<p><p>entete</p></p>

J’avais évoqué les armes non létales dans un papier sur le système HAARP, j’y reviens pour donner quelques exemples d’applications concrètes de ces armes qui utilisent des ondes électro magnétiques. Car, on en est encore au stade de l’expérimentation sur le terrain et l’absence de cadre légal permet de développer ce type d’armes sans problème, et de les « tester » depuis que c’est possible.

 

De quoi parle-t-on ?

 

Je vais rester sur les armes électromagnétiques, qui appartiennent à la catégorie des armes dites « non létales ». 531363NukeOn parle en l’occurrence des « armes utilisant l’énergie électrique pour permettre la neutralisation momentanée de personnes hostiles ou rebelles »1]. Dès 1991, Dick Cheney met en place un groupe de militaires pour travailler sur ces armes : le « Non-Lethal Warfare Study Group ». Et petit à petit, les militaires et le gouvernement US envisagent leur utilisation. On a même inventé en 1994 le concept d’Opérations militaires autres que la guerre ». (Military operations other than war). Depuis, tout le monde y travaille, et certains font les premiers tests grandeur nature, comme aux Etats-Unis ou au Honduras.

 

En matière d’armes magnétiques, on utilise par exemple des armes acoustiques qui fonctionnent avec des fréquences supérieures à 20.000 Hz (ultra sons) ou inférieures à 20Hz (infrasons), afin que l’oreille humaine ne perçoive pas les sons. Un infra son de 16Hz et d’une forte intensité peut par exemple créer des nausées, des diarrhées, une désorientation, des troubles de la vision, voire des lésions internes plus ou moins graves pouvant aller jusqu’à la mort. Des entreprises comme American Technology Corp développent depuis plus de 10 ans ce genre d’instrument, à différentes puissances suivant les utilisations voulues.

Raytheon travaille quant à elle sur des armes d’une puissance bien plus importante : le programme HAARP, qui envoie des ondes dans la ionosphère afin de perturber les systèmes de communication. Mais on se demande aussi si cela ne perturbe pas le climat, par exemple en créant réchauffant l’ionosphère pour créer des tempêtes.


On a aussi l’Active Denial System, une sorte de dérivé du Mosquito anti jeunes, plus puissant, développé notamment par la firme Raytheon2]. L’appareil, souvent fixé sur un véhicule, envoie des micro ondes à 95GHz, qui font comme un vrai micro ondes, c’est-à-dire que ce système fait chauffer l’eau dans le corps, faisant monter la température de la peau à plus de 55°C en 2 secondes. En l’installant sur un Hummer ou sur un avion, on peut l’utiliser en cas de guerre ou de manifestations. Et évidemment, avec un tel joujou dans les mains3], il ne fallait pas s’attendre à une quelconque retenue de l’US Army, qui a fait des tests grandeur nature en Irak.


v_mads_ADT_1Dans le genre, on a encore des armes acoustiques, comme le Long Range ACoustic Device, qui émet des sons stridents, en fait des ultra sons, à des fréquences variables, et doit rendre sourd et/ou désorienter l’ennemi jusqu’à 1 km de distance. Chez nous, on les utilise contre les pirates du Golfe d’Aden et de l’océan Indien, ailleurs c’est contre les manifestants. On travaille déjà à transformer ça en projectiles : l’idée est d’avoir une sorte de fusil qui tire des balles émettant ces sons en atteignant leur cible.

Pour toutes ces armes dites non létales, on a aussi développé des modèles soft (qui permettent aussi de mettre le pied dans la porte en introduisant des armes peu agressives au départ) et des modèles mortels utilisant  en général des lasers : l’Advanced Tactical Laser, le Pulsed Impulsive Kill Laser ou Pulsed Energy Projectile développés depuis 1992. Ils envoient un choc sonore en faisant exploser l’air autour de la cible pour l’assommer et lui faire très mal (en attaquant notamment le système nerveux via des ondes électromagnétiques), et bien d’autres.

Dans la catégorie à ondes, on a encore développé le High Power Micro Wave qui émet un ou deux signaux différents à des fréquences de 1 à 35 GHz. Cela peut gêner les communications ou bien avoir des conséquences physiologiques, suivant le système utilisé.

 

Quelques applications concrètes


Aujourd’hui, malgré plus de dix ans de recherche militaire dans le domaine des armes électromagnétiques, il n’y a aucun texte de réglementation destiné à limiter la prolifération et/ou l’utilisation de cette technologie. Du coup, on s’aperçoit que ce n’est plus de la science fiction : les « forces de l’ordre » comme l’armée utilisent ces armes contre l’ennemi.

On a donc l’Active Denial System qui est « testé » en Irak depuis au moins trois ans, bien sûr sans prévenir personne et hors de tout contrôle. Mais d’après CBS, qu’on ne peut soupçonner d’être anti militariste, le système a déjà été testé 11.000 fois auparavant. La chaîne précise qu’il n’y a pas de danger, évidemment, avec cette « arme anti émeute ».

 

Moins agressif, on a la police géorgienne, qui a utilisé lors de la « révolution des Roses » par ailleurs tout à fait honduras_lradbidon, outre des canons à eau, un système acoustique qui émet à plus de 150dbdes sons stridents à des fréquences censées désorienter et disperser les manifestants. Il s’agit du Long Range Acoustic Device, utilisé également par les forces de l’ordre US lors du sommet du G20 de Pittsburgh en septembre, contre les manifestants, ou bien par l’armée en Irak, notamment lors de l’attaque de Falloujah, à Bagdad en 2004, ou dans la prison US de camp Bucca toujours en Irak, par exemple. AU Honduras, l’armée à la botte des putschistes l’a aussi utilisé contre l’ambassade du Brésil où s’est réfugié Manuel Zelaya, le président élu. Car dans le manuel d’utilisation, il est précisé que les petits modèles sont parfaitement adaptés au maintien de l’ordre en milieu urbain.

Les conséquences peuvent être, outre celles recherchées, des nausées, des malaises intestinaux, des troubles de l’ouïe et de la vision.

 

En ce qui concerne le Pulsed Energy Projectile, des firmes comme ATK ont déjà développé ce système embarqué sur un Hummer, par exemple. Et c’est génial, parce que leur appareil permet de viser une foule aussi bien qu’un individu, et de contrôler l’ampleur des dommages qu’on cause à la cible (ce qui est le top du top en matière d’armes : combiner létalité et non létalité sur la même arme, suivant les réglages).

Il s’agit en fait d’un laser qui émet jusqu’à 2km des impulsions électromagnétiques créant un choc sonore qui paralyse la cible au moment de l’impact. On n’en est qu’aux dernières étapes du développement, et ce système devrait être testé prochainement. Il existe une réelle opacité sur les PEP, et même les spécialistes manquent d’information, mais on sait que de nombreuses entreprises travaillent à développer ce système, comme Northrop Grumman ou Lockheed Martin.

 

flashball_700_0737aLes applications civiles sont inquiétantes, même si pour l’instant les nuisances de ces armes restent relativement peu importantes quand elles sont utilisées contre une foule. Mais depuis le début, les militaires envisagent d’utiliser ce type d’armes pour modifier le comportement de ces foules. Le scandale des ondes de téléphones portables qui se prépare montre que les radiofréquences peuvent avoir une influence sur le cerveau.

 

On le sent bien, il existe un réel marché pour ces armes, qu’on peut utiliser de manière civile aussi bien que militaire. Du coup, beaucoup de spécialistes de l’armement se lancent dans la course pour développer ces armes qu’on essaie de faire passer pour inoffensives, tout comme le Taser. D’autres armes életro magnétiques visent à détruire le matériel, mais on invente des lasers de plus en plus spécialisés, puissants et précis, ou on travaille sur d’autres applications des armes électromagnétiques comme modifier le comportement ou le climat. On est aussi entré dans l’ère des armes génétiques, qui pourront viser une catégorie précise de la population. Bref, au vu des derniers développements, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les mouvements de foule soient réprimés y compris avec ces armes.


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Vidéo de ce système utilisé à Pittsburgh:

Disclose.tv Long Range Acoustic Device (LRAD) G20 Pittsburgh Video


 

[1] D’après une définition du GESLR, le Groupe d’Etudes et de Recherche sur les armes à Létalité Réduite de l’université de Liège.

 

[2] En étroite collaboration avec le Ministère de la Défense et avec l’armée.

 

[3] L’ADS était prêt dès 2004.