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Politique mondiale, questions économiques et sociales, géopolitique

26 juin 2008

Nicolas et les médias

Sarko et les patrons de groupes médias, on le sait, c'est une affaire qui roule. Le yacht de Bolloré entrait dans ce système: Bolloré paie une semaine à Sarko sur le plus grand yacht du monde, en échange Sarko va lui faire une petite place dans le nouveau PAF. Sarko qui appelle Lagardère pour faire virer Alain Genestar, patron de Paris Match, après une couverture qui n'a pas plu, Sarko qui annonce qu'Harry Roselmack sera le prochain présentateur de TF1, et rebelote avec Laurence Ferrari (eh oui, il n'y a pas que la destinée de Lilian Thuram qui préoccupe Sarkoléon). Mais qu'on ne se méprenne pas: Sarkoléon l'a   dit et répété, il n'a jamais influencé les nominations ou les renvois, dans les médias...

Nicolas et les médias

Nicolas aime la com', depuis toujours. Alors qu'il était maire de Neuilly, Sarko avait déjà monté en 1985 Neuillyv_7_1036733_1205864468 Communication, un groupe pour causer, moyennant 1500€ par an, avec quelques PDG du cru et des publicitaires, comme JC Decaux (les Vélib'), Martin Bouygues, Nicolas de Tavernost (M6). Comme ça au moins il était sûr de contrôler son image, comme tout bon petit père du peuple. Cette proximité, forcément, a continué, comme le montrent régulièrement les exemples de l'ingérence sarkozyste dans les médias. Et puis, pendant sa xcampagne, il a su contrôler son image, puisque les images de l'UMP étaient très souvent réutilisées par les chaînes, TF1 et France 2 comprises.

Il devient ministre de la Communication en 1995, en même temps qu'il est au Budget (où il nous a creusé en 1 an un trou aussi gros que durant les 12 années précédentes!). Là, il peut donc financer comme il l'entend les groupes médias, ce qui permet de jouer à "je te tiens, tu me tiens par la barbichette" avec les patrons de médias. Puis, pendant sa traversée du désert, il écrit sous pseudo aux Echos.

On était en pleine campagne (enfin, Sarko était en campagne depuis novembre 2002), à l'été 2005, tout le monde savait que Cécilia voulait prendre de l'air, mais quand Paris Match fait sa Une avec Cécilia et Attias, son nouveau zig, cela occasionna une furieuse crise de nerfs du Chef. Son sang ne fait qu'un tour, il appelle Alain Genestar (directeur de la rédaction) pour l'incendier, puis Arnaud Lagardère (le "frère" de Sarkoléon) pour l'incendier également, afin qu'il dégage subtilement Genestar. Ben oui, y'a eu crime de lèse majesté, bien que Sarkoléon ne vive pas sans étaler sa vie privée dans la presse people.
« Grâce aux liens qui me rapprochent de Martin Bouygues, je sais qu’il y aura un Noir au 20 heures de TF1 cet été »
... Toujours en pleine campagne, c'est par ces mots subtils que Sarkoléon annonce qu'Harry Roselmarck sera le nouveau présentateur du JT de TF1, alors que personne n'était encore au courant dans la chaîne.

A peine élu, il annonçait déjà la couleur, avec son repas au Fouquet's, entouré des grands noms des médias comme Bernard Arnault, Martin Bouygues, Serge Dassault, Alain Minc, François Pinault ou Albert Frère, un belge ultra puissant dans les médias notamment, amis aussi à EADS.

Nicolas Big Chief des médias

Le même Sarko, qui annonce aux journalistes des Echos (groupe LVMH de Bernard Arnault, autre grand ami de Sarkoléon, parmi les plus grosses fortunes de France) que Nicolas Beytout, représentant de la pensée unique, habitué du Bilderberg et membre de la Trilatérale, deux "machins" de Rockefeller, venu du Figaro,  sera leur nouveau chef de l'information. Il leur a dit cela, entre le fromage et le dessert, si on peut dire, lors d'une réunion à l'Elysée pour parler d'actu. Au passage, Arnault a choisi lui-même qui rachèterait son ancien journal économique, La Tribune: Alain Weill, qui possède aussi BFM, la radio ultra libérale.

Et qui remplace Beytout au Fig? Etienne Mougeotte, transfuge de TF1. Le monde est petit... Dès son arrivée, il a fait le grand nettoyage: on vire les chiraquiens (40 journalistes), on garde les sarkozystes convaincus. La Cour, quoi... Et puis, Mougeotte a sa vision du journalisme, un peu particulière, mais tellement dans la ligne de TF1: " Il faut instaurer un vrai partenariat entre les les agences de communication et les médias" dit-il en évoquant le Figaro, avant d'ajouter que "Le journal est libéral et ne doit pas avoir peur de l'affirmer dans ses colonnes. Il défend l'entreprise clairement. Vendre, certes, défendre ses positions aussi !". Comme ça, c'est clair: il n'est point question d'objectivité au Figaro. Tout ceci ne choque évidemment pas Dassault, proprio du Figaro, qui a bien dit qu'acheter un journal "sert à faire passer des idées saines".

camargue_sarkoEt pour remplacer Mougeotte à TF1? Eh bien Sarko a mis son copain Laurent Solly, qui était son directeur de campagne adjoint juste avant. L'annonce a été faite par Franck Louvrier, un des porte parole de Sarkoléon. Ben oui, ça se passe comme ça dans les Républiques bananières. Et pour remplacer Le Lay, l'homme du temps de cerveau disponible pour Coca Cola, il a mis Nonce Paolini, un proche ami paraît-il. Comme ça, pas de problème avec TF1.

Plus récemment, l'affaire PPDA défraie la chrnoique. Martyr du sarkozysme ou simplement has been selon Sarkoléon, PPDA s'est -enfin- fait éjecter. Et qui a annoncé en avant première le nom de sa remplaçante, Laurence Ferrari? Sarko évidemment, qui avait une sérieuse dent contre un PPDA qui l'aurait "traité" de "petit garçon" lors de son élection. Bien sûr, l'UMP nie farouchement.

Comment Nicolas voit les médias

Mais, à côté de tout cela il y a plus grave: la pression créée par Sarkoléon et son entourage sur l'ensemble des médias fait qu'outre la censure, vient désormais l'auto censure.
Par peur de risquer leur place, beaucoup de journalistes et chefs de rédaction préfèrent zapper un sujet qui risquerait de déplaire à Sarko. Les cas étaient innombrables pendant la campagne (qui a duré 5 ans pour sarko) et juste après. Par exemple, pendant les émeutes de 2005 des journalistes de  France 2 ont filmé des flics en train de tabasser des jeunes. Almors, Chabot a simplement retiré le reportage du site de la chaîne.

Et puis, quand Sarko reçoit le staff de Marianne, pour leur dire qu'il voudrait "en finir avec le journalisme desarkozyDM2308_468x304 dénigrement pour promouvoir un journalisme pédagogique de l'action gouvernementale", on peut clairement se demander s'il a un quelconque respect pour la sacro sainte indépendance des médias, nécessaire dans une société démocratique, selon la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Quand il dit à TF1 (!!!) que la chaîne ne couvre pas assez ses -innombrables- déplacements, pareil.

Toujours Sarko, dans cette interview surréaliste au Nouvel Obs, expliquant savamment que "ce qui est curieux, c'est que quand il s'agit de journaux qui disent du mal de moi, ça ne gène pas que ce soit un capitaliste, entre guillemets, qui en soit propriétaire. Alors que quand ce sont des journaux un peu plus objectifs, alors là cela devrait devenir gênant". Où l'on apprend, au passage, qu'un journal "objectif" pour Sarko, c'est un journal qui ne dit pas de mal de lui...

Enfin, il reste les attaques pour diffamation, comme pour le Nouvel Obs, avec l'histoire du texto à Cécilia, juste avant le mariage avec la mère Carla. Et le journaliste qui a sorti l'info a lui aussi proté plainte pour diffamation, comme ça tout le monde est content.

Tout cela avance en même temps que l'anéantissement des lois anticoncentration des médias, destinées à garantir un semblant d'indépendance. cette loi a été instaurée après la 2ème guerre mondiale, quand on a eu le loisir de constater que tous les grands titres de la presse, entre les mains du patronat, avait été collaborationniste. Mais on a de la marge, car selon Sarko "il n'y a pas de concentration" des médias en France...

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Alors, d'un côté on a les médias qui appartiennent à de grands groupes privés dont les patrons sont des amis de Sarkoléon, et de l'autre on a des chaînes publiques vouées à disparaître dans la médiocrité faute d'argent, mais qui en plus seront placées directement sous l'influence du même Sarkoléon. Car, désormais il nommera lui-même, sans demander l'avis du CSA, le président de France Télévisions (F2,F3,F4, F5 Arte et France ô). Là, on revient juste à l'ORTF, l'organde de l'Elysée...

A France Monde (France 24, RFI et TV5), Sarko a choisi la mère Ockrent, épouse à la ville du gauchiste va-t-en-guerre Kouchner. Quelque mauvais esprit pourrait craindre un sévère conflit d'intérêts, mais pas Sarko.

Le mieux, c'est que Sarko se considère comme une victime des vilains médias, de "déchaînement médiatique"... Alors qu'il démantèle le service public et les valeurs qui lui restaient, Sarko-la-Victime a été pris en flagrant délit de menace envers un technicien de France 3 qui ne lui avait pas dit bonjour sur le plateau. "Ca va changer", a menacé Sarkoléon. Et, pour une fois, on n'en doute pas.

Enfin bref, la liberté de la presse a pris une sale décharge de plomb dans l'aile depuis quelques années. Les journalistes savent que l'étau se resserre, autant au sujet de la protection des sources, que du statut, que de la mainmise du pouvoir politique dans les médias français, et enfin de la crise de financement des médias. Dans de pareilles conditions, l'indépendance des journalistes et des médias est évidemment fort compromise, la marge de manœuvre se restreignant considérablement mois après mois.


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09 novembre 2007

Rapide état des lieux : l'indépendance des médias

Qui a dit "Si vous regardez aujourd'hui la presse française, dire qu'il y a une concentration entre quelques grands groupes, c'est tout simplement le contraire de la vérité"?  Le "frère" de Lagardère et ami du CAC 40, Notre très Cher Président pour ne pas le nommer.

Le Nouvel Obs a publié un entretien pour le moins surréaliste avec Sarko, que je vous convie à lire tantPlantu_Sarkosy l'inconséquence et l'égocentrisme du président dégoulinent à chaque ligne. Un extrait:

"Bon ben le problème de la presse, monsieur Guetta, c'est absolument pas un problème de concentration, c'est un problème de sous-capitalisation. Premier point : il n'y a pas assez de capitaux pour développer les grands journaux qui ont des tirages trop petits. Monsieur de Rothschild, si brillant avec Libération, hein. Et alors, ce qui est curieux, c'est que quand il s'agit de journaux qui disent du mal de moi, ça ne gène pas que ce soit un capitaliste, entre guillemets, qui en soit propriétaire. Alors que quand ce sont des journaux un peu plus objectifs, alors là cela devrait devenir gênant."

Où l'on apprend que pour Sarko, un journal "objectif", c'est un journal qui ne dit pas de mal de lui. Et aussi que pour lui le problème des médias se résume au manque de capitalisation. Or, un journal devrait pouvoir survivre avec les ventes et abonnements, voire avec la publicité, sans pour autant devoir engloutir des sommes faramineuses issues de la poche de PDG de l'industrie ayant des contrats avec l'Etat. Le problème des médias est bbeaucoup plus  complexe, bien que tout soit lié au manque de lecteurs pour la presse, et aux objectifs purement commerciaux des autres médias :

  • ils reflètent une pensée aseptisée : au risque de froisser le propriétaire, les actionnaires, les annonceurs ou une partie du public ou des lecteurs/ auditeurs, on fait consensuel, et si possible simple et court.
  • ils manquent de crédibilité aux yeux du public.
  • Mais le principal problème est le manque d'argent, qui amène de nombreuses contraintes de temps et de financement.
  • il y a une forte concentration des médias, c'est à dire qu'on assiste à la création de groupes multi médias, à partir de groupes industriels, comme Bouygues (le parrain du fils de Sarko), Lagardère (le "frère" de Sarko selon lui du moins avant que Paris Match fasse sa Une sur Cécilia et son amant), Dassault  (celui qui voulait "faire passer des idées saines" dans "son" journal, Le Figaro) ou Vivendi en son temps.

L'UMP de Sarkozy savait profiter de ce manque d'argent et fournissait, par exemple, les images des meeetings du candidat Sarko aux télés, y compris au JT de France 2. Les accointances entre les médias et le CAC 40 ont largement favorisé Sarko pendant la campagne, et ça continue aujourd'hui.

Selon les principes néo libéraux prônés par l'Europe, il est en effet déloyal de faire des lois anti concentration, puisqu'elles faussent la concurrence, et subventionner les médias n'est pas très orthodoxe non plus. Alors quoi? La seule solution serait-elle de vendre les médias au plus offrant, c'est-à-dire les multinationales et autres groupes ou conglomérats?
La fédération des droits de l'homme a publié un rapport intitulé "concentrations transnationales des médias en Europe", dans lequel elle souligne le " fait que la concentration des médias pourrait porter atteinte à la liberté d’expression et d’information en Europe, alors que celle-ci est vitale pour la démocratie et la culture. Dans certains secteurs des médias, tant la diversité de la production que l’accès de petits producteurs ou de producteurs indépendants au marché sont menacés".

De fait, dans certains secteurs il faut désormais tellement de moyens pour capter un public formaté par les groupes dominants, que les petites chaines ou radios, ou la presse indépendante sont littéralement écrasés. De plus, comme ces groupes sont transnationaux on assiste à une uniformisation des contenus, non seulement entre les différents types médias, mais aussi entre les médias des différents continents. Pour être sûrs de garder leur public, les médias produisent des contenus toujours plus consensuels et plus insipides, se copient les uns les autres et évitent absolument de sortir des sentiers (re)battus.
Si l'on ajoute à cela le fait que les actionnaires de ces groupes sont des industriels et qu'il ne faut surtout pas les froisser, et qu'il en va de même bien évidemment pour le(s) propriétair(e) et pour les annonceurs, on peut effectivement craindre pour l'indépendance des médias.
Comme l'a expliqué Le Canard Enchaîné dans son dernier dossier sur les médias, Bernard Arnault (celui qui vient de mettre la main sur le grand quotidien financier Les Echos, le propriétaire du groupe de luxe LVMH qui possède de nombreuses marques comme Vuitton, Berlutti, Guerlain, Dior ou Givenchy) achète de nombreux espaces publicitaires dans les magazines féminins, qui se voient contraints de vanter les produits LVMH autant sinon plus que de ceux des concurrents dans les pages -censées être- à contenu rédactionnel desdits magazines. LVMH a même été jusqu'à investir dans un logiciel qui compte le nombre de fois où ses marques et celles des concurrents sont citées dans ses magazines ainsi que ceux dans lesquels il investit via la publicité.

Quand certains pensent que les JT sont devenus le "Sarko show", que l'info n'a plus rien d'objectif, et que l'audience de la presse est en berne, il est temps de remettre sérieusement en question le processus en cours.

L'exemple du traité constitutionnel européen est révélateur: l'ensemble des médias commerciaux (y compris Libé et Le Nouvel Obs), emboîtant le pas aux partis politiques dominants (y compris le PS), ont prôné un vote favorable durant des mois, à grand renforts de Unes et, disons-le, de  mensonges par omission ou par simplification outrancière totalement indécents. Encore une fois, la machine de propagande (pardon, la "pédagogie", comme ils disent) a fonctionné à plein régime, le lavage de cerveau était seulement trop évident.

Et aujourd'hui, alors que le texte a été signé par Sarko et ratifié par l'Assemblée, de quoi parlent les médias? D'une ONG enlisée au Tchad mais qui, au moins, a le mérite de permettre à Sarko de jouer au cow boy une fois de plus. Ils nous parlent aussi de la très récente et pour le moins improbable "amitié" avec les Etats Unis, qui est certainement le pays envers lequel les français ont le plus de défiance. De quoi encore? Des grèves, comme d'habitude de manière très partiale, mais j'y reviendrai plus tard. Encore une fois, on occulte les choses qui pourraient ternir l'image de Sarko. D'ailleurs, il y a beaucoup moins de sondages d'opinion depuis quelque temps, vous ne trouvez pas?

Enfin bref, le constat est là: la plupart des édias ne sont absolument plus garants de notre démocratie, mais sont au contraire les vecteurs de la pensée unique distillée par les tenants du néo libéralisme, dont Sarko est l'instrument.




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17 octobre 2007

is Queen Cecilia gone?

S'il est un sujet secondaire en ce moment, au vu de la conjoncture politique, sociale et économique, c'est bien la présence ou non de la femme de Notre Très Cher Président à l'Elysée. Pourtant, les médias suivent assidument cette "affaire".

Tout cela est secondaire, parce que tout d'abord il ne s'agit que de rumeurs jusqu'à ce qu'elles soient confirmées. Certes, c'est logique mais il est bon de le rappeler. Ensuite, il s'agit de la "peopleisation" de la politique, qui n'a pour but que de détourner l'attention des vrais problèmes. Cela devient presque, même, de la "télé réalité" élyséenne. Or, la situation du pays est suffisamment préoccupante sur presque tous les plans pour que les médias aient d'autres sujets à traiter, de ces sujets certes plus compliqués, moins consensuels et moins faciles à expliquer en quelques lignes ou quelques secondes, mais autrement importants.
Ce genre de "sujets" reflète très bien l'état de délabrement des médias français. Même Le Monde et Le Figaro (qui font partie de la "presse quotidienne nationale" dite "de référence"), L'Express et d'autres jusqu'en Belgique en sont venus à répercuter une "rumeur" venue d'un blog ou de source non vérifiée ce qui revient au même, allant jusqu'à parler de divorce. Et quand bien même ce serait le cas, on s'en fiche. Malgré tout, sur Google actualités, on trouve 264 articles portant sur ce sujet aujourd'hui.


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La presse étrangère, comme le remarque Le Nouvel Obs, n'est pas en reste, titrant elle aussi sur ce fameux divorce. The Telegraph, par exemple, a titré le 16 octobre : " Divorce pour les Sarkozy: Cecilia réecrit les règles".
On en est même à évoquer le choix qu'aurait Notre Très Cher Président en cas demande de divorce de la part de Cécilia, c'est-à-dire la possibilité de refuser le divorce, tout simplement.
D'autres médias plus circonspects dont l'AFP ou Libération, constatant qu'effectivement le sujet a été épuisé et qu'ils n'ont rien à se mettre sous la dent, titrent sur l'absence de commentaire de l'Elysée sur cette hypothétique mais probable séparation. Là, on tombe franchement dans la non information. Ou comment meubler avec du vide.
D'autres titrent carrément sur la "rumeur", ce qui d'un point de vue déontologique est discutable. Certains y vont franchement, et pronostiquent le divorce pour cette semaine, "annoncé partout" d'après le titre. L'article reprend donc encore une fois ceux de ses confrères.
Nous ne sommes pourtant pas en train de lire Gala ou Voici, des magazines dans lesquels on peut légitimement s'attendre à trouver ce genre d'article. Dans les médias qui se revendiquent sérieux, un tel sujet mériterait une brève tout au plus.

Le processus dans la propagation de ce type d'information est simple : chaque média reprend d'autres médias, qui eux même partent de sources relativement limites, voire d'un seul média qui lui même est parti d'une "rumeur". C'est ce qu'on appelle en journalisme le phénomène émulation: un journal balance une info, et tout le monde doit la reprendre pour vendre, ne pas être à la traine, sans prendre le temps de vérifier ladite info ou de recouper les sources.
Le problème, aujourd'hui, est que ce processus est systématique, et qu'il contamine une grande part des informations véhiculées dans les médias. C'est pour cela qu'à quelques exceptions près, les grands titres sont les mêmes. Il suffit d'assister à une conférence de rédaction pour voir qu'en grande partie on traite de sujets dont parlent les autres médias du jour.

Au final, on se retrouve avec une information très formatée. Si en plus on ajoute le fait que lesdites informations viennent des mêmes agences de presse appartenant à quelques groupes internationaux, il semble logique d'avoir l'impression de "connaitre l'actualité" si l'on est quelqu'un d'attentif aux informations qui viennent jusqu'à nous, puisqu'elles disent toutes à peu près la même chose.

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02 octobre 2007

Quel krach?

En ce moment, où l'on est en train de s'enfoncer dans une crise économique durable parce que structurelle (c-à-d liée à la structure même de l'économie mondiale pourrie par la finance et la spéculation), au moment où la tension monte avec l'Iran pour nous amener rapidement vers la fameuse 3è guerre mondiale prévue par les Bilderbergers et autres gugusses de la Trilatérale, au moment, enfin, où on s'apprête à nous recaser un soi-disant "traité simplifié" qui est la copie conforme du TCE de Giscard & Co, eh bien que voit-on dans LA presse quotidienne DITE de reference en jargon journalistique ?

UNE du Monde:

- Bernard Kouchner veut réconcilier la France et le Rwanda

- La libéralisation totale du courrier prévue pour 2011 en France

- Le droit au logement opposable exige des moyens exceptionnels

- Livres : anatomie d'un succès durable

Europe:

- Les rebelles du PKK accusés après une attaque contre une milice turque

- Une deuxième chance est donnée au Flamand Yves Leterme de former le gouvernement belge

Economie:

- La pression monte pour déréglementer les pharmacies

- Le marché automobile français se redresse en septembre

- Schneider est condamné en Chine pour contrefaçon

Une du Figaro

- Le nouveau permis de construire est arrivé

- Le marché automobile français se ressaisit

- Attentats de 1995 : Rachid Ramda devant la justice

- Royal dénonce les "bourdes" diplomatiques de Sarkozy

- Coup d'envoi des heures sup défiscalisées 

- Les Blacks tout-puissants

Europe:

Ukraine : Ioulia Timochenko en tête des législatives

- Israël libère des prisonniers palestiniens

-L'irréductible Land de Bavière change de patron

-Alexis II : "Défendons ensemble les valeurs chrétiennes "

Economie:

- André Santini aux syndicats : "Il ne faut pas qu'on se rate"

- La guerre des dosettes réveille le marché du café

- Les créations d'emplois vont devenir de plus en plus rares (on notera que Le Monde n'en parle même pas, mais que Le Figaro met cet article après la terrible "guerre des dosettes"............no comment)

- Croissance, moral, dette : les voyants virent au rouge (aaaah, enfin un article qui évoque la crise, mais par le biais du moral des ménages... c'est déjà mieux que rien, Le Monde n'en parle pas)

Une de Libé:

- Les musulmans britanniques entament une campagne anti-islamophobie 

- Os secours (sur l'anorexie)

- A vous de choisir le prix du dernier Radiohead 

- Un espoir pour les malades de la mucoviscidose 

Europe (en fait comme pour Le Fig, par de rubrique "Europe", juste "monde"........ no comment encore une fois)

- Les musulmans britanniques entament une campagne anti-islamophobie 

- Ukraine: Ioulia Timochenko tient sa revanche 

- Le calme règne en maître à Rangoun

- Avec Kasparov, l’Autre Russie avance ses pions face à Poutine

- Leterme pour conclure la crise belge 

Economie:

- «Les fonds d’Etat sont des boucs émissaires idéaux» 

- En Egypte, les ouvriers du coton défient l’Etat

-Des cartes bancaires aux couleurs des grandes marques 

- Loin de la «faillite», la France a encore du crédit  (là c'est le pompon, à les lire on dirait qu'on va échapper à la crise extrait :"Les investisseurs préfèrent les emprunts d’Etat aux Sicav monétaires dynamiques, en crise. Mais surtout, les financiers ont confiance en l’Etat français. Dans les salles de marché, malgré Fillon, on est convaincu que la France est en état de payer ses dettes."

C'est donc un journal qui se dit à gauche, qui nous rassure en disant que la France n'est pas encore en crise de dette, alors que tous les gros financiers du monde et cabinets d'audit, ainsi que l'Europe et l'OCDE tirent la sonnette d'alarme... Question: à quoi joue Libé? Ca me rappelle leur "oui" au TCE. Libé, selon moi, est dangeraux, car les gens de gauche ont confiance en ce journal, qui est encore + manipulateur que Le Monde. Finalment, Le Figaro, de droite, est selon moi le quotidien auquel on peut accorder le + de crédit, car il annonce la couleur)

Conclusion de tout cela: comme dans les années 30, on va nous ressortir le coup de la "France, ilôt de prospérité" alors que le reste du monde s'enfonce dans le marasme. La crise des années 30 nous a touchés 2 ans environ après les autres car nous avions une économie très nationale, très locale, avec moins de perméabilité au système économique mondial que les autres pays européens, comme l'Allemagne ou l'Angleterre. Aujourd'hui, c'est à peu près pareil, car les ménages et entreprises français sont un peu moins endettés que les autres... Mais il est évident que la contagion se fera, parce que les banques sont des multinationales, et que les multis, justement, prennent de l'argent là où il y en a pour le mettre au chaud.

Le clampin moyen, qui regarde le 20h TF1 ou de France 2, ou qui lit Le Monde ou Libé, et dans une certaine mesure Le Figaro, ne risque pas de se rendre compte de la situation réelle

Posté par Ceri à 19:24 - Médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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