29 octobre 2009
A Rouen, on arrête les sans-papiers jusqu'aux Restos du Coeur
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Je reprends une info récente
répercutée notamment par
L'Humanité:
l'arrestation d'une dizaine de personnes sans papiers aux Restos du Coeur de
Rouen le 14 octobre.
Après des agents zélés du Pôle Emploi d'Orléans de cet été, qui
convoquent une personne sans papiers à un rendez-vous où la police les
attend pour l'embarquer en centre de rétention, ladite police prend les devants
et se pointe sans prévenir aux Restos du Coeur, quand les bénévoles
s'apprêtaient à distribuer les colis et que les gens faisaient la queue.
Un tel cas serait déjà arrivé à République à Paris, en 2007 lors d'une
distribution des Restos, voilà qu'on remet ça. Histoire de faire "du
chiff' " comme dirait Sarko, on vient donc chercher les gens là où ils
sont obligés de passer pour survivre, sans se préoccuper du fait que cette aide
de base leur est indispensable et que beaucoup n'oseront plus y retourner après
quelques rafles dans le style.
L'Humanité rappelle
opportunément que Besson, le ministre de l'Identité nationale et de la chasse
aux immigrés, a pourtant déclaré
le 17 juillet 2009, face aux associations humanitaires concernées, que
"Les lieux dans lesquels est
apportée l’aide humanitaire doivent être en quelque sorte sanctuarisés, afin de
bien marquer le caractère inconditionnel de cette aide. Les lieux où sont
soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse, ne
sauraient être la cible d’une politique de contrôle et d’interpellation".
Il rappelait ce jour là qu'il se battaoit contre les "filières"
d'immigration clandestine, pas contre les immigrés. ce qu'il a prouvé récemment
avec l'expulsion de trois afghans dans un pays en guerre, malgré que la France
ait signé moult conventions interdisant l'expulsion de personnes dans un pays
en guerre. Mais, bref.
Suite à l'affaire d'Orléans, largement provoquée par les instructions venues
d'en haut appelant à la délation,
d'autres agents du Pôle
Emploi ont crée le Réseau éducation, formation et insertion "pour dénoncer le dévoiement de [leurs] missions".
Même si on comprend que le pays ne peut pas absorber la totalité du flux
d'immigrés souvent bercés d'illusions qui
sont poussés à tenter leur
chance chez nous, on ne peut pas accepter la chasse à l'homme qui se déroule
sous nos yeux. Faudra-t-il encore assister impuissants à à des scènes
telles que l'embarquement de bon matin dans un fourgon de police d'un grand père
asiatique et de ses deux petits enfants, les cartables sur le dos, qui
partaient à l'école, ou bien devoir chercher un chemin pas trop risqué à
expliquer à un sans papiers pour qu'il puisse arriver à destination?
Il est clair que le mouvement de persécution des sans papiers, qui parfois sont
en attente d'une réponse et sont donc légalement en France, ou bien devraient
obtenir un titre de séjour qui leur est refusé, ce mouvement de persécution est
initié depuis le gouvernement et l'Elysée. S'agit-il vraiment d'être efficace?
On en doute au vu de la note salée des expulsions. S'agit-il de satisfaire
l'électorat d'extrême droite qui peut se sentir floué par l'ouverture et la
dégradation des conditions de vie?
Il serait en tout cas temps d'arrêter cette traque, qui dérive méchamment et devient franchement inhumaine. Et qui, par ailleurs, coûte la modique somme de 20.970 euros par personne expulsée, à multiplier par les 28.000 expulsions de 2008, par exemple.
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