L'opposition contrôlée : faux messies et stratégie de l'enlisement
Voici une vidéo que j'ai traduite, parce qu'elle parle assez bien de la manière dont fonctionne un certain type d'opposition contrôlée, celle des faux messies et principalement ceux qui sont sur le créneau du New Age.
Alessandro du Châtel, un Américain qui tient le site Total Disclosure et travaille beaucoup à exposer les faux lanceurs d'alerte et les faux leaders qui racolent en utilisant le sujet de la pédocriminalité et des trafics sexuels mais amènent leurs adeptes, leurs "abonnés", puisque ça se passe principalement en ligne, vers des théories et pratiques souvent New Age, en tout cas inoffensives.
Cette interview a été réalisée le 19 novembre 2023 par Gabby Choong (sa chaîne Youtube), une survivante des réseaux qui fait des interviews souvent intéressantes au sujet des violences rituelles et d'autres sujets connexes.
Avec Alessandro du Châtel, elle évoque certains milieux de "résistance" comme l'International Tribunal for Natural Justice, qu'ils assimilent à de l'opposition contrôlée, à des faux prophètes charismatiques et très formatés, qui servent séduire les foules avec des discours creux mais pleins de bons sentiments. Souvent, observent-ils, ces fausses oppositions, qui arrivent à capter énormément d'attention grâce aux algorithmes des plateformes, à des soutiens financiers, à des protections parfois, amènent leurs fidèles loin des combats contre les réseaux et leurs trafics.
Gentiment, ces oppositions soporifiques détournent des gens avides messages "positifs" et qui n'engagent à rien vers des mouvements bien contrôlés comme une bonne partie de ceux qui se situent dans la mouvance New Age. Car il faut rappeler que ce mouvement a été modelé par les services américains pour différentes raisons, mais un exemple type de ces milieux est Charles Manson, qui grenouillait dans les milieux du rock et du cinéma à Hollywood, a trafiqué toutes sortes de drogues pendant des années en toute impunité dans sa secte qui s'appelait "The Family", et avait de nombreux contacts "officiels".
Il y avait là-dedans des hippies sous LSD, certes, mais aussi des satanistes, du trafic de drogue, des essais de diverses méthodes de contrôle mental dans tout un tas de sectes, des essais de doctrines, probablement pour voir celles qui marchent ou pas...
Officiellement, seuls les pays autoritaires contrôlent les oppositions. S'ils le font peut-être plus strictement que d'autres pays considérés comme des "démocraties", ils n'en ont pas l'exclusivité.
Qu'est-ce donc que l'opposition "contrôlée"? Je ne vais pas faire une typologie ici, les profils sont variés : de l'agent directement payé ou manipulé par les renseignements pour tuer un mouvement de différentes manières à l'ahuri qui n'a plus le discernement nécessaire tant il est fan d'un personnage qui lui est totalement contrôlé, répondant totalement à un agenda caché et bien différent de celui qu'il affiche pour ses adeptes, le panel est très large.
Contrôler l’opposition, une pratique habituelle au pays des "droits de l’homme"
En a-t-on en france ? Evidemment. Cela s'est toujours fait, tous les mouvements sont très rapidement infiltrés afin d'être mis hors d'état de nuire: on créé des divisions, on détourne le discours pour le rendre inoffensif, on noyaute les meneurs, on pousse le groupe à mener des actions contre-productives, on infiltre des manifestations pour faire de la casse sous le nez des Robocops, on infiltre aussi des collectifs et des mouvements entiers.
Concernant les Gilets Jaunes, par exemple, il y a cet enregistrement d'un membre d'un collectif dans l'est, qui expliquait que les renseignements lui avaient mis la pression pour qu'il leur dise qui faisait quoi dans son groupe, ce qu'il préparait, et on peut penser que l'étape d'après était de les neutraliser en empêchant l'action, comme on l'a vu dans les assemblées des Gilets Jaunes.
Il y a eu, en Moselle, de nombreuses arrestations de Gilets Jaunes après que la police a infiltré un homme sans-papiers dans les groupes locaux, en échange de la nationalité française pour lui et sa famille. Il était chargé de prendre des photos de tout ce qui pouvait sembler "compromettant" pour les "forces de l'ordre". Hélas pour les Gilets Jaunes du secteur, cette taupe s'est montrée particulièrement zélée.
On a aussi vu passer plusieurs vidéos de "casseurs" infiltrés dans les manifestations de Gilets Jaunes, qui étaient en fait des flics, et venaient d'ailleurs se réfugier derrière les cordons de CRS quand les manifestants leur demandaient des comptes (un exemple ici, d'autres là).
Et puis, il y a Alexandre Juving-Brunet, admirable lanceur d'alerte, et ancien capitaine de gendarmerie, qui a expliqué dans une vidéo comment on lui avait proposé de créer un contre-mouvement, baptisé les "Gilets Rouges", pour casser la vague Gilets Jaunes. En guise d'entrée en matière on lui donnait 50.000€ et tous les discours écrits d'avance.
Le "on" étant un groupe de capitalistes. Lui-même a été accusé d'être une opposition contrôlée, mais vu les mois de prison à l'isolement qu'on lui a fait subir pour avoir lancé une souscription pour une monnaie alternative, cela m'étonnerait beaucoup.
J'ai vu moi-même un autre type d'opposition qui passe sous contrôle, par le recrutement des leaders les uns après les autres afin qu'ils coulent le mouvement et cessent de nuire au pouvoir en place. On promet des strapontins politiques, des postes dans des partis politiques. Et beaucoup mordent à l'hameçon.
A l'heure des réseaux sociaux, quelle forme prendrait l'opposition contrôlée ?
Si j'étais la micronie aujourd'hui, ou l'OTAN, voyant que la situation sociale, politique, économique est désastreuse, je chercherais à maîtriser les choses le plus possible. Je mettrais en valeur une opposition en toc, docile, complètement à côté de la plaque, et je veillerais à ce qu'elle ait une bonne audience (soit en l'attaquant publiquement de manière régulière, soit en la valorisant plus directement).
Je ferais monter certains leaders sur lesquels je peux facilement faire pression, pour leur faire exploser leur mouvement, ou le détourner de toute velléité combattive.
Pendant ce temps, je ferais évidemment tout pour censurer les oppositions qui ne me conviennent pas. Et si l'un de ces opposants a un discours trop subversif et fait trop de bruit, je poserais un double sur les plateaux télé: même profil, même look tant qu'à faire, mêmes sujets de "combat", mais la copie ne sera évidemment pas subversive, les tenants du système pourront dormir sur leurs deux oreilles.
Après le covid et l'apparition de nombreux lanceurs d'alerte, qui ont joué un rôle essentiel pour faire cesser les dérives surréalistes imposées pendant ces années sombres, on en voit aujourd'hui certains s'écharper publiquement, se traiter d'opposition contrôlée.
Il est difficile de faire la part des choses entre la bêtise, l'ego et ce qui peut relever du sabotage organisé. Souvent il faut observer les individus d'assez près et pendant plusieurs mois pour se rendre compte que la personne est achetée, ou carrément un infiltré.
Après tout, les gens aiment les histoires et les héros : donnons-en leur !
Avec l'affaire dite du fonds Marianne, cet argent public donné à d'obscures associations dont certaines -comme Conspiracy Wtach ou l'association où officiait Mohammed Sifaoui rémunéré grassement- n'ont pour l'essentiel fait que s'en prendre aux opposants de la micronie plutôt qu'aux islamistes en ligne comme c'était prévu.
Combien de polémistes d'extrême-droite, sont rémunérés grâce à nos impôts pour polluer le débat ? Par exemple Jean Messiah payé par le ministère des armées pendant des années alors qu'il passait son temps sur les plateaux télé à donner son opinion politique et à jeter de l'huile sur le feu ou à conseiller Marine Le Pen, par exemple. Quel agent public peut se le permettre ?
Que penser des rumeurs balancées sur les uns et les autres, en particulier ceux dont la voix porte et dont le discours dérange le système. Ariane Bilheran, par exemple, en fait régulièrement l'objet. D'où viennent ces rumeurs ? En général d'autres "lanceurs d'alerte". J'y ai aussi eu droit, par des gens se disant d'honnêtes militants contre la pédocriminalité. A quoi cela sert-il?
D'une part, à créer un écran entre la personne visée et le public, pour que les gens n'écoutent pas le message de la cible et se disent que la personne n'est pas fiable, qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et préfèrent passer à autre chose (en général il tomberont sur quelqu'un qui semble parfaitement lisse, parce que les vrais lanceurs d'alerte ont autre chose à faire que de propager des rumeurs à leur sujet).
D'autre part, ça permet de mettre le bazar dans un combat, en montrant des divisions, des dissensions au lieu d'avancer chacun de son côté, à sa manière mais finalement dans le même sens. En général, il n'y pas intérêt pour le combat mené à perdre du temps à taper sur le voisin, surtout si c'est pour inventer n'importe quoi.
De l’opposition contrôlée à tous les niveaux
A une autre échelle, plus internationale, combien de leaders charismatiques émergent, parce qu'ils sont attaqués par les médias mainstream, devenant ainsi des héros de la "dissidence", de l'"opposition"? Je pense à Trump, qui est totalement dans le système depuis le début de sa carrière, quand il fréquentait les mafieux et le milieu de la pédocriminalité New Yorkaise (sans même parler de son pote Epstein), et qui depuis a scrupuleusement suivi l'agenda du covid.
Son avocat dans ses jeunes années, Roy Cohn était au coeur d'un système de corruption et opérait déjà un peu comme Epstein, organisant des soirées qui viraient en partouzes avec drogues et même des mineurs, le tout étant filmé pour faire chanter les types. C'est lui qui a nommé Fauci à son poste à la task force covid, ne l'oublions pas.
Je pense aussi à Elon Musk, dont il n'y a aucune chance qu'il n'ait pas derrière lui tout l'appareil sécuritaire US, DARPA et NSA en tête. Comme c'est le cas de tous les leaders de la Silicon Valley depuis le début de la Silicon Valley, et par conséquent de tous ceux qu'on appelle les "géants de la tech". Que ce soit par les financements, par les transferts de technologies, de brevets, de chercheurs. Par exemple, Google existe grâce aux travaux sur la surveillance de masse de la DARPA. Bref.
Il est aussi connu, par exemple, que le Hamas a été financé et aidé par le Mossad dès sa création (et cela continue de nos jours) : lorsque des accords de paix sont sur le point de déboucher, une attaque du Hamas permet de justifier la rupture des négociations et même, souvent l'avancée de la colonisation. On apprenait ça en licence d'histoire à l'époque. Beaucoup le savent, certains le disent, mais le sujet est un grand tabou dans les médias mainstream.
Et puis pourquoi, alors que les dirigeants politiques, les dirigeants des médias qui ont pignon sur rue, ceux des grandes entreprises, sont tous des pions entre les mains des super capitalistes, les oppositions ne le seraient-elles pas ?
Alors la question est : comment reconnaître une opposition contrôlée ? Il y a bien quelques indices comme l'appât du gain, l'idéologie, le passif, l'incohérence apparente de certains actes, de certaines stratégies qui semblent contre-productives si on regarde les choses du point de vue militant. Mais ce ne sont pas des preuves: beaucoup agissent de manière stupide pour plein de raisons qui n'ont rien à voir avec le contrôle, mais finalement le résultat est à peu près le même.
Pour identifier une opposition contrôlée, le plus efficace est de remonter à l'origine des financements, ce qui n'est pas toujours simple. C'est là que beaucoup d'ONG, pour le climat par exemple, ne passent pas l'examen, de même que beaucoup de groupuscules politiques toutes tendances confondues.
On doit aussi éviter de tomber dans une forme de paranoïa, en voyant de l'opposition contrôlée partout. Parfois, on se demande si les accusations d'opposition contrôlée ne pleuvent pas un peu vite, avec comme objectif de détourner l'attention des vrais sujets, des combats importants. Gardons bien à l'esprit qui est notre cible et pourquoi, réfléchissons à comment arriver à reprendre les choses en main tout en sachant qu'il existe cette opposition bidon, ces faux messies, ce noyautage. Organisons-nous pour éviter d'être empêchés d'agir à cause de ça, et même, pourquoi pas, pour les neutraliser autant que possible.
Pour ça la recette est simple : ne pas les suivre et agir dans le sens de nos objectifs.
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Les enjeux sont aujourd'hui très importants pour ceux qui profitent du système actuel, ceux qui l'ont créé et qui souhaitent le faire perdurer le plus longtemps possible malgré les coups de boutoir, de plus en plus intenses, portés par les mobilisations citoyennes. Nous devons rester vigilants car il est selon moi évident que les différents pans de l'opposition sont déjà infiltrés, si ce n'est contrôlés dès le départ par ceux qu'ils dénoncent publiquement.
Nous commençons à être rôdés, et même si la masse suivra forcément ces oppositions bidons, nous pouvons avancer nos pions de notre côté.








