Aujourd'hui, on va voir comment les populations du monde entier sont spoliées d'une grande partie de leurs richesses et pourquoi ce phénomène, si l'on ne fait rien, va s'accélérer. Quelques fonds spéculatifs sont actionnaires des banques, des multinationales côtées en bourse, des organismes de contrôle. 

 

Je vais essayer d'être compréhensible par tous, et le système est finalement assez simple à comprendre : il s'agit d'un système financier pyramidal qui consiste à syphonner un maximum d'argent de l'économie réelle.

 

Le système : un siphon par le haut, ou le vrai sens du ruissellement

Beaucoup se sont demandé comment les dividendes pompés par les actionnaires pouvaient atteindre de telles proportions, alors que l'économie stagne. Certaines entreprises se sont même endettées pour payer les dividendes des actionnaires.

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3 chiffres à noter à ce stade :

  • En 20 ans, les dividendes distribués aux actionnaires du CAC 40 (les 40 plus grosses entreprises côtées en France) ont augmenté de 269%.
  • Dans le même temps les profits des entreprises du CAC 40 n'ont augmenté que de 77%
  • Le nombre de leurs employés en France a baissé de 12%.

Que se pase-t-il? Les "actionnaires", surtout les plus gros évidemment, aspirent littéralement la richesse des entreprises, même quand il n'y en a pas (de richesse).

Ils asiprent donc de la richesse ET de la dette.

Ce processus est la base du capitalisme. Mais des freins avaient été posés pour limiter le transfert d'argent du bas vers le haut, qui ont presque tous été levés. 

On va en voir 2 principaux: la modification des normes du bilan annuel des entreprises et les produits dérivés qui sont en fait des paquets de dette.

Depuis la crise de 2008, des modifications cruciales ont eu lieu.

Et la gestion de crise du covid a encore accéléré ce transfert massif du bas vers le haut: notre dette devient leur cash. D'ailleurs, alors qu'elles sont presque toutes en train de licencier et que l'économie est officiellement en récession de 8,3%, les entreprises du CAC 40 ont versé 37 milliards d'euros de dividences en 2020. 

Et Bernard Arnault, 5e fortune mondiale, a vu son magot grimper de 26%, soit 20 milliards de dollars, depuis mars 2020.

Le rapport de l'ONG Oxfan "Covid 19: les profits de la crise" montrent que ce qu'on appelle les "inégalités" est en réalité une grande spoliation.

  • 32 entreprises, qui comptent parmi les plus grandes multinationales de la planète, devraient enregistrer cette année une hausse spectaculaire de leurs bénéfices, soit 109 milliards de dollars de plus que leur bénéfice moyen réalisé au cours des quatre années précédentes.
  • Une large partie de ces bénéfices a été reversée à de riches actionnaires, alimentant les inégalités mondiales. Les 25 milliardaires les plus riches du monde ont vu leur richesse augmenter de 255 milliards de dollars entre la mi-mars et la fin mai seulement, soit une augmentation moyenne de 10 milliards de dollars
  • Jeff Bezos pourrait, avec les bénéfices qu’il a réalisés pendant la crise, verser une prime 105 000 dollars aux 876 000 personnes employées par Amazon dans le monde, y compris les quelques 10.000 salariés en France, tout en restant aussi riche qu’il l’était avant la pandémie de coronavirus.

Ce qu'il faut noter, c'est qu'avant le coronavirus tous ces gens se demandaient comment ils pourraient continuer à amasser autant d'argent, et la Banque Centrale Européenne comme la FED avaient placé les marchés financiers sous perfusion de milliards, injectés chaque semaine et parfois quotdiennement dans le système. On a déjà parlé de cela dans l'article sur le "Grand Reset":

Le grand reset, réinitialiser le pouvoir mondial avant que les peuples ne le fassent - donde vamos

Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui emballe peu les foules : la finance. Et surtout cette "remise à zéro", que les dirigeants mondiaux appellent le "reset", prévue incessamment sous peu. Pour résumer : depuis des années la finance ne tient que sous perfusion d'argent frais, elle est à bout de souffle.

http://dondevamos.canalblog.com

 

Mécanisme 1: Gonfler le bilan des entreprises pour augmenter les dividendes

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Ce dont on va parler, c'est de comptabilité des entreprises. Car il n'y plus d'Etats de droit en rapport avec les constitutions des pays, le monde vit sous le droit marchand. Et cela pose de nombreuses questions sur lesquelles on aura l'occasion de revenir. 

Tout d'abord, il faut mentionner les conséquences concrètes de la récession :

  • Baisse des droits fondamentaux, baisse des salaires et des conditions de travail afin que les entreprises restent attractives pour le capital,
  • Impôts exponentiels pour répondre aux besoins de la nation dont la charge financière s'accroît, alors que les recettes de l'Etat sont en baisse.

Ceux qui s'en sortent toujours car ils ne sont liés à aucune nation, à aucune fiscalité, à aucune contrainte légale, ce sont les gros détenteurs d'actifs, publics et privés. On peut les considérer comme un 7 e continent, flottant, mouvant au gré des opportunités et de ses intérêts.

Les entreprises, c'est dans le système capitaliste le poumon de l'économie nationale, elles produisent une bonne partie du PIB (produit intérieur brut), c'est à dire la richesse telle qu'elle est actuellement calculée. 

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Les normes comptables internationales ont été créées pour unifier le mode de calcul du patrimoine des entreprises à travers le monde. Toutes les dépenses et toutes les recettes des entreprises doivent être inscrites dans des bilans comptables, et les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 500.000 € par an doivent respecter la norme IFRS [1] imposée depuis le 1er janvier 2005 et valable alors pour les sociétés côtées en bourse, notamment françaises. On va y revenir. 

Chaque année, le compte de résultat des entreprises, qui affiche les biens et les dépenses, c'est-à-dire les bénéfices ou les pertes. Pour les entreprises côtées en bourse, c'est sur cette base qu'est établi le montant des dividendes.

Imposées en 2005 par l'Union Euopéenne pour toutes les sociétés côtées sur la bourse européenne Euronext, la norme comptable internationale IFRS permet d'intégrer dans les "biens" des entreprises des obligations et actions qui sont évaluées alors qu'elles n'ont pas été vendues. Mécaniquement, ce procédé basé sur le principe de "fair value" fait gonfler le bilan et donc les dividendes des actionnaires.

Un spécialiste interviewé par 20 Minutes en janvier 2009 disait qu'en permettant de "financiariser le bilan" des entreprises, "la "fair value", préconisée par les IFRS, est une technique d'évaluation qui permet de comptabiliser aussi bien les profits potentiels que les pertes potentielles, ce qui est contradictoire avec le principe de prudence.

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Cette domination de la "fair value" a été justifiée avec une apparence de logique implacable: la comptabilité devrait, selon les adeptes des IFRS, refléter toutes les évolutions du marché des titres. Mais, selon nous, le rôle de la comptabilité n'est pas de refléter les fluctuations du marché boursier. Un mécanisme existe déjà pour cela: c'est la Bourse. Elle fonctionne plus ou moins bien, certes, mais il n'est pas logique que ce soit la comptabilité qui remplisse un tel rôle (...) Avec la fair value, les directions d'entreprises peuvent maintenant comptabiliser des profits potentiels; elles sont incitées à jouer en Bourse, à faire naître de faux espoirs et même à distribuer des dividendes potentiels.".

Il s'agit donc de "dividendes fictifs", qui sont en principe interdits puisque basés sur des estimations de la valeur de produits financiers et pas sur de réels résultats. Pour les payer, l'entreprise doit puiser dans sa trésorerie ou s'endetter.

Cela permet le syphonnage du produit de l'économie réelle, par remontée des capitaux via la dette (créée pour rémunérer les actionnaires), dans une sorte de système pyramidal: le ruissèlement du bas vers le haut. 

En parallèle, les "aspirateurs" de capital, c'est-à-dire les actionnaires, n'ont quasi aucune responsabilité puisqu'ils peuvent "investir" dans une entreprise en s'endettant [2].

En 2009, l'IASB a publié une norme "IFRS pour les PME".

 

Mécanisme 2 : L'intelligence économique

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Le deuxième grand mécanisme de contrôle et de verrouillage de l'économie est l'intelligence économique, c'est-à-dire l'espionnage à grande échelle des concurrents et l'utilisation des méthodes et moyens des renseignements pour prendre le dessus dans le business. 

La norme IFRS est contrôlée par un organisme qui s'appelle l'IASB et qui est contrôlé à 100% par les intérêts financiers US.

L'IASB élabore la norme et contrôle l'ensemble des comptes de résultat. En plus d'orienter l'architecture des entreprises privées comme publiques et donc de l'économie réelle, ces normes comptables permettent de suivre l'activité des entreprises à travers leur comptabilité: les achats, les investissements, Il s'agit de données stratégiques - on parle à l'origine des plus grosses multinationales européennes, er la norme touche désormais beaucoup plus d'entreprises - ce qui créé les conditions d'une guerre économique et d'un contrôle de l'information stratégique qui, on le sait, donne une grande longueur d'avance à celui qui la détient.

Ce qui est étonnant, c'est que si la norme IFRS est valable aussi pour les entreprises US, celles-ci préfèrent payer une amende plutôt que de faire remontrer leurs informations financières. Si bien que pour certains observateurs spécialisés, cette norme IFRS a "des airs de cheval de Troie américain".

En plus de cette norme, il existe 4 grosses boîtes, toutes US (KPMG, Deloitte, Ernst & Young, Price Waterhouse Cooper), chargées de l'audit des grandes entreprises. En 2002 les US ont créé le PCAOB (Public Accounting Oversight Board), pour réglementer les audits et les encadrer, ce qui lui donne accès à toutes les données des entreprises.

Le PCAOB, qui finalement centralise les informations issues des audits, est très lié aux services de renseignements US dont sont issus certains de ses cadres, et à qui de toute manière il transmet toute information voulue depuis le Patriot Act.

Ces 4 gros cabinets d'audit sont implantés partout dans le monde, y compris en Europe. Et si une entreprise française veut faire du bunsiness avec les Etats-Unis, elle a tout intérêt à recourir aux cabinets US pour son audit. 

En 2003, Chirac avait écrit à Romano Prodi, président de la commission européenne, pour alerter sur les dérives induites par les normes comptables IFRS qui selon lui risquaient "de conduire à une financiarisation accrue de notre économie et à des méthodes de direction d'entreprise privilégiant trop le court terme". Pourtant en janvier 2005, pas moins de 7.000 entreprises européennes côtées en bourse devaient se plier à l'IFRS.

 

Mécanisme 3 : les produits dérivés, ou comment capter la dette

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Le dernier levier de ce syphonnage, qui permet la concentration du capital et aussi de la dette entre très peu de mains finalement, est permise par le procédé qu'on appelle la titrisation de la dette. 

Une banque ou autre structure financière détient des dettes. Elle découpe chaque dette en petits morceaux et les mélange avec d'autres dettes ou actions de différentes valeur, et fait de nouveaux paquets. C'est ce qu'on appelle les produits dérivés.

Par le jeu des capitaux croisés et de l'actionnariat, il se trouve que 147 entreprises détiennent 40% de la richesse mondiale, et 1.318 entreprises sont au coeur du système économique mondial car elles sont liées par actionnariat croisé à la quasi totalité des 43.000 autres entreprises mondialisées [3].

En détenant le capital des entreprises, on détient aussi leurs dettes. Les actionnaires des principales banques détiennent donc finalement une très grande partie de la dette et des produits dérivés mondiaux.

Or les plus gros actionnaires de toutes les banques, fonds spéculatifs et autres compagnies financières sont toujours les mêmes. 

BlackRock, le plus gros fonds spéculatif du monde a plus de 6.800 milliards d'euros d'actifs en gestion, soit 3 fois le PIB de la France, 7e "puissance" mondiale. Il est actionnaire à hauteur de 1 à 1,4% de toutes les entreprises du CAC 40. 

Vanguard est actionnaire des entreprises du CAC 40, et détient entre 0,8 et 2,6% de leur capital.

Beaucoup d'entreprises du CAC 40 ont comme actionnaire les mêmes fonds spéculatifs: BlackRock, Vanguard, Norges Bank Investment, Amundi Asset Management (seule boîte européenne dans le top 10 des fonds spéculatifs), Capital Research Management.

Quand le micron a fait sa petite sauterie à Versailles pour les dirigeants de fonds spéculatifs et de multinationales (réunion "choose france" qui a eu lieu 3 fois en 5 ans), beaucoup des entreprises présentes avaient parmi leurs actionnaires Vanguard et BlackRock. Il y avait des représentants de Goldman Sachs, Facebook, Google, Toyota, Novartis... L'objectif? Les faire "investir" dans les entreprises françaises.

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Depuis 2014, BlackRock conseille la Banque Centrale Européenne pour le rachat des produits dérivés, en 2018 elle l'a chargé de réaliser le bilan du secteur bancaire européen et en 2020 la BCE lui a demandé de réaliser une étude sur "la finance durable". Le patron français de BlackRock Jean-François Cirelli a été décoré de la Légion d'honneur par le micron, qui a également reçu en grande pompe son patron Larry Fink.

En 2014, la BCE, s'appuyant sur les conseils de BlackRock, a lancé son programme de rachat de produits dérivés. Après la crise de 2008, ceux-ci ne valaient plus rien, la BCE en a donc racheté massivement bien au-dessus de leur prix réel. En faisant cela, elle a maintenu sous perfusion d'argent frais un système financier en état de mort clinique. Mais tous les produits dérivés n'ont pas été rachetés: des banques et fonds spéculatifs en détiennent encore des quantités.

Pour le cas français, regardons par exemple les principaux actionnaires de quelques banques :

  • Société Générale : Lyxor International Asset Management SAS (5,98%), Capital Research & Management  Co. (World Investors) (4,69%), Amundi Asset Management  (4,22%), Capital Research & Management Co. (Global Investors) (2,96%), Vanguard Group (2,54%), Caisse Des Dépôts & Consignations (2,41%), Norges Bank Investment Management (2,08%), BNP Paribas Asset Management France SAS (1,95%), Dodge & Cox (1,83), et BlackRock (1,58%)
  • BNP Paribas: Gouvernement de Belgique (7,73%), BNP Paribas SA Employee Stock Ownership Plan (3,13%), Dodge & Cox (2,48%), Vanguard Group, Inc. (2,43%), Lyxor International Asset Management SAS (2,19%), Norges Bank Investment Management (2,15%), Fidelity Management & Research Co. LLC (1,26%), Capital Research & Management Co. (World Investors) (1,18%), Amundi Asset Management SA (Investment Management) (1,10%), gouvernement du Luxembourg (1,03%).
  • Natixis (filiale de Banque populaire - Caisse d'Epargne) : BPCE SA (70,6%), Natixis SA Employee Stock Ownership Plan (2,94%), BlackRock Asset Management Deutschland AG (0,97%), BNP Paribas Asset Management France SAS (0,96%), Vanguard Group, Inc. (0,74%), BlackRock Fund Advisors (0,62%), BlackRock Advisors (UK) Ltd. (0,62%), Lyxor International Asset Management SAS (0,58%), BFT Investment Managers SA (0,44%), Fidelity Management & Research Co. LLC (0,32%)
  • Crédit Agricole SA: Rue la Boétie SAS (55,3%), Crédit Agricole SA Employee Stock Ownership Plan (4,63%), Norges Bank Investment Management (1,63%), BNP Paribas Asset Management France SAS (1,16%), Vanguard Group, Inc. (1,11%), DNCA Finance SA (0,82%), Templeton Global Advisors Ltd. (0,75%), Aviva Investors France SA (0,60%), BlackRock Fund Advisors (0,57%), Lyxor International Asset Management SAS (0,49%).
  • Axa (assureur): AXA France Assurance SAS (14,4%), Norges Bank Investment Management (4,95%), AXA SA Employee Stock Ownership Plan (4,28%), Vanguard Group, Inc. (2,23%), Lyxor International Asset Management SAS (1,38%), BNP Paribas Asset Management France SAS (1,31%), AXA SA (1,30%), Amundi Asset Management SA (Investment Management) (1,26%), BlackRock Advisors (UK) Ltd. (0,90%), Thornburg Investment Management, Inc. (0,85%).

On retrouve les actionnaires US cités ci-dessus dans l'actionnariat des banques du monde entier, notamment les banques US qui sont hégémoniques. Donc les dettes des entreprises détenues par les différentes banques appartiennent en réalité à un petit groupe de sépculateurs.

Quand aux actionnaires de ces fonds spéculatifs, il s'agit généralement de banques:

  • Vanguard : JP Morgan Chase Bank (9,16%), Beacon Capital management Inc (5,66%), JP Morgan Private Investment (5,66%), Merrill Lynch, Pierce, Fenner & Smith (5,35%), Morgan Stanley Smith Barney LLC (4,30%), Columbia Management Investment Advisers LLC (4,25%), UBS Financial Services (3,98%), Clal Pension & Provident Funds Ltd (3,13%), Wells Fargo Cleaning Services LLC (2,78%), Envestnet Asset Management (1,85%).
  • BlackRock: The Vanguard Group, Inc. (7,96%), Kuwait Investment Authority (Investment Company) (5,24%), Capital Research & Management Co. (World Investors) (4,85%), SSgA Funds Management, Inc. (3,98%), Temasek Holdings Pte Ltd. (Investment Management) (3,90%), Wellington Management Co. LLP (3,20%), Fidelity Management & Research Co. LLC (2,33%), Managed Account Advisors LLC (2,30%), BlackRock Fund Advisors (2,03%), China Investment Corp. (Investment Management) (2,02%).

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On pourrait continuer à regarder ces actionnariats croisés, ce serait toujours la même chose: consanguinité et poids écrasants de la finance US. Si l'on ajoute la pratique du tourniquet qui consiste pour les hauts fonctionnaires à passer du public au privé au gré des opportunités, cette consaguinité est pathologique pour les démocraties.

Les Etats, et leurs citoyens avec, sont captifs des intérêts financiers de quelques spéculateurs milliardaires. Les gouvernements ne sont plus que le relais de ces intérêts, et la gestion absolument lamentable de la crise 

On a vu que le micron est occupé à vendre le pays à la découpe, on voit à qui cela profite.

Selon un rapport de l'Office of  theComptroller of Currency US publié en mars 2020, seulement 4 banques, toutes US, contrôlent 90% des produits dérivés mondiaux: JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Citibank.

A elles 4, ces banques américaines détiennent 90% des 203.000 milliards de dollars de produits dérivés détenus par les 1.357 établissements bancaires US. Ces quatre banques ont encore les mêmes actionnaires que ceux qu'on a déjà cités plusieurs fois: Vanguard, BlackRock, Capital Research and Management, Norges Bank Investment Management et d'autres.

Et les agences de notation qui notent les entreprises et leur solidité ont encore les mêmes actionnaires, qu'on retrouve encore dans les GAFAM et dans la plupart des entreprises cotées. Par exemple, Vanguard possède 7,38% de Microsoft, 6,00% d'Apple, 6,07% de Google, 9% d'Alphabet (filiale de Google), 5,93% d'Amazon. Quant à BlackRock, il possède 4,31% d'Amazon, 4,21% d'Apple, 3,64% de Google, 7,94% d'Alphabet.

Cela montre à quel point la dette, transformée ou non en produits dérivés, est un instrument de contrôle des Etats et de l'ensemble de la vie des citoyens: la vie économique, la vie politique, la vie sociale, la vie culturelle. 

 

Prodécure en cours

Ce processus est dénoncé par de nombreuses personnes, notamment Juliette Marin qui en a fait une thèse, mais l'ampleur de l'arnaque n'apparaît pas au grand jour tant la réalité est vulgaire. La démocratie n'apparaît plus que comme une partie de Monopoly entre initiés qui tiennent la banque et les citoyens sont le dindon de la farce, considérés comme de simples éléments de production du capital ou comme inutiles s'ils ne rapportent pas de cash.

Il est possible de rentabiliser les citoyens en les rendant malades. Devinez qui sont les actionnaires des principaux groupes pharmaceutiques? [4] 

Le dossier concernant les normes comptables internationales est en cours de diffusion. Il sera transmis lundi 22 à la gendarmerie accompagné d'autres procédures mettant en exergue la chasse aux lanceurs d'alerte.

 

Documentaire sur BlackRock:

 

Documentaire sur l'effet de levier :

 

Explications sur la dérive actuelle et des pistes de solutions


[1] International Financial Reporting Standard: Normes Internationales d'Information Financière.

[2] C'est l'effet de levier, qui peut aller de 1 à 30: un individu peut décider de mettre 1.000.000 € sur la table pour racheter une entreprise, et demander à des banques de lui prêter 30 millions. Avec ça il rachète l'entreprise, en tire des dividendes et des intérêts pour rembourser l'emprunt, ce qui finit par tranformer l'entreprise en coquille vide à force de licenciements, ventes de filiales, vente à la découpe ou rachats / fusions... Patrick Drahi, par exemple, est un grand spécialiste du rachat par endettement appelé pudiquement effet de levier.

[3] Etude de l'institut de technolohgie de Zurich publiée en 2011. Les entreprises les plus connectées aux autres, et donc les plus hégémoniques (le plus souvent des banques, assureurs, fonds spéculatifs), étaient alors: 

1. Barclays plc
2. Capital Group Companies Inc
3. FMR Corporation
4. AXA
5. State Street Corporation
6. JP Morgan Chase & Co
7. Legal & General Group plc
8. Vanguard Group Inc
9. UBS AG
10. Merrill Lynch & Co Inc
11. Wellington Management Co LLP
12. Deutsche Bank AG
13. Franklin Resources Inc
14. Credit Suisse Group
15. Walton Enterprises LLC
16. Bank of New York Mellon Corp
17. Natixis
18. Goldman Sachs Group Inc
19. T Rowe Price Group Inc
20. Legg Mason Inc
21. Morgan Stanley
22. Mitsubishi UFJ Financial Group Inc
23. Northern Trust Corporation
24. Société Générale
25. Bank of America Corporation
26. Lloyds TSB Group plc
27. Invesco plc
28. Allianz SE 29. TIAA
30. Old Mutual Public Limited Company
31. Aviva plc
32. Schroders plc
33. Dodge & Cox
34. Lehman Brothers Holdings Inc*
35. Sun Life Financial Inc
36. Standard Life plc
37. CNCE
38. Nomura Holdings Inc
39. The Depository Trust Company
40. Massachusetts Mutual Life Insurance
41. ING Groep NV
42. Brandes Investment Partners LP
43. Unicredito Italiano SPA
44. Deposit Insurance Corporation of Japan
45. Vereniging Aegon
46. BNP Paribas
47. Affiliated Managers Group Inc
48. Resona Holdings Inc
49. Capital Group International Inc
50. China Petrochemical Group Company
[4] On retrouve souvent les mêmes fonds spéculatifs. Par exemple pour Sanofi:

 

  • L'Oréal S.A. : 9,39%
  • The Vanguard Group, Inc. : 2,43%
  • Norges Bank Investment Management : 2,12%
  • Plan d'Epargne Entreprise Sanofi Synthelabo : 1,62%
  • Fidelity Management & Research Co. LLC :1,38%
  • Dodge & Cox : 1,22%
  • Amundi Asset Management SA (Investment Management) : 1,12%
  • Lyxor International Asset Management SAS : 0,98%
  • BNP Paribas Asset Management France SAS: 0,83%
  • FIL Investment Advisors (UK) Ltd. : 0,80%

Gilead:

  • Capital Research & Management Co. (Global Investors): 9,71%
  • The Vanguard Group, Inc.: 8,20%
  • Capital Research & Management Co :5,17%
  • SSgA Funds Management, Inc. : 4,55%
  • Capital Research & Management Co. (International Investors) : 3,71%
  • Capital Research & Management Co. (World Investors) : 3,07%
  • BlackRock Fund Advisors : 2,52%
  • Geode Capital Management LLC : 1,60%
  • Dodge & Cox : 1,36%
  • Northern Trust Investments, Inc.(Investment Management) : 1,22%

Pfizer:

  • The Vanguard Group, Inc. : 8,06%
  • SSgA Funds Management, Inc. : 5,20%
  • Capital Research & Management Co. (World Investors) : 4,80%
  • Wellington Management Co. LLP : 4,43%
  • Capital Research & Management Co. : 2,56%
  • BlackRock Fund Advisors : 2,32%
  • Geode Capital Management LLC : 1,63%
  • Northern Trust Investments, Inc.(Investment Management) : 1,20%
  • Norges Bank Investment Management : 1,07%
  • State Farm Investment Management Corp. : 1,02%

Moderna:

  • Flagship Pioneering : 7,80%
  • Baillie Gifford & Co.: 6,14%
  • The Vanguard Group, Inc.: 5,91%
  • Robert Langer: 2,91%
  • Fidelity Management & Research Co. LLC: 2,01%
  • BlackRock Fund Advisors : 1,87%
  • SSgA Funds Management, Inc. : 1,66%
  • Thélème Partners LLP : 1,35%
  • Geode Capital Management LLC : 0,90%
  • Bellevue Asset Management AG : 0,84%