donde vamos

Politique mondiale, questions économiques et sociales, géopolitique

10 juin 2009

Kouchner à la rescousse d'un criminel de guerre

Agim Ceku, on en avait déjà parlé dans les articles sur le Kosovo, ce pays devenu indépendant où l’OTAN a installé au pouvoir toute une clique de mafieux ex tortionnaires. Les dernières nouvelles le concernant confirment la collusion entre certains de nos dirigeants, et Kouchner en premier lieu, et ces mafieux devenus hommes d’Etat.

Pour recadrer les choses, Ceku était colonel dans l’armée croate avant la guerre du Kosovo qui a démarré en 1999, et il a bien travaillé en se battant contre les Serbes et en multipliant les exactions. Ce qui lui vaudra quelque poursuite du TPIY, le tribunal pénal international pour l’ex Yougoslavie.

Sa carrière prend un étrange virage en 1999, quand la KFOR, les forces de l’OTAN sur place, le nomment à la tête du KPC, le corps de protection du Kosovo, qui n’est autre le pendant devenu légal de l’ex UCK, l’armée de libération du Kosovo, et qui regroupait tout un tas de mafieux albanais comme Hashim Thaci ou Ramush Ahmadinaj, qui sont des criminels de guerre blanchis par les politiques occidentaux comme c’est étrange.

Agim Ceku, donc, était le chef du KPC en 1999, et est présent à Rambouillet pour négocier l’indépendance du Kosovo, et en 2006 il devient premier ministre.

Aujourd’hui, en 2009, ledit Ceku est sous le coup d’une demande d’extradition et d’un mandat d’arrêt international de la part de la justice Serbe au motif qu’il aurait commis quelque génocide contre les population Serbe, ce qui, n’en déplaise à Kouchner qui a tant fait pour que les Serbes passent pour des tortionnaires génocidaires, nous ramène au cas de Thaci et Ahmadinaj, coupables eux aussi des mêmes exactions et sauvés par les occidentaux. La Serbie aurait ainsi la preuve qu’il est responsable du massacre d’au moins 669 serbes en 1995 lors de l’opération Olutja (Tempête), et de nouveau en 1999 contre d’autres minorités.

La Colombie, où il était de passage pour un séminaire international sur le désarmement, a donc annoncé à la Serbie que Ceku se trouvait sur son territoire et l’a arrêté le 7 mai. La Serbie a fait une demande d’extradition auprès des autorités colombiennes, pas tout à fait disposées à lui remettre le militaire-1er ministre-mafieux, puisqu’elles l’ont envoyé… en France (en lui interdisant de revenir en Colombie avant 10 ans).

La Serbie a donc réitéré sa demande d’extradition à la France en la justifiant par un tas de documents prouvant les crimes de guerres de Ceku. Mais, comme par hasard, la France a fait savoir par Interpol qu’il n’en était pas question, soi-disant parce qu’aucune charge ne pèse sur Ceku de la part de la France (ce qui ne tient pas au regard du droit international soi dit en passant). Et puis, tant qu’à faire, on le renvoie à Zagreb. Comme on avait fait quand il a été attrapé suite à d’autres mandats Serbes à l’aéroport de Ljubljana en octobre 2003, et à celui de Budapest en février 2004. Quelle bienveillance.

Selon le réseau voltaire, c’est l’ancien administrateur de la « communauté internationale » au Kosovo, Bernard Kouchner, qui a demandé au président colombien de ne pas renvoyer Ceku en Serbie.

En 2004 à Budapest, Ceku avait été arrêté durant deux heures à l’aéroport où il transitait, mais la police Hongroise l’a laissé partir parce qu’il était citoyen croate. En 2003 à Ljubljana, pareil : il a été relâché parce que la MINUK (les forces de l’OTAN) a envoyé une lettre pour dire qu’elle ne reconnaissait pas le tribunal de Pristina qui avait émis le mandat d’arrêt.
La Hongrie avait aussi détenu son copain Hashim Thaci un peu plus tôt dans l’année, qui est lui aussi passé par le rang de 1er ministre du Kosovo juste après Ceku, et il a lui aussi été libéré après différentes interventions diplomatiques notamment de l’administrateur US du Kosovo,  Michael Steiner, par le chef de la
mission de l’ONU au Kosovo,  Harri Holkeri, et par des diplomates européens.

On peut donc se poser quelques questions, comme pourquoi est-ce que de tels énergumènes sont protégés en dépit du droit international par les hommes politiques occidentaux, ou pourquoi est-ce qu’on a mis au pouvoir des criminels de guerre doublés de mafieux, ou encore pourquoi aucune enquête pénale n’est entamée pour déterminer les responsabilités de ces types…

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04 juin 2009

Bolkestein II: le retour (par la fenêtre)

Source Observatoire de l'Europe

Devant être transposée en droit français d'ici au 31 décembre 2009, la directive Services pourrait faire reparler d'elle. Sur les antennes depuis quelques jours, c'est Philippe de Villiers qui a ouvert le feu. Celui qui avait tiré la sonnette d'alarme à l'occasion du débat référendaire de 2005 sur la Constitution européenne utilisant l'exemple du "plombier polonais" devenu fameux, dénonce aujourd'hui "la directive Mac Creevy qui est la nouvelle directive Bolkestein" votée le 16 février 2006 au Parlement européen et ses applications anticipées par la Commission et la Cour de justice.
Pour étayer son affirmation, le leader du "non" en campagne européenne à Marseille la semaine dernière (TF1), citait l'exemple du "dumping social organisé par la libéralisation du cabotage routier" depuis le 1er mai avec "l'arrivée du routier bulgare", "la rafale d'arrêts de la Cour de justice européenne appliquant le principe du pays d'origine", et surtout un document, jusqu'ici passé inaperçu : le contenu d'un "Manuel d'application" de la nouvelle directive récemment publié par les services de la Commission.
La technique bruxelloise de contournement est devenue un grand classique : après la Constitution européenne recyclée par amendements dans le traité de Lisbonne, la directive Bolkestein a bien été recyclée par morceaux dans la directive Mac Creevy et le Règlement Frattini. 70% de nos emplois étant des emplois de services, plus de 4.000 métiers sont directement concernés, malgré les apparentes dérogations introduites dans le nouveau texte.

Le 16 février 2006 à Strasbourg, avec les voix des eurodéputés PSE, PPE (dont 14 UMP) et ALDE (dont Modem), Bolkestein renaissait de ses cendres à l'initiative du Commissaire Mac Creevy : la «directive Services révisée» n°2006/123/CE

I - CE QUE DIT LA DIRECTIVE MAC CREEVY

Les mots « Principe du pays d’origine » ont été seulement remplacés par « Libre prestation debolkestein_anto Services » dans la nouvelle version et un amendement affirmant l’obligation d’appliquer la loi « du pays de destination » était même repoussé par 527 voix (dont UMP, Modem et Verts), levant toute ambiguïté sur l’intention de leurs auteurs. 

Enfin, quelques "dérogations" semblaient sauver certains secteurs, comme la santé ou les services sociaux, mais la Commission s'est empressée de rappeler que néanmoins ils « continueront de relever des règles et principes de la concurrence », lesquels priment évidemment sur le droit national (
Communication du 16 avril 2006 ). 
 
Au final, cette directive Mac Creevy, déclinaison des accords de l’OMC libéralisant les services au niveau mondial (1), ressemble fort à cette directive Bolkestein qui avait suscité l'émotion au Printemps 2005 :   

1) c’est la loi du pays d’origine qui s’appliquera a priori : en témoigne le guide d'application publié fin 2007 par les services de la Commission de Bruxelles. 

2) le droit du travail est ouvertement subordonné au droit européen, donc au droit du marché    
   
3) doivent être supprimées les règles nationales qui permettent aux Etats de connaître et de contrôler les prestataires étrangers : ni déclaration, ni autorisation préalable d’activité, ni adresse, ni établissement ou représentant, ni exigence relative au matériel.    

4) les pleins-pouvoirs sont donnés à la Cour de Luxembourg pour l’interpréter, sachant que depuis 2007, sa jurisprudence en faveur du pays d’origine s’accélère : elle permet déjà de sous-payer des salariés d’entreprises de pays de l’Est travaillant en Suède ou en Allemagne, au nom précisément de la « Libre prestation de services » (Affaires Laval et Rüffert). 

5) plus de 4000 métiers sont directement menacés : maçons, plombiers, coiffeurs, agents commerciaux, charpentiers, électriciens, agents immobiliers, guides touristiques, conseils en management, agents de voyage, loueur de voiture, agents d’entretien, soutien aux personnes âgées, parcs d’attraction, services aux entreprises, services aux consommateurs, publicité,  etc. (exemples pour la plupart cités par la directive elle-même, Considérant n°33).

bolkestein_1II - CE QU'EST DEVENU LE "PRINCIPE DU PAYS D'ORIGINE" 

1) La loi du pays d’accueil n'a pas à être appliquée a priori, selon les services de la Commission 

Le «
Manuel relatif à la mise en œuvre de la directive Services», publié fin 2007 par la Direction Générale du Marché intérieur de la Commission européenne, est très explicite : 

Page 39 - 7.1.2. Portée et effet de la clause de libre prestation de services

« L’article 16 exige que les États membres s’abstiennent d’imposer leurs propres exigences aux prestataires d’autres États membres (…) En conséquence, les prestataires sauront qu’ils ne seront pas soumis à la législation de l’État membre où le service est fourni » [2]

Si le prestataire n’est pas soumis à la loi du pays d’accueil, c’est donc qu’il peut rester soumis à la loi du pays où il a son siège : c'est le principe du pays d'origine.

2) Exception : la loi du pays d’accueil en cas de « raison impérieuse » appréciée par… le juge européen 

Quatre « raisons impérieuses d’intérêt général » justifient qu’un Etat d’accueil impose l’application de sa loi : l’ordre public, la santé publique, la sécurité publique, la protection de l’environnement. 

En France, le droit et les conditions de travail sont considérées comme d’ordre public. Plus précisément, on ne peut déroger au droit du travail que dans un sens plus favorable au salarié : c’est « l’ordre public social ».  Les salariés français sont-ils protégés pour autant ? 
Avec la primauté du droit européen et les pouvoirs donnés à la Cour de justice, cet « ordre public social » qui protégeait les salariés français devient une digue de papier

-   parce que cette directive Mac Creevy affirme rien de moins que la supériorité du droit européen (donc du droit de la concurrence) sur les législations du travail, alors même que celles-ci étaient jusqu’ici du ressort de chaque Etat ! 

« Les États membres appliquent le droit du travail (relations individuelles et collectives) dans le respect du droit communautaire". (Considérant n°14 et article 1er §6) 

-   parce que le
traité de Lisbonne; consacre la supériorité du droit européen sur les Constitutions nationales et affirme (futur article 151) que c’est « le fonctionnement du marché intérieur qui favorisera l’harmonisation des systèmes sociaux. » 

-  parce que c’est la Cour de justice européenne qui jugera si un Etat avait une « raison légitime » d’empêcher l’application de la loi du pays d’origine. 

Page 35 : « La notion de raison impérieuse d’intérêt général (…) fait référence aux raisons légitimes (…) reconnues comme telles par la jurisprudence de la Cour de justice. (…)Des raisons économiques telles que la protection des concurrents ne constituent pas, selon la jurisprudence de la Cour de justice, une raison impérieuse d’intérêt général et ne pourront dès lors justifier l’imposition d’une exigence restrictive. » 

3) La Cour de Luxembourg applique déjà largement la loi du pays d’origine  europe_fric

La directive 96/71 sur le détachement de travailleurs dans le cadre d'une prestation de services intracommunautaire laisse place à de nombreuses pratiques de dumping, comme en témoigne la « jurisprudence Bolkestein » des dernières années :   

-  Le passage sous pavillon estonien d’un ferry finlandais et de son équipage, pour pouvoir le payer au salaire estonien. La Cour a donné raison à l’entreprise Viking Line au nom de « la liberté d’établissement » (Arrêt Viking, 11 décembre 2007

-  35 travailleurs lettons d’une entreprise lettone construisant une école en Suède avec des salaires lettons 40% moins chers que ceux de la Convention collective suédoise : la Cour a préféré le dumping social au nom de « la libre prestation de service » plutôt que d’imposer le droit du travail suédois. (célèbre Arrêt Laval, 18 décembre 2007 ) V. Pierre Avril, L'Europe légitime le dumping social,
Le Figaro, 19 décembre 2007 )

- 53 maçons polonais détachés d’une entreprise sous-traitante travaillant en Allemagne sur un chantier de construction publique et payés au salaire polonais 46% du salaire minimum : la Cour a jugé que payer des salaires conformes aux conventions collectives constitue un obstacle à l’accès au marché pour les sociétés d’autres Etats membres. (Arrêt Rüffert, 3 avril 2008 )

Face au juge européen, combien de temps le juge français pourra-t-il encore résister aux « salariés Bolkestein » et autres « faux travailleurs indépendants » ? Voici quelques autres exemples lus dans la presse :   

- Des éleveurs et abattoirs allemands ont embauché des milliers de porchers et bouchers polonais au salaire polonais pour travailler dans des élevages et ateliers de découpe. L’Allemagne peut ainsi exporter vers la France en cassant les prix. (L’Humanité, 14 février 2009) 
 
- 32 électriciens slovaques en sous-traitance dans une entreprise de robotique près de Rouen et payés deux fois moins chers que les salariés français. (Paris Normandie, 28 juin 2008) 

- Une entreprise de plomberie polonaise (avec des salariés payés au tarif polonais) sous-traitante d’une entreprise vosgienne pour l’extension immobilière d’une station de ski. (L’Est Républicain, 2 octobre 2008) 

 
euromanifIII - LES « REGLEMENTS FRATTINI » CONSACRENT AUSSI LE PRINCIPE DU PAYS D'ORIGINE 

1) Dans les contrats de prestation de service conclus à partir du 17 décembre 2009 

Un
règlement du 17 juin 2008; modifie la Convention de Rome de 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles ("Rome I") pour les contrats de service qui seront conclus à partir du 17 décembre 2009.

L'article 3 dispose que "Le contrat est régi par la loi choisie par les parties". A défaut de choix, l'article 4.1.b pose le principe : "le contrat de prestation de services est régi par la loi du pays dans lequel le prestataire de services a sa résidence habituelle", autrement dit la loi du pays d'établissement ou pays d'origine du prestataire.

Il soumet donc les contrats internationaux à la loi du pays dans lequel est établi le fournisseur des biens ou des services, à moins que les parties (mais l'une a souvent l'ascendant sur l'autre) n'aient fait le choix d'une loi différente. "Ce texte constitue la dernière en date, et la plus radicale, des offensives menées par la Commission en faveur de la loi du pays d'origine" selon quarante éminents professeurs de droit dans une lettre ouverte publiée le 13 décembre 2006. "Il va beaucoup plus loin en ce sens que la célèbre « proposition de directive Bolkestein » (...) alors que celle-ci concernait exclusivement les services, le Règlement projeté affecte tous les secteurs d'activité." (voir cette
lettre ouverte sous notre article)

Toute règle nationale impérative en matière contractuelle pourra être contestée devant la Cour de justice européenne, qui sous prétexte de distorsion de concurrence et parce que la loi française est généralement plus protectrice de la partie faible, alignera toujours par le bas[3].

Après le plombier polonais, le plombier indien ?

Le Règlement s'appliquera aux contrats de travail (article 8 du Règlement). Une entreprise étrangère et un salarié exerçant ses talents en France pourraient donc convenir "en toute liberté" que la loi applicable à leur rapport serait la loi d'un autre Etat-membre, ou de n'importe quelle loi disponible sur la planète (principe d'universalité, article 2), pourquoi pas indienne, se demande
Gilles Karpman, Silence, on contourne !

Avec le bouleversement de la hiérarchie des normes du fait de la primauté du droit communautaire sur le droit national consacrée par le traité de Lisbonne, la soumission du droit du travail au droit européen (directive Mac Creevy) et l'obsession de la tabula rasa qui est celle de la jurisprudence européenne, les dispositions impératives de la loi nationale apparaissent comme des garde-fous de plus en plus fragiles. On voit mal comment le salarié exerçant en France ne serait pas, à terme, privé de la "protection" que lui assurent les dispositions pourtant d'ordre public de la loi française.

2) En matière de responsabilité civile
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Un
second Règlement européen, jumeau du précédent, dit "Rome II", du 11 juillet 2007, pose les mêmes règles pour la responsabilité civile. Le principe est le suivant : les parties peuvent prévoir par convention, avant la survenance d’un dommage, la loi applicable à leurs obligations extracontractuelles, c’est à dire à leur responsabilité civile, réservant la loi du lieu de réalisation du dommage à des circonstances exceptionnelles.

Ainsi, une société puissante peut installer son siège social (ou un de ses établissements) dans un pays où la responsabilité civile l’expose peu (elle y délocalisera sa production lorsqu’elle en aura conscience ...) ; elle obtiendra de ses cocontractants que les relations de responsabilité civile qu’elle pourrait avoir avec eux seront soumises à cette loi imposée et moins protectrice.

***

L’Union européenne actuelle organise une concurrence impossible pour nos commerçants, artisans, entreprises de service. Le principe du pays d'origine nous ramène aux temps barbares où la loi était attachée à la personne plutôt qu’au lieu, une brèche dans les principes constitutionnels de territorialité de la loi et d’ordre public social. La Commission et la Cour, avec la complicité du Parlement européen, ont donc imposé en toute matière cette loi du pays d’origine au nom d'une concurrence mondiale manifestement faussée. C’est une conception de la concurrence par le bas prix et uniquement par cela.

Or, l’Europe, qui est déjà l'économie la moins protégée du monde, ne peut pas concurrencer les autres ensembles tels la Chine ou le Brésil sur le terrain du prix. Sa seule carte ? La qualité et la technologie : elle sait faire des Airbus et non pas des teeshirts à bas prix. Il lui faut pour cela une concurrence par application de la loi du pays d’accomplissement de la prestation
Lorsqu’on organise une compétition sportive, chacun concourt avec les règles du lieu du stade et non pas avec celles de chez lui ; quand on joue au foot à Rome, tout le monde s’expose à la chaleur, il n’y a pas d’équipe qui vienne jouer avec son climatiseur… 

Nicolas VIGNON
Chercheur en droit social communautaire 
pour L'Observatoire de l'Europe


[1] L'Accord général sur le commerce des services (AGCS), annexé à l'Accord de Marrakech instituant l’OMC en 1994, organise la libéralisation des échanges de services.

[2] Source : site internet de la Commission européenne (http://ec.europa.eu/internal_market/services/services-dir/index_fr.htm)

[3] Par exemple, la loi française fixe à dix ans la garantie que les architectes et entrepreneurs doivent contre les malfaçons affectant les bâtiments qu'ils édifient alors que nombre des autres droits européens retiennent une durée de garantie plus courte. Mais si les législateurs étrangers estiment qu'une garantie moins étendue est suffisante, la Cour jugera que "l'exigence du Code civil français est disproportionnée par rapport à son objectif". C'est son analyse habituelle, qui sera tout aussi bien appliquée aux règles françaises qui protègent les auteurs dans les contrats d'édition ou les preneurs dans les baux ruraux ou commerciaux, qui fixent impérativement le taux maximal de l'intérêt dans les prêts d'argent, les obligations des assureurs dans leurs rapports avec leurs agents, des vendeurs envers leurs représentants et distributeurs ou de ceux-ci avec leurs fournisseurs, etc. … 


Lundi 25 Mai 2009

guide_directive_services_bolkestein_2 (PDF)

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28 mai 2009

La question du moment: "s'adapter au Nouvel Ordre Mondial"

En ce moment, je m’attache surtout à suivre les dérives sémantiques censées amener l’humanité à envisager la notion de « nouvel ordre mondial », ou de « gouvernement mondial ». C’est un fait : nos « élites », reprises allègrement dans les médias commerciaux, ne cessent de préparer le terrain pour établir ledit « nouvel ordre mondial » qui bien sûr, sera tellement mieux que ce que nous subissons déjà. Après le sondage du Figaro (paru quelques mois trop tôt sûrement au vu du résultat) « êtes vous pour ou contre un gouvernement économique  mondial », après les propos de Gordon Brown et consorts se congratulant du « nouvel ordre économique » né du G 20, voilà Kouchner & Co qui nous serinent sur l’ « adaptation » audit « nouvel ordre mondial » au cours d’une grande conférence à Montréal. Grandiose.   

On peut faire les innocents et tenter de se dire que si autant d’élites nous disent que ce nouvel ordre mondial 1142319_1467789sera super, c’est qu’ils doivent avoir raison. Comme quand Kouchner dit que Total c’est super démocratique, y compris en Birmanie, ou quand DSK nous disait que y’a pas de crise l’année dernière.

Mais, on peut aussi se poser un certain nombre de questions...

  1. Pourquoi y aurait-il tant besoin d’un « nouvel ordre mondial » ? Le vieux ne suffit pas ? On est d’accord que le système actuel, mondialiste et ultra libéral, imposé par ces mêmes élites depuis la deuxième guerre, a de nombreux ratés dont les populations essuient les conséquences. Certes, ce système est à revoir, et d’urgence. Mais, pourquoi ceux-là mêmes qui sont les garants du système actuel, qui a permis qu’on en arrive à toutes les dérives actuelles, se font-ils aujourd’hui, soudainement, les chantres d’un nouvel ordre mondial ?

Si l’on arrête l’angélisme, on peut soupçonner qu’ils agissent encore dans l’intérêt de l’ordre établi, celui des élites politiques et économiques en place, et qui ne tiennent surtout pas à se retrouver en bas de l’échelle.

On peut soupçonner également qu’il s’agira surtout de ne rien changer, et de bien verrouiller le système en ces temps où le monde plonge dans une crise qui ne peut qu’amener à des contestations populaires, voire à des soulèvements dans certaines régions particulièrement mal lotties (grâce à nos élites, d’ailleurs).

  1. Qu’entendent-ils par « nouvel ordre mondial » ?

Il n’y a qu’à les écouter : pour eux, il s’agit du système qui permet de continuer avec une finance mondiale débridée et déconnectée de la production, c’est-à-dire avec le tout-aux-spéculateurs. C’était bien là le but des G8, G 20, sommet de Davos et autre Bilderberg. Car, les seules « réformes » qui en sont sorties n’ont visé qu’à renforcer les pouvoirs de ce même FMI qui a plongé dans la crise des continents entiers avec ses « politiques d’ajustements structurels ».

Le nouvel ordre mondial, en outre, est supranational. Il s’agit d’un système dans lequel les décisions sont prises par une élite. C’est Rockefeller, un des leaders de la Trlatérale, du CFR,  du Bilderberg et autres, qui a dit, n’est-ce pas que « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire ». En 1991, devant la Trilatérale, il a aussi remercié les médias commerciaux dits de référence pour leur silence sur les visées vers un nouvel ordre mondial, silence sans lequel, précise-t-il, il n’aurait pas été possible d’avancer aussi vite : « Nous sommes reconnaissants envers le Washington Post, le New York Times, Time Magazine et d’autres grands journaux, leurs directeurs ayant participé à nos rencontres et ayant respecté la promesse de discrétion pendant près de 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer notre Plan pour le Monde toutes ces années durant si les projecteurs avaient été braqués sur nos activités. Le Monde est maintenant plus sophistiqué et plus préparé à accepter un Gouvernement Mondial. La Souveraineté Supra-Nationale d’une Elite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’Autodétermination Nationale des peuples, pratiquée tout au long de ces derniers siècles ».

Ce qui est certain, c’est que ledit nouvel ordre mondial ne sera pas démocratique, il sera au contraire dirigé par les élites mondialistes déjà en place. Il n’aura pas pour but le bien être commun mais la préservation de l’ordre établi (ou même de l’ancien régime), il a l’aval des élites médiatiques qui feront ce qu’elles peuvent pour faciliter les avancées vers le nouvel ordre mondial, quitte à faire de la basse propagande mais on a l’habitude, et enfin les mêmes élites sont au travail depuis 60 ans au moins ( mais je dirais que ça a commencé dès les années 20).

  1. Pourquoi en parlent-ils tous maintenant ?

Nous sommes en pleine crise financière et économique, ce qui débouche inévitablement sur des crises sociales et politiques. On le voit à toutes les époques, dans tous les pays. J’ai déjà expliqué comment il a été facile pour le patron de la FED de provoquer la crise des subprime en augmentant d’un coup les taux d’intérêt. C’est la crise subprime qui a fait tomber le géant aux pieds d’argile qu’est ce système puisqu’il reposait à 90% sur du vent : la spéculation et des valeurs boursières déconnectées de la réalité. La crise, donc, n’est certes pas une surprise pour nos élites, mêmes si elles ont toutes fait semblant d’atterrir seulement fin 2008. Elle a été provoquée, pour amener à la situation actuelle. Ensuite, comme de l’Europe aux Etats unis, en passant pas la plupart des pays, le système démocratique est dévoyé, le pacte social rompu, et les populations dégoûtées du jeu politique, on peut s’attendre à des crises ça et là. Il conviendra évidemment de les circonscrire, en légitimant la répression et en criminalisant la contestation. C’est le rôle premier de ce nouvel ordre mondial : établir l’ordre voulu par les élites, quoi qu’il en coûte.

Parlons d’ « anarcho autonomes » au lieu de contestataires ou de manifestants, et bientôt assimilons-les à des « terroristes », réprimons-les, et de contestation il n’y aura plus.

On parle donc maintenant de ce nouvel ordre mondial, car nous en sommes à la dernière étape. Je pense que pendant encore un an ou peut-être deux, ils vont distiller ces notions nouvel ordre mondialistes dans les mentalités, les faire « infuser » comme dirait Sarko, pour que, la crise s’aggravant, le niveau de vie chutant de plus en plus, les population accueillent les bras grands ouverts les nouveaux Chefs, garants d’un Nouvel Ordre Mondial. Car, l’idéal serait d’éviter un coup d‘Etat mondial : il faut que les populations réclament leurs sauveurs, ceux-là mêmes qui les ont mis dans le pétrin jusqu’au cou, durant des générations.

  1. Qu’avons-nous à y gagner ?

Absolument rien si on aime avoir son libre arbitre et qu’on cherche à aller vers un monde plus juste, plus humain et plus respectueux des hommes et de la nature. Par contre, si on est PDG d’une grande banque ou d’une multinationale, là ce sera très rentable : on va continuer avec un système économique complètement délirant, sans aucune entrave surtout, sans se préoccuper des inégalités sociales bien sûr, en décidant de tout entre illuminés d’en haut. Et puis, si quelqu’un nous embête, on le détruit.

  1. Pourquoi un tel consensus chez les élites d’en haut ?

C’est étrange comme tous semblent euphoriques à l’idée de ce nouvel ordre mondial. Comme si on leur avait tous mis le même produit psychotrope dans la soupe. Tout simplement, parce que c’est une chose dont on discute âprement depuis des années entre élites internationales (politiques et économiques). On a posé les premiers jalons avec Bretton Woods, le plan Marshall qui a lancé l’Europe, le Bilderberg etc. On nous a dit que « la mondialisation est un fait », et on a crée moult et moult institutions internationales (FMI, OMC, ONU, OTAN, OMS, Banque Mondiale, BIRD, CFR, Trilatérale, Commission européenne…), et on va nous dire maintenant que pour donner une cohérence à tout ça il faut un gouvernement mondial, garant d’un nouvel ordre mondial plus proche du fascisme que de la liberté des peuples. Il y a suffisamment de « réunions privées » au cours desquelles ils ont pu accorder leurs violons ces dernières années.

26074_une_g202Mais, revenons à notre conférence à Montréal. Organisée par le Forum International des Amériques, une conférence où on discute de l’avenir du monde entre initiés, il s’agira cette fois de « s’adapter au nouvel ordre mondial », puisque c’est le thème de cette année 2009.

Le Forum a été créé en 1994, alors que commence le « mouvement  de la mondialisation des économies », car « le monde était alors prêt, avec la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1993, à se lancer dans la construction d’un marché global pour le bénéfice de l’ensemble de la planète ». Tout ça, c’est sur le site. Jacques Barrot, commissaire européen aux transports, a même dit que « Pour réussir la mondialisation, la première action est de rapprocher les hommes et les femmes du monde, notament ceux qui ont des responsabilités. C'est pour cette raison que la Conférence de Montréal est un grand succès », et on le croit sur parole, surtout avec le thème de cette année.

Les gouverneurs du forum sont des pontes de la mondialisation : le président est Paul Desmarais de  Corporation Financière Power, le président fondateur est un avocat de Fraser Milner Casgrain, et parmi les gouverneurs on a la président de la chambre de commerce du Canada, le président du Conseil canadien des chefs d’entreprise, l’inénarrable Jacques Delors, grâce à qui on a le Marché Commun, le secrétaire de l’OCDE, DSK, Jean Claude Trichet de la BCE et queqlues autres du même acabit.

Parmi les commanditaires dudit forum, on trouve –ô surprise !- l’Autorité des marchés Financiers, Génome Québec (qui vise à « renforcer la compétitivité du système d’innovation en génomique afin d’en maximiser les retombées socioéconomiques au Québec, en finançant des initiatives majeures de recherche en génomique et en mettant en place les outils nécessaires au développement scientifique et stratégique du domaine »), RBC Marché des Capitaux (une banque de spéculation –dite « d’investissement »), le « leader mondial de l’aluminium » Rio Tinto Alcan, GDF Suez, la société générale de financement du Québec, la Caisse de dépôts et placements du Québec, Investissement Québec (spéculation), EDC (services financiers), Banque de Développement du Canada, Fraser Milner Casgrain (cabinet d’avocat d’affaires), Deloitte & Touche (industrie du métal), HEC Montréal, le National Post, Business News Network, la Banque européenne de reconstruction et développement, la Banque asiatique de développement, la banque Internationale de développement, l’OCDE, même l’UNESCO étrangement est de la partie.

Les personnalités qui seront présentent révèlent l’orientation qui sera donnée aux débats : Madeleine Albright,let_s_make_money_300 la commissaire européenne au commerce Catherine Ashton, l’ex 1er ministre du Pakistan, le gouverneur de la banque du Canada, le ministre canadien du commerce international, le PDG d’Artoc (société d’investissement), Angel Gurria (secrétaire général de l’OCDE), le PDG de General Electric, le secrétaire général de l’organisation des Etats américains, le président de la banque africaine de développement (très efficace comme nous pouvons le constater), le président de la banque asiatique de développement, le président de la Banque interaméricaine de développement, Gérard Mestrallet le PDG de Suez, Luc Montagnier qui a « découvert le SIDA » (et on se demande bien ce qu’il fait là, quoi que pas vraiment si on remet en question l’existence même du SIDA, comme beaucoup), le secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale, l’incontournable  DSK du FMI, le président de la Brookings institution (un lobbie ultra libéral et mondialiste), Uribe (le super corrompu président Colombien) ou Zoellick de la banque Mondiale, pour ne citer que ceux-là.

Mais il y aura aussi des représentants de multiples multinationales et institutions internationales comme l’AMF, les Chambres de commerce du Québec, le Conseil français des Investisseurs en Afrique, le Conseil mondial de l’Energie, l’Association des assureurs de France, etc. Environ 150 personnes devraient être présentes.

Ensemble, ils vont discuter de savoir comment « s’adapter au Nouvel Ordre Mondial ». Voici comment on nous amène le sujet. On part d’ailleurs du principe que j’ai expliqué plus haut : crise = changement= nouvel ordre mondial.

En ces termes choisis, on nous explique qu’il est temps de parler de choses sérieuses : « Nous traversons actuellement une période de crise économique et financière planétaire qui instaurera un nouvel ordre mondial. Les leaders internationaux et gouvernementaux, chefs d’État, gens d’affaires, universitaires, membres de syndicats et représentants de la société civile doivent se réunir et repenser leurs stratégies. Le moment est venu de développer des solutions multidisciplinaires innovatrices (là j’ai un doute, au vu de leurs délires habituels jamais innovants et toujours réchauffés) qui nous permettront de faire face aux nombreux défis que représente ce monde multipolaire et en améliorer l'état. »

subprimesLes grands thèmes qui seront traités sur quatre jours sont les suivants : « économie et gouvernance », « Journée du millénaire : développement durable, santé et énergie », « le commerce international et les Amériques » et enfin « finance internationale ». Précisons au passage que la notion même de gouvernance signifier nouvel ordre mondial, puisqu’il s’agit de gérer une masse de gens au mieux et sans leur demander leur avis, une notion lancée dans les recherches universitaires grâce à des sous de la fondation Ford entre autres.

On est également ravis de noter que la santé sera abordée avec l’environnement et surtout l’énergie, tandis que la finance internationale a une journée pour elle toute seule.

Bref, voilà que les choses se précisent. Aujourd’hui, on ne parle plus seulement de l’éventualité d’un nouvel ordre mondial ; on se demande carrément comment on va y adapter la population. Gageons que d’autres conférences suivront sur le même thème, et que bientôt le nouvel ordre mondial sera un fait.

Et même si dans l'absolu, on serait nombreux à préférer vivre en harmonie avec les voisins du monde entier, les théories nouvel ordre mondialistes de nos élites n'ont absolument pas pour but de faire parvenir les peuples au bien être commun. Au contraire, ces mêmes élites nous ont prouvé avec acharnement qu'elles n'aimaient rien tant que détruire tous les piliers des sociétés démocratiques, et il semble que leur orientation n'ait pas changé d'un iota malgré la nouvelle parure du Nouvel ordre mondial.

arton316

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25 mai 2009

Quelques news du Bilderberg 2009

Le Bilderberg, on en a déjà parlé. Pas assez au vu de l'impact dudit groupuscule, mais son opacité empêche d'avoir des sources sûres. Il s’agit donc de cette « réunion informelle » de pontes du monde politique et économique, qui discutent sagement entre initiés de l’avenir du monde. Comme par hasard, on constate que des décisions y sont prises puisque les grandes orientations qui y sont arrêtées sont ensuite mises en application à travers les innombrables institutions internationales et nationales telles que l’OTAN, le FMI, la commission européenne, l’administration US.

Pour cette année, la liste des participants est sans surprise : on retrouve les piliers traditionnels du Bilderbergterre1 qui sont présents chaque année tels que David Rockefeller, Richard Perle de l’American Enterprise Institute, l’ancien de la FED Paul Wolfowitz, Thimoty Geithner du trésor US, la reine Beatrix des Pays-Bas, Jaap de Hoop Scheffer (ex de l’Onu, aujourd’hui à l’OTAN), Neelie Kroes (commissaire européenne à la concurrence), Etienne Davignon, le « gauchiste » Romano Prodi, Peter Sutherland (ancien commissaire européen à la concurrence et ex directeur de l’OMC qui cette année représente non seulement la pétrolière British Petroleum, mais aussi le Vatican) Francisco Balsemao, le chroniqueur du Point et membre du très libéral Institut Montaigne Nicolas Baverez, Pascal Lamy de l'OMC (un habitué), le PDG d’AXA Henri de Castries ou le directeur du très indépendant Institut Français des Relations Internationales Thierry de Montbrial, pour ne citer que ceux-là.

Cette année, ce n’est pas Kouchner, ni Devedjian, ni Copé, mais Xavier Bertrand (ancien d’Axa), et Christine Lagarde qui y représentaient Sarko. On retrouve aussi Denis Olivennes, PDG de la FNAC, inventeur de la loi HADOPI et du lobbying pour la surveillance sur Internet, et accessoirement directeur du Nouvel Obs.

Voici donc la liste « officielle » :

Nationalité Prénom et nom Fonction
Allemagne/Suisse Josef Ackermann directeur de la Deutsche Bank
USA Lt-Gen Keith B. Alexander directeur de la National Security Agency (NSA)
Grèce Georgios Alogoskoufis ancien ministre de l’Économie
USA Roger Altman directeur de la banque d’affaires Evercore Partners
Grèce Takis Arapoglou directeur de la National Bank of Greece
Turquie Ali Babacan ministre des Affaires étrangères
Grèce Dora Bakoyannis ministre des Affaires étrangères
Norvège Jon Fredrik Baksaas directeur Telenor Group
Portugal Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre et actuel Pdg de la principale holding de presse écrite et adio-visuelle portugaise, Impresa
France Nicolas Baverez chroniqueur de l’hebdomadaire Le Point (groupe Pinault), formé par Raymond Aron
Pays-Bas Beatrix Ière reine
Italie Franco Bernabè Pdg de Telecom Italia
France Xavier Bertrand (non confirmé) secrétaire général de l’UMP (parti du président Sarkozy)
Suède Carl Bildt ancien Premier ministre puis envoyé spécial de l’ONU dans les Balkans, actuel ministre des Affaires étrangères
Suède Jan Björklund ministre de l’Éducation
Suisse Christoph Blocher propriétaire d’EMS Chemie et vice-président de l’Union Démocratique du Centre
France Alexandre Bompard Pdg de la radio Europe 1 (groupe Lagardère)
USA Max Boot Council on Foreign Relations
Espagne Ana Botín (non confirmée) directrice de la Banco Español de Crédito, formée chez JP Morgan
Autriche Oscar Bronner directeur Der Standard
France Henri de Castries Pdg des assurances AXA
Espagne Juan Luis Cebrián co-fondateur d’El Pais et Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Prisa
Canada W. Edmund Clark (non confirmé) Pdg de la Toronto-Dominion Bank
Royaume-Uni Kenneth Clark (non confirmé) député conservateur et « chancelier de l’échiquier » dans le gouvernement fantôme de David Cameron
Belgique Luc Coene gouverneur adjoint de la Banque centrale de Belgique
USA Timothy C. Collins directeur du fonds de placement Ripplewood Holdings
Grèce George A. David Pdg de Coca-Cola-Grèce
Royaume-Uni Richard Dearlove ancien directeur du MI6 (services secrets extérieurs)
Grèce Anna Diamantopoulou ancienne commissaire européen
Italie Mario Draghi gouverneur de la Banque centrale d’Italie (formé chez Goldman Sachs)
USA Nicholas N. Eberstadt American Enterprise Institute
Danemark Anders Eldrup Pdg de DONG Energy, trés actif dnas la préparation du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique
Italie John Elkann vice-président de Fiat
Allemagne Thomas Enders co-Pdg d’EADS
Espagne José Manuel Entrecanales-Domecq vice-président du groupe de construction Acciona
Espagne Isidre Fainé Casas (non confirmé) Pdg de la banque Caixa
Autriche Werner Faymann chancelier
USA/Royaume-Uni Niall Ferguson professeur d’histoire à la Harvard Business School, historien officiel des Rothschild et d’Henry Kissinger
USA Timothy Geithner (non confirmé) secrétaire au Trésor
Irlande Dermot Gleeson avocat d’affaires, administrateur des Allied Irish Banks
USA Donald E. Graham Pdg du Washington Ρost
Pays-Bas Victor Halberstadt professeur d’intégration économique à l’université de Leiden
Pays-Bas Ernst Hirsch Ballin ministre de la Justice
USA Richard Holbrooke envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan
Pays-Bas Jan Hommen Pdg banque ING
Int Jaap de Hoop Scheffer secrétaire général de l’OTAN
USA James A. Johnson vice-président du fonds de placement Perseus (il avait organisé en 2008 l’audition secrète d’Hillary Clinton et Barack Obama par le Bilderberg)
USA Gen. James L. Jones (non confirmé) conseiller de sécurité nationale
USA Vernon Jordan ancien membre de la Commission Baker-Hamilton sur l’Irak, directeur-associé de la banque d’affaire Lazard Frères
USA Robert Kagan (non confirmé) historien néo-conservateur
Finalnde Jyrki Katainen ministre des Finances
USA Gén. John M. Keane associé d’Ehud Barack au sein de SCP Partners
USA Muhtar Kent Pdg Coca-Cola
Royaume-Uni Baron Kerr of Kinlochard vice-résident de la Royal Dutch Shell, président du Centre for European Reform
Allemagne Eckart von Klaeden porte-parole de la CDU/CSU pour les questions internationales
USA Klaus Kleinfeld Pdg des aluminium Alcoa
Turquie Mustafa Vehbi Koç Pdg de la holding industrielle Koç
Allemagne Roland Koch ministre-président du land de Hesse, vice-président de la CDU
Turquie Sami Kohen directeur du quotidien Milliyet
USA Henry Kravis Pdg du fonds d’investissements Kohlberg Kravis Roberts & Co.
USA Marie-Josée Kravis économiste, épouse du précédent
Union européenne Neelie Kroes commissaire européen à la concurrence
Grèce Odysseas Kyriakopoulos Pdg des mines S&B Group et président de la Fédération des industriels grecs
France Christine Lagarde ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi
Int Pascal Lamy directeur général de l’Organisation mondiale du commerce
Portugal Manuela Ferreira Leite président du Partido Social Democrata
Espagne Bernardino León-Gross secrétaire général de La Moncloa (palais du président Zapatero)
Allemagne Peter Löscher Pdg Siemens
Royaume-Uni Peter Mandelson secrétaire d’État pour le business, l’entreprise et la réforme de la régulation
USA Jessica Mathews (non confirmée) présidente de la Carnegie Endowment for International Peace
Belgique Philippe Maystadt président de la Banque européenne d’investissement
Canada Frank McKenna ancien ambassadeur aux USA, chairman de la Toronto-Dominion Bank
Royaume-Uni John Micklethwait directeur de l’hebdomadaire The Economist
France Thierry de Montbrial président de l’Institut français des relations internationales (IFRI)
Italie Mario Monti ancien commissaire européen à la concurrence, président de l’université Bocconi de Milan, président du think tank Bruegel
Espagne Miguel Ángel Moratinos ancien président de l’OSCE, actuel ministre des Affaires étrangères
USA Craig Mundie Microsoft
Canada Heather Munroe-Blum présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec
Norvège Egil Myklebust ancien président du patronat, actuel Pdg de la compagnie d’aviation SAS
Allemagne Matthias Nass rédacteur en chef adjoint du quotidien Die Zeit
Espagne Juan Maria Nin-Genova Pdg banque La Caixa
France Denis Olivennes lobbyiste pour le renforcement des droits d’auteur, directeur de l’hebdomadaire Le Νouvel Οbservateur »
Finlande Jorma Ollila chairman Royal Deutch Schell et Nokia
Royaume-Uni George Osborne député, chancelier de l’échiquier dans le gouvernement fantôme
France Frédéric Oudéa Pdg de la Société Générale
Allemagne Cem Özdemir co-président du parti des Verts
Italie Tommaso Padoa-Schioppa président du comité directeur du Fonds monétaire international, président de Notre Europe
Grèce Alexis Papahelas rédacteur en chef du quotidien Kathimerini
Grèce Dimitris Papalexopoulos Pdg Titan Cement
Grèce Yannis Papathanasiou ministre de l’Économie et des Finances
USA Richard Perle Αmerican Εnterprise Ιnstitute
USA Gén. David Petraeus commandant en chef de l’U.S. Central Command
Belgique SAR Philippe duc de Brabant, héritier du trône
Portugal Manuel Pinho ministre de l’Économie
Int Jean Pisani-Ferry directeur du think tank Bruegel
Canada Robert Prichard Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Τorstar
Int Romano Prodi responsable des opérations jointes de maintien de la paix en Afrique ONU-UA
Finlande Hanna Rajalahti rédacteur en chef du magazine économique Talouselämä
Canada Heather Reisman Pdg de la chaîne d’édition et de distribution Ιndigo Βooks & Μusic
Norvège Eivind Reiten Pdg du papetier Norske Skog
Tchéquie/Suisse Michael Ringier Pdg de la holding de presse Ringier
USA David Rockefeller banquier
USA Dennis Ross (non confirmé) conseiller spécial d’Hillary Clinton pour le Proche-Orient et l’Asie du Sud
USA Barnett Rubin politologue spécialiste de l’Afghanistan
Espagne Alberto Ruiz-Gallardón maire de Madrid
Turquie Suzan Sabancı Dinçer Pdg d’Akbank
Canada Indira Samarasekera présidente de l’université de l’Alberta
Autriche Rudolf Scholten administrateur de l’Oesterreichische Kontrollbank
Int Josette Sheeran directrice du Programme alimentaire mondial
Italie Domenico Siniscalco vice-président Morgan Stanley International
Espagne SAR Sofia reine
Espagne Pedro Solbes ministre de l’Économie démissionnaire en avril
USA Lawrence Summers (non confirmé) directeur du Conseil économique national
USA James Steinberg secrétaire d’État adjoint
Int Björn Stigson président du World Business Council for Sustainable Development
Grèce Yannis Stournaras directeur de la fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE)
Irlande/Royaume-Uni /Vatican Peter Sutherland ancien directeur de l’Organisation mondiale du Commerce, actuel Pdg de British Petroleum et conseiller financier du Vatican
Int Nobuo Tanaka directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique
USA Peter Thiel co-fondateur de PayPal, Pdg du fonds de placement Clarium Capital Management
Danemark Helle Thorning-Schmidt secrétaire général du Parti social démocrate
Danemark Thomas Thune Andersen Pdg Maersk Œil
Autriche Andreas Treichl Pdg Erste Group Bank
Int Jean-Claude Trichet président de la Banque centrale européenne
Grèce Loukas Tsoukalis président de la Fondation héllénique pour l’Europe et la politique étrangère (ELIAMEP)
Turquie Agah Ügur Pdg Borusan Holding
Finlande Matti Vanhanen Premier ministre
Suisse Daniel Vasella Pdg du laboratoire pharmaceutique Novartis
Pays-Bas Jeroen van der Veer Pdg de la Royal Dutch Shell
Belgique Guy Verhofstadt (non confirmé) ancien Premier ministre
USA Paul Volcker directeur du Conseil pour la Reprise économique
Suède Jacob Wallenberg chairman du fonds d’investissements Investor AB
Suède Marcus Wallenberg directeur du fonds d’investissements Investor AB
Pays-Bas Nout Wellink gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas
Pays-Bas Hans Wijers Pdg AkzoNobel
Royaume-Uni Martin Wolf rédacteur en chef au Financial Τimes
USA James Wolfensohn président du conseil international de Citigroup
USA Paul Wolfowitz American Enterprise Institute
USA Fareed Zakaria (non confirmé) rédacteur en chef de l’hebdomadaire Newsweek et journaliste à CNN
Int Robert Zoellick président de la Banque mondiale

Les objectifs 2009

En ce qui concerne les débats, évidemment, on a peu d’infos. Les années précédentes, on y a parlé de mettre une micro puce dans les américains, d’envahir l’Iran, des prix du pétrole qui devaient augmenter, de la crise économique… Du 14 au 17 mai, repliés dans un hôtel grand luxe éloigné des curieux au sud de la Grèce, de quoi ont-ils parlé ?

Daniel Estulin, qui fait partie des journalistes les mieux informés à ce sujet, dit que le sujet phare de cette année a été la crise, évidemment. Mais ces messieurs se sont surtout demandé comment ils pouvaient perdre le moins de fric possible et ont retenu l’option de sortie de crise qui leur permet selon eux de limiter la casse : une crise intense et brutale, mais courte (du moins c’est ce qu’ils disent même s’ils n’ont aucun moyen de la limiter dans la durée) qui permet d’instaurer des institutions supranationales en matière financière notamment, histoire de bien centraliser mondialement les décisions en la matière. Il convient donc de faire plonger tous les secteurs économiques au plus vite, afin que quelques ‘winners’ se partagent le gâteau au plus vite.

Selon Jim Tucker, autre journaliste bien informé, 2009 a été l’occasion d’évoquer la mise en place d’une sorte de gouvernement mondial de la santé (grâce à la peur liée au H1N1) probablement à partir de l’OMS, et d’une sorte de gouvernement mondial de la finance (une expression employée par Sarko il y a à peine 3 mois, de manière innocente bien évidemment, et reprise dans la foulée par un sondage du Figaro), à partir d’un FMI considérablement renforcé. Tout ça serait chapeauté par l’ONU, qui ferait donc office de gouvernement mondial.

On peut donc déjà s’attendre à un tapage médiatique impressionnant au sujet dudit H1N1, mais aussi à une parfaite désinformation en ce qui concerne la crise financière mondiale. Il faut faire peur pour légitimer les mesures internationales d’exception, totalement anti démocratiques, qui seront prises dans la foulée. Ca fait déjà dix ans qu’ils rongent leur frein dans les hautes sphères, nous voilà en phase finale du processus vers ce nouvel ordre mondial d’illuminés.

Le réchauffement climatique devrait quant à lui être le prétexte pour instaurer une taxe mondiale sur le carbone (sujet déjà mis sur la table en 2008), taxe prélevée directement par l’ONU. Ca semble minime, mais cela donnerait à un organisme non élu et non représentatif le droit de ponctionner l’ensemble des habitants de la planète sans aucune consultation préalable ni recours possible. Quelque part, ce serait un pas décisif vers un gouvernement mondial dirigé par l’ONU. Ladite taxe serait établie petit à petit (le fameux coup de la grenouille qu’on met dans l’eau froide, et qu’on porte doucement à ébullition pour qu’elle ne s’enfuie pas), et il semble que John Kerry, qu’on voit s’agiter à travers le monde depuis quelques mois, sera le grand défenseur de cette idée géniale. Bientôt, donc, la taxe sur l’air qu’on respire. On plaisantait il y a peu en évoquant la chose; ce sera bientôt une réalité.

Evidemment, ce ne sont pas les pétrolières ( bien représentées au Bilderberg) qui seront taxées.

Le traité de Lisbonne, ce texte glauquissime d’ultra libéralisme, a été abordé : on va envoyer des gens expliquer aux élus Irlandais qu’il faut faire passer le texte sans redemander l’avis de la population, chose que Sarko avait très bien comprise tout seul… A grand renforts de médias commerciaux voués à la cause, un futur scrutin devrait de toute manière être plus bénéfique aux visées des Bilderbergers.

On a également évoqué la question d’un Traité de la Cour internationale de Justice, qui devrait être poussé par Obama selon un calendrier des plus précis.

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04 avril 2009

Le glissement - pas que rhétorique- vers le nouvel ordre mondial

Lentement mais sûrement, glissement rhétorique après glissement rhétorique, les politiques et certains médias amènent les consciences à envisager ce concept barbare de « nouvel ordre mondial ». Ceux qui pointe du doigt les risques liés à ce type de régime sont systématiquement vilipendés comme étant de sombres adeptes de la fameuse (et fumeuse) théorie dite « du complot ». Le problème, c’est que l’ensemble des dérives actuelles, à tous les niveaux, tend à la mise en place ce « nouvel ordre mondial », dirigé peut-être par un « gouvernement mondial ».

Quand le Figaro, le journal de Dassault, lance un sondage en ligne en posant la question : « êtes-vous pour ounouvel_ordre_mondial contre un gouvernement économique mondial ? », à la veille de la fin du G20, ce n’est pas anodin. Il se trouve, comme par hasard, que le lendemain le dénommé Gordon Brown se félicite de l’avènement grâce audit G20 d’un « nouvel ordre mondial ». De quoi parle-t-il exactement ?

A l’issue de ce sommet, et pour surtout ne rien changer au système, le G20 a considérablement renforcé les prérogatives du calamiteux FMI qui n’avait rien vu venir à la crise du moins officiellement et qui déclinait sévèrement au fur et à mesure du rachat de leur dette par les pays en développement. Cela n’a pas empêché DSK de dire que « le FMI est probablement une institution unique pour sa capacité à donner l'alarme en amont. Les alarmes en amont sont absolument nécessaires pour éviter les crises » . Nous sommes heureux de l’apprendre alors que le marasme économique est pire que les crises déclenchées par ce même FMI en Amérique latine, en Asie, en Afrique et Europe de l’Est ces dernières années.

Ledit Fmi, donc, se voit octroyer généreusement par les contribuables la somme de 750 milliards de dollars pour « stabiliser les pays émergeants » (on espère qu’il ne les stabilisera pas comme il le fait d’habitude en imposant ses traditionnelles « politiques d’ajustement structurel »), triplant ainsi son budget. En outre, un organe du Fmi sera chargé de superviser les banques et les produits financiers. Et surtout, le G20 a clairement condamné le protectionnisme, ce qui veut dire que le Fmi et l’OMC continueront à imposer une « concurrence libre et non faussée » et tout ce qui va avec. Le FMI se voit aussi gratifié de la possibilité d’émettre des droits de tirage spéciaux (sic.) pour 250 milliards de dollars supplémentaires. A partir de quoi ? mystère.

photo_1238688636914_1_0Et puis, les contribuables auront la chance de débourser environ 5.000 milliards de dollars pour relancer le crédit, c’est-à-dire faire en sorte que le système continue comme avant. Remarque, il serait difficile aujourd’hui de rester dans l’orthodoxie libérale sans recourir à nouveau à l’endettement des ménages : les caisses sont vides.

On peu également noter que les compétences et les pouvoirs des banques centrales, ces banques privées qui prêtent aux autres banques, aux Etats et aux particuliers en fixant les taux d’intérêt sur de la monnaie créée ad hoc. Et comment renforce-t-on le pouvoir des banques centrales ? En injectant des milliards (des vrais milliards ceux-là, issus de la production, pas les milliards partis en fumée de la spéculation). Encore une fois, les banquiers vont donc se graisser sur la bête tout en poussant à l’endettement et en encaissant les intérêts. D’autres banques en ruine seront quant à elles sauvées par l’argent… du contribuable. De nouvel ordre mondial il n’y a point de ce côté-là.

Le Figaro, qui n’en loupe pas une, enchaîne le jour suivant en titrant sous la plume de l’inénarrable Nicolas 200812084318371_1Baverez, « Sommet de Londres: le nouvel ordre du XXIe siècle ». Qu’est-ce qu’on se réjouit de cette grandiose nouvelle. D’autant que ceux qui organisent ledit ordre mondial sont exactement les mêmes que ceux qui ont fait ce qui fallait pour que le monde se retrouve dans la situation actuelle. Le citoyen est plein de confiance, c’est évident.

Enfin, bref. Il se trouve que le nouvel ordre mondial ne sera pas un nouvel ordre économique puisqu’il s’est agi essentiellement de continuer comme avant. C’est Baverez qui le dit, en plus : « Plutôt que de débattre des mérites comparés de l'autorégulation des marchés ou de leur encadrement par l'État ou de la moralisation du capitalisme, la priorité du sommet de Londres allait à prévenir sa désintégration et à fixer un cadre permettant sa remise en route ». mais ça, on l’avait déjà compris bien avant le G20.

Plus loin l’orthodoxe de l’économie explique qu’ « Une articulation s'ébauche entre le G20, qui tranche les choix politiques, les organisations multilatérales en charge de leur déclinaison et de leur contrôle, les instances de régulation nationales ou continentales responsables de leur mise en œuvre quotidienne. En bref, un embryon de mondialisation politique prend forme autour des instances de régulation financière pour stabiliser et faire contrepoids à la mondialisation des marchés ». Ce qu’il appelle « mondialisation politique » ressemble beaucoup à une sorte de gouvernement mondial de l’économie et de la finance qui évidemment court-circuiterait toute velléité nationale de changer de fonctionnement économique. Car bien sûr, les accords entre grandes organisations d’initiés sont tellement préférables aux choix populaires.

Peu à peu, nous voilà donc en train de plonger dans un des pires délires de l’ »élite » économique et politique mondiale : un pouvoir décisionnel supranational qui touche à tous les domaines du social à l’économique en passant par le militaire.

swisstxt20090403_10532374_3Car, le sommet de l’OTAN qui se tient actuellement à Strasbourg, et où on s’aperçoit qu’au nom de la sécurité des grands chefs, toute une population doit se plier au dictat des forces de sécurité, n’a pas d’autre but de conforter un système militariste et atlantiste, voire terroriste selon le point de vue duquel on se place, et une vision manichéenne du monde.

Le plus inquiétant est qu’à force de distiller des notions nouvel-ordre mondialistes dans le chef de la population, la résistance morale à cette dérive risque de s’atténuer. Si, en parallèle, l’ensemble de ce qui assure un degré minimal de démocratie et de libertés se décompose, il y a fort à parier qu’à la crise économique vont s’ajouter de fortes tensions sociales et politiques. Comme on l'a vu jadis, dans les années 30: la crise économique a mené à la crise politique et sociale. Puis, à la guerre, pour le grand profit de ceux-là même qui nous ont menés au chaos.

Or, dans un monde ultra sécuritaire où penser différemment amène de plus en plus inexorablement à être qualifié d’anarcho-autonome et par conséquent de terroriste, la contestation s’avèrera de plus en plus difficile.

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Posté par Ceri à 14:12 - Gouvernement mondial - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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