24 décembre 2008
La réalité sur la naissance de l'Europe
Un de mes grands chevaux de bataille, n'est-ce pas, c'est cette mythique "construction européenne" soi-disant sotie du crâne de Schuman et Monnet, les "pères de l'Europe" selon la doxa européaniste. Aujourd'hui, et particulièrement depuis la "constitution européenne" qu'on nous impose contre l'avis des peuples, chacun sait que l'Europe et la démocratie sont complètement antithétiques. Mais la meilleure manière de comprendre pourquoi on est arrivé là est de reprendre toute la chronologie, comme je l'ai déjà fait avec les premiers textes européens (le premier vrai texte européen étant selon moi le texte du plan Marshall, qui imposait de créer la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, c'est-à dire l'Europe, et de libéraliser les échanges. Il fallait aussi tout payer en dollars, évidemment).
Annie Lacroix-Riz, spécialiste des années troubles de notre continent, donne son point de vue d'historienne sur la question, et bien sûr elle prouve qu'à la base de la "construction européenne", il y avait les intérêts du patronat. Français, mais aussi US, allemand, anglais. Simplement pour maintenir les conditions salariales et commerciales qui l'arrange.
la vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x6s90y_europe-mythe-et-realites_news
Comme cela, on ne se demandera plus "comment se fait-il que l'Europe se fasse contre l'intérêt des peuples?"...
03 décembre 2008
« Ultra-gauche », la suite…
L’étau se resserre, sur les gauchistes. Campagne de presse contre des pseudo terroristes, rapports des RG & Co toujours plus inquiétants, pression sécuritaire et flicage, voilà donc l’ambiance, en ce début de XXI ème siècle. Depuis l’accession au pouvoir du Chef, les mots sont choisis pour stigmatiser un ennemi intérieur –forcément- menaçant.
Ladite tension n’est certes pas nouvelle. Chaque régime
fasciste avait son ennemi intérieur, comme par hasard à
gauche. Plus récemment,
les RG s’excitent sur l’ « ultra gauche » depuis quelques années.
Normal, les anti capitalistes sont une menace pour le système.
Dès
2001, donc, l’ex DCRG publiait
un rapportExtrême
gauche 2000 » (commandé par Chevènement alors en poste à l’Intérieur),
qui pointe
du doigt 155 personnes et 254 organisations (comme Act Up, Agir ensemble
contre le chômage ou le Collectif National pour le droit des femmes par
exemple), mises dans la catégorie « extrême gauche ». Bon, ledit
rapport était illégal, mais ce n’est qu’un détail : il faut bien étouffer
dans l’œuf toute velléité gauchiste. sobrement intitulé «
A
l’époque, même des « squats politiques » étaient qualifiés d ‘
« inquiétants », « développant un système
de lutte contre l'autorité » et accusés d’être des
« lieux
de passage et de brassage de populations mouvantes contribuant au moins
partiellement à la violence urbaine ».
Rien que ça…
Les
rapports, au fil du temps, se mirent à évoquer des liens entre l’extrême gauche
française née d’après eux de la crise anti CPE, et les islamistes, ou encore
d’autres gauchistes européens. On n’a que l’embarras du choix sur la question.
Depuis
que nous sommes passés en Sarkoland, les arrestations de jeunes gauchistes en
possession ou non d’explosifs se succèdent au rythme des rapports RG. Les médias,
comme Le Point ou Le Figaro, se sont d’ailleurs empressés
de relater lesdites arrestations ainsi que le contenu desdits rapports. Des
villes comme Toulouse, Montpellier, Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon ou Paris et
leurs universités sont
stigmatisées, comme étant des repères d’ « ultra gauchistes ». Il
convient donc, évidemment, d’accroître la
surveillance et la répression.
Le
jour où Sarko a été élu, et la semaine qui a suivi, ont connu une vague
d’émeutes sans précédent dans notre République. On n’aimait pas Chirac,
pourtant il n’y a pas eu d’émeutes après ses deux élections. Pour Sarko, oui.
Pourquoi ? Quelle est la différence ?
Il
se trouve que sarko cristallise les pires peurs des esprits libres, il incarne
une dérive démocratique et politique, il promeut des idées fascisantes et
nocives. Normal, donc, qu’une partie des jeunes qui ont du voter contre Le Pen
en 2002 se soient rebellés, cette fois-ci. Suivis par les plus jeunes, ceux des
cités, qui, jerricanes à la main, sortaient alors de leur cité pour mettre le
feu dans le centre-ville. Et cela, une bonne semaine durant.
C’est
donc cela, qui a dérangé Sarko. Crime de lèse-majesté s’il en est : on ne
conteste pas Sarkoléon. Alors on se met en chasse, sous les flashes. On fait
monter la tension, quitte à mettre soi
même le feu aux bus, quitte à inventer
un groupe terroriste anti SNCF à partir d’un fait de délinquance. Bientôt,
le simple fait de manifester contre une réforme sera assimilé à du terrorisme.
Et
ce sera pareil pour ceux qui détiennent de la littérature gauchiste, puisqu’il
semble que les livres soient considérés par les flics comme étant des preuves
d’activités terroristes. Heureusement qu’en France, on a le droit de penser ce
qu’on veut..
Aujourd’hui,
le journal de Serge Dassault, qui véhicule des « idées saines », évoque
le dernier rapport RG en date sur la question des
« anarcho-autonomes » ou de l’ « ultra gauche », appelez
l’épouvantail comme vous voulez. Il s’intitule «Du conflit anti-CPE à
la constitution d'un réseau préterroriste international : regards sur
l'ultragauche française et européenne » et répète encore une fois que
le mouvement de gauche est parti de la crise anti CPE. Certes, il faut bien
trouver des raisons. Mais les choses sont évidemment plus compliquées.
Le
rapport, comme d’autres avant, met en lien différents évènements qui n’ont pas
grand chose à voir : une tentative de faire exploser un véhicule à Rennes,
les sabotages de la sncf, les manifs étudiantes…
Donner
une cohérence à tout cela est en effet assez difficile, et pour cause !
Quoi
qu’il en soit, les RG évoquent une « ultra gauche européenne ». On
parle aussi de la gauche italienne, allemande, toujours radicale bien sûr… Si
bien que l’on peut désormais parier sur la mise en place dans les prochains
mois d’une cellule européenne de lutte contre le terrorisme de gauche, avec les
moyens qui vont avec.
Car, les fichiers sont en place, les techniques de surveillance des gauchistes également, mais surtout, c’est la criminalisation rampante de l’ennemi intérieur gauchiste qui se met en place progressivement. Dans peu de temps en effet, il sera dangereux de contester notre système qui n’a de démocratique que le nom. Il sera probablement très dangereux de contester Sarko et ses réformes contre productives. La liberté d’expression (« pierre angulaire » d’une démocratie, selon la Cour Européenne des Droits de l’Homme) et la liberté de penser sont simplement en train d’être remises en cause sous nos yeux, parce que de jeunes gauchistes sont assimilés à des terroristes.

02 décembre 2008
Commission européenne: le statu quo
En pleine crise économique, la Commission Européenne reste inflexible. Pas de déficit, pas de renflouement des banques, pas de solution non plus à vrai dire. A l’horizon, un vague problème de crédibilité…
On
connaît le credo de Maastricht dit le « pacte de stabilité » :
un déficit inférieur
à 3% du PIB, quoi qu’il advienne.
Et une dette publique
inférieure à 60% du PIB. La logique est simple : l’Etat ne doit pas vivre
à crédit, ce qui pourrait être une louable intention si toutefois le même
traité n’obligeait pas l’Etat à vendre ses services publics au plus offrant et
à mener des politiques de rigueur voire d’austérité afin d’équilibrer les
comptes. Lesdites politiques de rigueur, on les connaît aussi trop bien. En
temps de crise ou pas, on nous a expliqué depuis des années qu’il faut
« faire des sacrifices ». Si bien qu’aujourd’hui, en pleine
récession, on se demande si on a un jour connu une période de prospérité.
La
Commission, donc, n’en démord
pas : il faut que la France rentre
dans le rang et ramène son déficit sous la barre des 3% du PIB, quand on
s’attend à un déficit à
3,8% en 2009. Pareil pour l’Irlande,
en plein marasme, pour l’Italie et tous les autres.
Almunia
et Barroso, les prêtres du néo libéralisme à l’européenne, continuent sans
relâche à marteler leur slogan à des pays de plus en plus incapables de payer
les frais courants. Que faut-il faire alors ?
Ce
ne sera évidemment pas une baisse
de la TVA, ni une augmentation des investissements. Ni le remplissage
des caisses des banques. Mais alors quoi ? Même le journal de Serge
Dassault, qui véhicule des « idées saines », critique
l’inaction et l’inefficacité de la commission et de son Chef, Barroso. Mais
où va-t-on ?
Certes,
il y a bien ce « plan
de relance » déjà contesté par Sarko (entre autres) dans le système,
mais si la commission s’entête avec les politiques qui nous ont permis d’en
arriver là, nous avons fort peu de chances de sortir de la récession dans un
avenir proche. Pour ne pas être mauvaise langue, on peut noter l’effort extrême
de la Commission, qui recommande « d'augmenter temporairement les
allocations chômage ou d'en allonger momentanément la durée » ainsi que « baisser la taxation des bas
salaires et de réduire les cotisations salariés ou employeurs sur les revenus
les plus faibles », ce qui il faut bien le dire est une première.
Mais
si la politique depuis 50 ans avait été de favoriser les salaires, et en
particulier les plus bas, nous n’en serions probablement pas à un tel niveau
d’étranglement économique. Les ménages sont en effet de plus en plus nombreux à
ne plus avoir aucune marge de manœuvre, voire à être complètement endettés.
Le
plan prévoit aussi de soutenir l’immobilier et l’automobile, deux secteurs à
forte main d’œuvre qui prennent la crise de plein fouet. Mais au lieu d’engager
des politiques de grands travaux ou de préparer la reconversion des employés, on va prêter aux
multinationales pour qu’elles « innovent ».
Au
passage, on augmente aussi le budget européen, de 1 à 1,5%
du PIB total des 27.
Barroso
voudrait aussi que la BCE (la banque centrale européenne) baisse
ses taux d’intérêt, histoire qu’on dépense au lieu d’épargner, ce qui est
une tendance logique des ménages en temps de crise. Pourtant, on est déjà passé
de 4,24% à 3,25% en l’espace de quelques mois. De plus, l’absence de
concertation entre les 27 Etats membres risque de rendre assez contre
productive l’essai pour relancer l’économie.
Au
final, eh bien pas
grand chose. L’Europe, qui depuis 60 ans n’a qu’un rôle économique,
n’assure même pas dans son domaine de prédilection. On nous a vanté une
« Europe solide » etc. , on nous a fait passer des traités néo
libéraux donnant toujours plus de pouvoir à quelques gugusses à la commission
et toujours moins aux peuples, quitte à imposer par la force les traités les
plus iniques, tout cela pour en arriver à ce néant aujourd’hui. Diantre, mais
quelle efficacité !




