Van Rompuy: l'an 1 de la gouvernance mondiale
Une brève, pour revenir sur le 1er discours d'Herman Van Rompuy, le 1er président de l'Europe. On se
rappelle qu'il a passé un "oral" devant une délégation du Bilderberg venue l'interroger à Bruxelles, moins d'une semaine avant sa nomination. Que les bilderbergers inquiets de sa nomination se rassurent: Van Rompuy a immédiatement tenu un langage apte à rassurer les plus sceptiques.
Son discours montre en effet qu'il a bien l'intention de se tenir dans la ligne du Bilderberg et des autres groupuscules mondialistes. C'est-à-dire avancer à pas forcés vers un super "gouvernement mondial" qui est tellement génial n'est-ce-pas.
Dans le texte, ça donne (après tout le baratin européaniste traditionnel): "2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par l’action".
Plus loin, au cas où on aurait encore cru que l'avis des peuples avait un intérêt quelconque pour nos élites européennes et que le fait qu'on se soit assis sur le vote des peuples n'est pas une gloire, Van Rompuy précise que "Le débat institutionnel est clos pour une longue période. Je souhaite faire fonctionner ce cadre et ces règles librement choisies par tous nos gouvernements. Je le ferai en concertation permanente avec le Président de la Commission et du Parlement européen dans un souci constant d’équilibre entre les Institutions".
Et puis, il y a évidemment la question de l'élargissement ad vitam eternam de l'Europe. jusqu'à tous "les pays qui bien sûr remplissent les conditions". Van Rompuy explique ainsi que "Ce monde n’a d’avenir sans un grand nombre de nos valeurs. D’ailleurs, j’espère que notre Union s’élargira encore les prochains 2 ans et demi à des pays qui bien sûr remplissent les conditions".
Le pote de Van Rompuy, Etienne Davignon, qu'il a croisé notamment au Crown's Council qui réunit l'élite Belge, autour du Roi, est le pilier du Bilderberg depuis des dizaines d'années. Il en est en effet le directeur depuis au moins vingt ans, et a donc participé à l'audition de van Rompuy avant sa nomination.
Et Davignon, a innocemment expliqué au journal EU Observer, en mars 2009, que le Bilderberg, qu'il met au même plan que le très officiel G20, "a aidé à créer l'euro dans les années 1990".
Encore une phrase qui semble anodine, mais qui de fait fait sortir du bois la réunion du Bilderberg, qui se voulait ultra secrète jusqu'à ce que le secret s'évente et que certains journalistes commencent à en parler. alors le Bilderberg contre attaque, en tentant d'apparaître comme légitime, puisque de fait, il existe depuis longtemps et a construit l'Europe. Reste que le Bilderberg n'a aucune légitimité, et ses décisions non plus.
Affaire SNCF: 1 an d'enquête, 0 preuves
Retour sur
l'affaire de Tarnac, cette sombre histoire dans laquelle on voit MAM et les RG
s'acharner contre quelques jeunes gauchistes qu'ils accusent d'avoir
"saboté" une ligne de chemin de fer en novembre 2008.
Aujourd’hui, les « preuves » accablantes qu’on est censés avoir
contre eux depuis le début s’écroulent les unes après les autres sans que MAM
ne change d’orientation : on n'a pas traîné pour les mettre en prison, mais on a beaucoup de mal à admettre les soupçons d’innocence qui pèsent sur les gens arrêtés dans le
cadre de cette affaire SNCF Tarnac.
Il y a quelques jours, les avocats
de Coupat, le principal accusé (d' "association de malfaiteurs à visée
terroriste"), ont souligné publiquement quelques incohérences dans
l'accusation. Par exemple, pour réaliser le trajet qu'on les accuse d'avoir
fait jusqu'à la voie ferrée, ils auraient du rouler à 160km dans une vieille
voiture. Ou, le flic qui est censé les avoir filés pendant plusieurs jours ne
les a pas vus partir. ou encore, les marques de pneus ne correspondent pas avec
les empreintes de la voiture de Coupat.
A l'époque, les Rg avaient qualifié
dans un rapport de 41 pages sorti en juin, la librairie de Coupat à Tarnac de
lieu "d’archives,
d’études et de conspiration", on avait pointé le "milieu radical" etc.
Bref, aujourd'hui, trois des avocats de la défense, qui réclament un "non
lieu rapide", ont déclaré lors d'une conférence de presse tenue juste
après l'arrestation d'un autre gauchiste de Tarnac,
que les flics avaient manqué de "loyauté", et les accusent d'avoir
"falsifié" au moins un procès verbal."Nous avons la
nette impression que policiers et magistrats ont reçu l’injonction de
rechercher des faits susceptibles de revêtir la qualification d’entreprise
terroriste", explique l'un des avocats.
Ah bon, des PV bidons?
Le PV incriminé (D 104, rédigé par
la SDAT, la sous-direction anti-antiterroriste), en principe rédigé par
un flic, raconte par le menu le sabotage soi-disant réalisé par Coupat et Lévy,
entre 4 et 6 heures du matin le 8 novembre 2008.
Une des incohérences est que le
couple de "terroristes" aurait réussi à franchir les grilles de la voie ferrée avec deux fers à béton de plusieurs kilos et au moins une échelle, serait parvenu à poser lesdits fers en
béton sur les lignes à haute tension (15.000V) situées à au moins 5 mètres du
sol, le tout sans s'électrocuter et en moins de 20 minutes. Encore
mieux qu'Intervilles.
Du coup, les avocats pensent que les flics
n'étaient pas sur les lieux et qu'ils ont simplement imaginé le déroulement des
faits.
Le mieux, c'est que jamais le juge
Fragoli (chargé de l'enquête) ne s'est rendu sur les lieux pour vérifier si ces
avérations sont ne serait-ce que réalistes, alors que Coupat a fait six mois de
prison et qu'ils sont encore quelques un à être soumis à un contrôle judiciaire
extrêmement contraignant (par exemple ils ont l'interdiction de rentrer chez
eux).
Et puis, il y a cet agriculteur qui
a d'abord déposé sous X puis sous son vrai nom, et qui considère avoir été
manipulé ainsi que ses propos, et qu'en outre sa déposition est antidatée (le
14 alors que l'audition était le 13). Du coup, les avocats demandent une nouvelle audition.
En fait, les flics lui auraient « demandé » sous la pression de signer un PV en
blanc, et ont ajouté différents éléments à sa déposition, comme le contenu
de mails interceptés.
Du PS à la LCR, toute la gauche
monte au créneau. Certains plus récemment que d'autres, mais hier des
parlementaires PS, PC, Verts et Parti de gauche ont dit qu'il s'agit d'un "scandale d'Etat",
d'un "montage" même.
De fait, après un an de ce que certains qualifient d' "enquête",
force est de constater qu'aucune preuve 'na été apporté à l'accusation.
nous sommes aussi obligés de constater que l'enquête se fait exclusivement à
charge, puisqu'il aurait été très facile pour le juge de démonter une bonne
partie des éléments de l'accusation.
L'avocat de coupat, Jérémie Assous,
considère que certains desdits éléments, tant ils sont incohérents, ont
été complètement fabriqués par les flics, et explique qu'il y a de " fortes
présomptions de falsification, voire de fabrication de preuves".
Un autre
avocat, Thierry Lévy, déclare carrément que "Le
gouvernement a pris la responsabilité d'ordonner des enquêtes en incitant les
policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à
quelque chose qui n'existe pas".
Et comme par hasard, juste avant cette conférence de presse, on arrête un autre
de Tarnac et on prolonge sa garde à vue dans les locaux de la DCRI. Accusé de
terrorisme, il peut faire jusqu'à 96 heures, dont 72 sans avocat.
Le 5 novembre,
à 6h 30, des flics parisiens ont perquistionné un appartement à Rouen: ils
étaient à la recherche d'organisateurs d'une manif de soutien aux inculpés de
Tarnac, le 21 juin à Paris, où les flics ont fiché -et arrêté- autant qu'ils
pouvaient et au cours de laquelle des vitres d'une prison ont été cassées,
notamment par des types masqués. Ils venaient à Rouen parce que la boîte mail
du comité de soutien local avait été créée dans cet appart', d'après les
informations fournies aux flics par Gmail. Accessoirement, des personnes sont
recherchées pour "dégradations" et "violences à agent" mais
attention: "en bande organisée" ce qui alourdit toujours les peines.
Mais les arrestations ont été nombreuses depuis un an (y compris en Allemagne),
et avec l'accusation de
"terrorisme" ou de "soutien à un groupe
terroriste", à chaque fois c'est 72 heures sans avocat, soit trois jours,
en garde à vue dans une autre ville que celle où ils ont été arrêtés. Le temps de
faire avouer à peu près n'importe quoi.
Histoire de
faire comme s'il y avait vraiment des soupçons sérieux, malgré tout. Pourtant,
s’il y avait ne serait-ce qu’une once de début de preuve utilisable, ça fait un
moment qu’ils seraient déjà tous retournés en prison.
Dans un cas "normal", l'instruction aurait déjà pris fin. Mais là,
non. Après que MAM ait étalé ses "preuves" accablantes dans les
médias pour justifier les emprisonnements des types de Tarnac, il est hors de
question de perdre la face. Même si, depuis, le départ, cette affaire
"sent le souffre", il faut continuer le tapage médiatique anti "ultra
gauche", anti "anarcho autonomes", histoire de justifier le
flicage et la répression de tous ces gauchistes bientôt assimilés à des
"terroristes".
A ce propos on se souvient que MAM
avait osé le parallèle entre les inculpés de Tarnac et "les Brigades rouges
en Italie et de la bande à Baader en Allemagne"1].
Eh oui, la preuve: " Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils
n'utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il
est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer",
déclarait-elle.
Ajout du 27/11/09: Le Canard Enchaîné de cette semaine apporte un éclairage nouveau sur cette histoire: d'après l'hebdomadaire, la gendarmerie, d'abord chargée de l'enquête puisque les faits de sabotage se sont déroulés dans sa zone, a quelques doutes quant à la présence des RG sur le bord de la voie ferrée, ce fameux matin du 8 novembre.
D'une, les gendarmes, contrairement à l'usage, n'avaient pas été prévenus par les RG de leur mission sur place. Ensuite, les gendarmes se sont mis à enquêter sur l'enquête menée par les RG au sujet des sabotages, et ont questionné des agents de la SNCF afin de confirmer oud 'infirmer la présence des RG à cet endroit-là, à ce moment-là après que certains gradés aient expliqué qu'ils cherchaient à préciser ces faits.
Or, comme le rappelle Le Canard, "c'est cette présence qui fonde toute l'accusation contre les "saboteurs" présumés". Un magistrat interrogé par les journalistes déclare même à propos des gendarmes que "ce n'est pas une dent qu'ils ont contre la police dans ce dossier. C'est un râtelier".
De fait, les pandores ont qualifié les faits de "dégradations volontaires d'un bien public commises en réunion" par "un groupuscule de la mouvance anarchiste de gauche". On est loin de l'accusation d' "association de malfaiteurs à visée terroriste" que MAM s'est vantée publiquement d'avoir initiée.
Finalement, le 11 novembre 2009, MAM a déssaisi les gendarmes de leur enquête sur les sabotages, ou plutôt devrais-je dire les "attentats", n'est-ce-pas...
[1] Elle a déclaré sur Europe 1 le 23 novembre 2008 que « Nous assistons à des phénomènes qui sont exactement ceux qui ont précédé les attentats des Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne », suite au rapport des RG intitulé 'Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne', dans lequel les flics précisaient –toutes proportions gardées, bien entendu !- que « Les faits et comportements observés sur notre territoire sont similaires à ceux recensés à la fin des années 70 qui avaient été précurseurs de la constitution du groupe Action directe ». Rien que ça... Et il y avait aussi une sorte de liste rouge de gauchistes...
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Anaracho autonomes, un épouvantail de plus?
Deux "Anarcho autonome"s de plus

Compléments alimentaires: affaiblir la population pour vendre des médocs
Un sujet fort
intéressant bien que largement ignoré : la question des vitamines contenues
dans l’alimentation. Derrière cette question qui semble anodine, il y a l’enjeu
de la santé publique. Certains veulent limiter ces vitamines ou carrément les
interdire en tant que compléments alimentaires, comme la FAO ou l’OMS, les
autres affirment qu’on connaît parfaitement les doses à ne pas dépasser et
qu’il n’y a pas lieu de leur faire la chasse. Sauf, peut-être, pour enrichir
l’industrie pharmaceutique…
Alors qu’en 50 ans, beaucoup d’aliments, à cause de la course au rendement, ont perdu la moitié de leur valeur nutritionnelle, les normes en matière d’alimentation font que les quelques vitamines et nutriments qui restent encore sont voués à disparaître totalement ou presque. Un exemple parlant : la pomme de terre, qui a perdu la moitié de ses vitamines, de son fer et un quart de son calcium.
Potatoes, one potato, peeled before boiling, 136g. 100/136=.74
| |
Calcium(mg) |
Iron (mg) |
Vitamin A |
Vitamin C (mg) |
Thiamine(mg) |
Riboflavin (mg) |
Nicacin(mg) |
| 1951 |
11.00 |
0.70 |
20.00 |
17.00 |
0.11 |
0.04 |
1.20 |
| 1972 |
5.74 |
0.49 |
0.00 |
16.39 |
0.09 |
0.03 |
1.15 |
| 1999 |
7.97 |
0.30 |
0.00 |
7.25 |
0.09 |
0.02 |
1.74 |
| % change |
-27.55 |
-57.14 |
-100 |
-57.35 |
-18.18 |
-50.00 |
+45.00 |
Broccoli, Raw, 3 spears,
93g. 100/93=1.08
| |
Calcium(mg) |
Iron (mg) |
Vitamin A |
Vitamin C (mg) |
Thiamine(mg) |
Riboflavin (mg) |
Nicacin(mg) |
| 1951 |
130.00 |
1.30 |
3500.00 |
104.00 |
0.10 |
0.21 |
1.10 |
| 1972 |
87.78 |
0.78 |
2500.00 |
90.00 |
0.09 |
0.20 |
0.78 |
| 1999 |
48.30 |
0.86 |
1542.00 |
93.50 |
0.06 |
0.12 |
1.07 |
| % change |
-62.85 |
-33.85 |
-55.94 |
-10.10 |
-40.00 |
-42.86 |
-2.73 |
Aux Etats Unis, des
études ont montré que ces dernières années, les aliments ont perdu au moins
10% de leur teneur en fer, zinc, calcium, sélénium etc. ce qui diminue
l’apport nutritionnel par calorie consommé et favorise donc l’obésité et
l’affaiblissement de l’organisme. De son côté, l’agriculture bio, avec des
rendements moindres, produit des aliments qui contiennent 20% de certains
minéraux en plus et 30% d’anti oxydants en plus. Dans certaines tomates
biologiques, on a même deux fois plus de certains anti oxydants que pour les
tomates « normales ».
exemple, est
dans la
ligne de mire des autorités sanitaires canadiennes. En effet, le sodium est
accusé de favoriser l’hypertension. Alors, au lieu d’interdire l’alcool ou le
stress au travail, on a mis en place des groupes de travail censés étudier une
limitation de la teneur en sodium des aliments pour que les canadiens en consomment
moins.
En
dehors de cela, certains éléments présents depuis peu dans l’alimentation,
notamment les OGM, réduisent nos capacités à assimiler ces nutriments.
C’est le site du Dr Rath
qui en parle cette fois, un médecin qui se bat pour qu’on reconnaisse les
vertus des thérapies douces au lieu de miser sur le tout chimique. Evidemment,
il est fort critiqué et caricaturé par l’industrie en question.
Là, il
évoque un énième rapport (rapport Cochrane) qui reprend 67 études portant
sur la question, et qui affirme que les vitamines anti oxydantes sont
dangereuses. Ce type d’étude est dans la vague actuelle qui consiste à pointer
les dangers des compléments alimentaires, quitte à exagérer.
Etrangement, parmi les
centaines d’études disponibles (815 apparemment) les auteurs n’en ont retenu
que 67 pour faire un bilan qui se veut affirmatif quant à la dangerosité des
vitamines anti oxydantes.
C’est un groupe appelé Cochrane Collaboration,
qui évidemment se réclame indépendant, et déclare avoir pour but d’informer sur
les soins médicaux qui existent, qui a pondu ladite étude.
Parmi les griefs contre
l’étude en question :
- dans ces 67 études, 47 portent sur des
personnes atteintes de maladies comme Alzheimer, cancers, troubles cardiaques…
et l’étude finale ne tient pas compte des causes de décès, qui sont
automatiquement attribués aux vitamines. En outre, Rath explique que « Si un risque véritable de mortalité lié
aux anti-oxydants avait existé pendant un essai, il aurait été arrêté. Mais
aucune de ces études n'a été arrêtée et les auteurs omettent de donner cette
information »
- dans un certain nombre d’études, les
témoins ont pris des « nutriments testés », mais aussi des produits
pharmaceutiques ou suppléments alimentaires non testés, ce qui implique des
risques d’interférences des produits et fausse l’étude.
- les dosages de vitamines et les durées de
traitement sont très différents d’une étude à l’autre.
- enfin, les auteurs eux-mêmes ont reconnu «
quelques erreurs » dans le analyse d’études.
En 2003, aux Etats-Unis,
on n’a identifié que quatre cas de décès liés aux suppléments de vitamines, dont
deux sont sujets à caution. Mais, 70% des américains consomment des suppléments
composés de vitamines au moins occasionnellement, et 40% régulièrement.
Mais, aucun de ces décès
n’est lié au vitamines incriminées par le rapport (vitamines A et E, bêta carotène).
D’un autre côté, il
semble qu’aux Etats-Unis, les effets secondaires liés aux médicaments sont la 4è ou
la 6è cause de décès des
personnes hospitalisées. En Suède, on considère que plus
de 3% des décès sont liés aux effets secondaires des médicaments[1], ce qui en fait la 7è cause de mortalité.
Sous prétexte de «
sécurité alimentaire », on va finalement empêcher les gens de trouver des
compléments alimentaires qui renforcent leur organisme (même si certains, trop
chimiques, sont plus nocifs que bénéfiques pour l’organisme). Les apports
nutritifs des aliments ont diminué de 50% depuis le milieu du XXème siècle, du
fait de l’industrialisation, de la standardisation alimentaires. A qui profite
le crime ?
Le Dr Rath souligne que
« nos hôpitaux ne regorgent pas
de patients souffrant ou mourrant des effets des vitamines et autres thérapies
naturelles . Par contre, on sait que les effets secondaires des médicaments de
synthèse coûtent réellement 2 milliards de livres aux services de santé
britanniques chaque année ».
Au Danemark, où l’étude
Cochrane a été publiée, les compléments alimentaires sont en passe d’être
interdits à la vente, à
la suite du décès d’un homme qui avait pris un complément (interdit en
France). Et ladite étude est le fruit d’une collaboration de Cochrane avec le Knowledge & Research Centre for
Alternative Medicine (ViFAB) au conseil duquel on retrouve des
médecins également présents dans les autorités sanitaires et le Copenhagen Trial Unit’s Centre for
Clinical Intervention Research, specialisé dans le traitement
chimique de différentes maladies.
En outre, Cochrane
Collaboration, l’organisation « indépendante » qui a publié l’étude mis en
cause par Rath, a aussi proposé au British Medical Journal deux études
largement financées par Pfizer sur des médicaments contre
la migraine, dont l’un était fabriqué par Pfizer. D’ailleurs, Andrew Moore,
le chercheur directeur des deux études qui a aussi été consultant pour
différents labos, aurait carrément revendiqué le parrainage du labo.
Accessoirement, le PDG
de Pfizer, par ailleurs, a été membre de la direction de la maison d’éditions
de Cochrane Collaboration, John Wiley & Sons. Mais revenons à Gluud, qui a
clamé dans son étude publiée dans une revue médicale que les compléments
alimentaires n’aident pas à vivre plus vieux (mais ce n’est pas ce qu’on leur
demande), que la vitamine A et les anti
oxydants en général augmentent
les risques de décès, et qu’il faut donc une réglementation
rigoureuse encadrant leur utilisation.
Une
autre étude dans le même style et tout aussi médiatisée à grand renfort de communiqués
de presse a été publiée à peu près en même temps par Cochrane, juste avant une
réunion du Codex alimentarius (un organisme censé légiférer en matière de norme
alimentaires) qui portait sur ces compléments alimentaires à base de vitamines
et de minéraux.
Une journaliste du Sunday Times qui avait publié
un article reprenant sans aucun recul les conclusions du rapport Cochrane,
Rachel Johnson, a expliqué ensuite avoir subi des pressions afin qu’elle
défende ladite étude. Même si elle considérait qu’il «y avait quelque chose de
louche » derrière.
Le Codex
Alimentarius
C’est une organisation créée
en 1963 par la FAO et l’OMS pour établir des normes internationales en
matière alimentaire
(soi disant
pour « protéger le consommateur », mais en surtout pour faciliter le commerce).
Il y a des Comités
pour presque tous les domaines liés à l’alimentation. Aujourd’hui, plus de
300 normes du codex sont déjà obligatoires, de fait. La plupart datent de
ces dernières années (2006, 2007, 2008…)
Le problème est que l’industrie
y est fort bien représentée, et que le Codex a tendance à faire la chasse aux
vitamines, compléments alimentaires et autres thérapies naturelles basées sur
une meilleure alimentation.
C’est d’ailleurs en
décembre de cette année que doit être prise une législation très contraignante
portant sur les compléments alimentaires. Or, les normes, minimales, du Codex,
sont recommandées pour éviter de perdre dans un conflit à l’OMC, qui a reconnu
lesdites normes. En effet : une réglementation plus contraignante sera
assimilée à une barrière non tarifaire au commerce, un peu comme quand les
Etats Unis portent plainte à l’OMC contre l’Europe qui refuse ses poulets aux
hormones.
En revanche, les OGM[2],
les pesticides, ou
le sel et les mauvaises graisses ne posent pas de problème aux types du Codex.
Et la définition qu’il donne des produits biologiques permet d’y ajouter des
additifs dangereux comme le dioxyde de soufre qu’on met par exemple dans le vin « bio » ou le carraghénane,
pour que l’industrie agro alimentaire puisse faire du bio sans changer son mode
de production. Mais cette question mériterait un article à elle toute seule.
Revenons aux compléments alimentaires.
En 2005, la commission du Codex a adopté le projet de
directives en matière de compléments alimentaires à base de vitamines et
sels minéraux, qui établissent des critères en ce qui concerne les teneurs
maximales et minimales par portion journalière, le conditionnement et
l’étiquetage de ces compléments quand ils sont alimentaires.
Immédiatement, ça
embraye dans les autorités sanitaires nationales. Dès juillet 2009, on profite
de la loi hôpital, Patients, Santé et Territoires (sic.) pour confier à l’Afssa
(Agence française de sécurité sanitaire des aliments) « la mise en œuvre du système de vigilance
sur les nouveaux aliments, les compléments alimentaires, les aliments qui font
l’objet d’une adjonction de substances à but nutritionnel ou physiologique
ainsi que sur les produits destinés à une alimentation particulière
». Première phase : « identifier
les effets indésirables liés à leur consommation », bien qu’il ne
s’agisse absolument pas d’une priorité sanitaire, contrairement aux OGM ou aux
graisses saturées.
Anthony Taylor, qui
observe le Codex pour le compte de la national Health care Federation, explique
ainsi qu’ « il est tout à
fait clair que le Codex privilégie toujours les intérêts économiques, surtout
ceux des industries pharmaceutiques, chimiques et génétiques, avant ceux de la
santé humaine. Il ne fait donc aucun doute que Codex est bien un instrument des
forces qui poussent pour la « globalisation »(…) En contrôlant, et en limitant, l’accès à
des aliments et compléments alimentaires sains et sûrs, le Codex, en fin de
compte, protège surtout les intérêts des grandes multinationales
pharmaceutiques. Pour cette industrie, tout ce qui développe la bonne santé,
aux dépens de la maladie, est une menace directe au développement des ventes de
drogues chimiques synthétiques, brevetées. »
En 1979 le Codex publie
le ‘Codex general
guidelines on claims’, révisé en 1991, un document qui prétend que seuls
les produits pharmaceutiques chimiques sont bons pour la santé. Et le texte
interdit de dire que :
- une alimentation normale n’apporte pas
suffisamment de nutriments pour être en bonne santé
- qu’on peut aussi se soigner, même en
partie, avec une alimentation adéquate et/ou des compléments alimentaires.
- certains aliments sont dangereux. Ce qui
devient pourtant de plus en plus le cas.
Dès
lors, toute information qui ne va pas dans le sens du Codex est interdite. Le
monopole de la vérité médicale appartient donc aux industriels.
Le
13 mars 2002, le parlement européen entérine une
réglementation très contraignante au sujet des thérapies naturelles et des
compléments alimentaires[3],
malgré près de 400 millions de signatures pour défendre les thérapies
alternatives. Ainsi, un pays ne peut autoriser des compléments alimentaires non
avalisés par le Codex, mais il a le droit des les interdire complètement. Des
quantités maximales et minimales de vitamines etc. sont établies.
Dès
juillet 2005, il est question d‘appliquer toute une série de normes du Codex,
par exemple :
- l’ionisation des
aliments, c’est-à-dire leur irradiation au cobalt afin, soi disant, des les
« décontaminer ». La mesure devrait prendre effet incessamment sous peu.
- La suppression
des suppléments alimentaires naturels, qui seront remplacés par des espèces de
copies synthétiques fabriquées par les labos et faiblement dosées.
- La suppression
progressive des médecines alternatives comme par exemple la médecine indienne
ayurvédique, qui fait pourtant ses preuves depuis des dizaines de siècles
et n’a rien de nocif puisqu’il s’agit d’être en harmonie avec sa nature et avec
la nature.
- L’agriculture
sera réglementées via les normes du Codex, qui sont loin de favoriser
l’agriculture biologique.
Un
exemple de non sens : l’irradiation des aliments
L’irradiation
au cobalt émet des rayons gamma radioactifs et peut détruire les cellules
en 24 heures avec une forte irradiation (10.000 radons). A des doses moins importantes,
cela freine ou arrête la division cellulaire. Au passage, on sait que cela
élimine une partie des substances contenues dans le produit irradié, comme les
vitamines ou les oligo éléments.
Ainsi,
des algues
soumises à cette irradiation ont moins de chlorophylle a/L que les plantes
non irradiées, mais plus de chlorophylle a dans chaque cellule que les algues
non irradiées.
L’irradiation
permet de retarder le mûrissement des fruits et légumes, peut tuer les
bactéries responsables du pourrissement ou les insectes. En France, les herbes aromatiques
surgelées sont ionisées, ainsi que l’ail, les oignons, les échalotes, qui
normalement sont des aliments très nutritifs, mais aussi les germes de céréales
pour produits laitiers, la farine de riz, la volaille, les cuisses de
grenouille congelées, les crevettes congelées, le blanc d’œuf…
jus d’orange.
En
outre, l’irradiation qui détruit des éléments, en crée d’autres, dont
certains sont cancérigènes comme les cyclobutanones qui apparaissent dans les
aliments uniquement avec l’irradiation d‘acides gras et sont responsables de
dommages génétiques chez les rats, le
benzène, le xylène ou le toluène, responsables de l’apparition de
cancers… Mais bien sûr, aucun risque pour la santé !
Et
puis, l’irradiation fait muter
génétiquement les aliments: au bout d‘une heure de rayons gamma, toute la
structure moléculaire de l’aliment est cassée, l’ADN est détruit et il n’y
a plus rien de vivant à l’intérieur, sans que l’aliment en question ait changé
de forme à l’extérieur.
Il
y a donc une autorisation pour irradier un certain nombre d’aliments, mais en
2002 un rapport européen montrait que 2,7%
des 5.000 échantillons alimentaires testés dans différents pays européens
étaient irradiés et non étiquetés comme aliments irradiés. 29% des compléments
alimentaires censés améliorer la santé étaient irradiés !
Des
pays comme le Brésil, la Thaïlande ou l’Afrique du Sud ont l’habitude
d’irradier les fruits et légumes exportés. La Chine a 50 centres d’irradiation
pour l’alimentation, contre 7 en 2003, et en Europe, plus de 15.000 tonnes
d’aliments ont été irradiées. Evidemment, les contrôles sont quasi inexistants,
puisque d’après les scientifiques autorisés, il n’y a aucun risque. En France,
on ainsi eu droit à 216
contrôles pour 3.000 tonnes de produits alimentaires irradiés alors qu’en
Allemagne, il y a eu plus de 4.000 contrôles pour 340 tonnes.
Dès
les années 50, on avait
montré que des animaux qui consomment des aliments irradiés souffrent de nombreux
problèmes sanitaires, que certains en mouraient prématurément, que d’autres
avaient des anomalies génétiques, d’autres faisaient des fausses couches,
avaient des problèmes de reproduction, du système immunitaire, des hémorragies
internes mortelles, des tumeurs, des problèmes de croissance et des carences
nutritionnelles.
En
novembre 2008, une boîte d’aliments pour chats a du retirer toute une gamme de
produits qui avaient été irradiés à fortes doses car un groupement de
vétérinaires australiens avait remarqué des troubles neurologiques chez les
chats qui en avaient mangé.
Et pour preuve que les
anti oxydants sont bénéfiques, voici un article sur une trouvaille récente en
la matière : « Les chercheurs
de l’Unité de Recherche sur les Herbivores de l’Inra et la société
Phytosynthèse ont mis au point un mélange antioxydant de vitamine E et de
différentes plantes capable de protéger de l’oxydation les acides gras
essentiels de type oméga 3, de la viande chez les bovins en production. Ce
mélange valorisé par un brevet (EP 1902631), lutte efficacement contre les
radicaux libres générés par le stress des animaux et permet d’obtenir des
viandes d’une plus grande valeur nutritionnelle ».
Question
à dix mille : à qui l’OMS a t-elle confié la mission d’évaluer la dangerosité
des aliments irradiés ? A l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie
Atomique, qui a pour but de promouvoir le nucléaire.
Pourtant,
l’OMS, la FAO, le Codex, la Commission européenne en font une panacée en se
réfugiant derrière l’argument de la santé publique !
La
chasse au millepertuis, concurrent du Prozac
Le
cas du millepertuis,
une plante utilisée depuis des siècles pour ses effets sur l’humeur et qui
pousse partout, est également révélateur de cette tendance à empêcher les
remèdes naturels de trouver leur place.
Le
millepertuis, donc, s’utilise à l’état naturel pour régler
les troubles de l’humeur (les dépressions « légères et moyennes » du moins,
mais aussi l’asthme, les bronchites, les sciatiques…), et a l’avantage de ne
pas entraîner d’effets secondaires, ce qui n’est absolument pas le cas des
traitements chimiques. Mais surtout, il est au moins aussi
efficace sur le long terme que les médocs.
On
sait en revanche que les « médicaments » contre la dépression ont une fâcheuse
tendance à rendre suicidaires certains patients.
Dans
un pays où un tiers des gens sont sous médocs pour une dépression ou quelque
chose qui s’en approche, l’idée d’utiliser des plantes efficaces et sans effets
secondaires devrait faire son chemin. Mais, non.
Le
problème du millepertuis ? Certaines autorités sanitaires considèrent qu’il
peut interagir avec des médicaments, et qu’il est, par conséquent, dangereux.
L’Allemagne
l’a ainsi classé dans les anti dépresseurs, et le millepertuis ne s’obtient
plus que par ordonnance[4]. Et en
France, la DGCCRF
(directions générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes) a décidé de
l’interdire en 2000 car il réduisait
l’efficacité de certains médocs comme le Prozac, selon l’Afssaps[5] (Agence
française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé). Des agents
de contrôle ont même fait le tour des pharmacies pour être sûrs qu’aucune boîte
de millepertuis n’était vendue, ce qui a occasionné quelques saisies de la
vilaine plante un peu partout en France.
En
2001, une seule société, Arkoparma,
commercialise 80% du millepertuis vendu en France, car l’autorisation de
fabriquer des produits à base de millepertuis n’est octroyée qu’au compte
goutte par l’Afssaps.
Pendant ce temps-là, les cultivateurs bio et autres qui
en cultivent se
voient saisis et poursuivis puisqu’il est interdit de consommer et de
produire cette plante (à cause des interactions avec les médocs). D’autres
plantes séchées vendues en sachet sont interdites, comme le buis, le bleuet, la
prêle, le souci, connaissent le même sort…
En
2002, il revient… avec le statut de médicament. On en peut donc plus s’en
procurer normalement (dans les herboristeries par exemple), et la production
est contrôlée.
Depuis
2000 environ, le millepertuis est la cible de nombreux articles qui pointent
sa dangerosité. The Lancet
l’a fait, mais le Quotidien du Médecin, en France, l’a fait aussi presque en
même temps.
Plus récemment, en 2005, l’Afssaps a décidé de retirer de la vente et d’interdire la fabrication de tout un tas de produits utilisés en phytothérapie, qui sont en France considérés comme des médicaments « par fonction ». C’est-à-dire que sans être des médicaments, on les utilise pour se soigner et donc ce sont des médicaments, réglementés et contrôlés comme tels. Enfin, beaucoup plus que les vrais médicaments pour lesquels les effets secondaires ne sont pas vraiment un frein. Parmi ces produits, le millepertuis, mais aussi l’aloe vera, l’ephedra, le gui, la rhubarbe…
Au
Québec aussi, le millepertuis est en passe de devenir un monopole des
pharmacies et des médecins. L’Ordre des pharmaciens veut en effet de le retirer
de la vente libre et le classer comme médicament en raison des interactions
avec les médicaments. Exactement le débat qu’on a eu en France quelques années
plus tôt.
Enfin, le millepertuis
comme les autres plantes d’ailleurs, n’est pas brevetable et ne rapporterait
donc pas grand-chose à l’industrie, qui préfère les mélanges chimiques bien
plus rentables. Les labos ont peur de tous ces remèdes naturels, qui en plus
sont préventifs. Pfizer, qui vend un médoc proche du prozac, le Zoloft, a par
exemple racheté en 2000 une boîte qui vendait du millepertuis, Warner Lambert,
pour… faire
cesser la production.
Finalement,
même l’OMS a reconnu l’efficacité du millepertuis, au moins pour les dépressions
« légères et moyennes ». On les trouve en pharmacie (Mildac de Merck et Procalmil
d’Arkopharma) pour les dépressions, mais bien sûr on recommande d’éviter
d’en prendre avec des médocs comme le Prozac.
Il
reste donc une grande part d’hypocrisie au sujet du millepertuis, que les
laboratoires essaient de cantonner à une utilisation minimale. On a par exemple
pensé l’utiliser contre l’hyperactivité des enfants, mais comme des études
ayant réalisé des tests qui n’ont duré que
huit semaines alors que le millepertuis met 4 à 8 semaines pour agir, on
n’a évidemment pas démontré qu’il était plus efficace que des médocs.
Aujourd’hui,
le millepertuis est considéré en France comme un complément alimentaire et est
soumis aux règles de plus en plus restrictives sur les compléments
alimentaires. On ne le trouve qu’en pharmacie, produit par des labos. Du coup,
certains amateurs de tisane au millepertuis se demandent pourquoi la plante ne
fait plus d’effet ou presque.
On
s’en rend vite compte : les mesures sanitaires prises un peu partout ne vont
pas dans le sens de la santé des consommateurs mais dans celui de l’industrie
pharmaceutique et agroalimentaire qui ont un poids énorme dans les décisions
prises en la matière.
La
logique voudrait que les organismes sanitaires soient davantage inquiets des
risques des OGM et des taux de suicide liés au Prozac qu’à l’interdiction des compléments
alimentaires. Mais, non : c’est tout l’inverse. Si on n’a pas l’esprit mal
tourné, on pourrait être perplexe.
[1]
Essentiellement des hémorragies liées à des médicaments tels que l’aspirine.
[2] En 2007, après
trois ans de discussions, le Codex a refusé le principe de précaution, et de
faibles teneurs en OGM sont admises. A peine a t-il émis quelques
recommandations concernant l’étiquetage.
[3] Dont la
définition, selon le texte, est « denrées alimentaires dont le but est de
compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée
de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou
physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses, à savoir
les formes de présentation telles que les gélules, les pastilles, les
comprimés, les pilules et autres formes similaires, ainsi que les sachets de
poudre, les ampoules de liquide, les flacons munis d'un compte-gouttes et les
autres formes analogues de préparations liquides ou en poudre destinées à être
prises en unités mesurées de faible quantité »
[4] Où près de 3 millions
d’ordonnances prescrivent du millepertuis chaque année.
[5] Après que les autorités sanitaires US aient fait de même suite à un article paru dans la revue médicale financée par l’industrie pharmaceutique, The Lancet, en février 2000.

Présidence de l'Europe: montrer patte blanche au Bilderberg
Une info particulièrement intéressante, bien qu’elle soit sortie de manière parfaitement anodine dans les médias économiques Belges. De quoi s’agit-il ? Le premier ministre Belge, Herman Van Rompuy (chrétien démocrate), pressenti pour devenir le premier président de l’Union Européenne, a été présenter son programme devant le très démocratique groupe Bilderberg. Comme au temps où les présidents du Conseil devaient faire valider leur programme par les actionnaires de la Banque de France, dans les années 30.
Le Bilderberg, j’en ai déjà parlé à maintes reprises. Depuis les années 50, une fois par an, se réunissent les
pontes de certaines multinationales bien placées, comme BNP Paribas, Axa, Rothschild, Lafarge etc. Mais aussi, de nombreux représentants politiques bien placés, tels que DSK, Etienne Davignon, Bernard Kouchner, Barroso, Pascal Lamy, et on a pu y croiser aussi Jean François Copé, Manuel Valls, Christine Lagarde, Xavier Bertrand ou Denis Olivennes plus récemment. Les piliers de ce groupe d’influence, depuis l’origine, sont David Rockefeller et le prince Bernhard des pays bas, remplacé depuis par la reine Béatrix.
En France, les piliers qui viennent quasiment à toutes les réunions sont Thierry de Montbrial, le président de l’Institut Français des Relations Internationales, un think tank atlantiste, Nicolas Baverez, chroniqueur du Point… Mais des boîtes comme Axa (d’où vient Bertrand), Lafarge, la Société générale, Coca Cola, Lazard, ING, la banque Goldman Sachs, la Chase Manhattan Bank et bien d‘autres y sont systématiquement représentées.
Le Bilderberg est en connexion avec la Trilatérale, présidée par Rockefeller, et l’European Round Table, le lobbie des multinationales présentes en Europe, ce qui augmente encore l’influence des ces réseaux de pouvoir.
De quoi y parle-t-on ? Difficile de le savoir exactement, puisque les réunions sont totalement secrètes. On a quelques fuites, et quelques déclarations fracassantes de ceux qui ont assisté à la réunion.
En gros, on y parle des enjeux mondiaux, économiques, politiques, militaires et sociaux. Depuis le début, le Bilderberg a une grande influence sur les décisions européennes. Normal : les pionniers de l’Europe tels qu’Antoine Pinay ou Guy Mollet pour la France ont participé aux premières réunions, au moment où il s'agissait de jeter les bases de la "construction européenne". En 2009, ils ont parlé du traité européen qu’il faut faire avaler à l‘Irlande, de taxe mondiale sur le carbone, de l’Iran, de la grippe H1N1… Et on sait qu’une grande partie de leurs prédictions finissent par arriver. Car il ne s’agit pas de « prévisions » à proprement parler, plutôt d’un programme de gouvernance mondiale.
Quand le Bilderberg choisit les chefs de l’Europe
Bref, officiellement on se réunit et on cause entre gens bien élevés. En réalité, on se rend compte que des décisions sont prises quant aux orientations en matière de politique et d’économie internationales.
Et voilà qu’on apprend que l’un des candidats à la présidence européenne, le premier ministre Belge sorti de nulle part Herman Van Rompuy, a été s’expliquer devant le groupe Bilderberg ce week end, où il se serait légèrement planté en évoquant un impôt vert made in Europe. Comme le dit la RTBF, « ses propos circulent aujourd’hui dans toutes les capitales européennes au risque d'hypothéquer ses chances dans la course à la présidence du Conseil de l'Union, à quelques jours du sommet européen extraordinaire du 19 novembre » preuve que l’influence du Bilderberg et ses réseaux ne sont pas un mythe.
Mais van Rompuy est assez proche du vicomte Belge Etienne Davignon, le secrétaire du Bilderberg depuis près de quarante ans, memebre de l’European Round Table of Indutrialist, ponte de la Société Générale et ancien vice président de la Commission européenne, qu’il fréquente au sein du King’s Crown Council où on retrouve l’élite politique Belge.
Alors certes, ledit président ne sera pas élu. Mais que ce soit une réunion totalement informelle des « élites » financières et politiques mondiales qui choisisse le candidat est proprement inacceptable. Ce n’est plus d’un gentil « déficit démocratique » dont il s’agit, mais d’une oligarchie de fait.
Accessoirement, on notera que pour la première fois, on entend parler d’une réunion du Bilderberg en dehors de la grande réunion annuelle qui a lieu vers avril-juin. Y’ aurait-il une urgence à nommer un leader maximo pour l’Europe ? Serait-on déjà à la phase terminale du processus vers un gouvernement mondial ? En outre, c’est aussi la première fois que les médias nationaux Belges évoquent franchement le Bilderberg et son rôle.
Mais, ce n’est pas rassurant : s’ils parlent du Bilderberg, les médias se gardent en revanche de critiquer le
groupe, et encore moins son action, antidémocratique s’il en est.
Nous sommes face à une usurpation de la souveraineté populaire qui pourtant, est à la base de ce « pacte républicain » au nom duquel le peuple accepte d’élire des représentants.
D’autre postulants au poste européen, comme l’anglais David Miliband ou l’ex premier ministre hollandais Balkenende sont aussi dans les petits papiers du Bilderberg. A tel point que certains demandent à ce que les pays nomment clairement leurs propres candidats, et pas ceux du Bilderberg ou de la Trilatérale.
Drôle d’impression, et le sentiment que surtout, rien ne va s’améliorer, bien au contraire. Les élites ont la main et ne veulent pas la perdre après 60 ans de travail pour en arriver là.
La saga européenne continue à éloigner les décisions de la population, à quand le point de non retour ?
Libre commerce : la Commission bosse (encore) pour les multinationales
Ce n’est pas un scoop, la Commission européenne, cet organe très démocratique, collabore étroitement avec les multinationales. Le Corporate Europe Observatory, qui tente d'informer sur les dérives du lobbying à Bruxelles et son impact sur la politique menée, pointe cette fois-ci le travail de groupe de l'ex commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avec Business Europe1, le lobby des multinationales pour faire triompher le libéralisme.
Cette collaboration s'inscrit dans le cadre de la "stratégie" Global Europe: competing in the world, censée relancer la "stratégie de Lisbonne". Or, ladite stratégie ‘Global Europe’ est particulièrement favorable aux multinationales : il s’agit, n’est-ce-pas, d’ « ouvrir », en concertation avec les entreprises, le commerce au maximum, c’est-à-dire éliminer un maximum de ces affreuses « barrières commerciales »2] qui menacent la prospérité des actionnaires.
Alors, la Direction Générale du Commerce de la Commission européenne (DG Commerce) va chercher à lancer toute une série de nouveaux traités de libre échange régionaux et bilatéraux, de réviser le marché commun, d’avoir le meilleur accès possible au marché et aux ressources des autres pays, en gros : on libéralise à fond. Mais, chez les autres, surtout. D’ailleurs, ça plaît tellement aux multis européennes qu’elles pondent, en octobre 2008, un rapport quasi identique, comme si celui de la DG était un brouillon : Going Global – The way forward.
Voici quelques super mesures du Global Europe :
- il faudrait qu’avant de voter une nouvelle loi ou norme quelconque on évalue son impact sur la compétitivité
internationale des entreprises européennes. Génial : au cas où il restait un peu de droits sociaux, ils feront partie du passé. Par exemple, on regardera si la création d’un salaire minimum européen peut nuire à la compétitivité des entreprises. Idem en matière sociale, ou d’éducation…
- avant chaque mesure, il faudrait regarder ce qui se fait en la matière un peu partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis afin d’établir une « convergence réglementaire ».
- on veut aussi lutter contre les restrictions à l’accès aux ressources naturelles pour les entreprises européennes. Un pays qui veut préserver son écosystème ou conserver des terres pour les populations indiennes, comme cela se fait beaucoup en Amérique Latine, n’y arrivera plus. Dans un texte de la commission, dans la version anglaise seulement: « Unless they are justified by security or environmental reasons (e.g. sustainable management of natural resources, the Basel Convention on exports of dangerous waste, the Montreal Protocol on substances which deplete the ozone layer, or unilateral export bans for dangerous products that are banned in the territory of a country), all restrictions on access to resources should be eliminated. It is also essential to ensure access to networks, in particular energy”3]. Exactement ce que disait l’UNICE en 2006.
- on veut aussi, comme le demandent beaucoup de multinationales (et comme le font les Etats-Unis), multiplier les traités de libre commerce et les accords bilatéraux, surtout avec les économies en plein boom comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Asie du Sud Est.
Ce projet Global Europe remonte à 2005, quand Barrosso se met en tête de faire rattraper à l’Europe son « retard » de compétitivité par rapport aux Etats-Unis.
La DG Commerce de la Commission lance donc une consultation auprès de la société civile, et ajoute les remarques émises par les entreprises, et elle envoie le tout à Business Europe, qui se dit très satisfaite.
Et puis, histoire d’être sûrs que le sujet devienne incontournable ça s’enclenche. Voici le programme rien que pour la fin 2006 :
- Septembre 2006 : communication de la Commission sur les aspects extérieurs de la compétitivité
- Septembre 2006 : règlement de la Commission établissant un instrument d'action contre les pratiques restrictives sur les marchés publics des pays tiers (instrument consacré aux marchés publics extérieurs)
- Octobre 2006 : communication de la Commission sur une stratégie révisée pour l'accès au marché
- Novembre 2006 : communication de la Commission sur les outils de défense du commerce
- Novembre 2006 : communication de la Commission sur le commerce et les relations d'investissement entre l'UE et la Chine
Et ainsi de suite…
Mais à côté de toutes ces gesticulations officielles, les différents lobbies des entreprises européennes, dont Business Europe4], ont multiplié les réunions avec Mandelson et ses collègues de la DG. Pour ces discussions, Business Europe s’est alliée avec d’autres groupes d’intérêts comme l’ European Services Forum (ESF), crée en 1995 par l’ex commissaire européen au Commerce, Léon Brittan et le secrétaire d’Etat US au commerce, Ron Brown.
Le 28 octobre 2008, Business Europe se saisit carrément du sujet et organise sa conférence de presse … à la DG du Commerce. Accessoirement, les partenaires du raout étaient des boîtes comme BASF, Arcelor, Exxon, Rio Tinto, IBM, Caterpillar, Solvay L’objet était d’évaluer les premières années de Global Europe grâce à des intervenants tels que l’ultra libéral commissaire à l’Industrie Günter Verheugen, celui au Développement, le libéral Belge Louis Michel, celui du Commerce Extérieur, David O’Sullivan, celle du Commerce européen, Catherine Ashton, ou encore le commissaire à l’Education, Jan Figel. Mais on avait aussi John Monks, le président de la confédération européenne des syndicats (CES) ou la directrice de l’organisation européenne des consommateurs, au milieu de hauts cadres de multinationales. Que du beau linge, dans un curieux mélange des genres.
Et puis, Business Europe & Co ont eu un œil sur la mise en place de la stratégie. Le lobbie avait ainsi accès à des informations sur les traités bilatéraux en cours de négociation, alors que les autres groupes d’intérêt comme par exemple les syndicats n’ont pas ces faveurs.
Il y a ainsi eu des réunions entre des représentants de Business Europe et Gunter Verheugen ou David O’Sullivan en juillet 2007, pour discuter « des relations transatlantiques, de l’OMC et des relations bilatérales avec la Chine et la Russie », d’après le lobbie lui-même. Parce que tout cela est normal, bien sûr.
Et pour mieux anéantir les « barrières au commerce », on a même mis sur place un truc qui s’appelle Comité Assesseur de
l’Accès aux Marchés, dans le but de favoriser la coopération entre la Commission, les Etats membres ou les entreprises. Il se réunit chaque mois et on y discute de comment faire tomber les affreuses « barrières au commerce ».
Le commerce n’est hélas pas le seul domaine dans lequel la Commission et les multinationales travaillent la main dans la main. C’est comme ça pour à peu près toutes les matières dans lesquelles intervient la commission. A force, ça pourrait même avoir l’air normal… Sauf que les intérêts des multinationales et de la population ne sont pas les mêmes, bien au contraire, et que la Commission est loin de se préoccuper autant de l’avis européens que de celui des multinationales, ce qui crée un énorme déséquilibre.
[1] Ex UNICE, qui regroupe des fédérations patronales nationales, comme la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), la CEOE (Confédération des Employeurs Espagnols), le MEDEF, la CBI (Confederation of British Industry), la Confindustria italienne et tant d’autres, y compris la Turkish Industrialists' and Businessmen's Association (TÜSIAD). Depuis 2005, le président est Ernest Antoine Sellière, l’ex patron du Medef.
[2]C’est-à-dire, dans leur jargon, les acquis sociaux et les normes environnementales, par exemple, qu’on appelle les « barrières non tarifaires ».
[3] cf. la Commission européenne dans une communication au Conseil, au Parlement, au Comité Economique et social européen et au comité des régions : « Bien qu’elles soient justifiées par la sécurité ou des considérations environnementales (gestion durable des ressources, convention de Bâle sur l’exportation de produits toxiques…) toutes les restrictions à l’accès aux ressources doit être éliminé. C’est également essentiel pour assurer l’accès aux réseaux en particulier l’énergie. »
[4] Qui aurait eu au moins sept réunions avec la DG et/ou Mandelson autour du projet « Global Europe » entre février 2005 et octobre 2006. Et cela, en plus des autres réunions portant sur d’autres sujets. En 2007, Business Europe aurait aussi reçu de la Commission une subvention de 749.675 € en 2007.

La régulation financière joue l'arlésienne
Au
cas où certains auraient abusé sur les pilules roses, voici une sorte de résumé
d’une étude sur le lobbying anti-réforme dans banques, auprès de la Commission
européenne censée prendre les mesures en matière de régulation financière. Depuis
le début de la crise, outre leurs activités spéculatives traditionnelles, les
banques ont mis le paquet sur le lobbying (mais officieux) auprès, notamment,
de la Commission européenne.
C'est ALTER EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation), un
groupe d'information sur le lobbying à Bruxelles, qui met les points sur les
'i': la grande majorité des experts financiers qui conseillent la Commission
européenne représentent des banques et des investisseurs responsables de la
crise économique globale. C'est ce que dit un
rapport intitulé "Une Commission captive".
On sait au vu des textes européens que ladite Commission a une fâcheuse
tendance à prêter une oreille attentive aux lobbies divers et variés. Mais,
surtout ceux des banques (cf. CECA, Marché commun, "concurrence libre et
non faussée", euro etc.).
En
général, les lobbies et autres s’incrustent dans les groupes d’experts que la
commission réunit systématiquement avant de légiférer. Ou alors, ils sont
carrément à l’origine des textes.
En
l'occurrence, il s'agit de peser sur les décisions qui seront prises (ou pas,
du coup), en matière de régulation.
Le système est simple: des "groupes d'experts" (qui pullulent)
conseillent les représentants européens de la Commission en matière de
finances.
Détail
important: les groupes d'experts en question sont largement composés de
personnes issues de l'industrie financière, y compris celle des paradis
fiscaux. Dans les 19 de ces groupes qui conseillent en matière de politique
financière, il y a 229 personnes issues de ladite industrie, contre 150 issues
de la société civile.
Et
c’est pareil dans tous les groupes, en fait. Alter Eu a observé au moins 110
groupes d’experts dans lesquels les représentants du monde des affaires sont le
groupe le plus important, et 40 dans lesquels ils sont plus nombreux que les
représentants de la société civile, les élus, les syndicats etc.

Du coup, pour résumer, les banques fixent elles-mêmes les risques qui leur
conviennent. Comme par hasard, depuis des plombes, la tendance est au laxisme.
Ce qui nous a amené là où on en est aujourd'hui. Mais, bref.
C'est ainsi que, par exemple:
- la
régulation des hedge fund a été confiée à des groupes d'experts qui ont
recommandé de continuer avec la régulation "light" qui a tant
bénéficié à tout le monde...
- les
agences de notation des crédits (qui sont censées évaluer les risques encourus
avec un crédit ou une obligation) ont expliqué à la Commission que des règles
de notation n'étaient pas nécessaires. Pourtant, il est vrai que les notations
excessivement euphoriques desdites agences ont largement contribué à
l'emballement sur les crédits pourris qui a mené à la crise.
On
retrouve donc des personnes représentant de banques telles que Barclays, ABN
Amro, Merrill Lynch, Lloyds, Goldman Sachs, Paribas, BNP… qui ont participé aux
groupes de travail préparatoires au FSAP (Financial Services Action Plan) de la
Commission, censé réguler le secteur financier européen. Sans surprise, les
normes sont un peu moins contraignantes à chaque révision.
Après
avoir établi ces normes, la Commission s’est occupée en 2001 de réformer la
manière dont sont prises les décisions européennes en matière de régulation
financière, afin de les « harmoniser » et de créer un marché commun
des services financiers. Détail significatif : on appelle ça le « Lamfalussy Process »,
du nom du banquier qui a piloté le groupe de travail.
Je vous le donne en mille :
ledit groupe était composé de huit personnes, dont 4 membres de fonds
d’investissement, deux banquiers nationaux, et un du New York Stock Exchange.
A aucun moment du processus de décision,
le Parlement n’est consulté.
Ce sont des groupes comme le Committee of European Banking
Supervisors (CEBS), le Committee of European Insurance and Occupational
Pensions Supervisors (CEIOPS, dont 14 des 17 membres sont liés au secteur
financier privé), et le Committee of
European Securities Regulators (CESR, composé de 13 représentants du secteur
financier privé) qui mettent les réformes sur les rails et les font avancer
jusqu’au bout.
En
pleine crise, le « groupe de Larosière », du nom du leader du groupe1]
qui est aussi conseiller du PDG de BNP Paribas, est mis en place pour
conseiller la Commission sur les moyens de réformer l’industrie financière. La
Commission, fort conciliante (ou confiante, on ne sait trop), a déclaré d’avance
qu’elle serait d’accord avec les conclusions du groupe, histoire de mettre tout
le monde en confiance.
Sur
huit membres, quatre sont liés aux grandes multinationales de la finance
impliquées dans la crise, à savoir Lehman Brothers (représentée par Rainer
Masera), Goldman Sachs (par Otmar Issing), BNP Paribas (de Larosière) et City
group (Onno Ruding). Un cinquième, Callum McCarthy était à la tête de
l’autorité de régulation des Services Financiers anglais., et un autre s’est
déjà affiché par son opposition à toute régulation.
Au
final, au lieu de régulation, on a parlé de mettre en place des
« systèmes d’alerte ». Même Le Monde l’a dit :
« Le groupe d'experts renoncerait, en revanche, à la mise au point de
règles de contrôle uniformes pour l'ensemble des Vingt-Sept, comme le
réclamaient certains Etats ». Et hop, un beau travail de sape de
réussi !
Le
processus normatif : entre initiés
Les
propositions de la Commission en matière financière sont principalement
initiées par la Direction
Générale du Marché Intérieur, dirigée par Charlie Mc Creevy. Cette DG
utilise les expertises de 19 groupes composés de 538 experts. Un seul de ces
groupes a à peu près autant de membres issus des ONG que des entreprises
financières. Au final, 84% des « membres de la société civile »
viennent tout droit de l’industrie financière, en particulier de la Deutsche
Bank, BNP Paribas, la Société Générale et SWIFT, un système d’échanges
européen.
Pourquoi
la crise est elle survenue ? A cause de l’absence de contrôle et de
régulation des activités spéculatives. Alors le citoyen peut
s’interroger : pourquoi a-t-on laissé des margoulins jouer avec des
milliards, sans aucun contrôle ?
Eh
bien, tout simplement parce que ce sont les margoulins en question qui ont fait
les règles en matière de contrôle et de régulation. Conclusion : l’auto
régulation fut un bide. Total.
En
2004, le Basel Committee on Banking Supervision (BCBS), le comité de Bâle,
crée par les gouverneurs des banques centrales d’une dizaine de pays, a élaboré
la norme Basel II ( ou Bâle
II). Le but était officiellement de calculer un standard de cash que les
banques doivent avoir pour assurer leurs énormes crédits. Mais au final, la
norme n’est pas obligatoire…
Bâle
II, évidemment, a été élaborée par les mêmes groupes d’experts que les
« normes » précédentes, si toutefois on peut encore parler de normes,
et le BCBS est composé de représentants des banques centrales et des pays du
G-10.
Bâle
II, donc, permettait aux banques d’évaluer elles-mêmes les risques liés à leurs
investissements, ce qui leur a permis de faire apparaître des actifs toxiques
comme solides. On ne s’étonnera donc pas que Lehman Brothers, par exemple,
était encore notée AAA la veille de sa faillite.
Et
puis, les agences de notation des crédits n’ont pas été regardantes non
plus : normal, elles sont payées par les banques et assurances qu’elles
auditent !
Bâle
II, finalement, préconise que les banques aient dans leurs caisses… 8% du total
des crédits qu’elles ont en cours.
La
Commission européenne, toujours pressée de transposer les pires dérives, s’est
empressée d’inclure Bâle II
dans la « Capital
Requirements Directive », la directive sur l’adéquation des
fonds propres du 14 juin 2006. Précision : une directive n’a pas à être
entérinée par le Parlement. Et deux ans plus tard, à l’aune de la crise, il
faut déjà la réviser. On constate l’efficacité de l’auto régulation, qui
avait pourtant été choisie après moult et moult discussions au cours desquelles
nos pauvres banquiers ont crié au péril de leur profession si jamais on
s’avisait de les réguler nous-mêmes…
Enfin bref, la Commission a aussi réuni ses groupes d’experts,
dont le groupe d’experts bancaires dont 22 des 23 membres sont issus de
l’industrie financière (BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale, Banco
Bilbao etc.).
Et l’organisme chargé d’élaborer la législation n’était autre que
le Committee on European Banking Supervision (CEBS), dominé comme par hasard
par les représentants des grandes banques, telles que la Credit Suisse, BNP
Paribas, Deutsche Bank, the Dunbar Bank, the Royal Bank of Scotland,
Skandinaviska Enskilda Banken, mais aussi la European Banking Industry
Commission, the Portuguese and Polish Banking Associations, the Spanish
Federation of Savings Banks, and the Danish Bankers Association. Et, sans
surprise, ils n’ont pas recommandé un contrôle externe.
En février 2009, le groupe de Larosière conclut que Basel II « a sous
estimé d’importants risques et a surestimé la capacité des banques de les
supporter ».
Le processus a été le même pour
réguler les hedge fund, les agences de notation de crédit etc. Pour ces
dernières, c’est un groupe d’experts composé de KPMG, Price Waterhouse Coopers,
Deloitte, Ernst & Young et surtout l’European
Round Table qui est si souvent à l’origine des directives de la commission,
qui a travaillé sur la réforme.
Si bien qu’il a été impossible de
créer des standards comptables
pertinents : l’International Accounting Standards Board (IASB) était encore le fruit d’une auto
régulation. Certaines normes, comme IAS 32 et IAS 39, portant sur les fonds propres,
ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses
et vives polémiques.
Les
agences de notation de crédit sont des institutions privées qui analysent et
classifient les risques liés aux différents produits financiers. Le hic :
les spéculateur leur ont fait une confiance aveugle. Le scandale Enron, où on a
vu l’agence d’audit Andersen surnoter la boîte
dont les comptes bidon étaient en réalité dans le rouge depuis des plombes, est révélateur de cette tendance. Au
final l’Etat avait (un peu) resserré la
vis auxdites agences.
En
2004, la Commission consulte le Committee of European Securities Regulators
afin qu’il mette au point un système de régulation. Que fait le CESR en premier
lieu ? Nommer un groupe d’experts. Et pour ceux qui ont suivi, quel est le
point de vue dudit groupe d’experts ? Qu’il n’y a pas besoin de réguler
les agences de notation, pardi !
Tout
ceci, évidemment, est le fruit de longues réflexions menées avec les agences de
crédit et un groupe d’experts du CESR largement composé de banquiers et d’investisseurs2.
Mais deux ans plus tard, avec la crise, un autre groupe d’experts a dit que les
agences de notation étaient en grande partie responsables des dérives du
système qui ont mené au krach. Alors on a fait un
accord sur la régulation des agences de notation (et leur supervision par
un organisme européen), un
peu plus restrictif que les autres.
Alors…
On
pourrait faire la morale et parler du krach de 1929. Faire comprendre qu’il est
temps de prendre les choses
en main. Cet hiver, ils ont été nombreux à s’agiter,
à vanter ce « nouvel
ordre mondial » de la finance, ces sommets où Sarko a dirigé le monde
vers la régulation et la fin des privilèges. Et puis, l’éléphant a accouché d’une
souris. La mauvaise foi est intrinsèque à ce système financier, où les banques
ont tout le pouvoir puisqu’ils tiennent la bourse.
On
aurait pu croire qu’avec la crise, les banquiers et spéculateurs de tout poil
auraient compris qu’il est temps de réformer sérieusement les choses. Sarko s’est
agité tout l’hiver pour réformer la finance mondiale, paraît-il, et les médias
français n’ont pas manqué d’applaudir (on a eu droit à des titres tels que « Sarkozy
a transcendé les écarts sur la régulation » ou « Accord
historique au G 20 », etc»…).
En
fait –qui s’en serait douté ?- rien n’a changé, non rien de rien.
Prenons
juste un exemple : au G 20, en fait, il a surtout été question de ne rien
changer3].
Et les quelques timides décisions qui ont été prisses n’ont toujours amené aucune
réforme, six mois après. On a parlé d’un nouveau monde, ou presque, mais de quelles
mesures s’agit-il ?
- augmentation
des
pouvoirs et des fonds du FMI (quant à la « réforme » annoncée, je
me demande de quoi il s’agit : le fonctionnement et les principes sont les
mêmes, les Etats-Unis ont toujours un droit de veto avec 17% des voix, les
conditions des prêts n’ont pas changé non plus)
- fixation
presque maniaque sur les rémunérations des traders. Ce qui, en plus d’être
accessoire, n’a servi à rien,
- pseudo
contraintes à quelques paradis
fiscaux, mais en effet quand on sait que BNP Paribas, par exemple, a 189
filiales dans des paradis fiscaux, on comprend que les mesures n’aient pas
été contraignantes là non plus4] ;
- « maintien
des
politiques expansionnistes » pilotées par les banques centrales et ce « d'une
manière compatible avec la stabilité des prix » (c’est-à-dire qu’il
faut limiter l’inflation, donc les salaires, selon la logiques desdites banques
centrales)
- « renforcement »
de la coopération internationale pour établir des systèmes d’alerte précoces en
cas de crise. Bonne idée, mais comment ? Avec quels instruments ? Quelle
autorité ? Quels pouvoirs ?
- reconnaissance
de la nécessité d’améliorer les normes comptables. Super, et après ?
Au
final, on a continué avec exactement les mêmes acteurs, les mêmes règles et le
même système. On a endormi l’opinion publique avec des titres grandiloquents et
des discours, mais rien ne se passe.
Ah,
si. En fait, les banques ont recommencé à spéculer sur des produits toxiques, les
agences de notation à fermer les yeux, et les contribuables ont mis des
milliards sur la table5].
Pour
en finir avec toutes ces conneries, appelons un chat un chat, il serait temps
de réformer -pour faire rapide- les banques centrales et le système d’émission
du crédit (donc, de la monnaie). Il fut un temps où ce pouvoir appartenait au
roi, dans la mesure où il n’avait pas besoin de fonds des banquiers, puis
Napoléon a transmis ce pouvoir aux banquiers à peine 12
ans après la révolution.
Mais
au final, qui s’enrichit quand l’Etat s’endette ? Qui s’enrichit quand les
ménages s’endettent ? Quand il y a une guerre ? Quand on brade le patrimoine
de l’Etat ? Quand les actionnaires s’engraissent ?
Au
lieu de faire du replâtrage d’amateur, autant « réformer le capitalisme »,
comme ils disaient, et réviser tout le système. Parce que depuis que le
capitalisme existe, les krachs se sont succédés et les avancées sociales sont
toujours restées limitées. Question de répartition…
[1] Pour qui la crise est due
aux taux d’intérêt trop bas de la
Réserve Fédérale US, plus qu’aux dérives du système financier et de la
spéculation, couplée avec une politique d’austérité salariale qui pousse les
gens à s’endetter pour consommer. Il a beau jeu, aujourd’hui, de
prôner une régulation qu’il n’a pas préconisée quelques temps plus tôt.
[2] Tels que Banco
Comercial Português, Centrobanca, Deutsche Bank, AXA Investment Managers, Euroclear
Bank, BNP Paribas, Spanish Association of Investment and Pension Funds (INVERCO)
[3] Ce qui ‘na pas empêché Sarko de déclarer que les
résultats du G 20 étaient « au-delà
de ce que nous pouvions imaginer » et que « Contrôler les
fonds spéculatifs ne crée pas d’emplois dans l’industrie française du textile,
mais tourne la page de la folie de toutes ces années de dérégulation ».
[4] On se rappelle que même pour établir la liste des
paradis fiscaux, il y a eu plusieurs
mois de négociation
[5] 11.000 milliards de dollars aux Etats-Unis, notamment
Le grand retour du religieux...et des sectes
Aujourd’hui, on va aborder un sujet qui n’est pas revenu sur le tapis depuis un moment, et c’est bien étrange : l'avancée des sectes et des religions ainsi que l’ambiguïté de Sarko vis-à-vis des sectes en général, et de la scientologie en particulier. Un aspect de cette ambiguïté est la dégradation de la lutte contre les sectes, via l’appauvrissement régulier et permanent des moyens qui y sont consacrés. Et cela fait parfaitement écho au discours des sectes, qui se disent victimes de discriminations dans leur droit à exercer leur religion.
Tout d’abord, Sarko a une position très claire sur les sectes, comme il l’a affirmé dans un des bouquins qu’il a
signés « La République, les Religions, l’Espérance ». Morceaux choisis :
« Je me demande cependant si parfois l’on n’a pas été trop loin [dans cette lutte contre les sectes], jusqu’à faire preuve d’un certain sectarisme ! »
« L’inquiétude ne justifie pas une lutte tous azimuts et sans mesure contre le moindre mouvement spirituel nouveau »
« Je crois à la liberté individuelle : si les gens ont envie d’être témoins de Jéhovah, c’est tout à fait leur droit. Tant que leurs activités ne sont pas contraires à l’ordre public, je ne vois pas au nom de quoi on le leur interdirait. »
« Je crois donc en une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. »
« Je me suis toujours dit qu’il y avait de l’arrogance dans la certitude de la non-existence divine. J’espère que chacun a en lui cette part de doute qui permet de continuer à espérer ».
La position de Sarko, président d’une République qui a inscrit la laïcité dans sa constitution, est donc ambiguë. Il ne condamne pas les mouvements sectaires, et il occulte même leurs dérives. Pour lui, les sectes peuvent être assimilables à de simples courants de pensée. D’ailleurs, c’est le grand enjeu pour les Scientologue et autres témoins de Jéhovah que d’être reconnus en tant que courants philosophiques et de disparaître de la liste des sectes.
Sarko l’a dit, à tort : « Ce n’est pas à moi de dire si la Scientologie est une secte ». Certes, mais de fait, elle est inscrite sur la liste des sectes, et il ne peut dire autre chose, en tant que président justement. Et cela prouve que pour lui, les choses ne sont pas si claires.
En 2005, une rapporteuse de l’ONU sur la liberté de religion est venue contrôler la liberté religieuse en France, à l’invitation notamment de Sarko. Elle rédige un rapport qui est en réalité une attaque en règle contre la laïcité. On peut y lire que :
-« [La rapporteuse] se félicite néanmoins du débat qui se déroule actuellement au sein de la société française au sujet de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État et estime qu’une évaluation approfondie de son application dans le contexte actuel, marqué par une diversification accrue des religions, est un processus nécessaire dans une société démocratique fondée sur l'état de droit. Concernant la question des sectes, terme qui désigne des groupes organisés autour d'un culte mais aussi de nouveaux mouvements religieux ou de nouvelles communautés de conviction, la Rapporteuse spéciale est d'avis que la politique du Gouvernement a peut-être contribué au climat de suspicion générale à l'égard des communautés inscrites sur une liste qui a été dressée suite à un rapport parlementaire [la liste des sectes], et qu'elle a porté atteinte au droit à la liberté de religion ou de conviction de certains membres de ces communautés ou groupes. »
- elle se félicite aussi de la transformation de la MILS en MIVILUDE
- elle critique la loi sur le port du foulard à l’école : « Cependant, cette loi prive de leurs droits les mineurs qui ont choisi en toute liberté de porter un signe religieux à l’école par conviction religieuse ». Elle recommande une « application souple ».
- « Durant sa visite, la Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants de certains des groupes religieux ou communautés de conviction qui avaient été inscrits sur la liste de 1996, dont des membres de l'Église de scientologie et des Témoins de Jéhovah. La plupart ont reconnu que leur situation s’était quelque peu améliorée, mais des cas de discrimination illégale ont continué d'être soulevés, notamment dans l’enseignement, du fait d’une campagne antisectes qui est souvent menée sans encadrement approprié, d'où la stigmatisation d'un certain nombre d'enfants qui seraient membres de ces groupes. »
Puis, après un état des lieux extrêmement partial sur l'état de la (des) religion(s) en France, la Rapporteuse soumet ses conclusions:
"84. Par ailleurs, il existe un certain nombre d'affaires pendantes, concernant notamment des questions fiscales, dans lesquelles des groupes religieux ou communautés de conviction ont signalé des cas de discrimination. À cet égard, il a été porté à la connaissance de la Rapporteuse spéciale qu'en vertu de la loi du 9 décembre 1905 certains groupes ou mouvements peuvent bénéficier d.une exonération fiscale sous réserve qu'ils exercent exclusivement un culte, appréciation que certains interlocuteurs ont assimilée à une forme de reconnaissance du caractère religieux du groupe concerné.
85. Enfin, certains groupes se sont plaints de ce que la construction de lieux de culte se heurtait à des difficultés et obstacles et de ce que les centres de détention ne leur soient pas accessibles.
87. Néanmoins, la question de la répression des sectes pose un problème au regard de la liberté de religion ou de conviction, telle qu'elle est protégée par les normes internationales. Suite à l'adoption de la loi About-Picard susmentionnée, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a souligné, dans sa résolution 1309 (2002), que «[s]i un État membre est parfaitement habilité à prendre toutes les mesures qu'il estime nécessaires pour protéger son ordre public, les restrictions autorisées aux libertés garanties par les articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion), 10 (liberté d.expression) et 11 (liberté de réunion et d'association) de la CEDH [Convention européenne des droits de l'homme] sont soumises à des conditions précises [.] [et a] invit[é] le Gouvernement français à revoir cette loi.».
108. Toutefois, elle est d’avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l’égard de leurs enfants.
Au cas où quelqu’un pendait encore que la MIVILUDE avait la même mission que la MILS, la rapporteuse spéciale, elle, faisait très bien la différence : « 110. La Rapporteuse spéciale note que les autorités françaises ont adopté dernièrement une approche plus équilibrée de ce phénomène en ajustant leur politique, notamment par la transformation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Néanmoins, d’autres améliorations s’imposent pour faire en sorte que le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les individus soit garanti et pour éviter la stigmatisation des membres de certains groupes religieux ou communautés de conviction, notamment de ceux qui n’ont jamais commis d’infraction pénale au regard de la loi française. »
« 111. La Rapporteuse spéciale forme l’espoir que les futures initiatives de la MIVILUDES seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu’elles éviteront les erreurs du passé. Elle continuera de suivre de près les différentes actions qui sont entreprises par la Mission interministérielle »
Elle demande aussi que le gouvernement s’implique dans l’orientation religieuse des « groupes religieux ou communautés de conviction »
Accessoirement, l’ONU s’est mise il y a quelques années à réunir des dignitaires religieux de tous les pays et de
nombreuses religions, afin de trouver des solutions pour la paix dans le monde. Comme si les religions avaient prouvé leur tolérance et leur ouverture par le passé et encore aujourd’hui ! Beaucoup d’adeptes de la laïcité considèrent d’ailleurs qu’afin d ‘éviter un retour du religieux et de la régression sociale comme au XIX è siècle en France, il faut reléguer les religions à la sphère privée. Donc certainement pas les impliquer dans la politique mondiale !
En dehors de cela, différents groupes sectaires sont reconnus en tant qu’ONG par l’ONU, qui collabore avec à l’occasion et/ ou les finance, tout comme d’autres institutions internationales. Le recours à des devantures humanitaires est un créneau fort apprécié des sectes. Certes, parfois la manip’ rate, mais parfois pas.
Et les sectes ont raison de s’attaquer à l’ONU pour devenir des ONG : une fois que l’ONU leur reconnaît ce statut, il vaut dans tous les pays qui ont signé notamment la convention européenne du 24 avril 1986.
Même la MIVILUDE a prévenu dans son rapport de 2008 que les sectes (en particulier la Scientologie, les Témoins de Jéhovah, les Raëliens et Moon) font du lobbying, notamment auprès de l’ONU ou de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe). Le discours des lobbyistes pro sectes, explique la MIVILUDE, « reprend principalement les arguments de deux mouvements d’origine nord-américaine, qui se présentent systématiquement comme les victimes d’une discrimination religieuse dont est responsable, selon eux, l’intolérance de « la mouvance antisecte » composée d’associations et de certaines institutions étatiques ». Exactement les conclusions de la rapporteuse de l’ONU invitée par Sarko.
Pour reprendre le fil de mes considérations sur sarko et la religion en général, je reviens rapidement sur l’épisode du Conseil français du culte musulman (CFCM), à qui il a donné un véritable rôle politique. Cela signifiait aussi la reconnaissance de l’Islam, toujours dans un pays laïc, afin d’en faire un auxiliaire dans la gestion du culte notamment.
En 2006, Sarko contribue à mettre en place une commission pour « réformer la loi de 1905 » de séparation de l’Eglise et de l’Etat afin de financer les lieux de culte. La commission Machelon, donc, était composée, comme par hasard, uniquement de croyants affirmés, qui concluent notamment que « la majorité des membres de la commission estime que devrait être envisagée la création d’une forme particulière de reconnaissance d’utilité publique pour les activités religieuses ». Or, c’est justement ce que demandent les sectes.
Ladite commission, dans sa liste, ne montre qu’une seule personne ayant un rôle purement religieux1]. Mais on retrouve aussi :
- une ex membre du conseil d’administration du Consistoire de Paris (novembre 2001 à novembre 2005),
- - un membre du bureau du Consistoire central,
- - l’avocat de la Grande Mosquée de Paris, accessoirement délégué général du CFCM,
- le secrétaire général de l'Union Internationale des Juristes Catholiques (UIJC),
- le directeur d'un DEA de droit canonique et directeur de l'unité de recherche Prisme (Politique, religion, institutions et sociétés, mutations européennes) à l'université Robert- Schuman de Strasbourg,
- le secrétaire général de la Fondation pour le protestantisme
- un musulman de la mosquée de Saint Denis et membre du CFCM,
- le directeur de l'Institut Européen en Sciences des Religions, également directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcité
Au final, plus la moitié des membres de cette commission essentiellement composée de juristes et/ou croyants, sont donc complètement impliqués dans des activités religieuses. Et ce n’est pas précisé dans le rapport. Les autres sont des juristes qui sont spécialisés dans le droit religieux. Pour l’impartialité, on repassera.
La commission a même demandé leur avis aux témoins de Jéhovah, ainsi qu’à moult personnages religieux qui ont pu s’exprimer largement et au final, nier les risques sectaires. De l’autre côté, les athées n’ont pas eu voix au chapitre, comme on dit. Et en biais, on s’aperçoit que pour la commission, la laïcité c’est reconnaître tous les cultes, et pas les reléguer dans la sphère privée de laquelle ils ne devraient jamais sortir ou presque.
Enfin, bref. Revenons à Sarkozy.
On se rappelle aussi sa rencontre avec Tom Cruise, en 2004 alors qu’il était aux Finances. Même si cela ne
signifie évidemment pas que Sarko est scientologue, il aurait du savoir qu’une des techniques de com’ de la scientologie est justement de s’approcher de personnalités afin de redorer son image. Surtout, quelque temps plus tard, le VRP de la Scientologie a admis avoir parlé de la secte avec Sarko (qui a toujours nié): « Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale »
Il y a aussi eu la sortie d’Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet jusqu’en juillet 2008, qui a expliqué à VSD que les sectes « sont un non problème ».
Et puis, Sarko a dézingué sec, dans les rangs de ceux qui tentent de lutter contre les sectes et toutes leurs dérives.
Les cas sont nombreux, mais celui d’un flic des RG spécialisé dans les sectes, Arnaud Palisson, est révélateur. En 2002, alors qu’il travaille dans la section « sectes » des RG, il obtient la plus haute mention et les félicitations du jury pour sa thèse de droit pénal. Dans cette thèse, il énumère les escroqueries et les problèmes posés par la scientologie et ses dérives sectaires. Evidemment, la scientologie a immédiatement porté plainte pour faire annuler ladite thèse.
Et d’un coup, l’éditeur est contacté par la scientologie pour ne pas publier le bouquin de la thèse ni celui qui suit, tout comme Palisson qui a droit à de nombreuses pressions de la part de sa hiérarchie2], à tel point qu’il a fini par émigrer au Canada.
A peu près au même moment, à la chute du gouvernement socialiste, Sarko transforme la MILS (Mission interministérielle de lutte contre les sectes), qui devient la MIVILUDE (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Mais son rôle est axé sur l’observation « des dérives sectaires » et ce qui s’ensuit et non sur la répression des sectes. On parle « d’information » et de « prévention », pas de mesures coercitives.
Mais, elle a juste un petit problème : personne n’a défini les « dérives sectaires », et encore moins en droit.
Au moment de la création de la MIVILUDE, Sarko a quand même cru bon de rappeler qu’on doit garantir le « respect des croyances et de toutes les religions ».
En juillet 2008, Sarko supprime le service des RG qui était chargé de surveiller les sectes, et aujourd’hui, seuls trois policiers de la SDIG (Sous direction de l’information générale) travaillent sur le sujet. D’après le Canard Enchaîné, les flics spécialisés en question n’ont pas le droit d’enquêter sur une catégorie de sectes dites « intrusives », desquelles fait partie la Scientologie. Seule la DCRI3] en a le droit, et ses investigations relèvent du « secret défense », si bien que même la MIVILUDES ne peut accéder aux infos concernant la scientologie, par exemple. Toujours d’après le Canard, un ancien des RG a expliqué que « Quand il est revenu à l’Intérieur en 2005, on nous a fait comprendre que la Sciento n’était plus la priorité ».
La rhétorique de la « discrimination »
Le rapport de la rapporteuse de l’ONU dont j’ai recopié certains passages insistait énormément sur la « discrimination » dont étaient victimes des sectes telles que les Scientologues ou les témoins de Jéhovah. Et c’est au nom de la fin des discriminations qu’il serait urgent de donner à ces groupuscules un statut d’association à but culturel ou religieux. La MIVILUDE le disait elle-même en 2008 : « les angles d’attaque sont récurrents : d’une part l’éternelle accusation d’atteintes à la liberté religieuse permettant de mieux victimiser les mouvements sectaires, d’autre part le déni de sectarisme allant de pair avec la négation même de l’existence de victimes de leurs pratiques »
Un des grands arguments utilisés par la Scientologie pour gagner en reconnaissance est de se dire victime de discriminations de la part des autorités, voire de harcèlement. Il y aurait éventuellement discrimination si toutefois la Scientologie était une religion et pas une secte. En plus, le statut donne des avantages fiscaux !
La Scientologie, à force de lobbying, a réussi à se faire reconnaître le statut d’Eglise aux Etats-Unis en 19934], en Espagne, ou en Suède où le « mariage scientologue » est reconnu. Et elle est en passe d’obtenir ce statut dans d’autres pays, comme la Russie, qui vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir violé les libertés d’association et de religion, respectivement articles 11 et 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le motif ? La Russie a refusé d’immatriculer en tant qu’associations religieuses.
Il y a aussi les nombreux pays, comme l’Angleterre, où l’association est considérée comme une association religieuse, et bénéficie d’une exonération de TVA. Pour ce pays, ainsi que pour les Pays Bas, la Suisse, la Hongrie et d’autres… la Scientologie poursuit donc des buts caritatifs et non lucratifs.
Ailleurs, la Scientologie se dit victime de discriminations dans son droit à exercer sa religion. Mais, même là où elle n’est pas la bienvenue, la secte parvient à multiplier les « Eglises » un peu partout en Europe. Et un peu partout, grâce au statut d’association sans but lucratif, elle est exonérée de TVA et/ou d’impôts.
La Scientologie souligne elle-même les énormes avancées obtenues en la matière ces dernières années, mais elle admet que « Ces nombreuses reconnaissances n'ont pas toutes été faciles à obtenir », ce qui suppose que la secte a du mener un certain nombre d’actions de lobbying pour arriver à ses fins.
En Belgique, elle a installé son ses quartiers pour l’Europe, rue de la Loi, dans le quartier des lobbyistes qui
jouxte le Parlement et la Commission européenne, et elle a même installé une belle plaque dorée avec son nom écrit en gros, sur la rue. En Flandre, elle a même installé un « centre de dianétique », l’espèce de médecine parallèle prônée dans les bouquins de Ron Hubbard, et un grand centre européen est prévu à Bruxelles. Normal, elle n’est pas considérée comme une secte et a le statut… d’association sans but lucratif (asbl), dans ce pays non laïc.
Chez nous, elle a le statut d’association est encore sur la liste5] des sectes établie par la commission d’enquête du Parlement sur les sectes, en 1996, et elle est considérée comme telle ne serait-ce qu’en raison de la manipulation des gens afin des les escroquer. Les condamnations, bien que relativement peu nombreuses, ne manquent pas, pour rappeler que les groupuscules incriminés sont bien coupables de manipulation et d’escroquerie, et qu’il est très difficile de les quitter, même après qu’on se soit retrouvé surendetté pour la secte.
Mais en ce qui concerne le statut de ces associations, on « présume »6] qu’elles sont non lucratives, et on leur accorde le statut ainsi que les avantages fiscaux qui vont avec. Ainsi, « l’administration doit réunir des indices suffisants montrant leur caractère lucratif avant de pouvoir user de son pouvoir de contrôle ».
Le statut convoité d’association culturelle signifie que l’asso est « formée pour subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice public d'un culte " et devra " avoir exclusivement pour objet l'exercice d'un culte ». Ce statut permet d’hériter de personnes physiques, mortes ou vives, et de ne pas avoir de taxe d’habitation sur les lieux de culte. Pour l’instant, la quasi-totalité de ces associations, en France, sont en rapport avec les religions classiques.
L’enjeu est donc de gagner en respectabilité, notamment en approchant des personnalités. Mais il s’agit aussi de se faire passer pour un mouvement religieux anodin. D’ailleurs, si on regarde l’annuaire en ligne (le 118 000 en l’occurrence), il est mentionné sous l’adresse : « Association religieuse et association philosophique ».
De fait, on ne peut pas parler de harcèlement à l’encontre des sectes et autres groupuscules, en France ou même en Europe. Pour preuve, l’épisode du dernier procès en date de la Scientologie.
Et en Europe, la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu aux Témoins de Jéhovah le droit de manifester leur religion, notamment dans l’arrêt " Kokkinakis ". Heureusement, l'administration fiscale considère que cette jurisprudence ne confère pas le statut cultuel aux associations jéhovistes, statut régi par des dispositions spécifiques et demandant le respect de conditions particulières.
Le Conseil d’Etat considère quant à lui que les Témoins de Jéhovah ne respectent pas l’ordre public, tandis que certains préfets, comme ceux de Guyane ou de Saône et Loire estimaient que si, et sont prêts à leur donner le statut d’association culturelle.
Les sectes, en particulier la Scientologie, sont donc pour l’instant occupées à mener leur lobbying auprès des élus nationaux et européens afin qu’ils lâchent la grappe aux sectes. On les trouve notamment, comme tous les autres lobbyistes, au bar du Parlement de Strasbourg lors des sessions parlementaires, munis d’un badge « visiteur » (mais ils se présentent le plus souvent en tant que membres d’ONG pour les droits de l’homme). La délégation de parlementaires hollandais aurait ainsi demandé l’accréditation de lobbyistes scientologues à Strasbourg, pour qu’ils accèdent aux députés et attachés parlementaires.
L’Etat, notamment en France cesse donc de poursuivre les sectes, et tente même de leur faciliter. Goerges Fenech, président de la MIVILUDE, l'a dit également : « De façon générale, on assiste depuis quelques années à un endormissement inquiétant des pouvoirs publics sur le sujet ». En effet, Sarko, lui, en est plutôt rendu à prôner la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels » (sic.).
En fait, l’avancée des sectes va avec le grand retour du religieux sur la scène politique internationale. Sarko est juste dans le mouvement général, quitte à attaquer le principe de laïcité qui pourtant, est censé nous préserver des dérives liées aux sectes, mais aussi aux religions. Le passé nous a suffisamment prouvé que ces groupuscules et autres théoriciens de la foi n’ont jamais apporté la paix sur terre. En légitimant l’ordre établi et en menant les hommes à la baguette, ces courants religieux seraient fort utiles pour canaliser une population de plus en plus avilie, qui risque par conséquent de contester le sacro saint ordre établi.
Il serait bon de rappeler certaines lignes rouges à Sarko, afin d’éviter que, comme en matière sociale, on ne se retrouve en matière de religion plongé dans les pires périodes du XIX è siècle.
[1] Jean-François Colosimo, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe Saint Serge
[2] Qui lui demande notamment de retirer la thèse qui était en ligne sur le Net et le placardise.
[3] Direction centrale du renseignement intérieur, un machin crée par sarko, regroupant RG et DGSE. Elle est basée dans les Hautes de Seine à Levallois Perret (chez Balkany) et est dirigée par Bernard Squarcini, un proche du Chef depuis qu’il a retrouvé Colonna, en 2003.
[4] L’Etat considérait ainsi que la scientologie « œuvrait exclusivement à des fins religieuses et caritatives »
[5] Apparemment, certaines associations ont été mises sur ladite liste de manière un peu intempestive, alors que d’autres comme le Temple Solaire, l’Opus Dei ou les mormons n’y figurent pas. La liste est considérée comme étant périmée, mais il n’y en a pas de nouvelle.
[6] D’après le rapport parlementaire « Les Sectes et l’argent », de 1999.

Les armes électromagnétiques, c'est aussi pour les civils
<p>entete</p>
J’avais
évoqué les armes non létales
dans un papier sur le
système HAARP, j’y reviens pour donner quelques exemples d’applications
concrètes de ces armes qui utilisent des ondes électro magnétiques. Car, on en
est encore au stade de l’expérimentation sur le terrain et l’absence de cadre
légal permet de développer ce type d’armes sans problème, et de les « tester »
depuis que c’est possible.
De
quoi parle-t-on ?
Je
vais rester sur les armes électromagnétiques, qui appartiennent à la catégorie
des armes dites « non létales ».
On parle en l’occurrence des « armes
utilisant l’énergie électrique pour permettre la neutralisation momentanée de
personnes hostiles ou rebelles »1].
Dès 1991, Dick Cheney met en place un groupe de militaires pour travailler sur
ces armes : le « Non-Lethal Warfare Study Group ». Et
petit à petit, les militaires et le gouvernement US envisagent leur utilisation.
On a même inventé en 1994 le concept d’Opérations militaires autres que la
guerre ». (Military
operations other than war). Depuis, tout le monde y travaille, et certains
font les premiers tests grandeur nature, comme aux Etats-Unis ou au Honduras.
En
matière d’armes magnétiques, on utilise par exemple des armes
acoustiques qui fonctionnent avec des fréquences supérieures à 20.000 Hz
(ultra sons) ou inférieures à 20Hz (infrasons), afin que l’oreille humaine ne
perçoive pas les sons. Un infra son de 16Hz et d’une forte intensité peut par
exemple créer des nausées, des diarrhées, une désorientation, des troubles de la vision, voire des lésions
internes plus ou moins graves pouvant aller jusqu’à la mort. Des entreprises
comme American Technology Corp développent depuis plus
de 10 ans ce genre
d’instrument, à différentes puissances suivant les utilisations voulues.
Raytheon
travaille quant à elle sur des armes d’une puissance bien plus
importante : le programme HAARP, qui envoie des ondes dans la ionosphère
afin de perturber les systèmes de communication. Mais on
se demande aussi si cela ne perturbe pas le climat, par exemple en créant
réchauffant l’ionosphère pour créer des tempêtes.
On
a aussi l’Active
Denial System, une sorte de dérivé du Mosquito anti
jeunes, plus puissant, développé notamment par la firme
Raytheon2]. L’appareil,
souvent fixé sur un véhicule, envoie des
micro ondes à 95GHz, qui font comme un vrai micro
ondes, c’est-à-dire que ce système fait chauffer l’eau dans le corps, faisant
monter la température de la peau à plus de 55°C en 2 secondes. En l’installant sur un Hummer ou sur un avion, on
peut l’utiliser en cas de guerre
ou de manifestations. Et évidemment, avec un tel joujou dans les mains3],
il ne fallait pas s’attendre à une quelconque retenue de l’US Army, qui a fait
des tests grandeur nature en Irak.
Dans
le genre, on a encore des armes acoustiques, comme le Long Range ACoustic Device,
qui émet des sons stridents, en fait des ultra sons, à des fréquences
variables, et doit rendre sourd et/ou désorienter l’ennemi jusqu’à 1 km de
distance. Chez nous, on les utilise contre
les pirates du Golfe d’Aden et de l’océan Indien, ailleurs c’est contre les
manifestants. On travaille déjà à transformer ça en projectiles : l’idée
est d’avoir une sorte de fusil qui tire des balles émettant ces sons en
atteignant leur cible.
Pour
toutes ces armes dites non létales, on a aussi développé des modèles soft (qui permettent aussi de mettre le pied dans la porte en introduisant des armes peu agressives au départ) et des modèles mortels
utilisant en général des lasers : l’Advanced
Tactical Laser, le Pulsed Impulsive Kill Laser ou Pulsed
Energy Projectile développés depuis 1992. Ils envoient un choc sonore en
faisant exploser l’air autour de la cible pour l’assommer et lui faire très mal
(en attaquant notamment le système nerveux via des ondes électromagnétiques),
et bien d’autres.
Dans
la catégorie à ondes, on a encore développé le High
Power Micro Wave qui émet un ou deux signaux différents à des fréquences de
1 à 35 GHz. Cela peut gêner les communications ou bien avoir des conséquences
physiologiques, suivant le système utilisé.
Quelques applications concrètes
Aujourd’hui,
malgré plus de dix ans de recherche militaire dans le domaine des armes
électromagnétiques, il n’y a aucun texte de réglementation destiné à limiter la
prolifération et/ou l’utilisation de cette technologie. Du coup, on s’aperçoit
que ce n’est plus de la science fiction : les « forces de
l’ordre » comme l’armée utilisent ces armes contre l’ennemi.
On
a donc l’Active Denial System qui est « testé » en Irak depuis au
moins trois ans, bien sûr sans prévenir personne et hors de tout contrôle. Mais
d’après CBS, qu’on ne peut soupçonner d’être anti militariste, le système a
déjà été testé 11.000
fois auparavant. La chaîne précise qu’il n’y a pas de danger, évidemment,
avec cette « arme anti émeute ».
Moins
agressif, on a la police géorgienne, qui a utilisé lors de la « révolution
des Roses » par ailleurs tout à fait
bidon, outre des canons à eau, un système acoustique qui
émet à plus de 150dbdes sons stridents à des fréquences censées désorienter et
disperser les manifestants. Il s’agit du Long Range Acoustic Device, utilisé
également par les forces de l’ordre US lors du sommet du G20 de
Pittsburgh en septembre, contre les manifestants, ou bien par l’armée en
Irak, notamment lors de l’attaque de Falloujah, à Bagdad en 2004, ou dans la prison
US de camp Bucca toujours en Irak, par exemple. AU Honduras, l’armée à la
botte des putschistes l’a aussi utilisé contre
l’ambassade du Brésil où s’est réfugié Manuel Zelaya, le président élu. Car
dans le manuel d’utilisation, il est précisé que les petits modèles sont
parfaitement adaptés au maintien de l’ordre en milieu urbain.
Les
conséquences peuvent être, outre celles recherchées, des nausées, des malaises
intestinaux, des troubles de l’ouïe et de la vision.
En
ce qui concerne le Pulsed Energy Projectile, des firmes comme ATK
ont déjà développé ce système embarqué sur un Hummer, par exemple. Et c’est
génial, parce que leur appareil permet de viser une foule aussi bien qu’un
individu, et de contrôler l’ampleur des dommages qu’on cause à la cible (ce qui
est le top du top en matière d’armes : combiner létalité et non létalité
sur la même arme, suivant les réglages).
Il
s’agit en fait d’un laser qui émet jusqu’à 2km des impulsions électromagnétiques
créant un choc sonore qui paralyse la cible au moment de l’impact. On n’en est
qu’aux dernières étapes du développement, et ce système devrait être testé
prochainement. Il existe une réelle opacité sur les PEP, et même les
spécialistes manquent d’information, mais on sait que de nombreuses entreprises
travaillent à développer ce système, comme Northrop
Grumman ou Lockheed
Martin.
Les
applications civiles sont inquiétantes, même si pour l’instant les nuisances de
ces armes restent relativement peu importantes quand elles sont utilisées
contre une foule. Mais depuis le début, les militaires envisagent d’utiliser ce
type d’armes pour modifier le comportement de ces foules. Le scandale des ondes
de téléphones portables qui se prépare montre que les radiofréquences peuvent
avoir une influence sur le cerveau.
On le sent bien, il existe un réel marché pour ces armes, qu’on peut utiliser de manière civile aussi bien que militaire. Du coup, beaucoup de spécialistes de l’armement se lancent dans la course pour développer ces armes qu’on essaie de faire passer pour inoffensives, tout comme le Taser. D’autres armes életro magnétiques visent à détruire le matériel, mais on invente des lasers de plus en plus spécialisés, puissants et précis, ou on travaille sur d’autres applications des armes électromagnétiques comme modifier le comportement ou le climat. On est aussi entré dans l’ère des armes génétiques, qui pourront viser une catégorie précise de la population. Bref, au vu des derniers développements, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les mouvements de foule soient réprimés y compris avec ces armes.
<p>entete</p>
Vidéo de ce système
utilisé à Pittsburgh:
Disclose.tv Long Range Acoustic Device (LRAD) G20 Pittsburgh Video
[1] D’après une définition du GESLR, le Groupe
d’Etudes et de Recherche sur les armes à Létalité Réduite de l’université de
Liège.
[2] En étroite collaboration
avec le Ministère de la Défense et avec l’armée.
[3] L’ADS était prêt dès
2004.










