Le Pizzagate avant l'heure : Madison Clares, lanceuse d'alerte sur l'affaire CyberSlice décédée prématurément
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Je publie aujourd'hui cet article sur une affaire quasi inconnue, qui est assez similaire au Pizzagate. En résumé, le tout premier site de livraisons de pizzas aux Etats-Unis était la vitrine d'un réseau pédocriminel. Je l'avais commencé il y a un moment et souhaitais creuser davantage, mais Madison Clares, une femme qui dénonce depuis plusieurs années l'exploitation sexuelle des enfants dans ce réseau, est décédée le 10 avril 2026, et je tenais à publier ce que j'ai compris de cette affaire.
Madison Clares expliquait que son père a créé dans les années 90 le précurseur du système du Pizzagate, une boîte de préparation de pizzas à aller chercher en restaurant, puis de livraison de pizzas appelée CyberSlice.
Une start-up soutenue au plus haut niveau
Madison Clares disait que l'entreprise CyberSlice a été créée par son père Bryan Cupps en 1996 à Seattle avec Jim Brimhall et Tim Glass entre autres. Bryan Cupps était le vice-président de la Technologie, Tim Glass était le PDG et Steve Green était le gestionnaire.
La particularité de CyberSlice était de proposer la vente en ligne de pizzas, à une époque où quasiment personne n'avait d'ordinateur personnel, ce qui était pour le moins précurseur. Mais, l'entreprise a bénéficié de gros soutiens, comme celui de Steve Jobs.
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Madison Clares est née en 1999. Elle a rompu avec sa famille en 2021 parce qu’elle ne supportait plus de se réveiller le matin en sachant qu’il l’avait violée (elle était manifestement droguée). Sa sœur jumelle a signalé les faits d’inceste à la police vers 2013 mais elle a été envoyée dans une institution psychiatrique [1] jusqu’à ce qu’elle se rétracte, elle est donc retournée dire à la police qu’en fait il ne s’agissait pas de son père mais de quelqu’un d’autre.
Pour éviter une enquête des services sociaux qui interrogeaient les voisins en 2017, Madison disait que son père avait même tué une voisine, morte par pendaison le lendemain d’une discussion qu'il a eue avec sa mère et dans laquelle il parlait d’assassiner quelqu’un. Elle a dit cela à la police mais évidemment rien ne s’est passé.
Madison Clares disait que sa mère a tenté de quitter son père quand elle avait 7 ans en raison des violences répétées, mais qu’elle a du renoncer en constatant que les services sociaux le protégeaient. Un jour, elle les a déposées avec sa sœur dans un foyer en leur disant qu’elle revenait les chercher le lendemain, mais au dernier moment elle a aperçu là une femme qu’elle a reconnue comme étant de l’entourage du père de Madison et elle les a reprises avec elle. Elle a encore essayé de partir, avec un ami qui a fini par être tué, et après cela, Madison explique que sa mère a abandonné toute idée de partir, qu'elle avait cessé de lutter, qu’elle était absente.
Elle parlait publiquement parce qu’elle voulait que son frère qui a 13 ans, qui n’est pas scolarisé et ne sort pratiquement jamais, soit mis à l'abri et retiré à la garde de leurs parents, et aussi parce que son père a menacé de nombreuses fois de la tuer, et la seule chose qui le retenait était qu’elle avait "parlé à trop de monde", selon ses mots.
D'après Emma Katherine, qui avait interviewé Madison Clares sur sa chaîne, les circonstances de son décès sont "mystérieuses" et avait prévenu qu'elle n'avait pas l'intention de se suicider. Elle expliquait depuis un moment que le réseau des pizzas était connecté à celui du show-biz, et donnait des noms comme celui de P Diddy.
Madison Clares a toujours maintenu ses accusations
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Madison explique qu’elle avait quasiment tout oublié de son enfance et que les souvenirs commencent seulement à revenir. Quand sa sœur a signalé les faits d’inceste aux services sociaux, Madison ne s’en rappelait pas alors que cela n’avait cessé que deux ans plus tôt (pour recommencer par la suite).
La famille et l'entreprise ont déménagé en Californie à la fin des années 90. C'est en Claifornie à Redwood City que se trouvait l'entreprise de Steve Jobs NeXT : c’est Steve Jobs qui a fourni des ordinateurs, développé l'interface et la technologie et a financé Cyber Slice. En effet, en 1996 c'est lui qui a inauguré le système de commande en ligne en passant la première commande sur le site de CyberSlice depuis son QG de Redwood City. Depuis, l'industrie US de la pizza le vénère pour avoir révolutionné le secteur, et c'était le début du e-commerce.
Selon une collaboratrice de Steve Jobs, "il a vraiment soutenu personnellement CyberSlice", car il "pensait que CyberSlice était l'entreprise idéale pour mettre en valeur la technologie… Steve aimait présenter des technologies accessibles à tous".
Le système était doublé : il y avait les pizzas commandées dans des pizzerias a proximité du domicilié et les enfants, livrés dans un réseau de pizzerias à travers le pays en l'espace de 3 jours maximum. Madison Clares dit qu'il y avait des codes : pizza pour les fillettes, Coca-Cola pour cocaïne, ou des codes pour des actes sexuels spécifiques par exemple olives pour sodomie. Il était possible de commander pour des événements à venir.
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Certains clients recevaient régulièrement une sorte de magazine dans lequel les lieux de certains événements étaient annoncés, et qui donnaient des informations permettant d'avoir accès à certains « Vendeurs de pizzas » à proximité. Madison Clares expliquait que "si tu commandais plus plus 100 $ de pizzas, tu devais parler à un manager et on te donnait un nouveau numéro de téléphone". Des photos d’elle et sa sœur ont aussi été mises dans ce magazine, pour "appâter les clients".
En 1998, CyberSlice avait un réseau de 10 000 restaurants. Un nouveau PDG, ancien directeur exécutif de Disney dénommé Rich Frank, est arrivé en 1999 alors que l'entreprise perdait toujours de l'argent, et a renommé l'entreprise Food.com en diversifiant à l'ensemble des plats.
Son père était franc-maçon et disait travailler pour la CIA, en tout cas selon Madison Clares il avait des liens avec la CIA. Il prenait des drogues, était violent, il l'a violée ainsi que sa sœur jumelle, filmait les actes et avait de la pédopornographie dans son ordinateur. Il parlait souvent des extra-terrestres auxquels il croyait fermement et détenait à ce sujet de nombreuses informations. Il lui disait par exemple que les voyages dans le temps sont une réalité, et semblait savoir certaines choses qui allaient se produire dans le futur, raconte Madison Clares. Il s'intéressait à l'occultisme et avait un papillon Monarque (Monarch) tatouée dans l’épaule.
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Elle se demande s’il n’est pas lui-même victime d’une programmation de la CIA. Il lui avait aussi dit de ne jamais vendre son âme au diable parce qu’après il n’est pas possible d’en sortir.
Après la vente forcée de l'entreprise en 2007 à Warner Bros, Madison Clares disait qu'il n'a plus trouvé de travail pendant 3 ans. Elle précise que sa famille a un lien généalogique avec la famille fondatrice des studios Warner [2].
CyberSlice est devenue CyberMeals puis a été revendue à Food.com (marque déposée en 1999), qui appartient à la chaine de télé Discovery, fusionnée en 2021 avec Warner Brothers. Elle a eu de gros investisseurs, par exemple en 2002 le site mentionnait Accel Partners, Tribune Ventures, Clear Channel, Kraft Foods. Madison dit que McDonalds et Disney ont aussi soutenu financièrement CyberSlice.
Madison a contacté le FBI pour raconter tout cela mais personne ne l’a rappelée. La police de Las Vegas, où elle a déposé une plainte, a clos le dossier en juin 2024. Elle dit dans une interview par Kristen Bitting que sa mère s’est vantée d’avoir une notice rouge avec le père de Madison, ce qui bloquerait toute investigation à leur sujet.
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Autour de cette entreprise, il y avait aussi le duo Clinton (Bill a été élu président en 1996) et Bill Gates, dont elle dit qu’il était un très gros client de CyberSlice, à tel point que "Quand il [son père] a perdu Bill Gates il a perdu CyberSlice". En fait, à ce moment le dark-web apparaissait plus sûr pour le trafic d’enfants.
Dans le couple Clinton, elle expliquait que c'est Hillary qui tire les ficelles, et son père qui la traitait de "démon" en avait d’ailleurs peur. Madison ajoute qu’elle sacrifie des enfants- ce que disent plusieurs autres survivants comme Cathy O'Brien [3]. Elle expliquait que Bill est un pervers qui agresse les enfants et qui l'a violée, ce qui a fait dire à son père alors qu'elle avait 5 ou 6 ans qu'elle avait de la chance parce que si elle avait été envoyée avec Hillary, elle lui aurait coupé les parties génitales parce que ça lui donne plus de plaisir et qu’elle aime faire ça aux enfants.
Quant à Steve Jobs, Madison a d'abord dit qu'elle ne se rappelait d’aucune agression de sa part, mais qu’elle a du mal à imaginer qu’il ignorait tout du trafic derrière Cyber Slice. Par contre elle se souvenait d’une scène où elle avait environ 4 ans, où Tim Glass et son père lui ont dit d’aller faire pipi devant eux et se sont masturbés. Plus tard, elle a dit dans une vidéo : "Mon père, Bryan Cupps, m'a fait prostituer auprès de Steve Jobs entre l'âge de 4 et 7 ans, par le biais de sa société CyberSlice. Je suçais mon pouce pour empêcher mon père et ses amis de me mettre leurs "vous savez quoi" dans la bouche…" Les deux ne sont pas contradictoires, les souvenirs traumatiques se précisent hélas souvent au fil du temps.
Madison Clare a dit que son père utilisait les vidéos qu'il faisait d'elle et de sa sœur pour attirer des clients. Mais certains l'auraient fait chanter avec cela parce qu'ils voulaient qu'il leur amène des snuffs, c'est-à-dire des vidéos dans lesquelles des enfants sont tués.
Elle se rappelle d'avoir entendu son père parler d'un Projet Caméléon, et dire qu'il touchait de l'argent de la CIA pour violer ses filles. Au moment du Pizzagate, qui selon elle est une opération psychologique, elle a été internée de force : "C’est sorti en novembre 2016, ils venaient de m’envoyer en hôpital psychiatrique parce que je parlais des bébés qu’il avait tués et des bébés morts qu’il avait dans son garage. Je disais ça aux gens". Et Madison précise qu'il pouvait aussi planquer ces bébés chez lui pour rendre service à d’autres.
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Cette histoire peut avoir l’air délirante, d’ailleurs Madison le disait : "Je comprends pourquoi les gens n’y croient pas, parce que c’est vraiment difficile à admettre", mais hélas à force d'entendre parler de ce système, ce témoignage n'est pas délirant, et l'organigramme du réseau n'est pas surprenant. Il reste des zones d'ombre sur l'organisation concrète de ce trafic via le site de pizzas, il faut maintenant creuser les pistes données par Madison Clares.
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[1] Cet institut à Gilroy en Californie, a fermé depuis, et a connu des accusations de violences sexuelles contre des enfants..
[2] Ce sont les quatre frères Wonskolaser, immigrés Juifs polonais de Russie, qui ont créé les Warner Bros studios à Hollywood en 1918 et la société de production Warner Bros Pictures en 1923. En 1927 Warner Bros a échappé à la faillite grâce au succès du premier film au son synchronisé, Le Chanteur de Jazz. Elle a aussi produit le premier film tout en couleur en 1929.
[3] Voir son livre "Thanks for the Memories: The Truth Has Set Me Free! the Memoirs of Bob Hope's and Henry Kissinger'S mind-Controlled Slave", paru en 1999. Elle écrit qu'elle et sa fille ont été prostituées auprès de Bill Clinton dès 1992, et qu'elle a servi ensuite à lui amener des messages.