29 octobre 2009
A Rouen, on arrête les sans-papiers jusqu'aux Restos du Coeur
![]()
Je reprends une info récente
répercutée notamment par
L'Humanité:
l'arrestation d'une dizaine de personnes sans papiers aux Restos du Coeur de
Rouen le 14 octobre.
Après des agents zélés du Pôle Emploi d'Orléans de cet été, qui
convoquent une personne sans papiers à un rendez-vous où la police les
attend pour l'embarquer en centre de rétention, ladite police prend les devants
et se pointe sans prévenir aux Restos du Coeur, quand les bénévoles
s'apprêtaient à distribuer les colis et que les gens faisaient la queue.
Un tel cas serait déjà arrivé à République à Paris, en 2007 lors d'une
distribution des Restos, voilà qu'on remet ça. Histoire de faire "du
chiff' " comme dirait Sarko, on vient donc chercher les gens là où ils
sont obligés de passer pour survivre, sans se préoccuper du fait que cette aide
de base leur est indispensable et que beaucoup n'oseront plus y retourner après
quelques rafles dans le style.
L'Humanité rappelle
opportunément que Besson, le ministre de l'Identité nationale et de la chasse
aux immigrés, a pourtant déclaré
le 17 juillet 2009, face aux associations humanitaires concernées, que
"Les lieux dans lesquels est
apportée l’aide humanitaire doivent être en quelque sorte sanctuarisés, afin de
bien marquer le caractère inconditionnel de cette aide. Les lieux où sont
soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse, ne
sauraient être la cible d’une politique de contrôle et d’interpellation".
Il rappelait ce jour là qu'il se battaoit contre les "filières"
d'immigration clandestine, pas contre les immigrés. ce qu'il a prouvé récemment
avec l'expulsion de trois afghans dans un pays en guerre, malgré que la France
ait signé moult conventions interdisant l'expulsion de personnes dans un pays
en guerre. Mais, bref.
Suite à l'affaire d'Orléans, largement provoquée par les instructions venues
d'en haut appelant à la délation,
d'autres agents du Pôle
Emploi ont crée le Réseau éducation, formation et insertion "pour dénoncer le dévoiement de [leurs] missions".
Même si on comprend que le pays ne peut pas absorber la totalité du flux
d'immigrés souvent bercés d'illusions qui
sont poussés à tenter leur
chance chez nous, on ne peut pas accepter la chasse à l'homme qui se déroule
sous nos yeux. Faudra-t-il encore assister impuissants à à des scènes
telles que l'embarquement de bon matin dans un fourgon de police d'un grand père
asiatique et de ses deux petits enfants, les cartables sur le dos, qui
partaient à l'école, ou bien devoir chercher un chemin pas trop risqué à
expliquer à un sans papiers pour qu'il puisse arriver à destination?
Il est clair que le mouvement de persécution des sans papiers, qui parfois sont
en attente d'une réponse et sont donc légalement en France, ou bien devraient
obtenir un titre de séjour qui leur est refusé, ce mouvement de persécution est
initié depuis le gouvernement et l'Elysée. S'agit-il vraiment d'être efficace?
On en doute au vu de la note salée des expulsions. S'agit-il de satisfaire
l'électorat d'extrême droite qui peut se sentir floué par l'ouverture et la
dégradation des conditions de vie?
Il serait en tout cas temps d'arrêter cette traque, qui dérive méchamment et devient franchement inhumaine. Et qui, par ailleurs, coûte la modique somme de 20.970 euros par personne expulsée, à multiplier par les 28.000 expulsions de 2008, par exemple.
28 octobre 2009
La com', religion de Sarko
Le budget communication de l’Elysée, en plus d’être opaque, a explosé ces derniers temps. De fait, Sarko, l’œil collé aux derniers sondages, est depuis toujours un grand consommateur de sondages et autres études d’opinion.
D’après Le Point, en 2009 l’Elysée a versé 300.000 euros à IPSOS, et 820.000 euros à Publifact et
Publiopinion entre janvier et juillet 2009. En 2008, Publifact a facturé pas moins de 130 missions à L’Elysée, et la Cour des Comptes a calculé que cela revenait à 1,5 million d’euros. En plus, tout cela s’est passé en dehors de tout appel d’offres, et la Cour des Comptes a même osé s’interroger sur l’ « utilité » desdites enquêtes : en effet, puisqu’elles venaient d’être publiées dans Le Figaro à quoi servait-il à l’Elysée de payer 392.288 euros pour obtenir ces mêmes informations ?
Ces deux sociétés (Publiopinion et Publifact) appartiennent à un dénommé Patrick Buisson, qui est sous contrat avec l’Elysée. Buisson, un ancien journaliste grand fan de l’OAS, a commencé sa brillante carrière à Minute, ce journal d’extrême droite dont il finit par diriger la rédaction avant de passer chez Valeurs Actuelles en 1987. Puis, il se met à conseiller les politiques, comme De Villiers, Madelin ou Bayrou tout en étant présent sur LCI et au Figaro, ce qui lui donne une crédibilité.
Publifact, un institut sans bureau qui ressemble davantage à une boîte postale qu’à une entreprise sérieuse, a commandé –sans appel d’offres- quelques sondages à Opinion Way pour l’Elysée (publiés par le Figaro et LCI[1], les médias officiels du Sarkoland), ce qui explique pourquoi Opinion Way n’apparaît pas parmi les entreprises qui ont touché du fric directement de l’Elysée. D’après la Cour des Comptes, une quinzaine d’enquêtes payées par l’Elysée avec l’argent du contribuable ont été publiées par Le Figaro ou citées par LCI. Tout ce cirque s’est miraculeusement arrêté après la publication du rapport de la Cour des comptes en juillet.
Aujourd’hui, après avoir mené en partie la campagne présidentielle et avoir reçu la Légion d’honneur des mains de Sarko, Buisson devenu politologue grâce à LCI, bénéficie du titre ronflant de conseiller en stratégie de Sarkoléon. Normal, Sarko le dit lui-même : c’est « grâce » à Buisson qu’il a été élu. Merci Buisson.
Pour résumer, on peut dire que Buisson est un des grands communicants de Sarko. Il analyse probablement certains phénomènes, mais son but est surtout de présenter l’action de Sarko sous un jour favorable, quitte à commander des sondages ad hoc. Pour cette activité de conseil, il touche au moins 10.000 euros (hors taxes) chaque mois.
Pierre Giacometti, ex patron d’IPSOS présent au Fouquet’s le soir de l’élection, bénéficie quant à lui de 43.500 euros par mois pour réaliser différentes études et analyses. Il est aujourd’hui à la tête de «
En 2010, le budget prévu rien que pour les sondages commandés par l’Elysée est de 1,3 million d’euros. Une paille.
D’autant qu’en principe, le SIG, le service d’information du gouvernement, est compétent pour tous
ces travaux, et beaucoup moins cher que les instituts privés. Mais, il est vrai que faire profiter les copains des largesses élyséennes peut être un bon calcul politique. Thierry Saussez, le chef du SIG, justement, a demandé une augmentation budgétaire conséquente dès cette année : 22,4 millions d’euros au lieu de 5,7 pour 2008, soit quatre fois le prix habituel. Histoire, d’après Saussez, de créer un super site Internet, de faire trois super campagnes « interministérielles » (à 12 millions d’euros), de commander des sondages sur Sarko et de faire de la « stratégie » publicitaire. Ca fait quand-même cher.
Quoi qu’il en soit, le SIG, destiné en principe au gouvernement, se retrouve de fait à travailler presque exclusivement pour améliorer l’image de sarko.
Et cela, sans parler des millions d’euros consacrés aux multiples campagnes publicitaires nous vantant les bienfaits de la sarkozie : 28,8 millions pour la presse écrite (dont 19,5 pour les quotidiens), 26 pour la télé. On se rappelle par exemple la mémorable campagne qui nous a expliqué que sarkoléon avait fait grimper notre pouvoir d’achat, payée la modique somme de 4,3 millions d’euros (dont 4 pour les achats d’espaces pub). Rassurons-nous, Saussez s’est empressé de préciser qu’il ne s’agit là que de 0,33% du coût total des opérations pub.
En ces temps de crise, injecter des millions d’euros dans la télé et dans une presse écrite d’autant plus périclitante qu’elle est asservie permet de se mettre les médias dans la poche pour pas grand-chose.
Enfin, comme si tout cela ne suffisait pas, Sarko bénéficie encore des lumières de moult grand communicants, comme Franck Louvrier qui le conseille depuis 10 ans en matière de com’, l’inénarrable Henri Guaino et ses célèbres discours, Emmanuelle Mignon, très libérale envers les sectes, Catherine Pégard, venue du Point pour veiller sur l’image de Sarko, ou David Martinon et le publicitaire Franck Tapiro il y a encore quelque temps. Sans compter les conseillers placés dans les médias, comme Laurent Solly à TF1.
A l’heure où l’on devrait aborder les questions sérieuses, il semble que Sarko continue à miser sur la seule chose qu’il peut maîtriser : son image. Car, son image c’est son capital, puisque les actes ne jouent pas en sa faveur. D’où l’intérêt de multiplier les actions de com ‘, d’où l’explosion du budget communication (entre autres) de l’Elysée et du SIG, puisque l’Elysée a mis la main dessus.
[1] Qui se sont bien gardés de mentionner le commanditaire de ces sondages, parfois mis à la Une.
24 octobre 2009
Deux fichiers de plus, pas très légaux mais bon...
Rapidement,
un aperçu des deux derniers fichiers inventés par Sarko, publiés par décret et
dont une partie des informations ne devrait légalement pas y figurer. Car Sarkoléon
n’a pas l’air d’avoir oublié son idée fixe de fliquer tout ce qui bouge, et
surtout ce qui le dérange.
Le
16 octobre, deux
nouveaux fichiers ont donc été ajoutés par décret à la longue liste des
fichiers déjà existants.
Le jour de la Sainte Edvige, notre ministre de
l’Identité Nationale a annoncé la grande nouvelle, probablement histoire
d’éviter les hauts cris de l’opinion quand le décret instituant le fichier
EDVIGE1
a été publié au Journal Officiel en plein mois de juillet, et en douce. Et
juste avant, il y avait eu ARDOISE, pour ficher
les homos, transsexuels, prostituées, syndicalistes et handicapés.
En
plein délire paranoïaque sur les forces du mal que sont les gauchistes, appelés
également « anarcho autonomes »2
ou plus récemment « ultra-gauche » (ça fait plus peur), en pleine
manie de la vidéosurveillance et même de la surveillance en général, ces
fichiers vont exactement dans le sens du vent. Un vent mauvais, diraient ceux
qui voient là se dérouler un scénario déjà trop connu, ou ceux qui doivent
aujourd’hui songer à être discrets s’ils veulent pouvoir agir quand les choses
iront encore plus mal. Mais, bref. Revenons à nos fichiers.
EDVIGE,
également publié par décret, visait notamment à « centraliser et analyser
les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité,
exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un
rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif » ainsi
que les « organisations et personnes morales qui, en raison de leur
activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à
l'ordre public », et parmi les informations à collecter sur chaque
cible, les policiers devaient relever les « adresses physiques, numéros
de téléphone et adresses électroniques », les « déplacements »,
mais aussi les « données relatives à l'environnement de la personne,
notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non
fortuites avec elle ». Enfin, au cas où certains se croyaient encore
en démocratie, le texte du décret précisait en son article 5 que « le
droit d'information prévu au I de l'article 32 et le droit d'opposition prévu à
l'article 38 de la même loi ne s'appliquent pas au présent traitement ».
Quand on connaît les taux d’erreurs3
-qui augmentent d’année en année- contenus
dans les fichiers de police et RG en général, on peut qualifier d’inquiétant
le fait de ne pas pouvoir vérifier les informations nous concernant.
Car
pour éviter le problème, en principe, l’article 41 de la loi informatique et
libertés prévoit que toute personne peut demander à la CNIL de vérifier les
renseignements à son sujet dans les fiches de police et autres. Là, pour la
première fois, ce n’était pas le cas. Et on recommence.
« Par
décret », ça signifie que le Parlement n’a pas son mot à dire, et encore
moins la CNIL qui n’a plus qu’un avis consultatif à donner de toute manière.
Pourquoi
le gouvernement, pour ne pas dire Sarkoléon soi même, est-il si pressé
d’accumuler les fichiers sur tout et n’importe qui, en étant prêt à bafouer les
principes de base de la démocratie ? Une énième preuve de cette rigidité a
été donnée mercredi, quand le gouvernement a refusé d’inscrire à l’ordre du
jour la proposition de loi4
des députés UMP et PS Jacques-Alain Benisti et Delphine
Batho, déposée au printemps et qui visait à cadrer cette profusion de
fichiers.
Benisti
a précisé à l’AFP que « En effet, lors de nos débats [avec le
gouvernement, au sujet de ces fichiers], un accord avait pourtant été trouvé
avec le gouvernement pour que toute nouvelle catégorie de fichier ne puisse
être créée que par la loi »
Les
deux nouveaux fichiers sont un fichier d’enquêtes administratives et un fichier
de renseignement.
==> Le premier est le décret
n°2009-1249 du 16 octobre 2009, « portant création d'un traitement de
données à caractère personnel relatif à la prévention des atteintes à la
sécurité publique », et vise « les personnes susceptibles d'être
impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu
urbain ou à l'occasion de manifestations sportives » et/ou les
personnes qui « peuvent porter atteinte à la sécurité publique »
y compris les mineurs de plus de 13 ans. On parle bien des gens
« susceptibles » de troubler l’ordre public, ce qui est assez large.
En
plus des infos habituelles, il consignera par dérogation à la loi de 1978 sur
l’informatique et les libertés l' « origine géographique »
et les « activités politiques, philosophiques, religieuses ou
syndicales ». Le tout devrait être conservé moins de dix ans (trois
pour les mineurs) et est accessible à tous les RG. Pour ce qui est du droit
d’information, il est très limité : on a le droit de demander à la CNIL de
vérifier les informations nous concernant mais elle ne peut rien nous dire. Une
question vient à l’esprit : en quoi les « activités
syndicales », par exemple, représentent-elles un « trouble de l’ordre
public » potentiel ? On n’ose imaginer qu’en fait, ce fichier soit
surtout destiné à ficher tout ce qui ressemble à un opposant politique ou à un
gauchiste engagé.
==> Le second texte est
le décret
n° 2009-1950, « portant création d'un traitement automatisé de données
à caractère personnel relatif aux enquêtes administratives liées à la sécurité
publique », concerne les gens qui postulent à des postes nécessitant des
enquêtes administratives.
En
dérogation à la loi de 1978, « l'enregistrement de données, contenues
dans un rapport d'enquête, relatives à un comportement incompatible avec
l'exercice des fonctions ou des missions envisagées est autorisé alors même que
ce comportement aurait une motivation politique, religieuse, philosophique ou
syndicale » ce qui est quand même relativement large. Les données
doivent être effacées au bout de 5 ans, et là apparemment on a le droit de
savoir ce qui est écrit mais pas de contester.
On
avance donc encore un peu dans l’Etat de non droit. Ces décrets devraient
probablement attendre dans les
tiroirs depuis le scandale EDVIGE. On sort du
cadre démocratique puisque le Parlement n’a plus rien à dire sur ces textes, et
la CNIL non plus. Pire encore, les citoyens n’ont aucun moyen de vérifier les
informations les concernant, alors qu’il y en aura évidemment autant que dans
les autres fichiers.
Dans
un contexte où le vent se fait mauvais conte tout ce qui ressemble à de la
contestation, où le pouvoir s’organise pour garder le contrôle quoi qu’il
arrive, la propagation des fichiers sur tout le monde et l’acharnement avec
lequel les autorités cherchent à tout savoir sur ceux qui critiquent et/ou qui
contestent n’augurent vraiment rien de bon.
Si
les choses dérivent encore un peu, que les libertés sont encore un peu plus
bafouées, ainsi que les principes démocratiques, il sera facile d’utiliser
lesdits fichiers et de recouper les informations pour établir des listes de personnes
subversives à neutraliser. Qui a inventé les RG, rendu obligatoire la carte d’identité,
inventé les CRS, dans un but uniquement répressif, parce que la légitimité
républicaine n’existait plus ? Un grand démocrate comme Pétain.
Ceux
qui considèrent que l’Histoire tourne en rond ne sont pas rassurés.
[1] Exploitation documentaire et valorisation de
l'information générale censé remplacer le fichier RG, qui avait
fait scandale et a finalement été retiré.
[2] Terme obscur apparu pour la première fois dans Le
Figaro pour qualifier « l’extrême gauche radicale » qui s’est opposée
dans la rue à Sarko pendant une ou deux semaines après son élection.
[3] En 2005, par exemple, la CNIL a été obligée de supprimer 44% des fichiers STIC (le fichier des infractions constatées) qu’elle a contrôlés car « erronés, manifestement non justifiés ou dont le délai de conservation était expiré ». En 2007, seulement 460 fichiers STIC ou JUDEX sur 1028 contrôlés se sont avérés exacts, soit 45%. Ainsi, un témoin se retrouve coupable, un acquitté également, ce qui peut poser de gros problèmes pour certains emplois.
[4] Pourtant votée le 7 juin par la Commission des Lois de l’Assemblée

20 octobre 2009
Si si, les portables ont un impact sur la santé
On
commence à parler des risques dans antennes de téléphonie mobile sur la santé,
après plus de 20 ans d’utilisation. Introduit vers 1984, le portable fonctionne
comme la télévision ou les Wi-Fi, avec des ondes appelées ondes de Type
Téléphone Mobile, dont on n’a que très peu évoqué les risques pour l’organisme
malgré des études relativement nombreuses montrant que ces ondes ont un impact
négatif sur la santé des animaux et des humains. Mais à force de lobbying et
d’études financées par l’industrie, les autorités ont longtemps pu occulter ces
risques.
Je
reposte en bas de cet article une vidéo (ou plutôt une bande son) du médecin
homéopathe Marc Vercoutère,
qui s’exprime cette fois au sujet des ondes de Type
Téléphone Mobile (TTM1]),
racontant au passage le développement de certaines pathologies depuis que les
portables sont partout, ainsi que les manipulations « scientifiques »
destinées à dissimuler les risques et autres faits de lobbying, par exemple…
On
sait, ou on se doute tous qu’être traversé à longueur de temps par des ondes de
toutes fréquences risque de causer quelques problèmes sur des organismes d’un
équilibre aussi fragile que le corps humain. Une expression est même née pour
désigner cela : la pollution
électromagnétique.
Même
un simple écran d’ordinateur ou de télévision émet suffisamment d’ondes (des
radiation électro magnétiques pulsées, très précisément) pour faire diminuer
les défenses immunitaires et influencer l’humeur (agressivité, troubles du
sommeil, manque de concentration par exemple).
Par
exemple, la sclérose
en plaques interroge beaucoup les médecins : on pensait que cette
maladie était provoquée par un virus, mais on s’aperçoit petit à petit depuis
une quarantaine d’années que les ondes électromagnétiques la favorisent, tout
comme certains produits toxiques utilisés dans les vaccins (depuis la
campagne de vaccination contre l’hépatite B, le nombre de scléroses en
plaques est passé de 20.000 à 80.000, en l’espace de deux ans seulement). De
fait, c’est une maladie qui n’existe presque pas dans les pays sous développés,
mais qui augmente fortement dans les pays industrialisés.
Des
syndicats d’infirmières en France, en Angleterre ou à Hong Kong attirent
l’attention des gens sur le rapport bénéfice risques du vaccin H1N1, dans la
mesure où le risque de sclérose en plaques (et de syndrome du Guillain Barré)
est réel à cause des adjuvants[2]
utilisés dans ces vaccins. Des médecins, comme le docteur Maschi,
dénoncent également les risques et l’absence d’études sur ces mêmes risques.
Faut-il préciser que, comme Vercoutère, Maschi a été radié de l’ordre des
médecins non pas en raison d’une faute mais en raison de sa dissidence par
rapport à l’orthodoxie médicale.
Quelques
infos passées – presque - inaperçues (ou quand les études scientifiques se
suivent et ne se ressemblent pas)
C’est
seulement à partir de 1993 avec le procès intenté par David Reynard pour
le cancer du cerveau de sa femme, qu’on a commencé à s’inquiéter des risques
sanitaires liés à l’utilisation du portable. Reynard poursuit donc l’industrie
du GSM pour le décès de sa femme, qui aurait selon lui eu un cancer à cause
d’une utilisation intensive de son téléphone portable. L’affaire est médiatisée
et les utilisateurs commencent à se poser des questions (d’autant plus qu’on
s’aperçoit avec stupeur qu’aucune étude n’a été réalisée sur le long terme pour
voir s’il y avait des risques sur la santé). Mais au final, comme souvent, le
tribunal a conclu par un non lieu à cause du manque de preuves scientifiques.
La
réaction de l’industrie a été de faire passer ses scientifiques dans les médias
afin de répéter qu’on peut utiliser son portable sans aucun risque, et de
financer à hauteur de 28 millions de dollars une étude sur cinq ans[3],
menée par le Dr Carlo. D’après
le patron du syndicat du portable US[4],
Tom Wheeler, c’était surtout pour « rassurer » les
utilisateurs et « balayer » les « accusations non
prouvées » des études critiques. Pas de bol, elle montre[5]
que le portable entraîne une « rupture de la barrière
sang-cerveau »[6]
(qui empêche certains éléments comme les protéines d’entrer dans le cerveau et
de l’endommager), « des dommages génétiques »[7],
et que le risque de tumeur du cerveau est doublé. Au bout de six ans, ils s’aperçoivent
que son utilisation augmente également le risque de tumeur neuro-acoustique
(une tumeur bénigne du nerf acoustique).
Dès
2000, une étude menée par Madeleine Bastide de l’université de Montpellier
prouve la nocivité des ondes TTM sur des embryons de poulet. Le groupe de
poulets exposé aux ondes de téléphone portable (plus puissantes à l’époque
qu’aujourd’hui il est vrai) en communication permanente, 24h sur 24, durant les
23 jours de vie d’un embryon, avait une mortalité six
fois plus importante que le groupe témoin qui n’a pas été exposé à ces
ondes : 6 embryons exposés sur 10 sont morts, contre 1 sur 10 pour les
autres. L’étude a aussi montré la nocivité des très basses fréquences qu’on
estimait jusque là inoffensives. 75% des embryons exposés seulement à ces très
basses fréquences sont morts. Cela prouve simplement que les ondes TTM ont une
influence sur les organismes vivants. Sur des souris, organismes beaucoup plus évolués
et plus proches des humains, une exposition par périodes de 15 jours aux très
basses fréquences a induit une diminution de 60% de la production d’ACTH, une
hormone qui régule le stress. Conclusion : les ondes TTM ont un impact sur
la régulation du stress des souris, via une action sur la production des
hormones ACTH. L’industrie du téléphone locale, Bouygues en tête, a remis en
cause la méthodologie et financé une nouvelle étude avec l’INRA, qui a donné
les mêmes résultats.
Toutes
ces études ont d’ailleurs amené la DGCCRF à
réviser en 2003 son avis quant aux ondes TTM.
Des
médecins allemands lancent en 2002 l’appel de Fribourg,
après avoir remarqué la forte augmentation de tout un tas de symptômes[8]
chez leurs patients, et ont repéré quasi systématiquement la présence
d’antennes relais ou une utilisation importante du portable. A l’apparition
d‘antennes relais, ces médecins ont constaté « une accumulation
frappante de certaines maladies dans des quartiers ou des immeubles »,
et que « l'état du patient s'améliore ou les troubles qui ont duré des
mois disparaissent en relativement peu de temps après la réduction ou
l'élimination des ondes radio à proximité du patient ». Ils ajoutent
dans cet appel : « Nous voyons un nombre croissant de malades
chroniques, dû également à une politique irresponsable en ce qui concerne les
valeurs limites, qui – au lieu de tenir compte dans son action, de la
protection de la population à court et à long terme contre les effets des
rayonnements de téléphonie mobile cellulaire – se soumet aux injonctions d'une
technologie reconnue comme dangereuse depuis longtemps déjà ». Et de
dénoncer les études mises en exergue par les pouvoirs publics, souvent
financées par l’industrie.
En 2005, le Dr Adlkofer qui a mené l’étude Reflex sur les ondes TTM, écrit
à l’International Commission for
Non-Ionising Radiation Protection (ICNIRP, l’organisme chargé de fixer les seuils
d’exposition à ces ondes) que celui-ci a pris un temps
« irresponsable » pour diffuser les résultats de ses travaux « dans
la mesure où ceux-ci ne sont pas en conformité avec leur opinion générale ».
Travaux qui concluent que « les champs électromagnétiques (CEM) tant de
basses et que de hautes fréquences peuvent non seulement altérer la fonction
des gènes, mais également dans certains cas endommager des gènes, dans certains
– mais évidemment pas dans tous – systèmes cellulaires humains isolés » ce qui veut dire provoquer
des cancers. Adlkofer en vient donc logiquement à demander à « prendre
le principe de précaution plus au sérieux que ce qui est fait aujourd’hui par
les responsables politiques et industriels ».
Les
premiers résultats de la grande étude Interphone
lancée par l’OMS en 2000 sortent fin 2007, et montrent un risque de tumeur du
cerveau, du côté où on met le portable, augmenté par l’exposition
prolongée aux ondes des téléphones mobiles. Menée dans 13 pays durant 3
ans, mais à moitié financée par l’industrie du téléphone mobile[9],
l’étude s’est penchée sur l’évolution de différents types de cancers. Les
résultats définitifs, attendus pour novembre 2008, se font toujours
attendre, mais comme le gouvernement prépare le terrain en évoquant les risques
pour les enfants, il est possible que cette étude finisse par être publiée
prochainement (les résultats partiels sont désormais indisponibles sur le net).
Mais récemment, l’info comme quoi le téléphone portable protègerait
de certaines tumeurs a commencé à circuler, ainsi qu’une autre, selon
laquelle les usagers depuis plus de
10 ans ont plus souvent certains cancers.
Toujours
en 2007, le Bioinitiative Report fait le point sur 1.500 études publiées au
sujet des ondes TTM. Ces
études montrent que l’exposition à ces ondes a un impact sur l’ADN, sur la
création de protéines de stress, sur les fonctions immunitaires, sur la
neurologie et le comportement, sur certaines tumeurs du cerveau, sur certaines leucémies touchant les
enfants, sur la maladie d’Alzheimer et le cancer du sein, sur la production
de mélatonine (une hormone qui régule les rythmes biologiques)…
Prenons
par exemple les leucémies qu’on trouve fréquemment chez les enfants de 2 à 5
ans, une maladie qui a fortement augmenté ces dernières années et qui est
beaucoup plus rare dans les pays en développement. L’étude dit
qu’il y a « une augmentation continue des risques [de contracter
une de ces leucémies] avec l’augmentation des niveaux d’exposition aux
champs magnétiques ».
La
conclusion d’une
étude du Dr Davanipour portant sur le lien entre l’exposition aux ondes TTM
et le développement notamment de la maladie d’Alzheimer est claire elle
aussi : « Il y a désormais une évidence que de hauts niveaux
d’amyolide bêta périphériques sont un facteur de risque pour Alzheimer et une
exposition moyenne a élevée peut augmenter ces amyolides bêta
périphériques [10]».
On pourrait continuer ainsi pour toutes les pathologies passées en revue dans
l’étude du Bionitiative Report.
En
2008, l’Université Catholique de Louvain, pourtant largement financée par des multinationales,
publie
une étude[11] qui
montre une mortalité deux fois plus
élevée chez les rats exposés aux ondes électromagnétiques dégagées par les
téléphones portables et les Wi-fi. L’hypothèse avancée par le docteur Dirk
Adang qui menait les travaux était un dérèglement du système immunitaire. La
même étude montre que tous les êtres vivants exposés à ces ondes voient leur
taux de différents globules blancs augmenter, ce qui montre une agression du
système immunitaire. Etrangement, on a beaucoup parlé de cette étude en juin
2008 alors que moins de 20 rats sur 124 avaient été autopsiés, et depuis plus
rien. Même les
tomates sont stressées par les téléphones portables dès les 10 premières
minutes d’exposition, d’après une autre étude menée à Clermont Ferrand.
Un
recueil d’études
reprend les résultats de travaux menés par l’industrie ainsi que d’autres
menés par des chercheurs indépendants. Evidemment les résultats varient
considérablement. On y conclut ainsi que « les études indépendantes de
l’industrie montrent de manière consistante qu’il y a un risque
« significatif » de tumeurs du cerveau lié à l’utilisation du
portable » ou que les limites de l’exposition aux champs
électromagnétiques admises par l’industrie et utilisées par les gouvernements
sont basées sur le présupposé erroné selon lequel les radiations
électromagnétiques des téléphones n’ont pas d’effets biologiques.
Une
autre étude du Dr Henry Lay explique que « les études sur l’exposition
aux fréquences électromagnétiques financées par l’industrie ont trouvé des
effets liés à l’expositions à ces ondes électromagnétiques dans 28% des cas, et
les études indépendantes en ont trouvé dans 63% des cas ». De fait,
son étude a été critiquée largement par Motorola, qui a financé sa propre
étude, en changeant quelques paramètres, pour contredire la sienne.
Mais,
de manière surprenante, il affirme que les études Interphone montrent que si on
utilise le potable moins de 10 ans, ça protège l’utilisateur des tumeurs du
cerveau.
On
constate que les études pointant les dangers des ondes TTM existent, bien
qu’elles ne soient pas, la plupart du temps, réalisées sur la durée faute de
crédits. En effet, dès que des résultats peu favorables pour l’industrie sont
publiés, les universités qui mènent ces recherches voient leurs crédits annulés
ou fortement diminués. Aujourd’hui, on ne manque pas
d’études et de données scientifiques sur ces ondes TTM. Normal : quand
une étude défavorable sort, l’industrie en finance une autre plus agréable. Du
coup, les pouvoirs publics, sous l’influence des lobbies, ne font rien ou si
peu.
On
a prouvé maintes choses, comme les conséquences des ondes TTM sur le
système immunitaire, ils augmentent les risques de cancer, ont un impact
sur l’ADN et les neurones, sur le taux de mercure etc. Mais, disent les
autorités et l’industrie en chœur, on n’a pas prouvé d’incidences sur la santé
car de nombreuses études n’en ont pas trouvé.
Le
plus cynique dans tout cela, c’est l’acharnement avec lequel les autorités
continuent à dire d’une part qu’on ne connaît pas les risques, d’autre part que
les gens doivent utiliser leur téléphone avec précaution. De deux choses
l’une : ou bien on ne sait pas quels sont les risques, et il serait temps
de s’en inquiéter en finançant des études universitaires et indépendantes, ou
bien on ne veut surtout pas le savoir. Quant à inciter les gens, comme l’a
fait Mme Bachelot, à « utiliser le mobile d’une manière raisonnable »,
il faut être clair : même en n’ayant pas de portable, on est traversé
à longueur de temps par des ondes de fréquences et puissances diverses et
variées dont on n’a aucun moyen de se prémunir. Et je ne parle pas des
personnes très sensibles, ni de ceux qui vivent à côté d’antennes.
Mais
en réalité il ne faut pas s’en étonner. Il suffit de prendre en compte
l’ampleur du lobbying dans ce domaine, à tous les niveaux, du local jusqu’à
l’international. Pendant longtemps, les seules études disponibles sur les
conséquences de l’utilisation des téléphones portables ont été fournies par
l’industrie du téléphone, et les études universitaires indépendantes ont toutes
manqué de financements. Et puis, il faut mesurer l’omniprésence des
scientifiques qui collaborent avec les multinationales du téléphone mobile dans
les instances de contrôle sanitaire et autres pour comprendre le laxisme qui
demeure toujours en la matière.
Au
Canada, où on parle aussi de limiter le téléphone portable chez les enfants, un
quotidien de Toronto a révélé un cas de conflit d’intérêts typique du lobbying,
c’est-à-dire les liens entre deux
fonctionnaires « de haut rang » chargés de définir les
normes en matière de téléphones portables et un cabinet de lobbying qui travaille
pour l’industrie des télécommunications auprès du gouvernement, justement. Ils
faisaient partie du Comité de la Santé de la CWTA (Canadian Wireless
Telecommunications Association).
Chez
nous, Bouygues a recruté dans son Conseil
Scientifique André Aurengo qui est aussi chef du service de médecine
nucléaire à la Pitié Salpêtrière et un membre de l’Académie de médecine qui
est très mitigé quant
aux risques12 du
portable mais un grand défenseur de
Bouygues (il est aussi administrateur
d’EDF), ou encore Bernard Veyret qui est aussi directeur de recherches au
CNRS13
au laboratoire de physique des interactions onde-matière, a été membre du
groupe interministériel des radiofréquences, a fait partie de l’ICNIRP[14]
–un organisme « indépendant » chargé de donner son avis sur les
normes en vigueur- depuis 2000, a fondé en 1989 l’European Bioelectromagnetics Association
(EBEA) qui organise
des congrès financés
notamment par Motorola, Nokia, Ericsson, Siemens et a pour membres France
Télécom, l’anglaise Vodafone ou Deutsche Telekom, etc. car le CV officiel est
long.
De
fait, l’ancien coordinateur de l’OMS pour le Programme International des Champs
Magnétiques lancé en
1996 pour étudier l’impact des lignes haute tension
portables etc (activité qu’il a repris
dès sa sortie de fonction à l’OMS), Michael Repacholi, s’est acharné
pendant des années à nier la nocivité de ces ondes TTM. L’homme a déjà
travaillé pour des compagnies de téléphones mobiles pour défendre
l’implantation de nouvelles antennes relais. Certains observateurs ont noté ses
changements de position intempestifs, d’autres que le programme des champs
magnétiques de l’OMS est en partie financé par le lobby bruxellois des
fabricants de portables ou par leur autre grand lobbie, GSM World.
Du
côté de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale, c’est son
directeur scientifique, le professeur Denis Zmirou15] qui déclarait
après avoir démissionné en 2005 que l’afsse n’a pas les moyens d’agir, et
d’ailleurs ce n’est même pas dans sa stratégie puisqu’elle ne fait que
coordonner le travail des labos et centres de recherche. Il écrit ainsi dans Le
Monde que « Ce système ne peut aujourd'hui répondre au volume et à la
complexité croissante des sujets à traiter ni préparer les administrations à
porter les analyses et propositions françaises devant les instances
européennes, où les acteurs politiques et économiques intéressés disposent
d'une expertise documentée et argumentée. »
Il
y a également eu obstruction de la part de l’industrie pour que les
informations disponibles n’arrivent pas sur la place publique. Quand la CTIA
parlait par exemple au début des années 90 des « centaines d’études »
qui prouvent l’innocuité du portable, c’était simplement un mensonge. Pour les
industriels, puisque le portable ne dégage pas de chaleur, il n’entraîne aucun
dégât16.
C’est ainsi qu’après avoir répété cela dans les médias, ils ont été obligés de
financer ces études qui, bien évidemment, ne se sont pas avérées très positives
pour l’industrie.
Ainsi,
l’étude Wireless Technology Research de 1993 menée à la demande des industriels
–et à la grande surprise des scientifiques qui travaillaient habituellement
pour ladite industrie- par le Dr Carlo, dont on a parlé plus haut, a été
bloquée quand le scientifique, après 6 ans d’études est venu leur expliquer les
résultats peu favorables qu’il a obtenus.
Ca
n’a pas plu à Wheeler, de la CTIA, ni aux deux gros communicants -Jody Powell
qui a bossé pour le président Carter, et Ron Nessen qui avait bossé pour Gerald
Ford avant de diriger la com’ de la CTIA- présents à la réunion de préparation
d’une première conférence de presse où Carlo est venu annoncer les premiers résultats,
pas encore nuisibles à l’industrie.
La
CTIA décide d’affirmer l’innocuité des portables, déformant les propos de Carlo
et aussi de la Food and Drug Administration, qui disaient que bien qu’on n’ait
pas prouvé la nocivité, on n’a pas non plus prouvé l’innocuité. LA CTIA prépare
même une communication de crise pour aider les entreprises membres à se « préparer
en cas de survenue d’une crise pour l’industrie, au moment où elle se produira »,
signe qu’on se doutait que les choses allaient se gâter. En 1999 en effet,
après six ans de recherche, Carlo écrit
à AT&T et annonce certains résultats peu engageants, tels que la modification
de l’ADN soumis à ces radiations, « le risque de rare
neuro-tumeurs épithéliales sur l'extérieur du cerveau avait plus que doublé chez les utilisateurs de téléphone cellulaire » ou « une certaine corrélation entre
les tumeurs du cerveau se produisant du côté droit de la tête et l'utilisation
du téléphone du côté droit de la tête ». Il dénonce en outre la
passivité de l’industrie malgré les résultats inquiétants de différentes
études : « De façon alarmante, les indications sont que quelques
secteurs de l'industrie ont ignoré les résultats scientifiques suggérant des
effets potentiels sur la santé à plusieurs reprises, et ont faussement réclamé
que les téléphones sans fil soient sûrs pour tous les consommateurs y compris
les enfants, et ont créé ultérieurement une illusion de responsabilité en
appelant et en supportant toujours plus de recherche. Les mesures les plus
importantes de protection des consommateurs sont inexistantes »
Les
nombreuses études montrant qu’il y a bien un lien entre l’exposition aux ondes
TTM et le développement de certaines pathologies sont souvent passées sous
silence par les grands médias faiseurs d’opinion ou bien elles sont contestées
par l’industrie. Par contre, les études montrant qu’il n’y a aucun risque, elles,
sont largement médiatisées. Ca
n’a pas manqué avec la dernière en date, celle de l’Affset (Agence
française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, qui conclut
que « Les données issues de la recherche expérimentale disponibles
n'indiquent pas d'effets sanitaires à court terme ni à long terme de
l'exposition aux radiofréquences ».
Seul petit bémol : « Des interrogations demeurent pour les effets à
long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide en faveur de
cette hypothèse ».
Ce rapport a été réalisé, tout comme
Biointiative Report, sur la base d’une analyse d’études déjà réalisées.
D’après
Le Figaro, pour ce qui est des effets biologiques et cliniques, « le
rapport soutient d'abord que l'observation d'un effet biologique, a
fortiori en conditions expérimentales, ne signifie pas forcément qu'il entraîne
un dommage, et encore moins qu'il se traduise par un effet sur la santé». Sur
les 182 études réalisées chez l'animal, 82 mettent en évidence des effets
biologiques des radiofréquences, mais seulement 11 % de ces travaux
utilisent une méthodologie incontestable. En revanche, 100 études, dont
69 % sont incontestables, ne trouvent pas de risque ».
Rien de grave, donc : ce n’est pas
parce qu’on voit que l’organisme régit à ces ondes qu’il y a un effet sur la
santé ! De plus, 89% des études sont contestables (évidemment parmi celles
qui s’interrogent sur l’innocuité de ondes TTM) Nous voilà rassurés.
Ce qui serait amusant si ce n’était si
grave, c’est la conclusion du rapport, comme quoi « la demande de
réduction des niveaux d'exposition liés aux antennes-relais ne repose sur aucune
justification scientifique ». Le Figaro poursuit en expliquant que
« Les experts recommandent de peser avec soin les conséquences d'une
telle réduction, notamment en termes de multiplication du nombre des antennes
et d'augmentation parallèle possible de l'exposition de la tête aux
radiofréquences émises par les téléphones mobiles ». Paradoxal,
quand-même, de dire que limiter les émissions d’ondes est stupide, tout en
précisant qu’une multiplication des antennes augmenterait
l’exposition de la tête à ces ondes –qui ne sont pas nocives rappelons-le.
Le rapport finit quand même par préconiser
une diminution des niveaux d’exposition à ces ondes, puisqu’on ne connaît
pas les risques à terme.
On sent bien là un des axes de
rhétorique utilisés par les lobbyistes et par l’industrie, à savoir qu’à force
de critiquer les antennes relais et les seuils d’émission, les pauvres
opérateurs doivent augmenter le nombre de ces antennes ce qui coûte cher et
retombe sur la facture des clients. Ladite étude de l’Afsset a donc eu le droit
à des titres tels que « Le rapport qui rassure » chez
Europe 1 ou le Figaro. Les opérateurs sont contents : l’Afsset fait
foi en matière sanitaire, et ils pourront se référer à ce fameux rapport pour
justifier leurs actions.
Mais
revenons sur cette Afsset, ex Afsse, et sa mutation quelque peu décriée. Après
le dr Zmirou17 qui
en démissionne faute de moyens pour mener des expériences sérieuses, c’est son
vice-président, André Aschieri, qui a pourtant travaillé à sa création, qui se
déclare en 2007 et au Sénat « déçu par l’évolution de l’Agence
française de sécurité sanitaire environnementale », créée à l’origine
pour s’occuper de la question de l’amiante.
Devant les sénateurs, Aschieri a ainsi expliqué, selon le Sénat, « que
les téléphones portables allaient poser un problème de santé publique. Il a
rappelé à cet égard que l'AFSSE avait d'ailleurs rencontré des difficultés lors
de son étude sur ce thème dans la mesure où son conseil scientifique
comprenait des chercheurs liés aux opérateurs téléphoniques et où la
communication avait été mauvaise sur ce dossier. Cela a bien illustré le
démarrage très difficile de l'Agence française de sécurité sanitaire de
l'environnement et du travail (AFSSET) marqué à la fois par une mauvaise
communication, un rapport attaqué et un conflit entre son directeur
scientifique, le Pr. Denis ZMIROU, et sa directrice générale, Mme Michèle
FROMENT-VEDRINE. Mais il est vrai que le Pr. Denis ZMIROU s'était trompé
sur le choix des toxicologues à consulter pour la téléphonie mobile ».
Aschieri a encore précisé que « les objectifs à atteindre par l'AFSSET
étaient l'indépendance, la transparence et la compétence
et que, pour les atteindre il fallait rassembler des connaissances et
séparer les pouvoirs. Or, c'est le contraire qui est souvent observé. »
(mis en gras dans le texte du Sénat).
Autre
suggestion d’Aschieri : rendre les rapports publics, ce qui n’est certes
pas une mauvaise idée, ne serait-ce que pour rassurer l’opinion n’est-ce pas.
Car malgré les
cas de maladies étranges, ou d’augmentation des cancers etc. à côté des
antennes, par exemple, rien ne bouge.
Quant
à la prévention, les opérateurs ont eu la bonne idée de prendre l’initiative en
menant des campagnes avec
les pouvoirs publics. La dernière en date, lancée à
la mi août par l’Afom18 (l’Association Française des Opérateurs Mobiles), visait à sensibiliser « aux
usages responsables du téléphone portable », comme si cela suffisait à
éviter les ondes qui passent partout dans l’air. Ladite campagne est menée
« en partenariat » avec les Ministère du Développement Durable, de
l’Education Nationale, le Secrétariat d’Etat à la Famille, Sécurité Routière et
Association Prévention Routière, mais surtout, précise
le communiqué, « Elle est soutenue par les principaux fabricants de
mobiles : Nokia, Samsung, HTC et LG. La campagne durera 1 mois, du 17 août au
11 septembre, sur Europe 1 et RMC, à raison de 4 à 5 spots quotidiens (de 35
secondes), soit au total près de 200 passages ». Où l’on parle du
recyclage des téléphones, du danger du portable au volant, on explique « aux
jeunes » qu’il faut « éteindre le mobile en cours » aux
parents de contrôler « certains sites sensibles » et aux
opérateurs qu’ils doivent éviter d’installer des antennes près des crèches,
écoles etc. Bref, on est loin des vraies préoccupations liées au portable.
La
–vaste- question des normes
Les
insomnies, troubles cardiaques, céphalées etc. décrits par de nombreux
riverains d’antennes relais seraient causés par les hyperfréquences pulsées
d’ondes TTM. Mais, certains cancers aussi.
Afin
de mener l’information en matière de normes d’émission, les opérateurs et
autres industriels intéressés ont crée Cenelec, une
fédération européenne qui pond des rapports pour influencer les pouvoirs
publics. Et les « pouvoirs publics », en l’occurrence la Commission
européenne, ne se prive pas de cette fructueuse collaboration avec ce lobbie
industriel : en 2003 par exemple, elle mandate Cenelec, le CEN et l’Etsi
pour pondre un rapport pour évaluer quelle norme européenne ferait foi à la
place de toutes les normes nationales, afin bien sûr d’ «éliminer ces entraves ».
Le
mandat est clair : « Le CEN19,
le CENELEC et l'ETSI20 sont invités à mettre en oeuvre un programme de travail de normalisation
destiné à soutenir le marché intérieur des secteurs de services ». On
observera qu’il n’est pas question de demander leur avis à des associations
écologistes ou de consommateurs, ni à des universitaires qui ont mené des
travaux sur la question. Ca, ce seront les lobbies qui s’en chargeront.
Pour
l’OMS (comme pour les industriels et opérateurs
de téléphone sans fil, d’ailleurs) « Compte tenu des très faibles
niveaux d'exposition et des résultats des travaux de recherche obtenus à ce
jour, il n'existe aucun élément scientifique probant confirmant d'éventuels
effets nocifs des stations de base et des réseaux sans fil pour la santé. ».
Même refrain du côté du ministère
français de la Santé, « Plusieurs groupes d’experts indépendants
mandatés par l’OMS, par la Commission Européenne, ou par le gouvernement
français se sont penchés sur les effets sur la santé des champs
électromagnétiques (…) et ont conclu qu’en l’état actuel des
connaissances scientifiques, et compte tenu des faibles niveaux d’exposition
aux champs électromagnétiques autour des stations relais, l’hypothèse d’un
risque pour la santé des populations vivant à proximité de ces stations ne
pouvait être retenue. » et « aucune preuve scientifique ne
permet de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque
pour la santé ». Tout dépend des études qu’on prend en compte.
Ca,
c’est le point de vue de l’OMS, qui ressemble à celui de moult et moult autorités
sanitaires nationales et internationales. Pourtant, il y a toute une gamme de normes
d’émission. Entre la Suisse et la France, par exemple, la norme de champ
électrique pour un téléphone de 900 MHz va de 6 V/m à 41,2V/m.
Les
normes maximales en vigueur pour les champs électriques et pour la puissance
des téléphones ont été fixées par l’ICNIRP au niveau mondial et par le CENELEC
en Europe. Elles varient selon les fréquences utilisées, comme en France,
où les normes sont plus élevées qu’ailleurs : 29,1 V/m (à 450 Mhz) 41,2 V/m (à
900 Mhz) 58,2 V/m (à 1800 Mhz) 61 V/m (au-delà de 2000 Mhz, pour les téléphones
UMTS), 28 V/m pour la radio FM, 31 V/m pour la télévision. En Suisse, le seuil
maximal est de 4
V/m pour 900MHz21,
en Italie de 6 V/m.
En
Belgique, plus précisément en Wallonie, il était question en mars 2009
d’abaisser cette norme de 20 à 3V/m22,
mais grâce au lobbying des intéressés, via le GOF, le GSM Oparator’s Forum
(expliquant notamment que la qualité des transmissions allait diminuer), les
décrets avaient six mois pour être publiés. Nous sommes le 15 octobre,et
personne n’en a réentendu parler. Et en dehors de Bruxelles, la norme ne
devrait pas s’appliquer aux antennes déjà installées. 3 V/m, c’est beaucoup
moins qu’en France, pourtant certains
trouvent que c’est encore trop
élevé au regard des dernières études, et demande à ce qu’elle soit abaissée
à 0,6 V/m.
En
Europe, comme par hasard, on recommande plutôt les normes élevées, comme en
France.
De
fait, les lobbyistes des opérateurs cherchent, comme c’est de plus en plus
souvent le cas, à intervenir dès le
début des processus normatif et législatif.
Car, comme le
dit l’une d’elles –qui a par ailleurs écrit un bouquin intitulé « Les
normes, instrument de la stratégie marketing des entreprises »- dans
un jargon marketing, «la participation aux travaux normatifs permet de
mettre en œuvre des stratégies pro-actives de management de l’environnement ».
Si pour beaucoup cela ne veut rien dire, précisons qu’il s’agit simplement de
participer aux groupes de travail organisés par les pouvoirs publics pour
élaborer les normes sanitaires, afin que celles-ci ne soient pas trop
contraignantes pour l’industrie.
C’est
un peu enfoncer une porte ouverte, mais en France Bouygues et Orange, via
France Telecom, sont suffisamment proches du pouvoir pour peser d’une manière
ou d’une autre sur certaines décisions. On l’a vu quand Sarko
s’est dit « réticent » pour faire venir un troisième opérateur,
ou quand il a consulté les opérateurs pour sa réforme d’Internet.
En
ce qui concerne les antennes relais, l’Académie de médecine a remis en cause
des jugements rendus peu avant qui avaient empêché
Bouygues et
SFR d’installer des antennes relais un peu partout. L’Académie
a ainsi estimé, en gros, qu’il ne
fallait pas exagérer avec le principe de précaution et que ces décisions nient « l'expertise
scientifique et ouvre donc la porte à des dérives ».
De
fait, on nous répète qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque les ondes
émises par les appareils sont en dessous des normes, en particulier les ondes
émises par les antennes relais. Lesdites normes, cependant, sont basées sur des
études qui commencent à dater. Et puis, on s’aperçoit rapidement qu’il y a de
très nombreuses normes en vigueur, ce qui pose question quant à la pertinence
des bases scientifiques utilisées par certains.
Les
intérêts en jeu sont importants, au vu de l’ampleur du marché du téléphone
portable, Wi-Fi, Bluetooth et autres, et il serait temps d’avoir des certitudes
sur les conséquences de la présence de toutes ces ondes. Une bonne idée serait
de limiter la portée des émissions et donc leur puissance, mais il faudrait
financer la recherche dans ce sens plus que ce n’est le cas actuellement.
Vidéos : interview de Marc Varcoutère au sujet des ondes TTM.
Scandale des ondes Type Telephonie Mobile1/7
envoyé par RegisDanse. - L'info internationale vidéo.
Scandale des Ondes Type Telephonie Mobile 2/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.
Scandales des Ondes de Type Téléphonie Mobile 3/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.
[1] Dans cette catégorie d’ondes, les scientifiques
incluent les ondes Wi-fi, Bluetooth, UMTS, DECT (les téléphones avec une base
fixe), WIMAX.
[2] Notamment le AS03 utilisé pour la première fois à
grande échelle par Glaxo Smith Kline, un mélange de squalène et de polysorbate
censé augmenter les effets du vaccin.
[3] C’est la
Wireless Technology Research
[4] La CTIA, International Association for the
Wireless Telecommunication Industry, “dedicated to expand the wireless
frontier”
[5] Alors qu’il n’y a aucun matériel scientifique ni
d’appareils de mesure des radiations adéquats de disponibles sur le sujet à
l’époque, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée.
[6] Il semble que cela soit surtout le cas lorsque les
fréquences sont très faibles, comme quand un portable est éteint, du moins chez
des rats où les chercheurs ont observé une augmentation de l’absorption
d’albumine par le cerveau. Or, cela augmente les risques
de maladies neuro dégénératives comme Alzheimer.
[7] "We
found that cell phone radiation caused leakage in the blood–brain barrier, it
caused genetic damage in the form of disruption of normal DNA repair, and it
caused more than a doubling of the risk of rare neuroepithelial tumors", a déclaré le Dr Carlo
[8] Troubles de l'apprentissage, de la concentration
et du comportement chez les enfants (enfants hyperactifs, par exemple), troubles de la tension artérielle, troubles
cardiaques, infarctus et accidents vasculaires cérébraux (A.V.C., apoplexie), maladies
à dégénérescence neurologique (maladie d'Alzheimer, par ex.) et épilepsies,
maladies cancéreuses telles des leucémies et des tumeurs du cerveau,
[9] Comme la CWTA, la Canadian
Wireless Telecommunications Association, qui a aussi rémunéré le président de
la branche canadienne de l’étude Interphone, Daniel Krewski. Ou encore le Mobile Manufacturers’ Forum et la GSM
Association.
[10] « There
is now evidence that high levels of peripheral amyloid beta are a risk factor
for AD and medium to high MF exposure can increase peripheral amyloid beta.
High brain levels of amyloid beta are also a risk factor for AD and medium to high MF exposure
to brain cells likely also increases these cells’production of amyloid
beta »
[11] L’expérience a été menée sur 18 mois, ce qui en faisait l’étude qui portait sur la plus longue durée, près de 15 ans après la diffusion à grande échelle des portables. Trois groupes de rats ont été exposés à différentes puissances d’ondes électromagnétiques deux heures par jour, et un autre groupe était témoin : « Un rat vit en moyenne 2 ans et demi, explique le chercheur. Cela signifie que j’ai exposé ces mammifères pendant 70 % de leur vie à des niveaux conformes aux standards internationaux en vigueur. Soit, une moyenne de 27 volts par mètre à raison de deux heures par jour, sept jours sur sept», expliquait Dirk Adang.
[12] L’Académie de médecine a ainsi considéré que les
premiers résultats de l’étude Interphone étaient « rassurants » parce
que six travaux différents ne montraient pas d’augmentation du risque de
certains cancers chez ceux qui ont utilisé un portable moins de 10 ans.
[13] Et a à ce titre coordonné différents travaux, dont l’étude COMOBIO qui n’est
pourtant pas
très en faveur des industriels ou le programme européen Perform B.
[14] International Commission on Non-Ionizing Radiation
protection, mise en place par l’Association internationale de radioprotection
pour
[15] Auteur en 2001
d’un rapport controversé par ses
collègues, concluant que les ondes TTM n’étaient pas nocives, mais qu’il
fallait continuer la recherche. Evidemment, il fut
médiatisé et les JT ont répété qu’ « il n’y a aucun danger avec les
antennes relais », mais qu’il faut utiliser une oreillette pour préserver
son cerveau.
[16] Mais on sait aujourd’hui qu’il y a un « choc
thermique », et une augmentation de la synthèse de protéines.
[17] Auteur
d’un rapport évidemment controversé
en 2001, qui
a conclu qu’on ne peut pas écarter d’éventuels risques sanitaires (« bien
qu’il y ait peu d’arguments scientifiques pour l’étayer, l’hypothèse d’effets
sanitaires non thermiques associés aux champs RF de faible niveau ne
peut être exclue »), mais que « non fondées scientifiquement, de
nouvelles valeurs limites d’exposition seraient arbitraires, illusoires, et
sans doute disparates selon les constructeurs ou les pays, accroissant la
confusion et les craintes du public ». Au final, il recommande aux
usagers des « mesures d’évitement prudent ».
[18] Créée par Bouygues,
SFR et Orange en 2002 pour défendre
leurs intérêts face aux institutions.
[19] Comité Européen de Normalisation.
[20] L’European Telecommunications Standards Institute
regroupant les industriels, qui élabore des normes pour les technologies de
l’information et de la communication. Parmi ses membres on
retrouve Cenelec, le CEm, Alcatel, Bouygues, Deutsche Telekom, Orange, Portugal
telecom, Sagem, Samsung, SFR, Siemens, Telefonica, Vodafone etc.
[21] et 6 V/m pour 1800 MHz
[22] A Bruxelles, seulement 8% des antennes relais
dépassaient encore 3 V/m.
11 octobre 2009
Les forces contraires de Bolivie
On va s’arrêter cette fois sur la Bolivie. Dans ce pays pauvre et inégalitaire, les mouvements populaires sont suffisamment puissants et organisés pour avoir mis Evo Morales au pouvoir en 2006, malgré la pression médiatique nationale et internationale. Les réformes sociales menées par le gouvernement n’ont que fort peu enchanté les multinationales implantées en Bolivie et les régions les plus riches du pays, qui ont fait ce qu’elles pouvaient pour provoquer une crise dans le pays. Aujourd’hui la situation semble moins critique, mais les forces en puissance sont loin d’avoir réglé leurs différends.
Le pays compte un peu plus de 9 millions et demi d’habitants mais une quarantaine de langues y sont parlées.
Dans le nord et l’ouest, les régions les plus montagneuses, de nombreuses communautés parlent des langues amérindiennes (Quechua, Aymara, Guarani, Chiquito…).
La population bolivienne est assez divisée, entre la très large minorité de blancs (15%), les métis (un tiers de la population) et les indiens (plus de la moitié) qui se retrouvent en bas de l’échelle sociale. Les Quechuas représentent près de 30% de la population totale, les Aymara 25%. Près de 90% de la population rurale (40% des boliviens) se revendique indienne.
Le pouvoir, comme dans tous les pays d’Amérique latine, et même chez nous d’ailleurs, est détenu la plupart du temps par l’oligarchie locale, composée de propriétaires terriens (87% des terres appartiennent à 7% de la population, 4 millions de paysans sont sans terre) et de grands entrepreneurs, notamment miniers au départ, puis de l’élite capitaliste aujourd’hui.
Les ressources sont principalement minières : étain, lithium, plomb, argent, cuivre, antimoine, or, zinc, tungstène, mais le sous-sol contient aussi pas mal de gaz (on y a découvert en 2000 la deuxième plus grande réserve du continent, et une grande partie du gaz est dans la région de Santa Cruz) et de pétrole. Cependant, la très grande majorité de la population travaille dans le secteur agricole.
Le XIXè et les XXè siècle ont vu de nombreux coups d’Etat (192, depuis l’indépendance en 1825 jusqu’en 1982), guerres civiles et autres soulèvements populaires. Les militaires, comme les caudillos du XIXè, ont eu leurs heures de gloire jusque récemment.
Les compagnies étrangères, comme la Standard Oil Company (SOC) de Rockefeller, n’ont pas hésité à intervenir dans les affaires du pays. La pétrolière avait en effet acquis en 1931 le droit d’extraire en Bolivie, jusqu’en 1937, date à laquelle le gouvernement a mis un terme à la concession. Il est vrai que la SOC avait, avec Shell, largement contribué à l’éclatement d’un conflit avec le Paraguay pour s’assurer le contrôle de champs pétrolifères[1].
Comme souvent, les révolutions populaires sont vite recadrées. La carrière d’un personnage tel que Paz Eternssoro, par exemple, révèle assez bien les crises qu’a pu traverser la Bolivie. En 1952, Paz Estenssoro s’est fait éjecter alors qu’il s’apprêtait à mener les réformes sociales (redistribution des terres, nationalisation des compagnies minières…) pour lesquelles il avait été élu. Victor Paz Estenssoro avait lancé dix ans plus tôt le Movimiento Nacionalista Revolucionario (MNR), anti-impérialiste, revendiquant la souveraineté populaire et réclamant la justice sociale. Le MNR était d’ailleurs l’une des parties prenantes à un coup d’Etat mêlé de soulèvements populaires réalisé avec une frange progressiste des militaires, en 1943. Il se retrouve ministre de l’agriculture et mène une réforme agraire, reconnaît des droits aux indiens, très souvent exploités dans les grandes propriétés et surendettés auprès des propriétaires. Il tente donc de faire respecter certaines lois aux grands propriétaires terriens et aux compagnies minières.
Un conseil national indigène a même lieu en 1945, et un syndicat de mineurs est mis sur pieds.
Evidemment, tout cela ne plaît pas à l’élite du pays, qui mène une virulente opposition, et à l’international ce gouvernement n’est pas des plus populaires, si bien que le général au pouvoir est assassiné en 1946, et Paz Estensossoro doit fuir en Argentine et ne reviendra que six ans plus tard, en 1951, après qu’un de ses proches ait accédé au pouvoir avant que les élections ne soient annulées par une junte militaire menée par Guillen Olmos.
Un mouvement ouvrier et communiste (le PC ayant été interdit l’année d’avant) a ensuite commencé à se répandre dans le pays et prend le pouvoir en avril 1951, mettant Paz Estenssoro au pouvoir avec Siles Zuaso. Les élections sont annulées par Ballivian Rojas qui mène un coup d’Etat, puis se fait renverser après des combats sanglants contre le MNR et un mouvement de mineurs et de paysans, métis et indiens, en 1952. Paz Estenssoro devient président, Siles Zuaso vice président.
On instaure le suffrage universel, on mène une réforme agraire[2] en abolissant au passage l’esclavage des
indiens via la redistribution aux sans terres d’un million d’hectares accaparés par les grands propriétaires, on ferme les mines d’étain de différentes compagnies qui étaient derrière le précédent coup d’Etat et avaient pompé les ressources au seul bénéfice de l’étranger, on déclare le monopole d’Etat[3] sur la commercialisation de l’ensemble des minerais (mais il n’y eut pas d’expropriation pour les entreprises de petite et moyenne taille). Un tiers seulement de l’activité minière est restée entre les mains d’entrepreneurs privés. Par exemple, en 1950 (année où les exportations d’étain –qui représentent 70 à 80% du total des exportations- se sont élevées à 63 millions de dollars) 80% de la production d’étain est entre les mains de trois familles, les Patino (48%), Hochschild (25,4%) et Aramayo (6,9%), qui ont très vite su s’internationaliser en installer leur siège sur les grandes places boursières du monde. A propos de l’étain, on peut ajouter que dès la victoire de Paz Estenssoro, les prix ont été tirés à la baisse par les Etats-Unis, qui en 1953 payaient la livre à 0,83$ alors que le coût de production était de 1,01$ la livre. On comprend vite l’impact que ça a pu avoir les finances boliviennes, et les difficultés qu’il y a eu pour instaurer quelques réformes sociales.
On crée aussi la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), gros syndicat socialiste, on réforme l’armée histoire de calmer les ardeurs putschistes, on crée des routes, on rend l’école obligatoire. On augmente aussi les salaires, mais une inflation galopante s’ensuit et la dette du pays augmente. Et les dissensions au sein de la coalition au pouvoir n’aident pas non plus.
La droite traditionnelle se réorganise donc et remet sur pieds la Falange Socialista Boliviana (fascisante) pour contester avec un acharnement certain le gouvernement en place et chacune de ses réformes, surtout la nationalisation des mines et l’omniprésence des Etats-Unis dans les affaires intérieures. Le financement des Phalanges est en partie venu du patronat, dont des propriétaires de mines, qui cherchaient à virer Paz Estenssoro.
Pendant ce temps-là, l’ingérence des Etats-Unis s’est renforcée grâce à des prêts et à des politiques d’ajustements structurels avant l’heure puisqu’il s’agissait d’appliquer les règles du libéralisme, ce qui a amené au divorce entre le MNR et les communistes.
Au début des années 60, Paz Estenssoro réforme l’industrie minière avec l’aide des Etats-Unis et de l’Allemagne : il « rationalise » le secteur, bloque les salaires et écarte les syndicats. Les Etats-Unis l’obligent aussi à prendre comme vice président le général Barrientos, un de ses anciens ennemis commandant des forces aériennes qui va d’ailleurs très vite organiser un coup d’Etat (toujours grâce aux Etats-Unis) en novembre 1964, obligeant Paz à fuir au Pérou.
La dictature s’installe donc en Bolivie, comme chez beaucoup de ses voisins au même moment, pour les mêmes raisons et grâce aux interventions extérieures, dont évidemment celles des Etats Unis. L’état de siège est décrété en 1967 suite à des grèves de mineurs, et en 1971 c’est le général Suarez qui prend le pouvoir, avec l’aide de Paz qui peut donc rentrer d’exil, et du MNR. En 1974, Paz a droit à son troisième exil, aux Etats-Unis cette fois. Banzer Suarez resserre les boulons, interdit les partis et les syndicats, avant de se calmer un peu et d’organiser des élections (qu’il bidonne pour installer son pion, le général Pereda), en 1978.
Pendant 22 ans, le pays connaît la répression, l’aliénation des médias et la militarisation. Les groupes paramilitaires prospèrent, notamment dans les régions riches où on retrouve parfois dans des villages entiers certains anciens (et même toujours) nazis comme Klaus Barbie[4] (alias Klaus Altmann, il a osé !). Celui-ci était à la tête des « novios de la muerte », les fiancés de la mort, des gros bras narcotrafiquants -comme Luis Arce Gomez- et paramilitaires, réputés pour enlever tout ce qui était de gauche ou d’un mouvement social. Son groupe et lui ont collaboré avec l’armée bolivienne et l’ont parfois formée, notamment pour tuer Che Guevara. Car, comme en Colombie, les courants politiques de droite (en l’occurrence extrême) et le narcotrafic sont liés :
le second finançant le premier tout en s’assurant qu’une population menacée votera bien pour leur candidat, et le premier laissant prospérer le second tout en tirant des bénéfices plus ou moins directs du trafic de drogue. Curieusement, à ce moment-là la cocaïne et le narco trafic ne dérangeaient pas les Etats-Unis, et sûrement pas au point de pulvériser des tonnes de Roundup sur les campagnes d’Amérique Latine ou de financer les armées locales sous prétexte de lutter contre le narcotrafic. Enfin, bref.
En 1985, après 22 ans de dictature, le pays allait mal sur le plan social mais aussi économique, et l’inflation était galopante. Les réformes libérales ont fait réagir les syndicats, et on finit par organiser des élections anticipées. Banzer obtient 28% des suffrages au 1er tour et Paz, 26%, mais Paz finit par passer grâce à une coalition.
Il mène des politiques d’austérité (gel du salaire des fonctionnaires, contrôle des prix et des changes, augmentation de la TVA, renoncement de l’Etat à émettre de la monnaie, privatisations, appel aux investisseurs étrangers…) sous les conseils du FMI. On a notamment étouffé l’entreprise publique de gaz, Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB), dont le Trésor pompe 75 à 80% des ressources, avant de remettre en cause l’existence même des entreprises publiques, de fait mal gérées et endettées. Pour sortir de la crise, c’est une évidence : il faut privatiser et libéraliser encore plus. Très vite, toutes les réserves de gaz appartiennent à des entreprises étrangères.
Sous l’impulsion des Etats-Unis, on a aussi commencé la lutte contre la production de la coca, c’est-à-dire contre les paysans, pas les réseaux en eux-mêmes.
En 1993, c’est un autre membre de l’oligarchie, Sánchez de Lozada qui remporte les élections. Fils d’un diplomate basé aux Etats-Unis, il y a grandi et a étudié les sciences politiques à Harvard. Devenu un grand patron minier, parmi les plus grosses fortunes du pays, il est membre d’un MNR qui a viré au centre droit et il fut longtemps le bras droit de Paz Estenssoro. Il mène lui aussi une série de réformes libérales (privatisation des entreprises nationales de télécommunication, d’électricité, du pétrole etc., entrée de la Bolivie dans le Mercosur, décentralisation, introduction des fonds de pension pour remplacer les retraites…), largement encouragées par des multinationales telles que Comsur, dont Sanchez de Lozada est le 1er actionnaire, Bisa (Banco Industrial SA), Citybank ou Enron. Par un effet mécanique, les politiques d’ajustement structurel du FMI incitent à cultiver la coca, seule plante rentable pour les paysans des Andes. Accessoirement, on se demande comment Coca Cola ferait pour remplacer les plus de 60 tonnes de coca importées de Bolivie chaque année.
En 1996, on offre les hydrocarbures aux multinationales sur un plateau: la loi 1689 d’avril 1996 leur donne la propriété des hydrocarbures dès qu’ils sortent du sol. Depuis l’exploration jusqu’à la vente en passant par le raffinage et l’extraction, tout est entre les mains des compagnies étrangères[5]. A ce moment, les revendications de nationalisations reprennent de plus belle.
Les mouvements sociaux ne se font pas attendre (ni leur répression d’ailleurs), comme la marche de 20.000 indiens et paysans menée entre autre par Morales vers la Paz en décembre 1996, contre la réforme agraire et la lutte anti coca, ou la grève générale de 36 jours de février 1997… En avril 2000, année de la « guerre de l’eau » à Cochabamba contre la privatisation[6], Sanchez de Lozada finit par déclarer l’état de siège. Il est remplacé quatre ans plus tard par Banzer pour un mandat toujours placé sous le sceau du libéralisme, puis revient en 2002 (Banzer, vieux et malade au bout de 30 ans à la tête de l’Etat, doit quitter le pouvoir) quand il gagne contre Evo Morales du MAS (Movimiento al Socialismo).
A cette époque, le « plan dignité » est mis en place avec les Etats-Unis afin d’éradiquer la culture de coca. Des
avions US ont tiré sur les champs et les paysans qui y travaillaient avant d’épandre leur Roundup sur les cultures mais aussi sur les terres vouées aux autres cultures, sur les rivières et les nappes phréatiques. Toutes les cultures ont été détruites à plusieurs reprises dans de nombreux villages, et l’eau a été contaminée, entraînant des maladies notamment chez les enfants. A la fin des quatre années d’épandage, il ne restait plus que 12.000 hectares de coca en Bolivie, mais les militaires américains ont remplacé les champs de coca.
La lutte contre le « narcotrafic « s’est en outre doublée d’une militarisation renforcée du pays. Les Etats-Unis ont ainsi financé à hauteur de 900 millions de dollars la création d’une force d’attaque conjointe, la FTC. Laquelle s’est montrée plutôt violente avec les leaders syndicaux cocaleros, d’ailleurs pour eux ces syndicats étaient illégaux. C’est ainsi que des membres de la FTC ont assassiné le leader cocalero Casimiro Huanca en 2001, de sang froid selon les paysans, par un geste de self défense lors d’un affrontement selon l’armée, ou encore Marcos Ortiz en 2002. En toute impunité, bien entendu.
Certes, d’un point de vue macroéconomique, les résultats économiques de la Bolivie se sont améliorés (baisse de l’inflation, baisse des dépenses et résorption de la dette…), mais évidemment ces bénéfices ne sont pas fait ressentir dans la population de ce pays, le deuxième plus pauvre et inégalitaire d’Amérique Latine après Haïti.
L’arrivée sur scène de Morales
| Né en 1959, il appartient à l’ethnie Aymara. Paysan, il se convertit à la culture de coca dans le Chapare pour parvenir à faire vivre sa famille. Il s’agit, rappelons-le, d’une culture traditionnelle dans la région. La coca, mâchée pure, a de nombreuses vertus comme éviter le mal des montagnes, couper la faim, stimuler la circulation sanguine… Morales devient l’un des leaders d’un mouvement syndical de cocaleros et est battu presque à mort par les milices anti coca en 1989, à la suite d’une altercation pour défendre les cultures de coca. Leader du Movimiento al Socialismo (MAS) en 1997, un mouvement très proche des syndicats et de leurs bases. La même année, il devient député, jusqu’en 2002, quand cinq cocaleros meurent lors d’affrontements avec la police et l’armée, ainsi que 3 militaires et un policier. Il est alors destitué de son mandat. En 2002 encore, il se présente à la présidentielle où perd de peu contre un Sanchez de Lozada qu’il contribue fortement à virer du pouvoir, et il remporte la présidentielle de 2005. |
Le mois de février 2003 est marqué par des mouvements contestataires
indiens (notamment des cocaleros, les cultivateurs de coca) qui partent de Cochabamba dans le Chapare, et populaires (les travailleurs mais aussi la police, qui cesse de patrouiller dans les rues). Il y a une trentaine de morts lors des émeutes contre l’armée, et le gouvernement est en crise. Sanchez de Lozada reconnaît alors aux indiens le droit de continuer à cultiver la coca, comme ils le font depuis des siècles. Ce à quoi l’ambassadrice US n’a pas manqué de réagir en disant que toute légalisation de la culture de coca était une violation des accords internationaux liant la Bolivie.
Après le meurtre d’une fillette de 7 ans lors d’une manifestation à La Paz en septembre 2003, démarre une nouvelle vague de manifestations et de répression, qui mène vite à la chute du gouvernement sur fond de « guerre du gaz » et d’émeutes qui se poursuivent jusqu’en octobre. Ce mouvement a éclaté juste après que Sanchez de Lozada ait donné son accord au consortium Pacific LNG (British Gas, BP, Repsol) pour exporter du pétrole jusqu’aux Etats-Unis via un grand oléoduc passant par le Chili. Sanchez de Lozada fuit à Miami, et Carlos Mesa le remplace malgré les protestations US et le soutien affiché de José Marie Aznar à Sanchez de Lozada.
Les habitants des bidonvilles bloquent les routes d’entrée à La Paz du 8 jusqu’au 17 octobre 2003, malgré l’envoi de l’armée qui a provoqué un massacre. Spontanément, les violences, justifiées ouvertement par l’ambassadeur US, s’étendent à d’autres villes. En dix mois de contestation, 60 à 140 morts sont à déplorer selon les sources.
Classes moyennes, paysans, ouvriers, chômeurs, sont engagés côte à côte dans ces manifestations et réclament la démission du remplaçant de Sanchez de Lozada, Carlos Mesa.
En juin 2005, celui-ci est poussé à démissionner par des manifestations dans tout le pays (parmi lesquelles la « seconde guerre de l’eau »[7]). La résistance est très forte du côté des indiens et des paysans, qui ont vu leurs conditions de vie et la taille de leur terrain diminuer au fil des années.
Des élections sont convoquées pour décembre 2005. Elle sont remportées par Evo Morales du MAS, un mouvement crée en 1987 pour représenter les cocaleros. Très vite, sous l’impulsion notamment de Morales qui prend la tête du parti lors de sa refondation en 1997, le mouvement s’allie avec les groupes indigènes. En 1997, Morales est élu député de Cochabamba avec 70% des voix, et à partir de là, le MAS a mené une grande partie des révoltes contre le gouvernement. Morales dénonce notamment la « militarisation » du conflit mais aussi la lutte contre la coca (cinq paysans sont morts cette année-là, mitraillés par des hélicoptères de la DEA (Drug Enforcement Administration) US).
En 2005, il accède donc à la présidence. Les grands axes de son programme concernent la lutte contre le trafic de drogue (mais sans l’ « aide » des US qui en profitent pour installer leurs bases dans le pays) et la préservation de la culture traditionnelle de coca, ainsi que la révision des contrats[8] des entreprises exploitant le gaz et le pétrole (dont la riche province de Santa Cruz détient une grande partie des réserves).
Début 2006, il annonce la nationalisation des chemins de fer, des télécoms et, puisque l’histoire a le hoquet, des hydrocarbures[9] (conformément au vote de 70% des boliviens pour la nationalisation des hydrocarbures lors d’un référendum en juillet 2004, et à la loi qui a suivi en mai 2005), ainsi que la renégociation sous 180 jours des contrats : YPFB est la seule compagnie autorisée à commercialiser les hydrocarbures. Il entame aussi très vite une sorte de nationalisation du secteur de l’électricité, jusque là en grande partie détenu par des compagnies étrangères, notamment Corani, détenue à 50% par une filiale de GDF-Suez et Guaracachi, l’autre grande compagnie nationale, qui est quant à elle détenue à 50% par la britannique Rurelec. Le plus gros distributeur, Transportadora de Electricidad, appartient à Red Electrica de Espana.
Un ministère de l’eau est instauré pour gérer au mieux cette ressource, et l’entreprise nationale de distribution
d’eau, Epsas, remplace la filiale locale de Suez. Une réforme agraire est aussi mise sur les rails, afin de rendre des terres productives aux paysans et indigènes. Cette réforme agraire promise durant la campagne, malgré les protestations énergiques de l’opposition dans les médias et au Parlement. Au passage, la loi interdit l’importation et la commercialisation d’OGM. Cette réforme a son intérêt, puisque « 0,63% des exploitations agricoles occupent plus des deux tiers des terres arables, tandis que 86% des petits exploitants doivent se contenter des 2,4% ». Un autre chiffre est très parlant : 91% des terres appartiennent aux « latifundistas », les grands propriétaires terriens[10], tandis que 71% de la population se contente des 9% restants. La loi limite la taille des exploitations, redistribue du matériel agricole et 2 millions d’hectares de terres qui étaient intégrées dans des grandes propriétés à des communautés indiennes et paysannes, elle donne des titres de propriété à des communautés paysannes... En ce sens, elle fait le chemin inverse de la réforme agraire de 1953.
Il signe avec Castro et Chavez un traité commercial des peuples. Ensemble, ils mettent sur pied l’ALBA, l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques, destinée à contrer la ZLEA (Zone de Libre Echange Economique) des Etats-Unis fidèle au dogme néo libéral. C’est lors d’un sommet de l’ALBA, en 2007, que Morales retire la Bolivie du CIRDI, le Centre international de règlement des différends liés à l’investissement[11], un organe de la très démocratique Banque Mondiale (où les Etats-Unis, avec 17% des voix à eux seuls, ont de fait un droit de veto), car, dit-il, « on ne peut participer à un organisme où les Etats sont toujours perdants ». Et puis, il cesse toute collaboration avec la DEA américaine, censée lutter contre le narcotrafic un peu partout dans le monde et venait de placer la Bolivie sur la liste noire des pays qui ne luttent pas suffisamment contre le trafic de drogue. Celle-ci est en effet soupçonnée d’avoir contribué aux soulèvements de 5 des 9 provinces du pays et Morales l’accuse en outre d’ « encourager le trafic de drogue » de la part de la Bolivie, qui cherche donc à empêcher la lutte contre le narcotrafic.
La nationalisation et la révision des prix du gaz furent également l’occasion d’ « inquiétudes » de la part de l’Argentine et du Brésil, dont la Bolivie est un gros pourvoyeur. Evidemment, pour les Etats-Unis il s’agit d’une « grave erreur ».
Et puis, Morales convoque une Assemblée constituante, pour faire une constitution bien plus favorable au peuple. En juillet 2006, les boliviens sont appelés aux urnes élisent 137 représentants issus du MAS sur 255. PODEMOS, en seconde position, en obtient 60. Comme il faut le vote des 2/3 des représentants, Morales doit quand même compose avec l’opposition pour cette nouvelle constitution. En même temps que la consultation pour la constituante, les provinces autonomistes sont parvenues à imposer un référendum sur l’autonomie où le non l’emporte avec 56,7% des suffrages au niveau national.
Toutes ces réformes ont fortement déplu à la bourgeoisie de la riche province de Santa Cruz, qui profite du programme de décentralisation de Morales pour réclamer l’indépendance.
En cela, il n’est pas inutile de dire qu’elles ont été aidées par les Etats-Unis, qui, avant même la victoire de Morales, ont envoyé Philip Goldberg comme ambassadeur en Bolivie. Il a d’ailleurs été expulsé en septembre 2008, on ne se demande pas pourquoi : Goldberg est un pro du séparatisme, auquel il a pu s’exercer en Bosnie où il était chef du bureau du Département d’Etat de 1994 à 1996 pendant la première guerre en ex Yougoslavie, puis au Kosovo où il est venu juste avant le référendum pour l’indépendance d’avec la Serbie en tant que chef de mission. Il y reste jusqu’en 2006, quand il arrive en Bolivie. Très vite, le gouvernement bolivien le soupçonne de financer divers groupuscules et autres think tank d’opposition créés pour l’occasion. On sait aujourd’hui qu’il avait préparé plusieurs plans[12] pour virer Morales du pouvoir, engagé des agences de communication pour mener la fronde via les médias, tenté de créer une coalition anti Morales et financé les comités civiques de Santa Cruz et d ‘ailleurs pourvu qu’ils s’opposent au gouvernement[13].
De nombreux propriétaires terriens et/ou gros patrons de l’industrie pétrolière et du gaz du coin mènent la fronde. Dans les deux départements de Santa Cruz et du Beni, 14 familles détiennent 313.000 hectares, accaparés pendant les dictatures dont ces familles étaient très proches, voire auxquelles elles ont contribué. Ces grands propriétaires terriens n’ont que très peu goûté la réforme agraire qui comprenait une redistribution des (et en partie « de leurs ») terres aux paysans et aux indiens, ou encore la déclaration de Morales après le vote de la loi comme quoi «les propriétés latifundiaires, c’est terminé». Le très séparatiste comité civiques de Santa Cruz lance même une grève de la faim si la réforme n’est pas stoppée.
Le chef du Comité Civique de Santa Cruz, et membre du parti d’opposition PODEMOS (« nous pouvons »)
Branko Marinkovic, est un grand patron de l’agro industrie et propriétaire de terres en partie prises[14] aux indiens Guarayo. Ce fils d’oustachi Croate réfugié en Bolivie comme beaucoup d’autres fascistes et nazis après la guerre (Klaus Barbie est aussi passé par Santa Cruz, où le climat est toujours propice aux extrémistes de droite, et beaucoup d’oustachis croates s’y sont réfugiés).
Fin 2005, la loi sur la nationalisation des hydrocarbures amène les sécessionnistes de Santa Cruz tout comme le MAS à organiser de grandes manifestations respectivement contre et pour la loi, si bien que le ministre des hydrocarbures doit démissionner en septembre 2006.
Le mouvement régionaliste mené par les comités civiques de Santa Cruz rejette donc la nationalisation et réclame davantage d’autonomie, histoire de bien profiter des revenus pétroliers sans partager avec les provinces moins riches.
Santa Cruz réclame l’autonomie, et bien sûr la gestion des finances et des ressources contenues dans le sous-sol du département. Des manifestations éclatent dans tout le pays, y compris à l’initiative de la COB, le syndicat ouvrier. Certaines, regroupant -selon les organisateurs- jusqu’à 300.000 personnes, ont été organisées par le comité civique par exemple pour soutenir les patrons de l’agro industrie menacés par certaines décisions du gouvernement, et le préfet déclare avec le comité civique de Santa Cruz qu’ils vont organiser un référendum sur la question de l’autonomie.
Dès novembre 2006, les gouverneurs de six[15] des neuf provinces déclarent cesser les relations avec Morales et le gouvernement bolivien. Le préfet de Cochabamba déclare qu’il va organiser un référendum sur l’autonomie, du coup les paysans font le siège de la ville et réclament la démission du préfet. En 2007, une coalition de provinces autonomistes[16] en appelle carrément à « la résistance civile et démocratique » pour cette fameuse autonomie.
Le comité civique de Santa Cruz organise des manifestations dans la ville où se déroule la constituante, Sucre, et ailleurs aussi dont Santa Cruz évidemment. Pour cela, le comité civique s’appuie sur différents mouvements plus ou moins populaires financés généreusement par la bourgeoisie locale.
En 2008, la province organise illégalement son référendum : 85% de votes pour l’autonomie et 39% d’abstention. C’est une année d’extrême tension entre pro et anti Morales, pro et anti sécession. « La matanza del Pando », le massacre du Pando en 2008, en est révélateur : le 11 septembre, alors que des partisans de Morales manifestaient dans la province du Pando pour défendre le président, ils se font tirer dessus et au moins vingt d’entre eux sont tués. Au début on parle de 20 morts, tués selon les sources par l’armée, par les opposants à Morales armés ou par des miliciens des autorités du Pando[17], et de 50 à 130 disparus[18] dans la manifestation et dans les villages alentour.
Selon la version actuellement établie, des miliciens civils et paramilitaires payés par la préfecture auraient tiré[19], couverts voire sous les ordres du préfet. Une commission de l’Unasur[20], qui regroupe différents pays d’Amérique Latine, mais aussi Amnesty et d’autres, enquêtent sur les faits survenus le 11 septembre 2008. L’Unasur rend son rapport début décembre, et conclut qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité. On inculpe le préfet, Léopoldo Fernandez, qui, comme les victimes, attend son procès pour atteinte aux droits de l’homme, assassinat, terrorisme et association de malfaiteurs. Une partie de la garde préfectorale est également inculpée. Fernandez a grimpé en politique pendant la période des dictatures, jusqu’à devenir ministre du gouvernement de Banzer et il est très proche de la bourgeoisie locale. Fernandez est accusé par le président de l’Assemblée permanente des droits de l’homme d’avoir payé des tueurs péruviens et brésiliens pour neutraliser les partisans de Morales.
Entre temps, les témoins qui ont osé s’exprimer ont reçu des menaces de la part des inculpés, et « ne sentent pas protégés » par les autorités. De fait, les exactions semblent être légion, en particulier les assassinats de gamins et d’opposants au pouvoir de cette province sécessionniste.
La propagande
Depuis l’élection de Morales (et même pendant la campagne[21]), les médias nationaux détenus par les plus riches du pays ainsi que les médias internationaux ne se sont pas gênés pour décrédibiliser au maximum le programme et les réformes du MAS. A grand renfort de propagande, les mêmes médias ont favorisé la « révolte » de la province de Santa Cruz et les mouvements de contestation divers et variés, de droite et parfois de gauche, qui ont vite émergé.
Toutes les mesures de Morales ont aussi fortement déplu aux multinationales étrangères, et les dirigeants de différents pays ne se sont pas gênés pour critiquer certaines d’entre elles, quand ce n’était pas carrément Morales et la globalité de sa politique. Etrangement, on laisse en paix les dictateurs africains et d’ailleurs, pendant que la « communauté internationale » s’échine à discréditer la politique menée en Bolivie. Les Etats-Unis ne se sont pas privés pour qualifier Morales de « narco cocalero », d’ « instrument de Chavez et de Castro », ou encore d’ « ami des FARC ». La presse bolivienne a fait de même, titrant par exemple « Evo Morales : un discours démagogique », « Un indien sur le point d’être élu président », dans une province où le racisme des Blanc envers les Indiens est prégnant.
Les sondages, pendant et après la campagne, ont également servi à critiquer autant que possible les actions de Morales et du gouvernement. Ces sondages, comme ici, sont réalisés par des entreprises spécialisées[22]
Lula, probablement inquiet pour la pétrolière nationale, Petrobras, a ainsi jugé que la nationalisation des hydrocarbures était un « geste non amical » de la part de la Bolivie. L’Espagne, dont beaucoup d’entreprises ont des intérêts en Bolivie et qui y investissaient plus de 16 milliards d’euros en 2008, notamment dans les secteurs visés par les nationalisations, a été parmi les plus ouvertes aux revendications des séparatistes, et parmi les plus mitigées quant au soutien à Morales.
La question de l’assemblée constituante a elle aussi occasionné une levée de boucliers, que les médias n’ont pas
manqué de relater, mettant en exergue la tension autour du vote sans en expliquer les causes matérielles. Il était à noter que soudain, les médias occidentaux s’intéressaient à la politique bolivienne, et en particulier à la popularité de Morales. Pendant les dictatures, par contre, ces questions n’ont que très relativement intéressé nos médias. Il aura fallu l’arrivée d’un gouvernement socialiste (ou « nationaliste », c’est selon) pour qu’on se préoccupe de ce qui se passe en Bolivie. En France, mais aussi en Espagne, en Grande Bretagne, en Allemagne, aux Etat-Unis…
En Bolivie, Marinkovic a bien expliqué après l’acceptation par le Parlement d’un référendum sur la constituante que Morales mettait en danger la démocratie, et il a pointé les « irrégularités » qui étaient dignes d’une « dictature », pas moins.
La télévision ATB, par exemple, qui a appartenu au groupe de presse Prisa (qui était aussi actionnaire des quotidiens La Razon et El Extra), avant d’être revendu à Raúl Garafulic, a beaucoup soutenu les sécessionnistes en diffusant des reportages plus que complaisants ou en donnant la parole plus qu’à son tour au Comité civique de Santa Cruz. ATB, Unitel et Red Uno, captent 70 % des recettes publicitaires pour la télévision.
Le Comité civique de Santa Cruz, pour en revenir à lui un instant, est actuellement en train de mener une campagne anti Morales, en déclarant par la voix de Luis Núñez (son président) à qui veut l’entendre que les autonomistes sont victimes d’une répression d’Etat et que la Bolivie n’est pas un Etat démocratique (« abus », »excès », « restrictions à la liberté d’expression », « emprisonnements politiques », « persécution » etc.). Ces propos ont un fort écho dans les médias locaux, mais aussi dans le monde politique, notamment le Parti Populaire en Espagne, en Suisse ou même devant l’Assemblée des Droits de l’Homme de l’ONU. Pour mieux plaider sa cause, Luis Núñez a aussi crée le Comité de défense des droits humains et de la liberté[23], qui passe mieux qu’un simple comité civique sécessionniste pour sa tournée mondiale.
En fait, en Bolivie comme partout ailleurs dans les « démocraties », la majorité des médias sont détenus par des gros industriels. La virulente chaîne de télévision Unitel, par exemple, appartient à la famille de propriétaires terriens Monasterio. Oswaldo Monasterio, le propriétaire en titre, détient également 26% de la Banco Ganadero, la « banque des éleveurs », et des membres de sa famille en détiennent les 74 autres pourcents. Il n’avait pas franchement intérêt à vanter les mérites de la réforme agraire. La chaîne de TV Red Uno, appartient à un autre éleveur et entrepreneur[24], Ivo Kuljis, qui est aussi actionnaire de la Banco Economico et ex candidat à la présidentielle pour des partis de droite. Ces deux chaînes ont fait partie de la meute qui a toujours légitimé les actes de l’oligarchie des provinces sécessionnistes tout en décrédibilisant ceux du gouvernement.
La radio Panamericana appartient quant à elle à l’ex ambassadeur de Sanchez de Lozada aux Emirats Arabes Unis pendant la guerre du Golfe, Miguel Dueri, tout comme la maisons de disques Discolandia, la chaîne d’hôtels de luxe Hotel Presidente et d’autres groupes divers et variés.
Le directeur de Bolivision, qui appartient à Tito Asbun, a démissionné car la chaîne exigeait de lui « une ligne informative d’opposition ouverte » au gouvernement.
L’ex président Carlos Mesa a dirigé Amercia Television, puis Telesistemo Boliviano avant de prendre la tête de l’Etat.
Les quotidiens n’y échappent pas, le plus prestigieux du pays étant El Deber, de Santa Cruz, qui forme avec la TV PAT le Grupo Lider (qui vient d’ailleurs de s’allier à la chaîne Red Uno), et détient 13 journaux dans les neuf provinces, pour un tirage total de 1,2 million d’exemplaires par jour. La Razon appartient au groupe espagnol Prisa, et presque tous les journaux locaux appartiennent à des patrons de tendance à droite ou d’extrême droite. C’est même le cas pour les télévisions et les radios en général, ainsi que pour ceux qui les dirigent. Le problème est le même qu’en France : la diversité des points de vue est mise à mal, et les médias commerciaux qui ont pignon sur rue et sont parfaitement alignés sur la pensée officielle, parviennent à passer pour objectifs. Du moins, auprès d’une partie de la population, en général dans les villes, et plus particulièrement les classes moyennes.
Plus récemment, on entend des histories de barbouzeries du côté de la Bolivie. Le 16 avril 2009, la police bolivienne tue lors d’un affrontement à l’hôtel Las Americas de Santa-Cruz le terroriste présumé hongro bolivien Eduardo Rózsa-Flores, proche de l’extrême droite et de l’élite de Santa Cruz comme Marinkovic ou bien le préfet. Il a aussi été en lien avec une sorte d’ONG US, UnoAmerica, de tendance très à droite[25], et son directeur Jorge Mones Ruiz[26], lié aux militaires argentins de la fin des années 80, les carapintadas, qui seraient dans le coup en Bolivie également.
Dans l’attaque deux autres (un hongrois et un irlandais) sont tués et deux arrêtés (un croate et un hongrois), tous anciens combattants dans les Balkans. Rosza Flores a déjà été mercenaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie[27] où il a formé son petit groupe de mercenaires ou encore en Angola. Mais ce « psychopathe » a aussi été auparavant correspondant pour le quotidien espagnol La Vanguardia ou pour la branche espagnole de la BBC World, ce qui ne l’a pas empêché d’assassiner un ou deux journalistes pendant la guerre. Il disait être en Bolivie pour une mission très officielle, à savoir monter une sorte de milice urbaine destinée à assurer la sécurité militaire de la ville de Santa Cruz, pour se prémunir des abus du gouvernement. Cependant, le matériel qu’il a commandé en Europe comme des blindés, des canons, des AK-47, explosifs C4, correspondent davantage à des armes de guerre qu’à des armes censées équiper une sorte de police de défense municipale. Quoi qu’il en soit, le gouvernement bolivien accuse la petite bande d’avoir l’intention de tuer Morales (avec un tueur à gages) et de préparer un coup d’Etat amenant à la séparation de Santa Cruz.
Les premiers résultats de l’enquête amènent à soupçonner fortement le dirigeant de la branche bolivienne de Human Right Foundation, une des ONG qui collabore souvent avec la CIA dans les pays cibles où Washington veut instaurer la démocratie, Hugo Acha Malgar, d’avoir été le principal soutien financier –mais pas le seul- de notre bande de barbouzes. Mais on retrouve dans cette coalition des entrepreneurs du coin et le préfet de Santa Cruz, en plus bien sûr de Marinkovic. Au moins 200.000 $ ont été consacrés à l’achat d’armes.
On s‘aperçoit que la Bolivie est en proie à des mouvements autonomistes violents, et que ces mouvements sont dirigés par les préfets mêmes de ces provinces, préfets qui sont d’ardents défenseurs des oligarchies locales. On s’aperçoit qu’une sorte d’internationale autonomiste de barbouzes ainsi que les Etats-Unis sont tout à fait prêts à soutenir ces velléités autonomistes, ainsi que le patronat local. Le moyen ? Une vague d’émeutes et la pression médiatique.
C’est la même recette qui a servi au Venezuela, ou encore au Honduras, quand il s’est agi de préparer les coups d’Etat destinés à virer Chavez ou Zelaya. En plus de cela, l’action des comités civiques et autres mouvements autonomistes favorise elle aussi le désordre, et cela d’autant plus qu’ils peuvent largement exposer leurs revendications dans les médias dominants.
Même si pour l’instant, les multinationales semblent décidées à réinvestir dans la Bolivie, au vu des richesses du sous-sol bolivien et de la tension mondiale à venir au sujet de l’énergie, le doute est permis quant à une paix sociale durable dans ce pays, du moins à moyen terme. Les forces contraires ont quasiment le même poids, grâce à celui, malgré tout, de la population. Et si on regarde ce qui se produit un peu partout en Amérique Latine, que ce soit hier ou aujourd’hui, on observe un certain nombre de coups d’Etat qui, ces derniers temps, ont tendance à s’appuyer sur des mouvements populaires complètement manipulés par des agences de com’ et par les élites locales (et pas que locales, d’ailleurs). Ca a été la même chose autour de la mer Noire et de la mer Caspienne ces dernières années avec les « révolutions » des Roses, Orange et bien d’autres, portées généralement par des mouvements étudiants subventionnés de près ou de loin par Georges Soros et sa fondation philanthropique.
Finalement, on voit qu’en Bolivie le décor est planté pour la scène du coup d’Etat, si toutefois Morales n’effectue pas un virage à 180°. Il peut aussi ne pas se produire, si la population parvient à se mobiliser et que l’opinion internationale ne le cautionne pas.

[1] La guerre du Chaco, de 1931 à 1935, a fait 100.000 morts du fait des armes dernier cri utilisées, et s’est conclue par la cession par la Bolivie de la région du Chaco au Paraguay. On pensait, d’après des prospections de la SOC dans les années 20, y trouver beaucoup de pétrole, et les pétrolières US se sont mises à soutenir la Bolivie tandis que les pétrolières britanniques (menées par Shell) ont soutenu le Paraguay. Jusque récemment, les relations entre les pays ont été tendues à cause de ce conflit. En 1937, le gouvernement bolivien apprend que la SOC avait fait construire un oléoduc secret pour acheminer le pétrole jusqu’au Paraguay, via l’Argentine. Du coup, il a pu faire passer une loi pour confisquer les biens et possessions de l’entreprise.
[2] Au début des années 50, avant la réforme agraire de 1953, 70% des terres cultivées l’étaient dans de grandes exploitations de 1.000 à 10.000 hectares, où les indiens travaillaient parfois pour rien du tout ou pour un peu d’alcool. Le reste des terres « appartenait » ou plutôt était cultivé par les communautés indiennes. En 1953, au moment de la réforme, les 616 fermes faisant plus de 10.000 hectares avaient quasiment la même superficie que les 86.000 autres fermes boliviennes. Mais cette réforme agraire, basée sur le concept de propriété, a eu comme effet pervers de morceler la terre des indiens, qui la cultivaient de manière collective. Une fois qu’on leur a distribué ces terres, les héritages successifs ont entraîné un morcellement tel qu’il devenait impossible de vivre en cultivant uniquement ces petites parcelles de terre.
[3] Contre de grosses indemnités aux entreprises étrangères renvoyées.
[4] Barbie a obtenu la nationalité bolivienne peu après son arrivée d’Argentine au début des années 50. A La fin des années 60, début 70 il a une compagnie maritime qui trafique les armes au profit de diverses dictatures du continent. Sous les dictatures, il participe avec l’armée à la traque des opposants, soutenant au passage les coups d’Etat de Banzer et Garcia Mesa, en 1980, qui le promeut carrément colonel honoraire des renseignements. L’Allemagne, à la demande des Klarsfeld, n’a d’ailleurs pas pu le faire envoyer en Allemagne pour y être jugé pendant les dictatures, qui protégeaient Barbie. Il n’a pu être extradé qu’en 1985.
[5] En outre, à partir de ce moment là les champs pétrolifères qu’on découvre passent à 18% de taxes contre 50% pour les champs découverts avant. Celle loi 1689 a été annulée par Morales.
[6] En 2000, un soulèvement populaire des habitants de Cochabamba a réussi au prix de nombreux affrontements avec les forces de l’ordre et le gouvernement, à déloger la multinationale Bechtel (en fait sa filiale Aguas del Tunari) et à faire supprimer la loi qui transformait l’eau en une simple marchandise. Une filiale locale de l’entreprise avait obtenu du gouvernement un contrat d’exploitation des égouts et de distribution de l’eau pour 40 ans, et les tarifs ont immédiatement augmenté, parfois jusqu’à 200%. La privatisation de l’eau était une des conditions fixées par la Banque Mondiale pour des prêts.
[7] En janvier 2005, la seconde guerre de l’eau survient à El Alto, dans la banlieue populaire qui surplombe La Paz (où les habitants, pauvres, devaient consacrer un quart de leur budget pour avoir de l’eau potable, pour un service de plus en plus médiocre. Les employés de la compagnie, payés seulement 1.800 bolivianos par mois, devaient payer comme tout le monde 1.100 bolivianos pour être raccordés au réseau d’eau contre moins de 100 avant la privatisation, étalés sur cinq ans) : après trois jours de grève générale et une semaine de blocus, le gouvernement rompt le contrat, qui devait durer 30 ans : Suez-Lyonnaise des Eaux (qui a du quitter Buenos Aires en 2006) et sa filiale Aguas del Illimani doivent quitter la Bolivie. Cependant, un an plus tard Suez était toujours là et les habitants décident de ne plus payer leur facture d’eau. L’un des meneurs de ce mouvement a été nommé en tant que premier ministre de l’Eau. Bechtel comme Suez réclament encore des indemnités pour ces nationalisations.
[8] Les 26 pétrolières passent sous le contrôle de la compagnie nationale YPFB, chargée d’assurer la vente et de fixer les prix et les volumes. Les biens des multinationales ne sont pas confisqués et elles ne sont pas expulsées si elles acceptent la révision des contrats. Un nouveau partage des bénéfices est instauré pour les champs pétrolifères les plus productifs : 82% pour l’Etat, 18% pour les pétrolières. L’Etat devient majoritaire dans le capital d’YPFB. Evidemment, les pétrolières étrangères (Exxon, Total, Shell, BP, Repsol-YSF, Petrobras) n’ont que peu apprécié.
[9] C’est le décret du 1er mai 2006, appelé décret suprême des « heroes del Chaco », en souvenir des morts lors de la guerre du Chaco dans les années 30, qui annule donc un autre décret suprême privatisant les hydrocarbures.
[10] Certaines familles ont ainsi plus de 200.000 hectares.
[11] Cet organisme répond aux exigences de l’idéologie néo libérale, et a fortement tendance à défendre les multinationales en premier : sur 232 plaintes, 230 ont été introduites par des multinationales. Ses audiences sont à huis clos et ses décisions, sans appel. Bechtel, suite à la « guerre de l’eau », a porté plainte auprès du CIRDI contre la Bolivie, tout comme Telecom Italia, qui avait racheté l’ex entreprise d’Etat Entel et bénéficiait à ce titre de 80% du marché, qui est accusée par la Bolivie d’avoir fait sortir la plupart des bénéfices réalisés dans le pays alors que le contrat précisait qu’elle devait en investir une partie. Du coup, l’entreprise a porté plainte, ce qui a entraîné le retrait de la Bolivie.
[12] Dont des émeutes censées virer à l’affrontement avec les forces de l’ordre et à la convocation d’élections par un Morales décrédibilisé.
[13] Depuis peu, on voit même des barbouzes croates et d’Europe de l’est débarquer en Bolivie et avoir des contacts, par exemple avec le préfet de Santa Cruz, Ruben Costas, ou encore Marinkovic, le leader du comité civique de Santa Cruz.
[14] Le gouvernement accuse sa famille d’avoir usurpé 12.000 hectares de terres, mais 300.000 hectares auraient ainsi été accaparés par quelque 14 familles.
[15] Santa Cruz, La Paz, Beni, Cochabamba, Pando et Tajira, évidemment les plus prospères du pays.
[16] Santa Cruz, Beni, Tajira, Pando, c’est-à-dire 62% du territoire et 35% de la population du pays, ainsi que 90% des réserves de gaz et 60% des exportations du pays.
[17] D’aucuns parlent même de « paramilitaires et tueurs » planqués en embuscade pour tirer sur le défilé, « organisés par le préfet du Pando, Léopoldo Fernandez ».
[18] Parce que certains manifestants se sont jetés dans le fleuve pour ne pas se faire tirer comme des lapins.
[19] Certains paysans parlent même de « mitraillettes automatiques », utilisées par des tireurs.
[20] Unión de Naciones Suramericanas, créée cette année-là afin de faire contrepoids à la ZLEA (Zone de Libre Echange Américaine) et de l’OEA (Organisation des Etats Américains), qui sont sous la coupe des Etats-Unis. Mais l’idée est de faire un peu comme en Europe et d’abandonner le pouvoir national au profit d’un pouvoir supranational.
[21] Des spots de pubs anti Morales, mais aussi anti son opposant Quiroga et contre les autres leaders durant la campagne, ont été diffusés à la télévision et à la radio, mais les temps de parole et l’audience dans les médias n’étaient évidemment pas les mêmes. L’Observatoire des Médias bolivien a conclu après une étude que les médias de référence du pays avaient « une tendance claire à décrédibiliser le candidat Evo Morales et le MAS », en particulier la télévision. Morales et le MAS étaient vus et présentés par ces médias comme incapables de gouverner, et il s’agissait donc d’avoir un vote « raisonné ».
[22] Mais durant la campagne, certaines « enquêtes » d’opinion étaient carrément fournies aux médias par les partis politiques. A cinq mois des élections, on donnait ainsi 14% à Morales, derrière Quiroga de PODEMOS avec 17% et le patron de chaînes de restauration rapide et du ciment Doria Medina avec 16%. Un mois et demi plus tard Quiroga avait 22%, Morales 21%, et à deux mois des élections, Morales était premier, crédité de 33% et son adversaire de 27%. En décembre, Morales a fait près de 54% dès le premier tour et Quiroga 28,6%, les autres candidats ayant tous moins de 8%.
[23] Consejo de Defensa de los Derechos Huma nos y la Libertad
[24] Il possède par exemple un abattoir, la chaîne de supermarchés Hypermaxi, Fridosa, une entreprise frigorifique etc. Mais il a aussi investi dans l’enseignement, avec le collège Mateo Kujlis ou l’université technologique Unikujlis (qui a fait faillite).
[25] Certains des articles de l’ONG n’hésitent pas à être titrés « Morales prépare un nouveau massacre ». UnoAmerica, en effet, n’hésite pas à jeter de l’huile sur le feu en Amérique Latine, en assimilant systématiquement les dirigeants de gauche à des dictateurs.
[26] Qu’on soupçonne fortement d’avoir participé à l’opération Condor pendant la grande période des dictatures en Amérique Latine.
[27] Et il s’intègre vite après son arrivée en 1991 : le président croate Tudjman lui donne très vite la nationalité croate pour ses bons et loyaux services. En 1993 il obtient même le grade de colonel. Il aurait quitté la Croatie suite à des soupçons de drogue et d’armes.

08 octobre 2009
Grippe A et vaccination: prenons du recul
Il est temps de faire un
peu le point sur cette grippe A dont on nous rebat les oreilles depuis quelques
mois déjà. Cette épidémie semble plutôt inoffensive, ce qui n’empêche pas la
campagne de vaccination d’arriver à grand pas.
Sans être une scientifique
de haut rang ni même scientifique du tout, ce que je trouve inquiétant dans
cette
histoire de grippe H1N1, ou grippe A, c'est le vaccin. Parce qu'on 'na
fait aucun test, parce qu'on n'a pas encore identifié le virus de manière complète,
parce que l'histoire montre que les vaccins ont provoqué des maladies, comme ce
vaccin "contre l'hépatite B" qu'on a obligé des milliers de lycéens à
se faire injecter et qui a fait quadrupler le nombre de scléroses en plaques,
parce qu'on sait, aussi, que ce sont des histoires de gros sous. Et aussi parce
qu’avec ces vaccins, il y a de fortes chances que le virus mute puisqu'il sera
mélangé à d'autres virus grippaux. Là, on aura peut-être droit (hélas) à
un virus qui mérite que les médias nationaux et internationaux en fassent tout
un foin.
Je mets ici les liens de vidéos d'une interview du médecin homéopathe Marc Vercoutère au sujet des vaccins en
général et de ceux "contre" la grippe 1 en particulier. Ce médecin
note fait par exemple remarquer que les campagnes de vaccinations n'ont jamais
enrayé les maladies, bien au contraire, ce qui sera le cas pour la grippe A
comme pour les autres maladies. Il évoque aussi les adjuvants utilisés dans les
vaccins pour fixer les molécules dans le corps. D'après lui, ces adjuvants,
comme le formol, le mercure ou le squalène sont parmi les éléments à l'origine
des complications qu'on observe après les campagnes de vaccination, comme les
scléroses en plaque, certains problèmes thyroïdiens ou cérébraux etc.
la vérité sur les vaccins et la grippe A partie 1/3
envoyé par liberezvotreconscience. - L'info internationale vidéo.
la vérité sur les vaccins et la grippe A partie 1/3
envoyé par liberezvotreconscience. - L'info internationale vidéo.
Dr Vercoutère La vérité sur les vaccins et la grippe A 3/3
envoyé par corsair31. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Un petit dernier, sur l'absence de test de ces vaccins miracle.
Dr Marc Girard Grippe
envoyé par contrelapenseeunique. - Vidéos des dernières découvertes scientifiques.
Toujours Marc Vercoutère, sur la grippe A.
Politique vaccinale, on nous ment, on nous cache la vérité
Réalités
juridiques et scientifiques
dimanche
25 avril 2004, par Dr Marc Vercoutère
[Enregistrer
cet article au format PDF]
A la suite de l’éradication de la
variole attribuée à la campagne mondiale de vaccination, l’Organisation
mondiale de la santé a lancé un programme élargi de vaccination afin
d’éradiquer la diphtérie, la poliomyélite, le tétanos, les méningites
bactériennes, les hépatites A et B.... Dans cette croisade contre ces maladies
infectieuses, quelques rares pays dont la France continuent d’imposer certains
vaccins.
Alors que les plaintes de victimes se
sont multipliées depuis le lancement de la campagne massive de vaccination
contre l’hépatite B, la justice met en avant, depuis mai 2001, l’obligation de
prudence, le principe de sécurité et le devoir d’information pour condamner,
sans faute, les laboratoires et l’Etat.
En mars 2002, une nouvelle loi
relative aux droits des malades stipule qu’ « aucun acte médical ni aucun
traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la
personne ». (article 1111-4 de la loi 2002-303).
En janvier 2003, la Direction
générale de la santé lançait un appel d’offre auprès de sociétés de juristes
pour étudier les conséquences éthiques et juridiques de ... l’abrogation
vaccinale, tandis qu’un nouveau projet de loi visant à introduire une clause de
conscience pour les personnes refusant les vaccinations obligatoires était
déposé à l’Assemblée nationale.
Politique
vaccinale, on nous ment, on nous cache la vérité
Faut-il en conclure que les autorités
sanitaires françaises, parfaitement informées de la faillite de cette politique
vaccinale (1) comme en témoignent les rapports épidémiologiques américains
catastrophiques faisant état de plusieurs milliers (voire dizaines de milliers)
de décès chaque année, quelle que soit la vaccination en cause, chercheraient,
sans pour autant tirer les leçons des scandales sanitaires à répétition, à se
dégager de toute responsabilité civile ou pénale devant la multiplication des
plaintes de victimes de ces vaccins ?
Depuis l’éradication de la variole
officiellement et abusivement attribuée à la massive campagne de vaccination
mondiale étalée sur près d’un siècle, la politique vaccinale est devenue une
composante fondamentale de la politique de santé publique au sein de l’OMS avec
le Programme élargi de vaccination instauré au début des années 1970.
Tout en participant à ce nouveau
programme, la plupart des pays d’Europe occidentale a supprimé toute obligation
vaccinale. Certains d’entre eux, comme les Pays-Bas et la Grande-Bretagne
l’avaient d’ailleurs assortie d’une clause de conscience. Actuellement, douze
pays européens sur 15 n’imposent plus aucune vaccination, estimant pour des
raisons d’éthique que cet acte doit résulter d’une démarche volontaire. Ce
n’est pas le cas de la France qui est l’un des derniers pays européens
industrialisés à maintenir encore la contrainte vaccinale avec : le BCG
(obligatoire pour les enfants entrant en crèche, à l’école maternelle et à
l’école, ainsi que le personnel des crèches et écoles maternelles), les vaccins
contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, sans oublier celui contre
l’hépatite B pour les professions médicales et para-médicales. En plus de ces
vaccins « classiques », nos enfants se voient recommander des vaccins
toujours plus nombreux : Coqueluche, R.O.R, anti-Haemophilus B,
anti-méningococcique, anti-pneumococcique, Hépatites A et B.... A travers ces
vaccinations, chacun aura ainsi reçu, à l’âge de 20 ans, 38 stimulations
immunitaires par antigènes vaccinaux. Cette politique vaccinale intensive pose
toutefois des problèmes médicaux dont certains ne sont guère médiatisés et
soulève de nombreuses interrogations sur le plan juridique quant à l’atteinte à
la liberté individuelle et à l’imputabilité des accidents reconnue par les
magistrats et par certaines études scientifiques mais discréditée par certains
quotidiens nationaux qui préfèrent amplifier le message rassurant d’études
dites scientifiques sponsorisées par les fabricants de vaccins.
Si la dégradation de la santé
publique - que nos autorités sanitaires ne peuvent plus longtemps ignorer -
répond à des facteurs environnementaux et alimentaires notamment,
l’intervention préjudiciable des vaccins ne peut être davantage niée dans
l’augmentation considérable de la fréquence de certains cancers (en rapport
notamment avec le virus SV40), de celle de l’asthme (2) et des allergies pour
lesquels la pollution n’est, manifestement, pas le seul facteur, du diabète
(3)... ainsi que dans l’émergence de nouvelles maladies par la sélection de
germes virulents et agressifs liée au constant phénomène de commutation
Alors que le Conseil d’Etat rejetait
constamment les recours contre les vaccinations obligatoires fondés sur la
violation des libertés publiques qu’elles causeraient, les institutions
judiciaires, se basant sur l’obligation de prudence, viennent à plusieurs
reprises de juger les laboratoires et l’Etat responsables des accidents
survenus à la suite de vaccinations.
C’est dans ce contexte et devant la
multiplication des accidents liés à certaines vaccinations que Madame Boutin,
députée des Yvelines, déposait le 30 janvier 2003 un nouveau projet de loi
visant à introduire une clause de conscience pour les personnes refusant les
vaccinations obligatoires, tandis que la Direction générale de la santé
lançait, quelques jours auparavant, un appel d’offre auprès de sociétés de
juristes pour étudier les conséquences éthiques et juridiques de ...
l’abrogation vaccinale, - et sans doute implicitement de son maintien - ce qui
lui permettrait de se dégager de toute responsabilité civile et pénale
ultérieure.
Une
législation paradoxale
Si conformément aux dispositions du
Code de santé publique, quatre vaccinations comportent un caractère
obligatoire, l’article 36 du code de déontologie insiste de son côté sur
« le consentement de la personne examinée ou soignée- qui - doit être
recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d’exprimer sa volonté,
refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter
ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences. Concernant les
soins aux enfants, l’article 42 du même Code précise que « le médecin qui
soigne un enfant doit une information loyale et précise aux parents, et leur
consentement lui est nécessaire pour agir. Car ils ont l’autorité parentale
(art. 371 -2 du code civil). »
Acte médical à part entière,
l’administration d’un vaccin responsabilise le prescripteur tenu ainsi
d’apporter une information « loyale et précise ». La Cour de
cassation et le Conseil d’Etat ont d’ailleurs, à plusieurs reprises, rappelé
avec force que « le médecin a la charge de prouver qu’il a bien donné à
son patient (ou aux parents si le patient est mineur) une information loyale,
claire et appropriée sur les risques des investigations ou soins qu’il lui
propose, de façon à lui permettre d’y donner un consentement ou un refus
éclairé. Ce devoir pèse aussi bien sur le médecin prescripteur que sur celui
qui réalise la prescription. » La récente loi du 4 mars 2002, relative aux
droits des malades codifiée dans l’article 1111.4 du CSP, ne dit pas autre
chose : « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué
sans le consentement libre et éclairé de la personne ».
Dans la mesure où « la formation
et l’information des médecins sont assurées essentiellement par les
laboratoires pharmaceutiques » ainsi que le reconnaît la Cour des comptes
dans son rapport de septembre 2001 sur le budget de la sécurité sociale, on
peut regretter que le législateur ne se soit pas penché sur l’indispensable
réforme de l’information du médecin qui doit être transparente, indépendante,
« loyale et claire ». Car les laboratoires, qui font volontiers le
siège du Ministère de la santé, ne sont pas un modèle de vertu en la matière.
Selon Michel le Duff, chef du service de pharmacie du CHU de Rennes et
directeur du centre régional d’information sur le médicament (C.r.i.m) : « Il
y a bien une obligation légale d’informer les médecins de l’ensemble des
données « officielles » communiquées à l’Agence de sécurité sanitaire
des médicaments avant la commercialisation. Mais on estime que les labos ne
communiquent que 1 % de leurs données. En outre, l’information légale est
très marginale. Les contre-indications sont inscrites pour respecter la
législation. Mais elles sont peu lisibles : écrites en petits caractères,
à la fin de la notice. Et souvent, elles renvoient elles-mêmes à d’autres notices.
Les médecins ou pharmaciens disposent seulement des indications que les
laboratoires s’arrangent à mettre en valeur dans l’autorisation de mise sur le
marché. » (Ouest France, 5 novembre 2001).
Cette loi du 4 mars 2002 n’abroge pas
explicitement les autres articles du Code de Santé Publique (CSP) nous
soumettant à la contrainte vaccinale. Mais elle les abroge implicitement :
qui pourra en effet nous obliger à respecter dorénavant des obligations
anciennes alors qu’un texte nouveau, succédant au Code de déontologie et à
plusieurs arrêts de la Cour de cassation ou de Conseil d’Etat, vient consacrer
notre liberté ? Est-ce pour ces raisons que le Ministre de l’Intérieur du
gouvernement RAFFARIN a modifié, en août 2002, l’arrêté du 6 mai 2000 fixant les
conditions d’aptitude médicale des sapeurs-pompiers : le défaut de
vaccination ne sera plus un critère d’inaptitude, tandis que le BCG et le
vaccin hépatite B, obligatoires dans le précédent arrêté, sont désormais
facultatifs (Journal Officiel, 24 août 2002).
L’intérêt collectif avancé par
certains pour maintenir l’obligation vaccinale ne peut être retenu puisque la
loi, dite Kouchner, va dans le même sens que les articles 16 et suivants du
code civil, qui consacrent l’inviolabilité du corps humain. Elle va également
dans le sens très général de la législation et de la jurisprudence actuelles,
qui, en toutes matières protègent de plus en plus l’individu contre
l’Institution ainsi que contre le caractère défectueux des produits de santé
assimilés à des produits de consommation.
La
responsabilité sans faute des laboratoires et de l’Etat
Depuis deux ans, les tribunaux civil
et administratif ont en effet condamné à plusieurs reprises des laboratoires en
s’appuyant sur la directive communautaire du 25 juillet 1985 qui « dispose
qu’un produit est défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle on
peut légitimement s’attendre. » Montrant la voie, la 14ème chambre civile
de la Cour d’appel de Versailles a considéré que : « le vaccin
Engerix B fabriqué par les laboratoires SKB a été le facteur déclenchant de la
maladie développée par Madame X ; [...]le dommage causé à celle-ci établit
une absence de sécurité du vaccin à laquelle son utilisateur pouvait légitimement
s’attendre et démontre la défectuosité du produit ;
[...] la société SKB, fabricant du
vaccin défectueux, doit réparer le dommage causé à Madame X par l’utilisation
de ce produit.... » (2 mai 2001)
Ce sont ensuite les laboratoires
Servier (Isoméride) et UCB-Pharma (Distilbène) qui ont été condamnés pour le
caractère défectueux de leur produit, avant que la justice administrative ne
retienne la responsabilité de l’Etat pour un vaccin hépatite B imposé à un
employé hospitalier victime d’une sclérose en plaques (TA de Marseille,
Mme Mollard, n° 01-5367, 5 novembre 2002)
Le 2 avril 2003, la chambre sociale
de la Cour de cassation a pris en compte le fait que les différentes injections
du vaccin contre l’hépatite B entre 1993 et 1994 ont été ensemble à l’origine
d’une sclérose en plaques survenue plusieurs années après et constituent autant
d’événements successifs mais à date certaine. Elle a ainsi sanctionné les juges
d’appel qui avaient refusé de retenir la qualification d’Accident du travail
(Cour de cassation, affaire Albert :CPAM du Gard).
Ces décisions, comme le rappel des
scandales sanitaires passés, devraient avoir des répercussions dans toute
l’industrie pharmaceutique ainsi que sur la politique vaccinale. Elles
devraient inciter nos autorités à une plus grande prudence. Comme le signale
Bertrand Pauvert, maître de conférence à la faculté de droit de Mulhouse et
membre du Centre européen de recherche sur le droit des accidents collectifs et
des catastrophes, l’obligation de prudence, « droite règle de l’action »
(Saint Thomas, Somme théologique, I-II, qu. 57,4), paraît en tout état de cause
plus facilement discernable - et responsable - qu’un principe de précaution
trop fréquemment invoqué et tenant parfois plus du mythe politique que de la
stricte norme juridique (AJDA, 1er septembre 2003).
Lorsqu’elle aura pris connaissance de
l’efficacité très relative des vaccins et des dangers liés à leur composition
et à leur mode de fabrication, la justice ne pourra en effet se borner
indéfiniment à la responsabilité sans faute des laboratoires et de l’Etat et
pourrait dès lors assimiler leur utilisation à l’administration - obligatoire
ou recommandée - de substances avérées ou potentiellement toxiques, mettant en
danger la vie d’autrui.
L’insécurité
des vaccins
1) Les produits bovins et humains
La majorité des vaccins fait appel
pour sa fabrication au sérum fœtal de veau ou à la bile de bœuf (pour le BCG),
voire l’albumine humaine (pour le ROR), ce qu’ignorent encore beaucoup de
médecins.
Or, peu après la deuxième crise de la
vache folle, les autorités britanniques suspendaient, en octobre 2000, un
vaccin oral contre la polio, de la société Medeva dont le sérum de veau
provenait de Grande-Bretagne. Commentant cette décision, les experts de
l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps),
déclaraient que : « Ce retrait par l’Agence du Médicament
britannique (Medecine Control Agency) a été effectué à titre de précaution en
raison d’un non-respect des recommandations européennes concernant
l’utilisation de produits bovins d’origine britannique au cours de la
fabrication. Plus précisément, le laboratoire avait utilisé pour la fabrication
du vaccin d’anciens lots de virus préparés à partir de cellules dont la culture
nécessite du sérum de veau foetal. Ce sérum de veau foetal avait été collecté
sur le territoire britannique avant 1990 ». Lors de cette même réunion
en novembre 2000, les experts feront le point sur la maladie de
Creutzfeldt-Jakob. Ils « s’accordent à penser que l’essentiel du risque
repose sur un risque alimentaire au cours de la période 1980-1996, et
principalement au Royaume-Uni. Bien qu’ils n’en aient pas la preuve, les
experts pensent que certains types de viandes (viandes séparées
mécaniquement) ou certains tissus très à risque (cervelles) utilisés dans la
préparation de steacks hachés industriels, ont pu jouer un rôle prépondérant
dans la diffusion de la maladie (nouveau variant de la maladie de
Creutzfeldt-Jakob, nv-MCJ) chez l’homme. Dans les médicaments, ce type de
tissus à risque n’était pas utilisé. Aussi il est fort peu probable que les
médicaments aient pu jouer un rôle dans la diffusion de la maladie même avant
1991. »
En décryptant ces propos plein de
nuances, chacun aura compris que nos experts n’ont aucune certitude de ce
qu’ils avancent. Ils pousseront même la contradiction quelques minutes plus
tard en reconnaissant que pour les vaccins « la voie d’administration est
potentiellement plus " à risque " que la voie orale ».
Heureusement, une étude réalisée en Grande-Bretagne montre que l’année de
naissance des 54 premiers cas de nv-MCJ détectés dans ce pays est antérieure à
l’émergence de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans le cheptel
anglais. « Ainsi, selon nos experts soudainement plus sûrs dans leurs
conclusions, les vaccins qui ont été utilisés pour vacciner ces sujets (le plus
souvent vaccination dans les 2 premières années de la vie), même si ils
contiennent des éléments bovins, ont été produits dans des années antérieures à
l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Les vaccins reçus ne
sont donc pas à mettre en cause dans la survenue des cas de nv-MCJ. »
Les experts de l’Afssaps se gardent
bien de préciser que le délai d’incubation de cette maladie est d’une dizaine
d’années pour la vache comme pour l’être humain, et que si les vaccinations ont
été effectuées « le plus souvent dans les 2 premières années de
vie », les victimes ont « bénéficié » ensuite de vaccins de
rappel.
Poursuivant leur
« analyse » sur l’éventuelle transmission de cette nouvelle maladie
par voie sanguine, ces mêmes experts déclarent que : « A ce jour
aucune donnée scientifique ne confirme ce risque. Les experts scientifiques
réunis sur cette question en 1999 et en 2000 par l’Afssaps (rapport) constatent
qu’aucune des maladies à prion " naturelle " - tremblante du mouton,
BSE chez le bovin, MCJ chez l’homme - n’est transmise par voie sanguine.
Toutefois, ces mêmes experts estiment que ce risque ne peut être aujourd’hui
formellement exclu. Ils sont d’accord pour estimer que si le risque infectieux
existe dans le sang, celui-ci est faible. C’est d’ailleurs en prenant en compte
cette hypothèse que sont mis en place et progressivement renforcés, des
procédés de réduction du risque de transmission du nv-MCJ par le sang et les
produits sanguins (déleucocytation généralisée depuis 1998, validation des
procédés de fractionnement... ). »
Se voulant rassurants, ces propos
occultent une étude scientifique britannique rendue publique le 11 février 1997
et reprise par Le Monde du 14 février 1997 confirmant la transmission de la
maladie de Creutzfeldt-Jakob de la vache au veau par le placenta, et par
conséquent par le sang. Ils seront également totalement contredits par un autre
expert de l’Afssaps, J.H Trouvin, de la Direction de l’évaluation des médicaments
et des produits biologiques (Demeb). Ce spécialiste n’hésite pas en effet à
affirmer que « Pour les produits dérivés du bovin (pour lesquels existe un
risque de transmission de l’agent de l’ESB), ce sont essentiellement des
garanties sur l’origine géographique des animaux et le recours à des tissus
bovins sélectionnés parmi les tissus à faible niveau d’infectiosité, qui
assurent la sécurité finale du produit. En effet, pour l’agent de l’ESB, il n’y
a ni test de diagnostic, ni procédé ou méthode d’élimination/inactivation »
(Virologie,Vol. 6, Numéro 2, Mars-Avril 2002 : 83-7,).
Signalons cependant que,
contrairement aux propos de Monsieur Trouvin, l’origine géographique n’apporte
aucune garantie, l’OMS et la FAO n’ont-elles pas déclaré en mars 2001 qu’aucun
pays ne peut être considéré indemne d’ESB ?
Quelques jours après la suspension du
vaccin polio britannique, le laboratoire Pasteur-Mérieux tiendra également des
propos abusivement rassurants. Dans une interview accordé à Martine Perez du
Figaro, il reconnaîtra tout simplement faire appel, depuis plusieurs années, à
du sérum provenant des Etats-Unis, du Canada, de Nouvelle-Zélande ou
d’Australie. Or, les Etats-Unis - qui viennent de décider, le 20 mai 2003,
l’embargo des bovin canadiens après le premier cas d’ESB dans ce pays - avaient
déjà observé, en 2000 sur leur territoire, une curieuse maladie de la
« vache couchée » dont les symptômes ressemblaient étrangement à ceux
de l’encéphalopathie spongiforme recensée chez les bisons d’élevage américains
puis en début 2001 chez les bovins du Dakota et du Texas. Quelques années
auparavant, ce même laboratoire Pasteur-Mérieux, avait pourtant déclaré au
Parisien, que depuis plusieurs années, il chauffait le sérum de veau à 120 °
afin de détruire le prion. Si le procédé est inefficace sur le prion, il a
détruit les qualités nutritives du sérum. Les vaccins commercialisés pendant
plusieurs années ne correspondaient donc plus aux caractéristiques des vaccins
qui avaient reçu l’autorisation de mise sur le marché. Ce qui semble
correspondre au délit de tromperie sur la marchandise...
Ce mépris du consommateur n’est pas
propre à la France. Selon la FDA (Food and Drug Administration), l’équivalent
américain de l’Afssaps, cinq laboratoires américains ont fabriqué jusque fin
2000, au mépris d’une recommandation de 1993, différents vaccins avec des
tissus bovins susceptibles d’être contaminés par le virus de l’ESB. Ils
« accepteraient » depuis de modifier leur processus de fabrication,
les laboratoires SKB et Aventis annonçant qu’ils préparaient le remplacement de
ces dérivés animaux par des protéines végétales ou recombinantes, mais qu’il
leur faudrait trois ou quatre ans pour y arriver (Le Quotidien du médecin 14
février 2001).
Peut-être mieux informés que leurs
collègues de la FDA, les experts de l’Afssaps reconnaissaient dans leur
mémorable réunion de novembre 2000, que « de nombreuses tentatives ont été
faites depuis des années pour tenter de remplacer le sérum de veau foetal (SVF)
par des milieux plus "synthétiques", en essayant notamment de
reconstituer le SVF par un mélange de différents constituants. Malheureusement
le sérum de veau foetal est un milieu très complexe et tous les essais réalisés
jusqu’à présent ne sont pas parvenus à reproduire exactement sa composition et
à apporter aux bactéries, virus ou cellules tous les éléments nutritifs.
L’utilisation de milieux de culture sans sérum se traduit par une production
beaucoup plus faible, voire la production d’un produit qui diffère du produit
attendu. » Lequel a pourtant reçu l’autorisation de mise sur le
marché..... Ces tentatives de remplacement du sérum de veau par des protéines
végétales ou recombinantes (et donc génétiquement modifiées) trouvent leur
justification dans les derniers travaux de John Collinge de l’University
College de Londres. Ce spécialiste de la transmission des prions a en effet
« réussi » la transmission de l’agent de l’encéphalopathie
spongiforme bovine chez 100% des souris transgéniques « humanisées »
porteuses de la séquence Met/Met au niveau du prion, correspondant à la
protéine prion porteuse de la méthionine retrouvée chez tous les patients
atteints de la forme liée à la maladie bovine, alors que le prion des malades
atteints des autres formes de la maladie présente un autre acide aminé, la valine
(Cf., British Medical Journal, 4 janvier 2003). A ce jour, les experts de
l’Afssaps n’ont pas commenté cette découverte pour le moins inquiétante.
2) L’Hydroxyde d’aluminium
La grande majorité des vaccins,
c’est-à-dire les vaccins obligatoires Diphtérie, Tétanos et Polio, ainsi que
les vaccins contre les hépatites A et B, les méningites, les pneumocoques, la
fièvre jaune, l’anthrax, font appel à l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant.
Depuis octobre 1998, a été identifiée une nouvelle maladie, la myofasciite à
macrophages caractérisée par la présence systématique, à la biopsie musculaire
au point d’injection des vaccins, de lésions histologiques caractéristiques
sous forme de cristaux d’aluminium dans des cellules du système
immunitaire : les macrophages (cf. Ghérardi et all., “ Macrophagic
myofasciitis : a reaction to intramuscular injections of aluminium
containing vaccines ” in Journal of Neurology n° 246, 1999).
Cette affection, dont la fréquence ne
cesse de croître, est associée une fois sur trois à une maladie auto-immune.
Elle apparaît en moyenne trois ans, avec un délai maximum de dix ans, après la
vaccination, le plus souvent après les vaccins hépatite B et anti-tétanique.
Après avoir « conclu à un lien de causalité très probable entre l’administration
d’un vaccin contenant de l’hydroxyde d’aluminium et la présence de la lésion
histologique caractérisant la MFM », le Comité Consultatif pour la
Sécurité des vaccins de l’OMS a réclamé discrètement à la France en octobre
1999 une étude épidémiologique pour confirmer les liens entre les lésions
musculaires de la MFM, les symptômes cliniques des malades et les vaccinations
incriminées. Cette étude épidémiologique ne sera finalement lancée en France
qu’en février 2002. La publication des résultats, programmée en décembre 2002,
est régulièrement reportée à une date ultérieure : en janvier, mars, avril
2003.... Nos autorités seraient-elles confrontées à un nouveau scandale ?
Il est vrai que selon une étude
réalisée chez les animaux de compagnie, entre 1982 et 1993, dans 258 cliniques
américaines, le nombre de cancers au point d’injection, a été multiplié par
18,4, tandis que celui des cancers en dehors des points d’injection n’a été
multiplié que par 5,7. L’hydroxyde d’aluminium a été très souvent retrouvé dans
les macrophages à la biopsie (Cf., Lester, S & al., Journal of the american
animal hospital association, 1996).
La fréquence
de lésions comparables déjà observées chez l’homme serait-elle
préoccupante ?
3) Le Mercure
Le mercure, utilisé comme conservateur
dans certains vaccins comme l’hépatite B ou le R.O.R, semble être impliqué dans
l’autisme dont la fréquence n’a cessé d’augmenter : 1 pour 2000 en 1970, 1
pour 1000 selon des études effectuées entre 1970 et 1990 (cf. Gilberg C., Wing
L., « Autism : not an extremely rare disorder » in Acta
Psychiatr. Scand., 99 (6), p. 399-406, 1999) et même un enfant autiste sur 312
selon une étude californienne très récente, soit une augmentation de 273 %
entre 1987 et 1998.
Selon une récente étude américaine,
ce mercure serait également « impliqué aux Etats-Unis dans l’apparition
d’un nombre significatif de leucémies lymphoblastiques chez les nourrissons
ayant reçu trois doses de vaccin contre l’hépatite B » (Le Figaro, mardi
23 avril 2002).
Un rapport
bénéfice/risques totalement négatif
1) Les dangers inhérents aux vaccins
à virus vivants.
Selon le docteur Gallo, co-découvreur
du virus du sida, « l’usage des vaccins à virus vivants peut activer un
virus endormi comme celui du sida », mais également d’autres virus ou bactéries
à l’image du méningocoque, du pneumocoque... présents à l’état saprophyte dans
la gorge d’un pourcentage non négligeable d’enfants et d’adultes. C’est
pourquoi le Pr Luc Montagnier avait déclaré dans Le Monde du 23 mai 1987 :
« Peut-être devra-t-on rapidement organiser le dépistage des enfants (et
des adultes) séropositifs, avant leur vaccination ».
Dans le même quotidien, le professeur
Saliou, directeur scientifique de Pasteur Vaccins ajoutait : « Les
problèmes soulevés pourraient effectivement conduire à une remise en question
de certains vaccins comme le BCG, le vaccin contre la polio ou le vaccin contre
la rougeole. »
De nombreux virologues et
scientifiques ont vainement répétés les mises en garde sur les dangers de ces
vaccins. C’est le cas du Dr J. Ledeberg, Prix Nobel de Médecine en 1958, qui,
après avoir déjà reproché le manque d’études de l’impact des vaccins sur les
organismes récepteurs, craignait des risques génétiques ; des Dr K.
Pentittem (Université d’Helsinki), H. Ginsburg (Université de Columbia), R.A.
Aldrich (Université du Colorado), et J. Salk pour lesquels les vaccins à virus
vivants présentent plus de risques que l’absence de vaccin ; de Wendell et
Winters, virologues de l’université du Texas, qui évoquent le rôle possible des
virus vaccinaux dans la genèse du cancer, de l’arthrite et de la sclérose en
plaques ; du Dr R. Bell, pour qui « il y a une corrélation directe
entre les vaccinations et le taux croissant des cancers chez les enfants en
dessous de 15 ans » ; du Dr M. Guinan du CDC pour qui « il
est dangereux d’injecter des virus vivants » ; du Dr S.L. Katz, de
l’université d’Harvard, du Dr J.G Stevens, microbiologiste et immunologiste de
l’université de Californie, pour qui les vaccins à virus atténués peuvent se
recombiner et provoquer des maladies, ce qui été prouvé expérimentalement....
(cf., R. Delong, Live viral vaccines, 1996).
D’autre part, M. Eihl, J.
Mannhalter, G. Zlabinger de l’Université de Vienne ont découvert, qu’au lieu de
renforcer nos défenses, les vaccins font apparaître un affaiblissement
immunitaire comparable à celui observé au cours du sida et amoindrissent ainsi
notre capital immunologique !
L’anatoxine tétanique a ainsi été
injectée à 11 sujets en bonne santé, âgés de 25 à 50 ans, n’appartenant pas à
un groupe à risque pour le sida. Entre 7 et 14 jours après la vaccination, les
évaluations moyennes des rapports T4/T8 étaient significativement plus bas chez
l’ensemble des sujets qu’avant la vaccination, avec pour certains des taux
comparables à ceux observés en cas de sida (Cf. New England Journal of
Medecine, vol 310, 1984).
2) Des cas d’épidémies dans les
populations vaccinées.
Après de nombreux cas d’épidémies de
poliomyélites survenues, depuis de nombreuses années, lors de campagnes de vaccination
contre cette maladie (cf., Darell Salk, université de Washington, pour qui la
plupart des cas de polio qui se produisent actuellement sont provoqués par le
vaccin à virus vivant, cité par R. Delong), Roland Sutter, directeur du service
d’éradication de la polio au CDC d’Atlanta a récemment reconnu après la
survenue de cas de polio au cours d’une campagne de vaccination aux
Caraïbes : « Il est clair que la sonnette d’alarme a été tirée. Notre
problème est de savoir si l’heure est grave ou non. » (Courrier
international, n° 536 du 8 février 2001).Curieusement,cespropos
inquiétants n’ont jamais été repris par les revues médicales françaises.
3 ) Le phénomène de commutation
Nous savons que toute bactérie - et
sans doute également tout virus - échange en se détruisant son matériel
génétique avec les bactéries (et virus) voisines. Or, ainsi que le reconnaît le
Dr Mohammed Kheir Taha, directeur adjoint du centre national de référence du
méningocoque à l’Institut Pasteur, « Dans l’évolution des infections à
méningocoques, il y a un aspect qui nous fait très peur, ce sont les
changements dans les types de bactéries apparus à l’occasion des campagnes de
vaccination massives.[...]. Ce qui change tout, c’est la sélection, par le
vaccin, de nouveaux variants virulents et invasifs. » (Cf, UFC Que
choisir, février 2003).
Ce phénomène n’est pas nouveau, il a
déjà été observé en 1993 en au Canada, aux USA, en Tchéquie, en Belgique (à la
suite de la campagne de vaccination contre les méningites à Haemophilus B, on a
observé un doublement de la fréquence des méningites à Haemophilus A, C, D, E
et F, ainsi que des méningites à méningocoques), ou encore en Grande-Bretagne
(après la vaccination de 13 millions de jeunes en 1999-2000, une chute
importante de la mortalité par méningite à méningo de type C tandis que la
mortalité globale par méningites à méningocoque n’avait pas baissé selon le
Conseil supérieur d’hygiène publique dans son avis du 8 mars 2002).
Ce phénomène ne concerne pas que les
méningites et les seules bactéries. Il concerne également les virus ainsi qu’on
a pu l’observer notamment avec le vaccin contre la polio ou encore avec le
vaccin contre les coranovirus utilisé chez les volailles et les porcs en Asie
du sud-ouest, point de départ des « pneumopathies atypiques » chez
l’homme dont une forme mutante de coranovirus serait l’un des agents
responsables !
4 ) La contamination d’un vaccin
contre la polio par un rétrovirus cancérigène et infectieux Entre 1954 et 1963,
des millions de doses du vaccin Salk contre la polio avaient été contaminées
par un rétrovirus simien, le SV 40.
Dans le cadre d’un débat public sur
les OGM, Mr Tibon-Cornillot, conseiller technique de l’ancien ministre de
la santé (Bernard Kouchner), avait reconnu que ce virus infectieux avait été transmis
par voie sexuelle ou sanguine à plus de 600 millions de personnes (Cf,
Science-Actualités, mai 1998). Après avoir rappelé « simplement que le
SV40 est cancérigène chez la souris », ce conseiller scientifique osa
déclarer que : « Il semble qu’il ne l’est pas chez l’homme mais on
n’a jamais eu de travaux sérieux sur le suivi du SV40 chez les
hominiens. »
Ignore-t-il réellement que ce
rétro-virus est retrouvé dans 35 à 85% des cancers du cerveau - dont la
fréquence a plus que doublé en vingt ans jusqu’à 60% dans les mésothéliomes
dont la fréquence a été multipliée par 10 depuis trente ans, tuant 2 000
personnes chaque année en France et plus de 1 000 en Grande-Bretagne 35% des
cancers des os chez les personnes ayant reçu ce vaccin dans les années 1950 ou
dans leur descendance ? C’est du moins ce qu’affirment dans des revues
spécialisées des chercheurs sérieux comme Geissler : “ SV40 and human
brain tumors Progress ” in Medical Virology, t. 37, p. 211-222, 1990 ;
M. Carbone, et al., “ Simian virus 40 like DNA sequences in human pleural
mesothelioma ” in Oncogene, T. 9, p. 1781-1790, 1994 ; Carbone et al., SV
40-like sequences in human bone tumors, in Oncogene, t.13, p. 527-535 ;
1996. En outre, le Rapport technique 747 de l’OMS évoque le risque de malignité
que pourrait présenter à long terme un ADN contaminant hétérogène par le biais
des vaccinations.
5 ) Des complications post-vaccinales
Des atteintes du système nerveux
central, des maladies auto-immunes, des décès ont été rapportés dans la
littérature médicale officielle après les vaccins polio Salk et Sabin (cf., Dr
Pilette, Nous te protègerons, 1997, faisant état de plus de 120 publications
scientifiques). Aux USA, le très institutionnel VAERS (Vaccine Adverse Event
Reporting System) dépendant de la F.D.A, a rapporté chez les enfants de moins
de six ans pour la seule période 1999-2002 : 16 544 effets secondaires,
631 hospitalisations et 349 décès pour le DTP ; 13 363 effets secondaires,
1 840 hospitalisations et 642 décès pour le vaccin hépatite B ; 22 463
effets secondaires, 3 224 hospitalisations et 843 décès pour le vaccin
Haemophilus B ; 18 680 effets secondaires, 1 736 hospitalisations et 110
décès pour le ROR ; 419 effets secondaires, 41 hospitalisations et 11
décès pour le vaccin contre la grippe.
Lorsque le directeur de la FDA
reconnaît lui-même qu’un à 10% des effets secondaires sont recensés, on peut
imaginer raisonnablement qu’aux USA, ces vaccins ont été en réalité
responsables de 5 000 à 50 000 décès par an. (cf., N.Z. Miller, Immunization,
page 35, 1996 ; Dayton Daily News, May 28, 1993, p. 15A ; 20-20
Newcast, jan.26, 1990). A moins de considérer que les vaccins
gagneraient en virulence en traversant l’Atlantique, on peut tout autant
avancer 1 250 à 12 500 décès chaque année en France, ce que l’on ne peut
malheureusement pas confirmer pour la simple raison qu’il n’y a pas
d’équivalent du VAERS dans notre pays protégé il est vrai remarquablement par
ses frontières et la célèbre ligne Maginot (Tchernobyl est déjà
oublié !)....
Il ressort de ces chiffres
catastrophiques que tout acte de vaccination systématique et aveugle nuit
gravement à la santé et que le rapport BENEFICES/RISQUES des vaccins - qui n’a
jamais été évalué de manière scientifique et rigoureuse - ne profite qu’aux
« appétits meurtriers des fabricants de vaccin » ainsi que le
soulignait déjà en 1955 sa Sainteté Pie XII.
Les conseillers techniques des
ministères, de même que les experts de l’Afssaps, n’ignorent pas ces faits
scientifiques et ces décisions juridiques : ils savent et sont
parfaitement renseignés (1). Ainsi, lorsque l’OMS a informé l’ensemble des pays
de l’abandon du BCG, jugé inefficace et dangereux, au profit d’une stratégie
basée sur le suivi des patients (programme DOTS), la France a été le seul pays
à ne pas y souscrire ; en réponse aux interrogations d’une association,
Mr Jean Le Garrec, à l’époque président de la commission des affaires
sociales a cru bon reconnaître que ce silence « était dommageable d’autant
que le problème était urgent et grave ».
Car nos décideurs préfèrent comme
lors de l’affaire du sang contaminé, masquer et minimiser la réalité médicale
et scientifique. Est-il nécessaire de rappeler que lors du procès du sang
contaminé, Louis Schweitzer, l’ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius
devenu ensuite Pdg de Renault, avait reconnu que « tous les quotidiens
nationaux et internationaux arrivaient à Matignon, mais personne n’avait le
temps de les lire » ? En attendant que la législation française se
mette en conformité avec le devoir d’information et le respect du consentement
mutuel par la levée de l’obligation vaccinale, comme elle vient de le faire
pour la procréation médicale assistée ainsi que pour les sapeurs-pompiers,
serions-nous condamnés à prôner d’ici-là la désobéissance civile, « forme
suprême de responsabilité qui appelle à davantage de responsabilité »
ainsi que le soulignait André Glücksmann dans la Fêlure du monde ?
Dr Marc
VERCOUTERE
P.S : En annexe, analyse du
récent arrêt de la Cour de cassation annulant deux décisions de la Cour d’appel
de Versailles, laquelle vient en septembre 2003 de condamner à nouveau le
vaccin hépatite B, tandis qu’en avril 2003 la chambre civile de la Cour de
cassation retenait la notion d’accident de travail pour une sclérose en plaques
survenue plusieurs années après un vaccin hépatite B imposé.
(1) A l’évocation devant l’Assemblée
nationale en juin 1998 d’une étude de l’INSERM et du Haut Comité de santé
publique sur les taux de décès comparatifs par âge et par sexe, au Royaume-Uni,
en Suède et en Italie, par rapport à la France, Laurent Dominati, député de
Paris à l’époque, puis Jacques Barrot, ancien ministre de la santé et actuel
président de l’UMP à la dite assemblée, ont fourni la même réponse : -
« Oui je connais, oui c’est la faillite de notre politique de santé
publique » ; l’ancien ministre ajoutant même « Si je comprends
bien, vous ne devez pas être partisan de la politique vaccinale ! »
(2) Diabète et vaccins : A la
suite d’une campagne de vaccination massive anti-Hépatite B réalisée en
Nouvelle-Zélande de 1988 à 1991, au cours de laquelle 70 % de jeunes de
moins de 16 ans ont été vaccinés, l’incidence du diabète est passée de 11,2 cas
pour 100 000 enfants avant le programme de vaccination en 1982 à 18,2 cas pour
100 000 enfants après la campagne de vaccination. (cf., Pr. Barthelow Classen,
New Zealand Medical Journal, 24 mai 1996).
En Italie, où on a comparé l’état de
santé de 400 000 enfants de 12 ans vaccinés contre l’HB, à un nombre égal
d’enfants non vaccinés, l’incidence du diabète de type 1 était presque trois
fois plus élevée chez les vaccinés.
(3) Asthme et vaccins : Selon
une étude publiée dans le magazine Science reprise par l’AFP du 3 janvier 1997,
la nette augmentation des cas d’asthme dans les pays développés pourrait être
due au développement des vaccinations contre d’autres maladies, notamment
respiratoires. Soulignant que les cas d’asthme aux Etats-Unis ont doublé en 20
ans, ce rapport établit un lien entre l’augmentation des allergies provoquant
l’asthme, le rhume des foins ou l’eczéma, et la protection des enfants contre
la tuberculose, la coqueluche ou la rougeole. Le principal auteur de l’étude,
le Pr T. Shirakawa, du Churchill Hospital d’Oxford (Grande-Bretagne), estime
que la vaccination des enfants contre ces maladies les empêche de développer un
système immunitaire qui les protégeait autrefois de l’asthme. Dans les
Highlands d’Ecosse, sur 446 enfants nourris au sein jusqu’à 6 mois, 243 avaient
été vaccinés contre la coqueluche. Les 203 enfants non vaccinés ont présenté 5
fois moins d’asthme et 2 fois moins d’otites que les autres, alors que les
Highlands ont le taux d’asthme le plus élevé du Royaume-Uni avec un taux de
pollution le plus bas (cf., Dr M. Odent, M & al., Jama, 1994).
CRI-VIE
Coordination d’associations, d’usagers de la santé, d’avocats, de
scientifiques, de médecins pour une information et une recherche indépendante
en matière de santé 3bis, rue Henri Faisans. 64 000 PAU. Tel : 05 59 84 48
45 . ** cri-vie@wanadoo.fr







