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18 janvier 2023

Début de recadrage après la fiction de France 2 sur l'affaire d'Outreau : stop à la réécriture de l'histoire

2023-01-18 00_19_38-L'affaire d'Outreau saison 1 épisode 1 en streaming _ France tv - Opera

Beaucoup a déjà été écrit –et effacé- sur l’affaire d’Outreau : pour les uns, un fiasco judiciaire avec de braves innocents poursuivis par un juge mégalomane et crédule, lui-même manipulé par une bande d’enfants de 2 à 8 ans, pour les autres un scandale absolu dans lequel la parole des enfants a été piétinée et leurs agresseurs laissés en liberté pour la très grande majorité.

 

Face aux offensives mensongères sur l'affaire dite d'Outreau, il est crucial de faire régulièrement de la pédagogie, de la réinformation sur cette affaire qui s'est conclue par deux vérités judiciaires contradictoires: celle d'un acquittement quasi général des adultes dénoncés par les enfants d'un côté, et de l'autre celle des 12 enfants reconnus victimes à l'issue du procès en appel. 

Bizarrement, les médias mainstream et les autorités semblent n'en voir qu'une seule: il est donc crucial de rappeler l'autre vérité judiciaire, d'autant plus que depuis outreau le nombre de condamnations pour des faits de pédocriminalité ne cesse de baisser.

 

Une très brève chronologie de l’affaire d’Outreau - et ses suites

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Pour rappeler brièvement ce qu’il s’est passé depuis 20 ans maintenant, voilà une chronologie rapide de l’affaire :

2001 : L’affaire éclate dans un quartier d’Outreau où plusieurs habitants, dont Thierry Delay et Myriam Badaoui, sont accusés par plusieurs enfants de violences sexuelles répétées et certains sont arrêtés. Les couples organisent des partouzes, s’échangent les enfants, d'après ce que les enfants ont dit alors qu'ils étaient placés.

On parle vite de plusieurs dizaines d’enfants et de plusieurs d’adultes concernés, dans toutes les catégories sociales. Assez vite il est question de voyages en Belgique pour des partouzes et de plusieurs meurtres d’enfants. Les faits auraient commencé en 1995. 

Les médias commencent à s’en mêler, et soulignent l’horreur de la situation jusqu’à ce qu’il soit question de Belgique et de meurtres.

2004 : Procès en première instance en mai, avec 17 accusés seulement, dont 7 sont acquittés et 10 condamnés à des peines généralement modérées pour les faits reprochés. 16 enfants sont reconnus victimes.

Avant le procès les médias, derrière Florence Aubenas notamment, qui à peine revenue de sa prise d’otage a récupéré le dossier, dit-elle, l’aurait lu en deux ou trois mois à peine et a écrit un bouquin dans lequel elle défend les accusés et décrédibilise la parole des enfants, ont fermement défendu les accusés en donnant constamment la parole à leurs avocats.

On a vu des "documentaires", des dizaines d’articles, des livres, qui tous disaient qu’aucun réseau pédocriminel n’existait à Outreau, que les enfants disaient n'importe quoi. 

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L’élément clé du procès a été la rétractation aussi soudaine que médiatisée de Myriam Badaoui qui, après avoir parlé d’un réseau pédocriminel impliquant les acquittés, a décidé de nier en bloc et là elle a été immédiatement crue par tout le monde : juges, avocats, médias, autorités politiques.

En parallèle d’autres adultes du quartier ont été jugés dans des procédures séparées, et acquittés discrètement. Il s'agissait des mêmes faits, dans le même quartier, au même moment, avec des gens qui se connaissaient. A tel point qu'on s'est demandé combien de réseau pédocriminels se croisaient dans le secteur.

Wiel qui avait pris 7 ans a été libéré sous contrôle judiciaire dès le 20 juillet 2004, et Lavier qui avait pris 6 ans a été libéré le 22. Des détentions particulièrement courtes.

2005 : procès en appel en novembre, seulement 4 adultes sont condamnés, les 6 autres sont acquittés[1]. 12 enfants issus de 4 fratries différentes sont reconnus victimes.

L’ "expert" Paul Benussan, qui n’a jamais vu aucun des enfants, est venu expliquer à la barre, à la demande des avocats des accusés, que les enfants étaient des menteurs.

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Le 6 décembre, juste après le verdict, les 13 acquittés ont été reçus en grande pompe à Matignon par Villepin. Ils recevront des indemnités records, du jamais vu dans l'histoire judiciaire française. Même ceux qui n'ont pas été en prison comme Karine D. ont touché une somme bien supérieure à ce que les enfants victimes ont obtenu.

2007 : Daniel Legrand est arrêté près de Dunkerque, au retour d’Ostende, par la douane. Il se balade avec 130 g d’héroïne qu’il avait avalée et cachée dans son slip. "Il s’agirait de son quatrième voyage d’approvisionnement en Belgique depuis octobre 2006. M. Legrand devait être remis en liberté sous contrôle judiciaire en attendant de comparaître devant le tribunal correctionnel".

Il a pris un an de prison dont 9 mois avec sursis pour "transport et importation" (pas la vente ni l’achat, donc), ce qui n’est pas cher payé du tout pour ce type de trafic.

2011 : Badaoui sort de prison, manifestement après un relooking et probablement de la chirurgie esthétique.

2023-01-13 21_05_24-Les Lavier condamnés pour violences sur mineurs - Opera

2012 : Les Lavier prennent 10 et 8 mois pour violences habituelles sur mineur. Grâce à leur avocat Dupont Moretti ils ont été relaxés des charges de corruption de mineur pour les (ou la) vidéos[2] dans lesquelles ils étaient à poil dans des positions suggestives devant leurs enfants. Selon France 3, "Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer a estimé que si ces derniers faits étaient moralement répréhensibles, l'infraction pénale n'était pas constituée, car la volonté de corrompre les mineurs n'était pas prouvée". Quatre de leurs proches, également poursuivis pour corruption de mineurs, ont été eux aussi relaxés par le tribunal.

Pourtant, il a été montré au procès que les enfants étaient gravement maltraités, que le couple les enfermait dans des chambres vides et les surveillait par caméra de vidéosurveillance. Deux de leurs enfants âgés de 3 et 6 ans s’étaient enfuis pour retourner chez l’assistante maternelle qui les avait gardés pendant le procès.

2015 : Procès à Rennes d’un des acquittés, Daniel Legrand fils, pour les faits commis lorsqu’il était mineur. Défendu pendant 3 semaines par plusieurs avocats médiatiques comme Dupont Moretti, Berton, Delarue fils, Vigier, il a été acquitté. Ses avocats n’ont même eu besoin de plaiser : l’avocat général l’a fait à leur place invoquant la théorie pédocriminelle des "faux souvenirs".

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2016 : Franck Lavier, un des acquittés dont l’une des filles est reconnue victime en appel[3], est mis en examen pour viol et agressions sexuelles sur une autre de ses filles qui a porté plainte contre lui à 17 ans. Il n’a toujours pas été jugé parce que depuis 6 ans tout est fait pour minimiser les faits et on a appris en novembre 2022 qu’il était finalement renvoyé en correctionnelle et que les faits de viol ne sont pas retenus[4].

On note que les Lavier sont les grands absents de la fiction de France 2. c'est bien dommage, ils avaient beaucoup de choses à dire. Ont-ils refusé ou ne les a-t-on pas invités?

Voilà pour le bref résumé des faits.

Depuis 2001, on assiste régulièrement (en réalité à chaque fois qu'un procès lié à l'affaire va se dérouler) à des offensives médiatiques pour tenter de défendre la théorie de l’absence de réseau à Outreau, cela en général à coups de productions télévisuelles qui relèvent de la fiction larmoyante mais nous sont présentées comme des documentaires ou des faits réels. Aucune ne s'en approche, tant la partialité du propos est flagrante.

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La fameuse fiction de l’acquitté Alain Marécaux, dans laquelle l’acteur Philippe Torreton incarne un personnage "innocent" confronté à un horrible juge qui lui en veut personnellement, n’en est qu’un exemple, tout comme cette fiction en 4 épisodes de Georges Huercano, responsable des co-productions de RTL Belgium, pourtant classée dans les "documentaires" sur le site de France 2. 

Il faut noter que Jonathan Delay, qui témoigne dans le film, a porté plainte pour diffamation et abus de confiance contre la production qui apparemment n'avait pas prévenu de son parti pris.

 

Une opinion publique totalement manipulée

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Aujourd’hui encore, beaucoup de gens croient de bonne foi que les victimes d’Outreau, ce sont les acquittés. Ils n'ont entendu parler que d'eux, et nombreux sont ceux qui ignorent même l'existence de victimes reconnues chez les enfants, ces enfants qui ont été systématiquement présentés comme des menteurs par la défense. Les enfants, dont 12 ont bien été reconnus victimes en appel, sont totalement oubliés depuis le début de cette affaire.

La série de France 2 - qu'ils ont encore osé classer dans la catégorie "documentaires"- ne déroge pas à cette règle.

Pour comprendre comment toute une partie de l'histoire peut être occultée, la partie immergée de l'iceberg, celle qui mène à des pistes glauques loin du narratif officiel bien rassurant sur les pauvres acquittés brisés par une bande d'enfents menteurs qui ont vilement manipulé le juge, plusieurs éléments sont à prendre en compte :

  • Les enfants victimes étaient représentés par seulement 2 avocats payés par le conseil général, qui ne s’exprimaient quasiment pas dans les médias. Dont l'un a été appelé par Wiel pour le défendre.
  • Chaque accusé avait un avocat, souvent une pointure locales comme Dupont-Moretti, Berton, Delarue père, Roy-Nansion, qui eux s’exprimaient en permanence dans les médias en attaquant les enfants et l'instruction.
  • Le pouvoir politique voulait supprimer les juges d’instruction, il fallait donc taper sur le juge Burgaud et sa procédure. Il n’y avait aucune place pour la parole des enfants dans ce narratif.
  • Le retournement médiatique a été flagrant dès qu’il a été question de réseau organisé vers la Belgique, de trafic de films pédopornos, et des meurtres de 4 à 6 enfants. A partir de là, l’objectif des médias jusque-là neutres et se limitant à du commentaire des évolutions de la procédure, était clairement d’étouffer l’affaire.
  • On a vu s’activer tout le lobby pédocriminel français et même une partie de celui de Belgique pour faire taire les enfants, et cela dure encore. Puisque parmi les enfants victimes, deux ont eu le courage de dénoncer les faits même une fois adultes. Et ils ont eu face à eux une barrière de silence puis des attaques dont certaines ont été particulièrement violentes.

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Le seul documentaire qui a défendu la parole des enfants, "Outreau, l’autre vérité", réalisé par Serge Garde, a été boycotté par la télé française, y compris la télé publique qui diffuse toutes les émissions défendant les acquittés. Il a été censure des dizaines de fois sur Youtube: c'est le documentaire interdit en france bien qu'il ait été diffusé sur la télé belge et la télé suisse, notamment. Nos voisins ont le droit de savoir, mais pas le citoyen français qui doit continuer à croire que les réseaux pédocriminels, à l'instar du fameux nuage de Tchernobyl, s'arrêtent à nos frontières.

Presque tous les livres qui défendent la parole des enfants, je pense à ceux de Jacques Thomet ("Retour à Outreau. Contre-enquête sur une manipulation pédocriminelle"), ou "Outreau, angles morts, ce que les Français n'ont pas pu savoir"  de Jacques Delivré et Jacques Cuvillier (que je recommande chaudement pour mieux comprendre cette affaire), sont publiés par la bande.

Il est clair qu’au niveau des autorités, on ne veut pas entendre autre chose que l’innocence des adultes, condition sine qua non pour nier l’existence d’un réseau pédocriminel.

 

Pourquoi ont-ils presque tous nié en bloc ?

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Si on reprend la suite des événements, le couple Delay-Badaoui était suivi par les services sociaux depuis 1992. En février 2000 elle a demandé le placement de ses enfants, et c’est là qu’ils ont commencé à parler en citant déjà plusieurs adultes, condamnés ou acquittés. Ils parlent de viols qui auraient commencé brutalement le 25 décembre 1995 quand les parents Delay ont « offert » des cassettes pornos à leurs fils avant de leur demander de faire pareil que sur la vidéo.

Une enquête a donc été ouverte, et dès le mois de décembre 2000, Delay était au courant. Et le 28 décembre 2000 ils ont carrément reçu une lettre du juge des enfants leur expliquant que les enfants leur ont été retirés pour des soupçons d’agressions sexuelles.

Que s’est-il passé ensuite ? Dans une audition Badaoui a expliqué : "lorsqu’on l’a su mon mari a même appelé Daniel Legrand père. J’ai même été frappée car mon mari disait que c’était de ma faute car s’ils n’avaient pas été placés, ils n’auraient pas parlé". Elle a redit plus tard que c'est legrand père qui a incité tout le monde à se taire et à ne pas parler de certains protagonistes.

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Le jour où ils ont reçu cette lettre, elle dit que toutes les preuves ont été détruites, les objets sexuels compromettants ont été brûlés dans la baignoire et remplacés par des nouveaux sans ADN. Ce sont ceux-là qui ont été retrouvés par les enquêteurs, et dont l’analyse n’a logiquement rien donné. Dans une autre audition, Badaoui a dit aussi que "Les cassettes sont parties en Belgique, ils n’ont rien laissé chez moi. Quand j’ai eu la lettre du juge précisant que je n’avais plus le droit d’avoir les enfants, tout est parti".

Le couple n’a été arrêté que le 20 février 2001. Delay n’aura qu’une seule version : Il nie en bloc, déclare "je ne fréquente personne, personne ne vient chez moi", et c’est ce refrain qui a été repris par tous les accusés excepté Badaoui et couple Grenon-Delplanque.

Quand ils ont été arrêtés, les téléphones des accusés étaient neufs, ne comportaient que quelques numéros ou n'avaient pas servi depuis des mois. 

 

Premiers commentaires sur la fiction de France 2

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Dans la série de France 2, 92% du temps de parole est réservé aux acquittés et à leurs avocats. Cela montre le parti pris : celui de ne tenir compte que d’une partie de la vérité judiciaire, celle sur les acquittements, et d’oublier, celle des 12 enfants reconnus victimes.

Il y a deux victimes qui s'expriment, dont l'une est le fils de Marécaux et déclare qu'il ne s'est rien passé. L'autre est Jonathan Delay, à qui les réalisateurs avaient semble-t-il assuré que le "documentaire" serait équitable avec un temps de parole égal entre victimes et acquittés. Cela n'a pas été le cas, même si on sent bien que les auteurs ont essayé de laisser croire à une forme de neutralité derrière leur mise en scène.

Ce film avait pour conseiller technique Georges Huercano Hidalgo de la chaîne RTL TVI en Belgique, qui a fait partie de l’équipe de journalistes belges venus désamorcer l’affaire lorsqu'elle a commencé à partir sur un réseau en lien avec la Belgique.

Voyons ce qu’il en est sur ces près de 4 h de série présentée comme un "docu-fiction" mais qui n’a rien du documentaire tant il est scénarisé et tant les informations présentées ont été triées pour servir la thèse des avocats de la défense, qui ne correspond qu’à une partie de la vérité judiciaire. Quant à la vraie vérité, dans cette affaire personne ne l’a à part les organisateurs de ce réseau censé, donc, ne pas exister.

 

Pleurons avec les acquittés 

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1er épisode, premières secondes : on est déjà en train de pleurer sur le sort des acquittés. On a compris qu’encore une fois, les  seules victimes prises en compte seront les adultes. En fait, les 4 épisodes sont à l'avenant.

2e minute : Le curé Wiel apparaît sur un plateau télé géant qui reproduit des appartements, et qui vient nous expliquer qu’il est innocent.  A l’écouter, il fréquentait de très loin le couple Delay-Badaoui, mais il admet qu’il recevait des enfants chez lui tous les jours -ce qu'il continue à faire avec des migrants comme il l'a expliqué dans la presse.

Et il ne peut s’empêcher de dire que D., un des frères Delay, était menteur bien qu'il a été reconnu victime en appel, notamment de faits de proxénétisme. D'ailleurs il a carrément écrit un bouquin pour le dire haut et fort.

La caution morale de cette fiction est la présence de Jonathan Delay, victime reconnue comme telle à l’issue du procès. Sur les témoignages des enfants, on aura en tout et pour tout 5 minutes à peine. On n’aura donc pas l’essentiel, ni même la substance.

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Quand vient le tour du couple Grenon –Delplanque, qui a quand-même eu le mérite d’avouer une partie des faits dénoncés par les enfants, et a été condamné à des peines dérisoires en appel, leur avocate de l’époque les présente comme un gentil petit couple. Le film montre leurs aveux, largement minimisés par leur avocate et par la mise en scène, qui balaie rapidement cette séquence.

Vient Thierry Dausque, qui continue à nier (évidemment puisqu’il a toujours nié, comme Delay et les autres). Il a pourtant été accusé par plusieurs enfants, pas seulement les Delay, par le couple Grenon-Delplanque et même Lavier a confirmé qu'il était souvent chez les Delay. Mais ce n'est aps dans le film, bien-sûr.

Les enfants de sa compagne Monique F. ont été placés en juin 2001.

Puis c'est le tour de Jean-Marc Couvelard, qui ne parle pas donc on passe sa mère qui explique qu’il n'a pas pu commettre des viols des enfants en raison de son handicap. Le film ne parle que des accusations des frères Delay mais dans la procédure Couvelard a été accusé par plusieurs enfants, de fratries différentes.

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2 mn sont ensuite consacrées à la première audition de la quarantaine d’enfants cités par les frères Delay, principalement D., qui disent tous que leurs parents sont gentils, que les Delay sont gentils et qu’il ne leur est rien arrivé. On s'étend beaucoup sur cette première audition, les autres, dans elsquelles beaucoup d'enfants parlent, seront à peine évoquées en 4h.

Le film évoque ensuite les premiers aveux de Myriam Badaoui sur les films pédopornos, le sex shop, le réseau pédophile, et sa lettre écrite depuis la prison à Dominique Wiel qui, on le rappelle, dit qu’il ne les fréquentait pas. Elle raconte que des films étaient tournés avec les enfants.

Le film ne s'attarde pas sur les aveux et ne parle pas de la pétition lancée dans le quartier en février 2000 pour que les frères Delay reviennent chez leurs parents, signée par Wiel et Lavier notamment, ni de l'aide apportée par Wiel à Delay pour lui apprendre à jardiner, ni de cette voisine qui confirme qu'il allait chez les Delay.

C’est Badaoui en effet qui la première a parlé de la Belgique, témoignage confirmé par ses fils et les filles d’un couple d’acquittés. L’enquête sur les lieux, avec une reconnaissance des maisons par deux frères Delay, a été assez succinctes et n’a rien donné.


Daniel Legrand, stupidité machiavélique?

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C’est ensuite l’affaire des Legrand, Daniel Legrand père et Daniel Legrand fils, qui seraient arrivés dans l’histoire par erreur, en raison d’une homonymie avec le propriétaire d’une des fermes où des films auraient été tournés. Bien que ne tenant pas debout, cette théorie a fait le tour des médias mainstream.

Daniel Legrand recommence son couplet sur sa carrière dans le foot prometteuse brisée par l’affaire Outreau, et son chèr père aimant. Qui, selon le couple Grenon Delplanque, les a menacés et a participé aux faits. Legrand fils explique qu'il ne connaît personne à Outreau (il a donc reconnu Wiel sur photo par erreur, selon lui).

Par exemple le 5 octobre 2001 A. Grenon, qui a reconnu Daniel Legrand fils sur photo, a déclaré : "La veille [des partouzes] Thierry Delay ou Myriam Delay nous disait que l’on pouvait passer le lendemain chez eux. Nous arrivons chez M et Mme Delay et nous payons la somme que Thierry Delay et Daniel Legrand nous demandaient. Nous nous déshabillons dans la chambre de M. et Mme Delay ou la chambre de leurs enfants (…) La télé est allumée et des films pornographiques passaient (…)

Là, les adultes pouvaient choisir les enfants parmi ceux qui étaient présents et nous pouvions aller dans un coin de la pièce sur un canapé, une chaise ou par terre et nous pouvions avoir des relations sexuelles avec les enfants". Des propos confirmés ensuite par Delplanque lors de son audition.

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Et puis il y a le taxi Martel, un autre acquitté qui n'apparaît pas dans le film, qui selon plusieurs témoignages emmenait enfants et adultes en Belgique à l'occasion, et dit avoir pris Daniel legrand fils avec d'autres personnes dans le quartier de la Tout du Renard à Outreau où vivait tout le monde sauf les Legrand, qui vivaient dans une autre ville.

On évoque rapidement les aveux circonstanciés de Legrand, pour dire qu'il aurait tout inventé. Avant de parler du meurtre, il avait commencé à parler de son implication dans les viols contre rémunération en argent ou en cannabis, expliquant être allé 10 à 15 fois chez les Delay jsqu'au début de l'année 2000, quand le scandale a éclaté. Il a précisé que des films et des photos étaient faits. On reviendra plus tard sur le cas des Legrand.

Marecaux a son moment aussi, pour décrire sa merveilleuse situation avant l’affaire, et son fils François-Xavier confirme. Ils expliquent l’arrestation, le choc (on connait : il a écrit un bouquin et fait un film là-dessus), et le fiston raconte comment cette affaire l’a broyé. Il reviendra régulièrement au fil des épisodes, pour rappeler à quel point il a été maltraité et à quel point il a souffert. Le film ne parle pas de l'audition du 15 mai 2002 dans laquelle le fils Marécaux parle de faits bien plus précis et plus graves que la m"achine à bisous" dont il est question dans la fiction de France 2, ni du témoignage de sa soeur.

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Et évidemment il ne parle pas des aveux de Marécaux en plein tribunal, admettant avoir dépassé les limites avec son fils. Mais le tribunal, bienveillant, a trouvé opportun de ne pas acter ces paroles.

Jamais on ne dira que parmi les dossiers de son étude il y en avait un concernant le couple Delay-Badaoui, dont l’ardoise a été miraculeusement effacée. Badaoui a expliqué que les viols des enfants ont commencé après qu’il soit venu chez eux pour réaliser l'inventaire des meubles (qui n'ont jamais été pris) et qu'il ait trouve un "arrangement" avec Thierry Delay. 

On entend tout de même les témoignages de deux garçons qui ont confirmé les accusations concernant Dominique Wiel, d’un autre qui a confirmé les films tournés par Myriam Badaoui contre rémunération. Car Wiel a été accusé par Myriam Badoui et par ses enfants, ainsi que par le couple Grenon- Delplanque et par au moins trois garçons dont l'un a expliqé que déjà avant que l'affaire n'explose, les enfants parlaient entre eux des "manière" (les attouchements) de Wiel quand les enfants allaient chez lui. Un autre a raconté la participation du curé au partouzes, qui étaient filmées avec la caméra de Delay.

Même un adolescent de 18 ans est venu le dénoncer à la police quand il en a entendu parler dans la presse.

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Les aveux de Daniel Legrand fils sont un grand moment du film, et on reprend la sa théorie comme quoi il a tout inventé pour sortir de prison puisque A. Grenon qui avait avoué venait d’obtenir une liberté conditionnelle.

Il n’avoue pas immédiatement sa présence lors d’un meurtre d’enfant, mais commence par son implication dans les partouzes des Delay. Il explique que comme il n’a pas été libéré il a voulu "faire éclater une bombe" en avouant avoir été présent lors du meurtre d'une fillette par Thierry Delay dans l’appartement familial. Il a écrit à France 3 et au juge pour expliquer la scène. Rappelons que ce même Daniel legrand se plaint encore d’avoir été aligné dans les médias.

Myriam Badaoui confirme, après, certes, lecture de la lettre d’aveux de Legrand fils. Ces aveux ont aussi été confirmés par Jonathan Delay, qui n’a pas eu lecture de la lettre et confirme le déroulé des faits ainsi que la plupart des détails donnés par Legrand et Badaoui. Et la fille d’un couple d’acquittés a aussi parlé du meurtre d’une petite fille belge de 5 ou 6 ans, qui a précisé "je sais que c’est une petite fille belge car ma mère m’a dit qu’une petite fille belge allait être violée ce soir".

De plus, Legrand a commencé à parler de ce meurtre lors d’une expertise psychiatrique au cours de laquelle il a aussi expliqué être accro au shit depuis ses 15 ans et à l’héroïne qu’il fume, depuis 2 ans ce qui entraînait des symptômes de manque. Il a même expliqué à l’expert qu’il participait aux partouzes chez les Delay pour l’argent. Mais ce n’est pas mentionné dans le film, qui préfère se concentrer sur les fouilles infructueuses pour trouver le corps de la fillette à l’endroit désigné par le fils Delay. Fouilles réalisées devant les caméras, comme il se doit, ce qui a permis de dénoncer une enquête coûteuse et inutile.

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Là-dessus, le fils Legrand, qui n’est décidément pas une lumière, explique que ses aveux machiavéliques visaient à faire tomber l’enquête "comme un château de cartes" puisque d'après lui  les enquêteurs ne trouveraient pas le corps. Pourtant le 19 février 2002 dans le bureau du juge Burgaud, qui lui lui demande pourquoi il a fait ça, Legrand a répondu sans hésiter :  "Pour dire la vérité, pour que cela se sache. J’avais dans l’enveloppe mon mandat de dépôt pour pas que ça passe pour un canular".

Il dit que c’est lui seul qui a pris cette initiative, car il voulait "que les autres paient pour ce qu’ils ont fait", et qu’il n’a pas agi sous la contrainte. Il dit qu’il a menti lors de la confrontation quand il a innocenté Martel (qui n’apparaît pas dans le film de France 2) et Wiel : "ce n’est pas vrai Myriam et Thierry ne m’ont pas dit de dénoncer des gens. Au contraire ils m’ont dit qu’il ne fallait rien dire". Tout cela n’est pas dans cette fiction partisane, dont les auteurs soit n’ont pas lu le dossier, soit n’ont jamais cherché à faire la part des choses.

Il faut aussi souligner que dans ce film, la famille Legrand passe pour une famille modèle : rien sur les attouchements commis sur les petits cousins, les exhibitions sexuelles, les accusations de viols contre Legrand père et fils par un enfant de la famille. Pas un mot.

Au sujet de ces aveux, il y a eu un grand moment au procès de Daniel Legrand à Rennes, quand l’avocat de Jonathan lui a demandé comment il avait pu imaginer un scénario qui correspondait aussi bien aux déclarations de Badaoui et de Jonathan, et qu’il a répondu qu’il est "rentré dans la tête de Myriam Badaoui". Nous étions chez les extralucides, ce qui n'a pas du tout interpellé le tribunal.

 

Les propagandistes réécrivent l'histoire  

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Le film montre bien que ce sont les journalistes belges qui ont commencé à désamorcer l’affaire en 2001 avec des reportages et articles laissant entendre que toutes les accusations des enfants étaient surréalistes et surtout, que de réseau pédocriminel il n’y avait point. Car au début de l’affaire les médias français sont dans le sensationnel et relatent les arrestations, les accusations sans les remettre en cause, peut-être même avec une certaine complaisance.

Ce sont les journalistes belges qui ont marqué le virage à 180°, pour décrédibiliser les enfants. Puis des ténors du barreau du Nord : les Delarue père et fils, Roy-Nansion, Berton, Dupond Moretti, arrivent comme par magie dans le dossier, pour défendre des gens aux minimas sociaux et à l’aide juridictionnelle. Jamais on ne leur a demandé comment ils sont arrivés là.

De fait, après l’affaire Dutroux la Belgique maîtrise parfaitement l’étouffement des dossiers de réseaux pédocriminels, fussent-ils tentaculaires. Et les liens entre cette affaire Outreau et la Belgique ne devaient pas satisfaire ces pourfendeurs de théories sur les réseaux pédos.

On tape encore sur les expertises, sans s’étaler parce qu’elles sont bien embêtantes : 7 experts ont estimé que les propos des enfants tenaient la route. Mais dans les médias, les avocats des accusés, ducon, pardon Dupont Moretti le premier, les ont violemment attaqués, n’hésitant pas à propager une série de mensonges éhontés.

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Enfin, le dernier épisode revient sur les deux procès, en 2004 et 2005. Là encore, on aura à 95% la version des acquittés. Au final il faut retenir que seuls ceux qui ont avoué ont été condamnés parce qu’à un moment Myriam Badaoui s’est rétractée en disant que les futurs acquittés étaient tous innocents, et là tout le monde a décidé de la croire. Ce revirement soudain n’était probablement pas le fruit du hasard, et on donnerait cher pour avoir savoir si un avocat des accusés est venu la voir la veille dans sa cellule. Ce que l’on sait, par contre, c’est qu’elle a bénéficié d’un traitement extrêmement favorable en prison, dont elle est sortie dès 2011 alors qu'elle avait pris 15 ans.

Badaoui a été jusqu’à dire à l’audience du procès en première instance qu’elle ne connaissait pas Marécaux, et c’est passé. Alors que les enfants avaient été clairs, elle a innocenté les futurs acquittés. Puis le couple Grenon Delplanque s’est aussi rétracté et a eu une peine minimale (4 et 6 ans) pour les faits dont il était question.

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Quand le lendemain Badaoui a redit que les enfants disaient la vérité, là plus personne ne la croyait, évidemment. Les avocats de la défense ont tout fait pour que l’opinion publique en reste là.

Roy-Nansion admet qu’elle a forcé son client à dire qu’il avait menti en accusant les futurs acquittés. C’est intéressant, parce que jusque-là il confirmait les propos d’A Grenon, de Badaoui et des enfants.

On ne parle pas des 17 avocats des accusés qui défilaient pendant des heures pour interroger les enfants, les faire plier, les avocats expliquent qu’ils y ont peut-être été un peu fort, mais qu’il fallait le faire. On en parle pas des 16 enfants reconnus victimes à l’issue du procès en 1ère instance, ni du traitement des enfants victimes après le jugement.

Le film s’étend de longues minutes (au moins 15) sur la tristesse des condamnés en première instance, comme Wiel qui a pris 7 ans mais a été libéré juste après le procès, Marécaux qui a pris 18 mois pour attouchements sur son fils, Dausque et Legrand fils surtout, et la joie des acquittés.

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Puis on passe au 2e procès, en appel qui a fini par 6 nouveaux acquittements, 1 an après le premier procès. Le seul objectif était d’amener les enfants à se rétracter, ce que trois enfants qui accusaient Wiel ont fait. Badaoui et A. Grenon ont dit que les autres étaient innocents, et qu’il n’y avait que 4 coupables, ce que Thierry Delay a confirmé. Bref, circulez y’a rien à voir, et surtout pas un réseau connecté à la Belgique.

Un procès où l’avocat général s’est excusé publiquement pour les acquittés AVANT que le jugement soit rendu, quand le jury partait délibérer.

Le film ne fait aucun commentaire sur les 12 enfants reconnus victimes à l’issue de ce procès à décharge. Le film ne parle pas d’un rapport très intéressant paru en 2007, après le procès en appel, mais il aurait dû amener les autorités à se poser des questions : le rapport de l’IGAS remis au ministre de la santé Philippe Bas  sur l’historique médical de 14 des 17 enfants présentés au procès.

2023-01-18 18_55_55-« L’Affaire d’Outreau » _ Un objet télévisuel non identifié pour « rendre hommag

Ce document de l'Inspection générale des affaires sociales passé totalement inaperçu dans les médias sauf un, dit que "pour cinq d'entre eux, dont les parents ont été reconnus innocents, l'IGAS relève des "indices évocateurs d'abus sexuels". Il ne s'agit pas de preuves, cite encore le rapport, mais seulement de signaux d'alerte qui justifient d'être pris en compte au nom de la protection de l'enfance. Autre point qui sème le doute : l'IGAS précise que l'institution judiciaire, lors de l'instruction de l'affaire d'Outreau, n'aurait pas recueilli, dans son intégralité, les documents de la PMI. Le rapport conclut en tout cas qu'"une surveillance attentive et continue des enfants est préconisée". Ce ne sera évidemment pas fait.

On ne parle pas non plus des 5 lettres écrites par une des filles Lavier à une copine, dans lesquelles elle disait avoir assisté au meurtre d’un enfant, qui ont été envoyées au tribunal par les assistantes maternelles qui les gardaient début 2002 mais ne sont jamais arrivées dans le dossier en raison d’un "problème d’aiguillage" apparemment.

Rien non plus sur le procès de Daniel Legrand en 2015 ou sur les pérégrinations judiciaires du couple Lavier.

 

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Voilà pour les grandes lignes, les réactions à chaud après avoir supporté les 4 épisodes de la série. A la fin des 4 heures on s’interroge : quel était le but de cette série réalisée à grand frais ? On peut d’office éliminer la recherche de la vérité. Probablement, pour désamorcer certains points-clés qui commencent à interroger l’opinion publique : les aveux de certains accusés, le meurtre de la fillette, les 12 enfants victimes, les recoupements dans les témoignages des enfants et des adultes qui ont parlé…

Dans une prochaine partie, nous reviendrons plus en détail sur les accusations des enfants, caviardées dans cette fiction lamentable, sur ce délire selon lequel personne ne se connaît dans ce dossier, sur les meurtres d’enfants car dans la réalité il est question de plusieurs meurtres d’enfants dans ce dossier, sur la propagande du lobby pédocriminel à Outreau et depuis Outreau, et l’importance de l’opinion publique. Il est temps d’informer sérieusement sur cette affaire, car elle sert de chape de plomb pour enterrer la parole des enfants.



[1] Dominique Wiel, 67 ans, l'huissier de justice Alain Marécaux, 41 ans, Daniel Legrand, 24 ans, Franck et Sandrine Lavier, 27 et 28 ans, Thierry Dausque, 33 ans, qui avaient donc été condamnés en première instance.

[2] Un article du Point expliquait en 2011 : "En mai, le couple et quatre de ses proches avaient été placés en garde à vue, et leurs ordinateurs saisis. Ce matériel informatique, analysé par la direction interrégionale de la police judiciaire, a livré de nombreuses photos et vidéos qui font état d'autres faits s'apparentant à de la corruption de mineurs (...) Ces soirées festives ont eu lieu lors des deux ou trois dernières années. Selon nos informations, les photos et vidéos mettraient en scène Sandrine, Franck Lavier et leurs proches, à demi ou complètement nus, mimant des actes sexuels devant de jeunes enfants". Et les chambres toutes rangées et pleines de jouets qu'on voyait dans les reportages complaisants tournés chez les Lavier avant ce procès n'avaient rien à voir avec les "mouroirs" décrits lors de l'audience, équipés de caméras de vidéosurveillance.

En 2011 quand l'affaire des maltraitances / corruption de mineurs a été connue, la mère de Franck Lavier avait déclaré : "Moi je demande que la justice soit faite et qu'ils aillent en prison pour le mal qu'ils ont fait à mes petits enfants". Après le jugement elle a dit être "déçue" de cette "peine bien légère au regard des preuves et du résultat des examens médicaux". Elle avait même ajouté que "Depuis l'affaire d'Outreau, Sandrine et Franck sont de toutes façons protégés"

[3] En première instance les deux filles ainées du couple ont été reconnues victimes mais l’une s’est rétractée après avoir repris contact avec ses parents.

[4] En novembre 2021, pourtant, il était bien question, après moult tergiversations, de l’envoyer aux assises.

14 janvier 2023

Note de lecture : L'internationale nazie d'Ariane Bilheran

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C'est un des sujets dont on a beaucoup parlé ici : le recyclage des nazis dans les structures d'après-guerre. Ariane Bilheran y consacre un essai: "L'internationale nazie", qui présente la situation de manière à la fois synthétique et pédagogique.

 

Un petit pavé dans la mare : c'est ainsi qu'on pourrait qualifier ce livre d'une centaine de pages à peine. Pour ceux qui suivent ce blog, il confirme la logique derrière la permanence dans les structures de pouvoir d'une idéologie fasciste, eugéniste, qui s'est incarnée dans le nazisme comme elle semble s'incarner dans le covidisme, par exemple, ou dans le soutien aux néo-nazis dans la guerre en Ukraine, pour ne prendre que des exemples récents.

En Amérique latine non plus, tout cela n'est pas un scoop tant les populations ont subi et subissent encore cette caste bourgeoise fascisante européenne arrivée en masse dès 1944.

Mais pour la communauté "intellectuelle" en France, ce n'est pas un scoop: c'est inaudible. Si en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, des historiens et journalistes ont pu expliquer dans une certaine mesure en quoi les nazis n'avaient pas du tout été terrassés mais bien réintégrés dans les nouvelles structures, en France il s'agit d'un tabou absolu.

Dans "L'internationale nazie", Ariane Bilheran souligne la persistance des banquiers et industriels nazis, l'utilisation du trésor de guerre placé notamment en Suisse pour financer de nouvelles entreprises transnationales. 

Davos est une des structures qui permettent à l'idéologie eugéniste -aujourd'hui teintée de transhumanisme, évidemment- de perdurer et se déployer sur le plan opérationnel. Davos, comme le Bilderberg il y a peu, sert à coordonner les mondes de la politique et du business derrière des objectifs qui, si l'on écoute le sbire de Schwab Yuval Noah Hariri, n'augurent rien de bon pour l'espèce humaine. 

Ce "nouvel ordre mondial" invoqué par nos représentants soi-disant élus et par tant d'illuminés n'est rien d'autre que cette société supra nationale, pyramidale, destinée à créer le surhomme tout en écrasant les autres, considérés comme quantité négligeable.

Les eugénistes du XIXe siècle étaient des capitalistes. Logiquement, quand vint l'ère des nazis ces capitalistes ont financé les nazis. Et les mêmes ont créé l'Union Européenne, l'ONU et donc l'OMS, l'éducation sexuelle, le traçage des populations, la pharmacopée chimique et autres joyeusetés. Les mêmes nous parlent de démocratie et de libertés à coups d'ONG bidons tout en finançant les guerres, en truquant les élections, en préparant leur "nouvel ordre mondial".

Bref: un livre à faire circuler. Il est de salut public d'arrêter de se voiler la face sur cette histoire de nazis puisqu'ils sont là, ils appliquent leur programme et refuser de comprendre leur idéologie et leur histoire empêchera de trouver les bonnes solutions.

 

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11 janvier 2023

Deux Français à la tête d'un réseau de pédopornographie international condamnés en Espagne

2023-01-10 19_29_28-El fiscal pide más de mil años de cárcel por prostituir a menores de València -

En Espagne, le plus gros réseau pédocriminel mis à jour jusqu’à présent a fait beaucoup parler durant l’enquête et jusqu’au jugement. Plus de 6.000 ans de prison ont été requis en première instance contre plusieurs membres de ce réseau d’ampleur internationale. 

Les leaders du réseau seraient deux Français, aux connexions sulfureuses dans les réseaux pédocriminels de France, d'Espagne et de Belgique.

 

Début janvier, un article paru dans Sputnik a été repéré par l’équipe de la Team F Society (désolée si j’écorche le nom). Il évoquait un réseau pédocriminel dans lequel il y avait deux français, et dont tous les membres s’étaient enfuis grâce à une libération juste avant leur procès.

FSociety a fait un article complet sur cette affaire, en soulignant des connexions avec d’autres réseaux, notamment Zandvoort et Dutroux.

En effet, ce réseau est une petite partie, une antenne, dont les membres sont aussi liés à d’autres réseaux.

 

6.300 ans de prison requis contre 7 pédos en 1ère instance…

Le procès de première instance a eu lieu à huis clos sur 13 jours en octobre, et le procureur avait requis plus de 1.000 ans de prison contre deux membres de ce réseau, le plus important mis à jour en Espagne jusqu’à présent, pour prostitution de mineurs, viols, production et diffusion de pédoporno. Plus de 300 films pédos ont été mis à leur actif, sur lesquels 103 mineurs différents au moins ont été comptabilisés mais seulement une trentaine ont été identifiés formellement.

Près de 600 clients dans 45 pays ont été identifiés ainsi qu'une trentaine de sites différents. En première instance en 2019 les peines ont logiquement été très lourdes : Au total 6.300 ans de prison ont été demandés par le procureur contre 7 types. Dont trois étaient en fuite au moment du jugement.

  • 1.088 ans ont été requis contre José Cardona Serrat, récidiviste. Finalement la peine fut de 132 ans, la peine la plus importante. Il a été condamné pour association de malfaiteurs, utilisation de mineurs pour tourner de la pédopornographie et distribution, et plusieurs "abus sexuels". En appel il a pris 20 ans.
  • 1.016 ans contre Martín Rafael Chanzá Almudéver, déjà impliqué avec son vieil ami Cardona dans un réseau similaire dans les années 90[1]. Il n’a finalement pris que 12 ans de prison pour tournage et distribution de pédoporno.
  • 1.179 ans contre Jean-Luc Aschbacher, qui était considéré comme le meneur du réseau, a finalement pris 240 ans en septembre 2022. On lui reproche plusieurs centaines de victimes, s’étant lancé dans la pédopornographie au tournant des années 2000.
  • 1.028 ans contre Fernando Aguilera Garrido, ex policier déjà condamné en mars 1994 à 39 ans puis 4 ans de prison en appel en 1996 pour corruption de mineurs et ami de longue date de Cardona. Il a finalement pris 20 ans de prison alors qu’il s’agit des mêmes faits que Chanzá Almudéver également récidiviste, qui n’a pris que 12 ans.
  • 710 ans contre Younes en-Naciri, d’abord victime et devenu complice. En cavale, il aurait été arrêté en 2022 mais n’a toujours pas été jugé.
  • 720 ans contre Christian Arson qui a pris 19 ans en appel faute de preuves sur son implication dans de nombreux faits et parce qu’il a nié en bloc.
  • 576 ans contre Miguel Aviles Fernández, récidiviste. Finalement il a eu 4,5 ans de prison pour exploitation de mineurs à des fins de pédopornographie et la distribution.

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Et magie : avec le jugement en appel de mai 2021, qui concernait José Cardona Serrat, Fernando Aguilera Garrido et Martín Rafael Chanzá Almudéve et Miguel Avilés Fernández, les peines ont été fortement réduites à quelques années de prison[2]. Mais les deux français avaient pris la fuite avant le procès.

Quant aux clients, aucun n'a été inquiété semble-t-il.

Ce réseau a été démantelé, du moins en partie, en 2015-2017. A l’origine une mère de famille s’est inquiétée de ce qu’il arrivait à son fils placé depuis peu dans un contre pour mineurs de Tortosa, à 100 km au nord de Valence. Elle a alerté les services de la protection de l’enfance sur les allées et venues des mineurs dans ce centre, et l’Operación Trinity a été lancée.

Des jeunes d’un autre centre revenaient aussi dans l’établissement avec les poches pleines de tabac, du shit et un peu d’argent. L’enquête a montré que ces jeunes étaient recrutés par des adultes pour des tournages pornos, et a mené vers l’appartement d’un couple de Français. En mai 2015, trois types ont été arrêtés : les deux Français Jean-Luc Aschbacher et Christian Arson qui vivaient en Espagne depuis des années, et le Marocain Younes en-Naciri. Qui ont été libérés ainsi que deux autres accusés juste avant le procès et se sont enfuis d’Espagne.

2022-08-27 19_29_04-Productos Aschcom, la xarxa de pornografia infantil que tenia pisos a Sant Llàtz

En juillet 2016 les quatre autres ont été arrêtés après que les enquêteurs aient regardé les photos et vidéos des Français : le bijoutier à la retraire José Cardena Serrat, Martín Rafael Chanzá, Fernando Aguilera et Miguel Avilés, tous récidivistes. Un cinquième, ancien pilote, a été arrêté aussi mais on n’en a plus entendu parler.

La base de ce réseau était dans la région de Valence, où se déroulent aussi :

  • L’affaire du Bar Espana, où on retrouve un réseau de production de pédopornographie et même de snuff movies, avec derrière la caméra le français Bernard Alapetite notamment, qui était déjà parmi les individus soupçonnés dans l'affaire du Coral avant qu'elle ne soit étouffée. Ce réseau-là était actif dans les années 90-2000 au moins.
  • L’affaire des meurtres de trois adolescentes à Alcasser en 1992, ville dont est originaire Rafael Chanzá.

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Les deux français, qui vivaient alors en couple, ont apporté leurs compétences en tournage et leur réseau de distribution de vidéos à l’international à partir de 2002, quand Aschbacher a créé sa boite de production Productos Aschcom.

Selon l’enquête, ils ont commencé à tourner de la pornographie, à vendre sur leurs films sur catalogue (2000 titres étaient référencés) dans l’appartement d’Arson, et auraient inclus des mineurs dans leurs tournages en 2002 parce que leur boîte de production de porno gay périclitait avec le développement d’internet et du porno gratuit disponible en un clic. "Ils étaient pédophiles, mais ils ont commencé à entrer dans la criminalité en faisant du porno infantile parce que cela rapportait de l’argent", a expliqué un inspecteur de la police.

Aschbacher était propriétaire à Valence de deux boîtes, l’une de production audiovisuelle appelée "Aschcom SL" basée à Barcelone et l’autre de diffusion de magazines, et avec Arson ils auraient commencé à réaliser leurs films pédopornos au tournant des années 2000 avec des mineurs trouvés en peu partout dans le pays. En 2008 Aschbacher avait déjà été arrêté par la police espagnole pour des faits de pédocriminalité mais il s’en était sorti avec seulement 10 mois de prison.

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Entre 2010 et 2015, la société de production aurait déclaré 106.988€ de chiffre d’affaires dont 95.000€ d’origine injustifiée. Ce qui est peu quand on connaît le prix de vente de la pédopornographie réalisée sur commande, où le film se vend au moins à quelques milliers d’euros. Selon l’enquête, rien qu’en 2011, plus de 200 "clients" avaient fait des demandes de scénarios. Cette année-là, le réseau a pris beaucoup d’ampleur avec l’arrivée de Younes et d’un autre pédo de la bande à Tortosa, à 100 km au nord de Valence.

3 millions de contenus été retrouvés, sur 1500 DVD et 12 disques durs. Il y avait 2000 films au catalogue de ce réseau.

Beaucoup de films auraient été tournés dans l’appartement d’un des Français à Valence, à l’Albufera, à El Saler (d’autres zones de la ville) et à Xabia dans un chalet appartenant à Cardona, d’autres ont été tournés à Malaga ou à l’étranger. Sur certains, on voit les accusés violer les mineurs.

En Espagne, ils payaient des gamins pris dans les rues, des immigrés ou des enfants de familles défavorisées, pour les filmer contre 10 ou 20 €, jamais plus de 30. Certains des mineurs victimes étaient placés sous la responsabilité des services sociaux.

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Les perquisitions réalisées chez Aschbacher et Arson et dans les locaux de sa boîte ont été fructueuses. Ainsi, un article du JDD paru le 14 août 2016 explique : « les enquêteurs ont mis au jour la bagatelle d'un million de documents, photos et vidéos mettant en scène des mineurs entre eux, des ados violés par des adultes, voire des jeunes avec des animaux, et saisi un stock d'un millier de DVD. La commercialisation s'effectuait sur Internet par la vente de clés de chiffrement permettant d'accéder à l'un des 28 sites (Boyarabsex, Besteenstube, Gayboybook…) rattachés à sa société, ou par correspondance avec l'envoi de DVD par la poste. Les enquêteurs ont pu tracer des gains de l'ordre de 80.000 euros en trois ans. Jean-Luc A. est personnellement mis en cause dans les viols de huit mineurs ».

Une trentaine d’adolescents passés par la protection de l’enfance, parfois âgés de 11 ou 12 ans, de nationalité espagnole, mais aussi roumaine ou marocaine, ont été identifiés parmi leurs victimes. Et trois d’entre eux étaient devenus des agresseurs.

 

Un réseau international

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Mais ces pédos, notamment Chanzá et les deux français Aschabacher et Arson qui sont considérés comme les "cerveaux" du réseau, voyageaient aussi beaucoup à travers le monde. Les enquêteurs ont retrouvé des traces de visites au Maroc, au Laos, au Kenya, en République Tchèque, en Roumanie, en Tunisie, en Turquie, en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam, au Sri Lanka, à Java, à Bali et aussi en France où des films ont été tournés selon les enquêteurs espagnols.

"Selon Interpol, au moins 103 victimes de ce réseau entre 2002 et 2015 ont pu être retrouvées, alors que plusieurs centaines d’autres n’ont pas été localisées", précisait Sputnik. Les enfants avaient entre 10 et 17 ans selon les médias, et la justice espagnole pense qu’il y a beaucoup plus que les 103 victimes identifiées.

Certains des garçons récupérés pour les photos et vidéos pornos n’avaient que 6 ou 7 ans, comme l’ont montré les contenus saisis.

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Youness en-Nasiri était d’abord une victime : il apparaissait mineur sur les premières vidéos d’Aschbacher et Arson, qui ont fini par le garder avec eux comme appât et comme complice. Il parlait arabe, les deux Français lui ont appris à filmer.

Il est ainsi devenu leur responsable informatique de la bande et le coordonnateur avec le Maroc où il faisait un voyage chaque année en compagnie de Fernando Aguilera, Martin Chanza et José Cardona Serrat, les deux derniers ayant déjà été condamnés en 1998 dans le cadre d’un autre réseau de prostitution de mineurs et de pédoporno actif de 1986 à 1996[3], et de nouveau en 2003 pour "abus sexuels sur mineur" quand ils ont pris chacun 4 ans et demi de prison. Chanza a encore eu une troisième condamnation[4].

En 2012 et 2013 Younes a ouvert 28 noms de domaines internet, pour mettre en ligne des plateformes payantes ou gratuites de contenus pédopornos.

Les pédos avaient aussi un catalogue avec les photos de "castings" de mineurs étrangers, et des demandes écrites de clients de confiance ont été retrouvées, dans lesquelles ils précisaient ce qu’ils voulaient, quels scénarios, quel type d’enfants.

598 clients dans 45 pays ont été trouvés dans les fichiers des pédos, et certains en Espagne ont fait l’objet de procédures. Parmi eux, il y avait aussi des producteurs de films. Et beaucoup de Français. En juin 2018 la Guardia Civil annonçait que 12 personnes avaient été arrêtées dont un instituteur de maternelle ou un prof de lycée et 31 visées par une enquête, dans le cadre de l’Operación Trinity.

En 2009 Younes et les deux autres pédos sont allés à Bucarest où ils ont ajouté au moins 6 enfants dans leur banque de films. En 2010 et 2011 ils sont allés au Maroc où ils ont entrepris de créer un lieu dédié aux tournages et aux agressions de mineurs. Ils ont circulé dans les zones les plus pauvres du pays et ont filmé des enfants dont certains avaient 8 ans, contre de l’argent.

L’objectif était aussi d’organiser des voyages pour des groupes de pédos occidentaux pendant la période hivernale, d’abord au Maroc, sur le mode "tour opérateur".

 

Une justice fort arrangeante depuis 25 ans

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Les médias se sont interrogés sur les sorties de prison de cinq pédos de la bande avant le premier procès. Notamment la libération de Cardona et Chanzá après seulement 1 an et demi de préventive. Leur parcours de récidivistes interroge : pourquoi une telle clémence ?

En 1996 et 2002 ils avaient déjà été condamnés pour viols de mineurs et pédopornographie, activité qui aurait commencé en 1984. Arrêté à Valence en 1994 avec Chanzá, Cardona avait pris 23 ans de prison, transformés en 6 ans par la cour suprême en novembre 96 dans cette affaire qui était déjà à l’époque "le plus gros réseau pédophile" découvert dans le pays, et auquel appartenait aussi Vicente Soler Romaguera, assassiné en décembre 2016.

C’est la police des Etats-Unis qui a envoyé les premières cassettes aux autorités espagnoles en 1994.  9 types avaient été condamnés dont Cardona, reconnu coupable d’avoir produit au moins 10 films pédos et d’avoir prostitué un mineur handicapé. 27 mineurs victimes âgés de 8 à 16 ans ont été identifiés, dont une seule fille, et 64 enfants victimes ont été dénombrés d’après les vidéos.

Cependant, une des victimes, issu d’une famille défavorisée, a déclaré avoir été victime de trois des pédos de la bande depuis l’âge de 3 ans.

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Les peines ont été très légères, officiellement en raison d’un changement du code pénal supprimant la corruption de mineurs, et il y avait un flou sur la qualification des faits (on notera que la majorité sexuelle a aussi été remontée de 13 à 16 ans). C’est ainsi que finalement, en 1996, quatre pédos ont eu des peines entre 3 et 6 ans de prison, et que les trois autres dont Romaguerra qui a pourtant été identifié sur une vidéo où il viole un mineur, ont été acquittés. Ces jugements ont fait scandale et sous la pression de l’opinion publique, les législateurs ont rapidement renforcé les peines contre les pédos.

A cette époque, Chanzá vivait juste à côté d’Alcasser, la ville où trois adolescentes ont été massacrées par un réseau de pédos VIP protégés par la justice et les autorités.

Des vidéos ont aussi été distribuées en France, mais on n’en a pas entendu parler. Parmi les accusés : un prof d’informatique américain dans un collège privé de Valence (Thomas McGuire), un sergent de gendarmerie. Aux Etats-Unis, un autre enseignant impliqué dans le réseau depuis 1986, Eugene Leithiser, a été condamné pour production et distribution de pédoporno dans cette affaire, et la plus grosse quantité de pédoporno à l’époque a été saisie à cette occasion.

McGuire et Leithiser se connaissaient depuis les années 80, et s’échangeaient déjà des contenus pédopornos, par courrier puis via Internet. McGuire a pris 135 ans dans le volet espagnol du dossier et a aussi été jugé aux USA pour avoir distribué les films du réseau de Valence et d’autres contenus.

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Dès leur sortie de prison, Cardona et Chanzá ont repris, toujours à Valence, leur activité de corruption de mineurs et production de pédopornographie. En mai 2002 ils ont donc été à nouveau condamnés, Cardona à 4 ans et demi [5] et Chanza à quelques mois de plus.

En sortant ils ont recommencé au plus tard en 2008. Ils proposaient à des ados du quartier, de leur entourage ou des jeunes migrants, de faire des photos puis des films pour eux contre quelques euros, si besoin en les alcoolisant ou en les droguant, et parfois avec l’aide des deux français pour les tournages et la distribution.

Cardona et Chanzá ont été arrêtés dans l’Operación Trinity en juillet 2016 et placés en détention préventive. Mais bizarrement, une juge a décidé de les libérer en février 2018 "moyennant une caution qualifiée de ‘très faible’ par des sources légales", précisait un article de presse.

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Pourtant, la police a retrouvé dans les nombreux disques durs et appareils saisis des films de viols d’enfants de tous les âges, y compris de moins de 4 ans, auxquels ils faisaient subir diverses violences sexuelles, y compris sado maso. Si on en juge par la chronologie des faits qui leur étaient reprochés dans la procédure de 2016, ils n’arrêtaient pas et avaient de nouveau accumulé des millions de fichiers pédopornos.

Dans ce réseau, il y avait aussi Vicente Soler Romaguerra, un faux médecin selon certaines sources, assassiné en décembre 2016 par trois jeunes d’origine roumaine âgés de 18 à 22 ans au moment des faits. Ils l’auraient torturé puis asphyxié dans son appartement. Evidemment, ce crime n’aurait rien à voir avec les antécédents de la victime bien qu’il les avait invités chez lui et leur avait offert de la coke en échange de relations sexuelles.

Bien qu’ils aient utilisé sa carte de crédit, il a fallu un an avant de les arrêter en Roumanie et en Angleterre et d’identifier un troisième type en Espagne. Peu après son acquittement de 1996, il a été condamné pour des faits similaires.

Notons au sujet de la Roumanie que c’était une destination de voyage de Cardona et Chanzá. Une fois sur place ils contactaient des jeunes tous azimuts, pour des séances de photos "érotiques", le même modus operandi que celui utilisé au Maroc et probablement ailleurs.

Quant à Fernando Aguilera Garrido, alors qu’il était encore dans la police, il avait déjà été condamné en 1994 pour des agressions sexuelles d’une vingtaine de mineurs qu’il avait pris en photo et filmés. Il a été condamné à 39 ans de prison mais de devait en faire que 12, avant que sa peine soit ramenée à 4 ans. A l’époque, il avait déjà réussi à être libéré de préventive juste avant le procès.

 

Le parcours des deux Français, bien insérés dans le marigot pédocriminel

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Enfin, du côté des trois fugitifs, les deux Français qui s’étaient réfugiés en France - "le paradis des pédos', avaient un long parcours dans la pédopornographie. Et avant cela dans la pornographie. Aschbacher était "directeur artistique" de films pornos depuis le début des années 90.

En 1991 il a participé au tournage du film "Noces rituelles" puis en 1992 de "Trafic Féminin" et "U elle aime" produits par Gérard Menoud, patron sulfureux de la société de production de porno X Defi, ex Defi Productions liquidée en 1999 qui était un militant pour la "libération de la pornographie"[6].

En 1994, Menoud a été condamné à Perpignan à 3 ans de prison pour diffusion de pédoporno et banqueroute frauduleuse (sa maîtresse, directrice financière de la boîte, a été condamnée et devait verser 120.000 €). Il n’était pas présent à son jugement.

Il est passé en correctionnelle, car comme ce fut le cas pour Bernard Alapetite jugé séparément dans le même dossier "Ado 71" en tant qu'organisateur du réseau, on a oublié les charges de production de pédopornographie et il n’a été jugé que pour diffusion et reproduction de films produits en Allemagne dans le cadre de ce réseau "Ado". Les "peines" ont donc été particulièrement minimalistes. Et comme Alapetite, Menoud défendait des positions franchement à droite voire carrément nazies.

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Avant cela, Menoud avait déjà été "condamné 19 fois pour des affaires de mœurs ou de malversations financières" selon un article paru en 2002. Il a de nouveau été inculpé en 1997, mais les charges étaient apparemment insuffisantes et il a été libéré de préventive en septembre 1998. Les acteurs des films pornos étaient tous majeurs selon les justificatifs fournis.

Il a été condamné en 2002 en son absence pour diffusion d’images de mineurs, usage de faux et détournement de fonds, et extradé de Madagascar où il était parti vivre.

Par ailleurs, Menoud a été dénoncé par un certain Didier Pellerin, alias "maitresse Roxanne", dans le cadre de l’affaire Zandvoort, un réseau de production de pédopornographie aux Pays-Bas connecté avec la Belgique, lui-même accusé par l’association belge Morkhoven au début des années 2000.

Un jeune, ex victime devenu pédo dans ce réseau, nommé Robert Jan Warmerdam, a parlé d’un réseau de production de films pédopornos à Amsterdam, dont les pratiques devenaient de plus en plus trash, et il a expliqué devant la police avoir lui-même tué un garçon de 13 ans dans un snuff-movie. 

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Warmerdam a déclaré en audition avoir rencontré Dutroux régulièrement dans un bar pédo d’Amsterdam en 1994 – 1995, années où il enlevait des gamines dans les rues de Belgique, une grande mode à l’époque apparemment. Il l’a aussi rencontré, a-t-il aussi expliqué, "aux Rex Production et Roxanne Films Production, au 111 chemin Admiraal de Ruijter, dans une villa de la banlieue d’Amsterdam, qui selon lui, exploitaient bien des enfants", relate un article de l'association Morkhoven sur le site de la Fondation Princesse de Croy.

Deux sociétés appartenant à Pellerin, tenancier d’un bar sadomaso à Amsterdam qui fréquentait le Dolo, le bar bruxellois tenu par un couple de Français où traînait Michel Nihoul, l’un des complices de Dutroux proche des milieux politiques, ainsi que des flics, des magistrats, des politiques, des pédos notoires, souvent d’anciens coloniaux.

Quant à la boîte de Menoud Defi Productions, elle a été citée dans le volet "Abrasax" de l'affaire Dutroux et Menoud a été entendu par les enquêteurs belges. Abrasax était un groupe de partouzeurs satanistes belge proche de la Wicca et très certainement pédocriminels puisque l'endroit ressemble à celui indiqué par une victime de l'affaire Outreau en france et par Samir Aouchiche, victime du réseau Crypten dans les années 90. Et Défi Productions diffusait des vidéos de la Wicca réalisées par "Maîtresse Roxanne".

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Lors de son audition, semble-t-il écartée de l'enquête comme l'ensemble des pièces intéressantes ou presque, Menoud aurait déclaré que Dutroux et le riche homme d'affaires suisse Daniel Messinger, qui possédait une villa à Saint-Raphaël et faisait aussi dans le porno, se connaissaient et s'étaient même rencontrés à plusieurs reprises. De fait, au début des années 90 Dutroux passait parfois des vacances dans le sud de la France.

Selon l'article "Les belles relations de Dutroux "l'isolé", en 1994 Messinger a été "mis en cause dans la disparition de deux jeunes Françaises et inculpé de séquestration et de proxénétisme. Après six mois de prison, malgré des charges accablantes, on l’a libéré. Il a aussitôt pris la fuite. L’enquête disposait pourtant de ses carnets personnels où il expliquait à quel point il appréciait les relations sexuelles avec les enfants et comment fonctionnait sa filière de trafic d’enfants avec l’Asie et les pays de l’Est".

Aujourd'hui, Menoud serait devenu trans sous le nom de Géraldine C., auteur de romans pornos notamment, et tenant des propos antisémites ou racistes sur Twitter ou VK.

Aschbacher et Arson ont finalement été retrouvés et arrêtés en France par la police en mai 2021[7] dans le silence médiatique en France, puis ils ont été extradés en Espagne en juillet et placés en détention préventive… quelques jours ou semaines à peine. En effet, comme la détention préventive ne peut excéder 4 ans, Arson a été libéré dès le 15 juillet 2021 et Aschbacher en septembre 2019. Ils ont été jugés à huis clos de novembre 2021 à février 2022, ayant demandé des réductions de peine (ils avaient pris chacun autour de 700 et 1000 ans de prison, tout de même) mais nient ou tentent de minimiser les faits, disant par exemple que les mineurs étaient consentants. Cette question est hélas toujours au cœur des débats.

 

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Le traitement de cette affaire dans les médias espagnols a été certes intensif, mais en réalité les faits ont été grandement minimisés. Par exemple il n’est généralement question que de poses "érotiques" demandées aux enfants, alors que des scénarios scabreux comprenant des viols par les adultes ou entre enfants étaient demandés par les "clients".

Vu la bienveillance des autorités et les connexions des deux "cerveaux" du réseau, leurs liens avec Alapetite notamment, on ne peut que s'interroger sur la partie immergée de l'iceberg et s'attendre à un volet bien plus sombre.

 



[1] Un des pédos de ce réseau, Vicente Soler Romaguera, un faux médecin qui a été battu et étouffé par deux jeunes dans son appartement de Valence en décembre 2016, pile quand l’enquête sur le réseau avec les deux Français battait son plein et 5 mois après l’arrestation de son vieux copain Cardona.

[2] Ils ont pris 4 ans (et 2 pour Chanzá) pour appartenance à un groupe criminel + 9 ans (et 7 seulement pour Chanzá) pour la distribution, + 7 ans pour Serrat pour utilisation de mineurs, 9 ans pour Garrido. Serrat a encore pris trois fois 5 ans, 6 ans, 7 ans et 8 ans ½ pour « abus sexuels » de mineurs, et Fernández 7 ans, + d’autres peines pour d’autres délites. Au final toutes les peines ont été confondues pour un maximum de 20 ans pour Serrat et Garrido, 12 ans pour Rafael Chanzá, et 4 ans ½ pour Fernández.

[3] Mais leur peine exacte est inconnue. En tout cas elle n’a pas dû être bien longue puisqu’ils ont encore été arrêtés en 2002.

[4] Ils ont libérés en décembre 2006 pour Chanzá et septembre 2008 pour Cardona.

[5] Très procédurier, Cardona s’est payé le luxe de lancer une procédure à la cour européenne des droits de l’homme qui lui a donné raison, considérant en 2010 que la justice espagnole n’avait pas été impartiale à son encontre en le laissant en préventive pendant l’instruction.

[6] Selon le site ProChoix, Menoud a financé un colloque organisé par l’association Ornicar de Thierry Meyssan sur « la pornographie en Europe » au début des années 90. Mais le congrès n’a pas eu lieu parce que Menoud a été arrêté en 1992.

[7] On a peu d’infos sur cette interpellation. Ils ont été arrêtés grâce à un mandat d’arrêt international, à Six-Four-les-Plages près de la Seyne-sur-Mer.

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09 janvier 2023

La justice, victime ou complice des pères maltraitants et de leur harcèlement ?

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Voici un cas d’école de la manière dont la "justice" peut considérer comme dangereuse une maman sans que rien ne vienne le démontrer, et comme parfait un père au comportement clairement abusif. Il n’est pas question de violences sexuelles dans l’affaire de Sophie, 9 ans aujourd’hui, mais si c’était le cas sa maman ne le saurait pas : elle ne peut voir sa fille qu’1 heure tous les 15 jours, dans le cadre de visites médiatisées.

Cette maman a entamé un combat judiciaire pour récuser les juges et s'ooposer au jugement qui place sa fille chez le père. Si besoin, nous pouvons mettre le détail des éléments de droit.

 

Dans cette affaire comme dans tant d’autres, la parole du géniteur est considérée comme la Vérité par la plupart des magistrats qui sont intervenus dans ce dossier, principalement le juge aux affaires familiales. Devant lequel la maman, D., doit comparaître ce 19 octobre à Strasbourg.

 

Quand la justice devient l'instrument du harcèlement

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Nous avons là un "père" qui ne s’est jamais occupé de sa fille jusqu’à ce qu’il décide d’en récupérer la garde pour nuire à la maman qui avait osé le quitter. Et qui depuis miltiplie les plaintes pour non représentation, et réclame la garde de sa fille, puis aujourd’hui la résidence, par tous les moyens.

Le profil ? Un individu qui ne pense qu’à lui, qui ne s’est jamais impliqué dans l’éducation de sa fille, qui n’hésite pas à inventer des histoires ubuesques dans ses innombrables procédures qui pourtant sont prises très au sérieux par les juges.

On connaît ce profil dans les dossiers que je traite habituellement, avec ces types capables de pleurer sur commande devant les juges, de se mettre les sévices sociaux et le point rencontre dans la poche, et in fine de manipuler quasiment tout le monde. La condition de ce cirque, c’est juste le silence des enfants : il faut les faire taire, il faut qu’ils ne parlent pas.

C’est le sentiment qu’on a en relisant la chronologie de cette affaire. Dès la "rencontre", qui en fait était une forme de harcèlement si l’on considère froidement les choses, la relation était toxique. Mais quand elle s’est décidée à partir, D. est tombée enceinte de la petite Sophie, en 2013. Et bien-sûr, comme dans tous ces dossiers, les violences de l’individu contre D., bien qu'il n'y a jamais eu de "vie commune", n’ont pas cessé et Sophie en a été le témoin.

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Il faut aussi noter dans cette histoire que les parents de l’individu fonctionnent de la même manière : désintérêt total pour la mère et l’enfant, tout en étant particulièrement intrusifs.

Comme il ne vivait pas avec l'enfant, il a rapidement demandé une garde alternée : sa fille avait 9 mois et était encore allaitée. Le juge aux affaires familiales a heureusement refusé cette fois-là, mais il a obtenu un "droit de visite progressif" et a enchaîné les procédures depuis cette date pour récupérer l’enfant, ce qu’il a réussi à faire en mars 2021 quand elle lui a été confiée "provisoirement" au motif que la maman est considérée comme nuisible à sa fille.

Par exemple quand l’enfant a eu 2 ans et demi, il a lancé une nouvelle procédure devant le juge des enfants, arguant apparemment de mauvais traitements de la maman.

Dans la foulée il a commencé à porter plainte pour non-représentation d’enfant. On en cumule 11 aujourd’hui, et heureusement pour 8 d’entre elles la maman avait pu avoir un témoin avec elle, qui démontre qu’il n’y a jamais eu de non-représentation. ELle a donc pu obtenir 8 classements sans suite, mais a été gratifiée d'un rappel à la loi pour les 3 autres.

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Il a obtenu des visites médiatisées auxquelles sa fille alors âgée de 3 ans et demi ne voulait pas se rendre, d’autant qu’elle a évoqué des coups de son "père" lors de la première, puis des droits de visite et d’hébergement quand elle a eu 5 ans.

Puis une assistance éducative est mise en place pour "observer" le comportement de Sophie, accusée d’être "dangereuse" pour sa fille par l’individu, et à partir de là tout est allé de travers, et on se demande où est la cohérence dans les décisions rendues par cette justice, elle-même rendue au nom du peuple français.

Bref, l’assistance éducative a conclu que Sophie était victime de sa mère sans qu’on sache bien pourquoi, une histoire de conflit parental dont D. serait, selon les sévices sociaux, la seule responsable.

Puis, l’individu a demandé une pension alimentaire (il a été débouté), et en 2021 il a réussi, grâce à un nouveau juge des enfants, à obtenir le placement de Sophie chez lui de manière "temporaire", grâce à divers témoignages disant que D. est dangereuse pour sa fille alors que le dossier mentionne des maltraitances du géniteur envers l’enfants mais pas le contraire. 

Dès le début, la maman a eu droit à des intervenants à charge :

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    Le psy qui voit Sophie à l’âge de 3 ou 4 ans et lui dit d’emblée qu’un papa c’est « très important »

  • Les éducateurs du point rencontre qui prennent toujours des décisions en faveur de l’individu, qui n’entendent jamais quand Sophie dit qu’elle veut voir sa maman et pas lui,

  • Une des éducatrices qui se promène souvent avec l’individu hors du contexte professionnel mais rédige des rapports contre D.

  • Le responsable du point rencontre qui va jusqu’à rédiger une attestation en faveur du père alors qu’ils sont censés rester neutres, déclarant qu’ils ont incité l’individu à saisir le juge des enfants car D. serait folle et Sophie serait donc en danger. Une déclaration sans aucun fondement puisque D. a des certificats disant exactement le contraire, mais dont les effets nocifs se font toujours sentir dans cette procédure. On y accuse aussi D. d’avoir porté plainte contre le père, ce qu’elle ne fera que 5 jours plus tard… un des mystères de ce dossier.

  • Aucun dossier n’a été réalisé au point rencontre concernant Sophie, qui y est suivie depuis des années, d’abord pour voir son géniteur, puis sa mère. Tout est basé sur les dires des éducateurs et de l’individu. 

 

Complicité ou aveuglement ?

protection de l'enfance

Depuis qu’il a obtenu la garde de Sophie, qui n’est même pas une garde alternée, le nouvel objectif semble être d’éliminer totalement D. de la vie de sa fille qu’elle ne voit pourtant qu’en visites médiatisées depuis 1 ans et demi. La fillette ne semble pas aller bien du tout, elle est très souvent malade, maigrit, a même été hospitalisée faute de soins à temps. Elle manifeste dès qu’elle le peut son envie de retourner vivre chez sa mère "comme avant".

D. a évidemment porté plainte mais cela n’a pas empêché le renouvellement du placement chez le géniteur en mars 2022 alors que D. n’a jamais eu le loisir de rencontrer l’éducateur chargé du dossier en un an – ce qui n’a pas empêché un nouveau rapport à charge. 

placements enfants

Le fameux SAP, le syndrome d’aliénation parental, invention d’un pédocriminel, Richard Gardner, qui a utilisé cette invention pour défendre ses congénères dans les tribunaux et auprès de l’opinion publique. Ce SAP n’existe toujours pas dans la liste des maladies mentale, pourtant particulièrement extensive.

Il n’a pas le droit d’être utilisé en justice puisque c’est un truc qui est totalement bidon, et la résolution du Parlement Européen du 06 octobre 2021 portant sur les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre du droit de garde, article 41 l’a encore confirmé. Mais on nous parle de mère "trop fusionnelle" ou de "conflit de loyauté" décelé par une obscure éducatrice chez Sophie.

A ce jour, aucun danger réel de la part de la maman de Sophie n'a été prouvé, au contraire, les rapports d'expertise psychiatriques établis à la demande des services sociaux en juin 2018 (un comble puisque les services sociaux voulaient prouver l'incompétence de la maman...) établissent l'inverse. La maman de Sophie est en totale capacité de s'occuper de son enfant.

D. a du se présenter devant le Juge aux affaires familiales le 19 octobre puis devant le juge des enfants de Colmar le 6 décembre où elle demandait l'annulation de la procédure de placement de Sophie chez son père, qui lui demandait le placement définitif.

 

La maman contre-attaque. Eléments de procédure

tribunal strasbourg

A l’audience du 19 octobre (en réalité elle était prévue le 12 mais été annulée une heure avant l'audience par l'avocate de la partie adverse), l’individu réclamait la résidence complète de Sophie, la réduction des visites médiatisées à 1 h par mois et 300€ par mois de pension alimentaire.

L'audience devant le juge aux affaires familiales de Strasbourg s'est déroulée comme attendu, excepté qu'elle a tout de même duré 2 heures: l'avocate du père s'en est prise à la maman de Sophie en déroulant son argumentaire à charge, qui tourne autour de la "relation fusionnelle" mère-fille, d'un hypothétique "conflit de loyauté" de l'enfant. 

Il est encore reproché à D. d'influencer sa fille, qu'elle voit 1 heure tous les 15 jours en point rencontre, en visites médiatisées: comment pourrait-elle le faire?

Un rapport d'enquête sociale, pièce maîtresse de la partie adverse arrivé en mars 2022 dans le dossier, attaque D. en disant qu'elle risque de "passer à l'acte": outre le fait qu'on ne précise pas de quel "acte" il est question, laissant ainsi planer le doute pour réclamer un baisse des droits de visite (obtenue), ce rapport n'a aucune validité car:

  • Aucune des rédactrices n'est inscrite au fichier Adeli (ni aucun des 7 éducateurs du point rencontre)
  • Les élucubrations psychologisantes ou vaguement médicales n'ont rien à faire dans un rapport d'enquête sociale.
  • Il s'agit ni plus ni moins de dénonciation calomnieuse.
  • C'est aussi un faux en écriture.

Le jugement devrait intervenir le 11 janvier 2023. 

Le 6 décembre 2022 D. était convoquée devant le juge des enfants, qui suit la procédure concernant le placement de Sophie. La juge était la même que lors de l'audience précédente, et il y a eu deux suspensions de séance. D. a notamment demandé pourquoi aucun projet pour l'enfant n'avait été rédigé depuis le temps que l'enfant est suivie alors que cela doit être fait dans les 3 mois après le début du suivi de l'enfant: en effet, ce cirque est mené, nous dit-on, dans un but de protection de l'enfance, et il faut donc un suivi.

Juste après, les parents de D. devaient défendre leur droit de visite avec leur petite fille devant cette juge.

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D. avait demandé la récusation du juge et a contesté le jugement de placement pour plusieurs motifs, en se référant notamment à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant articles 2, 3.3, 4, 5, 8, 9.1, 9.2, 9.3, 12, 13, 14, 16, 18, 19, 37a) et à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, articles 6.1, 8, 9. Les droits de la fillette et de sa mère ont en effet été piétinés, et D. a fait valoir notamment ces points :

  • Absence de contradictoire à de très nombreuses reprises,
  • Absence de motifs sur les convocations aux audiences,
  • Absence d'avis du ministère public: Selon la décision du Défenseur des Droits du 16 juillet 2020 et les articles 1187, 1189, 1182 CPC, l’avis du Ministère public est obligatoire y compris dans les procédures d’assistance éducative.
  • Absence de projet pour l'enfant qui est obligatoire et doit être signé par le président du conseil départemental, selon le Code de l'action sociale et des familles (art. L223-1-1, D223-12, D223-13, D223-14, D223-15, D223-16 et D311). Ce qui est étonnant dans ce dossier c'est qu'en deux ans aucun projet pour l'enfant n'existe comme si ce n'était pas l'objectif de ce suivi.
  • Absence de numéro ADELI des intervenants dans le dossier qui font de la psychologie de comptoir à longueur de rapports.

Concernant la récusation des juges des enfants, D. a fait valoir notamment le défaut d'impartialité : Selon la jurisprudence des Cours d’appel et de la Cour de cassation, l'exigence d'impartialité doit s'apprécier non pas nécessairement en fonction de l'attitude effective de la personne en cause, mais de la perception que le justiciable peut légitimement avoir d'un risque d'impartialité (par exemple, CA Toulouse, 24 nov. 1999 : Juris-Data n° 1999-111850).

Cette demande de récusation se fonde sur les articles 341 et suivants du Code de procédure civile, ainsi que sur l'article 6 § 1 de la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

On attendait la décision le 3 janvier mais il est probable que le juge des enfants attende la décision du juge aux affaires familiales. 

08 janvier 2023

5e Podcast: Quelle prise en compte de la parole des enfants dans les affaires de pédocriminalité ?

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Un sujet des plus cruciaux aujourd'hui: la protection de l'enfance contre les violences sexuelles. Je propsoe une réflexion sur le traitement judiciaire des affaires de pédocriminalité, notamment l'affaire de Priscilla Majani, maman condamnée le 4 janvier 2023 à 2 ans et 9 mois de prison pour soustraction d'enfant.

 

Dans ce 5e podcast, un échange avec Gladys, une maman qui risque la prison pour avoir, comme Priscilla Majani, fui la justice pour protéger sa fille, et le témoignage de Laurence, qui avait recueilli la parole de Camille quand elle avait 5 ans, il a 12 ans.

On reviendra de toute manière sur cette affaire, sur celle de Gladys, et je réfléchis à organiser une prise de témoignages, anonymes ou non, pour expliquer ce qu'il se passe dans les prétoires, comment tout est fait dans la majorité des cas pour minimiser ou dissimuler ces violences sexuelles contre les mineurs.

 

 

05 janvier 2023

Une année 2023 entre soumission et rébellion ? Instaurons la guérilla intellectuelle et psychologique

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A tous ceux qui suivent ce blog ou me suivent ailleurs, je souhaite une année aussi bonne que possible - et tout est possible, à vous et vos proches. Que souhaiter aux gens en ces temps perturbés ? Mais plein de choses ...

 

L'année 2022 a été difficile, 2023 se profile assez mal sur le plan matériel. Mais j'ai l'impression que sur le plan des consciences, un effet cliquet s'est produit et beaucoup sont sortis, certes violemment, de leur caverne mentale. Beaucoup de questions se posent pour la suite des événements et je pense qu'une partie des réponses viendra naturellement cette année.

J'ai pris plaisir à entendre ces derniers mois des discours plus pondérés par les tenants d'un "complot juif" et autres discours de rejet il y a encore 2 ans, à entendre une volonté quasi générale chez les lanceurs d'alerte et citoyens engagés de coopérer, et de créer des outils pour y parvenir.

J'entends aussi beaucoup de questions, et beaucoup d'appels à se mettre autour de la table. Mais qu'on se rassure: tout n'est pas à refaire, l'Histoire nous en apprend beaucoup et énormément de travail a été fait ici et là.

Ce qu'il faut maintenant c'est

  • Partager les idées, les expériences, au niveau régional, national, international.
  • Comprendre que les idées ne doivent pas s'annuler mais s'agréger de manière itérative, évolutive.
  • Construire des outils de partage.
  • Développer les espaces d'expérimentation.

N'oublions pas que du Pérou à l'Inde, de l'Islande à l'Afrique du Sud, tous les citoyens de toutes les religions sont confrontés au même jeu morbide des puissants pour garder leurs prébendes et augmenter toujours plus leur pactole. 

 

Alors pour 2023 ?

Dans ce contexte, je souhaite vraiment le meilleur à tous ceux qui résistent et vont résister à toutes les oppressions, où qu'ils soient et j'espère que ces moments seront brefs.

Je pense d'abord à tous ceux qui ont subi ou subissent des traumatismes dans l'enfance, j'espère qu'ils trouveront toujours le courage de vivre et se relèveront plus forts en restant sensibles. Qu'ils sachent que c'est une véritable armée de victimes qui existe dans ce pays, parce que nous vivons un ravage organisé de l'enfance, donc de la société toute entière. Comme des soldats, ils ont un rôle crucial à jouer pour que la société de demain soit plus saine et protège réellement les enfants au lieu de les exposer à toutes les dérives des adultes.

Je pense aux mamans, aux pères protecteurs qui se battent souvent seuls et sans moyens contre une broyeuse qu'on appelle "Justice": ils ont besoin d'aide, essayons de la leur donner autant que possible.

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A tous ceux qui mènent un combat humaniste, quel qu'il soit, pour les autres ou pour leur propre vie, combat essentiel s'il en est, je voudrais qu'ils voient le succès ou au moins un bout, le plus rapidement possible, malgré les doutes et la fatigue qui parfois sont bien là. J'aimerais leur dire que le fait de combattre est déjà une victoire et qu'il en faut bien certains pour lancer la dynamique, tracer un début de route dont j'espère qu'elle sera faite collectivement. Ca ne sera que plus facile pour les autres, autour et après.

Je pense ensuite aux esprits libres, il en reste un peu partout, comme des poches de vie dans l'obscurité et le silence. Gardez intact votre instinct, vos valeurs, votre esprit critique. Soyez toujours fiers de ne pas suivre un troupeau dépourvu d'autonomie. Nous avons probablement passé le cap le plus difficile, celui où nous n'étions pas 1% de la population, en mars 2020, et maintenant nous sommes absolument sûrs de nos valeurs.

 

Quelles perspectives ?

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Nous sommes nombreux à avoir compris ce qu'il se passe et à nous demander comment se mettre d'accord pour la suite. Il faudra de la bonne volonté, mais il existe des techniques qui permettent de coopérer et de construire ensemble un diagnostic de la situation et un plan d'action partagé par tous. Ce n'est pas le problème, ce qui nous manque c'est un espace public pour échanger les idées et mettre en place les bases de la société que nous voulons.

Dans cet espace public que nous devons recréer partout où c'est possible, dès que l'occasion se présente, il faut créer des failles dans les croyances, casser le cadre de pensée, interroger. Et entre nous il est urgent de commencer à créer.

La révolte est si prégnante qu'ils n'oseront plus refaire les choses aussi frontalement : les pions seront avancés le plus discrètement possible pour nous enfermer dans ce monde irréaliste et violent que les plus puissants voient comme une bouée de sauvetage et que nous voyons comme une tombe pour l'humanité toute entière. Il s'agit de transhumanisme, de société de contrôle, de guerre cognitive, de dépravation généralisée en commençant par les enfants.

Beaucoup de combats sont à mener en même temps.

Nous allons aussi avoir des problèmes de ressources, notamment minérales et énergétiques et des guerres vont se multiplier à nos frais pour permettre à des vautours de se gaver jusqu'au dernier minerai. Nous allons trouver les solutions et partager les expériences des uns et des autres., installer les conditions pour que l'intelligence collective se mette en oeuvre.

Nous devrons aussi dénouer un nœud cognitif chez certains qui restent dans la caverne : nos "élites", nos dirigeants, ne sont pas là pour travailler dans l'intérêt général. Aussi loin qu'on puisse remonter, à de rares exceptions très localisées dans le temps et l'espace près, cela n'a jamais été le cas. Il y a toujours eu des gens qui ont grapillé plus que les autres et veulent conserver leurs acquis en maintenant en place des systèmes pyramidaux qui leur permettent de contrôler la politique, c'est-à-dire la gestion de la cité.

A nous de reprendre la main et cela ne se fera que par un rapport de force. On ne peut souhaiter une violence frontale parce que les gouvernements défendront le système actuel jusqu'au bout comme ils l'ont déjà fait, mais attaquons partout, tout le temps, sur tous les fronts comme il le font en mode guérilla intellectuelle et psychologique. Car je pense réellement que la base du combat est psychologique, mentale. C'est ainsi que certains Résistants sont morts en chantant sur le peloton d'exécution et je pense que c'est pour cela que les nazis ont dû se faire discrets à un moment de l'histoire.

Bref:  je nous souhaite surtout de rester inventifs, c'est certainement comme cela qu'on va finir par éviter le pire.

 

Comme l'a écrit Arthur Rimbaud:

"Les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles".

 

Nous savons ce que nous ne voulons plus, faisons confiance à notre capacité à imaginer, à concevoir un monde cohérent et respectueux des autres. Nous avons le droit à l'essai, le droit d'inventer des systèmes différents pour peu qu'ils coopèrent, nous pouvons sortir du cadre dressé par ceux qui ont toujours su conserver le pouvoir et nous devons réfléchir collectivement à la société que nous voulons, pour les générations présentes et à venir.

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