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Politique mondiale, questions économiques et sociales, géopolitique

26 novembre 2009

Affaire SNCF: 1 an d'enquête, 0 preuves


gir004_girouette_personnage_epouvantailRetour sur l'affaire de Tarnac, cette sombre histoire dans laquelle on voit MAM et les RG s'acharner contre quelques jeunes gauchistes qu'ils accusent d'avoir "saboté" une ligne de chemin de fer en novembre 2008.

Aujourd’hui, les « preuves » accablantes qu’on est censés avoir contre eux depuis le début s’écroulent les unes après les autres sans que MAM ne change d’orientation : on n'a pas traîné pour les mettre en prison, mais on a beaucoup de mal à admettre les soupçons d’innocence qui pèsent sur les gens arrêtés dans le cadre de cette affaire SNCF Tarnac.



Il y a quelques jours, les avocats de Coupat, le principal accusé (d' "association de malfaiteurs à visée terroriste"), ont souligné publiquement quelques incohérences dans l'accusation. Par exemple, pour réaliser le trajet qu'on les accuse d'avoir fait jusqu'à la voie ferrée, ils auraient du rouler à 160km dans une vieille voiture. Ou, le flic qui est censé les avoir filés pendant plusieurs jours ne les a pas vus partir. ou encore, les marques de pneus ne correspondent pas avec les empreintes de la voiture de Coupat.

A l'époque, les Rg avaient qualifié dans un rapport de 41 pages sorti en juin, la librairie de Coupat à Tarnac de lieu "d’archives, d’études et de conspiration", on avait pointé le "milieu radical" etc.

Bref, aujourd'hui, trois des avocats de la défense, qui réclament un "non lieu rapide", ont déclaré lors d'une conférence de presse tenue juste après l'arrestation d'un autre gauchiste de Tarnac, que les flics avaient manqué de "loyauté", et les accusent d'avoir "falsifié" au moins un procès verbal."Nous avons la nette impression que policiers et magistrats ont reçu l’injonction de rechercher des faits susceptibles de revêtir la qualification d’entreprise terroriste", explique l'un des avocats.



Ah bon, des PV bidons?


Le PV incriminé (D 104, rédigé par la SDAT, la sous-direction anti-antiterroriste), en principe rédigé parculture001 un flic, raconte par le menu le sabotage soi-disant réalisé par Coupat et Lévy, entre 4 et 6 heures du matin le 8 novembre 2008.


 Une des incohérences est que le couple de "terroristes" aurait réussi à franchir les grilles de la voie ferrée avec deux fers à béton de plusieurs kilos et au moins une échelle, serait parvenu à poser lesdits fers en béton sur les lignes à haute tension (15.000V) situées à au moins 5 mètres du sol, le tout sans s'électrocuter et en moins de 20 minutes. Encore mieux qu'Intervilles.
Du coup, les avocats pensent que les flics n'étaient pas sur les lieux et qu'ils ont simplement imaginé le déroulement des faits.


Le mieux, c'est que jamais le juge Fragoli (chargé de l'enquête) ne s'est rendu sur les lieux pour vérifier si ces avérations sont ne serait-ce que réalistes, alors que Coupat a fait six mois de prison et qu'ils sont encore quelques un à être soumis à un contrôle judiciaire extrêmement contraignant (par exemple ils ont l'interdiction de rentrer chez eux).

Et puis, il y a cet agriculteur qui a d'abord déposé sous X puis sous son vrai nom, et qui considère avoir été manipulé ainsi que ses propos, et qu'en outre sa déposition est antidatée (le 14 alors que l'audition était le 13). Du coup, les avocats demandent une nouvelle audition. En fait, les flics lui auraient « demandé » sous la pression de signer un PV en blanc, et ont ajouté différents éléments à sa déposition, comme le contenu de mails interceptés.


anarcho_autonomeComme l'ombre d'un doute...


Du PS à la LCR, toute la gauche monte au créneau. Certains plus récemment que d'autres, mais hier des parlementaires PS, PC, Verts et Parti de gauche ont dit qu'il s'agit d'un "scandale d'Etat", d'un "montage" même.


De fait, après un an de ce que certains qualifient d' "enquête", force est de constater qu'aucune preuve 'na été apporté à l'accusation.
nous sommes aussi obligés de constater que l'enquête se fait exclusivement à charge, puisqu'il aurait été très facile pour le juge de démonter une bonne partie des éléments de l'accusation.

L'avocat de coupat, Jérémie Assous, considère que certains desdits éléments, tant ils sont incohérents,  ont été complètement fabriqués par les flics, et explique qu'il y a de " fortes présomptions de falsification, voire de fabrication de preuves".

Un autre avocat, Thierry Lévy, déclare carrément que "Le gouvernement a pris la responsabilité d'ordonner des enquêtes en incitant les policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à quelque chose qui n'existe pas".

Et comme par hasard, juste avant cette conférence de presse, on arrête un autre de Tarnac et on prolonge sa garde à vue dans les locaux de la DCRI. Accusé de terrorisme, il peut faire jusqu'à 96 heures, dont 72 sans avocat.

Le 5 novembre, à 6h 30, des flics parisiens ont perquistionné un appartement à Rouen: ils étaient à la recherche d'organisateurs d'une manif de soutien aux inculpés de Tarnac, le 21 juin à Paris, où les flics ont fiché -et arrêté- autant qu'ils pouvaient et au cours de laquelle des vitres d'une prison ont été cassées, notamment par des types masqués. Ils venaient à Rouen parce que la boîte mail du comité de soutien local avait été créée dans cet appart', d'après les informations fournies aux flics par Gmail. Accessoirement, des personnes sont recherchées pour "dégradations" et "violences à agent" mais attention: "en bande organisée" ce qui alourdit toujours les peines.


Mais les arrestations ont été nombreuses depuis un an (y compris en Allemagne), et avec l'accusation de Capture_d__cran_2009_10_06___20"terrorisme" ou de "soutien à un groupe terroriste", à chaque fois c'est 72 heures sans avocat, soit trois jours, en garde à vue dans une autre ville que celle où ils ont été arrêtés. Le temps de faire avouer à peu près n'importe quoi.

Histoire de faire comme s'il y avait vraiment des soupçons sérieux, malgré tout. Pourtant, s’il y avait ne serait-ce qu’une once de début de preuve utilisable, ça fait un moment qu’ils seraient déjà tous retournés en prison.


Dans un cas "normal", l'instruction aurait déjà pris fin. Mais là, non. Après que MAM ait étalé ses "preuves" accablantes dans les médias pour justifier les emprisonnements des types de Tarnac, il est hors de question de perdre la face. Même si, depuis, le départ, cette affaire "sent le souffre", il faut continuer le tapage médiatique anti "ultra gauche", anti "anarcho autonomes", histoire de justifier le flicage et la répression de tous ces gauchistes bientôt assimilés à des "terroristes".


A ce propos on se souvient que MAM avait osé le parallèle entre les inculpés de Tarnac et "les Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne"1]. Eh oui, la preuve: " Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n'utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer", déclarait-elle.

 

Ajout du 27/11/09: Le Canard Enchaîné de cette semaine apporte un éclairage nouveau sur cette histoire: d'après l'hebdomadaire, la gendarmerie, d'abord chargée de l'enquête puisque les faits de sabotage se sont déroulés dans sa zone, a quelques doutes quant à la présence des RG sur le bord de la voie ferrée, ce fameux matin du 8 novembre. 

D'une, les gendarmes, contrairement à l'usage, n'avaient pas été prévenus par les RG de leur mission sur place. Ensuite, les gendarmes se sont mis à enquêter sur l'enquête menée par les RG au sujet des sabotages, et ont questionné des agents de la SNCF afin de confirmer oud 'infirmer la présence des RG à cet endroit-là, à ce moment-là après que certains gradés aient expliqué qu'ils cherchaient à préciser ces faits.

Or, comme le rappelle Le Canard, "c'est cette présence  qui fonde toute l'accusation contre les "saboteurs" présumés". Un magistrat interrogé par les journalistes déclare même à propos des gendarmes que "ce n'est pas une dent qu'ils ont contre la police dans ce dossier. C'est un râtelier".

De fait, les pandores ont qualifié les faits de "dégradations volontaires  d'un bien public commises en réunion" par "un groupuscule de la mouvance anarchiste de gauche". On est loin de l'accusation d' "association de malfaiteurs à visée terroriste" que MAM s'est vantée publiquement d'avoir initiée.

Finalement, le 11 novembre 2009, MAM a déssaisi les gendarmes de leur enquête sur les sabotages, ou plutôt devrais-je dire les "attentats", n'est-ce-pas...



 

[1] Elle a déclaré sur Europe 1 le 23 novembre 2008 que « Nous assistons à des phénomènes qui sont exactement ceux qui ont précédé les attentats des Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne », suite au rapport des RG intitulé 'Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne', dans lequel les flics précisaient –toutes proportions gardées, bien entendu !- que « Les faits et comportements observés sur notre territoire sont similaires à ceux recensés à la fin des années 70 qui avaient été précurseurs de la constitution du groupe Action directe ». Rien que ça... Et il y avait aussi une sorte de liste rouge de gauchistes...


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08 novembre 2009

Le grand retour du religieux...et des sectes

Aujourd’hui, on va aborder un sujet qui n’est pas revenu sur le tapis depuis un moment, et c’est bien étrange : l'avancée des sectes et des religions ainsi que l’ambiguïté de Sarko vis-à-vis des sectes en général, et de la scientologie en particulier. Un aspect de cette ambiguïté est la dégradation de la lutte contre les sectes, via l’appauvrissement régulier et permanent des moyens qui y sont consacrés. Et cela fait parfaitement écho au discours des sectes, qui se disent victimes de discriminations dans leur droit à exercer leur religion.

Tout d’abord, Sarko a une position très claire sur les sectes, comme il l’a affirmé dans un des bouquins qu’il a laicite2signés « La République, les Religions, l’Espérance ». Morceaux choisis :

« Je me demande cependant si parfois l’on n’a pas été trop loin [dans cette lutte contre les sectes], jusqu’à faire preuve d’un certain sectarisme ! »

« L’inquiétude ne justifie pas une lutte tous azimuts et sans mesure contre le moindre mouvement spirituel nouveau »

« Je crois à la liberté individuelle : si les gens ont envie d’être témoins de Jéhovah, c’est tout à fait leur droit. Tant que leurs activités ne sont pas contraires à l’ordre public, je ne vois pas au nom de quoi on le leur interdirait. »

« Je crois donc en une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. »

« Je me suis toujours dit qu’il y avait de l’arrogance dans la certitude de la non-existence divine. J’espère que chacun a en lui cette part de doute qui permet de continuer à espérer ». 

La position de Sarko, président d’une République qui a inscrit la laïcité dans sa constitution, est donc ambiguë. Il ne condamne pas les mouvements sectaires, et il occulte même leurs dérives. Pour lui, les sectes peuvent être assimilables à de simples courants de pensée. D’ailleurs, c’est le grand enjeu pour les Scientologue et autres témoins de Jéhovah que d’être reconnus en tant que courants philosophiques et de disparaître de la liste des sectes.

Sarko l’a dit, à tort : « Ce n’est pas à moi de dire si la Scientologie est une secte ». Certes, mais de fait, elle est inscrite sur la liste des sectes, et il ne peut dire autre chose, en tant que président justement. Et cela prouve que pour lui, les choses ne sont pas si claires.

c4b886ce4519fec8dba9a83734f1a1f9La laïcité en ligne de mire

En 2005, une rapporteuse de l’ONU sur la liberté de religion est venue contrôler la liberté religieuse en France, à l’invitation notamment de Sarko. Elle rédige un rapport qui est en réalité une attaque en règle contre la laïcité. On peut y lire que :

-« [La rapporteuse] se félicite néanmoins du débat qui se déroule actuellement au sein de la société française au sujet de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État et estime qu’une évaluation approfondie de son application dans le contexte actuel, marqué par une diversification accrue des religions, est un processus nécessaire dans une société démocratique fondée sur l'état de droit. Concernant la question des sectes, terme qui désigne des groupes organisés autour d'un culte mais aussi de nouveaux mouvements religieux ou de nouvelles communautés de conviction, la Rapporteuse spéciale est d'avis que la politique du Gouvernement a peut-être contribué au climat de suspicion générale à l'égard des communautés inscrites sur une liste qui a été dressée suite à un rapport parlementaire [la liste des sectes], et qu'elle a porté atteinte au droit à la liberté de religion ou de conviction de certains membres de ces communautés ou groupes. »

- elle se félicite aussi de la transformation de la MILS en MIVILUDE

- elle critique la loi sur le port du foulard à l’école : « Cependant, cette loi prive de leurs droits les mineurs qui ont choisi en toute liberté de porter un signe religieux à l’école par conviction religieuse ». Elle recommande une « application souple ».

- « Durant sa visite, la Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants de certains des groupes religieux ou communautés de conviction qui avaient été inscrits sur la liste de 1996, dont des membres de l'Église de scientologie et des Témoins de Jéhovah. La plupart ont reconnu que leur situation s’était quelque peu améliorée, mais des cas de discrimination illégale ont continué d'être soulevés, notamment dans l’enseignement, du fait d’une campagne antisectes qui est souvent menée sans encadrement approprié, d'où la stigmatisation d'un certain nombre d'enfants qui seraient membres de ces groupes. »

Puis, après un état des lieux extrêmement partial sur l'état de la (des) religion(s) en France, la Rapporteuse soumet ses conclusions:

"84. Par ailleurs, il existe un certain nombre d'affaires pendantes, concernant notamment des questions fiscales, dans lesquelles des groupes religieux ou communautés de conviction ont signalé des cas de discrimination. À cet égard, il a été porté à la connaissance de la Rapporteuse spéciale qu'en vertu de la loi du 9 décembre 1905 certains groupes ou mouvements peuvent bénéficier d.une exonération fiscale sous réserve qu'ils exercent exclusivement un culte, appréciation que certains interlocuteurs ont assimilée à une forme de reconnaissance du caractère religieux du groupe concerné.

85. Enfin, certains groupes se sont plaints de ce que la construction de lieux de culte se heurtait à des difficultés et obstacles et de ce que les centres de détention ne leur soient pas accessibles.

87. Néanmoins, la question de la répression des sectes pose un problème au regard de la liberté de religion ou de conviction, telle qu'elle est protégée par les normes internationales. Suite à l'adoption de la loi About-Picard susmentionnée, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a souligné, dans sa résolution 1309 (2002), que «[s]i un État membre est parfaitement habilité à prendre toutes les mesures qu'il estime nécessaires pour protéger son ordre public, les restrictions autorisées aux libertés garanties par les articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion), 10 (liberté d.expression) et 11 (liberté de réunion et d'association) de la CEDH [Convention européenne des droits de l'homme] sont soumises à des conditions précises [.] [et a] invit[é] le Gouvernement français à revoir cette loi.».

108. Toutefois, elle est d’avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l’égard de leurs enfants.

Au cas où quelqu’un pendait encore que la MIVILUDE avait la même mission que la MILS, la rapporteuse spéciale, elle, faisait très bien la différence : « 110. La Rapporteuse spéciale note que les autorités françaises ont adopté dernièrement une approche plus équilibrée de ce phénomène en ajustant leur politique, notamment par la transformation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Néanmoins, d’autres améliorations s’imposent pour faire en sorte que le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les individus soit garanti et pour éviter la stigmatisation des membres de certains groupes religieux ou communautés de conviction, notamment de ceux qui n’ont jamais commis d’infraction pénale au regard de la loi française. »

« 111. La Rapporteuse spéciale forme l’espoir que les futures initiatives de la MIVILUDES seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu’elles éviteront les erreurs du passé. Elle continuera de suivre de près les différentes actions qui sont entreprises par la Mission interministérielle »

Elle demande aussi que le gouvernement s’implique dans l’orientation religieuse des « groupes religieux ou communautés de conviction »

Accessoirement, l’ONU s’est mise il y a quelques années à réunir des dignitaires religieux de tous les pays et deb_232_charia_onu nombreuses religions, afin de trouver des solutions pour la paix dans le monde. Comme si les religions avaient prouvé leur tolérance et leur ouverture par le passé et encore aujourd’hui ! Beaucoup d’adeptes de la laïcité considèrent d’ailleurs qu’afin d ‘éviter un retour du religieux et de la régression sociale comme au XIX è siècle en France, il faut reléguer les religions à la sphère privée. Donc certainement pas les impliquer dans la politique mondiale !

En dehors de cela, différents groupes sectaires sont reconnus en tant qu’ONG par l’ONU, qui collabore avec à l’occasion et/ ou les finance, tout comme d’autres institutions internationales. Le recours à des devantures humanitaires est un créneau fort apprécié des sectes. Certes, parfois la manip’ rate, mais parfois pas.

Et les sectes ont raison de s’attaquer à l’ONU pour devenir des ONG : une fois que l’ONU leur reconnaît ce statut, il vaut dans tous les pays qui ont signé notamment la convention européenne du 24 avril 1986.

Même la MIVILUDE a prévenu dans son rapport de 2008 que les sectes (en particulier la Scientologie, les Témoins de Jéhovah, les Raëliens et Moon) font du lobbying, notamment auprès de l’ONU ou de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe). Le discours des lobbyistes pro sectes, explique la MIVILUDE, « reprend principalement les arguments de deux mouvements d’origine nord-américaine, qui se présentent systématiquement comme les victimes d’une discrimination religieuse dont est responsable, selon eux, l’intolérance de « la mouvance antisecte » composée d’associations et de certaines institutions étatiques ». Exactement les conclusions de la rapporteuse de l’ONU invitée par Sarko.

Pour reprendre le fil de mes considérations sur sarko et la religion en général, je reviens rapidement sur l’épisode du Conseil français du culte musulman (CFCM), à qui il a donné un véritable rôle politique. Cela signifiait aussi la reconnaissance de l’Islam, toujours dans un pays laïc, afin d’en faire un auxiliaire dans la gestion du culte notamment.

charliehebdon814230108deo1En 2006, Sarko contribue à mettre en place une commission pour « réformer la loi de 1905 » de séparation de l’Eglise et de l’Etat afin de financer les lieux de culte. La commission Machelon, donc, était composée, comme par hasard, uniquement de croyants affirmés, qui concluent notamment que « la majorité des membres de la commission estime que devrait être envisagée la création d’une forme particulière de reconnaissance d’utilité publique pour les activités religieuses ». Or, c’est justement ce que demandent les sectes.

Ladite commission, dans sa liste, ne montre qu’une seule personne ayant un rôle purement religieux1]. Mais on retrouve aussi :

- une ex membre du conseil d’administration du Consistoire de Paris (novembre 2001 à novembre 2005),

- - un membre du bureau du Consistoire central,

- - l’avocat de la Grande Mosquée de Paris, accessoirement délégué général du CFCM,

- le secrétaire général de l'Union Internationale des Juristes Catholiques (UIJC),

- le directeur d'un DEA de droit canonique et directeur de l'unité de recherche Prisme (Politique, religion, institutions et sociétés, mutations européennes) à l'université Robert- Schuman de Strasbourg,

- le secrétaire général de la Fondation pour le protestantisme

- un musulman de la mosquée de Saint Denis et membre du CFCM,

- le directeur de l'Institut Européen en Sciences des Religions, également directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcité

Au final, plus la moitié des membres de cette commission essentiellement composée de juristes et/ou croyants, sont donc complètement impliqués dans des activités religieuses. Et ce n’est pas précisé dans le rapport. Les autres sont des juristes qui sont spécialisés dans le droit religieux. Pour l’impartialité, on repassera.

La commission a même demandé leur avis aux témoins de Jéhovah, ainsi qu’à moult personnages religieux qui ont pu s’exprimer largement et au final, nier les risques sectaires. De l’autre côté, les athées n’ont pas eu voix au chapitre, comme on dit. Et en biais, on s’aperçoit que pour la commission, la laïcité c’est reconnaître tous les cultes, et pas les reléguer dans la sphère privée de laquelle ils ne devraient jamais sortir ou presque.

Enfin, bref. Revenons à Sarkozy.

On se rappelle aussi sa rencontre avec Tom Cruise, en 2004 alors qu’il était aux Finances. Même si cela ne sarkozyreligionso8signifie évidemment pas que Sarko est scientologue, il aurait du savoir qu’une des techniques de com’ de la scientologie est justement de s’approcher de personnalités afin de redorer son image. Surtout, quelque temps plus tard, le VRP de la Scientologie a admis avoir parlé de la secte avec Sarko (qui a toujours nié): «  Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale »

Il y a aussi eu la sortie d’Emmanuelle Mignon, sa directrice de cabinet jusqu’en juillet 2008, qui a expliqué à VSD que les sectes « sont un non problème ».

Et puis, Sarko a dézingué sec, dans les rangs de ceux qui tentent de lutter contre les sectes et toutes leurs dérives.

Les cas sont nombreux, mais celui d’un flic des RG spécialisé dans les sectes, Arnaud Palisson, est révélateur. En 2002, alors qu’il travaille dans la section « sectes » des RG, il obtient la plus haute mention et les félicitations du jury pour sa thèse de droit pénal. Dans cette thèse, il énumère les escroqueries et les problèmes posés par la scientologie et ses dérives sectaires. Evidemment, la scientologie a immédiatement porté plainte pour faire annuler ladite thèse.

Et d’un coup, l’éditeur est contacté par la scientologie pour ne pas publier le bouquin de la thèse ni celui qui suit, tout comme Palisson qui a droit à de nombreuses pressions de la part de sa hiérarchie2], à tel point qu’il a fini par émigrer au Canada.

A peu près au même moment, à la chute du gouvernement socialiste, Sarko transforme la MILS (Mission interministérielle de lutte contre les sectes), qui devient la MIVILUDE (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Mais son rôle est axé sur l’observation « des dérives sectaires » et ce qui s’ensuit et non sur la répression des sectes. On parle « d’information » et de « prévention », pas de mesures coercitives.

Mais, elle a juste un petit problème : personne n’a défini les « dérives sectaires », et encore moins en droit.

Au moment de la création de la MIVILUDE, Sarko a quand même cru bon de rappeler qu’on doit garantir le « respect des croyances et de toutes les religions ».

En juillet 2008, Sarko supprime le service des RG qui était chargé de surveiller les sectes, et aujourd’hui, seuls trois policiers de la SDIG (Sous direction de l’information générale) travaillent sur le sujet. D’après le Canard Enchaîné, les flics spécialisés en question n’ont pas le droit d’enquêter sur une catégorie de sectes dites « intrusives », desquelles fait partie la Scientologie. Seule la DCRI3] en a le droit, et ses investigations relèvent du « secret défense », si bien que même la MIVILUDES ne peut accéder aux infos concernant la scientologie, par exemple. Toujours d’après le Canard, un ancien des RG a expliqué que « Quand il est revenu à l’Intérieur en 2005, on nous a fait comprendre que la Sciento n’était plus la priorité ».

charlie_hebdo_scientologie2La rhétorique de la « discrimination »

Le rapport de la rapporteuse de l’ONU dont j’ai recopié certains passages insistait énormément sur la « discrimination » dont étaient victimes des sectes telles que les Scientologues ou les témoins de Jéhovah. Et c’est au nom de la fin des discriminations qu’il serait urgent de donner à ces groupuscules un statut d’association à but culturel ou religieux. La MIVILUDE le disait elle-même en 2008 : « les angles d’attaque sont récurrents : d’une part l’éternelle accusation d’atteintes à la liberté religieuse permettant de mieux victimiser les mouvements sectaires, d’autre part le déni de sectarisme allant de pair avec la négation même de l’existence de victimes de leurs pratiques »

Un des grands arguments utilisés par la Scientologie pour gagner en reconnaissance est de se dire victime de discriminations de la part des autorités, voire de harcèlement. Il y aurait éventuellement discrimination si toutefois la Scientologie était une religion et pas une secte. En plus, le statut donne des avantages fiscaux !

La Scientologie, à force de lobbying, a réussi à se faire reconnaître le statut d’Eglise aux Etats-Unis en 19934], en Espagne, ou en Suède où le « mariage scientologue » est reconnu. Et elle est en passe d’obtenir ce statut dans d’autres pays, comme la Russie, qui vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir violé les libertés d’association et de religion, respectivement articles 11 et 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le motif ? La Russie a refusé d’immatriculer en tant qu’associations religieuses.

Il y a aussi les nombreux pays, comme l’Angleterre, où l’association est considérée comme une association religieuse, et bénéficie d’une exonération de TVA. Pour ce pays, ainsi que pour les Pays Bas, la Suisse, la Hongrie et d’autres… la Scientologie poursuit donc des buts caritatifs et non lucratifs.

Ailleurs, la Scientologie se dit victime de discriminations dans son droit à exercer sa religion. Mais, même là où elle n’est pas la bienvenue, la secte parvient à multiplier les « Eglises » un peu partout en Europe. Et un peu partout, grâce au statut d’association sans but lucratif, elle est exonérée de TVA et/ou d’impôts.

La Scientologie souligne elle-même les énormes avancées obtenues en la matière ces dernières années, mais elle admet que « Ces nombreuses reconnaissances n'ont pas toutes été faciles à obtenir », ce qui suppose que la secte a du mener un certain nombre d’actions de lobbying pour arriver à ses fins.

En Belgique, elle a installé son ses quartiers pour l’Europe, rue de la Loi, dans le quartier des lobbyistes qui lecanardenchainen458510li2jouxte le Parlement et la Commission européenne, et elle a même installé une belle plaque dorée avec son nom écrit en gros, sur la rue. En Flandre, elle a même installé un « centre de dianétique », l’espèce de médecine parallèle prônée dans les bouquins de Ron Hubbard, et un grand centre européen est prévu à Bruxelles. Normal, elle n’est pas considérée comme une secte et a le statut… d’association sans but lucratif (asbl), dans ce pays non laïc.

Chez nous, elle a le statut d’association est encore sur la liste5] des sectes établie par la commission d’enquête du Parlement sur les sectes, en 1996, et elle est considérée comme telle ne serait-ce qu’en raison de la manipulation des gens afin des les escroquer. Les condamnations, bien que relativement peu nombreuses, ne manquent pas, pour rappeler que les groupuscules incriminés sont bien coupables de manipulation et d’escroquerie, et qu’il est très difficile de les quitter, même après qu’on se soit retrouvé surendetté pour la secte.

Mais en ce qui concerne le statut de ces associations, on « présume »6] qu’elles sont non lucratives, et on leur accorde le statut ainsi que les avantages fiscaux qui vont avec. Ainsi, « l’administration doit réunir des indices suffisants montrant leur caractère lucratif avant de pouvoir user de son pouvoir de contrôle ».

Le statut convoité d’association culturelle signifie que l’asso est « formée pour subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice public d'un culte " et devra " avoir exclusivement pour objet l'exercice d'un culte ». Ce statut permet d’hériter de personnes physiques, mortes ou vives, et de ne pas avoir de taxe d’habitation sur les lieux de culte. Pour l’instant, la quasi-totalité de ces associations, en France, sont en rapport avec les religions classiques.

L’enjeu est donc de gagner en respectabilité, notamment en approchant des personnalités. Mais il s’agit aussi de se faire passer pour un mouvement religieux anodin. D’ailleurs, si on regarde l’annuaire en ligne (le 118 000 en l’occurrence), il est mentionné sous l’adresse : « Association religieuse et association philosophique ».


Scientologie__et_arnaque_crimeDe fait, on ne peut pas parler de harcèlement à l’encontre des sectes et autres groupuscules, en France ou même en Europe. Pour preuve, l’épisode du dernier procès en date de la Scientologie.


Et en Europe, la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu aux Témoins de Jéhovah le droit de manifester leur religion, notamment dans l’arrêt " Kokkinakis ". Heureusement, l'administration fiscale considère que cette jurisprudence ne confère pas le statut cultuel aux associations jéhovistes, statut régi par des dispositions spécifiques et demandant le respect de conditions particulières.

Le Conseil d’Etat considère quant à lui que les Témoins de Jéhovah ne respectent pas l’ordre public, tandis que certains préfets, comme ceux de Guyane ou de Saône et Loire estimaient que si, et sont prêts à leur donner le statut d’association culturelle.

Les sectes, en particulier la Scientologie, sont donc pour l’instant occupées à mener leur lobbying auprès des élus nationaux et européens afin qu’ils lâchent la grappe aux sectes. On les trouve notamment, comme tous les autres lobbyistes, au bar du Parlement de Strasbourg lors des sessions parlementaires, munis d’un badge « visiteur » (mais ils se présentent le plus souvent en tant que membres d’ONG pour les droits de l’homme). La délégation de parlementaires hollandais aurait ainsi demandé l’accréditation de lobbyistes scientologues à Strasbourg, pour qu’ils accèdent aux députés et attachés parlementaires.

L’Etat, notamment en France cesse donc de poursuivre les sectes, et tente même de leur faciliter. Goerges Fenech, président de la MIVILUDE, l'a dit également : « De façon générale, on assiste depuis quelques années à un endormissement inquiétant des pouvoirs publics sur le sujet ». En effet, Sarko, lui, en est plutôt rendu à prôner la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels » (sic.).

En fait, l’avancée des sectes va avec le grand retour du religieux sur la scène politique internationale. Sarko est juste dans le mouvement général, quitte à attaquer le principe de laïcité qui pourtant, est censé nous préserver des dérives liées aux sectes, mais aussi aux religions. Le passé nous a suffisamment prouvé que ces groupuscules et autres théoriciens de la foi n’ont jamais apporté la paix sur terre. En légitimant l’ordre établi et en menant les hommes à la baguette, ces courants religieux seraient fort utiles pour canaliser une population de plus en plus avilie, qui risque par conséquent de contester le sacro saint ordre établi.

Il serait bon de rappeler certaines lignes rouges à Sarko, afin d’éviter que, comme en matière sociale, on ne se retrouve en matière de religion plongé dans les pires périodes du XIX è siècle.


[1] Jean-François Colosimo, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe Saint Serge

[2] Qui lui demande notamment de retirer la thèse qui était en ligne sur le Net et le placardise.

[3] Direction centrale du renseignement intérieur, un machin crée par sarko, regroupant RG et DGSE. Elle est basée dans les Hautes de Seine à Levallois Perret (chez Balkany) et est dirigée par Bernard Squarcini, un proche du Chef depuis qu’il a retrouvé Colonna, en 2003.

[4] L’Etat considérait ainsi que la scientologie « œuvrait exclusivement à des fins religieuses et caritatives »

[5] Apparemment, certaines associations ont été mises sur ladite liste de manière un peu intempestive, alors que d’autres comme le Temple Solaire, l’Opus Dei ou les mormons n’y figurent pas. La liste est considérée comme étant périmée, mais il n’y en a pas de nouvelle.

[6] D’après le rapport parlementaire « Les Sectes et l’argent », de 1999.

secte

29 octobre 2009

A Rouen, on arrête les sans-papiers jusqu'aux Restos du Coeur

46003000000immigrationjetableJe reprends une info récente répercutée notamment par L'Humanité: l'arrestation d'une dizaine de personnes sans papiers aux Restos du Coeur de Rouen le 14 octobre.


Après des agents zélés du Pôle Emploi d'Orléans de cet été, qui convoquent une personne sans papiers à un rendez-vous où la police les attend pour l'embarquer en centre de rétention, ladite police prend les devants et se pointe sans prévenir aux Restos du Coeur, quand les bénévoles s'apprêtaient à distribuer les colis et que les gens faisaient la queue.
Un tel cas serait déjà arrivé à République à Paris, en 2007 lors d'une distribution des Restos, voilà qu'on remet ça. Histoire de faire "du chiff' " comme dirait Sarko, on vient donc chercher les gens là où ils sont obligés de passer pour survivre, sans se préoccuper du fait que cette aide de base leur est indispensable et que beaucoup n'oseront plus y retourner après quelques rafles dans le style.


L'Humanité rappelle opportunément que Besson, le ministre de l'Identité nationale et de la chasse aux immigrés, a pourtant déclaré le 17 juillet 2009, face aux associations humanitaires concernées, que "Les lieux dans lesquels est apportée l’aide humanitaire doivent être en quelque sorte sanctuarisés, afin de bien marquer le caractère inconditionnel de cette aide. Les lieux où sont soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse, ne sauraient être la cible d’une politique de contrôle et d’interpellation".
Il rappelait ce jour là qu'il se battaoit contre les "filières" d'immigration clandestine, pas contre les immigrés. ce qu'il a prouvé récemment avec l'expulsion de trois afghans dans un pays en guerre, malgré que la France ait signé moult conventions interdisant l'expulsion de personnes dans un pays en guerre. Mais, bref.


Suite à l'affaire d'Orléans, largement provoquée par les instructions venues d'en haut appelant à la délation, sans_papiersd'autres agents du Pôle Emploi ont crée le Réseau éducation, formation et insertion "pour dénoncer le dévoiement de [leurs] missions".

Même si on comprend que le pays ne peut pas absorber la totalité du flux d'immigrés souvent bercés d'illusions qui sont poussés à tenter leur chance chez nous, on ne peut pas accepter la chasse à l'homme qui se déroule sous nos yeux. Faudra-t-il encore assister impuissants à  à des scènes telles que l'embarquement de bon matin dans un fourgon de police d'un grand père asiatique et de ses deux petits enfants, les cartables sur le dos, qui partaient à l'école, ou bien devoir chercher un chemin pas trop risqué à expliquer à un sans papiers pour qu'il puisse arriver à destination?

Il est clair que le mouvement de persécution des sans papiers, qui parfois sont en attente d'une réponse et sont donc légalement en France, ou bien devraient obtenir un titre de séjour qui leur est refusé, ce mouvement de persécution est initié depuis le gouvernement et l'Elysée. S'agit-il vraiment d'être efficace? On en doute au vu de la note salée des expulsions. S'agit-il de satisfaire l'électorat d'extrême droite qui peut se sentir floué par l'ouverture et la dégradation des conditions de vie?

Il serait en tout cas temps d'arrêter cette traque, qui dérive méchamment et devient franchement inhumaine. Et qui, par ailleurs, coûte la modique somme de 20.970 euros par personne expulsée, à multiplier par les 28.000 expulsions de 2008, par exemple.

paroles_sans_papiers

 

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28 octobre 2009

La com', religion de Sarko

Le budget communication de l’Elysée, en plus d’être opaque, a explosé ces derniers temps. De fait, Sarko, l’œil collé aux derniers sondages, est depuis toujours un grand consommateur de sondages et autres études d’opinion.

D’après Le Point, en 2009 l’Elysée a versé 300.000 euros à IPSOS, et 820.000 euros à Publifact et2007_04_20T160324Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP_FRANCE_PRESIDENTIELLE_SARKOZY_20070420 Publiopinion entre janvier et juillet 2009. En 2008, Publifact a facturé pas moins de 130 missions à L’Elysée, et la Cour des Comptes a calculé que cela revenait à 1,5 million d’euros. En plus, tout cela s’est passé en dehors de tout appel d’offres, et la Cour des Comptes a même osé s’interroger sur l’ « utilité » desdites enquêtes : en effet, puisqu’elles venaient d’être publiées dans Le Figaro à quoi servait-il à l’Elysée de payer 392.288 euros pour obtenir ces mêmes informations ?

Ces deux sociétés (Publiopinion et Publifact) appartiennent à un dénommé Patrick Buisson, qui est sous contrat avec l’Elysée. Buisson, un ancien journaliste grand fan de l’OAS, a commencé sa brillante carrière à Minute, ce journal d’extrême droite dont il finit par diriger la rédaction avant de passer chez Valeurs Actuelles en 1987. Puis, il se met à conseiller les politiques, comme De Villiers, Madelin ou Bayrou tout en étant présent sur LCI et au Figaro, ce qui lui donne une crédibilité.

Publifact, un institut sans bureau qui ressemble davantage à une boîte postale qu’à une entreprise sérieuse, a commandé –sans appel d’offres- quelques sondages à Opinion Way pour l’Elysée (publiés par le Figaro et LCI[1], les médias officiels du Sarkoland), ce qui explique pourquoi Opinion Way n’apparaît pas parmi les entreprises qui ont touché du fric directement de l’Elysée. D’après la Cour des Comptes, une quinzaine d’enquêtes payées par l’Elysée avec l’argent du contribuable ont été publiées par Le Figaro ou citées par LCI. Tout ce cirque s’est miraculeusement arrêté après la publication du rapport de la Cour des comptes en juillet.


 

karch_sarko_131_2_600sAujourd’hui, après avoir mené en partie la campagne présidentielle et avoir reçu la Légion d’honneur des mains de Sarko, Buisson devenu politologue grâce à LCI, bénéficie du titre ronflant de conseiller en stratégie de Sarkoléon. Normal, Sarko le dit lui-même : c’est « grâce » à Buisson qu’il a été élu. Merci Buisson.


Pour résumer, on peut dire que Buisson est un des grands communicants de Sarko. Il analyse probablement certains phénomènes, mais son but est surtout de présenter l’action de Sarko sous un jour favorable, quitte à commander des sondages ad hoc. Pour cette activité de conseil, il touche au moins 10.000 euros (hors taxes) chaque mois.

Pierre Giacometti, ex patron d’IPSOS présent au Fouquet’s le soir de l’élection, bénéficie quant à lui de 43.500 euros par mois pour réaliser différentes études et analyses. Il est aujourd’hui à la tête de «

Giacometti Péron & Associés », une boîte de conseil qu’il crée en février 2008. D’ailleurs, l’IPSOS, quand Giacometti était encore à sa tête, a réalisé 95% des sondages commandés par l’Elysée entre juin 2007 et mars 2009.

En 2010, le budget prévu rien que pour les sondages commandés par l’Elysée est de 1,3 million d’euros. Une paille.

 

D’autant qu’en principe, le SIG, le service d’information du gouvernement, est compétent pour tousbrunisarkopeopolesz5 ces travaux, et beaucoup moins cher que les instituts privés. Mais, il est vrai que faire profiter les copains des largesses élyséennes peut être un bon calcul politique. Thierry Saussez, le chef du SIG, justement, a demandé une augmentation budgétaire conséquente dès cette année : 22,4 millions d’euros au lieu de 5,7 pour 2008, soit quatre fois le prix habituel. Histoire, d’après Saussez, de créer un super site Internet, de faire trois super campagnes « interministérielles » (à 12 millions d’euros), de commander des sondages sur Sarko et de faire de la « stratégie » publicitaire. Ca fait quand-même cher.


Quoi qu’il en soit, le SIG, destiné en principe au gouvernement, se retrouve de fait à travailler presque exclusivement pour améliorer l’image de sarko.

 

Et cela, sans parler des millions d’euros consacrés aux multiples campagnes publicitaires nous vantant les bienfaits de la sarkozie : 28,8 millions pour la presse écrite (dont 19,5 pour les quotidiens), 26 pour la télé. On se rappelle par exemple la mémorable campagne qui nous a expliqué que sarkoléon avait fait grimper notre pouvoir d’achat, payée la modique somme de 4,3 millions d’euros (dont 4 pour les achats d’espaces pub). Rassurons-nous, Saussez s’est empressé de préciser qu’il ne s’agit là que de 0,33% du coût total des opérations pub.


En ces temps de crise, injecter des millions d’euros dans la télé et dans une presse écrite d’autant plus périclitante qu’elle est asservie permet de se mettre les médias dans la poche pour pas grand-chose.

 

sarkozy_anne_fuldaEnfin, comme si tout cela ne suffisait pas, Sarko bénéficie encore des lumières de moult grand communicants, comme Franck Louvrier qui le conseille depuis 10 ans en matière de com’, l’inénarrable Henri Guaino et ses célèbres discours, Emmanuelle Mignon, très libérale envers les sectes, Catherine Pégard, venue du Point  pour veiller sur l’image de Sarko, ou David Martinon et le publicitaire Franck Tapiro il y a encore quelque temps. Sans compter les conseillers placés dans les médias, comme Laurent Solly à TF1.


 

A l’heure où l’on devrait aborder les questions sérieuses, il semble que Sarko continue à miser sur la seule chose qu’il peut maîtriser : son image. Car, son image c’est son capital, puisque les actes ne jouent pas en sa faveur. D’où l’intérêt de multiplier les actions de com ‘, d’où l’explosion du budget communication (entre autres) de l’Elysée et du SIG, puisque l’Elysée a mis la main dessus.


[1] Qui se sont bien gardés de mentionner le commanditaire de ces sondages, parfois mis à la Une.

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30 août 2009

La fin d'une justice indépendante en France

Avec Sarkoléon on avait l’habitude : c’est mieux de lancer une commission sur tel ou sujet, histoire d’endormir tout le monde, pour quand même faire ce qui est décidé par le Chef. L’opinion des professionnels ? on s’en tape ! Celle des électeurs ? Idem ! Et ne parlons même pas de ces droits de l’homistes qui ne comprennent rien à rien. Voilà donc une dernière attaque contre les piliers démocratiques : l’indépendance de la Justice et les droits de la défense.

Après l’hôpital public sacrifié au privé, après l’éducation transformée en fabrique à crétins année après année,juge1 voilà donc la suite de la grande offensive contre les droits de la défense (on a déjà eu les comparutions immédiates, les peines plancher, la « réforme » de la carte judiciaire etc.) , avec la suppression programmée du juge d’instruction, quoi qu’il arrive.
La saga avait commencé avec une
sortie de sarkoléon en janvier, pour critiquer les vilains juges qui manquent d’impartialité, comme l’a tellement bien montré la grande affaire d’Outreau,  si bien médiatisée et montée en épingle qu’on pouvait se demander à quoi mènerait un tel ramdam. On le sait désormais : il s’agissait ni plus ni moins que de supprimer les juges d’instruction, seule autorité judiciaire indépendante du pouvoir, qui menait ses instructions à charge et à décharge, du moins était-ce écrit dans les textes.

Le calendrier correspond : Sarko, qui considère que « pour qu’une idée passe dans ce pays, il faut qu’elle infuse les esprits pendant un an », lance donc à la rentrée la grande offensive.
En janvier, il était encore question de « renforcer les droits de la défense » (sic.) en permettant par exemple à l’avocat de la défense d’avoir accès au dossier du prévenu dès le début de l’enquête. Voilà qui garantira parfaite équité dans le traitement des accusés !

Quant à l’indépendance des procureurs, il n’en a évidemment jamais été question, l’enjeu étant pour sarko d’avoir la main sur 100% des décisions de justice. Et ce, contrairement aux recommandations de la commission Outreau, ou du rapport Delmas Marty de 1990 qui se demandait s’il était vraiment opportun de « pour assurer la séparation des fonctions

d’enquête et de juridiction, de confondre entre les mains du ministère public les fonctions d’investigation, de poursuite et d’accusation », et s’il n’est pas « particulièrement dangereux d’attribuer, dans tous les cas, la responsabilité de l’enquête à une institution qui, au contraire du juge d’instruction, ne bénéficie pas d’une totale indépendance statutaire à l’égard du pouvoir exécutif » ce qui hélas est exactement le projet de sarkoléon.

Enfin, le rapport Delmas Marty explique clairement qu’un tel système n’est « ni réalisable, ni même souhaitable », et qu’il conviendrait en outre de renforcer les droits de la défense.

La commission Outreau préconisait quant à elle de créer une collégialité des juges d’instruction, afin qu’ils mènent l’instruction et prennent les décisions ensemble. Evidemment, elle recommandait elle aussi de mieux garantir les droits de la défense, notamment en prévoyant un accès rapide au dossier de l’accusé, y compris de manière directe.

P915967D800266G_apx_470__w_ouestfrance_Le rapport Léger porte bien son nom

Un énième rapport, le rapport Léger cette fois-ci (mais dont nous avons, grâce à une fuite opportune, pu apprécier les premières conclusions dès le mois de mars), explique savamment que le juge d’instruction n’a pas lieu d’être.

Le Syndicat de la magistrature (SM) avait d’ailleurs parlé à l’époque d’un « comité en service commandé », dont les conclusions étaient évidemment alignées sur les dernières lubies de sarkoléon, et avait lancé une pétition ainsi qu’un mouvement de protestation contre ladite réforme.

Les droits de la défense n’étaient quant à eux toujours pas garantis. Pour résumer, voici un extrait de ce que pensait à l’époque le SM : « Le comité Léger part du postulat que le parquet français est à la fois indépendant et garant de la qualité de l’enquête, ce qui relève d’une mauvaise foi certaine au regard des réalités de terrain et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (selon laquelle le ministère public français n’est pas une autorité judiciaire au sens de l’article 5 de la C.E.D.H.). En effet, la pression hiérarchique, qui s’est considérablement renforcée depuis deux ans, annihile toute velléité d’indépendance et le contrôle du bon déroulement des enquêtes est loin d’être effectif, faute de moyens ». Et puis, rien n’était prévu pour remplacer en correctionnelle la constitution de partie civile, cette procédure qui peut être lancée par les particuliers auprès du juge d’instruction quand le parquet refuse de poursuivre.

Ledit comité Léger préconise également de pouvoir plaider coupable y compris aux assises, pour éviter l’engorgement de la justice. De fait, le pauvre péquin sans argent et sans avocat qui se retrouve devant les preuves accablantes du ministère public aura le choix entre s’avouer coupable et avoir une peine plutôt modérée, ou risquer de se défendre comme il le peut et se retrouver derrière les barreaux pour un bon moment. Voilà qui garantit les droits de la défense, comme c’est déjà le cas dans le système pénal anglo saxon, où la présomption d’innocence est bien souvent mise à mal.

Certains juges, comme Renaud van Ruymbecke, s’interrogent sur la capacité d’un magistrat dépendant du ministère à déclencher des enquêtes qui dérangent le pouvoir. Des affaires comme Elf, Urba ou Clearstream n’auraient certainement pas pu venir au jour si sarko avait fait sa réforme à la c.. quelques années plus tôt.

Le rapport définitif devrait sortir cette semaine, et confirmer la suppression du juge d’instruction. Ce seront donc les procureurs, toujours sous la coupe du ministère de la Justice, qui mèneront l’instruction, à charge. Mais, d'autres surprises sont possibles.

A côté de cela, sarkoléon veut toujours « dépénaliser le droit des affaires », pour que ses petits copains n’aient pas trop de stress avec leurs casseroles, et on attend toujours de voir ce qui va se passer avec la liste d’évadés fiscaux du Luxembourg, que l’Allemagne nous a communiquée il y a bientôt deux ans. Deux poids, deux mesures, dans la justice française ?

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09 février 2009

Scène de tabassage ordinaire...

On le sent tous, que ce soit dans les syndicats, les associations, les partis de gauche ou autre: la pression policière monte, graduellement. Une amie m'a fait parvenir ce témoignage d'un ami à elle, que j'ai rencontré plusieurs fois et qui n'est pas du genre à exagérer les choses. Que raconte-t-il? Une virée de police dans un café, tonfa et lacrymo à la main. Et bien sûr, pas de motif ni de possibilité d'aller porter plainte. Rien que de très banal, en somme.

crsLa parole est à Manu:

Bon, c'est un peu long mais marquant;
en gros ça raconte une descente injustifiée d'une extrème violence,dans un bar en plein centre de Limoges où j'ai par ailleurs passé quelques soirée sympathiques cet été...


Alors , vite fait, pour informer ceux qui n'était pas la et pour relayer l'info, voila ce qui s'est passé ce jeudi 22 Janvier a Limoges: Faites passer l'info svp, n'ayant pas les adresses de tout le monde.

Un sound system s'organise au Teddy Bear, rue Delescluze à Limoges. A la base le sound-system se fait en soutien aux supporters Bordelais "emprisonnés injustement" comme le dit l'affiche qui annonce la soirée.

Tout se passe bien , il y a une super ambiance, le bar est bondé, on est plusieurs à passer des vyniles, il est 23H environ et la soirée s'annonce bien, le son n'est pas trop fort et l'ambiance bon enfant. Vers 23H30, du fond du bar, derriere les platines et face a la piste de danse, N, B, et moi voyons 2 flics, suivi de 2 autres essayer de se frayer un passage dans le bar, tonfa a la main, dans notre direction. A partir de la, les flics chopent violemment un gars qui dansait tranquillement , lui mettent les menottes et se mettent a hurler "tu te calmes! Tu te calmes!!", paradoxalement le gars n'oppose aucune résistance, et se voit etranglé facon savate par les keufs.

Forcément on bouge vers les flics pour demander des explications, tout le bar ne pige plus rien, on veut s'expliquer, se demandant ce qui se passe pour justifier une arrestation facon "on a chopé le cartel"... Les gens veulent sortir en masse, saisis par l'incompréhension, dehors les collegues qui saisissent la situation nous incitent a rentrer dans le bar histoire d'éviter le grabuge et l'emeute générale. Nous voila parqués dans le bar, tous assez remontés (une quarantaine de personnes, collègues, camarades, amis, gens là par hasard,et heureusement pas d'enfants!); Ensuite deux trois flics rentrent dans bar histoire de tater l 'ambiance générale.

Forcément sa part un peu dans tout les sens, mais sa reste verbale, sa reste des interrogations, desAS_Sarko injonctions aux flics style "mais calmez vous, c'est idnadmissible, que se passe t-il?"...Mais ayant chopés déja deux gars, raison de leur venue d'origine apparament, il reste des places dans les voitures qui arrivent. On ne voit pas bien de l'interieur du bar mais deja 4 voitures dont une de la BAC sont là, et d'autres arriveront par la suite. En plus c'est pratique, ils sont venus interpeller deux mecs, et ils se retrouvent dans un bar bondé de "gauchistes" , red ou anar, en plus de quelques étudiants, c'est le moment de faire monter les quotas. On dirait les flics du Bopé version beaufs Limousins, remontés a bloc de cc, une gazeuse dans la main, un tonfa dans l'autre.

La tension est palpable, le flic ouvre la porte du bar donc, N, qui a bu du jus de fruits toute la soirée, l'interpelle poliment "calmez vous que se passe t'il, qu'a t-on fait?" De là le flic sort un truc du style "qu'est ce que t'as il y a un truc qui va pas? Ya un truc qui va pas?"il repete sa deux trois fois en hurlant, Un hippie a ma droite commence a vouloir jouer le rebel, quelque potes un peu plus en retrait hurlent au flics de s'arreter, que oui si sa se passe comme sa, il les attendent parce que effectivement "ya un truc qui vas pas"...

De là, ca part, Le hippie se fait tirer hors du bar par les flics, menotté et embarqué dans une bagnole, puis c'est au tour de N de se faire embarquer, comme sa, pour le plaisir,je sens que je vais y passer aussi alors je tente de garder le sang froid. C'est le moment de faire du quotas, en pleine période de paranoia terroriste, de manif pro palestinienne et de fetes en soutien pour des mecs injustement emprisonnés et de surcroit des antifascistes. Sa fait déja 4 arrestations en un quart d'heure, il n'est peut-etre meme pas minuit. Dans la panique générale, on sort du bar, les flics sont une dizaine, arnachés comme des guerriers, la haine dans les yeux, gazeuzes et tonfas a la main. Il y a 7 bagnoles de flics, girophares allumés, sous la pluie, dans la rue Deslescluze. Une des rues certainement les plus étroites de Limoges, en plein centre ville. Inutile de dire que l 'ambiance est Madmax, que un ou deux mecs de l'Uni se rincent l'oeil comme il faut et jubilent de leur fenetre, tandis que Alban, le jongleur, le relou qui vous a emmerdé au moins une fois en soirée, et qui s'avére étre la balance des flics, s'est tiré en douce,( faire ses valises j'éspère pour lui)...

untitledpoliceBref on décide de re-rentrer dans le bar, quitte a etre en sécurité. Mais c'est l'inverse qui se passe, je voit un flic arriver de l'extérieur, tonfas a la main vers la porte. Les quelques-uns qui sont a proximité de la porte essaient de la bloquer, je tente de la bloquer avec mon pied sans vraiment comprendre ce que le flic cherche a faire, du moins a ne pas réussir a me résigner au fait que si, il a bien l'intention de nous gazer dans le bar...

Le flic s'énerve, les deux trois copains qui étaient dehors nous ont dit par la suite que les keufs étaient hyper enragés, et etait en train de préparer les matraques pour exploser la vitre du bar, quitte a faire un massacre. Nous de l'intérieur on sent bien que sa pue, et on prefere arreter de retenir la porte, les flics entre alors a 5 ou 6, je me retrouve face a eux, je les voient qui choppe les gazeuses et commencent à parquer tout le monde au fond du bar, comme des moutons, les chaises tombent, les verres se brisent, et le matos de musique ainsi que les disques, alors par terre vont se trouver mal en point, pas autant que les gens. Je choppe ma meilleure amie en pleurs, et on se cale entre le comptoir et la vitre, histoire de se protéger des jets de gaz lacrymo. Sa y est, les flics avancent et gazent pendant un moment, Les gens se mettent a genoux, suffoquent vomissent, pleurs...et les flics ressortent en faisant bien gaffe de refermer la porte sur nous! Histoire de nous faire savourer le parfum et de nous rabaisser. Facon SS...

Tout le monde sort, sort, crache etc... tout le monde est bien choqué, on a encore une fois, rien compris a ce qui se passait, et encore une fois heureusement qu'il y avait pas d'enfants. Tout le monde est en larmes, et la pluie n'arrangent pas les choses meme le patron du bar ne capte rien et se ruent vers les flics en demandant des explications, j'y vais aussi, seule réponse du bleu: "je ne sais pas je viens d'arriver".. . Ok, on a tous compris, sadisme gratuit, nouvelle politique répressive, traque aux gauchos,et ce n'est qu'un début...Je pars faire un tour, histoire de me calmer et tenter d'apercevoir le pote dans les voitures qui partait...J' ai mal aux tripes, bien plus qu'aux yeux et j 'ai le coeur en feu, je reviens , je vois quelqu'un a terre, jeans et adidas, un pote donc, un flic lui appuie sur la nuque avec son genoux le maintien a terre, je vois ses  jambes, elles ne bougent pas, il n'y a donc pas de résistance. Il sera face contre terre, immobile, un flic sur lui, dans la pluie battante, durant 10 minutes avant d'etre embarqué. On a l'impression d'etre dans une mauvaise série B ou les pourris seraient a donf de coke, sa fait vraiment flipper, les gens pleurent ou sont enervés.

Bon on est a 6 arrestation et il est a peine minuit et demie...et le teddy bear, c'est Bagdad maintenant.crs_20femme Les flics se barrent, on décident de tous aller au comico. Ont prend les voitures, on est une vingtaine a se retrouver las bas, témoins lambdas venus porter plainte pour agression. Le patron d'un autre bar est avec nous, on se dirigent en masse vers le comico, la grille est fermée, mais on peut voir l intérieur du comico avec les policiers. Le gérant du W demande a l'interfone de rentrer, pour porter plainte pour agression, on garde tous notre calme, on se pose en tant que victimes.

Le flic a l'interfone fait semblant de ne pas comprendre, et en meme temps une dizaine de flics sortent du comico, se mettent face a nous derriere les grilles, gazeuses a la main et pas sereins, comme quoi ils sont conscients de ce qu'ils ont fait et s'attendent a une réaction violente qui aurait été légitime. Mais on la joue tranquille, on leur dit qu 'on cherche pas les embrouilles, qu'on veut juste faire une déposition, porter plainte et prendre des nouvelles de nos deux potes. Il est 13:36 le lendemain, toujours pas de nouvelles... Bref les flics refusent, ce qui est illégal soit dit en passant... On repart en s'apercevant qu'on est encerclé de bagnoles de flics, postées aux carrefours.. . surement "au cas ou".
Suite a ça, on continue la soirée dans un autre bar ou on décide de s'organiser d'établir une liste de contact, de relayer l'info par les journaux locaux, de se faire faire des certificats de santé certifiant du choc de l'agression, physique comme psychologique, d'aller porter plainte, etc...4 iront le soir meme aux urgences, a cause de la lacrymo, 2 se seront fait apparament embarqués alors qu'il était partis porter plainte en solo, et les autres ne dormiront pas de la nuit.

sarko_3Je pense avoir relaté la situation assez justement, sans exagérer et sans rentrer dans une complainte anti keufs, juste la vérité et les ressentis a chaud. Essayer de relayer l'info ou vous pouvez, on n'a pas de nouvelles de nos comperes mais on peut s'attendre a avoir besoin de soutien. Faites tourner un max, et si j'ai oublié des faits qui pourraient servir, ceux qui étaitent la merci de les rajouter. De plus, il est super important d'aller voir le procureur le plus tot possible, a titre individuel ou en petit groupe de 2,3 et d'expliquer qu'on a pas pu déposer plainte et expliquer le déroulement de la soirée à base de "je suis choqué, je ne comprends pas ", plutot que "sale flic on va cramer ta
mére" ok ;)



Le texte exprime bien mon ressenti de la soirée! Je pense qu'on peut juste rajouter qu'au moment du gazage un groupe d'un vingtaine de personnes a réussi à ouvrir une fenêtre au fond du bar qui donne sur une cour intérieure d'environ 3 ou 4 m carrés! Tout le monde gerbait, pleurait, hurlait, crachait à mort et les flics eux restaient persuadés qu'on s'était tout simplement enfuis alors ils se sont mis à nous courir après en passant par l'extérieur du bar (inutilement puisqu'on était dans une impasse). Quand ils ont enfin compris leur connerie ils se sont ramenés à 5 ou 6 (enfin c'est ce qu'on voyait de cette petite cour surnommée "clapier") gazeuses prêtes à être à nouveau utilisées sur un groupe de gens en larmes demandant seulement qu'on les laisse tranquilles histoire de respirer. Un regard méprisant, et un sentiment d'humiliation qui naît forcément instantanément.

Finalement, ils nous disent seulement de sortir mais bon il faut bien qu'ils en rajoutent, alors ils nous poussent comme du bétail et nous agrippent comme si on était des dangereux tueurs! Une amie qui est tombée pendant la panique saigne à mort du genou et boîte. Un flic la pousse violemmment pour qu'elle avance plus vite! Finalement arrivés dans la rue on voit toutes ces bagnoles de flics sans trop comprendre ce qui se passe! Une bonne douzaine apparamment! Ça paraît hallucinant puisqu'il n'y a eu aucun mouvement de violence de notre part à part quelques joutes verbales! Un peu plus tard on apprend que quatre personnes se sont fait gazer une deuxième fois alors qu'elles s'étaient réfugiés dans les chiottes! Pas besoin de faire un dessin quant à la taille que peuvent faire les chiottes!
La réaction de ces flics me paraît tout simplement inhumaine et je ne comprends toujours pas comment ils ont pu en arriver là et quels sont nos torts dans l'histoire!

vptag

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20 janvier 2009

Quoi? Des erreurs dans les fichiers de police?

Ce n’est plus un scoop : les fichiers de police et consorts qui pullulent sont loin d’être fiables. Et comme c’est très dur d’y avoir accès et de vérifier les données patiemment consignées par les forces de l’ordre etc. se pose un réel problème quant à la légitimité de ces fichiers. Car, les libertés individuelles sont déjà mises à mal, si en plus la répression se base sur des infos erronées pour poursuivre les « anarcho autonomes » et autres immigrés illégaux, la situation devient franchement préoccupante.

C’est Le Parisien qui a sorti l’info dimanche : la CNIL va pondre un rapport sur le STIC, le Système de20080725fichier Traitement des Infractions Constatées, inventé jadis (en 1994) par un certain Pasqua et demeuré illégal jusqu'à il y a peu. En gros, y sont recensés les auteurs ET les victimes de délits, crimes et contraventions graves, soit officiellement 5,5 millions de pèlerins. Et la CNIL, qui avait encore le droit de rendre des avis obligatoires et contraignants pour l'Etat, a évité de peu une dérive du type EDVIRSP, alias EDVIGE.

La CNIL explique elle-même que « tel qu'il était initialement envisagé en 1994, le STIC était beaucoup plus qu'un fichier de police judiciaire : l'intégralité des procès-verbaux de la police judiciaire devait y figurer et être accessible non seulement aux officiers de police judiciaire mais aussi aux autorités administratives. En outre, les témoins d'une infraction devaient être fichés au même titre que les auteurs. Les discussions, qui avaient été interrompues à deux reprises avec le ministère de l'intérieur, ont conduit la CNIL à appeler l'attention du Premier ministre sur ce dossier par un courrier du 11 décembre 1997. »

A force de « discussions », la CNIL a réussi à poser quelques limites, qui n’étaient pas prévues à l’origine, évidemment. Par exemple, les témoins ne peuvent être fichés dans le STIC (mais ils peuvent l’être ailleurs, comme dans Ardoise…), les données sont conservées pour une durée proportionnelle au type d’infraction commise, on ne peut pas consulter le STIC pour de simples enquêtes dites de « moralité », et on peut contrôler les infos contenues dans le STIC.

Oui mais voilà, 15 ans après, le STIC s’est élargi, a dévié, et désormais les flics mettent dans le fichier des informations portant sur l’ « "état" à l'aide de qualificatifs comme "homosexuel", "travesti", "permanent syndical", "membre d'une secte" ou "handicapé moteur". », dixit le JDD. Oh comme c’est amusant, voilà exactement les informations que devait contenir le fichier Ardoise qui a défrayé les chroniques gauchistes en plein milieu de l’été, et qui était censé être suspendu.

La CNIL ne serait pas davantage contente du manque de contrôle des accès audit fichier. En gros n’importe quel flic peut le consulter sans aucun motif.

Babouse_adn_fichageMais le mieux, même si on connaît depuis longtemps le taux d’infos erronées contenues dans les fichiers de flics, c'est l'augmentation des erreurs au fil des ans : « la Cnil a procédé en 2006 à la vérification de  532 fichiers de police (fichiers STIC et JUDEX fichiers judiciaires) concernant des personnes "mises en cause". Or, 288 fichiers ont du être corrigés car "inexacts, incomplets ou périmés", ce qui représente 54% des fichiers de "mis en cause" traités par la Cnil. En 2005, sur 467 vérifications STIC et Judex, 207 (soit 44%) se sont avérés erronés. En 2001, "seulement" 25% des fichiers contrôlés étaient erronés, 37% en 2002, ce qui semble indiquer une forte augmentation d'année en année, alors qu'il y a de plus en plus de contrôles. »

Aujourd’hui, la CNIL remet ça et pointe le fait qu’ « En 2007, seulement un classement sans suite sur cinq, un tiers des relaxes et 7 % des acquittements recensés sur les 34 tribunaux de grande instance contrôlés par la Cnil auraient ainsi été transmis à la police. » Cela veut juste dire que lorsqu’un tribunal nous relaxe, ou qu’on bénéficie d’un non lieu, eh bien les flics , qui ont écrit dès le début de l’affaire dans leur fichier qu’on était suspect de tel ou tel crime, ne sont tout simplement pas au courant. Ils ne peuvent donc pas effacer les données fausses. Au final, la CNIL conclut elle-même que « Lors de ses investigations dans le fichier STIC, la CNIL a constaté un taux d’erreurs d’environ 25 % ».

Enfonçons encore le clou : selon le site www.RenseignementsGeneraux.net  « La CNIL a ainsi supprimé ( …)  44% des fichiers STIC qu'elle a été amenée à contrôler en 2005 (contre 25% en 2001, 37% en 2002, 23% en 2003 et 26% en 2004), parce qu'"erronés, manifestement non justifiés ou dont le délai de conservation était expiré".Ce Systeme de traitement des infractions constatées, qui répertoriait au 1er janvier 2004 "23, 5 millions de procédures, 26 millions d'infractions, 5 millions d'individus mis en cause, 18 millions de victimes, 8 millions d'objets, avait pourtant été épuré de "1 241 742 fiches relatives à des personnes mises en cause" en 2004... » C’est à la page 45 du rapport d’activité 2004 de la CNIL, écrit noir sur blanc. Les erreurs, donc, sont loin d’être l’exception. 

Chacun d’entre nous devrait donc se précipiter pour vérifier sa fiche STIC. Mais pour d’autres fichiers, commearton316 ceux des RG, les infos sont encore plus aléatoires, et encore moins aisées à vérifier. 2,5 millions de personnes étaient inscrites dans les fichiers RG en janvier 2007, soit il y a deux ans, avant l’arrivée au pouvoir de Sarkoléon. On rappelle au passage qu’y sont fichés tout un tas de gens engagés dans les domaines civil, social, politique ou syndical, en gros comme avec EDVIGE : « les personnes physiques ou morales qui ont sollicité, exercé ou exercent un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle politique, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires pour donner au gouvernement ou à ses représentants pour apprécier la situation politique, économique ou sociale et de prévoir son évolution ».

Ce n’est pas la CNIL qui pourra s’opposer à la multiplication des fichiers les plus tendancieux, puisque grâce à Sarko elle n’a plus qu’un avis purement consultatif, et non obligatoire.

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16 janvier 2009

Deux "anarcho autonomes" (=affreux terroristes) de plus...

Le délire continue : les flics ont trouvé deux nouveaux « anarcho autonomes ». Une avocate et son copain auraient été surpris alors qu’ils s’apprêtaient à mettre le feu à une voiture à Paris dans le XIXème arrondissement. Au lieu de les inculper pour dégradations de biens, ou vandalisme, c’est-à-dire de simple délits, on leur colle une inculpation pour terrorisme, rien de moins. C’est ça, la vie en Sarkoland.

Comme d’habitude en matière d’ « anarcho autonomes », l’info sort dans Le Figaro de ce vendredi. Les flics lesrubon16 auraient interpellés vers 3 heures du matin, alors qu’ils s’apprêtaient, du moins semble-t-il, à mettre le feu à des voitures à l’aide de papier enflammé coincé dans les jantes.

Alors que deux « anarcho autonomes » de Tanrac sont encore en taule sans savoir pourquoi, on en retrouve deux autres : direct, les flics ouvrent une enquête pour, tenez-vous bien, « dégradation par incendie en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme », soit 96 heures de garde à vue, dont 72 sans avocat. Ca ne rigole pas, en Sarkoland.

Là où la présentation des faits est magnifique, c’est que le simple fait de manifester contre un Etat policier devient pour les flics, les juges, les journalistes du Figaro et l’opinion publique une preuve de « sympathie pour la mouvance anarcho autonome » (qu’on ne nous a toujours pas définie, d’ailleurs). Automatiquement, on devient un dangereux terroriste en puissance.

Reprenons le papier du Figaro, éloquent de mauvaise foi et de parti pris, mais c’est normal après tout le Fig, comme l’a voulu Dassault, sert à « faire passer des idées saines ». Le quotidien nous explique donc au sujet des ces deux nouveaux terroristes, que « Leur supposée sympathie (quel crime !) avec la mouvance (qu’est-ce que « la mouvance autonome », au juste ? Qui est autonome, et que leur reproche-t-on exactement ?) autonome et les personnes poursuivies (donc pas reconnus coupables) pour les sabotages commis le 7 novembre contre les caténaires de la SNCF semble avoir justifié leur transfert au 36, quai des Orfèvres.

De source proche de l'enquête, l'avocate parisienne a été aperçue lors d'une  manifestation en novembre 2003 (aperçue, mais a t-elle commis un acte répréhensible ? Manifester est-il susceptible de nous faire rentrer dans la catégorie « autonome », donc terroriste ? De plus, c’était en 2003, signe que les flics ont bien leurs fiches en ordre et n’oublient pas une obscure manif qui s’est déroulée il y a 5 ans !) devant la maison d'arrêt de la Santé lors du deuxième Forum social européen tenu en France. Plus récemment, elle aurait participé à une réunion (en France, n’en déplaise à Sarko, on a toujours le droit de réunion) le 6 décembre dernier à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour brocarder les interpellations de Tarnac. Son ami Kevin, présenté de source policière comme «gravitant dans la mouvance d'ultragauche», serait connu pour «avoir manifesté activement (peut-on manifester passivement ? J’en doute. Il a donc soutenu ouvertement les accusés de Tarnac, qui seront probablement le symbole de l’acharnement policier dans quelques années) son soutien à Julien Coupat», toujours incarcéré depuis le 15 novembre dans l'affaire du sabotage de la SNCF ».

sncf2Bref, on tient là deux personnes qui sont une réelle menace pour la société et l’ordre établi, qu’il convient bien sur de mettre au secret en attendant de créer les preuves pour les inculper d’activités terroristes. Même s’il ne s’agit à la base que d’une ou deux voitures qui auraient pu être incendiées.

Enfin, on reste perplexe de ce nouveau type d’attaque terroriste, qu’on a plus l’habitude de voir utilisée par les petits délinquants des cités. En outre, si Le Figaro dit que les deux derniers "anarcho autonomes" n’avaient pas bu, Le Monde titre en affirmant exactement l’inverse. Des terroristes beurrés, ça fait quand même un peu moins « terroriste », n’est-ce pas ?

Par contre, le Monde enfonce encore le clou, expliquant que l’avocate "connaîtrait " Julien Coupat, toujours incarcéré pour l’histoire de la SNCF. Et en plus, Coupat, dixit le quotidien, serait « le chef du groupe ». Attention, en plus nos terroristes auraient un réseau super organisé : la preuve, les flics le disent. Clou carrément écrasé par L'Express, qui écrit sans détour aucune que "La procédure d'exception (...) est aussi justifiée car la jeune fille travaillerait selon la police dans un cabinet défendant des membres de la mouvance dite "anarcho-autonome".

Donc, notre avocate est classée comme terroriste parce que:

- elle a manifesté pacifiquement

- son cabinet défend les accusés de Tarnac

Diante, quelles preuves! Si nous étions au fin fond d'une dictature dans un pays sous développé, des arrestations pour ce genre de motif ne surprendraient personne. Or, nous sommes encore dans un résidu de démocratie, où en principe la Justice n'enferme pas les gens pour leurs opinions, fussent-elles gauchistes.

Clairement, il est temps de s’inquiéter. Si, dès lors qu’on doute de la version officielle et qu’en plus on a manifesté, contre les OGM, le FN, le CPE ou autre, on est suspect d’être un « anarcho autonome », terme par ailleurs fort pratique car polysémique, et donc un vilain terroriste, et qu’on risque 3 jours de garde à vue, que deviennent la liberté d’expression, la liberté de réunion, la liberté de manifester, en un mot : la liberté de contester.

Pendant ce temps-là, on laisse l’extrême droite, bien réelle et pas du tout autonome celle-là, détruire les cimetières Juifs ou musulmans, s’en prendre aux homos et inviter sur scène le pire des négationistes.

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12 janvier 2009

Sarko veut la peau des juges d'instruction

Dernière attaque en date de Sarko contre la démocratie ou ce qu’il en reste : la suppression du juge d’instruction, garant –en principe- de l’égalité de tous devant la Justice. Lui qui ne veut pas de l’indépendance des magistrats n’aura plus à s’inquiéter : désormais il n’y aura plus que le Parquet, dépendant de l’exécutif, à décider de poursuivre. Ou pas…

Logiquement, c’est la levée de boucliers du côté des défenseurs des libertés et de ce qui nous reste de620877 République, comme du côté du syndicat de la magistrature, aux aguets depuis l’élection du Chef. Comme si nous étions dans une République bananière, ou dans un régime dictatorial, disons-le honnêtement, Sarkoléon a décidé tout seul de supprimer les juges d’instruction.


Lui qui cherche à dépénaliser le droit des affaires, comme il dit, et en particulier à assouplir les poursuites possibles et les peines en cas d’abus de biens sociaux ou de délit d’initié. Le tout est écrit dans un rapport de 136 pages, didactique et pédagogique comme on a l’habitude. On y lit par exemple que le délit d’initié crée « pour certains une réelle insécurité juridique »... Comme ça, donc, ses copains du CAC 40 seront tranquilles. Notons au passage que les « class action », les actions de groupe, à la française, qui sont une des propositions dudit rapport, ne sont bien évidemment pas reprises par Sarko.

Revenons à la dernière lubie du Chef. Pourquoi est-il si urgent aujourd’hui, en pleine crise économique, de supprimer le juge d’instruction ? Certes, il est plus facile de supprimer ledit juge que de régler la crise. Mais pour Sarko, fan du système judiciaire anglo saxon s’il en est, il y a d’autres avantages dont le moindre n’est pas de mettre la justice sous la coupe de l’exécutif, donc de Sarkoléon soi-même.

On aura donc non plus un juge d’instruction, mais un « juge de l’instruction ». Attention au vocabulaire, il n’est pas anodin et sert à entretenir l’amalgame dans le chef de la population, tout en minimisant l’impact de la « réforme ». C’est d’ailleurs à peu près tout ce que l’on sait à l’heure actuelle, puisque Sarko entretient le suspense sur les modifications légales exactes.

Mais déjà, les magistrats savent qu’il s‘agit d’une remise en question de l’indépendance de la Justice, un des piliers d’un régime qui se veut démocratique (avec, faut-il le rappeler, la séparation des pouvoirs, et une presse libre…). Le Monde cite à ce sujet Emmanuelle Perreux du syndicat de la magistrature, qui résume parfaitement les choses et explique que cette réforme, « C'est la mort d'un système judiciaire indépendant, puisque le parquet est entre les mains du pouvoir ». 

untitledEnsuite, cette réforme élimine du monde judiciaire ces juges d’instruction qui bien souvent ont lancé des enquêtes contres les personnalités politiques les plus (ou moins…) sulfureuses, ainsi que contre certains patrons voyous amis ou non du Chef (ons e rappellera par exemple les enquêtes sur la Mnef, sur ELF, sur Clearstream, sur les marchés publics en Ile de France…).

L’ancienne juge du pôle financier Eva Joly dit simplement que cette lubie est « un verrou pour empêcher les enquêtes qui gènent le pouvoir ». Renaud Van Ruymeke va dans le même sens, lui qui connaît très bien aussi les « affaires » : pour lui, ladite réforme « sonne le glas des affaires politico-financières" et "va à l'encontre des libertés individuelles ». Il ajoute encore qu’il est incongru de faire une telle réforme avant d’assurer l’indépendance du parquet, ce qui serait effectivement une bonne idée. 


Sans juge d’instruction, le juges dit « des instructions » ne fera plus que des enquêtes à charge, à son bon vouloir. Actuellement, «
le juge d'instruction instruit à charge et à décharge
» selon la loi (art.81 code Procédure Pénale). Si on l’enlève, cela implique que la victime n’a pas de recours si le juge refuse de poursuivre, à moins qu’on ne prévoie une sorte de partie civile en remplacement. Car actuellement, la victime peut saisir directement le juge d’instruction si le parquet décide de ne pas poursuivre (c’est la constitution de partie civile). Et ensuite, un accusé devra obligatoirement avoir un avocat qui suit pas à pas l’enquête, afin de vérifier que les droits de la défense (s’ils existent toujours) seront respectés.


Ce qui est certains, pour reprendre le mot d’Eva Joly, c’est que cette « réforme » est une « régression ». L’inverse eût certes été surprenant au vu des gesticulations habituelles de l’excité qui nous dirige aujourd’hui.

Au passage, on peut noter qu’une commission a déjà travaillé sur le sujet de manière concertée (eh oui ça se fait encore, même en Sarkoland). C’est la commission dite d’Outreau, qui a proposé une décision collégiale des juges d’instruction et des juges des libertés afin d’éviter les drames comme celui d’Outreau, justement. La mesure est en train de se mettre en place avec les pôles d’instruction et, avant qu’on n’en tire quelque bilan que ce soit, Sarko supprime carrément le juge d’instruction.

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03 décembre 2008

« Ultra-gauche », la suite…


L’étau se resserre, sur les gauchistes. Campagne de presse contre des pseudo terroristes, rapports des RG & Co toujours plus inquiétants, pression sécuritaire et flicage, voilà donc l’ambiance, en ce début de XXI ème siècle. Depuis l’accession au pouvoir du Chef, les mots sont choisis pour stigmatiser un ennemi intérieur –forcément- menaçant.



Ladite tension n’est certes pas nouvelle. Chaque régime fasciste avait son ennemi intérieur, comme par hasard à terrorismegauche. Plus récemment, les RG s’excitent sur l’ « ultra gauche » depuis quelques années. Normal, les anti capitalistes sont une menace pour le système.

Dès 2001, donc, l’ex DCRG publiait un rapportExtrême gauche 2000 » (commandé par Chevènement alors en poste à l’Intérieur), qui pointe du doigt 155 personnes et 254 organisations (comme Act Up, Agir ensemble contre le chômage ou le Collectif National pour le droit des femmes par exemple), mises dans la catégorie « extrême gauche ». Bon, ledit rapport était illégal, mais ce n’est qu’un détail : il faut bien étouffer dans l’œuf toute velléité gauchiste. sobrement intitulé «

A l’époque, même des « squats politiques » étaient qualifiés d ‘ « inquiétants », « développant un système de lutte contre l'autorité »  et accusés d’être des « lieux de passage et de brassage de populations mouvantes contribuant au moins partiellement à la violence urbaine ». Rien que ça…

Les rapports, au fil du temps, se mirent à évoquer des liens entre l’extrême gauche française née d’après eux de la crise anti CPE, et les islamistes, ou encore d’autres gauchistes européens. On n’a que l’embarras du choix sur la question.


Depuis que nous sommes passés en Sarkoland, les arrestations de jeunes gauchistes en possession ou non d’explosifs se succèdent au rythme des rapports RG. Les médias, comme Le Point ou Le Figaro, se sont d’ailleurs empressés de relater lesdites arrestations ainsi que le contenu desdits rapports. Des villes comme Toulouse, Montpellier, Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon ou Paris et leurs universités sont stigmatisées, comme étant des repères d’ « ultra gauchistes ». Il convient donc, évidemment, d’accroître la surveillance et la répression.


Le jour où Sarko a été élu, et la semaine qui a suivi, ont connu une vague d’émeutes sans précédent dans notre République. On n’aimait pas Chirac, pourtant il n’y a pas eu d’émeutes après ses deux élections. Pour Sarko, oui. Pourquoi ? Quelle est la différence ?


Il se trouve que sarko cristallise les pires peurs des esprits libres, il incarne une dérive démocratique et politique, il promeut des idées fascisantes et nocives. Normal, donc, qu’une partie des jeunes qui ont du voter contre Le Pen en 2002 se soient rebellés, cette fois-ci. Suivis par les plus jeunes, ceux des cités, qui, jerricanes à la main, sortaient alors de leur cité pour mettre le feu dans le centre-ville. Et cela, une bonne semaine durant.

Manif_CPE_065b

C’est donc cela, qui a dérangé Sarko. Crime de lèse-majesté s’il en est : on ne conteste pas Sarkoléon. Alors on se met en chasse, sous les flashes. On fait monter la tension, quitte à mettre soi même le feu aux bus, quitte à inventer un groupe terroriste anti SNCF à partir d’un fait de délinquance. Bientôt, le simple fait de manifester contre une réforme sera assimilé à du terrorisme.

Et ce sera pareil pour ceux qui détiennent de la littérature gauchiste, puisqu’il semble que les livres soient considérés par les flics comme étant des preuves d’activités terroristes. Heureusement qu’en France, on a le droit de penser ce qu’on veut..


Aujourd’hui, le journal de Serge Dassault, qui véhicule des « idées saines », évoque le dernier rapport RG en date sur la question des « anarcho-autonomes » ou de l’ « ultra gauche », appelez l’épouvantail comme vous voulez. Il s’intitule «Du conflit anti-CPE à la constitution d'un réseau préterroriste international : regards sur l'ultragauche française et européenne » et répète encore une fois que le mouvement de gauche est parti de la crise anti CPE. Certes, il faut bien trouver des raisons. Mais les choses sont évidemment plus compliquées.

Le rapport, comme d’autres avant, met en lien différents évènements qui n’ont pas grand chose à voir : une tentative de faire exploser un véhicule à Rennes, les sabotages de la sncf, les manifs étudiantes…

Donner une cohérence à tout cela est en effet assez difficile, et pour cause !


Quoi qu’il en soit, les RG évoquent une « ultra gauche européenne ». On parle aussi de la gauche italienne, allemande, toujours radicale bien sûr… Si bien que l’on peut désormais parier sur la mise en place dans les prochains mois d’une cellule européenne de lutte contre le terrorisme de gauche, avec les moyens qui vont avec.


Car, les fichiers sont en place, les techniques de surveillance des gauchistes également, mais surtout, c’est la criminalisation rampante de l’ennemi intérieur gauchiste qui se met en place progressivement. Dans peu de temps en effet, il sera dangereux de contester notre système qui n’a de démocratique que le nom. Il sera probablement très dangereux de contester Sarko et ses réformes contre productives. La liberté d’expression (« pierre angulaire » d’une démocratie, selon la Cour Européenne des Droits de l’Homme) et la liberté de penser sont simplement en train d’être remises en cause sous nos yeux, parce que de jeunes gauchistes sont assimilés à des terroristes.


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Posté par Ceri à 13:39 - Sarkoland - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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