05 janvier 2009
Gaza: Israël poursuit l'offensive
Encore un conflit entre Israéliens et Palestiniens, cette fois encore à Gaza. Evidemment –comme d’habitude- il s’agit d’une riposte à des tirs de roquettes du Hamas. A coups de bombardements de quartiers résidentiels, comme d’habitude. Bon, certaines mauvaises langues disent que ladite opération « plomb durci » est prévue depuis 6 mois déjà, comme le bombardement du Liban il y a deux ans…
Il s’agit ni plus ni moins pour Israël que d’éradiquer le Hamas, au moins à Gaza. Car, effectivement, la pauvreté
des gazaouis constitue un terreau très fertile pour le recrutement de nouveaux militants. Le Hamas le sait depuis longtemps, lui qui vient en aide aux populations étouffées par l’embargo israélien via une aide caritative. A priori donc, ce n’est pas en bombardant les villes de Gaza que Tsahal réussira à étouffer le Hamas.
Et puis, le veulent-ils vraiment, eux qui ont contribué aux financements initiaux dudit Hamas en grande partie pour annihiler le Fatah et décrédibiliser les palestiniens lors des « processus de paix » ? Mahmoud Abbas, représentant du Fatah, ne peut plus mettre le pied à Gaza depuis juin 2007, et reste cantonné en Cisjordanie par le Hamas qui, lui, est bien implanté dans la bande de Gaza.
Près de 600 et quelques morts en trois jours pour quelques roquettes lancés à moins de 20 kilomètres de la frontière et trois victimes israéliennes, voilà la réaction de Tsahal, dans la dentelle comme toujours. Les cibles devraient être bien identifiées : cela fait déjà 6 mois qu’Ehud Barak a demandé aux militaires recenser lesdites cibles dans la bande de Gaza.
Quel processus de paix ?
On pourrait revenir sur les nombreux conflits qui ont rythmé la vie de la région depuis le début du Xxème siècle, mais comme les blocages sont toujours liés soit à des « attaques » palestiniennes, soit à des « refus de négocier » d’Israël, on peut se contenter de regarder ce qu’il en est pour le dernier « processus de paix » en date, qui devait aboutir en 2008. On voit aujourd’hui le résultat.
Qu’est-ce qui a bloqué ces « négociations » ? Oh, les colonies israéliennes en Cisjordanie n’ont pas aidé, l’embargo économique non plus, et les divisions dans le camp palestiniens non plus. Mais le meilleur prétexte reste –et de loin- les roquettes du Hamas.
Aujourd’hui, les chars israéliens entrent à nouveau dans Gaza, comme au bon vieux temps des plans Gimmel et Dalet : après les avions et les bombes, passent les tanks et les milices, histoire d’être bien surs qu’aucun palestinien ne s’accrochera à ses terres.
Tzipi Livni, aux Affaires Etrangères israéliennes, est une sioniste pur jus, fille d’un des chefs de l’Irgoun, une milice qui cherchait à englober toute la Jordanie dans Israël. Elle ira donc jusqu’au bout, jusqu’à l’anéantissement du Hamas et des populations qui vivent avec. Surtout qu’elle vise le poste de 1er ministre lors des législatives qui auront lieu dans un mois.
Pendant ce temps-là…
Les cibles des roquettes du Hamas n’étaient pas les villes Israéliennes, mais les colonies du Sud d'Israël voire de Cisjordanie, qui continuent à se multiplier en toute illégalité (+ 5,1% de colons Juifs en Cisjordanie en 2007, par exemple, et +5,8% en 2006…). Le nombre de colons en Cisjordanie a ainsi plus que doublé entre 1993 et 2006, et on en est à environ 230 colonies, toutes illégales, sur le territoire palestinien. Si bien qu'en Cisjordanie, on compte au moins 500.000 colons. No comment.
Actuellement, la plupart des nappes phréatiques de Cisjordanie sont accaparées par les colonies Juives, ainsi que le lac Tibériade et ses abords, rendus inaccessibles aux Palestiniens qui, de fait, n’ont quasiment plus accès à l’eau de ce qui reste de leur pays. Mais ça, c’est la technique israéliennes, et depuis des décennies.
En plus d’être étouffés économiquement, les palestiniens sont donc assoiffés.
Eux ont lâché le droit de retour sur les terres de leurs ancêtres, et ont même accepté de reconnaître Israël et ses frontières illégales, quand Israël n’a reconnu la Cisjordanie que dans les années 90.
Les sionistes, de leur côté, construisent un mur qui empiète encore sur le tracé de base, effectué d’après les frontières déjà illégales issues de la guerre de 1967, celle dite des « Six Jours ». Ledit mur a été déclaré illégal par l’ONU mais qu’importe ! Israël n’a jamais été un Etat légal non plus. 9% de la Cisjordanie seront donc en Israël dès que le mur sera achevé, et si le Hamas a quelque chose à y redire, on bombardera un peu plus.
07 décembre 2007
Le nucléaire iranien joue l'arlésienne
Personne n'ignore que depuis quelques mois, les Etats Unis mettent la pression sur l'Iran pour que celle-ci cesse un programme nucléaire dont aucun expert sérieux n'a pu affirmer l'existence. Mais cela reste accessoire, le but ailleurs. Comme pour l'invasion de l'Irak, n'importe quel prétexte sera bon pour tenter d'établir ce Grand Moyen orient dont rêvent les Etats Unis au moins depuis 2003, quand Bush a évoqué la question.
Le 3 décembre, Washington a rendu publique l'appréciation des renseignements américains
( National Intelligence Estimate, NIE) concernant l'état d'avancement du programme nucléaire iranien. Quelle ne fut pas la stupeur de l'auditoire lorsqu'on lui avoua que Téhéran a suspendu ledit programme fin 2003, à la demande de la communauté internationale. Diantre, les pressions de 2003 n'avaient donc pas permis d'envahir l'Iran il y a 4 ans? Qu'à cela ne tienne, on va nous ressortir les mêmes arguments, toujours aussi faux mais après tout c'était pareil pour l'Irak et les Etats Unis ont pourtant eu les coudées franches.
Même si le NIE estime que l'Iran pourrait réussir à produire une arme nucléaire d'ici 2015, la chose n'est pas encore d'actualité. Cela n'empêche pas deubeuliou de dire que l'Iran "reste un danger" et que "toutes les options restent ouvertes" quant à l'attitude face à l'Iran, comme si le préident US était resté scotché sur un rapport de 2005 indiquant que l'Iran est "déterminé à développer des armes nucléaires". Comme par hasard, le même jour (3 décembre), Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, déclarait que l'Iran avait probablement relancé son programme nucléaire.
Côté européen, Javier Solana, qui mène la "diplomatie européenne", a lancé de l'huile sur le feu la semaine dernière, en demandant à l'Iran de cesser l'enrichissement d'uranium, la première étape dans la fabrication d'armes nucléaires. Mais il faut préciser que les installations iraniennes ne permettent pas à l'heure actuelle d'enrichir l'uranium autant qu'il le faudrait pour parvenir à ces fins. Le Conseil de SDécurité de l'ONU, quant à lui, vote des résolutions pour empêcher l'Iran d'enrichir son uranium. La tension monte donc aussi avec l'Europe et l'ONU, qui suivent les revendications US.
A ce stade, on doit aussi évoquer le rapport de l'AIEA (Agence Européenne de l'Energie Atomique), qui a été enquêter en Iran et a seulement pu constater que l'Iran continue le programme d'enrichissement, mais pas qu'elle cherche à fabriquer des armes nucléaires. L'Iran a accepté de collaborer de manière satisfaisante avec l'AIEA, ce qui rend les résultats de l'enquête crédibles. C'est grâce à l'AIEA que Bush savait depuis le mois d'aout que l'Iran avait cessé son programme nuclaire depuis un bon moment.
Depuis 2002, l'Iran est un des Etats de l' "Axe du mal" des américains, tout comme l'Irak, deux pays au sous sol particulièrement riche en pétrole. Il y a bien une stratégie US pour mettre la main sur les richesses du Moyen Orient, à force de pressions économiques et internationales. Depuis quelque temps, Bush explique que pour éviter une "troisième guerre mondiale", il faut que l'Iran cesse son programme nucléaire. Ca sent le roussi, comme quand il avait dit qu'il fallait envahir l'Irak parce que Saddam soutenait Al Quaida. En fait, il y a une tendance dure, entre les néo cons US et les israéliens, qui veulent un durcissement des sanctions contre l'Iran , sachant pertinemment que cela entrainera une réaction potentiellement belliqueuse de l'Iran. dans le même style, on se rappelle des propos belliqueux de Kouchner cet été, comme quoi il fallait "se préparer" à une guerre contre l'Iran.
Même les anglais craignent que la violence de l'attaque US contre l'Iran ne détruise le pays, comme ce fut le cas en Irak. Une étude sortie fin août de cette année explique que « Les Etats-Unis ont fait des préparatifs dans le but de détruire les armes de destruction massive de l’Iran, son énergie nucléaire, son régime, ses forces armées, son appareil d’Etat et son infrastructure économique dans les quelques jours, sinon les quelques heures qui suivraient un ordre donné par le président George W. Bush ». Les mêmes experts estiment que les Etats Unis ont d'ores et déjà près de 10 000 cibles en Irak, sur lesquelles sont déjà pointés leurs missiles.
Prévoyants, les Etats unis ont déjà placé des forces navales, dont un porte avion nucléaire, dans le Golfe Arabo Persique, histoire d'intimider Téhéran. Ils avaient déjà fait le coup en 2003 face à l'Irak et en 2001 face à l'Afghanistan, mais là il semble que les moyens déployés sont autrement plus importants. L'Iran, logiquement, a positionné ses sous marins et autres navires dans le secteur...
Encore une fois, on pourrait presque écrire tout le scénario, rien qu'en reprenant celui de l'attaque contre l'Irak. Les Etats Unis persistent à ignorer les rapports démontrant qu'il n'ya pas d'armes nucléaires en Iran, et affirment que Téhéran dissimule ses installations. Pas très original, c'était exactement pareil en 2003. La suite? Des sanctions, voire un embargo, et l'Iran se retrouvera acculée. Avec un islamiste nationaliste au pouvoir, le résultat est sans suspense: on va aller droit au clash.
En outre, les armes nucléaires ne sont plus la panacée, on a trouvé bien mieux: les armes biologiques ou bactériologiques, qu'on a nous même fournies sous le manteau à l'Irak comme à l'Iran dans les années 90, et qui auront un impact autrement dangeraux que les bombes nucléaires.
30 octobre 2007
Israël / Palestine: le "processus de paix" US
La "conférence de paix" entre Bush et Olmert prévue en novembre, suite logique du plan US pour le contrôle du Grand Moyen Orient tant rêvé par les US. Les Etats Unis distribuent des armes à leurs copains sunnites, étrange choix si l'on considère que la menace c'est Al Quaida, et que ce sont des sunnites...
La « Conférence internationale pour relancer le processus de paix israélo-arabe », avec Blair comme émissaire du
quartette (US, ONU, Russie, Europe) risque de déboucher non pas sur la paix, mais sur une situation encore plus tendue.
Au lieu de discuter, comme on aurait pu s'y attendre, de la destruction du mur Israélien, illégal (selon l'ONU et le droit inetrnational) et empiétant largement sur le territoire palestinien soi-disant pour englober les dernières colonies israéliennes construites en Cisjordanie sur les nappes phréatiques, on va discuter de la sphère d'influence US dans le secteur.
Selon Condi Rice, cette "conférence" (mais c'est un bien grand mot puisque l'ONU n'a pas son mot à dire) révèle les efforts soutenus des Etats Unis et d'Israël pour arriver à un accord de paix avec les palestiniens. Elle a même déclaré qu'il est temps de créer un Etat palestinien. On ne lui fait pas dire.
D'après les tractations de préparation de ladite conférence, les israéliens ne veulent absolument pas d'un calendrier tandis que les Palestiniens réclament des échéances précises pour cet Etat palestinien.
En dehors de cela, les Lieux Saints de Jérusalem, qui sont au même endroit pour les palestiniens et pour les israéliens, sont un enjeu de taille, certains parlent d'un accord Israélo Jordanien pour qu'ils passent sous l'autorité de la Jordanie.
Les sénateurs US veulent que les pays arabes aident la Palestine politiquement et financièrement, et surtout que leurs relations avec Israël s'améliorent. Les pays arabes doivent donc collaborer avec le "processus de paix" US et Israélien, et cesser le boycott économique d'Israël, bien qu'Israël maintienne celui sur la Palestine. Les pays arabes doivent aussi cesser de financer ce que les US considèrent comme des groupes terroristes (et ils savent de quoi ils parlent eux qui ont financé la création du Hamas pour mettre du plomb dans l'aile du processus de paix); et faire pression sur le Hamas pour qu'il reconnaisse Israël (sachant que le droit international n'oblige personne à reconnaître Israël, Etat illégal par excellence puisque auto proclamé et avec des frontières illégales). Et on ne discutera pas du droit de retour des réfugiés palestiniens ni des frontières illégales depuis la guerre illégale de 1967, ni du sort des 11 000 prisonniers palestiniens (dont des hommes politiques), bien sûr.
De plus, quelques tirs de roquette à Gaza sur les Israéliens vont valoir aux palestiniens de Gaza une suspension de la fourniture de carburant et des coupures d'éléctricité, histoire de bien faire pression sur cette région déclarée "entité ennemie" par Israël en septembre .
Pendant qu'Israël multiplie et renforce les colonies situées en Cisjordanie, les Arabes sont priés d'être conciliants. La feuille de
route a été arrêtée le 26 octobre, et son application sera suivie par les Etats Unis.
De leur côté, les Etats Unis, très attachés à la "paix" dans la région, continuent à militariser les Etats arabes jugés amicaux, comme la très démocratique Arabie Saoudite et ses voisins sunnites (Quatar, Koweit, Emirats Arabes Unis...), pour la rondelette somme de 20 Md $. L'Egypte aura droit à 13 Md $ dans les dix années à venir, et Israël 30 Md $ d'armement, rien que ça.
L'Autorité palestinienne, elle, aura droit à 86 Md $, mais pas pour relancer son 'économie moribonde, juste pour sécuriser les frontières avec Israël.
Ce processus de paix va donc rapporter aux industries d'armement US en 1er lieu. Ensuite, Israël sera davantage sécurisée, et ses frontières ne seront même pas remises en cause. Pour les populations palestiniennes, le bénéfice reste à voir, puisqu'Israël ne veut pas entendre parler d'un Etat palestinien, ce qui serait la moindre des choses si le Hamas est censé reconnaître Israël.
Et si Etat palestinien il y a, ce sera sur une partie de la Cisjordanie, et certainement pas sur les frontières de 1967 qui sont déjà illégales pusiqu'Israël a fait cette guerre de manière illégale. Le mur qui est encore en construction englobera environ 10% de la Cisjordanie, puisqu'il mettra des colonies israéliennes situées autour de Jérusalem en territoire Israélien.
Israël veut en outre garder le contrôle sur la vallée du Jourdain histoire de bien pomper l'eau dès la source, et sur Jérusalem, si possible la totalité de la ville alors que les palestiniens aimeraient faire de Jérusalem Est la capitale de l'hypothétique Etat palestinien.
03 octobre 2007
Mur israélien en Palestine
En 2005, la Cour Internationale de Justice (rattachée à l'ONU) a déclaré illégal le mur qu'Israël construit en Cisjordanie et à Jérusalem... après de nombreuses résolutions de l'ONU disant exactement la même chose.
Israël parle d'un "mur de sécurité", mais celui-ci ne respecte même pas les frontières déjà illégales tracées après la guerre de 1967 (frontières illégales selon l'ONU et le droit international, puisque déjà cette guerre était illégale à la base).
Autour de Jérusalem, ce mur englobe des colonies situées en zone palestinienne. Ces colonies ont été multipliées depuis le début de la construction du mur, isolant la partie arabe de Jérusalem des zones de campagne autour de la ville. De plus ces colonies sont situées sur presque toutes les nappes phréatiques, empêchant l'accès des palestiniens à une eau déjà trop rare (accessoirement, Israël pompe tellement le Jourdain - environ 75% de l'eau en est détournée dès la source- que le lac Tibériade s'assèche dangereusement ).
Mi novembre, des discussions de paix doivent s'engager. Comme d'habitude, Israël fait en sorte de pilonner ces négociations, et a sorti des cartes indiquant un nouveau tracé pour ce mur, englobant 12% de la Cisjordanie en plus par rapport au tracé initial (dont la frontière appelée la "ligne verte", je le rappelle encore, est tracée d'après les limites des zones de combat de 1967, donc illégale). Israël dit qu'il ne s'agit que de 6 à 8% supplémentaires, ce qui serait déjà trop. Ce nouveau tracé permettra à près de 400 000 colons installés en Cisjordanie de revenir en territoire Israélien (cela représente 87% des colons Juifs installés chez les palestiniens).
Au final, avec les nouvelles colonies et le nouveau tracé, près de la moitié de la Cisjordanie sera en territoire israélien. Ce sont, de plus, des zones riches en eau et fertiles (comme la vallée du Jourdain), laissant le désert aux palestiniens. Jérusalem Est, qui est officiellement aux Palestiniens, deviendra une enclave coupée du reste du territoire, ce qui va tuer l'économie palestinienne, ou plutôt ce qu'il en restait (PIB palestinien qui chute de 20 à 30% par an depuis cinq ans).
Au vu de la stratégie israélienne, il est permis de penser que l'enjeu est le contrôle de cette eau si précieuse. Si l'on compare la carte des nappes phréatiques et celle des implantations de colonies, on s'aperçoit qu'elles peuvent se superposer. Depuis 1967, les avancées israéliennes visent les ressources de Cisjordanie, de Gaza et du plateau du Golan. Pour cela une technique imparable a été utilisée: pendant les guerres, les populations palestiniennes fuient les combats (il est à noter que les bombardements puis les chars israéliens rasent à peu près tout sur leur passage, cf. plan Dalet, attaques de l'Irgoun, de la Haganah, du groupe Stern...) ce qui fait que plus de la moitié des palestiniens ont grandi dans les camps situés au Liban, en Jordanie, Syrie, Egype... Israël utilise ensuite sa "loi des absents" de 1950, qui l'autorise à saisir tous les biens des "absents", c'est-à-dire les palestiniens réfugiés à l'étranger, et auxquels Israël a toujours refusé le droit de retour pourtant garanti par l'ONU. Israël accapare ainsi les terres fertiles, les maisons, les ressources en eau des palestiniens, puisque selon elle ces biens ont été "abandonnés".
Une fois le mur terminé, 90% de l'eau sera en territoire israélien.
A suivre...



