06 décembre 2009
DSK, le retour (3è partie)
Il est temps de parler de DSK et du tapage médiatique
auquel on a droit depuis quelques mois pour en faire LE candidat du PS en 2012.
Son parcours mérite quand même un bref résumé, car ces dernières années, DSK
est entré de plein pied dans l'establishment international. Du coup, il est en pôle position pour 2012, d'après les médias.
En 2000, par exemple, il avait déjà fait son "grand retour", dixit France 2, après avoir
été impliqué dans différentes
affaires judiciaires à la fin des années 90.
Affaires desquelles il est, comme par hasard, toujours ressorti avec des relaxes ou des non lieux, ce qui interdit de les
évoquer. Mais là il s'agit de retracer brièvement le parcours d'un éventuel
futur président de la République.
Les "affaires"
On se souvient de l'affaire de la Mnef, la Mutuelle Nationale des
Etudiants de France, à laquelle cotisent les étudiants pour être remboursés de
leurs frais médicaux. DSK avait été mis en examen et était accusé d'avoir fait
des faux afin de détourner une partie de l'argent des étudiants pour le PS. Il
avait ainsi perçu 600.000 F de la mutuelle en échange de "conseils"
procurés par son cabinet d'avocats. C'était la 1ère mise en examen.
La deuxième, pour "recel d'abus de bien sociaux", c'était pour avoir
fait payer le salaire de sa secrétaire par ELF, qui a aussi versé son
obole au cercle de l'Industrie de DSK avant même d'en faire partie. A noter: la
secrétaire payée par ELF travaillait pour le Cercle de l'Industrie.
Juste avant ces deux mises en examen, il a démissionné du gouvernement Jospin
en novembre 1999. Mais enfin, tous les politiques sont montés au créneau pour
dire que le pauvre, il était bien obligé, comme tout le monde, de détourner de
l'argent pour financer son parti, puisqu'il n'y avait pas d'argent public pour
financer ces machines voraces en fric.
DSK a aussi connu des perquisitions dans l'histoire de la cassette Méry, où ce
politique expliquait un système de corruption politique. Les juges, qui ont
enquêté à son sujet pour "soustraction de preuves" et "trafic
d'influence " ont été perquisitionner chez un DSK "indigné" ainsi qu'à son bureau pour trouver ladite cassette, qu'on l'a soupçonné
d'avoir récupérée cotnre avantages fiscaux à Karl Lagerfeld, et refilée à la
presse. Lui disait l'avoir eue, mais jamais regardée...
Un socialiste "nouvelle vague"
DSK commence sa carrière politique à la fin des années 70, au Ceres de
Chevènement, puis au début des années 80, il commence à conseiller
Jospin. Au passage, on comprend mieux pourquoi le PS a très vite arrêté de critiquer l'économie de marché.
En 1982, DSK entre au Commissariat général au Plan en tant que chef du service
financement, puis commissaire adjoint général.
En 1986, il est député de Haute Savoie, puis du Val
d'Oise en 1988. A l'Assemblée, il devient président de la Commission des
Finances. Pendant ce temps là, il devient aussi l'oracle du PS en matière
d'économie, jusqu'à parvenir au poste de ministre de l'Industrie et du Commerce
dans le gouvernement Cresson, en 1991, puis dans celui de Beregovoy.
En 1995, il devient maire de Sarcelles qui se transforme en zone franche, et
théorise des grandes expériences dans le programme économique du PS.
En 1997, il est ministre des Finances sous Jospin. Et là, il applique un
programme libéral, soi disant pour appliquer les mesures européennes, mais en
réalité il s'agit du credo qu'il n'hésite pas à affirmer aujourd'hui. Il
commence la privatisation de France Telecom, par exemple, ou
de Thomson.
Il signe aussi l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce des Services, qui
prévoit la libéralisation de tous les services, dont la santé, l'éducation, les
transports en commun, l'eau, l'électricité...
Il doit démissionner en 1999 après avoir été mis en cause, et revient en 2002
après avoir été blanchi (on remarquera, en l'occurrence, la rapidité du
processus judiciaire) comme député du Val d'Oise. C'est aussi juste après la
défaite cuisante du PS qui n'a pas été au second tour, si bien qu'il a beau jeu
de critiquer la campagne et de faire le beau dans moult émissions de télé en
disant qu'avec lui ça n'aurait pas été la cata.
DSK est aussi secrétaire national du PS etc. prône le "oui" au
référendum sur la constitution européenne via son club "A Gauche en
Europe" (sic.) crée pour l'occasion avec Rocard, et où on retrouve
une partie du gratin européen de l'époque. Le groupuscule participe à la création du magnifique programme du PS en 2007. Dès la défaite, il déclare
qu'il faut que le PS rejoigne la "social démocratie", qui n'a rien de
social ni d'ailleurs de démocratique.
Pas d'inquiétude, il se recase tout de suite au FMI, où en même pas un an il
arrive à se coller une histoire de favoritisme au profit d'une ou deux de ses
maîtresses. Et il est encore une fois blanchi par le FMI soi-même. Grâce, toutefois, à l'aide
d'un communiquant d'Euro RSCG.
Pendant qu'il est au FMI, des types comme Cambadélis (qui a fait partie comme Jospin du
fameux courant lambertiste financé jadis par l'agent de la CIA Irving Brown, et
a été mouillé lui aussi dans l'affaire de la Mnef, mais lui est condamné à des
amendes) assurent sa représentation au PS et ailleurs.
A cotés...

En 1993, après une défaite électorale aux législatives, il devient avocat
d'affaires et crée DSK Consultants. L'année suivante, il crée avec le parton de
Publicis le Cercle de l'Industrie, avec des industriels et
politiques de droite et de gauche. Étaient réunis pour parler d'Europe, donc,
et d'Industrie, le PDG de Renault, ou celui de Lafarge (entreprise toujours représentée au Bilderberg depuis des années), celui de l'ex Rhône
Poulenc, d'EDF, de l'Oréal ou de Total par exemple.
En fait, le Cercle de l'industrie est une espèce de lobbie pro
européen regroupant des industriels pour défendre leurs intérêts auprès de
l'Europe.
Très vite, une cinquantaine d'entreprises françaises y cotisent.
Accessoirement, cela permet aussi à DSK de se rapprocher de tous ces PDG qui
seront prompts ensuite à financer et propager sa cause. Ce qui, on le constate,
n'a pas manqué. Mais aussi, certaines de ces entreprises l'ont grassement
rémunéré pour ses "conseils".
Au sein du PS, il aussi un courant de jeunes qui se
réclament du courant DSK, Socialisme et démocratie jeunes, qui fait partie du
MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), histoire d'assurer la relève.
En 2001, il devient président de la Fondation Jean Jaurès, assez proche des
organisations atlantistes comme la National Endownment for Democraty et du
National Democratic Institute.
Pendant ses périodes hors du champ politique, il enseigne. Notamment à Stanford, où il a été recruté en 2000 par
Condoleeza Rice, qui dirigeait l'université.
Il participe également à la réunion du Bilderberg dès
2000 , où il a croisé Georges Soros (un habitué), David Rockefeller,
Henri Kissinger, Javier Solana, Jean-Calude Trichet de la Banque de France qui
passe ensuite à la BCE (un habitué aussi), James Wolfensohn de la banque
mondiale, les PDG de Paribas, Fortis, Nokia, le directeur de la CIA et bien
d'autres, ce qui lui a ensuite valu les faveurs de Romano Prodi et de Jean
Claude Juncker, deux autres habitués du Bilderberg, pour être le candidat de
l'Europe au FMI, pile au moment de la crise et du renforcement du rôle et des
moyens dudit FMI.
C'est aussi le candidat de la france, puisqu'il a eu tout l'appui de
Sarko. D'ailleurs, certains pensent que DSK s'est retiré de la campagne en
échange de ce poste, juste pour favoriser Sarko.
Sa campagne pour le poste au FMI, où il a sillonné le monde pour
"convaincre" des pays dont le droit de vote au FMi est proche de 0%,
de voter pour lui, a été financée par le contribuable Français, pour le
bénéfice de diverses agences de com', dont TD International, créée par un ancien dirigeant de la CIA,
William Green, expulsé de Paris par Pasqua quand il était à l'Intérieur.
Il fonde aussi l'European Council on Foreign Relations en 2007, un
think tank
destiné à promouvoir une position atlantiste de l'Europe en matière de
politique étrangère. Ce truc est largement financé par le milliardaire US Georges Soros qui, dans sa grande mansuétaude,
aussi financé quelques "révolutions" du côté des Balkans, comme celle
des Roses ou bien la "révolution orange" en Ukraine. En font
également partie Jospin, Christine Ockrent, Pierre Moscovici ou
l'incontournable Daniel Cohn Bendit.
Et puis, on y retrouve aussi tout un tas de pontes de l'européanisme orthodoxe
comme Martti Ahtisaari, qui a poussé à l'autonomie du
Kosovo et a reçu un prix nobel de la paix, Giuliano Amato (ex président du
Conseil italien, qui a été à l'origine du traité européen qui vient d'entrer en
vigueur, cette espèce de "constitution" gravissime tant elle est
libéarle. Il était aussi membre des Amis de l'Europe, où on retrouve Etienne Davignon, le directeur du
Bilderberg, au poste de président.), des patrons comme celui de Venture, de la
Deutsche Bank, le directeur de la Confindustria italienne, le directeur de
l'IFRI (institut français des relations internationales), de l'institut
Aspen italien, de la fondation Bertelsmann, celui de l'International
Crisis Group de Soros ainsi que divers lobbyistes et consultants en
tous genres, des profs d'universités diverses dont la London School of
Economics, des politiciens européanistes de tous bords et de tous pays.
Accessoirement, DSK a des positions plutôt favorables aux sionistes en prônant
systématiquement la nocivité du Hamas et du Hezbollah, qui refusent d'accepter
Israël et de négocier pacifiquement, ce qui est un résumé un peu rapide de la
situation. Pour lui, Jérusalemn doit être la capitale d'Israël, et il faudrait
même intégrer la région à l'Europe, pour assurer la paix! Et puis, il ajoute de
la tension avec l'Iran, rappelle que le hezbollah est considéré (par les US)
comme une organisation terroriste etc. Autant de positions parfaitement alignées sur
celles de Washington et de Sarko.
Le raout médiatique

Déjà en 2002, quand il fait son retour juste après quelques
"affaires", on a pu lire des panégyriques sur DSK un peu partout. Par
exemple, un type d'IPSOS a décrit DSK à l'époque comme " Séducteur sans être
démagogue, stratège sans être un simple tacticien. On lui reconnaît une
capacité d'adaptation sans superficialité, une ambition réelle mais pas de
visée carriériste", "capable de se mettre au niveau de son public, sans
pour autant tomber dans un registre populiste. Il sait expliquer sans
professer, se mettre à la portée d'autrui sans rabaisser.Il a une personnalité
réelle, affirmée, il "ne doit rien à personne" et on voit en lui un
homme de convictions capable de lutter pour les imposer face à divers
adversaires dans son camp ou dans l'autre". mais surtout, "DSK
fait figure d'homme raisonnable, cartésien, d'économiste hyper-brillant mais
compréhensible, au discours accessible".
N'en jetez plus! Je vous épargne la suite, du même acabit et carrément
lourdingue. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi DSK était encensé à ce
point, mais finalement il a probablement toujours été dans les hautes sphères
politiques et les manigances nationales puis internationales, ce qui fait que
personne n'ose le critiquer ouvertement.
Puis, il revient. Toujours aussi libéral et adepte de la mondialisation, se
félicitant d'avoir "pérénnisé" le G20 et mis le FMI "au centre
des objectifs"…
En mars 2009, il est 1er des "côtes d'avenir", super classement... du
Figaro. Puis, il passe à une conférence au Canada, intitulée: "S'adapter au Nouvel Ordre mondial" (on notera qu'il ne s'agit pas d'une question, mais d'une injonction) où on a aussi pu voir Catherine Ashton, la nouvelle ministre européenne des affaires étrangères. Encore une fois, que du beau linge.
En juillet 2009, alors que tout le monde s'en fout en France, un sondage IFOP
et paris Match déclare que DSK est la "personnalité politique préférée des Français",
ex aequo avec Chirac. No comment.
Autre "sondage" quelques semaines plus tard, pour nous dire que DSK
gagnerait contre Sarko en 2012. Et attention, pas qu'un peu: 51% contre 49% pour Sarko. Eh ben, à deux ans et
demi du scrutin, sur un candidat qui ne s'est pas présenté et qui vit très
loin, si en plus on tient compte de la marge d'erreur de 2 points, voilà une
nouvelle fracassante. Il y en a même 27% qui trouvent qu'il a "un bon projet"
pour la france. Des voyantes, sûrement...
Mais sans rire, à quoi sert un tel
"sondage", si ce n'est à préparer le terrain dans l'opinion publique, à "faire infuser les mentalités", comme dirait sarko?
Il passe au Grand Journal de Canal + fin novembre 2009, et Canal + a carrément
déclaré le samedi suivant qu'il est celui "qui a le plus de chances pour
la présidentielle".
Le Monde encense son grand retour, comme le Figaro, Marianne, LCI, TF1 etc. Et tout ce cirque va probablement durer
jusqu'à ce qu'aucun autre candidat n'apparaisse comme réaliste à gauche et que DSK ou
un de ses sous fifres se lance dans la grande aventure de la campagne 2012. On
peut dire qu'en une semaine, il a réussi sa tournée (sur Google, on
compte plus de 1.000 articles en quatre ou cinq jours)!
Bref, reprenons tous en choeur 'DSK reviens, DSK reviens parmi les
tiens"... allez, un peu de conviction!
30 novembre 2009
Van Rompuy: l'an 1 de la gouvernance mondiale
Une brève, pour revenir sur le 1er discours d'Herman Van Rompuy, le 1er président de l'Europe. On se
rappelle qu'il a passé un "oral" devant une délégation du Bilderberg venue l'interroger à Bruxelles, moins d'une semaine avant sa nomination. Que les bilderbergers inquiets de sa nomination se rassurent: Van Rompuy a immédiatement tenu un langage apte à rassurer les plus sceptiques.
Son discours montre en effet qu'il a bien l'intention de se tenir dans la ligne du Bilderberg et des autres groupuscules mondialistes. C'est-à-dire avancer à pas forcés vers un super "gouvernement mondial" qui est tellement génial n'est-ce-pas.
Dans le texte, ça donne (après tout le baratin européaniste traditionnel): "2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par l’action".
Plus loin, au cas où on aurait encore cru que l'avis des peuples avait un intérêt quelconque pour nos élites européennes et que le fait qu'on se soit assis sur le vote des peuples n'est pas une gloire, Van Rompuy précise que "Le débat institutionnel est clos pour une longue période. Je souhaite faire fonctionner ce cadre et ces règles librement choisies par tous nos gouvernements. Je le ferai en concertation permanente avec le Président de la Commission et du Parlement européen dans un souci constant d’équilibre entre les Institutions".
Et puis, il y a évidemment la question de l'élargissement ad vitam eternam de l'Europe. jusqu'à tous "les pays qui bien sûr remplissent les conditions". Van Rompuy explique ainsi que "Ce monde n’a d’avenir sans un grand nombre de nos valeurs. D’ailleurs, j’espère que notre Union s’élargira encore les prochains 2 ans et demi à des pays qui bien sûr remplissent les conditions".
Le pote de Van Rompuy, Etienne Davignon, qu'il a croisé notamment au Crown's Council qui réunit l'élite Belge, autour du Roi, est le pilier du Bilderberg depuis des dizaines d'années. Il en est en effet le directeur depuis au moins vingt ans, et a donc participé à l'audition de van Rompuy avant sa nomination.
Et Davignon, a innocemment expliqué au journal EU Observer, en mars 2009, que le Bilderberg, qu'il met au même plan que le très officiel G20, "a aidé à créer l'euro dans les années 1990".
Encore une phrase qui semble anodine, mais qui de fait fait sortir du bois la réunion du Bilderberg, qui se voulait ultra secrète jusqu'à ce que le secret s'évente et que certains journalistes commencent à en parler. alors le Bilderberg contre attaque, en tentant d'apparaître comme légitime, puisque de fait, il existe depuis longtemps et a construit l'Europe. Reste que le Bilderberg n'a aucune légitimité, et ses décisions non plus.
16 novembre 2009
Présidence de l'Europe: montrer patte blanche au Bilderberg
Une info particulièrement intéressante, bien qu’elle soit sortie de manière parfaitement anodine dans les médias économiques Belges. De quoi s’agit-il ? Le premier ministre Belge, Herman Van Rompuy (chrétien démocrate), pressenti pour devenir le premier président de l’Union Européenne, a été présenter son programme devant le très démocratique groupe Bilderberg. Comme au temps où les présidents du Conseil devaient faire valider leur programme par les actionnaires de la Banque de France, dans les années 30.
Le Bilderberg, j’en ai déjà parlé à maintes reprises. Depuis les années 50, une fois par an, se réunissent les
pontes de certaines multinationales bien placées, comme BNP Paribas, Axa, Rothschild, Lafarge etc. Mais aussi, de nombreux représentants politiques bien placés, tels que DSK, Etienne Davignon, Bernard Kouchner, Barroso, Pascal Lamy, et on a pu y croiser aussi Jean François Copé, Manuel Valls, Christine Lagarde, Xavier Bertrand ou Denis Olivennes plus récemment. Les piliers de ce groupe d’influence, depuis l’origine, sont David Rockefeller et le prince Bernhard des pays bas, remplacé depuis par la reine Béatrix.
En France, les piliers qui viennent quasiment à toutes les réunions sont Thierry de Montbrial, le président de l’Institut Français des Relations Internationales, un think tank atlantiste, Nicolas Baverez, chroniqueur du Point… Mais des boîtes comme Axa (d’où vient Bertrand), Lafarge, la Société générale, Coca Cola, Lazard, ING, la banque Goldman Sachs, la Chase Manhattan Bank et bien d‘autres y sont systématiquement représentées.
Le Bilderberg est en connexion avec la Trilatérale, présidée par Rockefeller, et l’European Round Table, le lobbie des multinationales présentes en Europe, ce qui augmente encore l’influence des ces réseaux de pouvoir.
De quoi y parle-t-on ? Difficile de le savoir exactement, puisque les réunions sont totalement secrètes. On a quelques fuites, et quelques déclarations fracassantes de ceux qui ont assisté à la réunion.
En gros, on y parle des enjeux mondiaux, économiques, politiques, militaires et sociaux. Depuis le début, le Bilderberg a une grande influence sur les décisions européennes. Normal : les pionniers de l’Europe tels qu’Antoine Pinay ou Guy Mollet pour la France ont participé aux premières réunions, au moment où il s'agissait de jeter les bases de la "construction européenne". En 2009, ils ont parlé du traité européen qu’il faut faire avaler à l‘Irlande, de taxe mondiale sur le carbone, de l’Iran, de la grippe H1N1… Et on sait qu’une grande partie de leurs prédictions finissent par arriver. Car il ne s’agit pas de « prévisions » à proprement parler, plutôt d’un programme de gouvernance mondiale.
Quand le Bilderberg choisit les chefs de l’Europe
Bref, officiellement on se réunit et on cause entre gens bien élevés. En réalité, on se rend compte que des décisions sont prises quant aux orientations en matière de politique et d’économie internationales.
Et voilà qu’on apprend que l’un des candidats à la présidence européenne, le premier ministre Belge sorti de nulle part Herman Van Rompuy, a été s’expliquer devant le groupe Bilderberg ce week end, où il se serait légèrement planté en évoquant un impôt vert made in Europe. Comme le dit la RTBF, « ses propos circulent aujourd’hui dans toutes les capitales européennes au risque d'hypothéquer ses chances dans la course à la présidence du Conseil de l'Union, à quelques jours du sommet européen extraordinaire du 19 novembre » preuve que l’influence du Bilderberg et ses réseaux ne sont pas un mythe.
Mais van Rompuy est assez proche du vicomte Belge Etienne Davignon, le secrétaire du Bilderberg depuis près de quarante ans, memebre de l’European Round Table of Indutrialist, ponte de la Société Générale et ancien vice président de la Commission européenne, qu’il fréquente au sein du King’s Crown Council où on retrouve l’élite politique Belge.
Alors certes, ledit président ne sera pas élu. Mais que ce soit une réunion totalement informelle des « élites » financières et politiques mondiales qui choisisse le candidat est proprement inacceptable. Ce n’est plus d’un gentil « déficit démocratique » dont il s’agit, mais d’une oligarchie de fait.
Accessoirement, on notera que pour la première fois, on entend parler d’une réunion du Bilderberg en dehors de la grande réunion annuelle qui a lieu vers avril-juin. Y’ aurait-il une urgence à nommer un leader maximo pour l’Europe ? Serait-on déjà à la phase terminale du processus vers un gouvernement mondial ? En outre, c’est aussi la première fois que les médias nationaux Belges évoquent franchement le Bilderberg et son rôle.
Mais, ce n’est pas rassurant : s’ils parlent du Bilderberg, les médias se gardent en revanche de critiquer le
groupe, et encore moins son action, antidémocratique s’il en est.
Nous sommes face à une usurpation de la souveraineté populaire qui pourtant, est à la base de ce « pacte républicain » au nom duquel le peuple accepte d’élire des représentants.
D’autre postulants au poste européen, comme l’anglais David Miliband ou l’ex premier ministre hollandais Balkenende sont aussi dans les petits papiers du Bilderberg. A tel point que certains demandent à ce que les pays nomment clairement leurs propres candidats, et pas ceux du Bilderberg ou de la Trilatérale.
Drôle d’impression, et le sentiment que surtout, rien ne va s’améliorer, bien au contraire. Les élites ont la main et ne veulent pas la perdre après 60 ans de travail pour en arriver là.
La saga européenne continue à éloigner les décisions de la population, à quand le point de non retour ?
01 novembre 2009
Les armes électromagnétiques, c'est aussi pour les civils
<p>entete</p>
J’avais
évoqué les armes non létales
dans un papier sur le
système HAARP, j’y reviens pour donner quelques exemples d’applications
concrètes de ces armes qui utilisent des ondes électro magnétiques. Car, on en
est encore au stade de l’expérimentation sur le terrain et l’absence de cadre
légal permet de développer ce type d’armes sans problème, et de les « tester »
depuis que c’est possible.
De
quoi parle-t-on ?
Je
vais rester sur les armes électromagnétiques, qui appartiennent à la catégorie
des armes dites « non létales ».
On parle en l’occurrence des « armes
utilisant l’énergie électrique pour permettre la neutralisation momentanée de
personnes hostiles ou rebelles »1].
Dès 1991, Dick Cheney met en place un groupe de militaires pour travailler sur
ces armes : le « Non-Lethal Warfare Study Group ». Et
petit à petit, les militaires et le gouvernement US envisagent leur utilisation.
On a même inventé en 1994 le concept d’Opérations militaires autres que la
guerre ». (Military
operations other than war). Depuis, tout le monde y travaille, et certains
font les premiers tests grandeur nature, comme aux Etats-Unis ou au Honduras.
En
matière d’armes magnétiques, on utilise par exemple des armes
acoustiques qui fonctionnent avec des fréquences supérieures à 20.000 Hz
(ultra sons) ou inférieures à 20Hz (infrasons), afin que l’oreille humaine ne
perçoive pas les sons. Un infra son de 16Hz et d’une forte intensité peut par
exemple créer des nausées, des diarrhées, une désorientation, des troubles de la vision, voire des lésions
internes plus ou moins graves pouvant aller jusqu’à la mort. Des entreprises
comme American Technology Corp développent depuis plus
de 10 ans ce genre
d’instrument, à différentes puissances suivant les utilisations voulues.
Raytheon
travaille quant à elle sur des armes d’une puissance bien plus
importante : le programme HAARP, qui envoie des ondes dans la ionosphère
afin de perturber les systèmes de communication. Mais on
se demande aussi si cela ne perturbe pas le climat, par exemple en créant
réchauffant l’ionosphère pour créer des tempêtes.
On
a aussi l’Active
Denial System, une sorte de dérivé du Mosquito anti
jeunes, plus puissant, développé notamment par la firme
Raytheon2]. L’appareil,
souvent fixé sur un véhicule, envoie des
micro ondes à 95GHz, qui font comme un vrai micro
ondes, c’est-à-dire que ce système fait chauffer l’eau dans le corps, faisant
monter la température de la peau à plus de 55°C en 2 secondes. En l’installant sur un Hummer ou sur un avion, on
peut l’utiliser en cas de guerre
ou de manifestations. Et évidemment, avec un tel joujou dans les mains3],
il ne fallait pas s’attendre à une quelconque retenue de l’US Army, qui a fait
des tests grandeur nature en Irak.
Dans
le genre, on a encore des armes acoustiques, comme le Long Range ACoustic Device,
qui émet des sons stridents, en fait des ultra sons, à des fréquences
variables, et doit rendre sourd et/ou désorienter l’ennemi jusqu’à 1 km de
distance. Chez nous, on les utilise contre
les pirates du Golfe d’Aden et de l’océan Indien, ailleurs c’est contre les
manifestants. On travaille déjà à transformer ça en projectiles : l’idée
est d’avoir une sorte de fusil qui tire des balles émettant ces sons en
atteignant leur cible.
Pour
toutes ces armes dites non létales, on a aussi développé des modèles soft (qui permettent aussi de mettre le pied dans la porte en introduisant des armes peu agressives au départ) et des modèles mortels
utilisant en général des lasers : l’Advanced
Tactical Laser, le Pulsed Impulsive Kill Laser ou Pulsed
Energy Projectile développés depuis 1992. Ils envoient un choc sonore en
faisant exploser l’air autour de la cible pour l’assommer et lui faire très mal
(en attaquant notamment le système nerveux via des ondes électromagnétiques),
et bien d’autres.
Dans
la catégorie à ondes, on a encore développé le High
Power Micro Wave qui émet un ou deux signaux différents à des fréquences de
1 à 35 GHz. Cela peut gêner les communications ou bien avoir des conséquences
physiologiques, suivant le système utilisé.
Quelques applications concrètes
Aujourd’hui,
malgré plus de dix ans de recherche militaire dans le domaine des armes
électromagnétiques, il n’y a aucun texte de réglementation destiné à limiter la
prolifération et/ou l’utilisation de cette technologie. Du coup, on s’aperçoit
que ce n’est plus de la science fiction : les « forces de
l’ordre » comme l’armée utilisent ces armes contre l’ennemi.
On
a donc l’Active Denial System qui est « testé » en Irak depuis au
moins trois ans, bien sûr sans prévenir personne et hors de tout contrôle. Mais
d’après CBS, qu’on ne peut soupçonner d’être anti militariste, le système a
déjà été testé 11.000
fois auparavant. La chaîne précise qu’il n’y a pas de danger, évidemment,
avec cette « arme anti émeute ».
Moins
agressif, on a la police géorgienne, qui a utilisé lors de la « révolution
des Roses » par ailleurs tout à fait
bidon, outre des canons à eau, un système acoustique qui
émet à plus de 150dbdes sons stridents à des fréquences censées désorienter et
disperser les manifestants. Il s’agit du Long Range Acoustic Device, utilisé
également par les forces de l’ordre US lors du sommet du G20 de
Pittsburgh en septembre, contre les manifestants, ou bien par l’armée en
Irak, notamment lors de l’attaque de Falloujah, à Bagdad en 2004, ou dans la prison
US de camp Bucca toujours en Irak, par exemple. AU Honduras, l’armée à la
botte des putschistes l’a aussi utilisé contre
l’ambassade du Brésil où s’est réfugié Manuel Zelaya, le président élu. Car
dans le manuel d’utilisation, il est précisé que les petits modèles sont
parfaitement adaptés au maintien de l’ordre en milieu urbain.
Les
conséquences peuvent être, outre celles recherchées, des nausées, des malaises
intestinaux, des troubles de l’ouïe et de la vision.
En
ce qui concerne le Pulsed Energy Projectile, des firmes comme ATK
ont déjà développé ce système embarqué sur un Hummer, par exemple. Et c’est
génial, parce que leur appareil permet de viser une foule aussi bien qu’un
individu, et de contrôler l’ampleur des dommages qu’on cause à la cible (ce qui
est le top du top en matière d’armes : combiner létalité et non létalité
sur la même arme, suivant les réglages).
Il
s’agit en fait d’un laser qui émet jusqu’à 2km des impulsions électromagnétiques
créant un choc sonore qui paralyse la cible au moment de l’impact. On n’en est
qu’aux dernières étapes du développement, et ce système devrait être testé
prochainement. Il existe une réelle opacité sur les PEP, et même les
spécialistes manquent d’information, mais on sait que de nombreuses entreprises
travaillent à développer ce système, comme Northrop
Grumman ou Lockheed
Martin.
Les
applications civiles sont inquiétantes, même si pour l’instant les nuisances de
ces armes restent relativement peu importantes quand elles sont utilisées
contre une foule. Mais depuis le début, les militaires envisagent d’utiliser ce
type d’armes pour modifier le comportement de ces foules. Le scandale des ondes
de téléphones portables qui se prépare montre que les radiofréquences peuvent
avoir une influence sur le cerveau.
On le sent bien, il existe un réel marché pour ces armes, qu’on peut utiliser de manière civile aussi bien que militaire. Du coup, beaucoup de spécialistes de l’armement se lancent dans la course pour développer ces armes qu’on essaie de faire passer pour inoffensives, tout comme le Taser. D’autres armes életro magnétiques visent à détruire le matériel, mais on invente des lasers de plus en plus spécialisés, puissants et précis, ou on travaille sur d’autres applications des armes électromagnétiques comme modifier le comportement ou le climat. On est aussi entré dans l’ère des armes génétiques, qui pourront viser une catégorie précise de la population. Bref, au vu des derniers développements, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les mouvements de foule soient réprimés y compris avec ces armes.
<p>entete</p>
Vidéo de ce système
utilisé à Pittsburgh:
Disclose.tv Long Range Acoustic Device (LRAD) G20 Pittsburgh Video
[1] D’après une définition du GESLR, le Groupe
d’Etudes et de Recherche sur les armes à Létalité Réduite de l’université de
Liège.
[2] En étroite collaboration
avec le Ministère de la Défense et avec l’armée.
[3] L’ADS était prêt dès
2004.
28 mai 2009
La question du moment: "s'adapter au Nouvel Ordre Mondial"
En ce moment, je m’attache surtout à suivre les dérives sémantiques censées amener l’humanité à envisager la notion de « nouvel ordre mondial », ou de « gouvernement mondial ». C’est un fait : nos « élites », reprises allègrement dans les médias commerciaux, ne cessent de préparer le terrain pour établir ledit « nouvel ordre mondial » qui bien sûr, sera tellement mieux que ce que nous subissons déjà. Après le sondage du Figaro (paru quelques mois trop tôt sûrement au vu du résultat) « êtes vous pour ou contre un gouvernement économique mondial », après les propos de Gordon Brown et consorts se congratulant du « nouvel ordre économique » né du G 20, voilà Kouchner & Co qui nous serinent sur l’ « adaptation » audit « nouvel ordre mondial » au cours d’une grande conférence à Montréal. Grandiose.
On peut faire les innocents et tenter de se dire que si autant d’élites nous disent que ce nouvel ordre mondial
sera super, c’est qu’ils doivent avoir raison. Comme quand Kouchner dit que Total c’est super démocratique, y compris en Birmanie, ou quand DSK nous disait que y’a pas de crise l’année dernière.
Mais, on peut aussi se poser un certain nombre de questions...
Pourquoi y aurait-il tant besoin d’un « nouvel ordre mondial » ? Le vieux ne suffit pas ? On est d’accord que le système actuel, mondialiste et ultra libéral, imposé par ces mêmes élites depuis la deuxième guerre, a de nombreux ratés dont les populations essuient les conséquences. Certes, ce système est à revoir, et d’urgence. Mais, pourquoi ceux-là mêmes qui sont les garants du système actuel, qui a permis qu’on en arrive à toutes les dérives actuelles, se font-ils aujourd’hui, soudainement, les chantres d’un nouvel ordre mondial ?
Si l’on arrête l’angélisme, on peut soupçonner qu’ils agissent encore dans l’intérêt de l’ordre établi, celui des élites politiques et économiques en place, et qui ne tiennent surtout pas à se retrouver en bas de l’échelle.
On peut soupçonner également qu’il s’agira surtout de ne rien changer, et de bien verrouiller le système en ces temps où le monde plonge dans une crise qui ne peut qu’amener à des contestations populaires, voire à des soulèvements dans certaines régions particulièrement mal lotties (grâce à nos élites, d’ailleurs).
Qu’entendent-ils par « nouvel ordre mondial » ?
Il n’y a qu’à les écouter : pour eux, il s’agit du système qui permet de continuer avec une finance mondiale débridée et déconnectée de la production, c’est-à-dire avec le tout-aux-spéculateurs. C’était bien là le but des G8, G 20, sommet de Davos et autre Bilderberg. Car, les seules « réformes » qui en sont sorties n’ont visé qu’à renforcer les pouvoirs de ce même FMI qui a plongé dans la crise des continents entiers avec ses « politiques d’ajustements structurels ».
Le nouvel ordre mondial, en outre, est supranational. Il s’agit d’un système dans lequel les décisions sont prises par une élite. C’est Rockefeller, un des leaders de la Trlatérale, du CFR, du Bilderberg et autres, qui a dit, n’est-ce pas que « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire ». En 1991, devant la Trilatérale, il a aussi remercié les médias commerciaux dits de référence pour leur silence sur les visées vers un nouvel ordre mondial, silence sans lequel, précise-t-il, il n’aurait pas été possible d’avancer aussi vite : « Nous sommes reconnaissants envers le Washington Post, le New York Times, Time Magazine et d’autres grands journaux, leurs directeurs ayant participé à nos rencontres et ayant respecté la promesse de discrétion pendant près de 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer notre Plan pour le Monde toutes ces années durant si les projecteurs avaient été braqués sur nos activités. Le Monde est maintenant plus sophistiqué et plus préparé à accepter un Gouvernement Mondial. La Souveraineté Supra-Nationale d’une Elite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’Autodétermination Nationale des peuples, pratiquée tout au long de ces derniers siècles ».
Ce qui est certain, c’est que ledit nouvel ordre mondial ne sera pas démocratique, il sera au contraire dirigé par les élites mondialistes déjà en place. Il n’aura pas pour but le bien être commun mais la préservation de l’ordre établi (ou même de l’ancien régime), il a l’aval des élites médiatiques qui feront ce qu’elles peuvent pour faciliter les avancées vers le nouvel ordre mondial, quitte à faire de la basse propagande mais on a l’habitude, et enfin les mêmes élites sont au travail depuis 60 ans au moins ( mais je dirais que ça a commencé dès les années 20).
Pourquoi en parlent-ils tous maintenant ?
Nous sommes en pleine crise financière et économique, ce qui débouche inévitablement sur des crises sociales et politiques. On le voit à toutes les époques, dans tous les pays. J’ai déjà expliqué comment il a été facile pour le patron de la FED de provoquer la crise des subprime en augmentant d’un coup les taux d’intérêt. C’est la crise subprime qui a fait tomber le géant aux pieds d’argile qu’est ce système puisqu’il reposait à 90% sur du vent : la spéculation et des valeurs boursières déconnectées de la réalité. La crise, donc, n’est certes pas une surprise pour nos élites, mêmes si elles ont toutes fait semblant d’atterrir seulement fin 2008. Elle a été provoquée, pour amener à la situation actuelle. Ensuite, comme de l’Europe aux Etats unis, en passant pas la plupart des pays, le système démocratique est dévoyé, le pacte social rompu, et les populations dégoûtées du jeu politique, on peut s’attendre à des crises ça et là. Il conviendra évidemment de les circonscrire, en légitimant la répression et en criminalisant la contestation. C’est le rôle premier de ce nouvel ordre mondial : établir l’ordre voulu par les élites, quoi qu’il en coûte.
Parlons d’ « anarcho autonomes » au lieu de contestataires ou de manifestants, et bientôt assimilons-les à des « terroristes », réprimons-les, et de contestation il n’y aura plus.
On parle donc maintenant de ce nouvel ordre mondial, car nous en sommes à la dernière étape. Je pense que pendant encore un an ou peut-être deux, ils vont distiller ces notions nouvel ordre mondialistes dans les mentalités, les faire « infuser » comme dirait Sarko, pour que, la crise s’aggravant, le niveau de vie chutant de plus en plus, les population accueillent les bras grands ouverts les nouveaux Chefs, garants d’un Nouvel Ordre Mondial. Car, l’idéal serait d’éviter un coup d‘Etat mondial : il faut que les populations réclament leurs sauveurs, ceux-là mêmes qui les ont mis dans le pétrin jusqu’au cou, durant des générations.
Qu’avons-nous à y gagner ?
Absolument rien si on aime avoir son libre arbitre et qu’on cherche à aller vers un monde plus juste, plus humain et plus respectueux des hommes et de la nature. Par contre, si on est PDG d’une grande banque ou d’une multinationale, là ce sera très rentable : on va continuer avec un système économique complètement délirant, sans aucune entrave surtout, sans se préoccuper des inégalités sociales bien sûr, en décidant de tout entre illuminés d’en haut. Et puis, si quelqu’un nous embête, on le détruit.
Pourquoi un tel consensus chez les élites d’en haut ?
C’est étrange comme tous semblent euphoriques à l’idée de ce nouvel ordre mondial. Comme si on leur avait tous mis le même produit psychotrope dans la soupe. Tout simplement, parce que c’est une chose dont on discute âprement depuis des années entre élites internationales (politiques et économiques). On a posé les premiers jalons avec Bretton Woods, le plan Marshall qui a lancé l’Europe, le Bilderberg etc. On nous a dit que « la mondialisation est un fait », et on a crée moult et moult institutions internationales (FMI, OMC, ONU, OTAN, OMS, Banque Mondiale, BIRD, CFR, Trilatérale, Commission européenne…), et on va nous dire maintenant que pour donner une cohérence à tout ça il faut un gouvernement mondial, garant d’un nouvel ordre mondial plus proche du fascisme que de la liberté des peuples. Il y a suffisamment de « réunions privées » au cours desquelles ils ont pu accorder leurs violons ces dernières années.
Mais, revenons à notre conférence à Montréal. Organisée par le Forum International des Amériques, une conférence où on discute de l’avenir du monde entre initiés, il s’agira cette fois de « s’adapter au nouvel ordre mondial », puisque c’est le thème de cette année 2009.
Le Forum a été créé en 1994, alors que commence le « mouvement de la mondialisation des économies », car « le monde était alors prêt, avec la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1993, à se lancer dans la construction d’un marché global pour le bénéfice de l’ensemble de la planète ». Tout ça, c’est sur le site. Jacques Barrot, commissaire européen aux transports, a même dit que « Pour réussir la mondialisation, la première action est de rapprocher les hommes et les femmes du monde, notament ceux qui ont des responsabilités. C'est pour cette raison que la Conférence de Montréal est un grand succès », et on le croit sur parole, surtout avec le thème de cette année.
Les gouverneurs du forum sont des pontes de la mondialisation : le président est Paul Desmarais de Corporation Financière Power, le président fondateur est un avocat de Fraser Milner Casgrain, et parmi les gouverneurs on a la président de la chambre de commerce du Canada, le président du Conseil canadien des chefs d’entreprise, l’inénarrable Jacques Delors, grâce à qui on a le Marché Commun, le secrétaire de l’OCDE, DSK, Jean Claude Trichet de la BCE et queqlues autres du même acabit.
Parmi les commanditaires dudit forum, on trouve –ô surprise !- l’Autorité des marchés Financiers, Génome Québec (qui vise à « renforcer la compétitivité du système d’innovation en génomique afin d’en maximiser les retombées socioéconomiques au Québec, en finançant des initiatives majeures de recherche en génomique et en mettant en place les outils nécessaires au développement scientifique et stratégique du domaine »), RBC Marché des Capitaux (une banque de spéculation –dite « d’investissement »), le « leader mondial de l’aluminium » Rio Tinto Alcan, GDF Suez, la société générale de financement du Québec, la Caisse de dépôts et placements du Québec, Investissement Québec (spéculation), EDC (services financiers), Banque de Développement du Canada, Fraser Milner Casgrain (cabinet d’avocat d’affaires), Deloitte & Touche (industrie du métal), HEC Montréal, le National Post, Business News Network, la Banque européenne de reconstruction et développement, la Banque asiatique de développement, la banque Internationale de développement, l’OCDE, même l’UNESCO étrangement est de la partie.
Les personnalités qui seront présentent révèlent l’orientation qui sera donnée aux débats : Madeleine Albright,
la commissaire européenne au commerce Catherine Ashton, l’ex 1er ministre du Pakistan, le gouverneur de la banque du Canada, le ministre canadien du commerce international, le PDG d’Artoc (société d’investissement), Angel Gurria (secrétaire général de l’OCDE), le PDG de General Electric, le secrétaire général de l’organisation des Etats américains, le président de la banque africaine de développement (très efficace comme nous pouvons le constater), le président de la banque asiatique de développement, le président de la Banque interaméricaine de développement, Gérard Mestrallet le PDG de Suez, Luc Montagnier qui a « découvert le SIDA » (et on se demande bien ce qu’il fait là, quoi que pas vraiment si on remet en question l’existence même du SIDA, comme beaucoup), le secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale, l’incontournable DSK du FMI, le président de la Brookings institution (un lobbie ultra libéral et mondialiste), Uribe (le super corrompu président Colombien) ou Zoellick de la banque Mondiale, pour ne citer que ceux-là.
Mais il y aura aussi des représentants de multiples multinationales et institutions internationales comme l’AMF, les Chambres de commerce du Québec, le Conseil français des Investisseurs en Afrique, le Conseil mondial de l’Energie, l’Association des assureurs de France, etc. Environ 150 personnes devraient être présentes.
Ensemble, ils vont discuter de savoir comment « s’adapter au Nouvel Ordre Mondial ». Voici comment on nous amène le sujet. On part d’ailleurs du principe que j’ai expliqué plus haut : crise = changement= nouvel ordre mondial.
En ces termes choisis, on nous explique qu’il est temps de parler de choses sérieuses : « Nous traversons actuellement une période de crise économique et financière planétaire qui instaurera un nouvel ordre mondial. Les leaders internationaux et gouvernementaux, chefs d’État, gens d’affaires, universitaires, membres de syndicats et représentants de la société civile doivent se réunir et repenser leurs stratégies. Le moment est venu de développer des solutions multidisciplinaires innovatrices (là j’ai un doute, au vu de leurs délires habituels jamais innovants et toujours réchauffés) qui nous permettront de faire face aux nombreux défis que représente ce monde multipolaire et en améliorer l'état. »
Les grands thèmes qui seront traités sur quatre jours sont les suivants : « économie et gouvernance », « Journée du millénaire : développement durable, santé et énergie », « le commerce international et les Amériques » et enfin « finance internationale ». Précisons au passage que la notion même de gouvernance signifier nouvel ordre mondial, puisqu’il s’agit de gérer une masse de gens au mieux et sans leur demander leur avis, une notion lancée dans les recherches universitaires grâce à des sous de la fondation Ford entre autres.
On est également ravis de noter que la santé sera abordée avec l’environnement et surtout l’énergie, tandis que la finance internationale a une journée pour elle toute seule.
Bref, voilà que les choses se précisent. Aujourd’hui, on ne parle plus seulement de l’éventualité d’un nouvel ordre mondial ; on se demande carrément comment on va y adapter la population. Gageons que d’autres conférences suivront sur le même thème, et que bientôt le nouvel ordre mondial sera un fait.
Et même si dans l'absolu, on serait nombreux à préférer vivre en harmonie avec les voisins du monde entier, les théories nouvel ordre mondialistes de nos élites n'ont absolument pas pour but de faire parvenir les peuples au bien être commun. Au contraire, ces mêmes élites nous ont prouvé avec acharnement qu'elles n'aimaient rien tant que détruire tous les piliers des sociétés démocratiques, et il semble que leur orientation n'ait pas changé d'un iota malgré la nouvelle parure du Nouvel ordre mondial.

25 mai 2009
Quelques news du Bilderberg 2009
Le Bilderberg, on en a déjà parlé. Pas assez au vu de l'impact dudit groupuscule, mais son opacité empêche d'avoir des sources sûres. Il s’agit donc de cette « réunion informelle » de pontes du monde politique et économique, qui discutent sagement entre initiés de l’avenir du monde. Comme par hasard, on constate que des décisions y sont prises puisque les grandes orientations qui y sont arrêtées sont ensuite mises en application à travers les innombrables institutions internationales et nationales telles que l’OTAN, le FMI, la commission européenne, l’administration US.
Pour cette année, la liste des participants est sans surprise : on retrouve les piliers traditionnels du Bilderberg
qui sont présents chaque année tels que David Rockefeller, Richard Perle de l’American Enterprise Institute, l’ancien de la FED Paul Wolfowitz, Thimoty Geithner du trésor US, la reine Beatrix des Pays-Bas, Jaap de Hoop Scheffer (ex de l’Onu, aujourd’hui à l’OTAN), Neelie Kroes (commissaire européenne à la concurrence), Etienne Davignon, le « gauchiste » Romano Prodi, Peter Sutherland (ancien commissaire européen à la concurrence et ex directeur de l’OMC qui cette année représente non seulement la pétrolière British Petroleum, mais aussi le Vatican) Francisco Balsemao, le chroniqueur du Point et membre du très libéral Institut Montaigne Nicolas Baverez, Pascal Lamy de l'OMC (un habitué), le PDG d’AXA Henri de Castries ou le directeur du très indépendant Institut Français des Relations Internationales Thierry de Montbrial, pour ne citer que ceux-là.
Cette année, ce n’est pas Kouchner, ni Devedjian, ni Copé, mais Xavier Bertrand (ancien d’Axa), et Christine Lagarde qui y représentaient Sarko. On retrouve aussi Denis Olivennes, PDG de la FNAC, inventeur de la loi HADOPI et du lobbying pour la surveillance sur Internet, et accessoirement directeur du Nouvel Obs.
Voici donc la liste « officielle » :
| Nationalité | Prénom et nom | Fonction |
|---|---|---|
| Allemagne/Suisse | Josef Ackermann | directeur de la Deutsche Bank |
| USA | Lt-Gen Keith B. Alexander | directeur de la National Security Agency (NSA) |
| Grèce | Georgios Alogoskoufis | ancien ministre de l’Économie |
| USA | Roger Altman | directeur de la banque d’affaires Evercore Partners |
| Grèce | Takis Arapoglou | directeur de la National Bank of Greece |
| Turquie | Ali Babacan | ministre des Affaires étrangères |
| Grèce | Dora Bakoyannis | ministre des Affaires étrangères |
| Norvège | Jon Fredrik Baksaas | directeur Telenor Group |
| Portugal | Francisco Pinto Balsemão | ancien premier ministre et actuel Pdg de la principale holding de presse écrite et adio-visuelle portugaise, Impresa |
| France | Nicolas Baverez | chroniqueur de l’hebdomadaire Le Point (groupe Pinault), formé par Raymond Aron |
| Pays-Bas | Beatrix Ière | reine |
| Italie | Franco Bernabè | Pdg de Telecom Italia |
| France | Xavier Bertrand (non confirmé) | secrétaire général de l’UMP (parti du président Sarkozy) |
| Suède | Carl Bildt | ancien Premier ministre puis envoyé spécial de l’ONU dans les Balkans, actuel ministre des Affaires étrangères |
| Suède | Jan Björklund | ministre de l’Éducation |
| Suisse | Christoph Blocher | propriétaire d’EMS Chemie et vice-président de l’Union Démocratique du Centre |
| France | Alexandre Bompard | Pdg de la radio Europe 1 (groupe Lagardère) |
| USA | Max Boot | Council on Foreign Relations |
| Espagne | Ana Botín (non confirmée) | directrice de la Banco Español de Crédito, formée chez JP Morgan |
| Autriche | Oscar Bronner | directeur Der Standard |
| France | Henri de Castries | Pdg des assurances AXA |
| Espagne | Juan Luis Cebrián | co-fondateur d’El Pais et Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Prisa |
| Canada | W. Edmund Clark (non confirmé) | Pdg de la Toronto-Dominion Bank |
| Royaume-Uni | Kenneth Clark (non confirmé) | député conservateur et « chancelier de l’échiquier » dans le gouvernement fantôme de David Cameron |
| Belgique | Luc Coene | gouverneur adjoint de la Banque centrale de Belgique |
| USA | Timothy C. Collins | directeur du fonds de placement Ripplewood Holdings |
| Grèce | George A. David | Pdg de Coca-Cola-Grèce |
| Royaume-Uni | Richard Dearlove | ancien directeur du MI6 (services secrets extérieurs) |
| Grèce | Anna Diamantopoulou | ancienne commissaire européen |
| Italie | Mario Draghi | gouverneur de la Banque centrale d’Italie (formé chez Goldman Sachs) |
| USA | Nicholas N. Eberstadt | American Enterprise Institute |
| Danemark | Anders Eldrup | Pdg de DONG Energy, trés actif dnas la préparation du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique |
| Italie | John Elkann | vice-président de Fiat |
| Allemagne | Thomas Enders | co-Pdg d’EADS |
| Espagne | José Manuel Entrecanales-Domecq | vice-président du groupe de construction Acciona |
| Espagne | Isidre Fainé Casas (non confirmé) | Pdg de la banque Caixa |
| Autriche | Werner Faymann | chancelier |
| USA/Royaume-Uni | Niall Ferguson | professeur d’histoire à la Harvard Business School, historien officiel des Rothschild et d’Henry Kissinger |
| USA | Timothy Geithner (non confirmé) | secrétaire au Trésor |
| Irlande | Dermot Gleeson | avocat d’affaires, administrateur des Allied Irish Banks |
| USA | Donald E. Graham | Pdg du Washington Ρost |
| Pays-Bas | Victor Halberstadt | professeur d’intégration économique à l’université de Leiden |
| Pays-Bas | Ernst Hirsch Ballin | ministre de la Justice |
| USA | Richard Holbrooke | envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan |
| Pays-Bas | Jan Hommen | Pdg banque ING |
| Int | Jaap de Hoop Scheffer | secrétaire général de l’OTAN |
| USA | James A. Johnson | vice-président du fonds de placement Perseus (il avait organisé en 2008 l’audition secrète d’Hillary Clinton et Barack Obama par le Bilderberg) |
| USA | Gen. James L. Jones (non confirmé) | conseiller de sécurité nationale |
| USA | Vernon Jordan | ancien membre de la Commission Baker-Hamilton sur l’Irak, directeur-associé de la banque d’affaire Lazard Frères |
| USA | Robert Kagan (non confirmé) | historien néo-conservateur |
| Finalnde | Jyrki Katainen | ministre des Finances |
| USA | Gén. John M. Keane | associé d’Ehud Barack au sein de SCP Partners |
| USA | Muhtar Kent | Pdg Coca-Cola |
| Royaume-Uni | Baron Kerr of Kinlochard | vice-résident de la Royal Dutch Shell, président du Centre for European Reform |
| Allemagne | Eckart von Klaeden | porte-parole de la CDU/CSU pour les questions internationales |
| USA | Klaus Kleinfeld | Pdg des aluminium Alcoa |
| Turquie | Mustafa Vehbi Koç | Pdg de la holding industrielle Koç |
| Allemagne | Roland Koch | ministre-président du land de Hesse, vice-président de la CDU |
| Turquie | Sami Kohen | directeur du quotidien Milliyet |
| USA | Henry Kravis | Pdg du fonds d’investissements Kohlberg Kravis Roberts & Co. |
| USA | Marie-Josée Kravis | économiste, épouse du précédent |
| Union européenne | Neelie Kroes | commissaire européen à la concurrence |
| Grèce | Odysseas Kyriakopoulos | Pdg des mines S&B Group et président de la Fédération des industriels grecs |
| France | Christine Lagarde | ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi |
| Int | Pascal Lamy | directeur général de l’Organisation mondiale du commerce |
| Portugal | Manuela Ferreira Leite | président du Partido Social Democrata |
| Espagne | Bernardino León-Gross | secrétaire général de La Moncloa (palais du président Zapatero) |
| Allemagne | Peter Löscher | Pdg Siemens |
| Royaume-Uni | Peter Mandelson | secrétaire d’État pour le business, l’entreprise et la réforme de la régulation |
| USA | Jessica Mathews (non confirmée) | présidente de la Carnegie Endowment for International Peace |
| Belgique | Philippe Maystadt | président de la Banque européenne d’investissement |
| Canada | Frank McKenna | ancien ambassadeur aux USA, chairman de la Toronto-Dominion Bank |
| Royaume-Uni | John Micklethwait | directeur de l’hebdomadaire The Economist |
| France | Thierry de Montbrial | président de l’Institut français des relations internationales (IFRI) |
| Italie | Mario Monti | ancien commissaire européen à la concurrence, président de l’université Bocconi de Milan, président du think tank Bruegel |
| Espagne | Miguel Ángel Moratinos | ancien président de l’OSCE, actuel ministre des Affaires étrangères |
| USA | Craig Mundie | Microsoft |
| Canada | Heather Munroe-Blum | présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec |
| Norvège | Egil Myklebust | ancien président du patronat, actuel Pdg de la compagnie d’aviation SAS |
| Allemagne | Matthias Nass | rédacteur en chef adjoint du quotidien Die Zeit |
| Espagne | Juan Maria Nin-Genova | Pdg banque La Caixa |
| France | Denis Olivennes | lobbyiste pour le renforcement des droits d’auteur, directeur de l’hebdomadaire Le Νouvel Οbservateur » |
| Finlande | Jorma Ollila | chairman Royal Deutch Schell et Nokia |
| Royaume-Uni | George Osborne | député, chancelier de l’échiquier dans le gouvernement fantôme |
| France | Frédéric Oudéa | Pdg de la Société Générale |
| Allemagne | Cem Özdemir | co-président du parti des Verts |
| Italie | Tommaso Padoa-Schioppa | président du comité directeur du Fonds monétaire international, président de Notre Europe |
| Grèce | Alexis Papahelas | rédacteur en chef du quotidien Kathimerini |
| Grèce | Dimitris Papalexopoulos | Pdg Titan Cement |
| Grèce | Yannis Papathanasiou | ministre de l’Économie et des Finances |
| USA | Richard Perle | Αmerican Εnterprise Ιnstitute |
| USA | Gén. David Petraeus | commandant en chef de l’U.S. Central Command |
| Belgique | SAR Philippe | duc de Brabant, héritier du trône |
| Portugal | Manuel Pinho | ministre de l’Économie |
| Int | Jean Pisani-Ferry | directeur du think tank Bruegel |
| Canada | Robert Prichard | Pdg de la holding de presse écrite et audiovisuelle Τorstar |
| Int | Romano Prodi | responsable des opérations jointes de maintien de la paix en Afrique ONU-UA |
| Finlande | Hanna Rajalahti | rédacteur en chef du magazine économique Talouselämä |
| Canada | Heather Reisman | Pdg de la chaîne d’édition et de distribution Ιndigo Βooks & Μusic |
| Norvège | Eivind Reiten | Pdg du papetier Norske Skog |
| Tchéquie/Suisse | Michael Ringier | Pdg de la holding de presse Ringier |
| USA | David Rockefeller | banquier |
| USA | Dennis Ross (non confirmé) | conseiller spécial d’Hillary Clinton pour le Proche-Orient et l’Asie du Sud |
| USA | Barnett Rubin | politologue spécialiste de l’Afghanistan |
| Espagne | Alberto Ruiz-Gallardón | maire de Madrid |
| Turquie | Suzan Sabancı Dinçer | Pdg d’Akbank |
| Canada | Indira Samarasekera | présidente de l’université de l’Alberta |
| Autriche | Rudolf Scholten | administrateur de l’Oesterreichische Kontrollbank |
| Int | Josette Sheeran | directrice du Programme alimentaire mondial |
| Italie | Domenico Siniscalco | vice-président Morgan Stanley International |
| Espagne | SAR Sofia | reine |
| Espagne | Pedro Solbes | ministre de l’Économie démissionnaire en avril |
| USA | Lawrence Summers (non confirmé) | directeur du Conseil économique national |
| USA | James Steinberg | secrétaire d’État adjoint |
| Int | Björn Stigson | président du World Business Council for Sustainable Development |
| Grèce | Yannis Stournaras | directeur de la fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE) |
| Irlande/Royaume-Uni /Vatican | Peter Sutherland | ancien directeur de l’Organisation mondiale du Commerce, actuel Pdg de British Petroleum et conseiller financier du Vatican |
| Int | Nobuo Tanaka | directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique |
| USA | Peter Thiel | co-fondateur de PayPal, Pdg du fonds de placement Clarium Capital Management |
| Danemark | Helle Thorning-Schmidt | secrétaire général du Parti social démocrate |
| Danemark | Thomas Thune Andersen | Pdg Maersk Œil |
| Autriche | Andreas Treichl | Pdg Erste Group Bank |
| Int | Jean-Claude Trichet | président de la Banque centrale européenne |
| Grèce | Loukas Tsoukalis | président de la Fondation héllénique pour l’Europe et la politique étrangère (ELIAMEP) |
| Turquie | Agah Ügur | Pdg Borusan Holding |
| Finlande | Matti Vanhanen | Premier ministre |
| Suisse | Daniel Vasella | Pdg du laboratoire pharmaceutique Novartis |
| Pays-Bas | Jeroen van der Veer | Pdg de la Royal Dutch Shell |
| Belgique | Guy Verhofstadt (non confirmé) | ancien Premier ministre |
| USA | Paul Volcker | directeur du Conseil pour la Reprise économique |
| Suède | Jacob Wallenberg | chairman du fonds d’investissements Investor AB |
| Suède | Marcus Wallenberg | directeur du fonds d’investissements Investor AB |
| Pays-Bas | Nout Wellink | gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas |
| Pays-Bas | Hans Wijers | Pdg AkzoNobel |
| Royaume-Uni | Martin Wolf | rédacteur en chef au Financial Τimes |
| USA | James Wolfensohn | président du conseil international de Citigroup |
| USA | Paul Wolfowitz | American Enterprise Institute |
| USA | Fareed Zakaria (non confirmé) | rédacteur en chef de l’hebdomadaire Newsweek et journaliste à CNN |
| Int | Robert Zoellick | président de la Banque mondiale |
Les objectifs 2009
En ce qui concerne les débats, évidemment, on a peu d’infos. Les années précédentes, on y a parlé de mettre une micro puce dans les américains, d’envahir l’Iran, des prix du pétrole qui devaient augmenter, de la crise économique… Du 14 au 17 mai, repliés dans un hôtel grand luxe éloigné des curieux au sud de la Grèce, de quoi ont-ils parlé ?
Daniel Estulin, qui fait partie des journalistes les mieux informés à ce sujet, dit que le sujet phare de cette année a été la crise, évidemment. Mais ces messieurs se sont surtout demandé comment ils pouvaient perdre le moins de fric possible et ont retenu l’option de sortie de crise qui leur permet selon eux de limiter la casse : une crise intense et brutale, mais courte (du moins c’est ce qu’ils disent même s’ils n’ont aucun moyen de la limiter dans la durée) qui permet d’instaurer des institutions supranationales en matière financière notamment, histoire de bien centraliser mondialement les décisions en la matière. Il convient donc de faire plonger tous les secteurs économiques au plus vite, afin que quelques ‘winners’ se partagent le gâteau au plus vite.
Selon Jim Tucker, autre journaliste bien informé, 2009 a été l’occasion d’évoquer la mise en place d’une sorte de gouvernement mondial de la santé (grâce à la peur liée au H1N1) probablement à partir de l’OMS, et d’une sorte de gouvernement mondial de la finance (une expression employée par Sarko il y a à peine 3 mois, de manière innocente bien évidemment, et reprise dans la foulée par un sondage du Figaro), à partir d’un FMI considérablement renforcé. Tout ça serait chapeauté par l’ONU, qui ferait donc office de gouvernement mondial.
On peut donc déjà s’attendre à un tapage médiatique impressionnant au sujet dudit H1N1, mais aussi à une parfaite désinformation en ce qui concerne la crise financière mondiale. Il faut faire peur pour légitimer les mesures internationales d’exception, totalement anti démocratiques, qui seront prises dans la foulée. Ca fait déjà dix ans qu’ils rongent leur frein dans les hautes sphères, nous voilà en phase finale du processus vers ce nouvel ordre mondial d’illuminés.
Le réchauffement climatique devrait quant à lui être le prétexte pour instaurer une taxe mondiale sur le carbone (sujet déjà mis sur la table en 2008), taxe prélevée directement par l’ONU. Ca semble minime, mais cela donnerait à un organisme non élu et non représentatif le droit de ponctionner l’ensemble des habitants de la planète sans aucune consultation préalable ni recours possible. Quelque part, ce serait un pas décisif vers un gouvernement mondial dirigé par l’ONU. Ladite taxe serait établie petit à petit (le fameux coup de la grenouille qu’on met dans l’eau froide, et qu’on porte doucement à ébullition pour qu’elle ne s’enfuie pas), et il semble que John Kerry, qu’on voit s’agiter à travers le monde depuis quelques mois, sera le grand défenseur de cette idée géniale. Bientôt, donc, la taxe sur l’air qu’on respire. On plaisantait il y a peu en évoquant la chose; ce sera bientôt une réalité.
Evidemment, ce ne sont pas les pétrolières ( bien représentées au Bilderberg) qui seront taxées.
Le traité de Lisbonne, ce texte glauquissime d’ultra libéralisme, a été abordé : on va envoyer des gens expliquer aux élus Irlandais qu’il faut faire passer le texte sans redemander l’avis de la population, chose que Sarko avait très bien comprise tout seul… A grand renforts de médias commerciaux voués à la cause, un futur scrutin devrait de toute manière être plus bénéfique aux visées des Bilderbergers.
On a également évoqué la question d’un Traité de la Cour internationale de Justice, qui devrait être poussé par Obama selon un calendrier des plus précis.
04 avril 2009
Le glissement - pas que rhétorique- vers le nouvel ordre mondial
Lentement mais sûrement, glissement rhétorique après glissement rhétorique, les politiques et certains médias amènent les consciences à envisager ce concept barbare de « nouvel ordre mondial ». Ceux qui pointe du doigt les risques liés à ce type de régime sont systématiquement vilipendés comme étant de sombres adeptes de la fameuse (et fumeuse) théorie dite « du complot ». Le problème, c’est que l’ensemble des dérives actuelles, à tous les niveaux, tend à la mise en place ce « nouvel ordre mondial », dirigé peut-être par un « gouvernement mondial ».
Quand le Figaro, le journal de Dassault, lance un sondage en ligne en posant la question : « êtes-vous pour ou
contre un gouvernement économique mondial ? », à la veille de la fin du G20, ce n’est pas anodin. Il se trouve, comme par hasard, que le lendemain le dénommé Gordon Brown se félicite de l’avènement grâce audit G20 d’un « nouvel ordre mondial ». De quoi parle-t-il exactement ?
A l’issue de ce sommet, et pour surtout ne rien changer au système, le G20 a considérablement renforcé les prérogatives du calamiteux FMI qui n’avait rien vu venir à la crise du moins officiellement et qui déclinait sévèrement au fur et à mesure du rachat de leur dette par les pays en développement. Cela n’a pas empêché DSK de dire que « le FMI est probablement une institution unique pour sa capacité à donner l'alarme en amont. Les alarmes en amont sont absolument nécessaires pour éviter les crises » . Nous sommes heureux de l’apprendre alors que le marasme économique est pire que les crises déclenchées par ce même FMI en Amérique latine, en Asie, en Afrique et Europe de l’Est ces dernières années.
Ledit Fmi, donc, se voit octroyer généreusement par les contribuables la somme de 750 milliards de dollars pour « stabiliser les pays émergeants » (on espère qu’il ne les stabilisera pas comme il le fait d’habitude en imposant ses traditionnelles « politiques d’ajustement structurel »), triplant ainsi son budget. En outre, un organe du Fmi sera chargé de superviser les banques et les produits financiers. Et surtout, le G20 a clairement condamné le protectionnisme, ce qui veut dire que le Fmi et l’OMC continueront à imposer une « concurrence libre et non faussée » et tout ce qui va avec. Le FMI se voit aussi gratifié de la possibilité d’émettre des droits de tirage spéciaux (sic.) pour 250 milliards de dollars supplémentaires. A partir de quoi ? mystère.
Et puis, les contribuables auront la chance de débourser environ 5.000 milliards de dollars pour relancer le crédit, c’est-à-dire faire en sorte que le système continue comme avant. Remarque, il serait difficile aujourd’hui de rester dans l’orthodoxie libérale sans recourir à nouveau à l’endettement des ménages : les caisses sont vides.
On peu également noter que les compétences et les pouvoirs des banques centrales, ces banques privées qui prêtent aux autres banques, aux Etats et aux particuliers en fixant les taux d’intérêt sur de la monnaie créée ad hoc. Et comment renforce-t-on le pouvoir des banques centrales ? En injectant des milliards (des vrais milliards ceux-là, issus de la production, pas les milliards partis en fumée de la spéculation). Encore une fois, les banquiers vont donc se graisser sur la bête tout en poussant à l’endettement et en encaissant les intérêts. D’autres banques en ruine seront quant à elles sauvées par l’argent… du contribuable. De nouvel ordre mondial il n’y a point de ce côté-là.
Le Figaro, qui n’en loupe pas une, enchaîne le jour suivant en titrant sous la plume de l’inénarrable Nicolas
Baverez, « Sommet de Londres: le nouvel ordre du XXIe siècle ». Qu’est-ce qu’on se réjouit de cette grandiose nouvelle. D’autant que ceux qui organisent ledit ordre mondial sont exactement les mêmes que ceux qui ont fait ce qui fallait pour que le monde se retrouve dans la situation actuelle. Le citoyen est plein de confiance, c’est évident.
Enfin, bref. Il se trouve que le nouvel ordre mondial ne sera pas un nouvel ordre économique puisqu’il s’est agi essentiellement de continuer comme avant. C’est Baverez qui le dit, en plus : « Plutôt que de débattre des mérites comparés de l'autorégulation des marchés ou de leur encadrement par l'État ou de la moralisation du capitalisme, la priorité du sommet de Londres allait à prévenir sa désintégration et à fixer un cadre permettant sa remise en route ». mais ça, on l’avait déjà compris bien avant le G20.
Plus loin l’orthodoxe de l’économie explique qu’ « Une articulation s'ébauche entre le G20, qui tranche les choix politiques, les organisations multilatérales en charge de leur déclinaison et de leur contrôle, les instances de régulation nationales ou continentales responsables de leur mise en œuvre quotidienne. En bref, un embryon de mondialisation politique prend forme autour des instances de régulation financière pour stabiliser et faire contrepoids à la mondialisation des marchés ». Ce qu’il appelle « mondialisation politique » ressemble beaucoup à une sorte de gouvernement mondial de l’économie et de la finance qui évidemment court-circuiterait toute velléité nationale de changer de fonctionnement économique. Car bien sûr, les accords entre grandes organisations d’initiés sont tellement préférables aux choix populaires.
Peu à peu, nous voilà donc en train de plonger dans un des pires délires de l’ »élite » économique et politique mondiale : un pouvoir décisionnel supranational qui touche à tous les domaines du social à l’économique en passant par le militaire.
Car, le sommet de l’OTAN qui se tient actuellement à Strasbourg, et où on s’aperçoit qu’au nom de la sécurité des grands chefs, toute une population doit se plier au dictat des forces de sécurité, n’a pas d’autre but de conforter un système militariste et atlantiste, voire terroriste selon le point de vue duquel on se place, et une vision manichéenne du monde.
Le plus inquiétant est qu’à force de distiller des notions nouvel-ordre mondialistes dans le chef de la population, la résistance morale à cette dérive risque de s’atténuer. Si, en parallèle, l’ensemble de ce qui assure un degré minimal de démocratie et de libertés se décompose, il y a fort à parier qu’à la crise économique vont s’ajouter de fortes tensions sociales et politiques. Comme on l'a vu jadis, dans les années 30: la crise économique a mené à la crise politique et sociale. Puis, à la guerre, pour le grand profit de ceux-là même qui nous ont menés au chaos.
Or, dans un monde ultra sécuritaire où penser différemment amène de plus en plus inexorablement à être qualifié d’anarcho-autonome et par conséquent de terroriste, la contestation s’avèrera de plus en plus difficile.

15 mars 2009
La fondation Ford: une politique de formatage en Europe
La Fondation Ford a été créée en 1936 par Henri et Edsel Ford, qui lui ont légué une grande partie de leur fortune (3 millions de dollars d’actions Ford) à leur mort dans les années 40. Le but affiché dans les statuts de la fondation était de « recevoir et gérer des fonds pour des objectifs scientifiques, éducatifs et charitables pour le bien public ». Depuis le début, on trouve dans son équipe dirigeante des dirigeants de banque, ou d’anciens hauts militaires tout comme des universitaires, qui se font un plaisir de répercuter les idées de la fondation dans le monde universitaire et la société, aux Etats-Unis comme en Europe.
Au début, dans les années 30, la fondation distribuait des subventions à des institutions caritatives et éducatives du
Michigan. A la mort des deux fondateurs, les finances de la fondation en ont fait la plus puissante des Etats-Unis, avec une trésorerie de 474 ou peut-être 500 millions de dollars d’actions Ford (certains disent que leur valeur était plutôt de 2,5 milliards de dollars).
Après la mort de Ford, c’est un dénommé Rowan Gaither qui prend les rênes de la fondation, ami avec Karl Compton, un officier missionné après la guerre pour transformer Rand (une organisation militaire) en organisation à but non lucratif, qui deviendra la Rand Corporation. Pour cela, il fallait des sous qu’il est allé chercher du côté de la fondation Ford. Gaither, devenu président de la Rand, est aussi devenu le président de la commission de la fondation Ford destinée à répartir les budgets. Comme ça, grâce au budget de la seconde, il met sur pied la première. Outre le mélange des genres, il y a en plus comme une promiscuité entre la fondation, le gouvernement et le militaire.
Paul Hoffman, ancien administrateur du plan Marshall et membre de l’OSS, prit sa suite en 1951.
Orienter la recherche
L’un des moyens par lesquels la fondation Ford influence la société (tout comme la fondation Rockefeller ou bien la CIA soit dit en passant) est l’orientation de la recherche scientifique, notamment en sciences sociales (sociologie, histoire, géographie). Ce type d’action était d’autant plus facile après la guerre, qu’aux Etats-Unis les financements publics pour la recherche en sciences sociales étaient quasiment inexistants.
Comme en France, ces matières, les sciences « molles » par opposition aux sciences dites « dures » n’est-ce-pas, ne sont dignes d’aucun intérêt. D’autres avantages non moindres de ce financement de la recherche (sobrement appelé à ses débuts « philanthropie privée ») sont de contrer le développement des universités publiques et normaliser la recherche via les échanges nationaux et internationaux d’étudiants et de chercheurs.
A ce sujet et pour résumer le principe, Michel Pollak dans « Une identité blessée : la recherche en sciences sociales », a écrit qu’ « à la faveur du laisser-faire pratiqué dans ce domaine par les gouvernements d’un grand nombre de pays européens, la fondation Ford put bien souvent orienter la politique des sciences sociales d’après-guerre ». Giuliana Gemelli parle quant à elle de « réseaux de recherche » (‘research network’) dans les domaines des sciences sociales et de l’économie, constitués par la fondation Ford dans le but de tisser des liens entre intellectuels, fonctionnaires et représentants politiques européens. Leur point commun, étrangement, est qu’ils se sont tous revendiqués comme étant des « humanistes iconoclastes », des « esprits libres », des « chercheurs désintéressés de la vérité », comme si tous ignoraient l’origine des financements grâce auxquels ils ont travaillé. Ce que certains chercheurs actuels, comme Frances Stonor Saunders, contestent.
Selon Pierre-Yves Saunier, « La Ford Foundation est un des acteurs des guerres froides intellectuelles, celle qui oppose ouvertement les blocs occidentaux et soviétiques, et celle qui, plus discrète, a pour enjeu la pénétration des valeurs états-uniennes dans ce qui n’était pas encore la « Vieille Europe ».
C’est la fondation d’un riche exploitant d’aciéries au XIXè siècle, Andrew Carnegie, qui a commencé à comprendre suite à des mouvements sociaux qu’afin de maîtriser un tant soit peu les évolutions sociales qui menacent ses activités, il serait bon « d’investir dans la définition et le traitement scientifique des « questions sociales » de l’époque – urbanisation, éducation, logement, minorités, hygiène publique, etc. Loin d’être réfractaires au changement, ils vont au contraire promouvoir des formules réformistes qui ne remettent pas en cause l’ordre socio-économique et constituent une « alternative privée au socialisme », selon les mots de Nicolas Guilhot dans son article « Une vocation philanthropique » de la revue Actes de Recherche en sciences sociales.
Le but est donc clair dès le départ : il s’agit de canaliser le développement des mouvements et des évolutions sociales, si possible en les dépolitisant, et de toute manière en les éloignant autant que possible des revendications à tendance communiste ou socialiste. La fondation Rockefeller s’est d’ailleurs occupée dès les années 20 à court-circuiter le développement des sciences sociales en Europe, trop socialisantes à son goût. Mais on en reparlera plus tard.
Les gens de la fondation Ford, qui au début des années 50 étaient issus des rangs du gouvernement, avaient très bien compris l’intérêt de cette approche. Les financements de la Fondation vers la recherche en sciences sociales, qui s’élevaient à 4,5 millions de dollars à la fin des années 40, passèrent à 43 millions dix ans plus tard, soit les 4/5è du total des financements, qui allèrent principalement aux universités de Harvard, Chicago et Columbia. En Europe aussi, la fondation a financé la recherche en sciences sociales et économiques principalement. L’Institut des sciences économiques appliquées de Paris, ou la première fac d’économie à l’université catholique de Lille par exemple, doivent leur existence aux subsides de la fondation Ford.
Shepard Stone, président de la fondation (et grand ami de Jean Monnet) a utilisé un personnage éminent en Europe comme Paul Lazarsfeld, qui a fortement contribué à donner une place à la sociologie étudiée de manière empirique dans les universités Allemandes et Françaises notamment, et a été le fondateur des « sciences de la communication », qui fait encore référence à la fac de nos jours.
Il a été financé dans les années 30 par la fondation Rockefeller pour étudier le comportement des électeurs et des auditeurs de la radio, ainsi que l’impact des messages qui y étaient diffusés. C’est d’ailleurs lui qui donne naissance aux premières études d’audience, et aux premières études sur les médias et leur impact sur la population. On peut d’ailleurs parler d’études sur la propagande de masse pour une partie de ses travaux. Lazarsfeld a d’ailleurs crée à Columbia le Bureau of applied social research (BASR), qui vivait en grande partie grâce aux contrats de l’armée et de la CIA, et le Centre for Advanced Studies in the Behavioural Sciences avec l’aide de la Fondation Ford. Lazarsfeld a même été, finalement, conseiller de la politique pour les sciences sociales de la fondation à partir de 1951.
Henri Head, qui a succédé à Gaither à la tête de la fondation en 1956, était président de l’université de New York, a
renforcé l’orientation des financements vers les boites privées, afin d‘en sélectionner les « élites » et de contrer les univ’ publiques.
Ainsi, la fondation Ford a décidé toujours dans les années 50, de financer un centre de recherches en sciences sociales où des « élites » d’Europe de l’Est et de l’Ouest discuteraient de grands principes forcément éloignés du socialisme. A l’Est –comme à lOuest avec la création grâce entre autres à Lazarsfeld en 1962 à Vienne de l’Institut d’études avancées en sciences sociales, lesdites « élites » étaient surtout chargées de critiquer le communisme grâce à des projets de recherche hautement financés par Ford. Georges Soros, un pur produit de ces universités, a pu ainsi entrer à la London School of Economics avant de devenir ce riche spéculateur qui prouvait à l’Est que le capitalisme était la panacée.
La fondation décide également de financer les vecteurs de propagande qui permettront à leurs « élites » d’avoir l’impact nécessaire dans l’opinion comme dans les milieux universitaires. On finance dont une maison d’éditions « indépendante » comme Intercultural Publications, à hauteur de 1,6 million de dollars entre 1952 et 1957. Ladite maison d’édition a publié par exemple la revue Perspective USA, parue en France sous le nom de Profil, dans différentes langues (plus de 100 pays sont couverts entre les éditions en anglais, français, allemand et italien), vendue à un prix abordable grâce aux subventions de Ford, mais ne marche pas.
On lance alors une sous édition, Country Perspectives, puis on subventionne des revues déjà existantes qui elles, marchent bien, comme Confluences ou Diogène. Créées en 1952, la première est dirigée par Henri Kissinger et publiée à Harvard, la seconde est publiée par l’UNESCO. D’ailleurs, l’UNESCO se vante toujours de collaborer étroitement avec la fondation Ford dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la science. Petite parenthèse qui n’a pas grand-chose à voir avec le sujet quoi que : c’est là qu’on apprend par hasard que « Depuis 2001, et grâce au soutien financier de la Fondation Ford, le bureau régional de l’UNESCO pour la science en Afrique, basé à Nairobi, soutien le gouvernement ougandais en matière de conservation, gestion et d’analyse des ressources en plantes médicinales.» Qu’on se rassure, il ne s’agit pas de faire un inventaire pour permettre aux labos pharmaceutiques de tout breveter car l’UNESCO nous affirme que « le but de ce projet d’une durée de quatre ans, est de conserver la biodiversité et d’utiliser les ressources naturelles de manière durable ».Bref.
Mc George Bundy, ancien doyen de la fac des arts et sciences de Harvard et conseiller de Johnson et Kennedy, était président de la fondation de 1966 à 1979. Au passage, précisons qu’il a étudié le plan Marshall au Council on Foreign Relations avec Kennan, Eisenhower et Allen Dulles notamment.
Il a lancé un programme de financement de dix grandes universités pendant 7 ans pour subventionner des doctorants. Il pousse aussi à la création en Europe d’un East-West Institute of Management and Administration, initiant les facs de business à l’américaine en Europe. Où, bien sûr, on n’étudie que les versions orthodoxes de l’économie et dudit business, histoire de surtout bien perpétuer le système en faveur des élites. Avec la CIA, il créé le « congrès pour la liberté de la Culture », à la tête duquel il place Raymond Aron, historien et éditorialiste ouvertement anti-communiste et atlantiste qui fait encore référence lui aussi de nos jours. Ledit congrès avait une visée essentiellement anti communiste, et a été à l’origine en 1967 d’un fameux scandale au congrès US, scandale au cours duquel on a appris –ô surprise !- qu’il était financé par la CIA via la fondation Ford pendant ses dix-sept années d’existence.
De nombreux instituts tels que la Maison des sciences de l’Homme, initiée par Fernand Braudel, autre historien référence encore de nos jours pour « développer les ressources des centres de documentation et de recherche consacrés aux sciences de l’homme et de la société ».
Outre Raymond Aron, un personnage comme Michel Crozier, grand sociologue français référence également qui a inventé la « sociologie des organisations », est assez révélateur du système. Après des études de droit et de commerce, il obtient une bourse pour étudier les syndicats aux Etats-Unis (largement financés par la CIA à l’époque du moins) durant 14 mois. En rentrant en 1952, il arrive au CNRS, où il crée le Centre de Sociologie des Organisations en 1961. D’après le site de Sciences Po cet « intellectuel de gauche » -qui a rapidement retourné sa veste- avait « pour projet de comprendre les raisons pour lesquelles les employés n’ont pas la conscience de classe que leur suppose la théorie marxiste » et « participe, dès sa fondation, à l’Institut des sciences sociales et du travail (ISST) financé par des fonds provenant des contreparties de l’aide Marshall » dont on sait aujourd’hui à quoi une partie des fonds était destinée (c’est-à-dire à entretenir un réseau de propagande en Europe, appelons un chat un chat).
Toujours d’après le site de sciences Po, il a été invité en 1959 par la Fondation Ford dans une de ses universités, à Palo Alto en Californie où il commence à écrire le bouquin qui l’a rendu célèbre, Le Phénomène Bureaucratique (1964) qui est à la base de la sociologie du travail (ou comment rendre le travailleur le plus productif possible). A la suite du livre, de nombreuses thèses et autres recherches ont suivi la voie et étudié les organisations et le managment, ce qui donne aujourd’hui cette magnifique notion de gouvernance.
Très vite, on a aussi voulu s’occuper de « sciences économiques », et de sciences politiques, qu’il convenait de cadrer
sérieusement aussi. Aujourd’hui, la fondation Ford participe au financement de grands programmes de recherche sur « la gouvernance » par exemple via l’Institut de Recherche et de débat sur la Gouvernance (IRG), ce mot à la mode depuis quelques années qui désigne ni plus ni moins les méthodes de bureaucratie modernes, ou « l’organisation et la régulation du ’vivre ensemble ‘des sociétés, au niveau local et niveau mondial, et la production de règles du jeu communes », dixit l’IRG. Le mode d’action de l’IRG, sans surprise, est la multiplication des colloques, des « collaborations universitaires » et des revues sur ces enjeux cruciaux surtout en pleine crise mondiale. Des esprits mal intentionnés y verraient une grande similitude avec le concept de nouvel ordre mondial si à la mode lui aussi.
Au passage on peut préciser que l’IRG collabore avec Sciences Po (IEP) Paris (pas vraiment gauchiste), la London School of Economics, l’université de Columbia ou Harvard par exemple, et se vante d’avoir parmi ses partenaires des groupes aussi variés que la fondation Ford, le ministère des Affaires étrangères français, Coordination Sud (Fédération des ONG françaises de solidarité internationale), l’hebdomadaire Courrier International (on comprend mieux le virage libéral et mondialiste depuis quelques années), l’Observatoire des Réformes Universitaires (ORUS) ou l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique…
Le Centre d’Etudes des Relations Internationales (CERI), organe du CNRS, est ainsi mis sur pied par un certain Jean-Baptiste Duroselle, lui aussi avec les subventions de la fondation Ford en 1952 ou 58 selon les sources. Inutile de préciser que le CERI est une référence encore aujourd’hui, et que ses analyses sont rarement dissidentes.
L’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), dirigé par l’accroc du Bilerberg Thierry De Montbrial et dont tout le monde connaît l’impact dans la recherche et les médias français, a été crée 1979 avec « pour objectif de combler une lacune dans le paysage français en matière de relations internationales ». Parmi ses premiers soutiens, on retrouve comme par hasard la fondation Ford, toujours active aujourd’hui sur certains projets de recherches.
D’autres institutions internationales qui ont pignon sur rue et oeuvrent soi-disant au développement du monde, bénéficient toujours des subventions de la fondation Ford. Ainsi, l’International Finance Corporation, est « l’institution du Groupe de la Banque Mondiale chargée des opérations avec le secteur privé » et est censé « promouvoir des investissements privés durables qui réduiront la pauvreté et amélioreront les conditions de vie des populations ». La fondation Ford est l’un de ses partenaires dans différents projets de « développement ». Pierre Yves Saunier se demande quant à lui : « qu’y a-t-il de commun entre Family and Kinship in East London, le classique de sociologie urbaine signé par Michael Young et Peter Willmott, l’International Institute for Applied System Analysis de Vienne, le Population Council créé en 1952 puis installé face au siège de l’Organisation des Nations unies (Onu) et le centre de recherches biologiques de Tihany dans la Hongrie des années 1930 ? Le lecteur le plus inattentif aura deviné la réponse : ils ont tous été financés par des grants des grandes fondations philanthropiques états-uniennes, notamment celles des groupes Rockefeller et de la Ford Foundation ».
On parle ici essentiellement de la France, mais les universités et les revues « scientifiques » étaient et sont encore subventionnées un peu partout en Afrique, en Russie, au Canada comme en Europe, en Italie avec Olivetti, via des personnages référence dans les médias et relais auprès des dirigeants, comme en France. Au final, la fondation Ford finance aujourd’hui de nombreux programmes de recherches à travers le monde. Elle a aussi crée de nombreuses fondations locales (cf. Fondation Ford pour l’Afrique de l’Ouest) pour financer par elles-mêmes les projets porteurs, ou finance directement d’autres fondations, comme au Canada.
D’après le site de la fondation, ce sont quelques 455 millions de dollars qui vont chaque année dans les subventions aux programmes de recherche à travers le monde.
La fondation Ford a donc pignon sur rue dans les milieux universitaires jugés sérieux ainsi que dans les médias. L’un des objectifs auxquels elle va s’atteler via la recherche universitaire et le financement de divers médias notamment, est ce qu’on appelle « la construction européene ». Pendant ce temps, les Etats-Unis via la CIA font le même travail d’une manière plus large, tout comme la fondation Rockefeller. Les premiers dirigeants de la fondation Ford étaient très proches des premiers architectes de l’Europe, et ont parfois participé au cours de leur carrière à la rédaction de certains grands textes européens, ce qui a grandement facilité les choses. Revenons donc aux premières années de ladite construction.
Hoffman, devenu chef de la fondation Ford en 1951, était donc administrateur du plan Marshall après-guerre et à ce titre très proche des « élites » européanistes. Il s ‘est entouré à la tête de la fondation d’autres personnages du même acabit, tels que Milton Katz (ancien assistant de Gaither au plan Marshall), John McCloy (ex-chef du Haut commissariat US en Allemagne, président de la Banque Mondiale de 1947 à 1949 –au moment du plan Marshall, puis administrateur de la fondation Rockefeller, puis président de la Chase Manhattan Bank de Rockefeller, puis président du fameux Council on Foreign Relations après David Rockefeller, puis conseiller –comme c’est étrange- de presque tous les présidents US jusqu’à Reagan, il a aussi été dans la commission Warren qui a condamné Lee Harvey Oswald pour l’assassinat de Kennedy. Surtout, il était un grand ami de Jean Monnet le père de l’Europe avec qui il a fortement encouragé l’intégration de l’Allemagne dans ladite Europe…), Shepard Stone (ex haut commissaire US en Allemagne, futur chef des activités européennes de la fondation en 1956 et européaniste convaincu; lui aussi très ami avec Monnet) ou George Kennan (il était le penseur du plan Marshall, dit-on, et surtout profondément anti communiste, ambassadeur US à Berlin au début de la deuxième guerre, puis au Portugal quand Salazar s’installe, puis en URSS). En 1952, un ancien administrateur du plan Marshall en Allemagne lui aussi, et ancien de l’OSS, Richard Bissell, arrive à la tête de la fondation, qu’il quitte deux ans plus tard pour devenir l’assistant d’Allen Dulles, le chef de la CIA, où il a mené des pourparlers avec les chefs mafieux pour éliminer Castro. C’est John Mc Cloy qui le remplace comme président de la fondation. Bref, on entrevoit les capacités d’action d’une telle équipe de vainqueurs.
Ensemble, tous ces gens ont donc lancé les bases d’une action internationale de la fondation. Dans des buts purement œcuméniques bien entendu. On mise donc sur les « élites » issues des organismes qu’on a financés seuls ou avec la CIA. On finance aussi de très nombreuses revues dites « scientifiques » dans le domaine des sciences sociales, histoire de formater les mentalités, et on s‘occupe également d’Europe.
Et puis, on utilise encore une fois la recherche universitaire pour implanter l’idée fédéraliste dans les mentalités. A Bruxelles, c’est le "European Community Institute for University Studies" qui a été créé en 1957 par la fondation, pour « renforcer l’alliance euro atlantique ». En 1971 par exemple, l’Institut a touché 50.000$ de la fondation. Le directeur dudit institut, le grand européaniste Max Kohnstamm, a aussi été vice président du Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe quand Monnet en était le président, et secrétaire de la Haute Autorité de la CECA, et était un grand ami de Monnet.
D’après le bilan de la fondation, les activités de cet institut ont été fructueuses, faisant avancer l’idée européenne, l’anti communisme et les sciences sociales dans le sens qui convenait. Une grande partie de ses activités revenait à fournir de la documentation européaniste à partir des recherches. Stone, grand ami de Monnet, s’est fait un plaisir de financer ce centre, comme d’autres (le Comité d’Action pour les Etats-Unis d’Europe et son centre de documentation, dont la Ford était un des principaux contributeurs au moins au début, le Congrès pour la liberté de la Culture, le Consortium européen pour la recherche politique qui a touché pour sa création 272.500$ de la fondation sur cinq ans)
Un personnage comme Shepard Stone est assez symptomatique lui aussi du système Ford : envoyé à l’université de
Berlin en 1929 pour étudier l’histoire, il est ensuite journaliste au New York Times chargé du suivi de l’Allemagne nazie dans les années 30, puis passe aussi, avec son ami Mc Cloy, au Haut Commissariat US en Allemagne de 1949 à 1952. A la fin de la guerre, il aurait « mis en lieu sûr des documents du ministère des Affaires étrangère allemand, qui auraient fourni des évidences lors des procès de Nuremberg ». Or, des évidences à Nuremberg, il y en a eu peu.
Ensuite, en Allemagne, Stone a reconstruit le système médiatique (ce qu’il a poursuivi avec l’aide des sous du plan Marshall) et envoyé de nombreux étudiants aux Etats-Unis. En 1952, il arrive, avec Mc Cloy, à la fondation et s’est attelé à réunir les élites européennes de droite et de gauche dans le combat contre le communisme et ses valeurs. Il mène une sorte de guerre idéologique basée sur différents instituts et centres de recherche.
En Europe, la fondation Ford a donc contribué à financer divers groupuscules, comme le Comité pour les Etats-Unis d’Europe institué par Jean Monnet (ex Président de la Haute Autorité de la CECA) après l’échec de la Communauté Européenne de Défense (CED), qui se voulait « un groupe d'action d'élite destiné à promouvoir des réalisations concrètes pour la création des Etats-Unis d'Europe » afin de rallier les politiques (sauf les communistes bien sûr) à l’idéal européaniste. Car, évidemment, les masses versatiles ne sont pas la cible de nos « élites ». Ledit Comité avait différentes antennes, comme l'Institut de la Communauté européenne pour les Etudes universitaires, basé à Lausanne et Bruxelles, financé à son origine au moins par « un don généreux de la Fondation Ford, où Monnet comptait un ami de longue date, Shepard Stone ».
John Mc Cloy, grand ami de Monnet et futur membre éminent de la fondation Ford, ancien du plan Marshall, a œuvré pour l’amitié franco allemande et pour que le plan Schuman passe tel quel, ce qui n’était pas gagné, parce que ce plan menait à la CECA, à la CEE (traité dont il a permis la signature), et à l’Union européenne. Il a aussi beaucoup poussé à la mise en place d’une armée européenne intégrée dans l’OTAN évidemment.
Le Mouvement Européen, lui, est un think tank européaniste crée dès la fin de la guerre en 1948 car il ne faut pas perdre de temps c’est bien connu. Il « coordonnait » après-guerre les divers mouvements nationaux pro européens (enfin, de l’Europe telle que les textes l’ont construite s’entend) tels que la Ligue Européenne de Coopération Économique (octobre 1946), le United Europe Movement (janvier 1947), l’Union Parlementaire Européenne (juillet 1947), les Nouvelles Équipes Internationales (mai 1947), le Mouvement Socialiste pour les États-Unis d’Europe (février 1947), ou l’Union Européenne des Fédéralistes (décembre 1946).
Sur le site, le rôle dudit Mouvement est écrit noir sur blanc puisqu’on nous explique que « L'une de ses fonctions principales pendant la période allant des années cinquante aux années quatre-vingt dix fut la création de think-tanks et d'un réseau de mobilisation dans les pays démocratiques de l'Europe ainsi que dans les pays soumis à des régimes totalitaires [= communistes] ( …) Depuis 1948, le Mouvement Européen joue un rôle essentiel dans le processus de l'intégration européenne en influençant les institutions européennes et nationales » afin d’arriver à une « Union Européenne Fédérale » qui, si les décisions se prennent de manière aussi démocratique qu’actuellement, éloignera encore plus le citoyen de l’exercice du pouvoir. C’est le Mouvement Européen qui a crée le Conseil de l’Euope qui réunit les chefs d’Etat pour la première fois en 1949, le premier organe européen à édicter des normes dans le domaine des droits de l’homme (peu contraignants évidemment).
A partir d’archives déclassifiées de la CIA datant de 1950, le quotidien anglais The Telegraph a raconté en 2001 comment les services secrets US ont mené campagne en faveur dune « Europe unie », y compris avec l’Angleterre. On nous explique que « l’outil pour élaborer l’agenda européen était le Comité pour les Etats-Unis d’Europe, crée en 1948 » par Jean Monnet, et dont le président était William Donovan chef des Services stratégiques de l’armée US, et le vice président Allen Dulles, chef de la CIA à ce moment-là. Le journal évoque aussi le Mouvement Européen, financé en grande partie (plus de 53% en 1958) par l’ACUE, elle-même financée par les fondations Ford et Rockefeller ainsi que par des trusts US.
Pour Bottom, de la Olin School of Business de Saint Louis, le plan Marshall aurait en outre largement servi à adapter les économies française et allemande aux pratiques US. Les acteurs clé de ce processus côté US sont d’après lui le père de l’ultra libéralisme et ami de Monnet, Walter Lippmann, et John Foster Dulles, et côté français un certain Georges Doriot (après un passage au MIT, ce prof de management et business à Harvard où il a fait un MBA et président de la Harvard Business School, inventeur du capital risque pour les besoins de l’armée US, a aussi crée l’Institut Européen d’Administration des Affaires avec d’anciens camarades de Harvard. Les Echos nous disent à son sujet que pendant les années 30 et suivantes « il fait également beaucoup pour exporter le modèle de la business school américaine vers l'Europe, et notamment vers la France. Il est en effet convaincu du caractère éminemment global du capitalisme et du rôle pionnier en la matière du modèle américain qui, pense-t-il, s'imposera tôt ou tard au reste du monde », qui justement sont parmi les grandes préoccupations de la fondation Ford (et consorts). Au passage, il est même général dans l’armée US pendant la deuxième guerre).
Mais revenons à nos personnages clé de l’harmonisation des économies française et allemande, qui pour Bottom étaient Paul Hoffman, futur chef de la fondation Ford qui était alors au plan Marshall, et Jean Monnet qui a l’époque était encore un commerçant international. Au cas où on n’aurait pas compris, Bottom précise même que Monnet « a crée une amitié durable avec Lippmann et Dulles » ainsi qu’avec d’autres membres de l’ACNP », l’American Commission to Negotiate the Peace, un truc rattaché au secrétariat d’Etat US crée à la première guerre.
Pour revenir un peu à Monnet le « père de l’Europe », on apprend également, en se colletinant les rapports annuels de la fondation Ford depuis 1949, qu’en 1958 ladite fondation, afin « d’aider à l’effort de l’intégration européenne », a inauguré une « nouvelle organisation centrale connue comme l’Institut de la Communauté Européenne pour les Etudes Universitaires (…) grâce à une subvention de 500.000$ de la fondation », pour une durée de cinq ans. On nous précise également que sa présidence comporte « d’éminentes personnalités du mouvement de l’intégration européenne telles que Jean Monnet, Louis Armand, Walter Hallstein, Max Kohnstamm, et Robert Marjolin ». L’institut en question est par ailleurs chargé de soutenir des programmes universitaires pour former des gens au marché commun Européen, à la CECA, à Euratom, et toutes les institutions similaires qui pourraient être créées.
La fondation poursuit en expliquant que le Comité pour les Etats-Unis d’Europe de Monnet a crée en 1957 le Centre de Documentation à Paris, pour fournir informations et données techniques aux politiques, avec les 150.000$ de subventions de la fondation Ford.
En 1961, «puisque cette année l’intégration Européenne a avancé vers une possible extension du marché commun, la
fondation a continué à soutenir les institutions concernées par la recherche et la compréhension pour des relations plus étroites entre les communautés atlantique et européenne ». Elle a même décidé de faire un bouquin d’interviews des « grands architectes de l’unification » européenne, et la fable a commencé.
Aujourd’hui, l’histoire de la « construction européenne » est devenue un dogme verrouillé qu’on ne peut contester sous peine de passer pour un communiste ou un fan de théorie du complot. Mais, les faits sont là : toute la documentation sur l’Europe a été réalisée par les tenants de l’Europe fédérale. Le processus européen est expliqué par la théorie dominante européaniste, dont la version est en gros, que Jean Monnet et Robert Schuman se sont levés un matin avec la brillante idée de construire une Europe avec un marché commun, une monnaie unique et une armée commune, afin de préserver la paix. C’est ce qu’on enseigne aux enfants de primaire, et jusqu’à la fac. Quelqu’un comme Jean Monnet, via ses Mémoires, sa fondation et ses activités dans de nombreux instituts européanistes, a joué un rôle considérable dans le cadrage des recherches et des thématiques européennes.
Il existe de nombreux organismes destinés à orienter la « recherche » historique en matière européenne, comme par exemple le Groupe de liaison des professeurs d’histoire contemporaine auprès de la Commission européenne (mais officiellement « indépendant »), crée en 1982 après que la Commission ait organisé un colloque « pour lancer la recherche historique sur la construction européenne ».
On comprend mieux pourquoi la pensée européenne est toujours orthodoxe, et pourquoi la critique n'a aucune place pour s'exprimer. L'information a été verrouillée, la recherche aussi, et enfin l'ensemble des institutions européennes ne sont composées que des "élites" sorties des moules européanistes. Voilà pourquoi aujourd'hui, tous sont pour le traité de Lisbonne malgré le refus plutôt clairvoyant des populations.
Mais, ne nous y trompons pas: la fondation Ford n'est pas la seule à oeuvrer dans ce sens, et ses activités sont bien plus larges que l'aperçu donné par cet article.
19 octobre 2008
Kosovo: l'OTAN assure la mainmise des mafias (partie II)
Deuxième partie de notre grande saga sur l'OTAN au Kosovo. On avait parlé de l'UCK, et de son financement via le trafic de drogue, ainsi que la manière dont elle a été protégée par certains Etats européens malgré de larges accointances avec le crime organisé local. Voyons ce que sont devenus les chefs de l'UCK, et à quoi sert aujourd'hui le gouvernement kosovar.
GOUVERNEMENT
KOSOVAR ET TRAFICS
Aujourd’hui,
les anciens chefs de l’UCK sont les chefs politiques du Kosovo, plébiscités
par
l’establishment international, ayant pignon
sur rue. Et tout
le monde trouve
ça très
bien. Les médias commerciaux oublient
tous de
parler des activités mafieuses de Thaci, par exemple, lorsqu’il devient 1er
ministre. Les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Europe grâce
à Javier
Solana notamment qui fut aussi en poste à l’OTAN pour s’occuper de la même
question, avant d’arriver dans la magouille sur le « Traité
Européen », l’ONU et l’OTAN leur ont donné carte blanche.
Le
général canadien Lewis MacKenzie, qui a commandé l’OTAN au début de la guerre, résumait
parfaitement la situation en avril 2004. Il
expliquait dans le National Post que « Depuis l’intervention
de l’OTAN et de l’ONU en 1999 au Kosovo, ce dernier est devenu la capitale
européenne du crime. Le commerce des esclaves sexuels y est florissant. La
province est devenue la plaque tournante de la drogue en direction de l’Europe
et de l’Amérique du nord. Et pour comble, la plupart des drogues proviennent
d’un autre pays “libéré” par l’Occident : l’Afghanistan. Les membres de l’UCK,
qui a été démobilisée mais non démantelée, participent à la fois à ce trafic et
au gouvernement. La police de l’ONU arrête quelques uns de ceux qui sont
impliqués dans ce trafic et les traduit devant une juridiction passoire ouverte
à la corruption et aux pressions. ». Deux ans plus tard, MacKenzie
était mis
en cause par un procureur bosniaque pour le viol de musulmanes dans un camp
de détention près de Sarajevo. C’est peut-être vrai, puisque les soldats
occidentaux présents là-bas ont largement contribué à l’essor des bordels et
des réseaux de prostitution dans toute l’ex-Yougoslavie.
La
drogue
La
route des Balkans n’est pas une
nouveauté dans le domaine de la drogue. Mais aujourd’hui les quantités sont
devenues industrielles, grâce aux conflits dans la région. Au Kosovo, pareil :
l’UCK s’est fait de l’argent en trafiquant la drogue d’abord (surtout l’héroïne
au début, puis la cocaïne et les amphétamines), afin de se procurer des armes,
puis en se mettant au proxénétisme.
Par
son besoin de financement, l’UCK a largement renforcé le trafic de drogue au
Kosovo et en Europe. Mais avant la guerre, le Kosovo était déjà
un carrefour du marché de l’héroïne notamment, aux mains des clans albanais,
comme l’écrivait l’Humanité en 2000 : « En 1997, un rapport
d’Interpol indiquait déjà : " Les groupes criminels albanais
originaires du Kosovo et de Macédoine sont parmi les organisations les plus
impliquées dans le trafic d’héroïne en Europe. Les Albanais du Kosovo en
particulier détiennent une part majeure du marché de l’héroïne en Suisse, en
Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en République tchèque, en Norvège, en
Pologne et en Belgique " ». Le Kosovo est
resté ce carrefour tout au long de la guerre.
D’aucuns
pensent même que le trafic d’organes dénoncé par Carla del Ponte a servi à acheter
la drogue d’Afghanistan
Et
ça continue : venue d’Afghanistan, où plus
de 90% du pavot mondial est
produit avec la
caution de l’OTAN (par exemple, la production
de pavot a augmenté de
121% entre 2005 et 2006, l’année où l’OTAN a largué des tracts par avion
pour dire à la population qu’elle pouvait continuer à cultiver du pavot),
l’héroïne transite
par le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine (tenue par des anciens de l’UCK). Au
sujet de l’Afghanistan, on sait par exemple qu’un
des frères du président Karzai est fortement soupçonné d’être un des plus
grands barons de la drogue du pays, pendant que le gouvernement et Ahmid Karzai
lui-même sont soupçonnés de fermer les yeux si ce n’est d’en profiter. L’échec
de Karzai et de l’OTAN en matière de lutte anti drogue est si évident que
d’aucuns parlent aujourd’hui de « narco
Etat » pour désigner un Afghanistan dirigé par un président « corrompu » (car en effet, les champs de pavot pullulent surtout dans les régions pachtounes, l'ethnie de Karzai).
Ce serait d'ailleurs fort approprié, au cas où l'OTAN parvient à dépénaliser la production de pavot en Afghanistan, comme semblent l'indiquer certaines discussions. On parle même depuis 2007 de racheter ladite production aux paysans, au même prix qu'ils la revendent habituellement, mais pour en faire des médicaments...
A
ce sujet, laissons parler Alain Staher,
professeur de relations internationales à l’université de Zurich : « Les
deux provinces de Helmand et de Kandahar fournissent plus de 50% des substances
brutes de cette drogue produite en Afghanistan. La seule province de Helmand en
fournit 40%. 300 à 500 négociants en gros contrôlent le commerce d’opium de
cette province qui est ensuite transformé en héroïne. (…) Au total, l’Afghanistan
est fournisseur de plus de 85% de la production mondiale d’opium.
Selon
le rapport récemment publié par l’Onu et la Banque Mondiale, édité par Doris
Buddenberg et William A. Byrd – «Afghanisan’s Drug Industry» – en Afghanistan,
plus de 25 à 30 personnes se trouvent à la tête du commerce de la drogue, qui
proviennent de l’Afghanistan du sud, mais qui sont étroitement liées avec le
gouvernement à Kaboul: «And balances ‹Appears to be exercised to ensure smooth
flows of narcotics and protection payments›».
Bref,
la situation en Afghanistan est très similaire à celle du Kosovo. A tel point
qu’il est sain de s’interroger sur l’efficacité de l’OTAN dans la lutte contre
la criminalité organisée, puisque les gouvernements qu’elle établit sont très
impliqués dans ce secteur porteur. De mauvaises langues pourraient même se
demander s’il n’y a pas un lien de cause à effet entre l’installation de l’OTAN
dans un pays et le développement du narco trafic.
Si tel
était le cas, le système actuel serait imparable : la production se fait
en Afghanistan, et la partie destinée à l’Europe arrive au Kosovo, autre zone
de non droit. Après son passage au Kosovo, la marchandise est donc distribuée et revendue dans
toute l’Europe et jusqu’aux
Etats-Unis grâce
aux réseaux familiaux ou
purement mafieux des expatriés. Selon l’Université de Gand, « en
Europe, les Kosovars sont présents là où leur diaspora est ancienne. Ils
tiennent une partie du marché en Autriche, en Allemagne et sont les premiers
fournisseurs des organisations criminelles italiennes à Milan. Ils sont aussi
très actifs dans les pays scandinaves. On a saisi en Suède 70 kilogrammes
d'héroïne en 1998, plus de trois fois les quantités des années précédentes. Les
pays voisins ne sont pas épargnés. ».
En
2000, The Guardian écrivait que les trafiquants kosovars drainaient entre 4,5 et 5
tonnes d’héroïne chaque mois, ce qui est absolument énorme sachant qu’entre
leurs mains elle est à peine coupée. La même année, on a saisi… 9
kilos d’héroïne au Kosovo. Et les services européens étaient parfaitement au
courant de ces petites affaires.
Le
phénomène est palpable partout : environ 30
tonnes d’héroïne passeraient par les ports et aéroports belges chaque année,
notamment par Anvers et Zaventem. En Suisse, le Ministère public de la
Confédération a poursuivi
en 2007 un clan originaire du Kosovo soupçonné d’être « l’un des
principaux fournisseurs d’héroïne d’Europe à partir de la moitié des années
nonante » qui aurait « écoulé de grandes quantités [1475
kilos pour la période de 1997 à 2003, selon le communiqué] de stupéfiants en
provenance des Balkans », et ce genre d’affaire
est légion
aujourd’hui.
De
même, les laboratoires de transformation de l’héroïne se multiplient en
Albanie, au Kosovo, en Serbie. Parallèlement, on saisit moins d’héroïne
transformée en Asie, et des produits chimiques
venus d’Europe de l’ouest vers les Balkans commencent à être saisis, pour
transformer l’opium ou pour faire des amphétamines, du LSD ou autres. Et tout
ça s’organise presque de manière fordiste : « De façon générale,
on assiste à une division du travail entre Turcs et albanophones en matière
d'héroïne. Aux réseaux turcs, la production et le commerce de gros; aux réseaux
albanophones la charge du demi-gros et de la revente "tout au long de la
route des Balkans, jusqu'au nord de la Scandinavie’’ », expliquaient
Raufer et Quéré dans La Mafia Albanaise, publié en 2000.
Bien
sûr, plus près, en Macédoine, en Slovaquie, en
Roumanie, l’héroïne est également déversée en quantité, à des prix incroyablement
bas. Une partie de la Serbie proche du Kosovo où ont émigré beaucoup d’albanais
kosovars pendant la guerre est devenue rapidement, selon Interpol, un carrefour
de l’héroïne. Le rapport du Centre d’Information Géopolitique dit que,
-comme au bon vieux temps- « tous les groupes activistes albanais de cette
région sont impliqués dans toutes sortes de trafics pour se financer dans un
contexte volatile qu’ils souhaitent bien évidemment voir durer le plus
longtemps possible. Ces organisations politico-mafieuses ne négligent pas non
plus d’entretenir des contacts utiles avec des membres des services secrets
albanais. ».
En fait, dans cette région, une milice locale –l’UCPMB- financée, dit le rapport,
par la diaspora albanaise, s’est créée en 2000 pour « libérer » les
zones de Presevo, Medvedja et Bujanovac et « protéger » les albanais
de Serbie en commettant quelques attentats. Son fief était alors –ô surprise !-
« l’un des centres répertoriés du trafic d’héroïne dans les Balkans ».
Aujourd’hui, l’armée yougoslave a pu se
réintroduire dans la région, ce qui a fait revenir certains
« guérilleros » au Kosovo dans les jupes
de la KFOR. Normal : on leur a promis l’impunité et la réintégration dans
la vie civile, comme les paramilitaires colombiens. Evidemment, une partie des
anciens de l’UCPMB a rejoint l’UCK
de Macédoine, qui avait démarré « lutte » là-bas en 2001 pour à
peu près les mêmes motifs. Enfin bref, tout cela pour souligner que malgré les
remises d’armes et cessez-le-feu, la région reste agitée
y compris au Kosovo, et que tout cela crée des zones de non droit ou de droit
très relatif fort propices au développement de trafics divers et variés.
La
prostitution
Plus
rentable que la drogue, il y a le trafic d’être humains, qui peut être du
travail clandestin, de la mendicité
forcée, mais surtout de la
prostitution, dont les kosovars et
les albanais sont devenus les maîtres grâce aux conflits en ex Yougoslavie.
Et dans ce domaine encore, le Kosovo est une plaque
tournante. Pendant le conflit, les filles étaient enlevées (ce
qui se fait toujours beaucoup au Kosovo et en Albanie), histoire d’alimenter
les bordels. Maintenant on les fait aussi venir des pays voisins (Moldavie, Ukraine, Bulgarie,
Roumanie, Bosnie, Albanie…) le plus souvent en leur faisant miroiter un job de
serveuse à l’ouest, voire pour rembourser une dette. Maintenant, les nouveaux
pauvres apparus avec l’économie de marché offrent de nombreuses candidates au
départ.
Les
réseaux qui se sont mis à la traite des femmes au Kosovo étaient déjà impliqués
dans le trafic de drogue en général, et les membres de certains clans, dont
quelques uns sont ou ont été au gouvernement kosovar, furent plus actifs que
d’autres en ce domaine.
Avant,
pendant la guerre, on les « rôdait » dans des camps (souvent
juste à côté d’une caserne ou d’une base militaire d’ailleurs, au Kosovo comme
ailleurs en ex Yougoslavie, car les Serbes ont été les champions dans le
domaine du viol de guerre) par des viols et passages à tabac systématiques, maintenant
c’est dans des motels, des bordels, des bars… Majeures ou mineures pour environ
un tiers d’entre elles, elles peuvent être revendues plusieurs fois dans les
pays de transit, comme le Kosovo, où elles sont « conditionnées ».
Parfois elles y restent.
Une
partie des filles appartenant aux mafias kosovares de Belgique ont été achetées
dans le Nord de l’Allemagne. Un rapport
de la Fondation Scelles, qui lutte entre autres contre l’esclavage moderne,
explique que « C’est cependant au Nord de l’Allemagne, dans la région de Hanovre que se
rendent des membres du noyau criminel, pour acheter au milieu russe et
polonais, des filles généralement originaires d’Ukraine et de Biélorussie. »
Ou
bien elles arrivent sur les trottoirs italiens, tournent dans toute
l’Europe souvent en passant par
Bruxelles, restant moins de 6 mois dans la même ville. Dès le début de la
guerre, on a senti jusqu’ici
la présence des proxénètes albanais du Kosovo. En Europe de l’Ouest, une fille
rapporte au moins 100 000 euros par an. Elles sont au moins 500 000, selon
l’Organisation Internationale des Migrations. Ca fait de l’argent… Les
proxénètes les menacent, et peuvent aussi menacer leurs familles, surtout dans
le cas des kosovares et des albanaises, puisque les réseaux ont leurs racines
là-bas. En Moldavie, par exemple, les réseaux qui s’occupent de la drogue, en partie tenus là-bas par les
albanais, servent aussi à faire pression sur les familles des filles.
Philippe
Chassagne, dans un
article sur la traite des êtres humains, met le doigt sur l’importance de
la présence de contingents internationaux en ce qui concerne le développement
des réseaux de traite : « Il est frappant de constater que la
prostitution explose dans les zones très militarisées et occupées par du
personnel des administrations internationales (Kosovo, Macédoine, Bosnie), des
zones de fractures, marquées par des frontières internationales ou seulement
locales. Ce marché en développement constitue une importante source de revenus
pour des organisations criminelles locales, souvent elles-mêmes liées à des
groupes paramilitaires. »
Un
rapport d’Amnesty explique que les membres de la KFOR et de la MINUK, protégés par
leur immunité, ne sont jamais poursuivis pour leur participation à ces
trafics : « Aucun membre de la KFOR soupçonné de faire partie des
trafiquants ou d’avoir eu recours aux services de femmes ou de jeunes filles
forcées de se prostituer ne peut être poursuivi au Kosovo », et cela
bien que « de janvier 2002 à juillet 2003, entre 22 et 27 soldats de la
KFOR ont été soupçonnés d’infractions liées à la traite d’êtres humains, selon
l’unité de police de la MINUK chargée de la répression de la prostitution et du
trafic d’êtres humains (TPIU). »
Le
rapport, de 2004, conclut ainsi : « Avec l’arrivée de la
communauté internationale au Kosovo en 1999, on a assisté à un développement
sans précédent de l’industrie du sexe basée sur la traite des femmes et des
jeunes filles. En 1999-2000, on estime que les membres de la communauté
internationale représentaient 80 p. cent des clients des femmes et jeunes
filles victimes des réseaux de prostitution. En 2002, le chiffre est tombé aux
alentours de 30 p. cent, mais au cours de la même période les membres de la
communauté internationale ont été à l’origine de presque 80 p. cent des revenus
de cette industrie. Aujourd’hui, on estime qu’ils constituent environ 20 p.
cent de la clientèle, alors qu’ils ne représentent que deux pour cent de la
population au Kosovo. » Ou encore : » bien que
l’industrie du sexe fournisse maintenant ses services tant aux autochtones
kosovars qu’aux hommes de la présence internationale, il est clair qu’elle a
initialement grandi sur le terreau d’une militarisation postérieure au conflit
et de la présence d’une communauté internationale militaire et civile disposant
de salaires très élevés. (…) la MINUK – en n’engageant pas de poursuites
contre les personnels internationaux soupçonnés de participation à la traite ou
recourant aux services sexuels de femmes en ayant des raisons de penser
qu’elles sont soumises à la traite – a créé un climat d’impunité quant aux
violences faites à ces femmes et aux violations de leurs droits fondamentaux. ».
Et c’est vrai que l’immunité règne. Par exemple, les personnels de l’OTAN ont
l’immunité « dans toutes les circonstances et à tout moment ».
Et en Europe, les peines pour proxénétisme sont minimes, comparées aux gains
réalisés.
« Amnesty
International a aussi reçu des allégations crédibles relatives à l’utilisation
de femmes contraintes de se prostituer au sein de bataillons nationaux de la
KFOR, notamment au camp Monteith de Gnjilane/Gjilan et au camp Bondsteel,
proche de Ferizaj/Urosevac, où les personnels du contingent des États-Unis ont
interdiction de quitter leurs bases ». Le camp Bondsteel, c’est la
plus grande base US de monde, sur laquelle on reviendra.
Même RFI le dit, et
même des policiers locaux, dans Courrier International : « Au
Kosovo, près de Pristina, on trouve les plus grands bordels des Balkans, à
cause des soldats internationaux ». Qui sont payés double ou triple
solde pour l’occasion. L’Assemblée
Nationale quant à elle évoque le « fameux Arizona Market en Bosnie
est un marché ouvert une fois par semaine, où l'on vend des femmes. Les prix
dépendent de l'âge, de la virginité, de la condition physique de la femme. ».
L’Arizona market,
c’est un grand marché détaxé de 2500 commerces, crée par la SFOR et l’OTAN en
1992 afin de « réconcilier par le commerce » serbes, croates
et bosniaques. Après 1999, la zone Arizona est placée sous autorité
internationale, et le commerce des femmes devint florissant. Debout
sur une estrade, nues, des hommes viennent les acheter pour 500 à 2000 euros au
maximum.
De
fait, lorsqu’on lit des témoignages de jeunes filles qui se sont retrouvées
forcées à se prostituer dans les bars de Pristina ou d’ailleurs, tels que
« Le patron me forçait à aller avec des policiers et des soldats de la
force internationale », on comprend l’ampleur de cette réalité. Même
si c’est pendant la guerre que les militaires et autres personnels
internationaux ont le plus fait prospérer les bordels et les mafias locales, le
phénomène perdure grâce à la corruption
et à la prégnance des réseaux mafieux.
Dans
un autre rapport, de la même année, Amnesty explique que la police de la MINUK
chargée de lutter contre le trafic d’être humains (« police » par
ailleurs tout à fait inefficace) a constaté qu’ « au 1er janvier 2002,
110 établissements étaient cités [sur la liste noire des bars et autres se
livrant au proxénétisme]; un an plus tard ils étaient 210 ; en mars 2004 »
(en 1999, il y en avait seulement
18). En gros, rien n’est fait pour que les choses changent, au contraire. Aujourd’hui
encore, quand on se promène près des frontières avec l’ex Yougoslavie, on peut
tomber sur ces villes fantômes pleines de bordels, avec des gamines à moitié
nues en plein hiver devant les vitrines. On croise aussi ces « filles de
l’est » sur nos trottoirs, et jamais elles n’ont chois leur sort. Et quand
elles se font pincer chez nous, en
Sarkoland ou en Berluscoland, on les envoie en taule
ou bien on les expulse (eh oui, elles n’ont pas de papiers !).
La
réalité, en tout cas, est là : les réseaux de prostitution se sont
développés et ont prospéré
grâce au conflit et ce, pour différentes raisons (troupes étrangères, impunité,
réseaux de trafic de drogue et d’armes déjà en place, corruption…) ;
aujourd’hui ça continue : la mafia albanaise se
recentre depuis quelque temps sur la drogue et la prostitution, qu’elle maîtrise
parfaitement. A tel point qu’on a en Moldavie et en Albanie des « centres de formation »
à la prostitution, dans des bars par exemple, où les filles restent au moins 2
mois
Le
gouvernement des parrains
Au
début des années 90, quand Milosevic a dissous le gouvernement kosovar, un
gouvernement parallèle dirigé par Rugova s’est installé en Allemagne. Et c’est
encore l’Allemagne qui a aidé à mettre sur pied l’UCK, grâce au BND, les services
secrets allemands. En effet : Milosevic étant en train de se livrer à un
terrible génocide sur les albanophones du Kosovo, il y avait urgence à armer la
guérilla kosovare. Tel était l’argument des allemands, puis de l’Europe. On a
donc formé l’UCK et ses chefs bien qu’on connaissait leur implication dans tous
les trafics imaginables. Et puis on a transformé l’UCK en Corps de Protection
du Kosovo, légitimant ces gugusses qu’on a souvent envoyés à Rambouillet. Après
la guerre, ils se sont logiquement retrouvés sur la scène politique.
Aujourd’hui,
le Kosovo se retrouve avec un gouvernement
totalement mafieux, au vu et au su
de tous, l’Occident en premier. Malgré
les avertissements de différents services de renseignement européens, l’OTAN
décide de mettre au pouvoir les chefs de clans qui dirigeaient l’UCK. Revenons
sur quelques personnages :
- Hashim
Thaci.
Tout le monde sait qu’il n’est « pas une personne
irréprochable ». On cite même une agence de presse
yougoslave qui
avait révélé qu’en avril 2000, Madeleine Albright a ordonné à Carla del Ponte
« d’effacer Hashim Thaci de la liste des suspectés de crimes de guerre ».
De fait, il semble que
les services secrets français, allemands, l’ONU et la KFOR sont au courant que
ledit Thaci et au moins deux de ses congénères de la liste ci-dessous, étaient
soutenus en tant que leaders de l’UCK par des « réseaux criminels »
qui « favorisent l’instabilité politique » et « n’ont
aucun intérêt à ce que s’instaure un ordre étatique efficace qui pourrait gêner
leurs florissantes affaires ». Selon les services allemands, c’est
même pour cette raison que « les acteurs importants de la criminalité
organisée aspirent à des postes de premier plan dans le gouvernement ou dans
les partis et/ou entretiennent de bons rapports avec ces milieux ».
Thaci a vécu 5 ans comme réfugié
politique en Suisse à partir de 1995, après avoir mis en place le début de
l’UCK et avoir pris 22 fermes par les Serbes après un attentat. Il y a
différentes versions sur son passage. Officiellement il étudie à l’université,
et il « fréquente les cercles de la diaspora », avec qui il a
gardé contact.
On lui reproche aussi d’avoir mis en place un
certain « Groupe
de Drenica », du nom de sa région d’origine qui fut aussi le premier
bastion de l’UCK, lequel groupe serait impliqué dans divers trafics.
On sait aussi qu’il a dirigé le groupe Drenica, du
nom de sa région natale. Groupe impliqué dans la prostitution et le trafic de
drogue, qui a évidemment servi au financement de l’UCK à l’époque, et qui
aujourd’hui prospère pour des raisons que l’on devine sans problème.
En 1999 il se nomme 1er
ministre, et se retrouve désigné pour aller « négocier » à
Rambouillet (vraisemblablement par choix US),
il y réclame l’indépendance du Kosovo. En 2000, Madeleine Allbright aurait même
demandé à Carla del ponte d’effacer
Thaci de la liste des criminels de guerre.
Puis il arrive à la tête du parti Démocratique, qui
n’a jamais hésité à utiliser
la violence pour faire
taire ses adversaires politiques ou « collecter » de
l’argent, bien que les observateurs internationaux pour les élections au Kosovo
ne l’ont évidemment jamais mentionné.
Sous mandat d’arrêt international, il est arrêté en
2003, puis relâché pour raisons diplomatiques vraisemblablement.
- Ramush
Haradinaj
On a déjà parlé des 25 ans de prison requis contre
lui par le TPIY pour 17 chefs d’inculpation, puis son acquittement « faute de preuves » après le désistement
ou la mort d’un certain nombre de témoins.
Passé lui aussi par la Suisse, où l’homme aurait
mené des activités illégales lui valant un « dossier pénal
chargé » auprès de la justice du pays, exerçant différents métiers
comme celui de videur de boîte, à Leysin. C’est aussi là qu’il aurait rejoint l’ersatz d’UCK, puis passe en France
dans la Légion Etrangère. Jusque là, Haradinaj n’a rien d’un homme politique
digne de négocier pour son pays. Il revient au Kosovo au milieu des années 90,
où il commence à faire des attentats au nom de l’UCK. Pendant la guerre et même
après, il règle ses comptes avec la milice opposée, proche de Rugova (tout en
massacrant quelques Serbes, évidemment). Cependant, il y a de fortes chances
que certains trafics soient à l’origine de ces opérations punitives.
Trafics dans lesquels même la Kfor savait
qu’il trempait, du détournement d’aide humanitaire à la drogue.
En décembre 2004, il devient 1er ministre et plaide pour la « lutte contre la corruption » mais doit démissionner provisoirement pour aller au TPIY. Et il va y retourner dans peu de temps, puisque le TPIY a fini par faire appel contre le jugement. Le quotidien belge Le Soir ajoute que « le TPI a rendu publique l’inculpation de deux hauts responsables kosovars, dont l’ancien ministre de la Culture Astrit Haraqija, également membre du « Comité de défense de Ramush Haradinaj », pour intimidation de témoins lors du procès. » Ambiance.
On n’est pas surs qu’il s’agisse de sa vraie
identité. Il serait né le 8 mars 1956 à Pec. Officier des services secrets
albanais, la Sigurimi, il
était chargé des affaires kosovares sous Ramiz Alia, puis Fatos Nano. Il s’installe
en Suisse dans les années 80 où il entre en contact avec les frères Gervalla et
Kadri Zeka. En 1990, l’UDB-a yougoslave fait sauter sa maison à Zurich. Membre
du premier groupe UCK de la Dreniça, il est chargé des finances, c’est-à-dire
de la collecte de fonds auprès des émigrés. C’est un des six dirigeants
politiques de l’UCK, nommé le 13 août 1998. Il participe au recrutement des
troupes avant la guerre
Présent à Rambouillet, il part
ensuite à Tirana où il est le représentant de l’UCK et du gouvernement Thaçi en
Albanie. Au printemps 1999, c’est le « Monsieur achats » de l’UCK. Le 15
octobre 1999, il devient le numéro onze dans la hiérarchie du PPDK. Dès
l’automne 1999, il contrôle 50 stations services au Kosovo, est impliqué dans différents
trafics (d’armes notamment) et règlements de
compte contre des rivaux (pour le compte de Thaci) et représente l’UCK au
Conseil de transition de la Minuk. Sa femme aurait la nationalité suisse.
En 2001, il est soupçonné par la Suisse de mener
l’insurrection en Macédoine (sur laquelle les albanais et l’UCK aimeraient mettre
la main) et est interdit
du territoire par le Conseil Fédéral. Il rentre alors au Kosovo et se fait
élire député, chose très pratique pour échapper à la justice.
-Agim
Ceku
Colonel
dans l’armée Croate avant la guerre du Kosovo, il mène avec succès des attaques
contre
les civils Serbes pendant la guerre de Yougoslavie.
Commandant en chef
de l’UCK pendant la guerre, il est nommé en 1999 commandant du KPC, le Corps de
protection du Kosovo, par la Kfor. Il va donc à Rambouillet en tant que chef militaire
de l’UCK.
Après
la guerre il s’occupe de la démilitarisation du KPC, et en 2006 il est 1er
ministre.
De
toute manière, c’est pareil partout où les Albanais sont implantés. En Macédoine,
Christophe Chiclet écrit pour l’ULB que « tous les partis
albano-macédoniens (Parti de la prospérité démocratique, Parti démocratique
albanais, Union démocratique pour l’intégration), se financent ou se sont
financés par le trafic d’armes, de drogues et la prostitution. A noter que
Union démocratique pour l’intégration, aujourd’hui au pouvoir [en 2002],
est dirigé par des hommes ayant fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux ».
Toute la région des
Balkans est aujourd’hui gangrenée par le crime organisé. Un rapport de 2006 du
Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines explique
même que « Les liquidités dégagées, réinvesties dans une
poly-criminalité (immigration clandestine et traite des êtres humains,
cigarettes, armes…) et dans l'achat des protections nécessaires (corruption),
permettent aux réseaux criminels d'asseoir leur pouvoir d'influence jusqu'au
coeur de l'UE », ce qui n’est absolument pas étonnant, et expliquerait
bien des choses.
Le
spectacle a continué allègrement, comme on peut le constater en mettant bout à
bout de nombreux petits éléments. Par exemple : en 2005 Kofi Annan nomme Martti Ahtisaari,
ex-président finlandais et aussi président
honoraire de l’International Crisis Group de Soros comme envoyé spécial au
Kosovo, afin de mener les « négociations » sur le statut final de la
région. Sans surprise, celui-ci a réclamé dans son rapport
rendu l’année dernière l’indépendance … au nom de la « réconciliation
interethnique » ! Bien sûr ladite indépendance se fera sous
le contrôle d’une « supervision internationale », et on
préconise au passage la « poursuite du programme de privatisation avec
(…) une substantielle participation internationale ». On
nommera aussi un « représentant civil international, également
Représentant spécial de l’Union européenne, qui sera nommé par un Groupe de
pilotage international, sera l’organe suprême de contrôle de l’application du
Règlement ». Donc, le Kosovo sera bien encadré, ce que ferait le
gouvernement devrait en principe être suivi.
A
la fin du rapport, une autre grande préconisation : le contrôle des
douanes et le contrôle des poursuites judiciaires en ce qui concerne le crime
organisé. Un verrouillage total des contrôles possibles dans ce domaine, en
fait. L’Europe doit donc envoyer au Kosovo sa «Mission de la Politique
Européenne de sécurité et de défense » qui « exercera des fonctions
d’encadrement, de surveillance et de conseil dans tous les domaines qui
concernent la primauté du droit au Kosovo. Elle aura le droit d’engager en
toute indépendance des poursuites judiciaires dans des domaines
particulièrement sensibles comme la criminalité organisée, les infractions à
caractère ethnique, la criminalité financière et les crimes de guerre. Elle
disposera en outre de pouvoirs d’exécution limités dans des domaines comme le
contrôle des frontières et le maintien de l’ordre. »
Ahtisaari est depuis longtemps un personnage en vue sur le plan international, oeuvrant pour la paix etc. On le retrouve dans un certain nombre de think tank comme l'European Council on Foreign Relations, dont il est co-président, qui vise à pousser à l'intégration européenne et est en partie financé par Georges Soros ce grand philantrope (via la Fondation Soros qui a aussi soutenu toutes les "révolutions" dans les Balkans ces dernirèes années). On retrouve là-dedans une bonne partie de l'establishment européaniste et atlantiste, tels que DSK, Ockrent, l'incontournable Alain Minc, Cohn-Bendit, Pascal Lamy le président de la Banque Mondiale, Pierre Moscovici, le vicomte Etienne Davignon président du Bilderberg, Goerges Soros, Joschka Fisher, l'anglais Chris Patten et bien d'autres. Il y a aussi son propre machin, le Crisis Managment Initiative et un tas d'autres think tank un peu partout. Bref, l'homme fait totalement partie du paysage politique international et de la pensée dominante actuelle. Mais il y a quelques casseroles, apparamment.
Un rapport du BND accuserait
par ailleurs ledit Ahtisaari d'être corrompu
par les Albanais pour demander, justement, l’indépendance du Kosovo. Et le ministre russe des affaires étrangères "suggérait" quant à lui que ledit Ahtisaari avait des connexions avec la mafia albanaise. Certains (dont le BND allemand) parlent d'un versement de 2 millions d'euros sur le compte de l' "envoyé spécial" au Kosovo dans une banque chypriote, ainsi que d'un échange de malettes et de la visite nocturne de deux femmes chez Ahtisaari. C'est-à-dire: les techniques les plus banales de la corruption.
Tout cela évidemment n'est pas étalé sur la place publique (Ahtisaari vient de se voir décerner -après de nombreux autres- le prix Nobel de la Paix pour avoir poussé à l'indépendance du kosovo).
Il y a toutefois ce qu'on peut appeller un faisceau de -fortes- présompions, qui amènent à se poser un certain nombre de questions au sujet du type de personnalités politiques que l'OTAN (donc les grandes puissances), a établies au Kosovo.

11 octobre 2008
Les apprentis sorciers de la Défense US et le programme HAARP
Bien
qu’étant particulièrement inculte en matière de sciences, et notamment de
physique, je dois me risquer à évoquer un programme militaire américain trop
peu connu. Son nom? HAARP,
pour « High Frequency Active Auroral Research Project ». Son rôle? Tout simplement modifier le climat à des
fins géostratégiques. Une des grandes questions liées à ce programme est de
savoir quelles applications présentes et à venir sont visées.
Même
s’il suffit aujourd’hui de citer le nom de ce programme pour être taxé d’adepte
de la fameuse « théorie du complot », il n’en reste pas moins qu’un groupe de recherches
universitaire belge (le GRIP, groupe de recherche sur la paix et la sécurité),
ainsi qu’un rapport
du Parlement européen mettent le doigt sur l’énormité dudit programme qui
pourtant n’est officiellement destiné qu’à faire des recherches sur
l’atmosphère.
La
Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de
défense sur l'environnement, la
sécurité et la politique étrangère du Parlement
européen, donc, a sorti un rapport le 14 janvier 1999, afin de proposer une
résolution pour contrer le programme HAARP, du moins ses conséquences en
Europe.
Que
dit-on, dans cette recommandation ? On considère que ledit programme
« en raison de son impact général sur l'environnement, pose des
problèmes globaux et demande que ses implications juridiques, écologiques et
éthiques soient examinées par un organe international indépendant avant la
poursuite des travaux de recherche et la réalisation d'essais », et on
« déplore que le gouvernement des États-Unis ait à maintes reprises
refusé d'envoyer un représentant pour apporter un témoignage sur les risques
que comporte pour l'environnement et la population le projet HAARP financé
actuellement en Alaska ». Silence radio, donc, de la part des
Etats-Unis, et ce malgré les sollicitations des européens. Comme pour le 11
septembre, comme d’habitude. Noyage
de poisson côté européen…
C’est
pour cela et parce que la finalité de HAARP (qui, très poétiquement, s’appelle
en français Recherches dans le domaine des hautes fréquences appliquées aux
aurores boréales) ne laisse aucun doute, que la commission du Parlement « demande
que soit établi un accord international visant à interdire au niveau global
tout projet de recherche et de développement, tant militaire que civil, qui
cherche à appliquer la connaissance des processus du fonctionnement du cerveau
humain dans les domaines chimique, électrique, des ondes sonores ou autres au
développement d'armes, ce qui pourrait ouvrir la porte à toute forme de
manipulation de l'homme; un tel accord devrait également interdire toute
possibilité d'utilisation réelle ou potentielle de tels systèmes »
De
quoi s’agit-il exactement ? Il est presque impossible pour moi de
l’expliquer, aussi je laisse d’abord la parole au parlement, qui expose les
motifs de cette demande de résolution. Car on explique que HAARP « est
un programme de recherche sur le rayonnement à haute fréquence », qui
est « conduit conjointement par l'armée de l'air et la marine des
États-Unis et par l'Institut de géophysique de l'université d'Alaska à
Fairbanks ». Le programme HAARP
utilise donc un « équipement terrestre, un réseau d'antennes. Chacune
est alimentée par son propre émetteur pour réchauffer des parties de
l'ionosphère au moyen d'ondes radio puissantes. L'énergie ainsi générée
réchauffe certaines parties de l'ionosphère, ce qui
crée des trous dans l'ionosphère et des "lentilles" artificielles ».
A
quoi sert-il ? Le Parlement ne semble pas dupe sur l’innocuité prétendue
de HAARP. Reprenons la résolution de 1999 : « HAARP peut avoir de
multiples applications. La manipulation des particularités électriques de l'atmosphère
permet de contrôler des énergies gigantesques. Utilisée à des fins militaires
contre un ennemi, cette technique peut avoir des conséquences terribles. HAARP
permet d'envoyer à un endroit déterminé des millions de fois plus d'énergie que
tout autre émetteur traditionnel. L'énergie peut aussi être dirigée contre un
objectif mobile, notamment contre des missiles ennemis.
Le projet améliore la communication avec les sous-marins et permet de
manipuler les conditions météorologiques mondiales. Mais l'inverse,
perturber les communications, est également possible. En manipulant
l'ionosphère, on peut bloquer la communication globale tout en conservant
ses propres possibilités de communications. La radiographie de la terre sur
une profondeur de plusieurs kilomètres (tomographie terrestre pénétrante) à la
fin de découvrir les champs de pétrole et de gaz, mais aussi les équipements
militaires sous-terrains, et le radar transhorizon qui identifie des objects à
grande distance au-delà de la ligne d'horizon sont d'autres applications du
système HAARP. »
Le
GRIP n’est pas plus rassurant. Dans son rapport de 1998 intitulé « Le
Programme HAARP, science ou désastre ? », Luc Mampaey pointe les
risques, après une explication détaillée du système.
Le
programme HAARP a donc débuté en 1993, sur un site de l’armée en Alaska,
Gakona, afin d’y installer « une station de recherche sur les
propriétés de l'ionosphère d'une puissance jusqu'ici inégalée », en
vertu de la nouvelle doctrine militaire US de Future Warfare visant à contrôler
l’espace aérien autant que terrestre. Et de rappeler que « aux
Etats-Unis, dès les années 50, des rapports ou déclarations officielles
reconnaissaient l'intérêt militaire des techniques de modification des
conditions climatiques, allant même jusqu'à considérer que le développement de
telles techniques pourrait devenir une arme plus importante que la bombe
atomique ». Si bien qu’en 1977 se tient une convention internationale sur
« l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de
l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles »,
sans efficacité aucune sur les recherches US malgré qu’ils l’aient ratifiée en
1979.
L’article 1
précise quand même que « Chaque Etat partie à la présente Convention
s'engage à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles
des techniques de modification de l'environnement ayant des effets étendus,
durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions, des dommages
ou des préjudices à tout autre Etat partie. » et l’article 2 explique
ce qu’on entend par "techniques de modification de l'environnement" :
cela désigne « toute technique ayant pour objet de modifier - grâce à
une manipulation délibérée de processus naturels - la dynamique, la composition
ou la structure de la Terre, y compris ses biotes, sa lithosphère, son
hydrosphère et son atmosphère, ou l'espace extra-atmosphérique ».
De
fait, le rapport du GRIP précise que « ce qui est certain, néanmoins,
c'est que les recherches sur l'ionosphère reviennent comme une priorité dans de
nombreuses études militaires relatives aux techniques de modifications
environnementales ». Le prouvent un certain nombre de brevets détenus par
la société RAYTHEON pour les installations de HAARP.
Processus :
Les
phénomènes météorologiques se produisent dans les couches inférieures de
l’atmosphère, où 99% de la
vapeur d’eau terrestre est contenue. Le rapport fait
un exposé très détaillé sur les différentes couches de l’atmosphère et les
phénomènes physiques qu’on y observe. Il faut retenir ce qu’est la ceinture de
Van Allen, découverte en 1958, qui est « une zone de radiations
intenses » entourant la Terre à partir de 200 kilomètres. Des
particules très énergiques y sont en mouvement permanent, c’est un peu une
ceinture pleine de radiations.
Cette
ceinture forme « autour de la Terre un énorme réservoir d'énergie,
dont, occasionnellement, une fraction est relâchée dans l'atmosphère. Cette
libération d'énergie donne naissance à des phénomènes tels que les
luminescences et les aurores ». On a fait à l’époque des explosions
nucléaires dans cette ceinture, qui ont engendré des modifications toujours
sensibles. Les particules de la ceinture de Van Allen sont ensuite utilisées
pour les communications, et l’ionosphère, en réfléchissant des ondes radio de
basse fréquence, permet aussi les communications. En conclusion, « L'ionosphère
est donc un médium ionisé qui peut déformer, réfléchir ou absorber les signaux
radios et donc affecter de multiples façons de nombreux systèmes de
communication, de navigation, de surveillance ou de senseurs à distance tant
civils que militaires ». Aussi, « l'intérêt de la station
HAARP provient du besoin d'accroître la fiabilité d'un grand nombre de systèmes
de communication, navigation et surveillance dont les signaux passent par
l'ionosphère, mais aussi d'explorer des innovations technologiques qui
suggèrent des applications telles que la détection d'objets souterrains, la
communication à grande profondeur dans le sol ou les océans, et la génération
d'émissions optiques et infrarouges ».
On sait déjà agir sur le temps qu’il fait :
une technique connue est l’ensemencement,
qui consiste à injecter différentes substances comme « l'iodure
d'argent, le dioxyde de carbone gelé, le chlorure de calcium, le carbon
black », dans les nuages afin de « retarder ou d'anticiper des
précipitations, d'accroître ou de réduire une couverture nuageuse; mais il faut
au préalable des conditions instables ». Un certain nombre
d’entreprises privées (Aero Systems Incorporated, Atmospherics Incorporated,
North American Weather Consultants, Weather Modification Incorporated, Weather
Enhancement Technologies International, Seeding Operations and Atmospheric
Research (SOAR)) proposent d’ailleurs de modifier le temps de cette manière. Le
Nevada a aussi son programme
d’ensemencement des nuages…On peut aussi créer ou disperser du brouillard avec
cette technique.
Il
y a 10 ans de cela, les militaires évoquaient déjà des techniques plus
violentes pour l’environnement, comme faire des trous dans la couche d’ozone
pour que les rayons ultraviolets arrivent sur terre, en lâchant du bromure
depuis des satellites, dévier des ouragans ou modifier la haute atmosphère pour
empêcher les communications.
Apparemment,
les Etats-Unis ont commencé à travailler là-dessus en 1940 avec le projet CIRRUS,
visant à créer des précipitations par ensemencement des nuages. Ils y parviennent
en 1948. Au Vietnam, c’est l’opération POPEYE en
1966 qui doit prolonger la saison des moussons pour bloquer les combattants
vietnamiens, en lâchant de l’iodure d’argent sur les nuages.
Gakona :
Sur
la base de 20 hectares, il y a donc un émetteur haute fréquence très puissant
(IRI) destiné à stimuler certaines zones de l’ionosphère et un radar haute
fréquence (ISR) « pour la mesure de la densité des électrons, des
températures des électrons et ions, de la masse des ions et de la vitesse des
plasmas dans les régions stimulées ainsi que dans l'ionosphère naturelle ».
Il y a encore une « ionosonde HF (Incoherent Incidence Sounder, VIS),
récepteurs ELF et VLF, magnétomètres, riomètres, un système LIDAR (Light
Detection and Ranging) et des caméras et spectromètres optiques et infrarouges ».
Tout ce matériel est décrit dans le rapport.
HAARP
agit comme un transmetteur de basse fréquence, qui permet de sonder le sous
sol, les profondeurs des océans, de l’ionosphère etc. « Les basses
fréquences se propagent dans le guide d'onde formé par l'espace entre la terre
et l'ionosphère, avec une très faible atténuation, avec pour conséquence qu'une
très grande partie de la surface terrestre peut être couverte à partir du site
de HAARP ».
Mais
il peut aussi agir sur les très hautes fréquences, utilisées entre les
satellites et la terre par exemple.
Officiellement
bien sûr, il n’y a aucun risque pour la santé. Toutefois, il faut noter que les
autorités n’ont pas donné d’informations satisfaisantes sur l’impact des ondes
sur les organismes vivants ou sur les conséquences à long terme des
manipulations de l’ionosphère. De plus, un certain nombre d’opposants posent a
question des conséquences d’une exposition à moyen terme aux ondes éléctro
magnétiques envoyées par HAARP. La présidente du groupe des Verts au Parlement
européen en 1998, la belge Magda Aelvoet, a posé une question à ce sujet, et
demandé l’année d’après que le Parlement vote une résolution afin qu’une
commission indépendante examine le programme HAARP.
La
firme chargée du développement de l’IRI, essentiel dans le programme HAARP, c’est
RAYTHEON (via sa filiale E-System, qui
avait absorbé la « micro entreprise » qui étrangement était à
l’origine du projet : ARCO), devenue en quelques années la huitième
entreprise d’armement au monde, en 1996. Aujourd’hui, Raytheon est n°1 mondial
pour les missiles guidés. Raytheon détient donc un ensemble de brevets
à caractère militaire, dont une partie vise à agir sur l’atmosphère.
Le
programme HAARP, selon Rosalie Bertell, présidente du International Institute
of Concern for Public Health à Toronto et ex conseillère scientifique de
Jimmy Carter lorsqu’il était président, s’inscrit dans un processus de
développement des armements entamé depuis la deuxième guerre mondiale. Elle
estime que certains grands programmes militaires
US de ces dernières décennies préfigurent ou complètent HAARP. Le rapport du
GRIP conclut à ce sujet que « Lorsqu'on couple, à ces programmes
militaro-scientifiques, les recherches sur les plasmas, l'antimatière, les
armes à énergie dirigée, les armes biologiques basées sur les ondes
électromagnétiques, ou d'autres armes du futur développées dans le secret des
laboratoires militaires, les mises en garde et les craintes exprimées par Rosalie
BERTELL prennent toute leur dimension.
Les
faits sont difficiles à établir, car le secret est la règle pour ces
programmes, mais il existe suffisamment d'indices pour qu'on ne puisse plus
parler de simples spéculations ».
C’est
un chercheur dénommé Eastlund qui est l’inventeur de la plupart des brevets à
l’origine de HAARP, dont l’un (n° 5.038.664) a pour nom "Method for
Producing a Shell of Relativistic Particles at an Altitude above the Earth's
Surface." ou un autre (n°
4.686.604) "Method and Apparatus for Altering a Region in the Earth
Atmosphere, Ionosphere and/or Magnetophere" (Méthode et appareil pour
altérer une région de l'atmosphère, de l'ionosphère et/ou de la magnétosphère
de la terre). Selon le rapport du GRIP (p.49), l’un d’eux, s’il est développé,
permettrait « des modifications climatiques, par exemple en modifiant
les profils des vents, en modifiant l'absorption des rayonnements solaires par
la création de couches artificielles de particules atmosphériques, ou en
modifiant la composition moléculaire de l'atmosphère ».
Quelles
conséquences ?
On
sait mal les conséquences de l’utilisation du système HAARP. Mais le rapport du
GRIP pointe certaines techniques utilisées, qui risquent, justement, d’avoir des
conséquences. Pour le GRIP, les techniques militaires sur lesquelles
travaillent aujourd’hui un certain nombre d’Etats, peuvent « perturber la
ionosphère », la haute atmosphère, donc. On nous explique donc que « tous
ces systèmes d'armes du futur partagent quelques points communs. Tous mettent en
jeu, dans l'espace, des faisceaux d'énergie considérable, des armes à
particules, à laser, à plasma. Tous nécessitent, parallèlement, de pouvoir
compter sur un système de prévisions des conditions météorologiques aussi
fiable que possible et une certaine capacité de modifier ces conditions.
Tous
exigent un système de communication infaillible, et donc la maîtrise des
éléments pouvant le perturber, parmi lesquels l'ionosphère ».
Et
pour HAARP, alors ? Malgré le fait que HAARP n’est pour ainsi dire jamais
cité dans les documents relatifs aux expériences militaires en cours ou
envisagées, on peut comprendre où mène ledit projet. L’auteur du rapport ajoute
que « de nombreux rapports récents » rédigés par les militaires ou
bien des scientifiques entre 1995 et 1998 [date de rédaction du rapport du
GRIP], « font explicitement référence à des méthodes de guerre
environnementale (Environmental Warfare) ou électromagnétique (EMP Weapons),
nécessitant des progrès scientifiques significatifs dans les domaines qui sont précisément
ceux qui seront investigués par le programme HAARP ».
Le
rapport évoque encore les accusations du biologiste Nick Begish, un des plus
grands opposants à HAARP en Alaska, qui considère après avoir consulté
différents experts, qu’à l’avenir, HAARP pourrait entre autres « modifier
la structure chimique de la haute atmosphère et altérer les conditions
climatiques », « influencer le comportement et les facultés
mentales des individus, à des fins militaires, de maintien de l’ordre ou de
contrôle politique », ou encore « affecter la santé des
personnes et avoir un impact biologique sur l’environnement ». Ces
experts expliquent qu’un certain nombre d’éléments n’ont pas été pris en compte
lors des études d’impact précédant l’implantation du site à Gakona.
La
puissance réelle des émetteurs haute Fréquence pose également question.
Est-elle réellement et définitivement limitée à 3,6 MW ? Surtout si l’on
admet que cette puissance est insuffisante pour créer des trous dans
l’ionosphère, ce qui a pourtant déjà été décrit par les chercheurs de HAARP.
En
dehors de cela, différents travaux démontrent que l’être humain est très
sensible aux fréquences basses. Des armes sonores ou visuelles émettant à très
basse fréquence peuvent donc perturber le comportement : « Qu’ils
y soient soumis par un stimulus visuel ou audio, il semble donc assez bien
établi que les êtres humains sont particulièrement sensibles aux fréquences
extrêmement basses, sensibilité que la recherche militaire compte bien
exploiter », explique un autre rapport du GRIP, sur les « armes
non létales ».
Les
« armes non létales »
Le
rapport parle encore du physicien Patrick
Flanagan, qui a étudié l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé.
A l’appui, différentes études sur le sujet, dont une de 1982. Begish craint en
effet que les ondes émises par HAARP ne servent à influencer le comportement
humain, et des expériences sont déjà menées dans ce sens aux Etats-Unis
notamment à Los Alamos, un des grands centres de recherches US dans le domaine
des armes de très haute technologie.
On
parle d’ « armes non létales »,
et cette catégorie regroupe les « armes à ondes électromagnétiques »,
comme l’Active
Denial System (ADS), développé par Raytheon,
émettant des ondes à 95GHz, qui font chauffer l’eau dans le corps et donnent
une forte sensation de brûlure à la cible puisque sa peau atteint la température
de 55°C. En 250 secondes, la peau est brûlée. Et il semble que cette arme soit utilisée en Irak…
Car,
depuis 1995 les armées US ont crée un groupe
de travail sur ces armes : le US Joint
Non-Lethal Weapons, preuve que la chose est bien d‘actualité. Ledit groupe, qui se
demande aussi comment vanter
les mérites de ces méthodes auprès du grand public, a depuis travaillé,
comme le rappelle Steve Wright dans Le Monde Diplomatique de décembre 1999,
sur des « agents chimiques de
contrôle d’émeute (capables, au choix, de causer une douleur aiguë de rendre
temporairement aveugle, de faire vomir ou étouffer, ou d’endormir) »
ou encore sur des armes sonores, réglées pour « produire 170 décibels,
causer des ruptures d’organes, créer des cavités dans les tissus humains et
causer un traumatisme potentiellement létal ». Un autre rapport du
même auteur précise quant aux armes sonores, que « les chercheurs
estiment que des vibrations acoustiques de très basse fréquence, un infrason de
l’ordre de 16 Hertz mais d’une grande intensité, peut-être la cause de nausées,
d’une désorientation, de troubles de la vision, voire de lésions internes, dont
l’effet peut varier de l’inconfort temporaire jusqu’à la mort dans les cas
extrêmes ».
A
propos de ces « armes non létales », Steve Wright expliquait encore
que pour la nouvelle guerre du XXIème siècle, on trouve différents outils, dont
des « munitions à impact contondant (armes cinétiques, qui ne pénètrent
pas dans le corps mais assomment la victime), vaporisateurs d’agents chimiques,
calmants, grenades à percussion, choc électrique, systèmes
« antitraction » ultraglissants, force acoustique,
enchevêtrements/filets, mousses, barrières, faisceaux d’énergie, rayon laser
isotrope (source lumineuse intense et omnidirectionnelle), superpolymères (pour
créer un brouillard adhésif, immobilisant) et mines incapacitantes ».
Wright dénonce en outre le fait que les nouvelles cibles peuvent aussi être des
civils en cas de mouvements
sociaux, comme aux Etats-Unis, lors de la convention Républicaine de cette
année, où des manifestants ont été aspergés
de gaz poivre, très violent. En Irak, Raytheon compte utiliser cinq armes électromagnétiques HPM (micro ondes à forte puissance)différentes contre les mouvements de foule (par exemple les sites pétroliers seront équipés de ces armes, montées sur des camions, en cas de manifestation). L'une de ces armes, destinée d'abord à la police US avant d'êre utilisée en Irak, a pour but de provoquer une forte sensation de brulure chez la cible.
On a encore des armes développées spécifiquement pour influer sur le
comportement ou le mental de l’homme, comme le Biological Process Control.
Le rapport du GRIP explique (p.24) que les militaires en sont réellement à
étudier comment manipuler les êtres humains :
« Un
article publié récemment dans le périodique «Parameters» édité par le U.S. Army
War College est particulièrement révélateur dans ce domaine des manipulations
comportementales [Thomas, 1998]. Evoquant les théories de la guerre de
l’information et leurs lacunes, l’auteur observe que celles-ci négligent en
fait un système de traitement de données essentiel: l’être humain. Il poursuit
en affirmant que « …le corps humain peut être trompé, manipulé, ou
désinformé, mais aussi anéanti ou détruit exactement comme n’importe quel autre
système de traitement de données. Les données que le corps reçoit de sources
externes – sources électromagnétiques, vortex, ou ondes acoustiques puissantes
– ou crée à travers ses propres stimuli électriques ou chimiques,
peuvent être manipulées ou modifiées de la même façon que les données de n’importe
quel système matériel »
« Dans
le même registre, un document publié en 1996 par le Scientific Advisory
Committee de l’U.S. Air Force
envisage la possibilité de développer
des “ sources d’énergie électromagnétiques (…) qui pourront être couplées
avec le corps humain d’une manière qui permettra d’empêcher les mouvements
musculaires volontaires, de contrôler les émotions, d’endormir, de transmettre des
suggestions, d’interférer avec la mémoire de court comme de long terme, de
produire l’acquisition d’expériences, ou d’effacer des expériences acquises.
(...) Il apparaîtrait aussi possible de créer un discours de haute fidélité
dans le corps humain, potentialisant une suggestion ou une direction
psychologique. Lorsqu’une impulsion micro-onde haute puissance, de l’ordre du
gigahertz, atteint le corps humain, une très petite élévation de température
apparaît. Celle-ci est associée à une soudaine expansion des tissus légèrement
échauffés. Cette expansion est suffisamment rapide pour provoquer une onde
acoustique. Si un courant pulsé est utilisé, il devrait être possible de créer
un champ acoustique interne dans la gamme des 5 à 15 kilohertz, qui est audible.
Donc, il peut être possible de «parler» à des adversaires choisis ” [U.S.
Department of Commerce, 1996] »
A
cela, ajoutons les armes visant à modifier l’environnement, et l’on en revient
à notre « Weather Control » et au programme HAARP.
Bref,
il y’a une panoplie
très large dans la catégorie « armes non létales ».
Enfin,
est-ce que les ondes électromagnétiques de HAARP pourraient servir au contrôle
de la population, « amie » ou ennemie ?
Le
rapport du GRIP sur ce programme conclut lui-même :
« En 1994, une déclaration commune d'intention entre le Département de la Justice et le Département de la Défense a donné naissance au programme "Operations Other Than War" (MOOTW) par lequel les deux agences prévoient un développement commun de technologies et de systèmes avancés pour le contrôle des populations. Les armements développés dans le cadre de ces programmes doivent avoir une application autant dans des opérations militaires (maintien de la paix par exemple) que dans des opérations civiles de maintien de l'ordre. Ces nouvelles doctrines envisagent explicitement l'utilisation des fréquences ELF pour influencer, ou inhiber des comportements chez l'être humain. D'une façon plus générale, plusieurs de ces armes, dites "non létales", sont basées sur une nouvelle maîtrise de phénomènes électromagnétiques. Si HAARP peut générer des signaux ELF et les diriger avec suffisamment de précision pour les travaux de tomographie, il n'est certainement pas tout à fait absurde d'imaginer des applications antipersonnel. »





