29 octobre 2008
Lutte contre le chômage et replâtrage
Depuis plusieurs mois le chômage ne fait qu’augmenter. Et ce, malgré les manipulations des chiffres systématiques, faut-il le préciser. La situation, donc, est grave. Alors forcément, il s’agit pour Sarko d’une occasion à ne pas manquer : un super plan pour l’emploi doit être lancé. OK, mais derrière les discours publicitaires qu’y a-t-il, dans ce plan ?
Il y a deux jours, Sarko annonçait
son grand « plan pour l’emploi ». Comme par hasard, deux jours avant
la publication
des chiffres du chômage, peu reluisants : 8.000
personnes de plus sur le carreau en septembre, après les 40.000 du mois
d’août, c’est moyen. Pendant ce temps là le moral des ménages, lui, est en
chute libre (au plus bas, même, depuis l’invention de cet indicateur en
1987).
Alors Sarko le sauveur chausse ses
talonnettes et reprend sa baguette magique pour nous sortir sa réforme, selon
lui « 3ème étape » de sa lutte contre la crise financière
mondiale.
On s’en serait douté, il s’agit
effectivement de gesticulations au mieux stériles, au pire contre productives,
même si certains quotidiens applaudissent des deux mains. Le
Point insiste sur certaines
idées comme « sécuriser le parcours professionnel »,
c’est-à-dire insister sur la formation continue, la marotte des grands lobbies
européens, « améliorer le retour à l’emploi », ce qui pourrait
être une bonne idée si toutefois il y avait des emplois disponibles. En
l’occurrence, il s’agit simplement de « créer des mécanismes qui
incitent à une reprise d’emploi rapide » (y compris en remettant les
seniors au boulot), sauf qu’on connaît la chanson et on sait qu’à chaque fois
c’est synonyme de restriction des droits des chômeurs et augmentation
du flicage, ce qui est rendu d’autant plus faisable que la création du
« Pôle
emploi » (regroupement ANPE- Assedic) renforcera le cadrage des
chômeurs.
Etonnement, Sarko revient sur les
« contrats aidés », qui devraient permettre 300.000 embauches,
« soit 100.000 de plus que prévu ». Avec quel argent, et
est-ce que les entreprises ont besoin de main d’œuvre en cette période de
récession ?
Sans surprise en revanche, il
revient sur le travail le dimanche qu’il convient de « libérer »,
comme si les Français, en mal de pouvoir d’achat, allaient consommer davantage
si les magasins sont ouverts le dimanche.
Dernière grande idée mise en avant
par l’hebdomadaire : « mettre l’accent sur les services
à la personne », ces
emplois précaires, mal payés et à temps partiel, où les gens touchent le SMIG
ou à peine plus.
Pour Le
Figaro, qui dans son édito parle d’ « urgence sociale »,
Sarko est ainsi « prêt à lever les tabous » avec son Plan emploi, et
n’a pas peur d’évoquer une autre grande mesure dudit plan : l’ « assouplissement
du droit du travail », par exemple en facilitant le recours aux CDD,
mais qu’on se rassure il compte en discuter avec les syndicats dans un mois.
Tout en précisant que s’ils ne sont pas d’accord le gouvernement décidera
tout seul.
Les syndicats ne sont pas
super enthousiastes, évidemment. Mais, plus sérieusement, d’autres pointent
un plan « approximatif », et citent le « Contrat
de transition professionnelle » destiné aux licenciés économiques, qui
sera étendu à toutes les zones sinistrées du point de vue du chômage, soit une vingtaine
aujourd’hui. Ca couterait très cher mais ça tombe bien avec le
nombre de
plans sociaux annoncés
par les boîtes ces derniers temps.
Faut-il rappeler que pour sortir du marasme, Roosevelt avait lancé le « New Deal », un vaste plan qui réformait les banques, améliorait l’aide et la protection sociales et syndicale, tout en développant l’emploi via de grands travaux payés par l’Etat. Nous en sommes bien loin.
19 octobre 2008
Kosovo: l'OTAN assure la mainmise des mafias (partie II)
Deuxième partie de notre grande saga sur l'OTAN au Kosovo. On avait parlé de l'UCK, et de son financement via le trafic de drogue, ainsi que la manière dont elle a été protégée par certains Etats européens malgré de larges accointances avec le crime organisé local. Voyons ce que sont devenus les chefs de l'UCK, et à quoi sert aujourd'hui le gouvernement kosovar.
GOUVERNEMENT
KOSOVAR ET TRAFICS
Aujourd’hui,
les anciens chefs de l’UCK sont les chefs politiques du Kosovo, plébiscités
par
l’establishment international, ayant pignon
sur rue. Et tout
le monde trouve
ça très
bien. Les médias commerciaux oublient
tous de
parler des activités mafieuses de Thaci, par exemple, lorsqu’il devient 1er
ministre. Les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Europe grâce
à Javier
Solana notamment qui fut aussi en poste à l’OTAN pour s’occuper de la même
question, avant d’arriver dans la magouille sur le « Traité
Européen », l’ONU et l’OTAN leur ont donné carte blanche.
Le
général canadien Lewis MacKenzie, qui a commandé l’OTAN au début de la guerre, résumait
parfaitement la situation en avril 2004. Il
expliquait dans le National Post que « Depuis l’intervention
de l’OTAN et de l’ONU en 1999 au Kosovo, ce dernier est devenu la capitale
européenne du crime. Le commerce des esclaves sexuels y est florissant. La
province est devenue la plaque tournante de la drogue en direction de l’Europe
et de l’Amérique du nord. Et pour comble, la plupart des drogues proviennent
d’un autre pays “libéré” par l’Occident : l’Afghanistan. Les membres de l’UCK,
qui a été démobilisée mais non démantelée, participent à la fois à ce trafic et
au gouvernement. La police de l’ONU arrête quelques uns de ceux qui sont
impliqués dans ce trafic et les traduit devant une juridiction passoire ouverte
à la corruption et aux pressions. ». Deux ans plus tard, MacKenzie
était mis
en cause par un procureur bosniaque pour le viol de musulmanes dans un camp
de détention près de Sarajevo. C’est peut-être vrai, puisque les soldats
occidentaux présents là-bas ont largement contribué à l’essor des bordels et
des réseaux de prostitution dans toute l’ex-Yougoslavie.
La
drogue
La
route des Balkans n’est pas une
nouveauté dans le domaine de la drogue. Mais aujourd’hui les quantités sont
devenues industrielles, grâce aux conflits dans la région. Au Kosovo, pareil :
l’UCK s’est fait de l’argent en trafiquant la drogue d’abord (surtout l’héroïne
au début, puis la cocaïne et les amphétamines), afin de se procurer des armes,
puis en se mettant au proxénétisme.
Par
son besoin de financement, l’UCK a largement renforcé le trafic de drogue au
Kosovo et en Europe. Mais avant la guerre, le Kosovo était déjà
un carrefour du marché de l’héroïne notamment, aux mains des clans albanais,
comme l’écrivait l’Humanité en 2000 : « En 1997, un rapport
d’Interpol indiquait déjà : " Les groupes criminels albanais
originaires du Kosovo et de Macédoine sont parmi les organisations les plus
impliquées dans le trafic d’héroïne en Europe. Les Albanais du Kosovo en
particulier détiennent une part majeure du marché de l’héroïne en Suisse, en
Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en République tchèque, en Norvège, en
Pologne et en Belgique " ». Le Kosovo est
resté ce carrefour tout au long de la guerre.
D’aucuns
pensent même que le trafic d’organes dénoncé par Carla del Ponte a servi à acheter
la drogue d’Afghanistan
Et
ça continue : venue d’Afghanistan, où plus
de 90% du pavot mondial est
produit avec la
caution de l’OTAN (par exemple, la production
de pavot a augmenté de
121% entre 2005 et 2006, l’année où l’OTAN a largué des tracts par avion
pour dire à la population qu’elle pouvait continuer à cultiver du pavot),
l’héroïne transite
par le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine (tenue par des anciens de l’UCK). Au
sujet de l’Afghanistan, on sait par exemple qu’un
des frères du président Karzai est fortement soupçonné d’être un des plus
grands barons de la drogue du pays, pendant que le gouvernement et Ahmid Karzai
lui-même sont soupçonnés de fermer les yeux si ce n’est d’en profiter. L’échec
de Karzai et de l’OTAN en matière de lutte anti drogue est si évident que
d’aucuns parlent aujourd’hui de « narco
Etat » pour désigner un Afghanistan dirigé par un président « corrompu » (car en effet, les champs de pavot pullulent surtout dans les régions pachtounes, l'ethnie de Karzai).
Ce serait d'ailleurs fort approprié, au cas où l'OTAN parvient à dépénaliser la production de pavot en Afghanistan, comme semblent l'indiquer certaines discussions. On parle même depuis 2007 de racheter ladite production aux paysans, au même prix qu'ils la revendent habituellement, mais pour en faire des médicaments...
A
ce sujet, laissons parler Alain Staher,
professeur de relations internationales à l’université de Zurich : « Les
deux provinces de Helmand et de Kandahar fournissent plus de 50% des substances
brutes de cette drogue produite en Afghanistan. La seule province de Helmand en
fournit 40%. 300 à 500 négociants en gros contrôlent le commerce d’opium de
cette province qui est ensuite transformé en héroïne. (…) Au total, l’Afghanistan
est fournisseur de plus de 85% de la production mondiale d’opium.
Selon
le rapport récemment publié par l’Onu et la Banque Mondiale, édité par Doris
Buddenberg et William A. Byrd – «Afghanisan’s Drug Industry» – en Afghanistan,
plus de 25 à 30 personnes se trouvent à la tête du commerce de la drogue, qui
proviennent de l’Afghanistan du sud, mais qui sont étroitement liées avec le
gouvernement à Kaboul: «And balances ‹Appears to be exercised to ensure smooth
flows of narcotics and protection payments›».
Bref,
la situation en Afghanistan est très similaire à celle du Kosovo. A tel point
qu’il est sain de s’interroger sur l’efficacité de l’OTAN dans la lutte contre
la criminalité organisée, puisque les gouvernements qu’elle établit sont très
impliqués dans ce secteur porteur. De mauvaises langues pourraient même se
demander s’il n’y a pas un lien de cause à effet entre l’installation de l’OTAN
dans un pays et le développement du narco trafic.
Si tel
était le cas, le système actuel serait imparable : la production se fait
en Afghanistan, et la partie destinée à l’Europe arrive au Kosovo, autre zone
de non droit. Après son passage au Kosovo, la marchandise est donc distribuée et revendue dans
toute l’Europe et jusqu’aux
Etats-Unis grâce
aux réseaux familiaux ou
purement mafieux des expatriés. Selon l’Université de Gand, « en
Europe, les Kosovars sont présents là où leur diaspora est ancienne. Ils
tiennent une partie du marché en Autriche, en Allemagne et sont les premiers
fournisseurs des organisations criminelles italiennes à Milan. Ils sont aussi
très actifs dans les pays scandinaves. On a saisi en Suède 70 kilogrammes
d'héroïne en 1998, plus de trois fois les quantités des années précédentes. Les
pays voisins ne sont pas épargnés. ».
En
2000, The Guardian écrivait que les trafiquants kosovars drainaient entre 4,5 et 5
tonnes d’héroïne chaque mois, ce qui est absolument énorme sachant qu’entre
leurs mains elle est à peine coupée. La même année, on a saisi… 9
kilos d’héroïne au Kosovo. Et les services européens étaient parfaitement au
courant de ces petites affaires.
Le
phénomène est palpable partout : environ 30
tonnes d’héroïne passeraient par les ports et aéroports belges chaque année,
notamment par Anvers et Zaventem. En Suisse, le Ministère public de la
Confédération a poursuivi
en 2007 un clan originaire du Kosovo soupçonné d’être « l’un des
principaux fournisseurs d’héroïne d’Europe à partir de la moitié des années
nonante » qui aurait « écoulé de grandes quantités [1475
kilos pour la période de 1997 à 2003, selon le communiqué] de stupéfiants en
provenance des Balkans », et ce genre d’affaire
est légion
aujourd’hui.
De
même, les laboratoires de transformation de l’héroïne se multiplient en
Albanie, au Kosovo, en Serbie. Parallèlement, on saisit moins d’héroïne
transformée en Asie, et des produits chimiques
venus d’Europe de l’ouest vers les Balkans commencent à être saisis, pour
transformer l’opium ou pour faire des amphétamines, du LSD ou autres. Et tout
ça s’organise presque de manière fordiste : « De façon générale,
on assiste à une division du travail entre Turcs et albanophones en matière
d'héroïne. Aux réseaux turcs, la production et le commerce de gros; aux réseaux
albanophones la charge du demi-gros et de la revente "tout au long de la
route des Balkans, jusqu'au nord de la Scandinavie’’ », expliquaient
Raufer et Quéré dans La Mafia Albanaise, publié en 2000.
Bien
sûr, plus près, en Macédoine, en Slovaquie, en
Roumanie, l’héroïne est également déversée en quantité, à des prix incroyablement
bas. Une partie de la Serbie proche du Kosovo où ont émigré beaucoup d’albanais
kosovars pendant la guerre est devenue rapidement, selon Interpol, un carrefour
de l’héroïne. Le rapport du Centre d’Information Géopolitique dit que,
-comme au bon vieux temps- « tous les groupes activistes albanais de cette
région sont impliqués dans toutes sortes de trafics pour se financer dans un
contexte volatile qu’ils souhaitent bien évidemment voir durer le plus
longtemps possible. Ces organisations politico-mafieuses ne négligent pas non
plus d’entretenir des contacts utiles avec des membres des services secrets
albanais. ».
En fait, dans cette région, une milice locale –l’UCPMB- financée, dit le rapport,
par la diaspora albanaise, s’est créée en 2000 pour « libérer » les
zones de Presevo, Medvedja et Bujanovac et « protéger » les albanais
de Serbie en commettant quelques attentats. Son fief était alors –ô surprise !-
« l’un des centres répertoriés du trafic d’héroïne dans les Balkans ».
Aujourd’hui, l’armée yougoslave a pu se
réintroduire dans la région, ce qui a fait revenir certains
« guérilleros » au Kosovo dans les jupes
de la KFOR. Normal : on leur a promis l’impunité et la réintégration dans
la vie civile, comme les paramilitaires colombiens. Evidemment, une partie des
anciens de l’UCPMB a rejoint l’UCK
de Macédoine, qui avait démarré « lutte » là-bas en 2001 pour à
peu près les mêmes motifs. Enfin bref, tout cela pour souligner que malgré les
remises d’armes et cessez-le-feu, la région reste agitée
y compris au Kosovo, et que tout cela crée des zones de non droit ou de droit
très relatif fort propices au développement de trafics divers et variés.
La
prostitution
Plus
rentable que la drogue, il y a le trafic d’être humains, qui peut être du
travail clandestin, de la mendicité
forcée, mais surtout de la
prostitution, dont les kosovars et
les albanais sont devenus les maîtres grâce aux conflits en ex Yougoslavie.
Et dans ce domaine encore, le Kosovo est une plaque
tournante. Pendant le conflit, les filles étaient enlevées (ce
qui se fait toujours beaucoup au Kosovo et en Albanie), histoire d’alimenter
les bordels. Maintenant on les fait aussi venir des pays voisins (Moldavie, Ukraine, Bulgarie,
Roumanie, Bosnie, Albanie…) le plus souvent en leur faisant miroiter un job de
serveuse à l’ouest, voire pour rembourser une dette. Maintenant, les nouveaux
pauvres apparus avec l’économie de marché offrent de nombreuses candidates au
départ.
Les
réseaux qui se sont mis à la traite des femmes au Kosovo étaient déjà impliqués
dans le trafic de drogue en général, et les membres de certains clans, dont
quelques uns sont ou ont été au gouvernement kosovar, furent plus actifs que
d’autres en ce domaine.
Avant,
pendant la guerre, on les « rôdait » dans des camps (souvent
juste à côté d’une caserne ou d’une base militaire d’ailleurs, au Kosovo comme
ailleurs en ex Yougoslavie, car les Serbes ont été les champions dans le
domaine du viol de guerre) par des viols et passages à tabac systématiques, maintenant
c’est dans des motels, des bordels, des bars… Majeures ou mineures pour environ
un tiers d’entre elles, elles peuvent être revendues plusieurs fois dans les
pays de transit, comme le Kosovo, où elles sont « conditionnées ».
Parfois elles y restent.
Une
partie des filles appartenant aux mafias kosovares de Belgique ont été achetées
dans le Nord de l’Allemagne. Un rapport
de la Fondation Scelles, qui lutte entre autres contre l’esclavage moderne,
explique que « C’est cependant au Nord de l’Allemagne, dans la région de Hanovre que se
rendent des membres du noyau criminel, pour acheter au milieu russe et
polonais, des filles généralement originaires d’Ukraine et de Biélorussie. »
Ou
bien elles arrivent sur les trottoirs italiens, tournent dans toute
l’Europe souvent en passant par
Bruxelles, restant moins de 6 mois dans la même ville. Dès le début de la
guerre, on a senti jusqu’ici
la présence des proxénètes albanais du Kosovo. En Europe de l’Ouest, une fille
rapporte au moins 100 000 euros par an. Elles sont au moins 500 000, selon
l’Organisation Internationale des Migrations. Ca fait de l’argent… Les
proxénètes les menacent, et peuvent aussi menacer leurs familles, surtout dans
le cas des kosovares et des albanaises, puisque les réseaux ont leurs racines
là-bas. En Moldavie, par exemple, les réseaux qui s’occupent de la drogue, en partie tenus là-bas par les
albanais, servent aussi à faire pression sur les familles des filles.
Philippe
Chassagne, dans un
article sur la traite des êtres humains, met le doigt sur l’importance de
la présence de contingents internationaux en ce qui concerne le développement
des réseaux de traite : « Il est frappant de constater que la
prostitution explose dans les zones très militarisées et occupées par du
personnel des administrations internationales (Kosovo, Macédoine, Bosnie), des
zones de fractures, marquées par des frontières internationales ou seulement
locales. Ce marché en développement constitue une importante source de revenus
pour des organisations criminelles locales, souvent elles-mêmes liées à des
groupes paramilitaires. »
Un
rapport d’Amnesty explique que les membres de la KFOR et de la MINUK, protégés par
leur immunité, ne sont jamais poursuivis pour leur participation à ces
trafics : « Aucun membre de la KFOR soupçonné de faire partie des
trafiquants ou d’avoir eu recours aux services de femmes ou de jeunes filles
forcées de se prostituer ne peut être poursuivi au Kosovo », et cela
bien que « de janvier 2002 à juillet 2003, entre 22 et 27 soldats de la
KFOR ont été soupçonnés d’infractions liées à la traite d’êtres humains, selon
l’unité de police de la MINUK chargée de la répression de la prostitution et du
trafic d’êtres humains (TPIU). »
Le
rapport, de 2004, conclut ainsi : « Avec l’arrivée de la
communauté internationale au Kosovo en 1999, on a assisté à un développement
sans précédent de l’industrie du sexe basée sur la traite des femmes et des
jeunes filles. En 1999-2000, on estime que les membres de la communauté
internationale représentaient 80 p. cent des clients des femmes et jeunes
filles victimes des réseaux de prostitution. En 2002, le chiffre est tombé aux
alentours de 30 p. cent, mais au cours de la même période les membres de la
communauté internationale ont été à l’origine de presque 80 p. cent des revenus
de cette industrie. Aujourd’hui, on estime qu’ils constituent environ 20 p.
cent de la clientèle, alors qu’ils ne représentent que deux pour cent de la
population au Kosovo. » Ou encore : » bien que
l’industrie du sexe fournisse maintenant ses services tant aux autochtones
kosovars qu’aux hommes de la présence internationale, il est clair qu’elle a
initialement grandi sur le terreau d’une militarisation postérieure au conflit
et de la présence d’une communauté internationale militaire et civile disposant
de salaires très élevés. (…) la MINUK – en n’engageant pas de poursuites
contre les personnels internationaux soupçonnés de participation à la traite ou
recourant aux services sexuels de femmes en ayant des raisons de penser
qu’elles sont soumises à la traite – a créé un climat d’impunité quant aux
violences faites à ces femmes et aux violations de leurs droits fondamentaux. ».
Et c’est vrai que l’immunité règne. Par exemple, les personnels de l’OTAN ont
l’immunité « dans toutes les circonstances et à tout moment ».
Et en Europe, les peines pour proxénétisme sont minimes, comparées aux gains
réalisés.
« Amnesty
International a aussi reçu des allégations crédibles relatives à l’utilisation
de femmes contraintes de se prostituer au sein de bataillons nationaux de la
KFOR, notamment au camp Monteith de Gnjilane/Gjilan et au camp Bondsteel,
proche de Ferizaj/Urosevac, où les personnels du contingent des États-Unis ont
interdiction de quitter leurs bases ». Le camp Bondsteel, c’est la
plus grande base US de monde, sur laquelle on reviendra.
Même RFI le dit, et
même des policiers locaux, dans Courrier International : « Au
Kosovo, près de Pristina, on trouve les plus grands bordels des Balkans, à
cause des soldats internationaux ». Qui sont payés double ou triple
solde pour l’occasion. L’Assemblée
Nationale quant à elle évoque le « fameux Arizona Market en Bosnie
est un marché ouvert une fois par semaine, où l'on vend des femmes. Les prix
dépendent de l'âge, de la virginité, de la condition physique de la femme. ».
L’Arizona market,
c’est un grand marché détaxé de 2500 commerces, crée par la SFOR et l’OTAN en
1992 afin de « réconcilier par le commerce » serbes, croates
et bosniaques. Après 1999, la zone Arizona est placée sous autorité
internationale, et le commerce des femmes devint florissant. Debout
sur une estrade, nues, des hommes viennent les acheter pour 500 à 2000 euros au
maximum.
De
fait, lorsqu’on lit des témoignages de jeunes filles qui se sont retrouvées
forcées à se prostituer dans les bars de Pristina ou d’ailleurs, tels que
« Le patron me forçait à aller avec des policiers et des soldats de la
force internationale », on comprend l’ampleur de cette réalité. Même
si c’est pendant la guerre que les militaires et autres personnels
internationaux ont le plus fait prospérer les bordels et les mafias locales, le
phénomène perdure grâce à la corruption
et à la prégnance des réseaux mafieux.
Dans
un autre rapport, de la même année, Amnesty explique que la police de la MINUK
chargée de lutter contre le trafic d’être humains (« police » par
ailleurs tout à fait inefficace) a constaté qu’ « au 1er janvier 2002,
110 établissements étaient cités [sur la liste noire des bars et autres se
livrant au proxénétisme]; un an plus tard ils étaient 210 ; en mars 2004 »
(en 1999, il y en avait seulement
18). En gros, rien n’est fait pour que les choses changent, au contraire. Aujourd’hui
encore, quand on se promène près des frontières avec l’ex Yougoslavie, on peut
tomber sur ces villes fantômes pleines de bordels, avec des gamines à moitié
nues en plein hiver devant les vitrines. On croise aussi ces « filles de
l’est » sur nos trottoirs, et jamais elles n’ont chois leur sort. Et quand
elles se font pincer chez nous, en
Sarkoland ou en Berluscoland, on les envoie en taule
ou bien on les expulse (eh oui, elles n’ont pas de papiers !).
La
réalité, en tout cas, est là : les réseaux de prostitution se sont
développés et ont prospéré
grâce au conflit et ce, pour différentes raisons (troupes étrangères, impunité,
réseaux de trafic de drogue et d’armes déjà en place, corruption…) ;
aujourd’hui ça continue : la mafia albanaise se
recentre depuis quelque temps sur la drogue et la prostitution, qu’elle maîtrise
parfaitement. A tel point qu’on a en Moldavie et en Albanie des « centres de formation »
à la prostitution, dans des bars par exemple, où les filles restent au moins 2
mois
Le
gouvernement des parrains
Au
début des années 90, quand Milosevic a dissous le gouvernement kosovar, un
gouvernement parallèle dirigé par Rugova s’est installé en Allemagne. Et c’est
encore l’Allemagne qui a aidé à mettre sur pied l’UCK, grâce au BND, les services
secrets allemands. En effet : Milosevic étant en train de se livrer à un
terrible génocide sur les albanophones du Kosovo, il y avait urgence à armer la
guérilla kosovare. Tel était l’argument des allemands, puis de l’Europe. On a
donc formé l’UCK et ses chefs bien qu’on connaissait leur implication dans tous
les trafics imaginables. Et puis on a transformé l’UCK en Corps de Protection
du Kosovo, légitimant ces gugusses qu’on a souvent envoyés à Rambouillet. Après
la guerre, ils se sont logiquement retrouvés sur la scène politique.
Aujourd’hui,
le Kosovo se retrouve avec un gouvernement
totalement mafieux, au vu et au su
de tous, l’Occident en premier. Malgré
les avertissements de différents services de renseignement européens, l’OTAN
décide de mettre au pouvoir les chefs de clans qui dirigeaient l’UCK. Revenons
sur quelques personnages :
- Hashim
Thaci.
Tout le monde sait qu’il n’est « pas une personne
irréprochable ». On cite même une agence de presse
yougoslave qui
avait révélé qu’en avril 2000, Madeleine Albright a ordonné à Carla del Ponte
« d’effacer Hashim Thaci de la liste des suspectés de crimes de guerre ».
De fait, il semble que
les services secrets français, allemands, l’ONU et la KFOR sont au courant que
ledit Thaci et au moins deux de ses congénères de la liste ci-dessous, étaient
soutenus en tant que leaders de l’UCK par des « réseaux criminels »
qui « favorisent l’instabilité politique » et « n’ont
aucun intérêt à ce que s’instaure un ordre étatique efficace qui pourrait gêner
leurs florissantes affaires ». Selon les services allemands, c’est
même pour cette raison que « les acteurs importants de la criminalité
organisée aspirent à des postes de premier plan dans le gouvernement ou dans
les partis et/ou entretiennent de bons rapports avec ces milieux ».
Thaci a vécu 5 ans comme réfugié
politique en Suisse à partir de 1995, après avoir mis en place le début de
l’UCK et avoir pris 22 fermes par les Serbes après un attentat. Il y a
différentes versions sur son passage. Officiellement il étudie à l’université,
et il « fréquente les cercles de la diaspora », avec qui il a
gardé contact.
On lui reproche aussi d’avoir mis en place un
certain « Groupe
de Drenica », du nom de sa région d’origine qui fut aussi le premier
bastion de l’UCK, lequel groupe serait impliqué dans divers trafics.
On sait aussi qu’il a dirigé le groupe Drenica, du
nom de sa région natale. Groupe impliqué dans la prostitution et le trafic de
drogue, qui a évidemment servi au financement de l’UCK à l’époque, et qui
aujourd’hui prospère pour des raisons que l’on devine sans problème.
En 1999 il se nomme 1er
ministre, et se retrouve désigné pour aller « négocier » à
Rambouillet (vraisemblablement par choix US),
il y réclame l’indépendance du Kosovo. En 2000, Madeleine Allbright aurait même
demandé à Carla del ponte d’effacer
Thaci de la liste des criminels de guerre.
Puis il arrive à la tête du parti Démocratique, qui
n’a jamais hésité à utiliser
la violence pour faire
taire ses adversaires politiques ou « collecter » de
l’argent, bien que les observateurs internationaux pour les élections au Kosovo
ne l’ont évidemment jamais mentionné.
Sous mandat d’arrêt international, il est arrêté en
2003, puis relâché pour raisons diplomatiques vraisemblablement.
- Ramush
Haradinaj
On a déjà parlé des 25 ans de prison requis contre
lui par le TPIY pour 17 chefs d’inculpation, puis son acquittement « faute de preuves » après le désistement
ou la mort d’un certain nombre de témoins.
Passé lui aussi par la Suisse, où l’homme aurait
mené des activités illégales lui valant un « dossier pénal
chargé » auprès de la justice du pays, exerçant différents métiers
comme celui de videur de boîte, à Leysin. C’est aussi là qu’il aurait rejoint l’ersatz d’UCK, puis passe en France
dans la Légion Etrangère. Jusque là, Haradinaj n’a rien d’un homme politique
digne de négocier pour son pays. Il revient au Kosovo au milieu des années 90,
où il commence à faire des attentats au nom de l’UCK. Pendant la guerre et même
après, il règle ses comptes avec la milice opposée, proche de Rugova (tout en
massacrant quelques Serbes, évidemment). Cependant, il y a de fortes chances
que certains trafics soient à l’origine de ces opérations punitives.
Trafics dans lesquels même la Kfor savait
qu’il trempait, du détournement d’aide humanitaire à la drogue.
En décembre 2004, il devient 1er ministre et plaide pour la « lutte contre la corruption » mais doit démissionner provisoirement pour aller au TPIY. Et il va y retourner dans peu de temps, puisque le TPIY a fini par faire appel contre le jugement. Le quotidien belge Le Soir ajoute que « le TPI a rendu publique l’inculpation de deux hauts responsables kosovars, dont l’ancien ministre de la Culture Astrit Haraqija, également membre du « Comité de défense de Ramush Haradinaj », pour intimidation de témoins lors du procès. » Ambiance.
On n’est pas surs qu’il s’agisse de sa vraie
identité. Il serait né le 8 mars 1956 à Pec. Officier des services secrets
albanais, la Sigurimi, il
était chargé des affaires kosovares sous Ramiz Alia, puis Fatos Nano. Il s’installe
en Suisse dans les années 80 où il entre en contact avec les frères Gervalla et
Kadri Zeka. En 1990, l’UDB-a yougoslave fait sauter sa maison à Zurich. Membre
du premier groupe UCK de la Dreniça, il est chargé des finances, c’est-à-dire
de la collecte de fonds auprès des émigrés. C’est un des six dirigeants
politiques de l’UCK, nommé le 13 août 1998. Il participe au recrutement des
troupes avant la guerre
Présent à Rambouillet, il part
ensuite à Tirana où il est le représentant de l’UCK et du gouvernement Thaçi en
Albanie. Au printemps 1999, c’est le « Monsieur achats » de l’UCK. Le 15
octobre 1999, il devient le numéro onze dans la hiérarchie du PPDK. Dès
l’automne 1999, il contrôle 50 stations services au Kosovo, est impliqué dans différents
trafics (d’armes notamment) et règlements de
compte contre des rivaux (pour le compte de Thaci) et représente l’UCK au
Conseil de transition de la Minuk. Sa femme aurait la nationalité suisse.
En 2001, il est soupçonné par la Suisse de mener
l’insurrection en Macédoine (sur laquelle les albanais et l’UCK aimeraient mettre
la main) et est interdit
du territoire par le Conseil Fédéral. Il rentre alors au Kosovo et se fait
élire député, chose très pratique pour échapper à la justice.
-Agim
Ceku
Colonel
dans l’armée Croate avant la guerre du Kosovo, il mène avec succès des attaques
contre
les civils Serbes pendant la guerre de Yougoslavie.
Commandant en chef
de l’UCK pendant la guerre, il est nommé en 1999 commandant du KPC, le Corps de
protection du Kosovo, par la Kfor. Il va donc à Rambouillet en tant que chef militaire
de l’UCK.
Après
la guerre il s’occupe de la démilitarisation du KPC, et en 2006 il est 1er
ministre.
De
toute manière, c’est pareil partout où les Albanais sont implantés. En Macédoine,
Christophe Chiclet écrit pour l’ULB que « tous les partis
albano-macédoniens (Parti de la prospérité démocratique, Parti démocratique
albanais, Union démocratique pour l’intégration), se financent ou se sont
financés par le trafic d’armes, de drogues et la prostitution. A noter que
Union démocratique pour l’intégration, aujourd’hui au pouvoir [en 2002],
est dirigé par des hommes ayant fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux ».
Toute la région des
Balkans est aujourd’hui gangrenée par le crime organisé. Un rapport de 2006 du
Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines explique
même que « Les liquidités dégagées, réinvesties dans une
poly-criminalité (immigration clandestine et traite des êtres humains,
cigarettes, armes…) et dans l'achat des protections nécessaires (corruption),
permettent aux réseaux criminels d'asseoir leur pouvoir d'influence jusqu'au
coeur de l'UE », ce qui n’est absolument pas étonnant, et expliquerait
bien des choses.
Le
spectacle a continué allègrement, comme on peut le constater en mettant bout à
bout de nombreux petits éléments. Par exemple : en 2005 Kofi Annan nomme Martti Ahtisaari,
ex-président finlandais et aussi président
honoraire de l’International Crisis Group de Soros comme envoyé spécial au
Kosovo, afin de mener les « négociations » sur le statut final de la
région. Sans surprise, celui-ci a réclamé dans son rapport
rendu l’année dernière l’indépendance … au nom de la « réconciliation
interethnique » ! Bien sûr ladite indépendance se fera sous
le contrôle d’une « supervision internationale », et on
préconise au passage la « poursuite du programme de privatisation avec
(…) une substantielle participation internationale ». On
nommera aussi un « représentant civil international, également
Représentant spécial de l’Union européenne, qui sera nommé par un Groupe de
pilotage international, sera l’organe suprême de contrôle de l’application du
Règlement ». Donc, le Kosovo sera bien encadré, ce que ferait le
gouvernement devrait en principe être suivi.
A
la fin du rapport, une autre grande préconisation : le contrôle des
douanes et le contrôle des poursuites judiciaires en ce qui concerne le crime
organisé. Un verrouillage total des contrôles possibles dans ce domaine, en
fait. L’Europe doit donc envoyer au Kosovo sa «Mission de la Politique
Européenne de sécurité et de défense » qui « exercera des fonctions
d’encadrement, de surveillance et de conseil dans tous les domaines qui
concernent la primauté du droit au Kosovo. Elle aura le droit d’engager en
toute indépendance des poursuites judiciaires dans des domaines
particulièrement sensibles comme la criminalité organisée, les infractions à
caractère ethnique, la criminalité financière et les crimes de guerre. Elle
disposera en outre de pouvoirs d’exécution limités dans des domaines comme le
contrôle des frontières et le maintien de l’ordre. »
Ahtisaari est depuis longtemps un personnage en vue sur le plan international, oeuvrant pour la paix etc. On le retrouve dans un certain nombre de think tank comme l'European Council on Foreign Relations, dont il est co-président, qui vise à pousser à l'intégration européenne et est en partie financé par Georges Soros ce grand philantrope (via la Fondation Soros qui a aussi soutenu toutes les "révolutions" dans les Balkans ces dernirèes années). On retrouve là-dedans une bonne partie de l'establishment européaniste et atlantiste, tels que DSK, Ockrent, l'incontournable Alain Minc, Cohn-Bendit, Pascal Lamy le président de la Banque Mondiale, Pierre Moscovici, le vicomte Etienne Davignon président du Bilderberg, Goerges Soros, Joschka Fisher, l'anglais Chris Patten et bien d'autres. Il y a aussi son propre machin, le Crisis Managment Initiative et un tas d'autres think tank un peu partout. Bref, l'homme fait totalement partie du paysage politique international et de la pensée dominante actuelle. Mais il y a quelques casseroles, apparamment.
Un rapport du BND accuserait
par ailleurs ledit Ahtisaari d'être corrompu
par les Albanais pour demander, justement, l’indépendance du Kosovo. Et le ministre russe des affaires étrangères "suggérait" quant à lui que ledit Ahtisaari avait des connexions avec la mafia albanaise. Certains (dont le BND allemand) parlent d'un versement de 2 millions d'euros sur le compte de l' "envoyé spécial" au Kosovo dans une banque chypriote, ainsi que d'un échange de malettes et de la visite nocturne de deux femmes chez Ahtisaari. C'est-à-dire: les techniques les plus banales de la corruption.
Tout cela évidemment n'est pas étalé sur la place publique (Ahtisaari vient de se voir décerner -après de nombreux autres- le prix Nobel de la Paix pour avoir poussé à l'indépendance du kosovo).
Il y a toutefois ce qu'on peut appeller un faisceau de -fortes- présompions, qui amènent à se poser un certain nombre de questions au sujet du type de personnalités politiques que l'OTAN (donc les grandes puissances), a établies au Kosovo.

15 octobre 2008
Sarko fait des économies : explosion du budget de l’Elysée
Rigueur oui, mais pas pour tout le monde ! Alors que
Sarkoléon avait promis de réduire le nombre de conseillers à l’Elysée et de
faire des économies, le budget élyséen est en pleine explosion. Si les
contribuables doivent se serrer la ceinture, ce n’est certes pas le cas de
Notre Très Cher Président.
Qui s’en rappelle ? Au soir des élections, Sarko a
dit qu’il restreindrait les dépenses élyséennes, qu’il gouvernerait
« autrement »... Qu’en est-il un an et demi après ?
Chirac avait –royalement- 58 conseillers à la fin de son deuxième mandat, Sa Majesté sarko en a, elle, au moins le double dès les premiers mois de son mandat. Mais le chiffre est classé « secret défense » ! Tous ministères confondus, selon Villepin, Chirac avait 364 conseillers au gouvernement, ils seraient aujourd'hui 538, ce qui dépasse de loin les 20 conseillers par ministère que Fillon envisageait (pour faire des économies!). Rien qu'à Matignon, 65 conseillers et "chargés de mission" se disputeraient la bonne parole. Rien qu'autour de Sarko, on en compte une bonne cinquantaine aussi.
Inculte comme l’est Sarkoléon, on
ne peut que se réjouir qu’il soit entouré. Le problème, c’est juste qu’il s’est
entouré de rapaces du pire accabit, d’Emmanuelle Mignon, qui défend la scientologie (en disant par exemple que "les sectes sont un non-problème"),
en passant par Frédéric Lefebvre, lobbyiste acharné à qui ont doit notamment la fin de la télé publique, ou Henri Guaino et ses
discours racistes et/ou identitaires, la clique du président laisse craindre les
pires dérives, libérales et/ou identitaires.
On pourrait même faire un essai sur les conflits d'intérêt chez les conseillers élyséens ou gouvernementaux (dont quelques uns ont été mis en examen en 2007 ou avant, comme cet ex secrétaire général de Suez passé ensuite par LVMH)! car une bonne partie sont encore lobbyistes membres ou à la tête de cabinets de conseil, adeptes du tourniquet. A tel point d'ailleurs que l'ONG Transparency International (qui lutte contre la corruption) a relancé Sarkoléon sur ses -nombreuses- promesses de "transparence", y compris pour "renforcer l'indépendance et les moyens de la justice en France".
Il y a un an, donc, le budget de
l’Elysée avait
triplé, passant de 32 à plus de 100 millions d’euros, et le salaire de
Sarko a augmenté
de 140%. Cette année, on cherche à minimiser les dépenses somptuaires. Et
les autres.
On nous annonce donc sans rie que
cette fois, l’Elysée a un budget
« transparent ». D’ailleurs, la hausse dudit budget serait
infime, à peine 2% d’après l’Elysée, malgré l’achat d’un Airbus A 330 à 60
millions d’euros, pour que sarko en ait un aussi gros que les autres…
Pas de bol, le député René Dozière a mis son nez dans la compta et il n’obtient pas les mêmes chiffres. Au passage, il en profite pour dénoncer "le gouffre entre les promesses de transparence et d'économies formulées par Nicolas Sarkozy et la réalité".En effet, le budget 2009 atteindra les 112 millions d’euros, soit presque 12% d’augmentation par rapport à 2008.
Les postes qui voient la plus
forte augmentation sont les « dépenses de fonctionnement »,
c’est-à-dire les frais de réception, les fournitures etc. avec 25% de hausse,
et les voyages du Chef, avec 33% d’augmentation !
Selon Dozière, il y aurait 1.031
employés à l’Elysée, mais pas selon les ministères, qui en escamotent environ
150. Et ils sont bien payés, surtout les « contractuels »,
puisqu’après une augmentation de 20% de leur salaire, c’est 26,8%
d’augmentation qui sont programmés pour 2009…
Et l’Elysée n’est pas le seul
endroit où l’on gaspille allègrement l’argent du contribuable qui pourtant se
fait rare en cette période de récession. On se souvient en effet des dépenses
somptuaires de Dati à la Justice, qui ont fait dépasser
de 30% le budget du ministère pour les « frais de représentation »
en 2007, les faisant grimper jusqu’à 270.000 euros. En mars de cette année, la
moitié de ce budget avait déjà été dépensée !
Conclusion -mais on le savait déjà depuis que Sarkoléon est entré en campagne- entre la France des années 2000 et une république bananière, la différence risque de devenir imperceptible avant la fin du quinquennat. Et puis, pouquoi se gênerait-il? Après ses virées en yacht ou dans les villas de luxe des pontes du CAC 40, après avoir doublé son salaire et fait augmenter les frais somptuaires de l'Elysée, est-ce que les médias ou l'opinion ont réagi? Non, la perfusion d'anésthésiants signée Bling Bling made in Elysée, qu'on nous sert en boucle comme un mauvais soap opera a manifestement fait son effet.
13 octobre 2008
Des médocs qui rendent dépressif ?
Depuis
quelque temps, des études tendent à montrer que certains antidépresseurs
prescrits régulièrement ont davantage tendance à augmenter les cas de
dépression chez les enfants et adolescents, qu’à les diminuer. Tandis que les
études menées par les labos, la connivence des médecins et chercheurs avec les labos ou les techniques "marketing" des mêmes labos, elles, commencent à être dénoncées. La FDA est
donc obligée d’enquêter.
En France, 15% de la population sont diagnostiqués comme étant "dépressifs", une proportion impressionnante si l'on se rappelle que les antidépresseurs datent seulement de 1957. La
seule revue médicale indépendante, Prescrire, publiait en juin un
article qui
relativisait largement l’efficacité de certains antidépresseurs prescrits
aux enfants comme aux adultes. Les risques pourraient même aller jusqu’au décès
dans 0,4 cas sur 100.000 avec une catégorie de ces médicaments, les « imipraminiques ».
D’autres seraient inefficaces… Conclusion : le rapport bénéfice/risques
est défavorable.
Des
traitements qui amènent davantage au suicide que des placebos
Mais
d’autres médicaments pourraient avoir les mêmes conséquences, comme des antiépileptiques :
« There was a statistically significant increased risk of suicidal
behavior and suicidal ideation in the patients randomized to receive an
antiepileptic drug compared to patients who received a placebo », a
dit la FDA (Food & Drug administration) en février.
Voici
un tableau qu’elle a publié dans le même communiqué, montrant les différences
de tendance au suicide entre ceux qui ont pris des placebos et ceux qui ont
pris les médicaments incriminés :
Relative Risk and Risk Difference for Suicidality According to Trial
Indication
|
Indication |
Placebo Patients with Events Per
1000 Patients |
Drug Patients with Events Per 1000
Patients |
Relative Risk: |
Risk Difference: |
|
Epilepsy |
1.0 |
3.5 |
3.6 |
2.5 |
|
Psychiatric |
5.2 |
8.3 |
1.6 |
3.1 |
|
Other |
0.8 |
2.0 |
2.3 |
1.1 |
|
Total |
2.2 |
4.3 |
2.0 |
2.1 |
Dans
la panoplie des médicaments qui donnent des
idées de suicide, on trouve encore le Prozac parmi d’autres
antidépresseurs, ou même un produit destiné à arrêter de fumer, un autre contre
l’incontinence... La FDA a donc diligemment
demandé aux labos de refaire quelques tests, un peu moins
bidons ceux-là.
Il
faut dire que grâce à un tout nouveau règlement, la FDA avait bloqué en 2007 un
médoc de Sanofi destiné à lutter contre l’obésité (le Rimonabant), soupçonné
lui aussi de coller des suicides. Puis c’est le même médoc, basé sur la même
molécule mais de chez Merck, qui est vilipendé.
Ainsi
la FDA a publié en 2007 une liste
d’antidépresseurs engendrant davantage de suicides que les placebos, ce qui
il faut bien le dire est quelque peu fâcheux pour des anti dépresseurs. Dedans,
donc, le Prozac, mais encore une trentaine de molécules différentes. Glaxo
SmithKline est poursuivi par une famille US depuis le mois dernier pour le
suicide en 2002 de leur fils de 16 ans traité au Paxil, un médicament sur
lequel pesaient déjà certains doutes. Manque de chance, c’est seulement en 2003
que la FDA a précisé qu’il valait mieux éviter de prescrire du Praxil aux
enfants et adolescents soi disant parce que l’efficacité sur eux n’était pas
prouvée, avant de parler clairement de risques en 2006. Quoi qu’il en soit, la
famille pense que le labo connaissait les risques nocifs au moins dès 2002.
Des
médicaments censés traiter les
troubles bipolaires augmenteraient eux aussi les risques de suicide, comme
l’ont montré différentes études du début des années 2000.
Est-ce
paradoxal ?
Si
en plus de tout cela, on prend en compte le fait que les antidépresseurs font
partie des médicaments pour
lesquels l’industrie pharmaceutique fait le plus de
publicité auprès des médecins, via les revues médicales financées par
l’industrie, ou encore via les « visiteurs
médicaux » (qui absorbent autant
de budget que la recherche et développement –R&D- dans la plupart des grandes
firmes pharmaceutiques, si bien qu’en France un généraliste reçoit en moyenne
330 « visites » par an), on relativise le phénomène. Et bientôt,
grâce à la « directive
médicament », même les patients auront droit de se faire
« visiter » par les labos pour bénéficier d’une sorte de coaching
afin de mieux suivre leur traitement.
Bref,
les techniques
de l’industrie pour influencer les médecins, le public ou les pouvoirs
publics sont nombreuses. A savoir : dans son ensemble, la publicité coûte
aux labos deux
fois plus que la recherche et développement. Ce qui permet de relativiser
l’argument selon lequel les médicaments sont chers en raison des coûts en
R&D…
Certains
articles vont même jusqu’à montrer comment lesdites firmes redéfinissent
certaines affections, élargissent
la définition de « la dépression », voire inventent des
« maladies », dans le but de vendre leurs poudres de perlimpinpin. Il
y a même un terme pour ça : on parle de « desease mangering »
pour qualifier cette propension de l’industrie à inventer une
maladie pour chaque nouveau médicament mis sur le marché. Les exemples sont nombreux
depuis les problèmes d’érection jusqu’au troubles
bipolaires pour lesquels l’industrie incite via des publicités télévisées à
consulter le « bipolar
help center », si jamais on est un peu excité ou si on a dans le
ventre un bébé un peu plus excité que la moyenne, car il convient évidemment de
traiter une telle « maladie ».
Et
puis si tout cela ne suffit pas, les firmes pharmaceutiques financent encore
les associations de patients, ou les créent. Elles créent aussi des tests de
dépistage elles-mêmes, utilisés par exemple lors de grandes « journées
nationales de dépistage de la dépression», ou lors des campagnes
de sensibilisation comme celle de l’année dernière en France, histoire que
tout un chacun se sente concerné par « la dépression », ne serait-ce
que par suggestion. Tout cela, bien sûr, en occultant les effets secondaires et
les risques de dépendance.
L’article
reprend un exemple révélateur de standardisation
mondiale des maladies mentales, cité par la journaliste Kathryn
Schultz : « l’expression dépression légère n’existait pas dans la
langue japonaise... jusqu’en 1999. Cette année-là, la compagnie Meiji Seika
Kaisha a commencé à promouvoir le Depromel (un ISRS). Selon le psychiatre
japonais Tooru Takahashi, la mélancolie, la sensibilité et la fragilité
n’étaient pas perçues comme des sentiments négatifs au Japon. « Pourquoi
aurions-nous cherché à soigner quelque chose qui ne nous semblait pas mauvais
au départ? ».
Si
la France est la championne
de la consommation de médicaments en général et de psychotropes
légaux en particulier (1 français sur 5 en consomme au moins une fois par
an), à tel point qu’on peut réellement parler d’une banalisation
de ces produits, est-ce parce que les français sont plus dépressifs que les
belges ou les allemands, ou parce que nos médecins sont surexposés à la
publicité des labos et ces médicaments –trop- bien remboursés ?
Un
journaliste du Guardian, Brendan Koerner, a
dégagé la méthode en huit étapes par laquelle les labos parviennent à nous
inventer des maladies uniquement pour vendre leurs médicaments :
- On met en
évidence une affection mineure dont pourrait souffrir un grand nombre de
personnes (le trouble dysphorique prémenstruel ou le trouble d’anxiété
généralisée, par ex.).
- Les
pharmaceutiques financent des recherches qui démontrent l’efficacité du
médicament.
- Sur la foi d’un
petit nombre d’essais cliniques, la FDA autorise la mise en marché du
médicament, qui a été testé uniquement contre des placebos.
- Dans des articles
pour la presse grand public ou la presse scientifique, des médecins
éminents (souvent rémunérés par des pharmaceutiques) mettent en évidence
la gravité et la prévalence de l’affection.
- On minimise les
effets indésirables du médicament, ou on ne les mentionne pas, dans les
annonces publicitaires ou dans les rapports de recherche.
- Les résultats
négatifs des essais cliniques ne sont ni publiés ni diffusés.
- On confie la
promotion du médicament dans les médias à de firmes de relations
publiques. Pour démontrer l’efficacité du médicament, on cite des
statistiques provenant d’études commanditées par le secteur privé.
- Afin de donner un
« visage humain » à cette nouvelle affection, on crée et on finance un
regroupement de personnes qui en souffrent. Leurs témoignages et leurs
commentaires seront largement diffusés dans les médias76.
En
1952, les professionnels de la maladie mentale de l’American Psychiatric Association (APA) créent
le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) qui
recense les maladies mentales. A l’époque, en 1952, lesdits professionnels
ont dénombré 60 pathologies différentes. En 1968, la deuxième édition en recense
145, toutes ou presque classifiées dans la névrose ou la psychose. Arrive la
troisième édition, en 1980, et ses 230 maladies mentales, et à partir de là on
considère que la maladie mentale est davantage d’origine biologique
qu’affective ou liée au vécu. Ca permet de trouver encore plein d’affections
différentes, si bien que la quatrième édition, en 1994, reconnaît 410 troubles
mentaux.
D’après
Wikipédia, cette dernière version a fait un nouveau tri dans ces
maladies :
- pathologies
psychiatriques caractérisées, troubles de développement mentaux et de
l'apprentissage, addictions et intoxications
- troubles de la
personnalité et retard mental
- pathologies
autres que psychiatriques ou neuropsychiatriques. On parle aussi
d'affections médicales générales
- fonctionnement
social et environnemental, impact des symptômes
- échelle de fonctionnement
global
Une
étude publiée en
2006, intitulée « Liens d'intérêts financiers entre comité d'experts du
DSM-IV et industrie pharmaceutique », révélait que parmi les 170
médecins ayant participé à la rédaction du DSM, 95, soit 56%, « présentaient
au moins un des onze types de liens financiers possibles avec une compagnie de
l’industrie pharmaceutique.
Dans 6 commissions sur 18, des liens avec
l’industrie pharmaceutique ont été trouvés chez plus de 80 % des membres.
Ces liens concernent 100 % des membres du groupe de travail
« Troubles de l’humeur » (n = 8) et du groupe « Schizophrénie et
désordres psychotiques » (n = 7)
[ces deux groupes de maladies étant ceux pour lesquels on prescrit le plus de
psychotrope, comme par hasard], ainsi que 81 % du groupe
« Troubles anxieux » (n = 16), 83 % du groupe « Troubles de
l’alimentation » (n = 6), 88 % du groupe « Troubles
kinesthésiques liés à la prise de médicaments » (n = 8) et 83 % du
groupe « Troubles dysphoriques prémenstruels » (n = 6). »
Et
sur les liens financiers : « Parmi les membres des panels ayant
des liens avec l’industrie pharmaceutique (n
= 95), 76 % avaient reçu
des subventions de recherche, 40 % des revenus comme consultants, 29 %
travaillaient dans la communication, et 25 % percevaient des honoraires
d’un autre type. Plus de la moitié des membres ayant un lien financier
présentaient plus d’un type de relation financière l’engageant auprès d’une
compagnie. Onze membres avaient 5 types de liens. »
Et
la direction actuellement en place pour le DMA V qui devrait sortir en 2012
n’est pas plus transparente : le magazine US News & World avait
décelé que « 19 membres sur 27
au moins ont des liens avec les compagnies pharmaceutiques ». Gageons
qu’une bonne centaine de maladies mentales seront encore ajoutées à
l’interminable liste du DMA. Une étude du New York Times de janvier 2008
montre que « les psychiatres touchent plus d’argent des laboratoires
pharmaceutiques que les médecins de n’importe quelle autre spécialité ».
Et comme par hasard, les psychotropes sont la 1ère source de dépense
pour le programme Medicaid, destiné aux pauvres.
Le
Figaro, qui reprenait aussi cette
étude, citait
un exemple concret parmi les dizaines possibles : « Assez
récemment, un jeune retraité d'un laboratoire pharmaceutique a expliqué à l'un
de nos interlocuteurs que le concept «d'attaques de panique», qui est classé
dans le DSM4, avait été spécifiquement élaboré par Donald Klein pour le
laboratoire Upjohn qui allait mettre sur le marché le médicament Xanax. ».
Aux Etats-Unis, les associations citoyennes, et enfin la FDA, commencent à soulever
le voile sur ces questions, en pointant les relations
« incestueuses » de l’American Psychiatric Association avec les
labos, dont une vingtaine ont investi en 2008 environ 30 millions de dollars
dans ladite APA.
Quelques
exemples (mais il y en a de nombreux autres dans le rapport), pour les
Etats-Unis, dans les groupes DSM puis au Congrès Mondial de psychiatrie :
- David Kupfer, Professor and Chair,
Department of Psychiatry, University of Pittsburgh School of Medicine, was a
member of the DSM-IV Task Force and is Chair of the DSM-V Task Force. He has
been a consultant to Eli Lilly & Co., Hoffman-LaRoche, Pfizer, Forest Labs
and Servier and also sat on the advisory boards of Eli Lilly & Co., Forest
Labs and Pfizer.
- Joseph Biederman, Chief of the
Clinical & Research Program in Pediatric Psychopharmacology, Massachusetts
General Hospital gave seminars at the APA convention on pediatric bipolar disorder
and ADHD, the latter funded by Ortho-McNeil Janssen Scientific Affairs.
Biederman has received research funds from 10 pharmaceutical companies,
including manufacturers of antipsychotic drugs prescribed for bipolar. He was a
member of the DSM-IV committee overseeing what infant, childhood and adolescent
disorders would be included. His labeling of children with “bipolar” has been
attributed to the increase in antipsychotic drug sales for pediatric use. In
2007, such promotion was blamed, in part, for the death of 4-year-old Rebecca
Riley fromMassachusetts. She died from
a prescribed cocktail of psychiatric drugs that included antipsychotics. Dr.
Lawrence Diller, a California behavioral
pediatrician, told The Boston Globe, “I find Biederman and his group to
be morally responsible in part. He didn't write the prescription, but he
provided all the, quote, scientific justification to address a public health
issue by drugging little kids.” The New York Times exposed how Biederman
earned $1.6 million in consulting fees from drug makers between 2000 and 2007
but did not report much of this income to Harvard University officials. In
2008, his financial conflicts of interest were the subject of a U.S.congressional
investigation.
- David Shaffer, Professor of
Child Psychiatry at Columbia University and Director, Division of Child
Psychiatry, New York State Psychiatric Institute, is part of a symposium
discussing “disorders of childhood: A DSM-V research agenda.” Shaffer was a
member of the DSM-IV Task Force and is responsible for inventing TeenScreen, a
subjective survey conducted on teens in schools to determine if they are
potentially suicidal. He admits there’s a potential 84% chance of wrongly
identifying students using his survey, potentially put them at risk of being
prescribed suicide-inducing antidepressants. Shaffer has served as an expert
witness for Hoffman la Roche and Wyeth. He was also a consultant to
GlaxoSmithKline on Paxil (paroxetine) and adolescent suicide and has been a
paid consultant for Pfizer, another antidepressant maker.
- S. Charles Schulz, Professor and
head of the Department of Psychiatry,University of
Minnesota Medical School Minneapolis, Minnesota, was a DSM-IV
project participant. His industry-supported seminar about “medication treatment
for youth” was funded by AstraZeneca, the manufacturer of the antipsychotic
Seroquel. The company has faced multiple suits alleging that it downplayed the
risk of diabetes with the drug. Schulz has been a consultant for AstraZeneca
and Eli Lilly & Co. and has received grants from them, Abbott Laboratories
and Janssen Pharmaceutica.
Présents au Congrès mondial de la psychiatrie:
- Dilip V. Jeste, APA Trustee
and Member of the DSM-V Task Force is a consultant to
Bristol-Myers Squibb, Lilly, Janssen, Solvay/Wyeth and Otsuka; honoraria from
Bristol-Myers Squibb, Janssen and Otsuka; received “supplemental support to
NIMH-funded grants” from Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, and
Janssen in the form of donated medication for the study, “Metabolic Effects of
Newer Antipsychotics in Older Patients.” Jeste’s 2008 APA disclosure for the
DSM-V Task Force stated he received honorarium from Abbott, AstraZeneca and
Pfizer-Eisai. He also received
consulting fees from four pharmaceutical companies.
- Jan Fawcett, Professor of
Psychiatry, Chair, Mood Disorders Work Group Member, DSM-V Task Force.
He has received grants and research support from Abbott, Bristol-Myers Squibb,
GlaxoSmithKline, Eli Lilly, Organon, Pfizer, SmithKline Beecham, Wyeth-Ayerst,
and Zeneca; was a consultant to Abbott, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, EM
Industries, Forest Laboratories, Glaxo Wellcome, Pfizer, Pharmacia-Upjohn, and
SmithKline Beecham; was a member of speakers’ bureaus sponsored by Abbott,
Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Pfizer/Roerig, Pharmacia-Upjohn, SmithKline
Beecham and Wyeth-Ayerst.
- Nada Stotland, former APA
President who serves on the Board of the pharmaceutical company that funds the
U.S. National Mental Health Association (NMHA) that received over $2 million in
pharmaceutical company funding in one year alone. Stotland is on the speakers’
bureau for Pfizer and GlaxoSmithKline, both makers of antidepressants. In a
published article in 2008, Stotland said that “black box” warnings about
psychiatric drug risks, that include antidepressants, are “unwarranted.”
Etc.
Evidemment,
les revues dites “scientifiques” sont elles aussi noyautées
par l’industrie pharmaceutique, qui les subventionne allègrement ainsi que
les chercheurs qui y sont publiés.
A
tous les niveaux, la décision en matière de santé est influencée voire
totalement contrôlée par l’industrie pharmaceutique. De la FDA à l’AFSSA, en
passant par la Commission européenne, les médecins et désormais les patients,
chaque maillon de la chaîne ne fait qu’obéir à des principes purement
mercantiles, imposés par l’industrie.
On sera donc moins étonné de voir l’augmentation exponentielle du nombre de « maladies mentales » qu’il convient, évidemment, de traiter avec des « médicaments ». Et encore, les auteurs de l’étude précisent qu’ils n’avaient pas les moyens de vérifier la totalité des liens entre ces médecins et les labos.
11 octobre 2008
Les apprentis sorciers de la Défense US et le programme HAARP
Bien
qu’étant particulièrement inculte en matière de sciences, et notamment de
physique, je dois me risquer à évoquer un programme militaire américain trop
peu connu. Son nom? HAARP,
pour « High Frequency Active Auroral Research Project ». Son rôle? Tout simplement modifier le climat à des
fins géostratégiques. Une des grandes questions liées à ce programme est de
savoir quelles applications présentes et à venir sont visées.
Même
s’il suffit aujourd’hui de citer le nom de ce programme pour être taxé d’adepte
de la fameuse « théorie du complot », il n’en reste pas moins qu’un groupe de recherches
universitaire belge (le GRIP, groupe de recherche sur la paix et la sécurité),
ainsi qu’un rapport
du Parlement européen mettent le doigt sur l’énormité dudit programme qui
pourtant n’est officiellement destiné qu’à faire des recherches sur
l’atmosphère.
La
Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de
défense sur l'environnement, la
sécurité et la politique étrangère du Parlement
européen, donc, a sorti un rapport le 14 janvier 1999, afin de proposer une
résolution pour contrer le programme HAARP, du moins ses conséquences en
Europe.
Que
dit-on, dans cette recommandation ? On considère que ledit programme
« en raison de son impact général sur l'environnement, pose des
problèmes globaux et demande que ses implications juridiques, écologiques et
éthiques soient examinées par un organe international indépendant avant la
poursuite des travaux de recherche et la réalisation d'essais », et on
« déplore que le gouvernement des États-Unis ait à maintes reprises
refusé d'envoyer un représentant pour apporter un témoignage sur les risques
que comporte pour l'environnement et la population le projet HAARP financé
actuellement en Alaska ». Silence radio, donc, de la part des
Etats-Unis, et ce malgré les sollicitations des européens. Comme pour le 11
septembre, comme d’habitude. Noyage
de poisson côté européen…
C’est
pour cela et parce que la finalité de HAARP (qui, très poétiquement, s’appelle
en français Recherches dans le domaine des hautes fréquences appliquées aux
aurores boréales) ne laisse aucun doute, que la commission du Parlement « demande
que soit établi un accord international visant à interdire au niveau global
tout projet de recherche et de développement, tant militaire que civil, qui
cherche à appliquer la connaissance des processus du fonctionnement du cerveau
humain dans les domaines chimique, électrique, des ondes sonores ou autres au
développement d'armes, ce qui pourrait ouvrir la porte à toute forme de
manipulation de l'homme; un tel accord devrait également interdire toute
possibilité d'utilisation réelle ou potentielle de tels systèmes »
De
quoi s’agit-il exactement ? Il est presque impossible pour moi de
l’expliquer, aussi je laisse d’abord la parole au parlement, qui expose les
motifs de cette demande de résolution. Car on explique que HAARP « est
un programme de recherche sur le rayonnement à haute fréquence », qui
est « conduit conjointement par l'armée de l'air et la marine des
États-Unis et par l'Institut de géophysique de l'université d'Alaska à
Fairbanks ». Le programme HAARP
utilise donc un « équipement terrestre, un réseau d'antennes. Chacune
est alimentée par son propre émetteur pour réchauffer des parties de
l'ionosphère au moyen d'ondes radio puissantes. L'énergie ainsi générée
réchauffe certaines parties de l'ionosphère, ce qui
crée des trous dans l'ionosphère et des "lentilles" artificielles ».
A
quoi sert-il ? Le Parlement ne semble pas dupe sur l’innocuité prétendue
de HAARP. Reprenons la résolution de 1999 : « HAARP peut avoir de
multiples applications. La manipulation des particularités électriques de l'atmosphère
permet de contrôler des énergies gigantesques. Utilisée à des fins militaires
contre un ennemi, cette technique peut avoir des conséquences terribles. HAARP
permet d'envoyer à un endroit déterminé des millions de fois plus d'énergie que
tout autre émetteur traditionnel. L'énergie peut aussi être dirigée contre un
objectif mobile, notamment contre des missiles ennemis.
Le projet améliore la communication avec les sous-marins et permet de
manipuler les conditions météorologiques mondiales. Mais l'inverse,
perturber les communications, est également possible. En manipulant
l'ionosphère, on peut bloquer la communication globale tout en conservant
ses propres possibilités de communications. La radiographie de la terre sur
une profondeur de plusieurs kilomètres (tomographie terrestre pénétrante) à la
fin de découvrir les champs de pétrole et de gaz, mais aussi les équipements
militaires sous-terrains, et le radar transhorizon qui identifie des objects à
grande distance au-delà de la ligne d'horizon sont d'autres applications du
système HAARP. »
Le
GRIP n’est pas plus rassurant. Dans son rapport de 1998 intitulé « Le
Programme HAARP, science ou désastre ? », Luc Mampaey pointe les
risques, après une explication détaillée du système.
Le
programme HAARP a donc débuté en 1993, sur un site de l’armée en Alaska,
Gakona, afin d’y installer « une station de recherche sur les
propriétés de l'ionosphère d'une puissance jusqu'ici inégalée », en
vertu de la nouvelle doctrine militaire US de Future Warfare visant à contrôler
l’espace aérien autant que terrestre. Et de rappeler que « aux
Etats-Unis, dès les années 50, des rapports ou déclarations officielles
reconnaissaient l'intérêt militaire des techniques de modification des
conditions climatiques, allant même jusqu'à considérer que le développement de
telles techniques pourrait devenir une arme plus importante que la bombe
atomique ». Si bien qu’en 1977 se tient une convention internationale sur
« l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de
l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles »,
sans efficacité aucune sur les recherches US malgré qu’ils l’aient ratifiée en
1979.
L’article 1
précise quand même que « Chaque Etat partie à la présente Convention
s'engage à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles
des techniques de modification de l'environnement ayant des effets étendus,
durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions, des dommages
ou des préjudices à tout autre Etat partie. » et l’article 2 explique
ce qu’on entend par "techniques de modification de l'environnement" :
cela désigne « toute technique ayant pour objet de modifier - grâce à
une manipulation délibérée de processus naturels - la dynamique, la composition
ou la structure de la Terre, y compris ses biotes, sa lithosphère, son
hydrosphère et son atmosphère, ou l'espace extra-atmosphérique ».
De
fait, le rapport du GRIP précise que « ce qui est certain, néanmoins,
c'est que les recherches sur l'ionosphère reviennent comme une priorité dans de
nombreuses études militaires relatives aux techniques de modifications
environnementales ». Le prouvent un certain nombre de brevets détenus par
la société RAYTHEON pour les installations de HAARP.
Processus :
Les
phénomènes météorologiques se produisent dans les couches inférieures de
l’atmosphère, où 99% de la
vapeur d’eau terrestre est contenue. Le rapport fait
un exposé très détaillé sur les différentes couches de l’atmosphère et les
phénomènes physiques qu’on y observe. Il faut retenir ce qu’est la ceinture de
Van Allen, découverte en 1958, qui est « une zone de radiations
intenses » entourant la Terre à partir de 200 kilomètres. Des
particules très énergiques y sont en mouvement permanent, c’est un peu une
ceinture pleine de radiations.
Cette
ceinture forme « autour de la Terre un énorme réservoir d'énergie,
dont, occasionnellement, une fraction est relâchée dans l'atmosphère. Cette
libération d'énergie donne naissance à des phénomènes tels que les
luminescences et les aurores ». On a fait à l’époque des explosions
nucléaires dans cette ceinture, qui ont engendré des modifications toujours
sensibles. Les particules de la ceinture de Van Allen sont ensuite utilisées
pour les communications, et l’ionosphère, en réfléchissant des ondes radio de
basse fréquence, permet aussi les communications. En conclusion, « L'ionosphère
est donc un médium ionisé qui peut déformer, réfléchir ou absorber les signaux
radios et donc affecter de multiples façons de nombreux systèmes de
communication, de navigation, de surveillance ou de senseurs à distance tant
civils que militaires ». Aussi, « l'intérêt de la station
HAARP provient du besoin d'accroître la fiabilité d'un grand nombre de systèmes
de communication, navigation et surveillance dont les signaux passent par
l'ionosphère, mais aussi d'explorer des innovations technologiques qui
suggèrent des applications telles que la détection d'objets souterrains, la
communication à grande profondeur dans le sol ou les océans, et la génération
d'émissions optiques et infrarouges ».
On sait déjà agir sur le temps qu’il fait :
une technique connue est l’ensemencement,
qui consiste à injecter différentes substances comme « l'iodure
d'argent, le dioxyde de carbone gelé, le chlorure de calcium, le carbon
black », dans les nuages afin de « retarder ou d'anticiper des
précipitations, d'accroître ou de réduire une couverture nuageuse; mais il faut
au préalable des conditions instables ». Un certain nombre
d’entreprises privées (Aero Systems Incorporated, Atmospherics Incorporated,
North American Weather Consultants, Weather Modification Incorporated, Weather
Enhancement Technologies International, Seeding Operations and Atmospheric
Research (SOAR)) proposent d’ailleurs de modifier le temps de cette manière. Le
Nevada a aussi son programme
d’ensemencement des nuages…On peut aussi créer ou disperser du brouillard avec
cette technique.
Il
y a 10 ans de cela, les militaires évoquaient déjà des techniques plus
violentes pour l’environnement, comme faire des trous dans la couche d’ozone
pour que les rayons ultraviolets arrivent sur terre, en lâchant du bromure
depuis des satellites, dévier des ouragans ou modifier la haute atmosphère pour
empêcher les communications.
Apparemment,
les Etats-Unis ont commencé à travailler là-dessus en 1940 avec le projet CIRRUS,
visant à créer des précipitations par ensemencement des nuages. Ils y parviennent
en 1948. Au Vietnam, c’est l’opération POPEYE en
1966 qui doit prolonger la saison des moussons pour bloquer les combattants
vietnamiens, en lâchant de l’iodure d’argent sur les nuages.
Gakona :
Sur
la base de 20 hectares, il y a donc un émetteur haute fréquence très puissant
(IRI) destiné à stimuler certaines zones de l’ionosphère et un radar haute
fréquence (ISR) « pour la mesure de la densité des électrons, des
températures des électrons et ions, de la masse des ions et de la vitesse des
plasmas dans les régions stimulées ainsi que dans l'ionosphère naturelle ».
Il y a encore une « ionosonde HF (Incoherent Incidence Sounder, VIS),
récepteurs ELF et VLF, magnétomètres, riomètres, un système LIDAR (Light
Detection and Ranging) et des caméras et spectromètres optiques et infrarouges ».
Tout ce matériel est décrit dans le rapport.
HAARP
agit comme un transmetteur de basse fréquence, qui permet de sonder le sous
sol, les profondeurs des océans, de l’ionosphère etc. « Les basses
fréquences se propagent dans le guide d'onde formé par l'espace entre la terre
et l'ionosphère, avec une très faible atténuation, avec pour conséquence qu'une
très grande partie de la surface terrestre peut être couverte à partir du site
de HAARP ».
Mais
il peut aussi agir sur les très hautes fréquences, utilisées entre les
satellites et la terre par exemple.
Officiellement
bien sûr, il n’y a aucun risque pour la santé. Toutefois, il faut noter que les
autorités n’ont pas donné d’informations satisfaisantes sur l’impact des ondes
sur les organismes vivants ou sur les conséquences à long terme des
manipulations de l’ionosphère. De plus, un certain nombre d’opposants posent a
question des conséquences d’une exposition à moyen terme aux ondes éléctro
magnétiques envoyées par HAARP. La présidente du groupe des Verts au Parlement
européen en 1998, la belge Magda Aelvoet, a posé une question à ce sujet, et
demandé l’année d’après que le Parlement vote une résolution afin qu’une
commission indépendante examine le programme HAARP.
La
firme chargée du développement de l’IRI, essentiel dans le programme HAARP, c’est
RAYTHEON (via sa filiale E-System, qui
avait absorbé la « micro entreprise » qui étrangement était à
l’origine du projet : ARCO), devenue en quelques années la huitième
entreprise d’armement au monde, en 1996. Aujourd’hui, Raytheon est n°1 mondial
pour les missiles guidés. Raytheon détient donc un ensemble de brevets
à caractère militaire, dont une partie vise à agir sur l’atmosphère.
Le
programme HAARP, selon Rosalie Bertell, présidente du International Institute
of Concern for Public Health à Toronto et ex conseillère scientifique de
Jimmy Carter lorsqu’il était président, s’inscrit dans un processus de
développement des armements entamé depuis la deuxième guerre mondiale. Elle
estime que certains grands programmes militaires
US de ces dernières décennies préfigurent ou complètent HAARP. Le rapport du
GRIP conclut à ce sujet que « Lorsqu'on couple, à ces programmes
militaro-scientifiques, les recherches sur les plasmas, l'antimatière, les
armes à énergie dirigée, les armes biologiques basées sur les ondes
électromagnétiques, ou d'autres armes du futur développées dans le secret des
laboratoires militaires, les mises en garde et les craintes exprimées par Rosalie
BERTELL prennent toute leur dimension.
Les
faits sont difficiles à établir, car le secret est la règle pour ces
programmes, mais il existe suffisamment d'indices pour qu'on ne puisse plus
parler de simples spéculations ».
C’est
un chercheur dénommé Eastlund qui est l’inventeur de la plupart des brevets à
l’origine de HAARP, dont l’un (n° 5.038.664) a pour nom "Method for
Producing a Shell of Relativistic Particles at an Altitude above the Earth's
Surface." ou un autre (n°
4.686.604) "Method and Apparatus for Altering a Region in the Earth
Atmosphere, Ionosphere and/or Magnetophere" (Méthode et appareil pour
altérer une région de l'atmosphère, de l'ionosphère et/ou de la magnétosphère
de la terre). Selon le rapport du GRIP (p.49), l’un d’eux, s’il est développé,
permettrait « des modifications climatiques, par exemple en modifiant
les profils des vents, en modifiant l'absorption des rayonnements solaires par
la création de couches artificielles de particules atmosphériques, ou en
modifiant la composition moléculaire de l'atmosphère ».
Quelles
conséquences ?
On
sait mal les conséquences de l’utilisation du système HAARP. Mais le rapport du
GRIP pointe certaines techniques utilisées, qui risquent, justement, d’avoir des
conséquences. Pour le GRIP, les techniques militaires sur lesquelles
travaillent aujourd’hui un certain nombre d’Etats, peuvent « perturber la
ionosphère », la haute atmosphère, donc. On nous explique donc que « tous
ces systèmes d'armes du futur partagent quelques points communs. Tous mettent en
jeu, dans l'espace, des faisceaux d'énergie considérable, des armes à
particules, à laser, à plasma. Tous nécessitent, parallèlement, de pouvoir
compter sur un système de prévisions des conditions météorologiques aussi
fiable que possible et une certaine capacité de modifier ces conditions.
Tous
exigent un système de communication infaillible, et donc la maîtrise des
éléments pouvant le perturber, parmi lesquels l'ionosphère ».
Et
pour HAARP, alors ? Malgré le fait que HAARP n’est pour ainsi dire jamais
cité dans les documents relatifs aux expériences militaires en cours ou
envisagées, on peut comprendre où mène ledit projet. L’auteur du rapport ajoute
que « de nombreux rapports récents » rédigés par les militaires ou
bien des scientifiques entre 1995 et 1998 [date de rédaction du rapport du
GRIP], « font explicitement référence à des méthodes de guerre
environnementale (Environmental Warfare) ou électromagnétique (EMP Weapons),
nécessitant des progrès scientifiques significatifs dans les domaines qui sont précisément
ceux qui seront investigués par le programme HAARP ».
Le
rapport évoque encore les accusations du biologiste Nick Begish, un des plus
grands opposants à HAARP en Alaska, qui considère après avoir consulté
différents experts, qu’à l’avenir, HAARP pourrait entre autres « modifier
la structure chimique de la haute atmosphère et altérer les conditions
climatiques », « influencer le comportement et les facultés
mentales des individus, à des fins militaires, de maintien de l’ordre ou de
contrôle politique », ou encore « affecter la santé des
personnes et avoir un impact biologique sur l’environnement ». Ces
experts expliquent qu’un certain nombre d’éléments n’ont pas été pris en compte
lors des études d’impact précédant l’implantation du site à Gakona.
La
puissance réelle des émetteurs haute Fréquence pose également question.
Est-elle réellement et définitivement limitée à 3,6 MW ? Surtout si l’on
admet que cette puissance est insuffisante pour créer des trous dans
l’ionosphère, ce qui a pourtant déjà été décrit par les chercheurs de HAARP.
En
dehors de cela, différents travaux démontrent que l’être humain est très
sensible aux fréquences basses. Des armes sonores ou visuelles émettant à très
basse fréquence peuvent donc perturber le comportement : « Qu’ils
y soient soumis par un stimulus visuel ou audio, il semble donc assez bien
établi que les êtres humains sont particulièrement sensibles aux fréquences
extrêmement basses, sensibilité que la recherche militaire compte bien
exploiter », explique un autre rapport du GRIP, sur les « armes
non létales ».
Les
« armes non létales »
Le
rapport parle encore du physicien Patrick
Flanagan, qui a étudié l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé.
A l’appui, différentes études sur le sujet, dont une de 1982. Begish craint en
effet que les ondes émises par HAARP ne servent à influencer le comportement
humain, et des expériences sont déjà menées dans ce sens aux Etats-Unis
notamment à Los Alamos, un des grands centres de recherches US dans le domaine
des armes de très haute technologie.
On
parle d’ « armes non létales »,
et cette catégorie regroupe les « armes à ondes électromagnétiques »,
comme l’Active
Denial System (ADS), développé par Raytheon,
émettant des ondes à 95GHz, qui font chauffer l’eau dans le corps et donnent
une forte sensation de brûlure à la cible puisque sa peau atteint la température
de 55°C. En 250 secondes, la peau est brûlée. Et il semble que cette arme soit utilisée en Irak…
Car,
depuis 1995 les armées US ont crée un groupe
de travail sur ces armes : le US Joint
Non-Lethal Weapons, preuve que la chose est bien d‘actualité. Ledit groupe, qui se
demande aussi comment vanter
les mérites de ces méthodes auprès du grand public, a depuis travaillé,
comme le rappelle Steve Wright dans Le Monde Diplomatique de décembre 1999,
sur des « agents chimiques de
contrôle d’émeute (capables, au choix, de causer une douleur aiguë de rendre
temporairement aveugle, de faire vomir ou étouffer, ou d’endormir) »
ou encore sur des armes sonores, réglées pour « produire 170 décibels,
causer des ruptures d’organes, créer des cavités dans les tissus humains et
causer un traumatisme potentiellement létal ». Un autre rapport du
même auteur précise quant aux armes sonores, que « les chercheurs
estiment que des vibrations acoustiques de très basse fréquence, un infrason de
l’ordre de 16 Hertz mais d’une grande intensité, peut-être la cause de nausées,
d’une désorientation, de troubles de la vision, voire de lésions internes, dont
l’effet peut varier de l’inconfort temporaire jusqu’à la mort dans les cas
extrêmes ».
A
propos de ces « armes non létales », Steve Wright expliquait encore
que pour la nouvelle guerre du XXIème siècle, on trouve différents outils, dont
des « munitions à impact contondant (armes cinétiques, qui ne pénètrent
pas dans le corps mais assomment la victime), vaporisateurs d’agents chimiques,
calmants, grenades à percussion, choc électrique, systèmes
« antitraction » ultraglissants, force acoustique,
enchevêtrements/filets, mousses, barrières, faisceaux d’énergie, rayon laser
isotrope (source lumineuse intense et omnidirectionnelle), superpolymères (pour
créer un brouillard adhésif, immobilisant) et mines incapacitantes ».
Wright dénonce en outre le fait que les nouvelles cibles peuvent aussi être des
civils en cas de mouvements
sociaux, comme aux Etats-Unis, lors de la convention Républicaine de cette
année, où des manifestants ont été aspergés
de gaz poivre, très violent. En Irak, Raytheon compte utiliser cinq armes électromagnétiques HPM (micro ondes à forte puissance)différentes contre les mouvements de foule (par exemple les sites pétroliers seront équipés de ces armes, montées sur des camions, en cas de manifestation). L'une de ces armes, destinée d'abord à la police US avant d'êre utilisée en Irak, a pour but de provoquer une forte sensation de brulure chez la cible.
On a encore des armes développées spécifiquement pour influer sur le
comportement ou le mental de l’homme, comme le Biological Process Control.
Le rapport du GRIP explique (p.24) que les militaires en sont réellement à
étudier comment manipuler les êtres humains :
« Un
article publié récemment dans le périodique «Parameters» édité par le U.S. Army
War College est particulièrement révélateur dans ce domaine des manipulations
comportementales [Thomas, 1998]. Evoquant les théories de la guerre de
l’information et leurs lacunes, l’auteur observe que celles-ci négligent en
fait un système de traitement de données essentiel: l’être humain. Il poursuit
en affirmant que « …le corps humain peut être trompé, manipulé, ou
désinformé, mais aussi anéanti ou détruit exactement comme n’importe quel autre
système de traitement de données. Les données que le corps reçoit de sources
externes – sources électromagnétiques, vortex, ou ondes acoustiques puissantes
– ou crée à travers ses propres stimuli électriques ou chimiques,
peuvent être manipulées ou modifiées de la même façon que les données de n’importe
quel système matériel »
« Dans
le même registre, un document publié en 1996 par le Scientific Advisory
Committee de l’U.S. Air Force
envisage la possibilité de développer
des “ sources d’énergie électromagnétiques (…) qui pourront être couplées
avec le corps humain d’une manière qui permettra d’empêcher les mouvements
musculaires volontaires, de contrôler les émotions, d’endormir, de transmettre des
suggestions, d’interférer avec la mémoire de court comme de long terme, de
produire l’acquisition d’expériences, ou d’effacer des expériences acquises.
(...) Il apparaîtrait aussi possible de créer un discours de haute fidélité
dans le corps humain, potentialisant une suggestion ou une direction
psychologique. Lorsqu’une impulsion micro-onde haute puissance, de l’ordre du
gigahertz, atteint le corps humain, une très petite élévation de température
apparaît. Celle-ci est associée à une soudaine expansion des tissus légèrement
échauffés. Cette expansion est suffisamment rapide pour provoquer une onde
acoustique. Si un courant pulsé est utilisé, il devrait être possible de créer
un champ acoustique interne dans la gamme des 5 à 15 kilohertz, qui est audible.
Donc, il peut être possible de «parler» à des adversaires choisis ” [U.S.
Department of Commerce, 1996] »
A
cela, ajoutons les armes visant à modifier l’environnement, et l’on en revient
à notre « Weather Control » et au programme HAARP.
Bref,
il y’a une panoplie
très large dans la catégorie « armes non létales ».
Enfin,
est-ce que les ondes électromagnétiques de HAARP pourraient servir au contrôle
de la population, « amie » ou ennemie ?
Le
rapport du GRIP sur ce programme conclut lui-même :
« En 1994, une déclaration commune d'intention entre le Département de la Justice et le Département de la Défense a donné naissance au programme "Operations Other Than War" (MOOTW) par lequel les deux agences prévoient un développement commun de technologies et de systèmes avancés pour le contrôle des populations. Les armements développés dans le cadre de ces programmes doivent avoir une application autant dans des opérations militaires (maintien de la paix par exemple) que dans des opérations civiles de maintien de l'ordre. Ces nouvelles doctrines envisagent explicitement l'utilisation des fréquences ELF pour influencer, ou inhiber des comportements chez l'être humain. D'une façon plus générale, plusieurs de ces armes, dites "non létales", sont basées sur une nouvelle maîtrise de phénomènes électromagnétiques. Si HAARP peut générer des signaux ELF et les diriger avec suffisamment de précision pour les travaux de tomographie, il n'est certainement pas tout à fait absurde d'imaginer des applications antipersonnel. »
05 octobre 2008
Crise: qui profite, qui paie?
Comme lors de chaque crise, le désastre profite à quelques uns pendant que les contribuables doivent éponger les dettes. Ce sont toujours les mêmes qui tirent bénéfice de ces crises, d'ailleurs: les plus grosses banques, celles qui ont survécu aux crises successives et qui aujourd'hui rachètent les concurrents à bas prix.
Aujourd'hui, scandale: on soupçonne la banque JP Morgan d'avoir précipité par le fond la banque Lehman Brothers.
Depuis quelques mois, le FBI enquête sur certaines faillites jugées un peu rapides. 26 entreprises US de Wall Street sont donc passées au crible, à l'instar de Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman Brothers et AIG,ces banques qui, à cause de leur faillite, ont entraîné le fameux plan de 700 milliards de dollars pour racheter les actions les plus pourries de ces "grandes" banques d'affaires. Que recherche t-on? Des fraudes, pardi. Des dissimulations comptables, des comptes off shore, les mics-macs habituels en somme.
La Securities and Exchange Commission (censée surveiller la bourse US) se demande par exemple si certains fonds spéculatifs n'auraient pas manipulé à la baisse le cours des "credit default swaps" (des actions portant sur des sortes d'assurances sur les crédits hypthécaires, que l' "acheteur" n'est pas obligé de payer intégralement, mais sur lesquels il peut toucher des bénéfices quand même!), notemment les actions de banques comme Lehman Brothers, Merryl Lynch, Morgan Stanley ou l'assureur AIG.
On se demande aussi, par exemple, si JP Morgan n'aurait pas gelé 17 milliards de dollars de liquidités appartenant à Lehman Brothers, qui a -forcément- coulé deux jours plus tard. C'est du moins ce que mentionnent des documents remis au tribunal des faillites par les plus gros créanciers de Lehman, qui accusent JP Morgan d'avoir coulé Lehman.
Le Sunday Times, qui a sorti l'info, considère que la chute de Lehman a été la conséquence la plus importante de la crise financière, et qu'elle a engendré des "effets inattendus" car la plupart des grandes entreprises de Wall Street ainsi que les poids lourds de la finance mondiale sont d'importants créditeurs de Lehman. Par effet de dominos, beaucoup de banques ont ensuite été davantage fragilisées.
Noton au passage que JP Morgan avait déjà racheté en mars Bear Stearns (ex 5ème banque d'investissement US), pour un montant dérisoire: 236 millions de dollars et l'équivalent de 2 dollars paraction , alors que le dernier cours connu était à 30 dollars. Elle récemment racheté Washington Mutuals (première caisse d'épargne US) pour 1,9 milliard de dollars...
BNP Paribas aussi surfe sur la vague, en venant de s'offrir les activités belges et luxembourgeoises de Fortis pour 14,5 milliards d'euros. Comme ça, BNP devient rien moins que la première banque de dépôt de la zone euro!
A côté de cela, d'autres alignent les euros (ou les dollars), puisqu'une partie des banques (celles dont les comptes sont les plus plombés) ont été simplement nationalisées, en vertu du vieil adage libéral: privatisons les profits, nationalisons les pertes! La Northern Bank anglaise, par exemple, qui a refourgué ses actions pourries aux contribuables, ce qui a occasionné la première nationalisation en Angleterre depuis l'ère Thatcher. Evidemment: ceux qui voulaient reprendre, comme Virgin, ne proposaient pas assez! Les banques belges Fortis et Dexia ont failli y passer complètement. Mais déjà, Dexia n'est sauvée que grâce à l'apport de 3 milliards d'euros par les contribuables français, 2 milliards de la Caisse des dépôts et consignations et encore d'autres milliards des contribuables belges. Et encore, si les clients de Dexia continuent à retirer leurs économies (ils ont retiré 100 millions d'euros en une semaine, mais chut!), la banque risque de n'être pas sortie d'affaire avant un moment.
Même scénario pour Fennie Mae et Freddie Mac, qui devaient (en principe) garantir à elles deux plus de la moitié des prêts hypothécaires américains, soit autour de 5.000 milliards de dollars. Autrement dit, pour assurer les créances douteuses de ces banques, il faudrait aligner quelques centaines de milliards. Surtout qu'à l'heure actuelle, 9% des propriétaires endettés n'arrivent plus à rembourser leur emprunt. Alors ce sont les américains qui vont payer, pour environ 100 milliards de dollars par banque, et qui devront éponger les 1000 et quelque milliards de dettes desdites banques.
Pendant ce temps, des pays comme l'Angleterre, ont déjà plafonné l'épargne garantie en cas de faillite d'une banque. Ainsi, celui qui a épargné dans une banque en faillite pourra récupérer au maximum 50.000€ (au lieu de 35.000€ il y a encore une semaine), et les Etats Unis débloquent royalement 700 milliards de dollars pour renflouer les caisses de banques qui avaient juste beaucoup déliré avec leurs actions pourries.
Et c'est fort probablement à perte, car si on veut assainir le marché, comme ils disent, il faudra liquider les actions pourries que l'Etat a achetées. Ou alors, l'Etat essaie de les revendre et on continue à faire circuler desdites actions pourries sur les marchés, avec les conséquences qu'on connaît.
La crise, donc, comme chaque fois, va engendrer davantage de concentration dans le monde de la finance et de la grande banque. Les plus gros mangeront les plus petits, même si à la fin on retrouve le système économique mondial entre les mains de quelques banques quasi monopolistiques, avec les conséquences habituelles sur la régulation. Car, il s'agira alors d'autorégulation bien plus que de régulation, n'est-ce-pas...




