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De quoi parle ce livre, Consentement, qui fait tant scandale? D'un type qui aime les adolescentes à peine pubères. D'une fillette dont la première fois se passe à 13 ans avec un écrivain qui a 36 ans de plus et se vante sur les plateaux télé comme dans ses livres de ses exploits sexuels avec des mineurs. Et ce livre parle d'un silence assourdissant.

Aujourd'hui, après des dizaines de scandales de pédocriminalité dans les écoles, les églises, les HLM, sur le web, la tolérance n'est plus de mise pour l'opinion publique. Les pédocriminels sont en passe de devenir les proies, et eux qui aiment tant être des prédateurs n'aiment pas du tout cela.

 

Le livre de Vanessa Springora est courageux. Il a certainement fallu une grande capacité d'introspection, et une volonté forte de dénoncer, pour parvenir à écrire ces mots. On attendait Lolita du point de vue de Lolita, c'est le livre de Vanessa Springora, Consentement.

Il s'agit en fait d'une relation d'emprise et de violence sexuelle sans les coups, dont la victime est une gamine qui se croit grande, comme toutes les gamines de 12, 13, 14 ans. C'est l'histoire d'un étau, d'une manipulation, d'une longue reconstruction. 

 

Matzneff, un pédo militant bien inséré dans le microcosme parisien

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Dans les années 90, une autre victime de Matzneff mais pour des faits remontant au début des années 70, avait déjà écrit un livre sur son histoire. Mais il a été refusé par les maisons d'éditions.

"Dans ce petit monde feutré de l'édition parisienne, « tout le monde savait bien ce que faisait Matzneff et d'autres pédophiles présumés du monde de l'édition, ça alimentait les dîners en ville et ça choquait peu de monde », se souvient un ancien journaliste littéraire", lisait-on dans Le Parisien du 10 janvier 2020. Et jusqu'à aujourd'hui, Matzneff était toujours adulé par les milieux littéraires, vivait dans un HLM en plein Paris pour 348 euros par mois grâce à son ami Jean Tibéri, et avait touché 160.000€ du centre National du Livre depuis 2002.

Comment a-t-il pu rester aux premières loges de la littérature après avoir écrit en 1977 dans un de ses livres que "Grâce aux dieux, il n'y a pas que les femmes : il y a les petits garçons. Uniment hétérosexuel, je me serais senti coincé par les traîtresses sirènes, entièrement à leur merci ; polysexuel, j'ai une échappatoire. Les stoïciens nomment le suicide une porte de sortie ; les jeunes garçons, eux aussi, sont une porte de sortie". D'ailleurs, il a écrit lui-même avoir des relations sexuelles avec des garçons de 8 ans.

Ou encore: "Que les violences soient punies avec rigueur, les amoureux de l'extrême jeunesse sont les premiers à le souhaiter. Ce que nous combattons, c'est cette idée qui semble être la pierre d'angle de la présente législation, que l'éveil de l'instinct et des pratiques sexuels chez l'adolescente ou chez le jeune garçon est nécessairement nuisible et funeste à leur épanouissement. Ce n'est pas vrai. " Il faisait,  et souvent d'ailleurs, l'apologie d'un crime, affirmant que ce n'était pas de la fiction mais sa vraie vie, et au lieu de le coller au trou on l'a invité à la télé. 

Apostrophes

Avec son ami écrivain et pédocriminel René Schérer, Matzneff a même témoigné en 1981 en faveur de Jacques Dugué, un pédocriminel qui produisait des films et photos pédopornos et prostituait des mineurs. Dugué, surnommé "le pervers de Saint-Ouen", avait déjà fait 10 ans de prison (pour deux condamnations) et alimentait un réseau pédocriminel en contenus [1] dont certains ont été retrouvés dans les CD Roms de Zandvoort.

Selon certaines sources, on aurait retrouvé des ossements d'enfants chez ce Dugué, dont les penchants étaient clairement sadiques même si Matzneff & Co ont oublié de le dire [2]. D'ailleurs, Dugué ne l'avait pas dit non plus dans sa tribune de 2 pages dans Libération, journal pro pédo"philes" alors dirigé par Serge July, dans laquelle il défendait le droit à sodomiser des enfants.

En 1982, le nom de Matzneff est sorti, comme des dizaines d'autres, dans l'affaire dite du Coral, ce "lieu de vie" alternatif pour enfants autistes et handicapés, où selon la justice rien ne se serait passé [3]. Il a même été convoqué et entendu par la police durant quelques heures avant d'être relâché.

Et c'est suite à cette accusation d'avoir violé des mineurs résidents du Coral (jamais prouvée judiciairement et jamais jugée) que Matzneff a perdu sa chronique dans Le Monde, qu'il tenait depuis 1977. Et même s'il a été "blanchi" par les enquêteurs, comme les trois cents autres types cités dans cette affaire, il n'a jamais récupéré sa chronique au Monde.

Matzneff a aussi été parmi les premiers et les plus virulents à attaquer l'enquête sur le Coral, et surtout le témoin numéro 1 Jean-Claude Krief, cet éducateur qui a dénoncé les personnalités parisiennes [4]. Initialement Krief n'avait dénoncé que 13 personnes toutes proches du Coral ou de Claude Sigala le patron du Coral, parmi lesquelles Matzneff, Schérer, le fils Boulin qui dirigeait SOS Enfants, une association qui a placé des enfants au Coral, Léonid Kameneff le leader de l'Ecole en bateau condamné en 2013 seulement (12 ans de prison), ou le psychiatre Alain Chiapello, qui a été inculpé, puis relaxé.

 

L'Ecole en Bateau, maillon d'un réseau pédo international ? - donde vamos

Dans les années 70, les pédophiles se sentaient pousser des ailes. ils créaient même des écoles, comme l'Ecole en Bateau, ou Coral, ou tant d'autres lieux de vie dans lesquels les éducateurs non qualifiés étaient trop souvent des pédophiles. Il se trouve qu'à l'époque, il existait déjà une sorte d'internationale pédophile, dont la toile s'étendait sur tout le globe.

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René Schérer, qui a été entendu trois fois dans ce dossier, a admis connaître Sigala et s'être rendu plusieurs fois au Coral, mais "sans y séjourner".

Quand il a eu son Renaudot en 2013, l'association Innocence en Danger avait déposé une plainte contre X visant en fait Matzneff pour pour ­provocation à la commission d'une infraction, close par un non-lieu. On devait encore être "à l'époque".

2020-01-13 19_45_33-Interrogé sur Matzneff, Frédéric Mitterrand dénonce un _phénomène de meute_ _ Le

Alors que certains aiment présenter la pédocriminalité comme quelque chose de romantique, de pas si grave, qui finalement n'a pas tellement de conséquences, ce livre remet les pendules à l'heure (même si l'auteure s'en sort relativement bien). Et en pointant le doigt vers l'agresseur, Matzneff, c'est un système complice qui est dénoncé. D'ailleurs, c'est quand il a obtenu le prix Renaudot en 2013 que l'auteure a eu le déclic final pour écrire ce livre.

Nous n'avons plus qu'à attendre et les regarder sortir du bois, ces individus qui tenteront de prendre la défense, avec des arguments qui relèvent de l'équilibrisme ou de la malhonnêteté intellectuelle, de leur ami, leur icône peut-être, en tout cas un pédocriminel revendiqué qui est passé à l'acte de nombreuses fois.

Certains vont crier haro sur les réseaux sociaux,sur "la meute", sur l'opinion fascisante, voire inculte. D'autres vont en appeler à l'amitié, minimiser ou tenter de se faire oublier. D'autres feront le dos rond et attendront que cela passe. On pense tout de suite à l'inénarrable Frédéric Mitterrand, lui aussi pédo revendiqué, qui a soutenu Popol-en-ski "jeté en pâture pour une histoire qui n'a pas de sens", et aujourd'hui Matzneff. 

 

Soutiens timides et retournements de veste

2020-01-18 19_39_50-Affaire Matzneff _ quand une poignée d'intellectuels défendait la pédophilie _au

Il y a comme une gêne dans le microcosme. Comme un fête arrosée stoppée nette à 3 h du matin par l'intervention des flics. Certains continuent à soutenir l'affreux matzneff en essayant de ne pas cautionner ses actes, ce qui relève de l'équilibrisme.

Quelques jours après que soit passé le pic du scandale, le journal Le Point (220.000€ de subventions en 2017), dans les pages duquel Matzneff, Gabriel, prix Renaudot, nous gratifiait encore il y a 1 mois de ses chroniques, semblait vouloir rallumer la polémique. Avec un discours visqueux très similaire à celui qu'on trouvait dans Libé dans les années 70 ou 80 au sujet de la pédocriminalité, alors appelée pédo"philie", c'est-à-dire un argumentaire basé sur la liberté (de qui?) opposée basiquement aux obscurantistes. Les obscurantistes étant ceux qui condamnent les pédocriminels dès lors qu'ils sont passés à l'acte ou font l'apologie de cette perversion, pas les pédos. 

Dans Le Monde, un académicien a jugé opportun le 13 janvier 2020 de prendre "la défense d’un homme aujourd’hui seul, traqué, malmené, conspué, honni, traîné dans la boue, naguère et encore tout récemment loué, honoré de prix, bénéficiant de bourses d’écriture, pour les mêmes livres qui le font mettre actuellement au pilori". 

Un article intitulé "Affaire Matzneff : le moment de la fureur morale" commence très mal en effet (on n'en saura pas plus il est réservé aux abonnés). Selon l'auteur, les réseaux sociaux ont "amplifié" la légitime indignation face aux actes de Matzneff, ce qui ne serait pas adapté au problème qui serait d'une trop grande "complexité morale" pour les internautes.

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Ils sont tout même assez peu pour le défendre, parmi tous ceux qui ont fermé les yeux durant toutes ces années. Même son pote Le Pen a dit que la pédo"philie", c'est mal. Ils se connaissent depuis les années 70 et s'entendent bien, festoyant ensemble régulièrement, ce qui n'est pas étonnant: l'extrême droite n'a jamais été, et ne sera jamais probablement jamais, en première ligne contre la pédocriminalité. Ni en deuxième ligne d'ailleurs.

En 2015 encore, matzneff publiait une de ses chroniques, toujours dans le très à droite Le Point, pour dire tout le bien qu'il pensait d'un Le Pen dont il vantait la "liberté" et la "spontanéité". Il écrivait notamment :" Les journalistes qui écrivent des biographies de Jean-Marie Le Pen ne me consultent jamais. Ils ont tort. Le président d'honneur du Front national et moi, outre nos nombreux amis communs, morts ou, grâce à Dieu, bien vivants, nous avons eu la même manucure, une jolie Finlandaise prénommée Margareta...".

Sur le plan des "idées", le pédo mégalo, fan et ami de l'ex Collabo Hergé (auteur de Tintin, antisémite affiché proche de nombreux fascistes) et de l'écrivain facho et pédo Montherlant, également amateur d'interviews chez Radio Courtoisie rallié à Marine Le Pen en 2012, continue : "Je me souviens d'une de nos soirées à l'époque du traité de Maastricht. Les propos que nous tint Jean-Marie Le Pen étaient la raison même, la justesse même, l'avenir allait nous le prouver, et ce soir-là je pris conscience à quel point était absurde l'image d'excité extrémiste que la presse purée de droite et de gauche s'appliquait à donner de lui".

Le premier éditeur de Matzneff était Roland Laudenbach, fondateur des éditions de La Table Ronde, orientées à l'extrême droite (la maison a publié Mauriac ou Montherlant) avant d'être rachetées par Plon en 1949.

2020-01-20 20_55_32-Recontres en ligne avec Gabriel Matzneff - Opera

Même Kouchner (fervent défenseur de Popol) le traite de "salopard" et dit que s'il a signé sa pétition demandant la légalisation de la pédo "philie"dans Le Monde en 1977 [5], c'est parce qu'il ne l'avait "même pas lue".

Et ce Matzneff si fier de ses actes, pourquoi a-t-il supprimé son blog (où il parle de lui à la 3e personne [6]) fin décembre, juste après la publication du livre de Springora? Est-ce parce qu'il affichait les prénoms (parfois les noms) et photos de ses conquêtes juvéniles ? Parce qu'il y affichait ses amis? 

Parce qu'il y racontait brièvement sa vie, et ses relations avec des adolescentes de 16 ans? Dans sa chronologie, pour l'année 1973 il écrit par exemple: "Rencontre de Francesca, qui a alors quinze ans (11 août). Ils entament une relation passionnée dans les jours qui suivent". En 1979: "Après un an de réflexion, Marie-Elisabeth F., seize ans, décide que Gabriel Matzneff sera son premier amant. C'est le début d'une très grande passion".

En 1980: "Début des amours avec Deniz C., seize ans, camarade de lycée de Pascale E. (1er mars)." En 1982: "De retour à Paris, il devient le 11 mars l'amant de la jeune Zohra et le 5 avril celui de Brigitte C., rencontrée au Salon du Livre." En 1983 : "Rencontre de Anne T., seize ans, élève au collège Sévigné (19 avril). Gabriel devient son amant le 10 mai.". etc. (Il aurait ainsi mis la main sur cinq adolescentes du même "collège Molière" à Paris, dont il faisait "la sortie").

Est-ce parce qu'il y écrit qu'à la fin 1976, il a fait un "Séjour en Tunisie (21 décembre - 5 janvier), chez son ami le docteur Pierre Jungné. Ils fêteront la fin de l'année avec leurs amis le sénateur hollandais Edward Brongersma et l'avocat Alexandre Rozier." Matzneff avait rencontré Edward Brongersma, qui était surtout le créateur du parti pédophile hollandais, lors d'un voyage de tourisme sexuel pédocriminel à Manille [7].

 

Une autre époque ?

2020-01-20 20_04_49-Affaire Gabriel Matzneff _ Le milieu littéraire est-il plus poreux que d’autres

Certains disent que c'était une autre époque. D'un côté oui parce que les mentalités ont globalement changé, d'un autre non car le discours d'une certaine caste intellectuelle rejoint toujours, globalement, la propagande des pédocriminels. 

En octobre 1997 alors que le scandale de l'affaire Dutroux battait son plein, Philippe Sollers, l'un des éditeurs de Matzneff, avait publié dans sa revue les réponses d'écrivains à une série de questions des plus tendancieuses:

  1.  Comment expliquez-vous le retentissement de l'affaire Dutroux?
  2. Qu'appelle-t-on selon vous un enfant aujourd'hui? Qu'appelle-t-on un pédophile?
  3. Avez-vous eu, étant mineur, une relation amoureuse avec un ou une adulte et quel souvenir en gardez-vous? Avez-vous, personnellement, des souvenirs de sexualité infantile?
  4. Estimez-vous que les spécialistes et les porte-parole de l'enfance nous disent tout? Avez-vous quelque chose à ajouter?»

Dans l'article qui présentait le sommaire de cette revue, le journaliste de Libé concluait: "Loin du climat de lynchage et de «bien-pensance généralisée» (P.Sollers), une tentative de réflexion collective sur un tabou (la sexualité de l'enfant) et un «bouc émissaire» (le pédophile)". 

En 2001, un article assez surréaliste de L'Express était titré : "Le dernier tabou, la pédophilie". Il était subtil mais en gros fustigeait l'intolérance vis-à-vis des pédos. Matzneff y avait même la parole, et déclarait notamment que "Les ligues de vertu, les pharisiens de tous poils se déchaînèrent contre moi, je fus même agressé physiquement par des beaufs surexcités. Les gens qui dénoncent Robbe-Grillet et Matzneff sont les mêmes qui, il y a cinquante ans, dénonçaient les juifs à la Gestapo". Rien que cela.

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En 2002, L'Humanité publiait un entretien dans lequel matzneff défendait son oeuvre. Cet article commençait ainsi : "Comme en témoignent des livres tels que les Moins de seize ans, les Passions schismatiques, le Sabre de Didi, vous avez participé au mouvement de libération sexuelle.

Gabriel Matzneff. Ah ! je ne sais pas ! J'ai participé sans participer. Je n'ai rien d'un prosélyte. Comme M. Jourdain fait de la prose sans le savoir, mes écrits ont peut-être aidé la société à devenir un peu moins bête". Au passage, il accusait les associations de défense des victimes de pédos de "ligues pour la défense de la vertu", "misérable conglomérat de refoulés sexuels, de pharisiens incultes et d'imbéciles hystériques". 

En 2009, Beigbeder a écrit dans l'Express un article intitulé "De la pédophilie en littérature" dans lequel il dénonçait "la chasse aux soricères" (encore cette expression utilisée pour défendre un pédocriminel, alors qu'il s'agissait d'un féminicide) contre Popol-en-ski, et disait que " 1) Il existe une grande différence entre le fantasme littéraire et le passage à l'acte criminel. 2) On doit pouvoir écrire sur tous les sujets, surtout sur les choses choquantes, ignobles, atroces, sinon à quoi cela sert-il d'écrire ? ", avant de citer un tas de livres axés sur la sexualité adulte - enfant qu'on devrait "brûler" si on n'aime pas la propagande pédo"phile". Des livres écrits par des pédos ou des pro pédos (André Gide, Nabokov, Sade, Roger Peyrefitte, Henry de Montherlant, Michel Tournier...).

2020-01-15 19_56_03-Finkielkraut défend Polanski _ à treize ans, _ce n'était pas une enfant_ - Opera

Cette même année, Matzneff publiait le dernier opus de son journal intime pervers, les "Carnets noirs", malgré la plainte de l'avocat d'une de ses victimes dont il parlait dans ce bouquin pour "atteinte à la vie privée". Car c'est là une de ses manies: raconter ses relations dans ses fumeux carnets.

En 2013, Finkielkraut défendait Polanski en disant qu'il n'était "pas pédophile" puisque selon lui, à 13 ans sa victime "n'était pas une enfant". Et il ajoutait au passage que la france était "en proie à une véritable fureur de la persécution".  Encore aujourd'hui, au sujet de l'affaire Matzneff, le journal patriarcal Causeur dénonce "l'hypermoralisme" ambiant.

Bref. La complaisance était totale, à gauche comme à droite.

2020-01-16 20_58_19-Pascal Praud ne pense plus que Gabriel Matzneff est un _merveilleux écrivain_ _

Il est salutaire que les gens comprennent ce décalage entre un certain microcosme parisien et le reste de la population, qui dépasse le décalage de classe, devenant un véritable décalage en termes de valeurs. Il y en a pour qui voler, mentir, violer des enfants n'est pas grave et est même plutôt valorisant.

Cela existe, et c'est cela qui est frappant dans la révélation brutale de cet autre point de vue sur l'"érotisme" pédocriminel, le point de vue de l'enfant, la victime. C'est là qu'apparaît ce fossé en termes de valeurs: alors que le citoyen est choqué de l'impunité de Matzneff le " citoyen modèle" [8], d'autres s'insurgent presque contre sa mise au pilori.

Si ses amis le lâchent aujourd'hui, tout comme ils lâchent Popol-en-ski, qui en est à sa douzième plainte pour viol sur mineure, c'est peut-être davantage parce qu'ils ont peur de finir comme lui avec un scandale aux fesses, que parce qu'ils sont "indignés", ou même écoeurés de ce qu'est la vie de leur ami prédateur. 

Ses bouquins sont progressivement retirés de la vente par ses différents éditeurs, et c'est tant mieux. Qu'on les lise dans des clubs de pédophiles, c'est une chose. Qu'on les mette en vitrine en tergiversant des heures sur les plateaux télé quant à leur contenu en est une autre. Des livres très intéressants ne sont plus disponibles et causent une bien plus grande perte.

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Et puis il faut aussi regarder les autres. Comme l'indéboulonnable Cohn-Bendit, qui disait en 1975 à la télé en avoir appris beaucoup sur sa personne en tripotant des enfants, ou encore (en 1982) que "la sexualité d'un gosse, c'est fantastique". Il était excité rien que d'en parler. Cohn-Bendit qui a écrit en 1976 dans un journal de Francfort: "Mon flirt permanent avec ces enfants prit bientôt un tour érotique. Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter. C’est à peine croyable. La plupart du temps, j’étais passablement désarmé. (…) Il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façon diverse. Quand ils le voulaient, je les ai caressés. Alors on m’a accusé de perversion."

C'était une époque où les écolos allemands demandaient la dépénalisation de la pédocriminalité. Une époque où la droite très conservatrice anglaise réclamait la fixation à 4 ans de l'âge de consentement. Où on trouvait dans Libé des "des annonces pour des rencontres avec des mineurs de 12 à 18 ans" et dans Le Monde où Matzneff avait sa tribune entre 1977 et 1982, des tribunes pro pédo"philie", ou encore une pétition dont Matzneff a été l'instigateur et l'auteur, en 77, en réaction au procès de Jacques Dugué et ses copains.

Cohn Bendit lui aussi a été défendu bec et ongles par ses amis quand Bayrou avait osé, en 2009 sur un plateau télé, lui rappeler qu'il avait revendiqué de tripoter des enfants. "Bayrou dérape face à Cohn-Bendit à la télé", titrait L'Express le lendemain. Pourtant, pour le citoyen lambda c'était bien Cohn-Bendit qui avait dépassé la ligne rouge. Certains ont été jusqu'à demander à Bayrou de faire des "excuses" à la victime Cohn-Bendit, qui l'avait aussi copieusement insulté. Et il a dû finir par dire qu'il regrettait. Surréaliste. 

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Et quid du grand ami de Matzneff, Christian Giudicelli, qui a poussé pour qu'il obtienne son Renaudot ? Les deux sont inséparables et les deux ont décrit leurs virées pédo"philes" en Asie du Sud-Est dans les années 80. 

Va-t-on aussi laisser Frédéric Mitterrand, autre adepte de tourisme sexuel, s'exprimer sur ce sujet de la pédocriminalité, insulter les citoyens et les victimes en les traitant de "meute" à chaque fois qu'un de ses copains sera mis face à ses actes par cette opinion qui seule semble capable de s'en émouvoir?

On aimerait en citer certains dansle show biz ou dans la politique notamment, mais eux n'ont jamais été assez stupides pour revendiquer publiquement leurs perversions.

Comment est-il possible que cet individu (Matzneff) ait sévi aussi longtemps, défendant ce qu'il appelait " la fonction socratique de l'adulteet qu'il ait pu rester niché au coeur du microcosme culturel parisien? Il faut mesurer l'ampleur des protections dont a bénéficié ce pervers. Il connaissait les éditeurs et critiques littéraires les plus influents, de BHL à Pivot. 

Quand en 1990 l'écrivaine canadienne Denise Bombardier avait osé faire part de sa perplexité devant la complaisance envers les propos de Matzneff qui, une fois de plus, défendait la pédocriminalité (et son bouquin "Mes Amours décomposés"). Elle avait prévenu son éditeur de ce qu'elle allait dire sur le plateau de Pivot, éditeur de matzneff qui l'a invité plusieurs fois dans son émission, et il lui avait dit qu'elle allait au devant des foudres de l'intelligentsia parisienne et de tout le monde de l'édition: "Tu compromets ton livre et tu compromets ta carrière d'écrivain. Tu n'as pas idée de ce à quoi tu t'attaques !", lui aurait-il dit.

Gabriel Matzneff à propos des adolescentes dans "Apostrophes" | Archive INA

Tout le petit monde littéraire avait pris la défense de Matzneff, injustement agressé, "bombardé" comme cela fut dit et répété dans les salons, pardon les dîners parisiens. Alors que c'était Matzneff le facho, c'est elle qui a été accusée de sympathies avec l'extrême droite par le petit milieu parisien, hélas si puissant. Philippe Sollers, autre éditeur de Matzneff, avait trouvé un argument marquant contre Bombardier, la traitant de "connasse" ou encore "mal baisée". De fait, les arguments de fond ont manqué.

2020-01-20 23_50_42-L'étau se resserre autour de l'écrivain Gabriel Matzneff _ Les Echos - Opera

En effet: à peine rentrée au Canada, elle a dit dans une interview avoir reçu des appels anonymes, des menaces, des lettres d'insultes, et elle a été blacklistée des médias et des maisons d'éditions en france. 

Suite à cela, elle explique avoir été convoquée à l'Elysée par Mitterrand (François), qui lui aurait notamment déclaré que Matzneff avait "sombré dans la pédophilie… et la religion orthodoxe" [9]. Du côté de Mtzneff, la version est différente. Selon lui ils se seraient rencontrés en 1965, il écrit: "Rencontre avec François Mitterrand, qui jusqu'à sa mort lui témoignera une attentive bienveillance (octobre)" ("lui" étant Matzneff soi-même). Matzneff a d'ailleurs soutenu Mitterrand (ex-collabo et militant d'extrême droite) lors de la présidentielle de 1965.

Le bashing a duré longtemps: en 2009 encore, dans Le Figaro, l'intevrention de Denise Bombardier était qualifiée de "néopuritanisme conquérant".

D'après Vanessa Springora, Matzneff a été entendu deux ou trois fois par les flics a l'époque où elle le fréquentait, mais elle explique qu'à chaque fois il a nié, planqué les éventuelles preuves, et s'en est sorti sans problème. 

On apprend aussi dans Le Point du 17 janvier qu'en 1986, une surveillance "discrète" a été effectuée autour de son domicile par la brigade des mineurs. Une enquête avait été ouverte suite à l'envoi d'une lettre anonyme, mais rien n'aurait permis d'approfondir les recherches.

Donc la police aurait fait son travail jusqu'à un certain point. Le journal Le Point s'interroge: "l'enquête a-t-elle été enterrée?". D'ailleurs, ce serait la seule trace d'enquête sur Matzneff, alors que selon Vanessa Springora il a été entendu au moins trois fois lors de leur relation. Le dossier, qui aurait été transmis au parquet, aurait-il été nettoyé?

 

L'âge de consentement en france: l'arlésienne

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Une question pour ceux qui découvrent le sujet des violences sexuelles contre les mineurs: savez-vous à partir de quel âge un tribunal français s'interroge sur le "consentement" d'un enfant à un rapport sexuel complet avec un adulte? 

C'est-à-dire, quel âge doit avoir la victime pour qu'on considère qu'elle a été violée par un adulte, et que celui-ci doit passer aux assises (enfin dans les mini tribunaux pour les "mini crimes", grâce à une régression du micron)? 

Alain Robbe-Grillet, écrivain connu et pédocriminel revendiqué, a dit "à l'époque": "Ces histoires autour de la pédophilie, cela devient grotesque. [...] Ce qui importe, c'est le consentement spontané" [10]. C'est de cela dont parlait en 2001 une journaliste de L'Express, quand elle écrivait que "Le mot «pédophilie» devrait sans doute être manié avec force précautions sous peine de voir jetés dans un même sac des relations entre personnes consentantes (un adulte et une adolescente, par exemple) et des crimes odieux dont sont victimes de jeunes enfants." 

Eh bien c'est exactement le point de vue de nos magistrats, du sénat et d'un lobby niché dans nos institutions, qui refusent absolument que soit fixé un âge de non-consentement, c'est-à-dire un âge en-dessous duquel les juges devront considérer que toute relation "sexuelle" d'un adulte sur un mineur est un crime.

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Le consentement est la notion clé dans ces affaires: il est parfaitement hypocrite de considérer qu'un enfant de moins de 15 ans peut avoir un consentement libre et éclairé en quoi que ce soit, particulièrement quand un adulte le manipule à des fins sexuelles. Sinon, pourquoi n'ont-ils pas le droit de voter ou d'entrer dans l'armée ?

Toute l'année dernière, les tergiversations au sujet de la fixation d'un âge minimal pour des rapports sexuels entre enfant et adulte ont fait rage. Pendant des mois, Schiappa a menti en disant que sa loi avait fixé un âge minimal, mais c'est seulement dans son esprit nébuleux.

S'il est vrai qu'à un moment, le micron a promis de fixer un âge minimal, ça n'a finalement pas été le cas. Cela, en raison d'un lobbying du côté du Sénat et de la magistrature et surtout d'un évident manque de volonté politique.

En effet, en france nos magistrats disent être incapables de déclarer de manière systématique qu'un adulte atyant des rapports sexuels avec un mineur en-dessous de tel ou tel âge est coupable. Ce pays dit "des droits de l'homme" serait alors une exception dans son refus à fixer un "âge de consentement", alors que d'autres pays jusque là permissifs renforcent les sanctions en la matière.

Certes, le concept de majorité sexuelle existe pour le mariage, mais dans ce pays des juges considèrent qu'une gamine de 11 ans est consentante à une "relation sexuelle" avec un type qu'elle ne connaît pas, un soir au bas de son immeuble. En réalité, la notion de majorité sexuelle n'entre jamais en ligne de compte dans les procédures pour inceste ou pédocriminalité. 

En réalité la véritable majorité sexuelle en france est fixée par la jurisprudence à 5 ans [11].

 

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la publication du livre. Les faits concernant Vanessa Springora sont prescrits, mais Matzneff a certainement fait d'autres victimes, plus récentes, qui peuvent avoir envie aujourd'hui de lui demander des comptes. 

Le discours de Matzneff et de ses amis pro pédos est très intéressant parce qu'il fonctionne sur le même mode que celui de nos politiciens, qui disent blanc quand c'est noir, qui rendent positifs les intitulés des lois et concepts les plus régressifs, c'est-à-dire en mélangeant des concepts, en occultant certaines réalités, en faisant appel à l'émotion au lieu de la raison, en appelant "amour" ce qui relève de l'emprise et de la manipulation. Qui devrait s'appeler du viol, et pas comme aujourd'hui une "atteinte sexuelle" passible au maximum de 7 ans de prison. 

Pour conclure, je reprends les mots d'Hélène Romano, psychologue spécialisée dans le trauma, le 3 janvier dans le Huffington post: " Alors Matzneff et ses acolytes peuvent continuer d’agir tranquillement, sans trop de crainte. Le système pénal français n’est pas conçu pour protéger les mineurs victimes, les actions de prévention s’inscrivent dans des dynamiques paradoxales qui loin d’être au service de l’enfant sont bien davantage conçues pour protéger les auteurs. Et l’affaire Matzneff leur apporte un argument imparable, celui de l’importance de l’éducation à la sexualité sauf que derrière ce raisonnement se cachent des pratiques d’éducation à la sexualité, prônées par l’OMS qui n’ont rien à envier à ce que faisait Matzneff & co.

La pédophilie n’a jamais été aussi puissante en France et mettre en avant l’argument “d’une époque” pour justifier les agissements de Matzneff n’est qu’un leurre sociétal qui témoigne de cette réalité et de tous ceux qui la cautionnent.

Les enfants victimes d’agressions sexuelles et de prédateurs ne sont pas prêts à être protégés tant que le système pénal n’aura pas évolué et que les mentalités continueront de parler de “l’époque Matzneff” avec ces relents de nostalgie perverse."

 


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[1] Hélas, selon un article de Libération de 1997, "la justice ne parviendra jamais à établir que le pédophile réalisait un quelconque bénéfice financier avec ces activités". Une victime est venue dire qu'elle était consentante, une autre qu'elle n'était pas victime, bref tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, "les rapports de police évoquent des "relations sexuelles" entre ces enfants et Jacques D., mais aussi des scènes collectives de sodomies, fellations, et scatologiques, filmées et quasiment "scénarisées" par Jacques D. Des scènes auxquelles, toujours selon les policiers, Jean-Michel L., presque majeur, participait activement. Aujourd'hui, à Chambéry, celui-ci dit juste: "Je ne m'en souviens pas.""

[2] En effet, Dugué, entraîneur de basket et vendeur d'armes et d'articles de sports en Europe, était un véritable sadique. Le FBI avait informé les flics français à son sujet, après avoir saisi certaines lettres, car il écrivait à ses amis pédos à travers le monde. Dans l'une d'elles, les enquêteurs ont pu lire par exemple: "Je souhaite aussi vivement que certains enfants soient torturés, mutilés dans d’horribles souffrances, puis assassinés, afin que jouissent les hommes. Il faut aussi des sacrifices à notre culte phallique ! […] J’apprécie énormément tes goûts pervers et dépravés, car ce sont exactement les miens. Moi aussi, j’ai dû soumettre au vice de très jeunes enfants innocents et sans défense, les avilir et surtout les souiller… Jouir dans leur avilissement et de leurs souffrances, quel régal". Il a encore été condamné dans les années 80, 90 et même en 2002. 

On notera aussi que dans le carnet d'adresses d'un ami pédocriminel de Dugué, on a retrouvé le nom de et le prénom de Christian Ranucci, qui a été le dernier condamné à mort de France pour le meurtre d'une fillette qu'il a toujours nié. 

Par ailleurs, Dugué avait reconnu avoir été l'un des nombreux fournisseurs de matériel pédopornographique dont les contenus ont été retrouvés parmi les CD Roms de Zandvoort en 2000.

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[3] L'affire du Coral a commencé quand un type qui a été éducateur dans ce centre ouvert par le cinéaste Claude Sigala a dénoncé à la police des orgies qui s'y déroulaient, en présence de tout un tas de gens de Paris: écrivains, journalists, politiques, gens du show biz, magistrats... 343 arrestations de personnes fréquentant le Coral étaient programmée, les mandats d'arrêt étaient même prêts. Puis, plus rien. Selon certaines sources, c'est en raison du nombre de personnalités impliquées que des ordres auraient été donnés pour étouffer l'affaire. Finalement, c'est le dénonciateur qui a été attaqué et décrédibilisé et lors du procès en 1986, Claude Sigala a pris 3 ans fermes pour "attentats à la pudeur sans violence" sur des mineurs de moins de 15 ans, et deux ou trois éducateurs ont aussi été condamnés. En appel en 1987 il a pris deux ans.

Un certain nombre des "personnalités" citées ont tout de même eu des ennuis par la suite, dans des dossiers différents pour des actes de pédocriminalité.

[4] Krief aurait très bien pu être instrumentalisé pour décrédibiliser le fond du dossier en balançant tout le monde et n'importe qui et en tentant de diffuser -alors qu'il savait à peine lire et écrire- un faux PV d'audition avec des noms importants dans les rédactions. En effet, avant qu'il ne soit entendu, une autre enquête avait déjà démarré sur des faits de pédocriminalité au Coral, suite aux plaintes de plusieurs parents d'anciens résidents. En tout cas, ledit Jean-claude Kreif avait semble-t-il beaucoup insisté sur matzneff, qui le lui rendait bien par médias interposés.

[5] Cette pétition du Monde a été écrite et lancée par Matzneff à la suite de sa tribune pour demander la clémence envers Jacques Dugué et ses complices, dont l'un des responsables du FLIP, le "front de libération des pédophiles" dont la création a été annoncée dans Libération. Publiée en janvier 1977 à la veille du procès de ces producteurs de films pédos, elle a été signée par ce milieu qui l'a tellement défendu, notamment le duo pervers Sartre et Beauvoir, Sollers, Kouchner, Jack Lang, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Louis Aragon, Francis Ponge, Patrice Chéreau, André Glucksmann, Guy Hocquenghem, René Schérer (inculpé en 1982 dans l'affaire du Coral), Bertrand Boulin, le fils de Robert Boulin, ce ministre assasiné en 1979, qui gérait une association s'occupant d'enfants, SOS Enfants... Les mêmes à peu près resignent en mai 77, toujours dans Le Monde, une lettre ouverte qui faisait suite au verdict réclamant que ces affaires sosient jugées en correctionnelle. 

[6] En fait, ce blog est juridiquement écrit par une tierce personne, et les contenus ne peuvent être imputé à ce pevrers, comme l'a expliqué une victime au JDD. Dans cet article, un proche de Matzneff explique avoir coupé les ponts suite à une proposition malsaine de matzneff: "L'ancien proche qui a accepté de nous parler assure avoir mis fin à son amitié avec l'écrivain au début des années 1990, après qu'il lui eut évoqué le sujet. "Vous devriez aller aux Philippines, lui glisse alors Matzneff. Les petits enfants, c'est merveilleux. On rentre dedans comme dans du beurre.""

[7] C'est Matzneff qui l'a écrit dans un de ses carnets intimes. Brongersma avait lancé un réseau d'échange de photos pédopornos et a été cité dans l'affaire des fichiers de Zandvoort. Il s'est suicidé en 2000.

2020-01-20 21_03_59-Les nouvelles chroniques de Gabriel Matzneff - Opera - Copie

[8] C'est lui qui se qualifie ainsi dans un entretien à L'Humanité le 13 novembre 2002. Il se disait aussi "dévoué corps et âme à M. Sarkozy". Cette interview est édifiante, mais j'en cite un autre passage, qui montre bien le ton de l'entrevue: "Quinze ans, c'est l'âge idéal de l'amour, et ce sont des filles et des garçons de cet âge que les poètes grecs et latins, les poètes persans, les poètes arabes, les poètes français et italiens de la Renaissance, et certains poètes de l'ère moderne tels que Byron ont célébrés. À propos de Byron, une anecdote pour vous montrer la connerie de nos contemporains. Voilà quelques années, dans un même numéro du Figaro, paraissait en première page un dessin très violent de Jacques Faizant contre les " pédophiles " : il fallait quasiment leur couper les couilles, les zigouiller. Et à l'intérieur, dans les pages littéraires, on pouvait lire un article chaleureux, admiratif, sur mon cher Byron. C'était comique car plus pédophile que Byron, tu meurs ! Byron a toujours aimé des filles très jeunes, des garçons très jeunes".

[9] Suite à cet entretien, un article est paru dans la presse avec pour titre "L'Elysée a choisi son camp", ce qui a laissé pensé à Denise Bombardier qu'elle avait été "instrumentalisée" pour que Mitterrand puisse "prendre ses distances avec matzneff". 

[10] Cet individu a été beaucoup plus loin : selon L'Express du 1er décembre 2001, "Dans Le voyageur (Christian Bourgois), l'écrivain constate que la censure s'est accentuée et que l' «on n'a pas le droit d'écrire que les petites filles sont sexuellement attirantes. [...] En France comme ailleurs, il y a une emprise du politically correct qui ne me paraît pas saine». Il ira même jusqu'à préciser sur l'antenne de France Culture que certaines «petites filles ont une sexualité très précoce», qu'elles «provoquent» les hommes qui doivent «faire très attention à ne pas être violés»". l'inversion est un trait de la perversité. 

[11] La jurisprudence (c'est-à-dire les cas pratiques posés à la justice qui ne sont pas dans la loi et permettent de créer des normes de droit) a quand-même fixé une limite, mais à 5 ans. Selon Dalloz, "La Cour de cassation a déjà pu accepter que l’âge de la victime soit utilisé comme élément pour démontrer la contrainte ou la surprise nécessaire à la qualification de viol (Crim. 7 déc. 2005, n° 05-81.316 : « l'état de contrainte ou de surprise résulte du très jeune âge des enfants [moins de 5 ans] qui les rendait incapables de réaliser la nature et la gravité des actes qui leur étaient imposés)." Mais à partir de 5 ans, pas de problème : l'enfant peut être pleinement consentant. Il ne peut pas voter, il ne peut pas travailler, payer d'impôts, rentrer dans l'armée, mais il peut consentir à un rapport sexuel avec un adulte pour peu qu'il n'y ait ni contrainte, ni menace, ni violence, ni surprise (la définition du viol en france).