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Politique mondiale, questions économiques et sociales, géopolitique

12 novembre 2009

Libre commerce : la Commission bosse (encore) pour les multinationales

free_tradeCe n’est pas un scoop, la Commission européenne, cet organe très démocratique, collabore étroitement avec les multinationales. Le Corporate Europe Observatory, qui tente d'informer sur les dérives du lobbying à Bruxelles et son impact sur la politique menée, pointe cette fois-ci le travail de groupe de l'ex commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avec Business Europe1, le lobby des multinationales pour faire triompher le libéralisme.


Cette collaboration s'inscrit dans le cadre de la "stratégie" Global Europe: competing in the world, censée relancer la "stratégie de Lisbonne". Or, ladite stratégie ‘Global Europe’ est particulièrement favorable aux multinationales : il s’agit, n’est-ce-pas, d’ « ouvrir », en concertation avec les entreprises, le commerce au maximum, c’est-à-dire éliminer un maximum de ces affreuses « barrières commerciales »2] qui menacent la prospérité des actionnaires.

Alors, la Direction Générale du Commerce de la Commission européenne (DG Commerce) va chercher à lancer toute une série de nouveaux traités de libre échange régionaux et bilatéraux, de réviser le marché commun, d’avoir le meilleur accès possible au marché et aux ressources des autres pays, en gros : on libéralise à fond. Mais, chez les autres, surtout. D’ailleurs, ça plaît tellement aux multis européennes qu’elles pondent, en octobre 2008, un rapport quasi identique, comme si celui de la DG était un brouillon : Going Global – The way forward.

Voici quelques super mesures du Global Europe :

- il faudrait qu’avant de voter une nouvelle loi ou norme quelconque on évalue son impact sur la compétitivité FreeSpeechCartoon_600internationale des entreprises européennes. Génial : au cas où il restait un peu de droits sociaux, ils feront partie du passé. Par exemple, on regardera si la création d’un salaire minimum européen peut nuire à la compétitivité des entreprises. Idem en matière sociale, ou d’éducation…

- avant chaque mesure, il faudrait regarder ce qui se fait en la matière un peu partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis afin d’établir une « convergence réglementaire ».

- on veut aussi lutter contre les restrictions à l’accès aux ressources naturelles pour les entreprises européennes. Un pays qui veut préserver son écosystème ou conserver des terres pour les populations indiennes, comme cela se fait beaucoup en Amérique Latine, n’y arrivera plus. Dans un texte de la commission, dans la version anglaise seulement: « Unless they are justified by security or environmental reasons (e.g. sustainable management of natural resources, the Basel Convention on exports of dangerous waste, the Montreal Protocol on substances which deplete the ozone layer, or unilateral export bans for dangerous products that are banned in the territory of a country), all restrictions on access to resources should be eliminated. It is also essential to ensure access to networks, in particular energy3]. Exactement ce que disait l’UNICE en 2006.

- on veut aussi, comme le demandent beaucoup de multinationales (et comme le font les Etats-Unis), multiplier les traités de libre commerce et les accords bilatéraux, surtout avec les économies en plein boom comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Asie du Sud Est.

Ce projet Global Europe remonte à 2005, quand Barrosso se met en tête de faire rattraper à l’Europe son « retard » de compétitivité par rapport aux Etats-Unis.

La DG Commerce de la Commission lance donc une consultation auprès de la société civile, et ajoute les remarques émises par les entreprises, et elle envoie le tout à Business Europe, qui se dit très satisfaite.

Et puis, histoire d’être sûrs que le sujet devienne incontournable ça s’enclenche. Voici le programme rien que pour la fin 2006 :

  • Septembre      2006 :      communication de la Commission sur les aspects extérieurs de la      compétitivité

  • Septembre      2006 :      règlement de la Commission établissant un instrument d'action contre les      pratiques restrictives sur les marchés publics des pays      tiers (instrument consacré aux marchés publics extérieurs)

  • Octobre      2006 :      communication de la Commission sur une stratégie révisée pour l'accès au      marché

  • Novembre      2006 :      communication de la Commission sur les outils de défense du commerce

  • Novembre      2006 :      communication de la Commission sur le commerce et les relations      d'investissement entre l'UE et la Chine

Et ainsi de suite…

642Mais à côté de toutes ces gesticulations officielles, les différents lobbies des entreprises européennes, dont Business Europe4], ont multiplié les réunions avec Mandelson et ses collègues de la DG. Pour ces discussions, Business Europe s’est alliée avec d’autres groupes d’intérêts comme l’ European Services Forum (ESF), crée en 1995 par l’ex commissaire européen au Commerce, Léon Brittan et le secrétaire d’Etat US au commerce, Ron Brown.

Le 28 octobre 2008, Business Europe se saisit carrément du sujet et organise sa conférence de presse … à la DG du Commerce. Accessoirement, les partenaires du raout étaient des boîtes comme BASF, Arcelor, Exxon, Rio Tinto, IBM, Caterpillar, Solvay L’objet était d’évaluer les premières années de Global Europe grâce à des intervenants tels que l’ultra libéral commissaire à l’Industrie Günter Verheugen, celui au Développement, le libéral Belge Louis Michel, celui du Commerce Extérieur, David O’Sullivan, celle du Commerce européen, Catherine Ashton, ou encore le commissaire à l’Education, Jan Figel. Mais on avait aussi John Monks, le président de la confédération européenne des syndicats (CES) ou la directrice de l’organisation européenne des consommateurs, au milieu de hauts cadres de multinationales. Que du beau linge, dans un curieux mélange des genres.

Et puis, Business Europe & Co ont eu un œil sur la mise en place de la stratégie. Le lobbie avait ainsi accès à des informations sur les traités bilatéraux en cours de négociation, alors que les autres groupes d’intérêt comme par exemple les syndicats n’ont pas ces faveurs.

Il y a ainsi eu des réunions entre des représentants de Business Europe et Gunter Verheugen ou David O’Sullivan en juillet 2007, pour discuter « des relations transatlantiques, de l’OMC et des relations bilatérales avec la Chine et la Russie », d’après le lobbie lui-même. Parce que tout cela est normal, bien sûr.

Et pour mieux anéantir les « barrières au commerce », on a même mis sur place un truc qui s’appelle Comité Assesseur de24168763jpg_d930_41436 l’Accès aux Marchés, dans le but de favoriser la coopération entre la Commission, les Etats membres ou les entreprises. Il se réunit chaque mois et on y discute de comment faire tomber les affreuses « barrières au commerce ».

Le commerce n’est hélas pas le seul domaine dans lequel la Commission et les multinationales travaillent la main dans la main. C’est comme ça pour à peu près toutes les matières dans lesquelles intervient la commission. A force, ça pourrait même avoir l’air normal… Sauf que les intérêts des multinationales et de la population ne sont pas les mêmes, bien au contraire, et que la Commission est loin de se préoccuper autant de l’avis européens que de celui des multinationales, ce qui crée un énorme déséquilibre.


[1] Ex UNICE, qui regroupe des fédérations patronales nationales, comme la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), la CEOE (Confédération des Employeurs Espagnols), le MEDEF, la CBI (Confederation of British Industry), la Confindustria italienne et tant d’autres, y compris la Turkish Industrialists' and Businessmen's Association (TÜSIAD). Depuis 2005, le président est Ernest Antoine Sellière, l’ex patron du Medef.

[2]C’est-à-dire, dans leur jargon, les acquis sociaux et les normes environnementales, par exemple, qu’on appelle les « barrières non tarifaires ».

[3] cf. la Commission européenne dans une communication au Conseil, au Parlement, au Comité Economique et social européen et au comité des régions : « Bien qu’elles soient justifiées par la sécurité ou des considérations environnementales (gestion durable des ressources, convention de Bâle sur l’exportation de produits toxiques…) toutes les restrictions à l’accès aux ressources doit être éliminé. C’est également essentiel pour assurer l’accès aux réseaux en particulier l’énergie. »

[4] Qui aurait eu au moins sept réunions avec la DG et/ou Mandelson autour du projet « Global Europe » entre février 2005 et octobre 2006. Et cela, en plus des autres réunions portant sur d’autres sujets. En 2007, Business Europe aurait aussi reçu de la Commission une subvention de 749.675 € en 2007.

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20 octobre 2009

Si si, les portables ont un impact sur la santé


On commence à parler des risques dans antennes de téléphonie mobile sur la santé, après plus de 20 ans d’utilisation. Introduit vers 1984, le portable fonctionne comme la télévision ou les Wi-Fi, avec des ondes appelées ondes de Type Téléphone Mobile, dont on n’a que très peu évoqué les risques pour l’organisme malgré des études relativement nombreuses montrant que ces ondes ont un impact négatif sur la santé des animaux et des humains. Mais à force de lobbying et d’études financées par l’industrie, les autorités ont longtemps pu occulter ces risques.

 

Je reposte en bas de cet article une vidéo (ou plutôt une bande son) du médecin homéopathe Marc Vercoutère, 916915_1133645qui s’exprime cette fois au sujet des ondes de Type Téléphone Mobile (TTM1]), racontant au passage le développement de certaines pathologies depuis que les portables sont partout, ainsi que les manipulations « scientifiques » destinées à dissimuler les risques et autres faits de lobbying, par exemple…

 

On sait, ou on se doute tous qu’être traversé à longueur de temps par des ondes de toutes fréquences risque de causer quelques problèmes sur des organismes d’un équilibre aussi fragile que le corps humain. Une expression est même née pour désigner cela : la pollution électromagnétique.

 

Même un simple écran d’ordinateur ou de télévision émet suffisamment d’ondes (des radiation électro magnétiques pulsées, très précisément) pour faire diminuer les défenses immunitaires et influencer l’humeur (agressivité, troubles du sommeil, manque de concentration par exemple).

Par exemple, la sclérose en plaques interroge beaucoup les médecins : on pensait que cette maladie était provoquée par un virus, mais on s’aperçoit petit à petit depuis une quarantaine d’années que les ondes électromagnétiques la favorisent, tout comme certains produits toxiques utilisés dans les vaccins (depuis la campagne de vaccination contre l’hépatite B, le nombre de scléroses en plaques est passé de 20.000 à 80.000, en l’espace de deux ans seulement). De fait, c’est une maladie qui n’existe presque pas dans les pays sous développés, mais qui augmente fortement dans les pays industrialisés.

Des syndicats d’infirmières en France, en Angleterre ou à Hong Kong attirent l’attention des gens sur le rapport bénéfice risques du vaccin H1N1, dans la mesure où le risque de sclérose en plaques (et de syndrome du Guillain Barré) est réel à cause des adjuvants[2] utilisés dans ces vaccins. Des médecins, comme le docteur Maschi, dénoncent également les risques et l’absence d’études sur ces mêmes risques. Faut-il préciser que, comme Vercoutère, Maschi a été radié de l’ordre des médecins non pas en raison d’une faute mais en raison de sa dissidence par rapport à l’orthodoxie médicale.

 

commentaireQuelques infos passées – presque - inaperçues (ou quand les études scientifiques se suivent et ne se ressemblent pas)

 

C’est seulement à partir de 1993 avec le procès intenté par David Reynard pour le cancer du cerveau de sa femme, qu’on a commencé à s’inquiéter des risques sanitaires liés à l’utilisation du portable. Reynard poursuit donc l’industrie du GSM pour le décès de sa femme, qui aurait selon lui eu un cancer à cause d’une utilisation intensive de son téléphone portable. L’affaire est médiatisée et les utilisateurs commencent à se poser des questions (d’autant plus qu’on s’aperçoit avec stupeur qu’aucune étude n’a été réalisée sur le long terme pour voir s’il y avait des risques sur la santé). Mais au final, comme souvent, le tribunal a conclu par un non lieu à cause du manque de preuves scientifiques.

La réaction de l’industrie a été de faire passer ses scientifiques dans les médias afin de répéter qu’on peut utiliser son portable sans aucun risque, et de financer à hauteur de 28 millions de dollars une étude sur cinq ans[3], menée par le Dr Carlo. D’après le patron du syndicat du portable US[4], Tom Wheeler, c’était surtout pour « rassurer » les utilisateurs et « balayer » les « accusations non prouvées » des études critiques. Pas de bol, elle montre[5] que le portable entraîne une « rupture de la barrière sang-cerveau »[6] (qui empêche certains éléments comme les protéines d’entrer dans le cerveau et de l’endommager), « des dommages génétiques »[7], et que le risque de tumeur du cerveau est doublé. Au bout de six ans, ils s’aperçoivent que son utilisation augmente également le risque de tumeur neuro-acoustique (une tumeur bénigne du nerf acoustique).

 

Dès 2000, une étude menée par Madeleine Bastide de l’université de Montpellier prouve la nocivité des ondes TTM sur des embryons de poulet. Le groupe de poulets exposé aux ondes de téléphone portable (plus puissantes à l’époque qu’aujourd’hui il est vrai) en communication permanente, 24h sur 24, durant les 23 jours de vie d’un embryon, avait une mortalité six fois plus importante que le groupe témoin qui n’a pas été exposé à ces ondes : 6 embryons exposés sur 10 sont morts, contre 1 sur 10 pour les autres. L’étude a aussi montré la nocivité des très basses fréquences qu’on estimait jusque là inoffensives. 75% des embryons exposés seulement à ces très basses fréquences sont morts. Cela prouve simplement que les ondes TTM ont une influence sur les organismes vivants. Sur des souris, organismes beaucoup plus évolués et plus proches des humains, une exposition par périodes de 15 jours aux très basses fréquences a induit une diminution de 60% de la production d’ACTH, une hormone qui régule le stress. Conclusion : les ondes TTM ont un impact sur la régulation du stress des souris, via une action sur la production des hormones ACTH. L’industrie du téléphone locale, Bouygues en tête, a remis en cause la méthodologie et financé une nouvelle étude avec l’INRA, qui a donné les mêmes résultats.

Toutes ces études ont d’ailleurs amené la DGCCRF à réviser en 2003 son avis quant aux ondes TTM.

Des médecins allemands lancent en 2002 l’appel de Fribourg, après avoir remarqué la forte augmentation de tout un tas de symptômes[8] chez leurs patients, et ont repéré quasi systématiquement la présence d’antennes relais ou une utilisation importante du portable. A l’apparition d‘antennes relais, ces médecins ont constaté « une accumulation frappante de certaines maladies dans des quartiers ou des immeubles », et que « l'état du patient s'améliore ou les troubles qui ont duré des mois disparaissent en relativement peu de temps après la réduction ou l'élimination des ondes radio à proximité du patient ». Ils ajoutent dans cet appel : « Nous voyons un nombre croissant de malades chroniques, dû également à une politique irresponsable en ce qui concerne les valeurs limites, qui – au lieu de tenir compte dans son action, de la protection de la population à court et à long terme contre les effets des rayonnements de téléphonie mobile cellulaire – se soumet aux injonctions d'une technologie reconnue comme dangereuse depuis longtemps déjà ». Et de dénoncer les études mises en exergue par les pouvoirs publics, souvent financées par l’industrie.


En 2005, le Dr Adlkofer qui a mené l’étude Reflex sur les ondes TTM, écrit à l’International Commission for02085062 Non-Ionising Radiation Protection (ICNIRP, l’organisme chargé de fixer les seuils d’exposition à ces ondes) que celui-ci a pris un temps « irresponsable » pour diffuser les résultats de ses travaux « dans la mesure où ceux-ci ne sont pas en conformité avec leur opinion générale ». Travaux qui concluent que « les champs électromagnétiques (CEM) tant de basses et que de hautes fréquences peuvent non seulement altérer la fonction des gènes, mais également dans certains cas endommager des gènes, dans certains – mais évidemment pas dans tous – systèmes cellulaires humains isolés » ce qui veut dire provoquer des cancers. Adlkofer en vient donc logiquement à demander à « prendre le principe de précaution plus au sérieux que ce qui est fait aujourd’hui par les responsables politiques et industriels ».

 

Les premiers résultats de la grande étude Interphone lancée par l’OMS en 2000 sortent fin 2007, et montrent un risque de tumeur du cerveau, du côté où on met le portable, augmenté par l’exposition prolongée aux ondes des téléphones mobiles. Menée dans 13 pays durant 3 ans, mais à moitié financée par l’industrie du téléphone mobile[9], l’étude s’est penchée sur l’évolution de différents types de cancers. Les résultats définitifs, attendus pour novembre 2008, se font toujours attendre, mais comme le gouvernement prépare le terrain en évoquant les risques pour les enfants, il est possible que cette étude finisse par être publiée prochainement (les résultats partiels sont désormais indisponibles sur le net). Mais récemment, l’info comme quoi le téléphone portable protègerait de certaines tumeurs a commencé à circuler, ainsi qu’une autre, selon laquelle les usagers depuis plus de 10 ans ont plus souvent certains cancers.

 

Toujours en 2007, le Bioinitiative Report fait le point sur 1.500 études publiées au sujet des ondes TTM. Ces études montrent que l’exposition à ces ondes a un impact sur l’ADN, sur la création de protéines de stress, sur les fonctions immunitaires, sur la neurologie et le comportement, sur certaines tumeurs du cerveau, sur certaines leucémies touchant les enfants, sur la maladie d’Alzheimer et le cancer du sein, sur la production de mélatonine (une hormone qui régule les rythmes biologiques)…

Prenons par exemple les leucémies qu’on trouve fréquemment chez les enfants de 2 à 5 ans, une maladie qui a fortement augmenté ces dernières années et qui est beaucoup plus rare dans les pays en développement. L’étude dit qu’il y a « une augmentation continue des risques [de contracter une de ces leucémies] avec l’augmentation des niveaux d’exposition aux champs magnétiques ».

lacombe160608bLa conclusion d’une étude du Dr Davanipour portant sur le lien entre l’exposition aux ondes TTM et le développement notamment de la maladie d’Alzheimer est claire elle aussi : « Il y a désormais une évidence que de hauts niveaux d’amyolide bêta périphériques sont un facteur de risque pour Alzheimer et une exposition moyenne a élevée peut augmenter ces amyolides bêta périphériques [10]». On pourrait continuer ainsi pour toutes les pathologies passées en revue dans l’étude du Bionitiative Report.

 

En 2008, l’Université Catholique de Louvain, pourtant largement financée par des multinationales, publie une étude[11] qui montre une mortalité deux fois plus élevée chez les rats exposés aux ondes électromagnétiques dégagées par les téléphones portables et les Wi-fi. L’hypothèse avancée par le docteur Dirk Adang qui menait les travaux était un dérèglement du système immunitaire. La même étude montre que tous les êtres vivants exposés à ces ondes voient leur taux de différents globules blancs augmenter, ce qui montre une agression du système immunitaire. Etrangement, on a beaucoup parlé de cette étude en juin 2008 alors que moins de 20 rats sur 124 avaient été autopsiés, et depuis plus rien. Même les tomates sont stressées par les téléphones portables dès les 10 premières minutes d’exposition, d’après une autre étude menée à Clermont Ferrand.

 

Un recueil d’études reprend les résultats de travaux menés par l’industrie ainsi que d’autres menés par des chercheurs indépendants. Evidemment les résultats varient considérablement. On y conclut ainsi que « les études indépendantes de l’industrie montrent de manière consistante qu’il y a un risque « significatif » de tumeurs du cerveau lié à l’utilisation du portable » ou que les limites de l’exposition aux champs électromagnétiques admises par l’industrie et utilisées par les gouvernements sont basées sur le présupposé erroné selon lequel les radiations électromagnétiques des téléphones n’ont pas d’effets biologiques.

Une autre étude du Dr Henry Lay explique que « les études sur l’exposition aux fréquences électromagnétiques financées par l’industrie ont trouvé des effets liés à l’expositions à ces ondes électromagnétiques dans 28% des cas, et les études indépendantes en ont trouvé dans 63% des cas ». De fait, son étude a été critiquée largement par Motorola, qui a financé sa propre étude, en changeant quelques paramètres, pour contredire la sienne.

Mais, de manière surprenante, il affirme que les études Interphone montrent que si on utilise le potable moins de 10 ans, ça protège l’utilisateur des tumeurs du cerveau.

 

On constate que les études pointant les dangers des ondes TTM existent, bien qu’elles ne soient pas, la plupart du temps, réalisées sur la durée faute de crédits. En effet, dès que des résultats peu favorables pour l’industrie sont publiés, les universités qui mènent ces recherches voient leurs crédits annulés ou fortement diminués. Aujourd’hui, on ne manque pas d’études et de données scientifiques sur ces ondes TTM. Normal : quand une étude défavorable sort, l’industrie en finance une autre plus agréable. Du coup, les pouvoirs publics, sous l’influence des lobbies, ne font rien ou si peu.

On a prouvé maintes choses, comme les conséquences des ondes TTM sur le système immunitaire, ils augmentent les risques de cancer, ont un impact sur l’ADN et les neurones, sur le taux de mercure etc. Mais, disent les autorités et l’industrie en chœur, on n’a pas prouvé d’incidences sur la santé car de nombreuses études n’en ont pas trouvé.

 

 

272633Quand l’industrie fait sa loi

 

Le plus cynique dans tout cela, c’est l’acharnement avec lequel les autorités continuent à dire d’une part qu’on ne connaît pas les risques, d’autre part que les gens doivent utiliser leur téléphone avec précaution. De deux choses l’une : ou bien on ne sait pas quels sont les risques, et il serait temps de s’en inquiéter en finançant des études universitaires et indépendantes, ou bien on ne veut surtout pas le savoir. Quant à inciter les gens, comme l’a fait Mme Bachelot, à « utiliser le mobile d’une manière raisonnable », il faut être clair : même en n’ayant pas de portable, on est traversé à longueur de temps par des ondes de fréquences et puissances diverses et variées dont on n’a aucun moyen de se prémunir. Et je ne parle pas des personnes très sensibles, ni de ceux qui vivent à côté d’antennes.

 

Mais en réalité il ne faut pas s’en étonner. Il suffit de prendre en compte l’ampleur du lobbying dans ce domaine, à tous les niveaux, du local jusqu’à l’international. Pendant longtemps, les seules études disponibles sur les conséquences de l’utilisation des téléphones portables ont été fournies par l’industrie du téléphone, et les études universitaires indépendantes ont toutes manqué de financements. Et puis, il faut mesurer l’omniprésence des scientifiques qui collaborent avec les multinationales du téléphone mobile dans les instances de contrôle sanitaire et autres pour comprendre le laxisme qui demeure toujours en la matière.

 

Au Canada, où on parle aussi de limiter le téléphone portable chez les enfants, un quotidien de Toronto a révélé un cas de conflit d’intérêts typique du lobbying, c’est-à-dire les liens entre deux fonctionnaires « de haut rang » chargés de définir les normes en matière de téléphones portables et un cabinet de lobbying qui travaille pour l’industrie des télécommunications auprès du gouvernement, justement. Ils faisaient partie du Comité de la Santé de la CWTA (Canadian Wireless Telecommunications Association).

Chez nous, Bouygues a recruté dans son Conseil Scientifique André Aurengo qui est aussi chef du service de médecine nucléaire à la Pitié Salpêtrière et un membre de l’Académie de médecine qui est très mitigé quant aux risques12 du portable mais un grand défenseur de Bouygues (il est aussi administrateur d’EDF), ou encore Bernard Veyret qui est aussi directeur de recherches au CNRS13 au laboratoire de physique des interactions onde-matière, a été membre du groupe interministériel des radiofréquences, a fait partie de l’ICNIRP[14] –un organisme « indépendant » chargé de donner son avis sur les normes en vigueur- depuis 2000, a fondé en 1989 l’European Bioelectromagnetics Association (EBEA) qui organise des congrès financés notamment par Motorola, Nokia, Ericsson, Siemens et a pour membres France Télécom, l’anglaise Vodafone ou Deutsche Telekom, etc. car le CV officiel est long.

 

De fait, l’ancien coordinateur de l’OMS pour le Programme International des Champs Magnétiques lancé en ns0904231996 pour étudier l’impact des lignes haute tension portables etc (activité qu’il a repris dès sa sortie de fonction à l’OMS), Michael Repacholi, s’est acharné pendant des années à nier la nocivité de ces ondes TTM. L’homme a déjà travaillé pour des compagnies de téléphones mobiles pour défendre l’implantation de nouvelles antennes relais. Certains observateurs ont noté ses changements de position intempestifs, d’autres que le programme des champs magnétiques de l’OMS est en partie financé par le lobby bruxellois des fabricants de portables ou par leur autre grand lobbie, GSM World.

Du côté de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale, c’est son directeur scientifique, le professeur Denis Zmirou15] qui déclarait après avoir démissionné en 2005 que l’afsse n’a pas les moyens d’agir, et d’ailleurs ce n’est même pas dans sa stratégie puisqu’elle ne fait que coordonner le travail des labos et centres de recherche. Il écrit ainsi dans Le Monde que « Ce système ne peut aujourd'hui répondre au volume et à la complexité croissante des sujets à traiter ni préparer les administrations à porter les analyses et propositions françaises devant les instances européennes, où les acteurs politiques et économiques intéressés disposent d'une expertise documentée et argumentée. »

 

Il y a également eu obstruction de la part de l’industrie pour que les informations disponibles n’arrivent pas sur la place publique. Quand la CTIA parlait par exemple au début des années 90 des « centaines d’études » qui prouvent l’innocuité du portable, c’était simplement un mensonge. Pour les industriels, puisque le portable ne dégage pas de chaleur, il n’entraîne aucun dégât16. C’est ainsi qu’après avoir répété cela dans les médias, ils ont été obligés de financer ces études qui, bien évidemment, ne se sont pas avérées très positives pour l’industrie.

Ainsi, l’étude Wireless Technology Research de 1993 menée à la demande des industriels –et à la grande surprise des scientifiques qui travaillaient habituellement pour ladite industrie- par le Dr Carlo, dont on a parlé plus haut, a été bloquée quand le scientifique, après 6 ans d’études est venu leur expliquer les résultats peu favorables qu’il a obtenus.

Ca n’a pas plu à Wheeler, de la CTIA, ni aux deux gros communicants -Jody Powell qui a bossé pour le président Carter, et Ron Nessen qui avait bossé pour Gerald Ford avant de diriger la com’ de la CTIA- présents à la réunion de préparation d’une première conférence de presse où Carlo est venu annoncer les premiers résultats, pas encore nuisibles à l’industrie.

 

valat0754La CTIA décide d’affirmer l’innocuité des portables, déformant les propos de Carlo et aussi de la Food and Drug Administration, qui disaient que bien qu’on n’ait pas prouvé la nocivité, on n’a pas non plus prouvé l’innocuité. LA CTIA prépare même une communication de crise pour aider les entreprises membres à se « préparer en cas de survenue d’une crise pour l’industrie, au moment où elle se produira », signe qu’on se doutait que les choses allaient se gâter. En 1999 en effet, après six ans de recherche, Carlo écrit à AT&T et annonce certains résultats peu engageants, tels que la modification de l’ADN soumis à ces radiations, « le risque de rare neuro-tumeurs épithéliales sur l'extérieur du cerveau avait plus que doublé chez les utilisateurs de téléphone cellulaire » ou « une certaine corrélation entre les tumeurs du cerveau se produisant du côté droit de la tête et l'utilisation du téléphone du côté droit de la tête ». Il dénonce en outre la passivité de l’industrie malgré les résultats inquiétants de différentes études : « De façon alarmante, les indications sont que quelques secteurs de l'industrie ont ignoré les résultats scientifiques suggérant des effets potentiels sur la santé à plusieurs reprises, et ont faussement réclamé que les téléphones sans fil soient sûrs pour tous les consommateurs y compris les enfants, et ont créé ultérieurement une illusion de responsabilité en appelant et en supportant toujours plus de recherche. Les mesures les plus importantes de protection des consommateurs sont inexistantes »

 

Les nombreuses études montrant qu’il y a bien un lien entre l’exposition aux ondes TTM et le développement de certaines pathologies sont souvent passées sous silence par les grands médias faiseurs d’opinion ou bien elles sont contestées par l’industrie. Par contre, les études montrant qu’il n’y a aucun risque, elles, sont largement médiatisées. Ca n’a pas manqué avec la dernière en date, celle de l’Affset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, qui conclut que « Les données issues de la recherche expérimentale disponibles n'indiquent pas d'effets sanitaires à court terme ni à long terme de l'exposition aux radiofréquences ». Seul petit bémol : « Des interrogations demeurent pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide en faveur de cette hypothèse ».

Ce rapport a été réalisé, tout comme Biointiative Report, sur la base d’une analyse d’études déjà réalisées. 090212022600075694D’après Le Figaro, pour ce qui est des effets biologiques et cliniques, « le rapport soutient d'abord que l'observation d'un effet biologique, a fortiori en conditions expérimentales, ne signifie pas forcément qu'il entraîne un dommage, et encore moins qu'il se traduise par un effet sur la santé». Sur les 182 études réalisées chez l'animal, 82 mettent en évidence des effets biologiques des radiofréquences, mais seulement 11 % de ces travaux utilisent une méthodologie incontestable. En revanche, 100 études, dont 69 % sont incontestables, ne trouvent pas de risque ».

 

Rien de grave, donc : ce n’est pas parce qu’on voit que l’organisme régit à ces ondes qu’il y a un effet sur la santé ! De plus, 89% des études sont contestables (évidemment parmi celles qui s’interrogent sur l’innocuité de ondes TTM) Nous voilà rassurés.

Ce qui serait amusant si ce n’était si grave, c’est la conclusion du rapport, comme quoi « la demande de réduction des niveaux d'exposition liés aux antennes-relais ne repose sur aucune justification scientifique ». Le Figaro poursuit en expliquant que « Les experts recommandent de peser avec soin les conséquences d'une telle réduction, notamment en termes de multiplication du nombre des antennes et d'augmentation parallèle possible de l'exposition de la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles ». Paradoxal, quand-même, de dire que limiter les émissions d’ondes est stupide, tout en précisant qu’une multiplication des antennes augmenterait l’exposition de la tête à ces ondes –qui ne sont pas nocives rappelons-le. Le rapport finit quand même par préconiser une diminution des niveaux d’exposition à ces ondes, puisqu’on ne connaît pas les risques à terme.

 

On sent bien là un des axes de rhétorique utilisés par les lobbyistes et par l’industrie, à savoir qu’à force de critiquer les antennes relais et les seuils d’émission, les pauvres opérateurs doivent augmenter le nombre de ces antennes ce qui coûte cher et retombe sur la facture des clients. Ladite étude de l’Afsset a donc eu le droit à des titres tels que « Le rapport qui rassure » chez Europe 1 ou le Figaro. Les opérateurs sont contents : l’Afsset fait foi en matière sanitaire, et ils pourront se référer à ce fameux rapport pour justifier leurs actions.

 

untitledMais revenons sur cette Afsset, ex Afsse, et sa mutation quelque peu décriée. Après le dr Zmirou17 qui en démissionne faute de moyens pour mener des expériences sérieuses, c’est son vice-président, André Aschieri, qui a pourtant travaillé à sa création, qui se déclare en 2007 et au Sénat « déçu par l’évolution de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale », créée à l’origine pour s’occuper de la question de l’amiante.
Devant les sénateurs, Aschieri a ainsi expliqué, selon le Sénat, « que les téléphones portables allaient poser un problème de santé publique. Il a rappelé à cet égard que l'AFSSE avait d'ailleurs rencontré des difficultés lors de son étude sur ce thème dans la mesure où son conseil scientifique comprenait des chercheurs liés aux opérateurs téléphoniques et où la communication avait été mauvaise sur ce dossier. Cela a bien illustré le démarrage très difficile de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) marqué à la fois par une mauvaise communication, un rapport attaqué et un conflit entre son directeur scientifique, le Pr. Denis ZMIROU, et sa directrice générale, Mme Michèle FROMENT-VEDRINE. Mais il est vrai que le Pr. Denis ZMIROU s'était trompé sur le choix des toxicologues à consulter pour la téléphonie mobile ». Aschieri a encore précisé que «  les objectifs à atteindre par l'AFSSET étaient l'indépendance, la transparence et la compétence et que, pour les atteindre il fallait rassembler des connaissances et séparer les pouvoirs. Or, c'est le contraire qui est souvent observé. » (mis en gras dans le texte du Sénat).

Autre suggestion d’Aschieri : rendre les rapports publics, ce qui n’est certes pas une mauvaise idée, ne serait-ce que pour rassurer l’opinion n’est-ce pas. Car malgré les cas de maladies étranges, ou d’augmentation des cancers etc. à côté des antennes, par exemple, rien ne bouge.

 

Quant à la prévention, les opérateurs ont eu la bonne idée de prendre l’initiative en menant des campagnes avec 1238886974les pouvoirs publics. La dernière en date, lancée à la mi août par l’Afom18 (l’Association Française des Opérateurs Mobiles), visait à sensibiliser « aux usages responsables du téléphone portable », comme si cela suffisait à éviter les ondes qui passent partout dans l’air. Ladite campagne est menée « en partenariat » avec les Ministère du Développement Durable, de l’Education Nationale, le Secrétariat d’Etat à la Famille, Sécurité Routière et Association Prévention Routière, mais surtout, précise le communiqué, « Elle est soutenue par les principaux fabricants de mobiles : Nokia, Samsung, HTC et LG. La campagne durera 1 mois, du 17 août au 11 septembre, sur Europe 1 et RMC, à raison de 4 à 5 spots quotidiens (de 35 secondes), soit au total près de 200 passages ». Où l’on parle du recyclage des téléphones, du danger du portable au volant, on explique « aux jeunes » qu’il faut « éteindre le mobile en cours » aux parents de contrôler « certains sites sensibles » et aux opérateurs qu’ils doivent éviter d’installer des antennes près des crèches, écoles etc. Bref, on est loin des vraies préoccupations liées au portable.

 

La –vaste- question des normes

 

Les insomnies, troubles cardiaques, céphalées etc. décrits par de nombreux riverains d’antennes relais seraient causés par les hyperfréquences pulsées d’ondes TTM. Mais, certains cancers aussi.

 

Afin de mener l’information en matière de normes d’émission, les opérateurs et autres industriels intéressés ont crée Cenelec, une fédération européenne qui pond des rapports pour influencer les pouvoirs publics. Et les « pouvoirs publics », en l’occurrence la Commission européenne, ne se prive pas de cette fructueuse collaboration avec ce lobbie industriel : en 2003 par exemple, elle mandate Cenelec, le CEN et l’Etsi pour pondre un rapport pour évaluer quelle norme européenne ferait foi à la place de toutes les normes nationales, afin bien sûr d’ «éliminer ces entraves ». Le mandat est clair : « Le CEN19, le CENELEC et l'ETSI20 sont invités à mettre en oeuvre un programme de travail de normalisation destiné à soutenir le marché intérieur des secteurs de services ». On observera qu’il n’est pas question de demander leur avis à des associations écologistes ou de consommateurs, ni à des universitaires qui ont mené des travaux sur la question. Ca, ce seront les lobbies qui s’en chargeront.

 

suppression_gsm_ecolePour l’OMS (comme pour les industriels et opérateurs de téléphone sans fil, d’ailleurs) « Compte tenu des très faibles niveaux d'exposition et des résultats des travaux de recherche obtenus à ce jour, il n'existe aucun élément scientifique probant confirmant d'éventuels effets nocifs des stations de base et des réseaux sans fil pour la santé. ». Même refrain du côté du ministère français de la Santé, « Plusieurs groupes d’experts indépendants mandatés par l’OMS, par la Commission Européenne, ou par le gouvernement français se sont penchés sur les effets sur la santé des champs électromagnétiques (…) et ont conclu qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, et compte tenu des faibles niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques autour des stations relais, l’hypothèse d’un risque pour la santé des populations vivant à proximité de ces stations ne pouvait être retenue. » et « aucune preuve scientifique ne permet de démontrer que l’utilisation des téléphones mobiles présente un risque pour la santé ». Tout dépend des études qu’on prend en compte.

Ca, c’est le point de vue de l’OMS, qui ressemble à celui de moult et moult autorités sanitaires nationales et internationales. Pourtant, il y a toute une gamme de normes d’émission. Entre la Suisse et la France, par exemple, la norme de champ électrique pour un téléphone de 900 MHz va de 6 V/m à 41,2V/m.

 

Les normes maximales en vigueur pour les champs électriques et pour la puissance des téléphones ont été fixées par l’ICNIRP au niveau mondial et par le CENELEC en Europe. Elles varient selon les fréquences utilisées, comme en France, où les normes sont plus élevées qu’ailleurs : 29,1 V/m (à 450 Mhz) 41,2 V/m (à 900 Mhz) 58,2 V/m (à 1800 Mhz) 61 V/m (au-delà de 2000 Mhz, pour les téléphones UMTS), 28 V/m pour la radio FM, 31 V/m pour la télévision. En Suisse, le seuil maximal est de 4 V/m pour 900MHz21, en Italie de 6 V/m.

En Belgique, plus précisément en Wallonie, il était question en mars 2009 d’abaisser cette norme de 20 à 3V/m22, mais grâce au lobbying des intéressés, via le GOF, le GSM Oparator’s Forum (expliquant notamment que la qualité des transmissions allait diminuer), les décrets avaient six mois pour être publiés. Nous sommes le 15 octobre,et personne n’en a réentendu parler. Et en dehors de Bruxelles, la norme ne devrait pas s’appliquer aux antennes déjà installées. 3 V/m, c’est beaucoup moins qu’en France, pourtant certains trouvent que c’est encore trop élevé au regard des dernières études, et demande à ce qu’elle soit abaissée à 0,6 V/m.

En Europe, comme par hasard, on recommande plutôt les normes élevées, comme en France.


De fait, les lobbyistes des opérateurs cherchent, comme c’est de plus en plus souvent le cas, à intervenir dès le grenelle_antennes_relais_etudes_ondes_portabl_L_1début des processus normatif et législatif. Car, comme le dit l’une d’elles –qui a par ailleurs écrit un bouquin intitulé « Les normes, instrument de la stratégie marketing des entreprises »- dans un jargon marketing, «la participation aux travaux normatifs permet de mettre en œuvre des stratégies pro-actives de management de l’environnement ». Si pour beaucoup cela ne veut rien dire, précisons qu’il s’agit simplement de participer aux groupes de travail organisés par les pouvoirs publics pour élaborer les normes sanitaires, afin que celles-ci ne soient pas trop contraignantes pour l’industrie.  

C’est un peu enfoncer une porte ouverte, mais en France Bouygues et Orange, via France Telecom, sont suffisamment proches du pouvoir pour peser d’une manière ou d’une autre sur certaines décisions. On l’a vu quand Sarko s’est dit « réticent » pour faire venir un troisième opérateur, ou quand il a consulté les opérateurs pour sa réforme d’Internet.

 

En ce qui concerne les antennes relais, l’Académie de médecine a remis en cause des jugements rendus peu avant qui avaient empêché Bouygues et SFR d’installer des antennes relais un peu partout. L’Académie a ainsi estimé, en gros, qu’il ne fallait pas exagérer avec le principe de précaution et que ces décisions nient « l'expertise scientifique et ouvre donc la porte à des dérives ».

De fait, on nous répète qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque les ondes émises par les appareils sont en dessous des normes, en particulier les ondes émises par les antennes relais. Lesdites normes, cependant, sont basées sur des études qui commencent à dater. Et puis, on s’aperçoit rapidement qu’il y a de très nombreuses normes en vigueur, ce qui pose question quant à la pertinence des bases scientifiques utilisées par certains.

Les intérêts en jeu sont importants, au vu de l’ampleur du marché du téléphone portable, Wi-Fi, Bluetooth et autres, et il serait temps d’avoir des certitudes sur les conséquences de la présence de toutes ces ondes. Une bonne idée serait de limiter la portée des émissions et donc leur puissance, mais il faudrait financer la recherche dans ce sens plus que ce n’est le cas actuellement.

 

 

Vidéos : interview de Marc Varcoutère au sujet des ondes TTM.


Scandale des ondes Type Telephonie Mobile1/7
envoyé par RegisDanse. - L'info internationale vidéo.


Scandale des Ondes Type Telephonie Mobile 2/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.


Scandales  des Ondes de Type Téléphonie Mobile 3/7
envoyé par RegisDanse. - Les derniers test hi-tech en vidéo.

 


 

[1] Dans cette catégorie d’ondes, les scientifiques incluent les ondes Wi-fi, Bluetooth, UMTS, DECT (les téléphones avec une base fixe), WIMAX.

[2] Notamment le AS03 utilisé pour la première fois à grande échelle par Glaxo Smith Kline, un mélange de squalène et de polysorbate censé augmenter les effets du vaccin.

[3] C’est la Wireless Technology Research

[4] La CTIA, International Association for the Wireless Telecommunication Industry, “dedicated to expand the wireless frontier

[5] Alors qu’il n’y a aucun matériel scientifique ni d’appareils de mesure des radiations adéquats de disponibles sur le sujet à l’époque, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée.

[6] Il semble que cela soit surtout le cas lorsque les fréquences sont très faibles, comme quand un portable est éteint, du moins chez des rats où les chercheurs ont observé une augmentation de l’absorption d’albumine par le cerveau. Or, cela augmente les risques de maladies neuro dégénératives comme Alzheimer.

[7] "We found that cell phone radiation caused leakage in the blood–brain barrier, it caused genetic damage in the form of disruption of normal DNA repair, and it caused more than a doubling of the risk of rare neuroepithelial tumors", a déclaré le Dr Carlo

[8] Troubles de l'apprentissage, de la concentration et du comportement chez les enfants (enfants hyperactifs, par exemple),  troubles de la tension artérielle, troubles cardiaques, infarctus et accidents vasculaires cérébraux (A.V.C., apoplexie), maladies à dégénérescence neurologique (maladie d'Alzheimer, par ex.) et épilepsies, maladies cancéreuses telles des leucémies et des tumeurs du cerveau,

[9] Comme la CWTA, la Canadian Wireless Telecommunications Association, qui a aussi rémunéré le président de la branche canadienne de l’étude Interphone, Daniel Krewski. Ou encore le Mobile Manufacturers’ Forum et la GSM Association.

[10] « There is now evidence that high levels of peripheral amyloid beta are a risk factor for AD and medium to high MF exposure can increase peripheral amyloid beta. High brain levels of amyloid beta are also a risk factor for AD and medium to high MF exposure to brain cells likely also increases these cells’production of amyloid beta »

[11] L’expérience a été menée sur 18 mois, ce qui en faisait l’étude qui portait sur la plus longue durée, près de 15 ans après la diffusion à grande échelle des portables. Trois groupes de rats ont été exposés à différentes puissances d’ondes électromagnétiques deux heures par jour, et un autre groupe était témoin : « Un rat vit en moyenne 2 ans et demi, explique le chercheur. Cela signifie que j’ai exposé ces mammifères pendant 70 % de leur vie à des niveaux conformes aux standards internationaux en vigueur. Soit, une moyenne de 27 volts par mètre à raison de deux heures par jour, sept jours sur sept», expliquait Dirk Adang.

[12] L’Académie de médecine a ainsi considéré que les premiers résultats de l’étude Interphone étaient « rassurants » parce que six travaux différents ne montraient pas d’augmentation du risque de certains cancers chez ceux qui ont utilisé un portable moins de 10 ans.

[13] Et a à ce titre coordonné différents travaux, dont l’étude COMOBIO qui n’est pourtant pas très en faveur des industriels ou le programme européen Perform B.

[14] International Commission on Non-Ionizing Radiation protection, mise en place par l’Association internationale de radioprotection pour

[15] Auteur en 2001 d’un rapport controversé par ses collègues, concluant que les ondes TTM n’étaient pas nocives, mais qu’il fallait continuer la recherche. Evidemment, il fut médiatisé et les JT ont répété qu’ « il n’y a aucun danger avec les antennes relais », mais qu’il faut utiliser une oreillette pour préserver son cerveau.

[16] Mais on sait aujourd’hui qu’il y a un « choc thermique », et une augmentation de la synthèse de protéines.

[17] Auteur d’un rapport évidemment controversé en 2001, qui a conclu qu’on ne peut pas écarter d’éventuels risques sanitaires (« bien qu’il y ait peu d’arguments scientifiques pour l’étayer, l’hypothèse d’effets sanitaires non thermiques associés aux champs RF de faible niveau ne peut être exclue »), mais que « non fondées scientifiquement, de nouvelles valeurs limites d’exposition seraient arbitraires, illusoires, et sans doute disparates selon les constructeurs ou les pays, accroissant la confusion et les craintes du public ». Au final, il recommande aux usagers des « mesures d’évitement prudent ».

[18] Créée par Bouygues, SFR et Orange en 2002 pour défendre leurs intérêts face aux institutions.

[19] Comité Européen de Normalisation.

[20] L’European Telecommunications Standards Institute regroupant les industriels, qui élabore des normes pour les technologies de l’information et de la communication. Parmi ses membres on retrouve Cenelec, le CEm, Alcatel, Bouygues, Deutsche Telekom, Orange, Portugal telecom, Sagem, Samsung, SFR, Siemens, Telefonica, Vodafone etc.

[21] et 6 V/m pour 1800 MHz

[22] A Bruxelles, seulement 8% des antennes relais dépassaient encore 3 V/m.

17 février 2009

Des pots de vins aux juges pour remplir les prisons

Un entrefilet paru ce matin dans La Libre Belgique m'a légèrement choquée, même si on a l'habitude des magouilles judiciaires, surtout aux Etats-Unis. De quoi s'agit-il? De deux juges qui ont touché des pots-de-vins par une entreprise qui "exploite" les prisons de jeunes (et des autres), afin de remplir lesdites prisons. Il s’agit de la pire dérive liée à la privatisation du système pénitentiaire qui puisse exister. C’est ni plus ni moins que du trafic d’êtres humains. Nous vivons une époque formidable.

Deux juges de Pensylvanie, Michaël Cohalan et Mark Ciavarella (qui a présidé le tribunal pour enfant du 4119_2comté de Luzerne pendant 12 ans), viennent donc de plaider coupables et ont quitté la Cour. Ils auraient touché 2,6 millions de dollars pour mettre en prison, durant quatre ans, de 2003 à 2007, des jeunes qui n’auraient jamais du recevoir une telle sanction pour les actes qui leur étaient reprochés. En échange des cet argent, nos deux juges ont facilité le placement de jeunes pseudos délinquants dans des centres gérés par PA Child Care et Western PA Child Care, via des procédures inventées ad hoc et très efficaces.

L’an passé, un groupe d’avocats de Philadelphie (The Juvenile Law Center) a porté plainte au sujet du traitement infligé par le tribunal à une centaine de jeunes du comté de Luzerne où opèrent nos deux magistrats, et ont
demandé l’annulation des décisions de justice les concernant. Certains de ces jeunes n’avaient même pas pu avoir un avocat (et on ne le leur avait pas proposé non plus même s’ils y avaient droit), et d’autres avaient été sanctionnés de manière disproportionnée. Cette semaine, les avocats remettent ça et vont déposer des plaintes pour des dizaines de parents qui ont appris le pot-aux-roses.

Durant la période où ont officié les deux juges pourris, 5.000 gamins de 13 à 18 ans ont été « jugés » coupables par nos deux compères. Selon le Juvenile Law Center, plus de 2.000 ont été envoyés en prison. Et parfois, pour des motifs qui laissent vraiment perplexes, comme ce cas cité par l’Express d’un gamin qui a été mis en taule pendant 9 mois pour avoir volé un flacon d’épices de noix de muscade d’une valeur de 4$. No comment.

prison2Histoire de bien sombrer dans le glauque, une avocate du Juvenile Law Center expliquait en outre que « les jeunes étaient des cibles faciles. Beaucoup d'entre eux n'avaient même pas d'avocats et quand ils demandaient un avocat commis d'office, on leur disait qu'il faudrait attendre des semaines ». C’est sûr qu’il est plus facile de traiter de cette manière des gens plutôt pauvres et peu instruits que les bourgeois du coin.

L’avocat de PA Child Care, Mark Sheppard, affirme quant à lui que son client a été victime d’extorsion de fond, et n’aurait jamais rien demandé aux deux juges. Ce qui, l’un dans l’autre, est possible aussi. Mais ce serait étonnant parce que les juges ont permis de passer un contrat pas du tout intéressant avec PA Child Care, d’un montant de 58 millions de dollars, et qu’ils auraient encore touché plus d’un million de dollars d’une entreprise de construction, Mericle Construction, pour l’extension de centres pénitentiaires dans le comté.

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13 octobre 2008

Des médocs qui rendent dépressif ?

 

Depuis quelque temps, des études tendent à montrer que certains antidépresseurs prescrits régulièrement ont davantage tendance à augmenter les cas de dépression chez les enfants et adolescents, qu’à les diminuer. Tandis que les études menées par les labos, la connivence des médecins et chercheurs avec les labos ou les techniques "marketing" des mêmes labos, elles, commencent à être dénoncées. La FDA est donc obligée d’enquêter.

 

En France, 15% de la population sont diagnostiqués comme étant "dépressifs", une proportion impressionnante si l'on se rappelle que les antidépresseurs datent seulement de 1957. La seule revue médicale indépendante, Prescrire, publiait en juin un article qui relativisait largement l’efficacité de certains antidépresseurs prescrits aux enfants comme aux adultes. Les risques pourraient même aller jusqu’au décès dans 0,4 cas sur 100.000 avec une catégorie de ces médicaments, les « imipraminiques ». D’autres seraient inefficaces… Conclusion : le rapport bénéfice/risques est défavorable.

 

Des traitements qui amènent davantage au suicide que des placebos

 

Mais d’autres médicaments pourraient avoir les mêmes conséquences, comme des antiépileptiques : « There was a statistically significant increased risk of suicidal behavior and suicidal ideation in the patients randomized to receive an antiepileptic drug compared to patients who received a placebo », a dit la FDA (Food & Drug administration) en février.

 

Voici un tableau qu’elle a publié dans le même communiqué, montrant les différences de tendance au suicide entre ceux qui ont pris des placebos et ceux qui ont pris les médicaments incriminés :

 Relative Risk and Risk Difference for Suicidality According to Trial Indication

 

                                                 
 

Indication

 
 

Placebo Patients with Events Per   1000 Patients

 
 

Drug Patients with Events Per 1000   Patients

 
 

Relative Risk:
  Incidence of Events in Drug Patients/Incidence in Placebo Patients

 
 

Risk Difference:
  Additional Drug Patients with Events Per 1000 Patients

 
 

Epilepsy

 
 

1.0

 
 

3.5

 
 

3.6

 
 

2.5

 
 

Psychiatric

 
 

5.2

 
 

8.3

 
 

1.6

 
 

3.1

 
 

Other

 
 

0.8

 
 

2.0

 
 

2.3

 
 

1.1

 
 

Total

 
 

2.2

 
 

4.3

 
 

2.0

 
 

2.1

 

 

Dans la panoplie des médicaments qui donnent des idées de suicide, on trouve encore le Prozac parmi d’autres antidépresseurs, ou même un produit destiné à arrêter de fumer, un autre contre l’incontinence... La FDA a donc diligemment demandé aux labos de refaire quelques tests, un peu moins bidons ceux-là.

Il faut dire que grâce à un tout nouveau règlement, la FDA avait bloqué en 2007 un médoc de Sanofi destiné à lutter contre l’obésité (le Rimonabant), soupçonné lui aussi de coller des suicides. Puis c’est le même médoc, basé sur la même molécule mais de chez Merck, qui est vilipendé.

 

Ainsi la FDA a publié en 2007 une liste d’antidépresseurs engendrant davantage de suicides que les placebos, ce qui il faut bien le dire est quelque peu fâcheux pour des anti dépresseurs. Dedans, donc, le Prozac, mais encore une trentaine de molécules différentes. Glaxo SmithKline est poursuivi par une famille US depuis le mois dernier pour le suicide en 2002 de leur fils de 16 ans traité au Paxil, un médicament sur lequel pesaient déjà certains doutes. Manque de chance, c’est seulement en 2003 que la FDA a précisé qu’il valait mieux éviter de prescrire du Praxil aux enfants et adolescents soi disant parce que l’efficacité sur eux n’était pas prouvée, avant de parler clairement de risques en 2006. Quoi qu’il en soit, la famille pense que le labo connaissait les risques nocifs au moins dès 2002.

 

Des médicaments censés traiter les troubles bipolaires augmenteraient eux aussi les risques de suicide, comme l’ont montré différentes études du début des années 2000.

 

Est-ce paradoxal ?

 

Si en plus de tout cela, on prend en compte le fait que les antidépresseurs font partie des médicaments pour pignarre1lesquels l’industrie pharmaceutique fait le plus de publicité auprès des médecins, via les revues médicales financées par l’industrie, ou encore via les « visiteurs médicaux » (qui absorbent autant de budget que la recherche et développement –R&D- dans la plupart des grandes firmes pharmaceutiques, si bien qu’en France un généraliste reçoit en moyenne 330 « visites » par an), on relativise le phénomène. Et bientôt, grâce à la « directive médicament », même les patients auront droit de se faire « visiter » par les labos pour bénéficier d’une sorte de coaching afin de mieux suivre leur traitement.

Bref, les techniques de l’industrie pour influencer les médecins, le public ou les pouvoirs publics sont nombreuses. A savoir : dans son ensemble, la publicité coûte aux labos deux fois plus que la recherche et développement. Ce qui permet de relativiser l’argument selon lequel les médicaments sont chers en raison des coûts en R&D…

 

Certains articles vont même jusqu’à montrer comment lesdites firmes redéfinissent certaines affections, élargissent la définition de « la dépression », voire inventent des « maladies », dans le but de vendre leurs poudres de perlimpinpin. Il y a même un terme pour ça : on parle de « desease mangering » pour qualifier cette propension de l’industrie à inventer une maladie pour chaque nouveau médicament mis sur le marché. Les exemples sont nombreux depuis les problèmes d’érection jusqu’au troubles bipolaires pour lesquels l’industrie incite via des publicités télévisées à consulter le « bipolar help center », si jamais on est un peu excité ou si on a dans le ventre un bébé un peu plus excité que la moyenne, car il convient évidemment de traiter une telle « maladie ».

 

Et puis si tout cela ne suffit pas, les firmes pharmaceutiques financent encore les associations de patients, ou les créent. Elles créent aussi des tests de dépistage elles-mêmes, utilisés par exemple lors de grandes « journées nationales de dépistage de la dépression», ou lors des campagnes de sensibilisation comme celle de l’année dernière en France, histoire que tout un chacun se sente concerné par « la dépression », ne serait-ce que par suggestion. Tout cela, bien sûr, en occultant les effets secondaires et les risques de dépendance.

 

L’article reprend un exemple révélateur de standardisation mondiale des maladies mentales, cité par la journaliste Kathryn Schultz : « l’expression dépression légère n’existait pas dans la langue japonaise... jusqu’en 1999. Cette année-là, la compagnie Meiji Seika Kaisha a commencé à promouvoir le Depromel (un ISRS). Selon le psychiatre japonais Tooru Takahashi, la mélancolie, la sensibilité et la fragilité n’étaient pas perçues comme des sentiments négatifs au Japon. « Pourquoi aurions-nous cherché à soigner quelque chose qui ne nous semblait pas mauvais au départ? ».

 

piluleSi la France est la championne de la consommation de médicaments en général et de psychotropes légaux en particulier (1 français sur 5 en consomme au moins une fois par an), à tel point qu’on peut réellement parler d’une banalisation de ces produits, est-ce parce que les français sont plus dépressifs que les belges ou les allemands, ou parce que nos médecins sont surexposés à la publicité des labos et ces médicaments –trop- bien remboursés ?

 

Un journaliste du Guardian, Brendan Koerner, a dégagé la méthode en huit étapes par laquelle les labos parviennent à nous inventer des maladies uniquement pour vendre leurs médicaments :

  1. On met en      évidence une affection mineure dont pourrait souffrir un grand nombre de      personnes (le trouble dysphorique prémenstruel ou le trouble d’anxiété      généralisée, par ex.).
  2. Les      pharmaceutiques financent des recherches qui démontrent l’efficacité du      médicament.
  3. Sur la foi d’un      petit nombre d’essais cliniques, la FDA autorise la mise en marché du      médicament, qui a été testé uniquement contre des placebos.
  4. Dans des articles      pour la presse grand public ou la presse scientifique, des médecins      éminents (souvent rémunérés par des pharmaceutiques) mettent en évidence      la gravité et la prévalence de l’affection.
  5. On minimise les      effets indésirables du médicament, ou on ne les mentionne pas, dans les      annonces publicitaires ou dans les rapports de recherche.
  6. Les résultats      négatifs des essais cliniques ne sont ni publiés ni diffusés.
  7. On confie la      promotion du médicament dans les médias à de firmes de relations      publiques. Pour démontrer l’efficacité du médicament, on cite des      statistiques provenant d’études commanditées par le secteur privé.
  8. Afin de donner un      « visage humain » à cette nouvelle affection, on crée et on finance un      regroupement de personnes qui en souffrent. Leurs témoignages et leurs      commentaires seront largement diffusés dans les médias76.

 

En 1952, les professionnels de la maladie mentale de l’American Psychiatric Association (APA) créent le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) qui recense les maladies mentales. A l’époque, en 1952, lesdits professionnels ont dénombré 60 pathologies différentes. En 1968, la deuxième édition en recense 145, toutes ou presque classifiées dans la névrose ou la psychose. Arrive la troisième édition, en 1980, et ses 230 maladies mentales, et à partir de là on considère que la maladie mentale est davantage d’origine biologique qu’affective ou liée au vécu. Ca permet de trouver encore plein d’affections différentes, si bien que la quatrième édition, en 1994, reconnaît 410 troubles mentaux.

D’après Wikipédia, cette dernière version a fait un nouveau tri dans ces maladies :

  1. pathologies      psychiatriques caractérisées, troubles de développement mentaux et de      l'apprentissage, addictions et intoxications
  2. troubles de la      personnalité et retard mental
  3. pathologies      autres que psychiatriques ou neuropsychiatriques. On parle aussi      d'affections médicales générales
  4. fonctionnement      social et environnemental, impact des symptômes
  5. échelle de fonctionnement      global

 

Une étude publiée en 2006, intitulée « Liens d'intérêts financiers entre comité d'experts du DSM-IV et industrie pharmaceutique », révélait que parmi les 170 médecins ayant participé à la rédaction du DSM, 95, soit 56%, « présentaient au moins un des onze types de liens financiers possibles avec une compagnie de l’industrie pharmaceutique.

 Dans 6 commissions sur 18, des liens avec l’industrie pharmaceutique ont été trouvés chez plus de 80 % des membres. Ces liens concernent 100 % des membres du groupe de travail « Troubles de l’humeur » (n = 8) et du groupe « Schizophrénie et désordres psychotiques » (n = 7) [ces deux groupes de maladies étant ceux pour lesquels on prescrit le plus de psychotrope, comme par hasard], ainsi que 81 % du groupe « Troubles anxieux » (n = 16), 83 % du groupe « Troubles de l’alimentation » (n = 6), 88 % du groupe « Troubles kinesthésiques liés à la prise de médicaments » (n = 8) et 83 % du groupe « Troubles dysphoriques prémenstruels » (n = 6). »

 

Et sur les liens financiers : « Parmi les membres des panels ayant des liens avec l’industrie pharmaceutique (n Pinter2= 95), 76 % avaient reçu des subventions de recherche, 40 % des revenus comme consultants, 29 % travaillaient dans la communication, et 25 % percevaient des honoraires d’un autre type. Plus de la moitié des membres ayant un lien financier présentaient plus d’un type de relation financière l’engageant auprès d’une compagnie. Onze membres avaient 5 types de liens. »

 

Et la direction actuellement en place pour le DMA V qui devrait sortir en 2012 n’est pas plus transparente : le magazine US News & World avait décelé que « 19 membres sur 27 au moins ont des liens avec les compagnies pharmaceutiques ». Gageons qu’une bonne centaine de maladies mentales seront encore ajoutées à l’interminable liste du DMA. Une étude du New York Times de janvier 2008 montre que « les psychiatres touchent plus d’argent des laboratoires pharmaceutiques que les médecins de n’importe quelle autre spécialité ». Et comme par hasard, les psychotropes sont la 1ère source de dépense pour le programme Medicaid, destiné aux pauvres.

 

Le Figaro, qui reprenait aussi cette étude, citait un exemple concret parmi les dizaines possibles : « Assez récemment, un jeune retraité d'un laboratoire pharmaceutique a expliqué à l'un de nos interlocuteurs que le concept «d'attaques de panique», qui est classé dans le DSM4, avait été spécifiquement élaboré par Donald Klein pour le laboratoire Upjohn qui allait mettre sur le marché le médicament Xanax. ». Aux Etats-Unis, les associations citoyennes, et enfin la FDA, commencent à soulever le voile sur ces questions, en pointant les relations « incestueuses » de l’American Psychiatric Association avec les labos, dont une vingtaine ont investi en 2008 environ 30 millions de dollars dans ladite APA.

 

Quelques exemples (mais il y en a de nombreux autres dans le rapport), pour les Etats-Unis, dans les groupes DSM puis au Congrès Mondial de psychiatrie :

- David Kupfer, Professor and Chair, Department of Psychiatry, University of Pittsburgh School of Medicine, was a member of the DSM-IV Task Force and is Chair of the DSM-V Task Force. He has been a consultant to Eli Lilly & Co., Hoffman-LaRoche, Pfizer, Forest Labs and Servier and also sat on the advisory boards of Eli Lilly & Co., Forest Labs and Pfizer.

- Joseph Biederman, Chief of the Clinical & Research Program in Pediatric Psychopharmacology, Massachusetts General Hospital gave seminars at the APA convention on pediatric bipolar disorder and ADHD, the latter funded by Ortho-McNeil Janssen Scientific Affairs. Biederman has received research funds from 10 pharmaceutical companies, including manufacturers of antipsychotic drugs prescribed for bipolar. He was a member of the DSM-IV committee overseeing what infant, childhood and adolescent disorders would be included. His labeling of children with “bipolar” has been attributed to the increase in antipsychotic drug sales for pediatric use. In 2007, such promotion was blamed, in part, for the death of 4-year-old Rebecca Riley fromMassachusetts. She died from a prescribed cocktail of psychiatric drugs that included antipsychotics. Dr. Lawrence Diller, a California behavioral pediatrician, told The Boston Globe, “I find Biederman and his group to be morally responsible in part. He didn't write the prescription, but he provided all the, quote, scientific justification to address a public health issue by drugging little kids.” The New York Times exposed how Biederman earned $1.6 million in consulting fees from drug makers between 2000 and 2007 but did not report much of this income to Harvard University officials. In 2008, his financial conflicts of interest were the subject of a U.S.congressional investigation.

- David Shaffer, Professor of Child Psychiatry at Columbia University and Director, Division of Child Psychiatry, New York State Psychiatric Institute, is part of a symposium discussing “disorders of childhood: A DSM-V research agenda.” Shaffer was a member of the DSM-IV Task Force and is responsible for inventing TeenScreen, a subjective survey conducted on teens in schools to determine if they are potentially suicidal. He admits there’s a potential 84% chance of wrongly identifying students using his survey, potentially put them at risk of being prescribed suicide-inducing antidepressants. Shaffer has served as an expert witness for Hoffman la Roche and Wyeth. He was also a consultant to GlaxoSmithKline on Paxil (paroxetine) and adolescent suicide and has been a paid consultant for Pfizer, another antidepressant maker.

- S. Charles Schulz, Professor and head of the Department of Psychiatry,University of   Minnesota Medical School Minneapolis, Minnesota, was a DSM-IV project participant. His industry-supported seminar about “medication treatment for youth” was funded by AstraZeneca, the manufacturer of the antipsychotic Seroquel. The company has faced multiple suits alleging that it downplayed the risk of diabetes with the drug. Schulz has been a consultant for AstraZeneca and Eli Lilly & Co. and has received grants from them, Abbott Laboratories and Janssen Pharmaceutica.

 

Présents au Congrès mondial de la psychiatrie:

- Dilip V. Jeste, APA Trustee and Member of the DSM-V Task Force is a consultant to Bristol-Myers Squibb, Lilly, Janssen, Solvay/Wyeth and Otsuka; honoraria from Bristol-Myers Squibb, Janssen and Otsuka; received “supplemental support to NIMH-funded grants” from Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, and Janssen in the form of donated medication for the study, “Metabolic Effects of Newer Antipsychotics in Older Patients.” Jeste’s 2008 APA disclosure for the DSM-V Task Force stated he received honorarium from Abbott, AstraZeneca and Pfizer-Eisai. He also received consulting fees from four pharmaceutical companies.

- Jan Fawcett, Professor of Psychiatry, Chair, Mood Disorders Work Group Member, DSM-V Task Force. He has received grants and research support from Abbott, Bristol-Myers Squibb, GlaxoSmithKline, Eli Lilly, Organon, Pfizer, SmithKline Beecham, Wyeth-Ayerst, and Zeneca; was a consultant to Abbott, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, EM Industries, Forest Laboratories, Glaxo Wellcome, Pfizer, Pharmacia-Upjohn, and SmithKline Beecham; was a member of speakers’ bureaus sponsored by Abbott, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Pfizer/Roerig, Pharmacia-Upjohn, SmithKline Beecham and Wyeth-Ayerst.

- Nada Stotland, former APA President who serves on the Board of the pharmaceutical company that funds the U.S. National Mental Health Association (NMHA) that received over $2 million in pharmaceutical company funding in one year alone. Stotland is on the speakers’ bureau for Pfizer and GlaxoSmithKline, both makers of antidepressants. In a published article in 2008, Stotland said that “black box” warnings about psychiatric drug risks, that include antidepressants, are “unwarranted.”

Etc.

 

Evidemment, les revues dites “scientifiques” sont elles aussi noyautées par l’industrie pharmaceutique, qui les subventionne allègrement ainsi que les chercheurs qui y sont publiés.

 

A tous les niveaux, la décision en matière de santé est influencée voire totalement contrôlée par l’industrie pharmaceutique. De la FDA à l’AFSSA, en passant par la Commission européenne, les médecins et désormais les patients, chaque maillon de la chaîne ne fait qu’obéir à des principes purement mercantiles, imposés par l’industrie.

 

On sera donc moins étonné de voir l’augmentation exponentielle du nombre de « maladies mentales » qu’il convient, évidemment, de traiter avec des « médicaments ». Et encore, les auteurs de l’étude précisent qu’ils n’avaient pas les moyens de vérifier la totalité des liens entre ces médecins et les labos.



08 avril 2008

Les lobbies, instrument de la démocratie?

L’Europe traverse une grave crise de légitimité démocratique, pendant ce temps-là on nous présente les lobbies comme un atout démocratique, justement. Les lobbies contribueraient à renforcer la démocratie européenne en informant les citoyens sur les sujets chauds à Bruxelles. Hélas, il ne s’agit là que d’un mensonge éhonté, qui se base sur l’ignorance qu’ont les citoyens des rouages bruxellois. Les lobbies, répétons-le, ne travaillent pas pour l’intérêt général, mais pour des intérêts particuliers.

 

« Le lobbying a un rôle démocratique en Europe ».

Voilà la soupe qu’on nous sert actuellement, alors que nous sommes bien obligés de constater les failles du processus démocratique562_AGIR_BLOG_LOBBY européen. Il y a plein de formes de lobbying à Bruxelles : les syndicats, les régions, mais surtout les multinationales. Leur but n’est pas de démocratiser l’Europe mais de peser sur les décisions politiques afin qu’elles leur soient favorables. Les exemples montrant que le poids des lobbies a joué contre l’intérêt général sont innombrables (voir infra), et le processus toujours le même : la fourniture de « rapports » et d’ « expertises » aux institutions concernées.

Mais aujourd’hui, les lobbies sont gentils. Du moins c’est l’angle d’attaque de la propagande pro lobbies actuelle. Propagande orientée vers l’opinion essentiellement, car à Bruxelles ça ne choque personne. La Commission, en 1992, a même déclaré qu’elle recherchait « Un dialogue ouvert et structuré entre la Commission et les groupes d'intérêt ». Les « groupes d’intérêts » et les lobbies travaillent donc la main dans la main, comme l’a reconnu Jacques Delors quand il était Président de ladite Commission au sujet de sa collaboration avec l’ERT (European Round Table, qui regroupe une cinquantaine de multinationales européennes) pour réformer l’éducation et préparer la « stratégie de Lisbonne », destinée à « faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive ».

Où l’on est capables d’entendre, de la plume de deux pros de la science politique et des affaires internationales que les lobbies sont des vecteurs comme les autres d’information sur l’Europe, d’autant plus qu’il existe « un déficit structurel d’information des Français sur l’Europe ». Les 1500 et quelques « groupements d’intérêts évoluant au contact de la sphère européenne » (dont 350 multinationales) oeuvreraient donc pour l’intérêt général (d’autres sources plus fiables parlent de 2 600 groupements d’intérêts à Bruxelles, dont 70% représenteraient l’industrie). Au total officiellement on compte un peu plus de 15 000 lobbyistes à Bruxelles. Il n’y a rien, là, qui choque, nos deux spécialistes. Celles-ci affirment d’ailleurs plus loin –comble de la mauvaise foi, ou de la méchante propagande, au choix- que :

« Les groupes d’intérêt jouent un rôle de relais de diffusion, au niveau national, d’un certain type d’informations sur l’Europe. Ils agissent certes selon des logiques différentes, à destination de publics cibles, en mobilisant une multiplicité de méthodes et stratégies de communication (et la « communication » n’a rien à voir avec l’information, ce n’est pas pour rien qu’il y a la section « info » et la section « com » dans facs), mais opèrent tous une sélection, souvent à travers un cadrage national ad hoc, de l’information sur l’Europe (et apparemment c’est vraiment génial que les lobbies sélectionnent les infos qu’ils fournissent aux citoyens, qui seraient probablement mieux informés avec une info relativement objective). En ce sens, ils assurent une médiation partielle de l’information produite massivement par la « machine communautaire » pour l’adapter à leurs publics. Il n’en demeure pas moins que, en dépit de leurs stratégies propres de communication et du rapport instrumental qu’ils ont à l’information, ces relais nationaux sectoriels jouent un rôle positif dans la sensibilisation des publics aux questions européennes, en particulier par l’éclairage expert qu’ils apportent sur ces dernières. Ils semblent ainsi participer de l’éveil d’une « conscience européenne » »

lobbying_whoreMais c’est vraiment magnifique ! Les lobbies, comme par hasard, présentent l’Europe (via une sélection des « informations ») de la manière qui convient le mieux pour vendre cette même Europe, selon les critères des européens convaincus. Alors de deux choses l’une : soit l’Europe telle qu’elle est convient réellement à ces lobbies, et ils la promeuvent parce qu’elle leur est favorable ; soit –mais on n’ose l’envisager- les lobbies et les intérêts qu’ils représentent font une active propagande auprès de l’opinion pour qu’elle adhère à l’idée de l’Europe qu’on lui vend, et ne cherche pas à comprendre ce qu’est réellement l’Europe ni comment elle fonctionne.

Quoi qu’il en soit, les canaux de cette « information » sur l’Europe sont bien rôdés, puisque les médias reprennent complaisamment leurs communiqués de presse. On nous cite même en exemple le Medef, qui « forme » ses adhérents sur les questions européennes. Sur le site de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, on a même la diligence de nous fournir un guide intitulé « Réflexes et atouts du lobbyiste européen. Mémento des démarches à suivre », où l’on peut lire comme 1ere recommandation de « démystifier le lobbying et comprendre qu’il s’agit d’un outil démocratique ». Etrangement, on retrouve le même argument que celui de nos spécialistes en sciences politiques, qui ont manifestement fait leur le credo des lobbyistes.

Une autre spécialiste nous explique la « place centrale » de l’ « expertise » des groupes d’intérêt (= lobbies) pour « l’efficacité du système politique communautaire ». Déjà, en parlant d’ « expertise », on frôle la désinformation. Les cabinets de lobbying sont certes « experts » dans leurs domaines, mais les rapports qu’ils fournissent à la commission sont évidemment complètement orientés, car c’est bien là leur raison d’être. Il est vrai qu’aujourd’hui on nous sort des « experts » et autres « spécialistes », comme un étendard justifiant tout et n’importe quoi, de la guerre en Irak aux OGM. S’il y a controverse « attention : expert ! », devient argument d’autorité. Par qui ledit expert est financé, pourquoi a-t-on fait appel à lui, tout cela n’est que détail.

L’auteure explique que la Commission est souvent dans « l’incertitude » par rapport aux dossiers qu’elle traite, et que fort heureusement les « experts » sont là pour fournir foison de rapports et d’informations tout à fait objectives.

Elle cite l’exemple du nucléaire, parfaitement révélateur de la manière dont les choses se passent. Les étapes sont toujours les mêmes :

  1. la Commission      décide de s’informer sur la question, et forme au début des années 90 une      cellule (NUSAC) d’experts externes et européens sur la question de la      coordination de la sécurité nucléaire.
  2. les entreprises      et industries nucléaires européennes, comme par hasard, sont déjà      regroupées dans le Twinning Programme Engineering Group (TPEG, avec dedans      EDF, la belge TRACTEBEL et italienne ENEL, l’espagnole DTN, la britannique      MAGNOX, la suédoise Vattenfall, la néerlandaise GKN, la finlandaise      IVO/TVO, et l’association VGB, représentant en particulier l’entreprise      allemande RW, mais il y en a d’autres comme le TSOG…), et travaillent déjà      régulièrement sur le sujet avec la Commission.
  3. la commission      commande des « études techniques » au TPEG, et les premières      sont carrément faites par les entreprises (mais pour toutes les réformes, y      compris celle du marché du travail ou des retraites, c’est le même      système)
  4. En 1993, la      Commission –après avoir bien lu les « expertises » des      entreprises du secteur- élabore son      « plan directeur » (c’est souvent un Livre Vert), « préparé      suite à un rapport technique fourni par le TPEG », dixit      l’auteure pro lobbies. Comme par hasard, la Commission conclut que la      fermeture des réacteurs les moins sûrs serait «économiquement      difficile » car on dépend trop du nucléaire. (on aurait pu y penser      avant, mais les experts ont du dire que y’avait le temps).

Après, le processus législatif ou réglementaire est lancé.

 
Et puis, il faut à ce stade comprendre ce qu’est la technique dite « du tourniquet » : un attaché parlementaire à Bruxelles, par exemple,LobbyingGovt travaillera 2 ou 3 ans à ce poste, puis passera dans un cabinet de lobbying, puis redeviendra fonctionnaire, ce qui lui permettra de faire passer les revendications des lobbies avec lesquels il a travaillé. Cette technique, comme le lobbying en lui-même, nous vient des Etats-Unis, où c’est chose classique qu’un administrateur de multinationale ait des responsabilités au sein du gouvernement, par exemple. Souvent, là-bas, il n’y a d’ailleurs même plus de tourniquet : ils occupent les deux types de fonctions en même temps.

Il est hélas un constat réel dans tout cela, corroboré par Florence Autret, journaliste très calée sur le lobbying et l’Europe : « la Commission a éminemment besoin des lobbies, au point de les solliciter, voire de les susciter. ». La même explique que les consultations de la société civile par la Commission ne sont qu’un « vernis démocratique », car l’influence prépondérante n’est pas détenue par les citoyens mais par les « experts » qui défendent des intérêts particuliers.

Il faut admettre aussi, hélas, que les lobbies sont parfaitement institutionnalisés au sein de l’Europe, au point qu’ils décident eux-mêmes de se doter (ou non) d’un code d’éthique, absolument pas contraignant faut-il le préciser ? On en est même, en France, à estimer que nous avons un gros retard sur le lobbying à Bruxelles, même si nos parlementaires considèrent qu’il y a depuis quelque temps « un léger mieux ». Car effectivement, à ce jeu-là on ne peut pas avoir moins d’influence que les autres. C’est donc lobby contre lobby, et alliances de lobbies en fonction des thèmes sensibles, à Bruxelles. Attac Bruxelles évoque d’ailleurs une « gouvernance des experts », qui n’a rien à envier à la bureaucratie soviétique.

Quand on sait, pour ne prendre qu’un exemple évocateur, que l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique, qui a pour but de défendre le nucléaire et a de nombreux « experts » proches des industries nucléaires qui font des rapports très objectifs), empêche toutes les études sérieuses sur les conséquences de Tchernobyl, on relativise l’objectivité des informations véhiculées par les groupes d’intérêts. Mais ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres.

Quelques exemples de lobbying à Bruxelles :

- sur le projet REACH destiné à limiter les produits chimiques dangereux en Europe.

- sur les OGM

- sur les retraites

- sur les émissions de CO2

- sur la transparence du lobbying à Bruxelles

- sur les médicaments génériques

 

Posté par Ceri à 15:19 - Lobbying - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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