46003000000immigrationjetableJe reprends une info récente répercutée notamment par L'Humanité: l'arrestation d'une dizaine de personnes sans papiers aux Restos du Coeur de Rouen le 14 octobre.


Après des agents zélés du Pôle Emploi d'Orléans de cet été, qui convoquent une personne sans papiers à un rendez-vous où la police les attend pour l'embarquer en centre de rétention, ladite police prend les devants et se pointe sans prévenir aux Restos du Coeur, quand les bénévoles s'apprêtaient à distribuer les colis et que les gens faisaient la queue.
Un tel cas serait déjà arrivé à République à Paris, en 2007 lors d'une distribution des Restos, voilà qu'on remet ça. Histoire de faire "du chiff' " comme dirait Sarko, on vient donc chercher les gens là où ils sont obligés de passer pour survivre, sans se préoccuper du fait que cette aide de base leur est indispensable et que beaucoup n'oseront plus y retourner après quelques rafles dans le style.


L'Humanité rappelle opportunément que Besson, le ministre de l'Identité nationale et de la chasse aux immigrés, a pourtant déclaré le 17 juillet 2009, face aux associations humanitaires concernées, que "Les lieux dans lesquels est apportée l’aide humanitaire doivent être en quelque sorte sanctuarisés, afin de bien marquer le caractère inconditionnel de cette aide. Les lieux où sont soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse, ne sauraient être la cible d’une politique de contrôle et d’interpellation".
Il rappelait ce jour là qu'il se battaoit contre les "filières" d'immigration clandestine, pas contre les immigrés. ce qu'il a prouvé récemment avec l'expulsion de trois afghans dans un pays en guerre, malgré que la France ait signé moult conventions interdisant l'expulsion de personnes dans un pays en guerre. Mais, bref.


Suite à l'affaire d'Orléans, largement provoquée par les instructions venues d'en haut appelant à la délation, sans_papiersd'autres agents du Pôle Emploi ont crée le Réseau éducation, formation et insertion "pour dénoncer le dévoiement de [leurs] missions".

Même si on comprend que le pays ne peut pas absorber la totalité du flux d'immigrés souvent bercés d'illusions qui sont poussés à tenter leur chance chez nous, on ne peut pas accepter la chasse à l'homme qui se déroule sous nos yeux. Faudra-t-il encore assister impuissants à  à des scènes telles que l'embarquement de bon matin dans un fourgon de police d'un grand père asiatique et de ses deux petits enfants, les cartables sur le dos, qui partaient à l'école, ou bien devoir chercher un chemin pas trop risqué à expliquer à un sans papiers pour qu'il puisse arriver à destination?

Il est clair que le mouvement de persécution des sans papiers, qui parfois sont en attente d'une réponse et sont donc légalement en France, ou bien devraient obtenir un titre de séjour qui leur est refusé, ce mouvement de persécution est initié depuis le gouvernement et l'Elysée. S'agit-il vraiment d'être efficace? On en doute au vu de la note salée des expulsions. S'agit-il de satisfaire l'électorat d'extrême droite qui peut se sentir floué par l'ouverture et la dégradation des conditions de vie?

Il serait en tout cas temps d'arrêter cette traque, qui dérive méchamment et devient franchement inhumaine. Et qui, par ailleurs, coûte la modique somme de 20.970 euros par personne expulsée, à multiplier par les 28.000 expulsions de 2008, par exemple.

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