Le Bilderberg, on en a déjà parlé. Pas assez au vu de l'impact dudit groupuscule, mais son opacité empêche d'avoir des sources sûres. Il s’agit donc de cette « réunion informelle » de pontes du monde politique et économique, qui discutent sagement entre initiés de l’avenir du monde. Comme par hasard, on constate que des décisions y sont prises puisque les grandes orientations qui y sont arrêtées sont ensuite mises en application à travers les innombrables institutions internationales et nationales telles que l’OTAN, le FMI, la commission européenne, l’administration US.

Pour cette année, la liste des participants est sans surprise : on retrouve les piliers traditionnels du Bilderbergterre1 qui sont présents chaque année tels que David Rockefeller, Richard Perle de l’American Enterprise Institute, l’ancien de la FED Paul Wolfowitz, Thimoty Geithner du trésor US, la reine Beatrix des Pays-Bas, Jaap de Hoop Scheffer (ex de l’Onu, aujourd’hui à l’OTAN), Neelie Kroes (commissaire européenne à la concurrence), Etienne Davignon, le « gauchiste » Romano Prodi, Peter Sutherland (ancien commissaire européen à la concurrence et ex directeur de l’OMC qui cette année représente non seulement la pétrolière British Petroleum, mais aussi le Vatican) Francisco Balsemao, le chroniqueur du Point et membre du très libéral Institut Montaigne Nicolas Baverez, Pascal Lamy de l'OMC (un habitué), le PDG d’AXA Henri de Castries ou le directeur du très indépendant Institut Français des Relations Internationales Thierry de Montbrial, pour ne citer que ceux-là.

Cette année, ce n’est pas Kouchner, ni Devedjian, ni Copé, mais Xavier Bertrand (ancien d’Axa), et Christine Lagarde qui y représentaient Sarko. On retrouve aussi Denis Olivennes, PDG de la FNAC, inventeur de la loi HADOPI et du lobbying pour la surveillance sur Internet, et accessoirement directeur du Nouvel Obs.

Voici donc la liste « officielle » :

Nationalité Prénom et nom Fonction
Allemagne/Suisse Josef Ackermann directeur de la Deutsche Bank
USA Lt-Gen Keith B. Alexander directeur de la National Security Agency (NSA)
Grèce Georgios Alogoskoufis ancien ministre de l’Économie
USA Roger Altman directeur de la banque d’affaires Evercore Partners
Grèce Takis Arapoglou directeur de la National Bank of Greece
Turquie Ali Babacan ministre des Affaires étrangères
Grèce Dora Bakoyannis ministre des Affaires étrangères
Norvège Jon Fredrik Baksaas directeur Telenor Group
Portugal Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre et actuel Pdg de la principale holding de presse écrite et adio-visuelle portugaise, Impresa
France Nicolas Baverez chroniqueur de l’hebdomadaire Le Point (groupe Pinault), formé par Raymond Aron
Pays-Bas Beatrix Ière reine
Italie Franco Bernabè Pdg de Telecom Italia
France Xavier Bertrand (non confirmé) secrétaire général de l’UMP (parti du président Sarkozy)
Suède Carl Bildt ancien Premier ministre puis envoyé spécial de l’ONU dans les Balkans, actuel ministre des Affaires étrangères
Suède Jan Björklund ministre de l’Éducation
Suisse Christoph Blocher propriétaire d’EMS Chemie et vice-président de l’Union Démocratique du Centre
France Alexandre Bompard Pdg de la radio Europe 1 (groupe Lagardère)
USA Max Boot Council on Foreign Relations
Espagne Ana Botín (non confirmée) directrice de la Banco Español de Crédito, formée chez JP Morgan
Autriche Oscar Bronner directeur Der Standard
France Henri de Castries Pdg des assurances AXA
Espagne Juan Luis Cebrián co-fondateur d’El Pais et Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Prisa
Canada W. Edmund Clark (non confirmé) Pdg de la Toronto-Dominion Bank
Royaume-Uni Kenneth Clark (non confirmé) député conservateur et « chancelier de l’échiquier » dans le gouvernement fantôme de David Cameron
Belgique Luc Coene gouverneur adjoint de la Banque centrale de Belgique
USA Timothy C. Collins directeur du fonds de placement Ripplewood Holdings
Grèce George A. David Pdg de Coca-Cola-Grèce
Royaume-Uni Richard Dearlove ancien directeur du MI6 (services secrets extérieurs)
Grèce Anna Diamantopoulou ancienne commissaire européen
Italie Mario Draghi gouverneur de la Banque centrale d’Italie (formé chez Goldman Sachs)
USA Nicholas N. Eberstadt American Enterprise Institute
Danemark Anders Eldrup Pdg de DONG Energy, trés actif dnas la préparation du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique
Italie John Elkann vice-président de Fiat
Allemagne Thomas Enders co-Pdg d’EADS
Espagne José Manuel Entrecanales-Domecq vice-président du groupe de construction Acciona
Espagne Isidre Fainé Casas (non confirmé) Pdg de la banque Caixa
Autriche Werner Faymann chancelier
USA/Royaume-Uni Niall Ferguson professeur d’histoire à la Harvard Business School, historien officiel des Rothschild et d’Henry Kissinger
USA Timothy Geithner (non confirmé) secrétaire au Trésor
Irlande Dermot Gleeson avocat d’affaires, administrateur des Allied Irish Banks
USA Donald E. Graham Pdg du Washington Ρost
Pays-Bas Victor Halberstadt professeur d’intégration économique à l’université de Leiden
Pays-Bas Ernst Hirsch Ballin ministre de la Justice
USA Richard Holbrooke envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan
Pays-Bas Jan Hommen Pdg banque ING
Int Jaap de Hoop Scheffer secrétaire général de l’OTAN
USA James A. Johnson vice-président du fonds de placement Perseus (il avait organisé en 2008 l’audition secrète d’Hillary Clinton et Barack Obama par le Bilderberg)
USA Gen. James L. Jones (non confirmé) conseiller de sécurité nationale
USA Vernon Jordan ancien membre de la Commission Baker-Hamilton sur l’Irak, directeur-associé de la banque d’affaire Lazard Frères
USA Robert Kagan (non confirmé) historien néo-conservateur
Finalnde Jyrki Katainen ministre des Finances
USA Gén. John M. Keane associé d’Ehud Barack au sein de SCP Partners
USA Muhtar Kent Pdg Coca-Cola
Royaume-Uni Baron Kerr of Kinlochard vice-résident de la Royal Dutch Shell, président du Centre for European Reform
Allemagne Eckart von Klaeden porte-parole de la CDU/CSU pour les questions internationales
USA Klaus Kleinfeld Pdg des aluminium Alcoa
Turquie Mustafa Vehbi Koç Pdg de la holding industrielle Koç
Allemagne Roland Koch ministre-président du land de Hesse, vice-président de la CDU
Turquie Sami Kohen directeur du quotidien Milliyet
USA Henry Kravis Pdg du fonds d’investissements Kohlberg Kravis Roberts & Co.
USA Marie-Josée Kravis économiste, épouse du précédent
Union européenne Neelie Kroes commissaire européen à la concurrence
Grèce Odysseas Kyriakopoulos Pdg des mines S&B Group et président de la Fédération des industriels grecs
France Christine Lagarde ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi
Int Pascal Lamy directeur général de l’Organisation mondiale du commerce
Portugal Manuela Ferreira Leite président du Partido Social Democrata
Espagne Bernardino León-Gross secrétaire général de La Moncloa (palais du président Zapatero)
Allemagne Peter Löscher Pdg Siemens
Royaume-Uni Peter Mandelson secrétaire d’État pour le business, l’entreprise et la réforme de la régulation
USA Jessica Mathews (non confirmée) présidente de la Carnegie Endowment for International Peace
Belgique Philippe Maystadt président de la Banque européenne d’investissement
Canada Frank McKenna ancien ambassadeur aux USA, chairman de la Toronto-Dominion Bank
Royaume-Uni John Micklethwait directeur de l’hebdomadaire The Economist
France Thierry de Montbrial président de l’Institut français des relations internationales (IFRI)
Italie Mario Monti ancien commissaire européen à la concurrence, président de l’université Bocconi de Milan, président du think tank Bruegel
Espagne Miguel Ángel Moratinos ancien président de l’OSCE, actuel ministre des Affaires étrangères
USA Craig Mundie Microsoft
Canada Heather Munroe-Blum présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec
Norvège Egil Myklebust ancien président du patronat, actuel Pdg de la compagnie d’aviation SAS
Allemagne Matthias Nass rédacteur en chef adjoint du quotidien Die Zeit
Espagne Juan Maria Nin-Genova Pdg banque La Caixa
France Denis Olivennes lobbyiste pour le renforcement des droits d’auteur, directeur de l’hebdomadaire Le Νouvel Οbservateur »
Finlande Jorma Ollila chairman Royal Deutch Schell et Nokia
Royaume-Uni George Osborne député, chancelier de l’échiquier dans le gouvernement fantôme
France Frédéric Oudéa Pdg de la Société Générale
Allemagne Cem Özdemir co-président du parti des Verts
Italie Tommaso Padoa-Schioppa président du comité directeur du Fonds monétaire international, président de Notre Europe
Grèce Alexis Papahelas rédacteur en chef du quotidien Kathimerini
Grèce Dimitris Papalexopoulos Pdg Titan Cement
Grèce Yannis Papathanasiou ministre de l’Économie et des Finances
USA Richard Perle Αmerican Εnterprise Ιnstitute
USA Gén. David Petraeus commandant en chef de l’U.S. Central Command
Belgique SAR Philippe duc de Brabant, héritier du trône
Portugal Manuel Pinho ministre de l’Économie
Int Jean Pisani-Ferry directeur du think tank Bruegel
Canada Robert Prichard Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Τorstar
Int Romano Prodi responsable des opérations jointes de maintien de la paix en Afrique ONU-UA
Finlande Hanna Rajalahti rédacteur en chef du magazine économique Talouselämä
Canada Heather Reisman Pdg de la chaîne d’édition et de distribution Ιndigo Βooks & Μusic
Norvège Eivind Reiten Pdg du papetier Norske Skog
Tchéquie/Suisse Michael Ringier Pdg de la holding de presse Ringier
USA David Rockefeller banquier
USA Dennis Ross (non confirmé) conseiller spécial d’Hillary Clinton pour le Proche-Orient et l’Asie du Sud
USA Barnett Rubin politologue spécialiste de l’Afghanistan
Espagne Alberto Ruiz-Gallardón maire de Madrid
Turquie Suzan Sabancı Dinçer Pdg d’Akbank
Canada Indira Samarasekera présidente de l’université de l’Alberta
Autriche Rudolf Scholten administrateur de l’Oesterreichische Kontrollbank
Int Josette Sheeran directrice du Programme alimentaire mondial
Italie Domenico Siniscalco vice-président Morgan Stanley International
Espagne SAR Sofia reine
Espagne Pedro Solbes ministre de l’Économie démissionnaire en avril
USA Lawrence Summers (non confirmé) directeur du Conseil économique national
USA James Steinberg secrétaire d’État adjoint
Int Björn Stigson président du World Business Council for Sustainable Development
Grèce Yannis Stournaras directeur de la fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE)
Irlande/Royaume-Uni /Vatican Peter Sutherland ancien directeur de l’Organisation mondiale du Commerce, actuel Pdg de British Petroleum et conseiller financier du Vatican
Int Nobuo Tanaka directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique
USA Peter Thiel co-fondateur de PayPal, Pdg du fonds de placement Clarium Capital Management
Danemark Helle Thorning-Schmidt secrétaire général du Parti social démocrate
Danemark Thomas Thune Andersen Pdg Maersk Œil
Autriche Andreas Treichl Pdg Erste Group Bank
Int Jean-Claude Trichet président de la Banque centrale européenne
Grèce Loukas Tsoukalis président de la Fondation héllénique pour l’Europe et la politique étrangère (ELIAMEP)
Turquie Agah Ügur Pdg Borusan Holding
Finlande Matti Vanhanen Premier ministre
Suisse Daniel Vasella Pdg du laboratoire pharmaceutique Novartis
Pays-Bas Jeroen van der Veer Pdg de la Royal Dutch Shell
Belgique Guy Verhofstadt (non confirmé) ancien Premier ministre
USA Paul Volcker directeur du Conseil pour la Reprise économique
Suède Jacob Wallenberg chairman du fonds d’investissements Investor AB
Suède Marcus Wallenberg directeur du fonds d’investissements Investor AB
Pays-Bas Nout Wellink gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas
Pays-Bas Hans Wijers Pdg AkzoNobel
Royaume-Uni Martin Wolf rédacteur en chef au Financial Τimes
USA James Wolfensohn président du conseil international de Citigroup
USA Paul Wolfowitz American Enterprise Institute
USA Fareed Zakaria (non confirmé) rédacteur en chef de l’hebdomadaire Newsweek et journaliste à CNN
Int Robert Zoellick président de la Banque mondiale

Les objectifs 2009

En ce qui concerne les débats, évidemment, on a peu d’infos. Les années précédentes, on y a parlé de mettre une micro puce dans les américains, d’envahir l’Iran, des prix du pétrole qui devaient augmenter, de la crise économique… Du 14 au 17 mai, repliés dans un hôtel grand luxe éloigné des curieux au sud de la Grèce, de quoi ont-ils parlé ?

Daniel Estulin, qui fait partie des journalistes les mieux informés à ce sujet, dit que le sujet phare de cette année a été la crise, évidemment. Mais ces messieurs se sont surtout demandé comment ils pouvaient perdre le moins de fric possible et ont retenu l’option de sortie de crise qui leur permet selon eux de limiter la casse : une crise intense et brutale, mais courte (du moins c’est ce qu’ils disent même s’ils n’ont aucun moyen de la limiter dans la durée) qui permet d’instaurer des institutions supranationales en matière financière notamment, histoire de bien centraliser mondialement les décisions en la matière. Il convient donc de faire plonger tous les secteurs économiques au plus vite, afin que quelques ‘winners’ se partagent le gâteau au plus vite.

Selon Jim Tucker, autre journaliste bien informé, 2009 a été l’occasion d’évoquer la mise en place d’une sorte de gouvernement mondial de la santé (grâce à la peur liée au H1N1) probablement à partir de l’OMS, et d’une sorte de gouvernement mondial de la finance (une expression employée par Sarko il y a à peine 3 mois, de manière innocente bien évidemment, et reprise dans la foulée par un sondage du Figaro), à partir d’un FMI considérablement renforcé. Tout ça serait chapeauté par l’ONU, qui ferait donc office de gouvernement mondial.

On peut donc déjà s’attendre à un tapage médiatique impressionnant au sujet dudit H1N1, mais aussi à une parfaite désinformation en ce qui concerne la crise financière mondiale. Il faut faire peur pour légitimer les mesures internationales d’exception, totalement anti démocratiques, qui seront prises dans la foulée. Ca fait déjà dix ans qu’ils rongent leur frein dans les hautes sphères, nous voilà en phase finale du processus vers ce nouvel ordre mondial d’illuminés.

Le réchauffement climatique devrait quant à lui être le prétexte pour instaurer une taxe mondiale sur le carbone (sujet déjà mis sur la table en 2008), taxe prélevée directement par l’ONU. Ca semble minime, mais cela donnerait à un organisme non élu et non représentatif le droit de ponctionner l’ensemble des habitants de la planète sans aucune consultation préalable ni recours possible. Quelque part, ce serait un pas décisif vers un gouvernement mondial dirigé par l’ONU. Ladite taxe serait établie petit à petit (le fameux coup de la grenouille qu’on met dans l’eau froide, et qu’on porte doucement à ébullition pour qu’elle ne s’enfuie pas), et il semble que John Kerry, qu’on voit s’agiter à travers le monde depuis quelques mois, sera le grand défenseur de cette idée géniale. Bientôt, donc, la taxe sur l’air qu’on respire. On plaisantait il y a peu en évoquant la chose; ce sera bientôt une réalité.

Evidemment, ce ne sont pas les pétrolières ( bien représentées au Bilderberg) qui seront taxées.

Le traité de Lisbonne, ce texte glauquissime d’ultra libéralisme, a été abordé : on va envoyer des gens expliquer aux élus Irlandais qu’il faut faire passer le texte sans redemander l’avis de la population, chose que Sarko avait très bien comprise tout seul… A grand renforts de médias commerciaux voués à la cause, un futur scrutin devrait de toute manière être plus bénéfique aux visées des Bilderbergers.

On a également évoqué la question d’un Traité de la Cour internationale de Justice, qui devrait être poussé par Obama selon un calendrier des plus précis.