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26 mai 2026

Plainte contre un réseau pédocriminel à Cholet : on attend des nouvelles de la justice depuis un an

Cholet - Wikimedia

Aujourd'hui, nous allons aborder une affaire complexe, celle de S., qui a porté plainte en 2025 en expliquant qu'elle avait été victime dès son enfance de ce qu'on appelle un réseau pédocriminel. Elle a cité plusieurs noms, donné des lieux, des dates, des éléments circonstanciés, des noms de témoins. Mais rien ne se passe, personne n'a été interrogé.

 

 

S. a grandi à Cholet dans une famille pour le moins dysfonctionnelle bien qu'insérée dans la société locale. Son beau-père a très vite commis des violences sexuelles sur elle, puis sa sœur. Il a amené d'autres pédocriminels et S. a été livrée à un réseau pédocriminel local.

 

Mais de tout cela, elle n'a commencé à se rappeler qu'il y a quelques années, alors qu'elle avait plus de 35 ans. Aucun souvenir de toutes ces violences n'était revenu dans sa conscience avant cela. S. pensait avoir mené une existence « normale », avoir eu des relations « normales » tout au long de sa vie, et n'a jamais eu d'enfant.

 

Mais ce décor a volé en éclats quand de premiers souvenirs de violences sexuelles sont remontés à la surface, impliquant d'abord le beau-père, puis d'autres personnes. Elle s'est rappelée de nombreuses scènes traumatisantes, elle est suivie en thérapie et sait qu'elle n'est pas folle. Elle sait aussi que ce réseau, resté totalement impuni, existe toujours, et que des mineurs sont entre leurs mains. Elle a donc décidé de déposer plainte en 2025.

 

 

Les contours d'un réseau pédocriminel

 

Ce que S. décrit a toutes les caractéristiques d'un réseau pédocriminel : les viols étaient filmés, plusieurs enfants ont été et sont probablement encore leurs victimes, plusieurs individus sont impliqués, pour certains de manière répétée. De plus, ces individus savent rester discrets et ont des connexions avec le milieu politique local.

 

Il se trouve que d'autres ont parlé du réseau pédocriminel local, notamment Véronique Liaigre, en 2001 déjà. Et elle a décrit un réseau organisé qui opérait depuis le début des années 80, avec des pratiques satanistes ritualisées ou non, y compris des meurtres d'enfants, dans la région de Cholet 1. Les enfants étaient aussi prostitués, amenés dans d'autres villes, très certainement drogués, et les viols étaient filmés, souvent ou à chaque fois. Un autre témoin parle du même réseau, au même endroit, à la même époque2.

 

Plusieurs éléments indiquent que le réseau des années 1980 et celui décrit par S., qui opérait des années 1980 jusqu'aux années 2010 au moins, ont des liens notamment en termes de protections locales. L'impunité régnant malgré les plaintes et tentatives de plaintes, il n'y a aucune raison que ces individus aient arrêté.

 

Les profils des individus décrits par S., comme par les autres témoins, sont variés, plutôt de la classe moyenne, plutôt des indépendants. Ils mènent une vie que leurs voisins trouvent certainement banale, mais organisent leur système derrière les portes closes, y compris avec des individus au-dessus de tout soupçon.

 

On reviendra plus tard sur ce réseau, à moins que soudainement l'enquête avance, et pas seulement pour tenter de démontrer que la plaignante n'est pas fiable. Il serait intéressant d'entendre les individus cités et de vérifier les éléments donnés.


 

 

A la recherche des enfants

 

Vilkasss

Il y a un aspect très complexe dans le témoignage de S. : les enfants qu'elle a eus, toujours dans le réseau. Après plusieurs années à essayer d'assembler les pièces du puzzle, S. a compris plusieurs choses très troublantes, mais qui reposent sur une série de faits, de souvenirs, de détails recoupés, qui ne peuvent pas être liés au hasard.

 

S. s'est rappelée, sans le vouloir, de plusieurs accouchements depuis son adolescence. Elle ne se rappelait d'aucun et pensait n'avoir jamais eu d'enfants, jusqu'à ce que les souvenirs traumatiques commencent à revenir. Je tiens à préciser qu'il est très courant que des gens qui ont subi des taumatismes aussi graves et répétés dès la petite enfance oublient totalement ce qu'ils ont subi jusqu'à 35, 40 ans parfois. Certains n'oublient jamais tout, quand ils ont pu être coupés de ce milieu assez tôt, mais à ma connaissance la plupart connaissent l'amnésie traumatique, qui est un réflexe de survie.

 

Concernant les violences sexuelles, S. s'est rappelée de nombreuses scènes, a identifié et reconnu des lieux dans lesquels elle pensait n'être jamais allée, des personnes qu'elle pensait ne pas connaître. Quand des enfants devaient naître à l'intérieur de ce réseau, ils étaient soit tués, soit abandonnés. S. a donc cherché à retrouvé leur trace, et différents éléments lui ont permis de probablement identifier plusieurs d'entre eux.

 

Cela peut sembler incroyable, je m'en rends compte. Mais j'ai déjà diffusé le témoignage d'une femme très courageuse, qui elle aussi avait eu plusieurs enfants à la suite de viols dans le réseau om elle a été mise dès l'enfance, et avait réussi à prendre contact avec certains d'entre eux, devenus adultes. J'espère qu'elle a pu retrouver les autres. Et la plupart des survivantes de ce type de réseau auxquelles j'ai pu parler ont aussi été enceintes, les enfants étant souvent tués très rapidement lors de rituels, ou parfois disparaissaient sans qu'elle sachent ce qu'ils sont devenus. Ces pratiques sont courantes dans ce système de tarés.

 

 

Appel à témoins

 

Je me joins à S. pour lancer un appel à des témoins, à d'autres victimes d'un réseau organisé de pédocriminels dans la région.

 

Nous reviendrons prochainement sur l'histoire de S. et ses recherches.

 

---------------------------

 

1Malgré des accusations étayées, seuls les parents de Véronique et de ses sœurs, qui ont aussi subi les violences de réseau, ont été condamnés (16 ans pour la mère, 12 ans pour le père).

2Entretien réalisé le 17 mai 2016.

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