11_VENEZUELADepuis quelques années, en fait depuis que les Etats Unis ont raté leur coup d’Etat contre Hugo Chavez en avril 20021], la tension monte entre la Colombie et le Venezuela. Les habitués y voient d’ailleurs le « préambule d’un conflit armé ». De fait, les grandes manœuvres ont commencé il y a déjà quelques années, et la militarisation de la région avance à grands pas. Au final, probablement un coup d’Etat si le camp chaviste remporte les élections de la rentrée.

 

En Colombie, Uribe touche des millions de dollars2] des Etats-Unis pour « lutter contre le narcotrafic ». En fait de narcotrafic, en grande partie tenu par les paramilitaires d’extrême droite, on lutte surtout contre les FARC et les guérillas marxistes.

Pour la Colombie comme pour les Etats-Unis, les FARC sont largement soutenus par le Venezuela. Bien sûr, aucune preuve tangible d’un soutien organisé n’a jamais été avancée, mais ça ne les dérange pas. Le but est probablement d’avoir un prétexte pour faire entrer une « force internationale » au Venezuela et discréditer le gouvernement.

Peu à peu, les Etats-Unis renforcent leur présence militaire un peu partout dans la région. Colombie, Costa Rica, Panama, eaux internationales3]… En septembre, les vénézuéliens doivent voter pour la présidentielle, et Chavez, qui a déjà fait deux mandats, ne peut pas se représenter. Le moment sera donc propice à un basculement de régime si le camp chaviste remporte encore les élections.

 

Déstabilisation : mode d’emploi

Parallèlement, des opérations de déstabilisation sont menées en direction de la population vénézuélienne, mais aussi au niveau international, via l’arme médiatique. Après deux mandats d’Uribe, c’est l’ancien ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, qui accède à la présidence de la Colombie fin 2009, avec un score de 69% et grâce à une campagne « sécuritaire ». Et aussi grâce à l’aide du Rendon Group4], un cabinet de communication stratégique US qui s’est occupé -en collaboration avec l’Office of Strategic Influence (OSI)- de la campagne de propagande médiatique destinée à envahir l’Irak en 2002. Rendon s’occupe aussi de l’image des Etats-Unis dans 79 pays en collaboration avec le Pentagone.

Depuis 2004 au moins, le Rendon Group a passé un contrat avec le ministère de la Défense colombien, dans le cadre du Plan rendon_groupColombie et du Plan de Sécurité Démocratique, afin de mener une « guerre psychologique » contre le Venezuela. Rendon a par exemple facilité la création de la « Fundación Seguridad y Democracia »5], via German Espejo, un proche d’Uribe qui a aussi travaillé pour Rendon. Ladite fondation se préoccupe d’opérations extraterritoriales depuis plusieurs années.

Georges Soros, via l’Open Society et sa Fondation Soros, finance l’Université Centrale du Venezuela, pour un programme de recherches sur l’ « effectivité des services sociaux gouvernementaux financés par les profits du pétrole » (sic.). On retrouve le même lobbie au Honduras, au Guatemala6] et au Nicaragua pour promouvoir « la liberté de l’information »

Le résultat de tous ces financements censés promouvoir la démocratie, à destination de la « société civile », est que l’image du Venezuela au niveau international est désastreuse. Les médias colombiens, comme les médias de chez nous en général, qualifient systématiquement Chavez de « militaire qui a fait un coup d‘Etat »7], quand ce n’est carrément de « dictateur populiste ». On explique qu’il est de moins en moins populaire, comme ça a été le cas à chaque fois avant une nouvelle élection depuis que Chavez est au pouvoir, on attaque son entourage, on l’accuse de protéger les FARC et donc le narcotrafic, d’être castriste, de faire fermer les télévisions « libres » etc. Ce qui n’empêche pas les échanges commerciaux entre la Colombie et le Venezuela d’être passés de 1,5 à 8 milliards de dollars entre 2002 et 2009.

Aux Etats-Unis, on prépare les esprits à une attaque contre le Venezuela en sortant un jeu vidéo qui s’appelle Pandemic in los Angeles, et dans lequel des mercenaires (à la solde de gouvernement) s’infiltrent au Venezuela pour renverser le gouvernement et prendre le contrôle de l’industrie pétrolière.

En dehors de cela, les Etats-Unis utilisent la technique habituelle du financement de tout ce qui ressemble à une opposition à Chavez, via des fondations financées directement par les agences US telles que le National Endowment for Democracy (NED). Par exemple, le groupe Sumate a reçu 53.000$ en 2004, afin de « former les citoyens au processus électoral dans tout le Venezuela et promouvoir leur participation à un référendum révocatoire »8]. Mais au total, ce sont 800.000$ qui ont été distribués en deux ans par le NED à l’opposition vénézuélienne. Accion Campesina, un groupe paysan, a reçu plus de 80.000$ du même NED en 2002 et 2003 pour tenter d’empêcher le vote de la réforme agraire, qui devait notamment redistribuer des terres aux plus pauvres, et encore 57.000$ pour des actions en matière d’éducation.

Et ça a continué :

- en 2006, par exemple, l’International Republican Institute9] a touché 200.000$ pour discuter avec les élus vénézuéliens,

- l’Asociación Civil Acción Campesina a touché 60.106$ du NED pour « renforcer leur interaction avec les officiers des gouvernements locaux » et mener des formations à destination des leaders locaux.

- L’Asociación Civil Consorcio Desarrollo y Justicia (association pour le développement et la justice) a touché près de 80.000$ pour « défendre les droits humains » et la « participation démocratique »,

- l’Asociación Civil Liderazgo y Visión (association du leadership et de la vision, centriste -dont la couleur est l’orange) a reçu 64.823$ pour le même motif,

- le Center for International Private Enterprise10], qui collabore avec Liderazgo y Vision (ci-dessus), a touché plus de 98.000$ pour « éduquer les leaders de la communauté » des classes pauvre et moyenne en évoquant la « liberté », la « justice », la « démocratie », la « libre entreprise » (comme si ça allait avec), la « responsabilité individuelle » etc.,

- le Centro al Servicio de la Acción Popular a touché 74.675$...

knin382lAu total, 987.255 $ ont été octroyés par le NED à diverses associations ou groupements de l’opposition en 2006.

En 2009, le NED a filé 35.390 $ pour « construire la capacité des journalistes vénézuéliens à couvrir les faits liés à la sécurité et à la politique de défense dans une perspective de droits humains et de démocratie afin de renforcer les organisations en tant qu’institutions de référence au Venezuela pour les droits des citoyens ». On veut que les journalistes comprennent leur rôle dans « la promotion de la transparence ». Il y a eu 47.000$ pour « promouvoir le débat public sur la qualité des services publics et pour renforcer la capacité des citoyens à  influencer les décisions du gouvernement en procédant à l’échelle locale ». 

Le Center for International Private Enterprise, qui avait touché un peu moins de 100.000$ en 2006, semble être dans les petits papiers du NED, puisqu’il a encore touché 165.000$ en 2009 afin de renforcer les valeurs démocratiques auprès des travailleurs et des entrepreneurs, et développer une « culture orientée vers le marché chez les entreprises vénézuéliennes » et 144.838 $ de plus pour « développer un programme d’analyse législative et économique », soit 311.000 $ environ. L’International Republican Institute a touché 600.000 $ en 2009, année où le NED a versé 1,4 million de dollars. En même temps que la pression, on observe que les financements augmentent.

L’USAID y va aussi de son obole, avec des dons à moult groupes au Venezuela et souvent en collaboration avec l’OTI. Par exemple, de 2002 à mars 2007, l’USAID, avec le DAI (Development Alternatives, Inc, qui travaille sur le « débat citoyen pacifique » et la « démocratie »), a octroyé pour 8,4 millions de dollars de dons ainsi que 3.5 millions qui viennent de « contributions locales ». Il y avait à ce moment « 139 dons en activité dans 19 des 23 Etats vénézuéliens ». Depuis août 2002 (c’est-à-dire à peine quatre mois après le coup d’Etat raté) jusqu’à juillet 2010, 623 dons ont été octroyés pour un montant de 20.327.764 $11], dont 23% ont été consacrés à la « promotion et la défense du vote », et 32% au « soutien à un débat pacifique ». Evidemment, là encore il s’agit de « promouvoir la participation citoyenne et le leadership démocratique », « favoriser l’accès à une information objective et le débat pacifique » etc.

Les relations diplomatiques entre le Venezuela et la Colombie ont été rompues quelques jours, tout comme à la même période l’an passé. Et Chavez de dénoncer la préparation d’une tentative d’attaque armée menée par les Etats-Unis depuis la Colombie.

Après que deux coups d’Etat aient raté, après que la déstabilisation du Venezuela ait raté, il ne serait pas surprenant que cette fois, les Etats-Unis envisagent une incursion armée, pourquoi pas sous prétexte d’aller récupérer des FARC planqués dans la jungle vénézuélienne.

Il faut dire que la Colombie commence à copier les Etats-Unis en intervenant sans prévenir chez ses voisins, comme en mars 2008 quand un groupe armé colombien est allé tuer le leader des FARC qui était planqué en Equateur, ou quand 120 paramilitaires colombiens (qui collaborent souvent avec l’armée) ont été arrêtés à Caracas en mai 200412].

Un cran au-dessus dans la déstabilisation, on a l’intrusion d’hommes armés sur le territoire venezuelien. Pour mener un coup cartoon170209_133511ad’Etat, agiter l’opposition, favoriser l’implantation paramilitaire ? Il y a plusieurs options.

Au début du mois de juillet, un dénommé Francisco Chavez Abarca, une sorte de « mercenaire » recherché par Interpol, a été arrêté à l’aéroport de Caracas en possession d’un faux passeport guatémaltèque. Chavez Abarca, vénézuélien et cubain, est un opposant à Castro proche des trafiquants d’armes et de drogue, qui s’est déjà fait attraper (et a été aidé à s’évader) pour avoir posé quelques bombes à Cuba (via la Fundation Nacional Cubano Americana) et organisé un attentat contre un avion cubain en 197613]. Il a aussi combattu les sandinistes de gauche au Nicaragua. Lors de son arrestation, il aurait avoué « être entré au Venezuela pour évaluer la possibilité d’y créer, en lien avec des membres radicaux de l’opposition, des troubles et des attentats de nature à déstabiliser le pays, à la veille des élections législatives de septembre prochain », comme l’explique Le Monde Diplomatique14]. D’aucuns craignent que ce que préparait Chavez Abarca était carrément un attentat contre le président.

En 2005, on a retrouvé dans l’Etat de Tachira à la frontière avec la Colombie, le corps en décomposition avancée de Jorge Enrique Díaz, l’ex directeur du DAS (les services de sécurité colombiens) à Cúcuta, et d’un sergent de l’armée colombienne, José Celis. Le premier aurait été assassiné en Colombie, avant que son cadavre soit transporté au Venezuela. Il aurait été missionné à ce moment pour assassiner Ramiro Vargas, le leader de la guérilla colombienne de gauche ELN.

Récemment, Chavez a dit que 1.500 paramilitaires colombiens se trouvent dans 87 camps sur le territoire vénézuélien. Et il se trouve que les paramilitaires, les AUC, collaborent de très près avec le gouvernement et avec l’armée colombienne jusque dans l’accomplissement des massacres de civils, pour les forcer à ne pas soutenir les FARC et avoir la main sur le narcotrafic. Du coup, Chavez a viré l’ambassadeur colombien. Et côté colombien, on dit que Chavez « prépare une attaque ». Le Venezuela reproche quelques exactions à ces paramilitaires colombiens, comme la dernière en date : l’assassinat du maire d’un commune dans la région frontalière par un groupe de six paramilitaires.

Au final, certains estimaient qu’entre 2000 et 2005, plus de 11.000 assassinats ont été liés aux activités des paramilitaires à la frontière. Une partie des assassinats ont été commis dans le cadre de massacres de villageois, comme les paras ont l’habitude de la faire en Colombie où toutes les fosses communes qu’on retrouve encore sont l’œuvre des AUC et pas des FARC. En 2008, un ex leader paramilitaire du Bloque Fronteras des AUC, Jorge Ivan Laverde Zapata, a reconnu avoir assassiné plusieurs personnes sur le territoire vénézuélien entre 2000 et 200415], dont un procureur, assassiné dans l’Etat de Zulia le 30 août 2003 avec sa compagne.

 

chavez_oilPropagande appliquée

Les médias internationaux, à quelques exceptions près, reprennent en chœur les « dérives » de Chavez. Il nationalise le pétrole, les télécoms, le ciment, la sidérurgie16], quelques banques privées, il « bâillonne » des médias « indépendants »17], il nationalise de pauvres supermarchés, il nomme ses proches au pouvoir, il change la constitution, il réforme l’éducation…

Mais il faut relativiser : il a nationalisé le pétrole contre indemnités, et les contrats sont désormais avantageux pour l’Etat, ce qui n’était pas le cas avant. Idem pour les autres nationalisations, qui impliquent une indemnisation. Quant à l’éducation, on lui reproche par exemple « l’interdiction d’utiliser des articles de journaux ou des émissions radios ou télévisées critiquant ouvertement le gouvernement à des fins pédagogiques », ce qui exactement pareil en France, en Belgique et partout en Europe, que « Les activité de prosélytisme et de propagande y sont par ailleurs interdites » (idem, allez prôner l’anarchie en plein cours de CP et vous verrez, ceci dit le libéralisme et l’individualisme passent très bien), mais aussi « le caractère laïque du nouveau programme, sachant qu’il existe un réseau important d’écoles religieuses privées et publiques ». Nous sommes bien placés en France pour savoir que la laïcité n’est pas antidémocratique, bien au contraire.

Pour ce qui est des médias, il s’est contenté de ne pas faire renouveler leur licence. C’est vrai, ces médias appartiennent à des pontes de l’industrie (et de grands propriétaires, donc) et qu’ils ont largement soutenu le coup d’Etat, en donnant la parole aux putschistes pendant que Chavez était retenu et que la population manifestait dehors18]. Mais en sarkoland, nous avons même oublié ce qu’est un média indépendant depuis la saga France 2, Le Monde, nominations à TF1, pub sur le service public, nominations des pontes de France Inter etc.

Pour ce qui est de la chaîne de supermarchés Excito19], elle a en effet été nationalisée, après que la boîte se soit amusée à bloquer des vivres et à spéculer au moment de la dévaluation du bolivar l’année dernière. Et Chavez avait prévenu, mais bref. Enfin, en ce qui concerne le fait de nommer ses proches, ce n’est pas pire que Sarko, et la constitution a été approuvée par référendum et renforce largement la démocratie locale ainsi que les droits des indiens. Ce qui n’a pas été le cas des nombreuses « révisions » constitutionnelles de sarkoléon.

On observe aussi que les tendances séparatistes s’affirment dans la région agricole et pétrolifère de Zulia qui prétend devenir le « Hong Kong du Venezuela », comme c’est le cas avec la riche province de Santa Cruz en Bolivie, autre pays socialiste dirigé par l’indien Evo Morales. Province de Santa Cruz  où on a accessoirement mis la main sur un groupe de mercenaires armés jusqu’aux dents l’année dernière20], et voilà que les grèves commencent21], comme ça a été le cas avec Allende au Chili, quand ont surgi des grèves dans les mines de cuivre et les transports qui ont mis les pays quasiment à l’arrêt.

Au Venezuela, cela fait quatre ou cinq ans que les velléités séparatistes montent dans la province de Zulia qui, en plus d’avoir plein de pétrole, jouxte la Colombie et se situe sur la côte ; une position stratégique dans l’exportation de drogue vers les Etats-Unis, l’Europe et l’Afrique.

L’ex gouverneur de la province de Zulia, Manuel Rosales, a soutenu le coup d’Etat de Carmona contre Chavez en 2002 (il a été acquitté pour ça par la Cour Suprême) et s’est présenté contre lui pour l’élection présidentielle de 2006. Durant tout son mandat, il a bloqué la réforme agraire qui consistait à redistribuer aux paysans quelques lopins des terres de grands propriétaires terriens tels que Rosales lui-même. Accusé de corruption, il prend la fuite au Pérou sans prouver comment il s’est enrichi au cours de son mandat de gouverneur de la province de Zulia, de 2002 à 2004. Finalement, il s’est présenté en dénonçant une manœuvre destinée à détruire sa carrière22]. En effet, quelques narcos colombiens, dont un ex ministre et un ex sénateur liés aux paramilitaires23], ont été arrêtés au Venezuela, où on ne cultive pas la coca. 

L’ex président colombien d’une probité à toute épreuve Alvaro Uribe, quant à lui, vient de porter plainte contre Chavez auprès de la Cour Pénale Internationale et de déposer une requête contre l’Etat Vénézuélien auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, rien que ça. Pour « violation des droits de l’homme », car il y a des FARC sur le territoire vénézuélien.

Bien sûr, les FARC étant des terroristes, ils préparent forcément « une action terroriste » contre la population colombienne. Et on peut même aller plus loin, puisque d’aucuns (essentiellement les Etats-Unis et l’Espagne, qui jouent contre le Venezuela depuis que Chavez est au pouvoir) considèrent qu’en plus, les FARC soutiennent l’ETA. D’ailleurs, le juge espagnol Eloy Velasco indique dans son procès-verbal dénonçant une magouille des FARC en Espagne, que l'enquête "met en évidence la coopération gouvernementale vénézuélienne à la collaboration illicite entre les FARC et l'ETA24]". Ca ne rigole plus : voilà donc que l’Europe elle aussi est menacée par Chavez, ce dictateur en puissance25].

Pour en revenir à Rosales, il a été l’égérie du mouvement autonomiste de Zulia, Rumbo Propio (notre direction, ou notre 118928_3_FOSA_COMUN__COLOMBIA_cocap), qui prône la mondialisation et l’ultra libéralisme, tout en étant membre du parti Un Nuevo Tiempo, financé grâce au NED, à l’Instituto Republicano Internacional (IRI) et à l’Instituto Demócrata Nacional (NDI).

Dans un autre Etat frontalier, celui de Táchira, on ne compte plus les incursions de paramilitaires colombiens, qui parfois s’installent durablement et font régner auprès de la population vénézuélienne la même terreur qu’auprès de leurs compatriotes. Cinq ont été capturés le mois dernier, mais d’autres s’occupent essentiellement de contrebande de produits provenant de Colombie. Car les paramilitaires, en Colombie, gèrent le narcotrafic et les filières d’exportation, mais aussi le trafic d’armes, tout en rackettant allègrement les commerçants et la population. Et ils continuent au Venezuela, où ils tentent de recruter des réfugiés colombiens légaux26] qui ont fui la guérilla.

En fait, environ 32.000 paras colombiens ont été « démobilisés » et graciés ces dernières années. Une partie a repris les armes, et certains sont actifs au Venezuela. Evidemment, Chavez accuse les paras colombiens d’être à l’origine de quasiment toute la délinquance dans le pays, qui depuis 200627] est devenu le premier point d’exportation de la drogue vers l’Europe et les Etats-Unis28]. Et il est vrai que les assassinats et les exactions habituelles des paras s’étendent désormais dans tout le pays. Et on observe que ces bandes sont organisées et liées entre elles. Sur place, la terreur permet de maintenir des zones entières sous leur coupe en Colombie, et le processus semble être le même au Venezuela.

Il faut préciser qu’on trouve aussi des FARC et d’autres guérillas de gauche sur le territoire vénézuélien, et que eux aussi donnent dans la criminalité : entre cinq et quinze actes criminels par an depuis 11 ans pour les FARC (essentiellement de l’extorsion de fonds et des enlèvements, et surtout dans les Etats frontaliers), dont 91 membres ont été arrêtés, et 25 faits en 14 ans pour l’ELN qui est dans le même registre criminel que les FARC. Pour les paramilitaires29], on recense 17 faits en sept ans et trente arrestations, avec une nette augmentation ces dernières années. On leur reproche surtout de l’extorsion de fonds et de l’intimidation qui allait se transformer en extorsion, et essentiellement dans les régions frontalières.

Evidemment, avec la concentration de ces guérillas qui se tapent dessus depuis des dizaines d’années, la criminalité a tendance à grimper en flèche dans les zones frontalières, côtières et urbaines du Venezuela. On assiste depuis quelques années à une forte augmentation des homicides, jusqu’à plus de 400% depuis 1998 dans l’Etat de Táchira (qui détient le record national), par exemple. Toutefois, on est loin des dérives désormais traditionnelles en Colombie. 65% des victimes ont, semble-t-il, entre 16 et 32 ans, et il y a un taux d’homicide de 107 pour 100.000 habitants à Caracas, loin devant le reste du pays. Mais, le nombre de faits de délinquance est globalement stable depuis que Chavez est au pouvoir, et si on regarde le taux de délinquance pour 100.00 habitants, il a considérablement baissé. Ce qui n’est pas le cas en France.

 

BestCartoonsoftheDayMilitarisation de la région

Depuis plus de dix ans, la Colombie est armée par les Etats-Unis pour lutter contre le narcotrafic qui est attribué aux FARC et aux autres guérillas de gauche. En 2009, sept bases ont été allouées aux militaires US, et 6 milliards de dollars ont été dépensés depuis 2000 dans ce but. D’après certains officiels colombiens, il s’agit de faire de la Colombie une « plaque tournante des opérations du Pentagone dans la région ». Car il faut bien le dire : depuis dix ans, la « lutte contre le narcotrafic » en Colombie a été un échec cuisant, et ledit trafic ne s’est jamais aussi bien porté. Il serait très étonnant que les Etats-Unis s’y prennent mieux au Venezuela ou en Bolivie, qui est aussi accusée de devenir un pays de narcotrafic.

Depuis des années, il existe des accords militaires entre les deux pays. Comme, d’ailleurs, avec beaucoup de pays d’Amérique latine et centrale. Le dernier date de fin 200930], et permettait la présence de 800 militaires US et 600 hommes sous contrat avec le gouvernement US (= des mercenaires) sur le sol Colombien (évidemment, ça ne marche pas dans l’autre sens) installés dans sept bases du pays pendant une dizaine d’années, afin de « lutter contre le narco trafic et le terrorisme »31] de manière conjointe. En échange, la Colombie devrait toucher 40 millions de dollars.

De manière un peu floue, l’accord évoque aussi d’ « autres activités convenues mutuellement, destinées à prévenir les menaces contre la paix, la stabilité et la démocratie ».

Alors bien sûr, en face on est crispé et Chavez a doublé la présence militaire dans les régions frontalières avec la Colombie. Ainsi, 20.000 hommes seraient répartis sur la frontière, selon les agences de presse officielles (AFP, l’espagnole EFE, AP).

Mais, on dirait bien que l’étau se resserre autour du Venezuela. Virés du pays par Chavez en 2004, les Etats-Unis ont renforcé leur présence en Equateur, avec la base de Manta (d’où ils viennent de se faire virer aussi), au Salvador avec Compala, une autre petite base au Honduras, dans les îles hollandaises d’Aruba et Curaçao, proches du Venezuela, à Antigua (une petite île à côté du Venezuela qui est une étape importante dans l’exportation de drogue, et où squattent plus de 10.000 soldats US et 1.300 Anglais32]), en Haïti33], au Costa Rica34], à Cuba, bientôt près de Rio de Janeiro35] au Brésil... Au final plus de dix bases US sont disséminées autour du Venezuela, ainsi qu’un paquet de navires de guerre. Il ne manque plus qu’un prétexte acceptable.

Comme, peut-être, aller récupérer des terroristes du Hezbollah libanais planqués au Venezuela, comme l’affirme un rapport Israélien36]. Et qui, allons-y franchement, accuse aussi le Venezuela d’avoir établi un « partenariat stratégique » avec l’Iran. Il y aurait en effet un début d’accord nucléaire dont des transferts de technologie, toutefois le Venezuela est encore loin d’avoir la technologie pour faire une bombe nucléaire (qui, soit dit en passant, est complètement dépassée de nos jours), et il s’agit de nucléaire civil, comme on en utilise en France pour faire l’électricité.

En fait, la zone que les Etats-Unis contrôlent de près correspond à la ZLEA, la zone de libre échange américaine que les US comptent mettre en place incessamment sous peu afin bien sûr de « libéraliser le commerce », d’augmenter les « niveaux d’échange de produits et services et des investissements, par la libéralisation des marchés, par des règles », d’ « éliminer les barrières, les restrictions et/ou les distorsions inutiles au libre-échange entre les Parties », « éliminer les barrières au mouvement des capitaux et des gens d’affaires entre les Parties » etc. Bref : la « constitution européenne » version Amérique latine et du nord. Un projet que veulent contrer Chavez et le bolivien Evo Morales avec l’ALBA, un traité de coopération à visée sociale.

Le but de toutes ces bases US est, comme le disent les officiels US, de « renforcer la capacité de [leurs] partenaires dans les Caraïbes orientales ».

En 2007, un machin nommé Partnership of the Americas a été mis en place par le Southern Command, la division de l’armée chavez_soundmixer_767106US chargée de l’Amérique Latine, qui a commis moult coups d’Etat et autres putschs sur le continent depuis plus d’un siècle. Il s’agit pour la région qui nous intéresse de déployer des navires de guerre autour des Caraïbes et l’Amérique Latine pour y mener des exercices conjoints, notamment pour « défendre » le canal de Panama.

Washington a également réussi un coup d’Etat au Honduras fin 2009 contre le président socialiste Manuel Zelaya,  et est en train de réactiver la Quatrième flotte, supprimée en 1948. Le but de cette résurrection est de tenir la mer des Caraïbes, juste au-dessus du Venezuela. Vu l’efficacité US, il ne serait pas surprenant que le trafic de drogue y explose dans les mois à venir, mais passons.

C’est le Southern Command, basé à Miami, qui contrôle la IVe flotte ainsi que toute l’Amérique latine. Mis en place dans les années quarante en tant que Caribbean Command, il a changé de nom en 1963. Il y aurait 11 porte avions au service du Southern Command, pouvant accueillir 80 avions de combat. Bref : l’ambiance est plutôt menaçante.

Entraînés par l’oncle Sam, les pays d’Amérique latine augmentent fortement leurs dépenses militaires (+ 30% en un an entre 2007 et 2008 pour l’ensemble de la région), alors que nous sommes en pleine crise économique. Finalement, Chavez pousse ses collègues à débattre de la présence militaire US, et certains Etats se positionnent contre. D’où le resserrement autour du Venezuela. Les pays d’Amérique du Sud ont donc mis en place l’UNASUR (Union des Etats d’Amérique du Sud) et le Conseil de Défense Sud Américain en mars 2009.

Actuellement, la tension continue de monter. Et le fait que tout le monde considère « impensable » une guerre entre la Venezuela et la Colombie montre bien que le risque de conflit est dans toutes les têtes, surtout celle des militaires et des politiques. Comme si on préparait le terrain.

Pour finir avec le chapitre sur la militarisation, il faut aborder certains soupçons quant au caractère naturel des derniers tremblements de terre dans la région. Certains s’interrogent en effet sur les possibilités d’un système militaire américain qui envoie des ondes électromagnétiques à très haute fréquence dans l’ionosphère, dans ce qu’on appelle la ceinture de Van Allen. C’est le système HAARP pour High Frequency Active Auroral Research Project, qui fait partie des armes dites « non létales » et est basé en Alaska. Suivant le rythme, l’amplitude et la fréquence des ondes envoyées par ces émetteurs géants, les effets produits ne sont pas les mêmes. Officiellement, il s’agissait de couper les communications ennemies, mais les armes électromagnétiques sont aujourd’hui utilisées contre des manifestants un peu partout dans le monde, mais toujours par les Etats Unis (du moins pour ce qu’on en sait). Selon des parlementaires européens37], ce truc permettrait aussi de modifier le climat, en ciblant une zone particulière de la planète.

Certains (notamment les Russes et les Japonais) pensent qu’HAARP peut aussi créer des tremblements de terre. Vu le secret et les délires qui entourent les recherches militaires US, il est difficile d’affirmer quoi que ce soit aujourd’hui à ce sujet. Mais, on peut relever des éléments bizarres avant ces séismes, comme des masses brillantes dans le ciel, typiques de l’utilisation de ces armes. Il semble aussi que beaucoup de tremblements de terre récents ont eu leur épicentre à 10 km de profondeur (par exemple Haïti, Sichuan, Honduras (la veille de celui d’Haïti), Mexique (en août 2009 et en avril 2010, en Basse Californie).

 

2007_06_12_xl__venezuela_cartoonPour le reste…

On pourrait ajouter que, contrairement à la propagande habituelle, le Venezuela est en bonne santé économique, surtout si l’on compare à nos joyeuses contrées européennes. Une balance commerciale largement excédentaire (ce qui est loin d’être le cas en sarkoland) grâce au pétrole et au minerai essentiellement (34 milliards de dollars en 2009), qui représentent 98% des exportations. Ensuite vient l’aluminium (160 millions de dollars), qui représentait en 2009 à peine 0,5% des exportations. Bien sûr, la baisse des prix du pétrole a fait chuter les revenus, puisqu’en 2008, le Venezuela en exportait pour plus de 48 milliards de dollars, ce qui a fait baisser le PIB en 2009 (comme en sarkoland et comme dans beaucoup de pays d’ailleurs).

L’inflation est basse (entre 1 et 2%), les salaires ont été multipliés par huit dans le privé et par 11 dans le public depuis 1997 (ce n’est pas demain la veille en sarkoland), le nombre de foyers pauvres diminue (contrairement à la France), et particulièrement les « très pauvres », passés de 25 à 9% entre 2002 et 2009. Le nombre d’enfants scolarisés ainsi que la durée des études pour les filles et les garçons ont fortement augmenté38], de même que les cours visant à alphabétiser les adultes. 

Pour surveiller de près le Venezuela et les éventuelles dérives dictatoriales de Chavez depuis que les médias internationaux se déchaînent sur lui, c’est-à-dire depuis qu’il est élu, je constate seulement qu’on lui reproche exactement ce qu’on pourrait reprocher à Berlusconi ou à notre nabot à talonnettes, par exemple. Le discours est orienté, virulent et franchement anti capitaliste, anti américain, tout ce qu’on voudra. Mais si l’on regarde de plus près, hormis celle les « grands propriétaires » et des étudiants financés par le NED, on n’entend pas de contestation. Au contraire, à chaque élection la population confirme le choix qu’elle a fait en 1998.

 

 

 


[1] Au sujet de ce coup d’Etat, même Jimmy Carter a admis que les Etats Unis n’y étaient pas étrangers.

[2] Plus exactement 4,5 milliards reçus du département de la défense US entre 2000 et 2005.

[3] La Quatrième Flotte US a en effet été réactivée récemment dans la mer Caraïbe

[4] Par exemple, c’est le Rendon Group, fondé par un ancien aide de camp de Jimmy Carter, qui avait filmé et organisé le faux sauvetage de Jessica Lynch en Irak en 2003, qui a aidé à mettre en place la communication du Koweit pendant la guerre du Golfe, puis qui a supervisé l’Iraqui Broadcasting Corporation (IBC) pour mener la propagande iraquienne en 1992. Ce groupe s’est aussi occupé de la campagne de Bush Junior.

[5] Un machin où on retrouve notamment Fernando Henrique Cardoso, l’ex président (libéral) du Brésil. La Plataforma Democratica est notamment soutenue par l’Open society Institute qui est financé par Georges Soros.

[6] Une « nouvelle série de dessins animés financée par la fondation Guatémaltèque aide les enfants à comprendre l’intérêt de l’identité et de la culture, de la tolérance, des droits humaines et de la préservation de l’environnement »

[7] En 1992, il a fait partie des leaders d’un groupe putschiste, le MBR-200, qui a échoué dans sa tentative de virer le président Carlos Andrés Pérez. Condamné pour détournement de fonds publics et destitué en 1993, Pérez a commencé sa carrière auprès de Romulo Betancourt et de se junte et n’a eu de cesse que de lutter contre les guérillas et révolutions de gauche au Venezuela. Lors de son deuxième mandat présidentiel (1989 -1993) il a mené une politique ultra libérale et austère pour la population. Enfin, bref, après ça Chavez a fait deux ans de prison.

[8] L’opposition est parvenue à imposer un référendum révocatoire à mi mandat (crée par la nouvelle constitution votée sous Chavez), en 2004, mais 58% des voix étaient contre la destitution du président. On pourrait noter au passage que Sarko ne risque pas, lui, de mettre en place un tel système et qu’avant de taxer Chavez de populiste, il devrait regarder ce qu’il a fait de notre constitution. Il faut aussi préciser que le référendum a été obtenu grâce à une pétition qui aurait selon l’opposition recueilli plus de 3,4 millions de signatures pour un pays de 28 millions d’habitants (certaines personnes ont été forcées de signer, y compris des morts et des enfants) et en fait seulement 1,8 million de signatures étaient valides, et il a pu se dérouler alors qu’il était  illégal car hors des dates prévues.

[9] Présidé notamment par John McCain, l’International Republican Institute est un think tank lié aux Républicains, financé par le gouvernement, qui collabore avec le NED. Au nom de la démocratie, il a déjà participé au coup d’Etat en Haïti en 2004 avec l’USAID. Finalement, jean Bertrand Aristide a été remplacé par un autre autocrate. L’institut a aussi financé en 2009 l’opposition au président du Honduras Manuel Zelaya, qui a été forcé à l’exil par un coup d’Etat qui ressemblait beaucoup à celui contre Chavez en 2002, alors qu’il avait été élu. 

[10] Parmi les membres du conseil d’administration du CIPE, on trouve John D Sullivan, qui a mené la campagne du président Ford en 1976, a participé à la création du NED en 1983, et est membre du Council on Foreign Relations créé par John Rockefeller.

[11] A peu près la même somme que pour la Colombie, qui est pourtant un pays vassal.

[12] Evidemment, la Colombie dit que tous n’étaient pas des paramilitaires, mais on en a quand même pris quelques uns à se promener du côté du Venezuela ces dernières années. Y compris la semaine dernière, quand cinq paramilitaires et leur commandante ont été arrêtes dans l’Etat de Tachira, proche de la frontière avec la Colombie. Les paras semblaient s’y livrer à certaines de leurs activités habituelles en Colombie : meurtre, vol, extorsion…

[13] Un attentat qui a fait 73 morts, organisé par Luis Posada Carriles, dont Chavez Abarca serait le bras droit.

[14] Chavez Abarca a ensuite été extradé à Cuba pour être jugé au sujet des attentats à la bombe de 1997.

[15] Mais au total, Laverde Zapata a admis avoir commis plus de 2.000 assassinats. Son Bloque Frontera opérait des deux côtés de la frontière, et la justice colombienne suppute plus de 5.000 crimes à leur actif.

[16] Notamment des usines qui ne payaient plus leurs salariés depuis des mois, et qui avaient été privatisées en 1997 comme Sidor.

[17] La dernière cabale en date est la «fermeture de 34 médias vénézuéliens et de 29 autres d’ici peu », qui « comme par hasard (…) ces deux télévisions et de ces trente deux radios sont détenus par des grands propriétaires – les latifundios, sachant que les plus fortes critiques envers le gouvernement de H. Chavez proviennent majoritairement du secteur médiatique privé ».

[18] C’est le cas notamment de la chaîne RCTV, la plus grosse chaîne privée du pays, dont la licence a été suspendue plus longtemps que les autres. On avait eu le même épisode en 2007.

[19] Etrangement, on a parlé de ça en France. Mais, le groupe Casino est partenaire de la chaîne Excito (qui est donc franco colombienne) au Venezuela. Ceci explique peut-être cela…

[20] Dont certains avaient servi aussi en ex-Yougoslavie ou en Angola.

[21] Dans la région minière de Potosi, un des bastions de Morales. Ces manifestations sont d’ailleurs assez violentes et les routes sont coupées.

[22] Chavez l’accuse carrément de soutenir le narcotrafic, les paramilitaires et les mafias dans la province. Ce qui, au regard de la situation en Colombie avec la « parapolitique », ne serait pas surprenant. Il aurait aussi ouvert des entreprises à Miami, et aurait touché des pots-de-vin par exemple de Siemens pour la construction du métro de Maracaibo.

[23] Mais évidemment blanchis.

[24] En effet, l’un des vénézuéliens concernés, Arturo Cubillas Fontan, est passé de l’ETA (délocalisé depuis l’Espagne en 1989 via un accord entre les deux pays), au gouvernement de Chavez. Comme sa femme, d’origine basque également, qui travaille à la com’ dans le même ministère, celui de l’Agriculture et des Terres.

[25] En l’occurrence, un groupe de 7 membres des FARC aurait demandé à six gusses de l’ETA de faire des « repérages » en Espagne pour y assassiner des personnalités, comme l’ambassadrice colombienne en Espagne et d’autres politiques colombiens comme Uribe soi même. Et les flics auraient découvert le pot aux roses en trouvant des documents sur des membres de l’ETYA arrêtés en France. La Colombie en rajoute une couche, en expliquant qu’il y a des camps d’entraînement des FARC –qui serviraient aussi à l’ETA bien sûr- au Venezuela.

[26] Le gouvernement vénézuélien enquête sur les connexions entre ces groupes paramilitaires implantés dans le pays. De forts soupçons pèsent sur l’armée colombienne, qui dirigerait les opérations. Par exemple en 2004, 86 colombiens, présumés paramilitaires, ont été arrêtés dans une ferme près de Caracas, en tenue de l’armée vénézuélienne. Beaucoup d’entre eux étaient aussi réservistes de l’armée colombienne. La ferme appartenait à un opposant à Chavez qui aime bien se promener du côté de Miami.

[27] C’est avec l’arrivée de mafieux de la Camorra et de la ‘Ndrangheta au début des années 2000 que le Venezuela, alors déstabilisé avec le coup d‘Etat de 2002 contre Chavez et les attaques contre le gouvernement, est devenu le leader de l’exportation de drogue. La drogue part ensuite souvent vers Haïti (où Aristide a été renversé par les trafiquants) ou la république Dominicaine, qui servent d’entrepôts, ou vers l’Afrique, d’où elle repart en Europe.

[28] Mais les cartels mexicains sont en train de détrôner le Venezuela pour l’exportation vers les Etats-Unis.

[29] Les traditionnels AUC (Autodefensas Unidas de Colombia et les Aguilas Negras, une formation paramilitaire plus récente et plus atomisée, mise en place par les opposants au processus de démobilisation des paramilitaires. Le financement vient surtout du narcotrafic.

[30] Mais la cour constitutionnelle n’est pas d’accord, semble-t-il.

[31] Terrorisme qui, comme l’ont montré Amnesty International et moult associations de défense des droits de l’homme, est principalement le fait des paramilitaires qui, eux, ont été amnistiés avant de recommencer comme avant.

[32] Finalement, la base US soutient davantage l’économie que le tourisme. Une importante force opérationnelle navale y est implantée.

[33] Suite au tremblement de terre, plus de 11.000 soldats US et une véritable flotte de guerre se sont installés à Haïti. C’est beaucoup plus de soldats que les 7.000 de la force de l’ONU.

[34] 46 navires de guerre et 7.000 soldats US vont s’y installer pour faire des « exercices » et « lutter contre le narcotrafic ». Ces bateaux de guerre sont arrivés fin juin pour six mois, une période renouvelable.

[35] Evidemment c’est pour lutter contre le trafic de drogue. Mais, de l’Afghanistan à la Colombie, en passant par le Kosovo, on observe que les pays où sont présents les Etats-Unis ont une fâcheuse tendance à devenir des narco Etats.

[36] On accuse par exemple le ministre de la Justice, d’origine Syrienne (Tarek el Assimi) dont le père était un membre du parti socialiste et panarabe baas en Irak, ou un réfugié libanais qui ont été diplomate à l’ambassade vénézuélienne de Damas (Gahzi Nasserdine, mis en 2008 sur la liste US des terroristes) et son frère de recruter des jeunes vénézuéliens d’origine arabe « et affiliés au parti de Chavez, le PSUV pour les envoyer dans les camps d’entraînement au Liban ». Ils rentreraient ensuite compléter leur formation dans une université vénézuélienne dirigée par l’armée, puis dans des camps d’entraînement répartis dans le pays. Des visas auraient aussi été attribués à des « terroristes du Hezbollah » qui « supervisent le trafic de drogue dans la région Brésil Argentine Paraguay ainsi qu’au Nicaragua ».

[37] Ils le dénonçaient dans un rapport de 1999 où on peut lire au chapitre « HAARP - Un système d'armement modifiant le climat » que « HAARP peut bouleverser les conditions climatiques » et que « Ces travaux de recherche doivent être considérés comme extrêmement néfastes pour l'environnement et la vie humaine. Personne ne sait avec certitude ce que peuvent être les effets de HAARP. Il faut lutter contre la politique du secret en matière de recherche militaire. ». C’était il y a 11 ans.

[38] C’est l’UNESCO qui le dit, dans un rapport de 2008. Le système d’éducation nationale au Venezuela est classé au quatrième rang des pays d’Amérique Latine, après Cuba (qui est 14è sur 128 pays dans le classement), l’Uruguay et l’Argentine (indice « éducation pour tous »).

 

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