Ca fait un moment que je ne suis pas revenue sur mes sujets favoris, et pour cause: dans tous les domaines, la situation se dégrade à vitesse grand V. Je n'ai pas le temps, dans mes heures de repos, d'approfondir les thèmes que je voudrais, et qui sont nombreux. J'ai à peine le temps de suivre la dégradation des choses. Et j'ai envie de pousser un coup de gueule.

Septième « convocation » des banquiers en mois d’un an, on peut dire que l’efficacité n’est –une fois de plus- pasterre1 au rendez-vous pour sarkoléon-le-tout-petit. Le « pacte moral » du début de l’année, les banquiers se le sont bien collé au c..

Pourtant, le bal des hypocrites continue. Alors qu’on continue objectivement de s’enfoncer dans la crise, voilà Mme Lagarde qui nous serine avec la « reprise » qu’elle est pourtant seule à voir depuis plus d’un an. Eh oui en 2010, on aura une magnifique croissance à 0,5, et peut-être même 1%, d’après la même, qui avait prédit une croissance positive pour 2009 alors que la crise s’installait déjà fin 2008. Elle lirait dans les entrailles des poulets, ses prévisions ne seraient pas moins fiables.

Côté international, les médias français sont les seuls à parler de l’activisme de sarkoléon pour changer la finance internationale. Et pour cause : il ne s’est rien passé. Du G20 au G8, en passant pas Davos et le sommet qui se prépare, le but était de surtout ne rien changer. Il est admirable de voir avec quelle énergie l’excité de l’Elysée a su brasser de l’air depuis un an, pour un résultat inexistant et pour cause : il faut préserver l’ordre établi. Et sans en avoir l’air.

Imagine-t-on l’Elite de la finance mondiale se serrer la bride ? Imagine-t-on les pontes du CAC 40, du NASDAQ ou du NYSE faire taxer leurs gains obtenus en spéculant sur des marchés tous plus volatiles et risqués les uns que les autres ? Sérieusement, est-ce que ceux qui ont le fric et le pouvoir vont eux-mêmes se poser des limites ? Où aurait-on vu ça ?

Dans l’Histoire, jamais.

Jour après jour, la situation se dégrade, sur tous les plans.

Côté « social », on reçoit les banquiers à l’Elysée, tandis que les travailleurs licenciés doivent menacer de faire exploser leur usine pour espérer être entendus. Qu’on nous rallonge la durée de travail, qu’on nous dit de bosser le dimanche pour le même prix, qu’on rogne sur les retraites, la sécu, l’éducation… Pendant ce temps, on invente la taxe sur l’air qu’on respire, la taxe carbone tant vantée par un Rocard et un Cohn Bendit plus libéraux que jamais, mais que les patrons se rassurent, on diminue la taxe professionnelle. Aux communes de se débrouiller pour payer RSA et autres infrastructures.

Pendant ce temps-là encore, on envoie des petits jeunes en Afghanistan, qui ne savent même pas ce qu’ils sont venus faire dans ce bourbier, ni quels intérêts pétroliers ils défendent. Et en chœur avec les States, on menace l’Iran, sans avoir plus de preuves que lors de l’invasion de l’Irak. On oublie l’aide aux pays en développement, et on finance les pays amis, là où Total, Elf ou Areva sont implantés. Peu importe s’il s’agit de dictatures. Les vraies démocraties, par contre, comme le Venezuela ou le Nicaragua, on ne va pas les soutenir, au contraire un silence de mort sur la question prouvera aux States qu’on les soutient dans leurs politiques de coups d’Etat.

AS_SarkoOn continue de détruire l’éducation. Méthodiquement, morceau par morceau. Après avoir largement diminué le nombre de profs quand la démographie augmente, après avoir fait perdre toute leur substance aux programmes d’histoire, géographie, français, philo, lettres, c’est maintenant la formation des enseignants qui, désormais, sera composée d’un gros bloc de 5 années d’études, pour peut-être pouvoir enseigner ensuite. Combien termineront ce cursus ?

Et voilà l’offensive qui arrive, à l’aune de la grippe H1N1 : les super cours par Internet. Parce que à terme, et la commission européenne l’a déjà dit et redit, l’idéal pour que les gamins puissent apprendre, ce sont les logiciels. Eux, ils comprennent l’économie et le monde de l’entreprise, et ils vous font acquérir ces fameuses « compétences » tant vantées par les nouveaux pédagogues. On imagine la tête du minot de 5 ans qui a passé la journée tout seul devant son écran pour apprendre à écrire !

Patiemment mais sûrement, la fabrique à crétins se met en place. Ce qu’on demande aux gamins, aujourd’hui, ce n’est pas d’être un citoyen éclairé, critique et cultivé. Bien au contraire : on veut en faire un travailleur qui s’adapte aux « besoins du monde du travail », tout en consommant ce qu’on veut qu’il consomme, point. Chacun sa place dans l’ordre établi, et l’école n’est certes plus là pour donner sa chance à chacun.

Politiquement, ça va également très mal. Au niveau national, tous nos joyeux politiques sont en ligne pour 2012, alors que la préoccupation des gens se situe au niveau de leur pouvoir d’achat. Aucune réponse en perspective, puisque tout le monde évoque une grande coalition « à gauche », allant de la gauche à la droite avec le modem et Europe écologie. Encore une fois des guéguerres de personnes, en attendant le retour du messie Strauss Kahn juste avant la présidentielle. On pourrait reparler de ses innombrables casseroles, de ses pronostics éventés sur l’économie mondiale, de ses prises de position atlantistes et ultra libérales, mais bref.

Au niveau national, la politique se résume aujourd’hui aux dernières apparitions de sarkoléon, sur son vélo ou en costard. Ce qu’il dit, on s’en fout à la rigueur, puisque aucun média n’a décidé de critiquer ou d’analyser lesdits propos. On passera à la suite demain, avec une nouvelle apparition et un nouveau sujet.

Côté Europe, on se rappelle avoir voté non à un traité liberticide et ultra libéral. On nous le refourgue pourtant par la fenêtre. De démocratie il n’y a point, en Europe, au cas où on aurait pu en douter. Et l’échec du dernier scrutin au parlement européen, avec ses records d’abstention, ne fera certainement pas changer l’orientation autocratique des européanistes orthodoxes.

Et à l’international, on a renforcé le FMI, l’OMC, on veut renforcer l’OTAN et l’ONU, autant de pouvoirs usurpés aux peuples, qui n’ont pas leur mot à dire. Ce sont pourtant ces institutions internationales qui dictent la loi en matière d’économie, de commerce, d’écologie, de relations internationales, d’éducation. Et jamais le citoyen ne peut ouvrir la bouche. On lui demande seulement d’élire les pantins de son pays, pantins qui ensuite légitimeront toutes les décisions prises à l’international et en Europe. 

Surtout, oublions que la base de la République, c’est le peuple souverain. Ce peuple qui remet sa souveraineté entre les mains de ses élus, censés assurer le bien-être commun. Aujourd’hui de peuple souverain il n’y a plus, le peuple sert juste à travailler et à consommer, histoire que les Elites continuent à s’en mettre plein les poches.

On pourrait évoquer la santé, et cette histoire de campagne de vaccination contre un virus étrange qu’on n’arrive pas encore à identifier. Mais, les vaccins sont déjà prêts, n’en doutez pas. Reste juste à savoir quel poison il contiendra cette fois-ci. Pendant que le système de santé est attaqué sur tous les fronts, que l’hôpital à deux vitesses devient la réalité, que les pauvres ne peuvent plus se soigner, ni eux ni leurs enfants, sarkoléon continue ses « réformes » qui nous font revenir au XIX è siècle.

Les libertés ont aussi pris du plomb dans l’aile, surtout depuis que l’excité du bocal est arrivé à l’Intérieur en 2002. Dégradation continue des conditions de détention, augmentation vertigineuse des garde à vue te des écoutes téléphoniques, attaques soutenues contre les « racailles », et contre ces « anarcho autonomes » assimilés à des terroristes. Aujourd’hui en France, lire des bouquins anarchistes peut coûter 72 heures de garde à vue, parce que lire des bouquins anarchistes aujourd’hui en France fait de vous un terroriste qui attaque la SNCF. D’autant plus si l’anarcho autonome en question a fait une ou deux manifs anti capitalistes dans le passé, où il aura été fiché et rentré dans les bases de données.

A ce train-là, dans un an ou deux, des flics pourront frapper à la porte de n’importe quel gauchiste et l’embarquer pour des motifs fumeux à 6 h du matin. Et s’il n’y a pas de preuves, pas grave : en 72 h (dont 48 sans avocat puisque c’est le tarif pour les « terroristes ») il aura bien le temps d’avouer n’importe quoi.

Les médias, c’est un poncif désormais, sont tous alignés. Aucun n’osera critiquer sarkoléon trop fort, aucun n’osera faire une analyse pertinente de la situation du pays. Et quand on est pris dans ce système, on ne peut qu’être bridé sinon on dégage.

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