors, au lieu d’interdire l’alcool ou le stress au travail, on a mis en place des groupes de travail censés étudier une limitation de la teneur en sodium des aliments pour que les canadiens en consomment moins.

En dehors de cela, certains éléments présents depuis peu dans l’alimentation, notamment les OGM, réduisent nos capacités à assimiler ces nutriments.

C’est le site du Dr Rath qui en parle cette fois, un médecin qui se bat pour qu’on reconnaisse les vertus des thérapies douces au lieu de miser sur le tout chimique. Evidemment, il est fort critiqué et caricaturé par l’industrie en question.

Là, il évoque un énième rapport (rapport Cochrane) qui reprend 67 études portant sur la question, et qui affirme que les vitamines anti oxydantes sont dangereuses. Ce type d’étude est dans la vague actuelle qui consiste à pointer les dangers des compléments alimentaires, quitte à exagérer.

 

Etrangement, parmi les centaines d’études disponibles (815 apparemment) les auteurs n’en ont retenu que 67 pour faire un bilan qui se veut affirmatif quant à la dangerosité des vitamines anti oxydantes.

C’est un groupe appelé Cochrane Collaboration, qui évidemment se réclame indépendant, et déclare avoir pour but d’informer sur les soins médicaux qui existent, qui a pondu ladite étude.

Parmi les griefs contre l’étude en question :

- dans ces 67 études, 47 portent sur des personnes atteintes de maladies comme Alzheimer, cancers, troubles cardiaques… et l’étude finale ne tient pas compte des causes de décès, qui sont automatiquement attribués aux vitamines. En outre, Rath explique que « Si un risque véritable de mortalité lié aux anti-oxydants avait existé pendant un essai, il aurait été arrêté. Mais aucune de ces études n'a été arrêtée et les auteurs omettent de donner cette information »

- dans un certain nombre d’études, les témoins ont pris des « nutriments testés », mais aussi des produits pharmaceutiques ou suppléments alimentaires non testés, ce qui implique des risques d’interférences des produits et fausse l’étude.

- les dosages de vitamines et les durées de traitement sont très différents d’une étude à l’autre.

- enfin, les auteurs eux-mêmes ont reconnu « quelques erreurs » dans le analyse d’études.

En 2003, aux Etats-Unis, on n’a identifié que quatre cas de décès liés aux suppléments de vitamines, dont deux sont sujets à caution. Mais, 70% des américains consomment des suppléments composés de vitamines au moins occasionnellement, et 40% régulièrement.

Mais, aucun de ces décès n’est lié au vitamines incriminées par le rapport (vitamines A et E, bêta carotène).

pillules_01D’un autre côté, il semble qu’aux Etats-Unis, les effets secondaires liés aux médicaments sont la 4è ou la 6è cause de décès des personnes hospitalisées. En Suède, on considère que plus de 3% des décès sont liés aux effets secondaires des médicaments[1], ce qui en fait la 7è cause de mortalité.

Sous prétexte de « sécurité alimentaire », on va finalement empêcher les gens de trouver des compléments alimentaires qui renforcent leur organisme (même si certains, trop chimiques, sont plus nocifs que bénéfiques pour l’organisme). Les apports nutritifs des aliments ont diminué de 50% depuis le milieu du XXème siècle, du fait de l’industrialisation, de la standardisation alimentaires. A qui profite le crime ?

 

Le Dr Rath souligne que « nos hôpitaux ne regorgent pas de patients souffrant ou mourrant des effets des vitamines et autres thérapies naturelles . Par contre, on sait que les effets secondaires des médicaments de synthèse coûtent réellement 2 milliards de livres aux services de santé britanniques chaque année ».

Au Danemark, où l’étude Cochrane a été publiée, les compléments alimentaires sont en passe d’être interdits à la vente, à la suite du décès d’un homme qui avait pris un complément (interdit en France). Et ladite étude est le fruit d’une collaboration de Cochrane avec le Knowledge & Research Centre for Alternative Medicine (ViFAB) au conseil duquel on retrouve des médecins également présents dans les autorités sanitaires et le Copenhagen Trial Unit’s Centre for Clinical Intervention Research, specialisé dans le traitement chimique de différentes maladies.

L’un des auteurs, Christian Gluud, a de multiples liens avec l’industrie pharmaceutique. Bientôt ce genre de conflits d’intérêts semblera normal, mais il fut un temps où la recherche était indépendante et ne répondait pas obligatoirement à des logiques financières. Gludd est donc chercheur à l’hôpital de Copenhague, mais aussi membre du Conseil scientifique de BioLogue, un groupe qui organise des partenariats de recherche entre l’industrie pharmaceutique et les universités. Dans le conseil d’orientation, des scientifiques mais aussi des représentants de la même industrie pharmaceutique.

 

En outre, Cochrane Collaboration, l’organisation « indépendante » qui a publié l’étude mis en cause par Rath, a aussi proposé au British Medical Journal deux études largement financées par Pfizer sur des médicaments contre la migraine, dont l’un était fabriqué par Pfizer. D’ailleurs, Andrew Moore, le chercheur directeur des deux études qui a aussi été consultant pour différents labos, aurait carrément revendiqué le parrainage du labo.

Accessoirement, le PDG de Pfizer, par ailleurs, a été membre de la direction de la maison d’éditions de Cochrane Collaboration, John Wiley & Sons. Mais revenons à Gluud, qui a clamé dans son étude publiée dans une revue médicale que les compléments alimentaires n’aident pas à vivre plus vieux (mais ce n’est pas ce qu’on leur demande), que la vitamine A et les anti oxydants en général augmentent les risques de décès, et qu’il faut donc une réglementation rigoureuse encadrant leur utilisation.

 

Une autre étude dans le même style et tout aussi médiatisée à grand renfort de communiqués de presse a été publiée à peu près en même temps par Cochrane, juste avant une réunion du Codex alimentarius (un organisme censé légiférer en matière de norme alimentaires) qui portait sur ces compléments alimentaires à base de vitamines et de minéraux.

Une journaliste du Sunday Times qui avait publié un article reprenant sans aucun recul les conclusions du rapport Cochrane, Rachel Johnson, a expliqué ensuite avoir subi des pressions afin qu’elle défende ladite étude. Même si elle considérait qu’il «y avait quelque chose de louche » derrière.

 

Le Codex Alimentarius

C’est une organisation créée en 1963 par la FAO et l’OMS pour établir des normes internationales en matière alimentairedoctors_nightmares_600_394x450 (soi disant pour « protéger le consommateur », mais en surtout pour faciliter le commerce). Il y a des Comités pour presque tous les domaines liés à l’alimentation. Aujourd’hui, plus de 300 normes du codex sont déjà obligatoires, de fait. La plupart datent de ces dernières années (2006, 2007, 2008…)

Le problème est que l’industrie y est fort bien représentée, et que le Codex a tendance à faire la chasse aux vitamines, compléments alimentaires et autres thérapies naturelles basées sur une meilleure alimentation.

C’est d’ailleurs en décembre de cette année que doit être prise une législation très contraignante portant sur les compléments alimentaires. Or, les normes, minimales, du Codex, sont recommandées pour éviter de perdre dans un conflit à l’OMC, qui a reconnu lesdites normes. En effet : une réglementation plus contraignante sera assimilée à une barrière non tarifaire au commerce, un peu comme quand les Etats Unis portent plainte à l’OMC contre l’Europe qui refuse ses poulets aux hormones.

En revanche, les OGM[2], les pesticides, ou le sel et les mauvaises graisses ne posent pas de problème aux types du Codex. Et la définition qu’il donne des produits biologiques permet d’y ajouter des additifs dangereux comme le dioxyde de soufre qu’on met par exemple dans le vin « bio » ou le carraghénane, pour que l’industrie agro alimentaire puisse faire du bio sans changer son mode de production. Mais cette question mériterait un article à elle toute seule. Revenons aux compléments alimentaires.


En 2005, la commission du Codex a adopté le projet de directives en matière de compléments alimentaires à base de vitamines et sels minéraux, qui établissent des critères en ce qui concerne les teneurs maximales et minimales par portion journalière, le conditionnement et l’étiquetage de ces compléments quand ils sont alimentaires.

Immédiatement, ça embraye dans les autorités sanitaires nationales. Dès juillet 2009, on profite de la loi hôpital, Patients, Santé et Territoires (sic.) pour confier à l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) « la mise en œuvre du système de vigilance sur les nouveaux aliments, les compléments alimentaires, les aliments qui font l’objet d’une adjonction de substances à but nutritionnel ou physiologique ainsi que sur les produits destinés à une alimentation particulière ». Première phase : « identifier les effets indésirables liés à leur consommation », bien qu’il ne s’agisse absolument pas d’une priorité sanitaire, contrairement aux OGM ou aux graisses saturées.

 

Anthony Taylor, qui observe le Codex pour le compte de la national Health care Federation, explique ainsi qu’ « il est tout à fait clair que le Codex privilégie toujours les intérêts économiques, surtout ceux des industries pharmaceutiques, chimiques et génétiques, avant ceux de la santé humaine. Il ne fait donc aucun doute que Codex est bien un instrument des forces qui poussent pour la « globalisation »(…) En contrôlant, et en limitant, l’accès à des aliments et compléments alimentaires sains et sûrs, le Codex, en fin de compte, protège surtout les intérêts des grandes multinationales pharmaceutiques. Pour cette industrie, tout ce qui développe la bonne santé, aux dépens de la maladie, est une menace directe au développement des ventes de drogues chimiques synthétiques, brevetées. »

jpg_dessin531_titom_industrie_pharmaceutiqueEn 1979 le Codex publie le ‘Codex general guidelines on claims’, révisé en 1991, un document qui prétend que seuls les produits pharmaceutiques chimiques sont bons pour la santé. Et le texte interdit de dire que :

- une alimentation normale n’apporte pas suffisamment de nutriments pour être en bonne santé

- qu’on peut aussi se soigner, même en partie, avec une alimentation adéquate et/ou des compléments alimentaires.

- certains aliments sont dangereux. Ce qui devient pourtant de plus en plus le cas.

Dès lors, toute information qui ne va pas dans le sens du Codex est interdite. Le monopole de la vérité médicale appartient donc aux industriels.

Le 13 mars 2002, le parlement européen entérine une réglementation très contraignante au sujet des thérapies naturelles et des compléments alimentaires[3], malgré près de 400 millions de signatures pour défendre les thérapies alternatives. Ainsi, un pays ne peut autoriser des compléments alimentaires non avalisés par le Codex, mais il a le droit des les interdire complètement. Des quantités maximales et minimales de vitamines etc. sont établies.

Dès juillet 2005, il est question d‘appliquer toute une série de normes du Codex, par exemple :

- l’ionisation des aliments, c’est-à-dire leur irradiation au cobalt afin, soi disant, des les « décontaminer ». La mesure devrait prendre effet incessamment sous peu.

- La suppression des suppléments alimentaires naturels, qui seront remplacés par des espèces de copies synthétiques fabriquées par les labos et faiblement dosées.

- La suppression progressive des médecines alternatives comme par exemple la médecine indienne ayurvédique, qui fait pourtant ses preuves depuis des dizaines de siècles et n’a rien de nocif puisqu’il s’agit d’être en harmonie avec sa nature et avec la nature.

- L’agriculture sera réglementées via les normes du Codex, qui sont loin de favoriser l’agriculture biologique.

 

Un exemple de non sens : l’irradiation des aliments

En 1999, l’OMS a déclaré que l’ensemble des aliments pouvait être irradié sans limite d’émission car « n’y a aucune conséquence nocive pour la santé ».

L’irradiation au cobalt émet des rayons gamma radioactifs et peut détruire les cellules en 24 heures avec une forte irradiation (10.000 radons). A des doses moins importantes, cela freine ou arrête la division cellulaire. Au passage, on sait que cela élimine une partie des substances contenues dans le produit irradié, comme les vitamines ou les oligo éléments.

Ainsi, des algues soumises à cette irradiation ont moins de chlorophylle a/L que les plantes non irradiées, mais plus de chlorophylle a dans chaque cellule que les algues non irradiées.

L’irradiation permet de retarder le mûrissement des fruits et légumes, peut tuer les bactéries responsables du pourrissement ou les insectes. En France, les herbes aromatiques surgelées sont ionisées, ainsi que l’ail, les oignons, les échalotes, qui normalement sont des aliments très nutritifs, mais aussi les germes de céréales pour produits laitiers, la farine de riz, la volaille, les cuisses de grenouille congelées, les crevettes congelées, le blanc d’œuf…

L’irradiation détruit par exemple 80% de la vitamine A présente dans les œufs et 48% du bêta carotène présent dans leOgm_Attention_Danger jus d’orange.

En outre, l’irradiation qui détruit des éléments, en crée d’autres, dont certains sont cancérigènes comme les cyclobutanones qui apparaissent dans les aliments uniquement avec l’irradiation d‘acides gras et sont responsables de dommages génétiques chez les rats, le benzène, le xylène ou le toluène, responsables de l’apparition de cancers… Mais bien sûr, aucun risque pour la santé !

Et puis, l’irradiation fait muter génétiquement les aliments: au bout d‘une heure de rayons gamma, toute la structure moléculaire de l’aliment est cassée, l’ADN est détruit et il n’y a plus rien de vivant à l’intérieur, sans que l’aliment en question ait changé de forme à l’extérieur.

 

Il y a donc une autorisation pour irradier un certain nombre d’aliments, mais en 2002 un rapport européen montrait que 2,7% des 5.000 échantillons alimentaires testés dans différents pays européens étaient irradiés et non étiquetés comme aliments irradiés. 29% des compléments alimentaires censés améliorer la santé étaient irradiés !

 

 

Des pays comme le Brésil, la Thaïlande ou l’Afrique du Sud ont l’habitude d’irradier les fruits et légumes exportés. La Chine a 50 centres d’irradiation pour l’alimentation, contre 7 en 2003, et en Europe, plus de 15.000 tonnes d’aliments ont été irradiées. Evidemment, les contrôles sont quasi inexistants, puisque d’après les scientifiques autorisés, il n’y a aucun risque. En France, on ainsi eu droit à 216 contrôles pour 3.000 tonnes de produits alimentaires irradiés alors qu’en Allemagne, il y a eu plus de 4.000 contrôles pour 340 tonnes.

 

Dès les années 50, on avait montré que des animaux qui consomment des aliments irradiés souffrent de nombreux problèmes sanitaires, que certains en mouraient prématurément, que d’autres avaient des anomalies génétiques, d’autres faisaient des fausses couches, avaient des problèmes de reproduction, du système immunitaire, des hémorragies internes mortelles, des tumeurs, des problèmes de croissance et des carences nutritionnelles.

En novembre 2008, une boîte d’aliments pour chats a du retirer toute une gamme de produits qui avaient été irradiés à fortes doses car un groupement de vétérinaires australiens avait remarqué des troubles neurologiques chez les chats qui en avaient mangé.

 

piluleEt pour preuve que les anti oxydants sont bénéfiques, voici un article sur une trouvaille récente en la matière : « Les chercheurs de l’Unité de Recherche sur les Herbivores de l’Inra et la société Phytosynthèse ont mis au point un mélange antioxydant de vitamine E et de différentes plantes capable de protéger de l’oxydation les acides gras essentiels de type oméga 3, de la viande chez les bovins en production. Ce mélange valorisé par un brevet (EP 1902631), lutte efficacement contre les radicaux libres générés par le stress des animaux et permet d’obtenir des viandes d’une plus grande valeur nutritionnelle ».

Question à dix mille : à qui l’OMS a t-elle confié la mission d’évaluer la dangerosité des aliments irradiés ? A l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, qui a pour but de promouvoir le nucléaire.

Pourtant, l’OMS, la FAO, le Codex, la Commission européenne en font une panacée en se réfugiant derrière l’argument de la santé publique !

 

La chasse au millepertuis, concurrent du Prozac

Le cas du millepertuis, une plante utilisée depuis des siècles pour ses effets sur l’humeur et qui pousse partout, est également révélateur de cette tendance à empêcher les remèdes naturels de trouver leur place.

Le millepertuis, donc, s’utilise à l’état naturel pour régler les troubles de l’humeur (les dépressions « légères et moyennes » du moins, mais aussi l’asthme, les bronchites, les sciatiques…), et a l’avantage de ne pas entraîner d’effets secondaires, ce qui n’est absolument pas le cas des traitements chimiques. Mais surtout, il est au moins aussi efficace sur le long terme que les médocs.

On sait en revanche que les « médicaments » contre la dépression ont une fâcheuse tendance à rendre suicidaires certains patients.

Dans un pays où un tiers des gens sont sous médocs pour une dépression ou quelque chose qui s’en approche, l’idée d’utiliser des plantes efficaces et sans effets secondaires devrait faire son chemin. Mais, non.

 

Le problème du millepertuis ? Certaines autorités sanitaires considèrent qu’il peut interagir avec des médicaments, et qu’il est, par conséquent, dangereux.

L’Allemagne l’a ainsi classé dans les anti dépresseurs, et le millepertuis ne s’obtient plus que par ordonnance[4]. Et en 31175740_pjp639a_416f5France, la DGCCRF (directions générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a décidé de l’interdire en 2000 car il réduisait l’efficacité de certains médocs comme le Prozac, selon l’Afssaps[5] (Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé). Des agents de contrôle ont même fait le tour des pharmacies pour être sûrs qu’aucune boîte de millepertuis n’était vendue, ce qui a occasionné quelques saisies de la vilaine plante un peu partout en France.

En 2001, une seule société, Arkoparma, commercialise 80% du millepertuis vendu en France, car l’autorisation de fabriquer des produits à base de millepertuis n’est octroyée qu’au compte goutte par l’Afssaps.

Pendant ce temps-là, les cultivateurs bio et autres qui en cultivent se voient saisis et poursuivis puisqu’il est interdit de consommer et de produire cette plante (à cause des interactions avec les médocs). D’autres plantes séchées vendues en sachet sont interdites, comme le buis, le bleuet, la prêle, le souci, connaissent le même sort…

En 2002, il revient… avec le statut de médicament. On en peut donc plus s’en procurer normalement (dans les herboristeries par exemple), et la production est contrôlée.

Depuis 2000 environ, le millepertuis est la cible de nombreux articles qui pointent sa dangerosité. The Lancet l’a fait, mais le Quotidien du Médecin, en France, l’a fait aussi presque en même temps.

 

Plus récemment, en 2005, l’Afssaps a décidé de retirer de la vente et d’interdire la fabrication de tout un tas de produits utilisés en phytothérapie, qui sont en France considérés comme des médicaments « par fonction ». C’est-à-dire que sans être des médicaments, on les utilise pour se soigner et donc ce sont des médicaments, réglementés et contrôlés comme tels. Enfin, beaucoup plus que les vrais médicaments pour lesquels les effets secondaires ne sont pas vraiment un frein. Parmi ces produits, le millepertuis, mais aussi l’aloe vera, l’ephedra, le gui, la rhubarbe…

Au Québec aussi, le millepertuis est en passe de devenir un monopole des pharmacies et des médecins. L’Ordre des pharmaciens veut en effet de le retirer de la vente libre et le classer comme médicament en raison des interactions avec les médicaments. Exactement le débat qu’on a eu en France quelques années plus tôt.

 

millepertuis3Enfin, le millepertuis comme les autres plantes d’ailleurs, n’est pas brevetable et ne rapporterait donc pas grand-chose à l’industrie, qui préfère les mélanges chimiques bien plus rentables. Les labos ont peur de tous ces remèdes naturels, qui en plus sont préventifs. Pfizer, qui vend un médoc proche du prozac, le Zoloft, a par exemple racheté en 2000 une boîte qui vendait du millepertuis, Warner Lambert, pour… faire cesser la production.

Finalement, même l’OMS a reconnu l’efficacité du millepertuis, au moins pour les dépressions « légères et moyennes ». On les trouve en pharmacie (Mildac de Merck et Procalmil d’Arkopharma) pour les dépressions, mais bien sûr on recommande d’éviter d’en prendre avec des médocs comme le Prozac.

Il reste donc une grande part d’hypocrisie au sujet du millepertuis, que les laboratoires essaient de cantonner à une utilisation minimale. On a par exemple pensé l’utiliser contre l’hyperactivité des enfants, mais comme des études ayant réalisé des tests qui n’ont duré que huit semaines alors que le millepertuis met 4 à 8 semaines pour agir, on n’a évidemment pas démontré qu’il était plus efficace que des médocs.

Aujourd’hui, le millepertuis est considéré en France comme un complément alimentaire et est soumis aux règles de plus en plus restrictives sur les compléments alimentaires. On ne le trouve qu’en pharmacie, produit par des labos. Du coup, certains amateurs de tisane au millepertuis se demandent pourquoi la plante ne fait plus d’effet ou presque.

 

 

On s’en rend vite compte : les mesures sanitaires prises un peu partout ne vont pas dans le sens de la santé des consommateurs mais dans celui de l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire qui ont un poids énorme dans les décisions prises en la matière.

La logique voudrait que les organismes sanitaires soient davantage inquiets des risques des OGM et des taux de suicide liés au Prozac qu’à l’interdiction des compléments alimentaires. Mais, non : c’est tout l’inverse. Si on n’a pas l’esprit mal tourné, on pourrait être perplexe.

 


 

[1] Essentiellement des hémorragies liées à des médicaments tels que l’aspirine.

[2] En 2007, après trois ans de discussions, le Codex a refusé le principe de précaution, et de faibles teneurs en OGM sont admises. A peine a t-il émis quelques recommandations concernant l’étiquetage.

[3] Dont la définition, selon le texte, est « denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses, à savoir les formes de présentation telles que les gélules, les pastilles, les comprimés, les pilules et autres formes similaires, ainsi que les sachets de poudre, les ampoules de liquide, les flacons munis d'un compte-gouttes et les autres formes analogues de préparations liquides ou en poudre destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité »

[4] Où près de 3 millions d’ordonnances prescrivent du millepertuis chaque année.

[5] Après que les autorités sanitaires US aient fait de même suite à un article paru dans la revue médicale financée par l’industrie pharmaceutique, The Lancet, en février 2000.

 


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Posté par Ceri à 18:19 - Magouilles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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