Rigueur oui, mais pas pour tout le monde ! Alors que Sarkoléon avait promis de réduire le nombre de conseillers à l’Elysée et de faire des économies, le budget élyséen est en pleine explosion. Si les contribuables doivent se serrer la ceinture, ce n’est certes pas le cas de Notre Très Cher Président.


Qui s’en rappelle ? Au soir des élections, Sarko a dit qu’il restreindrait les dépenses élyséennes, qu’il gouvernerait 07_10_29___Qui_travaille_plus_gagne_plus« autrement »... Qu’en est-il un an et demi après ?

Chirac avait –royalement- 58 conseillers à la fin de son deuxième mandat, Sa Majesté sarko en a, elle, au moins le double dès les premiers mois de son mandat. Mais le chiffre est classé « secret défense » ! Tous ministères confondus, selon Villepin, Chirac avait 364 conseillers au gouvernement, ils seraient aujourd'hui 538, ce qui dépasse de loin les 20 conseillers par ministère que Fillon envisageait (pour faire des économies!). Rien qu'à Matignon, 65 conseillers et "chargés de mission" se disputeraient la bonne parole. Rien qu'autour de Sarko, on en compte une bonne cinquantaine aussi.


Inculte comme l’est Sarkoléon, on ne peut que se réjouir qu’il soit entouré. Le problème, c’est juste qu’il s’est entouré de rapaces du pire accabit, d’Emmanuelle Mignon, qui défend la scientologie (en disant par exemple que "les sectes sont un non-problème"), en passant par Frédéric Lefebvre, lobbyiste acharné à qui ont doit notamment la fin de la télé publique, ou Henri Guaino et ses discours racistes et/ou identitaires, la clique du président laisse craindre les pires dérives, libérales et/ou identitaires.

On pourrait même faire un essai sur les conflits d'intérêt chez les conseillers élyséens ou gouvernementaux (dont quelques uns ont été mis en examen en 2007 ou avant, comme cet ex secrétaire général de Suez passé ensuite par LVMH)! car une bonne partie sont encore lobbyistes membres ou à la tête de cabinets de conseil, adeptes du tourniquet. A tel point d'ailleurs que l'ONG Transparency International (qui lutte contre la corruption) a relancé Sarkoléon sur ses -nombreuses- promesses de "transparence", y compris pour "renforcer l'indépendance et les moyens de la justice en France".


Il y a un an, donc, le budget de l’Elysée avait triplé, passant de 32 à plus de 100 millions d’euros, et le salaire de Sarko a augmenté de 140%. Cette année, on cherche à minimiser les dépenses somptuaires. Et les autres.

On nous annonce donc sans rie que cette fois, l’Elysée a un budget « transparent ». D’ailleurs, la hausse dudit budget serait infime, à peine 2% d’après l’Elysée, malgré l’achat d’un Airbus A 330 à 60 millions d’euros, pour que sarko en ait un aussi gros que les autres…

Pas de bol, le député René Dozière a mis son nez dans la compta et il n’obtient pas les mêmes chiffres. Au passage, il en profite pour dénoncer "le gouffre entre les promesses de transparence et d'économies formulées par Nicolas Sarkozy et la réalité".En effet, le budget 2009 atteindra les 112 millions d’euros, soit presque 12% d’augmentation par rapport à 2008.

Les postes qui voient la plus forte augmentation sont les « dépenses de fonctionnement », c’est-à-dire les frais de réception, les fournitures etc. avec 25% de hausse, et les voyages du Chef, avec 33% d’augmentation !

sarkoSelon Dozière, il y aurait 1.031 employés à l’Elysée, mais pas selon les ministères, qui en escamotent environ 150. Et ils sont bien payés, surtout les « contractuels », puisqu’après une augmentation de 20% de leur salaire, c’est 26,8% d’augmentation qui sont programmés pour 2009…

Et l’Elysée n’est pas le seul endroit où l’on gaspille allègrement l’argent du contribuable qui pourtant se fait rare en cette période de récession. On se souvient en effet des dépenses somptuaires de Dati à la Justice, qui ont fait dépasser de 30% le budget du ministère pour les « frais de représentation » en 2007, les faisant grimper jusqu’à 270.000 euros. En mars de cette année, la moitié de ce budget avait déjà été dépensée !


Conclusion -mais on le savait déjà depuis que Sarkoléon est entré en campagne- entre la France des années 2000 et une république bananière, la différence risque de devenir imperceptible avant la fin du quinquennat. Et puis, pouquoi se gênerait-il? Après ses virées en yacht ou dans les villas de luxe des pontes du CAC 40, après avoir doublé son salaire et fait augmenter les frais somptuaires de l'Elysée, est-ce que les médias ou l'opinion ont réagi? Non, la perfusion d'anésthésiants signée Bling Bling made in Elysée, qu'on nous sert en boucle comme un mauvais soap opera a manifestement fait son effet.