12 novembre 2009
Libre commerce : la Commission bosse (encore) pour les multinationales
Ce n’est pas un scoop, la Commission européenne, cet organe très démocratique, collabore étroitement avec les multinationales. Le Corporate Europe Observatory, qui tente d'informer sur les dérives du lobbying à Bruxelles et son impact sur la politique menée, pointe cette fois-ci le travail de groupe de l'ex commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avec Business Europe1, le lobby des multinationales pour faire triompher le libéralisme.
Cette collaboration s'inscrit dans le cadre de la "stratégie" Global Europe: competing in the world, censée relancer la "stratégie de Lisbonne". Or, ladite stratégie ‘Global Europe’ est particulièrement favorable aux multinationales : il s’agit, n’est-ce-pas, d’ « ouvrir », en concertation avec les entreprises, le commerce au maximum, c’est-à-dire éliminer un maximum de ces affreuses « barrières commerciales »2] qui menacent la prospérité des actionnaires.
Alors, la Direction Générale du Commerce de la Commission européenne (DG Commerce) va chercher à lancer toute une série de nouveaux traités de libre échange régionaux et bilatéraux, de réviser le marché commun, d’avoir le meilleur accès possible au marché et aux ressources des autres pays, en gros : on libéralise à fond. Mais, chez les autres, surtout. D’ailleurs, ça plaît tellement aux multis européennes qu’elles pondent, en octobre 2008, un rapport quasi identique, comme si celui de la DG était un brouillon : Going Global – The way forward.
Voici quelques super mesures du Global Europe :
- il faudrait qu’avant de voter une nouvelle loi ou norme quelconque on évalue son impact sur la compétitivité
internationale des entreprises européennes. Génial : au cas où il restait un peu de droits sociaux, ils feront partie du passé. Par exemple, on regardera si la création d’un salaire minimum européen peut nuire à la compétitivité des entreprises. Idem en matière sociale, ou d’éducation…
- avant chaque mesure, il faudrait regarder ce qui se fait en la matière un peu partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis afin d’établir une « convergence réglementaire ».
- on veut aussi lutter contre les restrictions à l’accès aux ressources naturelles pour les entreprises européennes. Un pays qui veut préserver son écosystème ou conserver des terres pour les populations indiennes, comme cela se fait beaucoup en Amérique Latine, n’y arrivera plus. Dans un texte de la commission, dans la version anglaise seulement: « Unless they are justified by security or environmental reasons (e.g. sustainable management of natural resources, the Basel Convention on exports of dangerous waste, the Montreal Protocol on substances which deplete the ozone layer, or unilateral export bans for dangerous products that are banned in the territory of a country), all restrictions on access to resources should be eliminated. It is also essential to ensure access to networks, in particular energy”3]. Exactement ce que disait l’UNICE en 2006.
- on veut aussi, comme le demandent beaucoup de multinationales (et comme le font les Etats-Unis), multiplier les traités de libre commerce et les accords bilatéraux, surtout avec les économies en plein boom comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Asie du Sud Est.
Ce projet Global Europe remonte à 2005, quand Barrosso se met en tête de faire rattraper à l’Europe son « retard » de compétitivité par rapport aux Etats-Unis.
La DG Commerce de la Commission lance donc une consultation auprès de la société civile, et ajoute les remarques émises par les entreprises, et elle envoie le tout à Business Europe, qui se dit très satisfaite.
Et puis, histoire d’être sûrs que le sujet devienne incontournable ça s’enclenche. Voici le programme rien que pour la fin 2006 :
- Septembre 2006 : communication de la Commission sur les aspects extérieurs de la compétitivité
- Septembre 2006 : règlement de la Commission établissant un instrument d'action contre les pratiques restrictives sur les marchés publics des pays tiers (instrument consacré aux marchés publics extérieurs)
- Octobre 2006 : communication de la Commission sur une stratégie révisée pour l'accès au marché
- Novembre 2006 : communication de la Commission sur les outils de défense du commerce
- Novembre 2006 : communication de la Commission sur le commerce et les relations d'investissement entre l'UE et la Chine
Et ainsi de suite…
Mais à côté de toutes ces gesticulations officielles, les différents lobbies des entreprises européennes, dont Business Europe4], ont multiplié les réunions avec Mandelson et ses collègues de la DG. Pour ces discussions, Business Europe s’est alliée avec d’autres groupes d’intérêts comme l’ European Services Forum (ESF), crée en 1995 par l’ex commissaire européen au Commerce, Léon Brittan et le secrétaire d’Etat US au commerce, Ron Brown.
Le 28 octobre 2008, Business Europe se saisit carrément du sujet et organise sa conférence de presse … à la DG du Commerce. Accessoirement, les partenaires du raout étaient des boîtes comme BASF, Arcelor, Exxon, Rio Tinto, IBM, Caterpillar, Solvay L’objet était d’évaluer les premières années de Global Europe grâce à des intervenants tels que l’ultra libéral commissaire à l’Industrie Günter Verheugen, celui au Développement, le libéral Belge Louis Michel, celui du Commerce Extérieur, David O’Sullivan, celle du Commerce européen, Catherine Ashton, ou encore le commissaire à l’Education, Jan Figel. Mais on avait aussi John Monks, le président de la confédération européenne des syndicats (CES) ou la directrice de l’organisation européenne des consommateurs, au milieu de hauts cadres de multinationales. Que du beau linge, dans un curieux mélange des genres.
Et puis, Business Europe & Co ont eu un œil sur la mise en place de la stratégie. Le lobbie avait ainsi accès à des informations sur les traités bilatéraux en cours de négociation, alors que les autres groupes d’intérêt comme par exemple les syndicats n’ont pas ces faveurs.
Il y a ainsi eu des réunions entre des représentants de Business Europe et Gunter Verheugen ou David O’Sullivan en juillet 2007, pour discuter « des relations transatlantiques, de l’OMC et des relations bilatérales avec la Chine et la Russie », d’après le lobbie lui-même. Parce que tout cela est normal, bien sûr.
Et pour mieux anéantir les « barrières au commerce », on a même mis sur place un truc qui s’appelle Comité Assesseur de
l’Accès aux Marchés, dans le but de favoriser la coopération entre la Commission, les Etats membres ou les entreprises. Il se réunit chaque mois et on y discute de comment faire tomber les affreuses « barrières au commerce ».
Le commerce n’est hélas pas le seul domaine dans lequel la Commission et les multinationales travaillent la main dans la main. C’est comme ça pour à peu près toutes les matières dans lesquelles intervient la commission. A force, ça pourrait même avoir l’air normal… Sauf que les intérêts des multinationales et de la population ne sont pas les mêmes, bien au contraire, et que la Commission est loin de se préoccuper autant de l’avis européens que de celui des multinationales, ce qui crée un énorme déséquilibre.
[1] Ex UNICE, qui regroupe des fédérations patronales nationales, comme la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), la CEOE (Confédération des Employeurs Espagnols), le MEDEF, la CBI (Confederation of British Industry), la Confindustria italienne et tant d’autres, y compris la Turkish Industrialists' and Businessmen's Association (TÜSIAD). Depuis 2005, le président est Ernest Antoine Sellière, l’ex patron du Medef.
[2]C’est-à-dire, dans leur jargon, les acquis sociaux et les normes environnementales, par exemple, qu’on appelle les « barrières non tarifaires ».
[3] cf. la Commission européenne dans une communication au Conseil, au Parlement, au Comité Economique et social européen et au comité des régions : « Bien qu’elles soient justifiées par la sécurité ou des considérations environnementales (gestion durable des ressources, convention de Bâle sur l’exportation de produits toxiques…) toutes les restrictions à l’accès aux ressources doit être éliminé. C’est également essentiel pour assurer l’accès aux réseaux en particulier l’énergie. »
[4] Qui aurait eu au moins sept réunions avec la DG et/ou Mandelson autour du projet « Global Europe » entre février 2005 et octobre 2006. Et cela, en plus des autres réunions portant sur d’autres sujets. En 2007, Business Europe aurait aussi reçu de la Commission une subvention de 749.675 € en 2007.

20 octobre 2009
Si si, les portables ont un impact sur la santé
On
commence à parler des risques dans antennes de téléphonie mobile sur la santé,
après plus de 20 ans d’utilisation. Introduit vers 1984, le portable fonctionne
comme la télévision ou les Wi-Fi, avec des ondes appelées ondes de Type
Téléphone Mobile, dont on n’a que très peu évoqué les risques pour l’organisme
malgré des études relativement nombreuses montrant que ces ondes ont un impact
négatif sur la santé des animaux et des humains. Mais à force de lobbying et
d’études financées par l’industrie, les autorités ont longtemps pu occulter ces
risques.
Je
reposte en bas de cet article une vidéo (ou plutôt une bande son) du médecin
homéopathe Marc Vercoutère,
qui s’exprime cette fois au sujet des ondes de Type
Téléphone Mobile (TTM1]),
racontant au passage le développement de certaines pathologies depuis que les
portables sont partout, ainsi que les manipulations « scientifiques »
destinées à dissimuler les risques et autres faits de lobbying, par exemple…
On
sait, ou on se doute tous qu’être traversé à longueur de temps par des ondes de
toutes fréquences risque de causer quelques problèmes sur des organismes d’un
équilibre aussi fragile que le corps humain. Une expression est même née pour
désigner cela : la pollution
électromagnétique.
Même
un simple écran d’ordinateur ou de télévision émet suffisamment d’ondes (des
radiation électro magnétiques pulsées, très précisément) pour faire diminuer
les défenses immunitaires et influencer l’humeur (agressivité, troubles du
sommeil, manque de concentration par exemple).
Par
exemple, la sclérose
en plaques interroge beaucoup les médecins : on pensait que cette
maladie était provoquée par un virus, mais on s’aperçoit petit à petit depuis
une quarantaine d’années que les ondes électromagnétiques la favorisent, tout
comme certains produits toxiques utilisés dans les vaccins (depuis la
campagne de vaccination contre l’hépatite B, le nombre de scléroses en
plaques est passé de 20.000 à 80.000, en l’espace de deux ans seulement). De
fait, c’est une maladie qui n’existe presque pas dans les pays sous développés,
mais qui augmente fortement dans les pays industrialisés.
Des
syndicats d’infirmières en France, en Angleterre ou à Hong Kong attirent
l’attention des gens sur le rapport bénéfice risques du vaccin H1N1, dans la
mesure où le risque de sclérose en plaques (et de syndrome du Guillain Barré)
est réel à cause des adjuvants[2]
utilisés dans ces vaccins. Des médecins, comme le docteur Maschi,
dénoncent également les risques et l’absence d’études sur ces mêmes risques.
Faut-il préciser que, comme Vercoutère, Maschi a été radié de l’ordre des
médecins non pas en raison d’une faute mais en raison de sa dissidence par
rapport à l’orthodoxie médicale.
Quelques
infos passées – presque - inaperçues (ou quand les études scientifiques se
suivent et ne se ressemblent pas)
C’est
seulement à partir de 1993 avec le procès intenté par David Reynard pour
le cancer du cerveau de sa femme, qu’on a commencé à s’inquiéter des risques
sanitaires liés à l’utilisation du portable. Reynard poursuit donc l’industrie
du GSM pour le décès de sa femme, qui aurait selon lui eu un cancer à cause
d’une utilisation intensive de son téléphone portable. L’affaire est médiatisée
et les utilisateurs commencent à se poser des questions (d’autant plus qu’on
s’aperçoit avec stupeur qu’aucune étude n’a été réalisée sur le long terme pour
voir s’il y avait des risques sur la santé). Mais au final, comme souvent, le
tribunal a conclu par un non lieu à cause du manque de preuves scientifiques.
La
réaction de l’industrie a été de faire passer ses scientifiques dans les médias
afin de répéter qu’on peut utiliser son portable sans aucun risque, et de
financer à hauteur de 28 millions de dollars une étude sur cinq ans[3],
menée par le Dr Carlo. D’après
le patron du syndicat du portable US[4],
Tom Wheeler, c’était surtout pour « rassurer » les
utilisateurs et « balayer » les « accusations non
prouvées » des études critiques. Pas de bol, elle montre[5]
que le portable entraîne une « rupture de la barrière
sang-cerveau »[6]
(qui empêche certains éléments comme les protéines d’entrer dans le cerveau et
de l’endommager), « des dommages génétiques »[7],
et que le risque de tumeur du cerveau est doublé. Au bout de six ans, ils s’aperçoivent
que son utilisation augmente également le risque de tumeur neuro-acoustique
(une tumeur bénigne du nerf acoustique).
Dès
2000, une étude menée par Madeleine Bastide de l’université de Montpellier
prouve la nocivité des ondes TTM sur des embryons de poulet. Le groupe de
poulets exposé aux ondes de téléphone portable (plus puissantes à l’époque
qu’aujourd’hui il est vrai) en communication permanente, 24h sur 24, durant les
23 jours de vie d’un embryon, avait une mortalité six
fois plus importante que le groupe témoin qui n’a pas été exposé à ces
ondes : 6 embryons exposés sur 10 sont morts, contre 1 sur 10 pour les
autres. L’étude a aussi montré la nocivité des très basses fréquences qu’on
estimait jusque là inoffensives. 75% des embryons exposés seulement à ces très
basses fréquences sont morts. Cela prouve simplement que les ondes TTM ont une
influence sur les organismes vivants. Sur des souris, organismes beaucoup plus évolués
et plus proches des humains, une exposition par périodes de 15 jours aux très
basses fréquences a induit une diminution de 60% de la production d’ACTH, une
hormone qui régule le stress. Conclusion : les ondes TTM ont un impact sur
la régulation du stress des souris, via une action sur la production des
hormones ACTH. L’industrie du téléphone locale, Bouygues en tête, a remis en
cause la méthodologie et financé une nouvelle étude avec l’INRA, qui a donné
les mêmes résultats.
Toutes
ces études ont d’ailleurs amené la DGCCRF à
réviser en 2003 son avis quant aux ondes TTM.
Des
médecins allemands lancent en 2002 l’appel de Fribourg,
après avoir remarqué la forte augmentation de tout un tas de symptômes[8]
chez leurs patients, et ont repéré quasi systématiquement la présence
d’antennes relais ou une utilisation importante du portable. A l’apparition
d‘antennes relais, ces médecins ont constaté « une accumulation
frappante de certaines maladies dans des quartiers ou des immeubles »,
et que « l'état du patient s'améliore ou les troubles qui ont duré des
mois disparaissent en relativement peu de temps après la réduction ou
l'élimination des ondes radio à proximité du patient ». Ils ajoutent
dans cet appel : « Nous voyons un nombre croissant de malades
chroniques, dû également à une politique irresponsable en ce qui concerne les
valeurs limites, qui – au lieu de tenir compte dans son action, de la
protection de la population à court et à long terme contre les effets des
rayonnements de téléphonie mobile cellulaire – se soumet aux injonctions d'une
technologie reconnue comme dangereuse depuis longtemps déjà ». Et de
dénoncer les études mises en exergue par les pouvoirs publics, souvent
financées par l’industrie.
En 2005, le Dr Adlkofer qui a mené l’étude Reflex sur les ondes TTM, écrit
à l’International Commission for
Non-Ionising Radiation Protection (ICNIRP, l’organisme chargé de fixer les seuils
d’exposition à ces ondes) que celui-ci a pris un temps
« irresponsable » pour diffuser les résultats de ses travaux « dans
la mesure où ceux-ci ne sont pas en conformité avec leur opinion générale ».
Travaux qui concluent que « les champs électromagnétiques (CEM) tant de
basses et que de hautes fréquences peuvent non seulement altérer la fonction
des gènes, mais également dans certains cas endommager des gènes, dans certains
– mais évidemment pas dans tous – systèmes cellulaires humains isolés » ce qui veut dire provoquer
des cancers. Adlkofer en vient donc logiquement à demander à « prendre
le principe de précaution plus au sérieux que ce qui est fait aujourd’hui par
les responsables politiques et industriels ».
Les
premiers résultats de la grande étude Interphone
lancée par l’OMS en 2000 sortent fin 2007, et montrent un risque de tumeur du
cerveau, du côté où on met le portable, augmenté par l’exposition
prolongée aux ondes des téléphones mobiles. Menée dans 13 pays durant 3
ans, mais à moitié financée par l’industrie du téléphone mobile[9],
l’étude s’est penchée sur l’évolution de différents types de cancers. Les
résultats définitifs, attendus pour novembre 2008, se font toujours
attendre, mais comme le gouvernement prépare le terrain en évoquant les risques
pour les enfants, il est possible que cette étude finisse par être publiée
prochainement (les résultats partiels sont désormais indisponibles sur le net).
Mais récemment, l’info comme quoi le téléphone portable protègerait
de certaines tumeurs a commencé à circuler, ainsi qu’une autre, selon
laquelle les usagers depuis plus de
10 ans ont plus souvent certains cancers.
Toujours
en 2007, le Bioinitiative Report fait le point sur 1.500 études publiées au
sujet des ondes TTM. Ces
études montrent que l’exposition à ces ondes a un impact sur l’ADN, sur la
création de protéines de stress, sur les fonctions immunitaires, sur la
neurologie et le comportement, sur certaines tumeurs du cerveau, sur certaines leucémies touchant les
enfants, sur la maladie d’Alzheimer et le cancer du sein, sur la production
de mélatonine (une hormone qui régule les rythmes biologiques)…
Prenons
par exemple les leucémies qu’on trouve fréquemment chez les enfants de 2 à 5
ans, une maladie qui a fortement augmenté ces dernières années et qui est
beaucoup plus rare dans les pays en développement. L’étude dit
qu’il y a « une augmentation continue des risques [de contracter
une de ces leucémies] avec l’augmentation des niveaux d’exposition aux
champs magnétiques ».
La
conclusion d’une
étude du Dr Davanipour portant sur le lien entre l’exposition aux ondes TTM
et le développement notamment de la maladie d’Alzheimer est claire elle
aussi : « Il y a désormais une évidence que de hauts niveaux
d’amyolide bêta périphériques sont un facteur de risque pour Alzheimer et une
exposition moyenne a élevée peut augmenter ces amyolides bêta
périphériques [10]».
On pourrait continuer ainsi pour toutes les pathologies passées en revue dans
l’étude du Bionitiative Report.
En
2008, l’Université Catholique de Louvain, pourtant largement financée par des multinationales,
publie
une étude[11] qui
montre une mortalité deux fois plus
élevée chez les rats exposés aux ondes électromagnétiques dégagées par les
téléphones portables et les Wi-fi. L’hypothèse avancée par le docteur Dirk
Adang qui menait les travaux était un dérèglement du système immunitaire. La
même étude montre que tous les êtres vivants exposés à ces ondes voient leur
taux de différents globules blancs augmenter, ce qui montre une agression du
système immunitaire. Etrangement, on a beaucoup parlé de cette étude en juin
2008 alors que moins de 20 rats sur 124 avaient été autopsiés, et depuis plus
rien. Même les
tomates sont stressées par les téléphones portables dès les 10 premières
minutes d’exposition, d’après une autre étude menée à Clermont Ferrand.
Un
recueil d’études
reprend les résultats de travaux menés par l’industrie ainsi que d’autres
menés par des chercheurs indépendants. Evidemment les résultats varient
considérablement. On y conclut ainsi que « les études indépendantes de
l’industrie montrent de manière consistante qu’il y a un risque
« significatif » de tumeurs du cerveau lié à l’utilisation du
portable » ou que les limites de l’exposition aux champs
électromagnétiques admises par l’industrie et utilisées par les gouvernements
sont basées sur le présupposé erroné selon lequel les radiations
électromagnétiques des téléphones n’ont pas d’effets biologiques.
Une
autre étude du Dr Henry Lay explique que « les études sur l’exposition
aux fréquences électromagnétiques financées par l’industrie ont trouvé des
effets liés à l’expositions à ces ondes électromagnétiques dans 28% des cas, et
les études indépendantes en ont trouvé dans 63% des cas ». De fait,
son étude a été critiquée largement par Motorola, qui a financé sa propre
étude, en changeant quelques paramètres, pour contredire la sienne.
Mais,
de manière surprenante, il affirme que les études Interphone montrent que si on
utilise le potable moins de 10 ans, ça protège l’utilisateur des tumeurs du
cerveau.
On
constate que les études pointant les dangers des ondes TTM existent, bien
qu’elles ne soient pas, la plupart du temps, réalisées sur la durée faute de
crédits. En effet, dès que des résultats peu favorables pour l’industrie sont
publiés, les universités qui mènent ces recherches voient leurs crédits annulés
ou fortement diminués. Aujourd’hui, on ne manque pas
d’études et de données scientifiques sur ces ondes TTM. Normal : quand
une étude défavorable sort, l’industrie en finance une autre plus agréable. Du
coup, les pouvoirs publics, sous l’influence des lobbies, ne font rien ou si
peu.
On
a prouvé maintes choses, comme les conséquences des ondes TTM sur le
système immunitaire, ils augmentent les risques de cancer, ont un impact
sur l’ADN et les neurones, sur le taux de mercure etc. Mais, disent les
autorités et l’industrie en chœur, on n’a pas prouvé d’incidences sur la santé
car de nombreuses études n’en ont pas trouvé.
Le
plus cynique dans tout cela, c’est l’acharnement avec lequel les autorités
continuent à dire d’une part qu’on ne connaît pas les risques, d’autre part que
les gens doivent utiliser leur téléphone avec précaution. De deux choses
l’une : ou bien on ne sait pas quels sont les risques, et il serait temps
de s’en inquiéter en finançant des études universitaires et indépendantes, ou
bien on ne veut surtout pas le savoir. Quant à inciter les gens, comme l’a
fait Mme Bachelot, à « utiliser le mobile d’une manière raisonnable »,
il faut être clair : même en n’ayant pas de portable, on est traversé
à longueur de temps par des ondes de fréquences et puissances diverses et
variées dont on n’a aucun moyen de se prémunir. Et je ne parle pas des
personnes très sensibles, ni de ceux qui vivent à côté d’antennes.
Mais
en réalité il ne faut pas s’en étonner. Il suffit de prendre en compte
l’ampleur du lobbying dans ce domaine, à tous les niveaux, du local jusqu’à
l’international. Pendant longtemps, les seules études disponibles sur les
conséquences de l’utilisation des téléphones portables ont été fournies par
l’industrie du téléphone, et les études universitaires indépendantes ont toutes
manqué de financements. Et puis, il faut mesurer l’omniprésence des
scientifiques qui collaborent avec les multinationales du téléphone mobile dans
les instances de contrôle sanitaire et autres pour comprendre le laxisme qui
demeure toujours en la matière.
Au
Canada, où on parle aussi de limiter le téléphone portable chez les enfants, un
quotidien de Toronto a révélé un cas de conflit d’intérêts typique du lobbying,
c’est-à-dire les liens entre deux
fonctionnaires « de haut rang » chargés de définir les
normes en matière de téléphones portables et un cabinet de lobbying qui travaille
pour l’industrie des télécommunications auprès du gouvernement, justement. Ils
faisaient partie du Comité de la Santé de la CWTA (Canadian Wireless
Telecommunications Association).
Chez
nous, Bouygues a recruté dans son Conseil
Scientifique André Aurengo qui est aussi chef du service de médecine
nucléaire à la Pitié Salpêtrière et un membre de l’Académie de médecine qui
est très mitigé quant
aux risques12 du
portable mais un grand défenseur de
Bouygues (il est aussi administrateur
d’EDF), ou encore Bernard Veyret qui est aussi directeur de recherches au
CNRS13
au laboratoire de physique des interactions onde-matière, a été membre du
groupe interministériel des radiofréquences, a fait partie de l’ICNIRP[14]
–un organisme « indépendant » chargé de donner son avis sur les
normes en vigueur- depuis 2000, a fondé en 1989 l’European Bioelectromagnetics Association
(EBEA) qui organise
des congrès financés
notamment par Motorola, Nokia, Ericsson, Siemens et a pour membres France
Télécom, l’anglaise Vodafone ou Deutsche Telekom, etc. car le CV officiel est
long.
De
fait, l’ancien coordinateur de l’OMS pour le Programme International des Champs
Magnétiques lancé en
1996 pour étudier l’impact des lignes haute tension
portables etc (activité qu’il a repris
dès sa sortie de fonction à l’OMS), Michael Repacholi, s’est acharné
pendant des années à nier la nocivité de ces ondes TTM. L’homme a déjà
travaillé pour des compagnies de téléphones mobiles pour défendre
l’implantation de nouvelles antennes relais. Certains observateurs ont noté ses
changements de position intempestifs, d’autres que le programme des champs
magnétiques de l’OMS est en partie financé par le lobby bruxellois des
fabricants de portables ou par leur autre grand lobbie, GSM World.
Du
côté de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale, c’est son
directeur scientifique, le professeur Denis Zmirou15] qui déclarait
après avoir démissionné en 2005 que l’afsse n’a pas les moyens d’agir, et
d’ailleurs ce n’est même pas dans sa stratégie puisqu’elle ne fait que
coordonner le travail des labos et centres de recherche. Il écrit ainsi dans Le
Monde que « Ce système ne peut aujourd'hui répondre au volume et à la
complexité croissante des sujets à traiter ni préparer les administrations à
porter les analyses et propositions françaises devant les instances
européennes, où les acteurs politiques et économiques intéressés disposent
d'une expertise documentée et argumentée. »
Il
y a également eu obstruction de la part de l’industrie pour que les
informations disponibles n’arrivent pas sur la place publique. Quand la CTIA
parlait par exemple au début des années 90 des « centaines d’études »
qui prouvent l’innocuité du portable, c’était simplement un mensonge. Pour les
industriels, puisque le portable ne dégage pas de chaleur, il n’entraîne aucun
dégât16.
C’est ainsi qu’après avoir répété cela dans les médias, ils ont été obligés de
financer ces études qui, bien évidemment, ne se sont pas avérées très positives
pour l’industrie.
Ainsi,
l’étude Wireless Technology Research de 1993 menée à la demande des industriels
–et à la grande surprise des scientifiques qui travaillaient habituellement
pour ladite industrie- par le Dr Carlo, dont on a parlé plus haut, a été
bloquée quand le scientifique, après 6 ans d’études est venu leur expliquer les
résultats peu favorables qu’il a obtenus.
Ca
n’a pas plu à Wheeler, de la CTIA, ni aux deux gros communicants -Jody Powell
qui a bossé pour le président Carter, et Ron Nessen qui avait bossé pour Gerald
Ford avant de diriger la com’ de la CTIA- présents à la réunion de préparation
d’une première conférence de presse où Carlo est venu annoncer les premiers résultats,
pas encore nuisibles à l’industrie.
La
CTIA décide d’affirmer l’innocuité des portables, déformant les propos de Carlo
et aussi de la Food and Drug Administration, qui disaient que bien qu’on n’ait
pas prouvé la nocivité, on n’a pas non plus prouvé l’innocuité. LA CTIA prépare
même une communication de crise pour aider les entreprises membres à se « préparer
en cas de survenue d’une crise pour l’industrie, au moment où elle se produira »,
signe qu’on se doutait que les choses allaient se gâter. En 1999 en effet,
après six ans de recherche, Carlo écrit
à AT&T et annonce certains résultats peu engageants, tels que la modification
de l’ADN soumis à ces radiations, « le risque de rare
neuro-tumeurs épithéliales sur l'extérieur du cerveau avait plus que doublé chez les utilisateurs de téléphone cellulaire » ou « une certaine corrélation entre
les tumeurs du cerveau se produisant du côté droit de la tête et l'utilisation
du téléphone du côté droit de la tête ». Il dénonce en outre la
passivité de l’industrie malgré les résultats inquiétants de différentes
études : « De façon alarmante, les indications sont que quelques
secteurs de l'industrie ont ignoré les résultats scientifiques suggérant des
effets potentiels sur la santé à plusieurs reprises, et ont faussement réclamé
que les téléphones sans fil soient sûrs pour tous les consommateurs y compris
les enfants, et ont créé ultérieurement une illusion de responsabilité en
appelant et en supportant toujours plus de recherche. Les mesures les plus
importantes de protection des consommateurs sont inexistantes »
Les
nombreuses études montrant qu’il y a bien un lien entre l’exposition aux ondes
TTM et le développement de certaines pathologies sont souvent passées sous
silence par les grands médias faiseurs d’opinion ou bien elles sont contestées
par l’industrie. Par contre, les études montrant qu’il n’y a aucun risque, elles,
sont largement médiatisées. Ca
n’a pas manqué avec la dernière en date, celle de l’Affset (Agence
française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, qui conclut
que « Les données issues de la recherche expérimentale disponibles
n'indiquent pas d'effets sanitaires à court terme ni à long terme de
l'exposition aux radiofréquences ».
Seul petit bémol : « Des interrogations demeurent pour les effets à
long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide en faveur de
cette hypothèse ».
Ce rapport a été réalisé, tout comme
Biointiative Report, sur la base d’une analyse d’études déjà réalisées.
D’après
Le Figaro, pour ce qui est des effets biologiques et cliniques, « le
rapport soutient d'abord que l'observation d'un effet biologique, a
fortiori en conditions expérimentales, ne signifie pas forcément qu'il entraîne
un dommage, et encore moins qu'il se traduise par un effet sur la santé». Sur
les 182 études réalisées chez l'animal, 82 mettent en évidence des effets
biologiques des radiofréquences, mais seulement 11 % de ces travaux
utilisent une méthodologie incontestable. En revanche, 100 études, dont
69 % sont incontestables, ne trouvent pas de risque ».
Rien de grave, donc : ce n’est pas
parce qu’on voit que l’organisme régit à ces ondes qu’il y a un effet sur la
santé ! De plus, 89% des études sont contestables (évidemment parmi celles
qui s’interrogent sur l’innocuité de ondes TTM) Nous voilà rassurés.
Ce qui serait amusant si ce n’était si
grave, c’est la conclusion du rapport, comme quoi « la demande de
réduction des niveaux d'exposition liés aux antennes-relais ne repose sur aucune
justification scientifique ». Le Figaro poursuit en expliquant que
« Les experts recommandent de peser avec soin les conséquences d'une
telle réduction, notamment en termes de multiplication du nombre des antennes
et d'augmentation parallèle possible de l'exposition de la tête aux
radiofréquences émises par les téléphones mobiles ». Paradoxal,
quand-même, de dire que limiter les émissions d’ondes est stupide, tout en
précisant qu’une multiplication des antennes augmenterait
l’exposition de la tête à ces ondes –qui ne sont pas nocives rappelons-le.
Le rapport finit quand même par préconiser
une diminution des niveaux d’exposition à ces ondes, puisqu’on ne connaît
pas les risques à terme.
On sent bien là un des axes de
rhétorique utilisés par les lobbyistes et par l’industrie, à savoir qu’à force
de critiquer les antennes relais et les seuils d’émission, les pauvres
opérateurs doivent augmenter le nombre de ces antennes ce qui coûte cher et
retombe sur la facture des clients. Ladite étude de l’Afsset a donc eu le droit
à des titres tels que « Le rapport qui rassure » chez
Europe 1 ou le Figaro. Les opérateurs sont contents : l’Afsset fait
foi en matière sanitaire, et ils pourront se référer à ce fameux rapport pour
justifier leurs actions.
Mais
revenons sur cette Afsset, ex Afsse, et sa mutation quelque peu décriée. Après
le dr Zmirou17 qui
en démissionne faute de moyens pour mener des expériences sérieuses, c’est son
vice-président, André Aschieri, qui a pourtant travaillé à sa création, qui se
déclare en 2007 et au Sénat « déçu par l’évolution de l’Agence
française de sécurité sanitaire environnementale », créée à l’origine
pour s’occuper de la question de l’amiante.
Devant les sénateurs, Aschieri a ainsi expliqué, selon le Sénat, « que
les téléphones portables allaient poser un problème de santé publique. Il a
rappelé à cet égard que l'AFSSE avait d'ailleurs rencontré des difficultés lors
de son étude sur ce thème dans la mesure où son conseil scientifique
comprenait des chercheurs liés aux opérateurs téléphoniques et où la
communication avait été mauvaise sur ce dossier. Cela a bien illustré le
démarrage très difficile de l'Agence française de sécurité sanitaire de
l'environnement et du travail (AFSSET) marqué à la fois par une mauvaise
communication, un rapport attaqué et un conflit entre son directeur
scientifique, le Pr. Denis ZMIROU, et sa directrice générale, Mme Michèle
FROMENT-VEDRINE. Mais il est vrai que le Pr. Denis ZMIROU s'était trompé
sur le choix des toxicologues à consulter pour la téléphonie mobile ».
Aschieri a encore précisé que « les objectifs à atteindre par l'AFSSET
étaient l'indépendance, la transparence et la compétence
et que, pour les atteindre il fallait rassembler des connaissances et
séparer les pouvoirs. Or, c'est le contraire qui est souvent observé. »
(mis en gras dans le texte du Sénat).
Autre
suggestion d’Aschieri : rendre les rapports publics, ce qui n’est certes
pas une mauvaise idée, ne serait-ce que pour rassurer l’opinion n’est-ce pas.
Car malgré les
cas de maladies étranges, ou d’augmentation des cancers etc. à côté des
antennes, par exemple, rien ne bouge.
Quant
à la prévention, les opérateurs ont eu la bonne idée de prendre l’initiative en
menant des campagnes avec
les pouvoirs publics. La dernière en date, lancée à
la mi août par l’Afom18 (l’Association Française des Opérateurs Mobiles), visait à sensibiliser « aux
usages responsables du téléphone portable », comme si cela suffisait à
éviter les ondes qui passent partout dans l’air. Ladite campagne est menée
« en partenariat » avec les Ministère du Développement Durable, de
l’Education Nationale, le Secrétariat d’Etat à la Famille, Sécurité Routière et
Association Prévention Routière, mais surtout, précise
le communiqué, « Elle est soutenue par les principaux fabricants de
mobiles : Nokia, Samsung, HTC et LG. La campagne durera 1 mois, du 17 août au
11 septembre, sur Europe 1 et RMC, à raison de 4 à 5 spots quotidiens (de 35
secondes), soit au total près de 200 passages ». Où l’on parle du
recyclage des téléphones, du danger du portable au volant, on explique « aux
jeunes » qu’il faut « éteindre le mobile en cours » aux
parents de contrôler « certains sites sensibles » et aux
opérateurs qu’ils doivent éviter d’installer des antennes près des crèches,
écoles etc. Bref, on est loin des vraies préoccupations liées au portable.
La
–vaste- question des normes
Les
insomnies, troubles cardiaques, céphalées etc. décrits par de nombreux
riverains d’antennes relais seraient causés par les hyperfréquences pulsées
d’ondes TTM. Mais, certains cancers aussi.
Afin
de mener l’information en matière de normes d’émission, les opérateurs et
autres industriels intéressés ont crée Cenelec, une
fédération européenne qui pond des rapports pour influencer les pouvoirs
publics. Et les « pouvoirs publics », en l’occurrence la Commission
européenne, ne se prive pas de cette fructueuse collaboration avec ce lobbie
industriel : en 2003 par exemple, elle mandate Cenelec, le CEN et l’Etsi
pour pondre un rapport pour évaluer quelle norme européenne ferait foi à la
place de toutes les normes nationales, afin bien sûr d’ «éliminer ces entraves ».
Le
mandat est clair : « Le CEN19,
le CENELEC et l'ETSI20 sont invités à mettre en oeuvre un programme de travail de normalisation
destiné à soutenir le marché intérieur des secteurs de services ». On
observera qu’il n’est pas question de demander leur avis à des associations
écologistes ou de consommateurs, ni à des universitaires qui ont mené des
travaux sur la question. Ca, ce seront les lobbies qui s’en chargeront.
Pour
l’OMS (comme pour les industriels et opérateurs
de téléphone sans fil, d’ailleurs) « Compte tenu des très faibles
niveaux d'exposition et des résultats des travaux de recherche obtenus à ce
jour, il n'existe aucun élément scientifique probant confirmant d'éventuels
effets nocifs des stations de base et des réseaux sans fil pour la santé. ».
Même refrain du côté du ministère
français de la Santé, « Plusieurs groupes d’experts indépendants
mandatés par l’OMS, par la Commission Européenne, ou par le gouvernement
français se sont penchés sur les effets sur la santé des champs
électromagnétiques (…) et ont conclu qu’en l’état actuel des
connaissances scientifiques, et compte tenu des faibles niveaux d’exposition
aux champs électromagnétiques autour des stations relais, l’hypothèse d’un
risque pour la santé des populations vivant à proximité de ces stations ne
pouvait être retenue. » et « aucune preuve scientifique ne
permet de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque
pour la santé ». Tout dépend des études qu’on prend en compte.
Ca,
c’est le point de vue de l’OMS, qui ressemble à celui de moult et moult autorités
sanitaires nationales et internationales. Pourtant, il y a toute une gamme de normes
d’émission. Entre la Suisse et la France, par exemple, la norme de champ
électrique pour un téléphone de 900 MHz va de 6 V/m à 41,2V/m.
Les
normes maximales en vigueur pour les champs électriques et pour la puissance
des téléphones ont été fixées par l’ICNIRP au niveau mondial et par le CENELEC
en Europe. Elles varient selon les fréquences utilisées, comme en France,
où les normes sont plus élevées qu’ailleurs : 29,1 V/m (à 450 Mhz) 41,2 V/m (à
900 Mhz) 58,2 V/m (à 1800 Mhz) 61 V/m (au-delà de 2000 Mhz, pour les téléphones
UMTS), 28 V/m pour la radio FM, 31 V/m pour la télévision. En Suisse, le seuil
maximal est de 4
V/m pour 900MHz21,
en Italie de 6 V/m.
En
Belgique, plus précisément en Wallonie, il était question en mars 2009
d’abaisser cette norme de 20 à 3V/m22,
mais grâce au lobbying des intéressés, via le GOF, le GSM Oparator’s Forum
(expliquant notamment que la qualité des transmissions allait diminuer), les
décrets avaient six mois pour être publiés. Nous sommes le 15 octobre,et
personne n’en a réentendu parler. Et en dehors de Bruxelles, la norme ne
devrait pas s’appliquer aux antennes déjà installées. 3 V/m, c’est beaucoup
moins qu’en France, pourtant certains
trouvent que c’est encore trop
élevé au regard des dernières études, et demande à ce qu’elle soit abaissée
à 0,6 V/m.
En
Europe, comme par hasard, on recommande plutôt les normes élevées, comme en
France.
De
fait, les lobbyistes des opérateurs cherchent, comme c’est de plus en plus
souvent le cas, à intervenir dès le
début des processus normatif et législatif.
Car, comme le
dit l’une d’elles –qui a par ailleurs écrit un bouquin intitulé « Les
normes, instrument de la stratégie marketing des entreprises »- dans
un jargon marketing, «la participation aux travaux normatifs permet de
mettre en œuvre des stratégies pro-actives de management de l’environnement ».
Si pour beaucoup cela ne veut rien dire, précisons qu’il s’agit simplement de
participer aux groupes de travail organisés par les pouvoirs publics pour
élaborer les normes sanitaires, afin que celles-ci ne soient pas trop
contraignantes pour l’industrie.
C’est
un peu enfoncer une porte ouverte, mais en France Bouygues et Orange, via
France Telecom, sont suffisamment proches du pouvoir pour peser d’une manière
ou d’une autre sur certaines décisions. On l’a vu quand Sarko
s’est dit « réticent » pour faire venir un troisième opérateur,
ou quand il a consulté les opérateurs pour sa réforme d’Internet.
En
ce qui concerne les antennes relais, l’Académie de médecine a remis en cause
des jugements rendus peu avant qui avaient empêché
Bouygues et
SFR d’installer des antennes relais un peu partout. L’Académie
a ainsi estimé, en gros, qu’il ne
fallait pas exagérer avec le principe de précaution et que ces décisions nient « l'expertise
scientifique et ouvre donc la porte à des dérives ».
De
fait, on nous répète qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque les ondes
émises par les appareils sont en dessous des normes, en particulier les ondes
émises par les antennes relais. Lesdites normes, cependant, sont basées sur des
études qui commencent à dater. Et puis, on s’aperçoit rapidement qu’il y a de
très nombreuses normes en vigueur, ce qui pose question quant à la pertinence
des bases scientifiques utilisées par certains.
Les
intérêts en jeu sont importants, au vu de l’ampleur du marché du téléphone
portable, Wi-Fi, Bluetooth et autres, et il serait temps d’avoir des certitudes
sur les conséquences de la présence de toutes ces ondes. Une bonne idée serait
de limiter la portée des émissions et donc leur puissance, mais il faudrait
financer la recherche dans ce sens plus que ce n’est le cas actuellement.
Vidéos : interview de Marc Varcoutère au sujet des ondes TTM.
Scandale des ondes Type Telephonie Mobile1/7
envoyé par RegisDanse. - L'info internationale vidéo.
Scandale des Ondes Type Telephonie Mobile 2/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.
Scandales des Ondes de Type Téléphonie Mobile 3/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.
[1] Dans cette catégorie d’ondes, les scientifiques
incluent les ondes Wi-fi, Bluetooth, UMTS, DECT (les téléphones avec une base
fixe), WIMAX.
[2] Notamment le AS03 utilisé pour la première fois à
grande échelle par Glaxo Smith Kline, un mélange de squalène et de polysorbate
censé augmenter les effets du vaccin.
[3] C’est la
Wireless Technology Research
[4] La CTIA, International Association for the
Wireless Telecommunication Industry, “dedicated to expand the wireless
frontier”
[5] Alors qu’il n’y a aucun matériel scientifique ni
d’appareils de mesure des radiations adéquats de disponibles sur le sujet à
l’époque, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée.
[6] Il semble que cela soit surtout le cas lorsque les
fréquences sont très faibles, comme quand un portable est éteint, du moins chez
des rats où les chercheurs ont observé une augmentation de l’absorption
d’albumine par le cerveau. Or, cela augmente les risques
de maladies neuro dégénératives comme Alzheimer.
[7] "We
found that cell phone radiation caused leakage in the blood–brain barrier, it
caused genetic damage in the form of disruption of normal DNA repair, and it
caused more than a doubling of the risk of rare neuroepithelial tumors", a déclaré le Dr Carlo
[8] Troubles de l'apprentissage, de la concentration
et du comportement chez les enfants (enfants hyperactifs, par exemple), troubles de la tension artérielle, troubles
cardiaques, infarctus et accidents vasculaires cérébraux (A.V.C., apoplexie), maladies
à dégénérescence neurologique (maladie d'Alzheimer, par ex.) et épilepsies,
maladies cancéreuses telles des leucémies et des tumeurs du cerveau,
[9] Comme la CWTA, la Canadian
Wireless Telecommunications Association, qui a aussi rémunéré le président de
la branche canadienne de l’étude Interphone, Daniel Krewski. Ou encore le Mobile Manufacturers’ Forum et la GSM
Association.
[10] « There
is now evidence that high levels of peripheral amyloid beta are a risk factor
for AD and medium to high MF exposure can increase peripheral amyloid beta.
High brain levels of amyloid beta are also a risk factor for AD and medium to high MF exposure
to brain cells likely also increases these cells’production of amyloid
beta »
[11] L’expérience a été menée sur 18 mois, ce qui en faisait l’étude qui portait sur la plus longue durée, près de 15 ans après la diffusion à grande échelle des portables. Trois groupes de rats ont été exposés à différentes puissances d’ondes électromagnétiques deux heures par jour, et un autre groupe était témoin : « Un rat vit en moyenne 2 ans et demi, explique le chercheur. Cela signifie que j’ai exposé ces mammifères pendant 70 % de leur vie à des niveaux conformes aux standards internationaux en vigueur. Soit, une moyenne de 27 volts par mètre à raison de deux heures par jour, sept jours sur sept», expliquait Dirk Adang.
[12] L’Académie de médecine a ainsi considéré que les
premiers résultats de l’étude Interphone étaient « rassurants » parce
que six travaux différents ne montraient pas d’augmentation du risque de
certains cancers chez ceux qui ont utilisé un portable moins de 10 ans.
[13] Et a à ce titre coordonné différents travaux, dont l’étude COMOBIO qui n’est
pourtant pas
très en faveur des industriels ou le programme européen Perform B.
[14] International Commission on Non-Ionizing Radiation
protection, mise en place par l’Association internationale de radioprotection
pour
[15] Auteur en 2001
d’un rapport controversé par ses
collègues, concluant que les ondes TTM n’étaient pas nocives, mais qu’il
fallait continuer la recherche. Evidemment, il fut
médiatisé et les JT ont répété qu’ « il n’y a aucun danger avec les
antennes relais », mais qu’il faut utiliser une oreillette pour préserver
son cerveau.
[16] Mais on sait aujourd’hui qu’il y a un « choc
thermique », et une augmentation de la synthèse de protéines.
[17] Auteur
d’un rapport évidemment controversé
en 2001, qui
a conclu qu’on ne peut pas écarter d’éventuels risques sanitaires (« bien
qu’il y ait peu d’arguments scientifiques pour l’étayer, l’hypothèse d’effets
sanitaires non thermiques associés aux champs RF de faible niveau ne
peut être exclue »), mais que « non fondées scientifiquement, de
nouvelles valeurs limites d’exposition seraient arbitraires, illusoires, et
sans doute disparates selon les constructeurs ou les pays, accroissant la
confusion et les craintes du public ». Au final, il recommande aux
usagers des « mesures d’évitement prudent ».
[18] Créée par Bouygues,
SFR et Orange en 2002 pour défendre
leurs intérêts face aux institutions.
[19] Comité Européen de Normalisation.
[20] L’European Telecommunications Standards Institute
regroupant les industriels, qui élabore des normes pour les technologies de
l’information et de la communication. Parmi ses membres on
retrouve Cenelec, le CEm, Alcatel, Bouygues, Deutsche Telekom, Orange, Portugal
telecom, Sagem, Samsung, SFR, Siemens, Telefonica, Vodafone etc.
[21] et 6 V/m pour 1800 MHz
[22] A Bruxelles, seulement 8% des antennes relais
dépassaient encore 3 V/m.
17 février 2009
Des pots de vins aux juges pour remplir les prisons
Un entrefilet paru ce matin dans La Libre Belgique m'a légèrement choquée, même si on a l'habitude des magouilles judiciaires, surtout aux Etats-Unis. De quoi s'agit-il? De deux juges qui ont touché des pots-de-vins par une entreprise qui "exploite" les prisons de jeunes (et des autres), afin de remplir lesdites prisons. Il s’agit de la pire dérive liée à la privatisation du système pénitentiaire qui puisse exister. C’est ni plus ni moins que du trafic d’êtres humains. Nous vivons une époque formidable. Deux juges de Pensylvanie, Michaël Cohalan et Mark Ciavarella (qui a présidé le tribunal pour enfant du Durant la période où ont officié les deux juges pourris, 5.000 gamins de 13 à 18 ans ont été « jugés » coupables par nos deux compères. Selon le Juvenile Law Center, plus de 2.000 ont été envoyés en prison. Et parfois, pour des motifs qui laissent vraiment perplexes, comme ce cas cité par l’Express d’un gamin qui a été mis en taule pendant 9 mois pour avoir volé un flacon d’épices de noix de muscade d’une valeur de 4$. No comment. L’avocat de PA Child Care, Mark Sheppard, affirme quant à lui que son client a été victime d’extorsion de fond, et n’aurait jamais rien demandé aux deux juges. Ce qui, l’un dans l’autre, est possible aussi. Mais ce serait étonnant parce que les juges ont permis de passer un contrat pas du tout intéressant avec PA Child Care, d’un montant de 58 millions de dollars, et qu’ils auraient encore touché plus d’un million de dollars d’une entreprise de construction, Mericle Construction, pour l’extension de centres pénitentiaires dans le comté.
comté de Luzerne pendant 12 ans), viennent donc de plaider coupables et ont quitté la Cour. Ils auraient touché 2,6 millions de dollars pour mettre en prison, durant quatre ans, de 2003 à 2007, des jeunes qui n’auraient jamais du recevoir une telle sanction pour les actes qui leur étaient reprochés. En échange des cet argent, nos deux juges ont facilité le placement de jeunes pseudos délinquants dans des centres gérés par PA Child Care et Western PA Child Care, via des procédures inventées ad hoc et très efficaces.
L’an passé, un groupe d’avocats de Philadelphie (The Juvenile Law Center) a porté plainte au sujet du traitement infligé par le tribunal à une centaine de jeunes du comté de Luzerne où opèrent nos deux magistrats, et ont demandé l’annulation des décisions de justice les concernant. Certains de ces jeunes n’avaient même pas pu avoir un avocat (et on ne le leur avait pas proposé non plus même s’ils y avaient droit), et d’autres avaient été sanctionnés de manière disproportionnée. Cette semaine, les avocats remettent ça et vont déposer des plaintes pour des dizaines de parents qui ont appris le pot-aux-roses.
Histoire de bien sombrer dans le glauque, une avocate du Juvenile Law Center expliquait en outre que « les jeunes étaient des cibles faciles. Beaucoup d'entre eux n'avaient même pas d'avocats et quand ils demandaient un avocat commis d'office, on leur disait qu'il faudrait attendre des semaines ». C’est sûr qu’il est plus facile de traiter de cette manière des gens plutôt pauvres et peu instruits que les bourgeois du coin.
13 octobre 2008
Des médocs qui rendent dépressif ?
Depuis
quelque temps, des études tendent à montrer que certains antidépresseurs
prescrits régulièrement ont davantage tendance à augmenter les cas de
dépression chez les enfants et adolescents, qu’à les diminuer. Tandis que les
études menées par les labos, la connivence des médecins et chercheurs avec les labos ou les techniques "marketing" des mêmes labos, elles, commencent à être dénoncées. La FDA est
donc obligée d’enquêter.
En France, 15% de la population sont diagnostiqués comme étant "dépressifs", une proportion impressionnante si l'on se rappelle que les antidépresseurs datent seulement de 1957. La
seule revue médicale indépendante, Prescrire, publiait en juin un
article qui
relativisait largement l’efficacité de certains antidépresseurs prescrits
aux enfants comme aux adultes. Les risques pourraient même aller jusqu’au décès
dans 0,4 cas sur 100.000 avec une catégorie de ces médicaments, les « imipraminiques ».
D’autres seraient inefficaces… Conclusion : le rapport bénéfice/risques
est défavorable.
Des
traitements qui amènent davantage au suicide que des placebos
Mais
d’autres médicaments pourraient avoir les mêmes conséquences, comme des antiépileptiques :
« There was a statistically significant increased risk of suicidal
behavior and suicidal ideation in the patients randomized to receive an
antiepileptic drug compared to patients who received a placebo », a
dit la FDA (Food & Drug administration) en février.
Voici
un tableau qu’elle a publié dans le même communiqué, montrant les différences
de tendance au suicide entre ceux qui ont pris des placebos et ceux qui ont
pris les médicaments incriminés :
Relative Risk and Risk Difference for Suicidality According to Trial
Indication
|
Indication |
Placebo Patients with Events Per
1000 Patients |
Drug Patients with Events Per 1000
Patients |
Relative Risk: |
Risk Difference: |
|
Epilepsy |
1.0 |
3.5 |
3.6 |
2.5 |
|
Psychiatric |
5.2 |
8.3 |
1.6 |
3.1 |
|
Other |
0.8 |
2.0 |
2.3 |
1.1 |
|
Total |
2.2 |
4.3 |
2.0 |
2.1 |
Dans
la panoplie des médicaments qui donnent des
idées de suicide, on trouve encore le Prozac parmi d’autres
antidépresseurs, ou même un produit destiné à arrêter de fumer, un autre contre
l’incontinence... La FDA a donc diligemment
demandé aux labos de refaire quelques tests, un peu moins
bidons ceux-là.
Il
faut dire que grâce à un tout nouveau règlement, la FDA avait bloqué en 2007 un
médoc de Sanofi destiné à lutter contre l’obésité (le Rimonabant), soupçonné
lui aussi de coller des suicides. Puis c’est le même médoc, basé sur la même
molécule mais de chez Merck, qui est vilipendé.
Ainsi
la FDA a publié en 2007 une liste
d’antidépresseurs engendrant davantage de suicides que les placebos, ce qui
il faut bien le dire est quelque peu fâcheux pour des anti dépresseurs. Dedans,
donc, le Prozac, mais encore une trentaine de molécules différentes. Glaxo
SmithKline est poursuivi par une famille US depuis le mois dernier pour le
suicide en 2002 de leur fils de 16 ans traité au Paxil, un médicament sur
lequel pesaient déjà certains doutes. Manque de chance, c’est seulement en 2003
que la FDA a précisé qu’il valait mieux éviter de prescrire du Praxil aux
enfants et adolescents soi disant parce que l’efficacité sur eux n’était pas
prouvée, avant de parler clairement de risques en 2006. Quoi qu’il en soit, la
famille pense que le labo connaissait les risques nocifs au moins dès 2002.
Des
médicaments censés traiter les
troubles bipolaires augmenteraient eux aussi les risques de suicide, comme
l’ont montré différentes études du début des années 2000.
Est-ce
paradoxal ?
Si
en plus de tout cela, on prend en compte le fait que les antidépresseurs font
partie des médicaments pour
lesquels l’industrie pharmaceutique fait le plus de
publicité auprès des médecins, via les revues médicales financées par
l’industrie, ou encore via les « visiteurs
médicaux » (qui absorbent autant
de budget que la recherche et développement –R&D- dans la plupart des grandes
firmes pharmaceutiques, si bien qu’en France un généraliste reçoit en moyenne
330 « visites » par an), on relativise le phénomène. Et bientôt,
grâce à la « directive
médicament », même les patients auront droit de se faire
« visiter » par les labos pour bénéficier d’une sorte de coaching
afin de mieux suivre leur traitement.
Bref,
les techniques
de l’industrie pour influencer les médecins, le public ou les pouvoirs
publics sont nombreuses. A savoir : dans son ensemble, la publicité coûte
aux labos deux
fois plus que la recherche et développement. Ce qui permet de relativiser
l’argument selon lequel les médicaments sont chers en raison des coûts en
R&D…
Certains
articles vont même jusqu’à montrer comment lesdites firmes redéfinissent
certaines affections, élargissent
la définition de « la dépression », voire inventent des
« maladies », dans le but de vendre leurs poudres de perlimpinpin. Il
y a même un terme pour ça : on parle de « desease mangering »
pour qualifier cette propension de l’industrie à inventer une
maladie pour chaque nouveau médicament mis sur le marché. Les exemples sont nombreux
depuis les problèmes d’érection jusqu’au troubles
bipolaires pour lesquels l’industrie incite via des publicités télévisées à
consulter le « bipolar
help center », si jamais on est un peu excité ou si on a dans le
ventre un bébé un peu plus excité que la moyenne, car il convient évidemment de
traiter une telle « maladie ».
Et
puis si tout cela ne suffit pas, les firmes pharmaceutiques financent encore
les associations de patients, ou les créent. Elles créent aussi des tests de
dépistage elles-mêmes, utilisés par exemple lors de grandes « journées
nationales de dépistage de la dépression», ou lors des campagnes
de sensibilisation comme celle de l’année dernière en France, histoire que
tout un chacun se sente concerné par « la dépression », ne serait-ce
que par suggestion. Tout cela, bien sûr, en occultant les effets secondaires et
les risques de dépendance.
L’article
reprend un exemple révélateur de standardisation
mondiale des maladies mentales, cité par la journaliste Kathryn
Schultz : « l’expression dépression légère n’existait pas dans la
langue japonaise... jusqu’en 1999. Cette année-là, la compagnie Meiji Seika
Kaisha a commencé à promouvoir le Depromel (un ISRS). Selon le psychiatre
japonais Tooru Takahashi, la mélancolie, la sensibilité et la fragilité
n’étaient pas perçues comme des sentiments négatifs au Japon. « Pourquoi
aurions-nous cherché à soigner quelque chose qui ne nous semblait pas mauvais
au départ? ».
Si
la France est la championne
de la consommation de médicaments en général et de psychotropes
légaux en particulier (1 français sur 5 en consomme au moins une fois par
an), à tel point qu’on peut réellement parler d’une banalisation
de ces produits, est-ce parce que les français sont plus dépressifs que les
belges ou les allemands, ou parce que nos médecins sont surexposés à la
publicité des labos et ces médicaments –trop- bien remboursés ?
Un
journaliste du Guardian, Brendan Koerner, a
dégagé la méthode en huit étapes par laquelle les labos parviennent à nous
inventer des maladies uniquement pour vendre leurs médicaments :
- On met en
évidence une affection mineure dont pourrait souffrir un grand nombre de
personnes (le trouble dysphorique prémenstruel ou le trouble d’anxiété
généralisée, par ex.).
- Les
pharmaceutiques financent des recherches qui démontrent l’efficacité du
médicament.
- Sur la foi d’un
petit nombre d’essais cliniques, la FDA autorise la mise en marché du
médicament, qui a été testé uniquement contre des placebos.
- Dans des articles
pour la presse grand public ou la presse scientifique, des médecins
éminents (souvent rémunérés par des pharmaceutiques) mettent en évidence
la gravité et la prévalence de l’affection.
- On minimise les
effets indésirables du médicament, ou on ne les mentionne pas, dans les
annonces publicitaires ou dans les rapports de recherche.
- Les résultats
négatifs des essais cliniques ne sont ni publiés ni diffusés.
- On confie la
promotion du médicament dans les médias à de firmes de relations
publiques. Pour démontrer l’efficacité du médicament, on cite des
statistiques provenant d’études commanditées par le secteur privé.
- Afin de donner un
« visage humain » à cette nouvelle affection, on crée et on finance un
regroupement de personnes qui en souffrent. Leurs témoignages et leurs
commentaires seront largement diffusés dans les médias76.
En
1952, les professionnels de la maladie mentale de l’American Psychiatric Association (APA) créent
le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) qui
recense les maladies mentales. A l’époque, en 1952, lesdits professionnels
ont dénombré 60 pathologies différentes. En 1968, la deuxième édition en recense
145, toutes ou presque classifiées dans la névrose ou la psychose. Arrive la
troisième édition, en 1980, et ses 230 maladies mentales, et à partir de là on
considère que la maladie mentale est davantage d’origine biologique
qu’affective ou liée au vécu. Ca permet de trouver encore plein d’affections
différentes, si bien que la quatrième édition, en 1994, reconnaît 410 troubles
mentaux.
D’après
Wikipédia, cette dernière version a fait un nouveau tri dans ces
maladies :
- pathologies
psychiatriques caractérisées, troubles de développement mentaux et de
l'apprentissage, addictions et intoxications
- troubles de la
personnalité et retard mental
- pathologies
autres que psychiatriques ou neuropsychiatriques. On parle aussi
d'affections médicales générales
- fonctionnement
social et environnemental, impact des symptômes
- échelle de fonctionnement
global
Une
étude publiée en
2006, intitulée « Liens d'intérêts financiers entre comité d'experts du
DSM-IV et industrie pharmaceutique », révélait que parmi les 170
médecins ayant participé à la rédaction du DSM, 95, soit 56%, « présentaient
au moins un des onze types de liens financiers possibles avec une compagnie de
l’industrie pharmaceutique.
Dans 6 commissions sur 18, des liens avec
l’industrie pharmaceutique ont été trouvés chez plus de 80 % des membres.
Ces liens concernent 100 % des membres du groupe de travail
« Troubles de l’humeur » (n = 8) et du groupe « Schizophrénie et
désordres psychotiques » (n = 7)
[ces deux groupes de maladies étant ceux pour lesquels on prescrit le plus de
psychotrope, comme par hasard], ainsi que 81 % du groupe
« Troubles anxieux » (n = 16), 83 % du groupe « Troubles de
l’alimentation » (n = 6), 88 % du groupe « Troubles
kinesthésiques liés à la prise de médicaments » (n = 8) et 83 % du
groupe « Troubles dysphoriques prémenstruels » (n = 6). »
Et
sur les liens financiers : « Parmi les membres des panels ayant
des liens avec l’industrie pharmaceutique (n
= 95), 76 % avaient reçu
des subventions de recherche, 40 % des revenus comme consultants, 29 %
travaillaient dans la communication, et 25 % percevaient des honoraires
d’un autre type. Plus de la moitié des membres ayant un lien financier
présentaient plus d’un type de relation financière l’engageant auprès d’une
compagnie. Onze membres avaient 5 types de liens. »
Et
la direction actuellement en place pour le DMA V qui devrait sortir en 2012
n’est pas plus transparente : le magazine US News & World avait
décelé que « 19 membres sur 27
au moins ont des liens avec les compagnies pharmaceutiques ». Gageons
qu’une bonne centaine de maladies mentales seront encore ajoutées à
l’interminable liste du DMA. Une étude du New York Times de janvier 2008
montre que « les psychiatres touchent plus d’argent des laboratoires
pharmaceutiques que les médecins de n’importe quelle autre spécialité ».
Et comme par hasard, les psychotropes sont la 1ère source de dépense
pour le programme Medicaid, destiné aux pauvres.
Le
Figaro, qui reprenait aussi cette
étude, citait
un exemple concret parmi les dizaines possibles : « Assez
récemment, un jeune retraité d'un laboratoire pharmaceutique a expliqué à l'un
de nos interlocuteurs que le concept «d'attaques de panique», qui est classé
dans le DSM4, avait été spécifiquement élaboré par Donald Klein pour le
laboratoire Upjohn qui allait mettre sur le marché le médicament Xanax. ».
Aux Etats-Unis, les associations citoyennes, et enfin la FDA, commencent à soulever
le voile sur ces questions, en pointant les relations
« incestueuses » de l’American Psychiatric Association avec les
labos, dont une vingtaine ont investi en 2008 environ 30 millions de dollars
dans ladite APA.
Quelques
exemples (mais il y en a de nombreux autres dans le rapport), pour les
Etats-Unis, dans les groupes DSM puis au Congrès Mondial de psychiatrie :
- David Kupfer, Professor and Chair,
Department of Psychiatry, University of Pittsburgh School of Medicine, was a
member of the DSM-IV Task Force and is Chair of the DSM-V Task Force. He has
been a consultant to Eli Lilly & Co., Hoffman-LaRoche, Pfizer, Forest Labs
and Servier and also sat on the advisory boards of Eli Lilly & Co., Forest
Labs and Pfizer.
- Joseph Biederman, Chief of the
Clinical & Research Program in Pediatric Psychopharmacology, Massachusetts
General Hospital gave seminars at the APA convention on pediatric bipolar disorder
and ADHD, the latter funded by Ortho-McNeil Janssen Scientific Affairs.
Biederman has received research funds from 10 pharmaceutical companies,
including manufacturers of antipsychotic drugs prescribed for bipolar. He was a
member of the DSM-IV committee overseeing what infant, childhood and adolescent
disorders would be included. His labeling of children with “bipolar” has been
attributed to the increase in antipsychotic drug sales for pediatric use. In
2007, such promotion was blamed, in part, for the death of 4-year-old Rebecca
Riley fromMassachusetts. She died from
a prescribed cocktail of psychiatric drugs that included antipsychotics. Dr.
Lawrence Diller, a California behavioral
pediatrician, told The Boston Globe, “I find Biederman and his group to
be morally responsible in part. He didn't write the prescription, but he
provided all the, quote, scientific justification to address a public health
issue by drugging little kids.” The New York Times exposed how Biederman
earned $1.6 million in consulting fees from drug makers between 2000 and 2007
but did not report much of this income to Harvard University officials. In
2008, his financial conflicts of interest were the subject of a U.S.congressional
investigation.
- David Shaffer, Professor of
Child Psychiatry at Columbia University and Director, Division of Child
Psychiatry, New York State Psychiatric Institute, is part of a symposium
discussing “disorders of childhood: A DSM-V research agenda.” Shaffer was a
member of the DSM-IV Task Force and is responsible for inventing TeenScreen, a
subjective survey conducted on teens in schools to determine if they are
potentially suicidal. He admits there’s a potential 84% chance of wrongly
identifying students using his survey, potentially put them at risk of being
prescribed suicide-inducing antidepressants. Shaffer has served as an expert
witness for Hoffman la Roche and Wyeth. He was also a consultant to
GlaxoSmithKline on Paxil (paroxetine) and adolescent suicide and has been a
paid consultant for Pfizer, another antidepressant maker.
- S. Charles Schulz, Professor and
head of the Department of Psychiatry,University of
Minnesota Medical School Minneapolis, Minnesota, was a DSM-IV
project participant. His industry-supported seminar about “medication treatment
for youth” was funded by AstraZeneca, the manufacturer of the antipsychotic
Seroquel. The company has faced multiple suits alleging that it downplayed the
risk of diabetes with the drug. Schulz has been a consultant for AstraZeneca
and Eli Lilly & Co. and has received grants from them, Abbott Laboratories
and Janssen Pharmaceutica.
Présents au Congrès mondial de la psychiatrie:
- Dilip V. Jeste, APA Trustee
and Member of the DSM-V Task Force is a consultant to
Bristol-Myers Squibb, Lilly, Janssen, Solvay/Wyeth and Otsuka; honoraria from
Bristol-Myers Squibb, Janssen and Otsuka; received “supplemental support to
NIMH-funded grants” from Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, and
Janssen in the form of donated medication for the study, “Metabolic Effects of
Newer Antipsychotics in Older Patients.” Jeste’s 2008 APA disclosure for the
DSM-V Task Force stated he received honorarium from Abbott, AstraZeneca and
Pfizer-Eisai. He also received
consulting fees from four pharmaceutical companies.
- Jan Fawcett, Professor of
Psychiatry, Chair, Mood Disorders Work Group Member, DSM-V Task Force.
He has received grants and research support from Abbott, Bristol-Myers Squibb,
GlaxoSmithKline, Eli Lilly, Organon, Pfizer, SmithKline Beecham, Wyeth-Ayerst,
and Zeneca; was a consultant to Abbott, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, EM
Industries, Forest Laboratories, Glaxo Wellcome, Pfizer, Pharmacia-Upjohn, and
SmithKline Beecham; was a member of speakers’ bureaus sponsored by Abbott,
Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Pfizer/Roerig, Pharmacia-Upjohn, SmithKline
Beecham and Wyeth-Ayerst.
- Nada Stotland, former APA
President who serves on the Board of the pharmaceutical company that funds the
U.S. National Mental Health Association (NMHA) that received over $2 million in
pharmaceutical company funding in one year alone. Stotland is on the speakers’
bureau for Pfizer and GlaxoSmithKline, both makers of antidepressants. In a
published article in 2008, Stotland said that “black box” warnings about
psychiatric drug risks, that include antidepressants, are “unwarranted.”
Etc.
Evidemment,
les revues dites “scientifiques” sont elles aussi noyautées
par l’industrie pharmaceutique, qui les subventionne allègrement ainsi que
les chercheurs qui y sont publiés.
A
tous les niveaux, la décision en matière de santé est influencée voire
totalement contrôlée par l’industrie pharmaceutique. De la FDA à l’AFSSA, en
passant par la Commission européenne, les médecins et désormais les patients,
chaque maillon de la chaîne ne fait qu’obéir à des principes purement
mercantiles, imposés par l’industrie.
On sera donc moins étonné de voir l’augmentation exponentielle du nombre de « maladies mentales » qu’il convient, évidemment, de traiter avec des « médicaments ». Et encore, les auteurs de l’étude précisent qu’ils n’avaient pas les moyens de vérifier la totalité des liens entre ces médecins et les labos.
08 avril 2008
Les lobbies, instrument de la démocratie?
L’Europe
traverse une grave crise de légitimité démocratique, pendant ce temps-là on
nous présente les lobbies comme un atout démocratique, justement. Les lobbies
contribueraient à renforcer la démocratie européenne en informant les citoyens
sur les sujets chauds à Bruxelles. Hélas, il ne s’agit là que d’un mensonge
éhonté, qui se base sur l’ignorance qu’ont les citoyens des rouages bruxellois.
Les lobbies, répétons-le, ne travaillent pas pour l’intérêt général, mais pour
des intérêts particuliers.
« Le
lobbying a un rôle démocratique en Europe ».
Voilà
la soupe qu’on nous
sert actuellement, alors que nous sommes bien obligés de constater les failles
du processus démocratique
européen. Il y a plein de formes de lobbying à
Bruxelles : les syndicats, les régions, mais surtout les multinationales.
Leur but n’est pas de démocratiser l’Europe mais de peser sur les
décisions politiques afin qu’elles leur soient favorables. Les exemples
montrant que le poids des lobbies a joué contre l’intérêt général sont
innombrables (voir infra), et le processus toujours le même : la
fourniture de « rapports » et d’ « expertises » aux
institutions concernées.
«
Les groupes d’intérêt jouent un rôle de relais de diffusion, au niveau
national, d’un certain type d’informations sur l’Europe. Ils agissent certes
selon des logiques différentes, à destination de publics cibles, en mobilisant
une multiplicité de méthodes et stratégies de communication (et la
« communication » n’a rien à voir avec l’information, ce n’est pas
pour rien qu’il y a la section « info » et la section
« com » dans facs), mais opèrent tous une sélection, souvent à
travers un cadrage national ad hoc, de l’information sur l’Europe (et apparemment
c’est vraiment génial que les lobbies sélectionnent les infos qu’ils
fournissent aux citoyens, qui seraient probablement mieux informés avec une
info relativement objective). En ce sens, ils assurent une médiation
partielle de l’information produite massivement par la « machine
communautaire » pour l’adapter à leurs publics. Il n’en
demeure pas moins que, en dépit de leurs stratégies propres de communication et
du rapport instrumental qu’ils ont à l’information, ces relais nationaux
sectoriels jouent un rôle positif dans la sensibilisation des publics aux
questions européennes, en particulier par l’éclairage expert qu’ils apportent
sur ces dernières. Ils semblent ainsi participer de l’éveil d’une
« conscience européenne » »
Mais
c’est vraiment magnifique ! Les lobbies, comme par hasard, présentent
l’Europe (via une sélection des « informations ») de la manière qui
convient le mieux pour vendre cette même Europe, selon les critères des
européens convaincus. Alors de deux choses l’une : soit l’Europe telle qu’elle est convient
réellement à ces lobbies, et ils la promeuvent parce qu’elle leur est
favorable ; soit –mais on n’ose l’envisager- les lobbies et les intérêts
qu’ils représentent font une active propagande auprès de l’opinion pour qu’elle
adhère à l’idée de l’Europe qu’on lui vend, et ne cherche pas à comprendre ce
qu’est réellement l’Europe ni comment elle fonctionne.
Quoi
qu’il en soit, les canaux de cette « information » sur l’Europe sont
bien rôdés, puisque les médias reprennent complaisamment leurs communiqués de
presse. On nous cite même en exemple le Medef, qui « forme » ses
adhérents sur les questions européennes. Sur le site de la Chambre de Commerce
et d’Industrie de Paris, on a même la diligence de nous fournir un guide
intitulé « Réflexes
et atouts du lobbyiste européen. Mémento des démarches à suivre », où
l’on peut lire comme 1ere recommandation de « démystifier le lobbying
et comprendre qu’il s’agit d’un outil démocratique ». Etrangement, on
retrouve le même argument que celui de nos spécialistes en sciences politiques,
qui ont manifestement fait leur le credo des lobbyistes.
Une
autre
spécialiste nous explique la « place
centrale » de l’ « expertise » des groupes d’intérêt
(= lobbies) pour « l’efficacité du système politique communautaire ».
Déjà, en parlant d’ « expertise », on frôle la désinformation. Les
cabinets de lobbying sont certes « experts » dans leurs domaines,
mais les rapports qu’ils fournissent à la commission sont évidemment
complètement orientés, car c’est bien là leur raison d’être. Il est vrai qu’aujourd’hui
on nous sort des « experts » et autres « spécialistes »,
comme un étendard justifiant tout et n’importe quoi, de la guerre en Irak aux
OGM. S’il y a controverse « attention : expert ! », devient
argument d’autorité. Par qui ledit expert est financé, pourquoi a-t-on fait
appel à lui, tout cela n’est que détail.
L’auteure
explique que la Commission est souvent dans « l’incertitude » par
rapport aux dossiers qu’elle traite, et que fort heureusement les
« experts » sont là pour fournir foison de rapports et d’informations
tout à fait objectives.
Elle
cite l’exemple du nucléaire, parfaitement révélateur de la manière dont les
choses se passent. Les étapes sont toujours les mêmes :
- la Commission
décide de s’informer sur la question, et forme au début des années 90 une
cellule (NUSAC) d’experts externes et européens sur la question de la
coordination de la sécurité nucléaire.
- les entreprises
et industries nucléaires européennes, comme par hasard, sont déjà
regroupées dans le Twinning Programme Engineering Group (TPEG, avec dedans
EDF, la belge TRACTEBEL et italienne ENEL, l’espagnole DTN, la britannique
MAGNOX, la suédoise Vattenfall, la néerlandaise GKN, la finlandaise
IVO/TVO, et l’association VGB, représentant en particulier l’entreprise
allemande RW, mais il y en a d’autres comme le TSOG…), et travaillent déjà
régulièrement sur le sujet avec la Commission.
- la commission
commande des « études techniques » au TPEG, et les premières
sont carrément faites par les entreprises (mais pour toutes les réformes, y
compris celle du marché du travail ou des retraites, c’est le même
système)
- En 1993, la
Commission –après avoir bien lu les « expertises » des
entreprises du secteur- élabore son
« plan directeur » (c’est souvent un Livre Vert), « préparé
suite à un rapport technique fourni par le TPEG », dixit
l’auteure pro lobbies. Comme par hasard, la Commission conclut que la
fermeture des réacteurs les moins sûrs serait «économiquement
difficile » car on dépend trop du nucléaire. (on aurait pu y penser
avant, mais les experts ont du dire que y’avait le temps).
Après,
le processus législatif ou réglementaire est lancé.
Et
puis, il faut à ce stade comprendre ce qu’est la technique dite
« du tourniquet » : un attaché parlementaire à Bruxelles,
par exemple,
travaillera 2 ou 3 ans à ce poste, puis passera dans un cabinet de
lobbying, puis redeviendra fonctionnaire, ce qui lui permettra de faire passer
les revendications des lobbies avec lesquels il a travaillé. Cette technique,
comme le lobbying en lui-même, nous vient des Etats-Unis, où c’est chose
classique qu’un administrateur de multinationale ait des responsabilités au
sein du gouvernement, par exemple. Souvent, là-bas, il n’y a d’ailleurs même
plus de tourniquet : ils occupent les deux types de fonctions en même
temps.
Il
est hélas un constat réel dans tout cela, corroboré
par Florence Autret, journaliste très calée sur le lobbying et l’Europe :
« la Commission a éminemment besoin des lobbies, au point de les
solliciter, voire de les susciter. ». La même explique que les
consultations de la société civile par la Commission ne sont qu’un
« vernis démocratique », car l’influence prépondérante n’est pas
détenue par les citoyens mais par les « experts » qui défendent des
intérêts particuliers.
Il
faut admettre aussi, hélas, que les lobbies sont parfaitement institutionnalisés
au sein de l’Europe, au point qu’ils décident eux-mêmes de se doter (ou non)
d’un code d’éthique, absolument pas contraignant faut-il le préciser ? On
en est même, en France, à estimer que nous avons un gros retard sur
le lobbying à Bruxelles, même si nos parlementaires considèrent qu’il y a
depuis quelque temps « un
léger mieux ». Car effectivement, à ce jeu-là on ne peut pas avoir
moins d’influence que les autres. C’est donc lobby contre lobby, et alliances
de lobbies en fonction des thèmes sensibles, à Bruxelles. Attac Bruxelles
évoque d’ailleurs une « gouvernance des experts », qui n’a rien à
envier à la bureaucratie soviétique.
Quand
on sait, pour ne prendre qu’un exemple évocateur, que l’AIEA (Agence
Internationale de l’Energie Atomique, qui a pour but de défendre le nucléaire
et a de nombreux « experts » proches des industries nucléaires qui
font des rapports très objectifs), empêche toutes
les études sérieuses sur les conséquences de
Tchernobyl, on relativise l’objectivité des informations véhiculées par les
groupes d’intérêts. Mais ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres.
Quelques
exemples de lobbying à Bruxelles :
- sur
le projet
REACH destiné à limiter
les produits chimiques dangereux en Europe.
- sur
les retraites
- sur
les émissions de CO2
- sur
la transparence
du lobbying
à Bruxelles
- sur
les médicaments génériques




