On en avait déjà parlé récemment: la crise n'est pas une calamité pour tout le monde. Loin de là, même. Aujourd'hui, on s'aperçoit qu'un mouvement de concentration des banques est en cours, au profit de certaines d'entre elles. Comme par hasard, les milliards des contribuables injectés danse certaines banques servent à ces rachats, de banques qui, elles, n'ont pas eu de milliards. En gros: on se moquerait du chaland, les choses ne se passeraient pas autrement.

Le foutage de gueule (appelons un chat un chat, pour une fois dans cette crise) est tel que même le New York Timeswall_street dénonce le gâchis des fonds publics et la malhonnêteté des dirigeants politiques  qui ont justifié ces dons de milliards par la necéssité de relancer les crédits octroyés par les banques. De quoi s'agit-il? Du fait que les milliards (250 milliards au final)  injectés dans les banques n'ont pas pour but de développer le crédit.
Non, il s'agirait davantage de consolider certaines banques en leur permettant d'en racheter d'autres. Un exemple: quand l'Etat donner 25 milliards de dollars à JP Morgan, qui rachète Bear Sterns ou Washington Mutual qui bien sur n'ont pas bénéficié du "plan Paulson" (secrétaire US aux Finances et ancien co-président de Goldman Sachs, la banque de Rockefeller).

On peut encore noter, au passage, que depuis ledit plan l'économie US ne va certes pas mieux. Mais comment les choses auraient-elles pu être différentes avec un plan aussi bâclé, qui n'engage en rien les banques?
Les milliards de cette année n'ont pas davantage servi l'économie réelle que les milliards injectés l'été dernier.

Ce n'est pas la peine de revenir sur les krachs de 1907 (qu'on a même appelée la "panique des banquiers") et 1929, ni sur les suivants, qui ont toujours les mêmes causes pour les mêmes conséquences. A savoir:  d'intenses mouvements spéculatifs avant une contraction rapide du marché (à cause d'une augmentation des taux d'intérêt et/ ou de reventes massives d'actions sur les marchés financiers), qui ont pour conséquence un bon gros krach, et de nombreuses faillites. Il ne reste alors plus qu'à mettre la main sur les  banques les plus faibles avec (ou parfois aussi sans)  l'argent des contribuables. Ces mêmes contribuables qui se retrouvent au chômage voire à la rue, et sans un rond évidemment.

Ce n'est pas non plus la peine de revenir sur ce que sont les banques centrales, et où est leur intérêt, il est désormais connu que ces banques, qui émettent la monnaie et décident de débloquer ou non le crédit, sont des établissements privés appartenant aux grandes banques. Leur intérêt est donc logique: encaisser du cash. Quitte à pousser tout le monde à s'endetter, comme on l'a vu et comme on le constate aujourd'hui.


Le mouvement, donc, est toujours le même. Et les gesticulations de Sarko n'y changent évidemment rien, au contraire.

Toujours le même processus

subprimeAlors soyons clair, pour une fois: si cette crise n'a pas été créée de toutes pièces, ce serait déjà la première fois, et ensuite ça n'y ressemble absolument pas. De nombreux commentateurs dénoncent déjà le système imparable qui nous a amenés à la catastrophe, lentement mais sûrement, depuis 3 ou 4 ans.
Il faudrait même être aveugle, ou profondément débile, pour ne pas être amené à se poser quelques questions sur le processus en cours dans le monde bancaire et financier.

Que penser d'un Greenspan patron de la Réserve Fédérale, chantre des politiques néo libérales, qui incitait les ménages à l'endettement, et même au surendettement, avant de faire brusquement augmenter les taux d'intéret de 1 à 5% en quelques mois en 2005, contractant ainsi l'économie ? Ce qui ne l'a pas empêché de "prédire" en septembre 2007 que les prix de l'immobilier allaient baisser, et que donc les gens ne pourraient plus revendre leur maison à un prix qui  leur permette de rembourser les crédits subprime pourris qu'il avait tant développés depuis quelques années. Celui qui parle aujourd'hui de "la pire crise depuis 50 ans" était pourtant l'un des seuls à pouvoir la prévoir et l'empêcher, ou du moins en limiter les effets. Aujourd'hui, Greenspan a beau jeu de parler d' "autorégulation" du marché: il sait que ça ne sert à rien.

Depuis des décennies, on enchaîne les récessions, les périodes où il "faut se serrer la ceinture", et les krachs. Jamais depuis 40 ans il n'y a eu de retombées favorables pour les travailleurs à qui on dit pourtant aujourd'hui que "c'est la crise". Ah bon, mais n'a t-on pas toujours été en crise?

Bref, le mot d'ordre semble être de ne surtout rien faire. Parce que malgré les discours péremptoires des "experts" de la finance, certains avaient déjà analysé depuis longtemps les mécanismes de la crise, et savaient donc que le krach était imminent. D'ailleurs, même des non spécialistes le savaient.

Les étapes? Chute des prix de l'immobilier (nous en sommes à environ 30% dans les zones US les plus touchées) entraînant d'importantes pertes dans les emprunts subprime (normal, la plupart de ces emprunts ont été octroyés à des ménages non solvables, car on comptait sur les 15% de hausse annuelle des prix de l'immobilier). on en arrive à l'étape 3: les autres types de crédit (comme ceux à la consommation) non solvables sont touchés.

Evidemment, les banques les plus faibles et qui ont octroyé trop de crédits pourris sont en faillite. C'est là qu'intervient un magnifique produit financier: les LBO, qui permettent de racheter une entreprise à crédit, mais en mettant ledit crédit à la charge de l'entreprise qu'on souhaite racheter (et on espère créer de la valeur en limitant les coûts de l'entreprise rachetée, donc en virant des salariés ou en limitant l'investissement au profit des actionnaires). Il s'agit ni plus ni moins de vent, sans aucune valeur en cas de crise. Ces LBO dont on savait depuis longtemps qu'ils pourrissaient encore plus le système, se cassent donc eux aussi la figure. De nombreuses banques et donc des entreprises se retrouvent alors très vite à court de liquidités. La suite, on la connait par coeur.

Les Etats, les communes, se retrouvent aussi avec des finances au plus bas. Et ca ne s'arrangera pas, puisque nous risky_subprimesommes obligés de creuser les déficits pour renflouer les caisses des banques, voire les nationaliser (avant probablement de les revendre à prix bradés comme EDF ou les autoroutes dès qu'elles seront renflouées).  Sans surprise, le contribuable est de nouveau sollicité, pendant que les gros poissons du monde de la finance encaissent tranquillement les intérêts.