Voici le détail de cette affaire du Var, dans laquelle trois enfants victimes d'un réseau pédophile ont raconté les meurtres d'enfants auxquels ils ont assité. Ils vivent aujourd'hui avec leur père, qui fait partie d'un réseau pédophile actif dans la région de Cogolin. Cet article est paru sur le blog Reseau anti pédophile du Var le 5 avril.


Afin de bien comprendre les tenants et les aboutissants d’une affaire qui dure depuis maintenant près de quatre ans, entrecoupée de moult jugements et autres décisions de justice, il n’y a pas cinquante solutions : il faut prendre les évènements dans l’ordre, les uns après les autres.

Pour l’instant, tous les noms et prénoms sont remplacés par des pseudonymes.

 

1.      La séparation

 

Présentons d’abord la famille : Sarah, la mère, vit en couple à Cogolin, près de St Tropez, avec Marc., âgé de dix ans de plus qu’elle et maçon de son état. Ensemble, ils ont trois enfants : Marie, Hugues et Thomas, nés en 2001, 2002 et 2004. Dès la première grossesse, Sarah constate que Marc devient de plus en plus agressif envers elle, que Monsieur adore l’humilier, parle vulgairement devant les enfants... et est porté sur l’alcool.

Deux mois après la naissance du dernier, Sarah porte plainte contre Marc, pour « violences physiques et verbales ». S’ensuivra une deuxième plainte en février 2005, parce que Marc en est venu aux menaces de mort. Le couple se sépare, mais Marc continue à avoir le même comportement envers Sarah. 

 

2.      Hébergement principal des enfants chez la mère

 

Pour la garde des enfants, le juge aux affaires familiales de Draguignan fixe en novembre 2005 la résidence principale chez la mère, avec un droit de visite et d’hébergement pour le père, la moitié des congés. Marc doit également quitter le domicile conjugal et une pension sera fixée un peu plus tard à sa charge, de 480€ par mois. 

 

Lors des vacances de Noël, Marc réussit à obtenir l’hébergement des enfants durant 17 jours, sous prétexte que Sarah aurait refusé de les lui laisser auparavant, et sans que Sarah ne soit entendue à ce sujet par le juge. Bref, comme les trois enfants, dont le dernier âgé d’à peine un an, devaient aller 17 jours chez leur père, Marc finit par accepter que le dernier ne vienne que quelques jours avec sa mère. Un soir, alors que les enfants étaient couchés, de même que Marc, qui a passé la soirée à faire des remarques salaces, Sarah téléphone à son ami. Cela a déplu à Marc, qui est descendu et a tenté de violer Sarah. La plainte qu’elle a déposée, à la suite de cette agression, a été classée sans suite. 

 

La remise des enfants n’a jamais été des plus simples, tant le père y mettait de la mauvaise volonté. A  tel point qu’un soir, Sarah a du faire appel à la gendarmerie. Quant à la pension alimentaire, elle était versée de manière aléatoire, ce qui a amené Sarah à porter plainte pour abandon de famille, mais ça n’a rien donné. La plainte pour harcèlement moral (suite à des appels frénétiques de Marc, jusqu’à 20 fois par jour, pour l’insulter) déposée fin avril 2006, n’a elle non plus rien donné. 

 

A ce moment, Marc profite d’un jour où Sarah n’est pas là pour voler les clés de la maison. Il s'installe donc chez elle durant cinq mois et demi, l’obligeant à vivre ailleurs avec les enfants durant tout ce temps. Il ne quittera ledit domicile que pour s’installer chez sa nouvelle conquête, dans « un endroit très malsain» dont une connaissance de Marc a relevé « la tristesse et l’insalubrité »,  mais où il fait pourtant vivre les enfants. Autour de lui, Marc se présente comme un homme blessé parce que sa femme le quitte sans raison, suscitant même la compassion de son entourage.

 

En juillet 2005, (alors que Marc vivait ailleurs depuis février), Sarah avait dû quitter précipitamment sa maison avec les 3 enfants, n’emportant qu’une couche et un biberon car Marc, en état d’ébriété comme souvent, était rentré dans la maison et ne voulait plus en partir. La maison a ensuite été louée pour l’été.

En septembre quand Sarah a voulu revenir, Marc s’y était à nouveau installé en mentant à la femme de ménage pour se faire remettre la clé. C’est alors que Sarah a saisi le Juge aux Affaires Familiales (JAF) pour officialiser la séparation. Le 18 novembre 2005, le JAF de Draguignan a fixé la résidence des enfants chez Sarah, et a demandé au père de quitter le domicile de la mère  (le bail en accord avec Marc en février 2005 avait été consenti à Sarah seule).

 

Marc reste dans la maison, mais s’apercevant que Sarah ne reviendra pas, il l’avertit en janvier 2006, qu’il a trouvé à se loger et qu’il lui rend la maison dès le 1er février 2006. Sarah revient alors avec les enfants. Un dîner en famille avec Marc a lieu à son retour dans la maison et Marc demande à Sarah de revivre ensemble. Sarah lui oppose alors sa tentative de viol de Noël 2005 et lui dit qu’après cela ce n’est plus possible pour elle d’envisager une vie commune. Marc ose nier, devant la mère et le beau père de Sarah, mais devant les yeux de Sarah qui le soutenait du regard il a reconnu qu’il s’était comporté comme un con et qu’il regrettait.

 

3.      La claque

 

Le 7 octobre 2007 est pour Sarah un jour marqué d’une pierre noire. Ce dimanche-là, dans la soirée, les enfants rentrent de chez leur père, et la petite Marie, 6 ans, est clairement en état de choc, pâle, se cachant derrière un gros oreiller, le regard complètement dans le vide.  A force de questions de la part de sa mère et de John, ses frères d’abord puis Marie finissent par raconter qu’un ami de leur père, qu’on appellera Denis, l’a embrassée sur la bouche.  

 

Le lendemain, Sarah amène les enfants chez le médecin de famille, le Dr Trafalgar, qui prescrit aux trois une ITT de 21 jours ainsi qu’un test de MST pour Marie.

 

Le 10 octobre, les enfants sont entendus par une psychologue, Mme DUVAL. Les deux garçons confirment que Denis a embrassé Marie sur la bouche, et la petite a dit que « Denis a mis son zizi dans ma bouche et dans ma zézette ». Le médecin dit alors à Sarah « c’est clair ! Il ne vous reste plus qu’une chose à faire, c’est d’aller porter plainte, encore faut-il tomber sur les bons gendarmes ». C’est donc ce que fait la jeune femme dès qu’elle sort du cabinet de Mme Duval. A ce jour, aucun juge n’a demandé son rapport à Mme DUVAL. 

 

Mais, ce ne fut pas si simple, les gendarmes de St Tropez où elle est allée déposer plainte n’étant pas disposés à prendre ladite plainte, disant à Sarah qu’elle devait aller porter plainte dans sa ville. Où elle ne voulait précisément pas aller sachant que Marc y joue au foot avec des gendarmes.

Bref, pour démarrer l’enquête, les gendarmes mandatent le jour-même un pédiatre pour examiner Marie,  et elle doit être entendue sous vidéo le lendemain matin à la gendarmerie de Bandol.

 

Marie va donc chez le Dr CARTON (pédiatre), accompagnée de sa grand-mère et d’un gendarme. Nous sommes trois jours après les faits, et le médecin ne relève pas de trace de viol anal ou vaginal, mais constate que « l’enfant est très perturbée sur le plan psychologique. L’examen n’est possible qu’en présence de sa grand-mère ». Finalement, il prescrit une ITT de 8 jours à la petite, précisant oralement au gendarme et à la grand-mère qu’il fallait bien lire son certificat, que ce n’est pas parce qu’il n’a pas trouvé de traces qu’il n’y avait rien eu, puisqu’au regard de son état il ne pouvait pas s’être rien passé.

 

4.      L’enlèvement des enfants

 

Le lendemain, le 11 octobre2007, est le jour où tout bascule.

 

Le matin, Sarah, ses enfants, ainsi que sa mère, Béatrice et le compagnon de celle-ci, John, se rendent à la gendarmerie de Bandol, à une heure et demie de route de chez eux, pour être reçus à 9 heures par les gendarmes.  

Hugues et Thomas confirment leurs propos de la veille, disent que leur père et que le fils de Denis, âgé d’une dizaine d’années, étaient présents. Il faut noter que les enfants n’ont pas très envie de se confier, surtout Marie qui semble respecter à la lettre l’ordre donné par son père de ne rien dire, qu’elle évoque durant son audition. Elle dit que Denis n’est pas gentil avec elle, mais qu’elle ne se rappelle plus pourquoi alors que les faits ont eu lieu seulement trois jours plus tôt. Elle dit qu’il lui a fait un bisou, mais sur le front, qu’elle n’a pas envie de retourner chez son père ou de le voir… L’entretien des trois enfants est filmé, la gendarmerie en a fait une retranscription dans laquelle il y a quelques ellipses. Impossible d’avoir la vidéo avec l’audition complète.

 

Durant les auditions, les enfants dessinent pour s’occuper en attendant leur tour. En regardant ceux de Hugues, alors âgé de 5 ans, marqués par des éléments à connotation sexuelle, amène Sarah à penser qu’il n’y a peut-être pas que Marie à avoir été victime... 

Le gendarme L., dans son rapport, écrit plusieurs fois que Sarah était « excitée ». Il parle de « comportement excessif », dit qu’elle « se met en colère », « s’emporte à la moindre parole »... En réalité, Sarah a simplement du se battre pour que les gendarmes prennent sa plainte, pour qu’ils entendent les deux garçons témoins de la scène, pour qu’ils réentendent Marie qui selon eux n’avait rien dit lors de sa première audition, et même pour que les enfants puissent manger quelque chose vers 14h alors qu’ils étaient debout depuis 6h et demie.

 

Pour se reposer un peu avec ses enfants à la suite de toutes ces démarches, Sarah avait décidé, avant de porter plainte, de les emmener dans un parc de loisirs à Paris. Elle prévient donc le procureur Ghislain de Draguignan par fax depuis la gendarmerie de Bandol, et lui écrit qu'elle va partir dès que ses obligations avec la police seront terminées. Elle lui laisse aussi ses numéros de contact. Peu de temps après, le même Procureur ordonne aux gendarmes de faire consulter Marie par le Dr BENALI à 15h, à l’hôpital de jour des enfants près de sa commune, ce qui sera fait.

 

Lors de cette consultation, la petite confirme au médecin devant sa maman que ce qu’elle a dit la veille chez Madame Duval était vrai. Ce médecin trouvant que la petite, levée depuis 6 heures du matin, est fatiguée, demande à la revoir impérativement plus tard, le 18 octobre à 15h. Une visite à laquelle, étrangement, Marie qui est alors placée en foyer n’a jamais été amenée. Pendant la consultation, le Dr Benali a davantage interrogé Sarah sur sa vie sentimentale que la petite, qu’elle a interrogée pendant cinq minutes seulement.

 

Dès que la visite est terminée, les gendarmes vont voir le Dr Benali et demandent à la famille d’attendre à l’extérieur. Ils remettent ensuite à Sarah une convocation du médecin pour Marie le 18 octobre. C’est à ce moment précis que le père de Sarah appelle Béatrice, alors qu’il ne donne jamais de nouvelles ou presque. Il lui dit de ne pas poser de question et d’obéir à son injonction de « quitter immédiatement cette procédure car on va retirer les enfants à Sarah et qu’elle ne les reverrait plus ». Précisons à ce stade que le père de Sarah est gynécologue dans un hôpital proche, et a très peu de relations avec sa fille. Il s’entend par contre très bien avec Marc. Vers 16h, Sarah décide d’aller chez le Dr CARTON pour qu’il examine ses garçons, mais elle se retrouve bloquée dans les embouteillages et se ravise.

 

Les gendarmes ressortent une demi-heure plus tard du cabinet du Dr Benali et paniquent en s’apercevant que Sarah et les enfants ne sont plus là. Ils appellent donc le Procureur, qui les rappelle aussitôt. Les échanges durent quelques minutes. A la fin, l’un des gendarmes dit à Béatrice que Sarah doit aller au plus vite à la gendarmerie de St Tropez pour connaitre la décision du procureur, et précise bien qu’elle doit s’y rendre avec les enfants.

 

Le gendarme L. écrit dans son exposé des faits rédigé ultérieurement que c’est à ce moment-là que le Procureur décide de placer les enfants dans un foyer en urgence, comme on pourra le lire dans l’ordonnance du Procureur. Pourtant, « officiellement » la décision a été prise à 18h 30 seulement, et dans des conditions bien différentes.

 

Reprenons la chronologie de cette journée.

Il est 16h 30, Sarah est en route pour aller chez le pédiatre et pense avoir oublié un de ses téléphones portables chez le Dr Benali. Elle appelle donc sa mère pour qu’elle aille le récupérer. En revenant au bureau du médecin, Béatrice l’entend parler avec le procureur ; et il est question du rapport e Mme Duval. Plus tard, cette psychologue lui expliquera que le Dr Benali l’avait appelée et lui avait dit de la part du Procureur Ghislain de ne pas faire de rapport portant sur la visite de Marie, tant qu’on ne le lui demandait pas. Elle refusera ainsi de faire un rapport pour l’avocat de Sarah.

A 17h 30, le gendarme L. appelle Béatrice pour savoir où est Sarah. A peine une minute plus tard, il est déjà chez Sarah avec son collègue D., et en profite pour fouiller l’appartement. Les deux gendarmes déclarent qu’ils ne partiront pas tant qu’ils ne sauront pas où est Sarah. Quelques minutes après, celle-ci appelle sa mère pour lui dire qu’elle a trouvé une chambre pour la nuit à l’Hostellerie de la Sainte-Baume, près de Saint Maximin, qui est tenue par des religieuses. Elle demande à sa mère et à John de les rejoindre. En entendant les mots Sainte-Baume, le gendarme L. appelle aussitôt des collègues.

 

Puis une religieuse appelle Béatrice pour lui demander à quelle heure ils arrivent. Le gendarme L. lui arrache immédiatement le téléphone des mains et dit à la religieuse que Sarah est en fuite et recherchée par la police, et qu’elle doit appeler tout de suite la gendarmerie la plus proche afin de les prévenir que la fugitive est bien à l’Hostellerie. En outre le gendarme enjoint la religieuse de retenir Sarah à l’Hostellerie jusqu’à l’arrivée des gendarmes.

 

La religieuse a donc appelé sa gendarmerie locale comme lui avait demandé le gendarme L. Elle n’a eu que le temps de dire qu’il y avait chez elles une jeune femme avec 3 enfants, et il lui a été répondu immédiatement qu’ils étaient au courant et qu’ils arrivaient, raccrochant aussitôt.

 

Le gendarme L. dans un autre procès-verbal de l’enquête préliminaire, écrira que les religieuses  ont appelé la gendarmerie parce que Sarah tenait des propos incohérents. Il ajoutera que c’est suite à l’appel de ces religieuses à 18h30 que le procureur a décidé de placer les enfants et de les retirer à leur mère. Il a donc commis une forfaiture pour justifier le retrait des enfants qui était auparavant injustifiable.

 

Sur ces entrefaites, les gendarmes demandent à John de les accompagner jusqu’à Ste-Baume pour qu’il ramène le véhicule de Sarah, expliquant que quand on retire ses enfants à une mère, elle devient folle ou elle se suicide, et que tous doivent faire attention car « tous vos téléphones sont sur écoute, et dites à votre fille qu’elle n’essaie surtout pas de s’enfuir car elle aura toutes les polices de France à ses trousses avec un mandat d’amener ». C’est officiellement à ce moment, vers 18h30, que le procureur décide de placer les enfants. Durant le trajet, John et les gendarmes discutent, et un des gendarmes dit que c’est la deuxième affaire similaire de la journée, et que cela l’étonnait. 

Là, on se demande bien pourquoi toutes les polices de France pourraient se retrouver à traquer une mère et ses trois jeunes enfants à travers le pays et à mettre toute la famille sur écoute. Parce qu’elle a porté plainte pour agression sexuelle envers sa fille ?

 

Sarah et les enfants terminaient de diner quand onze gendarmes débarquent accompagnés de deux éducateurs et d’un psychiatre prêt à embarquer Sarah, signifiant qu’ils viennent chercher les enfants pour les mettre en sécurité, et qu’elle les récupérerait le lendemain ou le surlendemain. Deux éducateurs appelés directement chez eux par le procureur Ghislain, sans passer par le responsable de la structure pour laquelle ils travaillent, prennent en charge les enfants qui sont emmenés sans que Sarah sache où, ni qui ils étaient.

Les enfants sont donc emmenés en vertu d’une ordonnance du Procureur qu’on ne montre pas à Sarah, et selon laquelle « l’enfant n’a pas confirmé les faits, au contraire, devant les enquêteurs (…) ni devant l’expert psychiatre requis par nous vers 14h », « l’état psychologique de la mère, aux dires de la pédopsychiatre, semble fragile », « aucune solution d’accueil par la famille ou l’entourage n’est en urgence envisageable et que la mère menace de quitter la région avec ses trois enfants », si bien que les enfants sont confiés à l’ASE du Var aux bons soins de l’Inspectrice NICOLETTI. Dans son rapport au sujet de cette intervention digne du RAID, le gendarme L. écrit que « le personnel religieux nous informe que Sarah a été constamment au téléphone et tenait des propos incohérents de nature à créer des inquiétudes ».

 

C’est-à-dire que le Procureur estime que Marie a menti à Mme Duval, et il n’ordonne pas de nouvelle expertise. Il ne tient pas compte du fait que Thomas et Hugues ont confirmé les propos de leur soeur. Si Marie, en effet, selon la retranscription de son audition, n’a pas confirmé les faits, elle a quand-même dit que son père lui avait demandé de se taire. En outre, lorsqu'elle est sortie de cette audition, Marie a dit à sa famille qu’elle avait tout raconté au gendarme.

Le Procureur  oublie que Sarah ne s’est pas enfuie, et qu’elle l’a même prévenu. Il dit que le Dr Benali a trouvé que Sarah était fragile, ce qui est faux : elle a écrit qu’il « est nécessaire de rassurer la maman ». Et de toute manière, ce médecin n’a rencontré Sarah et Marie que cinq minutes… Le Procureur fait également comme si la grand-mère des petits n’était pas là et qu’elle ne pouvait pas accueillir les enfants en urgence.

En plus de tout cela, il ordonne à tous les intervenants dans ce dossier de ne pas dire à Sarah où se trouvent ses enfants. Durant trois semaines, elle ignore donc totalement où ils sont, malgré de nombreux appels  aux différents services responsables de l’enfance et dans de nombreuses structures où ils auraient pu être hébergés. Au bout de trois semaines seulement, Sarah apprend qu’ils ont été placés dans un foyer, et que Marie a été séparée de ses frères.

 

A la suite de cette opération des pandores à l’Hostellerie de la Sainte-Baume, Sarah ne reverra plus ses enfants durant trois mois. On ne lui a pas présenté la décision du procureur, elle ne sait donc pas pourquoi on embarque ses enfants. 

 

5.      L’enlisement

 

En quittant l’Hostellerie de la Sainte Baume le lendemain, Sarah et John croisent un type d’une cinquantaine d’années qui dit avoir échoué à l’Hostellerie très tard (alors qu’elle ferme à 20 h) et par hasard. Justement, vers une heure du matin, ils ont entendu quelqu’un tenter d’ouvrir la porte de leur chambre, et une personne s’est enfuie quand John a ouvert la porte à son tour.

L’individu leur tient des propos contradictoires tout au long de la discussion qu’il engage avec eux, et finit par leur suggérer  un raccourci pour se rendre à Aix-en-Provence. John et Sarah empruntent le chemin qu’il leur indique, et le retrouvent justement au bout de quelques kilomètres, au bord de la route en train d’astiquer sa voiture, en plein soleil. John se méfie, accélère et cache la voiture dans le premier chemin qui surplombait la route, d’où ils voient alors passer à vive allure le véhicule du type.

 

Le même jour, le 12 octobre, Sarah est contactée par une amie, Céline B., qu’elle connaît depuis quelques années et qui se trouve être la sœur aînée de l’homme qu’elle fréquente ainsi qu’une relation assez proche de Marc. Celle-ci lui recommande de prendre comme avocat un certain Calimero, son neveu.

C’est le début de la saga des avocats: une dizaine se succéderont jusqu’à fin 2011. Entre les avocats qui ne font rien, ceux qui sont injoignables (mais qui demandent à être payés quand-même, et plutôt grassement), et ceux qui enfoncent littéralement leurs clients, le cas de Sarah peut surprendre à première vue.

 

C’est sa mère, ancienne avocate, qui va au rendez-vous avec ce Calimero le 16 octobre 2007. L’avocat accepte de prendre en charge son affaire, contre la somme rondelette de 1.500€, versés via trois chèques. Pourtant, il ne parvient jamais, dit-il au téléphone, à avoir le Procureur en ligne. Mais, il demande à Sarah de ne pas intervenir directement auprès des magistrats et de lui faire confiance.

Il dit à Sarah qu’il va travailler avec une consœur, Aude P.

 

Le 30 octobre 2007 obtenant enfin la bonne personne de l’Aide Sociale à l'Enfance au téléphone pour l’informer, Sarah apprend que la garde exclusive des enfants a été remise le matin-même au père par le Juge des enfants.

On doit noter que c’est aussi à cause du manque de zèle de ces avocats que la situation de Sarah et des enfants est devenue catastrophique, puisqu’elle n’a pas été convoquée aux audiences du 22 et du 30 octobre chez le Juge des enfants, et pour cause : l’adresse était fausse (c’est un ami de Marc qui recevait les convocations), et il y avait une faute dans le nom de famille.

 

Ni Me Calimero ni sa consœur n’ont rien fait dans cette procédure. A part qu’Aude P., qui n’a pas été mandatée par Sarah ou sa mère, a envoyé cinq courriers au Juge des enfants, contenant des affirmations erronées[1].

Cela n’empêche pas Calimero de demander en novembre à Sarah 1 500 € pour sa consœur Aude P.

Plus tard, la famille apprend que Calimero avait été radié du Barreau en 1994, plus de dix ans auparavant. Sarah a donc porté plainte contre ce Calimero le 17 décembre 2007 pour escroquerie, et prévenu le Bâtonnier des avocats de Paris de l’escroquerie de Calimero qui n’était plus avocat depuis 1994, ainsi que de l’intervention d’Aude P. qu’elle n’a jamais vue ni mandatée.

 

Le 17 octobre, Marc et Denis sont interrogés par la gendarmerie de St Tropez. C’est la seule audition des deux principaux mis en cause qui sera faite durant toute l’enquête. Aucune enquête de personnalité ni aucune écoute ne seront ordonnées.

 

Clairement, Marc semble savoir pourquoi il est convoqué sans même qu’on ne lui lise la plainte ou qu’on ne lui précise les motifs de sa venue. Dès le début de l’audition et sans lui lire la plainte de Sarah, le gendarme demande à Marc s’il sait pourquoi il est là. Il répond que oui. Le gendarme lui demande alors ce qu’il en pense. Marc répond aussitôt qu’il n’est pas étonné, que son ex-compagne cherche seulement à lui nuire…

 

Marc va jusqu’à signifier carrément que Sarah l’accuse de choses « graves » : « pour ma part, les accusations de Sarah ne sont absolument pas fondées. Je ne pensais pas qu’elle en arriverait là ! Je la connaissais capable de bien des tracasseries mais pas d’accusations graves de ce genre ! »

 

Question: Comment peut-il imaginer à ce moment qu’il est accusé d’ « agression sexuelle » alors que Sarah n’a pas porté plainte contre lui, Marie n’ayant encore parlé que de Denis et alors que jusqu’à présent, Sarah n’a porté plainte contre lui ‘que‘ pour des problèmes de harcèlement, d’insultes, de tentative de viol, de pension alimentaire ou de sa dette bancaire.

Il déclare ensuite que Sarah, sa mère et John sont une véritable secte, et qu’il ne doit qu’un mois de pension alimentaire. Ce thème de la secte sera ensuite repris par le Dr Trafalgar, puis par la Justice… Marc ne rate pas l’occasion de se présenter comme un père modèle, qui couche et fait manger ses enfants à l’heure etc., « ce qui n’est pas le cas du côté de famille de [Sarah], famille bohème », tient-il à préciser.

 

Le week-end des faits (présumés) il n’a rien remarqué à part qu’il invente que Sarah n’aurait pas fait faire ses devoirs à Marie. Il n’a jamais laissé Denis seul avec les enfants. Quand le gendarme le lui demande, il s’écrie « jamais ! » (aurait-il par hasard eu des raisons de soupçonner un acte malveillant de la part de Denis ?).

 

Question : - Denis a-t-il à un moment donné été seul avec les enfants ?

Réponse : - Jamais ! Si c’était le cas je vous le dirais, ceci dans l’intérêt des enfants.

 

Marc, étrangement, ne s’interroge pas sur l’état de sa fille qui est rentrée en état de choc. Il ne cherche pas à savoir si les faits ont pu se produire, et ne montre aucune inquiétude au sujet de Marie. Il déclare aussi qu’il a récemment pris un avocat, et qu’il connaît Denis depuis un an.

Lors de son audition, Denis (on ne lui lit pas la plainte non plus), déclare qu’il connait Marc depuis trois mois environ, depuis qu’il s’est épanché auprès de lui au sujet de ses problèmes de séparation et de garde d’enfants. Il servait de témoin à Marc pour vérifier si Sarah lui laissait bien les enfants à l’heure, parce qu’une fois elle a eu une heure et demie de retard, si bien, dit-il, qu’il a fallu appeler la gendarmerie.  Il estime que « les éventuelles accusations de viol ou agressions sexuelles » portées contre lui sont infondées, et menace de porter plainte s’il s’agit d’une dénonciation mensongère.

 

Le 22 octobre 2007, le juge des enfants BOLERO décide que Marc peut faire sortir les enfants du foyer deux jours de suite, alors que la plainte de Sarah pour l’agression sexuelle n’est pas encore classée sans suite. Sarah, qui n’a pas reçu la convocation comme on l’a dit plus haut, n’était pas présente à l’audience. Cela n’empêche pas le juge de considérer que la mère a des « comportements particuliers », qu’elle a tenu des propos « incohérents » à Sainte Baume, et qu’il faut laisser les enfants en foyer jusqu’à la fin du mois. Le temps de vérifier la demande de Marc qui veut la garde, et d’interroger Sarah.  

 

6.      Quand on marche sur la tête

 

La plainte pour viol sur Marie qu’a déposée Sarah contre Denis le 11 octobre est classée sans suite à peine deux semaines plus tard, le 24 octobre. Selon le Procureur, l’existence d’une infraction pénale n’est pas démontrée. Pourtant, on n’a jamais amené Marie à son rendez-vous chez le Dr Benali, on n’a pas non plus demandé au Dr Duval de faire son rapport[2] (et elle ne l’a pas non plus donné à Sarah malgré ses demandes). On n’a pas tenu compte des ITT de 21 jours et 8 jours, ni des déclarations des enfants, ni des dessins réalisés lors des auditions… Entre temps, et depuis ce terrible 7 octobre, Hugues s’introduit des objets dans l’anus, Thomas s’arrache les cheveux par touffes entières, Marie rêve qu’on va la tuer ainsi que ses frères, et tous font des cauchemars.

 

Sarah parvient à avoir des nouvelles de ses enfants le 26 octobre, quand elle reçoit un courrier de l’Aide Sociale à l’Enfance l’informant que les enfants leur sont confiés. Mais ce n’est que le 30 octobre en début d’après-midi qu’elle finit après moult tentatives par joindre la responsable de l’ASE, qui lui annonce que ses enfants ont été remis le matin même, et pour un an, à la charge exclusive de leur père. De fait, ce matin-là une nouvelle audience concernant la garde des enfants a eu lieu dans le cabinet du juge des enfants Bolero, encore une fois en l’absence de Sarah qui n’a toujours pas reçu la convocation. La garde des enfants a malgré tout été confiée au père.

 

Dans le jugement, on peut lire que Sarah a été convoquée deux fois mais n’est pas venue, que suite à ses accusations au sujet des abus, son état psychologique s’est mis à poser problème, que son avocate (Aude P., la collègue de Calimero) a déclaré qu’elle était en dépression, que Sarah n’a pas contacté l’ASE : « la mère ne s’est pas manifestée depuis le placement des mineurs et ne forme aucune demande pour la suite de la procédure »… Ce qui était parfaitement logique, puisqu’elle ne savait pas où étaient ses enfants !

 

Comme l’éducateur du Jardin d’enfants où les trois enfants avaient été placés estime que Marc a une « très bonne » relation avec ses enfants, on décide de confier les enfants à leur père.  

Ce jugement du 30 octobre ne sera remis à Sarah que le 6 décembre en mains propres, par la greffière de Monsieur Bolero au Palais de Justice de Draguignan. Tout  comme les convocations aux audiences, il a été envoyé à une fausse adresse et avec un nom erroné. 

Le 18 décembre, c’est la troisième édition de l’audience portant sur la garde des enfants, puisque Sarah n’a pas pu être présente aux deux autres audiences. Par requête au Juge des enfants Sarah demandait de voir appliquer la décision du 18 novembre 2005, qui fixait l’habitation principale des enfants chez elle. Ce fut peine perdue car le juge Bolero a décidé deux jours plus tard de faire l’inverse, et ne laisse Sarah héberger ses enfants qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Il demande aussi des expertises psychiatriques pour Marc comme pour Sarah.

 

Un tel enchaînement des faits laisse pour le moins pantois. On se demande quelle est leur logique. C’est assez simple : d’abord, la police, comme la justice, ne tiennent pas compte des pièces qui contredisent la thèse officielle ("il ne s'est rien passé"). On n’enquête pas non plus, on ne demande pas d’examens complémentaires. Ensuite, on considère que Sarah est instable, du moins pour l’instant. On classe la plainte, et on dit que les enfants seront tellement mieux chez leur père. 

 

On va voir que progressivement, Sarah, sa mère et John vont être accusés d’avoir perdu la raison, que malgré les éléments de plus en plus alarmants montrant que les enfants sont victimes des pires sévices, la justice refuse de les confier à leur mère, qui finit par être accusée de dénonciation mensongère et calomnieuse, tout comme sa mère et John. Par contre, il n'y a jamais eu d'instruction concernant les faits de pédophilie ou les snuff movies (dont on va parler ensuite). 

 

7.      Le calme avant la tempête

 

Sarah revoit ses enfants pour la première fois depuis leur retrait le 26 décembre 2007. Elle ne les avait jamais quittés auparavant, sauf les week-end avec leur père, et elle avait pris un congé parental pour s’occuper d’eux à plein temps depuis la naissance du dernier. De janvier à août 2008, Sarah a régulièrement ses enfants un week-end sur deux, du vendredi sortie d’école au lundi rentrée des classes et la première moitié des vacances scolaires.

A l’oncle de Sarah, Marc a déclaré en juin 2008 qu’il arrêterait tout si Sarah revenait vivre avec lui.

 

Sarah tente d’avertir les autorités de sa situation. Elle écrit à Sarkozy et à Dati, alors ministre de la Justice, qui répondent qu’ils n’interviendront pas, en vertu de la séparation des pouvoirs. Mieux: Sarkozy transfère le dossier au parquet de Draguignan, qui lance une enquête préliminaire.

Sarah demande à Duval de faire une attestation, mais celle-ci écrit seulement « devant les dénégations de Marie, j’ai conseillé à sa mère d’en référer à la gendarmerie ». Quelles dénégations ? Marie a été claire, chez ce médecin, en expliquant que « Denis a mis son zizi dans [sa] bouche » et dans son sexe. D’où la plainte pour viol et non pour agression sexuelle.

 

L’expertise psychiatrique ordonnée par le juge conclut que que que les capacités éducatives de Sarah ne sont pas à remettre en cause, mais ça ne change rien : le 2 mai 2008, il rend un jugement qui maintient la résidence principale des enfants chez le père en attendant un rapport qu’il commande à l’AEMO (assistance éducative en milieu ouvert) qui doit être remis… le 31 octobre 2008 ! 

Sentant le vent mauvais, Sarah décide d’être prudente et fait constater son état psychologique par cinq médecins et experts-psychiatres afin de se prémunir au cas où l’on tenterait de la faire passer pour folle. Elle s’était rendue en premier lieu chez le Dr Carton, le soir de son dépôt de plainte le 10 octobre 2007 qui l’avait trouvée « charmante », et avait relevé un « discours tout à fait cohérent », et  que Sarah se montre « très attentionnée envers ses enfants ». Elle a aussi vu le Dr Dupont, psychiatre qu’elle voit le 26 juin et qui ne lui a trouvé aucune pathologie, ainsi que deux autres psychiatres qu’elle voit les 3 et 4 juillet. Bref, aucune pathologie n’est décelée chez elle.

 

Le 14 juillet, Marie parle à nouveau du jour de l’agression. Elle dit que ce jour-là Denis n’était pas seul, il y avait aussi son père! Sarah avertit alors l’éducateur spécialisé de l’AEMO (Assistance éducative en milieu ouvert) et prend un rendez-vous avec la psychologue de l’AEMO pour faire entendre sa fille. Mme VIGNOBLE, psychologue de l’AEMO à l’ADSEA du Var où est organisé le suivi des enfants, après avoir entendu ce qui se serait passé le 7 octobre 2007, a dit à Marie que maintenant qu’elle avait parlé elle irait mieux, qu’on mettait tout cela dans un tiroir et qu’on se reverrait comme d’habitude avec papa en septembre !

 

A un moment, Mme VIGNOBLE demande à Sarah d’évoquer sa vie, et après qu’elle ait abordé les insultes et autres violences qu’elle a connus durant sa vie commune avec Marc et même ensuite, Mme Vignoble dit à la petite que son père a agi comme ça par amour. Puis elle remet à Sarah le dessin que Marie avait fait dans son cabinet. Un dessin pourtant peu éloquent pour les non avertis, en lui disant de ne surtout pas le faire analyser car Marie l’avait réalisé pour elle et que « ce serait trahir [sa] fille » que de le faire analyser. Mme Vignoble considère aussi que « Marie va très bien ». Pourtant, la petite précise qu’à un moment où ils se trouvaient chez Denis avec ses frères et son père, ce dernier l’a emmenée dans la chambre de Denis. Il lui a mis son sexe dans sa bouche avant que Denis ne fasse de même. Elle répète que son père lui a demandé de se taire.

 

Les 18, 21 et 23 juillet 2008, Sarah, qui a les enfants pour le mois de juillet, emmène Marie voir le pédopsychiatre Michel Stravinsky (pseudonyme) à Marseille parce qu’elle va très mal. Nous sommes neuf mois après les faits présumés, et le médecin conclut que Marie «  a subi un traumatisme secondaire durant son placement et son isolement familial », et que son « état de stress traumatique (…) est  susceptible d’évoluer vers de graves complications psychiatriques ». Il constate également que les résultats scolaires de la petite « se sont dégradés » depuis septembre, qu’elle ne joue quasiment plus, qu’elle est sur la réserve, et il estime que la petite subit « un grave trouble anxieux ».

 

Durant l’entretien avec le Dr Stravinsky Marie a dit : « [Denis] m’a embrassée sur la bouche : moi je voulais pas, alors il m’a forcé, j’ai pleuré ; mes frères ont vu », puis que son père est venu la chercher dehors où elle était avec ses frères et le fils de Denis et l’a emmenée dans la chambre de Denis, avant de tomber en larmes. Marie écrit en outre sur une feuille que « papa a mis son zizi dans ma bouche, [Denis] a mis son zizi dans ma bouche ».

 

Le médecin note aussi que l’opération des  gendarmes à la Sainte-Baume « ne peut être interprété par une enfant de six ans que comme une punition qui la frappe elle, ses frères et sa mère pour avoir parlé de ce qui lui serait arrivé le 07/10/2007 ». Au foyer, Marie a été immédiatement séparée de ses frères. Elle a dit au médecin qu’elle avait peur de retourner au foyer au cas où elle parlait.

 

Suite au dernier entretien, le Dr Stravinsky écrit que la petite est difficile à interroger à cause de « l’extrême résistance de Marie à s’exprimer en raison d’un état de panique sidérante lorsque les faits allégués sont abordés ». Thomas et Hugues, quant à eux, ont à nouveau raconté ce qu’ils ont vu, c’est-à-dire que Denis a embrassé Marie sur la bouche et qu’elle pleurait. Suite à cela, le médecin fait un signalement auprès du Procureur de Draguignan. 

Innocemment, on pourrait croire qu’à ce stade, Sarah va récupérer ses enfants et pouvoir s’occuper d’eux. Que nenni.

Le 7 août 2008, le juge des enfants qui remplace Bolero, Natacha Pierre, décide que les enfants resteront chez leur père. Cette juge, qui est rattachée à la Cour d’Appel d’Aix, ne peut en principe pas juger en première instance, mais qu’à cela ne tienne, on n’est pas à une faute de procédure près dans cette affaire.

 

La juge ordonne néanmoins un examen psychiatrique de Marie par le Dr Benali. Parmi la liste de pièces qui lui ont été remises, le juge ne tient compte que du témoignage de l’éducateur spécialisé  Heineken, qui n’a jamais cherché à en savoir plus sur Sarah. A ce moment-là, les enfants ne l’avaient encore jamais vu chez leur père. Heineken ne tient pas compte non plus des résultats scolaires en baisse, ni du mal être de la petite fille.

 

Quelques jours plus tard, Sarah envoie un mail au Dr Stravinsky, pour lui faire part de la décision du juge, qui veut que marie soit à nouveau examinée, par le Dr Benali qui avait déjà estimé que Marie se portait bien le 11 octobre 2007, suite à un entretien pas terminé, et même à peine commencé puisqu’il n’a duré que cinq minutes. Sarah explique encore au médecin que le Dr Benali s’est faite l’intermédiaire entre le Procureur Ghislain et Mme Duval, pour lui dire de ne pas faire son rapport tant qu’on ne le lui demanderait pas, et que Marie avait parlé des abus commis par Denis devant ce médecin.

 

Le Dr Stravinsky lui répond qu’ « il conviendrait de vérifier si elle est bien inscrite sur la liste des experts en pédopsychiatrie de la cour d’appel compétente » car selon ces éléments elle pourrait être radiée. Il ajoute que « l’éventualité d’un diagnostic d’absence de pathologie mentale réactionnelle chez Marie est hautement improbable, à moins d’une forfaiture ». 

Le 25 août, Sarah écrit au prédisent du Conseil Général du Var en récapitulant toute l’affaire, et un sous-fifre répond que le courrier est transmis au juge des enfants, seul compétent lui dit-il.

Nouvelle audience le 4 novembre. Le juge Bolero confie les enfants à leur père pour une année supplémentaire, avec un droit de visite et d’hébergement pour Sarah un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Ledit jugement se base sur un rapport de Mme Vignoble de l’ADSEA (où Heineken est éducateur) qui dit que Marie n’a pas de trouble du comportement ou de la personnalité, mais qu’elle doit être suivie afin de « ne pas rester l’enjeu d’un conflit parental », et que Sarah multiplie les procédures contre Marc. Vignoble parle d’ « acharnement ». Heureusement, la prise en charge par leur père « apparaît leur offrir des repères stables ».

 

Le juge estime que « les questionnements, discours et comportements présents de la mère, téléguidée ou pas, qui véhiculent une image dévalorisée et empreinte de mépris du père, conduisent le juge des enfants à faire encore application de l’article 375-3 du Code Civil en maintenant »  les enfants « confiés à leur père ». 

Elle précise aussi que l’ADSEA a appris récemment que Sarah a mettait en cause dans sa lettre au Président du conseil général.

Sarah fait appel de la décision. 

 

Le 7 novembre, l’état de Thomas nécessite une ITT de 8 jours parce qu’il s’arrache les cheveux par touffes entières. Le lendemain, il dessine en noir des gens « à la queue-leu-leu chez papa », en fait une scène de sodomie collective. Il dit aussi avoir vu son père et Denis avoir des rapports sexuels, ce qui a beaucoup choqué les trois enfants. Apparemment, le petit aurait vu ce type de scène avec d’autres hommes que Denis. A ce moment-là, Marc montre des snuff movies à ses enfants, comme pour les habituer à l’horreur. 

Deuxième claque

 

Deux jours plus tard, les enfants sont chez leur mère, et ils parlent, par bribes, d’abus sexuels commis par leur père et ses copains. Ils ne veulent pas en parler, il faut que Sarah, John et Beatrice prétextent qu’ils ne doivent pas mentir au père Noël parce qu’il sait tout. C’est ainsi qu’ils apprennent que Marie n’est pas la seule victime, et qu’elle et ses frères sont violés quotidiennement ou presque par leur père depuis le mois d’août 2007.

Pourtant, ils n’avaient rien dit avant, ou si peu. En interrogeant ses enfants ce jour-là, Sarah se rend compte qu’elle est passée à côté de l’essentiel. C’était d’autant plus facile qu’elle ne voit les enfants que rarement, quatre jours par mois lorsqu’elle en a la garde.

 

En interrogeant ses enfants, Sarah apprend que que l’éducateur chargé de l’AEMO de l’ADSEA du Var, M. Heineken, a été présent à deux reprises lors de viols des enfants, qui se produisaient tous les mercredis après-midi chez Denis, qui habite pas très loin de chez leur père. Sarah interroge ses enfants séparément et c’est le plus jeune, Thomas, qui parle le premier.

 

En substance, il explique que Denis a montré son sexe. Ils ont bu l’apéro, puis Denis l’a mis tout nu, et les adultes ont montré son sexe aux autres. Hugues et Marie n’étaient pas là. Il dit que Denis a d’abord embrassé son sexe, et que d’autres fois il a mis son sexe dans sa bouche, de même que dans la bouche de Hugues et Marie. Thomas dit que Denis a pris des photos quand il était tout nu, qu’il y avait trois autres enfants de son âge, venus avec leurs pères, qu’ils ont pris en photo également. Il dit que les papas ont secoué le zizi, les madames ont secoué le zizi des enfants et embrassaient le zizi.  Son père aussi a mis son sexe dans sa bouche. Il a vu la maman d’une de ses copines de classe chez Denis, ainsi que sa copine J.

 

Thomas explique encore que son père met son zizi dans sa bouche tous les matins avant l’école, que quelque fois il sort du pipi, mais là il ne le met pas dans sa bouche. Et que son père prend des photos de eux trois, et qu’il leur met des « épines » dans les fesses. Il dit encore qu’il a peur de M. Heineken, et qu’il a parlé avec lui des actions que tente de mener Sarah. Thomas précise qu’ils n’ont rien dit à Mme Vignoble, puis avant d’arrêter il ajoute que leur père touche leur zizi à tous les trois le matin, que Denis demande à Marie de se frotter le zizi, et que le mercredi ils vont chez Denis pour faire ça.

 

Hugues est questionné par sa mère et ses grands-parents après son frère. Il raconte que le mercredi ils vont chez Denis en présence de sa femme, et  que d’autres hommes et femmes arrivent ensuite pour entamer des jeux sexuels en présence des enfants et avec les enfants, le tout filmé et photographié, y compris par leur père et Denis. Il dit que Denis et leur père leur mettent des petites épines dans les fesses, et précise que ça fait très mal mais qu’ils ne saignent pas. Ils mettent leur zizi dans leur bouche le matin, leur père, Denis et deux autres hommes. La femme de Denis était là, ainsi que la mère d’un enfant également présent, par ailleurs enceinte.

 

Il dit, tout comme Thomas, que Monsieur Heineken est venu deux fois et a mis son zizi dans leur bouche à tous les trois, en disant bien de ne pas le dire à leur mère.  

Marc aurait répété ces actes chez ses propres parents, qui n’ont rien dit, précise le petit. Il explique ensuite que ça va loin dans la gorge mais qu’il pouvait un tout peu respirer mais ça lui faisait mal à la gorge. Que, quand ça arrive, il est triste à l’école. Qu’il y pense souvent à l’école et qu’il n’arrive pas à se l’enlever de la tête. Il dit qu’il ne faut rien dire parce que les maîtresses se fâcheraient, et que leur père rigole avec M. Heineken et Mme Vignoble.

 

Marie quant à elle, semble avoir toujours un gros blocage quand il s’agit d’évoquer ces actes. Elle finit quand-même par confirmer le rituel des fellations du matin, avant l’école, de même que les viols en réunion du mercredi après midi, après qu’ils aient mangé chez Denis. Elle dit que tout cela est pris en photo par les adultes, et que son père lui a dit de se taire :« Papa a pris en photo Monsieur Heineken qui embrassait le zizi de Hugues et de Thomas. On va manger chez Denis. On arrive avant midi et c’est après, quand les messieurs et les madames sont arrivés qu’on va dans la chambre. On déshabille Thomas le premier, après Hugues et après moi. Les messieurs et les dames prennent des photos. »

 

La famille apprend donc ce jour-là  que les enfants sont violés en réunion, par des hommes et des femmes, que le mercredi, les viols se déroulent chez Denis, que le tout est filmé et pris en photo, que Heinekein a participé, ainsi que Denis, sa femme et leur père, avec d’autres personnes, que d’autres enfants sont présents, que les adultes ont régulièrement dit aux enfants de ne pas parler de tout cela, que les adultes dissimulent leurs noms, et que les enfants vont très mal.

A ce stade, on se dit que la justice va au moins mener des investigations sérieuses à ce sujet, ou au moins, dans le doute, protéger les enfants. On va voir que les choses ne se passent pas de cette manière, loin de là. Parallèlement, les témoignages des enfants plongent encore un peu plus Sarah dans l’horreur. Au lieu d’examiner les accusations et de regarder de plus près si le père a bien des agissements pédophiles avec ses amis, on se focalise sur Sarah, sur le fait de savoir si elle est excitée ou pas, si elle harcèle le père et si elle est une bonne mère.

 

Le 10 novembre, Sarah décide d’emmener Marie chez le pédiatre, et se rend chez le Dr Carton, qui avait été nommé par la gendarmerie pour examiner la petite en octobre 2007. Celui-ci relève « une dilatation du canal anal ».

Le 23 novembre, les enfants disent à leur mère que Marc les menace tous les jours de les tuer ainsi que leur mère s’ils parlaient, de même que Denis quand il est là. Sarah a enregistré les propos de ses enfants, soit quatre heures de vidéo. 

 


Le dimanche 30 novembre 2008, c’est le 1er meurtre d’enfant.

Il s’agit d’un garçon de 4 ou 5 ans, tué sur la route de la Mort du Luc, dans le Var. Etaient présents six hommes dont le père des enfants et Denis.

Le père a filmé les faits. Les enfants ont expliqué que les adultes ont laissé courir l’enfant avant de l’attraper avec une corde.

Ce même dimanche, deux amis de Sarah faisaient le guet à la sortie du chemin qui mène à la maison de Marc. Quand la grêle a cessé, vers 12h 50, ils ont vu Marc partir en voiture, suivi de 3 ou 4 autres véhicules, des 4x4.

Ils ont pris la route de la Mort du Luc et se sont arrêtés à côté d’un cabanon, style container frigorifique.

 


 

 

En récupérant les enfants le vendredi après l’école, Sarah constate qu’ils sont très pâles, le regard vide, presque amorphes.  Hugues fait un dessin qu’il explique : il a dessiné une maison  sur des roues, et il y a du sang partout, il faut absolument partir. Il y a Jésus dont on a coupé la tête…

 

Choquée, Sarah décide de filmer l’entretien avec ses enfants, à nouveau chacun son tour.

 

Elle, sa mère et John apprennent que le 30 novembre, un jour où il tombait des grêlons, les enfants ont été amenés dans un cabanon dans la forêt, par leur père et d’autres hommes. Après avoir été violés comme à chaque fois après le repas, par fellations et sodomies pendant que des photos étaient prises, tout le monde est parti en forêt. Ils y rencontrent un autre petit garçon d’environ 4/5 ans, qui arrive et qu’on leur présente comme étant un enfant des rues. Ils expliquent que le petit garçon a été attrapé au lasso, qu’il « appelait sa maman et disait qu’il ne voulait pas se faire tuer », pendant que les adultes se moquaient de lui en lui disant qu’il pleurait « comme un bébé ». C’est Denis qui lui a coupé un pied puis l’autre et l’a égorgé. Leur père filmait. Aucun adulte n’était cagoulé, car les enfants ont reconnu tout le monde. Leur père a fait un grand trou pendant qu’un autre filmait, et le corps du petit garçon a été enterré.

 

Les adultes ont de nouveau violé les enfants et leur père leur a dit que leur mère n’en avait rien à faire d’eux, et Heineken leur a dit qu’ils ne resteront pas avec leur mère et qu’ils ne la reverront plus. Le père a ensuite montré plusieurs fois le film de cette séance de torture aux enfants. 

Face au mal-être de ses enfants Sarah a pris un rendez-vous chez le Dr Trafalgar pour le lundi après l’école. Marc se rend donc chez le Dr Trafalgar avec les trois enfants. Marie a dit ensuite à sa mère qu’elle a entendu leur médecin de famille dire à son père « je suis avec vous », et depuis elle ne veut plus mettre les pieds chez ce médecin.

 

Sarah écrit une nouvelle fois à Sarko, qui ne lui répond pas. Cependant, la lettre de Sarah a été renvoyée au Procureur de Draguignan, qui a fait diligenter une enquête ayant abouti à la mise en garde-à-vue de Sarah, de sa mère et de John durant 36 heures, les 16 et 17 juin 2009, étant accusés de dénonciation calomnieuse à l’encontre de Marc, dans sa lettre au Président de la République.  

 


Le 17 janvier 2009 : 2e meurtre d’enfant.

Il s’agit d’une petite fille de 4 ou 5 ans, blonde aux yeux bleus.

Les faits se déroulent chez le propriétaire d’une grande villa construite par Marc, que nous appellerons Zébulon, en présence de cinq hommes, dont Marc et Denis, et cinq femmes dont Mme Vignoble

 


 

 

Le 25 janvier Hugues raconte les faits du 17 janvier. Il dit que ça s’est passé dans une grande villa que les enfants ont ensuite désignée à Sarah quand ils sont passés à côté. 

Ce jour-là, raconte le petit, six hommes étaient présents, dont Denis et leur père, ainsi que six femmes dont la femme de Denis. Comme d’habitude, les adultes ont violé les enfants tout partouzant eux-mêmes, à la suite de quoi ils ont assassiné une petite fille âgée de 4, 5 ou 6 ans.

 

Encore une fois, Sarah interroge ses enfants séparément, en filmant l’entretien. Ils expliquent que la petite fille était déjà là quand ils sont arrivés dans la villa, et qu’elle n’était pas habillée. Elle a d’abord été attachée par les poings et les hommes l’ont violée par devant, ce qui a beaucoup étonné Thomas qui ne comprend pas comment on peut faire, car il se prenait lui-même comme modèle. Ensuite, les enfants disent que leur père a coupé les deux mains de la petite fille, qui n’est pas tombée dans les pommes tout de suite. Il lui a ensuite coupé les pieds, puis lui a enfoncé le couteau dans le cœur. Enfin, il a fini par lui couper la tête. Etaient présents, semble-t-il, cinq hommes et cinq femmes, probablement cinq couples, plus leur père. 

 Pendant que la petite fille pleurait et demandait pitié, les hommes se moquaient d’elle. D’après Thomas, une maman qui assistait à la scène pleurait. Tout cela, comme d’habitude, a été filmé et pris en photo. L’enfant coupée en morceaux a été jetée dans un sac poubelle, qu’ils ont vidé dans un trou creusé par Marc et d’autres hommes dans la forêt.

 

Ensuite, vers 17h 30 et à la nuit tombée, le père a emmené les enfants dans un karting.

Les enfants ont indiqué à leur mère le chemin pour se rendre à la villa en question lorsqu’ils sont passés en voiture au rond-point d’où part ce chemin. Cette villa n’est autre que la maison construite quatre ans plus tôt par Marc quand il travaillait pour une entreprise située à côté. La villa appartient à Zébulon, et Marc l’avait montrée à Sarah car elle était particulièrement luxueuse, avec notamment une salle de cinéma et une très  grande piscine. Les trois enfants ont également indiqué le chemin dans la forêt où la petite fille a été enterrée.

 

Sarah montre la vidéo à un ami policier qui la trouve crédible et lui enjoint de l’accompagner avec les enfants à la Brigade des Mineurs de Toulon. Sarah ne veut pas mais Marie insiste en lui disant que si on n’essaye pas on ne peut pas savoir s’il se passera quelque chose. La date du 9 février est convenue pour parler à la police.

Au cours de ce même mois de janvier 2009, Marc se rend chez le Dr Trafalgar pour lui demander de faire une attestation affirmant que l’entourage de Sarah est une secte. Un thème dont on va réentendre parler dans le cadre de la stratégie qui consiste à faire passer Sarah et ses proches pour des fous, adepte d’une secte qui s’appellerait « les adorateurs de la Vierge ».   

 

2.      La série de meurtres d’enfants

 

Le 3 février 2009, John se rend pour la première fois chez le Dr Trafalgar afin de la prendre comme médecin traitant. A la fin de la consultation, il lui annonce qu’il est le beau-père de Sarah dont les enfants ont bien des malheurs. Elle sait dit-elle, elle est au courant des suspicions de viols sur les enfants, mais elle ne peut pas les interroger hors de la présence d’un adulte. John dit alors qu’il y a plus grave et évoque le meurtre du petit garçon et de la petite fille deux semaines plus tôt, ce qui ne semble pas émouvoir le médecin qui est pourtant aussi le médecin traitant des enfants.

 

Deux jours plus tard, le directeur de l’école des enfants appelle Marc dès le matin car Hugues est malade. Il se rend donc chez le Dr Trafalgar avec le petit, et elle lui donne deux semaines d’arrêt de l’école. Hugues a ensuite raconté cette visite à sa mère le lendemain, tant cela l’a perturbé. Dès que lui et son père sont entrés dans le bureau du médecin, celle-ci a dit à Marc « ils sont au courant de tout », ce à quoi le père demande comment elle le sait. Elle répond que c’est John qui lui a parlé, et se tourne vers Hugues en lui demandant « c’est toi qui a parlé, p’tit con ? ». Leur père et le médecin auraient ensuite évoqué les meurtres, et Trafalgar de commenter en déclarant « c’est bien ! il a du y avoir beaucoup de sang alors ! ». Les termes « p’tit con » et « c’est bien » ont réellement choqué le gamin.

 

Le même jour, Marie qui trouve une photo où elle figure sur les épaules de son père, a gribouillé le visage de son père, puis l’a déchirée et découpée, en déclarant qu’elle ne voulait plus porter son nom.  

Toujours ce 6 février, John se rend pour la deuxième fois chez le Dr Trafalgar, sans rendez-vous. Les enfants ne veulent pas l’accompagner, et disent qu’ « elle est avec papa ». Marie rappelle que Trafalgar a dit en décembre 2008 à leur père « je suis avec vous ».

 

Le 8 février, les enfants parlent à un ami de la famille, en l’absence de leur mère. Celui-ci prend des notes, desquelles il ressort que les enfants ont dit que Mme Vignoble a été présente lors d’au moins un meurtre d’enfant, de même que M. Heinekein, la propriétaire d’un camping du coin qu’on appellera Nathalie CAMPING et son mari, la mère d’une copine et les deux parents d’un copain d’école. Ils disent aussi que Denis et leur père, présents également, les ont menacés de mort, et évoquent une soirée chez leurs grands parents paternels, lors de laquelle ils auraient assisté à une orgie familiale, en présence des grands parents et de leurs oncles.

 

Le lundi 9 février 2009 Sarah se rend donc à Toulon pour que les enfants racontent ce qu’ils disent subir et voir. Les enfants sont entendus et filmés, sans précautions compte tenu de leur âge (Thomas 4 ans ½, Hugues 6ans ½, Marie 7 ans ½). Aux dires de la policière qui parle avec Sarah, Marrie et Hugues ont parlé des meurtres auxquels ils ont assisté et des viols. On demande à auditionner Sarah, qui refuse, considérant que ce sont aux enfants de s’exprimer. 

 

L’ami qui avait reçu la veille les confidences des enfants a été entendu également, de même que Béatrice, qui a été interrogée uniquement pour savoir ce qu’elle pensait de Marc. Elle n’en a dit aucun mal pour ce qu’elle en avait vu. Le soir, on a interdit à Sarah de déposer une main courante.

Ces auditions filmées sont aussitôt transmises au procureur de Toulon à qui Sarah a demandé une audience en urgence pour lui demander de s’occuper de cette affaire. Il lui a dit de lui faire un courrier en ce sens, ce qu’elle a fait immédiatement. Malgré cela il a transmis les auditions au procureur de Draguignan. Aucune suite n’est apportée à ces révélations. Aucune transcription ni mention de ces vidéos ne sera faite avant 2011. Et malgré ses nombreuses demandes au procureur et aux juges intervenant dans cette affaire Sarah n’a encore jamais pu en avoir connaissance en septembre 2011.

 

Le soir il a été interdit à Sarah de déposer une main-courante.

 

Le lendemain, la protection judiciaire de la jeunesse de Toulon écrit que Béatrice est venue au service avec ses petits enfants et « deux ou trois adultes amis de la famille », et a évoqué un réseau pédophile devant ses petits enfants. En réalité, elle se trouvait seule dans le bureau, pendant que les enfants attendaient dans le hall avec deux amis.

 

Le 11 février, le Dr Trafalgar dépose auprès du gendarme A. de la Brigade de Recherches de St Tropez, afin de lui signaler que John lui a parlé de deux meurtres d’enfants, du 30 novembre 2008 et du 17 janvier 2009, et que lui et Sarah sont venus la voir avec les enfants. Cela est forcément faux, puisque John a été la voir pour la première fois bien après la dernière visite de Sarah[3].

 

Trois jours plus tard, le Dr Trafalgar est entendue à la Brigade de Recherches de St Tropez. Elle explique que John est venu la voir officiellement pour la consulter, mais qu’en réalité c’était pour savoir ce qu’elle avait dit au sujet des enfants. Elle précise que John a mentionné deux assassinats dont lui aurait parlé Hugues « entre septembre et octobre 2008 », perpétrés par des amis de leur père. Elle relate les détails dont John lui a fait part. Elle écrit  « A en juger par le comportement de ce Monsieur et sa façon de relater les faits, je l’ai trouvé crédible, même si j’ai pris ses propos avec un certain recul connaissant cet individu qui occupe une place importante dans la secte ‘les adorateurs de la vierge’ », puis que Sarah « est adhérente, selon une rumeur, d’une secte dénommée ‘les adorateurs de la vierge’. D’après ces personnes, la vierge se serait réincarnée dans une personne vivant à Beauvallon,  officie comme gourou ». Elle parle ensuite des meurtres, et précise « je tiens à signaler que plusieurs procédures ont déjà été intentées à l’encontre de [Marc]  par son ex belle famille pour des histoires de sévices sexuels sur les enfants ».

 


14 février 2009 : 3e, 4e, 5e meurtres d’enfants. Trois enfants d’un coup, deux fillettes et un garçon.

Les faits se sont produits chez Denis. On a obligé les enfants à manger les yeux des trois victimes.

 


 

 

 


Entre le 9 et le 28 février : 6e meurtre d’enfant. Il s’agit d’une petite fille, chez Zébulon.

Pour la première fois, Marc a obligé ses enfants à porter des coups de couteau à la victime, après l’avoir giflée et battue, sous la menace de les tuer s’ils ne le faisaient pas.

Marc aurait ensuite étranglé la petite fille, avant de l’égorger.

Etaient présents sept hommes et sept femmes, dont leur père, Denis, Heineken, Mme Vignoble.

 


 

 

Le 20 février, nouvelle audience, en appel des décisions du juge des enfants, avec le juge P. Sarah demande un renvoi car elle souligne que son avocat (qui est absent mais lui coûte quand-même 2.500€) n’a pas pu prendre connaissance du dossier en temps utile, et parce qu’elle voudrait que les enfants soient présents et représentés par un avocat. Mais, l’audience se tient quand-même.

 

L’APERS (Association de Promotion et de Réinsertion sociale, d’Aix-en-Provence) est mandatée par le juge de la chambre spéciale des mineurs de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence, M. P, pour faire un rapport sur le contexte de l’affaire et devenir l’administrateur ad hoc des enfants.

 

Durant l’audience, le juge P. s’est montré particulièrement odieux, et les avocats présents ont confié à Sarah qu’ils n’avaient jamais vu cela.

 

Au final, le juge estime que les enfants sont « sous pression », et en attendant l’audience du 17 avril suite au renvoi, ils ne pourront voir (ainsi que l’a décidé le juge P.) que les médecins désignés par le juge Bolero.

 

Le soir de ce vendredi 20 février, Sarah passe chercher ses enfants à la sortie de l’école, mais le directeur lui remet un fax du juge Bolero reçu dix minutes plus tôt, qui change la façon de calculer les week-ends de garde de la mère. Elle n’aura donc pas ses enfants ce week-end là, mais celui du 28. Elle ne les aura que le 28 février ; à ce moment les enfants n’auront pas vu leur mère pendant 3 semaines. 

Le 4 mars, Thomas fait un dessin au sujet du meurtre des trois enfants.

 

 


 

 IMG_9077 - Copie

Les ronds rouges, ce sont trois enfants qui ont été tués, violés, mis tout nus et suspendus à une branche par les poignets (on leur avait coupé les mains). Le petit garçon était au milieu, une petite fille de chaque côté. Les adultes les ont ensuite dépecés pour être en partie mangés. On a obligé Marie à manger un morceau de cervelle de la petite fille, on a fait cuire des yeux pour les donner à manger aux enfants, et une partie de la chair a été mise au congélateur par Marc. Quant aux enfants, on les a laissés accrochés par les poignets, sans jambes ni mains, le tronc ouvert.

Le bonhomme à gauche du dessin, c’est Nathalie CAMPING, qui était présente.

C’est ce dessin que Marie et Hugues expliquent à leur tour dans une vidéo longue et pénible, où ils finissent par raconter le déroulement des faits.

 


 


Les 7 et 8 mars, John et Béatrice sont convoqués par le gendarme A., à la Brigade de Recherches de St Tropez. Il leur dit que ladite convocation fait suite à un signalement du Dr Trafalgar et à la lettre de Sarah à Sarko le 12 décembre 2008, celle qui a été renvoyée au procureur de Draguignan.

 

Le 13 mars, Sarah s’attendait à avoir ses enfants pour le week-end, en fonction du nouveau mode de calcul, mais encore une fois, quand elle se présente à l’école, elle reçoit un appel de M. Heineken, qui lui explique que le juge Bolero a envoyé un fax pour dire qu’on revenait au vieux mode de calcul, avant le fax du 20 février, donc elle n’a pas les enfants. Le juge refera le coup du changement du mode de calcul pour le week end du 17 avril. 

 

Le 22 mars, après une balade en forêt avec les enfants et un ami, les grands parents ont tenté de les emmener sur les lieux du meurtre du 30 novembre 2008. L’ami présent avait justement suivi Marc et les 4x4 jusqu’à cet endroit de la forêt, ce jour-là. Au moment où la voiture s’approche de l’endroit, Marie a hurlé et crié qu’il ne faut pas aller là, qu’ils n’en ont pas le droit.

 


Le 27 mars 2009 : 7e, 8e, 9e meurtres. Trois enfants, deux garçons et une fille.

Les faits se déroulent chez Nathalie CAMPING.

 


 

 

Le 30 mars, John tente de déposer une plainte contre Heineken pour dénonciation mensongère et calomnieuse dans un rapport qui a servi à fonder la décision du Juge des enfants du 4 novembre 2008, à la suite de laquelle les enfants ont été confiés à leur père une année de plus.

Le gendarme A. n’a pas voulu prendre la plainte de John, et s’est contenté de la signaler, dit-il, dans son rapport, dont la famille n’avait toujours pas eu connaissance fin août 2011. John finit donc par aller porter plainte à Nice le 15 juin. 


Le 2 avril 2009 : 10e meurtre d’enfant, tué au couteau chez Denis.

 


 

 

Le 5 avril, un ami de la famille est présent chez Sarah, avec les enfants. Il apprend de leur bouche qu’ils ont été attachés pour la première fois lors du triple meurtre chez Nathalie CAMPING. Il remarque aussi « qu’ils se reprenaient les uns les autres quand l’un d’entre eux faisait une imprécision sur un détail ». 

 

 


13 avril : 11e et 12e meurtres : deux enfants, tués chez Marc.

 


 

 


Le 18 avril : 13e, 14e, 15e meurtres.

 Trois enfants, deux garçons et une fille, tués par balles tous les trois, chez Zébulon. Heineken était présent, et Nathalie Camping prenait des photos.

 

 

Le 20 avril, John se rend pour la troisième fois chez le Dr Trafalgar, et enregistre la discussion. Il félicite le médecin d’avoir averti la gendarmerie au sujet des meurtres commis par Marc. Il lui dit qu’elle a « piégé [Marc] de façon merveilleuse avec le ‘ils sont au courant de tout’ ». Trafalgar admet aussi que Marc a dit que c’était bien lui l’auteur du ou des meurtres, et que c’est encore lui qui lui a demandé « comment tu sais ça ? » lors de la consultation avec Hugues le 5 février 2009.

 

 

Le 21 avril : 16e meurtre, d’un petit garçon tué par balles chez Marc.

 


 

 

Le 30 avril, John se rend pour la quatrième fois chez le Dr Trafalgar, avec les trois enfants qui ont contracté des bronchiolites chez leur père, mais celui-ci n’a pas jugé utile de les faire soigner. C’est la seule fois où John va chez ce médecin avec les enfants, et Sarah n’est pas là. On le précise, car le médecin affirme le contraire. 

Le dimanche 3 mai 2009, Thomas qui s’était plaint depuis le début des vacances avec sa maman, sept jours auparavant, d’avoir des douleurs au ventre, s’est plaint de piqûres dans les fesses. Sarah constate alors qu’il a l’anus fortement dilaté et enflammé. Elle constate la même chose chez les deux autres enfants. Elle prend alors des photos, pour faire valoir la réalité des viols sodomiques  que les enfants disent subir.

 

Le week-end suivant, Marc ne laisse pas les enfants à Sarah. Tout comme les week-ends du 13 au 15 mars 2009, du 17 au 19 avril 2009, du 15 au 17 mai et du 22 au 24 mai. Durant chacun de ces week-end, Sarah n’a jamais pu joindre ses enfants. Elle finit par porter plainte, mais elle sera classée sans suite. Marc ira même jusqu’à déscolariser les enfants pendant 11 jours en mai 2009, sans avoir prévenu l’école et sans justification. Sa voiture n’est pas chez lui, d’après ce qu’ont pu en voir Sarah et ses proches. La période de cette absence de l’école (du 15 au 25 mai) correspond à celle où se déroulait le Festival de Cannes (du 13 au 24 mai 2009), à quelques dizaines de kilomètres de là…

 

3.      Le père contre attaque 

 

Sarah tente d’alerter les médias, notamment une télévision locale, au sujet de son affaire. Si la journaliste qui la rencontre est prête à travailler dessus, ce n’est pas le cas de son supérieur qui estime que tout cela n’est qu’affabulation, et qu’on connaîtrait le fin mot de l’histoire avant le 26 mai, date du jugement en assistance éducative rendu par le juge Bolero. 

 

Mi-mai, Marc introduit une requête auprès du juge des enfants de Draguignan pour que le droit de visite de Sarah s’exerce en un point-rencontre afin « que cessent les manipulations dont les enfants sont l’objet, outre la suppression de son droit d’hébergement» et dépose plainte auprès du Procureur pour dénonciation calomnieuse contre Sarah pour sa lettre à Sarko et contre sa mère et son beau-père suite à leur interrogatoire par les gendarmes.

 

Le 25 mai 2009 a lieu une nouvelle audience chez le juge des enfants Boléro, en l’absence de Sarah qui n’a reçu la convocation que le lendemain. D’après son jugement, le Dr Trafalgar a été entendue et a évoqué des pressions psychologiques sur les enfants, et a dit que John et Sarah ont évoqué devant elle des scènes de sévices et tortures, et qu’ils ont demandé aux enfants de confirmer leurs dires. L’institutrice de Thomas a également été entendue, et s’est dite inquiète pour « la sécurité affective » de Thomas, ajoutant que « rien dans les accusations portées par la mère » n’est « confirmé par les paroles de l’enfant ». Elle a aussi dit que Thomas a dit que sa maman « croit des choses » et qu’il aurait ajouté que « c’est pas vrai ». Lors de l’audience, Marie aurait dit qu’elle était obligée de mentir.

 

Le juge, pour fonder sa décision, reprend les déclarations de TRAFALGAR considérant que les enfants sont sous pression et « contraints à devoir répéter ou entendre des accusations graves contre leur père, combinant sévices sexuels, tortures ou meurtres d’enfants », « que John ainsi qu’une bonne dizaine de membres d’un groupe de croyance auquel il appartient, lui ont également dit qu’au sein de ce groupe, les enfants sont filmés et doivent décrire des scènes de meurtres et sévices à l’ensemble des membres du groupe, avec détails fournis par Marie et Thomas »  et les déclarations de l’institutrice de Thomas qui dit que l’enfant ne confirme en rien les accusations. ll s’appuie également sur l’écrit de la protection judiciaire de la jeunesse de Toulon selon lesquels Béatrice aurait évoqué les meurtres devant les enfants quand elle est venue la voir dans l’après-midi du 9 février 2009.

 

On souligne encore que lors de l’audience, Marc a fait état des « multiples plaintes et procédures dont il est sujet, qui se traduisent pour les enfants par des auditions dans les locaux de police, de justice et de santé qui ne peuvent que les déstabiliser ».

L’ADSEAV considère qu’elle doit  poursuivre son assistance  éducative en milieu ouvert (AEMO) et est favorable à l’instauration d’un point-rencontre pour la mère.  

 

Au final, le juge suspend le droit de visite et d’hébergement de la mère et le remplace par un droit de visite en lieu médiatisé, qui ne sera jamais mis en place. L’AEMO continuera d’être exercée par l’ADSEA du Var (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfance, de l’Adolescence et des Adultes en difficulté du Var).

Le 29 mai, Béatrice et Sarah croisent par hasard les enfants et leur père en ville, vers 23h. Elles ont à peine le temps de leur parler que Marc va chercher un de ses amis et reviennent, alcoolisés, pour agresser et rouer Béatrice de coups sur la voie publique, en hurlant et en la menaçant de mort. Elle reçoit 150 jours d’ITT, et dépose une plainte qui est classée sans suite deux mois plus tard[4].

 

Pendant que tout part en vrille, Sarah tente d’infirmer les faux témoignages, comme celui du directeur de l’école des enfants, celui de Heineken ou du Dr Trafalgar.

 

Le directeur de l’école, par exemple, a dit que Béatrice amenait les enfants à l’école tous les lundis matins quand Sarah en avait la garde, un témoignage qui a servi à étayer le jugement de Bolero pour ne pas remettre les enfants à Sarah et les maintenir chez le père. Quand elle tente de lui demander d’attester sur les mensonges de Monsieur Heineken, le directeur répond qu’il lui faut l’autorisation de sa hiérarchie, que Sarah tente de joindre alors. On lui répond d’envoyer un courrier, et on ajoute que de toute manière, des affaires de pédophilie comme la sienne il y en a à foison, ça fait légion !

 

Sarah veut aussi faire analyser les dessins des enfants, et en envoie quelques uns à une spécialiste, plasticienne arthérapeute, qui répond de manière très mesurée car elle n’a pas vu les enfants réaliser lesdits dessins. Elle conclut toutefois que « ces enfants sont ou ont été en DANGER » (en majuscules dans la lettre qu’elle rédige). Elle observe que les dessins de Thomas datant du mois d’avril 2009 « sont très préoccupants, très explicites, et à [son] avis il est difficile d’inventer de genre de dessin sous influence ». Elle écrit aussi que les enfants n’ont pas pu « inventer spontanément ce genre de dessins à leur âge, excepté s’ils ont entendu, vécu ou vu des gestes ou attitudes pornographiques ». 

Le 11 juin John se rend pour la cinquième et dernière fois chez le Dr Trafalgar en compagnie du frère de Béatrice. John lui remet une lettre de Sarah qui la met en porte à faux, et que Trafalgar donne ensuite à la gendarmerie. Au cours de l’entretien, le Dr Trafalgar reconnait qu’elle n’a jamais vu ensemble Sarah, John et les enfants. Et elle les met dehors d’un coup, soudain très pressée, sans les faire payer. 

 

Quelques jours plus tard, John va porter plainte contre le Dr Trafalgar et contre Heineken pour dénonciation mensongère et calomnieuse auprès du parquet de Nice, et remet les CD Rom des visites qu’il a enregistrées chez le Dr Trafalgar, le gendarme A. de St Tropez ayant refusé de prendre sa plainte..  

 

De son côté Béatrice porte une autre plainte au tribunal de grande instance de Nice pour dénonciation calomnieuse, contre Mme Marquez, une éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse de Toulon[5], qui a déclaré au juge des enfants de Draguignan que Béatrice avait évoqué les meurtres d’enfants et le réseau pédophile devant ses petits-enfants, lors de sa visite du 9 février 2009. Ce jour-là, elle s’était rendue dans le bureau de Mme Marquez en laissant les enfants dehors en compagnie de deux amis. Le juge Bolero s’est en partie appuyé sur cette déclaration pour supprimer le droit de visite et d’hébergement de Sarah. Deux ans plus tard, la famille n’avait toujours aucune nouvelle de ces plaintes, à part qu’elles ont été renvoyées au parquet de Draguignan. 

 

Le 16 juin, Sarah, sa mère et John sont placés en garde-à-vue, à la suite de la plainte de Marc contre eux pour dénonciation mensongère et calomnieuse. Toute la gendarmerie est fermée au public ce jour-là, tant l’arrestation des trois calomniateurs est un évènement pour les pandores. De nombreux gendarmes de Marseille, Paris et St-Tropez ont même fait le déplacement pour l’occasion.

Pendant que Sarah, John et Béatrice sont au poste, on va fouiller leur domicile, et les gendarmes y prennent des documents pouvant être utiles à la défense, tels que des courriers, des dessins des enfants, des actes judiciaires, des photos... Ils passent la nuit en cellule, chacun dans une gendarmerie différente : Grimaud, St-Tropez, Ste-Maxime. A la fin, on les amène chez le procureur à Draguignan puis chez la juge des libertés, et les trois sont placés sous contrôle judiciaire, confié à la gendarmerie de St Tropez. Celui-ci durera jusqu’au 10 décembre 2009, date qui était prévue pour le jugement sur le fond de ces accusations. 

 

Avec le contrôle judiciaire, les trois sont contraints à suivre des soins «  à caractère psychiatrique au besoin sous le régime de l’hospitalisation », mais surtout ont leur interdit de voir les enfants, d’entrer en contact avec eux, ou d’approcher de leurs écoles et du domicile de Marc. Dans son rapport, le gendarme A. écrit que le Dr Stravinsky est revenu sur ses conclusions suite à l’examen de Marie en juillet 2008. Or, par mail du 9 novembre 2009 il assure à Sarah n’avoir jamais fait cela.

 

Le 30 juillet 2009, c’est l’audience au tribunal correctionnel de Draguignan pour la dénonciation calomnieuse à l’encontre de Sarah, de John et de Béatrice. L’affaire est renvoyée au 10 décembre 2009, le juge ordonne une expertise psychiatrique des trois et le contrôle judiciaire est maintenu.

 

Le 13 novembre, le juge Bolero rend son jugement au sujet de l’assistance éducative. L’ADSEA du Var, chargée du suivi des enfants, rédige un rapport sur lequel s’appuie en grande partie le jugement. Sarah n’a pas été interrogée, et le père a dit qu’elle et sa mère tentaient souvent d’approcher les enfants. On peut lire dans le rapport de l’ADSEA qu’au retour des vacances, ils ont « trouvé les trois mineurs reposés, souriants et nettement plus sereins », qu’ « à aucun entretien ils n’ont parlé de leur mère et de l’un des membres de la cellule maternelle », et l’ADSEA affirme qu’il en va de même à l’école des petits.  

On en rajoute une couche plus loin : « nous ne pouvons que constater que depuis la suspension des droits de visite et d’hébergement puis, de l’interdiction de toute proximité des membres de la cellule maternelle, les trois enfants sont maintenant beaucoup plus sereins et visiblement hors des tourments et déstabilisation subis auparavant ». On recommande la poursuite du point rencontre jusqu’au jugement pour la dénonciation calomnieuse. On  estime que la « prise en charge paternelle est adaptée », que les enfants sont hors de danger, que « le lien au père apparait positif et rassurant ». On observe que Hugues « n’a plus de trouble du comportement ni d’agitation », que Thomas « s’épanouit pleinement ». 

 

Le juge souligne que selon lui, Sarah n’a pas remis en question son comportement, c’est-à-dire qu’elle n’a pas retiré ses accusations contre Marc, ce qui, selon le juge, nuit aux enfants. Il maintient donc la résidence des enfants chez leur père pour une année de plus, renouvelle l’AEMO, et confirme la suspension du droit de visite de Sarah jusqu’au jugement.

 

Début décembre, John, Béatrice et Sarah subissent l’expertise psychiatrique dans le cadre de la plainte de Marc, par un psychiatre expert auprès de la cour d’Appel d’Aix-en-Provence. Il conclut pour chacun des trois  qu’il n’y a aucune pathologie, mais que « la recherche de la vérité doit passer dans un premier temps par la mise en évidence des viols. C’est cette information essentielle qui permettra dans un second temps d’analyser avec plus de précisions le caractère réactionnel des différentes manifestations cliniques, psychologiques et psychiatriques des différentes personnes impliquées dans cette affaire ».  

 

Ce médecin, à qui la famille a montré tout le dossier, dont les photos des anus dilatés des enfants, recommande de faire une échographie ou une IRM des voies anales des enfants avec une expertise d’un  médecin légiste expert auprès d’une Cour d’Appel.  Même plusieurs années après un viol, on peut retrouver les traces au niveau du sphincter interne obligatoirement déchiré. Mais, l’examen des enfants que recommande le médecin n’a jamais été ordonné.

Le médecin souline également « l’importance du certificat circonstancié réalisé par [son] confrère » le Dr Stravinsky, qui « conclut à la réalité clinique des troubles psychologiques présentés par [Marie], et aux complications induites par la séparation d’avec sa mère. Ses conclusions renforcent l’hypothèse de la corrélation avec une situation d’abus sexuels ».

 

Le 10 décembre, c’est l’audience pour la dénonciation mensongère et calomnieuse suite à la plainte de Marc, qui s’est constitué partie civile. Car, on reproche à Sarah, à sa mère et à John d’avoir « dénoncé mensongèrement à l’autorité judiciaire ou administrative un crime ou un délit, en l’espèce des meurtres et viols d’enfants, et ainsi exposé les autorités judiciaires à d’inutiles recherches », et tout cela « en sachant que ce fait était totalement ou partiellement inexact ». Le rapport d’expertise dans les mains, la juge déclare carrément qu’elle ne peut pas juger, peut-être, comme il le semble aux incriminés, parce que ledit rapport ne va pas dans le sens voulu ?

 

Elle réclame donc une nouvelle expertise psychiatrique, et les avocats proposent d’envoyer l’affaire à l’instruction pour éviter des renvois multiples. Le Procureur se lève et approuve le renvoi. On lève le contrôle judiciaire.

 

Fin décembre 2009, par jugement de Bolero Sarah obtient le droit d’aller voir ses enfants au point rencontre, un après-midi par semaine. Puis vient le jugement du juge aux affaires familiales du TGI de Draguignan, le 29 janvier 2010, suite à la requête de Marc, qui réclame que la résidence des enfants soit transférée chez lui définitivement, et « offre que la mère bénéficie d’un droit de visite en point rencontre ». 

 

Le jugement note que les enfants ont été soumis par leur mère et son entourage à « des pressions psychologiques qualifiées de lourdes », qu’ils ont trouvé chez leur père une stabilité affective, une présence attentive et des soins appropriés » qui leur procurent un « développement harmonieux ». Au final, le jugement contredit celui du 18 novembre 2005 : la résidence principale des enfants est fixée chez le père, et Sarah n’a plus qu’un droit de visite et d’hébergement les 1er, 3e et 5e week-end du mois et la moitié des vacances scolaires de plus de cinq jours. Elle doit aussi verser 150€ par mois pour ses enfants. Tout cela reste bien sur sous réserve d’un jugement contraire du juge des enfants. 

Sarah a interjeté appel dudit jugement, mais la Cour d’Appel l’a confirmé en mai 2011. 

Le 6 février 2010, la juge d’instruction de l’affaire de la dénonciation calomnieuse convoque Sarah, sa mère et John en qualité de témoins assistés, et ordonne une expertise psychiatrique pour chacun d’eux, par deux experts psychiatres de l’hôpital Ste Marie de Nice. Huit mois plus tard, elle leur faut parvenir les conclusions des experts psychiatres, qui ont conclu à « un délire collectif pour chacun des trois au moment des faits ». Ils ont donc tout trois répondu en s’étonnant de ces conclusions au vu de l’ensemble des pièces communiquées à ces experts qui sont des preuves indiscutables montrant qu’il y a eu des viols et des meurtres d’enfants. Finalement, Béatrice ne sera pas mise en examen, elle sera seulement témoin assisté. 

En février et mars 2010, Marc n’amène les enfants au point rencontre que deux fois sur les sept prévues.

 

Le 14 juin 2010, le juge Bolero suspend la mesure d’assistance éducative, si bien que c’est le jugement du JAF du 29 janvier 2010 qui s’applique et Sarah a le droit d’avoir ses enfants un week-end sur deux. Ca ne plaît pas à Marc, qui se dit traumatisé, et ne veut pas que Sarah puisse voir les enfants seule. Il fait donc appel pour demander le rétablissement de l’AEMO et l’exercice du droit de visite en point-rencontre pour la mère.

 

Pendant six mois, jusqu’à une future décision en appel en janvier 2011, Marc ne remet jamais les enfants à sa mère, ni les week-ends ni pendant le mois d’août. Quand elle doit venir les chercher à la sortie de l’école le vendredi soir, Marc ne les scolarise tout simplement pas. Sarah a porté une plainte pour pas moins de dix-sept non représentations d’enfants, qui a été classée sans suite comme les autres, par le Procureur. Sarah a aussi fait citer directement Marc devant le tribunal correctionnel, mais le président du tribunal ne l’a pas laissée parler, puis a prononcé une relaxe pour Marc. 

Si Sarah a pu avoir ses enfants le week-end du 3 au 6 septembre 2010, c’est tout simplement parce que Marc avait oublié qu’elle devait les héberger, si bien qu’il les a amenés à l’école ce jour-là.

 

4.      Ca continue 

 

Le 14 janvier 2011, le juge P. de la Chambre Spéciale des Mineurs de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence rend son arrêt, suite à l’appel de Marc et à l’audience du 10 décembre. Sarah a encore réclamé au juge les vidéos des auditions des enfants réalisées à la Brigade des Mineurs le 9 février 2009.

Comme d’habitude dans cette affaire, la décision va complètement dans le sens de Marc : la Cour estime que l’arrêt de l’AEMO a été « prématuré » et le point-rencontre un samedi sur deux est rétabli, de même que la mesure d’assistance éducative. Logique, la Cour reprend exactement les mêmes témoignages, et minimise ou ne tient pas compte des éléments apportés par la famille. Sauf que cette fois, on a ressorti un rapport de 2008 d’un expert qui a décelé une « névrose obsessionnelle » chez Sarah, puisqu’elle a persisté à croire à des abus sexuels.

 

Dans l’arrêt, on nous explique que Sarah, après avoir dénoncé les faits sur Marie, est devenue « très excitée » et « menaçait de faire intervenir la presse ou des gens haut placés », qu’une « enquête »  a été« diligentée » : l’enfant a été examinée par le Dr Carton « qui ne relevait aucune trace d’agression sexuelle, mais constatait un désordre psycho affectif de l’enfant ».

 

On nous dit que l’enquête a été poursuivie par la gendarmerie de Bandol, et que lors de son audition, « Marie ne faisait pas état d’agression sexuelle ». Puis, que le Dr Benali l’a aussi examinée, et qu’elle a trouvé Marie « bien développée, sans trouble de la personnalité, et qu’elle ne présentait pas de troubles consécutifs à un éventuel abus sexuel ». Par contre, Sarah se serait montrée « agressive », anxieuse, et a parlé des abus commis sur Thomas. S’ensuit l’opération ‘Sainte Baume’, pour un placement provisoire des enfants.

On évoque l’examen psychiatrique de Sarah réalisé par le Dr KOVAKS  le 24 mars 2008, qui conclut que Sarah « présentait une névrose obsessionnelle, actuellement pas décompensée, sans pour autant remettre en cause ses capacités éducatives ». Le même a conclu que Marc ne présente de son côté « aucun trouble notable et une personnalité équilibrée ».  

 

Puis on passe à l’examen du Dr Stravinsky, qui a constaté « chez Marie un état de stress traumatique évolué vers un trouble anxio dépressif invalidant » et que cela pourrait être « la conséquence d’un abus sexuel survenu en octobre 2007 ». On précise bien qu’il s‘agit –forcément ?- de faits remontant à octobre 2007, et qu’il n’y avait donc pas de faits nouveaux justifiant de revoir l’affaire Néanmoins une nouvelle expertisepar le Dr Benali sera ordonnée. Elle a conclu dans son rapport du 3 novembre 2008 que tout allait bien.

 

On explique que le juge des enfants a estimé que les « affabulations en angoisses maternelles » de Sarah nuisaient aux enfants, et qu’ils ont donc été maintenus chez leur père.

« Par jugement du 26 mai 2009 », lit-on encore dans cet arrêt du juge P., « le juge des enfants de Draguignan constatait, de façon particulièrement circonstanciée, que les trois enfants étaient soumis à des pressions psychologiques lourdes et intolérables de la part de leur mère, de leur grand-mère maternelle et son compagnon qui constituent pour ces trois jeunes enfants un péril et un danger conséquent », que les enfants étaient obligés à témoigner contre leur père etc. Le droit de visite et d’hébergement de la mère a été supprimé. 

 

On évoque les poursuites engagées par le procureur de Draguignan pour dénonciation calomnieuse et mensongère de crimes ou délits, le placement sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de voir les enfants.

 

On estime que malgré des investigations jugées « complètes », « les accusations portées contre le père n’ont pas été confirmées ». En plus, selon le juge, Sarah, Béatrice et John ont évoqué les pires faits devant les enfants « sans considération » pour « la nécessité de les préserver d’entendre de véritables scènes d’horreur ». On ajoute que les enfants sont très bien chez leur père, d’après le rapport de l’ADSEA du 27 mai 2010 rédigé par Mme Vignoble.

  

On aura compris l’atmosphère de suspicion qui régnait à l’encontre de Sarah au fil des différentes audiences pour la garde des enfants.

Conclusion du juge, à la suite de ces considérations : « Il est aujourd’hui prématuré de laisser les enfants rencontrer leur mère sans la présence d’un tiers, et il est nécessaire de maintenir encore l’organisation de visites en présence d’un tiers ». Résultat, retour au point rencontre pour six mois, suppression du droit de visite et d’hébergement obtenu le 29 janvier 2010.

 

Logiquement, Sarah s’est pourvue en cassation pour absence de fondement puisque la décision n’est motivée que pas des mensonges, mais on le refuse.

Le 23 février, Sarah est convoquée par la juge d’instruction L., qui s’occupe de la plainte de Marc pour dénonciation mensongère et calomnieuse. Sarah ne parvient pas à expliquer quoi que ce soit au juge, et finit par être mise en examen. Ce sera le tour de John le 13 avril, sans que la juge ne le questionne vraiment, et encore moins qu’elle ne l’écoute.

 

En avril, on suspend le RSA de Sarah parce que sa mère lui vient en aide financièrement. En août, on menace de lui supprimer la CMU au motif qu’elle dissimule des revenus puisqu’on lui a supprimé le RSA depuis  avril. Le RSA sera rétabli début septembre 2011.

Le 13 mai 2011, la juge L. clôt son instruction et renvoie le dossier au Procureur. A partir de là, Sarah et John ont trois mois pour réclamer de nouveaux actes d’instruction, et c’est ce qu’ils font. Ils écrivent à la juge L., pour lui dire qu’ils n’ont toujours pas reçu le dossier qui les concerne, et qu’ils ne peuvent donc faire aucune observation. Ils aimeraient bien, pas exemple, avoir quelques précisions au sujet des déclarations erronées, pour ne pas dire mensongères de certains intervenants tels le Dr Trafalgar, Mme Marquez ou M Heineken, et visionner l’enregistrement des enfants du 9 février 2009 à la Brigade des Mineurs.

 

Ils réclament donc des confrontations à la juge L., Béatrice demande à rencontrer Mme Marquez, qui a dit au juge Bolero que Béatrice avait parlé des viols et meurtres en présence des enfants. Cette déclaration a contribué à étayer le jugement du juge Bolero qui a retiré les droits de visite et d’hébergement à Sarah, et qui a dit que Marie avait mis en cause sa grand-mère lors d’une audition. Elle demande une confrontation avec Marie pour qu’elle puisse s’exprimer, avec Marc pour qu’il s’explique sur la fois où il l’a agressée avec un copain, et avec les deux experts psychiatres qui ont conclu au délire collectif de Béatrice, John et Sarah.

 

John demande à être confronté au Dr Trafalgar, pour ses déclarations mensongères au Procureur de la République de Draguignan en décembre 2008, pour sa déposition au gendarme Guyot le 14 février 2009, pour son témoignage de janvier ou février 2009 destiné à la Chambre Spéciale des Mineurs de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence à l’audience du 20 février 2009, et pour sa déposition au juge Bolero, qui a donné lieu à la suspension du droit de visite et d’hébergement de Sarah. Il veut savoir aussi pourquoi elle n’a pas parlé aux gendarmes et au juge de la visite de Marc à son cabinet le 5 février 2009 avec Hugues. Il veut aussi voir Marc, M. Heineken et les deux experts psychiatres.

 

Quant à Sarah, elle demande des confrontations avec le Dr Trafalgar, qui a dit qu’elle a parlé de viols et de meurtres dans son cabinet et devant les enfants, avec Marc qui l’accuse de vouloir lui nuire, qui s’est montré violent, sait qu’il est accusé de faits pédophiles sans qu’on ne lui en ait officiellement parlé, qui tente de faire peur aux enfants en disant par exemple qu’il leur interdit de voir leur mère parce qu’elle va les tuer, ou qui leur montre des snuff movie et autres films d’horreur. Elle veut aussi voir les deux experts psychiatres. Et elle demande une fois de plus  les vidéos intégrales des auditions des enfants réalisées le 11 octobre 2007 à la gendarmerie de Bandol et le 9 février 2009 à la brigade des mineurs de Toulon.

 

Car, les retranscriptions des vidéos des auditions des enfants ne correspondent pas à ce qu’on dit les enfants ensuite. Marie, notamment, a dit qu’elle avait parlé, mais rien n’est mentionné dans la retranscription écrite.

Accessoirement, la la juge d’instruction L. a clairement dit à la famille qu’elle refuserait toute confrontation et qu’elle n’était pas saisie des viols.

 

Le 9 septembre, Sarah était convoquée chez le juge des enfants de Draguignan, pour savoir si le point rencontre, qui en principe ne doit rester qu’une mesure provisoire, est prolongé. Après un débat au cours duquel Sarah n’a absolument pas été écoutée, le juge décide de poursuivre le point rencontre jusqu’au 13 janvier 2012. Mais, il y a une nouveauté : pour le juge, le problème n'est plus Sarah mais sa mère, qui selon la justice s'introduit dans la vie des enfants. Elle s’est notamment rendue avec eux à la Brigade des mineurs de Toulon, le 9 février 2009, ce qui pour le juge semble inadmissible. Les viols, les films d'horreur montrés aux enfants par le père ? Pour le juge le problème n'est pas là. Il a également été choqué par les photos d’anus dilatés, et pour lui il est « indécent » et « malsain » de prendre de telles photos, d’ailleurs il les retire du dossier.

 

Nous en sommes aujourd’hui là pour ce qui est de l’aspect judiciaire du dossier, et le procès pour la dénonciation mensongère ou calomnieuse de Sarah et John devrait intervenir avant la fin de l’année. Mais, les choses vont très lentement puisque la communication est quelque peu erratique entre les institutions et les accusés.

Pour ce qui est des meurtres d’enfants, quand elle les a interrogés à ce sujet, ses enfants ont dit à Sarah qu’il n’y en a plus eu depuis la série de l’hiver et du printemps 2009. Toutefois, on ne peut en être certains puisqu’elle a eu très peu d’occasions de les voir, et encore moins de leur parler, et que les enfants sont chez leur père et qu’on sait qu’il les a souvent menacés au cas où ils parleraient. 

 

Et si les enfants ne sont plus confrontés à ces barbaries, ce qui semble être le cas a priori, cela n’implique pas forcément que leur père et ses amis aient arrêté de les pratiquer. Il serait même étonnant qu’ils soient tous passés des pires tortures commises sur des enfants à une abstinence totale en la matière, et cela d’un seul coup.

 


[1] Sarah apprend par exemple que l’avocate a écrit au juge qu’elle était en dépression, ce qui était faux. Sarah s’est bien retrouvée à l’hôpital, mais pour une autre raison.

[2] A ce sujet, le Dr Duval a clairement dit à Beatrice, lors d’une conversation téléphonique le 20 octobre 2007, que le Dr Benali l’avait appelée pour lui dire de la part du procureur d’attendre l’ordre du Procureur pour faire son rapport. Jamais ledit rapport n’a été réclamé.

[3] En effet, la dernière fois que Sarah s’est rendue chez le Dr TRAFALGAR, c’était en novembre 2007. La 1ère fois que John s’est rendu chez elle c’est le mardi 3 février 2009.

[4] Art 222-11 et 222-12 code pénal : passible d’une peine de 10 ans de prison et 150.000€ d’amende. Car : commis sur personne vulnérable, sur un témoin, victime ou partie civile, par deux personnes.

[5] Au SEAT, le Service de l’Enfance et de l’Adolescence auprès des Tribunaux, de Toulon.