Aujourd’hui, on va aborder un sujet qui n’est pas revenu sur le tapis depuis un moment, et c’est bien étrange : l'avancée des sectes et des religions ainsi que l’ambiguïté de Sarko vis-à-vis des sectes en général, et de la scientologie en particulier. Un aspect de cette ambiguïté est la dégradation de la lutte contre les sectes, via l’appauvrissement régulier et permanent des moyens qui y sont consacrés. Et cela fait parfaitement écho au discours des sectes, qui se disent victimes de discriminations dans leur droit à exercer leur religion.

Tout d’abord, Sarko a une position très claire sur les sectes, comme il l’a affirmé dans un des bouquins qu’il a laicite2signés « La République, les Religions, l’Espérance ». Morceaux choisis :

« Je me demande cependant si parfois l’on n’a pas été trop loin [dans cette lutte contre les sectes], jusqu’à faire preuve d’un certain sectarisme ! »

« L’inquiétude ne justifie pas une lutte tous azimuts et sans mesure contre le moindre mouvement spirituel nouveau »

« Je crois à la liberté individuelle : si les gens ont envie d’être témoins de Jéhovah, c’est tout à fait leur droit. Tant que leurs activités ne sont pas contraires à l’ordre public, je ne vois pas au nom de quoi on le leur interdirait. »

« Je crois donc en une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. »

« Je me suis toujours dit qu’il y avait de l’arrogance dans la certitude de la non-existence divine. J’espère que chacun a en lui cette part de doute qui permet de continuer à espérer ». 

La position de Sarko, président d’une République qui a inscrit la laïcité dans sa constitution, est donc ambiguë. Il ne condamne pas les mouvements sectaires, et il occulte même leurs dérives. Pour lui, les sectes peuvent être assimilables à de simples courants de pensée. D’ailleurs, c’est le grand enjeu pour les Scientologue et autres témoins de Jéhovah que d’être reconnus en tant que courants philosophiques et de disparaître de la liste des sectes.

Sarko l’a dit, à tort : « Ce n’est pas à moi de dire si la Scientologie est une secte ». Certes, mais de fait, elle est inscrite sur la liste des sectes, et il ne peut dire autre chose, en tant que président justement. Et cela prouve que pour lui, les choses ne sont pas si claires.

c4b886ce4519fec8dba9a83734f1a1f9La laïcité en ligne de mire

En 2005, une rapporteuse de l’ONU sur la liberté de religion est venue contrôler la liberté religieuse en France, à l’invitation notamment de Sarko. Elle rédige un rapport qui est en réalité une attaque en règle contre la laïcité. On peut y lire que :

-« [La rapporteuse] se félicite néanmoins du débat qui se déroule actuellement au sein de la société française au sujet de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État et estime qu’une évaluation approfondie de son application dans le contexte actuel, marqué par une diversification accrue des religions, est un processus nécessaire dans une société démocratique fondée sur l'état de droit. Concernant la question des sectes, terme qui désigne des groupes organisés autour d'un culte mais aussi de nouveaux mouvements religieux ou de nouvelles communautés de conviction, la Rapporteuse spéciale est d'avis que la politique du Gouvernement a peut-être contribué au climat de suspicion générale à l'égard des communautés inscrites sur une liste qui a été dressée suite à un rapport parlementaire [la liste des sectes], et qu'elle a porté atteinte au droit à la liberté de religion ou de conviction de certains membres de ces communautés ou groupes. »

- elle se félicite aussi de la transformation de la MILS en MIVILUDE

- elle critique la loi sur le port du foulard à l’école : « Cependant, cette loi prive de leurs droits les mineurs qui ont choisi en toute liberté de porter un signe religieux à l’école par conviction religieuse ». Elle recommande une « application souple ».

- « Durant sa visite, la Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants de certains des groupes religieux ou communautés de conviction qui avaient été inscrits sur la liste de 1996, dont des membres de l'Église de scientologie et des Témoins de Jéhovah. La plupart ont reconnu que leur situation s’était quelque peu améliorée, mais des cas de discrimination illégale ont continué d'être soulevés, notamment dans l’enseignement, du fait d’une campagne antisectes qui est souvent menée sans encadrement approprié, d'où la stigmatisation d'un certain nombre d'enfants qui seraient membres de ces groupes. »

Puis, après un état des lieux extrêmement partial sur l'état de la (des) religion(s) en France, la Rapporteuse soumet ses conclusions:

"84. Par ailleurs, il existe un certain nombre d'affaires pendantes, concernant notamment des questions fiscales, dans lesquelles des groupes religieux ou communautés de conviction ont signalé des cas de discrimination. À cet égard, il a été porté à la connaissance de la Rapporteuse spéciale qu'en vertu de la loi du 9 décembre 1905 certains groupes ou mouvements peuvent bénéficier d.une exonération fiscale sous réserve qu'ils exercent exclusivement un culte, appréciation que certains interlocuteurs ont assimilée à une forme de reconnaissance du caractère religieux du groupe concerné.

85. Enfin, certains groupes se sont plaints de ce que la construction de lieux de culte se heurtait à des difficultés et obstacles et de ce que les centres de détention ne leur soient pas accessibles.

87. Néanmoins, la question de la répression des sectes pose un problème au regard de la liberté de religion ou de conviction, telle qu'elle est protégée par les normes internationales. Suite à l'adoption de la loi About-Picard susmentionnée, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a souligné, dans sa résolution 1309 (2002), que «[s]i un État membre est parfaitement habilité à prendre toutes les mesures qu'il estime nécessaires pour protéger son ordre public, les restrictions autorisées aux libertés garanties par les articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion), 10 (liberté d.expression) et 11 (liberté de réunion et d'association) de la CEDH [Convention européenne des droits de l'homme] sont soumises à des conditions précises [.] [et a] invit[é] le Gouvernement français à revoir cette loi.».

108. Toutefois, elle est d’avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l’égard de leurs enfants.

Au cas où quelqu’un pendait encore que la MIVILUDE avait la même mission que la MILS, la rapporteuse spéciale, elle, faisait très bien la différence : « 110. La Rapporteuse spéciale note que les autorités françaises ont adopté dernièrement une approche plus équilibrée de ce phénomène en ajustant leur politique, notamment par la transformation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Néanmoins, d’autres améliorations s’imposent pour faire en sorte que le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les individus soit garanti et pour éviter la stigmatisation des membres de certains groupes religieux ou communautés de conviction, notamment de ceux qui n’ont jamais commis d’infraction pénale au regard de la loi française. »

« 111. La Rapporteuse spéciale forme l’espoir que les futures initiatives de la MIVILUDES seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu’elles éviteront les erreurs du passé. Elle continuera de suivre de près les différentes actions qui sont entreprises par la Mission interministérielle »

Elle demande aussi que le gouvernement s’implique dans l’orientation religieuse des « groupes religieux ou communautés de conviction »

Accessoirement, l’ONU s’est mise il y a quelques années à réunir des dignitaires religieux de tous les pays et deb_232_charia_onu nombreuses religions, afin de trouver des solutions pour la paix dans le monde. Comme si les religions avaient prouvé leur tolérance et leur ouverture par le passé et encore aujourd’hui ! Beaucoup d’adeptes de la laïcité considèrent d’ailleurs qu’afin d ‘éviter un retour du religieux et de la régression sociale comme au XIX è siècle en France, il faut reléguer les religions à la sphère privée. Donc certainement pas les impliquer dans la politique mondiale !

En dehors de cela, différents groupes sectaires sont reconnus en tant qu’ONG par l’ONU, qui collabore avec à l’occasion et/ ou les finance, tout comme d’autres institutions internationales. Le recours à des devantures humanitaires est un créneau fort apprécié des sectes. Certes, parfois la manip’ rate, mais parfois pas.

Et les sectes ont raison de s’attaquer à l’ONU pour devenir des ONG : une fois que l’ONU leur reconnaît ce statut, il vaut dans tous les pays qui ont signé notamment la convention européenne du 24 avril 1986.

Même la MIVILUDE a prévenu dans son rapport de 2008 que les sectes (en particulier la Scientologie, les Témoins de Jéhovah, les Raëliens et Moon) font du lobbying, notamment auprès de l’ONU ou de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe). Le discours des lobbyistes pro sectes, explique la MIVILUDE, « reprend principalement les arguments de deux mouvements d’origine nord-américaine, qui se présentent systématiquement comme les victimes d’une discrimination religieuse dont est responsable, selon eux, l’intolérance de « la mouvance antisecte » composée d’associations et de certaines institutions étatiques ». Exactement les conclusions de la rapporteuse de l’ONU invitée par Sarko.

Pour reprendre le fil de mes considérations sur sarko et la religion en général, je reviens rapidement sur l’épisode du Conseil français du culte musulman (CFCM), à qui il a donné un véritable rôle politique. Cela signifiait aussi la reconnaissance de l’Islam, toujours dans un pays laïc, afin d’en faire un auxiliaire dans la gestion du culte notamment.

charliehebdon814230108deo1En 2006, Sarko contribue à mettre en place une commission pour « réformer la loi de 1905 » de séparation de l’Eglise et de l’Etat afin de financer les lieux de culte. La commission Machelon, donc, était composée, comme par hasard, uniquement de croyants affirmés, qui concluent notamment que « la majorité des membres de la commission estime que devrait être envisagée la création d’une forme particulière de reconnaissance d’utilité publique pour les activités religieuses ». Or, c’est justement ce que demandent les sectes.

Ladite commission, dans sa liste, ne montre qu’une seule personne ayant un rôle purement religieux1]. Mais on retrouve aussi :

- une ex membre du conseil d’administration du Consistoire de Paris (novembre 2001 à novembre 2005),

- - un membre du bureau du Consistoire central,

- - l’avocat de la Grande Mosquée de Paris, accessoirement délégué général du CFCM,

- le secrétaire général de l'Union Internationale des Juristes Catholiques (UIJC),

- le directeur d'un DEA de droit canonique et directeur de l'unité de recherche Prisme (Politique, religion, institutions et sociétés, mutations européennes) à l'université Robert- Schuman de Strasbourg,

- le secrétaire général de la Fondation pour le protestantisme

- un musulman de la mosquée de Saint Denis et membre du CFCM,

- le directeur de l'Institut Européen en Sciences des Religions, également directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcité

Au final, plus la moitié des membres de cette commission essentiellement composée de juristes et/ou croyants, sont donc complètement impliqués dans des activités religieuses. Et ce n’est pas précisé dans le rapport. Les autres sont des juristes qui sont spécialisés dans le droit religieux. Pour l’impartialité, on repassera.

La commission a même demandé leur avis aux témoins de Jéhovah, ainsi qu’à moult personnages religieux qui ont pu s’exprimer largement et au final, nier les risques sectaires. De l’autre côté, les athées n’ont pas eu voix au chapitre, comme on dit. Et en biais, on s’aperçoit que pour la commission, la laïcité c’est reconnaître tous les cultes, et pas les reléguer dans la sphère privée de laquelle ils ne devraient jamais sortir ou presque.

Enfin, bref. Revenons à Sarkozy.

On se rappelle aussi sa rencontre avec Tom Cruise, en 2004 alors qu’il était aux Finances. Même si cela ne sarkozyreligionso8signifie évidemment pas que Sarko est scientologue, il aurait du savoir qu’une des techniques de com’ de la scientologie est justement de s’approcher de personnalités afin de redorer son image. Surtout, quelque temps plus tard, le VRP de la Scientologie a admis avoir parlé de la secte avec Sarko (qui a toujours nié): «  Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale »

Il y a aussi eu la sortie d’Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet jusqu’en juillet 2008, qui a expliqué à VSD que les sectes « sont un non problème ».

Et puis, Sarko a dézingué sec, dans les rangs de ceux qui tentent de lutter contre les sectes et toutes leurs dérives.

Les cas sont nombreux, mais celui d’un flic des RG spécialisé dans les sectes, Arnaud Palisson, est révélateur. En 2002, alors qu’il travaille dans la section « sectes » des RG, il obtient la plus haute mention et les félicitations du jury pour sa thèse de droit pénal. Dans cette thèse, il énumère les escroqueries et les problèmes posés par la scientologie et ses dérives sectaires. Evidemment, la scientologie a immédiatement porté plainte pour faire annuler ladite thèse.

Et d’un coup, l’éditeur est contacté par la scientologie pour ne pas publier le bouquin de la thèse ni celui qui suit, tout comme Palisson qui a droit à de nombreuses pressions de la part de sa hiérarchie2], à tel point qu’il a fini par émigrer au Canada.

A peu près au même moment, à la chute du gouvernement socialiste, Sarko transforme la MILS (Mission interministérielle de lutte contre les sectes), qui devient la MIVILUDE (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Mais son rôle est axé sur l’observation « des dérives sectaires » et ce qui s’ensuit et non sur la répression des sectes. On parle « d’information » et de « prévention », pas de mesures coercitives.

Mais, elle a juste un petit problème : personne n’a défini les « dérives sectaires », et encore moins en droit.

Au moment de la création de la MIVILUDE, Sarko a quand même cru bon de rappeler qu’on doit garantir le « respect des croyances et de toutes les religions ».

En juillet 2008, Sarko supprime le service des RG qui était chargé de surveiller les sectes, et aujourd’hui, seuls trois policiers de la SDIG (Sous direction de l’information générale) travaillent sur le sujet. D’après le Canard Enchaîné, les flics spécialisés en question n’ont pas le droit d’enquêter sur une catégorie de sectes dites « intrusives », desquelles fait partie la Scientologie. Seule la DCRI3] en a le droit, et ses investigations relèvent du « secret défense », si bien que même la MIVILUDES ne peut accéder aux infos concernant la scientologie, par exemple. Toujours d’après le Canard, un ancien des RG a expliqué que « Quand il est revenu à l’Intérieur en 2005, on nous a fait comprendre que la Sciento n’était plus la priorité ».

charlie_hebdo_scientologie2La rhétorique de la « discrimination »

Le rapport de la rapporteuse de l’ONU dont j’ai recopié certains passages insistait énormément sur la « discrimination » dont étaient victimes des sectes telles que les Scientologues ou les témoins de Jéhovah. Et c’est au nom de la fin des discriminations qu’il serait urgent de donner à ces groupuscules un statut d’association à but culturel ou religieux. La MIVILUDE le disait elle-même en 2008 : « les angles d’attaque sont récurrents : d’une part l’éternelle accusation d’atteintes à la liberté religieuse permettant de mieux victimiser les mouvements sectaires, d’autre part le déni de sectarisme allant de pair avec la négation même de l’existence de victimes de leurs pratiques »

Un des grands arguments utilisés par la Scientologie pour gagner en reconnaissance est de se dire victime de discriminations de la part des autorités, voire de harcèlement. Il y aurait éventuellement discrimination si toutefois la Scientologie était une religion et pas une secte. En plus, le statut donne des avantages fiscaux !

La Scientologie, à force de lobbying, a réussi à se faire reconnaître le statut d’Eglise aux Etats-Unis en 19934], en Espagne, ou en Suède où le « mariage scientologue » est reconnu. Et elle est en passe d’obtenir ce statut dans d’autres pays, comme la Russie, qui vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir violé les libertés d’association et de religion, respectivement articles 11 et 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le motif ? La Russie a refusé d’immatriculer en tant qu’associations religieuses.

Il y a aussi les nombreux pays, comme l’Angleterre, où l’association est considérée comme une association religieuse, et bénéficie d’une exonération de TVA. Pour ce pays, ainsi que pour les Pays Bas, la Suisse, la Hongrie et d’autres… la Scientologie poursuit donc des buts caritatifs et non lucratifs.

Ailleurs, la Scientologie se dit victime de discriminations dans son droit à exercer sa religion. Mais, même là où elle n’est pas la bienvenue, la secte parvient à multiplier les « Eglises » un peu partout en Europe. Et un peu partout, grâce au statut d’association sans but lucratif, elle est exonérée de TVA et/ou d’impôts.

La Scientologie souligne elle-même les énormes avancées obtenues en la matière ces dernières années, mais elle admet que « Ces nombreuses reconnaissances n'ont pas toutes été faciles à obtenir », ce qui suppose que la secte a du mener un certain nombre d’actions de lobbying pour arriver à ses fins.

En Belgique, elle a installé son ses quartiers pour l’Europe, rue de la Loi, dans le quartier des lobbyistes qui lecanardenchainen458510li2jouxte le Parlement et la Commission européenne, et elle a même installé une belle plaque dorée avec son nom écrit en gros, sur la rue. En Flandre, elle a même installé un « centre de dianétique », l’espèce de médecine parallèle prônée dans les bouquins de Ron Hubbard, et un grand centre européen est prévu à Bruxelles. Normal, elle n’est pas considérée comme une secte et a le statut… d’association sans but lucratif (asbl), dans ce pays non laïc.

Chez nous, elle a le statut d’association est encore sur la liste5] des sectes établie par la commission d’enquête du Parlement sur les sectes, en 1996, et elle est considérée comme telle ne serait-ce qu’en raison de la manipulation des gens afin des les escroquer. Les condamnations, bien que relativement peu nombreuses, ne manquent pas, pour rappeler que les groupuscules incriminés sont bien coupables de manipulation et d’escroquerie, et qu’il est très difficile de les quitter, même après qu’on se soit retrouvé surendetté pour la secte.

Mais en ce qui concerne le statut de ces associations, on « présume »6] qu’elles sont non lucratives, et on leur accorde le statut ainsi que les avantages fiscaux qui vont avec. Ainsi, « l’administration doit réunir des indices suffisants montrant leur caractère lucratif avant de pouvoir user de son pouvoir de contrôle ».

Le statut convoité d’association culturelle signifie que l’asso est « formée pour subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice public d'un culte " et devra " avoir exclusivement pour objet l'exercice d'un culte ». Ce statut permet d’hériter de personnes physiques, mortes ou vives, et de ne pas avoir de taxe d’habitation sur les lieux de culte. Pour l’instant, la quasi-totalité de ces associations, en France, sont en rapport avec les religions classiques.

L’enjeu est donc de gagner en respectabilité, notamment en approchant des personnalités. Mais il s’agit aussi de se faire passer pour un mouvement religieux anodin. D’ailleurs, si on regarde l’annuaire en ligne (le 118 000 en l’occurrence), il est mentionné sous l’adresse : « Association religieuse et association philosophique ».


Scientologie__et_arnaque_crimeDe fait, on ne peut pas parler de harcèlement à l’encontre des sectes et autres groupuscules, en France ou même en Europe. Pour preuve, l’épisode du dernier procès en date de la Scientologie.


Et en Europe, la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu aux Témoins de Jéhovah le droit de manifester leur religion, notamment dans l’arrêt " Kokkinakis ". Heureusement, l'administration fiscale considère que cette jurisprudence ne confère pas le statut cultuel aux associations jéhovistes, statut régi par des dispositions spécifiques et demandant le respect de conditions particulières.

Le Conseil d’Etat considère quant à lui que les Témoins de Jéhovah ne respectent pas l’ordre public, tandis que certains préfets, comme ceux de Guyane ou de Saône et Loire estimaient que si, et sont prêts à leur donner le statut d’association culturelle.

Les sectes, en particulier la Scientologie, sont donc pour l’instant occupées à mener leur lobbying auprès des élus nationaux et européens afin qu’ils lâchent la grappe aux sectes. On les trouve notamment, comme tous les autres lobbyistes, au bar du Parlement de Strasbourg lors des sessions parlementaires, munis d’un badge « visiteur » (mais ils se présentent le plus souvent en tant que membres d’ONG pour les droits de l’homme). La délégation de parlementaires hollandais aurait ainsi demandé l’accréditation de lobbyistes scientologues à Strasbourg, pour qu’ils accèdent aux députés et attachés parlementaires.

L’Etat, notamment en France cesse donc de poursuivre les sectes, et tente même de leur faciliter. Goerges Fenech, président de la MIVILUDE, l'a dit également : « De façon générale, on assiste depuis quelques années à un endormissement inquiétant des pouvoirs publics sur le sujet ». En effet, Sarko, lui, en est plutôt rendu à prôner la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels » (sic.).

En fait, l’avancée des sectes va avec le grand retour du religieux sur la scène politique internationale. Sarko est juste dans le mouvement général, quitte à attaquer le principe de laïcité qui pourtant, est censé nous préserver des dérives liées aux sectes, mais aussi aux religions. Le passé nous a suffisamment prouvé que ces groupuscules et autres théoriciens de la foi n’ont jamais apporté la paix sur terre. En légitimant l’ordre établi et en menant les hommes à la baguette, ces courants religieux seraient fort utiles pour canaliser une population de plus en plus avilie, qui risque par conséquent de contester le sacro saint ordre établi.

Il serait bon de rappeler certaines lignes rouges à Sarko, afin d’éviter que, comme en matière sociale, on ne se retrouve en matière de religion plongé dans les pires périodes du XIX è siècle.


[1] Jean-François Colosimo, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe Saint Serge

[2] Qui lui demande notamment de retirer la thèse qui était en ligne sur le Net et le placardise.

[3] Direction centrale du renseignement intérieur, un machin crée par sarko, regroupant RG et DGSE. Elle est basée dans les Hautes de Seine à Levallois Perret (chez Balkany) et est dirigée par Bernard Squarcini, un proche du Chef depuis qu’il a retrouvé Colonna, en 2003.

[4] L’Etat considérait ainsi que la scientologie « œuvrait exclusivement à des fins religieuses et caritatives »

[5] Apparemment, certaines associations ont été mises sur ladite liste de manière un peu intempestive, alors que d’autres comme le Temple Solaire, l’Opus Dei ou les mormons n’y figurent pas. La liste est considérée comme étant périmée, mais il n’y en a pas de nouvelle.

[6] D’après le rapport parlementaire « Les Sectes et l’argent », de 1999.

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