07 décembre 2009
Réunion Bilderberg 2009: pas d'accord sur la crise?
Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la « régler ».
L’objectif : la restructuration de l’économie politique mondiale
Avant le début de la rencontre, le journaliste d’enquête Daniel Estulin a fait un reportage sur le principal point à l’ordre du jour, que lui ont divulgué ses sources à l’interne. Bien que de tels reportages ne puissent être vérifiés, ses sources, ainsi que celles de Jim Tucker, traqueur vétéran du Groupe Bilderberg, ont fait preuve d’une extrême justesse par le passé. Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ». À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ». Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre [1] », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial.
Peu après le début des réunions, le traqueur Jim Tucker signalait que ses sources à l’interne avaient révélé que le groupe a comme priorité « la planification d’un département mondial de la santé, d’une trésorerie mondiale et d’une courte dépression plutôt qu’un long déclin économique ». Tucker rapportait que Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et ancien premier ministre, « a fait un discours encourageant la transformation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en un département mondial de la santé, celle du Fonds monétaire international (FMI) en un département mondial du trésor, tous deux bien sûr sous les auspices des Nations Unies ». En outre, M. Tucker signalait que « le secrétaire au Trésor Geithner et Carl Bildt réclamaient une récession plus courte, non pas une récession de 10 ans […] en partie parce que cette dernière ferait du tort aux industriels du Groupe Bilderberg. Bien qu’ils désirent des départements mondiaux du travail et du trésor, ils font tout de même de l’argent et une longue récession de la sorte leur coûterait cher sur le plan industriel puisque personne n’achèterait leurs gadgets. […] Le penchant est pour une courte récession [2]. »
Daniel Estulin rapportait après les réunions que « selon lui, l’une des principales préoccupations du club Bilderberg est le danger que leur zèle à réformer le monde en engendrant le chaos afin d’implanter leurs objectifs à long terme ne mène à une situation hors de contrôle et qu’elle entraîne tôt ou tard un scénario où Bilderberg et l’élite mondiale en général sont dépassés par les événements et finissent par perdre leur contrôle sur la planète [3] ».
Le 21 mai, la Macedonian International
La réunion secrète des milliardaires
À la rencontre secrète dont il est question « une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent ». La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’« elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus ». L’éditrice de Chronicle of Philanthropy, Stacy Palmer, a déclaré : « Vu la gravité de la conjoncture économique, je ne crois pas qu’il soit surprenant que ces philanthropes se soient réunis. Il n’est pas typique qu’ils se rencontrent et se demandent des conseils », a-t-elle ajouté. Les trois hôtes de la rencontre étaient Bill Gates, Warren Buffett et David Rockefeller [5]. [Voir appendice 2 Bilderberg Connections to the Billionaire’s Meeting].
Membre fondateur de Bilderberg David Rockefeller, président honoraire du Council on Foreign Relations,
président honoraire et fondateur de la Commission Trilatérale , président du Council of the Americas et de la Americas Society, ancien président et PDG de Chase Manhattan.
À la réunion, « les participants ont refusé catégoriquement de révéler le contenu de la discussion. Certains ont cité une entente visant à garder la rencontre confidentielle. Les porte-parole de MM. Buffett, Bloomberg, Gates, Rockefeller, Soros, de Mme Winfrey et d’autres ont scrupuleusement refusé de commenter, bien que quelques-uns aient confirmé leur présence [6]. » Des reportages indiquent qu’« ils ont discuté de la façon d’aborder la crise mondiale et d’élargir leurs activités charitables pendant le déclin [7]. »
Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces « éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement ». Fait intéressant, « la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“ ». En outre, « on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts ». Ils ont par ailleurs « convenu que la surpopulation était une priorité ». Ultimement, « ils ont atteint un consensus selon lequel ils cautionneraient une stratégie où la croissance de la population serait taxée de potentielle menace environnementale, sociale et industrielle désastreuse [et qu’ils] doivent être indépendants des agences gouvernementales, lesquelles sont incapables de contrer le désastre imminent [qu’ils] voient tous ». Un des invités a déclaré qu’« ils désiraient discuter de riche à riche sans craindre que ce qu’ils disent se retrouve dans les journaux, les dépeignant comme un gouvernement mondial de rechange [8]. »
Un rapport a fuité
Daniel Estulin aurait reçu de ses sources au sein de Bilderberg un résumé de la réunion de 73 pages destiné aux participants et révélant de sérieux désaccords parmi ceux-ci. « Les partisans de la ligne dure sont favorables à un déclin dramatique et à une dépression courte et sévère, mais d’autres pensent que les choses sont allées trop loin et que les retombées du cataclysme économique mondial ne peuvent pas être calculées avec exactitude si le modèle de Henry Kissinger est choisi. » Richard Holbrooke est l’un d’eux, mais on ignore pour l’instant si sont point de vue est en fait celui d’Obama. » La vision du consensus était que la récession empirerait et que la reprise serait « relativement lente et prolongée » et de chercher ces termes dans la presse durant les semaines et les mois à venir.
M. Estulin rapportait « que face au spectre de leur propre mort financière, certains éminents banquiers européens sont extrêmement préoccupés et qualifiaient cet exercice de haute voltige d’« insoutenable », et affirmaient que les déficits budgétaire et commercial pourraient engendrer l’effondrement du dollar ». Un membre de Bilderberg a admis que « les banques mêmes ne savent pas quand [le fond sera atteint] ». Tous paraissaient s’entendre sur le fait que « le niveau de capital dont les banques étatsuniennes ont besoin pourrait être considérablement plus élevé que ce que le gouvernement états-unien a suggéré lors de ses récents tests de tension ». De plus, « quelqu’un du FMI a souligné que sa propre étude sur les récessions historiques suggère que les États-Unis ne sont rendus qu’au tiers de celle-ci. Par conséquent, les économies s’attendant à se rétablir grâce à la résurgence de la demande provenant des États-Unis devront attendre longtemps. » Un des participant à déclaré que « les pertes en capitaux propres en 2008 étaient pires que celles de 1929 [et que] la prochaine phase du déclin économique sera également pire que dans les années 1930, surtout parce que les États-Unis sont chargés d’une dette excessive d’environ 20 billions de dollars. L’idée d’un boom [économique] sain constitue un mirage jusqu’à ce que cette dette soit éliminée [9] ».
Selon Jim Tucker, le Groupe Bilderberg travail à la tenue d’un sommet en Israël du 8 au 11 juin, où « les experts internationaux en réglementation [pourront] aborder la situation économique actuelle dans un forum ». En ce qui a trait aux propositions de Carl Bildt concernant la création d’une trésorerie et d’un département de la santé mondiaux menés par les Nations Unies, le FMI deviendrait le Trésor mondial alors que l’Organisation mondiale de la Santé
Le FMI aurait envoyé un rapport au Groupe Bilderberg préconisant son ascension à titre de département mondial du Trésor et « le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner a cautionné ce plan avec enthousiasme, bien qu’il n’ait eu aucune assurance qu’il en serait le dirigeant ». Geithner a ajouté qu’« [ils] espéraient pouvoir travailler avec l’Europe à un cadre mondial, à une infrastructure mondiale pouvant effectuer une surveillance mondiale [10] ».
Le plan Bilderberg en marche?
Réformer la Réserve Fédérale
Mercredi le 20 mai, Geithner a parlé devant le Comité des banques du Sénat (Senate Banking Committee), où il a déclaré que« des signes importants montrent que notre système financier commence à se rétablir ». À propos de la réglementation du système financier, il a ajouté : « Nous devons nous assurer que les règles financières internationales et les standard élevés que nous implanterons aux États-Unis sont cohérents [12]. »
Le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner, ancien président de
Un article de Bloomberg révélait ceci : « L’administration Obama pourrait demander qu’on retire à la Sec certains de ses pouvoirs dans le cadre d’une réorganisation réglementaire. La proposition, toujours à l’ébauche, donnera possiblement davantage d’autorité à la Fed pour superviser les institutions financières jugées trop grosses pour faire faillite.
Par ailleurs, on rapportait que « le secrétaire au Trésor Geithner était prêt à discuter de propositions pour changer les règles financières hier soir à un dîner en compagnie du directeur du Conseil économique national, Lawrence Summers, de l’ancien président de la FED Paul Volcker
Comme le mentionnait Market Watch, une publication en ligne du Wall Street Journal, « la réserve Fédérale
Avant que Geithner ne se joigne au gouvernement, il était président de la FED de
Le FMI comme trésorerie mondiale
L’objectif de Bilderberg visant à créer un trésor mondial avait déjà été mis en oeuvre avant leur réunion, avec les décisions prises lors du sommet financier du G20 en avril. Si le G20 semblait vouloir créer cette trésorerie en en faisant plutôt une banque centrale mondiale, il est probable que le FMI puisse assumer les deux rôles.
Après la réunion du G20 au début d’avril 2009, on mentionnait que « le monde a fait un pas de plus vers une monnaie mondiale, financée par une banque centrale mondiale, dirigeant une politique monétaire pour toute l’humanité », puisque le communiqué publié par les leaders du G20 indiquait : « Nous nous sommes mis d’accord pour soutenir une allocation générale de DTS, lesquelles injecterons 250 milliards de dollars (170 milliards de livres) dans l’économie mondiale et augmenterons la liquidité. Les DTS sont des droits de tirage spéciaux, un papier monnaie synthétique émis par le Fonds monétaire International qui dormait depuis un demi siècle. » Au fond, « il mettent en jeu une monnaie mondiale de facto. Elle n’est contrôlée par aucune entité souveraine [15] ». [Voir annexe 2: Creating a Central Bank of the World]
À la suite de la réunion de Bilderberg, « le président Obama a demandé au Congrès d’autoriser 100 milliards de dollars en prêts au FMI pour aider à la création d’un fonds de sauvetage mondial de 500 milliards », ce qui donnerait à cette institution le privilège exclusif essentiel d’un trésor mondial fournissant de l’aide financière aux pays dans le besoin autour du globe. De plus, « le projet de loi permettrait au FMI d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars des États-Unis et d’augmenter sa contribution fiscale à l’organisation de 8 milliards ». Plus en détail sur le programme, on a mentionné que « les leaders internationaux ont commencé à mettre en œuvre l’initiative d’aide financière mondiale appelé Nouveaux accords d’emprunts (NAE) au sommet du G20 en avril. Le président a accepté à ce moment là de mettre les fonds additionnels à disposition. » Obama a écrit : « Le secrétaire au Trésor Geithner a conclu que la taille des NAE est lamentablement inadéquate pour affronter la nature grave de la crise économique et financière que nous vivons et je suis d’accord avec lui [16] ».
En ce qui a trait à la décision du G20 d’accroître l’usage des DTS du FMI, créant une monnaie mondiale de facto, on rapportait que « l’Afrique subsaharienne recevra environ 10 milliards du FMI en DTS afin d’aider ses économies à surmonter la crise financière mondiale. Dans le cadre d’un accord de 1,1 billion de dollars conclu au sommet du G20 en avril et visant à lutter contre le déclin économique mondial, le FMI émettra l’équivalent de 250 milliards de DTS, qui pourront servir à augmenter les réserves de devises étrangères ».
Des reportages récents ont également indiqué que le rôle du FMI dans l’émission des DTS va de pair avec la discussion de Bilderberg sur l’effondrement du dollar étatsunien et que « le fait de transformer l’étalon dollar en système basé sur les DTS constituerait une rupture avec la politique en vigueur depuis plus de 60 ans ». On signalait également ceci : « Il existe deux façons de réduire le rôle du dollar dans le système monétaire international. Une des possibilités serait son érosion graduelle comme monnaie de réserve en fonction du marché et en faveur de l’euro. Toutefois, même si le rôle international de l’euro a augmenté depuis son inauguration, particulièrement dans les marchés financiers, il est difficile d’envisager qu’il surpasse le dollar comme monnaie de réserve dominante dans un avenir rapproché. » Cependant, « puisque qu’il est improbable que l’hégémonie du dollar soit minée par les forces du marché, du moins à court ou moyen terme, la seule façon de provoquer une réduction majeure de son rôle comme monnaie de réserve assez rapidement est au moyen d’un accord international ». C’est là où les DTS entrent en jeu puisque « une façon d’[en] faire rapidement la principale monnaie de réserve serait de créer et d’allouer aux membres du FMI d’énormes sommes de DTS [18] ». Fait intéressant, c’est exactement ce qui se produit actuellement en Afrique avec le FMI.
L’ancien directeur général du FMI Jacques de Larosière a récemment déclaré que la crise financière actuelle, « compte tenu de son envergure, offre une chance unique d’améliorer les institutions et il y a déjà un risque de la rater si les différents acteurs n’arrivent pas à s’entendre sur les changements avant que la croissance économique ne reprennent ». Il est maintenant conseiller pour BNP Paribas, une compagnie fortement représentée aux réunions de Bilderberg, et il a été à la tête du Trésor de la France lors de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, un habitué du Groupe Bilderberg [19].
The Guardian couvre la rencontre de Bilderberg
Le journal britannique Guardian a été le seul des grands quotidiens dominants à couvrir la réunion à chaque instant au cours de la fin de semaine. Les premières rubriques de Charlie Skelton étaient satiriques et légèrement railleuses, en faisant allusion à l’événement comme « un long weekend dans un hôtel de luxe, où les élites du monde peuvent se serrer la main, faire tinter leurs verres, mettre au point leurs projets mondiaux, se disputer à propos de celui qui possède la meilleure chaise longue. Je suppose que Henry Kissinger fait apporter la sienne par hélicoptère et la fait surveiller par une équipe d’opérations spéciales de la CIA [20] ». Mais au courant de la fin de semaine, le journaliste a changé de ton. La samedi il a déclaré : « Je sais que je me fais suivre. Je le sais car je viens de discuter avec le policier en civil que j’ai surpris en train de me filer. » Il a aussi été arrêté à deux reprises la première journée des réunions pour avoir tenté de prendre des photos alors que les limousines arrivaient à l’hôtel [21].
Il a mentionné plus tard qu’il n’était pas certain de ce dont ils discutaient à l’intérieur de l’hôtel, mais qu’il « sentait qu’il y avait quelque chose de corrompu en Grèce. Il a ajouté qu’« en trois jours [il] était devenu un suspect, un fauteur de trouble, un indésirable, [qu’il] se sentait mal à l’aise, fatigué et un peu craintif ». Il poursuit en écrivant « Bilderberg c’est une question de contrôle. Tout tourne autour de "qu’est ce que nous devrions faire ensuite?" Nous dirigeons déjà plein de trucs, et si on en dirigeait plus? Et si on en facilitait la maîtrise? Rendre le tout plus efficace. L’efficacité c’est bien. Ce serait tellement plus facile avec une seule banque, une seule monnaie, un seul marché, un seul gouvernement. Et s’il n’y avait qu’une seule armée? Ce serait vraiment super. Nous n’aurions alors plus de guerre. Ce cocktail de crevettes est BON. Et s’il n’y avait qu’une seule façon de penser? Et si Internet était contrôlé? » Et il ajoute, « et si... Non, je blague ».
Puis, il fait une remarque avisé, contrant l’argument fréquent voulant que Bilderberg n’est qu’un forum où les gens peuvent s’exprimer librement : « Je suis incroyablement écoeuré que le pouvoir soit influencé par le plus petit nombre. Je l’ai vu de mes yeux pendant trois jours et cela m’emmerde au plus haut point. Ça m’est égal si le Groupe Bilderberg envisage de sauver le monde ou de le mettre dans un mélangeur et d’en boire le jus, mais je ne crois pas que c’est la façon de faire de la politique. » L’auteur, déclare ensuite de manière éloquente : « S’ils tentent de guérir le cancer, ils pourraient le faire à la lumière du jour. » Il explique ensuite que « Bilderberg c’est une question de positions de contrôle. Je m’en approche à un demi mille et soudainement, je suis un des contrôlés. On me suit, me surveille, m’enregistre, me met en détention et encore en détention. C’est le "pouvoir" sur la route qui m’a mis dans cette situation [22] ».
Dimanche le 17 mai, Skelton a demandé au chef de police pourquoi on le suivait, celui-ci lui a répondu en lui demandant : « Pourquoi vous êtes là? » Le journaliste a répondu qu’il était là pour couvrir la conférence de Bilderberg, après quoi le chef lui a rétorqué : « Hé bien voilà la raison! Voilà pourquoi! Notre conversation est terminée! [23] » Les reporters se font-ils suivre et traquer par la police lorsqu’ils couvrent le Forum économique mondial? Non. Alors pourquoi est-ce le cas avec le Groupe Bilderberg, si cette conférence n’est vouée qu’à discuter d’idées librement?
Le lundi suivant la conférence, Skelton écrit : « Il n’y a pas que moi qui ait été arrêté pour avoir osé traîner à un demi-mille des portes de l’hôtel. Les quelques journalistes qui ont fait le voyage jusqu’à Vouliagmeni cette année se sont tous faits harcelés et ont senti la partie travaillante d’un talkie-walkie grec. Bon nombre ont été arrêtés. Bernie, d’American Free Press et Gerhard, le documentariste (on dirait un nom de personnage de Donjons et Dragons) ont affrété un bateau d’une marina à proximité afin d’essayer de prendre des photos par la mer. Ils ont été arrêtés à trois milles du complexe hôtelier. Par la marine grecque. » Comme l’a dit Skelton : « Mes dépêches sur la conférence de 2009, si elles signifient quoi que ce soit, ne représentent rien de plus évident que l’absence de couverture médiatique grand public approfondie [24]. »
L’article final de Skelton sur Bilderberg le 19 mai montre jusqu’où il est allé durant ces quelques jours de reportage : de l’écriture humoristique à la découverte de sa filature par le service de sécurité de l’État grec. Il a fait ces réflexions : « Alors, qui est le paranoïaque? Est-ce moi, qui se cache dans les cages d’escalier, observant le reflet de la chaussée derrière moi dans les vitrines de magasins, demeurant en public par mesure de sécurité? Ou Bilderberg, avec ses deux F-16, ses hélicoptères qui font des rondes, ses mitraillettes, ses commandos de la Marine et
Il ajoute : « La publicité est comme du sel pur sur la limace géante qu’est Bilderberg. Je suggère donc que l’on se pointe l’an prochain avec quelques pots à sel de plus. Si la presse dominante refuse de couvrir convenablement cet important événement annuel, alors les citoyens intéressés devrons le faire : les médias du peuple. »
Étonnamment, Skelton juge que ce qu’il a appris de la conférence Bilderberg est « notre devoir de nous battre, nous battre, nous battre, maintenant, dès maintenant, cette seconde même, avec chaque particule de notre âme, -- pour empêcher le projet des pièces d’identités, [puisque] tout tourne autour du pouvoir de demander à les voir, de l’obligation de les montrer, d’avoir à justifier son existence, du pouvoir de celui qui questionne sur la soumission de celui qui doit répondre. […] J’ai appris avec les fouilles aléatoires, les détentions, les coups des furieuses brutes de la sécurité et les bureaux de policiers sans numéros que j'ai cognés, que j’ai dû souffrir à cause de Bilderberg : j’ai passé la semaine à vivre à la fois le cauchemar d’un avenir probable et différentes versions d’un passé terrifiant. J’ai eu droit à un très petit aperçu d’un monde de vérifications ponctuelles et de forces de sécurité non contrôlées. Et j’en suis resté ébranlé. J’en suis resté marqué, littéralement. » Il explique ostensiblement : « la carte d’identité transforme le citoyen libre que vous êtes en suspect [25]. »
Qui était présent?
La royauté
La reine Beatrix des Pays-Bas, la plus importante actionnaire de Royal Dutch Shell
Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en Analyse économique et commerciale, en Analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en Technologie de l’information, parmi bien d’autres. Le prince Constantijn a également été chercheur en politiques pour la Rand Corporation en Europe.
Comme d’habitude, la liste des participants était pleine de représentants des plus grandes banques au monde. Parmi ceux-ci, David Rockefeller, ancien PDG et président de la Chase Manhattan – maintenant JP Morgan Chase – dont il était jusqu’à récemment président du Conseil consultatif international. Aussi, il siège toujours à titre de président honoraire du Council on Foreign Relations, de président du Board of the Americas Society et du Council of the Americas, de président honoraire de la Commission,
Josef Ackermann était également de la partie. Le banquier suisse est PDG de la Deutsche Bank et
Roger Altman, spécialiste des services de banques d’affaires, investisseur de capitaux propres et ancien secrétaire adjoint au Trésor du gouvernement Clinton participait lui aussi à cette rencontre. D’autres banquiers étaient du nombre, comme Ana Patricia Botin, présidente de la banque d’Espagne, de Banco Español de Crédito et anciennement au service de JP Morgan; Frederic Oudea, PDG et récemment nommé président du conseil de société Générale
Parmi les banquiers canadiens figuraient W. Edmund Clark, président et PDG du Groupe Financier Banque TD, membre de la direction de l’Institut C.D. Howe – un important laboratoire d’idées canadien; Frank McKenna, vice-président du Groupe Financier Banque TD, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, et enfin la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, qui siège par ailleurs sur le conseil de la banque Scotia, une des plus grandes du pays.
Dirigeants des banques centrales
la Banquela Banquela Banquela Federal Reservea Réservela FedAu sein des membres du Groupe Bilderberg, il y a bien sûr les dirigeants des banques centrales les plus importantes du monde. Cette année, il y avait le gouverneur de la Banque nationale de Grèce, celui de la banque
Le gouvernement Obama à la conférence Bilderberg
Le conseiller à la sécurité nationale, le général James Jones
Les membres de l’administration Obama étaient en grand nombre à cette conférence annuelle. Parmi eux, Keith B. Alexander, lieutenant général de la United States Army et directeur de la National security Agency, l’agence d’espionnage monumentale des États-Unis; Timothy Geithner, secrétaire au Trésor et ancien président de la Federal Reserve Bank of New York; Richard Holbrooke, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan; le général James Jones, conseiller national pour la Sécurité la Russiela Sécuritéla Maison-Blanchela Banquela Réserve fédérale et chef du Comité consultatif de relance économique du président Obama; Robert Zoellick, ancien président de Goldman Sachs et actuel président de la Banque mondiale [30] et le secrétaire d’État adjoint James Steinberg [31]. ; Henry Kissinger, envoyé spécial pour , membre de longue date de Bilderberg et autrefois secrétaire d’État et conseiller national pour ; Dennis Ross conseiller spécial pour le golfe Persique et l’Asie du Sud-Ouest de la secrétaire d’État Hillary Clinton; David Patraeus commandant de CENTCOM (Commandement du Centre des États-Unis au Moyen-Orient), Lawrence Summers, directeur du Conseil économique national de , ancien secrétaire au Trésor du gouvernement Clinton, ancien président de l’Université Harvard et ancien économiste en chef de mondiale; Paul Volcker, ancien gouverneur de
Autres noms notoires
Parmi bien d’autres personnalités présentes à cette rencontre se trouvaient le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission européenne et président honoraire du Groupe Bilderberg; Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre du Portugal; Franco Bernabè, PDG de Telecom Italia et vice-président de Rothschild Europe; Carl Bildt, ancien premier ministre de la Suède; ; Kenneth Clarke obscur secrétaire administratif au Royaume Uni; Richard Dearlove, ancien chef du service de renseignements britannique MI6; Donald Graham, PDG de la Washington Post la Chambre la Dotation Carnegie
Conclusion
Il est évident que la prérogative de cette rencontre annuelle de Bilderberg était d’exploiter au maximum la crise financière mondiale pour atteindre les objectifs que le groupe s’était fixés depuis de nombreuses années. Ceux-ci comprennent la création d’un département du trésor mondial, probablement en concomitance avec une banque centrale mondiale ou intégré à celle-ci, lesquels semblent en voie d’être incorporés au FMI.
Naturellement, ces rencontres de Bilderberg servent les intérêts des personnes et des organisations présentes. Étant donné la vaste représentation de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à cette réunion, il est surprenant qu’il n’y ait pas eu plus d’informations provenant de cette rencontre en ce qui concerne la politique étrangère des États-Unis, notamment au Pakistan et en Afghanistan.
Cependant, les États-Unis ont décidé récemment de congédier le général qui supervisait la guerre en Afghanistan et de le remplacer par « le lieutenant-général Stanley McChrystal, un ancien béret vert qui commandait il y a peu de temps les Forces d’opérations spéciales secrètes de l’armée en Irak [35] ». De 2003 à 2008, McChrystal était à la tête du Joint Special Operations Command du Pentagone (JSOC), lequel supervise les forces les plus cruciales de l’armée, y compris la delta force « et que Seymour Hersh, journaliste d’investigation et récipiendaire du prix Pulitzer, a désigné comme le chef de “l’aile administrative d’assassins“ du vice-président Cheney [36].
Donc, vu les récents changements ainsi que le nombre élevé de représentants de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à la conférence Bilderberg cette année, il est probable que des décisions aient été prises ou, à tout le moins, qu’il y ait eu des discussions concernant l’escalade de la guerre en Afghanistan et de son expansion au Pakistan. Toutefois, il n’est pas surprenant que le principal point à l’ordre du jour ait été la crise financière mondiale. La prochaine année sera sans aucun doute intéressante et l’élite espère certainement en faire une année productive.
Article original en anglais,
The Bilderberg Plan for 2009: Remaking the Global Political Economy, publié le 26 mai 2009.
Traduction : Julie Levesque, Mondialisation.ca.
Notes
[1] CFP, Annual Elite Conclave, 58th Bilderberg Meeting to be held in Greece, May 14-17. Canadian Free Press: May 5, 2009:
http://canadafreepress.com/index.php/article/10854
[2] Paul Joseph Watson, Bilderberg Wants Global Department Of Health, Global Treasury. Prison Planet: May 16, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-wants-global-department-of-health-global-treasury/
[3] Paul Joseph Watson, Bilderberg Fears Losing Control In Chaos-Plagued World. Prison Planet: May 18, 2009:
http://www.prisonplanet.com/bilderberg-fears-losing-control-in-chaos-plagued-world.html
[4] Sorcha Faal, Bilderberg Group orders destruction of US Dollar? MINA: May 21, 2009:
http://macedoniaonline.eu/content/view/6807/53/
[5] Kristi Heim, What really happened at the billionaires' private confab. The Seattle Times: May 20, 2009:
http://seattletimes.nwsource.com/html/thebusinessofgiving/2009244202_what_really_happened_at_the_bi.html
[6] A. G. Sulzberger, The Rich Get … Together (Shhh, It Was a Secret). The New York Times: May 20, 2009:
http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/05/20/the-rich-get-together-shhh-it-was-a-secret/
[7] Chosun, American Billionaires Gather to Discuss Slump. The Chosun Ilbo: May 22, 2009:
http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2009/05/22/2009052200772.html
[8] John Harlow, Billionaire club in bid to curb overpopulation. The Sunday Times: May 24, 2009:
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article6350303.ece
[9] Press Release, Investigative Author, Daniel Estulin Exposes Bilderberg Group Plans. PRWeb: May 22, 2009:
http://www.prweb.com/releases/Bilderberg_Group_Meeting/Daniel_Estulin/prweb2453144.htm
[10] James P. Tucker Jr., BILDERBERG AGENDA EXPOSED. American Free Press: June 1, 2009:
http://www.americanfreepress.net/html/bilderberg_2009_179.html
[11] James Quinn, Tim Geithner to reform US financial regulation. The Telegraph: May 21, 2009:
[12] Greg Menges, U. S. Secretary of the Treasury Timothy F. Geithner speech before the Senate Banking Committee. Examiner: May 20, 2009:
[13] Robert Schmidt and Jesse Westbrook, U.S. May Strip SEC of Powers in Regulatory Overhaul. Bloomberg: May 20: 2009:
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a18ctNv3FDcw
[14] Rex Nutting, Fed could be completely retooled, Geithner says. Market Watch: May 20, 2009:
http://www.marketwatch.com/story/fed-could-be-completely-retooled-geithner-says
[15] Ambrose Evans-Pritchard, The G20 moves the world a step closer to a global currency. The Telegraph: April 3, 2009:
[16] Marie Magleby, Obama Wants U.S. to Loan $100 Billion to Global Bailout Fund. CNS News: May 20, 2009:
http://www.cnsnews.com/public/content/article.aspx?RsrcID=48329
[17] Joe Bavier, Sub-Saharan Africa to receive $10 bln in SDRs-IMF. Reuters: May 25, 2009:
http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUSLP336909
[18] Onno Wijnholds, The Dollar’s Last Days? International Business Times: May 18, 2009:
http://www.ibtimes.com/articles/20090518/dollar-rsquolast-days.htm
[19] MATTHEW SALTMARSH, Former I.M.F. Chief Sees Opportunity in Crisis. The New York Times: May 22, 2009:
http://www.nytimes.com/2009/05/23/business/global/23spot.html?ref=global
[20] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: in pursuit of the world's most powerful cabal. The Guardian: May 13, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/13/in-search-of-bilderberg
[21] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: They're watching and following me, I tell you. The Guardian: May 15, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch
[22] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: I'm ready to lose control, but they're not. The Guardian: May 15, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch1
[23] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: 'You are not allowed to take pictures of policemen!' The Guardian: May 17, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/17/charlie-skelton-bilderberg
[24] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Fear my pen. The Guardian: May 18, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/18/bilderberg-charlie-skelton-dispatch
[25] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Let's salt the slug in 2010. The Guardian: May 19, 2009:
http://www.guardian.co.uk/news/blog/2009/may/19/bilderberg-skelton-greece
[26] Dutch Royal House, Work and official duties. Prince Constantijn:
http://www.koninklijkhuis.nl/english/content.jsp?objectid=18215
[27] Deutsche Bank, Management Board. Our Company:
http://www.db.com/en/content/company/management_board.htm
[28] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/
[29] Demetris Nellas, Greek nationalists protest Bilderberg Club meeting. AP: May 14, 2009:
http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5jep_nbEq1srzJHFQ8fRGNQO3P38QD987H3200
[30] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/
[31] MRT, Top US official arrives in Greece. Macedonian Radio and Television: May 15, 2009:
http://www.mrt.com.mk/en/index.php?option=com_content&task=view&id=6112&Itemid=28
[32] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/
[33] WND, Google joins Bilderberg cabal. World Net Daily: May 17, 2009:
http://worldnetdaily.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=98469
[34] Adam Abrams, Are the people who 'really run the world' meeting this weekend? Haaretz: May 14, 2009:
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1085589.html
[35] YOCHI J. DREAZEN and PETER SPIEGEL, U.S. Fires Afghan War Chief. The Wall Street Journal: May 12, 2009:
http://online.wsj.com/article/SB124206036635107351.html
[36] M.J. Stephey, Stan McChrystal: The New U.S. Commander in Afghanistan. Time Magazine: May 12, 2009:
http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1897542,00.html
La RAND Corporation était initialement un groupe de réflexion destiné à offrir des recherches et des analyses aux Forces armées étatsuniennes, mais elle travaille maintenant avec des gouvernements, des fondations et des organisations internationales et commerciales [26]. Parmi les autres membres de la royauté européenne présents à la conférence, on trouvait le prince Philippe de Belgique et la reine Sofia d’Espagne.
La Fed héritera peut-être de certaines fonctions de la SEC , les autres pourraient être assumées par d’autres agences. » Fait intéressant, « l’agence de Mary Schapiro, présidente de la SEC , a été absente durant la majeure partie des négociations sur la refonte réglementaire et elle s’est dite frustrée qu’on ne l’ait pas consultée ».
06 décembre 2009
DSK, le retour (3è partie)
Il est temps de parler de DSK et du tapage médiatique
auquel on a droit depuis quelques mois pour en faire LE candidat du PS en 2012.
Son parcours mérite quand même un bref résumé, car ces dernières années, DSK
est entré de plein pied dans l'establishment international. Du coup, il est en pôle position pour 2012, d'après les médias.
En 2000, par exemple, il avait déjà fait son "grand retour", dixit France 2, après avoir
été impliqué dans différentes
affaires judiciaires à la fin des années 90.
Affaires desquelles il est, comme par hasard, toujours ressorti avec des relaxes ou des non lieux, ce qui interdit de les
évoquer. Mais là il s'agit de retracer brièvement le parcours d'un éventuel
futur président de la République.
Les "affaires"
On se souvient de l'affaire de la Mnef, la Mutuelle Nationale des
Etudiants de France, à laquelle cotisent les étudiants pour être remboursés de
leurs frais médicaux. DSK avait été mis en examen et était accusé d'avoir fait
des faux afin de détourner une partie de l'argent des étudiants pour le PS. Il
avait ainsi perçu 600.000 F de la mutuelle en échange de "conseils"
procurés par son cabinet d'avocats. C'était la 1ère mise en examen.
La deuxième, pour "recel d'abus de bien sociaux", c'était pour avoir
fait payer le salaire de sa secrétaire par ELF, qui a aussi versé son
obole au cercle de l'Industrie de DSK avant même d'en faire partie. A noter: la
secrétaire payée par ELF travaillait pour le Cercle de l'Industrie.
Juste avant ces deux mises en examen, il a démissionné du gouvernement Jospin
en novembre 1999. Mais enfin, tous les politiques sont montés au créneau pour
dire que le pauvre, il était bien obligé, comme tout le monde, de détourner de
l'argent pour financer son parti, puisqu'il n'y avait pas d'argent public pour
financer ces machines voraces en fric.
DSK a aussi connu des perquisitions dans l'histoire de la cassette Méry, où ce
politique expliquait un système de corruption politique. Les juges, qui ont
enquêté à son sujet pour "soustraction de preuves" et "trafic
d'influence " ont été perquisitionner chez un DSK "indigné" ainsi qu'à son bureau pour trouver ladite cassette, qu'on l'a soupçonné
d'avoir récupérée cotnre avantages fiscaux à Karl Lagerfeld, et refilée à la
presse. Lui disait l'avoir eue, mais jamais regardée...
Un socialiste "nouvelle vague"
DSK commence sa carrière politique à la fin des années 70, au Ceres de
Chevènement, puis au début des années 80, il commence à conseiller
Jospin. Au passage, on comprend mieux pourquoi le PS a très vite arrêté de critiquer l'économie de marché.
En 1982, DSK entre au Commissariat général au Plan en tant que chef du service
financement, puis commissaire adjoint général.
En 1986, il est député de Haute Savoie, puis du Val
d'Oise en 1988. A l'Assemblée, il devient président de la Commission des
Finances. Pendant ce temps là, il devient aussi l'oracle du PS en matière
d'économie, jusqu'à parvenir au poste de ministre de l'Industrie et du Commerce
dans le gouvernement Cresson, en 1991, puis dans celui de Beregovoy.
En 1995, il devient maire de Sarcelles qui se transforme en zone franche, et
théorise des grandes expériences dans le programme économique du PS.
En 1997, il est ministre des Finances sous Jospin. Et là, il applique un
programme libéral, soi disant pour appliquer les mesures européennes, mais en
réalité il s'agit du credo qu'il n'hésite pas à affirmer aujourd'hui. Il
commence la privatisation de France Telecom, par exemple, ou
de Thomson.
Il signe aussi l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce des Services, qui
prévoit la libéralisation de tous les services, dont la santé, l'éducation, les
transports en commun, l'eau, l'électricité...
Il doit démissionner en 1999 après avoir été mis en cause, et revient en 2002
après avoir été blanchi (on remarquera, en l'occurrence, la rapidité du
processus judiciaire) comme député du Val d'Oise. C'est aussi juste après la
défaite cuisante du PS qui n'a pas été au second tour, si bien qu'il a beau jeu
de critiquer la campagne et de faire le beau dans moult émissions de télé en
disant qu'avec lui ça n'aurait pas été la cata.
DSK est aussi secrétaire national du PS etc. prône le "oui" au
référendum sur la constitution européenne via son club "A Gauche en
Europe" (sic.) crée pour l'occasion avec Rocard, et où on retrouve
une partie du gratin européen de l'époque. Le groupuscule participe à la création du magnifique programme du PS en 2007. Dès la défaite, il déclare
qu'il faut que le PS rejoigne la "social démocratie", qui n'a rien de
social ni d'ailleurs de démocratique.
Pas d'inquiétude, il se recase tout de suite au FMI, où en même pas un an il
arrive à se coller une histoire de favoritisme au profit d'une ou deux de ses
maîtresses. Et il est encore une fois blanchi par le FMI soi-même. Grâce, toutefois, à l'aide
d'un communiquant d'Euro RSCG.
Pendant qu'il est au FMI, des types comme Cambadélis (qui a fait partie comme Jospin du
fameux courant lambertiste financé jadis par l'agent de la CIA Irving Brown, et
a été mouillé lui aussi dans l'affaire de la Mnef, mais lui est condamné à des
amendes) assurent sa représentation au PS et ailleurs.
A cotés...

En 1993, après une défaite électorale aux législatives, il devient avocat
d'affaires et crée DSK Consultants. L'année suivante, il crée avec le parton de
Publicis le Cercle de l'Industrie, avec des industriels et
politiques de droite et de gauche. Étaient réunis pour parler d'Europe, donc,
et d'Industrie, le PDG de Renault, ou celui de Lafarge (entreprise toujours représentée au Bilderberg depuis des années), celui de l'ex Rhône
Poulenc, d'EDF, de l'Oréal ou de Total par exemple.
En fait, le Cercle de l'industrie est une espèce de lobbie pro
européen regroupant des industriels pour défendre leurs intérêts auprès de
l'Europe.
Très vite, une cinquantaine d'entreprises françaises y cotisent.
Accessoirement, cela permet aussi à DSK de se rapprocher de tous ces PDG qui
seront prompts ensuite à financer et propager sa cause. Ce qui, on le constate,
n'a pas manqué. Mais aussi, certaines de ces entreprises l'ont grassement
rémunéré pour ses "conseils".
Au sein du PS, il aussi un courant de jeunes qui se
réclament du courant DSK, Socialisme et démocratie jeunes, qui fait partie du
MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), histoire d'assurer la relève.
En 2001, il devient président de la Fondation Jean Jaurès, assez proche des
organisations atlantistes comme la National Endownment for Democraty et du
National Democratic Institute.
Pendant ses périodes hors du champ politique, il enseigne. Notamment à Stanford, où il a été recruté en 2000 par
Condoleeza Rice, qui dirigeait l'université.
Il participe également à la réunion du Bilderberg dès
2000 , où il a croisé Georges Soros (un habitué), David Rockefeller,
Henri Kissinger, Javier Solana, Jean-Calude Trichet de la Banque de France qui
passe ensuite à la BCE (un habitué aussi), James Wolfensohn de la banque
mondiale, les PDG de Paribas, Fortis, Nokia, le directeur de la CIA et bien
d'autres, ce qui lui a ensuite valu les faveurs de Romano Prodi et de Jean
Claude Juncker, deux autres habitués du Bilderberg, pour être le candidat de
l'Europe au FMI, pile au moment de la crise et du renforcement du rôle et des
moyens dudit FMI.
C'est aussi le candidat de la france, puisqu'il a eu tout l'appui de
Sarko. D'ailleurs, certains pensent que DSK s'est retiré de la campagne en
échange de ce poste, juste pour favoriser Sarko.
Sa campagne pour le poste au FMI, où il a sillonné le monde pour
"convaincre" des pays dont le droit de vote au FMi est proche de 0%,
de voter pour lui, a été financée par le contribuable Français, pour le
bénéfice de diverses agences de com', dont TD International, créée par un ancien dirigeant de la CIA,
William Green, expulsé de Paris par Pasqua quand il était à l'Intérieur.
Il fonde aussi l'European Council on Foreign Relations en 2007, un
think tank
destiné à promouvoir une position atlantiste de l'Europe en matière de
politique étrangère. Ce truc est largement financé par le milliardaire US Georges Soros qui, dans sa grande mansuétaude,
aussi financé quelques "révolutions" du côté des Balkans, comme celle
des Roses ou bien la "révolution orange" en Ukraine. En font
également partie Jospin, Christine Ockrent, Pierre Moscovici ou
l'incontournable Daniel Cohn Bendit.
Et puis, on y retrouve aussi tout un tas de pontes de l'européanisme orthodoxe
comme Martti Ahtisaari, qui a poussé à l'autonomie du
Kosovo et a reçu un prix nobel de la paix, Giuliano Amato (ex président du
Conseil italien, qui a été à l'origine du traité européen qui vient d'entrer en
vigueur, cette espèce de "constitution" gravissime tant elle est
libéarle. Il était aussi membre des Amis de l'Europe, où on retrouve Etienne Davignon, le directeur du
Bilderberg, au poste de président.), des patrons comme celui de Venture, de la
Deutsche Bank, le directeur de la Confindustria italienne, le directeur de
l'IFRI (institut français des relations internationales), de l'institut
Aspen italien, de la fondation Bertelsmann, celui de l'International
Crisis Group de Soros ainsi que divers lobbyistes et consultants en
tous genres, des profs d'universités diverses dont la London School of
Economics, des politiciens européanistes de tous bords et de tous pays.
Accessoirement, DSK a des positions plutôt favorables aux sionistes en prônant
systématiquement la nocivité du Hamas et du Hezbollah, qui refusent d'accepter
Israël et de négocier pacifiquement, ce qui est un résumé un peu rapide de la
situation. Pour lui, Jérusalemn doit être la capitale d'Israël, et il faudrait
même intégrer la région à l'Europe, pour assurer la paix! Et puis, il ajoute de
la tension avec l'Iran, rappelle que le hezbollah est considéré (par les US)
comme une organisation terroriste etc. Autant de positions parfaitement alignées sur
celles de Washington et de Sarko.
Le raout médiatique

Déjà en 2002, quand il fait son retour juste après quelques
"affaires", on a pu lire des panégyriques sur DSK un peu partout. Par
exemple, un type d'IPSOS a décrit DSK à l'époque comme " Séducteur sans être
démagogue, stratège sans être un simple tacticien. On lui reconnaît une
capacité d'adaptation sans superficialité, une ambition réelle mais pas de
visée carriériste", "capable de se mettre au niveau de son public, sans
pour autant tomber dans un registre populiste. Il sait expliquer sans
professer, se mettre à la portée d'autrui sans rabaisser.Il a une personnalité
réelle, affirmée, il "ne doit rien à personne" et on voit en lui un
homme de convictions capable de lutter pour les imposer face à divers
adversaires dans son camp ou dans l'autre". mais surtout, "DSK
fait figure d'homme raisonnable, cartésien, d'économiste hyper-brillant mais
compréhensible, au discours accessible".
N'en jetez plus! Je vous épargne la suite, du même acabit et carrément
lourdingue. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi DSK était encensé à ce
point, mais finalement il a probablement toujours été dans les hautes sphères
politiques et les manigances nationales puis internationales, ce qui fait que
personne n'ose le critiquer ouvertement.
Puis, il revient. Toujours aussi libéral et adepte de la mondialisation, se
félicitant d'avoir "pérénnisé" le G20 et mis le FMI "au centre
des objectifs"…
En mars 2009, il est 1er des "côtes d'avenir", super classement... du
Figaro. Puis, il passe à une conférence au Canada, intitulée: "S'adapter au Nouvel Ordre mondial" (on notera qu'il ne s'agit pas d'une question, mais d'une injonction) où on a aussi pu voir Catherine Ashton, la nouvelle ministre européenne des affaires étrangères. Encore une fois, que du beau linge.
En juillet 2009, alors que tout le monde s'en fout en France, un sondage IFOP
et paris Match déclare que DSK est la "personnalité politique préférée des Français",
ex aequo avec Chirac. No comment.
Autre "sondage" quelques semaines plus tard, pour nous dire que DSK
gagnerait contre Sarko en 2012. Et attention, pas qu'un peu: 51% contre 49% pour Sarko. Eh ben, à deux ans et
demi du scrutin, sur un candidat qui ne s'est pas présenté et qui vit très
loin, si en plus on tient compte de la marge d'erreur de 2 points, voilà une
nouvelle fracassante. Il y en a même 27% qui trouvent qu'il a "un bon projet"
pour la france. Des voyantes, sûrement...
Mais sans rire, à quoi sert un tel
"sondage", si ce n'est à préparer le terrain dans l'opinion publique, à "faire infuser les mentalités", comme dirait sarko?
Il passe au Grand Journal de Canal + fin novembre 2009, et Canal + a carrément
déclaré le samedi suivant qu'il est celui "qui a le plus de chances pour
la présidentielle".
Le Monde encense son grand retour, comme le Figaro, Marianne, LCI, TF1 etc. Et tout ce cirque va probablement durer
jusqu'à ce qu'aucun autre candidat n'apparaisse comme réaliste à gauche et que DSK ou
un de ses sous fifres se lance dans la grande aventure de la campagne 2012. On
peut dire qu'en une semaine, il a réussi sa tournée (sur Google, on
compte plus de 1.000 articles en quatre ou cinq jours)!
Bref, reprenons tous en choeur 'DSK reviens, DSK reviens parmi les
tiens"... allez, un peu de conviction!
30 novembre 2009
Van Rompuy: l'an 1 de la gouvernance mondiale
Une brève, pour revenir sur le 1er discours d'Herman Van Rompuy, le 1er président de l'Europe. On se
rappelle qu'il a passé un "oral" devant une délégation du Bilderberg venue l'interroger à Bruxelles, moins d'une semaine avant sa nomination. Que les bilderbergers inquiets de sa nomination se rassurent: Van Rompuy a immédiatement tenu un langage apte à rassurer les plus sceptiques.
Son discours montre en effet qu'il a bien l'intention de se tenir dans la ligne du Bilderberg et des autres groupuscules mondialistes. C'est-à-dire avancer à pas forcés vers un super "gouvernement mondial" qui est tellement génial n'est-ce-pas.
Dans le texte, ça donne (après tout le baratin européaniste traditionnel): "2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par l’action".
Plus loin, au cas où on aurait encore cru que l'avis des peuples avait un intérêt quelconque pour nos élites européennes et que le fait qu'on se soit assis sur le vote des peuples n'est pas une gloire, Van Rompuy précise que "Le débat institutionnel est clos pour une longue période. Je souhaite faire fonctionner ce cadre et ces règles librement choisies par tous nos gouvernements. Je le ferai en concertation permanente avec le Président de la Commission et du Parlement européen dans un souci constant d’équilibre entre les Institutions".
Et puis, il y a évidemment la question de l'élargissement ad vitam eternam de l'Europe. jusqu'à tous "les pays qui bien sûr remplissent les conditions". Van Rompuy explique ainsi que "Ce monde n’a d’avenir sans un grand nombre de nos valeurs. D’ailleurs, j’espère que notre Union s’élargira encore les prochains 2 ans et demi à des pays qui bien sûr remplissent les conditions".
Le pote de Van Rompuy, Etienne Davignon, qu'il a croisé notamment au Crown's Council qui réunit l'élite Belge, autour du Roi, est le pilier du Bilderberg depuis des dizaines d'années. Il en est en effet le directeur depuis au moins vingt ans, et a donc participé à l'audition de van Rompuy avant sa nomination.
Et Davignon, a innocemment expliqué au journal EU Observer, en mars 2009, que le Bilderberg, qu'il met au même plan que le très officiel G20, "a aidé à créer l'euro dans les années 1990".
Encore une phrase qui semble anodine, mais qui de fait fait sortir du bois la réunion du Bilderberg, qui se voulait ultra secrète jusqu'à ce que le secret s'évente et que certains journalistes commencent à en parler. alors le Bilderberg contre attaque, en tentant d'apparaître comme légitime, puisque de fait, il existe depuis longtemps et a construit l'Europe. Reste que le Bilderberg n'a aucune légitimité, et ses décisions non plus.
26 novembre 2009
Affaire SNCF: 1 an d'enquête, 0 preuves
Retour sur
l'affaire de Tarnac, cette sombre histoire dans laquelle on voit MAM et les RG
s'acharner contre quelques jeunes gauchistes qu'ils accusent d'avoir
"saboté" une ligne de chemin de fer en novembre 2008.
Aujourd’hui, les « preuves » accablantes qu’on est censés avoir
contre eux depuis le début s’écroulent les unes après les autres sans que MAM
ne change d’orientation : on n'a pas traîné pour les mettre en prison, mais on a beaucoup de mal à admettre les soupçons d’innocence qui pèsent sur les gens arrêtés dans le
cadre de cette affaire SNCF Tarnac.
Il y a quelques jours, les avocats
de Coupat, le principal accusé (d' "association de malfaiteurs à visée
terroriste"), ont souligné publiquement quelques incohérences dans
l'accusation. Par exemple, pour réaliser le trajet qu'on les accuse d'avoir
fait jusqu'à la voie ferrée, ils auraient du rouler à 160km dans une vieille
voiture. Ou, le flic qui est censé les avoir filés pendant plusieurs jours ne
les a pas vus partir. ou encore, les marques de pneus ne correspondent pas avec
les empreintes de la voiture de Coupat.
A l'époque, les Rg avaient qualifié
dans un rapport de 41 pages sorti en juin, la librairie de Coupat à Tarnac de
lieu "d’archives,
d’études et de conspiration", on avait pointé le "milieu radical" etc.
Bref, aujourd'hui, trois des avocats de la défense, qui réclament un "non
lieu rapide", ont déclaré lors d'une conférence de presse tenue juste
après l'arrestation d'un autre gauchiste de Tarnac,
que les flics avaient manqué de "loyauté", et les accusent d'avoir
"falsifié" au moins un procès verbal."Nous avons la
nette impression que policiers et magistrats ont reçu l’injonction de
rechercher des faits susceptibles de revêtir la qualification d’entreprise
terroriste", explique l'un des avocats.
Ah bon, des PV bidons?
Le PV incriminé (D 104, rédigé par
la SDAT, la sous-direction anti-antiterroriste), en principe rédigé par
un flic, raconte par le menu le sabotage soi-disant réalisé par Coupat et Lévy,
entre 4 et 6 heures du matin le 8 novembre 2008.
Une des incohérences est que le
couple de "terroristes" aurait réussi à franchir les grilles de la voie ferrée avec deux fers à béton de plusieurs kilos et au moins une échelle, serait parvenu à poser lesdits fers en
béton sur les lignes à haute tension (15.000V) situées à au moins 5 mètres du
sol, le tout sans s'électrocuter et en moins de 20 minutes. Encore
mieux qu'Intervilles.
Du coup, les avocats pensent que les flics
n'étaient pas sur les lieux et qu'ils ont simplement imaginé le déroulement des
faits.
Le mieux, c'est que jamais le juge
Fragoli (chargé de l'enquête) ne s'est rendu sur les lieux pour vérifier si ces
avérations sont ne serait-ce que réalistes, alors que Coupat a fait six mois de
prison et qu'ils sont encore quelques un à être soumis à un contrôle judiciaire
extrêmement contraignant (par exemple ils ont l'interdiction de rentrer chez
eux).
Et puis, il y a cet agriculteur qui
a d'abord déposé sous X puis sous son vrai nom, et qui considère avoir été
manipulé ainsi que ses propos, et qu'en outre sa déposition est antidatée (le
14 alors que l'audition était le 13). Du coup, les avocats demandent une nouvelle audition.
En fait, les flics lui auraient « demandé » sous la pression de signer un PV en
blanc, et ont ajouté différents éléments à sa déposition, comme le contenu
de mails interceptés.
Du PS à la LCR, toute la gauche
monte au créneau. Certains plus récemment que d'autres, mais hier des
parlementaires PS, PC, Verts et Parti de gauche ont dit qu'il s'agit d'un "scandale d'Etat",
d'un "montage" même.
De fait, après un an de ce que certains qualifient d' "enquête",
force est de constater qu'aucune preuve 'na été apporté à l'accusation.
nous sommes aussi obligés de constater que l'enquête se fait exclusivement à
charge, puisqu'il aurait été très facile pour le juge de démonter une bonne
partie des éléments de l'accusation.
L'avocat de coupat, Jérémie Assous,
considère que certains desdits éléments, tant ils sont incohérents, ont
été complètement fabriqués par les flics, et explique qu'il y a de " fortes
présomptions de falsification, voire de fabrication de preuves".
Un autre
avocat, Thierry Lévy, déclare carrément que "Le
gouvernement a pris la responsabilité d'ordonner des enquêtes en incitant les
policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à
quelque chose qui n'existe pas".
Et comme par hasard, juste avant cette conférence de presse, on arrête un autre
de Tarnac et on prolonge sa garde à vue dans les locaux de la DCRI. Accusé de
terrorisme, il peut faire jusqu'à 96 heures, dont 72 sans avocat.
Le 5 novembre,
à 6h 30, des flics parisiens ont perquistionné un appartement à Rouen: ils
étaient à la recherche d'organisateurs d'une manif de soutien aux inculpés de
Tarnac, le 21 juin à Paris, où les flics ont fiché -et arrêté- autant qu'ils
pouvaient et au cours de laquelle des vitres d'une prison ont été cassées,
notamment par des types masqués. Ils venaient à Rouen parce que la boîte mail
du comité de soutien local avait été créée dans cet appart', d'après les
informations fournies aux flics par Gmail. Accessoirement, des personnes sont
recherchées pour "dégradations" et "violences à agent" mais
attention: "en bande organisée" ce qui alourdit toujours les peines.
Mais les arrestations ont été nombreuses depuis un an (y compris en Allemagne),
et avec l'accusation de
"terrorisme" ou de "soutien à un groupe
terroriste", à chaque fois c'est 72 heures sans avocat, soit trois jours,
en garde à vue dans une autre ville que celle où ils ont été arrêtés. Le temps de
faire avouer à peu près n'importe quoi.
Histoire de
faire comme s'il y avait vraiment des soupçons sérieux, malgré tout. Pourtant,
s’il y avait ne serait-ce qu’une once de début de preuve utilisable, ça fait un
moment qu’ils seraient déjà tous retournés en prison.
Dans un cas "normal", l'instruction aurait déjà pris fin. Mais là,
non. Après que MAM ait étalé ses "preuves" accablantes dans les
médias pour justifier les emprisonnements des types de Tarnac, il est hors de
question de perdre la face. Même si, depuis, le départ, cette affaire
"sent le souffre", il faut continuer le tapage médiatique anti "ultra
gauche", anti "anarcho autonomes", histoire de justifier le
flicage et la répression de tous ces gauchistes bientôt assimilés à des
"terroristes".
A ce propos on se souvient que MAM
avait osé le parallèle entre les inculpés de Tarnac et "les Brigades rouges
en Italie et de la bande à Baader en Allemagne"1].
Eh oui, la preuve: " Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils
n'utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il
est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer",
déclarait-elle.
Ajout du 27/11/09: Le Canard Enchaîné de cette semaine apporte un éclairage nouveau sur cette histoire: d'après l'hebdomadaire, la gendarmerie, d'abord chargée de l'enquête puisque les faits de sabotage se sont déroulés dans sa zone, a quelques doutes quant à la présence des RG sur le bord de la voie ferrée, ce fameux matin du 8 novembre.
D'une, les gendarmes, contrairement à l'usage, n'avaient pas été prévenus par les RG de leur mission sur place. Ensuite, les gendarmes se sont mis à enquêter sur l'enquête menée par les RG au sujet des sabotages, et ont questionné des agents de la SNCF afin de confirmer oud 'infirmer la présence des RG à cet endroit-là, à ce moment-là après que certains gradés aient expliqué qu'ils cherchaient à préciser ces faits.
Or, comme le rappelle Le Canard, "c'est cette présence qui fonde toute l'accusation contre les "saboteurs" présumés". Un magistrat interrogé par les journalistes déclare même à propos des gendarmes que "ce n'est pas une dent qu'ils ont contre la police dans ce dossier. C'est un râtelier".
De fait, les pandores ont qualifié les faits de "dégradations volontaires d'un bien public commises en réunion" par "un groupuscule de la mouvance anarchiste de gauche". On est loin de l'accusation d' "association de malfaiteurs à visée terroriste" que MAM s'est vantée publiquement d'avoir initiée.
Finalement, le 11 novembre 2009, MAM a déssaisi les gendarmes de leur enquête sur les sabotages, ou plutôt devrais-je dire les "attentats", n'est-ce-pas...
[1] Elle a déclaré sur Europe 1 le 23 novembre 2008 que « Nous assistons à des phénomènes qui sont exactement ceux qui ont précédé les attentats des Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne », suite au rapport des RG intitulé 'Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne', dans lequel les flics précisaient –toutes proportions gardées, bien entendu !- que « Les faits et comportements observés sur notre territoire sont similaires à ceux recensés à la fin des années 70 qui avaient été précurseurs de la constitution du groupe Action directe ». Rien que ça... Et il y avait aussi une sorte de liste rouge de gauchistes...
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22 novembre 2009
Compléments alimentaires: affaiblir la population pour vendre des médocs
Un sujet fort
intéressant bien que largement ignoré : la question des vitamines contenues
dans l’alimentation. Derrière cette question qui semble anodine, il y a l’enjeu
de la santé publique. Certains veulent limiter ces vitamines ou carrément les
interdire en tant que compléments alimentaires, comme la FAO ou l’OMS, les
autres affirment qu’on connaît parfaitement les doses à ne pas dépasser et
qu’il n’y a pas lieu de leur faire la chasse. Sauf, peut-être, pour enrichir
l’industrie pharmaceutique…
Alors qu’en 50 ans, beaucoup d’aliments, à cause de la course au rendement, ont perdu la moitié de leur valeur nutritionnelle, les normes en matière d’alimentation font que les quelques vitamines et nutriments qui restent encore sont voués à disparaître totalement ou presque. Un exemple parlant : la pomme de terre, qui a perdu la moitié de ses vitamines, de son fer et un quart de son calcium.
Potatoes, one potato, peeled before boiling, 136g. 100/136=.74
| |
Calcium(mg) |
Iron (mg) |
Vitamin A |
Vitamin C (mg) |
Thiamine(mg) |
Riboflavin (mg) |
Nicacin(mg) |
| 1951 |
11.00 |
0.70 |
20.00 |
17.00 |
0.11 |
0.04 |
1.20 |
| 1972 |
5.74 |
0.49 |
0.00 |
16.39 |
0.09 |
0.03 |
1.15 |
| 1999 |
7.97 |
0.30 |
0.00 |
7.25 |
0.09 |
0.02 |
1.74 |
| % change |
-27.55 |
-57.14 |
-100 |
-57.35 |
-18.18 |
-50.00 |
+45.00 |
Broccoli, Raw, 3 spears,
93g. 100/93=1.08
| |
Calcium(mg) |
Iron (mg) |
Vitamin A |
Vitamin C (mg) |
Thiamine(mg) |
Riboflavin (mg) |
Nicacin(mg) |
| 1951 |
130.00 |
1.30 |
3500.00 |
104.00 |
0.10 |
0.21 |
1.10 |
| 1972 |
87.78 |
0.78 |
2500.00 |
90.00 |
0.09 |
0.20 |
0.78 |
| 1999 |
48.30 |
0.86 |
1542.00 |
93.50 |
0.06 |
0.12 |
1.07 |
| % change |
-62.85 |
-33.85 |
-55.94 |
-10.10 |
-40.00 |
-42.86 |
-2.73 |
Aux Etats Unis, des
études ont montré que ces dernières années, les aliments ont perdu au moins
10% de leur teneur en fer, zinc, calcium, sélénium etc. ce qui diminue
l’apport nutritionnel par calorie consommé et favorise donc l’obésité et
l’affaiblissement de l’organisme. De son côté, l’agriculture bio, avec des
rendements moindres, produit des aliments qui contiennent 20% de certains
minéraux en plus et 30% d’anti oxydants en plus. Dans certaines tomates
biologiques, on a même deux fois plus de certains anti oxydants que pour les
tomates « normales ».
exemple, est
dans la
ligne de mire des autorités sanitaires canadiennes. En effet, le sodium est
accusé de favoriser l’hypertension. Alors, au lieu d’interdire l’alcool ou le
stress au travail, on a mis en place des groupes de travail censés étudier une
limitation de la teneur en sodium des aliments pour que les canadiens en consomment
moins.
En
dehors de cela, certains éléments présents depuis peu dans l’alimentation,
notamment les OGM, réduisent nos capacités à assimiler ces nutriments.
C’est le site du Dr Rath
qui en parle cette fois, un médecin qui se bat pour qu’on reconnaisse les
vertus des thérapies douces au lieu de miser sur le tout chimique. Evidemment,
il est fort critiqué et caricaturé par l’industrie en question.
Là, il
évoque un énième rapport (rapport Cochrane) qui reprend 67 études portant
sur la question, et qui affirme que les vitamines anti oxydantes sont
dangereuses. Ce type d’étude est dans la vague actuelle qui consiste à pointer
les dangers des compléments alimentaires, quitte à exagérer.
Etrangement, parmi les
centaines d’études disponibles (815 apparemment) les auteurs n’en ont retenu
que 67 pour faire un bilan qui se veut affirmatif quant à la dangerosité des
vitamines anti oxydantes.
C’est un groupe appelé Cochrane Collaboration,
qui évidemment se réclame indépendant, et déclare avoir pour but d’informer sur
les soins médicaux qui existent, qui a pondu ladite étude.
Parmi les griefs contre
l’étude en question :
- dans ces 67 études, 47 portent sur des
personnes atteintes de maladies comme Alzheimer, cancers, troubles cardiaques…
et l’étude finale ne tient pas compte des causes de décès, qui sont
automatiquement attribués aux vitamines. En outre, Rath explique que « Si un risque véritable de mortalité lié
aux anti-oxydants avait existé pendant un essai, il aurait été arrêté. Mais
aucune de ces études n'a été arrêtée et les auteurs omettent de donner cette
information »
- dans un certain nombre d’études, les
témoins ont pris des « nutriments testés », mais aussi des produits
pharmaceutiques ou suppléments alimentaires non testés, ce qui implique des
risques d’interférences des produits et fausse l’étude.
- les dosages de vitamines et les durées de
traitement sont très différents d’une étude à l’autre.
- enfin, les auteurs eux-mêmes ont reconnu «
quelques erreurs » dans le analyse d’études.
En 2003, aux Etats-Unis,
on n’a identifié que quatre cas de décès liés aux suppléments de vitamines, dont
deux sont sujets à caution. Mais, 70% des américains consomment des suppléments
composés de vitamines au moins occasionnellement, et 40% régulièrement.
Mais, aucun de ces décès
n’est lié au vitamines incriminées par le rapport (vitamines A et E, bêta carotène).
D’un autre côté, il
semble qu’aux Etats-Unis, les effets secondaires liés aux médicaments sont la 4è ou
la 6è cause de décès des
personnes hospitalisées. En Suède, on considère que plus
de 3% des décès sont liés aux effets secondaires des médicaments[1], ce qui en fait la 7è cause de mortalité.
Sous prétexte de «
sécurité alimentaire », on va finalement empêcher les gens de trouver des
compléments alimentaires qui renforcent leur organisme (même si certains, trop
chimiques, sont plus nocifs que bénéfiques pour l’organisme). Les apports
nutritifs des aliments ont diminué de 50% depuis le milieu du XXème siècle, du
fait de l’industrialisation, de la standardisation alimentaires. A qui profite
le crime ?
Le Dr Rath souligne que
« nos hôpitaux ne regorgent pas
de patients souffrant ou mourrant des effets des vitamines et autres thérapies
naturelles . Par contre, on sait que les effets secondaires des médicaments de
synthèse coûtent réellement 2 milliards de livres aux services de santé
britanniques chaque année ».
Au Danemark, où l’étude
Cochrane a été publiée, les compléments alimentaires sont en passe d’être
interdits à la vente, à
la suite du décès d’un homme qui avait pris un complément (interdit en
France). Et ladite étude est le fruit d’une collaboration de Cochrane avec le Knowledge & Research Centre for
Alternative Medicine (ViFAB) au conseil duquel on retrouve des
médecins également présents dans les autorités sanitaires et le Copenhagen Trial Unit’s Centre for
Clinical Intervention Research, specialisé dans le traitement
chimique de différentes maladies.
En outre, Cochrane
Collaboration, l’organisation « indépendante » qui a publié l’étude mis en
cause par Rath, a aussi proposé au British Medical Journal deux études
largement financées par Pfizer sur des médicaments contre
la migraine, dont l’un était fabriqué par Pfizer. D’ailleurs, Andrew Moore,
le chercheur directeur des deux études qui a aussi été consultant pour
différents labos, aurait carrément revendiqué le parrainage du labo.
Accessoirement, le PDG
de Pfizer, par ailleurs, a été membre de la direction de la maison d’éditions
de Cochrane Collaboration, John Wiley & Sons. Mais revenons à Gluud, qui a
clamé dans son étude publiée dans une revue médicale que les compléments
alimentaires n’aident pas à vivre plus vieux (mais ce n’est pas ce qu’on leur
demande), que la vitamine A et les anti
oxydants en général augmentent
les risques de décès, et qu’il faut donc une réglementation
rigoureuse encadrant leur utilisation.
Une
autre étude dans le même style et tout aussi médiatisée à grand renfort de communiqués
de presse a été publiée à peu près en même temps par Cochrane, juste avant une
réunion du Codex alimentarius (un organisme censé légiférer en matière de norme
alimentaires) qui portait sur ces compléments alimentaires à base de vitamines
et de minéraux.
Une journaliste du Sunday Times qui avait publié
un article reprenant sans aucun recul les conclusions du rapport Cochrane,
Rachel Johnson, a expliqué ensuite avoir subi des pressions afin qu’elle
défende ladite étude. Même si elle considérait qu’il «y avait quelque chose de
louche » derrière.
Le Codex
Alimentarius
C’est une organisation créée
en 1963 par la FAO et l’OMS pour établir des normes internationales en
matière alimentaire
(soi disant
pour « protéger le consommateur », mais en surtout pour faciliter le commerce).
Il y a des Comités
pour presque tous les domaines liés à l’alimentation. Aujourd’hui, plus de
300 normes du codex sont déjà obligatoires, de fait. La plupart datent de
ces dernières années (2006, 2007, 2008…)
Le problème est que l’industrie
y est fort bien représentée, et que le Codex a tendance à faire la chasse aux
vitamines, compléments alimentaires et autres thérapies naturelles basées sur
une meilleure alimentation.
C’est d’ailleurs en
décembre de cette année que doit être prise une législation très contraignante
portant sur les compléments alimentaires. Or, les normes, minimales, du Codex,
sont recommandées pour éviter de perdre dans un conflit à l’OMC, qui a reconnu
lesdites normes. En effet : une réglementation plus contraignante sera
assimilée à une barrière non tarifaire au commerce, un peu comme quand les
Etats Unis portent plainte à l’OMC contre l’Europe qui refuse ses poulets aux
hormones.
En revanche, les OGM[2],
les pesticides, ou
le sel et les mauvaises graisses ne posent pas de problème aux types du Codex.
Et la définition qu’il donne des produits biologiques permet d’y ajouter des
additifs dangereux comme le dioxyde de soufre qu’on met par exemple dans le vin « bio » ou le carraghénane,
pour que l’industrie agro alimentaire puisse faire du bio sans changer son mode
de production. Mais cette question mériterait un article à elle toute seule.
Revenons aux compléments alimentaires.
En 2005, la commission du Codex a adopté le projet de
directives en matière de compléments alimentaires à base de vitamines et
sels minéraux, qui établissent des critères en ce qui concerne les teneurs
maximales et minimales par portion journalière, le conditionnement et
l’étiquetage de ces compléments quand ils sont alimentaires.
Immédiatement, ça
embraye dans les autorités sanitaires nationales. Dès juillet 2009, on profite
de la loi hôpital, Patients, Santé et Territoires (sic.) pour confier à l’Afssa
(Agence française de sécurité sanitaire des aliments) « la mise en œuvre du système de vigilance
sur les nouveaux aliments, les compléments alimentaires, les aliments qui font
l’objet d’une adjonction de substances à but nutritionnel ou physiologique
ainsi que sur les produits destinés à une alimentation particulière
». Première phase : « identifier
les effets indésirables liés à leur consommation », bien qu’il ne
s’agisse absolument pas d’une priorité sanitaire, contrairement aux OGM ou aux
graisses saturées.
Anthony Taylor, qui
observe le Codex pour le compte de la national Health care Federation, explique
ainsi qu’ « il est tout à
fait clair que le Codex privilégie toujours les intérêts économiques, surtout
ceux des industries pharmaceutiques, chimiques et génétiques, avant ceux de la
santé humaine. Il ne fait donc aucun doute que Codex est bien un instrument des
forces qui poussent pour la « globalisation »(…) En contrôlant, et en limitant, l’accès à
des aliments et compléments alimentaires sains et sûrs, le Codex, en fin de
compte, protège surtout les intérêts des grandes multinationales
pharmaceutiques. Pour cette industrie, tout ce qui développe la bonne santé,
aux dépens de la maladie, est une menace directe au développement des ventes de
drogues chimiques synthétiques, brevetées. »
En 1979 le Codex publie
le ‘Codex general
guidelines on claims’, révisé en 1991, un document qui prétend que seuls
les produits pharmaceutiques chimiques sont bons pour la santé. Et le texte
interdit de dire que :
- une alimentation normale n’apporte pas
suffisamment de nutriments pour être en bonne santé
- qu’on peut aussi se soigner, même en
partie, avec une alimentation adéquate et/ou des compléments alimentaires.
- certains aliments sont dangereux. Ce qui
devient pourtant de plus en plus le cas.
Dès
lors, toute information qui ne va pas dans le sens du Codex est interdite. Le
monopole de la vérité médicale appartient donc aux industriels.
Le
13 mars 2002, le parlement européen entérine une
réglementation très contraignante au sujet des thérapies naturelles et des
compléments alimentaires[3],
malgré près de 400 millions de signatures pour défendre les thérapies
alternatives. Ainsi, un pays ne peut autoriser des compléments alimentaires non
avalisés par le Codex, mais il a le droit des les interdire complètement. Des
quantités maximales et minimales de vitamines etc. sont établies.
Dès
juillet 2005, il est question d‘appliquer toute une série de normes du Codex,
par exemple :
- l’ionisation des
aliments, c’est-à-dire leur irradiation au cobalt afin, soi disant, des les
« décontaminer ». La mesure devrait prendre effet incessamment sous peu.
- La suppression
des suppléments alimentaires naturels, qui seront remplacés par des espèces de
copies synthétiques fabriquées par les labos et faiblement dosées.
- La suppression
progressive des médecines alternatives comme par exemple la médecine indienne
ayurvédique, qui fait pourtant ses preuves depuis des dizaines de siècles
et n’a rien de nocif puisqu’il s’agit d’être en harmonie avec sa nature et avec
la nature.
- L’agriculture
sera réglementées via les normes du Codex, qui sont loin de favoriser
l’agriculture biologique.
Un
exemple de non sens : l’irradiation des aliments
L’irradiation
au cobalt émet des rayons gamma radioactifs et peut détruire les cellules
en 24 heures avec une forte irradiation (10.000 radons). A des doses moins importantes,
cela freine ou arrête la division cellulaire. Au passage, on sait que cela
élimine une partie des substances contenues dans le produit irradié, comme les
vitamines ou les oligo éléments.
Ainsi,
des algues
soumises à cette irradiation ont moins de chlorophylle a/L que les plantes
non irradiées, mais plus de chlorophylle a dans chaque cellule que les algues
non irradiées.
L’irradiation
permet de retarder le mûrissement des fruits et légumes, peut tuer les
bactéries responsables du pourrissement ou les insectes. En France, les herbes aromatiques
surgelées sont ionisées, ainsi que l’ail, les oignons, les échalotes, qui
normalement sont des aliments très nutritifs, mais aussi les germes de céréales
pour produits laitiers, la farine de riz, la volaille, les cuisses de
grenouille congelées, les crevettes congelées, le blanc d’œuf…
jus d’orange.
En
outre, l’irradiation qui détruit des éléments, en crée d’autres, dont
certains sont cancérigènes comme les cyclobutanones qui apparaissent dans les
aliments uniquement avec l’irradiation d‘acides gras et sont responsables de
dommages génétiques chez les rats, le
benzène, le xylène ou le toluène, responsables de l’apparition de
cancers… Mais bien sûr, aucun risque pour la santé !
Et
puis, l’irradiation fait muter
génétiquement les aliments: au bout d‘une heure de rayons gamma, toute la
structure moléculaire de l’aliment est cassée, l’ADN est détruit et il n’y
a plus rien de vivant à l’intérieur, sans que l’aliment en question ait changé
de forme à l’extérieur.
Il
y a donc une autorisation pour irradier un certain nombre d’aliments, mais en
2002 un rapport européen montrait que 2,7%
des 5.000 échantillons alimentaires testés dans différents pays européens
étaient irradiés et non étiquetés comme aliments irradiés. 29% des compléments
alimentaires censés améliorer la santé étaient irradiés !
Des
pays comme le Brésil, la Thaïlande ou l’Afrique du Sud ont l’habitude
d’irradier les fruits et légumes exportés. La Chine a 50 centres d’irradiation
pour l’alimentation, contre 7 en 2003, et en Europe, plus de 15.000 tonnes
d’aliments ont été irradiées. Evidemment, les contrôles sont quasi inexistants,
puisque d’après les scientifiques autorisés, il n’y a aucun risque. En France,
on ainsi eu droit à 216
contrôles pour 3.000 tonnes de produits alimentaires irradiés alors qu’en
Allemagne, il y a eu plus de 4.000 contrôles pour 340 tonnes.
Dès
les années 50, on avait
montré que des animaux qui consomment des aliments irradiés souffrent de nombreux
problèmes sanitaires, que certains en mouraient prématurément, que d’autres
avaient des anomalies génétiques, d’autres faisaient des fausses couches,
avaient des problèmes de reproduction, du système immunitaire, des hémorragies
internes mortelles, des tumeurs, des problèmes de croissance et des carences
nutritionnelles.
En
novembre 2008, une boîte d’aliments pour chats a du retirer toute une gamme de
produits qui avaient été irradiés à fortes doses car un groupement de
vétérinaires australiens avait remarqué des troubles neurologiques chez les
chats qui en avaient mangé.
Et pour preuve que les
anti oxydants sont bénéfiques, voici un article sur une trouvaille récente en
la matière : « Les chercheurs
de l’Unité de Recherche sur les Herbivores de l’Inra et la société
Phytosynthèse ont mis au point un mélange antioxydant de vitamine E et de
différentes plantes capable de protéger de l’oxydation les acides gras
essentiels de type oméga 3, de la viande chez les bovins en production. Ce
mélange valorisé par un brevet (EP 1902631), lutte efficacement contre les
radicaux libres générés par le stress des animaux et permet d’obtenir des
viandes d’une plus grande valeur nutritionnelle ».
Question
à dix mille : à qui l’OMS a t-elle confié la mission d’évaluer la dangerosité
des aliments irradiés ? A l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie
Atomique, qui a pour but de promouvoir le nucléaire.
Pourtant,
l’OMS, la FAO, le Codex, la Commission européenne en font une panacée en se
réfugiant derrière l’argument de la santé publique !
La
chasse au millepertuis, concurrent du Prozac
Le
cas du millepertuis,
une plante utilisée depuis des siècles pour ses effets sur l’humeur et qui
pousse partout, est également révélateur de cette tendance à empêcher les
remèdes naturels de trouver leur place.
Le
millepertuis, donc, s’utilise à l’état naturel pour régler
les troubles de l’humeur (les dépressions « légères et moyennes » du moins,
mais aussi l’asthme, les bronchites, les sciatiques…), et a l’avantage de ne
pas entraîner d’effets secondaires, ce qui n’est absolument pas le cas des
traitements chimiques. Mais surtout, il est au moins aussi
efficace sur le long terme que les médocs.
On
sait en revanche que les « médicaments » contre la dépression ont une fâcheuse
tendance à rendre suicidaires certains patients.
Dans
un pays où un tiers des gens sont sous médocs pour une dépression ou quelque
chose qui s’en approche, l’idée d’utiliser des plantes efficaces et sans effets
secondaires devrait faire son chemin. Mais, non.
Le
problème du millepertuis ? Certaines autorités sanitaires considèrent qu’il
peut interagir avec des médicaments, et qu’il est, par conséquent, dangereux.
L’Allemagne
l’a ainsi classé dans les anti dépresseurs, et le millepertuis ne s’obtient
plus que par ordonnance[4]. Et en
France, la DGCCRF
(directions générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes) a décidé de
l’interdire en 2000 car il réduisait
l’efficacité de certains médocs comme le Prozac, selon l’Afssaps[5] (Agence
française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé). Des agents
de contrôle ont même fait le tour des pharmacies pour être sûrs qu’aucune boîte
de millepertuis n’était vendue, ce qui a occasionné quelques saisies de la
vilaine plante un peu partout en France.
En
2001, une seule société, Arkoparma,
commercialise 80% du millepertuis vendu en France, car l’autorisation de
fabriquer des produits à base de millepertuis n’est octroyée qu’au compte
goutte par l’Afssaps.
Pendant ce temps-là, les cultivateurs bio et autres qui
en cultivent se
voient saisis et poursuivis puisqu’il est interdit de consommer et de
produire cette plante (à cause des interactions avec les médocs). D’autres
plantes séchées vendues en sachet sont interdites, comme le buis, le bleuet, la
prêle, le souci, connaissent le même sort…
En
2002, il revient… avec le statut de médicament. On en peut donc plus s’en
procurer normalement (dans les herboristeries par exemple), et la production
est contrôlée.
Depuis
2000 environ, le millepertuis est la cible de nombreux articles qui pointent
sa dangerosité. The Lancet
l’a fait, mais le Quotidien du Médecin, en France, l’a fait aussi presque en
même temps.
Plus récemment, en 2005, l’Afssaps a décidé de retirer de la vente et d’interdire la fabrication de tout un tas de produits utilisés en phytothérapie, qui sont en France considérés comme des médicaments « par fonction ». C’est-à-dire que sans être des médicaments, on les utilise pour se soigner et donc ce sont des médicaments, réglementés et contrôlés comme tels. Enfin, beaucoup plus que les vrais médicaments pour lesquels les effets secondaires ne sont pas vraiment un frein. Parmi ces produits, le millepertuis, mais aussi l’aloe vera, l’ephedra, le gui, la rhubarbe…
Au
Québec aussi, le millepertuis est en passe de devenir un monopole des
pharmacies et des médecins. L’Ordre des pharmaciens veut en effet de le retirer
de la vente libre et le classer comme médicament en raison des interactions
avec les médicaments. Exactement le débat qu’on a eu en France quelques années
plus tôt.
Enfin, le millepertuis
comme les autres plantes d’ailleurs, n’est pas brevetable et ne rapporterait
donc pas grand-chose à l’industrie, qui préfère les mélanges chimiques bien
plus rentables. Les labos ont peur de tous ces remèdes naturels, qui en plus
sont préventifs. Pfizer, qui vend un médoc proche du prozac, le Zoloft, a par
exemple racheté en 2000 une boîte qui vendait du millepertuis, Warner Lambert,
pour… faire
cesser la production.
Finalement,
même l’OMS a reconnu l’efficacité du millepertuis, au moins pour les dépressions
« légères et moyennes ». On les trouve en pharmacie (Mildac de Merck et Procalmil
d’Arkopharma) pour les dépressions, mais bien sûr on recommande d’éviter
d’en prendre avec des médocs comme le Prozac.
Il
reste donc une grande part d’hypocrisie au sujet du millepertuis, que les
laboratoires essaient de cantonner à une utilisation minimale. On a par exemple
pensé l’utiliser contre l’hyperactivité des enfants, mais comme des études
ayant réalisé des tests qui n’ont duré que
huit semaines alors que le millepertuis met 4 à 8 semaines pour agir, on
n’a évidemment pas démontré qu’il était plus efficace que des médocs.
Aujourd’hui,
le millepertuis est considéré en France comme un complément alimentaire et est
soumis aux règles de plus en plus restrictives sur les compléments
alimentaires. On ne le trouve qu’en pharmacie, produit par des labos. Du coup,
certains amateurs de tisane au millepertuis se demandent pourquoi la plante ne
fait plus d’effet ou presque.
On
s’en rend vite compte : les mesures sanitaires prises un peu partout ne vont
pas dans le sens de la santé des consommateurs mais dans celui de l’industrie
pharmaceutique et agroalimentaire qui ont un poids énorme dans les décisions
prises en la matière.
La
logique voudrait que les organismes sanitaires soient davantage inquiets des
risques des OGM et des taux de suicide liés au Prozac qu’à l’interdiction des compléments
alimentaires. Mais, non : c’est tout l’inverse. Si on n’a pas l’esprit mal
tourné, on pourrait être perplexe.
[1]
Essentiellement des hémorragies liées à des médicaments tels que l’aspirine.
[2] En 2007, après
trois ans de discussions, le Codex a refusé le principe de précaution, et de
faibles teneurs en OGM sont admises. A peine a t-il émis quelques
recommandations concernant l’étiquetage.
[3] Dont la
définition, selon le texte, est « denrées alimentaires dont le but est de
compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée
de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou
physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses, à savoir
les formes de présentation telles que les gélules, les pastilles, les
comprimés, les pilules et autres formes similaires, ainsi que les sachets de
poudre, les ampoules de liquide, les flacons munis d'un compte-gouttes et les
autres formes analogues de préparations liquides ou en poudre destinées à être
prises en unités mesurées de faible quantité »
[4] Où près de 3 millions
d’ordonnances prescrivent du millepertuis chaque année.
[5] Après que les autorités sanitaires US aient fait de même suite à un article paru dans la revue médicale financée par l’industrie pharmaceutique, The Lancet, en février 2000.





