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13 août 2019

Affaire Epstein - Partie 2 : Un pervers au cœur des réseaux de pouvoir

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Epstein est mort alors qu’il aurait dû être surveillé, et aujourd’hui on ne sait pas si ses complices, ou les clients des filles mineures qu’il prostituait, seront un jour inculpés. Cela n’en prend pas le chemin, mais en tout cas, du tréfonds de leurs vacances, schiappa et taquet, les pieds nickelés de la protection de l’enfance, nous ont sorti un communiqué de presse pour demander "l’ouverture d’une enquête" sur les activités d’Epstein en France [1]. Et les médias français semblent découvrir cette affaire qui dure depuis 10 ans. Grand moment.

 

Cette agitation de shciappa et tacquet est étonnante, car Epstein a forcément des connexions importantes chez nous, pour atterrir et décoller comme il le voulait avec des mineures étrangères. On va y revenir, mais en tout cas ce serait bien la première fois que les politiques cherchent à faire la lumière sur un réseau pédocriminel (n’en déplaise à Castelnaud, grand ami de Bensussan et marié à l’avocate Florence rault qui défend les accusés de pédocriminalité).

Certains doivent être un peu inquiets, dans notre pédoland, mais pas trop car ils savent bien qu’ici, officiellement, les réseaux pédocriminels n’existeront jamais.

On a vu qui était Epstein, son parcours surprenant dans le monde de la finance, on va aborder plus en détail ses différentes activités. La fortune d’Epstein a toujours posé question aux observateurs. Il semblait riche à millions, sans qu’on sache bien d’où provenait cette fortune.

epstein allen

Epstein avait plusieurs propriétés et deux avions, un Boeing et un jet, ainsi qu’un hélicoptère, qui voyageaient beaucoup, et avec beaucoup de monde. Clinton, par exemple, a fait une vingtaine de voyages avec lui, notamment jusqu’à Hong-Kong, Singapour, la Thaïlande et Brunei [2], ou encore vers une base navale US au Japon où l’avion est resté deux jours [3]. Dans ses avions, Epstein pouvait transporter des mineures et leur faire passer des frontières sans la moindre difficulté, y compris en France.

Son argent lui a servi à financer des campagnes électorales : on a ainsi appris tout récemment que certains d’entre eux avaient reversé l’argent à des associations, comme Stacey Plaskett, députée démocrate des Iles Vierges qui a reçu de l’argent pendant plusieurs années, le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, ou Bill Richardson du Nouveau Mexique, accusé par l’une des victimes d’avoir profité de son exploitation sexuelle.

De 1980 à 2003, la presse US a calculé qu’Epstein aurait donné au moins 139.000$ à des démocrates, dont Clinton. Ce qui semble assez peu vu les sommes révélées récemment. Virginia Roberts, dans ses déclarations, a affirmé qu’Epstein et Maxwell l’ont envoyée très rapidement faire des "massages" à divers politiques, comme Bill Richardson, George Mitchell, ou encore Stephen Kaufman, un autre démocrate. Du coup, ils étaient tous redevables à Epstein. Et les filles étaient aussi envoyées chez des financiers, des patrons de multinationales, des avocats, des acteurs et autres VIP…

Et puis, il a cette ile, aux Iles Vierges, achetée en 1998. Epstein y a même construit un mini temple aux couleurs d’Israël, orné de deux chouettes dorées, dans laquelle il semble qu’il y ait des tunnels. Le FBI y a fait une petite excursion le 12 août.

 

Les connexions

Finance

Ehud Barak devant chez Epstein en 2016

Epstein, dont la justice estime aujourd’hui la fortune à environ 560 millions de dollars (dont 56 en cash), commence donc dans la finance chez Bear Stearns, où il rencontre un tas de businessmans, de banquiers, de politiques et de gens aussi riches qu’influents. Sa fortune a très vite suscité diverses interrogations, car il ne déclare presqu’aucune activité de ses sociétés.

Au sujet de son passage à Bear Stearns, disons qu’il lui a permis de se faire un carnet d’adresses et pas mal d’argent, avant de se faire virer. Selon une procédure qu’il a lancée contre la banque, Epstein détenait environ 176.000 actions de Bear Stearns, pour près de 18 millions de dollars, en août 2007. 

Quand la crise de la banque a commencé en 2007, le cours de l’action s’est effondré mais il a quand-même réussi à en revendre un paquet avant que la banque dévisse  : ce mois-là il a vendu 56.000 actions à 101 $ (elles étaient à près de 160 $ fin avril 2007), puis 120.000 autres en mars 2008 quand la banque a coulé, mais avec de grosses pertes (il a revendu 20.000 actions à 35$ et le reste à 3$). Il aurait aussi perdu 50 millions dans un fonds spéculatif appartenant à Bear Stearns.

Après avoir été viré de Bear Stearns, Epstein lance en 1981 J. Epstein & Co, un fonds de placements qu’il gère pendant quinze ans. C’est à cette époque qu’il se rapproche de Larry Summers, alors président d’Harvard, une université à laquelle Epstein fera de nombreux dons, qui deviendra secrétaire au Trésor de Clinton et conseiller d’Obama. C’’est là aussi qu’il rencontre Alan Dershowitz, ami et fan de Trump[4] qui deviendra son avocat, Leslie Wexner et aussi tout un tas de scientifiques.

 

L’argent de Wexner

wexner

Selon certains, une partie de l’argent d’Epstein vient de Wexner, mais leurs relations d’affaires rentent assez mystérieuses. Dans les années 80, Epstein officie pour Wexner en tant que conseiller financier, et devient en 1991 son chargé de pouvoir [5] dans sa boîte historique, L Brands Inc. mais il est probable qu’il le conseillait surtout sur les moyens d’évasion fiscale [6]. Et certaines mauvaises langues disent que Wexner était le seul client de J Epstein & Co

Autour de 1995, Epstein a aussi été directeur de deux fondations appartenant à Wexner : la Wexner Foundation, qui vise à renforcer la communauté juive et ses leaders, et sa filiale la Wexner Heritage Foundation. Il a aussi été président de la Wexner’s NA Property Inc., une société qui était sur le marché du développement d’une ville près de Colombus.

Wexner affirme aujourd’hui qu’il a coupé les ponts avec son ancien ami depuis ses ennuis judiciaires. Ce qui est étonnant car à ce moment, personne ou presque ne lui a tourné le dos. Et puis, en 2008 Epstein donné 46 millions de dollars à un fonds de charité tenu par la femme de Wexner, tandis qu’en 2011 c’est une maison de Manhattan appartenant à Wexner qui a été transférée à Epstein par un circuit financier offshore [7]. Wexner lui aurait aussi filé son Boeing 727.

Et début août Wexner s’est réveillé d’un coup[8], accusant publiquement Jeffrey Epstein de lui avoir piqué plein de fric (il parle de plus de 46 millions de dollars, mais on est a priori encore loin du compte).

 

Pyramide de Ponzi à 450 millions de dollars

hoffenberg

A la fin des années 80 et jusqu’en 1993, une magnifique fraude s’est déroulée avec Epstein comme protagoniste de premier plan. Ladite fraude a vu la condamnation en 1997 à 20 ans de prison de Steven Hoffenberg, le patron de Towers Financial Corp.. Mais bizarrement Epstein est passé à travers[9] cette procédure.

Du fond de sa prison, Hoffenberg dénonce depuis 2013 son ancien bras droit, Epstein, avec qui il travaillait au quotidien dans les années 80, et l’accuse d’avoir pleinement participé à la pyramide de Ponzi[10] en question. D’ailleurs, il pense qu’une partie des millions d’Epstein viennent de là, ce qui est très probable : 200.000 personnes avaient été touchées, pour plus de 500 millions de dollars.

Hoffenberg déclare que l’argent serait parti dans un fonds créé par Epstein aux Iles Vierges en 1996, le Financial Trust Company. Il a déposé plusieurs plaintes, de même que les victimes, contre Epstein, en vain[11].

Ce qui est certain, c’est qu’une multitude de sociétés écrans (off-shore, qui sont basées dans des paradis fiscaux, des LLC notamment [12]) ont été créées par Epstein –comme l’ont montré les Paradise Papers. Or il est connu que ces sociétés servent quasi exclusivement à frauder et blanchir de l’argent sale. En tant que bon gestionnaire de fortune, Epstein conseillait à ses clients sur les meilleurs chemins de l’évasion fiscale, et probablement que certains de ses secrets se trouvent aussi de ce côté-là.

Jusqu’en 2013, la banque privilégiée d’Epstein était, nous dit-on, JP Morgan. Puis il s’est rabattu sur la Deutsche Bank qui a eu la bonne idée de ne s’interroger qu’en 2018 sur ses différents comptes. Ce qui lui a permis de réaliser de nombreuses transactions, signalées –à contrecœur- aux autorités de régulation pour suspicion de fraude. Epstein aurait ainsi transféré des millons de dollars issus de douzaines de et vers différents comptes via la Deutsche Bank.

L’argent d’Epstein n’est pas que le sien : il joue aussi avec celui des investisseurs dont il gère les actifs. Il y a aussi, très probablement, des détournements d’argent, dont ces pyramides de Ponzi, pourtant très faciles à détecter.

Et puis il y a tout son business offshore, tous ses investissements dans des start-up technologiques.

A cette époque, les affaires d’Epstein sont florissantes. Un article paru en 2002 dans un magazine New Yorkais relate les propos d’un financier de la place de New York à propos d’Epstein : "Il m’a dit une fois qu’il avait 300 personnes qui travaillaient pour lui, et j’ai aussi entendu qu’il gérait l’argent de Rockefeller".

 

Apollo

2019-08-13 12_36_52-Leon Black Plays Down Ties to Jeffrey Epstein but Is Silent on 2011 Deal - The N

Epstein était également proche jusque très récemment des dirigeants d’Apollo Global Management, un des plus gros fonds d’investissements et gestion d’actifs (qui gère notamment les 5 milliards de retraite de fonctionnaires Californiens), en particulier de son patron et co-fondateur Leon Black qu’il connait depuis les années 90. Epstein venait lui rendre visite dans les bureaux pour parler stratégie fiscale avec les dirigeants.

Les liens entre Epstein et Apollo étaient plus étroits que les déclarations des uns et des autres ne le laissent penser aujourd’hui. En 2015, Black a envoyé le co-fondateur d’Apollo Marc Rowan à une réunion au domicile d’Epstein à Manhattan, avec des représentantes du groupe Edmond De Rothschild (Ariane De Rothschild et Cynthia Tobiano), pour discuter d’un rapprochement commercial des deux entreprises.

Par ailleurs, depuis au moins 2001 et jusqu’en 2012, Epstein était directeur de la Leon Black Family Foundation. Mais Black et la fondation disent qu’en fait il est parti en 2007 et qu’il s’agit d’une erreur.

En 2015, Black et Epstein faisaient toujours affaire ensemble : BV70 LLC (une fondation de charité déguisée sous un trust, contrôlée par Black) a reçu 10 millions de dollars de la fondation Epstein, Gratitude Amercia.

Epstein a aussi investi en 2011 dans Environmental Solutions Worldwide (ESW), qui créé des produits de contrôle des émissions, avec plusieurs personnes proches de Leon Black, donts ses quatre enfants. Des directeurs exécutifs d’Apollo son aussi au conseil d’administration de cette société.

ESW a eu quelques ennuis, notamment en 2002 quand la SEC suspectait son président d’alors, Bengt Odner, d’avoir participé au détournement de 15 millions des fonds de l’entreprise [13]. En 2011, ESW qui a déclaré un chiffre d’affaires de 12 millions de dollars à peine, a aussi déclaré 9 millions de pertes. A partir de 2015 plus aucun bilan n’a été publié.

 

Les fondations

2019-08-06 17_58_59-Home - Wexner Foundation - Opera

Sur l’aspect financier des magouilles d’Epstein, il faut aussi mentionner ses fondations, en plus de celles qu’il a gérées, notamment pour Wexner ou Black. On peut parler d’un petit empire de la philanthropie, ce truc indispensable aux riches pour compléter leur panoplie de VIP. Difficile de dire combien il en possède, puisqu’elles sont hébergées aux Iles Vierges et fonctionnent comme des sociétés offshore lambda. L’argent est distribué de tous les côtés : à des programmes de recherche, à des associations, à des fondations appartenant à ses copains, et on ne sait où.

Il y a la maison mère, la Jeffrey Epstein VI Foundation créée en 2000 aux Iles Vierges. Il y a aussi Enhanced Education crée en 2002 et Gratitude America Ltd, créée en 2012, les deux aux Iles Vierges. L’objectif de Gratitude America [14] est de financer des "organisations dans le monde qui cherchent à célébrer les Etats-Unis d’Amérique et les Idéaux Américains" (sic.).

En 2016 et 2017 elle a financé une école orthodoxe juive huppée de filles à Manhattan, un programme de tennis pour les jeunes, une crèche d’Harlem, une association de lutte contre le cancer, la troupe de théâtre d’Harvard, à la Kuhl Foundation, au MIT et d’autres programmes divers et variés. En 2016 et 2017, Gratitude America a aussi donné 100.000 et 50.000$ à la Bruce and Marsha Moskowitz Foundation, appartenant à un proche de Trump qui interfère dans la politique nationale et qui figure aussi dans le carnet d’adresses d’Epstein.

A un moment, il a aussi eu la C.O.U.Q. Foundation, qui a existé de 1999 à 2012 et a donné 25.000$ à la fondation des Clinton, la J. Epstein Virgin Islands Foundation, ou encore Epstein Interests active de 1992 à 2013, gérées par les mêmes personnes qui changent de rôle de temps en temps, et dont les fonds se déplacent d’une structure à l’autre. Une partie de l’argent finissait dans des campagnes électorales.

Epstein a déclaré que sa fondation avait donné à plus d’une centaine d’organisations depuis 2008, année où il a plaidé coupable des faits de recours à la prostitution. De 2015 à 2017 il dit que sa fondation Gratitude America Ltd. a donné 1,84 millions à plusieurs associations du pays. Mais selon les médias, plusieurs de ces associations qui auraient été bénéficiaires des largesses d’Epstein disent qu’elles n’ont rien reçu, ou alors beaucoup moins qu’annoncé.

La C.O.U.Q aurait aussi donné 500.000$ en 2007 à la Ramaz School de New York, où son avocat Jay Lefkowitz (également conseiller des deux Bush)est impliqué, ou 250.000$ à la fondation for Criminal Justice, dont un autre de ses avocats, Gerald Lefcourt, était membre du conseil d’administration.

Début 2008, Epstein a versé 46 millions de dollars à la fondation de Wexner YLK, qui déclare pourtant qu’à cette époque il avait déjà pris ses distances. La YLK, créée par Mme Wexner en décembre 2007, ne subventionnait apparemment que la Columbus Foundation, qui finance elle-même des initiatives pour "renforcer la communauté". YLK a fermé dès 2009, et ses actifs ont été transférés au Wexner Family Charitable Fund.

Les circuits financiers liés aux transferts d’argents via ces fondations ressemblent à ceux du blanchiment d’argent et de l’évasion fiscale.

 

Mafia

roy cohn et trump

Si les connexions de Trump avec la mafia depuis ses débuts dans l’immobilier commencent à être connues, celles d’Epstein le sont moins. Pourtant, à ses débuts Epstein était entouré de gens qui avaient gravité dans l’entourage d’un sulfureux avocat, Roy Cohn, gay –bien qu’il condamnait publiquement l’homosexualité puisqu’il était de droite- et anticommuniste mais surtout maître chanteur. Parmi ces personnes, Trump n’était pas le dernier, et a été lui-même très proche de Roy Cohn (mort en 1986).

Mais il y avait aussi le magnat des médias Rupert Murdoch, Alan Dershowitz ou Mort Zuckerman (autre propriétaire de médias). Cohn, qui avait été l’assistant du sénateur McCarthy, aimait aussi les people et était très proche de la mafia juive, menée à son époque par Meyer Lansky, et d’autres mafieux enrichis grâce à la prohibition, Lewis Rosenstiel et son partenaire Samuel Bronfman, ainsi que de gens du Congrès Juif Mondial et du B’naï B’rith.

Dans les années 50 et 60, Cohn et Rosenstiel organisaient des soirées qui leur permettaient de faire chanter des personnalités. Par exemple en 1958 au Plaza Hotel de Manhattan, suite 233. Hoover y était, habillé en drag queen, et des adolescents mineurs également. Cohn, Hoover et Rosenstiel ont eu des relations sexuelles avec eux.

Hoover se serait fait avoir au moins 2 fois par Cohn et Rosenstiel. Les deux fois, il y avait des garçons mineurs avec lesquels il a eu des rapports sexuels. Cohn a déclaré à James Rothstein, du NYPD, chef de la division trafic humain et mœurs, qu’il faisait partie d’une organisation chargée d’organiser le chantage sur des politiciens, à l’aide de mineurs prostitués, et son rôle était de faire venir les garçons et d’amener les cibles mêmes réticentes à passer à l’acte.

Selon lui, cette opération de chantage s’inscrivait dans le cadre de la lutte anti communiste de l’époque, même si les soirées qu’il organisait et ses chantages ont duré jusqu’aux années 80.

Cohn évoque aussi un lien avec le Watergate avec l’épisode méconnu du vol d’un "blackbook" au parti démocrate avec les noms de politiciens pédos des deux partis. Cohn était proche du cardinal Spellman, du Diocèse de New York, gay également et qui était présent à au moins une des partouzes au Plaza de Manhattan. On notera que Trump a ensuite racheté le Plazza Manhattan, où il a organisé des soirées dans les années 90, avec de la coke, de très jeunes mannequins, et qui finissaient en partouzes.

Les informations étaient remontées aux renseignements US et à la mafia, bien-sûr.

Il se trouve que les soirées d’Epstein ressemblent beaucoup à ce schéma.

 

Mannequins

Depuis les années 80, quand il se faisait passer pour un recruteur de modèles pour la marque Victoria Secrets de son ami Wexner, Epstein apprécie le milieu du mannequinat.

 

Jean-Luc-Brunel

BRUNEL 1

Un de ses amis d’antan, Jean-Luc Brunel (ils sont brouillés depuis [15]), présent à moult partouzes, selon les déclarations de plusieurs victimes et selon les messages entre lui et Epstein qui ont été saisis. Brunel est le fondateur et propriétaire à 85% (en 2010) de l’agence de mannequine MC2 Models [16], basée à Miami et Tel Aviv. Il dit avoir découvert Monica Bellucci, Sharon Stone, Jerry Hall  et bien d’autres stars des podiums. Avant cela, il dirigeait Karin Models, également basée à Paris.

Selon Virginia Roberts et d’autres témoins, il a procuré de nombreuses filles étrangères à Epstein (et à d’autres) via son agence de mannequins, et Epstein s’est vanté devant elle d’avoir "couché avec plus de 1.000 filles de Brunel". Certaines de ces filles fournies par Brunel étaient mineures, et c’est lui qui emmenait les plus jeunes aux soirées d’Epstein.

Virginia Roberts a déclaré en 2015 devant le tribunal qu’elle a été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui de nombreuses fois entre ses 16 et ses 19 ans, année où elle a quitté le réseau. Ces faits ont eu lieu à Paris, dans le sud de la France, aux USA, et aux orgies sur l’ile privée d’Epstein aux Iles Vierges.

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"Il était un autre des contacts puissants d’Epstein qui avait de nombreux contacts avec des filles jeunes partout dans le monde. En fait, la seule similarité avec Epstein et leur seul lien en amitié semblait être que Brunel pouvait trouver des douzaines de filles mineures et nourrir le solide appétit d’Epstein (et Maxwell) pour les rapports sexuels avec des mineures", a-t-elle précisé sous serment.

Selon elle, Brunel semblait avoir un "arrangement avec le gouvernement américain" pour obtenir des passeports et d’autres documents de voyage pour des filles, âgées de 12 à 24 ans, qu’il amenait aux Etats-Unis pour des objectifs d’exploitation sexuelle.

En fait, il ne gérait pas vraiment l’agence, et passait son temps comme recruteur, pour repérer des filles à travers le monde et leur proposer un boulot de modèle.

Puis, il en rabattait certaines vers les soirées d’Epstein ou les massages. En 2005 quand Brunel a créé l’agence MC2 Model & Talent, Epstein y aurait investi 2 millions de dollars. Brunel a nié tout financement de l’agence par Epstein, mais Maritza Velasquez, une ancienne collaboratrice a déclaré aux enquêteurs que Brunel lui avait confié qu’Epstein finançait les appartements pour les filles, assurait les liquidités quand il le fallait etc. Et Brunel vivait dans un appartement d’Epstein. Elle se souvient aussi qu’Epstein était en colère quand elle n’a pas réussi à obtenir un visa pour faire venir Nadia Marcinkova, alors âgée de 14 ans. Marcinkova qui est devenue l’une des principales rabatteuses d’Epstein.

Voilà une drôle d’agence, qui a besoin de financements privés pour assurer son activité quotidienne [17], pendant que de grosses sommes d’argent étaient transférées aux Iles Vierges.

2019-08-13 12_44_57-Enquête sur Jean-Luc Brunel, l’ami français de Jeffrey Epstein _ Mediapart - Ope

L’ancienne collaboratrice de Brunel entendue par les enquêteurs mentionne les liens de Brunel et Epstein avec le brésil, où ils se procuraient des filles. Elle explique que les filles étaient payées 100.0000$, parfois 200.000$, mais quand elles revenaient de ces quelques jours avec la bande de tarés, elles ne voulaient plus jamais travailler pour ce genre de types.

Les deux ont aussi effectué de nombreux voyages dans les avions d’Epstein et Brunel est allé lui rendre visite en prison. Un message manuscrit de Brunel à Epstein montre qu’il lui a réclamé une mineure de 16 ans pas blonde, sachant donner des leçons de Russe "gratuitement".

Avant de lancer MC2, Brunel grouillait déjà à Paris dans le milieu du mannequinat, et avait créé dans les années 70 une agence appelée Karin, devenue Karin Paris. A l’époque, selon le livre d’un certain Michael Gross paru en 1995, Brunel était « considéré comme un danger », qui aimait « la drogue et les viols silencieux » parce que « ça l’excite ». Une Néo-Zélandaise que Brunel avait recrutée à 17 ans et ramenée à Paris a raconté qu’il avait mis fin à sa carrière en répandant partout le bruit qu’elle était accro à la coke, après qu’elle ait refusé de coucher avec lui.

Il était réputé pour violer les filles, avec son bras droit, un dénommé Claude Haddad, qui pouvait se vanter de droguer et violer des filles de 13 ans. Une journaliste qui a enquêté sur cette affaire a entendu cinq femmes qui ont déclaré avoir été agressées sexuellement par Brunel et/ou Haddad.

Brunel a aussi travaillé pour l’agence Ford, qui l’a viré quand les rumeurs à son sujet sont devenues trop importantes.

En 2017 Brunel a porté plainte contre Epstein pour lui avoir fait perdre des millions et l’avoir plongé une dépression à cause de la mauvaise pub que lui faisaient les ennuis judiciaires du fan de massages. Bref, on commence à s'amuser et même Médiapart a enfin parlé de lui dans un long article.

 

Trump Models

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Trump lui aussi avait créé son agence de mannequins, appelée Trump Model Management, en 1999. La boîte amenait des filles aux Etats-Unis depuis l’étranger, notamment l’Europe de l’est et la Russie avec des visas de tourisme, ce qui signifie qu’elles n’avaient pas le droit d’y travailler. Pourtant, certaines y restaient plusieurs années de suite.

Trump en détenait 85% et l’agence lui rapportait environ 2 millions par an.

Dans les années 80 et 90, Trump était aussi un grand ami de John Cassablancas, patron de l’agence Elite qu’il avait fondée en 1972, qui couchait avec ses recrues mineures au vu et au su de tous [18]. Cassablancas trainait également avec Brunel et Haddad.

En 1996, Trump a racheté la franchise du concours Miss Univers, et en 1999 il a lancé l’agence T-models, devenue ensuite Trump Model Management.

Puis, il a décidé de lancer sa propre fille dans le mannequinat, et à l’âge de 13 ans elle signait chez Elite (dont Trump connaissait parfaitement la réputation) où elle a mené une courte carrière. Quant à lui, il trainait dans les jurys des concours organisés par l’agence avant de lancer les siens, comme Trump Realty Brazil (au Brésil) au conseil d’administration duquel il y avait Cassablancas.

 

Peter Listerman

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Citoyen Russe, il serait l’un des rabatteurs d’Epstein, et allait chercher les victimes dans les collèges et lycées. Il est réputé pour mettre en relation des types riches et de jeunes mannequins depuis des dizaines d’années, et s’en vantait lui-même dans des interviews.

Il ramenait des filles depuis l’Ukraine et la Russie pour les faire travailler dans des agences d’escorts pour VIP. Selon un article du New York Post, il a été vu alors qu’il rendait visite à Epstein, mais lui nie tout lien.

Il parle des filles qu’il livre aux VIP comme des « chicken » (terme qu’on retrouve dans le Pizzagate) ou des "génisses".

En 2009 dans un tabloïd Russe il a dit "Mes clients d'Hollywood et les oligarques sont lassés des filles moscovites, américaines ou européennes émancipées, qui ressemblent à des robots.L Tout le monde en a marre de ces filles démoniaques, ils veulent de la douceur et du romantisme".

Selon le témoignage d’une mannequin qu’il l’a rencontré à 14 ans, Kristina Goncharova, Listerman lui a demandé de très nombreuses fois si elle était d’accord pour un mariage. D’ailleurs, il dit organiser des mariages entre types riches et jeunes filles des payes de l’Est.

 

Sciences

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En bon mégalo, Epstein était fasciné par l’eugénisme, même si ça prend la forme de recherches sur l’ADN et l’ingénierie génétique, ou sur le transhumanisme. Pour financer ses délires, il a créé sa fondation en 2000, la Jeffrey Epstein VI Foundation, qui investit dans la science et un peu dans l’éducation : neurosciences, intelligence artificielle, physique, intelligence artificielle…

On a même appris qu’il comptait transformer son ranch en usine à bébés, avec son ADN évidemment, et qu’il voulait se faire cryogéniser le pénis. C’était même, semble-t-il, un grand sujet de discussion avec ses amis scientifiques.

Il a fait dès les années 90 des chèques à l’université de Harvard, dirigée alors par son ami Lawrence Summers, pour financer des programmes de recherches menés par ses amis scientifiques.

Parmi ses investissements dans la science :

Epstein a aussi de nombreuses fréquentations parmi les scientifiques les plus éminents aux Etats-Unis et ailleurs (liste partielle sur son ancien site) :

  • Stephen HAWKING qui est venu aux Iles Vierges.
  • Marvin MINSKY, spécialisé dans l’IA. Virginia Roberts déclare qu’Epstein lui a demandé d’avoir des relations sexuelles avec lui sur son île.
  • Ben GOERTZEL d’OpenCog Foundation à Hong-Kong.
  • Joscha BACH et le MicroPsi 2 Project.
  • Stephen M KOSSLYN.
  • Martin A NOWAK, qui a dirigé le programme d’Harvard sur la biologie mathématique et l’évolution dynamique. Au sujet d’EPSTEIN, NOWARK avait déclaré en 2003 : « Je suis stupéfait par les connexions qu’il a dans le monde scientifique. Il connaît un nombre incroyable de scientifiques. Il connaît tout le monde ».
  • Lawrence H SUMMERS, président d’Harvard de 2001 à 2006 et futur secrétaire d’Etat au Trésor sous CLINTON. Sous son mandat à Harvard, EPSTEIN aurait donné au moins 25 millions de dollars au programme for Evolutionary Dynamics.
  • Eric LANDER
  • George CHURCH, spécialiste de la physique moléculaire.
  • David GROSS, physicien
  • Frank WILCZEK, physicien au MIT et partenaire de GROSS.

 

Renseignements

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Epstein est en cheville avec les services de renseignements US et américains, a minima. Alexander Acosta, le procureur qui lui a permis de s’en tirer grâce à un accord illégal en 2008, a déclaré qu’il a agi de la sorte parce qu’on lui avait dit qu’Epstein appartenait aux renseignements et qu’il fallait le laisser tranquille. C’est du moins ce qu’il a expliqué à l’équipe Trump quand il a été recruté comme ministre du Travail. Il a été viré le 12 juillet suite au scandale, justement pour son rôle dans l’exonération d’Epstein.

De quels renseignements parle-t-il ? probablement des services US, FBI, CIA ou autre. Car même en travaillant, comme on va le voir, pour les israéliens, Epstein n’aurait jamais bénéficié d’une telle impunité s’il n’avait pas aussi rencardé les services de sa terre natale –et de domiciliation.

Selon Robert Steele, ex agent de la CIA, Epstein travaillait à la fois pour le Mossad et la CIA. Son but était de coincer et de faire chanter des personnalités politiques. Et il est assez évident que si les israéliens avaient été les seuls à bénéficiers des tuyaux et magouilles d’Epstein, son impunité aurait été de beaucoup plus courte durée.

Le FBI a publié une partie de ses dossiers concernant Epstein, mais ils sont tellement caviardés que cela en devient suspect. Mais on y découvre tout de même qu’Epstein serait devenu un "informateur" du FBI dans l’espoir d’éteindre la procédure de 2005-2008. D’ailleurs l’enquête fédérale a son sujet a été close quand Epstein a donné des "informations" au FBI sur les malversations –qu’il connaît bien- de la banque Bear Stearns.

2019-08-13 12_51_02-Our Team - Carbyne - Opera

Il a aussi les liens d’Epstein avec des politiciens et membres des services israéliens, via des investissements dans des start-up de nouvelles technologies proches des renseignements, comme Carbyne Ltd, dans laquelle il a investi avec Ehud Barak, ex premier ministre israélien et président de Carbyne, qui espère faire son retour en politique aux prochaines législatives en Israël [20]. Carbyne, basée à Tel-Aviv et à New-York, a été créée en 2014 pour développer des technologies de communication ultra rapides pour agir en cas de crise, en utilisant toutes les sources de données disponibles. Ehud Barak et Jeffrey Epstein y ont investi dès 2015.

Celle qui occupe le poste de directrice dans cette boîte est Nicole Junkermann, ancien mannequin née en Allemagne, elle a grandi à Marbella, étudié le business à Monaco puis à Harvard, et est aujourd’hui installée à Londres. D’après les carnets de bord des pilotes d’Epstein, elle a voyagé deux fois seule avec Epstein en 2002 (trajet le Bourget – Birmingham) et une fois en mars 2002 avec deux autres passagers. Comme elle avait déjà 27 ans, il est peu probable qu’Epstein cherchait à lui sauter dessus.

Elle a co-fondé en 1998 Winamax (paris de foot en ligne revendu en 2001) et d’un fonds de capital-risque axé sur le sport, United Sports, en 2005. « Depuis 2011, elle est revenue à ses racines dans l’innovation numérique et les technologies expérimentales – des domaines tels que la robotique, le génome, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle », mentionne sa page sur le site de Carbyne. Elle possède un fonds d’investissement, NJF Capital Ltd., qui possède des actifs ou la totalité d’une trentaine de start-ups et réalise des investissements avec des personnalités de la Silicon Valley comme Eric Schmidt de Google ou Peter Thiel de Paypal, qui a aussi investi 15 millions de dollars dans Carbyne en 2018.

Par ailleurs, son nom apparaît dans les fuites des Panama Papers issus du cabinet Mossack Fonseca dans le cadre du scandale de corruption de la FIFA[21]. Elle est l’ex de Robert Louis Dreyfus et est mariée à un magnat de l’industrie italien. Elle a été nommée récemment comme conseillère au sous-secrétariat de la santé et de l’aide sociale de Grande-Bretagne, dans le tout nouveau Healthtech Advisory Board, qui doit conseiller le ministre Matt Hancock sur la « vision technologique de la santé et de l’action sociale ».

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Parmi l’équipe de direction de Carbyne, il y a aussi d’anciens militaires qui ont été impliqués dans les barbouzeries israéliennes, comme le PDG Amir Elichai, le directeur exécutif Pinchas Berkus, qui fut membre d’une unité d’élite de l’armée appelée IDF8200 Cyber Intelligence Unit, ou le co-fondateur Lital Leshem, qui est toujours officier de réserve. On y trouve même comme expert un ancien flic anglais, Andy Rooke, spécialiste des systèmes de transports intelligents et ex conseiller des autorités anglaises et européennes en matière de sécurité routière, un réserviste de l’armée US dans la police militaire, Brett Whitney pour le développement commercial ou encore un ancien collaborateur de député US et agent du bureau des affaires politiques à l’ambassade US en Afghanistan, Trae Stephens, qui a collaboré à l’équipe de transition de Trump pour le département de la Défense en novembre 2016 et collabore dans Founders Fund, un fonds d’investissement lancé par le milliardaire Peter Thiel (également actionnaire de Carbyne, membre du conseil d’administration de Facebook et supporter de la campagne de Trump auquel il a filé 1,25 millions pendant la campagne, et puis 250.000$ en 2018) et six autres types..

Et puis, il y a la co-fondatrice de Carbyne (qui en possède toujours des parts), Lital Leshem, est une collaboratrice d’Erik Prince [22], le fondateur de Blackwater, une société militaire privée impliquée dans divers scandales, notamment du trafic sexuel, en Yougoslavie par exemple. Récemment, Prince et Leshem disaient qu’il avait une solution pour le Venezuela, à savoir installer 4 à 5.000 hommes sur place pour mettre au pouvoir l’opposant de droite à Maduro, un scenario qu’on ne connaît que trop bien.

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Selon The Times of Israël du 16 juillet 2019, "Barak a déclaré au Daily Beast avoir rencontré Epstein à des dizaines d’occasion, et notamment après la révélation de l’organisation d’orgies sexuelles à ses différents domiciles qui auraient impliqué des mineures" à Manhattan et aux Iles Vierges, mais il n’aurait jamais vu de mineures chez lui ou participé à des partouzes.

Carbyne (qui s’est appelée durant quelques années Reporty Homeland Security Ltd.) a aussi des liens avec l’industrie militaire US, notamment via Michael Chertoff, ex conseiller de Bush qui a écrit le Patriot Act (surveillance de la population) et siège au conseil de surveillance de l’entreprise.

La boîte a également des liens avec des oligarques proches de Poutine : Viktor Vekselberg, un ukrainien proche de Poutine [23], et Andrew Intrater, depuis septembre 2017, via Columbus Nova Technology Partners, une boîte pour laquelle Michael Cohen a été consultant jusqu’en août 2017[24].

Selon un média d’influence Turc, "Epstein a travaillé en étroite collaboration avec Israël, à l'avant-garde d'une initiative privée visant à apporter au secteur privé la technologie de pointe du renseignement militaire israélien, offerte au plus offrant". Si c’est cela, il y a forcément des trappes dans les programmes, qui permettent aux israéliens d’avoir la main sur les données et/ou les programmes.

En tout cas, comme le note ce journal, TRT World, "Même si la société fournit des services d’intervention d’urgence, aucun des administrateurs ou des membres du conseil consultatif n’a de formation en systèmes d’intervention d’urgence".

On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un hélicoptère appartenant à Epstein a le même numéro d’immatriculation qu’un avion de la société militaire privée DynCorp.

Dans les années 80 déjà, Epstein disait à qui voulait l’entendre qu’il travaillait pour des gouvernements, pour récupérer de l’argent détourné par les dictateurs africains. Etonnant au vu des circuits habituels de "recouvrement" dans ce genre de magouilles, mais pourquoi pas. Et sur son site, Epstein se vante lui-même d’être un "ancien membre" de plusieurs comités :

  • Le Mind Brain and Behaviour Committee à Harvard,
  • La commission Trilatérale,
  • Le Council on Foreign Relations (CFR),
  • La New York Academy of Science
  • Le conseil d’administration de la Rockefeller University
  • La Edge Organization

Soyons clairs : on ne peut pas faire partie de ces organisations, même si la plupart sont plus ou moins tenues par les Rockefeller, si on est seulement un agent au service d’Israël. En particulier la Trilatérale, haut lieu de discussions informelles entre leaders politiques et économiques d’Asie, d’Europe et des USA et le CFR qui est l’un des instruments de la politique impérialiste US.

Par ailleurs, on sait que ses villas étaient truffées de caméras et qu’il conservait les vidéos en plusieurs exemplaires et en divers endroits. Virginia Roberts a expliqué qu’elle avait demandé les bandes où elle figure à la justice et au FBI, mais ça lui a été refusé.

Est-ce que le réseau servait à nouer des relations plus "intimes" avec des partenaires potentiels de business, et, tant qu’à faire, à avoir de quoi peser sur leur décision ?

 

Les liens avec Trump

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Epstein et Trump se connaissent depuis les années 80, ils sont voisins à Palm Beach et ont fait de nombreuses "soirées" ensemble. Le frère d’Epstein a témoigné en 2009 que Trump a voyagé au moins une fois dans le jet d’Epstein, en 1997, à partir de Palm Beach. Ils se sont brouillés fin 2004, début 2005, pour une histoire de propriété sur laquelle Epstein lorgnait et que Trump a rachetée dans son dos pour la revendre trois fois le prix.

Epstein a également confirmé leurs liens, mais a fait appel au 5e amendement quand on lui a demandé d’évoquer leurs partouzes communes.

On a vu que l’avocat Roy Cohn représente un lien déjà consistant eux deux, Dershowitz en est un autre, même s’il tente de faire croire qu’il a pris depuis longtemps ses distances avec Epstein et qu’il fut un donateur des campagnes de Clinton. En effet, Dershowitz est bien introduit à la Maison Blanche sous l’ère trump, notamment dans le cadre de conseils au sujet des négociations de paix entre Israël et la Palestine qu’il donnait encore en avril de cette année à une équipe composée de Trump, de son gendre Jared Kushner, de l’ambassadeur David Friedman et d’un envoyé spécial israélien. Dershowitz a aussi déclaré qu’il a parlé avec les conseillers de la Maison Blanche avant que la décision de transférer l’ambassade US à Jérusalem.

En 1971, Trump a pris Roy Cohn comme avocat quand il a débarqué à Manhattan pour se lancer dans l’immobilier, et a développé ses contacts notamment du côté de la mafia.

L’histoire de ce terrain est assez intéressante : En 2004, Epstein a parlé à Trump d’une villa qu’il voulait racheter à Palm Beach, pensant qu’il n’avait pas les moyens de la racheter. Mais Trump a réussi à obtenir un prêt de la Deutsche Bank (via une société baptisée Trump Properties LLC, entièrement financée par la Deutsche Bank), et a pu mettre 5 millions de $ de plus qu’Epstein, soit 41 millions au total. Il a ensuite rénové la maison et l’a remise en vente pour 125 millions puis vendue 96 millions à un russe proche de Poutine, Dmitry Rybolovlev, propriétaire de l’AS Monaco, qui n’y a jamais vécu.

 

Le viol de deux mineures de 12 et 13 ans

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Parmi les victimes d’Epstein, au moins une dénonce des faits commis également par Trump : Katie Johnson a dénoncé des viols commis par Epstein et par Trump durant l’été 1994 à Manhattan, quand elle avait 13 ans, en présence d’une autre victime âgée de 12 ans.

Elle était arrivée en bus à New York pendant les vacances, pour tenter de se lancer dans le mannequinat. Au moment où elle allait reprendre le bus pour retourner chez elle, elle a rencontré un certaine Tiffany, qui lui a proposé de venir à une soirée pour y rencontrer des gens qui pouvaient l’aider. C’est comme cela qu’elle s’est retrouvée à quatre « soirées » chez Epstein à Manhattan [25].

A la 3e partie, Trump l’a attachée à un lit, frappée et violée. Epstein l’a violée à la deuxième et à la troisième soirées, elle a ensuite été menacée par les deux et ils lui ont rappelé qu’ils étaient puissants et faisaient ce qu’ils voulaient. Elle y est encore retournée trois fois.

Elle mentionne, à la troisième des quatre partouzes auxquelles elle a été amenée, une fillette de 12 ans qui a été forcée de participer aux faits commis par Trump et d’être également violée. Trump a dit à Katie Johnson qu’elle devait se taire si elle ne voulait pas disparaître comme cette fille, Maria, âgée de 12 ans, impliquée dans le 3e incident avec Trump, et qu’elle n’a jamais revue par la suite. Lors des faits, les deux filles avaient été forcées de s’habiller en servantes. A la fin Trump a jeté 400$ par terre à Katie Johnson.

Elle a expliqué dans sa déposition : "Trump a dit que je ne devais jamais rien dire si je ne voulais pas disparaître comme Maria, une fille de 12 ans qui a été forcée de participer au troisième incident avec TRUMP, et que je n’ai pas revue depuis (…) et qu’il était capable de faire tuer toute ma famille".

Entre les soirées, elle rentrait chez elle dans l’Oklahoma, puis Tiffany la rappelait.

Dès qu’elle a signalé les faits à la justice le 26 avril 2016, elle a reçu des menaces (coups de fils anonymes avec personne qui parle) et a demandé une mesure de protection.

Selon la plainte rédigée justice, dès le 28 avril 2016, Trump a fourni une déclaration à American Media Inc. et / ou à Radar Online LLC, disant que "ces accusations sont non seulement complètement fausses, mais dégoutantes au plus haut point et clairement destinées à solliciter l’attention des médias". Il a aussi diffusé des documents d’ordre diffamatoires contre la plaignante.

Le 5 novembre 2016 Katie Johnson a abandonné la procédure. Il n’y a pas eu d’enquête sur cette jeune "Maria". 

Les propos de Katie Johnson sont largement confirmés par Tiffany X, qui l’a fait rentrer dans le réseau et était présente lors des faits.

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Entendue par la police en 2016, elle a expliqué qu’elle avait rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice des soirées du pervers, et job consistait aussi à superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wexner Mansion à New York sur la 71 rue, occupée par Epstein. C’est dans ce cadre qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qui allait repartir dans sa province, et qu’elle l’a « persuadée » de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec TRUMP.

Elle mentionne le viol commis en présence de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes encore que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit, et elle savait qu’ils avaient les moyens de le faire car elle les avait déjà vus à l’œuvre.

 

Michael Cohen

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Un autre lien entre Trump et Epstein est Michael Cohen, ex avocat de trump et témoin clé de la procédure sur les liens de Trump avec la Russie. Ce grand fan de trump a investi dans les projets immobiliers de son idole, a travaillé pour dans la Trump Organization, et quand Trump est devenu président en 2017, Cohen a créé une boîte, Essential Consultants, pour monnayer l’accès à Trump [26]. La boîte aurait aussi servi payer pour éteindre des procédures, notamment celles lancées par Stormy Daniels et Karen McDougal pour des viols (éteintes pour 280.000$ semble-t-il) [27].

Cohen, qui se serait vanté d’avoir menacé et fait pression pour le compte de trump contre environ 500 personnes, représentait Trump dans la procédure contre Katie Johnson. Il est également lié au business des nouvelles technologies, via un des associés d’Epstein, l’anglais Andrew Intrater, qui est donc lui-même partenaire d’Ehud Barak, notamment, dans Carbyne. Intrater a été également entendu par la commission Mueller sur les liens de Trump avec la Russie pour ses liens avec Viktor Vekselberg et il est accusé d’avoir transféré 583.000$ à Cohen via son a société d’investissement, Columbus Nova Technology Partners, dont les US disent qu’elle est une filiale du Renova Group, qui appartiendrait à Vekselberg.

Enfin, Wayne Madsen, ancien fan de trump, a publié en février 2017 une liste de plusieurs procédures contre Trump pour des viols sur des mineurs, garçons et filles, qui ont été réglées "à l’amiable" [28] à coups de millions de dollars.

 

La France

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Aujourd’hui, le FBI s’intéresse aux activités d’Epstein hors des Etats-Unis. C’est heureux, et on espère vivement qu’ils s’intéresseront à la France, où Epstein a un domicile, et d’où il revenait lors de son arrestation à sa descente d’avion sur le sol US début juillet. Car, on dirait bien que les autorités françaises manquent de curiosité à ce sujet.

En effet, au vu du dossier –disponible en ligne avec les témoignages, on ne peut que s’interroger sur certains points, notamment :

  • Comment Epstein a-t-il pu faire circuler des mineures vers et depuis la France (aéroport du Bourget), en avion, sans aucun problème de douane ? Et cela même après 2001 et le renforcement drastique des contrôles aux frontières.
  • Qui étaient ces deux fillettes de 12 ans, fournies par un de ses "amis" à Epstein - Jean-Luc Brunel selon certaines sources- pour son anniversaire, et qui sont parties de France jusqu’à Londres juste pour y être violées lors d’une partouze ? Selon Virginia Roberts, "elles venaient de France parce qu’elles étaient vraiment pauvres là-bas et que leurs parents avaient besoin d’argent", et elles auraient été amenée ensuite à palm Beach.
  • Qui étaient les fréquentation d’Epstein en France ? Car on suppose qu’il ne faisait pas l’ermite durant ses séjours au pays des droits des pédos. D’ailleurs, dans son carnet d’adresses figurent quelques personnalités du tout paris comme un ex de Caroline de Monaco, des décorateurs et stylistes jet-setteurs, des aristos…

Selon Maritza Vasquez, qui a travaillé comme contrôleur financier pour l’agence Karin à partir de 1998 puis pour MC2, en 2010 Epstein et Brunel avaient l’intention de créer une agence de mannequins à Paris avec une française, sur le modèle de celle de Trump. Le projet n’aurait pas abouti.

On a appris le 12 août que le parquet de Paris avait transmis les éléments disponibles sur ce volet, et ceux-ci seraient "en cours d’analyse et de traitement".

Nous reviendrons sur ce volet français de l'affaire.

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Ce dossier est tentatculaire. On touche à l'ingénierie sur l'humain, aux renseignements, aux réseaux de blanchiment et de détournement d'argent, à l'exploitation sexuelle de mineurs et donc à la corruption. L'affaire Epstein amène à mettre le doigt au coeur du système de pouvoir international. Même s'il reste encore beaucoup à décrypter, on comprend qu'à ce niveau de magouilles, les collusions dépassent largement les clivages affichés pour le populo, par exemple entre la Russie et israël, ou entre la Russie et les Etats-Unis, ou entre Israël et la Russie. L'échiquier international qu'on nous montre serait-il une construction, un story-telling pou rle bon peuple?


[1] Le communiqué du 12 août précise « Nous rappelons à cette occasion notre détermination entière à protéger les jeunes filles des violences sexuelles et notamment des réseaux d’exploitation criminelle, qui donnera l’occasion à de nouvelles mesures lors du dernier trimestre de l’année. ». Sauf qu’il y a aussi des enfants dans cette histoire.

[2] Selon le pilote, Clinton devait y faire des discours.

[3] Outre Clinton et Epstein, Ghislaine Maxwell et Sarah Kellen, deux de ses rabatteuses favorites, étaient présentes à l’aller, et au retour quatre personnes de plus les accompagnaient : Mike Epstein, Doug Band un businessman politicien qui était aussi l’avocat de Clinton, et deux femmes appelées Janis et Jessica qui d’après le pilote appartenaient aux renseignements.

[4] Dershowitz est né en 1938, est avocat et prof de droit à Harvard (il fut le jeune prof de la fac à 28 ans).Il a défendu OJ Simpson, Epstein, Trump, Barak Obama, Bill Clinton, Benjamin Netanyahou, Marlon Brando, Frank Sinatra, et évidemment Harvey Weinstein. Il écrit des chroniques dans différents journaux importants, et à la télé surtout sur Fox News où il défend toujours TRUMP. Pseudo défenseur des « libertés publiques », est dans le courant libertarien. C’est un sioniste convaincu même s’il dit qu’il est « seulement » pro israélien. Il aurait rencontré Trump à Mar A Lago, et est venu diner à la Maison Blanche peu après une perquisition du FBI au bureau de Michael Cohen, ex partenaire de Trump dans l’immobilier et diverses magouilles.

[5] Epstein peut donc signer des actes et agir au nom de Wexner.

[6] Alors qu’il n’avait aucun titre dans l’entreprise, il en rencontrait régulièrement les dirigeants.

[7] Cette maison avait été achetée en 1989 par Wexner pour 13 millions dollars. Il l’a restructurée et vendue en 1998 à Epstein NES LLC, pour 0$. Autre étrangeté dans cette transaction : d’après les documents mentionnés par Bloomberg, Epstein a signé pour les deux parties du contrat.

[8] Il explique avoir découvert des malversations commises par Epstein dans sa fondation en 2007, après que l’affaire des massages ait éclaté et qu’il ait, d’après ce qu’il déclare aujourd’hui, coupé les ponts avec Epstein.

[9] Seul Hoffenberg a été cité nommément dans les poursuites, pour le reste ils ont été appelés « co-conspirateurs », mais il s’agissait très probablement d’Epstein tout seul.

[10] La pyramide de Ponzi est une escroquerie basique, inventée au XVIIe siècle : on promet aux gens de placer leur argent et de leur donner un gros rendement du genre 12, 15% par an, et on se sert de l’argent des nouveaux pigeons pour rémunérer les premiers quand ils réclament un peu de cash.

[11] Pourtant Hoffenberg dénonce des faits précis comme des détournements d’argent de certains clients vers d’autres, ou le siphonage de quelques millions.

[12] LLC, pour « Limited Liability Companies », des coquilles vides qui permettent d’acquérir des propriétés immobilières de manière discrète à l’égard des services fiscaux, très usitées dans le cadre du blanchiment d’argent (y compris en France bien-sûr).

[13] L’affaire a été réglée par un accord sans que l’on sache le fin mot de l’histoire.

[14] A ne pas confondre avec une association de vétérans du même nom (Gratitude America Inc.).

[15] En fait, en 2015 Brunel a déposé une plainte assez étonnante contre Epstein, qui ressemble à une tentative de se dissocier de son sulfureux ami. Cette plainte demandait réparations car les procédures contre Epstein avaient nui à l’image de Brunel et il en était meurtri et aurait perdu des millions de dollars.

[16] Il l’a créée ne 2005 avec Jeremy Fuller. Elle est d’abord implantée à New York.

[17] D’ailleurs Brunel maquillait les comptes pour laisser croire à Epstein que la boîte était en bonne santé et qu’il lâche encore de l’argent. Les filles pouvaient être payées en cash sans être déclarées.

[18] En 2002 il a été poursuivi par une ancienne mannequin de l’agence, qui l’accusait de viols commis quand elle avait 15 ans. En 1998, une enquête a été ouverte à Paris sur la prostitution des filles via l’agence Elite entre 1994 et 1997, et plusieurs personnes dont Robert De Niro ont été entendues. L’affaire a été dégonflée au fil de la procédure, pourtant il y avait des mineures parmi les victimes.  Il faut dire que parmi les clients, il y avait « de riches émirs arabes clients de nos marchands d'armes, des intermédiaires peu scrupuleux, des play-boys argentés et dépravés, un ancien gendarme de l'Elysée, un médecin cannois, une ancienne gloire du tennis, un producteur de cinéma ». Le photographe Jean-Pierre Bourgeois avait même été arrêté en janvier 1997, et avait déjà été soupçonné dix ans plus tôt des mêmes faits, de même que l’ex mannequin Annika Brumark.

[19] L’argent n’a pas été rendu par l’université après le scandale.

[20] Ce retour a été un peu plombé par ses liens avec Epstein, diffusés par la presse locale. Et son concurrent Netanyahou, lui aussi présent dans le carnet d’adresses d’Epstein, s’est fait un plaisir de rediffuser les articles qui y faisaient référence. Du coup, Barak, qui a au passage admis avoir rendu visite à Epstein, cherche à le faire expulser de leur business commun, même si la presse israélienne minimise la participation d’Epstein dans Carbyne.

[21] Une boîte qu’elle contrôlait avec Jacobs Holding (société de la famille suisse Jacobs) appelée Infront Sports & Media, qui vend les droits médias des coupes de foot, était dirigée par le neveu de Sepp Blatter et a été vendue en 2011 pour 650 millions d’euros tout de même.

[22] Leshem vient d’être nommée directrice des relations avec les investisseurs du fonds d’investissement de Prince, Frontier Resources Group, dont il aurait vendu une majorité à un type proche du président chinois, un dénommé Chang Zhenming.

[23] Vekelsberg a été entendu par le procureur Mueller dans le cadre de l’enquête sur les liens entre Trump et la Russie. Il est soupçonné par les US de mener des activités nuisibles pour le compte du gouvernement russe.

[24] Via sa boîte Essential Consulting, qui a également servi au versement d’argent à l’une des victimes de viol de Trump, Stormy Daniels, à la suite d’un accord pour la faire taire.

[25] Ces soirées ne passaient pas pour les plus chics de la ville, et certains invités, selon un témoignage, étaient choqués du nombre de jeunes mannequins russes.

[27] Ces règlements menés pendant la campagne électorale de 2016 ont valu 3 ans de prison à Cohen, qui a été condamné en mai 2019.

[28] Cette liste a été diffusée sur Facebook notamment. Elle mentionne six procédures :

1) Michael Parker, 10 ans, viom oral à Mar-a-Lago, Palm Beach, FL, 1992. Trump aurait versé 3 millions à ses parents.

2) Kelly Feuer, 12 ans, relation sexuelle forcée à la Trump Tower. Trump aurait payé 1 million de dollars en 1989.

3) Charles Bacon, 11 ans, viols oral et anal en 1994 à la Trump Tower. Trump aurait versé 3 millions.

4) Rebecca Conway, 13 ans, agression sexuelle et viol oral, chez Trump à Charlottesville. Il aurait payé 5 millions de dollars.

5) Maria Olivera, 12 ans. Sa famille aurait reçu 16 millions pour régler la procédure pour viols survenus à Mal A Lago en 1993.

6) Kevin Noll, 11 ans, viol anal à la Trump Tower en 1998. Le cas a été réglé aussi mais on ignore pour quel montant.

[29] Il faut savoir qu’à ces soirées de produits de luxe où des types très riches sont invités, on fait aussi venir tout un tas de mannequins dont une partie peuvent être réservées pour la soirée à des tarifs de VIP.

11 août 2019

Affaire Epstein - Partie 1 : le système Epstein

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L’affaire Epstein, qu’on pensait enterrée, a resurgi ces dernières semaines avec une nouvelle mise en cause parce que sa première condamnation, absolument ridicule, était le fruit d’un accord illégal passé dans le dos des victimes.

Et puis le 9 août, Epstein est retrouvé mort dans sa cellule. Cette nouvelle séquence semblait viser principalement Donald Trump, un vieil ami de partouzes (y compris avec des mineures) d’Epstein. Nous verrons cela dans un dossier en deux parties, dont voilà la première.

 

Comme le dossier est très touffu, il est en deux parties. La première est un état des lieux de la procédure et réseau d'Epstein, la seconde permettra de voir ses connexions avec la finance, les renseignements, le monde du mannequinatn le business des fondations.

 

Qui était Jeffrey Epstein ?

Commençons au début : qui était Epstein ?

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Nous allons d’abord nous limiter à la version officielle. Né en 1953 à Brooklyn, est passé par la Cooper Union pendant deux ans, puis à la New York University de 1971 à 1974 et n’a jamais obtenu de diplôme. Il démarre tout de même, à 21 ans, comme prof dans une école huppée de Manhattan. C’est là qu’il rencontre le père d’une de ses élèves, patron d’une grande banque qui sera à deux doigts de la faillite en 2008 à force d’avoir spéculé sur des produits spéculatifs pourris : Bear Stearns [1]. Il rejoint la banque en 1976 comme gestionnaire de fortune (avec les plus gros clients).

En 1981, il est viré de la banque suite à une suspicion de fraude –déjà [2]- et décide de monter son propre fonds d’investissement, International Assets Group Inc., qui devient J. Epstein & CO et conseille ses clients très riches sur la gestion de l’ensemble de leur patrimoine. Un peu comme Madoff, il avait fixé une limite minimale de 1 million de dollars de patrimoine.

Il devient un VIP de la côte est, rencontre du gratin comme Leslie Wexner, le patron de la marque de sous-vêtements Victorias Secrets qui lui ouvre grand son carnet d’adresses plein de VIP, et gère assez rapidement plus d’un milliard de dollars d’actifs, ce qui est énorme à l’époque. Il prend des participations dans des entreprises, créé des boites dans divers paradis fiscaux.

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En 1992, Epstein rencontre celle qui deviendra sa compagne / rabatteuse / formatrice de recrues Ghislaine Maxwell, une anglaise fille d’un magnat de la presse tabloïd anglaise mort subitement en 1991 après avoir tenté de faire pression sur le Mossad, pour qui il avait toujours travaillé.

En 1998 il achète son île, Saint James, aux ïles Vierges. Il y a construit un petit temple dont il a récemment enlevé le dôme ainsi que les hiboux dorés qui l’ornaient. 

La première plainte pour agression sexuelle intervient en 1996 [3], elle est étouffée. Une autre est déposée l’année suivante, sans suite

En 2000 Epstein créé sa fondation, la Jeffrey Epstein VI Foundation, basée aux Iles Vierges, qui investit principalement dans les sciences (intelligence artificielle, neurosciences, transhumanisme…) et l’éducation.

Ses ennuis judiciaires commencent vraiment en 2005. A ce moment il est au faîte de sa carrière de financier VIP, adulé des médias bien que discret, et incontournable des soirées jet set aussi bien à New York qu’à Palm Beach.

Parmi ses nombreux contacts on peut citer un certain nombre de membres du gratin, notamment financier, comme Clinton, Al Gore, Trump, Edouard De Rothschild, David Rockefeller, Richard Branson le patron de Virgin, Henri Kravis (un des plus gros milliardaires US), Lawrence Summers, président d’Harvard et ex conseiller économique d’Obama, ou des acteurs comme Kevin Spacey, Alec Baldwin ou Chris Tucker.

Il se faisait bien voir de ce petit monde (particulièrement dans la communauté juive, mais pas uniquement) en donnant de l’argent à leurs œuvres de charité ainsi qu'aux campagnes électorales, et en organisant de nombreuses soirées.

 

1er round

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Une enquête a été ouverte par la police de Palm Beach en 2005 suite à la plainte d’une mineure et de ses parents, pour des viols commis par Epstein à l’occasion d’un des fameux "massages" dont on va beaucoup parler.

Au total, 34 victimes d’Epstein ont été entendues dans le cadre de cette enquête. Aujourd’hui, un avocat qui défend certaines d’entre elles parle de plus d’une cinquantaine de victimes. De fait, selon ses employés de maison, il réclamait 2 à 3 massages par jour, et les filles très jeunes qui venaient pour cela changeaient presque à chaque fois.

Une perquisition est menée en octobre 2005 dans sa villa de Palm Beach, et de nombreuses photos de filles nues, y compris mineures, ainsi que deux caméras cachées et des fils d’un système de vidéosurveillance ont été trouvés. Mais, ses ordinateurs avaient disparu. En 2006 la justice décide de le poursuivre ainsi que deux de ses "assistantes" (d’anciennes victimes devenues rabatteuses [4]).

Et lors de la perquisition à son domicile New-Yorkais, les enquêteurs ont trouvé des dizaines de diamants et "des piles de cash", ainsi qu’un faux passeport : un passeport autrichien datant des années 80 indiquant une domiciliation en Arabie Saoudite, avec sa photo mais un autre nom, donnant comme adresse une résidence en Arabie saoudite. La justice US n’aurait toujours pas déterminé s’il s’agit d’un faux ou bien d’un document délivré par les autorités autrichiennes.

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Mais revenons à la procédure. Suite à des pressions de la police de Palm Beach, le FBI ouvre à son tour une enquête autour des faits probables de prostitution de mineures. Des victimes potentielles sont entendues au Nouveau Mexique, à New York et en Floride, trois lieux de domiciliation d’Epstein.

Alors qu’il était mal barré, bizarrement il ne s’est plus rien passé. Une énorme campagne de presse a été menée afin de discréditer les victimes, et en première ligne Virginia Roberts qui avait osé dénoncer publiquement Epstein, mais aussi le prince Andrew et Ghislaine Maxwell, notamment.

Et les avocats d’Epstein (à savoir Kenneth Starr celui qui a failli faire plonger Clinton pour l’affaire "Monica Lewinski", Alan Dershowitz, qui a aussi défendu Harvey Weinstein et dont on va reparler, et un dénommé Lefkowitz) ont négocié en secret un accord avec le procureur de Floride, Alexander Acosta, pour ne retenir que les charges les moins graves.

Alexander Acosa, nommé ministre du travail par Trump, a d’ailleurs dû démissionner fin juillet 2019 suite au 2e round de l’affaire. Suite à cet accord, Epstein n’a pris que 18 mois de prison (et en a fait 13) pour sollicitation de prostitution de mineures.

Le hic, c’est que les victimes n’étaient pas au courant de cet accord. Quand elles n’ont découvert en 2009, elles ont demandé l’annulation de la procédure via une plainte contre le gouvernement, qui s’est retourné contre la décision de justice, si bien que le deuxième round de l’affaire est survenu en juin 2019 : on recommence la procédure, avec de vraies charges.

 

Le 2e round

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Dans cette nouvelle procédure, Epstein n’est plus seul dans la ligne de mire. Les poursuites visent aussi d’autres personnes (non citées à l’heure actuelle) parmi le réseau de rabatteurs qu’il avait mis en place pour lui fournir des mineures où qu’il soit. Et ses pilotes ont été mis examen au sujet du trafic sexuel international auquel se livrait Epstein.

La première de ces rabatteurs était Ghilsaine Maxwell, une VIP anglaise bien insérée sur le côte est [5] (en 2010 elle était présente au mariage de Chelsea Clinton), qui lui a ouvert son carnet d’adresses, très fourni en gratin. Ils se sont rencontrés au plus tard en 1992, et plusieurs victimes la citent dès les années 90 comme étant celle qui les a contactées et introduites auprès d’Epstein, au prétexte de se faire un peu d’argent avec des "massages".

Un autre de ces rabatteurs était Jean-Luc Brunel, patron d’une agence de mannequins, dont on va parler plus bas, même s’il ne semble pas concerné par cette nouvelle procédure.

Epstein a été arrêté le 6 juillet et envoyé en prison. La procédure est partie pour durer environ deux ans.

Et puis, juste après qu’un tribunal ait décidé de publier au moins en partie les 2000 pages de la procédure concernant Maxwell, Epstein a été retrouvé à moitié conscient dans sa cellule fin juillet, probablement victime d’une agression, histoire de le prévenir qu’il vaut mieux ne pas citer ses copains de partouzes, et en premier lieu son ancien pote Donald [6].

Une nouvelle perquisition à son domicile de Manhattan a permis au FBI de mettre la main sur des photos d’adolescentes nues, restées planquées jusque là.

Au vu de ses relations, de ses magouilles fiscales et de l’activité - notamment internationale- de son réseau de "massages", il est clair que beaucoup, à droite comme à gauche, aux Etats-Unis comme en Israël et même en Russie, devaient espérer qu’Epstein la ferme.

Le 12 juillet, 14 femmes supplémentaires accusaient Epstein de les avoir exploitées sexuellement, selon l’avocat Jack Scarole, dont certaines alors qu’elles étaient mineures.

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Le 9 août, de nombreux documents liés à la procédure en diffamation entre Virginia Roberts et Ghislaine Maxwell ont été publiés par la justice US. Dedans, les noms de Maxwell et d’autres rabatteuses d’Epstein sont cités ainsi que ceux de plusieurs clients chez lesquels Epstein et Maxwell avaient envoyé l’adolescente pour des relations sexuelles.

Sont ainsi épinglés pour avoir bénéficié de la prostitution de mineures le député démocrate George Mitchell, le politicien démocrate Bill Richardson, ex sénateur du Nouveau Mexique qui avait bénéficié des largesses d’Epstein pour sa campagne, Glenn Dubin (patron d’un fonds d’investissement, dont la femme est une ex d’Epstein)[7], le scientifique et ami d’Epstein Marvin Minsky, le prince Andrew, Alan Dershowitz ou encore Jean-Luc Brunel (évidemment). Elle mentionne d’autres politiciens, notamment un président étranger, dont elle a oublié les noms.

Virginia Roberts est très claire : c’étaient Epstein et Maxwell qui l’envoyaient pour des "massages" chez les nombreux clients de leur réseau. Ensuite, elle devait leur dire quelles étaient leurs préférences sexuelles.

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Et le 9 août, le samedi matin, Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule. Etonnant, alors qu’il avait été placé sous "surveillance suicide" depuis le précédent événement -mais venait d'en ressortir sans qu'on sache comment, et que la procédure ne faisait que démarrer et qu’il avait de quoi négocier. En outre, il a un profil de pervers et ces gens là ne se suicident pas. La version officielle est celle d’un "suicide apparent", qui en tout cas tombe vraiment à pic. Le procureur général des Etats-Unis, William Barr, a demandé au ministère de la justice d’ouvrir une enquête sur la mort d’Epstein.

En tout cas, le décès fait polémique. Et certains se demandent déjà "à qui profite le "suicide apparent" d'Epstein?  Des politiques demandent des enquêtes, et le FBI ainsi que le ministère de la justice en ont ouverte une. A moins que els complices d'Epstein et -on peut rêver- les clients soient poursuivis, la procédure s'éteint avec la mort d'Epstein. cela arrange en effet pas mal de monde, à gauche comme à droite de l'échiquier politique (on verra cela dans la deuxième partie). 

Mais c'est bien Trump qui était visé par les médias depuis plusieurs semaines, et on se rappelle de la démission d'Alexander Acosta en juillet. Bien que les deux étaient brouillés depuis 2005, leurs liens étaient nombreux et surtout sulfureux. Mais Epstein touchait aussi au monde de la finance off shore, des renseignements, du mannequinat, et finalement il était au centre de divers lieux de pouvoir.*

 

Le carnet d'adresses

A ce stade, il est intéressant d’examiner les connexions diverses d’Epstein. Dans son carnet d’adresses saisi lors de la procédure de 2006 on trouve, par exemple :

  • 2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and hisBill CLINTON

  • Henry KISSINGER : conseiller politique conservateur, derrière pas mal de coups d’Etat US en Amérique latine et au Moyen-Orient, aux tendances pédophiles selon Cathy O’Brien et d’autres victimes du programme MK Ultra.
  • Leslie WEXNER : patron de Limited Brand et de la marque de sous-vêtements Victoria Secret. Il a beaucoup investi dans les business d’Epstein. Wrexner a été associé de Charles Bronfman, dont le père Samuel s’était enrichi grâce à la Prohibition et dont les filles sont mêlées à l’histoire de la secte NXIVM.
  • Lawrence SUMMERS : président d’Harvard puis ministre du Budget et conseiller économique d’Obama.
  • Kevin SPACEY : l’a baladé dans son jet, notamment en Afrique lors d’une campagne sur le SIDA.
  • Chris TUCKER : l’a baladé dans son jet en même temps que Spacey.
  • Courtney LOVE, et surtout son copain Dana, certainement Dana GIACHETTO, mort en juin 2016. Il était conseiller financier et avec comme client DI CAPRIO, Cameron DIAZ, Ben AFFLECK. En 1998 il contrôlait 100 millions de dollars d’actifs.
  • Ron BURKLE : l’a baladé dans son jet. Proche de CLINTON même après sa carrière politique. Ont beaucoup trainé ensemble avec EPSTEIN puis se sont brouillés.
  • Mort ZUCKERMAN : Créateur du site Radar 2.0., présent aux soirées d’Epstein avec qui il est brouillé.
  • Glenn DUBIN : a voyagé dans l’avion d’EPSTEIN. Dirige sa société d’investissement, Dubin & Co LP, dans laquelle Epstein a investi.
  • Stephen HAWKING le scientifique, venu aussi sur son ile en mars 2006.
  • Henry KRAVIS : Cofondateur de Kohlberg Kravis Roberts & Co, société d’investissement capitalisée à 16,5 milliards de dollars en octobre 2017.
  • David ROCKEFELLER
  • Edouard DE ROTHSCHILD
  • Evelyn DE ROTHSCHILD
  • Richard BRONSON : patron de Virgin.
  • Peter MANDELSON: politicien travailliste anglais, cité dans plusieurs affaires de pédocriminalité en réseau et dénoncé comme sataniste, devenu commissaire européen et très proche des Rothschild.
  • Donald TRUMP (une dizaine de numéros)
  • Rupert MURDOCH, qui avait financé sa campagne pour les présidentielles en 2016.
  • Alistair MCALPINE : trésorier du parti conservateur anglais sous Thatcher, il a été accusé d’actes pédocriminels et même de meurtres d’enfants et a eu la bonne idée de mourir en décembre 2014, en plein pendant le scandale.
  • George SOROS
  • Paolo ZAMPOLLI, patron d’une agence de mannequins.
  • Geordie GREIG : éditeur du Daily Mail.
  • Prince Salman d’Arabie Saoudite

Zoom sur quelques témoignages de victimes

Il est intéressant de s’arrêter sur les témoignages de quelques-unes de victimes d’Epstein et sa bande, parce qu’ils permettent de bien saisir le fonctionnement de cette bande.

 

Alicia ARDEN

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Elle est la deuxième, d’après ce qu’on en sait aujourd’hui, à avoir déposé plainte contre Epstein, en 1997. A l’époque elle cherchait à devenir mannequin pour la marque Victoria Secret.

Elle a rencontré Epstein cette année-là en Californie à Santa Monica, alors qu’il se faisait passer pour un recruteur d’agence de mannequin, Victoria Secrets. Il l’a invitée dans une chambre d’hôtel pour une "audition" et faire des photos, et il en a profité pour lui sauter dessus.

Elle a déposé plainte rapidement et n’en a plus jamais entendu parler.

 

Maria FARMER

C'est a priori la première victime à avoir porté plainte, en 1996. A cette époque elle avait 26 ans et sa sœur de 15 ans, et elle affirme que les deux ont été agressées sexuellement par Epstein. Elle a dénoncé les faits en 1996 à la police de New York et au FBI. A priori, elle est aussi la première à avoir parlé d’Epstein au FBI.

Elle a rencontré Epstein et Maxwell en 1995 à une exposition, à l’occasion de laquelle elle lui avait vendu une peinture pour 3.000 $, la moitié du prix parce qu’il lui avait promis de l’aider dans sa carrière. Il l’a rappelée en 1996 sous prétexte de lui proposer un job qu’elle a accepté. Mais il ne s’agissait pas d’art, plutôt d’officier en tant que gouvernante lors des soirées dans son immeuble à New York.

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Elle a donc pu observer les allées et venues de mineures parfois en uniforme d’école : "les filles arrivaient dans la maison et étaient guidée au premier étage", explique-t-elle dans sa déposition à la police. Elle déclare qu’Alan Dershowitz est venu de nombreuses fois chez Epstein à New-York, où il était très à l’aise et se déplaçait comme chez lui pendant que des filles de moins de 18 ans attendaient à l’étage.

Le groupe avait montré un intérêt pour sa sœur cadette âgée de 15 ans, Annie, à laquelle il a proposé de payer un apprentissage du massage en Thaïlande.

Elle explique qu’à l’été 1996 Epstein et Maxwell les ont amenées dans son ranch au Nouveau Mexique, et qu’ils ont agressé lors d’un "massage" pour lequel ils ont demandé à Annie de se déshabiller. Elle n’en avait parlé à sa sœur qu’une fois en Thaïlande.

Durant ce même été, Maria explique qu’elle a été violée par Epstein et Maxwell, alors qu’elle séjournait chez Leslie Wexner. Epstein lui avait proposé un job sur un projet artistique dans la propriété de Wexner.

Lors de l’agression, Maria Farmer a tenté de s’enfuir de la propriété de 47 millions de dollars mais les agents de sécurité de Wexner l’en ont empêchée. Elle a été retenue 12 h avant que son père ne puisse venir la chercher.

Après cela Maxwell et Epstein l’ont appelée de nombreuses fois, ils ont même contacté ses clients en tant qu’artiste et des gens du milieu artistique pour ruiner sa carrière. Elle ajoute qu’ils ont réussi, et qu’elle a été mise totalement hors-jeu : « Maxwell et Epstein ont travaillé de concert pour s’assurer que ma carrière et ma vie étaient ruinées ». Elle a dû déménager régulièrement pour tenter de leur échapper.

 

Virginia ROBERTS

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C’est la victime la plus connue, car c’est sa plainte qui a permis d’ouvrir l’enquête de 2005. Elle est victime à la fois d’Epstein, de Dershowitz, de Maxwell (qu’elle a cités dans la procédure) et de leurs « clients ».

Selon ses déclarations à la justice, elle a rencontré Maxwell en 1999 quand elle avait 15 ans. Elle lui a proposé d’aller chez Epstein pour lui montrer comment on fait les massages. Quand elle est arrivée son père a été bloqué à l’entrée et Epstein était nu sur une table de massage et les 2 l’ont forcée à avoir des relations sexuelles avec lui, contre 200 $.

Ils lui ont dit qu’elle voyagerait avec eux et rencontrerait des gens puissants qui pourraient lui trouver un métier bien payé.

Puis Maxwell et Epstein l’ont amenée à New York et lui ont appris les relations sexuelles et l’utilisation de sex toys pendant quelques semaines. "J’étais entrainée à faire tout ce qu’un homme voulait que je fasse" et à capter leurs désirs en un coup d’œil. " Ils m’ont dit de faire attention aux détails de ce que ces hommes voulaient, pour pouvoir leur rapporter ensuite".

Tout de suite, elle a du avoir des relations sexuelles avec Maxwell, et l’a aussi vue avoir des relations sexuelles avec "des douzaines de filles mineures", et qu’elle prenait des photos sexuellement explicites la plupart du temps: "Souvent, elle me faisait dormir avec d’autres filles, certaines très jeunes, pour prendre des photos sexuelles", explique-t-elle. Les photos étaient copiées et conservées dans les ordinateurs des différentes maisons.

Elle a très vite eu peur d’Epstein, sachant qu’il pouvait très bien la tuer ou la faire disparaître impunément. Il lui avait dit qu’il faisait ce qu’il voulait. Elle a pu quitter le réseau à l’été 2002 après qu’Epstein l’ait laissée partir en Thaïlande pour apprendre le massage. En 2014 elle est retournée aux USA et a pris contact avec le FBI.

Elle a été amenée dans ses différentes propriétés à New York, au Nouveau Mexique, en Floride, aux Iles Vierges et à Paris. A tous ces endroits elle a dû avoir des relations sexuelles avec Epstein et avec les types qui le demandaient (et pour lesquels Epstein payait la plupart du temps).

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"Quand j’étais avec lui, Epstein avait des relations sexuelles avec des mineurs quotidiennement", a-t-elle expliqué. Il s’était vanté aurpès d’elle d’avoir couché avec plus de 1.000 filles de chez Brunel.  Les types autour de lui avaient le même penchant. Selon elle, tous ceux qui passaient un peu de temps chez lui ne pouvaient pas ignorer ce qu’il se passait.

Epstein et Maxwell cherchaient des filles pour eux, mais aussi pour leurs amis : "Epstein m’a dit précisément que la raison pour laquelle il faisait cela pour qu’ils lui "soient redevables", qu’ils seraient "dans sa poche" et qu’il aurait "quelque chose d’eux"".

Pour elle, la relation entre Maxwell et Epstein était gagnant – gagnant : elle utilisait son argent et lui utilisait son nom et son carnet d’adresses.

Dershowitz, avocat d’Epstein, était souvent là, restait tranquillement parler avec Epstein quand elle lui faisait des fellations, et Virginia Roberts affirme qu’elle a dû avoir au moins 6 fois des relations sexuelles avec lui. Bref, il participait pleinement aux partouzes de son ami.

Epstein l’a aussi forcée à coucher avec le prince Andrew, trois fois dont l’une lors d’une orgie. Pour sa première relation avec lui en 2001 elle a eu 15.000$. Virginia Roberts évoque les nombreuses filles présentes aux soirées auxquelles elle a assisté, dont beaucoup étaient mineures, et ne parlaient pas anglais.

Quand elle a dénoncé les faits, elle a subi une campagne de dénigrement assez intensive dans la presse, et plusieurs protagonistes comme Maxwell ou Dershowitz l’ont même traitée publiquement de menteuse. Du coup, Elle a levé son anonymat pour se défendre et a entamé des poursuites, qu’elle a gagnées, contre Maxwell et Dershowitz [8]

Dans une déposition, elle évoque un trip de 6 semaines avec Epstein en 2001, où ils sont allés au Maroc, en Angleterre, en France notamment. Partout, il y avait des caméras cachées, comme le lui a expliqué le FBI.

Elle mentionne un séjour de Clinton et de Al Gore et sa femme sur l’ile d’Epstein. Elle dit que le sénateur George Mitchell venait souvent rendre visite à Epstein à son domicile de New York, et qu’ils étaient très proches.

Elle dit aussi qu’elle a rencontré Naomi Campbell lors d’une soirée sur un yacht dans le sud de la France: "C’est une amie de Ghislaine, mais pour moi c’était vraiment une prostituée".

 


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Elle travaillait comme femme de chambre au Club de Mar A Lago, à l’été 1998 quand elle avait 15 ans. Elle a alors été recrutée par Ghislaine Maxwell qui lui a proposé d’apprendre les massages et de gagner de l’argent, et qui vivait et voyageait avec Epstein.

La première fois où elle est allée chez lui, elle a été violée par Epstein et Maxwell. Pendant deux semaines, ils la ramènent chez elle et la reprennent pour des "massages".

Très vite Epstein lui demande de le suivre dans ses voyages pour gagner beaucoup d’argent. Au bout de deux semaines d’abus, elle est emmenée dans son jet à Manhattan. Ils lui ont obtenu un passeport et des documents pour voyager tranquillement.

Elle a voyagé comme ça également à Santa Fe, Los Angeles, San Francisco, Saint Louis, en Europe, dans les Caraïbes, en Afrique. A chaque fois des soirées étaient organisées et des abus sexuels avaient lieu. Des mannequins, célébrités, actrices, et aussi des mineures venues de partout dans le monde étaient présentes.

Elle évoque les trois mineures de 12 ans amenées à Londres pour la partouze d’anniversaire d’Epstein.

 

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Cette jeune femme explique qu'elle a été recrutée en octobre 2006 par les rabatteurs d’Epstein, et qu'elle est restée sous leur coupe jusqu’en avril 2007, donc à une époque où Epstein était déjà mis en cause et sous le coup de poursuites.

Elle a été recrutée par Natalya Malyshev qui avec Sarah Kellen, Lesley Groff et Maxwell lui ont promis qu’Epstein la ferait entrer au Fashion Institute of Technology à New York. Maxwell a aussi pris soins de préciser qu’ils pouvaient aussi bien ruiner sa carrière si elle les dérangeait.

C’est Maxwell qui lui a expliqué comment procéder pour les "massages" avec Epstein, qui ont eu lieu d'abord à New York puis aux Iles Vierges. C’est Maxwell qui gérait le rôle de chaque fille et le scénario de chaque séance. L’équipe d'Epstein l’a aussi fait voyager par des vols commerciaux pour la prostituer dans différents pays.

En janvier 2007, ils l’ont envoyée en Afrique du Sud d'où elle est originaire, pour recruter des candidates mannequins destinées à devenir assistantes personnelles d’Epstein, mais elle a refusé car elle savait ce qui les attendait réellement.

Epstein et sa bande lui ont alors dit qu’elle ne rentrerait pas aux USA tant qu’elle ne perdait pas 5 kilos. Elle est rentrée en février 2007 et Maxwell lui a immédiatement demandé d’avoir un rapport avec Epstein.

Elle savait que si elle n’obéissait pas ils s’arrangeraient pour ruiner sa vie, comme ils l’avaient déjà fait à d’autres. En mai 2007 elle a quitté les Etats-Unis et n’est plus revenue.

Les rabatteuses

Comme on l'a vu, Epstein avait mis en place un système de rabatteuses qui, comme Ghislaine Maxwell, attiraient des adolescentes dans ses filets. A l'heure actuelle, elles ne sont toujours pas inculpées par la justice et n'ont été entendues que comme témoins. 

 

Adriana ROSS

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Née le 7 octobre 1983 en Pologne, elle s’appelait Adriana Mucinska et est arrivée fin 2002 aux USA. Elle s’est mariée en juillet 2003 et a pris le nom du mari.

Arrivée à la demande d’une agence de mannequins, Elite Models. C’est Duncan Ross, son "mari", qui travaillait et l’a mise en contact avec Elite alors qu’ils étaient en Europe et l’a fait venir. Elle était déjà mannequin, depuis ses 16 ans, vers 98 – 99.

Quand elle est arrivée fin 2002, elle ne se rappelle plus du mois. Elle a passé directement 2 semaines à Miami mais ne se rappelle pas, quand elle est entendue par la justice en 2010, ce qu’elle a fait pendant ces 2 semaines.

A aussi bossé pour ID Models et Michele Pommier.

Elle a poursuivi des études aux USA, obtenu un dipome en 2008 et quitté le mannequinat en 2006.

Elle a refusé de répondre sur quand elle a parlé à Epstein pour la dernière fois, sur ses liens avec lui, sur le fait qu’elle connaissait Maxwell, Keller, Dershowitz, Brunel et sur le fait que des mineures vivent souvent chez lui, sur les transports de filles mineures en avion pour l’agence MC Squared.

On lui demande aussi s’il est vrai qu’elle a assisté à des viols de filles de parfois 12 ans par Epstein, si Marcinkova a eu des rapports sexuels avec lui quand elle était mineure, si Espetin avait des relations sexuelles avec des mineures tous les jours…

 

Nadia MARCINKOVA

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Née en 1986 en Slovaquie, elle était mannequin débutante en Yougoslavie quand Epstein l'a ramenée aux Etats-Unis, à l'âge de 14 ou 15 ans, en 2000. Puis, de victime elle est devenue complice d’Epstein. 

Elle a officié pendant plusieurs années en tant qu'"assistante personnelle" d'Epstein, vivait carrément chez lui (la même époque qu'une autre rabatteuse, Sarah Kellen) et a fait des centaines de voyages à bord de ses avions.

Du coup, elle a ramené de nombreuses filles chez lui, elle les formait et participait régulièrement aux faits avec les adolescentes, selon notamment le témoignage de Virginia Roberts. Quand Epstein était en prison elle venue des dizaines de fois lui rendre visite.

Après avoir étudié le design a New York, elle est aujourd'hui pilote d’avions et donne des cours de pilotage. Elle a changé de nom pour Nadia Marcinko.

Elle a été citée dans le dossier dès 2005 comme étant l'une des rabatteuses d'Epstein, mais  n'a jamais voulu répondre aux enquêteurs sur les rôles des uns et des autres, et n'a jamais été inculpée pour sa complicité avec Epstein. On a appris récemment qu'Epstein avait versé de fortes sommes à deux de ses ancien(ne)s complices, et il est probablement que Marcinkova soit l'une des deux.

 

Tiffany X

C'est la rabatteuse de Katie Johnson, cette femme qui a accusé Trump et Epstein de viols commis alors qu'elle avait 13 ans, en 1994 à Manhattan. Tiffany a également témoigné, et pu confirmer le témoignage de Katie Johnson. Mais l'affaire a été conclue par un accord.

Entendue par la police en 2016, elle explique qu’elle a rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice de soirées. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wrexner Mansion à New York sur la 71 rue. C’est comme cela qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qu’elle a "persuadée" de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec Trump.

Elle mentionne le viol commis avec la participation de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle ajoute qu’elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille. Son travail était de superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit.



[1] Bear Stearns, 5 e banque de placements des Etats-Unis, a été rachetée à très bas prix in extremis par JP Morgan.

[2] Les fraudes semblent être multiples, mais les Panama Papers ont par exemple révélé l’existence d’une société basée aux Bermudes appelée Liquid Funding Ltd, qu’il a présidée de 2000 à 2007, dont Bear Stearns détenait des parts.

[3] Elle est déposée par Maria Farmer, pour une agression sexuelle contre elle et le viol de sa sœur alors mineure, commis au ranch de Wexner.

[4] Certaines ont déjà été citées dans plusieurs plaintes, comme Sarah Kellen, Adriana Ross, Lesley Groff, et Nadia Marcinkova, qui sont parfois tombées entre les griffes d’Epstein quand elles étaient elles-mêmes mineures.

[5] Elle a quitté l’Angleterre en 1991, à la mort de son père Robert Maxwell, magnat des médias et député anglais qui aurait, selon certaines sources, été liquidé (son corps a été retrouvé flottant sur la côte des Canaries alors qu’il était parti faire un tour avec son yacht le Lady Ghislaine) après avoir eu la mauvaise idée de faire pression sur son vieil employeur, le Mossad. Quand un livre écrit par un spécialiste de la CIA sur le meurtre de Maxwell par le Mossad (« The Assassination of Robert Maxwell » de Gordon Thomas et Martin Dillon), Alan Dershowitz s’est fendu d’une tribune dans le Telegraph pour dire que c’était n’importe quoi. Bref. Maxwell a notamment vendu un logiciel espion appelé « Promis » aux services secrets de nombreux pays « amis » d’Israël.

[6] Les deux se sont brouillés suite à une histoire d’achat de terrain qu’Epstein convoitait, et que Trump a racheté avant de le revendre 3 fois le prix à un oligarque russe de ses amis (selon Epstein), le patron du Monaco AC Rybolobvlev.

[7] Un des anciens employés de Dubin a déclaré qu’il avait croisé une mineure suédoise à son domicile, qu’on lui avait pris son passeport et que celle-ci disait qu’on l’avait forcée à avoir des relations sexuelles sur l’ile privée d’Epstein, d’où elle venait sans savoir comment.

[8] La plainte contre Dershowitz a été déposée en avril de cette année, car il a menti à son sujet dans des déclarations. En effet, elle l’accuse d’avoir participé, et pas seulement à la marge, au réseau d’Epstein, dont il était l’avocat. Quant à celle contre Maxwell (pour diffamation également), elle a été déposée en 2015.

09 août 2019

Abus rituels et système de corruption des élites: le témoignage rare d'une victime franco-québécoise

Kim Noble 2Ceux qui suivent ce blog commencent à savoir que les abus rituels existent, beaucoup envisagent l'existence de choses telles que le contrôle ou la programmation mentale. Le témoignage qui suit, celui d'Alice, parle de tout cela. Il est important, c'est un jalon qui permet de mieux comprendre comment le système de corruption élitiste fonctionne.

 

Pour poser rapidement le contexte, Alice m'a contactée alors qu'elle cherchait à rassembler les morceaux du puzzle de son passé. Elle a vécu en france dans son enfance, où des abus organisés ont été commis par son père, sa mère et d'autres adultes, dans un cadre rituel.

Alice est passée par la psychiatrie, la prostitution, avant de pouvoir reprendre sa vie en main.

Ce témoignage est crucial parce qu'il raconte le chemin semé d'embûches que connaissent les victimes de ce type d'abus lorsqu'elle cherchent à s'en sortir, ou même simplement à aller mieux.

Alice a besoin de justice, elle a écrit les noms mais je suis obligée de les censurer. Je lui laisse la parole.

 

Sherbrooke, Quèbec.  Le 7 août 2019

Mon enfance et toute ma jeunesse ont été détruites par les abus sexuels et par des traumas subis dans un cadre sectaire lié à la franc-maçonnerie,  une secte à laquelle appartient mon père, qui est chercheur dans le domaine de l'autisme. Je pense que cela a commencé vers mes 3 ans, mais pour repartir un peu plus loin, je pense que j’ai été conçue dans la perspective d'être fournie à cette mafia. Il se peut que le choix de mon prénom soit en lien avec ce destin. En effet, Alice au pays des merveilles est devenu le symbole de la "pédophilie".  

J’ai été conçue par mon père dans cet objectif et ma mère, une autre victime MK [1], a été utilisée comme génitrice dans le but de concevoir des enfants qui auraient une génétique particulière. J'en profite pour mentionner que je suis du groupe sanguin O négatif, ce qui pourrait avoir un lien avec le type de personne recherchée pour ce genre de programmation.

Sur trois générations, nous sommes trois femmes soumises à une programmation MK. Toutes les trois, nous avons été incestuées et nous avons été en contact avec une secte luciférienne. Toutes les trois nous avons consenti aux meurtres de nos enfants et à une forme de prostitution. Ma mère et ma grand-mère l'ont fait par la reproduction des comportements incestueux  sur leurs propres filles et moi je l'ai fait, en acceptant le conditionnement de ma prostitution et en consentant au meurtre de mon enfant par avortement tardif,  dans un avortoir qui porte le nom du docteur H.M., un franc-maçon canadien qui pratiquait le sacrifice rituel d'enfants de façon légale et illégale. Aujourd'hui,  je témoigne d'un parcours qui semble incroyable pour certain mais qui est parfaitement réaliste pour ceux qui savent de quoi il s'agit. 

 

Kim Noble 7

M. (mon père):

Du côté de mon père, il y a un inceste sur trois générations: mon grand-père le Docteur J.M , qui était un pédophile revendiqué, a grandi dans une famille qui l'aurait élevé comme une fille, selon les dires de son fils. Il a abusé de ses trois enfants, entre autre sexuellement, en plus d'avoir abusé d'autres enfants lorsqu'ils étaient ses patients.

Je pense que lui aussi était lié à la franc-maçonnerie; aussi je sais qu'il pratiquait le sacrifice rituel d'enfant sous-couvert de l'avortement, puisqu' il a avorté sa propre femme  ainsi que la femme de ménage après l'avoir mise enceinte "accidentellement", tout cela dans le bureau médical qui se trouvait dans sa propre maison. De M., j’ai eu droit à d'horribles récits d'ultra violence subies de son propre père. Par exemple, J.M suspendait son fils par les pieds de la fenêtre du grenier de façon à lui enlever le vertige, disait-il. J.M avait des relations sexuelles avec les petites copines de son fils L. alors que ce dernier était adolescent.

Suite à quoi, il écrivait tout dans son journal et obligeait mon père à s’assoir à côté de lui et à écouter la lecture de ses récits. Entre autres, selon les confidences que m'a fait ma grand-mère paternelle après avoir lu le journal de son défunt mari, J.M se faisait faire des fellations par l'une de ses filles lorsqu'elle était bébé, cela en se mettant quelque chose de sucré sur le pénis. Lorsque M. me parlait de J.M.,  il évoquait des "séances" d'humiliation et de torture. 

Je soupçonne donc que mon géniteur soit lui aussi une victime MK qui était destiné à remplacer son père.  Le docteur J.M  est l’auteur d'une étrange thèse de médecine sur les maladies vénériennes… .

 

M. D (ma mère), ses origines:

Ma mère s'appelle M.D. car elle a été reconnue par un certain Eugène D. au début des années 60. Un homme abusif qui est resté marié avec ma grand-mère pendant un an.  Selon les récits de ma génitrice, elle aurait été abusée quotidiennement durant ces années là. Elle dit se souvenir de mains entre ses jambes "sans que cela ne l'ait traumatisée"... Eugène D. a également battu et violé ma grand-mère. Chez cette femme, j'ai trouvé de nombreux livres d'initiation à la secte des Rose-Croix, dont un qui portait le titre,  "l'empire intérieur".

Je pense que ma grand-mère maternelle a été choisie parmi ses quatre autres sœurs, pour servir l'élite occulte et cela à cause de sa génétique.  Ma grand-mère est la fille de Mercédès B Gonzalez, une femme qui aurait incestué, elle aussi, quelques-unes de ses filles. Mercédès souffrait de bipolarité. Parmi toutes ses sœurs, ma grand-mère se distinguait par son caractère et par sa beauté. Pour les occasions spéciales, elle s'habillait en noir et blanc. Elle  disait que son motif préféré était le motif du damier.

Les mauvais jours,  elle se plaignait de la façon dont sa famille l'avait obligée à abandonner un de ses bébés à l'orphelinat. Elle souffrait aussi beaucoup des souvenirs d'un avortement qui avait été fait par médication. Malgré son intelligence, cette femme a été dissociée toute sa vie et disait qu'elle n'arrivait pas mettre ses pensées bout à bout.  

Après s'être repentie et s'être tournée vers Jésus, ma grand mère est décédée 2 mois après que j'ai commencé à parler de l'inceste générationnel maternel, en décembre 2017...

 

Paul M. (mon frère)

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Mon frère biologique “Paul” M., fils de M.D et de M, est né à la fin des années 80 à Tours. Il a également grandi au même domicile que moi. Il est psychiatrisé avec une maladie de Gilles de la Tourette avec hyperactivité diagnostiquée à seulement 5 ans et un début de médication peu de temps après avec un anti psychotique (Risperdal) octroyé avec l’aide de son propre père, M...  "psychiatre". 

À 12 ans, Paul dessine une croix chrétienne sur la moquette de sa chambre, il fait cela avec de l'essence à briquet puis il met le feu à cette croix. Cet incident est loin d'être anecdotique puisque ma mère acclame son geste. Je peux dire que ma famille beigne dans un satanisme culturel mais qu’elle est dans un état de semi-conscience par rapport à ça. Au même moment, je vis une commotion cérébrale qui, de mon côté, a ralenti le processus de dissociation tandis qu'il s'accentuait chez Paul.

Paul connaît un épisode de prostitution à 14 ans, avec un homme plus âgé. Il avoue avoir reçu de l'argent en échange d'une fellation mais il nie s'être prostitué. Plus tard, il continue dans cette voie mais dans le domaine artistique, si on peut dire… son objectif étant d'avoir du succès grâce à ses compositions: il dit être "prêt à tout" pour réussir. 

Comme toutes les stars que l'on soupçonne d'être des victimes M.K. , Paul  se représente avec un œil caché mais aussi avec le visage séparé en deux pour illustré sa dissociation, son narcissisme et  pour montrer son allégeance au système. 

 

Le recit des rituels.

Les abus rituels ont commencé en Touraine… aux alentours de 1987-88.

Entre 0 et 5 ans, les abus sexuels que j’ai subit par mon père ont été quotidiens.  Ma mère savait ce qu’il se passait et il arrivait qu’elle m’abuse elle aussi, entre autre par des cunnilingus. Je pense ma grand-mère, m'a aussi abusée en me donnant des masturbations le soir. Je crois que ma mère et mon père m’ont abusé ensemble. J’étais dans le lit avec eux lorsqu'ils avaient des rapports sexuels. Je dois dire aussi que mon père me battait sans raison et qu'il me maltraitait de toutes sortes de manière, surtout par des humiliations en lien avec l'école.     

À l’âge de 3 ans, il se passait des choses étranges pendant la nuit. Je recevais une masturbation qui me menait dans un état orgasmique qui ressemblait surtout a des brulure.   durant cette période mon père passait beaucoup de  temps avec moi dans son lit, il me touchait, il me regardait et il  jouait avec mon sexe alors qu’il était en érection et nu dans le lit lui aussi,  ma mère restait dans la cuisine à côté et savait ce qui se passait. Lorsque j'étais toute petite, mes parents me lisaient des livres qui me semblent aujourd'hui être des livres qui évoquent la symbolique de la secte, comme celui-ci.

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A cette époque, on me droguait toutes les nuits pour m’abuser. On me donnait un genre d’hypnotique. J'étais consciente mais absente.  Je me souviens de la drogue que je prenais et de l’état de confusion dans lequel je me réveillais. La drogue agissait encore au matin car je ne parvenais pas à bouger les mains ce qui était très désagréable. 

C’est surtout des flashs que j’ai reconstitué mais je crois qu’il y avait des hommes… fin trentaine, de l’âge de mon père à cette époque-là... qui pratiquaient la pédophilie. Je sais que mon père a fait de l’inceste avec moi lors de ces séances mais aussi que j’ai été violée par d’autres hommes.

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Je me souviens d'une pénétration vaginale alors que j’avais 3 ans. Je me souviens surtout de la douleur de la  pénétration plus que de la pénétration elle-même. Même si j’étais droguée, je restais éveillée car j’étais sous l’effet d’un hypnotique, c’est-à-dire d'une drogue qui ne vous endort pas mais qui vous rend esclave. Je pouvais voir, je pouvais entendre mais je ne pouvais pas réagir.  Je me souviens du frottement des corps sur le mien et du fait d’avoir été stimulée au niveau génital.

Il y avait la présence d’un enfant qui avait été torturé, cet enfant-là n’avait pas l’air d’être l’enfant de quelqu’un qui était présent. Moi j'étais présente dans le but de survivre. Cet enfant ne devait pas survivre car il avait été torturé jusqu’à la mort, je ne me souviens pas de son exécution en tant que telle de fait qu'il était ensanglanté.

Les années qui suivirent, les rituels ont toujours été accompagnées par le sentiment d'avoir tué quelqu'un. On a rarement ce type de sentiment à 7 ans… il me semble. A 27 ans, j'ai éprouvé vivement l'envie de tuer quelqu'un, je disais vouloir faire de la chasse pour avoir l'occasion de tuer un animal. A travers l'envie du sacrifice, je désirais accomplir un désir d'immortalité.  

Durant ces rituels nocturnes, je subissais des douleurs atroces, durant lesquelles je me dissociais. Pendant très longtemps, je me demandais ce qui avait pu provoquer ces douleurs,  aujourd’hui je pense que c’était des chocs électriques parce que je ressentais une douleur extrême mais je n'avais pas de trace… donc par déduction , je me suis dit que c’était forcément ça… parce que si on m’avait piqué, pincé ou frappé, cela aurait forcement laissé des traces… et donc il n’y a que l’électricité qui pouvait expliquer ça. Le choc électrique n’était que sur la  moitié gauche de mon corps. L'ambiance était était sombre, sectaire, ritualisée mais ne me souviens pas de la tenue des gens.

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Récemment, lorsque j'ai eu la confirmation de l'appartenance maçonnique de mon père, j’ai ressenti à nouveau et de manière soudaine la douleur des chocs électriques et ce point à la hanche… comme un vieux souvenir qui revenait, mon visage s’est momentanément couvert de boutons, j’ai cru que mon cœur allait lâcher. J’ai ressenti le souvenir d’une douleur, mais aussi d'une peur viscérale qui était aussi forte que celle que je devais certainement ressentir au moment des traumas.

Durant ces séances, je ressentais une énergie particulière, un genre d'égrégore, qu'on pouvait aussi ressentir à l'intérieur de la maison.  Notre jardin était édénique, il y avait des tonnes de fruits et de fleurs…  il semblait être le parfait opposé de ce qui se produisait supposément juste en dessous.

Ma mère passait ses journées à chômer dans état comateux et à boire du café.  De temps en temps, elle peignait. Autour de ma naissance,  elle a fait des tableaux qui représente des chats géants qui tiennent comme des Dieux.  Dans la plupart de ses tableaux,  les hommes et les animaux sont confondus.

Je crois qu'on droguait aussi ma mère  la nuit pour quelle ne se réveille pas, ce qui explique qu'elle pouvait dormir jusqu'à midi en semaine.

Pour conclure, j’ai vécu des viols collectifs et des tortures de la part de mon géniteur et d’autres hommes, cela pendant plus d’un an, vers l’âge de 3, 4 ans. Je me souviens avoir été droguée pour ces séances, d’avoir bu du sang, d'avoir été forcée de tuer un autre enfant et d'avoir subi une pénétration vaginale ainsi que des électro-chocs.

 

Rocheval

rue de la grange aux dimes - Copie

Je me souviens de séances de tortures ritualisées pour lesquelles j’étais réveillée la nuit et pour lesquelles j'étais déplacée dans un endroit.  Comme j’étais droguée et que je n'avais que 3 ans, je ne me souviens pas du lieu précis, ni du chemin qu’on prenait pour aller dans cet endroit. Je présume que c’était dans le sous-sol de ma première maison, qui porte le nom de Rocheval dans un village de Touraine juste à côté de la ville de Tours.

Rocheval était un ancien monastère qui avait la réputation d’avoir une grande cave à laquelle étaient rattachés des tunnels qui menaient vers une Abbaye.

La cave se trouvait entre le niveau de la maison et le niveau de la rue.

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Cette photo de moi a été prise à Rocheval dans notre jardin au niveau du sol de notre  maison. On voit bien que le niveau de la maison est bien au dessus du niveau de la rue.

Mon père était propriétaire de Rocheval entre 1980 et 1988 avant qu'il ne déménage dans autre lieu, une clinique où il m'a aussi violée. Rocheval semble avoir une histoire liée à ce type d’abus. Lorsque mon père plantait des légumes dans le potager, il disait retrouver des ossements d’enfants sous la terre. ma mère témoigne de ce fait ainsi que de la présence de tunnels sous la maison.

Lorsque les abus rituels se sont terminés, le divorce été très rapide et la vente de la maison aussi. Ma mère dit ne jamais avoir compris les raisons réelles du divorce et elle dit que tout a été étrangement vite. Les personnes qui ont racheté la maison sont encore les propriétaires actuels.

 

Il existe un lien avec l'affaire pizzagate:

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Premièrement l'existence d'un sous-sol dans lequel se déroule le trafic d'enfants ainsi que les réunions pédo-satanistes.

Aussi, la proximité de l'eau et l’existence de deux pizzerias aux alentours du supposé sous-sol. Dans mon récit,  il y a même une pizzeria qui porte un nom étonnement proche de celle du scandale de 2016.

Une autre hypothèse quant au lieu des rituels est la possibilité qu'ils se passaient à la clinique. Une chose dont je suis certaine est que j'y ai été droguée et violée à 9 ans par mon père dans le lit conjugal. La psychiatrie institutionnelle dont il s'agit ici permet au médecin de vivre dans la clinique. Cette clinique est située dans un domaine avec plusieurs maisons à disponibilité des médecins. On dit que dans les années 70,  il y avait des orgies organisées dans cette clinique.

Le psychiatre qui était le directeur de l’époque voulait que mon père soit directeur, qu'il soit son successeur, avant que se dernier ne parte vivre à Montréal de façon assez précipitée… Le directeur actuel était le meilleur ami de mon père à l'époque de ma naissance en plus d'avoir été désigné comme mon parrain.  J'ai porté des accusations d'attouchements contre cette personne à 11 ans, ce pourquoi j'ai vu une psychologue qui est décédée aujourd'hui… malheureusement.

 

De l'abus rituel à "la prostitution consciente"

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Je pense que les traumas que j'ai subis  avaient comme objectif de générer une dissociation de ma personnalité, ainsi qu'un trouble de la perversion narcissique de façon à me diriger moi-même dans quelque chose comme la prostitution à y rester le plus longtemps possible pour  y mourir.

Je ne sais pas comment ces ordres me sont parvenus, je ne sais pas comment ils font, ni en quoi consiste ces techniques de programmation MK mais je sais qu’en plus du harcèlement que mon père me faisait pour m’amener à me prostituer, je suis rentrée dans le réseau comme un zombie, comme si c’était ce pourquoi j’étais faite et comme si j’étais forcée de le faire et cela même si ça ne correspondait pas à mes valeurs et que j’avais parfaitement conscience du fait que j’étais en train de me détruire.

 J’ai donc été conçue pour me prostituer et j’ai accomplie mon "destin". Il est possible que le suicide et l'autodestruction fassent partie de la programmation MK. Je dis cela car j'ai été psychiatrisée à 10 ans avec un faux TDAH [2] pour lequel un ami de mon père m'a prescrit des amphétamines. Ces drogues ont détruit mon adolescence et ma santé. L'objectif était de me rendre dépendante pour me diriger vers l'itinérance et ainsi me criminaliser de façon à faciliter une rentrée précoce dans la prostitution.

La psychiatrisation de l'enfant du franc-maçon pédocriminel à aussi comme objectif de dissimuler les abus sexuels et bien-sûr, de discréditer l'enfant afin de prévenir les futures accusations. Lorsque je retournais en France (car je faisais un an sur deux en alternance), me père me faisait parvenir des boites contenant des centaines de cachets de Ritaline, et cela dans l'illégalité. A 14 ans, j'ai des crises de manque ce qui cause un échec scolaire.

La première fois que mon père m'a demandé de me prostituer, j’avais aux alentours de 8 ans. Il m'a dit que je ressemblais à une prostituée et qu'à 13 ans: "j'aurais sûrement déjà ma chambre en ville". Tout le long de mon adolescence, mon père m’a demandé cela avec insistance comme si sa carrière en dépendait. Si je n'avais pas eu un accident de glissade d'eau qui m'a provoqué une commotion cérébrale à 14 ans; je serais rentrée dans l’exploitation sexuelle vers 15 ans et je serais très probablement morte aujourd'hui. Grâce à cet accident, j'ai réussi à lutter contre ce qu'il me demandait car cela a inversé temporairement l'effet des premiers traumas.

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L'élément déclencheur qui m'a fait chavirer a été la rencontre avec le psychiatre H.G. en 2010 (qui connait mon père), et qui m'a prescrit 10 mg de paroxétine sans aucun suivi médical. Cette drogue a complétement relancée mon état dissociatif initial.  Après 2 mois, j'ai multiplié les doses par deux, par 3 après 4 mois, par 6 après 6 mois. De façon illégale, j'ai fait renouveler cette prescription par mon père.

A 26 ans, j'avais des problèmes de dépression, d'anorexie et de violence conjugale, et même si j'essayais de m'accrocher à l'université, j'étais au bord du gouffre et je ne voyais pas l'avenir. Au sujet de l'école, je dois dire que mes deux géniteurs ont fait tout leur possible pour me mettre en échec scolaire, ce qui a bien-sûr contribué à me diriger vers la prostitution.

De retour à Montréal en 2010, (sous la Paroxétine) je n’arrive pas vraiment à me stabiliser alors je traine dans les cafés et je fais une mauvaise rencontre qui me présente la solution de la prostitution comme étant ce qui va me sortir des problèmes que j’ai à l’époque. Je me fais recruter par un professeur de l'UQAM, (Université du Québec à Montréal) G.B, que j'ai rencontré à la terrasse d'un Starbucks, non loin de l'université. J'ai porté plainte contre cet homme, la plainte est en cours mais l’équipe chargée de lutter contre le proxénétisme ne semble pas vraiment motivée.

Monsieur G.B m'a presenté deux femmes qui revenaient du Costa-Rica et qui dirigeaient une agence d'escorts très active aux Etat-Unis et dans l'ouest canadien depuis des années. 

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J'ai été prostituée en tout  pendant 6 ans. Les deux premières années, j’ai été exploitée par la proxénète québécoise E-A, amie de G.B le professeur de l’UQAM, qui gérait une agence réservée à certaines personnes. Le tarif de la passe etait assez élevé (400$ de l'heure) ceci car la fellation sans condom était obligatoire et le service devait être haut-de-gamme, c'est-à-dire sans limite. J'ai eu comme clients des médécins, des hommes d'affaires avec qui j'allais diner, suite à quoi je conscentais à un viol en échange d'argent.

Je remettais le tiers de mon salaire à E-A. en plus de devoir payer la chambre et les billets d'avion lorsque je partais en "tournée", (en France on appelle ça un "sexe-tour" ce qui consiste à faire le tour des grands hotels d'un pays en passant par les grandes villes.)

Lors de mon arret à San Francisco par exemple, je faisais plus de 5 clients par jour en plus de ceux que je voyais le soir. Lorsque je me retrouvais seule dans ma chambre d'hôtel, je parlais au téléphone avec des personnes avec qui j'entretenais des relations toxiques: anciens clients, “amis” de drogue, proxénètes.

En dehors de ça, je buvais et je pensais beaucoup à "mon père"...

Lorsque j'ai commencé à travailler pour cette agence, j'ai ressenti le besoin d'en parler à M.. A cette annonce: il jubilait. Il m'a dit qu'il n'avait "rien contre" mais qu'il ne fallait pas que je dise aux autres que je me prostituais pour des raisons d'argent, mais plutôt pour des raisons littéraires, en mode "Nelly Arcand". M m'avait vendu le fantasme d'une "prostitution littéraire" et m'a explicitement demandé d'assumer publiquement ce que je faisais. Je crois que cela avait pour but de détruire ma vie sociale.

A l'été 2015, juste avant que je commence à parler de l'inceste et que les murs amnésiques commencent a tomber, .M m’a proposé 200 000 $, ce que j’ai refusé. A la place, j’ai décidé de devenir femme de ménage et je commence progressivement à me racheter.

 

C.

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Lorsque j'étais exploitée par le réseau d'E-A, j'ai fait la connaissance d'une femme québécoise, Laura, qui se trouve être la nièce d'un homme politique actif.  Nous l'appellerons C. . Tout comme moi, cette femme pense avoir été victime de la secte franc-maçonne, à laquelle appartient son oncle C. , selon la source Anonymous.

C. est un narcissique qui fait l'apologie de la "prostitution consciente" (de la prostitution comme métier)  dans un de ses films. Par ailleurs, C. est très influent dans le milieu artistique. Dans la vraie vie, il est aussi un "délinquant  prostitueur" puisque je connais des filles qui l'ont eu comme client. 

Laura, dit avoir été vendue par C. comme esclave sexuelle lorsqu'elle était enfant et elle dit aussi que C. a de cette façon obtenu sa carrière, grâce au réseau d'influence maçonnique. Elle dit aussi qu'elle a été dirigée par sa famille pour devenir une prostituée de l'Élite, mais plus particulièrement, une "agente". D'elle-même... elle se dirige vers la prostitution à 15 ans.

Laura parle d'un sacrifice rituel lorsqu'elle était petite, elle dit aussi que sa mère a été programmée pour l'incestuer et que son père, lui,  a été choisi pour ses gênes.  Tout le long de sa "carrière" de proxénète, elle dit avoir été protégée par l'élite occulte.

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Lorsque qu'elle tenait son agence d'escortes à NYC (New York), elle a été arrêtée pour possession d'arme à feu en tant que canadienne aux Etats-Unis et elle dit avoir passé seulement 3 mois en prison, pour avoir été libérée très facilement… ce qu'elle trouve suspect. 

Cette femme, qui a été proxénète pendant plus de 15 ans, a été mêlée à ce qu'elle identifie comme étant la traite des femmes. Aujourd'hui, elle sait ce qui est arrivé mais comme elle n'arrive pas se pardonner d'avoir exploité autant de gens, elle est en train de se détruire dans l'alcool et la discussion est rendue presque impossible, c'est pourquoi nous ne sommes plus en contact.

A ce sujet, je trouve difficile de garder contact avec d'autres victimes MK. C'est un peu comme si nous n'arrivions pas à nous entendre et je crains que cela ne fasse partie de la programmation. 

 

Informations sur les démarches juridiques effectuées au sujet des événements d’inceste et de rituel

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H.G., une intervenante de La Clés ( La Concertation des Luttes contre l'Exploitation Sexuelle)  m’a accompagné dans les processus de plainte et consent à l'existence des abus rituels. Elle-même a été victime d'un réseau pédocriminel lorsqu'elle était enfant dans la ville de Québec. Elle dit qu'il y avait des gens connus qui participaient aux orgies.  Elle m'a fournie le mémoire de Christine Jacques.

C'est grâce à cette femme que j'ai arrêté la prostitution. Avec elle, j'ai fait une première déposition au poste 23 à Montréal, le 7 novembre 2017.  Quelques mois plus tard, j’ai fait une déposition filmée avec le sergent détective James N..

J’ai parlé de l’inceste et des abus rituels à plusieurs professionnels, avocats et psychiatres, dont certains sont très connus. L’un m’a renvoyée chez l’autre…  L’un d’eux m’affirme que la franc maçonnerie n'est qu'un "club social" et je pense qu'il y croit sincèrement… sur quoi, voyant que toutes les avenues semblent bouchées, je décide d'arrêter les poursuites au civil, mais de continuer seulement au criminel (pénal).

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Ma déposition parvient jusqu'au procureur (l'avocat de la couronne). Avec l'agent de police James N., (qui me semble lui aussi être une victime MK), je rencontre l'avocat de la couronne, une femme très particulière qui me semble savoir parfaitement de quoi il s'agit.

Je lui parle de viols en réunion en lien avec des ordres professionnels, ce à quoi elle me répond que "tout est possible" pour finalement rejeter ma plainte en disant que les viols se sont passés en France ( …même si M.L. vit ici)  et donc qu'il faut que je fasse à nouveau ma déposition mais cette fois, à la sureté du Québec (les renseignements).

Cette femme a des masques décoratifs sur les murs de son bureau, elle est d'une vulgarité extrême et la première chose qu'elle a fait en m'accueillant dans son bureau est d'insulter la bible… ce qui est curieux pour une avocate.  Tout son discours semble stratégique et elle me dit qu'elle a conscience du fait que j'ai été "une esclave". 

Il y a 4 mois et demi, j'ai fait une déposition à la Sûreté du Québec durant laquelle j’ai mentionné avoir vécu des abus rituels. Je suis inquiète car durant cette déposition j'ai aussi dit que je voulais avoir un enfant… et cette déposition est maintenant entre les mains de la justice française… un pays parfois qualifié de “Pédoland”.

 

Faux dîplome et franc-maçonnerie

Fin 2018, j’ai fait la connaissance d’un acuponcteur de Montréal (André P., lui-même issu d'une famille liée à ce type d'histoire) bien renseigné sur les réseaux d’influence au Québec et qui a accès à des bases de données qui listent les vrais des faux médecins au Québec.

Il m’affirme que M. n’a pas les diplômes qu’il prétend avoir et qu’il aurait un droit de passage qu’il relie à son appartenance à la franc-maçonnerie.

Malgré que M. ne dispose que d’un permis "restrictif" de médecine, il mène une brillante carrière et cumule les récompenses en tous genres.

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Selon une information distribuée par Anonymous qui liste les francs-maçons au Québec, ici, le collège des médecins au complet est trempé dans la secte luciférienne. 

Un article à son sujet a retenu mon attention car de façon très contraphobique il se fait le protecteur des enfants en critiquant la psychanalyse.

Tout laisse-t-à penser que M. a acheté sa carrière. Au début, il avait commencé des études en Lettres puis finalement, pour des raisons d'égo, il a décidé de viser "plus haut". Mais comme il n'était pas très bon, il a décidé de faire appel à certains réseaux qui passent par l’université. On lui aurait fait avancer sa carrière, en échange de cette promesse de faire des enfants pour participer à des rituels qui les programmeraient.

Juste avant de faire des enfants avec M.D, il a été menacé par un groupe de gens qui l'ont attaqué avec des coups de rasoirs, dont un coup qui lui a défiguré la moitié gauche du visage. Après cet évènement, il est revenu vers ma mère alors qu'ils allaient rompre et ils se sont précipités vers le mariage. Ces menaces étaient-elles en lien avec des promesses qu'il devait tenir?

Encore une fois, je ne peux rien affirmer de tout ça, mais une chose est certaine… c’est qu’ici, au Québec, il n’a ni le statut ni le permis qu’il faut pour avoir autant de responsabilités. Selon l’acuponcteur que j’ai rencontré, il est admis parmi les vrais psys que M. a "des passe-droits".

Ce spécialiste, qui n'avait aucune raison de me mentir, affirme aussi que ma belle mère, neuropsychologue, est une victime MK et pour la connaitre très bien je peux dire qu’elle a été esclavagisée par M., qui la maltraite et la trompe sans s'en cacher et cela en permanence.

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Elle a fait son doctorat dans une grande université et ses études de psychologie à Trois-rivières, une ville qui, à l'epoque, etait sous inflence maçonnique avant que cette influence ne se déplace de la Mauricie à l'Estrie. Voici le couple.

Aussi, il faut dire que toute la théorie inclusive de M. au sujet de l'autisme est un tissu de mensonges en parfaite cohérence avec le programme que nous subissons et qui vise le chaos. Pour des raisons qui m'échappent encore, nos élites franc-maçonnes propagent le mensonge que l'autisme est génétique. Ces derniers temps, il y a une énorme propagande à ce sujet, autant dans les séries Netflix que dans les documentaires pseudo scientifiques produits par les gouvernements.

Dans tout ce cirque, le rôle de M. est de faire avancer une pseudo recherche qui vise à nous faire intégrer l'idée qu'il faut accepter les autistes tels qu'ils sont sans chercher à les guérir.  A mon avis, l'élite occulte désire que l'autisme deviene la norme, pour des raisons d'exploitation du QI et de contrôle social. On dit des autistes de hauts niveaux qu'ils ont des "supers cerveaux objectifs", c'est-à-dire qu'ils sont HPI tout en n'ayant aucune aptitude à l'empathie, autrement dit : des machines humaines ultraperformantes parfaites pour notre élite avide de pouvoir.  

Ceux qui contestent les théories de M sont des dissidents extrêmement censurés. Ils défendent l'hypothèse que l'autisme est lié aux vaccins et à un parasite qui disparaitrait grâce à une cure de dioxyde de Chlore, renommé Mineral Miracle Supplement (MMS) par Jim Humble. Voici une conférence sur le sujet que je vous conseille fortement:

 

Dr Andreas Kalcker at AutismOne 2014 Successful Treatment of Autism 720p

 

Merci pour le temps que vous avez consacré à la lecture de ce témoignage et que Dieu vous protège.

Alice



[1] L’auteure parle de MK Ultra, selon le terme américain. Mais les faits à cette époque se sont produits dans l’ouest de la France. L’auteur utilise le terme MK pour parler de conditionnement psychologique et psychique, sur plusieurs générations probablement.

[2] Trouble De l'Attention avec Hyperactivité, qui permet de mettre des jeunes sous medication sous n’importe quel prétexte.

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Les peintures qui illustrent l'article ont été ajoutées par moi, elles sont de Kim Noble, une artiste anglaise, elle-même victime d'abus rituels.

 

Un résumé de ce témoignage a été publié il y a quelques mois sur un site Québecois, le Bonnet des patriotes.

05 août 2019

Violences sexuelles : 80% de victimes mineures et toujours pas d’âge de consentement

2019-08-03 13_44_43-Pétition · Julie violée à 13 ans par des Pompiers _ justice pour obtenir la requ

Le 19 juillet, alors que la France était écrasée sous la canicule, la "justice" a décidé que 3 pompiers sur 17 accusés de viols allaient être renvoyés, non pas pour viols, ni même pour agressions sexuelles, mais pour "atteintes sexuelles", sur une mineure vulnérable de 13 ans au début des faits. Atteinte sexuelle, cela veut dire que pour les magistrats, l’adolescente a consenti à deux ans de viols. Comment en est-on arrivé là ?

 

On parle beaucoup en ce moment des violences faites aux femmes, et c’est très bien car l’omerta demeure. Le sujet des violences sexuelles, spécifiquement contre les mineurs, est aussi une catastrophe sanitaire dans ce pays, que tout le monde refuse de voir.

"Les mineurs sont la classe d'âge la plus exposée aux violences sexuelles. Une enquête nationale de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, conduite avec le soutien de l'UNICEF France, rapporte que 81 % des violences sexuelles seraient subies avant l'âge de 18 ans, 51 % avant 11 ans et 21 % avant 6 ans" [1]. Et dans la grande majorité des cas il s’agit d’inceste, donc de violences familiales, commises à plus de 90% par des hommes.

Comme nous sommes dans un pays dont les vieux relents patriarcaux reviennent vivement à la surface, les pouvoir publics ne font rien.

L’affaire de ces pompiers qui bénéficient d’une impunité quasi-totale s’inscrit aussi dans ce contexte général de minimisation des violences masculines (certaines parlent de terrorisme machiste [2]).

 

Sur les faits

2019-08-04 12_32_07-Le calvaire de Julie qui accuse des pompiers de Paris de viols - Marie Claire -

Nous avions parlé en octobre et novembre 2018 de l’histoire de cette adolescente, appelée Julie dans les médias. A l’époque, le parquet venait de demander le renvoi en correctionnelle car selon les magistrats, le "défaut de consentement" de la victime était "insuffisamment caractérisé".

 L’affaire est aussi simple que sordide : alors qu’elle avait 13 ans en 2008, Julie était suivie quasiment quotidiennement en pédopsychiatrie. C’est lors d’un important malaise survenu au collège que certains pompiers ont rencontré l’adolescente : "Suite à un malaise de Julie au collège, les Sapeurs-Pompiers de Paris étaient intervenus. L’un d’eux garda ses coordonnées puis la contacta via les réseaux sociaux : elle venait alors d’avoir 13 ans", explique la maman.

Certains pompiers, tous majeurs, ont commencé rapidement à la contacter : et des viols ont très vite été commis. Dans les toilettes de l’hôpital, sur le capot d’une voiture, à trois en même temps… Puis ils se sont refilé le numéro.

2019-08-04 12_34_14-Julie accuse de viols des pompiers_ « Elle a été piétinée, violée, humiliée par

Au fil du temps, Julie était de plus en plus mal, évidemment a-t-on envie de dire. Les viols ont continué ainsi pendant 2 ans. Les pompiers sont intervenus 130 fois en deux ans suite à des problèmes de santé de Julie et saisissaient l’occasion pour abuser d’elle. Ils connaissaient donc parfaitement son âge et son état psychologique.

Julie n’a parlé qu’au bout de deux ans, alors qu’elle n’avait plus qu’une seule envie, celle de mourir. Les médecins ont heureusement décidé de la sevrer du traitement et c’est comme cela qu’elle a enfin pu s’exprimer en août 2010. Une plainte a été déposée immédiatement contre 20 pompiers identifiés, et seulement trois ont été mis en examen.

La version des pompiers est basique : ils ignoraient l’âge de Julie et c’est elle qui cherchait les relations sexuelles. Et d’ailleurs ils ne l’ont tous fait qu’une seule fois, ainsi qu’ils l’ont tous déclaré au cours d’une enquête interne.

La version de Julie est à l’opposé : les abus répétés étaient possibles parce qu’elle était mineure et vulnérable, déscolarisée et suivant un lourd traitement médicamenteux comprenant des neuroleptiques et d’antidépresseurs. Son mal être n’a fait qu’augmenter durant les deux ans (allant jusqu’à développer une phobie sociale), jamais elle n’a consenti à quoi que ce soit.

Eh bien après 9 longues années de procédure, le parquet a considéré que les pompiers disaient la vérité, que Julie disait n’importe quoi et qu’elle était consentante. Seuls trois de ces types devraient passer devant des juges, et encore, ils ne risquent pas grand-chose si ce chef d’accusation est retenu (les parents de Julie tentent de faire appel de cette décision).

baisse nombre viols source le Monde

Une pétition a été lancée par la maman de Julie, révoltée, comme l’est sa fille, et comme le sont tous ceux qui ont suivi cette affaire ou sont impliqués dans la défense des mineurs victimes de violences sexuelles. Cette pétition a recueilli environ 80.000 signatures en une dizaine de jours.

Malgré les circonstances aggravantes (agresseurs en uniforme, viols en réunion [3], mineure vulnérable), rien à faire. Pour les magistrats, cette ado de 13 ans avait comme fantasme de commencer sa vie sexuelle dans ces conditions. On se dit que tant qu’à faire, ils devraient même lancer des poursuites contre la victime pour avoir aguiché ces braves fonctionnaires.

L’atteinte sexuelle signifie que la victime était consentante. Cette qualification est retenue par élimination : s’il n’y a pas contrainte, menace, surprise, violence et que le mineur violé a le discernement, c’est donc qu’il n’y a pas absence de consentement, donc il y a consentement et alors on est dans l’atteinte sexuelle avec pénétration que la loi schiappa était censée ne pas avoir fait passer.

Mais, qui, dans les faits, est devenu une réalité bien concrète dans les rares procédures qui parviennent jusqu’à un jugement.

 

Réaction nécessaire

2019-08-03 13_23_15-Paris_ Des Femen dénoncent le renvoi en correctionnelle de pompiers, initialemen

Nombreux sont ceux qui s’interrogent et même sont choqués par cette décision. Qui n’est pas une exception mais une décision incompréhensible parmi tant d’autres en matière de violences sexuelles contre les enfants. Rappelons au passage qu’en France, la justice est toujours rendue au nom du peuple.

Je reviens sur trois chiffres au sujet de ces procédures :

Cela se passe en france en en 2017 et la situation, encore pire pour les mineurs que pour les adultes, continue à s’aggraver.

Le 26 juillet, les FEMEN ont mené une action devant les chefs des pompiers de paris, au ministère des Armées pour dénoncer ce renvoi en correctionnelle. "Aujourd’hui on est venues dénoncer l’impunité des violeurs. On dénonce cette justice patriarcale qui minore les viols", ont-elles résumé.

Cette décision dans l’affaire des pompiers ne sort pas de nulle part : elle est le fruit de réformes, de directives, et surtout d’un processus qui va clairement vers la négation du statut de mineur. Que ce soit pour les rendre responsables pénalement à 13 ans[5] (et nier ainsi un échec sociétal et donc politique), ou pour les rendre consentants à des viols collectifs, par exemple, la tendance est clairement à les responsabiliser.

justice caricature

On doit s’interroger : qui est-ce que cela arrange ?

En premier lieu les agresseurs sexuels, les pédophiles notamment. Des pédos, il y en a partout, et je dirais qu’en proportion, il y en a même davantage parmi nos élites que parmi la population générale. Quand on observe certaines décisions de nos législateurs, comme celle de refuser absolument un âge de consentement, on ne peut que s’interroger : de quoi ces gens ont-ils peur ? De la parole des enfants ? De condamner des pédocriminels ? D’ouvrir la boîte de Pandore des violences sexuelles contre les enfants ?

Et puis les pouvoirs publics, car nier 86% des viols faisant l’objet d’une plainte permet de minimiser l’ampleur du problème, de ne pas prendre de mesures et de faire des économies pour distribuer le pognon aux milliardaires.

Cela arrange aussi tout le lobby anti-victimaire : les experts "psys" spécialisés dans le SAP (syndrome d’aliénation parental) et les faux souvenirs, deux théories inventées par des pédos mais qui sont toujours utilisées chez nous, en Suisse, en Belgique, au Canada... Julie a eu droit à une expertise du ponte du SAP en France, Paul Benussan, grassement  rémunéré (en tout cas pas au prix d'une femme de ménage comme d'autres experts) .

Cela arrange aussi les avocats qui font appel à ces mêmes psys pour défendre leurs clients accusés d’actes pédocriminels.

2019-08-04 12_46_23-Expertise de l'aliénation parentale avec le Docteur Paul Bensussan sur TV28 (ext

On l’a vu, par exemple dans l’affaire d’Outreau où à deux reprises des "experts" qui n’avaient jamais vu les victimes ont été appelés à la rescousse par les avocats d’acquittés pour déclarer contre toute évidence- mais on n’était plus à cela près dans ce dossier- qu’ils avaient menti et avaient de faux souvenirs [6].

Cela arrange également une justice indigente (que la clique au pouvoir n‘a pas l’intention de renflouer bien au contraire) et des flics sous financés, formés par les experts estampillés "faux souvenirs/SAP & et autres théories fumeuses".

Schaippa a réussi le tour de force de réunir l’ensemble des associations de protection de l’enfance contre sa loi bidon votée en plein milieu de l’été dernier, dont la mise en œuvre a été décidée de nuit à l’assemblée devant 25 députés en avril 2019. Toutefois, même si elle n’était pas censée être d’application, cette loi était déjà mise en œuvre comme l’ont suggéré différentes décisions cette année.

Devant le tollé généré par ce texte complètement à côté de la plaque, un individu inexpérimenté sorti d’on sait où a été gratifié d’un petit strapontin de secrétaire d’état à la protection de l’enfance. C’était en janvier 2019, et depuis on n’a plus entendu parler de cet obscur footeux.

 

2019-08-03 20_48_33-Adoption de la loi sur les violences sexuelles _ la déception des associations -

Malgré la propagande, et l’activisme d’A Reculons ! pour défendre Schiappa sur les réseaux sociaux, les procédures aberrantes continuent, le déni de la parole des enfants est devenu systématique. Aujourd’hui, un enfant qui dénonce des abus commis par son père a toutes les ‘chances’ d’être placé chez l’agresseur par les juges et de ne plus voir sa mère qu’en point rencontre 1 heure toutes les deux semaines. Parce que la plainte est classée sans suite quel que soit le nombre de signalements et certificats médicaux, quels que soient les propos de l’enfant et encore plus de sa mère [7].

Le problème tient aux moyens et surtout à la formation des professionnels qui interviennent dans ces dossiers (magistrats, avocats, éducateurs, psys, médecins et autres ‘experts’…), et malgré les alertes répétées depuis des années rien ne change, et aussi à un lobbying mené par les pédocriminels d’un côté, les associations de pères de l’autre.

Le lobbying des pédophiles reste plus ou moins discret en France, mais il est bien réel : quand les médias unanimes ont défendu Cohn-Bendit, à qui Bayrou avait rappelé ses propos pédos à la télé dans les années 80, on avait compris que les amis du premier étaient nombreux. Idem quand Polanski a été défendu bec et ongles, jusqu’à la 5e plainte contre lui pour viols sur mineure. A ce moment, le fan club du pervers a commencé à se faire plus discret.

Bref, je ne vais pas énumérer les prises de position pro- pédo de ces dernières années, mais il y en a quelques-unes.

Nombreux sont ceux, en France, qui ne veulent surtout pas voir fixé d’âge en-dessous duquel la notion de consentement soit totalement exclue dans le cadre d’un rapport sexuel avec un adulte. Et encore moins à 15 ou 16 ans.

 

Comment en est-on arrivé là ?

2019-08-03 20_53_30-Non, la loi Schiappa n’a pas « légalisé la pédophilie » ni assoupli les règles d

Aujourd’hui, selon divers échos à l’international, la france passe pour un pays particulièrement obscurantiste en matière de lutte contre les crimes et délits sexuels en général, et contre les mineurs en particulier.

Ce pays est à contre-courant, et a aboli toute notion de minorité sexuelle alors que la tendance ailleurs est à augmenter l’âge de consentement.

Il faut savoir qu’en France un mineur peut être considéré comme consentant à des relations sexuelles complètes avec un adulte à partir de 5 ans.

Et si un seuil à 5 ans existe, ce n’est pas grâce au législateur –vous savez ces gens grassement payés pour ne pas venir voter les lois, ou pour voter comme l’exige leur chef- mais par la jurisprudence. Parce que des juges ont considéré que, quand-même, à 5 ans on ne pouvait pas dire qu’un enfant était consentant à un acte sexuel avec un adulte.

Une position qui pourrait bien changer avec la notion de "discernement" introduite par schiappa, et par les cours d’ "éducation sexuelle" imposés dès la maternelle.

Nous avons des cas récents en france où des enfants de 11 ans sont considérées comme consentantes à des viols avec de parfaits inconnus. Car la loi dit "que la violence, contrainte, menace ou surprise ne saurait se déduire du seul âge de la victime".

Qui a pondu un truc pareil ? Ce serait intéressant d’aller chercher.

2019-08-04 12_49_13-Le 19 juillet - Word

Une autre nouveauté de la micronie est l’invention de tribunaux locaux sans jury populaire[8] pour expédier les crimes pas graves, selon eux, comme bien évidemment les viols et autres violences sexuelles, sur majeurs comme sur mineurs [9]. Il paraît que c’est super parce que ça ira plus vite. On a envie de dire qu’au lieu d’acheter 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour la police (11 millions d’euros) et 40.000 grenades de désencerclement (1,8 million), par exemple, ils pourraient investir pour permettre aux flics de mener des enquêtes un peu sérieuses dans les cas de viols sur mineurs, mais bon.

Nous avons bien compris que là n’était pas la priorité.

En attendant, le nombre de plaintes augmente, pendant que le nombre de condamnations baisse. Magie de la justice et de ses nombreux jockers : "classement sans suite", "correctionnalisation", "atteinte sexuelle", "faux souvenirs" etc.

Et quand un type finit par être condamné pour viol, chose extrêmement rare vous l’aurez compris, eh bien la peine moyenne est de 9,6 ans (chiffres 2016). Sachant que ces détenus modèles sont libérables à la moitié de leur "peine", la victime aura passé deux fois plus de temps à subir la procédure que le violeur en prison.

C’est ainsi qu’en 2016, seulement 396 personnes (dont 194 mineurs) ont été condamnées pour viol sur mineur et 134 pour viols par ascendant. Des chiffres ridicules au regard de l’ampleur de la catastrophe sanitaire que représentent les violences sexuelles en général, et sur les mineurs en particulier. Cette année-là, en 2016, il y a eu 7.886 plaintes pour viol sur mineur.

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Nous avons un problème, l’évidence saute aux yeux dès qu’on prend le temps de regarder de plus près ce qu’il se passe. Si l’on observe les processus, nous avons des gouvernements successifs qui tout en nous assénant leurs envolées lyriques sur la protection de l’enfance, n’ont fait qu’aggraver la situation et nier la protection de l’enfance, justement.

Les premières victimes de ce processus sont celles qui sont broyées par la justice : les victimes de violences sexuelles, surtout les mineurs. Mais derrière, c’est la société toute entière qui subit les conséquences de cette inertie volontaire car trop systématique malgré les alertes.

Des études de victimologie montrent que chaque année en France, environ 130.000 filles et 35.000 garçons sont victimes de viols et tentatives de viol.

Aujourd’hui nous vivons dans une société où les agresseurs sexuels, et les pédophiles notamment, sont tout-puissants. Pour peu qu’ils soient un peu discrets ils sont assurés de l’impunité. 90% des victimes restent cachées et ne portent jamais plainte, selon des estimations qui concernent les adultes.

Derrière cette négation des victimes par la justice, il y a des histoires personnelles, toujours difficiles. Des victimes qui attendent un soutien, une reconnaissance de la part de la société à travers une décision de justice, et qui finalement sont à nouveau broyées.

L’affaire de ces pompiers ne doit pas rester noyée dans la masse des décisions surréalistes de la broyeuse –pardon la "justice". Il est important de dénoncer ce qu’il est en train de se passer et de faire entendre des voix raisonnables dans ce débat où jamais la parole des enfants n’est prise en compte.

 



[1] Avis relatif aux violences sexuelles : une urgence sociale et de sante publique, un enjeu de droits fondamentaux de novembre 2018.

[2] L’expression peut sembler exagérée, mais le machisme fait bien plus de morts chaque année en France que le terrorisme islamiste. Pourtant, on donne plus d’un milliard par an pour lutter contre les islamistes, quelques millions pour aider les femmes et enfants victimes des mecs.

[3] La maman de Julie explique dans sa pétition les faits concernant le premier viol en réunion : « Ce viol en réunion s’est déroulé en novembre 2009 alors que Julie avait 14 ans et se trouvait en état de grande vulnérabilité connue par au moins un des trois pompiers concernés. En effet, Julie sortait alors d’une hospitalisation en pédopsychiatrie (26 au 30 octobre 2009) et dût y retourner en urgence dès le 15 novembre 2009 après ce premier viol en réunion (du 15 novembre au 12 décembre 2009). »

[4] Ces chiffres ne dissocient pas les chiffres qui concernent les mineurs et les majeurs, et c’est bien dommage. Parce que j’avais calculé qu’une femme qui porte plainte pour viol a une chance sur 12 de voir l’agresseur condamné pour viol, alors que pour les mineurs c’est une chance sur 16.

[5] Certes, la délinquance des mineurs n’est pas acceptable. Mais le statut de mineur a été créé en 1946 parce qu’on considérait qu’un mineur n’avait pas le libre arbitre, qu’il devait en premier lieur être protégé, et que la société a pour rôle de les éduquer jusqu’à leur majorité.

[6] Au sujet des faux souvenirs, théorie bidon propagée par la CIA pour contrer la vague de dénonciation d’abus rituels aux USA et au Canada dans les années 80 et 90, je renvoie vers un ancien article dont je ne renie pas un mot.

[7] On a déjà abordé cette question dans plusieurs articles, par exemple ici, avec des illustrations par des cas concrets ici, ici ou ici.

[8] Ils appellent ça les tribunaux criminels départementaux, dont le seul intérêt est de permettre des économies.

[9] « On estime qu'environ 60% des affaires qui seront jugées dans ces instances concerneront des crimes sexuels, pour lesquels 80% des victimes sont des femmes », rappelait un article d’Europe 1 de novembre 2018, quand cette régression a été annoncée.

17 juin 2019

Le réseau pédocriminel dépasse encore du côté d'Angers

2019-06-16 21_26_13-Angers _ un couple suspecté de pédophilie sur ses quatre enfants _ www

En ce mois de juin, les médias ont évoqué l’affaire d’un couple de pédophiles qui n’hésitaient pas à prêter leurs enfants, dans la région d’Angers. Au même moment, deux types qui ont été condamnés dans le cadre du réseau pédophile d'Angers se retrouvent à nouveau condamnés pour des faits similaires. L'occasion de faire un focus sur le réseau local.

 

L’affaire du couple en question a été présentée de manière banale : quatre enfants de 4 à 16 ans issus d’une même fratrie, placés en famille d’accueil depuis juillet 2018, ont dénoncé des violences sexuelles commises par leurs parents et par des membres de la famille.

 

Une banale histoire de récidive

Les parents ont été placés en garde-à-vue le 7 juin puis la mère, âgée de 45 ans, a été libérée. La justice ne voulait pas communiquer [1] mais les médias locaux semblaient assez fixés sur cette affaire.

2019-06-16 21_20_16-Angers _ un couple suspecté de pédophilie sur ses quatre enfants - Opera

Il est vrai qu’Angers évoque un important procès de réseau pédophile, qui a eu lieu en même temps que l’affaire d’Outreau, avec à la clé une soixantaine d’adultes condamnés, tous issus des classes populaires.

Le couple de pédocriminels présumés a été mis en examen pour des viols et violences sur les quatre enfants. Ceux-ci ont parlé de "sévices commis aux domiciles d’Angers, mais également de Saint-Barthélemy-d’Anjou, à l’est d’Angers, là où la famille habitait avant de déménage (…) Les enfants mettent également en cause d’autres membres de la famille pour des faits de même nature qui auraient été commis lors de périodes de vacances. Au Mans, où réside un frère d’un des parents. Ou en Vendée".

La famille était pourtant suivie par les services sociaux depuis 2011 via une AEMO (assistance éducative en milieu ouvert), et était placée sous curatelle renforcée.

Une semaine plus tard, on apprenait que deux frangins étaient condamnés à Nantes pour des atteintes sexuelles sur un enfant de 4 ans et pour non dénonciation.

2019-06-16 21_29_43-Nantes

Rien d'exceptionnel, comparé aux crimes qui défilent dans les tribunaux pour des violences sexuelles graves contre des enfants, si ce n’est que ces deux-là, les frères Philippe et Didier R. (je ne mets pas le nom car leurs enfants, victimes, portent le même), ont déjà été condamnés en 2005 lors du procès du réseau pédophile d’Angers. Et ils ont obtenu un aménagement de peine en 2017.

Ils n'étaient sortis de prison depuis quelques mois seulement quand l’un d'eux a invité une amie, alcoolique sur les bords, avec son fils de 4 ans, alors que le suivi judiciaire leur interdit tout contact avec des enfants. L’agresseur a pris 10 ans, l’autre 36 mois de prison.

Alors qu’un grand nombre de psys considèrent que les violences sexuelles sont le crime qui entraîne le moins de récidive (car il se basent sur les chiffres de la justice qui condamne rarement les pédocriminels), la réalité semble transpirer derrière cette histoire : un pédophile agit dès qu’il en a l’occasion, qu’il soit ou non en état de récidive. Car les peines sont loin d’être dissuasives (9 ans en moyenne pour viol, sachant qu’ils sont libérables à la moitié de leur ‘peine’).

Un peu plus tôt dans l'année, près de 500 enfants ont été entendus suite à l'arrestation d'un pédo de 25 ans à Angers, pour des viols sur ses neveux et sur "des enfants de la région". Le type, doté d'un CAP petite enfance, trainait sur le Dark Net pour rencontrer d'autres pédos et organiser sur ses neveux des actes relevant de la "torture et barbarie".

 

Le procès d’Angers et les dossiers connexes

reseau 1

Le procès du réseau pédophile d’Angers en 2005, c’étaient 65 accusés et 45 enfants victimes, âgés de 6 mois à 12 ans. L’enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée en novembre 2000 par une adolescente de 16 ans, pour des faits survenus entre 1991 et 1993 visant les frères Joubert. Les faits incriminés, pour la justice, s’étendaient de janvier 1999 à février 2002.

A l’origine du réseau qui s'est constitué à Angers, il y avait un pédophile déjà condamné, un certain Eric Joubert, qui fréquentait le coupe V. (Franck et Patricia) depuis sa sortie de prison. Assez vite, les viols des enfants V. puis d'autres enfants de l'entourage deviennent un business, et madame tient la caisse.

A Angers, trois "pôles" de proxénètes d’enfants ont été identifiés : Eric Joubert et son frère, le couple V (Franck et Patricia), et deux autres frères, Didier et Philippe R., qui viennent donc d’être à nouveau condamnés à Nantes. Il y aussi des auteurs qui n’ont jamais été identifiés, des films qui n’ont jamais été retrouvés, des dossiers qui ont été séparés du dossier principal…

2019-06-16 21_36_59-[Réseau de pédophilie à Angers] - YouTube - Opera

Ce sont Eric Joubert, également père de famille, et son frère, que l’adolescente a dénoncés en 2000. A ce moment, Eric venait de purger 2 ans de prison pour des abus sur mineur et était placé sous curatelle, et son frère faisait de son côté 10 ans de prison.

Plusieurs pédophiles déjà condamnés (une dizaine tout de même) ont été identifiés parmi les abuseurs, ce qui avait à l’époque, vaguement, posé la question du "suivi" des pédocriminels après leur libération. Autant dire qu’il n’y en avait pas, et cela n’a pas changé.

Une dizaine d’individus parmi les accusés avaient déjà été condamnés pour des faits de pédophilie, comme une certaine Margaret D. amie d’enfance de Franck V., avait été condamnée en 1996 à 2 ans de prison pour des violences sur ses enfants de 4 et 5 ans. Dans l’affaire d’Angers, elle a avoué avoir touché environ 400 F par semaine pour amener son fils chez les V.

2019-06-16 21_50_34-Le réseau pédophile d'Angers - YouTube - Opera

Ledit Joubert, en effet, ne perdait pas de temps : "Dès sa sortie de prison en mars 1999, alors qu'il était encore sous contrôle judiciaire, il aurait multiplié les concubinages avec des femmes fragiles, dont les enfants ont été victimes d'abus sexuels"précisait un article du Télégramme du 8 mars 2002.

On apprenait aussi lors du procès qu’une bonne partie des adultes accusés avaient eux aussi été victimes de violences sexuelles dans l’enfance, souvent par des gens de leur propre famille. Par exemple, le père de Franck V, Philippe, condamné à 13 ans de prison en 1991 (libéré en 1998) pour avoir violé son fils Franck lorsqu’il était adolescent, était l’un des accusés du procès d’Angers pour les viols de ses petits enfants[2]. De même que le beau-père de Patricia V, qui l’aurait violée quand elle avait 6 ans, ou encore Jean-Jacques R., le père des frères R., qui ont été nouveau mis en examen récemment.

2019-06-16 21_42_58-Le réseau pédophile d'Angers - YouTube - Opera

Il y a aussi Moïse C., reconnu travailleur handicapé en 1989 et placé sous curatelle depuis 2001, venait d’être condamné lorsque le procès s’est ouvert. Il avait pris 12 ans de prison en 2003, pour des viols sur mineurs, et deux ans pour des agressions sexuelles, toujours sur des enfants, l’année suivante. Sa défense était basique, mais elle s’est avérée efficace ailleurs : il ne connaissait pas le couple V., ni aucun des protagonistes de l’affaire.

Les accusés vivaient tous des minimas sociaux, excepté un journaliste et une assistante sociale. Et puis, il y avait ces notables : "Des accusés et des enfants décrivent des scènes avec des inconnus cagoulés, identifiés pour certains. Mais pas tous: nul ne sait qui sont les «costards-cravate» ni la «femme tatouée» dont parlent des accusés", précisait L’Express du 28 février 2005.

2019-06-16 21_48_39-Le réseau pédophile d'Angers - YouTube - Opera

Il y avait aussi le carnet de Franck V, avec des noms dans toute la France, ce qui est assez étonnant pour un type jamais sorti de son bled. Mais, on n'a jamais entendu parler d'autres procès ailleurs en France, en lien avec l'affaire d'Angers.

Mais, tout ce volet qu’on pourrait appeler le "second cercle", a été séparé de la procédure qui a été jugée en 2005. Il n’a rien donné par la suite, ce qui n’est pas sans rappeler le fameux "dossier bis" de l’affaire Dutroux, celui qui portait sur les complicités politiques et policières notamment, et qui n’a bien-sûr jamais été jugé. En Belgique où il s’agit d’une véritable spécialité, on appelle cela le "sauciçonnage" des dossiers.

A l’audience, Franck V. a gardé le silence sur la quasi-totalité des faits, il a refusé de donner les noms des clients, et Patricia s’est en grande partie rétractée, comme l’a fait Badaoui. Sauf que si on a cru Badoui quand elle a "innocenté" ses co-accusés, ce ne fut pas le cas à Angers.

2019-06-16 22_19_16-Lourdes peines au procès d'Angers - Opera

Quand il a été demandé à la "comptable  de la bande, Patricia V. (Franck ne savait pas compter), d’où venait l’argent, elle a cité Eric Joubert mais pour le reste, elle a déclaré " je ne peux pas parler…" malgré les nombreuses relances des magistrats et avocats.

Car des gens cagoulés ont défilé chez elle pour violer ses enfants, et ceux qui lui étaient amenés. Si certains étaient des proches connus des enfants, ce n'était pas le cas de tous ces individus masqués, selon la chef de la section de recherches qui a travaillé sur cette affaire.

Plusieurs des accusés ont mentionné les "cagoulés", par exemple un certain Georges, a évoqué ces cagoulés qui passaient chez les V., dont un type d’une soixantaine d’années avec un caducée au revers de sa veste. "Véronique R." a dit qu’elle aussi avait vu passer ces types chez les V. Il y avait aussi une femme, habillée de cuir, avec une cagoule en cuir et un tatouage.

Aucune preuve n’a été trouvée, mais certains accusés ont expliqué qu’une réunion a été organisée avec plusieurs protagonistes, dans le but de brûler toutes les photos et vidéos qui auraient pu être dérangeantes. Et quand les policiers ont tenté de perquisitionner un garage appartenant à Philippe V., celui-ci avait été fracturé et vidé.

Une quinzaine de lieux de débauche auraient été identifiés par les enquêteurs, aux domiciles des accusés notamment.

2019-06-16 21_37_37-[Réseau de pédophilie à Angers] - YouTube - Opera

Mais, comme dans l’affaire d’Outreau, aucune photo ni aucun film pédoporno n’ont été retrouvés.

Comme à Outreau, aucune rupture d’hymen n’aurait été identifiée chez les filles, ce qui n’est pas surprenant mais révèle juste que déjà à l’époque, les pédos savaient comment s’y prendre pour éviter de laisser des traces trop identifiables.

Comme à Outreau, c’est la femme la plus impliquée, en l’occurrence Patricia V., qui a confirmé les accusations et balancé le réseau, du moins une partie.

Comme à Outreau, les services sociaux suivaient la plupart des familles. Et selon le Christian Gillet, vice-président du conseil général chargé des affaires sociales "Dans la majorité des cas, il y a eu des signalements pour carences éducatives. Et quelques-uns pour suspicion d'abus sexuels". Plusieurs signalements ont été faits en 1999 et 2000, par l’école et la mère d’une des victimes, mais aucun n’a abouti bien que plusieurs pédophiles connus et même encore suivis[3] trainaient dans l’entourage des victimes.

Eric J

Comme à Outreau, les enfants étaient à peine défendus, avec un avocat pour 42 enfants, face à une soixantaine d’avocats pour les accusés.

Mais contrairement à Outreau, un tiers des accusés -au moins- ont avoué les faits qui leur étaient reprochés, même s'ils se sont souvent rétractés ensuite.

On constate qu’une première famille qui se met à vendre ses enfants inspire vite ses voisins, qui eux aussi veulent quelques billets. Patricia V a dit qu’ils récupéraient ainsi 1000 à 2000 F par semaine, pendant plus d’un an. Selon elle, ils n’ont pas tout de suite touché de l’argent, cela a commencé après quelques mois d’abus dans un cercle plus « confidentiel ».

Il s’agit de sommes assez importantes si on considère, comme le fait la justice, que la quasi-totalité des coupables vivaient du RMI et des allocations adulte handicapé.

61 personnes ont été condamnées en première instance, et à l’issue du procès en appel, le journaliste a été acquitté. 45 mineurs ont été reconnus victimes et indemnisés.

Ledit réseau d’Angers, bien qu’impliquant des gens qui n’avaient pas les moyens de se déplacer très loin, dépassait les limites du département.

2019-06-16 22_25_13-Pédophilie _ huit mises en examen en Mayenne - Opera

Ainsi en 2005, quatre des condamnés d’Angers –dont Franck V.- ont été mis en examen dans un autre dossier, en Mayenne, qui s’orientait "vers un réseau organisé" et qui a fait un peu de remous.

Si cette affaire avait fait l'objet d'une enquête, c'est à la suite de la dénonciation d'un informateur : "Cette seconde enquête a débuté sur la base d'une dénonciation adressée à la PJ d'Angers pendant que tous les médias couvraient l'audience en cours dans la ville. L'interlocuteur de la police judiciaire a expliqué en substance qu'il manquait des accusés dans la salle d'assises et a livré les noms des « absents », les nouveaux suspects. Les faits dénoncés se déroulant dans le secteur de Château-Gontier, en Mayenne", rapportait Le Parisien du 23 avril 2005.

Ils ont été jugés en appel à Laval 2010, pour "agressions sexuelles et de viols en réunion sur sept victimes, dont deux fillettes âgées de 1 et 6 ans à l'époque des faits", en huis clos à la demande de deux des accusés, qui étaient aussi des victimes dans ce même dossier.

2019-06-16 21_53_21-Le réseau pédophile d'Angers - YouTube - Opera

Les enfants (il avait entre 8 et 10 victimes) avaient entre 5 et 15 ans, et la période des faits était bien plus longue que pour Angers, puisqu’elle commençait en 1995 pour s’achever en 2002. Par ailleurs, grâce à l’argent des viols, le couple V. s’est payé trois semaines de vacances en Mayenne, ce qui est un choix de villégiature original dans cette région fort riche en termes de sites touristiques.

Le bilan de cette affaire, sur le plan judiciaire, est le suivant, rapporté le 18 mars 2010 par le quotidien 20 Minutes : "La cour d'assises de la Mayenne a condamné mercredi soir à 7 ans de prison l'un des deux principaux accusés d'agressions sexuelles et de viols en réunion sur sept victimes dont deux fillettes, une peine confondue avec une autre condamnation de 18 ans au procès d'Angers en 2005. L'autre principal accusé a bénéficié d'une relaxe alors que l'avocat général avait réclamé une peine de 12 ans de prison à son encontre. Deux autres accusés ont été condamnés à 5 ans de prison dont 3 avec sursis et un autre à 4 ans dont 3 avec sursis". 

 

Angers connection

2019-06-16 22_31_56-Un « couple diabolique » jugé aux assises pour le rapt d'Aurélia - Opera

D’autres affaires qui laissent supposer l’existence de réseaux, ou qui l’ont clairement montré, se sont déroulées dans la région.

A Jallais, à 20 km d’Angers et 10 km de Cholet, au début des années 2000, des parents du même profil défavorisé violaient et vendaient leurs enfants. En l’occurrence, la mère avait même emmené sa fille, âgée de moins de 15 ans, en Espagne pour la prostituer. D’autres adultes dont un gendarme avaient été entendus dans cette affaire.

En 2009, il y avait eu l’affaire Dominique Guillouche, qui a été renvoyé au tribunal pour 19 actes de pédocriminalité commis sur 18 enfants, entre 1996 et 2005. Ce type était tellement tranquille qu’il essayait carrément d'enlever les enfants dans les rues, dans la région de Cholet.

En 2005, il avait suscité la toute première alerte enlèvement pour avoir embarqué une fillette de 6 ans sur le parking de son école à Jallais. Le lendemain, Guillouche a libéré la petite dans une Cholet et il s’est rendu quelques heures plus tard, "Il a ensuite avoué spontanément les faits et une série d'autres tentatives d'enlèvements et agressions sexuelles commises sur des mineures depuis plusieurs années", précisait La Dépêche.

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Ce type dont le fantasme était "d’avoir une petite fille à la maison qui serait un jouet" afin de "pouvoir la mettre enceinte" a finalement pris 20 ans de prison, sa femme, déficiente intellectuelle, 12 ans.

En fait, le duo était un couple dans le style des Fourniret : entre 1994 et 2005, donc, "Dix-huit fillettes, âgées de 2 à 14 ans, ont été enlevées et violées par ses soins, plusieurs fois avec la complicité d’Alfréda Deneux, son ex-femme. Les victimes étaient les enfants d’amis ou de relations du couple, ou des fillettes croisées au hasard des « chasses » en voiture de Dominique Guillouche sur les routes de Nantes ou d’Angers, dans l’ouest du pays".

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Bien-sûr, le couple aurait raté tous ses enlèvements, sauf le dernier qui a permis de les arrêter. Guillouche a pris 20 ans, avec 14 ans à faire de manière certaine, et elle a pris 12 ans dont 8 obligatoires. Ils se sont tous les deux désistés de leur appel.

Me Jacques Monier, qui a défendu 42 enfants d’un coup dans l’affaire d’Angers (cet avocat doit faire des miracles pour si bien défendre autant d’enfants face à une soixantaine d’accusés et leurs avocats [4]), est aussi intervenu dans des dossiers similaires puisqu’il est nommé par le Conseil général pour s’occuper des mineurs placés à la charge des services sociaux. Mais il ne voyait dans la multiplication des dossiers sordides dans la région que "malheureuse coïncidence".

Plusieurs articles de presse ont évoqué une affaire de pédocriminalité à Jallais au début des années 2000 : un couple qui avait violé ses quatre filles, et qui a pris 16 ans (pour elle) et 12 ans (pour lui) de prison. C’est Me Monier qui défendait les filles.

2019-06-16 22_38_21-Témoignage Véronique Liaigre victime d'un réseau pédo-satanique à Agen 05

"L'instruction a révélé les viols et agressions sexuelles perpétrés contre les filles de ce couple. L'aînée et la cadette, âgées de 15 et 13 ans, avaient subi le plus de violences, la mère ayant même emmené l'une d'elles en Espagne où elle a été prostituée. Lors de l'enquête, deux autres adultes, dont un gendarme, muté par la suite, avaient été inquiétés. Condamné par la cour d'assises d'Angers, le couple a été rejugé en appel en 2002 dans la Sarthe", explique l’article du 25 novembre 2005.

L’avocat mentionnait encore une autre affaire à Baupréau, juste à côté de Jallais, "un réseau impliquant une vingtaine de personnes". En 1994, en effet, une mère de famille qui avait prostitué ses filles, son fils et une nièce à Baupréau a été condamnée à 13 ans de prison.

Mais revenons sur le couple de Jallais, Georges et Marie-Pierre, qui avait violé ses quatre filles. Parce que cette affaire a bien failli faire scandale au début des années 2000, quand l’une des filles du couple, Véronique, a pris la parole publiquement pour dénoncer la secte et le réseau pédocriminel dans lesquels ses parents l’avaient plongée. Elle a parlé d’enfants nés sans être identifiés administrativement, de meurtres dont l’un qu’elle aurait dû commettre elle-même.

Zandvoort

Véronique s’est aussi reconnu parmi les images d’un des CD Roms de l’affaire Zandvoort, comme plusieurs dizaines d’enfants français. "Sur la photos, elle serait âgée de 10 ans. Elle désigne également cinq mineurs qui seraient des camarades d'enfance. Ces photos auraient été prises alors qu'elle vivait à Angers", selon La Dépêche. Mais on sait tous que le procureur Yvon Tallec a clos l’affaire Zandvoort en France en 2000 en déclarant que les enfants étaient consentants.

Véronique avait aussi donné un élément d’information par rapport à la disparition de la petite Marion Wagon, mais l’enquête n’aurait rien donné [5].

Il ne s’agissait pas seulement d’inceste dans cette affaire, mais bien d’inceste et de proxénétisme, accompagnés d’actes de torture, le tout entre 1984 et 1997. Mais les faits les plus graves, ceux qui amenaient inévitablement vers l’existence d’un réseau, ont été écartés. "Poursuivis notamment pour des faits de viols, proxénétisme et agressions sexuelles répétées sur leurs filles entre 1984 et 1997, le père et la mère encourent tous deux vingt ans de réclusion criminelle. Le couple avait vu son procès renvoyé en octobre 2000, après la découverte à Amsterdam (Pays-Bas) d'un CD-ROM pédophile", rapportait Le Parisien du 16 novembre 2001.

2019-06-16 22_39_06-Témoignage Véronique Liaigre victime d'un réseau pédo-satanique à Agen 05

Et miraculeusement, les charges de proxénétisme ont été abandonnés suite à l’apparition de l’affaire Zandvoort dans le dossier.

C’était Véronique, âgée de 17 ans, qui avait dénoncé ses parents en 1997. Mais deux signalements avaient déjà été effectués auparavant par des travailleurs sociaux qui, là aussi, suivaient la famille. L’un de ces signalements faisait suite à une information du proviseur du collège de l’aînée des filles. C’est aussi  grâce à un travailleur social, peu regardant par la suite, que Georges avait obtenu un travail de jardinier.

Véronique a donc parlé de viols commis par ses parents et par "des amis" de ses parents. En janvier 2002, Le Parisien relatait les propos tenus par Véronique devant les policiers : elle "explique qu'elle a participé à des messes noires à Nanterre (Hauts-de-Seine), à Bruxelles et à Londres lors desquelles elle et d'autres enfants auraient subi des sévices sexuels par des adultes. Ses parents l'auraient « louée » pour des gens beaucoup plus fortunés". Elle a évoqué des sacrifices humains, dans le Maine-et-Loire et dans la région d’Agen, et a précisé que la secte de dingues relevait du martinisme, un dérivé de franc-maçonnerie et de christianisme qui verse également dans l’occultisme.

Satanic ritual

D’autres enfants étaient victimes, a-t-elle encore expliqué devant les caméras de TF1 en juillet 2001, et certains étaient sacrifiés. Elle décrit des rituels, qui avaient lieu chaque 21 du mois, avec du sang d’un animal mis dans une coupelle, et "qu’on verse sur la tête".

Selon Véronique, ces adultes "vendaient leurs enfants" parce que "ça rapporte", "puisqu’un enfant qui a moins de 8 ans vaut 22.000 F". A Agen elle a vu tuer des enfants Noirs. Ailleurs, c’étaient des enfants issus de viols, non déclarés, ou des enfants de filles mineures qui ont été accouchées discrètement.

Elle explique qu’en 1994 à Cholet, elle et deux de ses amies ont dû tuer un enfant, sous la menace d’une arme. Et qu’elles l’ont tué parce qu’ils "l’auraient fait avec encore plus de violence" et les auraient torturées. Celui qui tenait l’arme, elle le cite mais le nom est "bipé", était "celui qui dirigeait la gendarmerie". Elle déclare aussi que des juges couvrent le réseau, d’après un email sur lequel elle est tombée, à propos d’un transfert de fonds d’un membre du réseau vers un juge.

Véronique a été placée, et transférée du Maine-et-Loire à Agen, dans un foyer qui était fréquenté par des pédophiles.

 


Ce que dit Véronique peut sembler étonnant, voire "incroyable". Mais j’ai reçu le témoignage d’une autre victime de réseau pédocriminel, du côté de Cholet (10 km de Jallais), dans les années 80, début 90. Là aussi il est question d’enfants violés, déplacés à travers le pays. Ce témoin a aussi parlé de partouzes avec plusieurs adultes et d’autres enfants, en toute impunité, et de meurtres.

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A l’hôpital psychiatrique du coin, toujours selon ce témoin, la plupart des enfants étaient là pour les mêmes raisons, c’est-à-dire les abus qu’ils subissaient dans le cadre de ce réseau. Mais les psys ne les croyaient pas, apparemment, et se contentaient de les mettre sous cachets.

Plusieurs des copines de cette personne, qui étaient aussi violées dans le cadre de ce réseau, sont passées elles aussi par cet hôpital psychiatrique. La mère et le beau-père du témoin passaient chercher les copines de leur fille, qu’ils utilisaient comme appât. Ils les emmenaient en divers endroits, pour des viols et des partouzes, et les enfants étaient drogués systématiquement. Cette activité assurait un certain train de vie à la famille.

Il est intéressant de noter que ce réseau n’a jamais fait l’objet d’investigations, et qu’il n’y a donc aucune raison pour qu’il ait cessé d’exister, bien au contraire.

Il ne serait pas surprenant que certains des pédocriminels du réseau d’Angers aient été victimes du même réseau que Véronique et ce témoin, lorsqu’ils étaient enfants.

 

********************

Il semble bien que l'affaire du réseau pédocriminel d'Angers n'est pas close, tant les pédos sont incorrigibles. Aucune peine de prison, aucune "thérapie", aucun suivi ne peut les faire changer, et ceux-là ont encore montré qu'il se remettent à agresser des mineurs dès qu'ils sortent de prison.

Plus grave; on comprend que tous les coupables n'ont pas été renvoyés au tribunal, et qu'on en est probablement très loin, et que plusieurs "réseaux" émergent dans cette région depuis vingt ans, sans que jamais cela ne soit pris pour tel. Les enquêtes restent sous dimensionnées pour répondre à la nécessité de mettre à jour un réseau structuté. Mais, il est vrai que cette hypothèse fait tellement peur à la justice qu'elle n'a vu dans les photos de Zandvoort que des sosies, qu'elle a laissé tomber le dossier des cagoules, qu'elle a oublié les faits de proxénétisme dans le cas du couple de Jallais, et ainsi de suite.

En attendant, les enfants trinquent, quant aux réseaux ils se renforcent et s'étendent.



[1] Selon Ouest France du 8 juin 2019, « Le procureur d’Angers, Yves Gambert, ne souhaite pas la commenter. « Il s’agit d’un dossier d’instruction, couvert par le secret, et pour lequel il est tout à fait prématuré de rendre publics des éléments objectifs de la procédure. » »

[2] Il n’a jamais avoué de viols sur d’autres victimes que sa petite fille, Marine, la principale victime, ni jamais cité d’autres adultes comme abuseurs. Au procès il a avoué un viol sur sa fille quand elle avait 7 ans, et était accusé d’avoir violé le fils de cette dernière.

[3] Mais à cette époque le seul juge d’application des peines d’Angers suivait plus de 2000 personnes.

[4] Un autre avocat, Alain Fouquet, représentait « une dizaine d’enfants et les services sociaux »…

[5] Selon la Dépêche du 7 juillet 2001, après avoir quitté son foyer, Véronique a été hebergée chez des gens où elle a entendu une conversation téléphonique au sujet de Marion : «Elle (ndlr: la pédophile) était à l'étage, moi j'étais dans sa chambre en bas, j'ai donc décroché le téléphone dans sa chambre et j'ai entendu un homme que je connais, Walter, qui a demandé plus d'argent, sinon il allait tout dénoncer à police. Il disait lui-même: ''De toute façon, ce n'est pas moi qui irai en prison, ce n'est pas moi qui l'ai tuée, je n'ai fait que l'héberger six jours sous vos ordres''. ». A TF1, elle a expliqué que le type au téléphone disait qu’il avait gardé la fillette six jours et réclamait davantage d’argent sinon il balançait tout.

06 juin 2019

Violences sexuelles contre les mineurs : la situation devient catastrophique, Schiappa regarde ailleurs

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A nouveau, il est temps de revenir sur le phénomène de la pédophilie en France. Parce que, toutes les associations et tous les citoyens engagés dans ce combat le savent : la situation s’aggrave. Non seulement les victimes sont de moins en moins entendues par la justice, mais en plus l’arsenal législatif contre les parents protecteurs, en général les mères, se renforce. Mais tout cela correspond à une tendance générale, qui fait de l’enfant un objet.

 

A la rentrée, nous apprenions grâce à un article du Monde qu’en 10 ans le nombre de condamnations pour viol avait chuté de 40%, alors que le nombre de plaintes n’a cessé d’augmenter.

Je ne vais pas revenir sur les chiffres, mais citons-en un récent : en 2017 les parquets ont classé sans suite 76% des plaintes pour viol. On parle des plaintes pour viols sur adultes ET sur mineurs.

Depuis des années, nous attendons une étude sérieuse sur le taux de "mensonges" par les enfants qui dénoncent des abus sexuels. Bien-sûr elle ne vient pas, et nous devons nous contenter de chiffres canadiens et des Etats-Unis, qui tous situent ce taux en dessous de 8%, et les mensonges à l’initiative des enfants encore bien en-dessous, voir à zéro.

Nous avons donc un problème, et la justice laisse en liberté sans même enquêter sérieusement des milliers de pédophiles chaque année.

viols mineurs évolution

De plus en plus de plaintes sont déposées, et en mars on a explosé les plafonds avec 1800 plaintes pour viol sur mineur. Certains osent se réjouir, déclarant un peu vite (car aucune étude n’a été menée, comme toujours en la matière) que cette augmentation est due au fait que les victimes portent davantage plainte [1].

Selon moi, si le nombre de plaintes augmente malgré un traitement désastreux des victimes par la justice, c’est parce que le nombre de victimes augmente. Ce serait là le résultat logique de l’impunité qui règne, particulièrement depuis le fiasco de l’affaire d’Outreau : 12 enfants reconnus victimes, pour certains de proxénétisme, et 4 coupables, dont 2 pour faits relativement mineurs. Le fiasco d’Outreau, c’est l’omniprésence des théories de la défense des acquittés, au mépris de la parole des victimes, des enfants qui n’avaient pas accès à cet espace médiatique envahi par les Dupont & co. 

Le nombre de victimes augmente certainement, dans cette société du porno accessible gratuitement avec un simple téléphone où, il faut le savoir, la moitié des condamnés pour viol sur mineur sont eux-mêmes des mineurs. Eh oui, les adultes n’avouent pas et passent presque toujours entre les mailles du filet.          

 

Aujourd’hui, les choses s’aggravent et pour plusieurs raisons :

1. La loi schiappa

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Cette loi est un désastre. Une des volontés de Schiappa à l’origine était d’introduire la notion d’ "atteinte sexuelle avec pénétration". C’est-à-dire qu’un type adulte qui violait un mineur avec pénétration pouvait être accusé non pas de viol mais d’atteinte sexuelle, ce qui implique, pour les juges, le consentement de la victime.

Ce délire a été retiré du projet de loi par Schiappa et Belloubet en juillet suite aux mises en garde des associations. 

Oui mais voilà : le constat est que nombre de décisions judiciaires récentes montrent que les juges font comme s’il était passé dans la loi.

Pourquoi ? Parce que dans la définition du viol, qui est un acte de pénétration par violences, contrainte, menace, surprise, a été complexifiée encore davantage en ce qui concerne les mineurs. La loi Schiappa introduit la notion de "discernement" ou d’ "abus de vulnérabilité" en ce qui concerne les viols sur mineurs.

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Donc s’il n’y a pas "violence, contrainte, menace ou surprise" dans le cas d’un viol sur mineur (ce qui est rare puisqu’un enfant étant vulnérable et facilement manipulable, les prédateurs recourent rarement à ces méthodes), eh bien le juge évalue si le mineur avait le "discernement".

Si le juge considère que le mineur avait le "discernement" (pour quoi faire, on se demande bien), alors le viol devient une simple "atteinte sexuelle" (qui passe à une peine potentielle de 7 ans, la blague). C’est ce que l’on a vu, d’autant plus que la loi Schiappa permet de requalifier un viol en "atteinte sexuelle" jusqu’à la fin de la procédure.

C’est arrivé très vite, avec des cas déjà évoqués comme cette mineure de 14 ans, violée par plusieurs pompiers alors qu’elle était, en plus, en était de vulnérabilité, dont la procédure a été requalifiée en "atteinte sexuelle", ou la petite de 12 ans à Roubaix, deux "requalifications" survenues à la rentrée 2018. Cela arrivait déjà avant la loi Schiappa (Cf. Affaire de la fillette de 11 ans à pontoise, violée par un inconnu mais considérée comme consentante par la justice), mais ce nouveau texte va encore faciliter la minimisation des faits.

 

2. Pas d’âge de consentement : open bar pour les pédophiles

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Le refus français de considérer l’absence de consentement pour un mineur à avoir des relations sexuelles avec un adulte est une véritable honte. La notion de majorité sexuelle existe bien en droit, mais elle est complètement bafouée par les lois, tant les exceptions sont devenues la norme.

Aujourd’hui, pour que la justice considère qu’un ou surtout une mineure a été violé(e), il faut des traces.

Ce que les anglais appellent le "grooming", qui consiste pour un adulte à mettre sous emprise un mineur à des fins sexuelles, n’existe pas en France. Que les pédophiles ciblent en particulier des mineurs vulnérables, si possible isolés, eh bien cela ne compte pas. L’état de sidération, la dissociation ne comptent pas, l’incapacité à percevoir le danger et ce qu’il se passe non plus, enfin bref notre justice est toujours au Moyen-Age dans ce domaine.

Alors que d’autres pays relèvent l’âge de la majorité sexuelle/ âge de consentement [2], que même le Vatican a fixé un âge de consentement, même s’il est à 12 ans, eh bien dans notre pays des droits des pédophiles, il n’est pas question de fixer un âge en-dessous duquel un adulte a l’interdiction absolue de rechercher des relations sexuelles ou sentimentales avec des mineurs.

Pourquoi ?

Ces gens protègent-ils des pédos ? Y a-t-il parmi eux des pédocriminels ? L’impunité est telle dans ce pays qu’il est hélas impossible de l’affirmer ou de l’infirmer.

Est-ce –aussi- parce que 99% des condamnés pour violences sexuelles sont des hommes ?

Ou est-ce parce que nous sommes dans un pays qui n’est plus une démocratie, et où la justice montre des pratiques relevant souvent davantage des grandes familles calabraises que d’institutions démocratiques voire judiciaires ?

 

3. Peu de condamnations, dérisoires

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Si les médias mettent facilement en avant les peines importantes, et encore, surtout dans le presse car la télé et la radio semblent boycotter ces affaires quand elles ne touchent ni l’Eglise ni l’école, les condamnations moyennes sont loin d’être dissuasives.

Il faut déjà savoir qu’en France, on est libérable à la moitié de sa peine (le tiers en Belgique). Et qu’en dessous de 2 ans de prison, la justice a pour instruction d’aménager les peines, c’est-à-dire d’éviter la prison et de mettre par exemple un bracelet électronique et un contrôle judiciaire.     

La condamnation moyenne pour viol est de 9 ans ½ (majeurs et mineurs confondus car la justice semble éviter de ventiler les deux).           

En matière d’"agression sexuelle" (et il faut savoir qu’un paquet de viols sont requalifiés en "atteintes sexuelle", qui sont des délits et non des crimes, afin d’envoyer la procédure en correctionnelle et pas aux assises), la moitié des "condamnés" bénéficient même un "sursis total". Peut-on encore dire que les agressions sexuelles sont sanctionnées dans ce pays ?

Les chiffres à retenir sont simples, pour évaluer l’ampleur de l’horreur dans ce pays. D’après les données 2016 :

  • 8184 plaintes pour viol sur mineur déposées.
  • 352 condamnations pour viol sur mineur de moins de 15 ans (en France à partir de 15 ans les viols sont considérés comme des viols sur majeur) en 2016 (dont une moitié de condamnés mineurs, comme on l’a dit). On peut éventuellement ajouter les 152 condamnations pour viols par ascendant ou personne ayant autorité.

2019-06-06 22_42_24-Plaintes pour viols _ pourquoi tant de classements sans suite - Le Parisien - Op

Alors certes, une partie des viols sont correctionnalisés, c’est-à-dire jugés comme des délits, au tribunal correctionnel, et les "peines" vont avec. Mais sur ces 8184 plaintes pour viol sur mineur, 74, 75, 76% selon les années ont été classées sans suite, directement.

Les condamnations sont donc très rares, même quand les faits sont dénoncés et l’auteur parfaitement identifié. La justice est indigente, on le sait, on le subit. Mais on ne peut plus laisser dériver cette justice dans les bas-fonds des classements des pays dits "démocratiques" parce qu’il s’agit de milliers d’enfants chaque année qui sont broyés par le système judiciaire.

Et pour éviter que les médecins qui recueillent la parole des enfants ne fassent des signalements, une mission du sénat vient de décréter qu’il ne fallait surtout pas les obliger à signaler les faits lorsqu’ils sont au courant de violences sexuelles – ou autre – sur un enfant. Si 5% des signalements sont faits par des médecins (à ce propos remercions l’école qui fait la plupart des signalements) c’est parce qu’ils ne sont pas encouragés à le faire, et qu’ils en sont même dissuadés par des procédures bâillon [3].

Quant au nombre de pédophiles, il paraît évident qu’il augmente puisque la pédopornographie est partout, que l’impunité règne, et que la pire perversion devient une valeur morale.

 

Derrière les classements sans suite…                                                                                             

Source Le Monde

Ce que nous constatons (je parle de ceux qui entendent des parents protecteurs désespérés toute l’année, depuis souvent des années), c’est qu’en matière de reconnaissance des violences sexuelles contre les mineurs, la situation s’aggrave.

En effet, on observe qu’entre le moment où une plainte est déposée par le parent protecteur (presque toujours la mère, mais parfois ce sont des pères) pour des actes sexuels commis sur l’enfant par l’autre parent, et le moment où cet enfant est placé chez le parent abuseur, il ne se passe plus que quelques mois, environ 4 à 6 mois.

Il y a encore quelques années, ce processus -qui aboutissait au même résultat- prenait beaucoup plus de temps. Il y avait un semblant d’enquête, on devait encore tenir plus ou moins compte de certaines pièces, on devait encore passer par la case "placement", etc. L'enfant n'était pas envoyé aussi rapidement chez le parent qu'il avait dénoncé.

Aujourd’hui, le processus est très simple et très rapide :

  1. Le parent porte plainte
  2. La plainte est classée (quel que soit le nombre de signalements, attestations, certificats médicaux et informations préoccupantes dans le dossier)
  3. On place l’enfant chez celui qu’il a dénoncé.

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Cela peut sembler aberrant, et ça l’est. Mais dans la logique judiciaire, rien à redire : puisque la plainte est classée sans suite, il ne s’est rien passé. Les accusations sont donc des affabulations. Une expertise psychiatrique et souvent une enquête sociale à charge contre le parent protecteur permettent ensuite au juge de dire que ce parent manipule l’enfant, ou "plaque ses peurs", ou est "insécurisant", ou est "trop anxieuse", etc. Du coup, il faut protéger l’enfant, et c’est là que les juges décident de placer l’enfant chez le parent abuseur, qui, pour le coup, est considéré comme une victime.

Autre constat : les sanctions contre les parents protecteurs et les enfants qui parlent, car il faut appeler un chat, un chat, s’alourdissent. En effet, il est devenu systématique de couper tout lien entre l’enfant et le parent protecteur, et en général ils ne peuvent se voir qu’à l’occasion d’une heure de visite médiatisée, c’est-à-dire en présence d’un éducateur le plus souvent hostile.

Le deal (et si ça n’en est pas un, cela y ressemble beaucoup) est en gros le suivant : si le parent protecteur et l’enfant se taisent et font comme si tout allait bien, alors on leur donne le droit de se voir un peu plus longtemps. Deux heures, puis deux heures par semaine. Après des mois il est possible d’obtenir des samedi après-midi, puis après des mois encore des week-end.

Mais, très souvent, les visites médiatisées n’ont pas lieu. Le parent protecteur n’a même plus son mot à dire pour l’école ou les soins de l’enfant, même quand il a encore l’autorité parentale, ce qui n’est pas toujours le cas.

On constate que les liens sont généralement coupés au maximum par le parent accusé, sans que la justice ne réagisse.

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Ce sont les affaires d’enfant broyés. Celle de Marie, 5 ans, confiée à la garde exclusive de son père, peu après avoir dénoncé des viols, et cela malgré plus de 8 signalements de professionnels qui tiraient la sonnette d’alarme auprès de la justice.

C’est l’affaire de Liam, 6 ans aujourd’hui, confié depuis 1 an à la garde exclusive de son père, peu après avoir dénoncé des agressions sexuelles de sa part. Il ne voit plus sa mère qu’une heure de temps en temps en visite médiatisée.

C’est l’affaire de Léo, Max, Neo, 4 et 5 ans, confiés à un père, condamné pour violences familiales et poursuivi pour viols sur mineurs. Leur mère a le plus grand mal à avoir de leurs nouvelles, ses plaintes ne sont pas prises en compte.

C’est l’affaire d’Alban, 12 ans aujourd’hui, qui a lui aussi dénoncé des abus sexuels commis par son père, mais que la justice tente encore d’obliger à voir, depuis des années de procédure.

C’est encore l’affaire de Julien et Jérôme, confiés à la garde exclusive de leur père après avoir dénoncé des viols et actes relevant de la torture commis par cet homme. Depuis deux ans ils ne voient plus leur mère, qui a récemment perdu l’autorité parentale.

C’est l’affaire de Paul, 5 ans, qui doit être confié à la garde exclusive de son père dans quelques jours, là encore parce qu’il a dénoncé des agressions sexuelles et que la plainte de sa mère a été classée sans suite.

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On pourrait encore continuer cette liste, qui ne cite que des affaires récentes et en cours. Dans tous ces dossiers, il y a des éléments clairs qui devraient au minimum entraîner des mesures de protection le temps de faire une enquête. Au lieu de cela, les plaintes sont classées sans suite et tout, pour cette justice, se résume alors à un "conflit parental", entretenu évidemment, selon les intervenants dans la procédure, par le parent protecteur.

Il est évident qu’une fois chez le parent abuseur, l’enfant ne va plus parler. C’est pour la justice la preuve qu’il va bien.

Mentionnons aussi l’incompétence crasse de nombre d’intervenants, experts, éducateurs, magistrats, avocats. On a déjà entendu une assistante sociale dire à un enfant qui venait de dénoncer des violences sexuelles de son père : "mais tu sais, ton papa il t’aime". Et ainsi de suite.

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Ou une soi-disant experte psy qui demande 20 fois à une fillette de 4 ans : "C’est maman qui t’as dit de dire ça ?". Si l’enfant répond oui, tout simplement parce qu’en arrivant sa mère lui a dit de tout dire à la dame, eh bien la psy s’empresse de dire que les accusations viennent de la maman, qui oblige l’enfant à dire n’importe quoi. Ce procédé est un classique, on l’a tous vu plusieurs fois dans des "expertises". Souvent, les rapports et expertises tordent tellement la réalité qu'on se demande si ces gens mentent éhontément ou pensent vraiment ce qu'ils écrivent.

On a vu aussi des tas d’expertises faites par des gens qui ne sont pas habilités à le faire. Des audiences qui se tiennent sans que le parent protecteur n’en soit informé. Des plaintes qui se perdent. Des signalements qui se perdent. Des refus de prendre des plaintes, de plus en plus. Des mensonges de nombreux intervenants et des partis pris, des vices de procédure, on en a vu dans tous les dossiers.

Cela n’est pas propre au domaine de la pédocriminalité, mais les conséquences pour le coup sont catastrophiques à l’échelle de la société toute entière.

 

Et pour la suite ?

Pour la suite, je ne peux qu’appeler, même si je sais que c’est difficile, à davantage de solidarité entre les parents protecteurs. Il faut que les uns aillent soutenir les autres. Nous ne pouvons pas faire grand-chose autrement.

Du côté du gouvernement, nous sommes face à une irresponsable, qui Tweete plus vite qu’elle ne pense. Elle ne cesse de dire des contre-vérités pour défendre une loi indéfendable dont nous attendons impatiemment l’évaluation qu’elle nous promet.

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Comble du cynisme : alors que des personnes compétentes étaient en lice, la micronie a choisi un type sorti de nulle part et sans compétence aucune en la matière, pour officier en tant que "secrétaire d'État chargé de la Protection de l'enfance" dans le ministère de Buzyn.

En 6 mois il n’a rien fait, strictement rien, pour répondre aux problématiques créées par cette loi schiappa. D’ailleurs, c’est toujours elle qui semble avoir la main sur le sujet. Et on s’interroge : qui la conseille ? Car ce ne sont pas les spécialistes de la victimologie, les associations de victimes ou de femmes qui ont son oreille. 

Bref, aucune initiative intelligente ne viendra de ce gouvernement.

En attendant, la broyeuse passe à une échelle industrielle. C’est à tel point que nous sommes nombreux à penser qu’il ne s’agit pas de « dysfonctionnements » ou d’ « erreurs » mais d’un véritable système. La question qui fait peur alors est de se demander pourquoi les pédophiles bénéficient-ils d’autant de soutien par les systèmes législatif et judiciaire ? Pourquoi les enfants sont-ils considérés comme des objets, et leurs mères avec ?

Il est facile de prédire que la situation va encore s’aggraver. Probablement jusqu’à une dépénalisation, puis une légalisation de la pédocriminalité.

L’idée n’est pas d’effrayer, mais de dresser un constat lucide de l’évolution des choses ces dernières années, particulièrement depuis 2006 et le massacre d’Outreau. Et avec une accélération du processus depuis un an ou deux.

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La France est régulièrement rappelée à l’ordre par la cour européenne des droits de l’homme pour des atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, souvent par la police et la justice. En octobre 2018 le rapport de la Commission Européenne pour l'Efficacité de la Justice montait que le budget de la justice en France (65,9 euros par an et par habitant) est la moitié de celui de l’Allemagne, ce qui entraîne un sous-effectif et, du coup, des classements à la pelle et des investigations a minima et c'est particulièrement grave quand il s'agit d'enfants.

On va nous vendre la justice "restaurative" ou "réparatrice" comme le remède miracle, alors qu’il s’agit uniquement de vider les tribunaux et les prisons. Mais jamais il ne sera réellement question de prendre en compte l'ensemble des victimes, et de sanctionner l'ensemble des agresseurs. l'objectif, on l'a compris n'est pas là.

C'est à nous de réagir, mais chacun est pris dans sa procédure et pourtant il est indispensable de se mobiliser pour se soutenir les uns les autres. Nous subissons un Etat qui n'en a rien à faire des enfants, des victimes, des droits des femmes et des droits humains en général. Le processus ne va pas changer, surtout quand on compte le nombre de pédophiles qui gravitent autour de la micronie. Le seul moyen de changer les choses est d'établir un rapport de force, et cela passe par une mobilisation dans les tribunaux, clé de voûte du système qui donne finalement tous les droits aux pédocriminels.

 

Pédophilie | Agenda Anti Pédocriminalité

Agenda des mobilisations de soutien dans les affaires de pédocrminalité / pédophilie / inceste

https://nopedozone.wixsite.com





[1] Et encore, il est communément admis que moins d’une victime sur cinq porte plainte.

[2] Même un pays qui est compétition avec la France pour la première place des Pédolands, la Belgique, a relevé l’âge du consentement en 2018, pour le mettre à 16 ans. Les « peines », qui étaient véritablement indignes, ont été un peu alourdies. En Espagne où l’âge légal pour se marier est passé de 14 à 16 ans, et l’âge de consentement à des relations sexuelles passe de 13 à 16 ans. En 2008, c’est le Canada, qui augmentait l’âge de consentement, là aussi de 14 à 16 ans.

[3] L’affaire de la pédopsychiatre Catherine Bonnet est exemplaire. Suite à des signalements pour des abus graves sur des enfants, les pères ont porté plainte contre elle. Des persécutions via l’ordre des médecins ont abouti à une interdiction d’exercer. En 1999, l’ordre des médecins a fini par admettre qu’elle n’avait enfreint aucune règle.