ma_dessin32Cela faisait un moment que l’affaire du Var, aussi appelée affaire Amidlisa, semblait en sommeil. La raison est simple : la justice avait menacé la mère des enfants de lui retirer ses quelques heures de visites médiatisées mensuelles. Le black out a donc été observé, et continue. Mais, une échéance cruciale arrive : le procès pour dénonciation calomnieuse, attendu le 3 janvier.

 

Pour rappeler brièvement les faits, les trois enfants M., Marie, Thomas et Hugues, ont été victimes dès la fin 2007 et au moins jusque fin 2009 des viols en réunion, commis par leur père et ses amis. Des amis parmi lesquels on retrouvait une psychologue et un éducateur chargés du suivi des enfants.

Comme c’est très souvent le cas dans ce genre d'affaires, les plaintes pour viol ont été classées sans suite (par le désormais célèbre Christian Girard de Draguignan à l'époque), malgré divers certificats médicaux, et malgré les dépositions des enfants et de plusieurs témoins.

Du coup, la mère a été traitée de menteuse, elle a perdu la garde de ses enfants qui ont été confiés à E.M le pédophile, et elle doit comparaitre le 3 janvier ainsi que son beau-père pour dénonciation calomnieuse.

Au fil des semaines, il s’est avéré très clair que les enfants subissaient des actes de plus en plus horribles, jusqu’à décrire des actes de torture et de meurtres d’enfants, et à montrer où les corps avaient été enterrés. Au total, ils ont décrit les mises à mort de 16 enfants, tous dans la région de Cogolin. Ces révélations s’étalent sur plus d’un an, quand leur mère les a encore durant quelques week-ends. Mais bien-sûr, les enfants étaient menacés s’ils parlaient, et ils ont constaté eux-mêmes que plus ils parlaient, moins ils voyaient leur mère.

Dans cette affaire, qui se déroule à Cogolin, beaucoup de monde est impliqué : les gendarmes sont des copains de E.M, tout comme un adjoint de la mairie de St Tropez, un propriétaire de villas… Cela explique pourquoi la famille a du faire face à d’innombrables vices de procédures, à des abus de droit, à des faux en écriture, à des rapports mensongers, à des équipes toutes dévouées au père et à ses amis, qui n’ont jamais fait l’objet d’une enquête, à part le dénommé « Mickey » parce qu’il a été cité nommément par les trois enfants au tout début de l’affaire. Celui-ci a donc été entendu, a nié, et a pu continuer à violer les trois enfants. Et d’autres…

 

Le procès pour dénonciation calomnieuse, une blague…

th dessin explications 5Tout d’abord, ce procès pour dénonciation calomnieuse ne tient pas route, pour une bonne raison : l’affaire n’a jamais été jugée sur le fond puisqu’il n’ya eu jusqu’à présent que des classements sans suite.

Cependant, on a vu pour l’affaire de la petite Marine, ou même pour Emmanuel Verdin, que cela n’arrête pas la justice.

Hors, tant qu’il n’a pas été dit clairement par la justice que les faits n’ont pas été commis, comment la mère des enfants aurait-elle pu sciemment (intentionnellement) dénoncer des faits imaginaires ? Après avoir vérifié comme elle l’a pu que les dires des enfants étaient cohérents, elle a naturellement été porter plainte, en visant l’ami de son ex compagnon, pas E.M.

En tout cas, il serait bien que pour une fois depuis le début de cette affaire en 2007, ce procès permette d’aborder les faits de viols contre les enfants.

Pour en arriver à ce procès, la justice a du faire d’incroyables contorsions avec la réalité des faits. A tel point qu’aucune des assertions e l’ordonnance de renvoi devant le tribunal le 3 janvier ne tiennent la route. Les reprendre une par une s’avérerait laborieux, le DVD Amidlisa est là pour éclairer les curieux ou les fans de dérives judiciaires[1].

Pour illustrer d’un exemple assez symptomatique : on reproche à Sarah, la maman des enfants, de les avoir « enlevés », alors qu’elle a envoyé un fax au procureur pour lui dire qu’elle quittait la région quelques jours. C’est ce soir là que les flics ont débarqué dans l’auberge tenue par des bonnes sœurs où Sarah et les enfants avaient fait étape, afin d’embraquer les enfants, qui ont été placés. C’est ce même procureur qui a demandé le placement des enfants, sans raison, donc. Et qui a aussi donné ordre aux gendarmes de « ne rien dire » à Sarah sur la destination de ses enfants[2], traumatisés de cet enlèvement par 11 gendarmes pas du tout enclins à la discussion.

En fait, la justice venait de décider d’envoyer les enfants chez leur père !

Les services sociaux ont pourtant rappelé que la situation était « complexe » et qu’ « une enquête pénale » était « en cours ».

Autre exemple : il est écrit dans l’ordonnance que « l’audition du médecin hospitalier établissait que [Marie] n’avait jamais évoqué devant lui d’actes sexuels contrairement à ce que prétendait sa mère », hors elle a carrément écrit sur un dessin fait lors d’une des entrevues avec ce médecin que « papa a mis son zizi dans ma bouche, Didier a mis son zizi dans ma bouche ». Didier est justement ledit « Mickey ».

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Le médecin avait aussi noté « l’extrême réticence de [Marie] à s’exprimer en raison d’un état de panique sidérante lorsque les faits allégués sont abordés ». Il a ajouté que la petite ne semblait pas influencée par un tiers ni affabuler. Et voici ce qu’il avait conclu :

 

Margot examen1

 

Quelques éléments

> Que penser d’un médecin de famille, qui tient le discours suivant avec le père des enfants E M., devant le petit Thomas, qui reste très perturbé par cette visite. Cette discussion intervient après que le grand père des enfants ait parlé des viols à ce même médecin de famille lors d’une consultation :

Des qu’ils sont entrés dans son cabinet le médecin a dit a E M. :

- Ils sont au courant de tout !

E M. a répondu :

- Comment tu sais ça?

- [elle cite le nom du grand-père] ! et s’adressant a Hugues elle lui a dit :

- C’est toi qu’a parlé p’tit con ? Et ta mère est une conne ! Si tu continues ton père va tuer un autre enfant !

Puis  s’adressant à nouveau au père, ils ont parlé des crimes et elle a dit :

- C’est bien… ! Y a du y avoir beaucoup de sang alors !

Que signifient ces propos ? En tout cas ces deux-là, qui se vouvoyaient quelque temps auparavant, semble cacher quelque chose de bien embêtant, et de bien sanguinolent. Exactement la teneur des propos tenus par les trois enfants…

> Il est écrit dans l’ordonnance que « des enquêtes ont été diligentées pour déterminer si les faits énoncés étaient réels ». Encore un délire : Ces enquêtes ont été totalement diligentées a charge contre Sophie Giuli, sa mère et son beau-père et non pour mettre a jour la réalité des faits dénoncés et qui se perpétuaient.

Un élément de preuve de toute importance c’est que les enfants n’ont pas été retires du sein paternel a l’annonce de ces dénonciations gravissimes !  Sur toute la durée de l’enquête les crimes ont continue sur les enfants et sur d’autres puisqu’on a pu, d’après leurs dires, dénombrer 14 meurtres d’enfants en plus des deux racontes au Dr Bataille, objets de snuff-movies, sur cette période !

th explication1> Le samedi 24 janvier 2009, Marie a indiqué a sa mère le chemin de la maison dans une copropriété privée ou les enfants ont dit plus tard avoir assiste au meurtre d’une petite fille blonde aux yeux bleus. Et c’est par Hugues,  s’exclamant devant le portail de cette copropriété, en indiquant la forêt environnante :  « c’est par là qu’ils ont enterré l’enfant ! » que sa mère a appris qu’il y avait eu un 2eme meurtre. Cette maison a été reconnue par Sarah parce qu’ E. M., en tant que chef d’équipe maçon, la lui avait fait visiter 3 ans auparavant lorsqu’elle était en construction. E. M. avait confie alors a Sophie qu’il voulait faire des affaires avec le propriétaire de cette maison »

 

Les plaintes classées sans suite, un rituel

E. M. n’a pas grand-chose à craindre de la justice, semble-t-il. Toutes les plaintes de Sarah contre lui ont systématiquement été classées sans suite.

1/ Plainte du 17 septembre 2004 pour violences verbales et psychologiques, Cette infraction de diffamation et injure non publiques est punissable en vertu des articles R. 621-1 et R. 621-2 du Code pénal a la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 1ere classe a la 3eme classe. ==> Classement sans suite

2/ Plainte pour violences et menaces de mort en février 2005 car E. M. se montrait de plus en plus violent depuis la naissance des enfants (ce qui a motivé la séparation du couple). Cette infraction est punissable en vertu des articles 222-17, 222-18 et 222-18-3 du Code pénal : de 5 ans d’emprisonnement et de 75.000 € d’amende.  ==> Classement sans suite

3/ Main courante en juillet 2005 pour violences et menaces de mort, obligée de fuir avec les enfants jusqu’en février 2006. Cette infraction est punissable en vertu des articles 222-17, 222-18 et 222-18-3 du Code pénal : de 5 ans d’emprisonnement et de 75 .000 € d’amende. ==> Classement sans suite

A  ce stade on doit préciser que lors du divorce, le juge a quand-même estimé que "aucun motif grave n’étant de nature à limiter le droit de visite et d’hébergement du père", il aurait un droit de visite et d'hébergement très proche de ce que demandait E. M.

4/ Plainte du 25 décembre 2005 de Sarah contre E. M. pour : tentative de viol. Sarah avait tenu à rester la nuit chez E. M. avec les enfants car le plus jeune était encore bébé et il devait rester 17 jours chez son père. Cette infraction est punissable, en vertu des articles, 222-23 et 222-24 du Code pénal, de : 20 ans de réclusion criminelle. (avec 2 témoins des aveux d’E.M.) ==> Classement sans suite

th dessin explications 25/ Plainte pour harcèlement en avril 2006 menaces de se venger sur les enfants. Cette infraction est punissable, en vertu des articles 222-17, 222-18 et 222-18-3 du Code pénal, de : 5 ans d’emprisonnement et de 75 .000 €  d’amende. ==> Classement sans suite

6/ Plainte du 2 octobre 2007 de Sarah contre E. M. pour : abandon de famille. Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 227-3 du Code pénal, de : 2 ans d’emprisonnement et de 15. 000 € d’amende. ==> Classement sans suite

7/ Plainte du 10 octobre 2007 de Sarah contre Didier dit « Mickey » pour : viol sur mineure de 15 ans. (Multiples preuves à l’appui). Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 222-24 du Code pénal, de : 20 ans de réclusion criminelle. ==> Classement sans suite

8/ Plainte du 9 mai 2009 de Sarah contre E. M. pour : 5 non-représentations d’enfants. Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 227-5 du Code pénal, de : 1 an d’emprisonnement et de 15.000 € d’amende. ==> Classement sans suite

Autre plainte du 17 septembre 2010 pour 17 non représentations d’enfants, classée sans suite. E.M a ensuite été relaxé suite à la citation directe de Sarah.

9/ Plainte du 15 mai 2009 de la mère de Sarah contre E. M. pour : enlèvement d’enfants. Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 227-9 du Code pénal, de : 3 ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende. ==> Classement sans suite

Autre plainte pour enlèvement d’enfants le30 août 2010, classée sans suite.

10/ Plainte du 1er juin 2009 de la mère de Sarah contre E. M. pour : menaces de mort et agression physique ayant entraine 150 jours d’ITT et une infirmité permanente. (5 témoins et enregistrement audio). Cette infraction est punissable, en vertu des articles 222-9 et 222-10 du Code Pénal, de : 15 ans de réclusion criminelle. ==> Classement sans suite

Autre plainte du 4 février 2011 par une connaissance de Sarah pour menaces de mort==>  classée sans suite.

Autre plainte de Sarah pour menaces de mort le 25 mars 2012, avec enregistrement audio à l’appui ==> classée sans suite.

11/ Plainte du 15 juin 2009 a Nice de la mère de Sarah contre Mme G. de la PJJ de Toulon pour : dénonciation calomnieuse dans jugement du JDE du 26 mai 2009. (2 témoins). Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 226-10 du Code pénal, de : 5 ans d’emprisonnement et de 45.000 € d'amende. ==> Classement sans suite

12/ Plainte du 15 juin 2009 a Nice du beau père de Sarah et grand-père des enfants contre Dr B. pour: dénonciation calomnieuse dans le jugement du JDE du 26 mai 2009. (Preuves audiovisuelles a l’appui). Cette infraction est punissable, en vertu de l’article 226-10 du Code penal, de : 5 ans d’emprisonnement et de 45.000€ d'amende. ==> Classement sans suite

 

On reviendra très vite sur cette affaire.



[1] Un DVD de toute l’affaire avec toutes les pièces a été remis a tous les députes des deux législatures, a tous les sénateurs, a tous les ministres des deux gouvernements, aux deux Présidents de la République, a tous les candidats aux élections présidentielles et a leur parti, a tous les rédacteurs en chef de tous les journaux locaux et nationaux français, belges et suisses, a tous les députes européens de langue française, au Conseil Supérieur de la Magistrature et a de nombreuses personnalités. Evidemment, personne n’a jugé utile de répondre.

[2] Elle ne saura que 3 semaines plus tard, le 30 octobre 2007, qu’ils avaient été confiés pour un an à la garde de leur père par le juge B., après un passage en foyer, où ils ont en été séparés.