SOURCE: BANC PUBLIC

http://www.bancpublic.be/PAGES/193br.html

Europe, OGM et conflit d’intérêt José Bové, vice-président de la commission Agriculture du  Parlement européen, soutenu par une autre eurodéputée, Corinne Lepage, a  dénoncé un nouveau cas de conflit d’intérêt: la présidente du Conseil  d’administration de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA), Diána  Bánáti, nommée à ce poste en juillet 2010, est membre du Conseil des Directeurs de l’International Life Science Institute (ILSI) Europe, le «lobby de  l’agrobusiness», selon José Bové.

       

         

            

                             

Or, elle n’a pas mentionné cette fonction  dans sa déclaration d’intérêt. «Mme Bánáti a déclaré «qu’au  travers de ses activités à l’ILSI, elle n’avait jamais été approchée par des  lobbyistes». Cette affirmation est de nature à tromper le jugement des  parlementaires qui l’ont interrogée». José Bové a demandé sa démission: il  a averti la Commission européenne  le 14  juillet et, à l’heure actuelle, il attend toujours une réponse.
L’influence de  l’ILSI est réelle dans le dossier OGM au sein de l’AESA et parmi les membres de  l’ILSI, on retrouve la quasi totalité des très grosses entreprises de  l’agro-alimentaires et des OGM, comme Kraft Food, Coca Cola, Kellogg’s,  Cargill, Monsanto, BASF, Syngenta ainsi qu’un certain nombre d’universitaires.

                  

L’ILSI est  accrédité auprès de l’OMS et de la FAO, mais,  en 2006, l’OMS a publié un communiqué de presse dans lequel elle précise que  l’ILSI «ne peut plus jouer un rôle dans l’élaboration des normes sanitaires  de l’OMS, car ses membres ont un intérêt financier dans le résulta ».  Cette structure a ainsi cherché à influencer un rapport qui établissait  l’influence du sucre sur l’obésité. L’ISLI a aussi publié des rapports non  consistants sensés  prouver l’innocuité  du Teflon dont la nocivité a finalement été reconnue, son fabriquant, Dupont,  ayant été condamné à payer 16 millions de dollars.

                  

En 2004, les Amis  de la Terre avaient publié un rapport intitulé «La prudence jetée aux  orties»,  qui illustrait les nombreuses passerelles entre l’industrie et  l’AESA.

                  

Ces conflits d’intérêt mettent l’AESA en  question. Le Conseil des ministres de l’Environnement de décembre 2008 a  d’ailleurs demandé de nombreuses évolutions, mais elles sont toujours en   discussion.


Frank FURET