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14 septembre 2019

Maroc: un foyer pour mineurs vulnérables fournissait de petits VIP espagnols

2019-09-13 21_03_06-La directora de la ONG acusada de pederastia deja Tánger antes de que le retiren

Dans la presse marocaine et espagnole, une affaire fait pas mal parler: un VIP aurait profité d'une association de mineurs vulnérables marocains pour en détourner certains vers des actes pédocriminels. Le dénommé Félix Pedro Ramos leur promettait un job et des papiers en Espagne. A priori, nous n'en sommes qu'au début de l'affaire, qui laisse penser à l'existence d'un réseau pédocriminel.

 

Felix Pedro Ramos, star du petit écran en Espagne, venait souvent en vacances au Maroc. Comme en France, où nombreux sont les adeptes de ce pays, comme Pierre Berger par exemple. Mais alors qu'il tentait de repartir de Tanger par la mer le 20 juin dernier, il a été arrêté par les autorités marocaines suite à des accusations d'escrocquerie, à laquelle se sont greffées des accusations de pédocriminalité.

 

Trafic de breloques et jeunes éphèbes

La justice marocaine avait reçu des plaintes de la part de deux "entrepreneurs", un Français et un Marocain, au sujet d'escroqueries commises par Ramos: il avait demandé de l'argent au profit d'une association, les orphelins de la Garde Civile (la gendarmerie espagnole) à Marbella, et leur a présenté de faux certificats honorifiques (en gros, il disait être recommandé par les monarchies espagnole et marocaine, doté de titres de noblesse, et il a présenté de faux diplômes). Selon un média espagnol, Ramos aurait fait cela au nom de différentes associations bien connues.

2019-09-13 21_54_33-GRANDES COCINA _  MAESTROS del siglo XX para los del XXI - Comunicación&Protocol

Le système est bête mais marche très bien chez les VIP et les aspirants VIP: Ramos leur disait qu'il avait de grandes relations chez les nobles (la grande classe), et proposait aux pigeons de leur donner un titre dans une association, gérée par lesdits nobles (comme les orphelins de la Garde Civile) ou dans un institut où on trouve du gratin, comme "L'institut d'histoire des Baléares", le tout contre quelques milliers d'euros destinés à des oeuvres caritatives, ou encore son titre de l' "ordre Impérial Byzantin de San Conatsantin Le Grand" (ordre qui existe vraiment). 

Apparemment, il n'y a pas que  les deux plaignants à déclarer avoir été  manipulés par Ramos pour lui donner de l'argent. Une trentaine de personnes se seraient fait connaître, et l'escroc ciblait avec ce système plutôt les people, les gens "riches".

Beaucoup de groupuscules fonctionnent de cette manière, avec souvent les breloques et costumes de cérémonie qui vont avec.

De fait, Ramos semble apprécier ce genre de "distinctions": il est "chevalier" ou "grand prieur" de toute une liste de groupuscules, président ou médaillé d'honneur d'autres machins. C'est du moins ce qu'il affiche, certains de ces titres étant probablement des faux comme ceux liés aux "Orphelins de la Guardia Civil" ou sa "Grande Croix de l'Armée des Asturies".

2019-09-13 22_08_08-Felix Ramos (@FelixRamosCo) _ Twitter - Opera

Ledit Ramos traînait aussi beaucoup dans les soirées "VIP - caritatives" sur le mode US, selon son fil Twitter (qui 'na que 551 abonnés depuis 2013, ce qui est assez étonnant pour un "journaliste" même local). Cet délire "VIP-charité", c'est comme Epstein qui aimait beaucoup les dons aux associations, écoles, universités, et surtout les soirées VIP. 

Un jeune aujourd'hui âgé de 19 ans, "M.B", a également déposé plainte contre lui,en mai semble-t-il, expliquant que Ramos lui avait mis le grappin dessus en 2014 alors qu'il avait 14 ans et qu'il vivait dans un foyer tenu par une association de Tanger. Cette "ONG" est également dans la ligne de mire de la justice marocaine, Ningún Niño Sin Techo ("pas d'enfant sans toit"), et sa fondatrice a précipitamment quitté le pays. 

Ramos avait fait venir ce jeune en Espagne, en lui promettant qu'il lui obtiendrait des papiers et lui trouverait un job dans le show biz.

 

Echanges de bons procédés ?

Apparemment, cela fait un moment que le centre 'Al Amal", géré par l'association Ningún Niño Sin Techo pour accueillir une dizaine d'enfants des rues, est pointé du doigt à Tanger, de même que sa patronne.

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Quand il l'a rencontré, Ramos a dit à ce jeune, qui vivait sans repères, qu'il était propriétaire d'une télévision de Marbella en Epsagne, et lui a proposé de travailler avec lui. Mais avant, il l'a invité dans sa chambre d'hôtel: "Ce jour-là, il m'a violé, j'ai tellement souffert que je ne l'oublierai jamais. Il me disait que j'aurais de l'avenir en Espagne", a-t-il expliqué aux journaalistes Marocains.

Quand Ramos venait au Maroc, où il tournait des émissions dans lesquelles il emmenait des people à la "découverte de Tanger", il faisait un tour par le foyer pour venir chercher M.B. Le jeune partait alors avec lui -sans que cela ne perturbe personne- et le suivait à travers ses pérégrinations, puis il l'a carrément suivi au maroc (alors que ce jeune était mineur et sans papiers). Après cela, M.B a été viré du centre par la fondatrice et patronne, Maria Rodríguez Almendros.

D'autres "personnalités" (assez épiques) sont citées par ce jeune et par une autre victime qui a également déposé plainte, comme un chanteur transsexuel de fado. Des Marocains, notamment de l'association, et des Espagnols sont nommés dans la procédure, ainsi que d'autres victimes mineures, des garçons. En termes d'accusés, il y a notamment:

  • 2019-09-13 21_13_55-Fiesta de Fin de Año en Tánger - 2017_18 - Opera - Copie (2)Felix Pedro Ramos, 39 ans, présentateur télé et VIP espagnol. Formé dans la finance, il est passé dans les médias, dans une télé de Marbella.

  • Manuela Vilches, une galeriste de Marbella qui posséderait de nombreuses propriétés au Maroc, dont certaines où des agressions ont eu lieu. Elle aime beaucoup exposer sa vie et ses amis VIP sur les réseaux sociaux.
  • Rafael Ojeda, alias Falete, le chanteur travesti espagnol. Ramos aurait demandé à M.B, lors d'un séjour à Tanger avec Ojeda, de "bien se comporter avec lui" car il pourrait l'aider dans sa carrière. Exactement le même discours que Ghislaine Maxwell et les autres rabatteuses lorsqu'elles cherchaient à attirer des mineures dans les filets d'Epstein. Ojeda a donc violé M.B plusieurs jours de suite, avant de lui donner 2000 dirhams (185 euros). Falete a aussi demandé à M.B de lui envoyer des vidéos pornos contre 60€.
  • María Rodríguez Almendros, la directrice -espagnole née à Tanger- de l'association Ningún Niño Sin Techo qui a fui en Espagne au début de l'été alors qu'elle vivait au Maroc depuis 1982. Pour raisons médicales dit-elle. N'empêche qu'elle est partie juste avant que la justice marocaine lui retire son passeport. Elle a cessé de payer le loyer du centre depuis plusieurs mois, était rarement sur place et ne se préoccupait pas beaucoup des conditions de vie des mineurs.

2019-09-13 23_35_02-Félix Ramos es el 'timador' de los ricos españoles - Opera

L'association Ningún Niño Sin Techo, où des jeunes sans abri étaient hébergés et manifestement pas vraiment aidés, a ouvert un foyer à Tanger en 2005. La justice marocaine a décidé la fermeture du centre et de l'association cet été.

Mais cela n'a pas dû beaucoup la perturber, puisque Maria Rodriguez Almendros aurait justement déclaré à ses copines qu'elle comptait mettre la clé sous la porte durant l'été.

Felix Ramos trainait autour du foyer depuis 2008 environ, et c'est María Rodríguez qui l'aurait introduit dans la bonne société marocaine. Et Ramos ramenait chez elle des people comme le présentateur télé José Manuel Parada Rodríguez, Agustín Bravo ou ledit Falete.

Car, pour assurer des rentrées financières l'association (ou son train de vie), María Rodríguez Almendros organisait des soirées de gala, où les VIP étaient attirés comme des mouches sur un papier collant. A ces "soirées", "participaient des célébrités et les enfants qui venaient de familles déstructurées. En outre, le centre a été maintenu avec des cotisations, des contributions d'amis et la solidarité de certains entrepreneurs", relatait El Espanol du 3 juillet 2019.

Cependant, quand l'affaire des viols a commencé à être connue, mi-2019, les donations ont commencé à se tarir.

Et puis, "M.B" a retiré sa plainte début septembre, probablement parce qu'il a été payé pour cela, lui qui se trouve toujours dans une situation précaire. Il a tout de même eu le temps de parler d'une soirée de nouvel an chez Vilches à laquelle il était présent, ainsi qu'un autre jeune du centre et un éducateur.

2019-09-13 21_26_21-Affaire Félix Ramos _ Un centre pour mineurs fermé à Tanger sur fond d’abus sexu

Les soirées de nouvel an de Vilches ont en effet ont l'air "festives". M.B précise qu'un soir, elle a même laissé tout l'étage d'une de ses propriétés à Ramos pour qu'il l'agresse tranquillement.

Selon M.B, au moins un autre garçons de l'association a eu "une relation" avec Ramos (alors qu'il était majeur sur la fin), jusqu'à l'arrestation de Ramos en juin. Et les enquêteurs ont trouvé sur les réseaux sociaux des photos où Ramos s'affiche en présence d'enfants de l'association.

Quant à l'association Touche Pas à Mon Enfant, qui travaille sur cette affaire et suit "M.B" [1], elle signale qu'un autre type est actuellement incarcéré dans le cadre d'une procédure pour le viol d'un mineur de l'association Ningún Niño Sin Techo.

La presse espagnole mentionne d'autres victimes encore, et des rumeurs de violences sexuelles courantes dans le foyer. Vilches aurait évoqué devant les policiers le cas d'une éducatrice qui aurait eu une relation avec un des mineurs. 

Bref, finalement Ramos risque d'être remis en liberté. A moins qu'il ne se suicide en prison? En tout cas, aujourd'hui, comme ce fut le cas pour Epstein, plus personne ne semble connaître Ramos. Même pas Falete.


[1] Mais depuis qu'il a retiré sa plainte, l'association n'a plus de contact avec lui, et il ne répond plus. 

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11 septembre 2019

La micronie avant le désastre économique et écologique : les risques du néant

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C'est la rentrée, qui s'annonce sous des auspices combatifs. Les citoyens sont encore plus gavés que l'année dernière par l'inanité du micron et sa clique, et eux n'ont pas du tout l'intention d'agir intelligemment. Si toutefois c'était à leur portée, ce qui est loin d'être sûr. Réflexions sur l'ambiance de cette nouvelle rentrée en micronie.

 

En cette rentrée, nous sommes nombreux à être comme au bord d'une piscine, avant un plongeon. Bien insipirer, anticiper l'impact au mieux, et se lancer.

Quelles sont les forces en présence? D'un côté, une population fatiguée par des années de restrictions, d'absence d'horizon, de décrochage total des élites. Mais une population qui ne s'avoue pas vaincue, et qui, comme on l'entend beaucoup les samedis après midi de promenades citoyennes, "n'a plus rien à perdre". 

De l'autre, des flics fatigués mais armés jusqu'aux dents, un pouvoir à bout de souffle, qui ne tient plus que grâce aux miracles de la répression et de la propagande la plus bête et méchante. D'ailleurs, ça en devient triste tellement les infos "mainstream" sont à côté de la plaque, triste reflet d'un néant dominant, d'un vide intersidéral de la pensée devenu la norme dans le monde politique. 

 

La mascarade

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Cette mascarade ne tient plus que par la violence, et grâce à une mafia qui applique les lois faites par les politiques, et que l'on appelle la "justice". 

La justice est l’instrument du pouvoir politique. C’est un point clé que nous devons dénoncer et modifier en tant que citoyens.

Elle applique les lois faites par le politique, les magistrats dépendent du politique pour leur carrière, et de plus en plus elle montre qu’elle n’est plus que le bâton qui frappe les masses pour assurer l’ordre établi. La justice ferme les yeux devant les élections bidons en france, comme elle a pu, au Brésil, contribuer au coup d’État qui a mis bolsonaro au pouvoir.

Elle enferme des Gilets Jaunes et refuse d’enquêter sur l’affaire du coffre fort disparu de Benalla au milieu d’une perquisition, classe sans suite l’affaire des mensonges de tout le monde sur l’affaire benalla, l’affaire des conflits d’intérêts -présumés- d’Alexis Kohler son ancien bras droit, l’affaire des comptes de campagne du micron, la plainte des Insoumis pour fraude électorale contre Valls à Evry lors des législatives (pourtant avérée), la plainte pour viol contre Darmanin, une plainte contre brigitte pour pour des faits de "corruption passive" et "trafic d’influence", les 500 plaintes de manifestants contre castaner, l’affaire des mutuelles de Richard Ferrand devenu président de l’Assemblée Nationale, etc. 1

Quant aux plaintes pour les violences policières, elles trainent ou, pour la plupart, sont classées sans suite.

Et d’un autre côté, des manifestants, des citoyens sont poursuivis et même parfois emprisonnés pour rien, juste parce qu’ils se trouvaient là, à tenter de défendre leurs droits.

Le politique, en micronie, est quant à lui réduit à son plus strict minimum : la communication élyséenne.

L’État, aujourd’hui en micronie, se réduit aux décisions d’un seul individu. Listons rapidement les régressions et destructions qu’il nous a imposées ces deux dernières années (mais j’en ai certainement oublié) :

  • Retraites
  • Chômage,
  • Sécurité sociale
  • "Justice" 
  • 11 vaccins pour les bébés
  • Fermetures de classes et d'écoles
  • Enseignement (régression vers un système encore plus inégalitaire)
  • Audiovisuel Public (en cours)
  • ED8a6xrWsAcwes- - CopiePrivatisations des Aéroports de paris, de la française des jeux, des barrages

  • Réduction des effectifs des ministères : environnement, impôts, santé.
  • Finir la destruction à marche forcée de la SNCF, de La Poste, des agences de l’environnement, des hôpitaux, des services publics en général, un bien commun.
  • Militarisation croissante de la police
  • Restrictions des libertés (manifester, liberté d’expression, droit de la presse, fichage de masse des opposants…)
  • Bombardement de la Syrie
  • Signatures des traités commerciaux ultra libéraux qui donnent tous pouvoirs aux multinationales (CETA, TAFTA, MERCOSUR en cours).
  • Droit du travail
  • Formation professionnelle
  • RIEN contre l’évasion fiscale 2 et l’ "optimisation fiscale".
  • Secret des affaires
  • Droits des femmes
  • Droits des enfants
  • Environnement, pesticides etc.
  • Non respect des droits des migrants
  • "Tolérance" pour les fausses déclarations des entreprises.
  • Intégration du trafic de drogue dans le calcul du PIB.
  • Cadeaux fiscaux aux riches : doublement du CICE à 40 milliards par alors qu’il ne créé pas d’emploi, fin de l’ISF sur les valeurs spéculatives 3, fin de la flat tax.²..

Le prochain chantier est carrément la "démocratie", ou ce qu’il en reste.

 

De qui micron est-il le représentant ?

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A ce sujet je recommande de lire Marc Endeweld (le Manipulateur), les Pinçon-Charlot (le président des ultra-riches) et Juan Branco (Crépuscule). Le micron a été financé par très peu de gens, qui ont donné le maximum au micron et à son parti rétrograde. Ces gens ont le même profil : petits patrons, patrons de grosses boîtes, professions libréales comme avocats etc.

Logiquement, même si son ingratitude a été déjà pointée du doigt, et surtout parce qu’il vient du même milieu, le micron défend leurs intérêts : les intérêts de sa classe, de celle de brigitte, de ses amis, de ses soutiens, de tous ceux qu’il a placés autour de lui, etc.

Car c’est bien de lutte des classes qu’il s’agit, même si le mot fait peur aux "bourgeois". Les riches sont en guerre contre les classes populaire (depuis longtemps) et moyenne (depuis les années 80, le fumeux "tournant libéral" de mitterrand et fabius, son 1er ministre).

Nous avons basculé hors des clous de la démocratie de bisounours qu’on nous vend depuis la "révolution", une révolution des élites pour les élites qui a eu pour seul mérite d’instaurer la propriété privée. Cet individu qui vit à l’Elysée depuis plus de deux ans ne supporte pas "le peuple", les citoyens, encore plus quand ils sont pauvres ou manifestants. Il centralise tous les pouvoirs sur sa personne, allant même jusqu’à nommer le procureur général de Paris (n°1 en france), et le chef du parquet national financier, tout en laissant ses équipes parler de "séparation des pouvoirs"4.

2017-12-30 23_47_56-20 heures _ [émission du 19 janvier 2008] - Vidéo Ina

Cet individu pense que le pays ira mieux en lui appliquant son remède, digne des médecins du Moyen-Age équipés de leurs clystères capables de prendre jusqu’à 5 litres de sang à un moribond.

Or on sait, depuis le début de l’ultra libéralisme pour certains, depuis quelques années pour d’autres (FMI, Banque Mondiale, ONU 5…), que ces méthodes ne font qu’enfoncer les pays dans la crise économique,  politique, sociale. Est-il aussi stupide, est-il ivre d’idéologie, rabâchée par des mentors comme Attali, Jouyet, Minc, Hermand, Pisani-Ferry, Rothschild et compagnie ?

Car, de deux choses l’une : soit nous sommes face à un incompétent qui ne sait pas ce qu’il fait, soit l’individu a un agenda dont l’objectif est d’assurer le règne des fonds spéculatifs, de la haute finance, de l’évasaion fiscale et du ruissèlement de l’argent des pays vers les poches de quelques profiteurs hors d’atteinte.

Au vu des faits et de ses discours, on ne peut qu’être amenés à se poser ces questions. Par ailleurs, le micron a certainement un plan de carrière, pour après ce job tremplin, et il pourra viser d’autant plus haut qu’il aura tenu bon devant les citoyens.

 

Que fait le micron ? Une lecture que vous n’aurez par dans la BFMsphère

Le micron dit sur Twitter (je recommande d’aller faire un tour sur son twitter, et surtout de regarder les nombreux commentaires des citoyens) que les inégalités c’est pas bien.

2019-09-02 21_46_00-Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) _ Twitter - Opera

Pourtant, les faits montrent qu’il fait tout pour enrichir ses copains les milliardaires. Alors on s'interroge: nous prend-il pour des cons, prend-il des drogues hallucinogènes, ou pense-t-il vraiment que son interminable série de régressions tend à réduire les "inégalités"? 

Pour ne prendre que quelques-unes des informations révoltantes de ces derniers mois :

En parallèle, les salaires baissent, comme les services publics, par exemple.

Quand le micron nous dit que les inégalités c’est pas bien, il se fout littéralement de tous "ceux qui ne sont rien " à ses yeux et qui par conséquent subissent de plein fouet son délire ultra libéral, totalement contre-productif. Où est la sacro-sainte "Croissance" (0,3 % au 1er trimestre, 0,2 % au 2e trimestre) 7 ? Où est-il, l’emploi ?

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Ce ne sont en tout cas pas les médias pro-micron (qu’on pourrait qualifier de "BFMsphère" 8  tant on a vu s’aligner les autres sur le discours ultra libéral et même quasi sectaire de BFM, comme LCI, France 2 ...), si nombreux qu’ils étouffent le paysage médiatique "grand public", qui nous permettront de nous poser les bonnes questions à partir des bonnes informations.

Alors que les citoyens sont opprimés comme jamais depuis l’invasion par les nazis (désolée d’en arriver au point Goodwin mais c’est une réalité), la BFMsphère continue de chanter les louanges du petit père du business français, devenu son candidat puis un président qu’il faut défendre envers et contre tout. Ce n’est pas un hasard si une dizaine de milliardaires, tous fans de jupiter, détiennent la grande majorité des médias et de l’audience, ce temps de cerveau disponible pour la propagande micronienne.

Petit à petit, nous entrons dans ce qu’on pourrait appeler une dictature capitaliste, avec quelques privilégiés très riches qui échappent à l’impôt, pendant que les entreprises dans lesquelles ils ont placé leurs billes bénéficient de lois différentes de celles auxquelles les citoyens sont soumis, de tribunaux différents 9, et désormais d’une quasi impunité même face à un endettement catastrophique10 et à des maltraitances graves des travailleurs (salariés, sous-traitants etc.).

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Ce personnage, ce jupiter de cour de récré, applique la politique de la mondialisation et de l’ultra libéralisme, c’est-à-dire la privatisation de tout ce qui peut rapporter à ses amis les milliardaires, français et étrangers. En parallèle les salaires régressent et l’endettement des ménages augmente 11.

Il ne remettra pas en cause ce qui a nous a menés dans la crise de 2006, dont ne sommes en réalité jamais sortis (la vente des biens publics encore 13 ans après en est la preuve).

Par exemple, il ne remettra pas en cause le mélange des genres entre banques de dépôts (celles qui ont notre argent et sont censées investir dans l’économie) et banques de spéculation financière, dites "d’investissement" (sic.), qui jouent en bourse les dépôts des épargnants 12.

Il ne régulera pas les banques 13, ni la finance, encore moins la mondialisation. Il ne mettra jamais fin aux paradis fiscaux.

Il n’instaurera aucune protection de l’économie nationale, ni, par conséquent, des citoyens. Quant à l’environnement, tout le monde a compris que cette préoccupation est totalement absente de son esprit probablement trop "complexe".

 

Conclusion et perspectives

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La question que nous devons nous poser aujourd’hui est : quand devons-nous arrêter de parler de démocratie, dire le mot d’oligarchie, de dictature (même "soft") ou de ploutocratie ?

Quand assumerons-nous enfin que la seule alternative est de nous battre pour ne pas tomber dans l’obscurité ?

Dans deux ans, nous aurons très certainement à nouveau le pen au 2e tour, contre le micron. Tout est prévu pour que ce scrutin auquel peu ont hâte d'arriver se passe ainsi, et nous en prenons dangereusement le chemin. Mais nous ne devons pas nous laisser à nouveau coincer dans ce traquenard qui ne nous précipitera qu’un peu plus vite, quel que soit le vainqueur du 2e tour, dans le néant démocratique et humaniste, et le gavage des élites 14. Nous devons organiser les filets de sécurité démocratiques, les réseaux de solidarité, afin de nous donner des chances de ne pas finir en esclavage.

L’obscurité commencera, comme dans les années 30, par le marasme économique. Dans lequel nous sommes déjà, mais qui va s'aggraver. Même Le Figaro s’étonnait le 5 septembre de la levée exceptionnelle de fonds par la France pour alimenter sa dette : un peu plus de 10 milliards, à taux négatifs même à 15 ans. Cela montre que les "investisseurs" sont prêts à perdre un peu d‘argent dans l’espoir d’éviter d’en perdre beaucoup, car la dette de la france s’avère parmi les moins risquées au monde.

Le quotidien des "idées saines" de préciser : "Ces levées s’inscrivent dans un contexte particulier pour la France. Le besoin de financement français en 2019 atteint 237 milliards d’euros. Il a été prévu dans la loi de finances d’y pourvoir essentiellement via des émissions de dette à moyen et long terme, avec un montant d’émissions de 200 milliards d’euros, là aussi un record. Ce pic s’explique d’une part par la dégradation continue des finances publiques mais aussi par les besoins de refinancement de la dette émise il y a dix ans, lors de la crise financière". En gros, la gestion désastreuse des finances publiques entraîne -malgré l’austérité et la taxation massive des classes moyennes- un trou de 237 milliards. Et en plus de la catastrophe micron, nous payons encore le financement public de la dette privée à la suite de la crise de 2006 15.

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Le micron nous parle sans cesse d’économies, mais en réalité il n’économise pas : il donne des milliards aux plus riches.

Aujourd’hui, de nombreux citoyens dénoncent les conséquences de l’ultra libéralisme, que ce soit sur les humains ou sur la nature : les animaux 16, les plantes, l’eau17, le sol, l’air.

Les gens sont de plus en plus nombreux à comprendre que plus rien ne tourne rond dans nos belles sociétés "démocratiques". Nombreux sont ceux qui ont parfaitement compris d’où vient le problème : du système économique et social actuel. Et certains tentent de s’organiser.

La bonne nouvelle est qu’il est tout à fait possible de créer des systèmes plus cohérents, puisque nos cerveaux sont capables de l’imaginer : "les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles", disait Raimbaud. Nous devons dépasser les concepts qui nous ont été inculqués depuis toujours, pour aller vers le bon sens, l’intérêt commun.

Il est évidemment contre-productif d’imposer à tous un système qui soit le même sur le plan politique, économique, social, culturel de plus en plus, et cela partout dans le monde. Par contre, nous pouvons inventer de nombreux systèmes, différents, adaptés aux histoires, aux paysages, aux contextes : il semble évident qu’un Inuit ne peut pas vivre avec le même sysème qu’un Peul, un européen, ou un habitant de New York. Cela n’empêche certainement pas les échanges, les liens, l’ouverture.

Cela peut sembler une évidence, mais nous vivons aujourd’hui dans le système inverse : les élites se reproduisent, se cooptent, dirigent, et s’organisent pour préserver leur pouvoir et leurs intérêts. Elles ont centralisé le pouvoir politique, économique, médiatique et accaparent les richesses comme jamais.

Le micron a commandé 25 millions de cartouches de fusil d’assaut pour équiper les "forces de l’ordre", celles qui font déià tant de dégâts avec des LBD et grenades de désencerclement 18.

On peut légitimement craindre qu’il ne s’en serve car cet individu a montré qu’il n’a pas de limites. Cette commande n’a pas été passée pour gaspiller une fois de plus de l’argent public, au vu et au su de tous (ces appels d’offre sont publics), mais parce qu’il pense devoir s’en servir, parce qu’il sait que ses régressions 19 pousseront à bout la grande majorité des citoyens.

 


 

1 Accessoirement, la « justice » sert surtout à classer sans suite les procédures gênantes, qu’elles concernent la micronie ou même les enfants victimes d’abus sexueles, les femmes battues etc.

2 Evasion fiscale estimée à 100 milliards d’euros par an en france. Quant à l’optimisation par les multinationales, elle ne coûterait que 14 milliards par an, soit un tiers de l’impôt sur les sociétés. 70.000 entreprises en france y auraient recours.

 

2018-09-16 10_12_42-Comment Emmanuel Macron appauvrit l'Etat _ Alternatives Economiques

3 La fin de l’ISF sur la spéculation (pas sur les biens immobiliers) coûte la bagatelle chaque année de 3,2 milliards d’euros contre 2 milliards annoncés par les expertis microniens. Quand il s’agit de fare payer les citoyens, on se contente de calculs à la louche.

4 Ces nominations des chefs du parquet par l’exécutif font d’ailleurs que la france ne peut pas vraiment se targuer d’être une véritable démocratie puisque la séparation des pouvoirs est un mythe.

5 Depuis la crise financière de 2006 - … ces insitutions ont toutes fini par admettre que l’austérité était néfaste pour les économies nationales. Tout en continuant à appliquer les bonnes vieilles mesures d’austérité, d’ailleurs.

6 Mais pas selon BFM, bien-sûr., qui situe plutôt le chiffre à 20 milliards Contre 1 milliard de fraudes RSA, arrêts maladie et CAF réunies. BFM qui, appartient au super endetté Patrick Drahi, vit aceessoirement grâce à l’évasion fiscale, appelée « optimisation » en micronie.

7 Et encore, cette mini "Croissance" n’est due qu’aux revendications des Gilets jaunes, dont certaines ont permis de limiter la destruction du pouvoir d’achat. En France, la "Croissance" est tenue à plus d’un tiers par la cosommation. Ceci dit, toute la « zone euro » est dans les choux, et la Deutsche bank fait craindre quelques difficultés pour l’Allemagne. Quoi que, la BNP est prête à racheter ses produits dérivés pourris. Notons aussi que la Deutsche Bank a été la banque de Jeffrey Epstein jusque très récemment, et a beaucoup financé Donald Trump. La bqnue détient d’ailleurs des documents fiscaux concernant Trump, que celui-ci a refusé de donner au Congrès.

8 En plus BFM est un bon exemple, puisqu’elle appartient comme RMC, Libération et L’Express et d’autres, à Patrick Drahi, qui finance « télé micron » grâce à l’évasion fiscale et à l’impunité offerte par l’État. Quand il était à Bercy, le micron a facilité le rachat de SFR par Drahi, sans qu’il ‘nait à rapatrier ses avoirs depuis la Suisse (Le Monde Diplomatique, mai 2017).

9 Les tribunaux de commerce sont un exemple, les tribunaux dits d’arbitrage prévus par les traités commerciaux comme le TAFTA ou le CETA en sont un autre en pire, puisqu’il s’agit de décisions prises par des arbitres privés, qui peuvent imposer des amendes de dizaines de milliards aux Etats. La belgique, tête de pont de la finance, mène depuis le refus du CETA par le parlement Wallon un intense lobbying à l’ONU pour créer un seul et unique tribunal "d’arbitrage" pour régler "les différends entre investisseurs et États". Comme si les investisseurs n’étaient pas le commun des mortels. Si Hulot n’a rien pu faire, c’est aussi à cause des traités comme le TAFTA : un rapport du Corporate Europe Observatory précise que des multinationales ont menacé la france de poursuites devant les "tribunaux arbitraux" (et d’extorquer des milliards à l’État) en cas de mesures de protection du climat qui auraient pu les pénaliser. Du coup, la loi Hulot a été vidée du peu de substance qu’elle avait.

 

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10 Endettement catastrophique car, selon la revue Oblik d’Alternatives Economiques, "si une partie de l’argent emprunté par les entreprises sert à renforcer leur trésorerie, une autre est utilisée pour jouer au casino boursier, avec tous les risques que cela comporte". On imagine qu’il en va de même avec les bénéfices, qui ne doivent pas vraiment servir à l’investissement ou à la rémunération des salariés.

11 En 2015, on apprenait qu’en 10 ans "l’encours de dette des Français a enflé de 79% alors que leurs revenus cumulés ont progressé de moins de 25%". Et la situation n’a fait que s’aggraver depuis l’arrivée du micron, d’autant que les taux de crédit sont très bas. Selon La Tribune du 18 mars 2019, "L'endettement des ménages et des entreprises français rapporté au PIB est désormais le plus élevé des grands pays d'Europe : à 133,3% du PIB en France à fin septembre 2018 (dont 59,2% pour les ménages et 74,1% pour les sociétés non-financières)".

12 La séparation entre banques de dépôts et de spéculation a été faite en 1933 après le krach boursier, avec le Glass Steagall Act, qui a été abrogé par Clinton en 1999. Ce qui a permis la crise financière, puisque les banques ont engagé du vrai argent dans des produits dérivés pourris. Et pour que les épargnants ne se retrouvent pas à la rue comme en 1929, les Etats sont obligés de renflouer les banques, avant de nous imposer des politiques d’austérité pour combler le trou. En France la séparation entre banques de dépôts et banques de spéculation a été opérée après la guerre, en 1945, jusqu’à ce que Mitterrand, en plein dans son délire et son tournant « libéral », décide que les banques pouvaient spéculer avec l’argent destiné à financer l’économie réelle. Puis en 2013, suite à la crise, les placements les plus risqués ont été vaguement "isolés". car les résistances dans le milieu de la finance sont encore importantes.

Ajoutons qu’aujourd’hui, ces "banques d’investissement" ne savent plus où placer leurs mises pour se faire des bénéfices supérieurs à la croissance mondiale (en berne). Et il n’y a plus grand-chose pour spéculer, à part racheter des actions dont les cours sont maintenus artificiellement par des rachats massifs de leurs propres actions par les multinationales, grâce aux taux d’emprunt proche de zéro, voir en dessous de zéro. Le marché du rachat d’action, le marché "secondaire", c’est plus de 80 % des achats d’actions. Dont la spéculation (appelée "investissement" par les idéologues ultra libéraux) ne créé pas de richesse, ou très peu. Par exemple, le patron de la Deutsche Bank vient tout juste d’annoncer qu’il consacrerait 15 % de son mirobolant salaire pour racheter des actions de la Deutsche Bank, passée à 7 euros. Elle était à 54 € en 2009, à 30 € en 2014. Mais, la tendance générale est à la baisse pour les banques européennes en général, france comprise.

13 En effet, le credo des amis banquiers du micron est l’auto-régulation. Elles font elles-mêmes leurs stress stests, qu’elles réussisent toujours (du moins quand on comprend les résultats, ce qui n’est pas le cas en 2019).

14 Car l’extrême drotie a toujours servi le capital et les capitalistes. En Europe, ces partis votent systématiquement en faveur du business contre les citoyens. Même s’ils disent le contraire.

15 A ce sujet, il est important de rappeler que la droite est pire gestionnaire que le PS. Sous Chirac, Sarkoléon, et Micron, la dette a explosé et les finances publiques se sont toujours retrouvées dans le rouge. C’est le prix des cadeux fiscaux aux entreprises (en réalité aux multinationales) et aux spéculateurs. 2018 fut une année record pour la dépense publique, et en avril 2019 le magazine Challenges titrait "Finances publiques : les baisses d’impôts de Macron ne seront pas soutenables".

 

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16 88 % d’espèces d’eaux douces en 40 ans, - 75 % d’insectes en 30 ans, et encore 40 % d’espères d’insectres menacées à court terme, une baisse de 60 % de la population animale entre 1970 et 2014...

17 En mcironie, les cours d’eau peuvent être détruits et remplis de pesticides, Nestlé pompe comme il veut dans la nappe phréatique, etc.

18 Précisons aussi qu’un des premiers actes du micron en tant que président, dès juin 2017, a été de commander pour 4 ans de lacrymos d’un coup, pour 22 millions d’euros. Tout le stock a été épuisé cet hiver. Aujourd’hui, des citoyens suisses tentent de faire interdire l’exportation de ces armes de guerre en France car elles sont utilisées contre les citoyens, ce qui est interdit par les conventions de Genève (qui régissent les conflits armés).

19 Le terme de "réforme" qui est employé par la mcironie, et avant eux par le club sarkoléon, le club flamby, etc., est impropre : comme le rappelle la revue Frustration – que je recommande à tous-, le Larousse définit une réforme par "Changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, et visant à améliorer son fonctionnement".  Or, comme ces personnages successifs n’ont fait que réduire la qualité (et la quantité) des services publics, de l’aide sociale, des droits des citoyens/ travailleurs/ consommateurs /utilisateurs/ électeurs, il est plus adapté de parler de régressions que de "réformes". Encore un terme galvaudé par les politiques.

 

08 septembre 2019

Magouilles et corruption des élites - Partie 3 : recyclage des collabos dans la banque et l'industrie

GJ sept

Dans les précédentes parties, nous avons vu que les milieux financiers avaient financé l'Allemagne Nazie, qu'après la guerre les mêmes Nazis ont été choyés par les Américains, et que lorsqu'ils ont mis en place les services secrets en Europe, les US en ont profité pour y recycler plein de nazis et collabos. Aujourd'hui, on va voir qu'il en a été de même dans les milieux économiques et politiques, le tout au nom d'une lutte contre contre le fantôme communiste, et pour gaver les élites grâce à l'ultra libéralisme, ce nazisme du XXIe siècle. 

Pour s'y retrouver, voici le plan: 

1. La 2e Guerre Mondiale, oeuvre du fascisme financier.

2. Le sabotage de la dénazification.

3. Recyclage des Nazis et Collabos dans les nouvelles structures: 

     1) Les services sercets

     2) La banque et l'industrie

     3) La politique et les syndicats

     4) L'enseignement supérieur

     5) Les médias et la culture

     6) La justice

 

1. La banque et l’industrie

Les banques

Une épuration limitée

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Si Allen Dulles s’est implanté en Suisse fin 1942 [1], ce n’est pas seulement en raison de la "neutralité" du pays. Le chef de l’OSS en Europe devait aussi veiller aux intérêts de ses amis de Wall Street, nombreux en Allemagne et dans les coffres des banques suisses. Dulles, avocat réputé de Wall Street, a été l’avocat de la Rotterdam Bank qui a financé les nazis, de la Standard Oil qui a permis aux nazis d’avoir du pétrole de bonne qualité, etc.

C’est en utilisant les réseaux de la grande Loge Suisse Alpina, dans laquelle on trouvait le gratin local, que Dulles a pu s’implanter durablement et jeter les bases des réseaux "stay-behind". On va y revenir plus tard.

Le système bancaire déjà bien opaque de la Suisse avait permis à Hitler d’y stocker et d’y blanchir une bonne partie de l’or volé aux Juifs comme aux pays qu’il avait pillés [2]. La Suisse a donc pu servir de caisse noire pour les opérations US menées en Europe et à travers le monde après-guerre. Ce n’est pas une nouveauté : les banques nichées dans les paradis fiscaux servent à blanchir de l’argent, à faire disparaître de l’argent obtenu illégalement, par exemple via certaines commissions ou rétro-commissions sur des ventes d’armes, etc. Au final, une partie sert à financer les partis politiques, et la boucle est bouclée.

On a vu que les banques avaient plus qu’à leur tour collaboré avec Hitler, et ainsi contribué à son effort de guerre. Après la guerre, les mêmes milieux financiers ont tout fait pour que l’Allemagne n’ait pas à payer les réparations qu’elle aurait dû verser aux pays qu’elle avait agressés et détruits, l’URSS en premier lieu. 

vichy defilé

"On savait que les banques américaines avaient continué à faire commerce avec les nazis pendant toute la guerre mais l’ouverture des archives concernant les activités de la Chase et Morgan à paris entre 1940 et 1945 révèle l’ampleur du cynisme de ces établissements bancaires. Morgan et Chase ne paieront aucune amende, leurs biens ne seront jamais séquestrés pour infractions aux lois et ordonnances réprimant le commerce avec l’ennemi. Il faut attendre près d’un demi-siècle pour que le dossier soit entrouvert", a expliqué Fabrizio Calvi dans un entretien de 2007 pour L’Action Littéraire.

Calvi évoque aussi le cas de la banque Worms, dont on a déjà parlé, et cite un rapport des services secrets US, l’OSS, datant de 1942, au sujet de cette banque Worms : "La firme bancaire et industrielle française Worms & Cie rassemble des hommes qui exercent un grand pouvoir au sein du gouvernement de Vichy, contrôlent nombre de ses postes vitaux et se servent de ce pouvoir pour protéger leurs propres intérêts commerciaux et collaborer pleinement avec les Allemands", peut-on lire dans le rapport, "Ce groupe dont les membres sont liés par les mêmes idées réactionnaires, par les liens du mariage et par des connexions industrielles communes, comporte des hommes associés de bien des manières aux milieux d’affaires américains et anglais. On peut s’attendre à ce que les membres de ce groupe cherchent leur propre protection en cas de victoire alliée ou allemande, et mettent leurs importantes relations internationales au service du vainqueur, quel qu’il soit. Ils œuvreront à une paix négociée impliquant une réorganisation de l’Europe sur des bases libérales et qui les laisserait jouir de leur autorité financière, industrielle et politique". C’est un des piliers du Bilderberg, René Pleven, un traitre à la Bretagne et ancien de l’Action Française, qui a permis la levée des sanctions US contre la banque dès 1946.

Après la guerre, et malgré un bref passage en prison de son patron, la banque Worms est revenue en première ligne. Elle était alors dirigée par son patron historique Hippolyte Worms, par Jacques Barnaud, ex membre du Comité des Forges, devenu ministre sous Pétain, mais blanchi à la Libération et ensuite engagé dans l’ "association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain", et par un certain Claude Maynial. Et elle a pu continuer ses petites affaires au cours du XXe siècle.

dénazification

En France, les travaux menés par l’historienne Annie Lacroix-Riz montrent que les banques s’en sont tirées à bon compte face aux comités d’épuration, puisqu’elles ont réussi à ne montrer, comme dans l’affaire Kerviel, que les documents qui les arrangeaient. Du coup, il y a eu peu de sanctions pour collaboration dans le milieu bancaire.

De plus, "avérée ou non, la collaboration n’a pas justifié un châtiment plus sévère", précise-t-elle.

Annie Lacroix-Riz mentionne les opérations financières des banques de dépôt visées par le Comité de Libération en mars 1945 :

  1. "Avoir fait partie de l’Association financière pour le Développement de l’Industrie en France et aux Colonies, organisme financier ayant pour objet la réalisation de projets industriels franco-allemands [3],
  2. Avoir avantagé les industriels travaillant à l’exécution des commandes allemandes de fournitures de guerre ou autres, par l’octroi d’avances ou cautions,
  3. Avoir facilité aux Allemands l’acquisition d’intérêts dans les entreprises françaises".

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Par ailleurs, les liens personnels des membres des conseils d’administration avec l’occupant ont été pointés, mais au final l’épuration des pontes du milieu bancaire a été, selon Annie Lacroix-Riz, "dérisoire". Outre un financement soutenu des entreprises qui fabriquaient pour l’Allemagne, les banques ont mené des opérations directement avec la Reichskredit Gesellschaft, la Dresdner Bank, ou IG Farben. BNP Paribas a apporté des crédits à 14 compagnies d’assurance allemandes en 1940. Et que ce soit BNP Paribas, Société Générale, Union parisienne ou le Crédit Lyonnais, tous étaient prêts à financer le développement d’IG Farben. Ils ont aussi créé des sociétés mixtes franco-allemandes, pour mieux profiter des flux d’argent. Enfin, ces banques ont largement contribué la revente des entreprises des juifs. Si l’on se demande où sont les limites au business, la réponse par l’histoire montre qu’il n’y en a pas.

Annie Lacroix-Riz cite le chef de l’administration militaire allemande sous l’Occupation, qui avait déclaré : "La collaboration industrielle franco-allemande s’est produite (…) par une interpénétration des capitaux". Et ces petits jeux ne se font qu’avec l’accompagnement des banques d’affaires (ou aujourd’hui des cabinets d’avocats). Du coup, ce ne sont pas seulement les patrons collabos qu’il aurait fallu viser, mais aussi les spéculateurs qui plaçaient leurs billes dans l’industrie nazie. Evidemment, cela n’a jamais eu lieu.

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Si l’épuration dans le milieu bancaire a été très limitée, le secteur a tout de même été largement nationalisé et repris en main après 1944. Un certain nombre de têtes ont chuté (les vieux patrons du Crédit Lyonnais, de la Société Générale, de la BNCI, de Paribas, du Crédit commercial de France notamment), mais les cadres dirigeants sont restés en place, et les n°2 sont devenus les n°1.

Farbizio Calvi, dans une interview au Monde en mai 2014, revient sur le parcours d’un certain George Doriot, l’inventeur du capital-risque (un système de financement des entreprises), émigré aux USA et naturalisé US en 1940: "il était l'agent de liaison de Vichy dans le milieu bancaire américain, et il a blanchi et fait disparaître l'argent des victimes de l'Holocauste via des montages complexes passant par des paradis fiscaux comme la Suisse ou le Panama. La banque qu'il représentait aux Etats-Unis, la banque Worms "aryanisée" a joué un rôle très important dans la collaboration avec les nazis, et nombre de ses cadres ont eu des postes importants dans le gouvernement de Vichy". 

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Parmi lesdits cadres, Pierre Laval le "1er ministre" des débuts de Vichy, qui recevait de l’argent via Doriot et une série de sociétés écrans dans des paradis fiscaux. Doriot était également capable de faire "disparaitre" le "pognon", toujours via les indispensables paradis fiscaux. Les US l’ont récupéré avant ou au début de la guerre, selon la version officielle. 

Mais, on a encore aujourd’hui peu d’éléments sur le comportement des banques françaises, et surtout des banquiers français pendant la guerre, même si la tendance générale, selon Annie Lacroix-Riz, est clairement à la collaboration., avec l'aryanisation et les profits liés à l‘économie de guerre.

Après la guerre, on a nationalisé quelques banques et puis on a considéré qu’en la matière le problème était réglé. Annie Lacroix-Riz souligne tout de même une certaine continuité des pratiques des banquiers pendant et après la guerre, notamment dans leurs liens avec l’industrie et les banques allemandes. D’ailleurs, un certain nombre de dirigeants de banques ont continué leur carrière après la guerre. Aucun d’entre eux n’a admis avoir participé activement aux spoliations, aucun n’a avoué avoir franchement profité de la guerre pour s’enrichir, et cela l’évidence. La banque d’Indochine, qui était très active sous Vichy, en a accueilli quelques-uns.

Comme l’expliquent les auteurs de "Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours", les dirigeants de la banque ont bénéficié d’une grande bienveillance à la Libération. Ils citent par exemple le cas de Paul Baudouin, polytechnicien entré à la Banque d’Indochine avant-guerre, devenu son président sous Vichy après un passage comme ministre sous Pétain et quelques autres activités vichystes, il a été un peu embêté à la Libération ( dégradation nationale et 5 ans de travaux forcés), mais sa peine a été vite commuée en 5 ans d’indignité nationale si bien qu’il a pu réintégrer la banque. Paul de Thomasson, viré de la Banque de Paris et des Pays-Bas pour avoir un peu trop profité de la présence des Nazis, il a été récupéré en 1950 à la Banque d’Indochine comme directeur général adjoint. En 1952 Thomasson a même droit à la légion d‘honneur. En 1950, Paul Baudouin a fait entrer dans la banque son ami René Bousquet, ex chef de la police de Vichy et maître d’œuvre de la rafle du "Vel d‘Hiv", rencontré en prison à la Libération.

 

Le cas de la Banque des Règlements Internationaux (BRI)

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La BRI, une banque "internationale", souvent appelée la "banque centrale des banques centrales", est un exemple frappant de cette collusion entre la finance et des nazis : créée en 1930 comme un corollaire du plan Young [4] destiné soi-disant à répartir les réparations que l’Allemagne était censée payer (ce qui ne fut jamais le cas, pas plus après la première qu’après la deuxième guerre), la BRI, basée en Suisse évidemment, a en réalité été une courroie de transmission essentielle de l’argent vers et depuis le 3 e Reich. Elle a fonctionné comme une chambre de compensation, pour garantir des transferts d’argents importants convertibles en or, système grâce auquel l’or volé par les nazis a pu être blanchi en Francs suisses après la guerre.

Avant la guerre, la BRI a permis de financer le réarmement de l’Allemagne à travers les plans Dawes et Young, puis a stocké l’or volé par les nazis dans ses coffres Suisses, de manière ce qu’ils échappent aux enquêtes internationales et US destinées à mettre la main sur ces milliards. Détail incroyable : les statuts de la BRI précisaient d’emblée que ses avoir ne pouvaient en aucun cas être saisis.

Cette banque a été créée sur l’idée des banquiers anglais et allemands principalement. Après avoir abandonné l’idée de gérer des réparations que personne dans les milieux financiers ne voulait voir l’Allemagne payer, les banquiers de la BRI ont décidé de conserver leur petit club, afin d’établir une plus fort coopération financière entre Etats, bien avant les débats autour de la création de l’Europe. C’est un businessman US, le gérant du plan Young, patron de General Electric et président du conseil d’administration de la City national Bank, Owen D. Young, qui a présidé le comité d’experts ayant lancé le processus de création de la BRI, en 1929.

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L’objectif pour les US et les anglais était de faire en sorte que les pays détruits par l’Allemagne renoncent aux réparations de la Première Guerre (ils ont recommencé après la 2e), parce que les financiers et industriels US avaient placé beaucoup de billes dans l’économie allemande et qu’il était pour eux hors de question de menacer leurs profits. De fait, en 1932, les pays détruits par l’Allemagne avaient totalement et officiellement renoncé à tout Deutschmark de compensation. La BRI a ensuite servi de courroie de transmission entre les "investisseurs" US et l’Allemagne, pendant la période de réarmement.

On peut donc considérer que la BRI a été conçue pour favoriser l’économie allemande (et par-là même les intérêts de la grande finance), ce qu’elle n’a jamais cessé de faire. D’ailleurs, ce sont des allemands qui ont très rapidement eu la main sur la BRI.

Selon Mark Uzan, professeur à Berkeley en Californie, dans son article "J.P Morgan, au centre de la finance de l’entre-deux-guerres" dans La Revue d’économie financière, "Les partenaires de la maison Morgan se trouvent en première ligne à la fin de la décennie durant les négociations sur le Plan Young et sur la création de la Banque des Règlements Internationaux. Le Plan Young permit un afflux de monnaie vers l’Allemagne, après que le Comité des experts dirigé par Owen Young ait précisé les conditions de sa résolution. Le plan Young appela aussi à la création d’une banque qui devait distribuer le paiement des réparations, et être un forum pour la coopération entre banques centrales".

A la manœuvre pour créer la BRI, il y avait aussi Hjalmar Schacht, dont les parents avaient émigré aux Etats-Unis avant de retourner en Allemagne vers 1876, qui fut cadre de la Dresdner Bank et fondateur du parti libéral allemand avant de devenir gouverneur de la Reichsbank (la banque centrale allemande) en 1924. Puis il sera un des plus fervents soutiens d’Hitler, et son grand pourvoyeur de fonds dès le début des années 30, avant de devenir son ministre de l’économie en 1934, tout en étant à la BRI. Montagu Norman, patron de la Banque d’Angleterre, a également joué un rôle important dans la création de la BRI.

La BRI, conçue à la base pour aider l’Allemagne à développer son économie, est rapidement devenue l’instrument de la finance : dirigée par les Banques Centrales (qui ne sont que des groupements de banques privées), les mêmes banques centrales en sont aussi actionnaires[5] et disposent de droits de vote à l’Assemblée générale et au conseil d’administration. Voilà un gage d’indépendance, pour les banquiers… Le premier président de la BRI, Gates W. McGarrah, fut un ancien président de la Chase National Bank, qui appartient principalement à la famille Rockefeller, puis de la Réserve Fédérale (la banque centrale US, privée elle aussi). En 1924, il était aussi membre du Conseil Général de la Reichsbank alors dirigée par Schacht, en tant que directeur américain.

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Le directeur de la BRI pendant la guerre était Roger Auboin, nommé en 1938, poste qu’il a occupé pendant 20 ans. Il était aussi membre du conseil général de la Banque de France depuis 1937. Selon l’historien Christopher Simpson, Auboin et Thomas McKittrick, proche des capitalistes allemands, grand ami d'Allen Dulles et président de la BRI dans les années 40, travaillaient directement pour Allen Dulles, alors patron de l’OSS (future CIA) [6]

Aubouin était un fidèle défenseur du capital, appelant en 1939 les ouvriers à "travailler plus", réclamant un "assainissement financier" et une "déflation salariale" (= baisse des salaires, un vieux refrain). Il a tenu le même discours pendant et après la guerre, sans problème. Pour limiter l’inflation tout en préservant le capital, il recommandait en 1949 que l’on comprime les salaires. En effet, cela manque d’originalité, le patronat ayant toujours le même leitmotiv.

Plusieurs anciens hauts cadres de la Reichsbank sous Hitler ont aussi travaillé à la BRI pendant la guerre. A part Schacht, qui est resté à la BRI pendant la guerre, l’Allemagne avait un autre représentant au comité de direction, en la personne de Hermann Schmitz. Qui dirigeait aussi la firme chimique IG Farben, fabricante du Zyklon B. Il y avait aussi Emil Heinrich Meyer, de la Dresdner Bank, ou le baron Kurt Von Schröder de la JH Stein Bank de Cologne, qui a aussi beaucoup contribué au financement du parti Nazi dans les années 30 tout en dirigeant les filiales d’ITT en Allemagne, et il est devenu le financier numéro 1 de la Gestapo[7]. Tous étaient des fans d’Hitler.

En 1940, le président de la BRI était le banquier US Thomas McKittrick, agent de l’OSS proche d’Allen Dulles et fan d’Hitler, qui a permis le dépôt de l’or des Nazis, volé notamment aux Juifs pendant qu’il dirigeait la BRI. Jusqu’au déclenchement de la guerre, McKittrick a aussi permis à la BRI de servir de chambre de compensation pour les achats de l’Allemagne aux Etats-Unis, y compris de l’armement.

Après la guerre, la BRI s’est évidemment occupée de la répartition de l’aide du plan Marshall entre les Etats. 

Aujourd’hui, la BRI est censée réguler l’ensemble des banques centrales et assurer les transactions entre elles, c’est toujours un club privé (le comité de Bâle, créé par la BRI en 1974, un an après que Pompidou ait fait passer la fameuse "loi Rothschild" qui oblige l’Etat à emprunter sur les "Marchés") et ils continuent malgré la crise dont on ne sort pas à parler d’ "autorégulation" au lieu de contrôler les banques et les produits sur lesquels elles spéculent. La BRI regroupe 58 banques centrales et donne toujours son avis sur la politique monétaire mondiale, sur la spéculation, sur la régulation des banques (une chimère). Elle n’est responsable devant personne : ni les Etats, ni bien-sûr aucun citoyen, nulle part [8]. Ses dirigeants ne sont pas élus, et les seuls intérêts qui y sont représentés sont des intérêts financiers privés.

La BRI a servi, et sert encore, à gérer le petit monde des banques centrales soi-disant "indépendantes" des Etats (mais pas des intérêts financiers évidemment), pour des intérêts qui ne sont clairement pas ceux des citoyens comme l’ont parfaitement montré la crise financière devenue économique de 2006 qui n’en finit pas et l’absence totale de régulation des banques depuis ladite crise, grâce principalement au lobbying du comité de Bâle. On parle peu de la BRI mais elle concentre encore des milliards de dépôts des banques centrales : 221 milliards de dépôts en 2013, et plusieurs centaines de tonnes d’or.

 

En Allemagne, des nazis dans les banques

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En Allemagne, on a déjà parlé d’Hjalmar Schacht, le patron depuis 1923 de la Reichsbank, qui fut si proche d’Hitler. S’il a quand-même été jugé à Nuremberg, il a été acquitté en grande partie grâce à l’intervention des US. L’Allemagne l’a ensuite poursuivi et condamné à 8 ans de travaux forcés 1947, peine qui a été annulée dès 1948. Ensuite, Schacht a fondé sa propre banque et est devenu conseiller financier de pays du Maghreb.

En 1948 la Reichsbank a été transformée en Bank Deutscher Länder (BdL, la banque des Etats allemands), et le Deutschmark a remplacé le Reichsmark. La BdL était calquée sur le modèle de la banque centrale US et était rattachée au gouvernement militaire [9]. A partir de ce moment, l’Allemagne a connu une croissance impressionnante, et le stock de capital était supérieur en 1948 à celui de 1936. Le premier président de la BdL fut Wihelm Vocke, adepte de Hjalmer Schacht (il est même venu le défendre à Nuremberg même s’il n’a pas dirigé la Reichsbank pendant la guerre), et il a encore été nommé comme premier président de la Deutsche Bundesbank.

En 1949, un certain John McCloy, qui avait dirigé plusieurs banques appartenant au clan Rockefeller, comme la First National City Bank, la Chase Manhattan, ou encore la Fondation Rockefeller avant de passer par la Banque Mondiale, est devenu Gouverneur militaire et Haut-Commissaire en Allemagne, afin de diriger la lutte anti-communiste, mais aussi de réintégrer les nazis dans les structures gouvernementales, institutionnelles et militaires.

Des banquiers importants en Allemagne, comme Hermann Abs, patron de la Deutsche Bank, ou Robert Pferdmenges, banquier et député de la CDU (le parti démocrate-chrétien), ont pu régner sur la finance allemande d’après-guerre alors qu’ils ont été fermement nazis avant et pendant la guerre. Pferdmenges était même un ami intime, et donc conseiller, d’Adenauer [10].

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Le successeur de Vocke à la présidence de la Deutsche Bundesbank, Karl Blessing [11], avait activement travaillé pour le financement de l’effort de guerre nazi. Entré en 1920 à la Reichsbank où il est vite devenu l’assistant de Hjalmar Schacht (ce qui lui a permis de participer à des conférences internationales, comme celle de Young à Paris, ou celle qui a vu la création de la BRI à Bâle), Karl Blessing fut conseiller général du ministère de l’Economie de 1934 à 1937, année où il rejoint le NSDAP, le parti nazi. Il a supervisé les dons au parti, et est alors devenu membre de la direction de la Reichsbank.

Blessing, qui a toujours été un orthodoxe de la "stabilité monétaires" (c’est-à-dire contenir l’inflation en comprimant les salaires et en appliquant l’austérité budgétaire pour les pauvres), était aussi administrateur de deux sociétés chimico-pétrolières : l’une est devenue Unilever, et l’autre, Kontinental Oil AG, extrayait du pétrole dans les pays occupés par le Reich, pour l’armée allemande. Selon le Handelsblatt, "Après la guerre, le banquier central s’est présenté comme un membre de la résistance Nazie" (car oui en Allemagne, comme chez nous les Vichystes, les pires collabos osent ensuite se dire résistants), ce qui lui a permis d’éviter d’avoir des comptes à rendre et d‘éviter la purge de l’après-guerre. Grand donateur du NDSAP, il avait pourtant obtenu divers honneurs et décorations de celui-ci. On notera au passage que son petit-fils, Martin Blessing, banquier également, a été le PDG de la Commerzbank et dirige aujourd’hui UBS Suisse. On sait bien que c’est dans les vieux moules qu’on fait les meilleurs gâteaux.

Il y en a d’autres qui ont été tellement nazis qu’ils ont été vaguement condamnés à Nuremberg, comme Hermann Schhmitz, président du conseil d’administration d’IG Farben, qui a pris 4 ans. Après la guerre, il a continué à être administrateur d’entreprises et membre du conseil de surveillance d’une banque de Berlin et de la Deutsche Bank.

Si on a conservé le même casting, à peu de choses près, après la guerre, c’est probablement parce que les intérêts à défendre étaient les mêmes, et que la méthode pour le faire ne devait pas avoir beaucoup changé.

 

L’industrie

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Le 10 août 1944 à Strasbourg, des patrons de l’industrie allemande ont pris l’initiative de se rencontrer avec leurs partenaires de business US. Il s’agissait de préparer la transition, après avoir mené leurs affaires sans discontinuer depuis l’avant-guerre, et alors qu’une grande partie de la population aspirait à une société plus "démocratique". C’est Jacques Pauwels qui rapporte cette histoire dans "Big business avec Hitler" : "L’intention était que la sympathie et le propre intérêt des Américains les conduisent à passer l’éponge sur les péchés nazis des grandes entreprises et banques allemandes". John McCloy, le représentant US en Allemagne nommé en 1949, a contribué à faire sortir de prison plusieurs industriels et banquiers, où ils se trouvaient pour leurs crimes commis pendant la guerre, comme Hjalmar Schacht, Alfred Krupp, ou des dirigeants d’IG Farben.

En France, "Dès le mois d’avril 1945, les syndicats ouvriers se plaignent que les comités professionnels d’épuration, mis en place en octobre 1944, fonctionnent avec une lenteur désespérante’. Ils en démissionnent d’ailleurs en juillet 1947. Ils constatent, par exemple, qu’un seul grand patron de la sidérurgie française a dû renoncer à ses fonctions : Marcel Paul, dit Paul-Cavallier, le président de Pont-à-Mousson, anticommuniste et fasciné par le modèle fasciste", écrit Jean Garrigues dans "Les patrons et la politique : 150 ans de liaisons dangereuses".

Des branches entières, comme la sidérurgie ou le BTP, qui ont beaucoup contribué à l’effort de guerre de l’occupant, sont quasiment passée à travers l’épuration. Un seul, Marcel Paul-Cavallier, PDG des Hauts-Fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson, a été écarté définitivement pour son fort engagement dans la collaboration, mais il est mort en 1946 ce qui a l’empêché de participer aux amnisties qui ont suivi.

Idem pour la construction mécanique, l’industrie électrique, la métallurgie : "Les dirigeants des grands groupes de la construction électrique comme Thomson-Houston, la Compagnie générale d’électricité ou Alsthom ne sont pas non plus touchés. Dans l’industrie des métaux ferreux et non ferreux, rien ne change chez Alais Froges et Camargue (AFC-Pechiney) pourtant très impliqué dans les contrats de livraison de bauxite et d’aluminium à l’Allemagne: le vice-PDG d’AFC Raoul de Vitry se serait ainsi dans les derniers mois de l’Occupation suffisamment engagé en faveur de la Résistance pour ne pas être véritablement inquiété", résume Hervé Joly dans l’article "Mobilités patronales dans l’après-guerre et impact de l’épuration". La chimie est un peu plus touchée au niveau des dirigeants, mais pas des actionnaires évidemment.

affiche vichy

Dans le Maine-et-Loire, par exemple, une étude a montré que "53,4 % des établissements de plus de 100 salariés de l’industrie ou du bâtiment travaux publics (BTP) (soit 31 établissements sur 58) et 73,7 % de ceux comptant un effectif supérieur à 200 (soit 14 établissements sur 19) ont dû justifier leur attitude sous Vichy". Beaucoup de patrons ont été inquiétés pour les profits réalisés grâce aux Allemands, mais il est évident que beaucoup sont passés entre les gouttes, et que ceux qui ont été sanctionnés ont eu des peines à la lourdeur très limitée [12].

Dans le Nord, où les houllières ont accéléré les cadences au maximum pour répondre aux demandes de l’occupant, la Commission Interprofessionnelle d’épuration des entreprises a fait un bilan de son action fin mai 1945 : "elle avait examiné 800 dossiers sur les 1000 qui lui avaient été présentés, pris 600 décisions, 42 sanctions : 18 suspensions, 11 déplacements, 11 rétrogradations, 2 licenciements"[13].

Seuls les secteurs nationalisés ont senti de réels changements de personnels dirigeants, mais pour des raisons politiques en général.

L’épuration dans le domaine économique a donc été minimaliste, particulièrement en France. En 2007, un article scientifique d’Hervé Joly intitulé « Un grand patronat français peu renouvelé à la Libération » revient sur cette question.

2019-09-08 13_55_18-Georges Villiers, Président du Conseil Narional du Patronat CNPF,

En 1946 le CNPF, le Conseil National du patronat Français, est créé (c’est le Medef aujourd’hui). Si on met à sa tête un petit patron à qui on a pu mettre l’étiquette de "résistant" bien qu’il ait été nommé maire de Lyon par Pétain, autour de lui plusieurs collaborateurs et membres de l’extrême droite dirigeaient le syndicat patronal.

Comme Pierre de La Lande de Calan, ex directeur de cabinet du ministre de la production industrielle de Vichy qui est vice-président du CNPF, Pierre Ricard ou André Boutemy [14]. Le rôle de cet ancien patron des RG sous Vichy auprès de son ami Georges Villiers était la lutte contre les communistes et le financement des candidats politiques qui convenaient aux patrons. Le tout, sous couverture d’un « Centre d’études administratives et économiques » installé dans les locaux du CNPF rue de Penthièvre, créé dès 1945 afin de "centraliser le financement patronal, dispersé à la Libération en plusieurs structures concurrentes[15].

Autour de lui, Boutemy, le "porteur de valises du patronat", recrute d’autres vichystes comme les préfets Henry Cado qui était très proche de Bousquet et a dirigé la Sûreté sous Vichy, et André-Paul Sadon, qui distribuaient l’argent à tous les politiques non communistes [16]. Selon l’historienne Georgette Elgey, dont les travaux sont cités par Jean Garrigues, "l’équipe Boutemy aurait dépensé entre cinq et six milliards de francs de 1946 à 1952, dont un milliard pour la seule élection de 1951, à l’issue de laquelle on fait circuler à l’Assemblée une liste de 160 députés « chéquards ». « Il est exact que j’ai distribué beaucoup d’argent. Je ne me souviens plus de qui je le tenais, mais je me souviens fort bien à qui je l’ai donné », dira-t-il en février 1953, en guise de menace pour ceux qui lui voudraient du mal".

Les différents groupuscules ou partis politiques (tous anti communistes) faisaient parfois carrément leurs demandes écrites de financement auprès du CNPF et de Boutemy. Cela, au nom de la lutte contre les communistes, bien-sûr.

Citons rapidement quelques cas assez emblématiques bien que trop peu connus de dirigeants d’industries qui ont activement soutenu Hitler, puis collaboré durant la guerre, avant de se revenir très rapidement dans le business.

  • la cagoule procèsFrançois Lehideux : ce membre de la synarchie, membre de la Cagoule (qui a entre autres tenté un coup d’Etat en 1937), dirigeant de la banque Worms, neveu de Louis Renault grand fan d’Hitler, a sous Vichy été secrétaire d’Etat à la production industrielle, et a été selon les sources d’Annie Lacroix-Riz activement protégé par les US, qui ont tout fait pour lui éviter des sanctions à la Libération. Elle explique notamment que Lehideux "fut investi officieusement par les Américains dès l’été 1944 des fonctions de conseiller économique pour la reconstruction française. Il ne put échapper à un séjour à Fresnes, que les incessantes pressions américaines réduisirent cependant à seize mois, après quoi il poursuivit à partir de 1950 sa brillante carrière dans l’industrie automobile : à la tête de la filiale française de la firme américaine Ford, il fit triompher les méthodes de guerre de classe qui avaient assuré sa promotion politique avant-guerre".

  • Eugène Schueller, le patron de l’Oréal, a quant à lui financé et dirigé la Cagoule, interdite en 1937 après quelques attentats. En 1941, avec Deloncle, il met en place une Légion des Volontaires Français (LVF, sous-traitante des Waffen-SS), pour aider Hitler sur le Front de l’Est. Il a bien-sûr continué ses activités après-guerre, et employé parmi les dirigeants d’ancien Collabos comme Jacques Corrèze, condamné à 10 ans de travaux forcés en 1948, recruté chez l’Oréal en 1950, puis amnistié en 1959 et même réhabilité en 1966 [17]. Grâce à divers témoignages (notamment de la part de Mitterrand ou de son futur gendre André Bettancourt) et parce qu’il avait penché du côté de Gaulle après la défaite des Nazis, Schueller a échappé à toute condamnation à la Libération et a même reçu la croix de Guerre ainsi que la Légion d‘Honneur ! Il faut dire que dès 1945, Schueller a embauché Mitterrand à l’Oréal (comme moult anciens cagoulards comme Filliol, Jacques Corrèze, Jean Leguay…) et comme PDG des éditions du Rond-Point qui dépendaient de l’Oréal (et directeur du magazine Votre beauté).
  • Henry Vuitton : le frère aîné du patron de la maison Vuitton a bénéficié de faveurs du gouvernement de Vichy, en même temps que les affaires de la maison Vuitton dirigée par Gaston florissaient. En 1942 il a reçu la francisque, la plus haute décoration du régime, et prête serment de fidélité au Maréchal. Il est également très ami avec des officiers vichystes et de la gestapo. C’est grâce à lui que l’entreprise familiale a pu fournir Vichy en "goodies" et autres objets de propagande fasciste comme, par exemple, les 2500 bustes de Pétain. L’entreprise a même été la seule à rester à l’hôtel du parc à Vichy, qui était l’Elysée de Pétain. Henry s’est fait discret après la libération, et Vuitton a, comme on le sait, continué le business. L’affaire est peu connue, et pour cause : en 2011 le magazine Géo Histoire a bloqué un article sur le sujet, probablement par peur de perdre des recettes publicitaires.
  • 2019-09-08 14_11_34-Les frères Lumière ont-ils collaboré pendant l'Occupation _ - OperaAuguste et Louis Lumière : on connaît les frères Auguste et Louis Lumière, qui ont "inventé" le cinéma à Lyon. Deux icônes locales, encore aujourd’hui, dont les portraits ornent des murs entiers de la ville. En 1941, pourtant, Auguste, proche du Parti populaire Français de Doriot, siégeait au conseil municipal de Lyon, mis en place par le régime de Vichy. Louis lumière s’est engagé en faveur de Mussolini dans les années 30. En novembre 1940, Louis écrit dans un canard vichyste local : "Ce serait une grande faute de refuser le régime de collaboration dont le maréchal Pétain a parlé dans ses admirables messages. Auguste Lumière, mon frère, dans des pages où il exalte le prestige incomparable, le courage indompté, l'ardeur juvénile du Maréchal Pétain et son sens des réalités qui doivent sauver la patrie, a écrit : "Pour que l'ère tant désirée de concorde européenne survienne, il faut évidemment, que les conditions imposées par le vainqueur ne laissent pas un ferment d'hostilité irréductible contre lui. Mais nul ne saurait mieux atteindre ce but que notre admirable Chef d'État, aidé par Pierre Laval qui nous a donné déjà tant de preuves de sa clairvoyance, de son habileté et de son dévouement aux vrais intérêts du pays." Je partage cette manière de voir. Je fais entièrement mienne cette déclaration". L’entreprise a perduré après la guerre, sans aucune difficulté.

  • Marius Berliet : encore très connue à Lyon, la famille Berliet a commencé dans le textile, puis a continué dans l’automobile. Les usines ont été placées sous séquestre à la Libération, Marius Berliet et ses deux fils, Paul et Jean, ont été arrêtés et "frappés d’indignité nationale à vie", avant que le jugement ne soit cassé par le Conseil d’Etat. Au procès, il a été reproché à Berliet d’avoir livré jusqu’à 899 camions aux Allemands en 1943, d’avoir envoyé des équipes d’ouvriers en Allemagne, d’avoir été très proche de Jacques Doriot le leader du parti populaire Français (ultra collaborationniste) dont il avait employé certains membres, et d’avoir livré un de ses ouvriers à la Gestapo (ce qui a été confirmé) [18]. La famille a récupéré l’entreprise en 1939, puis l’a revendue dans les années 70. On notera qu’une fille de Paul Berliet s’est mariée avec un fils de la famille Mérieux (Sanofi, Biomérieux…), et pour l’anecdote leur enfant Christophe a été enlevé en décembre 1975, à l’âge de 9 ans, par des membres du gang des lyonnais, qui le rendent contre 20 millions de F [19], dont une grande partie se sont évaporés.
  • fritz-schlumpf-ef66af60-8719-4cf8-9f51-49bf3140543-resize-750Fritz Schlumpf : dans les années 30, lui et son frère étaient parmi les plus puissants financiers français. Et ils aimaient beaucoup les idées d’Hitler. Dans son usine textile près de Mulhouse, Schlumpf "exécutait avec zèle le salut nazi dans son entreprise et crut de bonne politique de télégraphier ses félicitations à Hitler après l'attentat manqué de juillet 1944", rapporte L’Express en novembre 1995. Il n’a jamais été inquiété après la guerre. En plus de leur empire dans le textile, lui et son frère ont mis des billes dans le vin et dans l’immobilier. Quand vint la crise du textile, les Schlumpf ont été séquestrés 3 jours dans leur villa à l’occasion d’un conflit social. Lors de la faillite d’une de ses usines, les syndicats avaient demandé la revente de sa collection de voitures anciennes.

  • Gaston Gallimard : si un certain nombre d’éditeurs français franchement collabos, prompts à "aryaniser" leurs catalogues et à profiter de la spoliation des maisons d’éditions appartenant à des juifs (Calmann-Lévy, Offenstadt…), ont eu quelques ennuis à la Libération, Gaston Gallimard s’en est tiré à bon compte. Pendant la guerre le nazi Drieu La Rochelle a dirigé les éditions NRF (créées par Gallimard)[20] et poursuivi grâce au soutien d’Otto Abetz, ambassadeur allemand en France, la publication de La Nouvelle Revue Française. Gaston Gallimard dînait aussi avec des officiers allemands. Il a eu la chance d’être soutenu par des écrivains proches de la résistance et / ou de la gauche, ce qui lui permet d’éviter de rendre des comptes et de racheter d’autres maisons d’éditions.

Au-delà des patrons collaborationnistes, de nombreuses entreprises qui ont largement contribué à l’effort de guerre Allemand et se ont enrichies pendant la guerre (et leurs actionnaires avec), parfois grâce au travail des prisonniers dans les camps, existent toujours et sont même devenues des multinationales importantes. En Allemagne on peut citer la Deutsche Bank bien-sûr, mais aussi IG Farben qui a continué ses activités jusqu’en 2003 malgré un démembrement en quatre entités que sont BASF, Bayer (récemment fusionné avec Monsanto, et qui achetait des "lots" de femmes prisonnières à Auschwitz), Hoechst et Agfa. Il y a aussi Mercedes, Audi, Volkswagen, Adidas, Hugo Boss, Bosch…

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Récemment, c’est le multimilliardaire patron d’Ikea, qui a été épinglé pour son passé nazi. Apparemment, on ne savait pas encore tout, 70 ans après la guerre.

Mais on peut s’interroger : ces gens ont-ils pu renier leurs valeurs fascistes et/ou nazies d’un coup après la guerre ?

Ou est-ce que vieux délire, cette antienne du "arbeit macht frei", "le travail rend libre", est toujours d’actualité ?

Les nazis n’ont plus d’uniformes, ils ont des costumes de banquiers, de politiciens ultralibéraux. Comme sarkoléon pour qui "Le travail c'est la liberté" [21], ou le micron qui veut nous "libérer par le travail", ils sont prêts à réduire les peuples en esclavage pour une place en haut de la hiérarchie.



[1] Son arrivée a été mentionnée en grande pompe dans la presse locale, en tant que « représentant personnel du président Roosevelt ». Il venait en fait sous l’étiquette de l’OSS, devenue ensuite la CIA. Les Nazis avaient placé des agents parmi son personnel de maison, et ses conversations téléphoniques étaient interceptées par els services Suisses.

[2] Un rapport du Congrès Juif mondial a annoncé en 1997 que 85% de l’or des nazis, dont une partie provenait des spoliations des biens des Juifs, avaient été blanchis en Suisse avant de transiter vers d’autres pays. En gros, les banques suisses ont fonctionné comme un paradis fiscal dédié aux Nazis. Les chiffres annoncés semblent cependant assez bas : "Sur les 8,5 milliards de dollars en or, au cours actuel, pillé aux banques centrales des pays occupés et aux juifs d'Europe, 5,2 milliards auraient été «lavés» en Suisse", rapportait Libération le 8 octobre 1997.

[3] On revient d’ailleurs là sur ce très vieux débat de la séparation des banques d’affaires, qui peuvent investir dans la bourse, spéculer etc., et des banques de dépôt qui reçoivent l’épargne et sont censées prêter aux particuliers et aux entreprises. La bonne gestion nécessite une séparation des deux, d’ailleurs la crise de 2006 l’a encore montré. Mais les milieux financiers veulent profiter de l’argent sûr et frais des épargnants pour spéculer (et perdre, mais comme ils sont alors « too big to fail », trop gros pour tomber, eh bien ces établissements sont renfloués avec l’argent des contribuables. Bref, en 1945, la loi de nationalisation a séparé les banques de dépôt et d’affaires.

[4] Le plan Young était un prêt américain aux pays européens touchés par la crise. La BRI a été créée, nous a-t-on dit, pour gérer la distribution des fonds aux pays qui remplissaient bien les critères imposés par Washington. Et pour distribuer les réparations Allemandes, mais l’Allemagne n’a jamais payé.

[5] A l’origine cependant, la Réserve fédérale US n’a pas été actionnaire, mais 3 banques US l’étaient, avec 16.000 actions chacune : JP Morgan, First National Bank of New York et First National Bank of Chicago. A l’origine il y avait aussi les banques centrales anglaise, belge, française, italienne et allemande. Le capital était de 500 millions de France Suisses, répartis en 200.000 actions.

[6] Selon Christopher Simpson dans son livre « The Splendid Blond Beast: Money, Law, and Genocide in the Twentieth Century », McKittrick était référencé dans les carnets de Dulles à l’oSS sous le numéro 644 et donnait régulièrement des informations ainsi que divers services pour la station de l’OSS à Berne, où était justement nommé Allen Dulles comme chef de station. Roger Auboin, lui, possédait le numéro 651 avec le nom de code « General Manager B ».

[7] Marié à une fille de banquier, Von Schröder est passé de l’armée, qu’il a quittée après la 1ère guerre, aux affaires. Il est vite devenu membre de plusieurs conseils d’administration et dirigeant de la banque JH Stein de Cologne, une de ces banques régionales puissantes en Allemagne, qui finançait l’industrie de la Ruhr. Très proche d’Himmler, membre du parti nazi et de la Gestapo, Von Schröder s’est est tiré au procès de Nuremberg avec une peine dérisoire, qu’il a réussi à minimiser quelques années plus tard.

[8] Dans les statuts de la BRI, il est par exemple précisé que "Les biens et avoirs de la Banque, où qu’ils se trouvent et quels qu’en soient les détenteurs, bénéficient de l’immunité d’exécution (notamment à l’égard de toute mesure de saisie, séquestre, blocage ou d’autres mesures d’exécution forcée ou de sûreté) (…) ;

3) Les dépôts confiés à la Banque, toute créance sur la Banque, ainsi que les actions émises par la Banque, où qu’ils se trouvent et quels qu’en soient les détenteurs, ne pourront faire l’objet, sauf accord exprès préalable de la Banque, d’aucune mesure d’exécution (notamment de saisie, séquestre, blocage ou autres mesures d’exécution forcée ou de sûreté)".

[9] La Deutsche Bundesbank n’a été créée qu’en 1957.

[10] Annie Lacroix-Riz, "Aux origines du carcan européen".

[11] Blessing a occupé le poste de 1958 à 1969.

[12] Selon Marc Bergère dans l’article "Introduction pour une épuration économique à géométrie variable", toujours dans le Maine-et-Loire, "Toutes procédures confondues, on constate que 94 chefs ou dirigeants d’entreprises (de taille très modeste le plus souvent, il est vrai) ont été inquiétés et/ou sanctionnés par une instance d’épuration, soit 4,7 % du patronat local. C’est à la fois peu, – notamment au regard d’un niveau de sanction modéré – pour crier à l’épuration de classe, et trop, pour affirmer qu’ils ont échappé à l’épuration, en particulier au regard de l’impact comparé de l’épuration sur les autres corps sociaux".

[13] Cf. Article de Daniel Laurent, "Sur l'épuration dans le Nord et le Pas-de-Calais" paru en 1975 dans la Revue du Nord.

[14] Nommé sous-préfet de Thonon-les-Bains en octobre 1940, il est devenu directeur des Renseignements Généraux de Vichy en 1941. Il a ensuite été préfet de la Loire en 1943 puis préfet régional de Lyon en 1944. Il a fait un petit tour à Fresnes à la Libération, et malgré quelques ennuis il est blanchi en 1950, et rejoint le CNPF. La consécration survient en 1953 quand il est nommé ministre de la santé publique, jusqu’à ce que les communistes de l’alignent pour ses actes anti résistance pendant la guerre.

[15] Cf. « André Boutemy, une éminence grise de la IVe République » de Jean Garrigues.

[16] Jean Garrigues cite par exemple "ce « plan d’action politique » élaboré par les « Jeunesses radicales, les radicaux socialistes anti-marxistes, les socialistes paul-fauristes, des éléments de l’Alliance démocratique, et des représentants de la cgt », afin d’instaurer un « régime républicain (libéral) » et de « lutter contre le communisme », et présentant à Boutemy un devis détaillé : « 3 millions pour l’organisation du référendum (de mai 1946) et 100 000 francs pour les élections (de juin 1946), 250 000 francs pour les tournées de propagande, etc."

[17] Corrèze, qui a été l’un des dirigeants de la Cagoule qu’il a rejointe en 1936 à 24 ans, a contribué à des spoliations des biens des Juifs pendant la guerre, est mort en 1991, juste après l’ouverture d’une enquête par les Etats-Unis, où il vivait et travaillait pour l’Oréal, sur ses activités pro- Nazies durant la guerre, une semaine après son départ des Etats-Unis et sa démission d’une filiale de l’Oréal.

[18] "Histoire secrète du patronat français", p. 39.

[19] Lors du procès en 1981, l’un des responsables du rapt, Louis Guillaud a déclaré que selon lui, une partie de l’argent devait financer le parti de droite au pouvoir jusqu’en mai 1981.

[20] Ce qui a permis d’éviter à Gallimard d’être gérée par un administrateur allemand.

[21] Discours d’investiture à la tête de l’UMP en janvier 2007.

 

 

Magouilles et corruption des élites - Partie 1 : La 2e Guerre Mondiale, œuvre du fascisme financier - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

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Magouilles et corruption des élites - Partie 2: Le sabotage de la dénazification - donde vamos

Les citoyens relèvent la tête, il est temps de contribuer à diffuser des outils de lecture du monde actuel. Car, si nos dirigeants nous enfoncent dans la mondialisation et l'ultra libéralisme économique et financier, ce n'est pas par pragmatisme (on l'a bien compris au vu des résultats économiques et sociaux désastreux de ces politiques), mais par idéologie.

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Magouilles et corruption des élites - Partie 3 : Recyclage des Nazis et Collabos dans les nouvelles structures (1) - donde vamos

Après avoir vu comment les Nazis ont été aidés par la finance et l'industrie des pays de l'Ouest, et comment on a soigneusement évité de réprimer les Nazis et collabos après la guerre, nous allons voir comment ces Nazis et Collabos ont été recyclés dans les nouvelles structures de l'Etat d'après-guerre.

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13 août 2019

Affaire Epstein - Partie 2 : Un pervers au cœur des réseaux de pouvoir

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Epstein est mort alors qu’il aurait dû être surveillé, et aujourd’hui on ne sait pas si ses complices, ou les clients des filles mineures qu’il prostituait, seront un jour inculpés. Cela n’en prend pas le chemin, mais en tout cas, du tréfonds de leurs vacances, schiappa et taquet, les pieds nickelés de la protection de l’enfance, nous ont sorti un communiqué de presse pour demander "l’ouverture d’une enquête" sur les activités d’Epstein en France [1]. Et les médias français semblent découvrir cette affaire qui dure depuis 10 ans. Grand moment.

 

Cette agitation de shciappa et tacquet est étonnante, car Epstein a forcément des connexions importantes chez nous, pour atterrir et décoller comme il le voulait avec des mineures étrangères. On va y revenir, mais en tout cas ce serait bien la première fois que les politiques cherchent à faire la lumière sur un réseau pédocriminel (n’en déplaise à Castelnaud, grand ami de Bensussan et marié à l’avocate Florence rault qui défend les accusés de pédocriminalité).

Certains doivent être un peu inquiets, dans notre pédoland, mais pas trop car ils savent bien qu’ici, officiellement, les réseaux pédocriminels n’existeront jamais.

On a vu qui était Epstein, son parcours surprenant dans le monde de la finance, on va aborder plus en détail ses différentes activités. La fortune d’Epstein a toujours posé question aux observateurs. Il semblait riche à millions, sans qu’on sache bien d’où provenait cette fortune.

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Epstein avait plusieurs propriétés et deux avions, un Boeing et un jet, ainsi qu’un hélicoptère, qui voyageaient beaucoup, et avec beaucoup de monde. Clinton, par exemple, a fait une vingtaine de voyages avec lui, notamment jusqu’à Hong-Kong, Singapour, la Thaïlande et Brunei [2], ou encore vers une base navale US au Japon où l’avion est resté deux jours [3]. Dans ses avions, Epstein pouvait transporter des mineures et leur faire passer des frontières sans la moindre difficulté, y compris en France.

Son argent lui a servi à financer des campagnes électorales : on a ainsi appris tout récemment que certains d’entre eux avaient reversé l’argent à des associations, comme Stacey Plaskett, députée démocrate des Iles Vierges qui a reçu de l’argent pendant plusieurs années, le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, ou Bill Richardson du Nouveau Mexique, accusé par l’une des victimes d’avoir profité de son exploitation sexuelle.

De 1980 à 2003, la presse US a calculé qu’Epstein aurait donné au moins 139.000$ à des démocrates, dont Clinton. Ce qui semble assez peu vu les sommes révélées récemment. Virginia Roberts, dans ses déclarations, a affirmé qu’Epstein et Maxwell l’ont envoyée très rapidement faire des "massages" à divers politiques, comme Bill Richardson, George Mitchell, ou encore Stephen Kaufman, un autre démocrate. Du coup, ils étaient tous redevables à Epstein. Et les filles étaient aussi envoyées chez des financiers, des patrons de multinationales, des avocats, des acteurs et autres VIP…

Et puis, il a cette ile, aux Iles Vierges, achetée en 1998. Epstein y a même construit un mini temple aux couleurs d’Israël, orné de deux chouettes dorées, dans laquelle il semble qu’il y ait des tunnels. Le FBI y a fait une petite excursion le 12 août.

 

Les connexions

Finance

Ehud Barak devant chez Epstein en 2016

Epstein, dont la justice estime aujourd’hui la fortune à environ 560 millions de dollars (dont 56 en cash), commence donc dans la finance chez Bear Stearns, où il rencontre un tas de businessmans, de banquiers, de politiques et de gens aussi riches qu’influents. Sa fortune a très vite suscité diverses interrogations, car il ne déclare presqu’aucune activité de ses sociétés.

Au sujet de son passage à Bear Stearns, disons qu’il lui a permis de se faire un carnet d’adresses et pas mal d’argent, avant de se faire virer. Selon une procédure qu’il a lancée contre la banque, Epstein détenait environ 176.000 actions de Bear Stearns, pour près de 18 millions de dollars, en août 2007. 

Quand la crise de la banque a commencé en 2007, le cours de l’action s’est effondré mais il a quand-même réussi à en revendre un paquet avant que la banque dévisse  : ce mois-là il a vendu 56.000 actions à 101 $ (elles étaient à près de 160 $ fin avril 2007), puis 120.000 autres en mars 2008 quand la banque a coulé, mais avec de grosses pertes (il a revendu 20.000 actions à 35$ et le reste à 3$). Il aurait aussi perdu 50 millions dans un fonds spéculatif appartenant à Bear Stearns.

Après avoir été viré de Bear Stearns, Epstein lance en 1981 J. Epstein & Co, un fonds de placements qu’il gère pendant quinze ans. C’est à cette époque qu’il se rapproche de Larry Summers, alors président d’Harvard, une université à laquelle Epstein fera de nombreux dons, qui deviendra secrétaire au Trésor de Clinton et conseiller d’Obama. C’’est là aussi qu’il rencontre Alan Dershowitz, ami et fan de Trump[4] qui deviendra son avocat, Leslie Wexner et aussi tout un tas de scientifiques.

 

L’argent de Wexner

wexner

Selon certains, une partie de l’argent d’Epstein vient de Wexner, mais leurs relations d’affaires rentent assez mystérieuses. Dans les années 80, Epstein officie pour Wexner en tant que conseiller financier, et devient en 1991 son chargé de pouvoir [5] dans sa boîte historique, L Brands Inc. mais il est probable qu’il le conseillait surtout sur les moyens d’évasion fiscale [6]. Et certaines mauvaises langues disent que Wexner était le seul client de J Epstein & Co

Autour de 1995, Epstein a aussi été directeur de deux fondations appartenant à Wexner : la Wexner Foundation, qui vise à renforcer la communauté juive et ses leaders, et sa filiale la Wexner Heritage Foundation. Il a aussi été président de la Wexner’s NA Property Inc., une société qui était sur le marché du développement d’une ville près de Colombus.

Wexner affirme aujourd’hui qu’il a coupé les ponts avec son ancien ami depuis ses ennuis judiciaires. Ce qui est étonnant car à ce moment, personne ou presque ne lui a tourné le dos. Et puis, en 2008 Epstein donné 46 millions de dollars à un fonds de charité tenu par la femme de Wexner, tandis qu’en 2011 c’est une maison de Manhattan appartenant à Wexner qui a été transférée à Epstein par un circuit financier offshore [7]. Wexner lui aurait aussi filé son Boeing 727.

Et début août Wexner s’est réveillé d’un coup[8], accusant publiquement Jeffrey Epstein de lui avoir piqué plein de fric (il parle de plus de 46 millions de dollars, mais on est a priori encore loin du compte).

 

Pyramide de Ponzi à 450 millions de dollars

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A la fin des années 80 et jusqu’en 1993, une magnifique fraude s’est déroulée avec Epstein comme protagoniste de premier plan. Ladite fraude a vu la condamnation en 1997 à 20 ans de prison de Steven Hoffenberg, le patron de Towers Financial Corp.. Mais bizarrement Epstein est passé à travers[9] cette procédure.

Du fond de sa prison, Hoffenberg dénonce depuis 2013 son ancien bras droit, Epstein, avec qui il travaillait au quotidien dans les années 80, et l’accuse d’avoir pleinement participé à la pyramide de Ponzi[10] en question. D’ailleurs, il pense qu’une partie des millions d’Epstein viennent de là, ce qui est très probable : 200.000 personnes avaient été touchées, pour plus de 500 millions de dollars.

Hoffenberg déclare que l’argent serait parti dans un fonds créé par Epstein aux Iles Vierges en 1996, le Financial Trust Company. Il a déposé plusieurs plaintes, de même que les victimes, contre Epstein, en vain[11].

Ce qui est certain, c’est qu’une multitude de sociétés écrans (off-shore, qui sont basées dans des paradis fiscaux, des LLC notamment [12]) ont été créées par Epstein –comme l’ont montré les Paradise Papers. Or il est connu que ces sociétés servent quasi exclusivement à frauder et blanchir de l’argent sale. En tant que bon gestionnaire de fortune, Epstein conseillait à ses clients sur les meilleurs chemins de l’évasion fiscale, et probablement que certains de ses secrets se trouvent aussi de ce côté-là.

Jusqu’en 2013, la banque privilégiée d’Epstein était, nous dit-on, JP Morgan. Puis il s’est rabattu sur la Deutsche Bank qui a eu la bonne idée de ne s’interroger qu’en 2018 sur ses différents comptes. Ce qui lui a permis de réaliser de nombreuses transactions, signalées –à contrecœur- aux autorités de régulation pour suspicion de fraude. Epstein aurait ainsi transféré des millons de dollars issus de douzaines de et vers différents comptes via la Deutsche Bank.

L’argent d’Epstein n’est pas que le sien : il joue aussi avec celui des investisseurs dont il gère les actifs. Il y a aussi, très probablement, des détournements d’argent, dont ces pyramides de Ponzi, pourtant très faciles à détecter.

Et puis il y a tout son business offshore, tous ses investissements dans des start-up technologiques.

A cette époque, les affaires d’Epstein sont florissantes. Un article paru en 2002 dans un magazine New Yorkais relate les propos d’un financier de la place de New York à propos d’Epstein : "Il m’a dit une fois qu’il avait 300 personnes qui travaillaient pour lui, et j’ai aussi entendu qu’il gérait l’argent de Rockefeller".

 

Apollo

2019-08-13 12_36_52-Leon Black Plays Down Ties to Jeffrey Epstein but Is Silent on 2011 Deal - The N

Epstein était également proche jusque très récemment des dirigeants d’Apollo Global Management, un des plus gros fonds d’investissements et gestion d’actifs (qui gère notamment les 5 milliards de retraite de fonctionnaires Californiens), en particulier de son patron et co-fondateur Leon Black qu’il connait depuis les années 90. Epstein venait lui rendre visite dans les bureaux pour parler stratégie fiscale avec les dirigeants.

Les liens entre Epstein et Apollo étaient plus étroits que les déclarations des uns et des autres ne le laissent penser aujourd’hui. En 2015, Black a envoyé le co-fondateur d’Apollo Marc Rowan à une réunion au domicile d’Epstein à Manhattan, avec des représentantes du groupe Edmond De Rothschild (Ariane De Rothschild et Cynthia Tobiano), pour discuter d’un rapprochement commercial des deux entreprises.

Par ailleurs, depuis au moins 2001 et jusqu’en 2012, Epstein était directeur de la Leon Black Family Foundation. Mais Black et la fondation disent qu’en fait il est parti en 2007 et qu’il s’agit d’une erreur.

En 2015, Black et Epstein faisaient toujours affaire ensemble : BV70 LLC (une fondation de charité déguisée sous un trust, contrôlée par Black) a reçu 10 millions de dollars de la fondation Epstein, Gratitude Amercia.

Epstein a aussi investi en 2011 dans Environmental Solutions Worldwide (ESW), qui créé des produits de contrôle des émissions, avec plusieurs personnes proches de Leon Black, donts ses quatre enfants. Des directeurs exécutifs d’Apollo son aussi au conseil d’administration de cette société.

ESW a eu quelques ennuis, notamment en 2002 quand la SEC suspectait son président d’alors, Bengt Odner, d’avoir participé au détournement de 15 millions des fonds de l’entreprise [13]. En 2011, ESW qui a déclaré un chiffre d’affaires de 12 millions de dollars à peine, a aussi déclaré 9 millions de pertes. A partir de 2015 plus aucun bilan n’a été publié.

 

Les fondations

2019-08-06 17_58_59-Home - Wexner Foundation - Opera

Sur l’aspect financier des magouilles d’Epstein, il faut aussi mentionner ses fondations, en plus de celles qu’il a gérées, notamment pour Wexner ou Black. On peut parler d’un petit empire de la philanthropie, ce truc indispensable aux riches pour compléter leur panoplie de VIP. Difficile de dire combien il en possède, puisqu’elles sont hébergées aux Iles Vierges et fonctionnent comme des sociétés offshore lambda. L’argent est distribué de tous les côtés : à des programmes de recherche, à des associations, à des fondations appartenant à ses copains, et on ne sait où.

Il y a la maison mère, la Jeffrey Epstein VI Foundation créée en 2000 aux Iles Vierges. Il y a aussi Enhanced Education crée en 2002 et Gratitude America Ltd, créée en 2012, les deux aux Iles Vierges. L’objectif de Gratitude America [14] est de financer des "organisations dans le monde qui cherchent à célébrer les Etats-Unis d’Amérique et les Idéaux Américains" (sic.).

En 2016 et 2017 elle a financé une école orthodoxe juive huppée de filles à Manhattan, un programme de tennis pour les jeunes, une crèche d’Harlem, une association de lutte contre le cancer, la troupe de théâtre d’Harvard, à la Kuhl Foundation, au MIT et d’autres programmes divers et variés. En 2016 et 2017, Gratitude America a aussi donné 100.000 et 50.000$ à la Bruce and Marsha Moskowitz Foundation, appartenant à un proche de Trump qui interfère dans la politique nationale et qui figure aussi dans le carnet d’adresses d’Epstein.

A un moment, il a aussi eu la C.O.U.Q. Foundation, qui a existé de 1999 à 2012 et a donné 25.000$ à la fondation des Clinton, la J. Epstein Virgin Islands Foundation, ou encore Epstein Interests active de 1992 à 2013, gérées par les mêmes personnes qui changent de rôle de temps en temps, et dont les fonds se déplacent d’une structure à l’autre. Une partie de l’argent finissait dans des campagnes électorales.

Epstein a déclaré que sa fondation avait donné à plus d’une centaine d’organisations depuis 2008, année où il a plaidé coupable des faits de recours à la prostitution. De 2015 à 2017 il dit que sa fondation Gratitude America Ltd. a donné 1,84 millions à plusieurs associations du pays. Mais selon les médias, plusieurs de ces associations qui auraient été bénéficiaires des largesses d’Epstein disent qu’elles n’ont rien reçu, ou alors beaucoup moins qu’annoncé.

La C.O.U.Q aurait aussi donné 500.000$ en 2007 à la Ramaz School de New York, où son avocat Jay Lefkowitz (également conseiller des deux Bush)est impliqué, ou 250.000$ à la fondation for Criminal Justice, dont un autre de ses avocats, Gerald Lefcourt, était membre du conseil d’administration.

Début 2008, Epstein a versé 46 millions de dollars à la fondation de Wexner YLK, qui déclare pourtant qu’à cette époque il avait déjà pris ses distances. La YLK, créée par Mme Wexner en décembre 2007, ne subventionnait apparemment que la Columbus Foundation, qui finance elle-même des initiatives pour "renforcer la communauté". YLK a fermé dès 2009, et ses actifs ont été transférés au Wexner Family Charitable Fund.

Les circuits financiers liés aux transferts d’argents via ces fondations ressemblent à ceux du blanchiment d’argent et de l’évasion fiscale.

 

Mafia

roy cohn et trump

Si les connexions de Trump avec la mafia depuis ses débuts dans l’immobilier commencent à être connues, celles d’Epstein le sont moins. Pourtant, à ses débuts Epstein était entouré de gens qui avaient gravité dans l’entourage d’un sulfureux avocat, Roy Cohn, gay –bien qu’il condamnait publiquement l’homosexualité puisqu’il était de droite- et anticommuniste mais surtout maître chanteur. Parmi ces personnes, Trump n’était pas le dernier, et a été lui-même très proche de Roy Cohn (mort en 1986).

Mais il y avait aussi le magnat des médias Rupert Murdoch, Alan Dershowitz ou Mort Zuckerman (autre propriétaire de médias). Cohn, qui avait été l’assistant du sénateur McCarthy, aimait aussi les people et était très proche de la mafia juive, menée à son époque par Meyer Lansky, et d’autres mafieux enrichis grâce à la prohibition, Lewis Rosenstiel et son partenaire Samuel Bronfman, ainsi que de gens du Congrès Juif Mondial et du B’naï B’rith.

Dans les années 50 et 60, Cohn et Rosenstiel organisaient des soirées qui leur permettaient de faire chanter des personnalités. Par exemple en 1958 au Plaza Hotel de Manhattan, suite 233. Hoover y était, habillé en drag queen, et des adolescents mineurs également. Cohn, Hoover et Rosenstiel ont eu des relations sexuelles avec eux.

Hoover se serait fait avoir au moins 2 fois par Cohn et Rosenstiel. Les deux fois, il y avait des garçons mineurs avec lesquels il a eu des rapports sexuels. Cohn a déclaré à James Rothstein, du NYPD, chef de la division trafic humain et mœurs, qu’il faisait partie d’une organisation chargée d’organiser le chantage sur des politiciens, à l’aide de mineurs prostitués, et son rôle était de faire venir les garçons et d’amener les cibles mêmes réticentes à passer à l’acte.

Selon lui, cette opération de chantage s’inscrivait dans le cadre de la lutte anti communiste de l’époque, même si les soirées qu’il organisait et ses chantages ont duré jusqu’aux années 80.

Cohn évoque aussi un lien avec le Watergate avec l’épisode méconnu du vol d’un "blackbook" au parti démocrate avec les noms de politiciens pédos des deux partis. Cohn était proche du cardinal Spellman, du Diocèse de New York, gay également et qui était présent à au moins une des partouzes au Plaza de Manhattan. On notera que Trump a ensuite racheté le Plazza Manhattan, où il a organisé des soirées dans les années 90, avec de la coke, de très jeunes mannequins, et qui finissaient en partouzes.

Les informations étaient remontées aux renseignements US et à la mafia, bien-sûr.

Il se trouve que les soirées d’Epstein ressemblent beaucoup à ce schéma.

 

Mannequins

Depuis les années 80, quand il se faisait passer pour un recruteur de modèles pour la marque Victoria Secrets de son ami Wexner, Epstein apprécie le milieu du mannequinat.

 

Jean-Luc-Brunel

BRUNEL 1

Un de ses amis d’antan, Jean-Luc Brunel (ils sont brouillés depuis [15]), présent à moult partouzes, selon les déclarations de plusieurs victimes et selon les messages entre lui et Epstein qui ont été saisis. Brunel est le fondateur et propriétaire à 85% (en 2010) de l’agence de mannequine MC2 Models [16], basée à Miami et Tel Aviv. Il dit avoir découvert Monica Bellucci, Sharon Stone, Jerry Hall  et bien d’autres stars des podiums. Avant cela, il dirigeait Karin Models, également basée à Paris.

Selon Virginia Roberts et d’autres témoins, il a procuré de nombreuses filles étrangères à Epstein (et à d’autres) via son agence de mannequins, et Epstein s’est vanté devant elle d’avoir "couché avec plus de 1.000 filles de Brunel". Certaines de ces filles fournies par Brunel étaient mineures, et c’est lui qui emmenait les plus jeunes aux soirées d’Epstein.

Virginia Roberts a déclaré en 2015 devant le tribunal qu’elle a été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui de nombreuses fois entre ses 16 et ses 19 ans, année où elle a quitté le réseau. Ces faits ont eu lieu à Paris, dans le sud de la France, aux USA, et aux orgies sur l’ile privée d’Epstein aux Iles Vierges.

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"Il était un autre des contacts puissants d’Epstein qui avait de nombreux contacts avec des filles jeunes partout dans le monde. En fait, la seule similarité avec Epstein et leur seul lien en amitié semblait être que Brunel pouvait trouver des douzaines de filles mineures et nourrir le solide appétit d’Epstein (et Maxwell) pour les rapports sexuels avec des mineures", a-t-elle précisé sous serment.

Selon elle, Brunel semblait avoir un "arrangement avec le gouvernement américain" pour obtenir des passeports et d’autres documents de voyage pour des filles, âgées de 12 à 24 ans, qu’il amenait aux Etats-Unis pour des objectifs d’exploitation sexuelle.

En fait, il ne gérait pas vraiment l’agence, et passait son temps comme recruteur, pour repérer des filles à travers le monde et leur proposer un boulot de modèle.

Puis, il en rabattait certaines vers les soirées d’Epstein ou les massages. En 2005 quand Brunel a créé l’agence MC2 Model & Talent, Epstein y aurait investi 2 millions de dollars. Brunel a nié tout financement de l’agence par Epstein, mais Maritza Velasquez, une ancienne collaboratrice a déclaré aux enquêteurs que Brunel lui avait confié qu’Epstein finançait les appartements pour les filles, assurait les liquidités quand il le fallait etc. Et Brunel vivait dans un appartement d’Epstein. Elle se souvient aussi qu’Epstein était en colère quand elle n’a pas réussi à obtenir un visa pour faire venir Nadia Marcinkova, alors âgée de 14 ans. Marcinkova qui est devenue l’une des principales rabatteuses d’Epstein.

Voilà une drôle d’agence, qui a besoin de financements privés pour assurer son activité quotidienne [17], pendant que de grosses sommes d’argent étaient transférées aux Iles Vierges.

2019-08-13 12_44_57-Enquête sur Jean-Luc Brunel, l’ami français de Jeffrey Epstein _ Mediapart - Ope

L’ancienne collaboratrice de Brunel entendue par les enquêteurs mentionne les liens de Brunel et Epstein avec le brésil, où ils se procuraient des filles. Elle explique que les filles étaient payées 100.0000$, parfois 200.000$, mais quand elles revenaient de ces quelques jours avec la bande de tarés, elles ne voulaient plus jamais travailler pour ce genre de types.

Les deux ont aussi effectué de nombreux voyages dans les avions d’Epstein et Brunel est allé lui rendre visite en prison. Un message manuscrit de Brunel à Epstein montre qu’il lui a réclamé une mineure de 16 ans pas blonde, sachant donner des leçons de Russe "gratuitement".

Avant de lancer MC2, Brunel grouillait déjà à Paris dans le milieu du mannequinat, et avait créé dans les années 70 une agence appelée Karin, devenue Karin Paris. A l’époque, selon le livre d’un certain Michael Gross paru en 1995, Brunel était « considéré comme un danger », qui aimait « la drogue et les viols silencieux » parce que « ça l’excite ». Une Néo-Zélandaise que Brunel avait recrutée à 17 ans et ramenée à Paris a raconté qu’il avait mis fin à sa carrière en répandant partout le bruit qu’elle était accro à la coke, après qu’elle ait refusé de coucher avec lui.

Il était réputé pour violer les filles, avec son bras droit, un dénommé Claude Haddad, qui pouvait se vanter de droguer et violer des filles de 13 ans. Une journaliste qui a enquêté sur cette affaire a entendu cinq femmes qui ont déclaré avoir été agressées sexuellement par Brunel et/ou Haddad.

Brunel a aussi travaillé pour l’agence Ford, qui l’a viré quand les rumeurs à son sujet sont devenues trop importantes.

En 2017 Brunel a porté plainte contre Epstein pour lui avoir fait perdre des millions et l’avoir plongé une dépression à cause de la mauvaise pub que lui faisaient les ennuis judiciaires du fan de massages. Bref, on commence à s'amuser et même Médiapart a enfin parlé de lui dans un long article.

 

Trump Models

2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and his

Trump lui aussi avait créé son agence de mannequins, appelée Trump Model Management, en 1999. La boîte amenait des filles aux Etats-Unis depuis l’étranger, notamment l’Europe de l’est et la Russie avec des visas de tourisme, ce qui signifie qu’elles n’avaient pas le droit d’y travailler. Pourtant, certaines y restaient plusieurs années de suite.

Trump en détenait 85% et l’agence lui rapportait environ 2 millions par an.

Dans les années 80 et 90, Trump était aussi un grand ami de John Cassablancas, patron de l’agence Elite qu’il avait fondée en 1972, qui couchait avec ses recrues mineures au vu et au su de tous [18]. Cassablancas trainait également avec Brunel et Haddad.

En 1996, Trump a racheté la franchise du concours Miss Univers, et en 1999 il a lancé l’agence T-models, devenue ensuite Trump Model Management.

Puis, il a décidé de lancer sa propre fille dans le mannequinat, et à l’âge de 13 ans elle signait chez Elite (dont Trump connaissait parfaitement la réputation) où elle a mené une courte carrière. Quant à lui, il trainait dans les jurys des concours organisés par l’agence avant de lancer les siens, comme Trump Realty Brazil (au Brésil) au conseil d’administration duquel il y avait Cassablancas.

 

Peter Listerman

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Citoyen Russe, il serait l’un des rabatteurs d’Epstein, et allait chercher les victimes dans les collèges et lycées. Il est réputé pour mettre en relation des types riches et de jeunes mannequins depuis des dizaines d’années, et s’en vantait lui-même dans des interviews.

Il ramenait des filles depuis l’Ukraine et la Russie pour les faire travailler dans des agences d’escorts pour VIP. Selon un article du New York Post, il a été vu alors qu’il rendait visite à Epstein, mais lui nie tout lien.

Il parle des filles qu’il livre aux VIP comme des « chicken » (terme qu’on retrouve dans le Pizzagate) ou des "génisses".

En 2009 dans un tabloïd Russe il a dit "Mes clients d'Hollywood et les oligarques sont lassés des filles moscovites, américaines ou européennes émancipées, qui ressemblent à des robots.L Tout le monde en a marre de ces filles démoniaques, ils veulent de la douceur et du romantisme".

Selon le témoignage d’une mannequin qu’il l’a rencontré à 14 ans, Kristina Goncharova, Listerman lui a demandé de très nombreuses fois si elle était d’accord pour un mariage. D’ailleurs, il dit organiser des mariages entre types riches et jeunes filles des payes de l’Est.

 

Sciences

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En bon mégalo, Epstein était fasciné par l’eugénisme, même si ça prend la forme de recherches sur l’ADN et l’ingénierie génétique, ou sur le transhumanisme. Pour financer ses délires, il a créé sa fondation en 2000, la Jeffrey Epstein VI Foundation, qui investit dans la science et un peu dans l’éducation : neurosciences, intelligence artificielle, physique, intelligence artificielle…

On a même appris qu’il comptait transformer son ranch en usine à bébés, avec son ADN évidemment, et qu’il voulait se faire cryogéniser le pénis. C’était même, semble-t-il, un grand sujet de discussion avec ses amis scientifiques.

Il a fait dès les années 90 des chèques à l’université de Harvard, dirigée alors par son ami Lawrence Summers, pour financer des programmes de recherches menés par ses amis scientifiques.

Parmi ses investissements dans la science :

Epstein a aussi de nombreuses fréquentations parmi les scientifiques les plus éminents aux Etats-Unis et ailleurs (liste partielle sur son ancien site) :

  • Stephen HAWKING qui est venu aux Iles Vierges.
  • Marvin MINSKY, spécialisé dans l’IA. Virginia Roberts déclare qu’Epstein lui a demandé d’avoir des relations sexuelles avec lui sur son île.
  • Ben GOERTZEL d’OpenCog Foundation à Hong-Kong.
  • Joscha BACH et le MicroPsi 2 Project.
  • Stephen M KOSSLYN.
  • Martin A NOWAK, qui a dirigé le programme d’Harvard sur la biologie mathématique et l’évolution dynamique. Au sujet d’EPSTEIN, NOWARK avait déclaré en 2003 : « Je suis stupéfait par les connexions qu’il a dans le monde scientifique. Il connaît un nombre incroyable de scientifiques. Il connaît tout le monde ».
  • Lawrence H SUMMERS, président d’Harvard de 2001 à 2006 et futur secrétaire d’Etat au Trésor sous CLINTON. Sous son mandat à Harvard, EPSTEIN aurait donné au moins 25 millions de dollars au programme for Evolutionary Dynamics.
  • Eric LANDER
  • George CHURCH, spécialiste de la physique moléculaire.
  • David GROSS, physicien
  • Frank WILCZEK, physicien au MIT et partenaire de GROSS.

 

Renseignements

2019-07-30 20_56_30-LAlex Acosta, U

Epstein est en cheville avec les services de renseignements US et américains, a minima. Alexander Acosta, le procureur qui lui a permis de s’en tirer grâce à un accord illégal en 2008, a déclaré qu’il a agi de la sorte parce qu’on lui avait dit qu’Epstein appartenait aux renseignements et qu’il fallait le laisser tranquille. C’est du moins ce qu’il a expliqué à l’équipe Trump quand il a été recruté comme ministre du Travail. Il a été viré le 12 juillet suite au scandale, justement pour son rôle dans l’exonération d’Epstein.

De quels renseignements parle-t-il ? probablement des services US, FBI, CIA ou autre. Car même en travaillant, comme on va le voir, pour les israéliens, Epstein n’aurait jamais bénéficié d’une telle impunité s’il n’avait pas aussi rencardé les services de sa terre natale –et de domiciliation.

Selon Robert Steele, ex agent de la CIA, Epstein travaillait à la fois pour le Mossad et la CIA. Son but était de coincer et de faire chanter des personnalités politiques. Et il est assez évident que si les israéliens avaient été les seuls à bénéficiers des tuyaux et magouilles d’Epstein, son impunité aurait été de beaucoup plus courte durée.

Le FBI a publié une partie de ses dossiers concernant Epstein, mais ils sont tellement caviardés que cela en devient suspect. Mais on y découvre tout de même qu’Epstein serait devenu un "informateur" du FBI dans l’espoir d’éteindre la procédure de 2005-2008. D’ailleurs l’enquête fédérale a son sujet a été close quand Epstein a donné des "informations" au FBI sur les malversations –qu’il connaît bien- de la banque Bear Stearns.

2019-08-13 12_51_02-Our Team - Carbyne - Opera

Il a aussi les liens d’Epstein avec des politiciens et membres des services israéliens, via des investissements dans des start-up de nouvelles technologies proches des renseignements, comme Carbyne Ltd, dans laquelle il a investi avec Ehud Barak, ex premier ministre israélien et président de Carbyne, qui espère faire son retour en politique aux prochaines législatives en Israël [20]. Carbyne, basée à Tel-Aviv et à New-York, a été créée en 2014 pour développer des technologies de communication ultra rapides pour agir en cas de crise, en utilisant toutes les sources de données disponibles. Ehud Barak et Jeffrey Epstein y ont investi dès 2015.

Celle qui occupe le poste de directrice dans cette boîte est Nicole Junkermann, ancien mannequin née en Allemagne, elle a grandi à Marbella, étudié le business à Monaco puis à Harvard, et est aujourd’hui installée à Londres. D’après les carnets de bord des pilotes d’Epstein, elle a voyagé deux fois seule avec Epstein en 2002 (trajet le Bourget – Birmingham) et une fois en mars 2002 avec deux autres passagers. Comme elle avait déjà 27 ans, il est peu probable qu’Epstein cherchait à lui sauter dessus.

Elle a co-fondé en 1998 Winamax (paris de foot en ligne revendu en 2001) et d’un fonds de capital-risque axé sur le sport, United Sports, en 2005. « Depuis 2011, elle est revenue à ses racines dans l’innovation numérique et les technologies expérimentales – des domaines tels que la robotique, le génome, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle », mentionne sa page sur le site de Carbyne. Elle possède un fonds d’investissement, NJF Capital Ltd., qui possède des actifs ou la totalité d’une trentaine de start-ups et réalise des investissements avec des personnalités de la Silicon Valley comme Eric Schmidt de Google ou Peter Thiel de Paypal, qui a aussi investi 15 millions de dollars dans Carbyne en 2018.

Par ailleurs, son nom apparaît dans les fuites des Panama Papers issus du cabinet Mossack Fonseca dans le cadre du scandale de corruption de la FIFA[21]. Elle est l’ex de Robert Louis Dreyfus et est mariée à un magnat de l’industrie italien. Elle a été nommée récemment comme conseillère au sous-secrétariat de la santé et de l’aide sociale de Grande-Bretagne, dans le tout nouveau Healthtech Advisory Board, qui doit conseiller le ministre Matt Hancock sur la « vision technologique de la santé et de l’action sociale ».

2019-08-12 20_49_48-epstein-flight-manifests

Parmi l’équipe de direction de Carbyne, il y a aussi d’anciens militaires qui ont été impliqués dans les barbouzeries israéliennes, comme le PDG Amir Elichai, le directeur exécutif Pinchas Berkus, qui fut membre d’une unité d’élite de l’armée appelée IDF8200 Cyber Intelligence Unit, ou le co-fondateur Lital Leshem, qui est toujours officier de réserve. On y trouve même comme expert un ancien flic anglais, Andy Rooke, spécialiste des systèmes de transports intelligents et ex conseiller des autorités anglaises et européennes en matière de sécurité routière, un réserviste de l’armée US dans la police militaire, Brett Whitney pour le développement commercial ou encore un ancien collaborateur de député US et agent du bureau des affaires politiques à l’ambassade US en Afghanistan, Trae Stephens, qui a collaboré à l’équipe de transition de Trump pour le département de la Défense en novembre 2016 et collabore dans Founders Fund, un fonds d’investissement lancé par le milliardaire Peter Thiel (également actionnaire de Carbyne, membre du conseil d’administration de Facebook et supporter de la campagne de Trump auquel il a filé 1,25 millions pendant la campagne, et puis 250.000$ en 2018) et six autres types..

Et puis, il y a la co-fondatrice de Carbyne (qui en possède toujours des parts), Lital Leshem, est une collaboratrice d’Erik Prince [22], le fondateur de Blackwater, une société militaire privée impliquée dans divers scandales, notamment du trafic sexuel, en Yougoslavie par exemple. Récemment, Prince et Leshem disaient qu’il avait une solution pour le Venezuela, à savoir installer 4 à 5.000 hommes sur place pour mettre au pouvoir l’opposant de droite à Maduro, un scenario qu’on ne connaît que trop bien.

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Selon The Times of Israël du 16 juillet 2019, "Barak a déclaré au Daily Beast avoir rencontré Epstein à des dizaines d’occasion, et notamment après la révélation de l’organisation d’orgies sexuelles à ses différents domiciles qui auraient impliqué des mineures" à Manhattan et aux Iles Vierges, mais il n’aurait jamais vu de mineures chez lui ou participé à des partouzes.

Carbyne (qui s’est appelée durant quelques années Reporty Homeland Security Ltd.) a aussi des liens avec l’industrie militaire US, notamment via Michael Chertoff, ex conseiller de Bush qui a écrit le Patriot Act (surveillance de la population) et siège au conseil de surveillance de l’entreprise.

La boîte a également des liens avec des oligarques proches de Poutine : Viktor Vekselberg, un ukrainien proche de Poutine [23], et Andrew Intrater, depuis septembre 2017, via Columbus Nova Technology Partners, une boîte pour laquelle Michael Cohen a été consultant jusqu’en août 2017[24].

Selon un média d’influence Turc, "Epstein a travaillé en étroite collaboration avec Israël, à l'avant-garde d'une initiative privée visant à apporter au secteur privé la technologie de pointe du renseignement militaire israélien, offerte au plus offrant". Si c’est cela, il y a forcément des trappes dans les programmes, qui permettent aux israéliens d’avoir la main sur les données et/ou les programmes.

En tout cas, comme le note ce journal, TRT World, "Même si la société fournit des services d’intervention d’urgence, aucun des administrateurs ou des membres du conseil consultatif n’a de formation en systèmes d’intervention d’urgence".

On peut aussi s’interroger sur le fait qu’un hélicoptère appartenant à Epstein a le même numéro d’immatriculation qu’un avion de la société militaire privée DynCorp.

Dans les années 80 déjà, Epstein disait à qui voulait l’entendre qu’il travaillait pour des gouvernements, pour récupérer de l’argent détourné par les dictateurs africains. Etonnant au vu des circuits habituels de "recouvrement" dans ce genre de magouilles, mais pourquoi pas. Et sur son site, Epstein se vante lui-même d’être un "ancien membre" de plusieurs comités :

  • Le Mind Brain and Behaviour Committee à Harvard,
  • La commission Trilatérale,
  • Le Council on Foreign Relations (CFR),
  • La New York Academy of Science
  • Le conseil d’administration de la Rockefeller University
  • La Edge Organization

Soyons clairs : on ne peut pas faire partie de ces organisations, même si la plupart sont plus ou moins tenues par les Rockefeller, si on est seulement un agent au service d’Israël. En particulier la Trilatérale, haut lieu de discussions informelles entre leaders politiques et économiques d’Asie, d’Europe et des USA et le CFR qui est l’un des instruments de la politique impérialiste US.

Par ailleurs, on sait que ses villas étaient truffées de caméras et qu’il conservait les vidéos en plusieurs exemplaires et en divers endroits. Virginia Roberts a expliqué qu’elle avait demandé les bandes où elle figure à la justice et au FBI, mais ça lui a été refusé.

Est-ce que le réseau servait à nouer des relations plus "intimes" avec des partenaires potentiels de business, et, tant qu’à faire, à avoir de quoi peser sur leur décision ?

 

Les liens avec Trump

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Epstein et Trump se connaissent depuis les années 80, ils sont voisins à Palm Beach et ont fait de nombreuses "soirées" ensemble. Le frère d’Epstein a témoigné en 2009 que Trump a voyagé au moins une fois dans le jet d’Epstein, en 1997, à partir de Palm Beach. Ils se sont brouillés fin 2004, début 2005, pour une histoire de propriété sur laquelle Epstein lorgnait et que Trump a rachetée dans son dos pour la revendre trois fois le prix.

Epstein a également confirmé leurs liens, mais a fait appel au 5e amendement quand on lui a demandé d’évoquer leurs partouzes communes.

On a vu que l’avocat Roy Cohn représente un lien déjà consistant eux deux, Dershowitz en est un autre, même s’il tente de faire croire qu’il a pris depuis longtemps ses distances avec Epstein et qu’il fut un donateur des campagnes de Clinton. En effet, Dershowitz est bien introduit à la Maison Blanche sous l’ère trump, notamment dans le cadre de conseils au sujet des négociations de paix entre Israël et la Palestine qu’il donnait encore en avril de cette année à une équipe composée de Trump, de son gendre Jared Kushner, de l’ambassadeur David Friedman et d’un envoyé spécial israélien. Dershowitz a aussi déclaré qu’il a parlé avec les conseillers de la Maison Blanche avant que la décision de transférer l’ambassade US à Jérusalem.

En 1971, Trump a pris Roy Cohn comme avocat quand il a débarqué à Manhattan pour se lancer dans l’immobilier, et a développé ses contacts notamment du côté de la mafia.

L’histoire de ce terrain est assez intéressante : En 2004, Epstein a parlé à Trump d’une villa qu’il voulait racheter à Palm Beach, pensant qu’il n’avait pas les moyens de la racheter. Mais Trump a réussi à obtenir un prêt de la Deutsche Bank (via une société baptisée Trump Properties LLC, entièrement financée par la Deutsche Bank), et a pu mettre 5 millions de $ de plus qu’Epstein, soit 41 millions au total. Il a ensuite rénové la maison et l’a remise en vente pour 125 millions puis vendue 96 millions à un russe proche de Poutine, Dmitry Rybolovlev, propriétaire de l’AS Monaco, qui n’y a jamais vécu.

 

Le viol de deux mineures de 12 et 13 ans

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Parmi les victimes d’Epstein, au moins une dénonce des faits commis également par Trump : Katie Johnson a dénoncé des viols commis par Epstein et par Trump durant l’été 1994 à Manhattan, quand elle avait 13 ans, en présence d’une autre victime âgée de 12 ans.

Elle était arrivée en bus à New York pendant les vacances, pour tenter de se lancer dans le mannequinat. Au moment où elle allait reprendre le bus pour retourner chez elle, elle a rencontré un certaine Tiffany, qui lui a proposé de venir à une soirée pour y rencontrer des gens qui pouvaient l’aider. C’est comme cela qu’elle s’est retrouvée à quatre « soirées » chez Epstein à Manhattan [25].

A la 3e partie, Trump l’a attachée à un lit, frappée et violée. Epstein l’a violée à la deuxième et à la troisième soirées, elle a ensuite été menacée par les deux et ils lui ont rappelé qu’ils étaient puissants et faisaient ce qu’ils voulaient. Elle y est encore retournée trois fois.

Elle mentionne, à la troisième des quatre partouzes auxquelles elle a été amenée, une fillette de 12 ans qui a été forcée de participer aux faits commis par Trump et d’être également violée. Trump a dit à Katie Johnson qu’elle devait se taire si elle ne voulait pas disparaître comme cette fille, Maria, âgée de 12 ans, impliquée dans le 3e incident avec Trump, et qu’elle n’a jamais revue par la suite. Lors des faits, les deux filles avaient été forcées de s’habiller en servantes. A la fin Trump a jeté 400$ par terre à Katie Johnson.

Elle a expliqué dans sa déposition : "Trump a dit que je ne devais jamais rien dire si je ne voulais pas disparaître comme Maria, une fille de 12 ans qui a été forcée de participer au troisième incident avec TRUMP, et que je n’ai pas revue depuis (…) et qu’il était capable de faire tuer toute ma famille".

Entre les soirées, elle rentrait chez elle dans l’Oklahoma, puis Tiffany la rappelait.

Dès qu’elle a signalé les faits à la justice le 26 avril 2016, elle a reçu des menaces (coups de fils anonymes avec personne qui parle) et a demandé une mesure de protection.

Selon la plainte rédigée justice, dès le 28 avril 2016, Trump a fourni une déclaration à American Media Inc. et / ou à Radar Online LLC, disant que "ces accusations sont non seulement complètement fausses, mais dégoutantes au plus haut point et clairement destinées à solliciter l’attention des médias". Il a aussi diffusé des documents d’ordre diffamatoires contre la plaignante.

Le 5 novembre 2016 Katie Johnson a abandonné la procédure. Il n’y a pas eu d’enquête sur cette jeune "Maria". 

Les propos de Katie Johnson sont largement confirmés par Tiffany X, qui l’a fait rentrer dans le réseau et était présente lors des faits.

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Entendue par la police en 2016, elle a expliqué qu’elle avait rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice des soirées du pervers, et job consistait aussi à superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wexner Mansion à New York sur la 71 rue, occupée par Epstein. C’est dans ce cadre qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qui allait repartir dans sa province, et qu’elle l’a « persuadée » de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec TRUMP.

Elle mentionne le viol commis en présence de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes encore que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit, et elle savait qu’ils avaient les moyens de le faire car elle les avait déjà vus à l’œuvre.

 

Michael Cohen

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Un autre lien entre Trump et Epstein est Michael Cohen, ex avocat de trump et témoin clé de la procédure sur les liens de Trump avec la Russie. Ce grand fan de trump a investi dans les projets immobiliers de son idole, a travaillé pour dans la Trump Organization, et quand Trump est devenu président en 2017, Cohen a créé une boîte, Essential Consultants, pour monnayer l’accès à Trump [26]. La boîte aurait aussi servi payer pour éteindre des procédures, notamment celles lancées par Stormy Daniels et Karen McDougal pour des viols (éteintes pour 280.000$ semble-t-il) [27].

Cohen, qui se serait vanté d’avoir menacé et fait pression pour le compte de trump contre environ 500 personnes, représentait Trump dans la procédure contre Katie Johnson. Il est également lié au business des nouvelles technologies, via un des associés d’Epstein, l’anglais Andrew Intrater, qui est donc lui-même partenaire d’Ehud Barak, notamment, dans Carbyne. Intrater a été également entendu par la commission Mueller sur les liens de Trump avec la Russie pour ses liens avec Viktor Vekselberg et il est accusé d’avoir transféré 583.000$ à Cohen via son a société d’investissement, Columbus Nova Technology Partners, dont les US disent qu’elle est une filiale du Renova Group, qui appartiendrait à Vekselberg.

Enfin, Wayne Madsen, ancien fan de trump, a publié en février 2017 une liste de plusieurs procédures contre Trump pour des viols sur des mineurs, garçons et filles, qui ont été réglées "à l’amiable" [28] à coups de millions de dollars.

 

La France

voyages dans l'avion d'epstein de Virginia Roberts

Aujourd’hui, le FBI s’intéresse aux activités d’Epstein hors des Etats-Unis. C’est heureux, et on espère vivement qu’ils s’intéresseront à la France, où Epstein a un domicile, et d’où il revenait lors de son arrestation à sa descente d’avion sur le sol US début juillet. Car, on dirait bien que les autorités françaises manquent de curiosité à ce sujet.

En effet, au vu du dossier –disponible en ligne avec les témoignages, on ne peut que s’interroger sur certains points, notamment :

  • Comment Epstein a-t-il pu faire circuler des mineures vers et depuis la France (aéroport du Bourget), en avion, sans aucun problème de douane ? Et cela même après 2001 et le renforcement drastique des contrôles aux frontières.
  • Qui étaient ces deux fillettes de 12 ans, fournies par un de ses "amis" à Epstein - Jean-Luc Brunel selon certaines sources- pour son anniversaire, et qui sont parties de France jusqu’à Londres juste pour y être violées lors d’une partouze ? Selon Virginia Roberts, "elles venaient de France parce qu’elles étaient vraiment pauvres là-bas et que leurs parents avaient besoin d’argent", et elles auraient été amenée ensuite à palm Beach.
  • Qui étaient les fréquentation d’Epstein en France ? Car on suppose qu’il ne faisait pas l’ermite durant ses séjours au pays des droits des pédos. D’ailleurs, dans son carnet d’adresses figurent quelques personnalités du tout paris comme un ex de Caroline de Monaco, des décorateurs et stylistes jet-setteurs, des aristos…

Selon Maritza Vasquez, qui a travaillé comme contrôleur financier pour l’agence Karin à partir de 1998 puis pour MC2, en 2010 Epstein et Brunel avaient l’intention de créer une agence de mannequins à Paris avec une française, sur le modèle de celle de Trump. Le projet n’aurait pas abouti.

On a appris le 12 août que le parquet de Paris avait transmis les éléments disponibles sur ce volet, et ceux-ci seraient "en cours d’analyse et de traitement".

Nous reviendrons sur ce volet français de l'affaire.

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Ce dossier est tentatculaire. On touche à l'ingénierie sur l'humain, aux renseignements, aux réseaux de blanchiment et de détournement d'argent, à l'exploitation sexuelle de mineurs et donc à la corruption. L'affaire Epstein amène à mettre le doigt au coeur du système de pouvoir international. Même s'il reste encore beaucoup à décrypter, on comprend qu'à ce niveau de magouilles, les collusions dépassent largement les clivages affichés pour le populo, par exemple entre la Russie et israël, ou entre la Russie et les Etats-Unis, ou entre Israël et la Russie. L'échiquier international qu'on nous montre serait-il une construction, un story-telling pou rle bon peuple?


[1] Le communiqué du 12 août précise « Nous rappelons à cette occasion notre détermination entière à protéger les jeunes filles des violences sexuelles et notamment des réseaux d’exploitation criminelle, qui donnera l’occasion à de nouvelles mesures lors du dernier trimestre de l’année. ». Sauf qu’il y a aussi des enfants dans cette histoire.

[2] Selon le pilote, Clinton devait y faire des discours.

[3] Outre Clinton et Epstein, Ghislaine Maxwell et Sarah Kellen, deux de ses rabatteuses favorites, étaient présentes à l’aller, et au retour quatre personnes de plus les accompagnaient : Mike Epstein, Doug Band un businessman politicien qui était aussi l’avocat de Clinton, et deux femmes appelées Janis et Jessica qui d’après le pilote appartenaient aux renseignements.

[4] Dershowitz est né en 1938, est avocat et prof de droit à Harvard (il fut le jeune prof de la fac à 28 ans).Il a défendu OJ Simpson, Epstein, Trump, Barak Obama, Bill Clinton, Benjamin Netanyahou, Marlon Brando, Frank Sinatra, et évidemment Harvey Weinstein. Il écrit des chroniques dans différents journaux importants, et à la télé surtout sur Fox News où il défend toujours TRUMP. Pseudo défenseur des « libertés publiques », est dans le courant libertarien. C’est un sioniste convaincu même s’il dit qu’il est « seulement » pro israélien. Il aurait rencontré Trump à Mar A Lago, et est venu diner à la Maison Blanche peu après une perquisition du FBI au bureau de Michael Cohen, ex partenaire de Trump dans l’immobilier et diverses magouilles.

[5] Epstein peut donc signer des actes et agir au nom de Wexner.

[6] Alors qu’il n’avait aucun titre dans l’entreprise, il en rencontrait régulièrement les dirigeants.

[7] Cette maison avait été achetée en 1989 par Wexner pour 13 millions dollars. Il l’a restructurée et vendue en 1998 à Epstein NES LLC, pour 0$. Autre étrangeté dans cette transaction : d’après les documents mentionnés par Bloomberg, Epstein a signé pour les deux parties du contrat.

[8] Il explique avoir découvert des malversations commises par Epstein dans sa fondation en 2007, après que l’affaire des massages ait éclaté et qu’il ait, d’après ce qu’il déclare aujourd’hui, coupé les ponts avec Epstein.

[9] Seul Hoffenberg a été cité nommément dans les poursuites, pour le reste ils ont été appelés « co-conspirateurs », mais il s’agissait très probablement d’Epstein tout seul.

[10] La pyramide de Ponzi est une escroquerie basique, inventée au XVIIe siècle : on promet aux gens de placer leur argent et de leur donner un gros rendement du genre 12, 15% par an, et on se sert de l’argent des nouveaux pigeons pour rémunérer les premiers quand ils réclament un peu de cash.

[11] Pourtant Hoffenberg dénonce des faits précis comme des détournements d’argent de certains clients vers d’autres, ou le siphonage de quelques millions.

[12] LLC, pour « Limited Liability Companies », des coquilles vides qui permettent d’acquérir des propriétés immobilières de manière discrète à l’égard des services fiscaux, très usitées dans le cadre du blanchiment d’argent (y compris en France bien-sûr).

[13] L’affaire a été réglée par un accord sans que l’on sache le fin mot de l’histoire.

[14] A ne pas confondre avec une association de vétérans du même nom (Gratitude America Inc.).

[15] En fait, en 2015 Brunel a déposé une plainte assez étonnante contre Epstein, qui ressemble à une tentative de se dissocier de son sulfureux ami. Cette plainte demandait réparations car les procédures contre Epstein avaient nui à l’image de Brunel et il en était meurtri et aurait perdu des millions de dollars.

[16] Il l’a créée ne 2005 avec Jeremy Fuller. Elle est d’abord implantée à New York.

[17] D’ailleurs Brunel maquillait les comptes pour laisser croire à Epstein que la boîte était en bonne santé et qu’il lâche encore de l’argent. Les filles pouvaient être payées en cash sans être déclarées.

[18] En 2002 il a été poursuivi par une ancienne mannequin de l’agence, qui l’accusait de viols commis quand elle avait 15 ans. En 1998, une enquête a été ouverte à Paris sur la prostitution des filles via l’agence Elite entre 1994 et 1997, et plusieurs personnes dont Robert De Niro ont été entendues. L’affaire a été dégonflée au fil de la procédure, pourtant il y avait des mineures parmi les victimes.  Il faut dire que parmi les clients, il y avait « de riches émirs arabes clients de nos marchands d'armes, des intermédiaires peu scrupuleux, des play-boys argentés et dépravés, un ancien gendarme de l'Elysée, un médecin cannois, une ancienne gloire du tennis, un producteur de cinéma ». Le photographe Jean-Pierre Bourgeois avait même été arrêté en janvier 1997, et avait déjà été soupçonné dix ans plus tôt des mêmes faits, de même que l’ex mannequin Annika Brumark.

[19] L’argent n’a pas été rendu par l’université après le scandale.

[20] Ce retour a été un peu plombé par ses liens avec Epstein, diffusés par la presse locale. Et son concurrent Netanyahou, lui aussi présent dans le carnet d’adresses d’Epstein, s’est fait un plaisir de rediffuser les articles qui y faisaient référence. Du coup, Barak, qui a au passage admis avoir rendu visite à Epstein, cherche à le faire expulser de leur business commun, même si la presse israélienne minimise la participation d’Epstein dans Carbyne.

[21] Une boîte qu’elle contrôlait avec Jacobs Holding (société de la famille suisse Jacobs) appelée Infront Sports & Media, qui vend les droits médias des coupes de foot, était dirigée par le neveu de Sepp Blatter et a été vendue en 2011 pour 650 millions d’euros tout de même.

[22] Leshem vient d’être nommée directrice des relations avec les investisseurs du fonds d’investissement de Prince, Frontier Resources Group, dont il aurait vendu une majorité à un type proche du président chinois, un dénommé Chang Zhenming.

[23] Vekelsberg a été entendu par le procureur Mueller dans le cadre de l’enquête sur les liens entre Trump et la Russie. Il est soupçonné par les US de mener des activités nuisibles pour le compte du gouvernement russe.

[24] Via sa boîte Essential Consulting, qui a également servi au versement d’argent à l’une des victimes de viol de Trump, Stormy Daniels, à la suite d’un accord pour la faire taire.

[25] Ces soirées ne passaient pas pour les plus chics de la ville, et certains invités, selon un témoignage, étaient choqués du nombre de jeunes mannequins russes.

[27] Ces règlements menés pendant la campagne électorale de 2016 ont valu 3 ans de prison à Cohen, qui a été condamné en mai 2019.

[28] Cette liste a été diffusée sur Facebook notamment. Elle mentionne six procédures :

1) Michael Parker, 10 ans, viom oral à Mar-a-Lago, Palm Beach, FL, 1992. Trump aurait versé 3 millions à ses parents.

2) Kelly Feuer, 12 ans, relation sexuelle forcée à la Trump Tower. Trump aurait payé 1 million de dollars en 1989.

3) Charles Bacon, 11 ans, viols oral et anal en 1994 à la Trump Tower. Trump aurait versé 3 millions.

4) Rebecca Conway, 13 ans, agression sexuelle et viol oral, chez Trump à Charlottesville. Il aurait payé 5 millions de dollars.

5) Maria Olivera, 12 ans. Sa famille aurait reçu 16 millions pour régler la procédure pour viols survenus à Mal A Lago en 1993.

6) Kevin Noll, 11 ans, viol anal à la Trump Tower en 1998. Le cas a été réglé aussi mais on ignore pour quel montant.

[29] Il faut savoir qu’à ces soirées de produits de luxe où des types très riches sont invités, on fait aussi venir tout un tas de mannequins dont une partie peuvent être réservées pour la soirée à des tarifs de VIP.

11 août 2019

Affaire Epstein - Partie 1 : le système Epstein

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L’affaire Epstein, qu’on pensait enterrée, a resurgi ces dernières semaines avec une nouvelle mise en cause parce que sa première condamnation, absolument ridicule, était le fruit d’un accord illégal passé dans le dos des victimes.

Et puis le 9 août, Epstein est retrouvé mort dans sa cellule. Cette nouvelle séquence semblait viser principalement Donald Trump, un vieil ami de partouzes (y compris avec des mineures) d’Epstein. Nous verrons cela dans un dossier en deux parties, dont voilà la première.

 

Comme le dossier est très touffu, il est en deux parties. La première est un état des lieux de la procédure et réseau d'Epstein, la seconde permettra de voir ses connexions avec la finance, les renseignements, le monde du mannequinatn le business des fondations.

 

Qui était Jeffrey Epstein ?

Commençons au début : qui était Epstein ?

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Nous allons d’abord nous limiter à la version officielle. Né en 1953 à Brooklyn, est passé par la Cooper Union pendant deux ans, puis à la New York University de 1971 à 1974 et n’a jamais obtenu de diplôme. Il démarre tout de même, à 21 ans, comme prof dans une école huppée de Manhattan. C’est là qu’il rencontre le père d’une de ses élèves, patron d’une grande banque qui sera à deux doigts de la faillite en 2008 à force d’avoir spéculé sur des produits spéculatifs pourris : Bear Stearns [1]. Il rejoint la banque en 1976 comme gestionnaire de fortune (avec les plus gros clients).

En 1981, il est viré de la banque suite à une suspicion de fraude –déjà [2]- et décide de monter son propre fonds d’investissement, International Assets Group Inc., qui devient J. Epstein & CO et conseille ses clients très riches sur la gestion de l’ensemble de leur patrimoine. Un peu comme Madoff, il avait fixé une limite minimale de 1 million de dollars de patrimoine.

Il devient un VIP de la côte est, rencontre du gratin comme Leslie Wexner, le patron de la marque de sous-vêtements Victorias Secrets qui lui ouvre grand son carnet d’adresses plein de VIP, et gère assez rapidement plus d’un milliard de dollars d’actifs, ce qui est énorme à l’époque. Il prend des participations dans des entreprises, créé des boites dans divers paradis fiscaux.

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En 1992, Epstein rencontre celle qui deviendra sa compagne / rabatteuse / formatrice de recrues Ghislaine Maxwell, une anglaise fille d’un magnat de la presse tabloïd anglaise mort subitement en 1991 après avoir tenté de faire pression sur le Mossad, pour qui il avait toujours travaillé.

En 1998 il achète son île, Saint James, aux ïles Vierges. Il y a construit un petit temple dont il a récemment enlevé le dôme ainsi que les hiboux dorés qui l’ornaient. 

La première plainte pour agression sexuelle intervient en 1996 [3], elle est étouffée. Une autre est déposée l’année suivante, sans suite

En 2000 Epstein créé sa fondation, la Jeffrey Epstein VI Foundation, basée aux Iles Vierges, qui investit principalement dans les sciences (intelligence artificielle, neurosciences, transhumanisme…) et l’éducation.

Ses ennuis judiciaires commencent vraiment en 2005. A ce moment il est au faîte de sa carrière de financier VIP, adulé des médias bien que discret, et incontournable des soirées jet set aussi bien à New York qu’à Palm Beach.

Parmi ses nombreux contacts on peut citer un certain nombre de membres du gratin, notamment financier, comme Clinton, Al Gore, Trump, Edouard De Rothschild, David Rockefeller, Richard Branson le patron de Virgin, Henri Kravis (un des plus gros milliardaires US), Lawrence Summers, président d’Harvard et ex conseiller économique d’Obama, ou des acteurs comme Kevin Spacey, Alec Baldwin ou Chris Tucker.

Il se faisait bien voir de ce petit monde (particulièrement dans la communauté juive, mais pas uniquement) en donnant de l’argent à leurs œuvres de charité ainsi qu'aux campagnes électorales, et en organisant de nombreuses soirées.

 

1er round

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Une enquête a été ouverte par la police de Palm Beach en 2005 suite à la plainte d’une mineure et de ses parents, pour des viols commis par Epstein à l’occasion d’un des fameux "massages" dont on va beaucoup parler.

Au total, 34 victimes d’Epstein ont été entendues dans le cadre de cette enquête. Aujourd’hui, un avocat qui défend certaines d’entre elles parle de plus d’une cinquantaine de victimes. De fait, selon ses employés de maison, il réclamait 2 à 3 massages par jour, et les filles très jeunes qui venaient pour cela changeaient presque à chaque fois.

Une perquisition est menée en octobre 2005 dans sa villa de Palm Beach, et de nombreuses photos de filles nues, y compris mineures, ainsi que deux caméras cachées et des fils d’un système de vidéosurveillance ont été trouvés. Mais, ses ordinateurs avaient disparu. En 2006 la justice décide de le poursuivre ainsi que deux de ses "assistantes" (d’anciennes victimes devenues rabatteuses [4]).

Et lors de la perquisition à son domicile New-Yorkais, les enquêteurs ont trouvé des dizaines de diamants et "des piles de cash", ainsi qu’un faux passeport : un passeport autrichien datant des années 80 indiquant une domiciliation en Arabie Saoudite, avec sa photo mais un autre nom, donnant comme adresse une résidence en Arabie saoudite. La justice US n’aurait toujours pas déterminé s’il s’agit d’un faux ou bien d’un document délivré par les autorités autrichiennes.

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Mais revenons à la procédure. Suite à des pressions de la police de Palm Beach, le FBI ouvre à son tour une enquête autour des faits probables de prostitution de mineures. Des victimes potentielles sont entendues au Nouveau Mexique, à New York et en Floride, trois lieux de domiciliation d’Epstein.

Alors qu’il était mal barré, bizarrement il ne s’est plus rien passé. Une énorme campagne de presse a été menée afin de discréditer les victimes, et en première ligne Virginia Roberts qui avait osé dénoncer publiquement Epstein, mais aussi le prince Andrew et Ghislaine Maxwell, notamment.

Et les avocats d’Epstein (à savoir Kenneth Starr celui qui a failli faire plonger Clinton pour l’affaire "Monica Lewinski", Alan Dershowitz, qui a aussi défendu Harvey Weinstein et dont on va reparler, et un dénommé Lefkowitz) ont négocié en secret un accord avec le procureur de Floride, Alexander Acosta, pour ne retenir que les charges les moins graves.

Alexander Acosa, nommé ministre du travail par Trump, a d’ailleurs dû démissionner fin juillet 2019 suite au 2e round de l’affaire. Suite à cet accord, Epstein n’a pris que 18 mois de prison (et en a fait 13) pour sollicitation de prostitution de mineures.

Le hic, c’est que les victimes n’étaient pas au courant de cet accord. Quand elles n’ont découvert en 2009, elles ont demandé l’annulation de la procédure via une plainte contre le gouvernement, qui s’est retourné contre la décision de justice, si bien que le deuxième round de l’affaire est survenu en juin 2019 : on recommence la procédure, avec de vraies charges.

 

Le 2e round

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Dans cette nouvelle procédure, Epstein n’est plus seul dans la ligne de mire. Les poursuites visent aussi d’autres personnes (non citées à l’heure actuelle) parmi le réseau de rabatteurs qu’il avait mis en place pour lui fournir des mineures où qu’il soit. Et ses pilotes ont été mis examen au sujet du trafic sexuel international auquel se livrait Epstein.

La première de ces rabatteurs était Ghilsaine Maxwell, une VIP anglaise bien insérée sur le côte est [5] (en 2010 elle était présente au mariage de Chelsea Clinton), qui lui a ouvert son carnet d’adresses, très fourni en gratin. Ils se sont rencontrés au plus tard en 1992, et plusieurs victimes la citent dès les années 90 comme étant celle qui les a contactées et introduites auprès d’Epstein, au prétexte de se faire un peu d’argent avec des "massages".

Un autre de ces rabatteurs était Jean-Luc Brunel, patron d’une agence de mannequins, dont on va parler plus bas, même s’il ne semble pas concerné par cette nouvelle procédure.

Epstein a été arrêté le 6 juillet et envoyé en prison. La procédure est partie pour durer environ deux ans.

Et puis, juste après qu’un tribunal ait décidé de publier au moins en partie les 2000 pages de la procédure concernant Maxwell, Epstein a été retrouvé à moitié conscient dans sa cellule fin juillet, probablement victime d’une agression, histoire de le prévenir qu’il vaut mieux ne pas citer ses copains de partouzes, et en premier lieu son ancien pote Donald [6].

Une nouvelle perquisition à son domicile de Manhattan a permis au FBI de mettre la main sur des photos d’adolescentes nues, restées planquées jusque là.

Au vu de ses relations, de ses magouilles fiscales et de l’activité - notamment internationale- de son réseau de "massages", il est clair que beaucoup, à droite comme à gauche, aux Etats-Unis comme en Israël et même en Russie, devaient espérer qu’Epstein la ferme.

Le 12 juillet, 14 femmes supplémentaires accusaient Epstein de les avoir exploitées sexuellement, selon l’avocat Jack Scarole, dont certaines alors qu’elles étaient mineures.

2018-09-09 22_08_00-Jeffrey Epstein with Professor Alan Dershowitz Pictures _ Getty Images

Le 9 août, de nombreux documents liés à la procédure en diffamation entre Virginia Roberts et Ghislaine Maxwell ont été publiés par la justice US. Dedans, les noms de Maxwell et d’autres rabatteuses d’Epstein sont cités ainsi que ceux de plusieurs clients chez lesquels Epstein et Maxwell avaient envoyé l’adolescente pour des relations sexuelles.

Sont ainsi épinglés pour avoir bénéficié de la prostitution de mineures le député démocrate George Mitchell, le politicien démocrate Bill Richardson, ex sénateur du Nouveau Mexique qui avait bénéficié des largesses d’Epstein pour sa campagne, Glenn Dubin (patron d’un fonds d’investissement, dont la femme est une ex d’Epstein)[7], le scientifique et ami d’Epstein Marvin Minsky, le prince Andrew, Alan Dershowitz ou encore Jean-Luc Brunel (évidemment). Elle mentionne d’autres politiciens, notamment un président étranger, dont elle a oublié les noms.

Virginia Roberts est très claire : c’étaient Epstein et Maxwell qui l’envoyaient pour des "massages" chez les nombreux clients de leur réseau. Ensuite, elle devait leur dire quelles étaient leurs préférences sexuelles.

2019-08-11 15_26_20-Jeffrey Epstein has died_ Financier facing sex trafficking charges dies from app

Et le 9 août, le samedi matin, Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule. Etonnant, alors qu’il avait été placé sous "surveillance suicide" depuis le précédent événement -mais venait d'en ressortir sans qu'on sache comment, et que la procédure ne faisait que démarrer et qu’il avait de quoi négocier. En outre, il a un profil de pervers et ces gens là ne se suicident pas. La version officielle est celle d’un "suicide apparent", qui en tout cas tombe vraiment à pic. Le procureur général des Etats-Unis, William Barr, a demandé au ministère de la justice d’ouvrir une enquête sur la mort d’Epstein.

En tout cas, le décès fait polémique. Et certains se demandent déjà "à qui profite le "suicide apparent" d'Epstein?  Des politiques demandent des enquêtes, et le FBI ainsi que le ministère de la justice en ont ouverte une. A moins que els complices d'Epstein et -on peut rêver- les clients soient poursuivis, la procédure s'éteint avec la mort d'Epstein. cela arrange en effet pas mal de monde, à gauche comme à droite de l'échiquier politique (on verra cela dans la deuxième partie). 

Mais c'est bien Trump qui était visé par les médias depuis plusieurs semaines, et on se rappelle de la démission d'Alexander Acosta en juillet. Bien que les deux étaient brouillés depuis 2005, leurs liens étaient nombreux et surtout sulfureux. Mais Epstein touchait aussi au monde de la finance off shore, des renseignements, du mannequinat, et finalement il était au centre de divers lieux de pouvoir.*

 

Le carnet d'adresses

A ce stade, il est intéressant d’examiner les connexions diverses d’Epstein. Dans son carnet d’adresses saisi lors de la procédure de 2006 on trouve, par exemple :

  • 2018-09-09 22_03_48-From left, American real estate developer Donald Trump and hisBill CLINTON

  • Henry KISSINGER : conseiller politique conservateur, derrière pas mal de coups d’Etat US en Amérique latine et au Moyen-Orient, aux tendances pédophiles selon Cathy O’Brien et d’autres victimes du programme MK Ultra.
  • Leslie WEXNER : patron de Limited Brand et de la marque de sous-vêtements Victoria Secret. Il a beaucoup investi dans les business d’Epstein. Wrexner a été associé de Charles Bronfman, dont le père Samuel s’était enrichi grâce à la Prohibition et dont les filles sont mêlées à l’histoire de la secte NXIVM.
  • Lawrence SUMMERS : président d’Harvard puis ministre du Budget et conseiller économique d’Obama.
  • Kevin SPACEY : l’a baladé dans son jet, notamment en Afrique lors d’une campagne sur le SIDA.
  • Chris TUCKER : l’a baladé dans son jet en même temps que Spacey.
  • Courtney LOVE, et surtout son copain Dana, certainement Dana GIACHETTO, mort en juin 2016. Il était conseiller financier et avec comme client DI CAPRIO, Cameron DIAZ, Ben AFFLECK. En 1998 il contrôlait 100 millions de dollars d’actifs.
  • Ron BURKLE : l’a baladé dans son jet. Proche de CLINTON même après sa carrière politique. Ont beaucoup trainé ensemble avec EPSTEIN puis se sont brouillés.
  • Mort ZUCKERMAN : Créateur du site Radar 2.0., présent aux soirées d’Epstein avec qui il est brouillé.
  • Glenn DUBIN : a voyagé dans l’avion d’EPSTEIN. Dirige sa société d’investissement, Dubin & Co LP, dans laquelle Epstein a investi.
  • Stephen HAWKING le scientifique, venu aussi sur son ile en mars 2006.
  • Henry KRAVIS : Cofondateur de Kohlberg Kravis Roberts & Co, société d’investissement capitalisée à 16,5 milliards de dollars en octobre 2017.
  • David ROCKEFELLER
  • Edouard DE ROTHSCHILD
  • Evelyn DE ROTHSCHILD
  • Richard BRONSON : patron de Virgin.
  • Peter MANDELSON: politicien travailliste anglais, cité dans plusieurs affaires de pédocriminalité en réseau et dénoncé comme sataniste, devenu commissaire européen et très proche des Rothschild.
  • Donald TRUMP (une dizaine de numéros)
  • Rupert MURDOCH, qui avait financé sa campagne pour les présidentielles en 2016.
  • Alistair MCALPINE : trésorier du parti conservateur anglais sous Thatcher, il a été accusé d’actes pédocriminels et même de meurtres d’enfants et a eu la bonne idée de mourir en décembre 2014, en plein pendant le scandale.
  • George SOROS
  • Paolo ZAMPOLLI, patron d’une agence de mannequins.
  • Geordie GREIG : éditeur du Daily Mail.
  • Prince Salman d’Arabie Saoudite

Zoom sur quelques témoignages de victimes

Il est intéressant de s’arrêter sur les témoignages de quelques-unes de victimes d’Epstein et sa bande, parce qu’ils permettent de bien saisir le fonctionnement de cette bande.

 

Alicia ARDEN

2019-08-11 13_00_00-Jeffrey Epstein prétendait travailler pour Victoria’s Secret afin d’approcher de

Elle est la deuxième, d’après ce qu’on en sait aujourd’hui, à avoir déposé plainte contre Epstein, en 1997. A l’époque elle cherchait à devenir mannequin pour la marque Victoria Secret.

Elle a rencontré Epstein cette année-là en Californie à Santa Monica, alors qu’il se faisait passer pour un recruteur d’agence de mannequin, Victoria Secrets. Il l’a invitée dans une chambre d’hôtel pour une "audition" et faire des photos, et il en a profité pour lui sauter dessus.

Elle a déposé plainte rapidement et n’en a plus jamais entendu parler.

 

Maria FARMER

C'est a priori la première victime à avoir porté plainte, en 1996. A cette époque elle avait 26 ans et sa sœur de 15 ans, et elle affirme que les deux ont été agressées sexuellement par Epstein. Elle a dénoncé les faits en 1996 à la police de New York et au FBI. A priori, elle est aussi la première à avoir parlé d’Epstein au FBI.

Elle a rencontré Epstein et Maxwell en 1995 à une exposition, à l’occasion de laquelle elle lui avait vendu une peinture pour 3.000 $, la moitié du prix parce qu’il lui avait promis de l’aider dans sa carrière. Il l’a rappelée en 1996 sous prétexte de lui proposer un job qu’elle a accepté. Mais il ne s’agissait pas d’art, plutôt d’officier en tant que gouvernante lors des soirées dans son immeuble à New York.

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Elle a donc pu observer les allées et venues de mineures parfois en uniforme d’école : "les filles arrivaient dans la maison et étaient guidée au premier étage", explique-t-elle dans sa déposition à la police. Elle déclare qu’Alan Dershowitz est venu de nombreuses fois chez Epstein à New-York, où il était très à l’aise et se déplaçait comme chez lui pendant que des filles de moins de 18 ans attendaient à l’étage.

Le groupe avait montré un intérêt pour sa sœur cadette âgée de 15 ans, Annie, à laquelle il a proposé de payer un apprentissage du massage en Thaïlande.

Elle explique qu’à l’été 1996 Epstein et Maxwell les ont amenées dans son ranch au Nouveau Mexique, et qu’ils ont agressé lors d’un "massage" pour lequel ils ont demandé à Annie de se déshabiller. Elle n’en avait parlé à sa sœur qu’une fois en Thaïlande.

Durant ce même été, Maria explique qu’elle a été violée par Epstein et Maxwell, alors qu’elle séjournait chez Leslie Wexner. Epstein lui avait proposé un job sur un projet artistique dans la propriété de Wexner.

Lors de l’agression, Maria Farmer a tenté de s’enfuir de la propriété de 47 millions de dollars mais les agents de sécurité de Wexner l’en ont empêchée. Elle a été retenue 12 h avant que son père ne puisse venir la chercher.

Après cela Maxwell et Epstein l’ont appelée de nombreuses fois, ils ont même contacté ses clients en tant qu’artiste et des gens du milieu artistique pour ruiner sa carrière. Elle ajoute qu’ils ont réussi, et qu’elle a été mise totalement hors-jeu : « Maxwell et Epstein ont travaillé de concert pour s’assurer que ma carrière et ma vie étaient ruinées ». Elle a dû déménager régulièrement pour tenter de leur échapper.

 

Virginia ROBERTS

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C’est la victime la plus connue, car c’est sa plainte qui a permis d’ouvrir l’enquête de 2005. Elle est victime à la fois d’Epstein, de Dershowitz, de Maxwell (qu’elle a cités dans la procédure) et de leurs « clients ».

Selon ses déclarations à la justice, elle a rencontré Maxwell en 1999 quand elle avait 15 ans. Elle lui a proposé d’aller chez Epstein pour lui montrer comment on fait les massages. Quand elle est arrivée son père a été bloqué à l’entrée et Epstein était nu sur une table de massage et les 2 l’ont forcée à avoir des relations sexuelles avec lui, contre 200 $.

Ils lui ont dit qu’elle voyagerait avec eux et rencontrerait des gens puissants qui pourraient lui trouver un métier bien payé.

Puis Maxwell et Epstein l’ont amenée à New York et lui ont appris les relations sexuelles et l’utilisation de sex toys pendant quelques semaines. "J’étais entrainée à faire tout ce qu’un homme voulait que je fasse" et à capter leurs désirs en un coup d’œil. " Ils m’ont dit de faire attention aux détails de ce que ces hommes voulaient, pour pouvoir leur rapporter ensuite".

Tout de suite, elle a du avoir des relations sexuelles avec Maxwell, et l’a aussi vue avoir des relations sexuelles avec "des douzaines de filles mineures", et qu’elle prenait des photos sexuellement explicites la plupart du temps: "Souvent, elle me faisait dormir avec d’autres filles, certaines très jeunes, pour prendre des photos sexuelles", explique-t-elle. Les photos étaient copiées et conservées dans les ordinateurs des différentes maisons.

Elle a très vite eu peur d’Epstein, sachant qu’il pouvait très bien la tuer ou la faire disparaître impunément. Il lui avait dit qu’il faisait ce qu’il voulait. Elle a pu quitter le réseau à l’été 2002 après qu’Epstein l’ait laissée partir en Thaïlande pour apprendre le massage. En 2014 elle est retournée aux USA et a pris contact avec le FBI.

Elle a été amenée dans ses différentes propriétés à New York, au Nouveau Mexique, en Floride, aux Iles Vierges et à Paris. A tous ces endroits elle a dû avoir des relations sexuelles avec Epstein et avec les types qui le demandaient (et pour lesquels Epstein payait la plupart du temps).

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"Quand j’étais avec lui, Epstein avait des relations sexuelles avec des mineurs quotidiennement", a-t-elle expliqué. Il s’était vanté aurpès d’elle d’avoir couché avec plus de 1.000 filles de chez Brunel.  Les types autour de lui avaient le même penchant. Selon elle, tous ceux qui passaient un peu de temps chez lui ne pouvaient pas ignorer ce qu’il se passait.

Epstein et Maxwell cherchaient des filles pour eux, mais aussi pour leurs amis : "Epstein m’a dit précisément que la raison pour laquelle il faisait cela pour qu’ils lui "soient redevables", qu’ils seraient "dans sa poche" et qu’il aurait "quelque chose d’eux"".

Pour elle, la relation entre Maxwell et Epstein était gagnant – gagnant : elle utilisait son argent et lui utilisait son nom et son carnet d’adresses.

Dershowitz, avocat d’Epstein, était souvent là, restait tranquillement parler avec Epstein quand elle lui faisait des fellations, et Virginia Roberts affirme qu’elle a dû avoir au moins 6 fois des relations sexuelles avec lui. Bref, il participait pleinement aux partouzes de son ami.

Epstein l’a aussi forcée à coucher avec le prince Andrew, trois fois dont l’une lors d’une orgie. Pour sa première relation avec lui en 2001 elle a eu 15.000$. Virginia Roberts évoque les nombreuses filles présentes aux soirées auxquelles elle a assisté, dont beaucoup étaient mineures, et ne parlaient pas anglais.

Quand elle a dénoncé les faits, elle a subi une campagne de dénigrement assez intensive dans la presse, et plusieurs protagonistes comme Maxwell ou Dershowitz l’ont même traitée publiquement de menteuse. Du coup, Elle a levé son anonymat pour se défendre et a entamé des poursuites, qu’elle a gagnées, contre Maxwell et Dershowitz [8]

Dans une déposition, elle évoque un trip de 6 semaines avec Epstein en 2001, où ils sont allés au Maroc, en Angleterre, en France notamment. Partout, il y avait des caméras cachées, comme le lui a expliqué le FBI.

Elle mentionne un séjour de Clinton et de Al Gore et sa femme sur l’ile d’Epstein. Elle dit que le sénateur George Mitchell venait souvent rendre visite à Epstein à son domicile de New York, et qu’ils étaient très proches.

Elle dit aussi qu’elle a rencontré Naomi Campbell lors d’une soirée sur un yacht dans le sud de la France: "C’est une amie de Ghislaine, mais pour moi c’était vraiment une prostituée".

 


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Elle travaillait comme femme de chambre au Club de Mar A Lago, à l’été 1998 quand elle avait 15 ans. Elle a alors été recrutée par Ghislaine Maxwell qui lui a proposé d’apprendre les massages et de gagner de l’argent, et qui vivait et voyageait avec Epstein.

La première fois où elle est allée chez lui, elle a été violée par Epstein et Maxwell. Pendant deux semaines, ils la ramènent chez elle et la reprennent pour des "massages".

Très vite Epstein lui demande de le suivre dans ses voyages pour gagner beaucoup d’argent. Au bout de deux semaines d’abus, elle est emmenée dans son jet à Manhattan. Ils lui ont obtenu un passeport et des documents pour voyager tranquillement.

Elle a voyagé comme ça également à Santa Fe, Los Angeles, San Francisco, Saint Louis, en Europe, dans les Caraïbes, en Afrique. A chaque fois des soirées étaient organisées et des abus sexuels avaient lieu. Des mannequins, célébrités, actrices, et aussi des mineures venues de partout dans le monde étaient présentes.

Elle évoque les trois mineures de 12 ans amenées à Londres pour la partouze d’anniversaire d’Epstein.

 

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Cette jeune femme explique qu'elle a été recrutée en octobre 2006 par les rabatteurs d’Epstein, et qu'elle est restée sous leur coupe jusqu’en avril 2007, donc à une époque où Epstein était déjà mis en cause et sous le coup de poursuites.

Elle a été recrutée par Natalya Malyshev qui avec Sarah Kellen, Lesley Groff et Maxwell lui ont promis qu’Epstein la ferait entrer au Fashion Institute of Technology à New York. Maxwell a aussi pris soins de préciser qu’ils pouvaient aussi bien ruiner sa carrière si elle les dérangeait.

C’est Maxwell qui lui a expliqué comment procéder pour les "massages" avec Epstein, qui ont eu lieu d'abord à New York puis aux Iles Vierges. C’est Maxwell qui gérait le rôle de chaque fille et le scénario de chaque séance. L’équipe d'Epstein l’a aussi fait voyager par des vols commerciaux pour la prostituer dans différents pays.

En janvier 2007, ils l’ont envoyée en Afrique du Sud d'où elle est originaire, pour recruter des candidates mannequins destinées à devenir assistantes personnelles d’Epstein, mais elle a refusé car elle savait ce qui les attendait réellement.

Epstein et sa bande lui ont alors dit qu’elle ne rentrerait pas aux USA tant qu’elle ne perdait pas 5 kilos. Elle est rentrée en février 2007 et Maxwell lui a immédiatement demandé d’avoir un rapport avec Epstein.

Elle savait que si elle n’obéissait pas ils s’arrangeraient pour ruiner sa vie, comme ils l’avaient déjà fait à d’autres. En mai 2007 elle a quitté les Etats-Unis et n’est plus revenue.

Les rabatteuses

Comme on l'a vu, Epstein avait mis en place un système de rabatteuses qui, comme Ghislaine Maxwell, attiraient des adolescentes dans ses filets. A l'heure actuelle, elles ne sont toujours pas inculpées par la justice et n'ont été entendues que comme témoins. 

 

Adriana ROSS

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Née le 7 octobre 1983 en Pologne, elle s’appelait Adriana Mucinska et est arrivée fin 2002 aux USA. Elle s’est mariée en juillet 2003 et a pris le nom du mari.

Arrivée à la demande d’une agence de mannequins, Elite Models. C’est Duncan Ross, son "mari", qui travaillait et l’a mise en contact avec Elite alors qu’ils étaient en Europe et l’a fait venir. Elle était déjà mannequin, depuis ses 16 ans, vers 98 – 99.

Quand elle est arrivée fin 2002, elle ne se rappelle plus du mois. Elle a passé directement 2 semaines à Miami mais ne se rappelle pas, quand elle est entendue par la justice en 2010, ce qu’elle a fait pendant ces 2 semaines.

A aussi bossé pour ID Models et Michele Pommier.

Elle a poursuivi des études aux USA, obtenu un dipome en 2008 et quitté le mannequinat en 2006.

Elle a refusé de répondre sur quand elle a parlé à Epstein pour la dernière fois, sur ses liens avec lui, sur le fait qu’elle connaissait Maxwell, Keller, Dershowitz, Brunel et sur le fait que des mineures vivent souvent chez lui, sur les transports de filles mineures en avion pour l’agence MC Squared.

On lui demande aussi s’il est vrai qu’elle a assisté à des viols de filles de parfois 12 ans par Epstein, si Marcinkova a eu des rapports sexuels avec lui quand elle était mineure, si Espetin avait des relations sexuelles avec des mineures tous les jours…

 

Nadia MARCINKOVA

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Née en 1986 en Slovaquie, elle était mannequin débutante en Yougoslavie quand Epstein l'a ramenée aux Etats-Unis, à l'âge de 14 ou 15 ans, en 2000. Puis, de victime elle est devenue complice d’Epstein. 

Elle a officié pendant plusieurs années en tant qu'"assistante personnelle" d'Epstein, vivait carrément chez lui (la même époque qu'une autre rabatteuse, Sarah Kellen) et a fait des centaines de voyages à bord de ses avions.

Du coup, elle a ramené de nombreuses filles chez lui, elle les formait et participait régulièrement aux faits avec les adolescentes, selon notamment le témoignage de Virginia Roberts. Quand Epstein était en prison elle venue des dizaines de fois lui rendre visite.

Après avoir étudié le design a New York, elle est aujourd'hui pilote d’avions et donne des cours de pilotage. Elle a changé de nom pour Nadia Marcinko.

Elle a été citée dans le dossier dès 2005 comme étant l'une des rabatteuses d'Epstein, mais  n'a jamais voulu répondre aux enquêteurs sur les rôles des uns et des autres, et n'a jamais été inculpée pour sa complicité avec Epstein. On a appris récemment qu'Epstein avait versé de fortes sommes à deux de ses ancien(ne)s complices, et il est probablement que Marcinkova soit l'une des deux.

 

Tiffany X

C'est la rabatteuse de Katie Johnson, cette femme qui a accusé Trump et Epstein de viols commis alors qu'elle avait 13 ans, en 1994 à Manhattan. Tiffany a également témoigné, et pu confirmer le témoignage de Katie Johnson. Mais l'affaire a été conclue par un accord.

Entendue par la police en 2016, elle explique qu’elle a rencontré Epstein en 1990 quand elle avait 22 ans. Elle a participé à une série de soirées en 1990, et a été "payée pour divertir un certain nombre d’invités de Mr Epstein".

En 1991, elle a été "promue" au poste de "party planner", organisatrice de soirées. Elle explique que "sa mission était d’amener des adolescentes attirantes à ces soirées". Cela a duré de 1991 à 2000, pour des soirées organisées à la Wrexner Mansion à New York sur la 71 rue. C’est comme cela qu’en 1994 elle a rencontré Katie Johnson qu’elle a "persuadée" de venir chez Epstein en lui disant qu’elle pourrait y rencontrer des gens qui l’aideraient pour sa carrière.

"J’étais à ces soirées et j’ai personnellement été témoin quand la victime a été forée de pratiquer différents actes sexuels avec Mr Donald Trump et Mr Epstein. Les deux savaient qu’elle avait 13 ans". Elle a personnellement assisté à quatre relations sexuelles que la victime a été forcée d’avoir avec Trump.

Elle mentionne le viol commis avec la participation de la fillette de 12 ans appelée Maria. Trump a forcé Katie Johnson et Maria à lui faire des fellations et les a violées devant Tiffany X. Elle a aussi vu à deux reprises Epstein tenter de violer Katie Johnson.

Elle ajoute qu’elle a vu Epstein violer et agresser sexuellement des mineures plus jeunes que Katie Johnson. Elle a aussi assisté aux menaces de Trump et d‘Epstein contre Katie Johnson, y compris la menace de Trump de la faire disparaître comme Maria, la fille de 12 ans et de tuer sa famille. Son travail était de superviser personnellement les "rencontres" entre les mineures ramenées par Epstein et ses invités.

Quand elle a quitté son "travail" pour Epstein elle aussi a été menacée de la tuer elle et sa famille si elle parlait de quoi que ce soit.



[1] Bear Stearns, 5 e banque de placements des Etats-Unis, a été rachetée à très bas prix in extremis par JP Morgan.

[2] Les fraudes semblent être multiples, mais les Panama Papers ont par exemple révélé l’existence d’une société basée aux Bermudes appelée Liquid Funding Ltd, qu’il a présidée de 2000 à 2007, dont Bear Stearns détenait des parts.

[3] Elle est déposée par Maria Farmer, pour une agression sexuelle contre elle et le viol de sa sœur alors mineure, commis au ranch de Wexner.

[4] Certaines ont déjà été citées dans plusieurs plaintes, comme Sarah Kellen, Adriana Ross, Lesley Groff, et Nadia Marcinkova, qui sont parfois tombées entre les griffes d’Epstein quand elles étaient elles-mêmes mineures.

[5] Elle a quitté l’Angleterre en 1991, à la mort de son père Robert Maxwell, magnat des médias et député anglais qui aurait, selon certaines sources, été liquidé (son corps a été retrouvé flottant sur la côte des Canaries alors qu’il était parti faire un tour avec son yacht le Lady Ghislaine) après avoir eu la mauvaise idée de faire pression sur son vieil employeur, le Mossad. Quand un livre écrit par un spécialiste de la CIA sur le meurtre de Maxwell par le Mossad (« The Assassination of Robert Maxwell » de Gordon Thomas et Martin Dillon), Alan Dershowitz s’est fendu d’une tribune dans le Telegraph pour dire que c’était n’importe quoi. Bref. Maxwell a notamment vendu un logiciel espion appelé « Promis » aux services secrets de nombreux pays « amis » d’Israël.

[6] Les deux se sont brouillés suite à une histoire d’achat de terrain qu’Epstein convoitait, et que Trump a racheté avant de le revendre 3 fois le prix à un oligarque russe de ses amis (selon Epstein), le patron du Monaco AC Rybolobvlev.

[7] Un des anciens employés de Dubin a déclaré qu’il avait croisé une mineure suédoise à son domicile, qu’on lui avait pris son passeport et que celle-ci disait qu’on l’avait forcée à avoir des relations sexuelles sur l’ile privée d’Epstein, d’où elle venait sans savoir comment.

[8] La plainte contre Dershowitz a été déposée en avril de cette année, car il a menti à son sujet dans des déclarations. En effet, elle l’accuse d’avoir participé, et pas seulement à la marge, au réseau d’Epstein, dont il était l’avocat. Quant à celle contre Maxwell (pour diffamation également), elle a été déposée en 2015.

05 août 2019

Violences sexuelles : 80% de victimes mineures et toujours pas d’âge de consentement

2019-08-03 13_44_43-Pétition · Julie violée à 13 ans par des Pompiers _ justice pour obtenir la requ

Le 19 juillet, alors que la France était écrasée sous la canicule, la "justice" a décidé que 3 pompiers sur 17 accusés de viols allaient être renvoyés, non pas pour viols, ni même pour agressions sexuelles, mais pour "atteintes sexuelles", sur une mineure vulnérable de 13 ans au début des faits. Atteinte sexuelle, cela veut dire que pour les magistrats, l’adolescente a consenti à deux ans de viols. Comment en est-on arrivé là ?

 

On parle beaucoup en ce moment des violences faites aux femmes, et c’est très bien car l’omerta demeure. Le sujet des violences sexuelles, spécifiquement contre les mineurs, est aussi une catastrophe sanitaire dans ce pays, que tout le monde refuse de voir.

"Les mineurs sont la classe d'âge la plus exposée aux violences sexuelles. Une enquête nationale de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, conduite avec le soutien de l'UNICEF France, rapporte que 81 % des violences sexuelles seraient subies avant l'âge de 18 ans, 51 % avant 11 ans et 21 % avant 6 ans" [1]. Et dans la grande majorité des cas il s’agit d’inceste, donc de violences familiales, commises à plus de 90% par des hommes.

Comme nous sommes dans un pays dont les vieux relents patriarcaux reviennent vivement à la surface, les pouvoir publics ne font rien.

L’affaire de ces pompiers qui bénéficient d’une impunité quasi-totale s’inscrit aussi dans ce contexte général de minimisation des violences masculines (certaines parlent de terrorisme machiste [2]).

 

Sur les faits

2019-08-04 12_32_07-Le calvaire de Julie qui accuse des pompiers de Paris de viols - Marie Claire -

Nous avions parlé en octobre et novembre 2018 de l’histoire de cette adolescente, appelée Julie dans les médias. A l’époque, le parquet venait de demander le renvoi en correctionnelle car selon les magistrats, le "défaut de consentement" de la victime était "insuffisamment caractérisé".

 L’affaire est aussi simple que sordide : alors qu’elle avait 13 ans en 2008, Julie était suivie quasiment quotidiennement en pédopsychiatrie. C’est lors d’un important malaise survenu au collège que certains pompiers ont rencontré l’adolescente : "Suite à un malaise de Julie au collège, les Sapeurs-Pompiers de Paris étaient intervenus. L’un d’eux garda ses coordonnées puis la contacta via les réseaux sociaux : elle venait alors d’avoir 13 ans", explique la maman.

Certains pompiers, tous majeurs, ont commencé rapidement à la contacter : et des viols ont très vite été commis. Dans les toilettes de l’hôpital, sur le capot d’une voiture, à trois en même temps… Puis ils se sont refilé le numéro.

2019-08-04 12_34_14-Julie accuse de viols des pompiers_ « Elle a été piétinée, violée, humiliée par

Au fil du temps, Julie était de plus en plus mal, évidemment a-t-on envie de dire. Les viols ont continué ainsi pendant 2 ans. Les pompiers sont intervenus 130 fois en deux ans suite à des problèmes de santé de Julie et saisissaient l’occasion pour abuser d’elle. Ils connaissaient donc parfaitement son âge et son état psychologique.

Julie n’a parlé qu’au bout de deux ans, alors qu’elle n’avait plus qu’une seule envie, celle de mourir. Les médecins ont heureusement décidé de la sevrer du traitement et c’est comme cela qu’elle a enfin pu s’exprimer en août 2010. Une plainte a été déposée immédiatement contre 20 pompiers identifiés, et seulement trois ont été mis en examen.

La version des pompiers est basique : ils ignoraient l’âge de Julie et c’est elle qui cherchait les relations sexuelles. Et d’ailleurs ils ne l’ont tous fait qu’une seule fois, ainsi qu’ils l’ont tous déclaré au cours d’une enquête interne.

La version de Julie est à l’opposé : les abus répétés étaient possibles parce qu’elle était mineure et vulnérable, déscolarisée et suivant un lourd traitement médicamenteux comprenant des neuroleptiques et d’antidépresseurs. Son mal être n’a fait qu’augmenter durant les deux ans (allant jusqu’à développer une phobie sociale), jamais elle n’a consenti à quoi que ce soit.

Eh bien après 9 longues années de procédure, le parquet a considéré que les pompiers disaient la vérité, que Julie disait n’importe quoi et qu’elle était consentante. Seuls trois de ces types devraient passer devant des juges, et encore, ils ne risquent pas grand-chose si ce chef d’accusation est retenu (les parents de Julie tentent de faire appel de cette décision).

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Une pétition a été lancée par la maman de Julie, révoltée, comme l’est sa fille, et comme le sont tous ceux qui ont suivi cette affaire ou sont impliqués dans la défense des mineurs victimes de violences sexuelles. Cette pétition a recueilli environ 80.000 signatures en une dizaine de jours.

Malgré les circonstances aggravantes (agresseurs en uniforme, viols en réunion [3], mineure vulnérable), rien à faire. Pour les magistrats, cette ado de 13 ans avait comme fantasme de commencer sa vie sexuelle dans ces conditions. On se dit que tant qu’à faire, ils devraient même lancer des poursuites contre la victime pour avoir aguiché ces braves fonctionnaires.

L’atteinte sexuelle signifie que la victime était consentante. Cette qualification est retenue par élimination : s’il n’y a pas contrainte, menace, surprise, violence et que le mineur violé a le discernement, c’est donc qu’il n’y a pas absence de consentement, donc il y a consentement et alors on est dans l’atteinte sexuelle avec pénétration que la loi schiappa était censée ne pas avoir fait passer.

Mais, qui, dans les faits, est devenu une réalité bien concrète dans les rares procédures qui parviennent jusqu’à un jugement.

 

Réaction nécessaire

2019-08-03 13_23_15-Paris_ Des Femen dénoncent le renvoi en correctionnelle de pompiers, initialemen

Nombreux sont ceux qui s’interrogent et même sont choqués par cette décision. Qui n’est pas une exception mais une décision incompréhensible parmi tant d’autres en matière de violences sexuelles contre les enfants. Rappelons au passage qu’en France, la justice est toujours rendue au nom du peuple.

Je reviens sur trois chiffres au sujet de ces procédures :

Cela se passe en france en en 2017 et la situation, encore pire pour les mineurs que pour les adultes, continue à s’aggraver.

Le 26 juillet, les FEMEN ont mené une action devant les chefs des pompiers de paris, au ministère des Armées pour dénoncer ce renvoi en correctionnelle. "Aujourd’hui on est venues dénoncer l’impunité des violeurs. On dénonce cette justice patriarcale qui minore les viols", ont-elles résumé.

Cette décision dans l’affaire des pompiers ne sort pas de nulle part : elle est le fruit de réformes, de directives, et surtout d’un processus qui va clairement vers la négation du statut de mineur. Que ce soit pour les rendre responsables pénalement à 13 ans[5] (et nier ainsi un échec sociétal et donc politique), ou pour les rendre consentants à des viols collectifs, par exemple, la tendance est clairement à les responsabiliser.

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On doit s’interroger : qui est-ce que cela arrange ?

En premier lieu les agresseurs sexuels, les pédophiles notamment. Des pédos, il y en a partout, et je dirais qu’en proportion, il y en a même davantage parmi nos élites que parmi la population générale. Quand on observe certaines décisions de nos législateurs, comme celle de refuser absolument un âge de consentement, on ne peut que s’interroger : de quoi ces gens ont-ils peur ? De la parole des enfants ? De condamner des pédocriminels ? D’ouvrir la boîte de Pandore des violences sexuelles contre les enfants ?

Et puis les pouvoirs publics, car nier 86% des viols faisant l’objet d’une plainte permet de minimiser l’ampleur du problème, de ne pas prendre de mesures et de faire des économies pour distribuer le pognon aux milliardaires.

Cela arrange aussi tout le lobby anti-victimaire : les experts "psys" spécialisés dans le SAP (syndrome d’aliénation parental) et les faux souvenirs, deux théories inventées par des pédos mais qui sont toujours utilisées chez nous, en Suisse, en Belgique, au Canada... Julie a eu droit à une expertise du ponte du SAP en France, Paul Benussan, grassement  rémunéré (en tout cas pas au prix d'une femme de ménage comme d'autres experts) .

Cela arrange aussi les avocats qui font appel à ces mêmes psys pour défendre leurs clients accusés d’actes pédocriminels.

2019-08-04 12_46_23-Expertise de l'aliénation parentale avec le Docteur Paul Bensussan sur TV28 (ext

On l’a vu, par exemple dans l’affaire d’Outreau où à deux reprises des "experts" qui n’avaient jamais vu les victimes ont été appelés à la rescousse par les avocats d’acquittés pour déclarer contre toute évidence- mais on n’était plus à cela près dans ce dossier- qu’ils avaient menti et avaient de faux souvenirs [6].

Cela arrange également une justice indigente (que la clique au pouvoir n‘a pas l’intention de renflouer bien au contraire) et des flics sous financés, formés par les experts estampillés "faux souvenirs/SAP & et autres théories fumeuses".

Schaippa a réussi le tour de force de réunir l’ensemble des associations de protection de l’enfance contre sa loi bidon votée en plein milieu de l’été dernier, dont la mise en œuvre a été décidée de nuit à l’assemblée devant 25 députés en avril 2019. Toutefois, même si elle n’était pas censée être d’application, cette loi était déjà mise en œuvre comme l’ont suggéré différentes décisions cette année.

Devant le tollé généré par ce texte complètement à côté de la plaque, un individu inexpérimenté sorti d’on sait où a été gratifié d’un petit strapontin de secrétaire d’état à la protection de l’enfance. C’était en janvier 2019, et depuis on n’a plus entendu parler de cet obscur footeux.

 

2019-08-03 20_48_33-Adoption de la loi sur les violences sexuelles _ la déception des associations -

Malgré la propagande, et l’activisme d’A Reculons ! pour défendre Schiappa sur les réseaux sociaux, les procédures aberrantes continuent, le déni de la parole des enfants est devenu systématique. Aujourd’hui, un enfant qui dénonce des abus commis par son père a toutes les ‘chances’ d’être placé chez l’agresseur par les juges et de ne plus voir sa mère qu’en point rencontre 1 heure toutes les deux semaines. Parce que la plainte est classée sans suite quel que soit le nombre de signalements et certificats médicaux, quels que soient les propos de l’enfant et encore plus de sa mère [7].

Le problème tient aux moyens et surtout à la formation des professionnels qui interviennent dans ces dossiers (magistrats, avocats, éducateurs, psys, médecins et autres ‘experts’…), et malgré les alertes répétées depuis des années rien ne change, et aussi à un lobbying mené par les pédocriminels d’un côté, les associations de pères de l’autre.

Le lobbying des pédophiles reste plus ou moins discret en France, mais il est bien réel : quand les médias unanimes ont défendu Cohn-Bendit, à qui Bayrou avait rappelé ses propos pédos à la télé dans les années 80, on avait compris que les amis du premier étaient nombreux. Idem quand Polanski a été défendu bec et ongles, jusqu’à la 5e plainte contre lui pour viols sur mineure. A ce moment, le fan club du pervers a commencé à se faire plus discret.

Bref, je ne vais pas énumérer les prises de position pro- pédo de ces dernières années, mais il y en a quelques-unes.

Nombreux sont ceux, en France, qui ne veulent surtout pas voir fixé d’âge en-dessous duquel la notion de consentement soit totalement exclue dans le cadre d’un rapport sexuel avec un adulte. Et encore moins à 15 ou 16 ans.

 

Comment en est-on arrivé là ?

2019-08-03 20_53_30-Non, la loi Schiappa n’a pas « légalisé la pédophilie » ni assoupli les règles d

Aujourd’hui, selon divers échos à l’international, la france passe pour un pays particulièrement obscurantiste en matière de lutte contre les crimes et délits sexuels en général, et contre les mineurs en particulier.

Ce pays est à contre-courant, et a aboli toute notion de minorité sexuelle alors que la tendance ailleurs est à augmenter l’âge de consentement.

Il faut savoir qu’en France un mineur peut être considéré comme consentant à des relations sexuelles complètes avec un adulte à partir de 5 ans.

Et si un seuil à 5 ans existe, ce n’est pas grâce au législateur –vous savez ces gens grassement payés pour ne pas venir voter les lois, ou pour voter comme l’exige leur chef- mais par la jurisprudence. Parce que des juges ont considéré que, quand-même, à 5 ans on ne pouvait pas dire qu’un enfant était consentant à un acte sexuel avec un adulte.

Une position qui pourrait bien changer avec la notion de "discernement" introduite par schiappa, et par les cours d’ "éducation sexuelle" imposés dès la maternelle.

Nous avons des cas récents en france où des enfants de 11 ans sont considérées comme consentantes à des viols avec de parfaits inconnus. Car la loi dit "que la violence, contrainte, menace ou surprise ne saurait se déduire du seul âge de la victime".

Qui a pondu un truc pareil ? Ce serait intéressant d’aller chercher.

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Une autre nouveauté de la micronie est l’invention de tribunaux locaux sans jury populaire[8] pour expédier les crimes pas graves, selon eux, comme bien évidemment les viols et autres violences sexuelles, sur majeurs comme sur mineurs [9]. Il paraît que c’est super parce que ça ira plus vite. On a envie de dire qu’au lieu d’acheter 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour la police (11 millions d’euros) et 40.000 grenades de désencerclement (1,8 million), par exemple, ils pourraient investir pour permettre aux flics de mener des enquêtes un peu sérieuses dans les cas de viols sur mineurs, mais bon.

Nous avons bien compris que là n’était pas la priorité.

En attendant, le nombre de plaintes augmente, pendant que le nombre de condamnations baisse. Magie de la justice et de ses nombreux jockers : "classement sans suite", "correctionnalisation", "atteinte sexuelle", "faux souvenirs" etc.

Et quand un type finit par être condamné pour viol, chose extrêmement rare vous l’aurez compris, eh bien la peine moyenne est de 9,6 ans (chiffres 2016). Sachant que ces détenus modèles sont libérables à la moitié de leur "peine", la victime aura passé deux fois plus de temps à subir la procédure que le violeur en prison.

C’est ainsi qu’en 2016, seulement 396 personnes (dont 194 mineurs) ont été condamnées pour viol sur mineur et 134 pour viols par ascendant. Des chiffres ridicules au regard de l’ampleur de la catastrophe sanitaire que représentent les violences sexuelles en général, et sur les mineurs en particulier. Cette année-là, en 2016, il y a eu 7.886 plaintes pour viol sur mineur.

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Nous avons un problème, l’évidence saute aux yeux dès qu’on prend le temps de regarder de plus près ce qu’il se passe. Si l’on observe les processus, nous avons des gouvernements successifs qui tout en nous assénant leurs envolées lyriques sur la protection de l’enfance, n’ont fait qu’aggraver la situation et nier la protection de l’enfance, justement.

Les premières victimes de ce processus sont celles qui sont broyées par la justice : les victimes de violences sexuelles, surtout les mineurs. Mais derrière, c’est la société toute entière qui subit les conséquences de cette inertie volontaire car trop systématique malgré les alertes.

Des études de victimologie montrent que chaque année en France, environ 130.000 filles et 35.000 garçons sont victimes de viols et tentatives de viol.

Aujourd’hui nous vivons dans une société où les agresseurs sexuels, et les pédophiles notamment, sont tout-puissants. Pour peu qu’ils soient un peu discrets ils sont assurés de l’impunité. 90% des victimes restent cachées et ne portent jamais plainte, selon des estimations qui concernent les adultes.

Derrière cette négation des victimes par la justice, il y a des histoires personnelles, toujours difficiles. Des victimes qui attendent un soutien, une reconnaissance de la part de la société à travers une décision de justice, et qui finalement sont à nouveau broyées.

L’affaire de ces pompiers ne doit pas rester noyée dans la masse des décisions surréalistes de la broyeuse –pardon la "justice". Il est important de dénoncer ce qu’il est en train de se passer et de faire entendre des voix raisonnables dans ce débat où jamais la parole des enfants n’est prise en compte.

 



[1] Avis relatif aux violences sexuelles : une urgence sociale et de sante publique, un enjeu de droits fondamentaux de novembre 2018.

[2] L’expression peut sembler exagérée, mais le machisme fait bien plus de morts chaque année en France que le terrorisme islamiste. Pourtant, on donne plus d’un milliard par an pour lutter contre les islamistes, quelques millions pour aider les femmes et enfants victimes des mecs.

[3] La maman de Julie explique dans sa pétition les faits concernant le premier viol en réunion : « Ce viol en réunion s’est déroulé en novembre 2009 alors que Julie avait 14 ans et se trouvait en état de grande vulnérabilité connue par au moins un des trois pompiers concernés. En effet, Julie sortait alors d’une hospitalisation en pédopsychiatrie (26 au 30 octobre 2009) et dût y retourner en urgence dès le 15 novembre 2009 après ce premier viol en réunion (du 15 novembre au 12 décembre 2009). »

[4] Ces chiffres ne dissocient pas les chiffres qui concernent les mineurs et les majeurs, et c’est bien dommage. Parce que j’avais calculé qu’une femme qui porte plainte pour viol a une chance sur 12 de voir l’agresseur condamné pour viol, alors que pour les mineurs c’est une chance sur 16.

[5] Certes, la délinquance des mineurs n’est pas acceptable. Mais le statut de mineur a été créé en 1946 parce qu’on considérait qu’un mineur n’avait pas le libre arbitre, qu’il devait en premier lieur être protégé, et que la société a pour rôle de les éduquer jusqu’à leur majorité.

[6] Au sujet des faux souvenirs, théorie bidon propagée par la CIA pour contrer la vague de dénonciation d’abus rituels aux USA et au Canada dans les années 80 et 90, je renvoie vers un ancien article dont je ne renie pas un mot.

[7] On a déjà abordé cette question dans plusieurs articles, par exemple ici, avec des illustrations par des cas concrets ici, ici ou ici.

[8] Ils appellent ça les tribunaux criminels départementaux, dont le seul intérêt est de permettre des économies.

[9] « On estime qu'environ 60% des affaires qui seront jugées dans ces instances concerneront des crimes sexuels, pour lesquels 80% des victimes sont des femmes », rappelait un article d’Europe 1 de novembre 2018, quand cette régression a été annoncée.