Il est temps de parler de DSK et du tapage médiatique auquel on a droit depuis quelques mois pour en faire LE candidat du PS en 2012. Son parcours mérite quand même un bref résumé, car ces dernières années, DSK est entré de plein pied dans l'establishment international. Du coup, il est en pôle position pour 2012, d'après les médias.

En 2000, par exemple, il avait déjà fait son "grand retour", dixit France 2, après avoir été impliqué dans différentes h_20_1472139_1238081742affaires judiciaires à la fin des années 90. Affaires desquelles il est, comme par hasard, toujours ressorti avec des relaxes ou des non lieux, ce qui interdit de les évoquer. Mais là il s'agit de retracer brièvement le parcours d'un éventuel futur président de la République.


Les "affaires"

On se souvient de l'affaire de la Mnef, la Mutuelle Nationale des Etudiants de France, à laquelle cotisent les étudiants pour être remboursés de leurs frais médicaux. DSK avait été mis en examen et était accusé d'avoir fait des faux afin de détourner une partie de l'argent des étudiants pour le PS. Il avait ainsi perçu 600.000 F de la mutuelle en échange de "conseils" procurés par son cabinet d'avocats. C'était la 1ère mise en examen.

La deuxième, pour "recel d'abus de bien sociaux", c'était pour avoir fait payer le salaire de sa secrétaire par ELF, qui a aussi versé son obole au cercle de l'Industrie de DSK avant même d'en faire partie. A noter: la secrétaire payée par ELF travaillait pour le Cercle de l'Industrie.

Juste avant ces deux mises en examen, il a démissionné du gouvernement Jospin en novembre 1999. Mais enfin, tous les politiques sont montés au créneau pour dire que le pauvre, il était bien obligé, comme tout le monde, de détourner de l'argent pour financer son parti, puisqu'il n'y avait pas d'argent public pour financer ces machines voraces en fric.

DSK a aussi connu des perquisitions dans l'histoire de la cassette Méry, où ce politique expliquait un système de corruption politique. Les juges, qui ont enquêté à son sujet pour "soustraction de preuves" et "trafic d'influence " ont été perquisitionner chez un DSK "indigné" ainsi qu'à son bureau pour trouver ladite cassette, qu'on  l'a soupçonné d'avoir récupérée cotnre avantages fiscaux à Karl Lagerfeld, et refilée à la presse. Lui disait l'avoir eue, mais jamais regardée...


sego_dsk_venereUn socialiste "nouvelle vague"

DSK commence sa carrière politique à la fin des années 70, au Ceres de Chevènement, puis au début des années 80,  il commence à conseiller Jospin. Au passage, on comprend mieux pourquoi le PS a très vite arrêté de critiquer l'économie de marché.

En 1982, DSK entre au Commissariat général au Plan en tant que chef du service financement, puis commissaire adjoint général.

En 1986, il est député de Haute Savoie, puis du Val d'Oise en 1988. A l'Assemblée, il devient président de la Commission des Finances. Pendant ce temps là, il devient aussi l'oracle du PS en matière d'économie, jusqu'à parvenir au poste de ministre de l'Industrie et du Commerce dans le gouvernement Cresson, en 1991, puis dans celui de Beregovoy.

En 1995, il devient maire de Sarcelles qui se transforme en zone franche, et théorise des grandes expériences dans le programme économique du PS.

En 1997, il est ministre des Finances sous Jospin. Et là, il applique un programme libéral, soi disant pour appliquer les mesures européennes, mais en réalité il s'agit du credo qu'il n'hésite pas à affirmer aujourd'hui. Il commence la privatisation de France Telecom, par exemple, ou de Thomson.
Il signe aussi l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce des Services, qui prévoit la libéralisation de tous les services, dont la santé, l'éducation, les transports en commun, l'eau, l'électricité...

Il doit démissionner en 1999 après avoir été mis en cause, et revient en 2002 après avoir été blanchi (on remarquera, en l'occurrence, la rapidité du processus judiciaire) comme député du Val d'Oise. C'est aussi juste après la défaite cuisante du PS qui n'a pas été au second tour, si bien qu'il a beau jeu de critiquer la campagne et de faire le beau dans moult émissions de télé en disant qu'avec lui ça n'aurait pas été la cata.

DSK est aussi secrétaire national du PS etc. prône le "oui" au référendum sur la constitution européenne via son club "A Gauche en Europe" (sic.) crée pour l'occasion avec Rocard, et où on retrouve une partie du gratin européen de l'époque. Le groupuscule participe à la création du magnifique programme du PS en 2007. Dès la défaite, il déclare qu'il faut que le PS rejoigne la "social démocratie", qui n'a rien de social ni d'ailleurs de démocratique.

Pas d'inquiétude, il se recase tout de suite au FMI, où en même pas un an il arrive à se coller une histoire de favoritisme au profit d'une ou deux de ses maîtresses. Et il est encore une fois blanchi par le FMI soi-même. Grâce, toutefois, à l'aide d'un communiquant d'Euro RSCG.

Pendant qu'il est au FMI, des types comme Cambadélis (qui a fait partie comme Jospin du fameux courant lambertiste financé jadis par l'agent de la CIA Irving Brown, et a été mouillé lui aussi dans l'affaire de la Mnef, mais lui est condamné à des amendes) assurent sa représentation au PS et ailleurs.


A cotés...

capitalisme_b2e92_7c3eaEn 1993, après une défaite électorale aux législatives, il devient avocat d'affaires et crée DSK Consultants. L'année suivante, il crée avec le parton de Publicis le Cercle de l'Industrie, avec des industriels et politiques de droite et de gauche. Étaient réunis pour parler d'Europe, donc, et d'Industrie,  le PDG de Renault, ou celui de Lafarge (entreprise toujours représentée au Bilderberg depuis des années), celui de l'ex Rhône Poulenc, d'EDF, de l'Oréal ou de Total par exemple.

En fait, le Cercle de l'industrie est une espèce de lobbie pro européen regroupant des industriels pour défendre leurs intérêts auprès de l'Europe.

Très vite, une cinquantaine d'entreprises françaises y cotisent. Accessoirement, cela permet aussi à DSK de se rapprocher de tous ces PDG qui seront prompts ensuite à financer et propager sa cause. Ce qui, on le constate, n'a pas manqué. Mais aussi, certaines de ces entreprises l'ont grassement rémunéré pour ses "conseils".

Au sein du PS, il aussi un courant de jeunes qui se réclament du courant DSK, Socialisme et démocratie jeunes, qui fait partie du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), histoire d'assurer la relève.

En 2001, il devient président de la Fondation Jean Jaurès, assez proche des organisations atlantistes comme la National Endownment for Democraty et du National Democratic Institute.

Pendant ses périodes hors du champ politique, il enseigne. Notamment à Stanford, où il a été recruté en 2000 par Condoleeza Rice, qui dirigeait l'université.

c_039_strauss_kahnIl participe également à la réunion du Bilderberg dès 2000 , où il a croisé Georges Soros (un habitué), David Rockefeller, Henri Kissinger, Javier Solana, Jean-Calude Trichet de la Banque de France qui passe ensuite à la BCE (un habitué aussi), James Wolfensohn de la banque mondiale, les PDG de Paribas, Fortis, Nokia, le directeur de la CIA et bien d'autres, ce qui lui a ensuite valu les faveurs de Romano Prodi et de Jean Claude Juncker, deux autres habitués du Bilderberg, pour être le candidat de l'Europe au FMI, pile au moment de la crise et du renforcement du rôle et des moyens dudit FMI.

C'est aussi le candidat de la france, puisqu'il a eu tout l'appui de Sarko. D'ailleurs, certains pensent que DSK s'est retiré de la campagne en échange de ce poste, juste pour favoriser Sarko.
Sa campagne pour le poste au FMI, où il a sillonné le monde pour "convaincre" des pays dont le droit de vote au FMi est proche de 0%, de voter pour lui, a été financée par le contribuable Français, pour le bénéfice de diverses agences de com', dont TD International, créée par un ancien dirigeant de la CIA, William Green, expulsé de Paris par Pasqua quand il était à l'Intérieur.

Il fonde aussi l'European Council on Foreign Relations en 2007, un think tank destiné à promouvoir une position atlantiste de l'Europe en matière de politique étrangère. Ce truc est largement financé par le milliardaire US Georges Soros qui, dans sa grande mansuétaude, aussi financé quelques "révolutions" du côté des Balkans, comme celle des Roses ou bien la "révolution orange" en Ukraine. En font également partie Jospin, Christine Ockrent, Pierre Moscovici ou l'incontournable Daniel Cohn Bendit.

Et puis, on y retrouve aussi tout un tas de pontes de l'européanisme orthodoxe comme Martti Ahtisaari, qui a poussé à l'autonomie du Kosovo et a reçu un prix nobel de la paix, Giuliano Amato (ex président du Conseil italien, qui a été à l'origine du traité européen qui vient d'entrer en vigueur, cette espèce de "constitution" gravissime tant elle est libéarle. Il était aussi membre des Amis de l'Europe, où on retrouve Etienne Davignon, le directeur du Bilderberg, au poste de président.), des patrons comme celui de Venture, de la Deutsche Bank, le directeur de la Confindustria italienne, le directeur de l'IFRI (institut français des relations internationales),  de l'institut Aspen italien, de la fondation Bertelsmann, celui de l'International Crisis Group de Soros ainsi que divers lobbyistes et consultants en tous genres, des profs d'universités diverses dont la London School of Economics, des politiciens européanistes de tous bords et de tous pays.  

Accessoirement, DSK a des positions plutôt favorables aux sionistes en prônant systématiquement la nocivité du Hamas et du Hezbollah, qui refusent d'accepter Israël et de négocier pacifiquement, ce qui est un résumé un peu rapide de la situation. Pour lui, Jérusalemn doit être la capitale d'Israël, et il faudrait même intégrer la région à l'Europe, pour assurer la paix! Et puis, il ajoute de la tension avec l'Iran, rappelle que le hezbollah est considéré (par les US) comme une organisation terroriste etc. Autant de positions parfaitement alignées sur celles de Washington et de Sarko.



Le raout médiatique

jpg_dsk_fmi_2Déjà en 2002, quand il fait son retour juste après quelques "affaires", on a pu lire des panégyriques sur DSK un peu partout. Par exemple, un type d'IPSOS a décrit DSK à l'époque comme " Séducteur sans être démagogue, stratège sans être un simple tacticien. On lui reconnaît une capacité d'adaptation sans superficialité, une ambition réelle mais pas de visée carriériste", "capable de se mettre au niveau de son public, sans pour autant tomber dans un registre populiste. Il sait expliquer sans professer, se mettre à la portée d'autrui sans rabaisser.Il a une personnalité réelle, affirmée, il "ne doit rien à personne" et on voit en lui un homme de convictions capable de lutter pour les imposer face à divers adversaires dans son camp ou dans l'autre". mais surtout, "DSK fait figure d'homme raisonnable, cartésien, d'économiste hyper-brillant mais compréhensible, au discours accessible".

N'en jetez plus! Je vous épargne la suite, du même acabit et carrément lourdingue. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi DSK était encensé à ce point, mais finalement il a probablement toujours été dans les hautes sphères politiques et les manigances nationales puis internationales, ce qui fait que personne n'ose le critiquer ouvertement.

Puis, il revient. Toujours aussi libéral et adepte de la mondialisation, se félicitant d'avoir "pérénnisé" le G20 et mis le FMI "au centre des objectifs"…

En mars 2009, il est 1er des "côtes d'avenir", super classement... du Figaro. Puis, il passe à une conférence au Canada, intitulée: "S'adapter au Nouvel Ordre mondial" (on notera qu'il ne s'agit pas d'une question, mais d'une injonction) où on a aussi pu voir Catherine Ashton, la nouvelle ministre européenne des affaires étrangères. Encore une fois, que du beau linge.

En juillet 2009, alors que tout le monde s'en fout en France, un sondage IFOP et paris Match déclare que DSK est la "personnalité politique préférée des Français", ex aequo avec Chirac. No comment.
Autre "sondage" quelques semaines plus tard, pour nous dire que DSK gagnerait contre Sarko en 2012. Et attention, pas qu'un peu: 51% contre 49% pour Sarko. Eh ben, à deux ans et demi du scrutin, sur un candidat qui ne s'est pas présenté et qui vit très loin, si en plus on tient compte de la marge d'erreur de 2 points, voilà une nouvelle fracassante. Il y en a même 27% qui trouvent qu'il a "un bon projet" pour la france. Des voyantes, sûrement...

Mais sans rire, à quoi sert un tel "sondage", si ce n'est à préparer le terrain dans l'opinion publique, à "faire infuser les mentalités", comme dirait sarko?

Il passe au Grand Journal de Canal + fin novembre 2009, et Canal + a carrément déclaré le samedi suivant qu'il est celui "qui a le plus de chances pour la présidentielle".
Le Monde encense son grand retour, comme le Figaro, Marianne, LCI, TF1 etc. Et tout ce cirque va probablement durer jusqu'à ce qu'aucun autre candidat n'apparaisse comme réaliste à gauche et que DSK ou un de ses sous fifres se lance dans la grande aventure de la campagne 2012. On peut dire qu'en une semaine, il a réussi sa  tournée (sur Google, on compte plus de 1.000 articles en quatre ou cinq jours)!

Bref, reprenons tous en choeur 'DSK reviens, DSK reviens parmi les tiens"... allez, un peu de conviction!