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Cette affaire du coronavirus a mis les nerfs et les cerveaux à rude épreuve, et a priori ce n'est pas fini. Si la tentation est là de revenir à la normale, il ne faudrait pas qu'on oublie de tirer les conséquences du désastre sanitaire, bientôt économique et social, dans ce pays. En attendant, voici un focus sur quelques points-clés de cette gestion de crise, qui permettent de comprendre pourquoi depuis le début de cette crise, la France est le 5e pays le plus mortifère au monde en termes de décès attribués au coronavirus.

 

Reprenons certains dossiers, les plus emblématiques, de cette gestion de crise fort contestée : des milliers de plaintes sont en préparation, des centaines ont déjà été déposées devant les tribunaux du pays, et des dizaines d’autres ont été déposées contre des ministres[1], sans compter les recours au Conseil d‘Etat.

Il y a aussi toutes les plaintes contre les EHPAD, qui augmentent au fil des semaines.

Les membres du gouvernement ne risquent pas grand-chose : ils seront jugés par un tribunal qui acquitte ou ne met que du sursis, et qui a été créé spécialement pour les ministres : la cour de "justice" de la République. Selon le site officiel Vie Publique, "La légitimité de la CJR est contestée. Selon Cécile Guérin-Bargues, professeure de droit public, ses décisions sont peu convaincantes, les condamnations très faibles, parfois assorties de jugement moraux. De plus les ministres sont jugés par la CJR mais leurs conseillers par les tribunaux ordinaires, ce qui conduit à une justice à deux vitesses et des jugements peu cohérents".

C’est pour cette raison que nous devons rétablir le crime de Haute trahison, l’adapter à la crise sanitaire, et déposer des plaintes auprès des instances internationales. L’opportunité de juger ces individus au pénal sans la protection de leurs fonctions devrait aussi être étudiée, et beaucoup évoquent même un "Nuremberg du coronavirus".

Cette liste de ce qu'on peut déjà qualifier de "coronagate" n'est hélas pas exhaustive. Il reste à éclairicir de nombreux points, et nous risquons de découvrir de nouvelles perles.

 

1. Les chiffres

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Pour aborder rapidement la question des chiffres, qui est un puits sans fond en termes de discussions, quelques exemples. On nous a parlé de nombre de morts, de taux de mortalité effrayants : en avril, il était encore question d’un taux de létalité de 7% des personnes contaminées, alors qu’en mars on parlait de 1% des personnes présentant des symptômes. Le taux de mortalité en Italie a varié jusqu’à un taux record de 9%, la France autour de 4%, et c’était encore différent ailleurs.

Mais on n’a jamais testé les gens pour savoir combien étaient contaminés, donc ceux qui n’ont pas de symptômes sont hors du champ. Et on n’a pas testé les personnes décédées, classées allègrement comme décédées du coronavirus alors qu’on n’en a aucune preuve.

Par ailleurs, le décompte quotidien des morts n’a commencé à compter les décès en Ehpad qu’en avril, et ne prend toujours pas en compte les décès à domicile, qui seraient autour de 9.000 selon certaines estimations. D’un côté, on a donc gonflé le nombre de décès liés au coronavirus, et de l’autre on n’a pas compté tout le monde.

Des gens ont témoigné sur les réseaux sociaux que des proches décédés d’un cancer par exemple, ou d’un accident de la route, ont été estampillés morts du coronavirus alors qu’il était évident que ce n’était pas le cas.

Aux Etats-Unis, un médecin a témoigné que bien que d’autres pathologies aient été présentes et ont entraîné les décès, c’est la cause "coronavirus" qui a été indiquée. Souvent on ne sait même pas si la personne avait bien le virus, puisqu’il n’y avait pas de tests.

Le nombre de tests effectués chaque semaine a aussi donné lieu à moult approximations. Le 1er mai, le Dr Philippe Froguel, généticien, professeur au CHU de Lille et à l’Imperial College de Londres, était interviewé par France 3 et expliquait que les autorités lui avaient mis des bâtons dans les roues pour mettre en œuvre le test de dépistage qu’il a créé avec son équipe, qui peut permettre d’effectuer 1000 tests par jour.

2020-04-14 19_08_59-Emmanuel Macron_ « Le 11 mai, nous serons en capacité de tester toute personne p

Concernant les deux critères du gouvernement pour déterminer le niveau de "confinement" des départements, il explique, d’abord au sujet du nombre de personnes contaminées: "les données nous manquent forcément puisqu’on n’a pas fait assez de tests. Seul le critère sur la situation des services de réanimation est fiable".

Quant aux tests, il disait que "tout le monde ment. Des directeurs d’hôpitaux à Emmanuel Macron en passant par la Direction générale de la Santé ou Olivier Véran. On nous dit qu’on fait actuellement 250 000 tests par semaine alors qu’on sait que c’est plutôt 120 à 140 000. On nous dit qu’on va en faire 700 000 à partir du 11 mai alors que c’est impossibleAu CHU de Lille, la communication nous dit par exemple qu’ils devaient faire 2800 tests par jour. En fait, ils n’en font que 400. En ce moment, le nombre de tests effectués a même tendance à baisser par exemple dans les Hauts-de-France" . 

Il expliquait aussi que la désorganisation est totale concernant la fabrication de tests, que l’Etat ne prend pas l’initiative et que les producteurs doivent se débrouiller seuls pour se fournir en matières premières.

Bref : le taux de décès, le nombre de personnes contaminées, le nombre de morts du virus, les quantités de masques, le nombre de tests effectués et de tests disponibles, étaient et sont encore faux pour certains.

 

2. Le confinement

2020-04-15 00_32_38-Confinement _ la délation représente jusqu'à 70% des appels dans certaines grand

Sur base de ces chiffres évolutifs, des gens de l’Imperial Collège de Londres ont calculé que des centaines de milliers de personnes mourraient du coronavirus en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et ailleurs, annonçant des chiffres cataclysmiques.

Il est encore difficile de dire, au vu des informations contradictoires, quel a été l’impact du "confinement", qui s’apparente à une assignation à domicile massive, sur l’épidémie. Il est probable que son seul intérêt ait été d’éviter la saturation des hôpitaux, en particulier des lits de réanimation.

Mais, des entreprises s’apprêtent à déposer des plaintes contre les Etats qui ont imposé la cessation totale de l’activité. Et des multinationales sont incitées à le faire par des cabinets spécialisés. En fait, le débat sur l’intérêt du "confinement" pourrait bien enfin s’ouvrir.

La décision de tout bloquer a été justifiée selon les autorités par un rapport alarmiste publié par un certain Niel Ferguson, qui a prédit 550.000 morts en France début mars. Ce rapport remis au micron préconisait le "lock down", le "confinement" strict. Ferguson s’est toujours trompé dans ses prédictions de mortalité : vache folle, H1N1, etc.

Le collègue de Ferguson, Simon Cauchemez de l’Institut Pasteur, est membre du Conseil Scientifique et conseille le gouvernement sur la gestion de la crise sanitaire.

Mais d’un autre côté s’il fallait "confiner", la France s’y est prise bien tard : elle a été le dernier pays de l’espace Schengen à fermer ses frontières avec la Chine. Tous les autres l’ont fait dès le 1er février. Le 7 mars le micron était au théâtre, puis le 1er tour des élections a eu lieu avec un peu de gel hydroalcoolique.

En tout cas on observe que les 5 pays ayant le plus de mortalité par habitant sont des pays qui ont appliqué un "confinement" strict : Belgique, Espagne, Italie, France, Grande-Bretagne.

2020-05-10 19_37_35-Coronavirus _ ce rapport alarmiste qui a fait pencher l’Elysée du côté du confin

Le "confinement" a également permis :

En Norvège, où un confinement relativement strict a été mis en place, la conclusion de l’autorité de Santé, comme le mentionne le site Strategika, est qu’ "Il semble que le taux de reproduction effectif soit déjà tombé à environ 1,1 lorsque les mesures les plus complètes ont été mises en œuvre le 12 mars, et qu’il n’aurait pas suffi de grand-chose pour le faire baisser en dessous de 1 … Nous avons vu rétrospectivement que l’infection était en train de diminuer".

En gros, l’épidémie était déjà en train de baisser quand les mesures ont été prises. Selon Camilla Stoltenberg, directrice de l’Institut de Santé publique, l’évaluation actuelle de la situation est qu’il aurait été possible d’obtenir le même résultat sans arrêter l’économie et la vie des gens. En rapport avec les répercussions de cet arrêt brutal, il aurait été préférable de maintenir l’activité avec des mesures de précaution.

2020-05-31 00_10_40-Norvège _ _le confinement n'était pas nécessaire contre le coronavirus_ - Strate

En matière scolaire, le résultat est même catastrophique : "L’agence statistique norvégienne a également été la première au monde à calculer les dommages permanents causés par les fermetures d’écoles : chaque semaine d’enseignement en classe refusée aux élèves, a-t-elle constaté, freine les chances de vie et réduit de façon permanente le potentiel futur de revenus. Un pays ne devrait donc appliquer cette mesure draconienne que s’il est certain que les bases académiques de la fermeture sont solides", précise Strategika.

En Allemagne, où le "confinement" a été beaucoup moins strict qu’en France, les gens pouvant se déplacer, travailler pour la plupart et se rencontrer, un rapport qui a fuité récemment met en cause la gestion de la crise, qui tablait sur des scénarios catastrophiques et non étayés.

Enfin, il faut noter que le 13 mai, la commission européenne, à la demande des Etats, a classé le coronavirus comme ne comportant pas de "risque élevé de propagation" pour les salariés. Nous voilà donc avec un virus qui imposerait de confiner les citoyens, mais qui ne serait pas très contagieux pour les salariés.

Le Monde précisait l’enjeu autour de cette question cruciale : "Le SARS-CoV-2 est-il dangereux pour les travailleurs ? Cette question technique, à haut potentiel inflammable, est au cœur d’une de ces délibérations de comités confidentiels auxquels l’Europe est accoutumée. Les Etats membres et la Commission européenne ont fait un choix : le virus n’atteint pas le niveau maximum de dangerosité prévu dans la législation sur la protection des travailleurs contre ce type de risque. La proposition de la Commission, qui suscite l’indignation des syndicats, sera soumise, jeudi 14 mai, à un vote lors d’une réunion des représentants des 27 pays".

2020-05-16 11_09_32-La Commission européenne propose une évaluation controversée de la dangerosité d

Le coronavirus a donc été classé en niveau 3 sur une échelle de gravité des virus de 4 niveaux. "Le groupe 4, le plus dangereux, en sus de provoquer des maladies graves, "constitue un danger sérieux pour les travailleurs" et présente un "risque élevé de propagation dans la collectivité" , précisait 20 Minutes.

On nous dira qu’on ne savait pas, au début de la crise, que ce virus n’était pas contagieux. Mais certaines données le montraient déjà, ne serait-ce que les chiffres chinois, dont on n‘a toujours pas prouvé qu’ils étaient plus faux que ceux annoncés par la France. 

Très peu de pays, même en Europe, ont opté pour le "confinement" strict de toute la population. Pourquoi la France a-t-elle, après une visite au théâtre du couple "présidentiel", après le 1er tour des élections, après avoir dit que l'épidmie avait très peu de chances d'arriver en France, imposé un confinement total à toute la population ?

Cela, durant deux mois, avec la police et la gendarmerie déployées dans les rues pour verbaliser massivement. L'étau ne s'est désserré que le 12 mai, et la vie social pourra en partie reprendre en juin.

Toutefois, suite aux annonces de Philippe sur les mesures de "déconfinement" après le 11 juin, on comprend que presque tout sera autorisé, à part les manifestations et autres grands rassemblements publics.

Ajout du 05/06/2020:

Une analyse de deux médecins dans France Soir interroge l'utilité du "confinement". En fait, le fait d'interdire toute liberté à la populationnn'aurait pas fait ralentir la propagation du virus: "Dans les pays confinés, les évolutions du nombre de contaminations quotidiennes avant et après le verrouillage, ne montrent en effet aucun signe de discontinuité, ni dans leurs taux de croissance, ni dans leurs temps de doublement. Cette remarque a été le sujet d’un article bien documenté. Ceux qui prétendent que le confinement aurait évité l’accélération, protégeant de fait d’une surcharge des hôpitaux, sont démentis par les faits que démontrent les résultats comparés entre pays voisins de même culture".

Ces médecins ajoutent, dans ce texte très intéressant, que "D’après les données publiées par l’OMS le 30 mai 2020 (note 11), la mortalité directe du Covid19 est beaucoup plus élevée dans les pays qui ont pratiqué le confinement aveugle (sans séparer les porteurs de virus des autres) et autoritaire (avec contrôle policier), que dans ceux qui ont pratiqué la quarantaine ciblée (réservée aux seuls porteurs de virus) et fait confiance à leurs citoyens (conseillés et non astreints à domicile)".

 

3. L’affaire des masques

2020-04-11 21_58_54-Coronavirus _ « Il n’y pas de sujet de pénurie » de masques, selon le directeur

Certains médias ont écrit sur la gestion des masques, dont on connaît la pénurie. On a aussi appris que des millions masques étaient encore détruits en février[2] alors que les stocks étaient au plus bas, pendant que le gouvernement nous assurait qu’il n’aurait aucun problème à en fournir à tout le monde.

Par exemple, le 3 mars  Véran affirmait qu’il n’y aurait pas de pénurie de gel hydroalcoolique et de masques. En réalité, il n’y a alors en stock que 117 millions de masques, et pas de FFP2.

Les masques, ce fut toute une saga depuis le mois de mars, avec une suite de mensonges et de contre-vérités à peine croyables notamment sur les stocks ou sur leur utilité. Fin janvier et début février, le gouvernement savait qu’on manquait de masques, selon Médiapart, mais n’en a commandé que très peu, qui ont mis des semaines à arriver. Pendant ce temps et jusqu’au 21 mars, les ministres nous assuraient qu’il n’y aurait « pas de pénurie » et que ça ne servait à rien d’en acheter.

On savait déjà qu’ils allaient manquer. D’ailleurs, c’est pour cela que la consigne a d’abord été qu’il ne fallait pas en porter, puisqu’ils ne servaient à rien. Le gros problème, c’est que les équipes médicales en manquaient aussi.

Jusqu’à aujourd’hui, fin mai, les soignants manquent toujours d’équipements alors que les grandes surfaces en vendent sans problème et que les entreprises ont pu s’en procurer pour leurs salariés depuis le mois d’avril.

Fin mars, le Conseil d’Etat a même rejeté des requêtes visant à protéger les soignants et le public, dont une demande de mesures pour la production de masques, le dépistage, l’administration hydroxychloroquine et azithromycine.

masques philippe 19 avril

On a aussi des pharmaciens condamnés pour avoir vendu des masques à des particuliers, tous les médias ont parlé de l’interdiction de vendre des masques durant l’ "état d’urgence sanitaire", pour qu’on apprenne finalement qu’ils avaient tout à fait le droit d’en vendre depuis un décret publié le 23 mars. Et fin avril, quand les grandes surfaces ont pu en vendre, les pharmacies ont mis du temps à obtenir du stock.

Il y a aussi ces entreprises, qui dès février – mars ont  proposé au gouvernement de fabriquer des masques, comme Prolaser qui pouvait en produire 2,5 millions par semaine et n’avait toujours aucune réponse le 20 mars.

Début mars une cellule d’achat a été créée. Elle n’a obtenu que 40 millions de masques les trois premières semaines et pendant tout ce temps, le gouvernement assurait qu’il n’y a pas de pénurie et refusait de valider le port de masques dans l’espace public jusqu’au 4 avril.

Véran n’a admis la pénurie que le 21 mars. Et mi avril la production a enfin été augmentée, passant de 4 à 8 millions par semaine

Durant la fin mars et le mois d’avril, on nous a annoncé des commandes de masques qui n’arrivaient jamais, pendant que l’Etat réquisitionnait ceux qui avaient été commandés par des collectivités.

Quand enfin les masques ont été disponibles, c’était à la vente, à des tarifs bien plus élevés qu’avant la crise où l’unité revenait à 7 centimes.

On n’a pas fini d’apprendre des détails sur la gestion des masques, il sera toujours temps de compléter ces données.

macron mensonges masques

 

4. L’affaire des respirateurs

Au début de la crise on ignorait le nombre exact de respirateurs disponibles dans les hôpitaux, et fin mars la pénurie était évidente dans les régions les plus touchées. Le 24 mars, Loik Le Floch-Prigent déclarait que depuis deux mois, le gouvernement ne répond pas aux industriels prêts à fabriquer des respirateurs.

Le 25 mars, les hôpitaux et cliniques devaient faire "la chasse" aux respirateurs et aux soignants capables de les utiliser. Le problème est mondial, et partout les industriels se lancent dans la production de respirateurs.

2020-05-01 12_50_29-Coronavirus _ les chiffres flous du nombre de respirateurs - Opera

Le 29 mars, seuls 5000 lits de réanimation étaient alors équipés de respirateurs, et plus de 4.500 personnes étaient en réanimation. C’est là qu’Edouard Philippe a annoncé la commande de 1000 respirateurs à Air Liquid, le seul fabricant français.

On apprendra plus tard que 10.000 ont été commandés à un consortium Air Liquid – PSA – Valeo – Schneider Electric pour la mi-mai, dont 8500 du modèle Osiris ne sont pas adaptés aux patients touchés par le coronavirus.

"La France disposait de 5.000 respirateurs avant la crise. D’ici fin juin il y aura 15.000 respirateurs de réanimation et le système de santé disposera de 15.000 autres, plus légers. Ce sont des respirateurs dits de transport, qui viennent en appui de ceux qui sont installés dans les hôpitaux" , rappelait France Inter

L’objectif de 14.000 lits de réanimation annoncé fin mars sera-t-il été atteint? Il était en tout cas ambitieux.

 

5. L’affaire des tests

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C’est seulement le 21 mai que la liste des 23 tests homologués par le gouvernement a été rendue publique. Pour homologuer les tests, il fallait que l’Institut Pasteur fasse des études, et cette étape a été très longue. Car dès le mois de mars, des labos ont proposé des tests et n’ont pas eu de réponse pendant des semaines. Idem pour les labos vétérinaires qui pouvaient eux aussi réaliser des tests, mais manquaient de produits pour les fabriquer.

Pour donner un exemple : Le président du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaire (SIMV) Jean-Louis Hunault, a écrit le 13 mars à Salomon pour lui dire que parmi ses adhérents, 3 sont prêts à réaliser 150 à 300.000 tests par semaine, on l’a remercié mais il n’y a jamais eu de suite. "Il faut attendre le 6 avril pour que les laboratoires publics de recherche, vétérinaires et départementaux soient habilités à effectuer des tests".

Or, il y avait urgence. Comme le rappelait Le Point le 3 avril, "chaque jour qui passe, les possibilités d’actions se réduisent. « Il y a deux semaines, nous avions des stocks de produits d’extractions de l’ARN (l’un des réactifs indispensables aux tests, NDLR). Mais faute de consigne claire du gouvernement, nous n’avons pas pu les conserver pour nos clients habituels », confie au Point un dirigeant d’Idvet, fabricant de réactifs de diagnostics pour la détection de maladies infectieuses. Chaque jour qui passe, ces stocks s’écoulent donc lentement (…) L’explication (parcellaire) fournie jusqu’à présent par les services d’Olivier Véran, qui refusent de répondre aux questions, tient en une formule sibylline, répétée hier encore par le Premier ministre :"C’est à l’étude. […] Nous avons des normes réglementaires à respecter." Mais quelles normes ?".

Certaines régions et villes comme Marseille s’en sont procuré, par exemple en Ile-de-France où beaucoup de gens en demandent à l’hôpital, mais ces tests ne sont pas remboursés et coûtent entre 15 et 59 euros.

Mi avril, les dépistages ont commencé dans les Ehpad, mais les tests ont été réalisés en fonction de critères très restrictifs. Mais a ce moment, les fabricants se trouvaient confrontés à des difficultés d’approvisionnement de certains matériels et produits.

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Maintenant que nous avons la liste des tests sérologiques autorisés[3] (et remboursés pour ceux qui ont eu des symptômes), on ne sait pas trop quelle sera leur efficacité. "Les cas de Coréens considérés comme guéris du Covid-19, puis testés par la suite positifs au coronavirus, ont inquiété la terre entière. Finalement, ces réinfections supposées étaient de fausses alertes, selon l’Organisation mondiale de la santé : ce n’était pas une nouvelle contamination qui avait rendu les tests positifs, mais des fragments de virus restés présents dans l’organisme, issus de l’infection d’origine", rappelle Médiapart.

Ces tests sérologiques seront d’abord destinés au personnel médical, les citoyens lambda continueront à être testés avec prélèvement nasal (tests PCR) et seulement s’ils ont des symptômes.

De plus, on ne sait pas encore vraiment si une personne déjà infectée par le virus est ensuite immunisée, même s’il semble que oui.

Au sujet des tests, il faut aussi évoquer la manière dont le gouvernement a géré cela. C’est seulement fin mars qu’une réaction a commencé par rapport à la question des tests : une cellule spéciale a été créée par l’Elysée. Dans la foulée, une autre cellule tests est créée, pilotée par le ministère de la recherche, avec une trentaine d’intervenants de différents ministères. "Selon nos informations, confirmées par la DGS {direction générale de la Santé], c’est la direction interministérielle à la transformation publique, assistée du cabinet de conseil McKinsey, qui préside à la mise en place de ce Meccano", explique Médiapart.

C’est cette deuxième cellule qui décide de nommer le cabinet US Bain & Company pour identifier les besoins des labos, estimer les capacités de production et suivre le nombre de tests réalisés, le tout bénévolement. Nous sommes alors le 9 avril. Un mois plus tard, alors que Philippe a promis dès le 11 mai que 700.0000 tests seront réalisés chaque semaine, on ignore toujours le nombre, même approximatif, de tests qui sont faits chaque jour en France.

La France a donc aussi totalement raté le volet "tests" de la crise.

 

6. L’affaire du Rivotril

2020-04-11 15_45_12-Les questions éthiques que soulève la prescription du Rivotril - Opera

C’est probablement le pire scandale dans cette gestion de crise. Là encore, l’enfumage officiel et médiatique a été intense pour tenter de contrer les voix qui dénonçaient, depuis le début du mois d’avril, la prescription d’un sédatif appelé le Rivotril aux patients à qui on refusait l’hospitalisation ou la réanimation.

Ce sédatif, qui est contre-indiqué pour les personnes en insuffisance respiratoire, ce qui est l’une des conséquences du coronavirus, ne les soigne pas : il les endort. Certains ont même parlé d’euthanasie déguisée.

Prescrit à des personnes de 70 ou 80 ans en insuffisance respiratoire, que le SAMU refuse de venir chercher dans les Ehpad ou à qui ont dit de rester à domicile en prenant du Doliprane, il les tue.

Des décrets successifs, d’abord le 23 mars, puis mi-avril, puis à nouveau le 27 mai, recommandent de prescrire le Rivotril. L’argument était que les services de réanimation et les hôpitaux étaient saturés et qu’il fallait "soulager" ces personnes. Sauf que depuis la mi-avril les hôpitaux, même dans les zones les plus touchées, ne sont plus saturés.

Pourquoi alors continuer à autoriser l’utilisation hors Autorisation de Mise sur le Marché du Rivotril, qui est un traitement palliatif ?

Quand bien-même on utiliserait l’argument de la saturation, il ne tient pas : les cliniques privées sont restées vides durant tout le pic épidémique, pendant qu’on transférait quelques malades dans des mises en scène à grand spectacle en TGV.

Même Le Figaro, le 9 avril, s’interrogeait via la tribune d’un médecin psychologue clinicien sur "les questions éthiques que soulève la prescription du Rivotril", qui serait "suspecté de provoquer des complications respiratoires chez certains patients" . 

Or, c’est écrit dans le mode d’emploi. Guillaume Lelong, médecin auteur de cette tribune, écrivait dans cette tribune : "Cette benzodiazépine est habituellement prescrite en cas d’une crise épileptique pour la calmer. Néanmoins cet usage "courant" demeure rare (…) la prise d’un tel traitement n’est pas sans conséquences. À présent, et de manière temporaire, le Rivotril semble être proposé non pas titre curatif mais à titre palliatif à des patients atteints du COVID-19 en état de détresse respiratoire. Habituellement réservé à l’usage hospitalier, les Établissements d’Hébergement pour Personnes Agées (EHPAD) seront à présent autorisés à dispenser pareil traitement hors autorisation de mise sur le marché (AMM) " .

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Par ailleurs, c’est la Société Française d’Accompagnement et de soins palliatifs qui a été chargée d’établir le protocole d’utilisation du Rivotril. Elle a publié différents documents, dont une notice intitulée "les 12 messages clés", qui précise quel discours les soignants doivent tenir aux familles des personnes à qui on a décidé de donner du Rivotril.

Dès le début du document rangé dans la catégorie "soins palliatifs", il est précisé que "Il est important de ne pas mentir, mais tout ne peut pas toujours être dit…".

Ce document précise ensuite qu’après avoir rpévenu le patient qu’il est "probablement" atteint du coronavirus (mais sans avoir été testé), le médecin doit lui dire : "Nous avons réfléchi avec plusieurs médecins et il nous semble qu’un transfert en réanimation ne serait pas adapté pour vous. Mais il faut garder espoir et nous restons bien sûr présents à vos côtés. Si vous présentez des symptômes d’inconfort, et notamment des difficultés à respirer, notre équipe mettra tout en œuvre pour les faire disparaître. Nous savons le faire, et nous mettrons toute notre compétence en œuvre pour vous soulager quoi qu’il arrive, c’est notre rôle.

Si nous y étions obligés pour vous soulager, nous pourrions aller jusqu’à vous faire dormir suffisamment pour que vous ne ressentiez plus aucune gêne (sauf si vous nous dites que vous refusez d’être endormi si le besoin s’en faisait sentir). Nous sommes dans une situation critique mais nous vous garantissons que tout sera fait pour vous, quoi qu’il arrive afin que vous ne ressentiez pas de souffrances".

Un discours similaire doit être tenu à la famille. Jamais on ne parle d’injection létale. On parle de "passer cette période de crise", de "soulager", mais l’objectif de cette piqure n’est pas précisé.

Début avril, trois requêtes en référé ont été déposées auprès du Conseil d’Etat par des médecins et pharmaciens au sujet de l’utilisation extensive de Rivotril. Toutes ont été rejetées. Et beaucoup se sont interrogés sur cette rupture du serment d’Hippocrate.

Des parlementaires se sont aussi inquiétés, dès avril, comme le sénateur LR Pascal Alizard qui a interrogé le ministre des Solidarités le 16 avril : "un décret n° 2020-360 du 28 mars 2020 prévoit que le Rivotril (clonazépam) sous forme injectable peut faire l'objet d'une dispensation, jusqu'au 15 avril 2020, par les pharmacies d'officine pour les patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus dont l'état clinique le justifie, dans les cas de détresse respiratoire. Un certain nombre de professionnels de santé parmi lesquels des médecins s'inquiètent de cette décision dans laquelle ils voient une forme d'accompagnement final, sans tentative de guérison des malades, et la traduction d'une incapacité de prise en charge de ces personnes". Par conséquent, il souhaite "connaître les objectifs de cette sédation au Rivotril et les garanties entourant cette procédure, dans l'intérêt des patients comme des soignants".

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Le sénateur LR également médecin, Alain Houpert, a interrogé le 1er ministre le 13 mai sur l’attaque contre la liberté de prescrire en interdisant le traitement par la chloroquine, pendant que d’un autre côté il poussait le Rivotril : "Vous avez incité les médecins à prescrire du Rivotril injectable dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) afin de dissimuler la pénurie d’autres produits. Tout médecin, et j’en suis, sait ce que cela signifie. Monsieur le Premier ministre, vous avez contraint les médecins à violer leur serment d’Hippocrate". 

Le 20 mai, au sujet de l’affaire du Rivotril, le Dr Violaine Gurérin du collectif Laissons les médecins prescrire rappelait que ce médicament doit être utilisé seulement "en fin de vie, en médecine de soins palliatifs".

Or, ajoutait-elle, "Les médecins généralistes ont reçu des protocoles ne visant pas à soigner mais à trier des malades, à les endormir au Rivotril, etc. Tout ça, vous commencez à peine à en entendre parler, mais cela a été terrible pour les médecins, les soignants et les familles".

 

7. L’affaire de la chloroquine

2020-05-31 19_55_06-Choloroquine _ polémique sur l’étude de « The Lancet », plusieurs pays poursuive

Le 23 mai, Véran a saisi le haut conseil de la santé publique pour réviser les règles de prescription de l’hydroxychloroquine, suite à la publication la veille d’une étude fort controversée dans The Lancet, disant que ce traitement entraîne une surmortalité. Jusque là, elle était interdite sauf à l'hôpital, par dérogation.

La méthode de cette étude qui sert manifestement de prétexte pour écarter la fameuse chloroquine a été mise en cause très rapidement au niveau international, et les liens de ses quatre auteurs avec les labos ont été soulignés[4].

Elle aurait porté sur "96.000 patients" (en réalité leurs dossiers médicaux), mais en réalité seulement 15.000 ont été traité avec de l’hydroxychloroquine.

Le dernier épisode en date de cette saga dont on n’a pas fini de parler : l’étude publiée par The Lancet sur les dangers de l’hydroxychloroquine, à partir d’une étude des données de 96.000 dossiers de patients, dont 15.000 ont reçu de la chloroquine.

Cette étude a permis à l’OMS de suspendre temporairement les essais cliniques d’hydroxychloroquine, et à Véran d’interdire totalement les prescriptions d’hydroxychloroquine en France. Il ne l’a pas fait directement : il a sollicité l’avis du Haut Conseil de la Santé publique dès le lendemain de la publication. Le 27 mai, soit quatre jours après avoir saisi le Haut conseil, Véran a abrogé le décret qui autorisait par dérogation l’utilisation d’hydroxychloroquine à l’hôpital, en se retranchant derrière l’avis du Haut conseil.

Puis, l’ANSM, l’agence du médicament, a demandé de "suspendre par précaution" les essais cliniques qui évaluaient l’hydroxychloroquine. Du coup, les essais réalisés selon les protocoles demandés par les autorités n’aboutiront pas, notamment l’essai Hycovid à Angers. Les conditions dans lesquelles les tests étaient menés ne suivaient pas les recommandations, notamment parce que dans ces essais les patients traités étaient déjà dans des états graves alors que le Pr Raoult et les autres praticiens donnent l’hydroxychloroquine en début de maladie.

chloroquine

Depuis, de très nombreux spécialistes ont dénoncé cette étude, ses biais, les liens des auteurs avec l’industrie, et l’affaire vire à la mascarade.

Depuis le début de la crise, la chloroquine montre de très bons résultats partout où elle est utilisée dès les premiers symptômes, et quand elle est associée à l’azithromycine[5]. Pourtant le 26 mars la France a interdit par décret l’utilisation à tous les médecins hors hôpital d’en prescrire et même de s’en procurer.

Des médecins se sont opposés à cette décision, rappelant que la chloroquine est un produit connu qui a très peu d’effets secondaires, surtout pour une utilisation courte.

Alors qu’elle était disponible sur prescription à tous les français, Agnès Buzyn a fait classer l’hydroxychloroquine comme substance vénéneuse dès le 13 janvier 2020.

On notera aussi que la prescription a été interdite aux médecins de ville, officiellement le temps de réaliser des essais afin d'être certains de son innocuité et de son efficacité. Parmi ces fameux essais, il y avait le grand essai Discovery qui devait donner des résultats en avril, puis en mai, puis finalement jamais puisqu'il a été interrompu après l'étude publiée par The Lancet et l'avis de l'ANSM. Cependant, cet essai qui a viré au fiasco assez rapidement.

Fin avril, une vingtaine de médecins dont le Pr Raoult et trois médecins mosellans qui ont traité à base d’azithromycine ont été rappelés à l’ordre par le conseil national de l’ordre car ils avaient prescrit de manière expérimentale des médicaments qui se sont pourtant montrés efficaces pour leurs patients atteints de coronavirus. Le conseil les accusait carrément de "mettre en danger" leurs patients, alors qu’ils leur ont évité l’hospitalisation.

Sur l'étude du Lancet:

 

8. Les pénuries de médicaments

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Une autre pénurie dont on peut moins accuser ce gouvernement, si ce n’est pour avoir maintenu un modèle économique mondialisé totalement inepte, c’est celle des médicaments, notamment les anesthésiants qui sont nécessaires pour les personnes et sont produits en Chine et en Inde.

Cette dépendance était connue depuis bien longtemps, et des pénuries de différents médicaments surviennent de plus en plus régulièrement et elles sont de plus en plus longues[6]. Bien-sûr, la micronie n’a rien fait, pas plus que ses prédécesseurs [7].

Le problème est là aussi mondial, et est renforcé avec l’épidémie de coronavirus. En France, beaucoup ont demandé qu’on nationalise et qu’on relocalise la production de médicaments, au moins ceux qui sont en tension. 

Le 31 mars, Véran reconnaissait des "tensions sur les stocks de produit anesthésique". Début mai, la pénurie restait un risque, ces médicaments étaient rationnés et on poussait les gens opérés à accepter une anesthésie locale.

"Le 31 mars, neuf établissements hospitaliers européens, dont l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) appelaient à des mesures d’urgence pour prévenir des ruptures de stocks imminentes. Désormais, le problème dépasse non seulement les frontières, mais aussi la seule question des médicaments employés en réanimation pour les patients atteints par le Covid-19, comme les curares, les dérivés morphiniques, les sédatifs ou les antibiotiques, dont la consommation aurait été multipliée par vingt en France, selon le ministre de la santé, Olivier Véran", rappelait le Monde début avril.

Le 24 avril, l’Etat a pris la main par décret sur les stocks de cinq molécules, ce qui interdit aux pharmacies de s’en procurer. Il a aussi autorisé l’utilisation de médicaments vétérinaires. Mais il n’est toujours pas question, fin mai, de produire en France ou de nationaliser la production de médicaments.

En commission parlementaire cette semaine, les députés LREM ont rejeté la proposition de la France Insoumise de créer un Pôle public du médicament.

 

9. La crise économique

alan barte macron entreprises

Toute cette affaire donne l’impression, encore une fois, d’un vaste hold-up. Plus personne ne compte, mais voici quelques chiffres :

Mais depuis des mois, la finance vit sous perfusion : 20 milliards par mois en moyenne injectés par la BCE depuis la fin 2019, 4000 milliards depuis 2011 dont personne ne sait où ils sont passés.

Aini, "De mars 2015 à décembre 2018, face aux risques de déflation, la BCE avait acheté des titres tous les mois sur les marchés financiers pour un total au final de 2.600 milliards d'euros pour soutenir la zone euro, son "QE" (assouplissement quantitatif) naviguant à un rythme porté jusqu'à 80 milliards d'euros par mois", rappelait BFM Business

Qui va payer ? S’il n’y a pas d’impôt supplémentaire, comme l'affairme encore le gouvernement, il y aura des baisses dans les "dépenses publiques", c’est-à-dire les couvertures sociales, les services publics, les infrastructures. On pourra avoir aussi les deux.

2020-05-31 20_37_42-Coronavirus_ le Medef veut faire travailler les Français davantage _ Le HuffPost

De leur côté, le medef, la Banque de France, ou divers lobbys comme l’Ifrap, en Marche ou Les Républicains ont déjà annoncé qu’il faudrait travailler davantage, se serrer la ceinture, consommer plus etc. 

Par exemple, dès l 0 avril, Bruno le Maire annonçait à la population qu'il faudra "faire des efforts" pour rétablir l'économie. Il précisait : "Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable". Une dette qu'il faut bien évidemment réduire, et cela par la "croissance" c'est-à-dire le travail des citoyens.

Le 11 avril le n°1 du Medef, Roux de Baisieux, déclarait dans une interview au Figaro qu’après la crise, il faudra travailler davantage, accepter la perte de jours de congés, des jours fériés etc. pour rembourser la dette, c’est-à-dire les milliards empruntés pour être injectés dans la finance et l’économie.

Selon lui, "L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse. C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la criseEnsuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire" .

Il demandait aussi à "tous les entrepreneurs qui le peuventde se remettre au travail au plus vite. A ce moment, on n'était pas "déconfinés" et les autorités nous menaçaient encore d'une seconde vague du virus.

Ce qu’il est en train de se passer, c’est que depuis des mois les spéculateurs ne savent plus où faire du fric. Les taux de 15% comme il y a 15 ans n’existent plus, sauf à spéculer sur des produits risqués. Comme de toute manière la BCE et la FED aux Etats-Unis vont racheter en masse et au-dessus de leur prix des quantités d’actions qui ne valent plus rien, pourquoi se gêner ?

En France, les entreprises sont très endettées, d’autant plus que les taux d’intérêt étaient proches de 0. Certaines se sont endettées pour se développer, mais les grosses l’ont fait pour verser des dividendes, racheter leurs propres actions, verser des salaires mirobolants, "investir" sur les "marchés"…

macron 20 milliards

Selon les Economistes Atterrés, "Le taux d’endettement des entreprises françaises (en % du PIB) connait ainsi une trajectoire singulière au sein des pays de la zone euro. Pour la France, celui-ci a cru de +14,8 pts entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2019, alors qu’il a baissé de -2,7 pts sur la même période au niveau de la zone euro (Banque de France)" [8]. Cette dette est de plus en plus détenue par les marchés financiers, à travers des actions qui sont des titres de dette (les corporate bonds rachetés par la BCE).

Le pays lui aussi est endetté: on était déjà à 100% fin 2019, il est prévu que la dette passe à 115 % du PIB en 2020.

Au niveau européen, une dette "perpétuelle" dont on ne rembourserait en permanence que les intérêts, est sur la table. Alain Minc notamment l'a évoqué dans une tribune dans la presse dès le 17 avril. Mais les financier hésitent.

La BCE a aussi autorisé jusqu'en septembre 2021 les banques à spéculer sur des produits financiers peu fiables, de la catégorie "spéculatif". L'objectif est que les banques rachètent des titres presque pourris, comme de la dette italienne, pour les revendre ensuite à la BCE.

Au niveau français, le seul logiciel de la micronie est la vieille recette du FMI, de la Banque Mondiale, des libéraux depuis les années 70: l'austérité. Même si la position officielle est qu'il n'y aura pas d'impôt supplémentaire, tout doucement, la micronie commence à évoquer une contribution "temporaire" pour les ultra riches, il est évident que la masse des citoyens devra payer ces milliards dont elle ne verra jamais la couleur.

2020-05-31 22_09_30-Coronavirus _ _Nous n'allons pas augmenter les impôts_ assure Gérald Darmanin -

Ca commence déjà : la CRDS (une taxe de 0,5% sur tous les revenus) qui devait prendre fin a été rallongée jusqu'aux calendres grecques. D'autres envisagent une taxe sur l'épargne des françaisOfficiellement, il s’agit de combler de trou de la sécurité sociale, creusé par les baisses de financement successives. "Cet impôt, qui rapporte beaucoup d’argent pour financer les dettes passées de la sécurité sociale, a été créé il y a bien longtemps, en 1996. Il devait s’arrêter en 2009. Puis en 2014. Puis en 2024. Eh bien voilà, le gouvernement a pris la décision de le prolonger jusqu’au 31 décembre… 2033", explique France Inter. 

Début mai, on apprenait que le ministère des Finances est en train d’identifier tous les coffres-forts loués dans des banques et qui appartiennent à des français. Tous ceux qui en louent un doivent le déclarer au Fisc à partir du 1er septembre.

L'option de ne pas rembourser la dette est écartée par les banquiers, donc par l'Etat. En effet, Ouest France rappelait le 22 avril que : "la dette de l’État est détenue pour près de la moitié par des banques ou des assurances françaises. Des placements gagés sur les dépôts ou l’assurance-vie. Cela provoquerait un cataclysme,observe François Écalle, spécialiste des finances publiques. Ça ne concernerait pas seulement les grandes fortunes. Beaucoup de Français (42 % des ménages) ont une assurance-vie".

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Il faut continuer à s'informer, à creuser, à comprendre ce qu'il se passe malgré la masse d'informations contradictoires dont nous sommes abreuvés depuis des semaines. derrière, il est très probable que l'objectif soit une vaccination de masse comme cela a déjà été tenté il y a quelques années avec le H5N1.

Il faut se regrouper pour lancer des procédures (des plateformes existent pour le faire comme PlainteCovid ou N'oublions Rien), et ne surtout pas détourner les yeux de la suite des procédures. Dans les circonstances actuelles, il y a peu de chances que les dirigeants soient jugés et condamnés, en tout cas pas dans un délai raisonnable. Mais nous devons continuer à nous informer et à diffuser l'information pour éviter la suite du scénario. On y reviendra, mais de nombreux éléments montrent que cette "pandémie" était prévue et que la plupart des dirigeants occidentaux ont joué le rôle qui leur a été attribué. 
Aujourd'hui la micronie joue les victimes mais c'est légitime car ses actes montrent qu'il y a eu un sabotage de cette gestion de crise. Le prix à payer, ce sont d'abord les vies des personnes décédées et qu'on aurait pu sauver, et ce sera la crise économique, probablement sans précédent depuis des dizaines d'années, qui commence suite à l'arrêt total de l'économie. 
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[1] Le 7 mai, selon Médiapart, 68 plaintes avaient été déposées contre des membres du gouvernement auprès de la cour de justice de la République, un tribunal spécialement créé pour juger leurs délits pendant leurs fonctions.                              

[2] Selon le Monde, plus de 600 millions de masques ont été détruits en 2020, dont certains auraient pu être utilisés.

[3] En fait, les producteurs ont attendu des semaines de savoir quels tests sont autorisés. Pour cela, il fallait que l’Institut Pasteur fasse une étude, et cette étape a traîné en longueur, comme l’a rapporté Médiapart. Or, l’Institut est juge et partie, pusiqu’il développe lui aussi des tests. Certains tests semblent avoir été traités en priorité et d’autres écartés: "Sur le terrain, un soupçon s’est installé : comment sont choisis les tests à évaluer en priorité, pourquoi certains semblent écartés d’emblée ? "Comme le système manque de transparence, on finit par appeler les gens qu’on connaît, par essayer de faire marcher notre réseau pour que notre test soit évalué", admet un responsable de laboratoire", précise Médiapart.

[4] Mandeep Mehra est lié notamment à Gilead, Sapan S Desai dirige une entreprise qui produit des tests, Frank Ruschitza est lié à Gilead aussi, et Amit Patel travaille sur les bienfaits des produits Merck.

[5] On ne va pas citer toutes les études, mais par exemple dès le 17 février, une étude chinoise montrait que la chloroquine avec l’azithromycine permet de faire considérablement et rapidement baisser la charge virale. France Soir a consacré un article complet aux différentes études montrant les bénéfices de la chloroquine utilisée conformément au protocole proposé par le Pr Raoult.

[6] Ces pénuries touchent des médicaments peu coûteux à produire, pas les blockbusters des labos.

[7] Un plan devait être présenté en septembre pour mieux gérer les ruptures d’approvisionnement. Selon France Info, par exemple, "En juillet 2019, plus de 800 références ont été signalées comme manquantes, selon les données de l'ordre", par différentes pharmacies. L’article ajoute que "médecins et professeurs hospitaliers affirment que les pénuries concernent "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux". Les anti-infectieux (comme les vaccins), les médicaments du système nerveux (antiépileptiques, antiparkinsoniens) et les anticancéreux (chimiothérapies) sont les trois classes les plus touchées".

[8] La note des Economistes Atterrés précise que cet endettement n’est pas productif, bien au contraire : il est "déconnecté de la valeur ajoutée des entreprises mais traduit également une dette qui croit plus vite que leur capacité à la rembourser".