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29 août 2026

Note de lecture : The other side of deception, de Victor Ostrowsky

Revenons sur un livre publié en 1994 par un ancien agent du Mossad, qui à ma connaissance n'a pas été traduit en français. L'auteur Victor Ostrowsky, y fait quelques révélations sur différentes manipulations et opérations sous faux drapeau organisées par le Mossad, et explique comment fonctionnaient les services secrets israéliens à la fin des années 1980. Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que les événements actuels laissent apparaître le modus operandi du Mossad, spécialiste de la déstabilisation et des campagnes de propagande tordues.

 

 

Victor Ostrowsky est resté quatre ans au Mossad, mais dit avoir continué à travailler en lien avec une faction du Mossad qui tentait de bloquer la dérive fasciste et ultra-radicale de l'organisation, dont la stratégie était d'agir pour obtenir des gains politiques à court terme, en plaçant Israel comme victime des arabes et comme caillou permanent dans la chaussure de Washington. C'est dans ce contexte que son premier livre serait sorti en 1990 sous le titre By Way of Deception: The Making and Unmaking of a Mossad Officer, traduit en français sous le titre Mossad : Un agent des services secrets israéliens parle. C'est du second livre, The Other Side of Deception. A Rogue Agent Exposes the Mossad's Secret Agenda (L'Autre Face de la tromperie. Un agent dissident révèle l'agenda secret du Mossad) paru en 1994, dont nous allons parler.

 

Les deux livres ont été très critiqués par le Mossad et ses relais, de même que l'auteur, mais le temps a montré qu'il avait raison sur plusieurs sujets très sulfureux. Sur d'autres, on ne peut que prendre en compte ce qu'il écrit, et qui a tous les risques d'être vrai. 

 

 

Sur le fonctionnement du Mossad

 

Missile iranien (point jaune) à 500 m du siège du Mossad en 2024

Les israéliens sont paranoïaques, obsédés par leur propre sécurité. Ostrowsky dit qu'au Mossad, dont la devis est "Par la tromperie, la guerre tu mèneras", les agents doivent considérer que tous les moyens sont bons pour préserver Israël et ses intérêts partout dans le monde. Les nouvelles recrues n'ont plus de vie privée, même les passeports de leur famille sont confisqués, et personne ne peut donc sortir du territoire sans validation du Mossad.

 

Ostrowsky explique que dans les années 1980, le Mossad ne comptait pas plus de 40 agents traitants dans le monde entier, des katsa. Car contrairement aux autres services de renseignement, la quasi totalité des agents du Mossad est constituée des juifs de la diaspora, les sayanims, qui s'activent aux quatre coins du monde pour défendre les intérêts d'Israël à la demande du Mossad, qui les contacte souvent via leur famille en Israël. Chaque kasta gère une équipe de sayanims.

 

Ambassade d'Israël à Londres

Il y avait selon Ostrowsky environ 2000 sayanims uniquement à Londres au milieu des années 80, et 3000 dans le pays. Ils peuvent avoir tous les profils : un gérant d'hôtel qui donne des infos sur les clients, ferme les yeux si besoin, prête des chambres, couvre des opérations, un journaliste qui est un informateur, peut nouer des contacts, intoxiquer l'opinion, un juge qui fermera les yeux sur les magouilles impliquant le Mossad ou des israéliens, un politicien qui défendra coûte que coûte le génocide et le "droit d'Israël à se défendre", tout en accusant les critiques d'antisémitisme, un propriétaire de magasin qui servira de couverture ou de point de chute, des employés de milliers d'entreprises dans le monde à différents niveaux... Beaucoup ne sont que des prête noms pour des sociétés écrans, des locations d'appartements, des achats internationaux... 

 

Le Mossad recrutait clandestinement des ressortissants juifs en Angleterre et disposait d'une centaine de planques dans le Grand Londres. Ostrowsky a tout expliqué aux renseignements britanniques dans sa tentative de calmer le Mossad. 

 

La seule condition pour être un sayan est d'être juif, car ils doivent être fidèles. Ils peuvent refuser une mission mais ne parleront pas. Ce système offre un vivier de millions de juifs prêts à servir Israël, et sont une aide indispensable au fonctionnement du Mossad ainsi qu'à la réalisation des missions.

 

Ostrowsky raconte comment les choses se passent avec l'exemple des Etats-Unis : "La communauté juive américaine est organisée en un dispositif à trois niveaux. Il y avait d'abord les sayanims individuels (si la situation avait été inversée et que les Etats-Unis avaient convaincu des Américains travaillant en Israël d'œuvrer secrètement pour le compte de Washington, le gouvernement israéliens les aurait traités d'espions), ensuite il y avait le puissant lobby israélien. Celui-ci mobilisait la communauté juive pour mener une action vigoureuse dans la direction indiquée par le Mossad. 

 

B'naï brith Europe

Enfin, il y avait le B'nai Brith. On pouvait compter sur les membres de cette organisation pour se lier d'amitié avec des non-juifs et pour qualifier d'antisémite quiconque ne se rallierait pas à la cause israélienne", et commente : "Avec une telle stratégie en trois temps, l'échec nous était impossible". Fondé en 1843 à new-York, le B'nai Brith, sorte de mélange entre le Counrty Clube et la franc-maçonnerie, recrute parmi la caste la plus privilégiée, aux postes clés. Il y a des médecins, des scientifiques, des criminels, des banquiers, des politiciens, des artistes, des producteurs... Il regrouperait 2500 personnes en France.

 

Des non juifs peuvent aussi être recrutés pour trahir, dans ce cas le Mossad essaie la séduction, l'argent, la menace et si cela ne fonctionne pas ou plus, l'élimination.

 

Le Mossad est divisé en différentes branches, avec des départements spécialisés, comme la kidon qui la branche opérationnelle de la Metsada devenue Komemiute, en charge des opérations paramilitaires (clandestines) à l'étranger, notamment les assassinats dans les pays arabes. C'est là que son gérés les agents infiltrés pour des missions à l'étranger, qui fonctionnent en équipes. Leur couverture est souvent une entreprise basée au Canada, et les missions durent plusieurs mois à plusieurs années/ Selon Victor Ostrowsky, ces agents ne sont pas des professionnels, ils ont un métier et consacrent quelques années au Mossad. Leur rôle est surtout de capter des informations économiques, les mouvements d'opinion, les moeurs des uns et des autres...

 

Robert Maxwell devant son yacht

L'un des sayanims les plus connus d'Angleterre était Robert Maxwell, le père de Ghislaine Maxwell, bras droit d'Epstein. Le Mossad l'aidait à racheter des journaux d'abord en lui prêtant de l'argent et en organisant des conflits sociaux ou d'autres problèmes pour affaiblir la cible, ensuite en désignant les médias qu'il devait racheter, et qu'ils mettaient en faillite pour faciliter le rachat, par exemple en demandant à des banques amies de couper les crédits ou des à des annonceurs de retirer leurs pubs. Maxwell était ensuite envoyé "pour porter le coup de grâce".

 

En échange, Maxwell faisait passer les bons messages. Par exemple quand un ingénieur israélien, Mordechaï Vanunu, a dénoncé le programme nucléaire illégal d'Israël en 1986, son ami alors 1er ministre Ytzak Shamir a dit à Maxwell de publier sa photo et de l'attaquer dans ses médias.

 

Mais surtout, il utilisait la caisse de retraite des salariés pour financer les opérations secrètes du Mossad. Mais à force de ponctionner ce magot, Maxwell s'est retrouvé en difficulté et le Parlement britannique a commencé à y regarder de plus près sur sa gestion financière et une enquête avait déjà conclu à la disparition d'une partie des fonds (400 millions de livres officiellement à cette époque).

 

Selon Ostrowsky, le Mossad avait l'habitude de remettre de l'argent, mais à ce moment l'invasion du Panama par les US avait coupé les revenus tirés du trafic de drogue, si bien que Maxwell a été obligé de prendre dans la caisse. Pour que le Mossad le paie, il a menacé, selon Ostrowsky, de parler de l'affaire Krioutchov, qu'il avait permis au Mossad de rencontrer pour préparer un coup d'Etat contre Gorbatchev [1]. Il voulait aussi récupérer rapidement quelques centaines de millions.

Le Mossad l'a donc éliminé. Un rendez-vous a été fixé en Espagne au prétexte d'arranger les choses, il a été baladé pendant deux ou trois jours sur yacht le Lady Ghislaine entre Madère et Ténérife, et il a été assassiné une nuit de novembre 1991. On l'a retrouvé flottant dans l'eau et officiellement la cause du décès est inconnue. Il va sans dire que l'enquête n'est jamais remontée jusqu'au Mossad. Ostrowsky ajoute qu'à son inhumation en Israël, le 1er ministre Ytzak Shamir - qui selon toute vraisemblance a demandé ou validé le crime - a déclaré "Il a fait pour Israël bien plus qu'on ne peut en dire aujourd'hui".

 

 

Déstabilisation permanente au Proche-Orient

 

Centrale d'Osirak après l'explosion

Parmi les sayanims français, un dénommé Jacques Marcel qui travaillait sur le transfert de technologies nucléaires à l'Irak, dans le cadre de la construction de la centrale d'Osirak (qu'Israël a fait exploser en 1981, des parties de la centrale devant être expédiées en Irak ayant aussi été explosées à La Seyne-sur-Mer). Le Mossad lui a demandé des infos sur la centrale, Marcel a donc fait sortir les documents avec les noms des irakiens qui travaillaient à Saclay en France, les a mis dans son coffre, a donné le double du coffre au Mossad qui a dérobé les documents.

 

Ostrowski explique aussi comment des palestiniens étaient recrutés au Danemark, pour donner des infos sur la communauté palestinienne et ses activités. Les services danois considéraient à tort le Mossad comme un allié, et transmettaient donc la liste de toutes les demandes d'entrée dans le pays de la part des hommes au nom arabe et le Mossad pouvait refuser l'entrée simplement en indiquant qu'il s'agissait de terroristes ou assimilés. Dès que l'homme arrivait sur le territoire danois, le Mossad disait au danois qu'il était dangereux, il était donc arrêté, interrogé et envoyé dans un centre de détention, où le Mossad essayait de le recruter. S'il suivait, il était libéré et devait agir comme un agent du Mossad, mais s'il refusait il était menacé et devait quitter le pays. Selon Ostrowsky, plus de 80 palestiniens ont été recrutés comme cela au Danemark en un an.

 

Hussein de Jordanie et Yasser Arafat

Ostrowsky évoque une démarche du roi Hussein de Jordanie auprès de Yasser Arafat, pour parvenir à la paix. En réalité, l'objectif de Hussein était que les Etats-Unis le laissent acheter ou même lui vendent pour 2 milliards de dollars d'armement. Selon Ostrowsky, Israël a alors mobilisé tout le lobby juif aux Etats-Unis pour encourager les US à le faire.

 

L'affaire du meurtre du diplomate israélien Yacov Barsimantov, en poste à Paris, serait aussi un coup du Mossad. Il a été assassiné dans le hall de son immeuble dans le 16e à Paris en avril 1982 en rentrant chez lui avec son épouse et ses filles. Le 6 avril 1982 Le Monde titrait "La meurtrière pourrait être d'origine française" car elle s'exprimait "dans un français parfait" selon la famille présente sur les lieux qui décrivait un femme jeune, brune et plutôt ronde -dont le portrait robot a été présenté "au personnel de l'ambassade d'Israël, dans l'espoir que l'un d'eux ait remarqué".

 

Georges Ibrahim Abdallah à son procès

Bizarrement, c'est un grand libanais, Georges Ibrahim Abdallah, qui a été condamné en 1987 à la prison à vie (il y est resté jusqu'en 2024, devant le plus ancien détenu du pays). Il était un des fondateurs des Forces Armées de Libération Libanaises (FARL, de tendance communiste), qui ont commis des attentats en France en 1981-1982.

 

Pour Ostrowsky, il est certain de Barsimantov n'avait pas été tué par les palestiniens, parce qu'avec l'Américain Charles Robert Ray il essayait d'organiser la paix entre Israël et la Palestine. D'ailleurs, Ray a été tué à la même époque. Le livre dit que c'est une équipe du Mossad qui a éliminé Barsimantov, qui a ensuite placé l'arme du crime chez Abdallah et l'a dénoncé aux autorités françaises, allant même jusqu'à diffuser une fausse revendication des FARL. Israël a ensuite tenté d'utiliser le meurtre de Barsimantov pour justifier une intervention armée au Liban.

 

Le livre parle aussi du soutien apporté par le Mossad aux fondamentalistes religieux égyptiens. Pourquoi ? Parce que comme Israël ne voulait pas de paix avec l'Egypte (contrairement aux déclarations officielles évidemment), "il fallait une nouvelle menace dans la région", écrit Ostrowsky. Un monde arabe dirigé par des islamistes, surtout s'ils sont soutenus en sous-main par les sionistes, ne voudrait pas la paix, et par conséquent la guerre permanente d'Israël contre ses voisins restait "légitime".

 

Combattants du Hamas en 2016.

C'est pour la même raison que le Mossad a armé le Hamas [2], formidable épouvantail qui ruinait "miraculeusement" toutes les négociations de paix menées avec l'OLP. Dès qu'un accord était signé ou que les négociations avançaient, des roquettes étaient envoyées par le Hamas et Israël bloquait tout, allant jusqu'à la guerre si c'était possible afin de gagner du terrain. Il vient officiellement, en 2026, de dissoudre son "gouvernement" à Gaza, son QG. 

 

Selon Ostrowsky, le Mossad recrutait au Caire beaucoup d'égyptiens qu'il envoyait mener des opérations sous faux-drapeau au Proche-Orient et en Afrique. Le Mossad fournissait aussi des armes aux frères Musulmans (que sarko a aussi beaucoup aidés quand il était à l'Elysée), en échange desquelles la seule demande était que des cibles soient aussi frappées sur le territoire égyptien. Les Frères Musulmans ont toujours été une puissante force de déstabilisation des pays arabes, qui a eu de nombreuses émanations aussi bien en politique que dans le terrorisme, comme le Hamas.

 

 

Déstabilisation des pays "amis"

 

Même les pays "amis" officiellement, comme la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne ou même les Etats-Unis, sont en réalité des cibles et considérés comme tels.

 

Belgique : l'affaire des Cellules Communistes Combattantes 

Attentat des CCC au siège de la Fédération des Entreprises de Belgique en 1985

En Belgique, par exemple, Ostrowsky évoque une manipulation en 1985, avec les Cellules Communistes Combattantes, les CCC, un groupuscule d'extrême-gauche manipulé par l'extrême-droite [3], qui a commis des attentats [4] dont le pouvoir s'est servi à la fois pour taper sur la gauche et pour renforcer la pression sécuritaire, comme le voulait l'OTAN. Comme la Fraction Armée Rouge ou la bande à Baader, ces groupes ont été vite pris en main par les renseignements, liés à l'extrême-droite et à l'OTAN, dans le cadre de la stratégie de la tension déployée en Europe dans les années 70 et 80 par les réseaux stay-behind pro-US et fascisants.

 

Ostrowski revient sur l'épisode, fort connu, des tonnes d'explosifs saisies dans une planque des CCC en Belgique. Il explique que c'est lui, en se faisant passer pour un anglais, qui leur a vendu les explosifs pour 2 millions de dollars, dans le cadre d'une opération coordonnée avec les services secrets belges, en utilisant une cellule dormante du stay-behind composée des fascistes et du groupe Westland New Post, également impliqué dans les tueries de Brabant à la même époque. La discussion entre Ostrowsky sous couverture et un membre des CCC a eu lieu à Chypre, et l'opération a été menée parce que les belges avaient demandé au Mossad de trouver un moyen de passer des armes aux groupes d'extrême-droite sans que les autorités belges soient impliquées. 

 

Quatre membres des CCC ont été arrêtés par la police dès la réception des explosifs, parce que le Mossad avait transmis l'adresse aux belges de l'extrême-droite, qui ont immédiatement récupéré les explosifs [5].

 

Pourquoi ce cirque? Ses chefs ont expliqué à Victor Ostrowsky que l'objectif de l'opération était de neutraliser les CCC qui soutenaient la Palestine, mais il a découvert par la suite que l'objectif principal était de susciter l'émotion dans la population pour qu'elle réclame davantage de sécurité et qu'on accuse les communistes de terrorisme. C'est un classique, de l'Italie à la Norvège, car c'était le modus operandi des US dans leur stratégie de vassalisation de l'Europe occidentale. 

 

L'historien suisse Daniele Ganser explique [6] au sujet des CCC que plusieurs de ses membres étaient en réalité sympathisants d'extrême-droite. D'ailleurs, peu avant ce coup de filet, une attaque contre une caserne militaire à Vielsalm connue comme l'opération Oesling 84, visait à voler des armes en faisant accuser des groupes de gauche. L'opération, qui était officiellement un "exercice", a été menée par le stay-behind belge avec des militaires US qui ont tiré sur les soldats sur place mais l'un d'eux a survécu presque par miracle à plusieurs balles.

 

Tueries du Brabant

De 1982 à 1985, une vague d'attaques dans des supermarchés, armureries, un restaurant, a eu lieu en Belgique, faisant 28 morts. Ces crimes appelés les tueries du Brabant n'ont jamais été officiellement élucidés, même si l'on a bien compris que les renseignements belges, des membres de la police et des criminels tous d'extrême-droite, étaient impliqués, et que l'objectif était de déstabiliser le pays. Selon Ostrowsky, "trois membres du groupe [des tueurs] ont dû quitter le pays en 1985. ils se sont enfuis en Israël et le Mossad leur a donné de nouvelles identités, comme c'était prévu dans l'accord initial avec l'extrême-droite belge". Cela pourrait surprendre, vu que cette extrême-droite belge est antisémite et que les plus anciens de ses membres étaient des collabos patentés pendant la guerre. Mais les sionistes n'ont jamais rechigné à s'entendre avec les fascistes, y compris Hitler comme on le sait, et ils prouvent aujourd'hui qu'eux aussi sont des fascistes. En tout cas, cette fuite en Israël montre l'implication des sionistes dans les tueries du Brabant.

 

Il y a beaucoup à dire sur les tueries du Brabant et leur contexte, je dirais seulement que les politiciens impliqués là-dedans sont des piliers du réseau pédocriminel belge des années 60 aux années 1990, quand l'affaire Dutroux a mis au jour ces réseaux sordides.

 

 

France : la secte Moon et le Front national

 

Cérémonie de mariage collectif dans la secte Moon en 2000.

Victor Ostrowsky mentionne aussi les liens entre la secte Moon (créée en Corée du Sud en 1954) et le Front National. La secte Moon a toujours été un satellite des renseignements sud-coréens, eux-mêmes inféodés à la CIA. Fasciste sans l'afficher ouvertement, la secte, qui est internationale, était bien pratique pour les transferts de fonds discrets, par exemple. Dès ses débuts, elle finançait des structures anticommunistes comme la Ligue Anti-Communiste Internationale.

 

Ostrowsky parle d'une grande conférence du gourou Sun Myung Moon (mort en 2012) organisée en février 1986 au Country Club Hotel d'Haïfa. Pendant sa visite sur place, Moon a aussi eu des rendez-vous avec des membres d'extrême-droite de la Knesset (le parlement israélien), des militaires, des représentants des renseignements israéliens et d'autres dignitaires comme Yehuda Blum, ex-ambassadeur d'Israël à l'ONU. Etaient aussi présents plusieurs généraux US à la retraite, un ancien colonel de la CIA sud coréenne, et le français Pierre Ceyrac (qu'il écrit Ceylac).

Celui-ci, selon Ostrowsky, demandait beaucoup de services au Mossad. C'est ainsi que le Mossad lui a fourni un programme informatique permettant de communiquer discrètement et de stocker beaucoup de données. Ce programme lui a été envoyé par la valise diplomatique. 

 

Les liens de la secte Moon avec Marine Le Pen, amie de Pierre Ceyrac qui est le représentant de la secte en France, faisaient encore jaser en 2017, année lors de laquelle ils ont voyagé ensemble aux Etats-Unis. Ceyrac, qui était déjà proche de Jean-Marie le Pen à l'époque, est mort en 2018. Il était entré au FN à la demande de la secte, comme il l'a expliqué en 2012 aux Inrocks : "Au sein de l’Église, il a été décidé qu’une personne devait intégrer le Front. J’ai été désigné alors que je n’étais pas du tout attiré par la politique et Le Pen. Pour les législatives de 1986, j’ai donc obtenu une place qui me permettait d’être élu député FN. En échange, la secte apportait au Front national une puissance financière et un solide carnet d’adresses international". Cela s'appelle un financement étranger et c'est interdit. Mais comme l'a montré sarko avec l'argent de Kadhafi, les financements des campagnes électorales peuvent venir de partout.

 

 

Allemagne : l'affaire Uwe Barschel

 

Uwe Barschel

Une autre manipulation du Mossad mentionnée par Ostrowsky, en Allemagne, s'inscrivait dans le cadre de l'opération Hannibal qui visait à vendre à l'Iran des pièces détachées d'avions militaires via le BND (renseignements allemands), à la fois pour gagner de l'argent et pour prolonger la guerre.

 

Le gouverneur d'un Länder par lequel devaient transiter ces pièces détachées, Uwe Barschel, qui était le numéro 2 du parti démocrate chrétien et le dauphin d'Helmut Kohl, s'y était opposé : le Mossad a tout fait pour le décrédibiliser en créant de toutes pièces des scandales largement diffusés dans les médias, qui l'ont empêché d'être réélu, allant jusqu'à intoxiquer les renseignements allemands sur un pseudo trafic d'armes opéré par Berschel. Tout cela a mis fin à sa carrière politique, et en octobre 1987 il a été retrouvé mort dans la baignoire de sa chambre à l'hôtel Beau Rivage à Genève. Officiellement, on ignore la cause de la mort et personne n'a été poursuivi.

 

Selon Ostrowsky, Barschel avait appelé le BND et menacé de parler de leurs trafics avec le Mossad s'ils ne lui donnaient pas les moyens de se disculper, et il devait témoigner quelques jours plus tard devant une commission d'enquête parlementaire sur la fraude électorale dans son Länder. Le BND a appelé le Mossad, qui a décidé de l'éliminer.

 

Hôtel Beau-Rivage

Le livre raconte comment s'est passée l'opération, qui a mobilisé une équipe du Mossad. Berschel a été attiré à Genève sous prétexte de lui donner des documents permettant de le disculper. Il a rencontré un agent du Mossad, qui lui a fait boire du vin empoisonné. Puis, avec un tuyau ils lui ont fait ingérer des médicaments, lui ont mis un suppositoire avec un agent qui créé de la fièvre, et l'ont mis habillé dans un bain glacé, ce qui a produit une crise cardiaque. Evidemment, la cause du décès n'a jamais été déterminée [7] et officiellement on ignore ce qu'il était venu faire à Genève, même si les spéculations ont été nombreuses, probablement en partie à cause de fausses pistes disséminées par le Mossad. Comme le notait La Tribune de Genève en  2023 "La thèse d’un suicide circule d’emblée ; elle semble arranger autant la police genevoise, qui espère conclure rapidement un dossier sensible, que les autorités allemandes, qui tablent sur la fin d’un scandale. Pourtant, que de questions sans réponse, en l’absence de message qui expliquerait ce geste !" [8].

 

 

Une campagne anti Bush 1er aux Etats-Unis

 

Conférence pour la paix

Les Etats-Unis semblent être toujours soumis à Israël, et sous Trump plus que jamais. Cependant, quand un président d'avise de faire des choix qui ne satisfont pas les sionistes israéliens, ceux-ci n'hésitent pas à utiliser les grands moyens. Ostrowsky raconte que quand Bush 1er s'est opposé à Israël qui continuait à coloniser les terres palestiniennes et à pousser des guerres, les israéliens ont lancé une grande campagne médiatique contre lui et les Etats-Unis. Ils avaient même prévu de l'assassiner lors d'une conférence pour la paix prévue à Madrid fin 1991, en faisant accuser les palestiniens. 

 

Il raconte que le Kidon a sorti trois prisonniers palestiniens de leur prison à Beyrouth, pour les envoyer dans un centre de détention spécial au milieu du Neguev pour les rapprocher du théâtre des opérations, pendant que le Mossad diffusait des menaces contre Bush, laissant penser qu'elles provenaient du groupe islamique Abou Nidal, un scission de l'OLP créée en 1974. trois jours avant la conférence, le Mossad a balancé à la police espagnole que les trois palestiniens étaient arrivés à Madrid et qu'ils risquaient de commettre une action. Ostrowsky, qui dit que le Mossad avait prévu de les abattre dans la confusion, a mis en échec ce plan en le dénonçant. Israël aurait alors tué les trois palestiniens à Nes Ziyona.

 

 

Assassinats ciblés y compris en france

 

Le mossad se permet d'assassiner des gens sur le territoire français. Par exemple le secrétaire adjoint de l'ambassade d'Israël Yacov Barsimantov dont on a déjà parlé, ou Mahmoud Hamchari représentant de l'Organisation de Libération de la Palestine en France, que le Mossad a fait exploser chez lui en janvier 1973 parce qu'il était considéré comme un des organisateurs du groupe terroriste pro-palestinien Septembre Noir, ce qui n'a jamais été démontré.

 

Reste de l'avion au Musée pour la mémoire d’Ustica, à Bologne

Ostrowsky parle aussi d'une station d'écoute clandestine du Mossad située au nord de Sarcelles, près d'une propriété de campagne de Claude Pompidou. Ou de l'explosion en juin 1980 par les Israéliens d'un avion reliant Bologne à Palerme avec 80 passagers au-dessus de la mer Tyrrhénienne (à l'est de l'Italie et l'ouest de la Sardaigne), car il était soupçonné de transporter de l'uranium. Cette affaire n'a toujours pas été élucidée officiellement, et l'Italie accuse la France d'avoir envoyé un missile dessus par erreur avec les Etats-Unis.

 

Il raconte également un début d'enquête mené à la demande des français sur la Reason fundation, émanation d'un parti libertarien US réunissant des milliardaires juifs qui avaient l'intention de privatiser un territoire insulaire dans les iles Fidji en chassant les habitants et en y faisant un maximum de business (c'est le programme de Trump pour Gaza, par exemple). Cette fondation était créée par Robert Poole Jr, un adepte d'Ayn Rand [9] qui était un meneur du mouvement de privatisation aux Etats-Unis, notamment le secteur de l'aviation.

 

Ostrowsky évoque aussi le meurtre, par le Mossad, de Gerald Bull, un ingénieur canadien spécialiste en balistique, qui avait travaillé pour les US, Israël, le Canada, l'Afrique du sud, l'Irak, l'Iran... Il avait participé au développement du système HAARP (High Altitude Research Project) en Alaska et a enseigné à l'université McGill om Ewen Cameron a mené des expériences sur des cobayes humains dans le cadre de Mk-Ultra et d'autres programmes. Il a été assassiné par balles dans l'entrée de son immeuble à Bruxelles en 1990, et selon Ostrowsky, comme selon Gordon Thomas un ancien agent du MI6, c'est le Mossad qui l'a tué en s'arrangeant pour que le crime ne puisse pas être pris pour un accident ou un vol.  Il s'était assuré que des flics belges d'extrême-droite seraient présents dans le secteur pour couvrir leur fuite en cas de besoin.

 

Ce crime reste non élucidé, même si en 2003 une source "fiable" a appelé la justice belge pour dénoncer le rôle d'un agent du Mossad dans le crime. Les soupçons se sont surtout tournés vers l'Iran ou l'Irak. Selon le journal israélien Haaretz, "Des membres de la famille de Bull ainsi que des journalistes d'investigation ont laissé entendre que Bull était en contact avec des membres des services de renseignement israéliens et leur avait fourni des informations privilégiées sur le projet irakien de "super-canon"." [10]. Selon Ostrowsky, c'est parce qu'il participait au programme nucléaire iranien et qu'il semblait peu malléable que les israéliens l'ont tué, et sa famille pense aussi que ses travaux en Iran ont suscité le crime.

 

 

Le Mossad ou l'art de la fourberie

 

Dans le livre, Ostrowsky explique que pour le Mossad, tous les moyens sont bons pour défendre Israël. En 1986, il craignait déjà que le Mossad, tel qu'il se positionnait moralement en général et en particulier vis-à-vis des arabes, ne pouvait que devenir une structure fasciste. Il raconte comment, lors qu'à un moment Ytzak Rabin [11] a tenté de contrôler le Mossad, les responsables le laissaient simplement dans l'ignorance de ce qu'il faisait. La structure fonctionnait de manière autonome quand le pouvoir politique était du côté du sionisme "modéré", et pouvait se lâcher avec la droite. On imagine ce qu'il en est aujourd'hui avec les dingues d'extrême-droite qui dirigent aujourd'hui le pays.

 

L'objectif des sionistes est d'éliminer les arabes du territoire et d'avoir Israël partout, puis d'élargir les frontières pour recréer un "Grand Israël" mythique. Le Mossad est un bras armé essentiel sur les plans politique, commercial, militaire, géostratégique, qui peut faire des choses que l'armée n'est pas en capacité de faire, et qui n'a strictement aucune limite éthique.

 

Carte de la Palestine de 1888 à 2023.

 

Ostrowsky parle de "la droitisation" du Mossad, avant et pendant qu'il y était, du fait que les politiciens d'extrême-droite y plaçaient leurs hommes à des postes-clés. Il produit des agents prêts à tout, dévoués au sionisme, considérant les goys comme des individus de seconde zone et les arabes encore en dessous, qataris et saoudiens compris.

Il parle d'un complexe militaire au sud de Tel Aviv, dans la ville de Nes Ziona, qui serait un centre d'interrogatoire d'où les prisonniers, principalement palestiniens, ne ressortent pas vivants, et où des agents chimiques, biologiques, nucléaires, étaient testés sur eux. Les brevets étaient ensuite transmis à des laboratoires pharmaceutiques. Officiellement ce site n'existe pas, mais de nombreux labos pharma sont présents dans cette ville, dont l'Israël Institute for Biological Research créé par le corps scientifique de l'armée et est placé sous la tutelle directe du 1er ministre.

 

Soweto

En Afrique du sud, le Mossad aurait été impliqué dans une mission "humanitaire" de médecins israéliens dans le bidonville de Soweto. Ostrowsky dit que l'hôpital et la clinique étaient soutenus par une structure de Baltimore (USA) qui était une couverture du Mossad, et que l'opération consistait à tester des maladies infectieuses pour le compte des labos israéliens.

 

L'une des grandes activités du Mossad semble aussi être la vente d'armes, de première main ou d'occasion, très souvent aux deux côtés des belligérants, y compris à des pays ennemis comme l'Iran [12], et à des armées régulières comme à des groupes terroristes. Cela permet de faire rentrer énormément de cash que le Mossad peut dépenser dans ses opérations.   

 

Pour les opérations clandestines à l'étranger, par exemple du sabotage comme ou un assassinat, le Mossad avait deux équipes : l'équipe A du Mossad menait l'opération, et une équipe B était envoyée sur le terrain d'opérations, si possible des locaux du pays en question ou des pions, pour servir de bouc émissaire. C'est ainsi qu'une destruction d'oléoduc au Koweit par le Mossad est passée pour une action des irakiens, ce qui a fait monter la pression avec l'Iran (la guerre entre les deux pays a duré tout au long des années 80).

 

Bombardement du 14 avril 1986

Parmi les manipulations mentionnées par Ostrowsky, il y a celle des émetteurs radio placés à Tripoli pour tromper les occidentaux sur les intentions de la Libye. Le Mossad avait placé à Tripoli des émetteurs Trojan émettant des messages  préenregistrés que les autres pays allaient prendre pour des ordres d'attaques terroristes donnés à ses ambassades par Kadhafi. Les US seraient tombés dans le panneau, ou ont utilisé cela comme prétexte, et ont lancé un raid aérien sur Tripoli et Benghazi le 14 avril 1986 avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, comme le souhaitait le Mossad. La France et l'Espagne, par contre n'y ont pas cru et ont soupçonné une manœuvre du Mossad.

 

Après cela, la cible du Mossad était Saddam Hussein : "Nous commencerons dès maintenant à la présenter comme le grand méchant", aurait expliqué son chef à Ostrowsky, qui en était étonné car dans la région, Saddam était plutôt modéré vis-à-vis d'Israël, et se positionnait contre l'Iran et la Syrie.

 

Manifestation pour la libération de Bazoft

L'affaire Farzad Bazoft, un journaliste iranien travaillant pour des médias anglais et tué à Badgad en 1990, est aussi évoquée. Il était venu avec sa compagne, une infirmière anglaise, pour enquêter sur une explosion dans une usine de munitions. Arrêté, il a été condamné à mort après un procès expéditif, et elle à 15 ans de prison. Dans le livre, Ostrowsky dit que c'est le Mossad qui lui avait fait passer l'info sur cette explosion, en envoyant un agent sous la couverture d'un journaliste qui l'a attiré à Bagdad pour enquêter davantage. Quand ils étaient détenus, le Mossad aurait appelé Saddam Hussein pour lui demander de le libérer lui mais pas elle, et évidemment il a conclu que Bazoft était un agent israélien et l'a fait tuer, pendant qu'elle a été libérée rapidement.

 

Le Mossad avait repéré Barzoft comme un profil intéressant à manipuler et surtout qui avait trop d'informations en main, quand il travaillait sur la mort d'une autre victime du Mossad, le Dr Cyrus Hashemi un vendeur d'armes qui était un ancien pion du Mossad, et était impliqué dans le programme nucléaire iranien. De ce fait, il s'est retrouvé mouillé jusqu'au cou dans la fameuse affaire Iran Contra [13]. Officiellement il est mort d'une leucémie foudroyante en juillet 1986. 

 

 

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Le Mossad a évidemment nié en bloc toutes les affirmations d'Ostrowsky, et tout le monde a fait comme si rien n'avait été dit. A part les victimes de ces coups tordus, qui ont, elles, tendance à y donner crédit. Depuis la publication des livres d'Ostrowsky, l'Histoire a aussi montré qu'il avait raison sur le Mossad et sa dérive fasciste, comme sur la dérive fasciste des sionards, dont le monde entier se demande aujourd'hui s'ils ont des limites. Ostrowsky nous donne la réponse : ils n'en ont pas.

 

 

[1] Le problème pour les sionistes était que Gorbatchev essayait de rendre l'URSS plus démocratique, ce qui aurait apaisé le conflit avec les Etats-Unis, chose qui, pour eux, était une catastrophe. Israël aurait donc promis aux putschistes de reconnaître immédiatement le nouveau gouvernement et de lui apporter son soutien. En échange, Israël aurait demandé que les juifs soviétiques soient expulsés du pays ou qu'on les en fasse sortir pour qu'ils viennent en Israël apporter du monde pour les usines; l'armée et les colonies.

[2] Le Hamas a été créé en 1987 avec le soutien actif des sionistes, et c'est encore le cas aujourd'hui avec Netanyahu, présent à des postes clés depuis 2009, via le Qatar par exemple. Israël l'a armé et l'a laissé se développer à Gaza en terrorisant les sympathisants de l'OLP, pour diviser les palestiniens, puis pour avoir un prétexte pour attaquer. Des israéliens l'ont confirmé, comme Avner Cohen, responsable israélien des affaires religieuses à Gaza, qui a déclaré au Wall Street Journal en 2009 : "à mon grand regret, le Hamas est une création d’Israël". 

[3] Les CCC, créées en 1982, ont selon toute vraisemblance été infiltrées très rapidement par une aile des renseignements belges au service de l'extrême-droite. C'est ensuite le politique qui a laissé durer la manipulation au lieu de les arrêter. Les attentats n'ont commencé qu'en 1984. Quand un juge a commencé à enquêter sur cette infiltration, des cartons entiers d'archives sur cette affaire ont été détruits par la Sûreté de l'Etat. 

[4] Sur la vingtaine d'attentats aux explosifs menés entre 1984 et 1987, au moins 8 visaient des cibles de l'OTAN (très présent en Belgique y compris avec des armes nucléaires censées ne pas y être), le reste étaient des cibles capitalistes d'enjeu national.

[5] Toutefois, dans la version officielle il n'est question que d'explosifs dérobés dans une carrière en 1984.

[6] GANSER, Daniele, Les armées secrètes de l'Otan : réseaux stay behind, opération Gladio, et terrorisme en Europe de l'Ouest, Demi Lune, 2007.

[7] Pourtant, le frère d'Uwe Barschel a parlé d'un complot, disant qu'il avait été attiré à Genève pour être tué. Il a conclu en lisant le livre d'Ostrowsky que ce qu'il avait écrit correspondait aux éléments du dossier. Quatre poisons lui ont été administrés successivement en l'espace de quelques heures, "dont une substance inhibant le réflexe nauséeux. Un barbiturique puissant et paralysant s'est finalement révélé mortel", selon un journaliste, et les agents du Mossad ont forcé pour qu'il rentre dans la baignoire. Il apparait aussi que le BND a très vite fait pression pour classer la mort en suicide. Le frère a fait appel à un détective, indic de plusieurs services de renseignements dont le Mossad et le BND, qui est décédé en 1992, la veille du jour où il devait rencontrer un agent du Mossad : crise cardiaque en présence d'une prostituée.

[8]  CUENOD Jean-Noël, "L’affaire Barschel ou le mystère de la chambre 317", La Tribune de Genève., 04 février 2023

[9] Ayn Rand prônait des valeurs satanistes dans l'économie et la gestion de la société, et le sataniste d'Hollywood Anton La Vey adhérait totalement à ces postions qui relèvent du culte de l'égoïsme, de l'arrivisme et de l'opportunisme.

[10] MELMAN Yossi, "New Evidence of Mossad Involvment in Belgian Murder Case", Haartz, 4 janvier 2003.

[11] Ytzak Rabin a d'ailleurs fini par être assassiné par balles à Tel-Aviv en 1995, parce qu'il menait des pourparlers relativement constructifs pour la paix en cédant des territoires colonisés, ce qui a excité l'extrême-droite. L'assassin était un facho sioniste déjà suivi (voire contrôlé selon certains) par le Shin Bet, les renseignements intérieurs.

[12] Ostrowsky parle par exemple de l'affaire Avraham Bar-Am en avril 1986: ce militaire israélien avait été chargé par le Mossad de vendre des armes israéliennes à l'Iran. Mais, l'intermédiaire entre lui et le Mossad a été repéré et retourné par le FBI. Le Mossad a envoyé Ostrowsky lui dire de continuer le processus alors qu'il le savait grillé, Bar-Am s'est fait prendre par les Etats-Unis, a dit avoir agi pour le Mossad, mais le Mossad l'a lâché, n'admettant jamais qu'il agissait à sa demande. L'affaire a fini en non lieu en 1989.

[13] En résumé, la CIA a vendu des armes à l'Iran avec l'aide d'Israël, et aussi de la drogue, pour financer ses activités clandestines, notamment le financement des Contras pour faire un coup d'Etat au Nicaragua. Il y a aussi un volet pédocriminel à cette affaire, moins connu.

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24 août 2026

Les violences sexuelles contre les enfants : la réalité derrière les mensonges officiels

Le macronistan est le paroxysme de l’hypocrisie quant à la protection des mineurs, et les gesticulations ineptes de darmanin n’y changeront rien. Dans ce pays, la justice avec son bras armé les services sociaux, s’acharnent à faire taire les victimes, quant aux forces de l’ordre, elles ont manifestement mieux à faire. Revenons sur deux affaires, l’une à Cholet l’autre à Lyon, et sur les données concernant le traitement judiciaire des dossiers de violences sexuelles contre les mineurs.

 

S. est une femme d’une quarantaine d’années, qui a décidé de dénoncer auprès de la police le réseau pédocriminel dont elle a été victime à Cholet dans son enfance, et jusqu’à la trentaine passée. Si elle dénonce ce réseau, c’est parce qu’il est toujours actif (ce qui est logique puisqu’aucun des protagonistes n’a jamais été inquiété) et qu’il est en contact avec des mineurs.

L’affaire est complexe pour plusieurs raisons, notamment :

  •  Plusieurs individus sont cités dans la plainte, pour des faits en partie prescrits, mais qui nécessitent de voir si les actes dénoncés ont toujours lieu, sur d'autres victimes. Rien n'indique en tout cas qu'il ait cessé.
  • Ce réseau semble impliquer des gens de différents milieux, notamment politique.
  • Les souvenirs de S. ne sont pas complets, et ont commencé à remonter il y a quelques années seulement.

 

 

Une région connue pour plusieurs affaires de pédocriminalité

 

Cholet se situe dans une région où les réseaux pédocriminels ne manquent pas, à 60 km d’Angers où plusieurs réseaux s’entrecroisent, comme l’a révélé une affaire sordide il y a quelques années [1], 1h 30 du Mans où j’ai entendu parler d’un autre réseau à la même époque. Et à Cholet même, il y a d’autres victimes d’un réseau pédocriminel actif des années 1980 à 2000, et qui à mon avis est connecté à celui de S., ne serait-ce que parce que les mêmes milieux sont concernés, dans le même secteur et à la même époque. 

 

Une victime, Véronique Liaigre, avait parlé au début des années 2000, mais seuls ses parents ont été condamnés mais les faits de proxénétisme ont été écartés [2], et aucun autre agresseur n’a été jugé. Elle dénonçait des faits de pédocriminalité commis en réseau à Jallais (20 km de Cholet) notamment, depuis les années 80, dans lequel ses parents l’avaient exploitée ainsi que ses sœurs.


Mais les deux réseaux semblent un peu différents. Dans le cas de S., les enfants étaient déplacés dans un périmètre assez proche de Cholet, alors que dans l’autre réseau ils pouvaient être emmenés à l’étranger.

 

Cholet est aussi à à 50 km d’Oudon, la ville où était actif le pédocriminel Pierre-Alain Cottineau [3], à 40 km de Chalonnes-sur-Loire dont le nouveau maire vient d'être arrêté pour détention d'images pédopornographiques, et à 20 km de Tiffauges, une des résidences du pédocriminel et meurtrier d’enfants Gilles de Rais au XVe siècle, pour l’anecdote. 

 

S. a été entendue à cinq reprises, pendant plus de 10 heures. En 10 heures, les gendarmes qui l'ont interrogée ont eu le temps de noter les noms de plus d'une quinzaine de protagonistes, impliqués à des degrés divers dans un réseau de viols d'enfants, de production de films de viols d'enfants, et probablement de trafic de bébés.

 

S. ignore si d'autres plaintes ont été déposées contre ces mêmes individus. Les victimes qu'elle connaît n'ont apparemment aucun souvenir de ces actes, mais elles n'ont pas été entendues non plus ne serait-ce que pour corroborer ou non certains éléments.

 

Cela fait un an que S. a témoigné pour la première fois à la gendarmerie de Cholet. Elle a cité des lieux précis, notamment des domiciles d’agresseurs présumés qu’il serait de bon d’interroger, et des individus impliqués dans le réseau, dont des membres du corps médical et acteurs politiques. Il y a aussi ceux qui savaient et protégeaient ce réseau. Nous reviendrons plus détail sur les profils des uns et des autres, mais pour le modus operandi, il semble que le compagnon de la mère de S. a d’abord commencé à commettre les violences sexuelles seul, puis il a invité des amis à venir, puis il a amené S. dans des lieux où d’autres pédos pouvaient l’agresser, à Cholet principalement. 

Et rien ne permet de penser que ce réseau a cessé d'exister. Et comme cette affaire, qui implique du gratin local, a certainement été remontée assez rapidement jusqu'au ministère, on attend une enquête à ce sujet.

 

 

Une ado en fuite à Lyon, chronique de la vie à Pédoland

 

Jacques Thomet a diffusé l’histoire de Nina, une adolescente lyonnaise de 15 ans que la "justice" s’entête à vouloir confier à la garde de son père alors qu’elle a dénoncé des violences sexuelles et psychologiques répétées de sa part. De plus, il a déjà été condamné, certes à une peine ridicule car la france n'est pas Pédoland pour rien, mais tout de même : quel besoin de lui confier sa victime ?

 

Après un viol début août lors de ces "vacances" forcées par la justice chez l’agresseur, Nina a fui par ses propres moyens. Ne voyant aucune solution pour être en sécurité, constatant que le système refuse de l’écouter, la met en danger, elle parle de suicide. Il serait plus que temps que ce pays prenne enfin soin de ses enfants, de ses adolescents, à commencer par ceux qui sont victimes de maltraitances et les handicapés. Ce pays de vieux macronistes pue la mort à force d’exposer les enfants à toutes ses dérives.

 

La maman de Nina demande la garde mais évidemment, comme elle soutient sa fille et qu’elle a été envoyée en psychiatrie, elle est disqualifiée par le système.

 

Voilà comment ce pays fait taire les victimes, voilà pourquoi la pédocriminalité est un fléau de santé publique : les agresseurs sont protégés par le système, et les victimes sont considérées comme des menteuses, de même que les parents protecteurs. 

Nina n’a presque aucune chance que sa plainte aboutisse à une condamnation, puisque apparemment aucune enquête n’a été menée. Cela m’amène à m’interroger : le pédo est-il dans un réseau ? A t’il des protections dans le système, comme c’est le cas de beaucoup de ceux sur lesquels j’ai hélas eu à travailler. 

Cette plainte non plus n’a pas été examinée avant le 14 juillet. A moins que l’examen en question ait consisté à la jeter à la poubelle.

 

Voilà ce qu’en dit Jacques Thomet sur Facebook :

 

Lyon: un père viole sa fille de 5 ans, elle veut le "jeter à la poubelle" il n’écope que de 2 ans de prison 9 ans plus tard et la mère est en psychiatrie.

Nous avons là un nouvel exemple de la tragédie de la justice, en particulier dans la capitale des Gaules: peine ridicule contre le prédateur (quand il n’obtient pas la garde de sa victime comme le père de Nina), et hospitalisation à vie de la mère de la petite de 5 ans en psychiatrie.
Son épouse avait surpris Jean en train d’agresser sexuellement leur fille de 5 ans en 2017.

 

Également reconnu coupable de détention d’images pédopornographiques, il a été condamné en avril dernier à cinq ans de prison, dont trois avec sursis probatoire. Soit deux ans ferme… Il n’a pas fait appel. On ignore pourquoi il aura fallu 4 mois à la presse locale pour parler de cette affaire.
Pendant l’audition, la fillette a reproduit les gestes obscènes sur son doudou.

 

Jusqu’au bout, l’homme a nié. Non, il ne se masturbait pas, avec la main sur le sexe de sa fille, il "tenait une canne à pêche". "Dans une chambre verrouillée ?", interroge la présidente. Il bafouille, prétend que sa femme ment, manipule. Mais l’enfant confirme les attouchements : "Cela m’a fait mal". Et elle décrit plusieurs agressions sexuelles dans la chambre, la salle de bain. Elle évoque également une scène où son père se masturbe devant elle en regardant des vidéos pornographiques. "J’aimerais qu’on jette papa à la poubelle", ajoute la fillette.

 

Affiche du Collectif Féministe Contre le Viol

Jean n’a plus revu ses filles depuis 2017. Âgé de 66 ans, il rencontre sa nouvelle épouse au Cambodge. C’est là-bas que naît leur première fille, en 2008, avant que la petite famille s’installe dans la Métropole lyonnaise. Sa compagne développe peu de liens avec la France, elle ne parle pas français, est très isolée. Elle s’occupe du ménage, des enfants qui naissent : quatre en tout. Sa mère et sa sœur quittent le Cambodge pour s’installer chez eux. Lui est souvent absent, en déplacement professionnel dans toute la France.

 

En juillet 2017, la mère avait des soupçons. Sa fille disait "papa joue mal", et plusieurs fois, elle était revenue en pleurs de la chambre de son père. Elle devenait renfermée, triste, avait des rougeurs génitales. Ce jour-là, la mère fait la cuisine avec sa sœur quand elle comprend que l’enfant est dans la chambre avec son père. Elle veut aller voir, la porte est verrouillée. Il est un peu sourd, il n’entend pas ses tentatives pour entrer. Elle va chercher une cuillère pour ouvrir le loquet. Elle est très choquée par la scène qu’elle découvre : sa fille est allongée, avec la culotte sur les genoux, alors que lui se masturbe en lui touchant le sexe.

 

"Elle s’est sentie coupable de ne pas avoir compris plus tôt. Et elle a subi de fortes pressions de sa famille, qui lui a demandé de se taire : "c’est lui qui nous a fait venir en France ; si tu portes plainte contre lui , on n’a plus rien"", rapporte l’avocate de la maman. "Et effectivement, elle a tout perdu , elle s’est effondrée psychiquement. Elle est aujourd’hui hospitalisée à Saint-Jean-de-Dieu, avec des idées suicidaires. Sous curatelle renforcée, elle est très fragile. Ses quatre filles ont été placées ; elle les voit régulièrement"

 

La petite fille de 5 ans est aujourd’hui devenue une adolescente de 14 ans, brillantissime à l’école. "Elle semble loquace et enjouée, mais elle devient mutique quand on aborde les faits. Elle se construit seule. Tout travail psychologique est pour l’instant impossible avec elle", rapporte son éducatrice.

 

 

Que fait Darmanin ?

 

On n'abordera aujourd'hui que ces deux affaires, qui révèlent tant de souffrances mais n'ont hélas rien d'exceptionnel : c'est le quotidien en matière de violences sexuelles contre les enfants. Nous subissons un écosystème justice -sévices sociaux - corps médical absolument toxique pour les victimes en général, et en particulier les enfants. Et la micronie n'a fait qu'aggraver une situation qui était déjà lamentable il y a 10 ans, mais qui relève aujourd'hui de la catastrophe sanitaire, sociétale et politique. Alors que ces messieurs prônent le "réarmement démographique", il est plus qu'urgent de considérer chaque enfant et chaque adolescent comme précieux. Les cambodgiens dans les campagnes contre les pédos occidentaux qui ont fait tant de ravages dans ce pays, demandaient : "s'il vous plaît protégez nos trésors nationaux". Au macronistan que vaut la vie d'un enfant, surtout s'il n'est pas né dans la caste ?

 

Voyons donc les chiffres, du moins les rares, parcellaires et impossibles à suivre chiffres du traitement judiciaire des violences sexuelles contre les mineurs. Car d'année en année, il est de plus en plus difficile d'accéder aux données brutes. 

 

En plein scandale de l'affaire Lyhanna qui révèle une absence totale de prise en compte des violences sexuelles contre les mineurs, Darmachin avait annoncé le 30 juin que 88.000 plaintes en souffrance concernant des violences sexuelles contre les mineurs devaient être examinées avant le 14 juillet. Il était de toute manière irréaliste d'envisager un traitement de 88 000 dossiers en 15 jours au regard du manque de magistrats et de greffiers, et de l'indigence organisée de la "justice". 

 

Mais il fallait une grosse annonce, puisque l'impunité a régné pour Jérôme Barella depuis des années, ainsi que pour son père et son frère, également pédocriminels et dénoncés auprès des autorités [4]. Plusieurs marqueurs d'un réseau pédocriminel apparaissent en effet dans ce dossier, et celui-là en fait partie mais cela peut aussi être dû à la nullité absolue de la "justice" dans ces affaires.

 

Jacques Thomet rappelle qu’en mai 2021, Dupond-Moretti soi-même, l’avocat de la boulangère d’Outreau et de moult agresseurs, alors ministre de la "justice" de la micronie triomphante, a faire passer une circulaire demandant aux parquet de jeter à la benne un maximum de plaintes, y compris pour viols sur mineur [5]. L’objectif de la "justice" au macronistan n’est donc pas de répondre aux victimes et de mettre hors d’état de nuire les agresseurs, mais de "poursuivre la résorption des stocks de procédures".

 

Par ailleurs, depuis les annonces délirantes de darmanin, on a découvert que les forces de l’"ordre" (on se demande lequel) ne transmettent pas toutes les plaintes aux parquets. Des centaines de plaintes sont ainsi littéralement jetées à la poubelle dès que le plaignant a fini de la déposer : le procureur de Caen a déclaré que 905 plaintes pour violences sexuelles contre des mineurs n’ont jamais été transmises au tribunal. Un syndicaliste de la police disait ainsi en août 2026 : "Depuis de nombreuses années, nous avons 3 millions de procédures en stock. On a fabriqué un véritable déni de justice, les policiers n'arrêtent pas de le hurler. Les policiers ne font plus d'investigation, ils font des procédures au détriment des victimes, car les politiques comme Monsieur Darmanin l'ont voulu".

 

Cela explique pourquoi tant de gens, y compris dans les affaires de pédocriminalité, n’ont jamais de nouvelle de leur procédure. Parmi ces plaintes passées à trappe, certaines visaient-elles des types influents, protégés, ou des réseaux ? 

Et puis il faut aussi mentionner les innombrables refus de plainte, y compris, là encore, pour des affaires de pédocriminalité.

 

Darmachin peut répéter tous les mensonges qu’il veut, cela ne change rien à la réalité. J’ajouterais que, concernant les violences sexuelles, les agresseurs sont des hommes (à plus de 90%), les victimes à 81 % des femmes [6] : autant dire que notre pays des droits de l’homme s’en moque. C’est acceptable, c’est un risque normal dans la société de ces messieurs.

 

Tout cela fait que les agresseurs sont toujours plus nombreux et plus actifs, et les plaintes pour violences sexuelles explosent depuis 2017 : moins de 30 000 plaintes en 2026 pour violences sexuelles contre des mineurs, 38 000 en 2018, 75 000 en 2025. Ceci dit, les violences intrafamiliales en général explosent, de même que les atteintes aux personnes.

 

 

Plaintes pour violences sexuelles contre les mineurs en 2025

 

Pour 1000 habitants, 4 fillettes de moins de 5 ans sont victimes de violences sexuelles (dont 2,4 dans le cadre familial, ce qui est logique car plus les enfants sont petits, plus les violences ont lieu dans la famille), ainsi que 6,5 fillettes de 5 à 10 ans, et 12 de 10 à 15 ans. Et il ne s’agit que des plaintes, pas des estimations du nombre réel de victimes, qui est au moins à multiplier par 10. Ce qui ferait une centaine de fillettes de moins de 10 ans victimes pour 1000 habitants.

 

 

Parmi ces violences sexuelles contre les mineurs, 16 % relevaient, en 2025, de l’exploitation sexuelle, autre phénomène qui explose au sujet duquel j’avais alerté il y a une dizaine d’années. 34 % concernaient des "viols et tentatives", appellation floue s’il en est.

 

Maintenant que nous avons les plaintes, j’ai tenté de regarder ce qu’il en est des condamnations, qui sont maintenant gérées par des tribunaux au rabais sans jury, pour expédier les procédures – du moins celles qui ne sont pas correctionnalisées avec des viols jugés comme des délits. Mais les données ont encore changé (comme tous les ans ou presque) et sont inaccessibles concernant le traitement judiciaire des viols sur mineurs. Voilà [7]. On a juste une vague réponse à une question d’un député, où on apprend qu’il y aurait eu 661 condamnés pour viol sur mineur en 2023

 

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Il reste donc beaucoup de travail pour ne serait-ce que faire mine de prendre au sérieux ces violences. On est encore bien loin d’avoir compris le coût individuel, et aussi social, de ces actes. Notre justice d’un autre siècle n’en est pas là, toute occupée qu’elle est à nier la réalité, à faire taire les victimes et les parents protecteurs, et à prendre pour argent comptant les dénégations des agresseurs. Si certains policiers et magistrats tentent de faire leur travail, ils sont sanctionnés, mutés, et n’ont de toute manière pas les moyens de faire un travail sérieux pour les centaines de dossiers qui leur tombent sur les bras. Dans cette zone de non-droit les pédocriminels prolifèrent et le seul rempart sont les citoyens.

 

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[1] L’affaire du réseau pédocriminel d’Angers qui a éclaté en 2002 a impliqué une soixantaine d’adultes, 45 enfants, mais seuls les agresseurs issus de milieux défavorisés, qui exploitaient leurs enfants, ont été jugés. Il était aussi question d’adultes avec des cagoules qui payaient, mais n’ont jamais été identifiés. Les condamnés ont bénéficié de remises de peine, et plusieurs ont récidivé. Ce réseau est probablement encore en partie actif, comme le laissent penser certains faits divers récents, comme le procès de cet homme, ancienne victime des pédos d'Angers, devenu pédo à son tour, chez qui on a retrouvé 200 000 fichiers pédos et il serait passé à l'acte. Il a été jugé en 2025 en son absence en raison de problèmes psychiques.

[2] En 2001 le père a pris 12 ans de prison, la mère 16 ans, pour des faits commis entre 1984 et 1997. Dans le dossier, il était aussi question d’autres enfants, de rituels sataniques en France et à l’étranger, d’enfants tués, de voyages après avoir été drogués...

[3] Cottineau, élu LFI, militant gay et impliqué dans le secteur social comme assistant familial, était un pédocriminel prolifique qui n’est tombé que parce qu’il filmait les viols des enfants qui étaient placés chez lui ou qu’il avait en garde, et que la police hollandaise est tombée dessus. Il animait un groupe Telegram de pédos qui s’échangeaient des contenus et violait des enfants aussi à l’étranger, notamment en Tunisie. Encore une fois, des signalements réalisés dans le passé, y compris par sa propre mère, ont été totalement ignorés et Cottineau a eu son agrément des sévices sociaux sans problème. Et ce n’est pas grâce aux autorités françaises qu’il est tombé en février 2026.

[4] Le père a même reçu un non lieu en 2021 dans le cadre d'une procédure pour viols sur mineure, la petite fille de sa compagne. Une plainte d'une autre victime a été classée, car elle n'a pas abouti non plus.

[5] Selon le JDD, qui était encore un journal à l’époque, il fallait classer sans suite les plaintes "anciennes" ou pour lesquelles aucune enquête n’a été menée. Autant dire, vu la lenteur de la "justice", qu’il devait y en avoir un paquet.

[6] D’après les données de l'Intérieur en 2025 : 76 167 mineurs victimes de violences sexuelles, dont 81 % de filles. Parmi les moins de 15 ans (55 209 victimes), 78 % étaient des filles. La majorité des violences sexuelles a lieu hors du cadre familial : 35 516 victimes de moins de 15 ans ont subi ces violences hors du cadre familial, moins de 20 000 dans le cadre familial. En 2024 sur 71 068 victimes, 82 % étaient des filles. 

[7] J’ai d’ailleurs explique que ces tableaux sont nullissimes à l’IA de Google, qui m’a répondu ceci : "Je comprends tout à fait votre frustration. Les outils de requêtage dynamiques du ministère de la Justice sont notoirement complexes, mal conçus et mélangent toutes les infractions sans donner de réponse claire". L’objectif est évidemment qu’aucun suivi ne soit possible et je dois dire que les méthodes utilisées sont de plus en plus radicales. Bref, aujourd’hui je n’arrive pas à mettre la main sur les données, si quelqu’un les trouve je suis preneuse !

12 août 2026

La lutte antidrogue, prétexte de Trump pour vassaliser et exploiter l'Amérique latine

Revista Raya

Nous subissons actuellement une dérive mondiale vers le totalitarisme, bien perceptible aujourd'hui sur de nombreux plans. L'Amérique latine est aujourd'hui ciblée par Trump, qui vassalise les Etats à coups d'élections truquées et de militarisation au prétexte de la "lutte contre la drogue" et les cartels. Cet article a pour objectif

de décrire l'hypocrisie de ces arguments, et les manœuvres destinées à favoriser le business contre les droits des populations.

 

Depuis le début du XXe siècle, les Etats-Unis interviennent pour placer des dictateurs en Amérique latine dès qu'un mouvement d'opposition est au pouvoir et menace les intérêt du capital US. Ce continent est traversé depuis le XIXe siècle par des révolutions, par une culture politique forte, et un sens du combat collectif qui a souvent porté ses fruits, hélas détruits très rapidement par l'ingérence US, comme celle que Trump est en train de réimposer.

 

Dans les années 1920 déjà, United Fruit qui avait presque un monopole sur la production et la vente [1], imposait sa loi dans les régions où elle exploitait la banane, du Guatemala où le dictateur en place l'aidait à réprimer les grèves en 1923, à la Colombie où la compagnie a fait massacrer par l'armée des travailleurs qui réclamaient de meilleures conditions de travail, en décembre1928 à Ciénaga. 25 000 employés étaient en grève pour des revendications telles que des rémunérations en pesos et pas en coupons alimentaire valables dans les magasins de la compagnie, des compensations pour les accidents du travail, une assurance collective, des semaines de 6 jours au lieu de 7. L'armée a tué 1000 personnes en tirant sur la foule, ce qui a mis fin à la grève.

 

Après la guerre, une des premières interventions de ce type a démarré au Guatemala en 1952, quand la CIA à peine créée a décidé de mettre fin à la démocratie instaurée depuis dix ans [2], et au gouvernement de Jacobo Arbenz, qui avait entrepris une réforme agraire déplaisant fortement à United Fruits Company, proche des dictatures précédentes, et avait autorisé le Parti Communiste.

 

La United Fruits était aussi solidement implantée au Costa-Rica, au Panama, au Nicaragua ou encore au Honduras, où elle construisait certes églises, écoles et dispensaires, mais où il n'était pas plus question de démocratie, de distribution des terres ou de nationalisations qu'au Guatemala.

 

Gloriosa Victoria, 1954 - Par Diego Rivera, représente le coup d'Etat au Guetemala. On y voit notamment John Foster Dulles, secrétaire d'Etat US serrant la main du protégé des US Carlos Castillo Armas

 

Allen Dulles, patron de la CIA, a été l'avocat [3] d'United Fruits et même rejoint le conseil de direction
On aurait même pu remonter à encore avant, avec l'histoire du Mexique par exemple, mais restons à la période contemporaine.


Une organisation internationale fasciste pour réduire l'opposition au silence

 

Pinochet et Kissinger

Dans les années 1970, un alignement de dictatures s'est produit du Chili avec le coup d'Etat de la CIA et de Pinochet en 1973 à la Bolivie, en passant par le Paraguay, l'Argentine, le Brésil... Ces pays, qui furent des havres de paix pour les nazis, se mis à appliquer les politiques néo libérales imposées par Washington (privatisations, réduction des dépenses publiques) en échanges de prêts et d'investissements, tout en réprimant dans le sang les oppositions.

 

Organisée par la police politique secrète de Pinochet, la DINA, et la police politique argentine, l'opération Condor, menée sous les auspices de la CIA évidemment, visait à échanger les informations sur les opposants, à organiser leur arrestation dans n'importe quel pays, à les déporter, les interroger et très souvent, à les éliminer. 

 

Le plan Condor a été très actif de 1975 au début des années 1980, mais ses réseaux ont très probablement encore commis des crimes dans les années 1990. Le nombre de victime est inconnu, les estimations sont d'au moins 60 000 assassinats, dont la moitié en Argentine, et plus de 400 000 personnes emprisonnées, et généralement torturées avec des techniques, là encore, inculquées par des nazis comme Walter Rauff, créateur des chambres à gaz mobiles et réfugié au Chili où il était très proche de Pinochet et a contribué à construire la DINA (Dirección de Inteligencia Nacional, sa police politique secrète), sur le modèle de la Gestapo. C'est tout une génération de militants de gauche qui a été effacée, forcée au silence, et aujourd'hui encore nous sommes loin d'avoir éclairci tous les crimes commis par ces dictatures à la solde des US.

 

Véhicule d'Orlando Letelier

Dès le début du processus, des voix se sont élevées pour dénoncer cette organisation, calquée sur la Gestapo et Interpol (créé dès 1923 et passé sous contrôle de la gestapo pendant la guerre), mais elles ont été ignorées et les dictatures les ont fait taire. Pinochet et ses sbires de la junte militaire, par exemple, n'avaient aucun complexe à affirmer qu'ils allaient éradiquer l'opposition. Et pour cela, l'armée a été formée par des nazis, par les US et même par des israéliens, de même que des groupes armés d'extrême-droite, parfois carrément nazis, tandis que la CIA fournissait des armes, finançait, et mettait à disposition des agents tels que Michael Twonley au Chili, impliqué dans l'assassinat à Washington d'Orlando Letelier à la demande de Pinochet. Le schéma était le même dans les autres dictatures.

 

Mengele au Brésil en 1975

Parmi les nazis les plus connus à avoir aidé ce système de répression en formant les militaires et policiers, en conseillant les dictateurs sur la manière de les organiser, en mettant leur réseau à leur service, il y avait Klaus Barbie en Bolivie, Walter Rauff au Chili, l'entrepreneur Ludwig Freude en Argentine, Friedrich Schwend au Pérou puis en Bolivie, Hans-Ulrich Rudel au Paraguay, Joseph Mengele en Argentine et au Paraguay... D'autres comme Gerhard Bohne ont été conseillers auprès des militaires argentins dans les années 60, avant d'être extradé en 1966.
Evidemment, la CIA était parfaitement au courant, et le Mossad bien souvent aussi.

 

Aujourd'hui encore, les USA protègent les anciens agents des services de répression de ces dictatures : récemment, un ancien agent de la DINA, a été interpellé par l'ICE de Trump en Floride où il vivait sans ennuis, et l'a immédiatement relâché. Alors qu'il a été condamné pour son rôle dans l'assassinat d'Orlando Letelier, opposant à Pinochet en exil, à Washington en 1976 et aurait dû être renvoyé au Chili pour y être jugé.

 

Les suppôts des Etats-Unis en place actuellement ont une fâcheuse tendance à s'en prendre à la mémoire de ces crimes. Au Chili, Kast a par exemple annulé la création d'un site mémoriel sur les crimes de la dictature de Pinochet. Abelardo a annoncé qu'il allait détruire le Monumento a la Resistencia à Cali, fabriqué en 2021 lors des mouvements de contestation contre les régressions du gouvernement d'alors, réprimées dans le sang (j'en avais parlé ici). C'est le fascisme décomplexé.

 

 

La lutte contre les drogues, un conte pour enfants

 

Nixon lance sa "war on drugs"

Depuis Nixon et sa "war on drugs" lancée en 1971, la lutte contre le narcotrafic est une blague. Car pendant ce temps-là aux Etats-Unis, la CIA organisait son trafic, diffusait les drogues psychédéliques et les drogues dures dans la jeunesse qui contestait la guerre au Vietnam et le système politico-économique, puis le crack dans les communautés Noires, et en Amérique latine les cartels ont commencé à se mettre en place dans les années 80, avant de gagner en puissance et en capacité de nuisance, notamment grâce à des armes US et israéliennes, au fil des décennies et des grands plans antidrogue. Un ancien collaborateur de Nixon a d'ailleurs dit que l'objectif de la démarche était surtout de harceler les Noirs et les hippies.

 

Ces grandes actions anti-drogue servent principalement à militariser des pays vassaux obligés d'agir s'ils veulent éviter l'asphyxie économique. A la clé, des dizaines de milliers de morts. 

 

Influence des cartels de 2005 à 2010 environ

Prenons l'exemple du Mexique, où le premier cartel militarisé, qui a fait exploser la violence en éliminant la concurrence, los Zetas, était à l'origine un petit groupe de militaires formés et déployés pour lutter contre les cartels. Ils se sont constitués à la fin des années 1990 et ont créé une forte instabilité dans le pays en commençant par le Nuevo León, d'abord au service du Cartel del Golfo avant d'en prendre le contrôle [4]. Ultra-violents, les Zetas ont aussi largement développé le concept de cartel : ils contrôlaient les routes de la drogue vers les Etats-Unis, puis ont pris le contrôle des casinos, des bars, ont commencé les séquestrations contre rançon, ont levé un "impôt" sur tous les commerces, et ont corrompu à grande échelle la police, l'armée où ils recrutaient, et évidemment les autorités politiques.

 

Alors que les Zetas continuaient à terroriser le nord du pays et s'étendaient jusqu'à Cancun, Felipe Calderón qui a été président (de droite) de 2006 à 2012, a lancé une "guerre contre la drogue" qui a entraîné la militarisation du pays, l'augmentation de la violence des cartels, et 60 000 morts. Ce fut aussi une période où la corruption par le narcotrafic fut sans précédent.

 

L'ami qu'il a nommé au poste de chef de la Sécurité nationale, Genaro García Luna, s'est réfugié aux Etats-Unis en 2012 à la fin du mandat de Calderón, car de sérieuses accusations à son encontre circulaient depuis un moment, notamment autour de sa mise en scène d'arrestations et saisies, comme l'affaire impliquant la française Florence Cassez, et aussi de son rôle dans le trafic de drogue (des narcos l'ont accusé d'être encore plus puissant qu'eux) [5].

 

García Luna rendait des services à la Fédération, qui était l'alliance du cartel de Sinaloa et de celui des frères Beltrán Leyva, coalition de narcos la plus puissante du pays avec plus de 3000 points de vente aux Etats-Unis, déjà au début du mandat précédent de Vicente Fox (droite), quand il était coordinateur des renseignements de la Police Fédérale Préventive puis directeur adjoint du Centre national de sécurité et d'enquête (CISEN, très proche de la CIA).

 

Evasion d'El Chapo par un tunnel creusé depuis sa cellule

Il avait ainsi facilité la première évasion de Joaquín Guzmán Loera (El Chapo) en 2001 et évité qu'il soit repris rapidement, ce qui a commencé à éveiller les soupçons. Il informait aussi le cartel sur les enquêtes préliminaires du procureur général [6], organisait avec eux la liquidation et l'arrestation des ennemis du Cartel del Golfo et des Zetas ainsi que les saisies, et les narcos espéraient qu'il leur donnerait accès à la Présidence. 

 

Pourtant, après 2001 García Luna a continué à prendre du galon, jusqu'en 2005 quand Interpol l'intègre à son comité exécutif et que la DEA lui décerne une médaille pour son aide dans la lutte antidrogue, et en 2006 quand il a été récompensé par le gouvernement. Quant aux enquêtes à son sujet, elles piétinaient. Aucun témoin ne se risquait à parler, les enquêteurs prenaient leur temps.

 

Sous Calderón, cinq gouverneurs ont été arrêtés pour corruption par les narcos [7], et des journalistes estiment que le plus haut niveau de l'Etat était aussi payé par les cartels. Les Etats-Unis en ont arrêté certains pour les condamner pour avoir blanchi de l'argent aux Etats-Unis, alors qu'ils étaient poursuivis au Mexique pour des charges plus graves.

 

Calderón et Garcia Luna en 2008

Le procès d'El Chapo (qui lui n'a pas dit grand chose) a aussi amené son lot de révélations, telles que l'implication des ex présidents Enrique Peña Nieto et Felipe Calderón, de Garcia Luna, des généraux Roberto Miranda, Humberto Eduardo Antimo Miranda [8], Salvador Cienfuegos Zepeda (ex secrétaire à la Défense nationale sous Peña Nieto, arrêté en 2020) ou encore du colonel Marco Antonio León Adams, accusés par les narcos d'avoir reçu des millions de dollars pour laisser faire les cartels de Sinaloa et d'Alfredo Beltrán Leyva, qui s'étaient entendus et étaient le cartel le plus puissant à l'époque.

 

Peña Nieto aurait, selon un ancien collaborateur de El Chapo, aurait reçu 100 millions de dollars alors qu'il venait d'être élu président en 2012 – alors qu'il en demandait 250 millions, pour ne pas arrêter El Chapo (mais il a été arrêté en 2014 durant son mandat [9]). Une somme qui permettait de disposer de tout l'appareil sécuritaire.

 

L'avocat Gabriel Regino, très proche du président précédent Andrés Manuel López Obrador dont il a été le collaborateur, aurait aussi reçu 3 millions de dollars pour permettre la libre circulation de la drogue à Mexico [10] quand il était sous-secrétaire à la Sécurité Publique à Mexico pendant que López Obrador dirigeait le gouvernement de la capitale (2000-2005). 

 

Sous pression des Etats-Unis, Felipe Calderón a militarisé la lutte contre les cartels, en commençant par l'Etat du Michoacan où il a placé 16 000 militaires, puis dans tout le pays. Sauf que la stratégie était définie par García Luna, qui a créé une nouvelle agence fédérale d'investigation qui remplaçait la police judiciaire fédérale, et centralisait tous les pouvoirs. Les civils ont été les premières victimes des armes, qu'il s'agisse des cartels, de la police ou de l'armée, totalement corrompues, la criminalité a augmenté et les bandes criminelles se sont multipliées au fil des attaques des autorités et des arrestations des leaders.

 

Selon un observateur des narcos, le Cartel de Sinaloa et Beltran auraient donné 20 millions de dollars à García Luna pour qu'il les verse à Calderón afin d'obtenir le poste stratégique de chef de la Sécurité nationale. Aux Etats-Unis, García Luna a été hébergé gracieusement dans une villa à Miami appartenant à la famille Weinberg, du groupe Weinberg basé à Washington DC, qui l'a aussi aidé à obtenir un visa d'investisseur pour ouvrir un resto tenu par sa femme. Au total les Weinberg lui auraient donné une dizaine de millions de dollars [11], jusqu'en 2012 quand un article dans Forbes a placé García Luna parmi les 10 individus les plus corrompus. Il avait accumulé plus de 90 millions de dollars [12], sans commune mesure avec sa rémunération officielle, et a fait entrer plus de 50 tonnes de drogue aux Etats-Unis.

 

Pour l'intervention au Venezuela, c'est encore le prétexte du trafic de drogue qui a été retenu par Trump pour enlever le président Nicolas Maduro et son épouse, et les envoyer en prison aux Etats-Unis. Aucun élément ne permet d'étayer cela, mais il sera quand-même jugé en 2027 pour trafic de drogue, d'armes et narcoterrorisme.

 

Noboa en mode cow-boy

En Equateur aussi, la "lutte contre la drogue" est affichée comme une priorité. Pourtant, le poulain des Etats-Unis, Daniel Noboa, a été élu avec le soutien financier et des voix apportées par des groupes criminels [13] et son entreprise d'exportation de bananes transporte aussi de la cocaïne dans ses conteneurs, comme l'ont montré des saisies récentes. En mars 2025 la Revista Raya publiait un article au sujet des saisies de coke dans les stocks de bananes envoyés par l'entreprise de la famille Noboa, Noboa Trading. 


On dira peut-être que c'est comme les tonnes de drogues saisies sur les navires de CMA-CGM dirigée par le très macroniste Rodolfe Saadé (qui lui doit sa fortune) et ceux de MSC, appartenant à la famille d'Alexis Kohler qui fut durant des années le directeur de cabinet du micron : tout cela se ferait à l'insu des individus liés au pouvoir. Et puis, qui irait enquêter à ce sujet?

 

En Equateur en tout cas, le premier journaliste à avoir révélé des saisies en 2020- 2022 de plusieurs tonnes de coke sur des cargaisons de Noboa Trading a été forcé de quitter le pays après des menaces de mort. Par ailleurs, le seul type arrêté dans l'histoire après ces premières saisies, censé lutter contre le trafic dans l'entreprise, a été relâché grâce à l'actuel ministre de la Santé. 

 

Depuis 2023, les saisies ont continué et même augmenté en Equateur [14], sur des cargaisons expédiées par la famille Noboa ou par ses concurrents, comme la famille Wong. En 2023, 200 tonnes ont saisies dans le pays. Le phénomène commence même à faire tiquer de notre côté de l'Atlantique, où se déversent les bananes à la coke : en mars 2026, Challenges a même titré "L'Equateur, le narco-Etat épargné par Donald Trump : pourquoi Quito passe entre les mailles", qualifiant le pays de "plaque tournante du trafic de drogue". Selon cet article, ledit narco-Etat est protégé par Trump parce que Noboa s'en prend à ses voisins de gauche, principalement la Colombie qu'il accuse d'approvisionner l'Equateur en drogue.

 

Selon l'article de Raya du 29 mars 2025 "En Équateur, le groupe Noboa contrôle l'intégralité de la filière banane, de la culture à l'exportation, ce qui soulève des questions quant à l'étendue de son contrôle. La famille Noboa possède les terres de culture, les conteneurs, l'entreprise d'emballage et même les navires. Ecuadorian Line, compagnie maritime, est un pilier du groupe et exporte vers plusieurs ports européens". Les cargaisons ont continué depuis 2023 avec par exemple la saisie de 2,3 tonnes de coke, cette fois entre des caisses de cacao, sur un navire à destination d'Anvers, affrété par Blasti qui appartient à des membres de la famille Noboa [15]. D'autres saisies partaient pour la Croatie, l'Italie, la Turquie, où une nouvelle saisie a été réalisée le mois dernier, toujours dans une cargaison de Noboa Trading. En 2024 des lots de bananes à la coke ont été retrouvés dans quatre magasins Grand Frais en Bourgogne-Franche-Comté. Ces dernières années on retrouve de la coke dans des cartons de bananes au Portugal, en Italie, en Angleterre, au Danemark, en Allemagne, en Turquie, bien souvent en provenance d'Equateur.

 

Port de Guyaquil, 1er port du pays et QG des Noboa, d'où partent les cargaisons

La famille Noboa possède plus de 110 entreprises présentes dans l'agriculture, l'immobilier, l'import-export, la logistique (elle a même une compagnie maritime) [16]. Dans un article d'avril 2026 à ce sujet, Raya explique que le groupe Noboa, leader mondial de l'exportation de bananes, "possède une infrastructure complète comprenant le transport et des ports privés pour l’exportation. Grâce à ce modèle de contrôle, Luis et Álvaro Noboa – grand-père et père de Daniel Noboa – ont bâti une fortune qui a fait d’eux les figures les plus emblématiques de l’élite économique équatorienne." La famille est aussi connue pour mettre une bonne partie de ses bénéfices dans les paradis fiscaux.

 

Des liens entre Noboa Corporation et des trafiquants de drogue des Balkans ont été révélés, notamment avec deux types qui revendaient la drogue venue dans les cargaisons de la famille, parfois sur des navires MSC comme en janvier 2021 avec une cargaisons passée par le port de Gioia Tauro en Calabre, racheté par MSC en 2019 et gangrené par la mafia.


Dans ce contexte, la "lutte contre la drogue" de Noboa vise t-elle à éliminer les concurrents ou à enrayer le trafic, qui semble exploser comme chez nous ces dernières années?

 

Réaction du cartel Jalisco après l'arrestation d'El Mencho

Que dire d'autre sur la "lutte antidrogue"? Quand la présidente mexicaine (de gauche) Claudia Sheinbaum a décidé en février 2026 de décapiter le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération qui était implanté dans tout le pays, la violence des cartels s'est déclenchée avec des barrages de routes et des destructions de bus, de banques, de bâtiments publics... Les armes saisies étaient américaines et israéliennes, comme l'ont rappelé les autorités mexicaines. D'ailleurs, le cartel s'est reconstitué depuis, plutôt côté US.

 

Par ailleurs, comme les pseudo opérations antidrogue au Venezuela (ayant amené l'enlèvement de Maduro) n'ont eu aucun impact sur le trafic – en Floride par exemple, le prix du kilo de coke est au plus bas entre 13 et 15 000 $ - Trump cible maintenant la Colombie, où il craint manifestement un maintien de la gauche au pouvoir, et met une pression maximale sur le Mexique. Pourtant, c'est bien Gustavo petro qui a battu les records de saisies de cocaïne (3300 tonnes en 4 ans, autant que les saisies des 3 mandats précédents ensemble et des milliers d'hectares de culture de coca en moins) et son candidat de La Espriella a de nombreux liens avec les narcos - ainsi qu'avec les paramilitaires.

Abelardo est soutenu depuis des années par un proche de l'ex-président Alvaro Uribe, le procureur Mario Iguarán Arana, lui-même nommé à la demande du chef paramilitaires de Salvatore Mancuso, qui a fait classer toutes les plaintes sur ses liens avec les AUC, un groupe paramilitaire. Abelardo a été avocat à Miami et a défendu des narcos comme Julio Lozano Pirateque qui dirige un empire de la drogue depuis Dubaï, des entreprises lui appartenant sont soupçonnées de blanchiment d'argent, il a fait des transactions commerciales avec des narcos-paramilitaires [17]...

 

 


Retour du terrorisme d'extrême-droite

Les groupes paramilitaires d'extrême-droite existent en Colombie depuis le développement des cartels, et s'opposent officiellement aux guérillas de gauche comme les FARC. Financés par les narcos, par des politiciens, par de grandes entreprises comme Coca-Cola, ou par les grands exploitants agricoles, notamment dans le secteur de la banane, ils ont fait régner la terreur dans la populations dans les années 2000-2010.

 

Trump a imposé par une fraude électorale massive (le président sortant Gustavo Petro parle de 7 millions de votes détournés au second tour [18]) le candidat d'extrême-droite Abelardo de la Espriella, et on voit déjà se multiplier ce qu'en france on appellerait des barbouzeries, du terrorisme d'extrême-droite. Cela a commencé progressivement avant le scrutin, en juin, avec une montée notable des violences autour du second tour, et à nouveau juste après l'intronisation d'Espriella à Cali le 7 août 2026, avec l'armée, trois jours avant le tremblement de terre de magnitude 7,4 qui a ravagé plusieurs villes et donne un prétexte à Abenarco pour déclencher l'état d'urgence.

 

"Abenarco", arrivé sans programme en plein milieu de la campagne électorale avec son parti "Défense de la patrie", a annoncé qu'il allait harceler la gauche et détruire tout ce qui a été fait ces quatre dernières années. Avant même son élection, la tension est montée dans le pays, et des risques de violences avaient été identifiés dans 386 municipalités, "dans un contexte d'attaques accrues contre les dirigeants politiques et d'expansion du contrôle territorial par les groupes armés", soulignait en mai 2026 l’ONG VerdadAbierta. Les violences se sont concentrées dans l’État d’Antioquia, déjà le plus marqué par les crimes des groupes armés.

 

Depuis l'annonce de sa victoire en juillet, des paramilitaires se montrent et tentent de s'imposer dans différents territoires par des démonstrations de force comme par exemple une embuscade contre l'armée, des syndicalistes et militants de gauche sont agressés, on a même eu le 3 août un attentat avec le meurtre d'un représentant de communautés indigènes et d'un policier (ainsi que 5 blessés) à Valle del Cauca, un média est attaqué pour détruire des archives impliquant le PAN et le PRI (partis dominants) dans des magouilles, un député de gauche découvre des micros dans son bureau au parlement, des communautés sont attaquées, probablement pour les faire fuir et laisser la place à des entreprises. L'armée aussi semble s'en prendre aux civils dans des villages et les FARC aussi ont repris du service, ce qui énerve les paramilitaires.

 

L'avocat chargé de la plainte pour les fraudes électorales, Miguel Ángel del Río, a reçu des photos de corps démembrés, une menace qui ressemble aux pratiques des groupes de narcos et de paramilitaires, et il avait déjà dénoncé des pressions en mars, en pleine campagne électorale. 

 

La Colombie redevient un pays de non-droit: depuis qu'Abelardo a passé la barre du deuxième tour, de nombreuses attaques ont lieu contre des communautés paysannes dans le cadre d'un processus d'appropriation des terres réparties lors de la réforme agraire de Gustavo Petro, qui a redistribué 380 000 hectares de terres à ceux qui les cultivent, et qui sont la cible principale de ces attaques. Pourtant, ces terres avaient souvent été volées -par les paramilitaires- et revendues à des propriétaires privés, comme l'entreprise d'extraction de charbon Drummond.

 

Comme l'analyse l'avocate María Consuelo del Río dans une tribune publiée le 4 juillet 2026 dans la Revista Raya, "Les menaces proférées contre les bénéficiaires de terres indiquent une tentative délibérée d'anéantir les progrès sociaux accomplis par le gouvernement sortant par le biais d'un terrorisme local.

 

Cette « contre-réforme » vise à rétablir le statu quo d'avant 2022, en recourant à la pression paramilitaire pour contraindre les populations à abandonner leurs terres. Il s'agit d'une tactique classique de géopolitique autoritaire : frapper la base sociale de l'adversaire pour détruire son capital politique à long terme. En privant les paysans de leurs moyens de subsistance, l'objectif est de discréditer les politiques de l'administration Petro et, simultanément, de semer la terreur : « Ceux qui ont reçu des terres du gouvernement précédent ne sont pas les maîtres légitimes de leur propre destin.» L'intention est d'anéantir, par la violence, les progrès accomplis en matière d'accès démocratique à la terre.

 

Des rapports de l'Agence nationale foncière (ANT) révèlent des attaques brutales, comme celle qui a eu lieu à la ferme La Primavera (Puerto López, Meta), où des familles ont été torturées et leurs moyens de subsistance détruits par des hommes armés qui leur ont donné un ultimatum pour quitter les lieux. Des actions similaires ont été signalées à la ferme La Palmira (Córdoba) et contre des communautés afro-colombiennes à Tuluá."

 

Beaucoup de projets destructeurs pour l'environnement et les habitants sont déjà sur les rails, comme l'exploitation minière dans des zones protégées pour la sécurité alimentaire, ou le fracking pour extraire le gaz de schiste, qu'il veut développer au maximum.

 

Camion de la campagne d'Abelardo chez Henry Carrillo à Cúcuta

L'entourage d'Espriella interroge aussi. Lors d'une perquisition chez un narco dénommé Henry Carrillo, El Barriga, des tracts de campagne et des véhicules utilisés pour sa campagne électorale ont été retrouvés. 

 

Abelardo a nommé deux généraux à la retraite, impliqués dans le scandale des faux positifs, pour piloter la "transition" du secteur de la Défense. Le scandale des faux positifs est l'élimination de paysans par l'armée afin de les afficher comme des "terroristes". C'était une pratique courante, l'armée intervenant souvent en soutien des paramilitaires, mais elle n'a été révélée qu'en 2008. Plus de 7 800 personnes auraient ainsi été assassinées par l'armée, totalement corrompue. L'un de ces généraux, Moreno, était visé par une opération anticorruption du contre-espionnage dans les hauts grades de l'armée, qui a été stoppée nette avec l'arrivée au pouvoir d'Ivan Duque, de droite "radicale", en 2018.

 

Parmi ses porte-parole, il y a Miller Soto, proche des milieux criminels, notamment d'un certain Santander Lopesierra, à la fois narco et générateur de groupes paramilitaires. Le secrétaire général du ministère de l'Agriculture, Manuel Alejandro Pretelt Patrón, vient d'une famille qui a acheté aux paramilitaires deux exploitations agricoles volées à des paysans (ils ont dû les restituer). L'avocat de son père, alors juge à la cour constitutionnelle, n'était autre qu'Abelardo.

 

Saisies de cocaïne en Colombie

"Abenarco" comme certains l'appellent, s'exprime comme Trump et a le même niveau d'intelligence, a aussi annoncé le renforcement des liens avec Israël, et a déjà montré différents signes de soumission à l'Etat sioniste, qui n'est qu'une autre forme de fascisme. Et en retour, ceux-ci l'ont soutenu durant sa campagne, notamment en pourrissant les réseaux sociaux ou en manipulant les remontées des votes de l'étranger. En Colombie, Abenarco a pu compter sur le lobby sioniste local, dans les milieux économiques, religieux, politiques. Comme avec macron qui se démène pour l'A69 alors qu'un de ses principaux soutiens financiers a tout intérêt à ce chantier inutile pour l'intérêt général et désastreux pour l'environnement, des retours d'ascenseur et à tout le moins une grande bienveillance sont à prévoir.

 

Il a dit que sa première visite d'Etat sera en Israël et a décidé de placer Israël au centre de ses priorités politiques parce que "le peuple juif est le peuple de dieu". Il veut aussi une alliance "de sécurité" avec achat d'armes et de technologies israéliennes, particulièrement en pointe dans la traque et l'élimination des opposants (en l'occurrence les Palestiniens). Il est aussi question de soutenir le génocide à Gaza (pour lutter contre les "terroristes" qui s'en prennent à Israël). On va probablement voir apparaître prochainement des colons juifs hystériques tenter de s'installer en Colombie.

 

Affiche d'un collectif mexicain, juillet 2026.

Dans différents pays, des tensions montent vis-à-vis du sionisme en général, qui s'affiche et s'affirme de plus en plus, ou bien directement vis-à-vis des colons juifs qui semblent vouloir installer des colonies comme ils l'ont fait en Palestine. Au Mexique, le lobby sioniste est de plus en plus bruyant et imposant, et semble s'activer en vue des élections présidentielles en 2027.

 

L'ensemble de ces pouvoirs de droite est foncièrement sioniste et s'affiche comme soutien d'Israël, de Netanyahou et donc du génocide. Milei, quant à lui, se revendique "le président le plus sioniste du monde", se pavane auprès des Israéliens et exhibe leur drapeau pendant que les argentins manifestent contre le génocide. Même le fils de nazi José Antonio Kast, président du Chili depuis décembre 2025, a annoncé rétablir les relations diplomatiques avec Israël. Les temps changent.

 

 

Militarisation de l'Amérique latine

 

Manifestation le 7 août 2026 à Buenos Aires, Argentine.

La militarisation consiste à augmenter la présence militaire et à renforcer les pouvoirs des militaires, tout en militarisant la police, en lui donnant des outils militaires pour la répression. Sur le continent, elle continue sous l'impulsion de Washington, que la Maison Blanche et le Congrès soient d'un parti ou de l'autre. Mais depuis les années 1950 au moins, les US forment les militaires d'Amérique latine, essentiellement des dictatures à l'époque des dictatures, aux techniques de guerre, notamment la guerre psychologique, aux techniques d'interrogatoire – torture comprise, au renseignement etc. L'Ecole des Amériques, une école militaire US à Fort Benning, a ainsi formé 60 000 militaires latinos depuis sa création.

 

Ce processus de militarisation, entamé avec les "guerres contre la drogue" au début des années 2000, s'accélère. Les pays dirigés par l'extrême-droite ou par l'extrême-centre néolibéral, comme le Pérou désormais (où la fille du dictateur Fujimori [19] a été "élue" en juillet 2026, là encore avec des fraudes pendant le scrutin et un soutien massif de certains médias), font appel à l'armée pour des tâches de maintien de l'ordre public classiques pour lesquelles la police est compétente. L'armée est ainsi de plus en plus présente dans l'espace public, et entre les mains des sous-fifres de Trump elle constitue toujours un risque direct pour les droits de l'homme. 

 

Lancement de Escudo de las Américas en mars 2026

D'autant que les US (Southcom, le commandement sud des Etats-Unis) renforcent leur stratégie de coordination des armées du continent avec la création d'une "Force opérationnelle interarmées – Hémisphère occidental" (JTF-WHEM), avec 18 pays alliés d'Amérique latine et des Caraïbes. Cela, dans le cadre du projet Escudo de las Américas (Bouclier des Amériques) dont l'objectif serait de "contrer les menaces, renforcer la sécurité régionale et réagir rapidement aux crises dans tout l'hémisphère occidental" (sic.). Le Pérou vient de le rejoindre, et immédiatement les militaires fleurissent dans les rues.

 

Escudo de las Américas est un genre d'OTAN local puisque les US décideront de tout, mais que les moyens seront mutualisés (en réalité essentiellement à charge des Etats vassaux), mais aussi un programme d'occupation du terrain au prétexte du narcotrafic, et un volet économique devrait permettre de mettre des bâtons dans les roues de la Chine qui étend ses Nouvelles Routes de la Soie, et donc ses investissements, sur le continent. 

 

Manifestation le 7 août 2026 à Buenos Aires, Argentine.

Selon un article de TeleSur TV, "Le commandant du Southcom, le général Francis L. Donovan, a expliqué que cette mesure vise à "synchroniser les capacités militaires et à exercer une pression soutenue contre les réseaux qui menacent notre sécurité collective". Le major général des Marines Kevin Jarrard prendra le commandement de la force interarmées, qui sera dirigée par l'agence basée en Floride et responsable des opérations militaires dans toute la région". Or, quand on entend le discours des extrémistes de droite, voire des fascistes assumés que Trump a mis au pouvoir, à l'encontre de tout ce qui s'oppose à leur orientation pro business et autoritaire, dans un grand glissement obscurantiste, il y a lieu de s'inquiéter de l'usage de ces moyens de répression particulièrement puissants, disséminés sur tout le continent, éventuellement comme cela a été le cas dans les années 1970 avec l'opération Condor.

 

Kast et sa clique

Au Chili, si la dictature a permis de séparer la justice et la police judiciaire de l'armée, l'Etat recourt régulièrement à l'état d'exception pour confier des tâches de sécurité publique à l'armée, par exemple lors de catastrophes ou de mouvements sociaux. Une étude à ce sujet publiée en 2025 [20] analyse : "Dans le discours de la quasi-totalité de l'échiquier politique, y compris les milieux conservateurs et progressistes, la croyance en une coopération interinstitutionnelle entre la police et l'armée s'est renforcée, révélant un constat selon lequel les ressources policières sont limitées et les capacités militaires plus efficaces pour maîtriser les nouvelles menaces". Le millionnaire fils d'officier de la Wehrmacht Kast, qui tient en permanence un discours sécuritaire, ne cesse de renforcer les moyens de l'armée et a annoncé en mars 2026 un "gouvernement d'urgence" pour lutter contre la délinquance et l'immigration illégale.

 

En Colombie, les conflits armés, les groupes paramilitaires, alliés aux narcos et à l'armée, ainsi que dans une moindre mesure les FARC et ELN (guérillas de gauche), ont fait plus de 280 000 morts (surtout des paysans, ainsi que des ouvriers, des commerçants, des militants indigènes, des syndicalistes, mais très, très peu de paramilitaires qui ne représentent que 0,76% des victimes du conflit [21]), dont plusieurs dizaines de milliers depuis les années 2000. Sans compter les violences sexuelles, massives également, les séquestrations, les violences physiques et psychologiques permanentes contre les populations dans les régions d'implantation des narcos. Une enquête a été menée pendant plusieurs années, un centre de mémoire et un observatoire public tentent de recenser ces exactions. Les paramilitaires ont été réintégrés dans la société civile, à grands frais, dans les années 2010, les FARC et ELN bien plus récemment.

 

Fernando Villavicencio

En Equateur, où l'instabilité politique règne depuis plusieurs années, le candidat favori pour l'élection présidentielle de 2024, le journaliste d'investigation Fernando Villavicencio qui avait dénoncé plusieurs scandales politico-financiers ou encore le contrôle des ports par les mafias, a été assassiné en 2023. Une vidéo de la bande criminelle Los Lobos a d'abord revendiqué le crime, avant d'en diffuser une deuxième niant leur implication et dénonçant un complot. La plupart des suspects ont été éliminés [22]. Selon le média indépendant La Fuente, l'un de ses opposants de gauche, Ronny Aleaga, a commandité l'assassinat. Il est aussi lié à un groupe de narcotrafiquants, ce qui lui a valu un refus de son visa pour les Etats-Unis. 

 

Selon La Fuente, les preuves présentées lors de la procédure contre lui montrent que "Aleaga faisait en réalité partie de l'organisation criminelle qui aurait planifié l'assassinat", et "Alors qu'il siégeait à l'assemblée RC5, il aurait également agi de manière à faciliter les plans de Xavier Jordán et Leandro Norero, précisément au sein du pouvoir législatif, visant à discréditer Fernando Villavicencio". Dans un autre article, le média explique qu'un ex-ministre de l'Intérieur et de la Justice et ex-président de l'assemblée sur lequel Villavicencio enquêtait pour des faits de corruption, José Ricardo Serrano Delgado, a financé l'assassinat. Selon un ponte de la bande Los Tiguerones qui ont soutenu le président actuel Daniel Noboa, ce serait Noboa qui a ordonné l'assassinat de Villavicencio, mais aucune preuve n'étaye cette accusation.

 

Noboa, 2026

La criminalité monte en flèche en Equateur, et comme au Mexique [23] les groupes criminels enlèvent des adolescents et adolescentes dans les rues pour en faire des assassins et des trafiquants, ou pour le trafic sexuel (71% des mineurs enlevés sont des filles). Des gamines de 13 ans sont enlevées, on les retrouve dans des bordels ou tuées lors d'attaques de ces bandes de criminelles et on découvre qu'elles ont rejoint de force les rangs de ces gangs. Ce phénomène a commencé en 2021 et est multiplié par 10 depuis. Parfois, ces jeunes (ou des adultes aussi) disparaissent entre les mains de la police ou de l'armée, et les parents s'entendent dire que leur enfant est mort.

 

Noboa a réagi en déployant depuis le mois de juin 13 000 militaires dans les provinces les plus "instables" selon lui, dont 4 000 à Quito où d'importantes manifestations ont lieu régulièrement, ce qui n'est autre que le lancement d'un conflit armé interne. Officiellement il s'agit de lutter contre le crime organisé, mais il y a fort à parier que ces troupes serviront à mater les mouvements de contestation de ses politiques néo-libérales et autoritaires. Il a aussi militarisé le système pénitentiaire dès janvier 2024 et envoyé l'armée calmer les perturbations et prendre en main le système pénitentiaire, déjà bien délabré, avec à la clé une augmentation des exactions [24]. 

 

José Antonio Kast, juin 2026

Cette militarisation du continent, sous des prétextes d'ordre, installeront certainement le désordre en augmentant le degré de violence, dont les populations sont les premières victimes.  

 

Les gouvernements mis en place par Trump sont tous complètement dévoués au capital international, ces intérêts transnationaux qui sont en train de siphonner les richesses des Etats, par plusieurs leviers tels que :


    • La vente à la découpe des actifs et des ressources naturelles du pays
    • La dette
    • L'austérité

Ils sont soutenus par les capitalistes, nationaux et transnationaux, qui ont financé leurs campagnes et les médias pour la propagande, qui ont organisé la fraude et qui comptent bien un retour sur investissement. Comme au macronistan, les exemples de spoliations des populations de biens communs pour les offrir au business ne manquent pas, citons quelques exemples récents:

 

Concession sur le territoire de la communauté paysanne Juan Velasco Alvarado / Crédit : El Foco

Au Pérou, "Les habitants de la communauté paysanne quechua de Juan Velasco Alvarado, située sur les hauts plateaux de La Libertad, ont récemment appris que 99,6 % de leur territoire a été concédé à 13 compagnies minières et 7 hommes d'affaires. Sur ces terres se trouvent des rivières et des lagunes prenant leur source dans la réserve de Huaylillas et irriguant les cultures de plus de 500 agriculteurs. La réserve de Huaylillas est désormais menacée non seulement par l'exploitation minière à grande échelle, mais aussi par l'exploitation minière artisanale, devenue un problème social et environnemental", explique le journal El Foco.

 

En Argentine, 3 millions d'hectares de zones naturelles qui ont brûlé entre 2004 et 2014 seront convertis en terrains agricoles. Cela représente la superficie de la Bretagne, ou de la Belgique, réparties dans plusieurs régions du pays. Il y a d'ailleurs beaucoup d'incendies dans des régions convoitées pour l'exploitation agricole, minière ou autre, et les incendies permettent souvent de convertir des terres naturelles en business, comme en Patagonie.

 

témoignage sur la spoliation de terres / El Submarino Jujuy

Des communautés d'autochtones refusant de quitter leurs terres après une procédure inique sont attaquées par la police, comme la communauté d'Humahuaca Jujuy qui est en train d'être spoliée par Milei et sa clique alors que leurs terres sont censées être protégées. D'ailleurs, le 6 août 50 000 personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer les accaparements de terres, qui se généralisent dans le pays. Là aussi, la violence de la répression a surpris les gens.

 

Depuis 2022, Milei a renforcé les relations économiques avec les Etats-Unis, et avec Israël qui investit beaucoup dans les secteurs stratégiques, comme l'extraction minière (lithium), l'eau [25], cybersécurité et IA... Quant à Trump, il veut aussi des matières premières et a annoncé de gros investissement pour récupérer des métaux critiques. Avec à la clé beaucoup de gros projets polluants, consommateurs d'eau et d'énergie, et des déplacements de populations à prévoir.

 

En Colombie l'usine Coca-Cola de La Calera peut depuis des lustres pomper toute l'eau qu'elle veut même en période de sécheresse et des restrictions d'accès à l'eau pour les paysans du coin, forcés de boire du Coca. Un collectif local vient seulement de faire imposer quelques restrictions malgré des menaces, des campagnes de harcèlement en ligne et un fort soutien des autorités locales à Coca-Cola.

 

Par ailleurs, dans ces pays où les bandes criminelles font la loi, développer l'économie sans précautions revient à développer les cartels, qui s'infiltrent dans l'économie réelle et contrôlent parfois tout une filière, comme celle -non négligeable- de la tortilla au Mexique. Une fois que ces groupes sont installés sur un territoire, ils étendent leurs activités et rongent l'économie réelle, la politique, la sécurité publique et vérolent tout.

 

Affiche en Colombie

L'Amérique latine est en train de replonger dans des années de troubles en raison de la montée des groupes armés, sans oublier la corruption, le copinage, le népotisme qui se généralisent en même temps. Cela ressemble, en bien pire car la situation au départ était déjà limite, à ce qu'on a subi avec 10 ans de micronie : tout pour le business et la répression, et des salaires au rabais pour les autres, les actifs étant seulement mis au service du capital au coût le plus bas. On socialise les pertes, on privatise les profits, et on prépare les forces de l'ordre, en les militarisant, pour répondre aux revendications sociales. 

 

Sauf que l'Amérique latine est, encore plus que l'Europe, le terrain de jeux des US, et que l'obscurantisme peut aller très loin, le nombre de morts dans les populations civiles, qu'il s'agisse de militants ou non, le prouve. Je pense qu'il faut suivre de très près les dérives en cours sur ce continent, aussi bien pour les ravages qui risquent de se produire pendant des années, que parce que ce schéma préfigure certainement ce qu'il va nous arriver à nous aussi en Europe.

 

L'équipe d'Abelardo, le nouveau "président" de Colombie, mélange corruption et proximité avec les milieux du narcotrafic : plusieurs de ses futurs ministres, portes paroles et autres membres de sa cour rapprochée ont déjà des casseroles judiciaires, même si parfois le dossier a été classé miraculeusement juste avant la nomination. Une des premières régression annoncées par De la Espriella, comme le micron l'a fait chez nous, est la suppression de l'impôt sur le patrimoine. Au Chili aussi, Kast veut faire passer une baisse de cet impôt, pour les particuliers comme pour les grandes entreprises, cela bien évidemment sans contreparties comme l'obligation d'investir ou à minima ne pas mettre les actifs dans des paradis fiscaux.

 

Ces individus sont tellement similaires qu'ils doivent avoir les mêmes soutiens. Il s'est déjà entouré d'individus issus du business comme l'ont fait Noboa en Equateur [26], ou Kast au Chili, et comme s'apprête à le faire Keiko Fujimori au Pérou. Le but est manifestement de se servir et de gaver les petits copains en faisant payer les travailleurs.

 

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Cette poussée pro-business et autoritaire, cette omniprésence des armes et de la corruption qui va avec les gouvernements de droite, et bien souvent de gauche aussi, auront des conséquences sur les conditions de vie de la plupart des gens, et sur l'ambiance sociale. Ces gouvernements d'extrême-droite chercheront certainement à faire taire l'opposition, même si au début certaines formes sont encore respectées. Cependant, on observe que les règles, qui n'ont aucune valeur pour ces individus, sont piétinées avec ostentation dès lors qu'elles dérangent les intérêts qu'ils défendent.

Tout est prétexte à renforcer la pression, en premier lieu le narcotrafic qui, à n'en pas douter, va prospérer. La situation est à suivre de très près car après la droite décomplexée, voilà les fascistes décomplexés. Nous avons les mêmes ici, encore en train d'attendre leur tour. Nous avons aussi ce lobby US-sionistes qui s'active pour qu'il se passe en Europe, et en particulier en France, la même chose qu'en Amérique latine, quitte à manipuler les scrutins par tous les moyens. Le génocide et le business coûte que coûte, voilà le credo cette internationale fasciste. 

 

Crédito de la imagen: Emanuel, Hector, 2003. Colombia 0158. Bloque Metro de las Autodefensas.

 

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[1] Au début du XXe siècle la banane s'est démocratisée, en raison d'un lobbying des acheteurs et consommateurs pour baisser les prix et donc supprimer les taxes : les ambassadeurs US au Costa Rica, au Panama, au Guatemala et au Nicaragua ont demandé au président Wilson de faire baisser les taxes à l'importation.

[2] DOYLE, Kate et KORNBLUH, Peter, "CIA and Assassinations: The Guatemala 1954 Documents",National Security Archive Electronic Briefing Book No. 4. URL : https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB4/ 

[3] United Fruits était client du cabinet d'avocats de Wall Street Sullivan & Cromwell où travaillaient les frères Dulles dans les années 30-40. Les deux ont travaillé pour les filiales d'United Fruits au Guatemala, American & Foreign Power Company, qui possédait Empresa Eléctrica de Guatemala, et International Railways of Central America qui possédait le réseau ferré par lequel les bananes étaient expédiées. Voir : KINZER, Stephen, The Brothers: John Foster Dulles, Allen Dulles, and Their Secret World War, Saint Martin's Griffin, U.S., 2014.

[4] CORREA-CARRERA, Guadalupe, Los Zetas Inc., Temas de hoy, 2015.

[5] García Luna a été arrêté aux Etats-Unis en 2019 grâce au témoignage du fils du bras droit d'EL Chapo Jesús Zambada García, après avoir tout de même demandé la nationalité US en 2018, se sentant certainement protégé sur ce territoire. Il a été jugé en 2023 et condamné pour corruption et trafic de drogue. Il doit aussi plus de 2 milliards de dollars au gouvernement mexicain qui a fait saisir ses avoirs. Il a quand-même été prptégé tout le temps du mandat de Calderón alors que la DEA et les services US avaient parfaitement connaissance de ses activités, une connaissance qui constituait un moyen de pression certain. Il a fallu le travail, risqué, de nombreux journalistes, pour que le scandale éclate et que les US soient obligés de réagir.

[6] LEMUS, J.Jesús, El Licenciado. García Luna, Calderón y el Narco, HarperCollins México, 2020.

[7] Les 5 étaient membres du PRI, au pouvoir depuis les années 30 jusqu'en 2000, l'équivalent des socialistes: 

  • Jorge Torres López de Coahuila (arrêté en 2019, extradé aux Etats-Unis il a pris 3 ans de prison en 2021 pour blanchiment d'argent);
  • Eugenio Hernández Flores (condamné en 2025 pour blanchiment d'argent aux Etats-Unis, il est toujours libre au Mexique et a même réussi à se présenter aux élections sénatoriales, cette fois sur les listes du parti écologiste)
  • Tomás Yarrington Ruvalcaba de Tamaulipas (condamné pour blanchiment d'argent en 2021 aux USA où il était accusé "avoir aidé un cartel de la drogue en échange de millions de dollars de pots de vins, ainsi que pour avoir participé à un trafic de cocaïne entre le port de Veracruz et les Etats-Unis de 2007 à 2009. Les pots de vins auraient été versés par des membres corrompus de la police et dissimulés dans des comptes en banque américains" (24heures.ch));
  • Jesús Reyna García, du Michoacán (libéré sans charges après 4 ans de prison),
  • et Mario Villanueva Madrid, du Quintana Roo (déjà condamné pour blanchiment d'argent en 2001, puis pour trafic de drogue en 2007 cette fois aux Etats-Unis, où il a été extradé et condamné en 2013 à 11 ans de prison) – les deux derniers accusés d'avoir laissé les cartels opérer dans leur État. 

[8] Chef d'état-major de la présidence sous l'administration d'Ernesto Zedillo Ponce de León, en lien avec le cartel de Sinaloa depuis 1997, qui a protégé les intérêts économiques d'El Mayo dont certains étaient alors menacés.

[9] Il s'est évadé en 2015 grâce à la corruption également, et avec un tunnel de plus d'1 km, avant d'être repris en 2016 après un entretien avec l'acteur Sean Penn (manifestement proche du Département d'Etat US) et extradé aux Etats-Unis. Il a été condamné à perpétuité en 2019.

[10] LEMUS, J. Jesús, op. cit.

[11] García Luna est soupçonné d'avoir détourné 600 millions d'euros du gouvernement mexicain grâce à des contrats bidons, en passant par un réseau d'entreprises écran un peu partout dans le monde, liées à la famille Weinberg –  le père et le fils sont poursuivis par l'Etat Mexicain qui cherche à récupérer l'argent.

[12] Les USA ont identifié 91 millions de dollars acquis frauduleusement.

[13] Par la bande Los Tiguerones, qui est une filiale locale du Cartel Jalisco Nouvelle Génération présent dans tout le Mexique.

[14] Au total il est question de 8 cargaisons de cocaine, pour diverses destinations en Europe.

[15] L'article de Raya paru le 3 avril 2026 interroge : "Blasti, centre logistique de pointe situé au sud de Guayaquil, est spécialement conçu pour desservir les exportations de bananes et de cacao du groupe Noboa. Son personnel joue un rôle essentiel dans la préparation, la sécurisation et l'expédition de chaque conteneur vers le port. L'entreprise assure un contrôle permanent sur chaque conteneur. Si elle dispose d'un système de traçabilité aussi complet, qui est responsable de la prétendue « contamination » à la cocaïne ?"

[16] La famille a commencé sa fortune en exportant du riz aux Etats-Unis grâce à une licence obtenue pendant la 2e guerre. Pour cela, ils ont pris les terres de communautés paysannes. Puis ils se sont mis à la banane, en collaborant avec United Fruit et Standard Fruit et ont commencé à en planter massivement pour l'exportation. Les salaires étaient minables, sans assurance, et l'exploitation des travailleurs a permis la richesse qui créé des présidents dans ce monde délirant.

[17] Par exemple l'achat à très bon prix de terres à la famille d'un narco et paramilitaire, Hugues Rodríguez Fuentes alias "commandante Barbie", ex membre de la bande d'extrême-droite "Jorge 40" qui a commis de nombreuses exactions contre la population. De la Espriella a des intérêts dans des entreprises de la famille, et a aussi été avocat pour des entreprises de la famille, et pour l'épouse de "Barbie", qui est toujours très puissant dans la région. Selon le média Vorágine, "Plusieurs propriétés voisines des terres de De la Espriella, appartenant au « Commandant Barbie » ou à ses proches, étaient sous le contrôle de la Société des Biens Spéciaux et de l'Unité de Restitution des Terres. Selon le parquet, ces propriétés étaient liées à des affaires d'accaparement de terres et de trafic de drogue. Mais « Barbie » les a récupérées l'année dernière à la suite d'une décision de justice controversée qui a laissé en suspens le versement des réparations à des dizaines de victimes du conflit". Barbie a été condamné en 2007 à 9 ans de prison pour ses activités paramilitaires, mais il a préféré aller aux Etats-Unis "pour répondre d'accusations de trafic de drogue dans lesquelles il était impliqué aux côtés des puissants chefs paramilitaires Hernán Giraldo et Rodrigo Tovar, alias « Jorge 40 ». Là-bas, il a négocié avec la justice et a été brièvement détenu".

[18] Une procédure est toujours en cours pour faire annuler le résultat annoncé du scrutin.

[19] Alberto Fujimori au pouvoir de 1990 à 2000 a été condamné pour deux massacres dans des villages, mais il en a ordonné beaucoup plus à ses escadrons de la mort, ainsi que des stérilisations forcées essentiellement dans les populations indigènes, de 270 000 femmes et 22 000 hommes entre 1997 et 2000. Officiellement il s'agissait de réduire la pauvreté. C'était aussi le gouvernement le plus corrompu depuis des années, et lui-même a été accusé de 59 faits de corruption.

[20] SANCHEZ, Lisa (dir.), "Militarización de la seguridadpública en América LatinaCasos Brasil, Chile, Colombia, El Salvador y México", Consorcio Latinoamericano sobre Militarización, Seguridad Ciudadana y Democracia, 2025.

[21] Selon l'observatoire, 14% des victimes étaient des militants politiques – de gauche évidemment, 11% des responsables de communautés paysannes ou indigènes. 

[22] Six colombiens arrêtés pour le crime ont été tués lors d'une émeute en prison à Guyaquil, et un autre condamné équatorien a été tué de la même manière, à la même époque, dans une autre prison, avant le procès. Trois ou quatre autres types condamnés ont survécu et se sont mis à table en échange d'une protection.

[23] Adultes et enfants confondus, les organisations des droits de l'homme mexicaines estiment qu'entre 200 000 et 300 000 personnes, des civils principalement, ont été enlevés chaque année, avec une augmentation d'année en année. Officiellement le chiffre est de 130 000 par an en 2024. Là aussi, ce sont principalement des adolescentes de 15 à 19 ans, probablement en majorité à des fins d'exploitation sexuelle.

Intervention de l'armée dans une prison, 2026

[24] Selon un article sur le site NACLA magazine du North American Congress on Latin América, il y a eu 732 morts en 2025  dont au moins 119 morts violentes, pour 37 000 détenus, il est questions de tortures et traitements inhumains, un problème qui n'existe que dans les prisons où l'armée est aux manettes. "Des témoignages de violences homophobes contre les femmes transgenres, de restrictions d'approvisionnement en eau, de privation délibérée de nourriture, de torture, d'une prolifération de cas de tuberculose non traités, ainsi que de passages à tabac et de mauvais traitements quotidiens ont rapidement émergé et persistent encore aujourd'hui.

La campagne de Noboa visait à démanteler le contrôle criminel au sein des prisons, à réduire la violence et la mortalité parmi les détenus et à instaurer un contrôle bureaucratique officiel sur le système pénitentiaire. Or, plus de deux ans après, cette stratégie a échoué sur tous les plans. Les décès en détention ont atteint des niveaux records, la plupart des prisons restent largement hors du contrôle de l'État et de nombreux rapports indiquent que les gangs de prison ont réussi à corrompre l'armée."

[25] L'entreprise israélienne Mekorot impliquée dans la privation d'eau des palestiniens, est en train de s'installer dans toute l'Amérique latine et même aux Etats-Unis. En Palestine et Cisjordanie, les colonies israéliennes sont systématiquement installées sur les nappes phréatiques et points d'eau et ils coupent l'approvisionnement des palestiniens.

[26] Sa responsable des relations internationales, Gabriela Sommerfeld, est la fille du principal vendeur d'armes du pays et représentant de l'entreprise Israël Aerospace Industries en Equateur, et elle est vice-présidente de la chambre de commerce de Quito.

25 juin 2026

Elections truquées et contestation sociale en Amérique latine : les US reprennent le contrôle

Après 50 jours de blocage en Bolivie et des résultats de scrutins nationaux manifestement truqués par les Etats-Unis comme ils en ont l'habitude, faisons le point sur la situation en Amérique latine. Une situation explosive, où certains pays sont clivés comme jamais entre l'extrême-droite à la solde de l'impérialisme US et une gauche qui porte un projet de progrès social. 

Les élections sont truquées pour faire passer les partis alignés sur les Etats-Unis, en général à l'extrême-droite, et Trump déploie ses troupes au prétexte du nacrotrafic.

 

Alors que l'ambiance électorale en Amérique latine est très proche de celle qu'on connaît ici, où les populations écrasées par le néo libéralisme reviennent de plus en plus vers des partis de gauche qui tentent de construire un avenir collectif, pendant qu'une partie croit être anti-système en votant à l'extrême-droite, et que le centre néo-libéral ne représente plus que des baby-boomers et des actionnaires, les médias se montrent particulièrement silencieux sur la situation. C'est pour cela qu'il est important de se rendre compte de ce qu'il se passe, entre réappropriation de la politique par les populations et autoritarisme néo-libéral destructeur.

Si des présidents de gauche ont été élus il y a quelques années, c'est parce que Biden a demandé que les US cessent de truquer les élections sur le continent. C'est donc le vote des gens qui a compté, et Kazt par exemple, l'actuel président chilien d'extrême-droite, a perdu en 2021.

Je ne serais pas étonnée qu'une nouvelle Opération Condor, de traque voire même d'élimination des opposants de gauche, sur tout le continent, soit remise en place comme au bon vieux temps -pas si vieux que ça puisque la dernière était le Brésil, encore en 1986- des dictatures militaires.

Trump avait prévenu dans sa stratégie nationale de sécurité délirante : il se servira de toutes les ressources du continent et empêchera toute opposition à la domination US, en servant au passage les intérêts sionistes. Et ce ne sont pas les dirigeants-marionnettes européens qui vont l'en empêcher, comme ils l'ont déjà démontré.

Ce qu'il se passe aujourd'hui en Amérique latine n'est clairement pas le fruit du hasard. C'est une opération politique qui préfigure une opération militaire, avec le déploiement de forces armées US dans tout le continent. Le prétexte ? La lutte contre le trafic de drogue, comme à l'époque de Reagan et de sa "war on drugs" totalement bidon, puisqu'en réalité la CIA organisait le trafic de drogue à l'échelle internationale.

 

Colombie : une élection truquée en faveur de l'extrême-droite pro US

Commençons par la Colombie, où le deuxième tour des élections présidentielles opposant la gauche à l'extrême-droite s'est déroulé dans un climat très tendu, sur fond de votes achetés et de manipulation électronique des résultats.

La politique de gauche modérée qu'essayait de mener Gustavo Petro ne plaisait pas à la frange de droite et  d'extrême-droite, nombreuse dans ce pays où la guerre civile entre paramilitaires et groupes armés d'extrême-gauche se mélangeait aux narcos dans un marais de corruption politique, de la police et de l'armée. 

Dans la soirée, le candidat d'extrême droite, l'avocat petit bourgeois, sioniste et patron d'entreprise Abelardo de la Espriella [1] s'est déclaré vainqueur avec moins de 1% d'avance, en gagnant grâce au vote des colombiens installés aux Etats-Unis -où certains ont pu voter plusieurs fois. Mais le candidat de gauche Iván Cepeda, successeur du président actuel qui a toujours refusé d'obéir aux injonctions US, a annoncé qu'il contestera les résultats de plus de 30 000 bureaux de vote. 

Et les médias occidentaux, bien alignés sur Washington, se sont empressés d'annoncer sa victoire, de même qu'Israël qui l'a même félicité, alors que les contrôles sont toujours en cours. Car maintenant, ce sont "les médias" qui annoncent le vainqueur, le plus tôt possible, peu importe les preuves de fraude et les contestations qui peuvent avoir lieu.

De la Espriella est pourtant une sorte de caricature de Trump et de Milei, qui va s'en prendre à la gauche, militants, syndicats, liberté de la presse, pour engraisser encore plus les riches et mater les autres pour qu'ils soient toujours bien rentables. Ses business sont soupçonnés de servir au blanchiment d'argent et l'origine de sa fortune n'est pas claire. C'est le candidat que soutient Trump, et il a dit qu'il mettra le pays à son service, comme le font l'Argentine, le Chili et la Bolivie, gouvernés au mieux par la droite néo-libérale et autoritaire, au pire par des fascistes.

Sur Twitter, on voit passer des vidéos de militants d'extrême-droite en train d'acheter des votes en Colombie, et il y a surtout des histoires de machines à voter israéliennes, avec des intérêts français dans l'entreprise. Le président actuel, Gustavo Petro, a demandé des explications et a même dénoncé le trucage des élections par Israël. Selon lui, les adresses IP des serveurs du registre national ont été modifiées en cours de dépouillement, et les résultats des bureaux de vote ont été inscrits par des personnes extérieures aux collèges électoraux.

Des centaines de preuves d'achats de votes et de pressions sur des assesseurs ont été réunies. Dans certaines régions, des groupes paramilitaires ont empêché les gens d'aller voter. Il y aussi des bureaux de vote où plus d'électeurs ont voté Abelardo qu'il n'y avait d'électeurs inscrits, comme l'un où il a récolté plus de 1338 voix sur 220 électeurs.

Petro explique la manipulation sur Twitter et ailleurs, et il est évident qu'en Colombie comme ailleurs y compris au macronistan, les élections ont été truquées à différents niveaux. La Colombie s'est dotée d'un système centralisé pour organiser les remontées des scrutins depuis les bureaux de vote. Petro explique que des algorithmes ont été supprimés pour permettre la manipulation des résultats en modifiant les résultats des bureaux de vote.

Lors des scrutins, Petro avait appelé les avocats à venir observer les scrutins dans les bureaux de vote, et des observateurs ont été empêchés de passer par l'armée : En Antioquia, il semblerait que l'armée ait reçu l'ordre d'empêcher témoins et avocats d'accéder à la zone de surveillance des recherches. 

Dans la soirée de dimanche, de nombreuses manifestations ont éclaté dans les villes (ici à Bogota), et il semble que l'armée est venue réprimer le mouvement, notamment à Cali où des coups de feu ont été tirés. Elles ont continué ce lundi dans de nombreuses villes, mais il y a fort à parier que Trump et ses sous-fifres occidentaux seront ravis de négocier avec le facho, quel qu'en soit le prix pour les colombiens. 

De La Espriella a annoncé ce 24 juin qu'une de ses premières mesures sera d'inclure la Colombie dans le Bouclier des Amériques, une initiative du gouvernement de Donald Trump, qui autorise des opérations contre le trafic de drogue et le déploiement de troupes américaines sur le territoire des pays membres. Parallèlement, le président élu progresse déjà dans la constitution de son équipe gouvernementale.

On peut maintenant craindre le retour des groupes paramilitaires armés, de la criminalité et de la corruption qui vont avec, pendant que les opposants se feront emprisonner ou assassiner, comme il y a 20 ans. Petro, quant à lui, explique que s'il doit partir maintenant, c'est "sans le sou, mes comptes sont gelés et ma liberté de circulation est restreinte. Ma situation financière est pire qu'à mon arrivée."

 

 

Bolivie : 50 jours de blocage pour réclamer le départ du président néo-libéral

La Bolivie est en insurrection depuis le 1er mai, quand une grève générale a été déclarée contre la politique austéritaire du président, le néo-libéral Roberto Paz, élu en novembre 2025 après une longue période d'instabilité et aussi parce qu'Evo Morales, harcelé par les autorités, a été empêché de se représenter. Il a mené une politique ultra-libérale - tout pour le capital et des impôts pour les travailleurs -  avec par exemple une réforme agraire qui privatise des terres indigènes, la fin des subventions sur l'alimentation et l'autorisation pour Trump d'exploiter le lithium, ce qui a entraîné une baisse rapide du niveau de vie. Sa politique est un musée des horreurs capitaliste : Paz est un caniche de Trump qui met le pays et ses ressources à disposition des US, et la contestation est nourrie par de nombreux facteurs, les mêmes que ceux qui ont créé les Gilets Jaunes.

La contestation sociale est devenue politique. Des dizaines de routes ont été bloquées par une coalition de la centrale ouvrière (COB), des indiens et paysans, puis de la jeunesse, des enseignants, qui a commencé à s'effriter tardivement après que le leader de la COB a accepté de négocier. C'était pourtant une ligne rouge fixée par les indiens et paysans, qui exigeaient uniquement la démission de Paz.

En réponse, celui-ci a instauré l'état d'exception le 20 juin., et envoyé l'armée aider la police à casser les blocages. La pression médiatique est énorme, car les blocages ont en effet des conséquences en termes d'approvisionnements en carburants, énergies, produits médicaux et aliments. Mais au lieu de partir, Paz pousse le pays dans une situation quasi insurrectionnelle. Le Parlement a de toute manière autorisé l'armée à aider la police pour écraser le mouvement. Des leaders indigènes, paysans et syndicaux ont été arrêtés et sont retenus en otage sans jugement.

 

Pérou : fraude probable sur les votes de l'étranger pour l'extrême-droite 

Le Pérou votait aussi pour l'élection présidentielle, avec l'opposition de l'extrême-droite fujimoriste (la fille du dictateur Alberto Fujimori, soutenue par Trump et Israël, se présentait) et de la gauche modérée derrière Roberto Sanchez. La situation était très tendue, les rues de Lima étaient fermées pour empêcher des manifestations dénonçant les fraudes (comme à chaque élection où la droite gagne).

 A peine 40 000 voix séparent les deux candidats. Les résultats seront annoncé mi-juillet mais la fasciste est annoncée gagnante, là aussi grâce aux voix de l'étranger (les votes du pays ont mis la gauche en tête).

Là aussi, les accusations de fraude volent de tous les côtés. Comme en Colombie, la gauche dénonce des fraudes sur les remontées des votes de l'étranger, plus faciles à manipuler, cela "en démantelant arbitrairement et sans justification le système de sécurité logistique, informatique et diplomatique des votes des Péruviens de l'étranger lors des élections générales de 2026, violant ainsi les principes de neutralité de l'État, de légalité et d'inviolabilité des règlements". Il demande l'annulation de plus de 300 000 votes.

Des manifestations ont lieu pour dénoncer les fraudes que certains qualifient de "monumentales". Mais là encore, tout semble se passer comme si rien n'allait se passer, comme s'il fallait minimiser voire taire les irrégularités", pour acter au plus vite la victoire d'un nouveau caniche de Trump.

Les indigènes Aymara ont dit qu'ils ne reconnaitront pas l'élection de Fujimori et Roberto Sanchez vient d'annoncer le 23 juin qu'il ne le reconnaitra pas non plus.

 

Equateur : Un néolibéral pro Trump aux manettes 

Manifestation le 23 juin 2026

Né en 1987 à Miami, le président équatorien Daniel Noboa, réélu en avril 2026, préfigurait cette nouvelle vague brune qui déferle sur l'Amérique latine. Là aussi, la gauche avait contesté les résultats et demandé un recomptage des voix. Le résultat a en effet beaucoup surpris les observateurs, et il y avait des incohérences, comme 20 000 voix d'écart avec Luisa Gonzalez au premier tour, 1 million annoncées au deuxième tour.

Noboa est d'abord un fils d'un exportateur de bananes qui est le milliardaire le plus riche d'Equateur, pro US et pro Israël. Il est soutenu par Trump qu'il appelle à la rescousse face à la montée du narcotrafic et de la criminalité en général. D'ailleurs Noboa et de la Espriella (Colombie) ont annoncé qu'ils allaient collaborer dans la lutte contre le narcotrafic, ce qui permettra surtout de militariser la région, de créer de l'instabilité et de réprimer les mouvements de contestation. D'autant que Noboa est certainement impliqué dans le narcotrafic, étant actionnaire majoritaire d'une boîte d'exportation qui faisait passer de la drogue dans des conteneurs de bananes à destination de l'Italie et de la Croatie [2]. Il est aussi lié par son frère à un scandale de corruption et de détournement de millions de dollars d'essence.

Depuis mai, un couvre-feu militaire a été imposé dans la majorité des villes, au prétexte d'une forte augmentation de la criminalité, qui est pourtant la suite logique des politiques néolibérales et de la paupérisation généralisée des citoyens. La semaine dernière, un nouvel état d'exception a été déclaré pour 60 jours. Et alors que le parlement a avait voté contre l'installation de bases militaires US dans le pays, des Special Force US sont bien sur place, officiellement pour combattre le trafic de drogue.

Ce mardi 23 juin, les organisations sociales ont lancé une pétition pour la révocation du mandat de Noboa.

 

Chili : Un fils de nazi pour ravager le pays façon macron

Le Chili, où l'instabilité politique est très forte depuis 2019, a voté en mars 2026. Et qui a gagné sur fond d'accusations d'ingérence et de fraude électorale et de campagnes d'intox par des armées de trolls ? Le candidat d'extrême droite José Kast, fils de nazi émigré après la guerre et frère d'un ministre des Finances et directeur de la Banque centrale sous Pinochet. Il est maintenant occupé à détruire tous les acquis sociaux (112 programmes sociaux supprimés) et à vendre le pays à la découpe, ce qui déclenche d'importantes manifestations dans le pays depuis mars, et évidemment une répression violente. Le mouvement a repris de plus belle début juin.

C'est dans ce pays que récemment, un chien anti-drogue a sauté sur la poche de pantalon d'un gradé des forces de l'ordre lors d'une présentation officielle.

A peine élu Kast a fait une déclaration avec Trump pour annoncer l'open bar sur l'exploitation des terres rares et minéraux critiques au profit des actionnaires internationaux, quitte à expulser des communautés indigènes et des paysans. Il semble aussi faciliter l'immigration des sionistes, qui commencent à s'installer en Patagonie, où ils reprennent les mêmes comportements de bestiaux déglingués qu'en Palestine. En Argentine où Milei les a carrément invités et au Chili, la communauté Mapuche en Patagonie tire la sonnette d'alarme.

 

Mexique : La Présidente annonce des ingérences au prochain scrutin

Claudia Sheinbaum

Le Mexique est actuellement dirigé par Claudia Sheinbaum, qui a réussi à mener plusieurs politiques de gauche comme la sécurité sociale pour tous, l'augmentation du salaire minimum, la construction de logements sociaux... Elle tient à préserver une indépendance vis-à-vis des US, mais les élections sont l'année prochaine, et elle a déjà prévenu qu'il y a un très fort risque d'ingérence et de manipulation des élections, dans ce pays voisin des Etats-Unis, qui résiste comme il peut au colonialisme version Trump.

Lors de la grande opération en février 2026 contre El Mencho, le narcotrafiquant à la tête du cartel de Jalisco Nouvelle génération qui a commencé sa carrière aux Etats-Unis et a fait tomber tout le cartel, les autorités mexicaines ont dit que les armes saisies chez les narcos venaient des Etats-Unis ainsi que d'Israël. La Présidente a encore récemment demandé aux Etats-Unis d'agir sur leur territoire contre le crime organisé et le trafic d'armes vers le Mexique.

Le 1er juin Claudia Sheinbaum a dénoncé l'ingérence permanente des Etats-Unis dans la politique nationale, et Trump continue à utiliser le prétexte des cartels qui domineraient le Mexique pour faire pression, par exemple en inculpant le gouverneur de l'Etat de Sinaloa de trafic de drogue et en le condamnant à perpétuité, ou en essayant de rebaptiser le Golfe du Mexique en "golfe d'Amérique". Si ça a été le cas pendant la domination sans fin de la droite, rien ne montre des liens entre le parti de Sheinbaum et le narcotrafic.

 

Venezuela : coup d'Etat réussi

Capture de Nicolas Maduro et sa femme par les US en janvier 2026

Maduro est toujours retenu aux Etats-Unis après le coup d'Etat US, qui leur a ouvert l'accès aux ressources stratégiques semble être grandement facilité. Depuis 2002, une dizaine de coups d'Etat ont été menés par les US au Venezuela, et celui-ci a fonctionné parce que des cadres de l'Etat et des hauts gradés de l'armée ont trahi. Et parce que son entourage était vérolé, comme Delcy Rodriguez, qui était son bras droit et dirige aujourd'hui le pays, main dans la main avec Trump.

Le Venezuela qui depuis 2019 ne pouvait plus vendre son pétrole, doit maintenant le vendre en quantité aux US et s'arroger une dette de 230 milliards de dollars, pour bien mettre la tête sous l'eau de la population et l'obliger à tout vendre, comme le fait le micron chez nous. Cela représente un taux d'endettement pire que celui de la Grèce au moment de la crise de sa dette. C'est le prix pour la fin de l'embargo et des punitions iniques des US sur ce pays. 

Après l'avoir détruit, ce sont des entreprises US qui vont se gaver sur la reconstruction, comme General Electric qui vient de décrocher le contrat pour la reconstruction du réseau électrique.

 

Cuba : le pays étranglé cède à l'économie de marché

Cuba, qui vit sous embargo depuis 1962, résiste et doit donc être détruite. Le pays est aidé par des approvisionnements du Mexique et de la Colombie, notamment, mais si l'extrême-droite passe en Colombie cette aide sera stoppée.

La pression est de plus en plus forte, Trump menace carrément d'une invasion militaire, les entreprises étrangères ont toutes dû quitter l'île sous la menace de sanctions US, et Cuba manque de ressources essentielles. C'est ainsi que le président a fini par céder, ouvrant la voie à l'économie de marché et au libre-échange, à l'entrée de capitaux étrangers et privés dans les entreprises et dans l'économie en général.

Le pays a été tout simplement étranglé par les US, comme ils l'ont fait avec le Venezuela, sans que les larbins européens n'y trouvent à redire. L'autodétermination des peuples, qui ont le droit de décider de leur propre système, n'existe pas dans le monde de Trump et des rapaces capitalistes US qui veulent mettre la main le plus vite possible sur la plus grande quantité de ressources qu'ils peuvent accaparer.

 

Argentine : les néo-libéraux ravis, le peuple mange de l'âne

L'Argentine de Milei est en ruines économiquement et ne tient que grâce aux perfusions d'argent frais des Etats-Unis. Ce sioniste patenté est soutenu par Trump pour laisser le capital US mettre la main sur ses entreprises, ses services publics, et en augmentant sa dette. Certains s'extasient devant ses résultats économiques, possibles grâce à des prêts US.

Des colons sionistes s'y installent, Peter Thiel aussi apparemment. Des avions militaires US atterrissent à Ushuaïa, où la Chine développe aussi des projets autour du port notamment, sans que personne ne sache ce qu'ils font.

Pourtant, on entend parler de pénurie de viande et d'autres denrées alimentaires à cause de la spéculation -et Milei conseille de manger de l'âne, pendant que les loyers flambent à cause de la dérégulation au point que même de bons salaires ne permettent plus de vivre en ville. Idem avec le prix des médicaments, devenus inaccessibles pour beaucoup.

 

 

L'Amérique latine n'est pas seule à connaître une poussée de contestation sociale et politique. On pourrait parler des Etats-Unis où des villes entières se lèvent contre les data centers qui pullulent et demandent un débat public, de l'Albanie où les citoyens sont en train de bloquer de vastes projets immobiliers et touristiques de la clique Trump, du Portugal où les grèves et la mobilisation ont bloqué tout le pays et mis fin à un projet de régression des droits du travail.

Je pense que beaucoup en ont assez du discours selon lequel rien ne peut changer, de l'accaparement rapace d'une clique d'ultra privilégiés qui vivent sur le dos des populations et des faux politiciens de nos démocraties en toc. Le capitalisme ne peut pas durer, c'est une évidence pour ceux qui le subissent le plus, dans les continents que nous avons saignés jusqu'à présent, pour les laissés pour compte de la productivité chez nous, pour ceux qui essaient d'anticiper les catastrophes sociales, environnementales, économiques qui commencent seulement.

 

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L'Amérique latine redevient une provine américaine, comme l'est l'Europe depuis 1945. En face, la Chine étend ses routes de la soie et risque de passer à une stratégie plus offensive. Les populations d'Amérique latine, d'Afrique et d'Europe sont prises en étau entre ces deux puissances, et les droits sociaux et politiques ne comptent pour aucune de ces puissances. 

Les citoyens doivent trouver un chemin sinueux pour ne pas finir avalés par la machine de propagande et d'exploitation, probablement en le construisant pierre après pierre.

En 2027 en france, Trump et Israël diffuseront des fake news contre la gauche et au service des partis d'extrême-droite, ou atlantiste néo-libéraux. Il est évident que le schéma qui s'applique en Amérique latine s'applique aussi à nous. 

 

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[1] Avocat, il s'est fait une réputation en défendant, par ailleurs très bien, les paramilitaires d'extrême-droite qui avaient massacré des indiens et paysans, organisé le trafic de drogue avec les narcos, et corrompu des générations de politiciens qu'ils aidaient par ailleurs à mater l'opposition. 

[2] Noboa a été élu par surprise en 2023, après l'assassinat d'un candidat anticorruption. Son père s'est présenté 5 fois à l'élection présidentielle en Equateur, jusqu'en 2006.

[3] Une militante polonaise qui travaillait sur cette entreprise, Noboa Trading, et ses activités dans le trafic de droguée et le vol de terres, Monika Silva Koniuszek, a été retrouvée sans vie peu après avoir envoyé son dossier à l'ambassade US à Quito. Il n'y a même pas d'enquête puisque la mort a été classée en suicide en l'espace de 24h.

15 juin 2026

Interview d'une maman désenfantée par la justice et les services sociaux : parcours judiciaire et conseils aux parents protecteurs

Virginie Dervieux est une maman très en colère, combative, qui dénonce avec ses moyens le système justice -aide sociale à l'enfance qui lui a littéralement volé sa fille. Dans cette interview, ce qu'elle explique peut sembler délirant mais c'est bien son parcours judiciaire. A l'époque où les autorités font mine de se réveiller sur le traitement judiciaire des violences contre les enfants, cette histoire parmi tant d'autres montre que cela ne relève pas du "dysfonctionnement" mais bien d'un système organisé pour faire taire les victime, en l'occurrence des enfants.

 

 

Virginie Dervieux se bat depuis plusieurs années pour récupérer sa fille, avec laquelle la justice a coupé tous les liens, méthodiquement, bien que rien ne soit reproché à cette maman. Son tort a probablement été de ne pas se laisser faire.

 

Dans cette interview, elle explique comment les choses se sont passées, étape après étape, pour lui retirer la garde de sa fille et la confier à son père, qu'elle connaissait à peine et dont elle dénonçait la violence physique. Il n'était pas question de violences sexuelles, mais le déroulé a été tout comme : les services sociaux se sont immédiatement rangés du côté du père, certes bon comédien, et la justice a entrepris de la punir en confiant la fillette à son père, sans autre argument que des rapports mensongers.

 

L'objectif est évident : nier la parole des enfants et des mères protectrice. Quand l'enfant parle, dénonce des violences de son père, c'est chez lui que la justice l'envoie vivre, et il comprend parfaitement le message : parler est contre productif, mieux vaut se taire sinon ce sera pire.

 

Virginie Dervieux a constaté que le système était contre elle et sa fille, et a déposé plainte contre les services sociaux de son département. Aujourd'hui, l'acharnement continue, et les mesures judiciaires se poursuivent sans rétablir les liens, très forts, entre Virginie Dervieux et sa fille.

 

Ayant décidé de se défendre seule quand c'est possible, elle a eu l'occasion d'analyser comment ce système fonctionne, et apporte des conseils utiles pour les autres parents protecteurs. Partant du constat que les enfants sont présumés menteurs et les mères protectrices sont accusées de d'être des manipulatrices, elle revendique la présomption d'innocence pour les enfants et pour les parents protecteurs. Nous en sommes bien là, beaucoup de mères embourbées dans ces procédures voient aussi que, si les droits des accusés sont scrupuleusement respectés, il y a un vide total concernant le droit des victimes.

 

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1 juin 2026

Réseaux pédocriminels sectaires en Israël : le point après une commission de la Knesset et un documentaire

Haaretz

Une enquête sur les violences sexuelles contre les filles dans la vaste colonie israélienne en Cisjordanie Gush Etzion a mis au jour un réseau actif depuis plus de trente ans et des violences de type rituelles. Cela, peu après les travaux d'une commission de la Knesset sur les abus rituels organisés, en juin 2025 et février 2026. Le voile commence à peine à se lever sur ces réseaux qui semblent remonter aux plus hauts niveaux des communautés et même de l'Etat, mais l'omerta est solidement implantée.

 

 

La colonie de Goush Etzion a été fondée en 1948 sur des terres prises aux Palestiniens et regroupe 70 000 habitants sur 22 colonies -la dernière a été créée de la même manière en novembre 2025. Le 27 mai 2026, le Conseil Régional de Goush Etzion a admis et condamné publiquement l'existence de violences sexuelles systématiques et dans un cadre rituel contre les enfants, après la diffusion de l'enquête de la journaliste Roni Zinger. Un appel aux victimes a été lancé avec la promesse d'enquêtes sérieuses et de la rouverture d'enquêtes classées.

 

 

Un documentaire choc sur une communauté orthodoxe

 

Depuis des années, des accusations ont été étouffées, les victimes invisibilisées et la loi du silence est encore bien installée. J'avais abordé ce sujet il y a un an quand Shoshana Strook a témoigné sur les réseaux sociaux, pour dénoncer un réseau de pédos sectaires autour de sa famille. Des voix s'élèvent du côté des victimes, des médecins et des thérapeutes qui échangent et communiquent à ce sujet, des journalistes enquêtent, la police est forcée de faire quelque chose.

 

Israël est un pays très favorable aux pédocriminels, par exemple plus de 2152 pédos faisant l'objet d'une demande d'extradition à l'étranger y coulent des jours heureux, protégés par Netanyahou. L'omerta est la règle dans les communautés, et les plaintes sont rarement suivies de jugements, même si quelques-uns se font attraper ces dernières années.

 

Ce documentaire diffusé le 15 mai donne la parole à 5 femmes victimes de pédos organisés dans la communauté Gush Etzion. On ne sait pas s'il s'agit du même réseau pour toutes, mais ils sont probablement interconnectés, au moins par des cérémonies. Les violences ont commencé vers 3, 4 ans, et certaines avaient tout oublié pendant des années et l'une d'elle explique que si on lui avait demandé il y a dix ans comment s'était passée son enfance, elle aurait répondu qu'elle avait eu une enfance merveilleuse et une vie tout à fait banale.

 

Extrait du documentaire

Et puis ce sont des cauchemars, une dissociation, des signes corporels, qui sont arrivés soudain, ou un accouchement, qui ont déclenché la mémoire de ces traumatismes. C'est le phénomène de mémoire traumatique, expliqué par des spécialistes comme Muriel Salmona, qui est bien connu quand on travaille sur ces dossiers.

 

Depuis un ou deux ans, dizaines de femmes ont rapporté avoir subi ce genre de rituels pédos, dans tout le pays. Et c'est là que certaines ont compris qu'elles n'étaient pas folles ; que ces souvenirs étaient bien réels.

 

Généralement, les parents étaient impliqués, et certaines parlent de plusieurs membres de leur famille.  Les filles semblaient principalement ciblées pour être agressées et maltraitées. On comprend aussi que dans certains cas mes garçons étaient poussés à maltraiter les filles, certainement dans le but de reproduire le système de domination / soumission misogyne, et aussi pour mieux massacrer les palestiniens.  

 

Extrait du documentaire

Il est question de rituels / partouzes impliquant plusieurs adultes, souvent d'autres enfants, le tout avec un fond pseudo religieux complètement délirant, parfois avec des robes noires, des sortes d'incantations ou de prières, des chandelles, une mise en scène plus ou moins élaborée... Il est question de drogues injectées aux enfants, de prises de sang, de tortures physiques et psychologiques, d'avortements forcés. Des médecins étaient souvent présents pour s'assurer que l'enfant ne meure pas malgré les tortures ou bien pour les droguer., des psychiatres qui organisaient les traumas et leur conditionnement.

 

 

Ces viols étaient très souvent filmés. Le fond pseudo religieux est aussi très présent. L'une d'elles raconte qu'ils justifiaient les viols en disant que cela permettait de se connecter avec dieu et de recevoir des prophéties, et que s'ils ne le faisaient pas ce serait la fin du monde.

Certaines ont porté plaintes : les enquêtes ont été minimalistes si elles ont réellement eu lieu, et les procédures ont vite été classées "faute de preuves". On connaît le refrain.

 


Israël, terreau de réseaux pédo-cultuels 

 

Israël semble être une terre fertile pour les pervers, qui peuvent créer leur communauté et la faire vivre quasiment en autarcie. Idem dans les familles, notamment polygames, où un tyran domestique peut mette 15 personnes en esclavage pendant des années. De plus, la justice ne semble pas efficace pour enquêter sur ces affaires : on est au même niveau qu'en france, mais au moins là-bas ils ont mis en place une unité spécialisée dans la police.

 

Selon la psychiatre Inbal Brenner qui a suivi plusieurs victimes, les auteurs pouvaient aussi être "des membres de haut rang de la communauté", détenant "soit une autorité religieuse ou spirituelle respectée, comme un rabbin ou un rebbetzin, soit ils occupaient d'autres postes influents et importants, comme un juge, un enseignant ou un directeur d'école".

 

Une autre psychiatre le Dr Daphna Armon, explique : "il est important pour moi de souligner que j'ai entendu parler de médecins qui ont participé à de telles choses, qui ont délibérément fait du mal à des personnes. J'ai entendu parler d'accouchements qui ont eu lieu en secret, de toutes sortes de choses dans lesquelles l'équipe médicale était impliquée. Je me sens responsable de le souligner. Les gens essaient de transformer les abus rituels en quelque chose de politique - ce qui n'est pas le cas".

 

En janvier 2026, des parents de jeunes garçons ont dénoncé des abus rituels dans des sortes de cérémonies sectaires auprès du rabbin Yaakov Medan, qui a appelé à prendre ces révélations au sérieux et à ouvrir le débat à ce sujet. Les faits se sont produits dans une communauté sioniste.

 

Il faut aussi rappeler que Shoshana Strook, fille de la ministre des Colonies, la sioniste radicale Orit Strook [1], a dénoncé les violences sexuelles et rituelles dont elle a été victime par sa famille et son entourage depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, et l'existence d'un réseau d'agresseurs. Elle a parlé de cérémonies pédophiles organisées par son père et rabbi Tao, a dit que son père l'a prostituée à Tel Aviv à partir de ses 13 ans, de ses multiples identités. Dans la foulée, d'autres femmes avaient témoigné dans la presse, puis on n'en a plus vraiment entendu parler.

 

La justice, plus spécifiquement le juge Menachem Mizrahi, spécialisé dans l'étouffement des affaires sensibles, a interdit toute évocation publique de l'affaire en s'appuyant sur des moyens légaux douteux.

 

Son amie Yael Shitrit, elle aussi victime de ce réseau, a confirmé ses accusations, et ajouté que les agresseurs n'étaient pas des marginaux isolés mais des membres de la Knesset, des officiers, des chefs de communautés, "des gens avec du pouvoir, des fonctions, des connections. Des gens qui menacent. Des gens qui peuvent disparaître n'importe laquelle d'entre nous". Devant la Knesset, elle a expliqué avoir été victime de ce type d'abus un peu partout dans le pays, de cérémonie en cérémonie. 

 

En effet, depuis l'été 2025 plusieurs femmes âgées d'une trentaine et d'une quarantaine d'années ont témoigné devant une commission de la Knesset sur ces violences sexuelles systématique, dans un cadre pseudo religieux totalement déviant. Les faits rapportés ont eu lieu principalement dans les  communautés ultra-orthodoxes, nationalistes et religieuses de Jérusalem, Bnei Brak, Haïfa, Safed, en général avec l'implication pleine et entière des leaders "religieux" de ces communautés repliées sur elles-mêmes, fanatisées et sectaires.

 

Selon un article du 2 mars 2026 sur le site Royanews.tv , "Plusieurs victimes ont décrit des violences physiques et psychologiques extrêmes destinées à les réduire au silence, notamment des chocs électriques, l'enchaînement, l'isolement prolongé et l'enfermement dans des pièces souterraines ou obscures. 
Selon les survivants, ces sévices se sont produits dans des lieux centraux de la vie religieuse et communautaire, tels que des domiciles privés, des synagogues, des écoles religieuses et des cimetières
". Ces femmes ont aussi témoigné de pressions et de menaces qui continuent aujourd'hui de la part des agresseurs.

 

Un article du Jérusalem Post reprend plusieurs témoignages, dont celui de Yael Ariel, qui a déclaré  : "J’ai subi des abus rituels pendant de nombreuses années, jusqu’à la fin de mon adolescence, et j’ai été forcée de faire du mal à d’autres enfants. J’ai choisi de briser le silence et de faire entendre ma voix. J’ai reçu des menaces après avoir révélé mon histoire. De 5 à 20 ans, j’ai été agressée lors de ces cérémonies".

 

L'article ajoute qu'elle a dit avoir "reçu les témoignages de plusieurs femmes affirmant que des médecins, des enseignants, des policiers et d’anciens et actuels membres de la Knesset étaient impliqués dans ces abus" . Une autre a dit avoir été victime de trafic sexuel dès l'âge de 11 ans par un cousin : "À 14 ans, il m'emmenait dans des clubs sadiques. J'ai subi des tortures et la famine aux mains de personnes connues et influentes. J'ai enduré d'innombrables sévices. 


[...] Il y avait des événements publics et des cérémonies privées où j'étais attachée à un grand poteau avec des menottes. Autour de moi, d'autres victimes menottées subissaient des rituels consistant à boire du sang menstruel et à sacrifier des chats et d'autres animaux. Ils m'ont dit que personne ne me croirait si je parlais."

 

Les parlementaires ont demandé une enquête nationale indépendante sur les violences sexuelles dans les communautés religieuses fermées et veulent une évolution de la législation.

 

Shoshana Strook est morte en mars 2026 après avoir rappelé qu'elle n'était pas suicidaire et alors qu'elle venait de nommer des avocats pour relancer les poursuites.

 

C'est Orit qui a annoncé que sa fille avait été retrouvée sans vie à son domicile. Les causes du décès n'étaient pas claires mais la piste criminelle a été écartée immédiatement.  Le même juge Mozrahi a blanchi les parents après un mois.

 

Pour l'instant, quand il y a des procès, il s'agit d'agresseurs jugés isolément. Comme ce leader communautaire de Bnei Brak jugé en juillet 2025, qui s'est avéré être un indic de la police depuis 15 ans, et agressait des mineurs et des femmes depuis au moins 10 ans. Il avait même monté un groupe d'auto-défense, officiellement contre les vols, mais qui faisait probablement régner l'omerta dans le secteur. 

 

En outre, certains ont pris l'habitude de se suicider avant leur procès, comme le rabbin ultra-orthodoxe mais sioniste Yehuda Meshi-Zahav mort en 2022 après 1 an de coma dû à son suicide, qui était accusé, en plus de détournements de fonds, de viols et maltraitances sur des enfants, des femmes et des hommes. Il était très connu et très respecté dans le pays pour avoir créer une organisation de secours et venait de recevoir le "prix d'Israël", la plus haute récompense civile nationale, pour l'œuvre de sa vie. 

 

Ou comme le leader ultra-orthodoxe très médiatique Chaim Walder, accusé de dizaines de viols d'enfants et de jeunes femmes, qui s'est suicidé en décembre 2021. Le type écrivait des livres pour enfants, se targuait de les éduquer selon les principes "religieux" et a même reçu des mains de Netanyahou la médaille de "Protecteur des enfants". Comme chez nous, on observe que les pédocriminels sont aussi placés dans les milieux de la "protection de l'enfance", ce qui explique en partie, selon moi, l'ampleur des défaillances en la matière.

 

Il y a aussi eu le cas Moshe Kiviti, sorte de "juge de paix" communautaire ultra-orthodoxe, qui gardait sous le coude les plaintes pour violences sexuelles contre les enfants remontées par les habitants, pour régler cela de manière discrète. 180 affaires auraient ainsi dû être transmises à la justice en deux ans et 22 personnes ont été arrêtées avec lui.

 

Ces pratiques n'ont hélas pas lieu qu'en Israël, d'autres structures et communautés à travers le monde ont été accusées des mêmes types de faits. En Colombie, par exemple, le leader de la secte ultra-orthodoxe Lev Tahor (qui regrouperait une cinquantaine de familles et est aussi présente au Mexique) a été arrêté fin 2025 et 17 mineurs, des enfants de la secte venus du Guatemala, des Etats-Unis et du Canada, ont été retirés. 160 enfants avaient déjà été retirés à la secte au Guatemala fin 2024. Il était question de viols, de maltraitances, de grossesses forcées. Créée en 1980, la secte a été accusée de viols sur mineurs à la Knesset lors des auditions de 2025-2026. Les leaders sont en fuite depuis bien longtemps.

 


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On observe que beaucoup de "sceptiques" niant l'existence de ces violences, se font entendre. Une bonne partie doit être composée de suiveurs endoctrinés mais d'autres sont certainement des agresseurs. Le combat risque d'être rude pour faire entendre la parole des victimes, mais la boîte de Pandore est ouverte et les victimes sont à mon avis bien trop nombreuses pour enterrer à nouveau ces dossiers, ces vécus.

 

Cela m'inspire aussi une observation qui je le crains pourrait être une règle : plus des individus font la morale aux autres et cherchent à contrôler leur vie, plus eux-mêmes ont des risques d'être totalement pourris. Ils font cela pour éloigner les soupçons, et sont sans complexes d'autant plus qu'ils sont habitués depuis toujours à jouer la comédie en société. 

 

Le caractère apparemment endémique de ces violences impunies depuis toujours, dans les communautés de fanatiques, éclaire mieux le comportement absolument inhumain de nombreux sionistes contre les palestiniens, qu'ils harcèlent, frappent, violent, spolient, tuent sans le moindre scrupule. Comment en est-on arrivé là ? Ces violences n'expliquent pas tout mais elles contribuent à produire des générations de sadiques.

 

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[1] Orit Strook a épousé un étudiant auprès d'un rabbin puis le couple s'est installé illégalement dans le Sinaï (Egypte) d'abord, puis à Hébron en Palestine (Cisjordanie), et ont eu 11 enfants. De 2004 à 2012 elle a dirigé une ONG défendant les colonies illégales à Gaza. Elle est élue à la Knesset pour un parti nationaliste, religieux et sioniste. Elle fait partie de la frange la plus radicale. Elle a fermement défendu un de ses fils, qui avait quasiment massacré un gamin palestinien de 15 ans.

26 mai 2026

Plainte contre un réseau pédocriminel à Cholet : on attend des nouvelles de la justice depuis un an

Cholet - Wikimedia

Aujourd'hui, nous allons aborder une affaire complexe, celle de S., qui a porté plainte en 2025 en expliquant qu'elle avait été victime dès son enfance de ce qu'on appelle un réseau pédocriminel. Elle a cité plusieurs noms, donné des lieux, des dates, des éléments circonstanciés, des noms de témoins. Mais rien ne se passe, personne n'a été interrogé.

 

 

S. a grandi à Cholet dans une famille pour le moins dysfonctionnelle bien qu'insérée dans la société locale. Son beau-père a très vite commis des violences sexuelles sur elle, puis sa sœur. Il a amené d'autres pédocriminels et S. a été livrée à un réseau pédocriminel local.

 

Mais de tout cela, elle n'a commencé à se rappeler qu'il y a quelques années, alors qu'elle avait plus de 35 ans. Aucun souvenir de toutes ces violences n'était revenu dans sa conscience avant cela. S. pensait avoir mené une existence « normale », avoir eu des relations « normales » tout au long de sa vie, et n'a jamais eu d'enfant.

 

Mais ce décor a volé en éclats quand de premiers souvenirs de violences sexuelles sont remontés à la surface, impliquant d'abord le beau-père, puis d'autres personnes. Elle s'est rappelée de nombreuses scènes traumatisantes, elle est suivie en thérapie et sait qu'elle n'est pas folle. Elle sait aussi que ce réseau, resté totalement impuni, existe toujours, et que des mineurs sont entre leurs mains. Elle a donc décidé de déposer plainte en 2025.

 

 

Les contours d'un réseau pédocriminel

 

Ce que S. décrit a toutes les caractéristiques d'un réseau pédocriminel : les viols étaient filmés, plusieurs enfants ont été et sont probablement encore leurs victimes, plusieurs individus sont impliqués, pour certains de manière répétée. De plus, ces individus savent rester discrets et ont des connexions avec le milieu politique local.

 

Il se trouve que d'autres ont parlé du réseau pédocriminel local, notamment Véronique Liaigre, en 2001 déjà. Et elle a décrit un réseau organisé qui opérait depuis le début des années 80, avec des pratiques satanistes ritualisées ou non, y compris des meurtres d'enfants, dans la région de Cholet 1. Les enfants étaient aussi prostitués, amenés dans d'autres villes, très certainement drogués, et les viols étaient filmés, souvent ou à chaque fois. Un autre témoin parle du même réseau, au même endroit, à la même époque2.

 

Plusieurs éléments indiquent que le réseau des années 1980 et celui décrit par S., qui opérait des années 1980 jusqu'aux années 2010 au moins, ont des liens notamment en termes de protections locales. L'impunité régnant malgré les plaintes et tentatives de plaintes, il n'y a aucune raison que ces individus aient arrêté.

 

Les profils des individus décrits par S., comme par les autres témoins, sont variés, plutôt de la classe moyenne, plutôt des indépendants. Ils mènent une vie que leurs voisins trouvent certainement banale, mais organisent leur système derrière les portes closes, y compris avec des individus au-dessus de tout soupçon.

 

On reviendra plus tard sur ce réseau, à moins que soudainement l'enquête avance, et pas seulement pour tenter de démontrer que la plaignante n'est pas fiable. Il serait intéressant d'entendre les individus cités et de vérifier les éléments donnés.


 

 

A la recherche des enfants

 

Vilkasss

Il y a un aspect très complexe dans le témoignage de S. : les enfants qu'elle a eus, toujours dans le réseau. Après plusieurs années à essayer d'assembler les pièces du puzzle, S. a compris plusieurs choses très troublantes, mais qui reposent sur une série de faits, de souvenirs, de détails recoupés, qui ne peuvent pas être liés au hasard.

 

S. s'est rappelée, sans le vouloir, de plusieurs accouchements depuis son adolescence. Elle ne se rappelait d'aucun et pensait n'avoir jamais eu d'enfants, jusqu'à ce que les souvenirs traumatiques commencent à revenir. Je tiens à préciser qu'il est très courant que des gens qui ont subi des taumatismes aussi graves et répétés dès la petite enfance oublient totalement ce qu'ils ont subi jusqu'à 35, 40 ans parfois. Certains n'oublient jamais tout, quand ils ont pu être coupés de ce milieu assez tôt, mais à ma connaissance la plupart connaissent l'amnésie traumatique, qui est un réflexe de survie.

 

Concernant les violences sexuelles, S. s'est rappelée de nombreuses scènes, a identifié et reconnu des lieux dans lesquels elle pensait n'être jamais allée, des personnes qu'elle pensait ne pas connaître. Quand des enfants devaient naître à l'intérieur de ce réseau, ils étaient soit tués, soit abandonnés. S. a donc cherché à retrouvé leur trace, et différents éléments lui ont permis de probablement identifier plusieurs d'entre eux.

 

Cela peut sembler incroyable, je m'en rends compte. Mais j'ai déjà diffusé le témoignage d'une femme très courageuse, qui elle aussi avait eu plusieurs enfants à la suite de viols dans le réseau om elle a été mise dès l'enfance, et avait réussi à prendre contact avec certains d'entre eux, devenus adultes. J'espère qu'elle a pu retrouver les autres. Et la plupart des survivantes de ce type de réseau auxquelles j'ai pu parler ont aussi été enceintes, les enfants étant souvent tués très rapidement lors de rituels, ou parfois disparaissaient sans qu'elle sachent ce qu'ils sont devenus. Ces pratiques sont courantes dans ce système de tarés.

 

 

Appel à témoins

 

Je me joins à S. pour lancer un appel à des témoins, à d'autres victimes d'un réseau organisé de pédocriminels dans la région.

 

Nous reviendrons prochainement sur l'histoire de S. et ses recherches.

 

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1Malgré des accusations étayées, seuls les parents de Véronique et de ses sœurs, qui ont aussi subi les violences de réseau, ont été condamnés (16 ans pour la mère, 12 ans pour le père).

2Entretien réalisé le 17 mai 2016.

19 mai 2026

Le Pizzagate avant l'heure : Madison Clares, lanceuse d'alerte sur l'affaire CyberSlice décédée prématurément

Je publie aujourd'hui cet article sur une affaire quasi inconnue, qui est assez similaire au Pizzagate. En résumé, le tout premier site de livraisons de pizzas aux Etats-Unis était la vitrine d'un réseau pédocriminel. Je l'avais commencé il y a un moment et souhaitais creuser davantage, mais Madison Clares, une femme qui dénonce depuis plusieurs années l'exploitation sexuelle des enfants dans ce réseau, est décédée le 10 avril 2026, et je tenais à publier ce que j'ai compris de cette affaire.

 

 

Madison Clares expliquait que son père a créé dans les années 90 le précurseur du système du Pizzagate, une boîte de préparation de pizzas à aller chercher en restaurant, puis de livraison de pizzas appelée CyberSlice. 

 

 

Une start-up soutenue au plus haut niveau

 

Madison Clares disait que l'entreprise CyberSlice a été créée par son père Bryan Cupps en 1996 à Seattle avec Jim Brimhall et Tim Glass entre autres. Bryan Cupps était le vice-président de la Technologie, Tim Glass était le PDG et Steve Green était le gestionnaire.

 

La particularité de CyberSlice était de proposer la vente en ligne de pizzas, à une époque où quasiment personne n'avait d'ordinateur personnel, ce qui était pour le moins précurseur. Mais, l'entreprise a bénéficié de gros soutiens, comme celui de Steve Jobs.

 

Madison Clares est née en 1999. Elle a rompu avec sa famille en 2021 parce qu’elle ne supportait plus de se réveiller le matin en sachant qu’il l’avait violée (elle était manifestement droguée). Sa sœur jumelle a signalé les faits d’inceste à la police vers 2013 mais elle a été envoyée dans une institution psychiatrique [1] jusqu’à ce qu’elle se rétracte, elle est donc retournée dire à la police qu’en fait il ne s’agissait pas de son père mais de quelqu’un d’autre. 

 

Pour éviter une enquête des services sociaux qui interrogeaient les voisins en 2017, Madison disait que son père avait même tué une voisine, morte par pendaison le lendemain d’une discussion qu'il a eue avec sa mère et dans laquelle il parlait d’assassiner quelqu’un. Elle a dit cela à la police mais évidemment rien ne s’est passé.

 

Madison Clares disait que sa mère a tenté de quitter son père quand elle avait 7 ans en raison des violences répétées, mais qu’elle a du renoncer en constatant que les services sociaux le protégeaient. Un jour, elle les a déposées avec sa sœur dans un foyer en leur disant qu’elle revenait les chercher le lendemain, mais au dernier moment elle a aperçu là une femme qu’elle a reconnue comme étant de l’entourage du père de Madison et elle les a reprises avec elle. Elle a encore essayé de partir, avec un ami qui a fini par être tué, et après cela, Madison explique que sa mère a abandonné toute idée de partir, qu'elle avait cessé de lutter, qu’elle était absente.

 

Elle parlait publiquement parce qu’elle voulait que son frère qui a 13 ans, qui n’est pas scolarisé et ne sort pratiquement jamais, soit mis à l'abri et retiré à la garde de leurs parents, et aussi parce que son père a menacé de nombreuses fois de la tuer, et la seule chose qui le retenait était qu’elle avait "parlé à trop de monde", selon ses mots.

 

D'après Emma Katherine, qui avait interviewé Madison Clares sur sa chaîne, les circonstances de son décès sont "mystérieuses" et avait prévenu qu'elle n'avait pas l'intention de se suicider. Elle expliquait depuis un moment que le réseau des pizzas était connecté à celui du show-biz, et donnait des noms comme celui de P Diddy.

 

 

Madison Clares a toujours maintenu ses accusations

 

Madison explique qu’elle avait quasiment tout oublié de son enfance et que les souvenirs commencent seulement à revenir. Quand sa sœur a signalé les faits d’inceste aux services sociaux, Madison ne s’en rappelait pas alors que cela n’avait cessé que deux ans plus tôt (pour recommencer par la suite).

 

 

La famille et l'entreprise ont déménagé en Californie à la fin des années 90. C'est en Claifornie à Redwood City que se trouvait l'entreprise de Steve Jobs NeXT : c’est Steve Jobs qui a fourni des ordinateurs, développé l'interface et la technologie et a financé Cyber Slice. En effet, en 1996 c'est lui qui a inauguré le système de commande en ligne en passant la première commande sur le site de CyberSlice depuis son QG de Redwood City. Depuis, l'industrie US de la pizza le vénère pour avoir révolutionné le secteur, et c'était le début du e-commerce. 

 

Selon une collaboratrice de Steve Jobs, "il a vraiment soutenu personnellement CyberSlice", car il "pensait que CyberSlice était l'entreprise idéale pour mettre en valeur la technologie… Steve aimait présenter des technologies accessibles à tous". 

 

Le système était doublé : il y avait les pizzas commandées dans des pizzerias a proximité du domicilié et les enfants, livrés dans un réseau de pizzerias à travers le pays en l'espace de 3 jours maximum. Madison Clares dit qu'il y avait des codes : pizza pour les fillettes, Coca-Cola pour cocaïne, ou des codes pour des actes sexuels spécifiques par exemple olives pour sodomie. Il était possible de commander pour des événements à venir.

 

Certains clients recevaient régulièrement une sorte de magazine dans lequel les lieux de certains événements étaient annoncés, et qui donnaient des informations permettant d'avoir accès à certains « Vendeurs de pizzas » à proximité. Madison Clares expliquait que "si tu commandais plus plus 100 $ de pizzas, tu devais parler à un manager et on te donnait un nouveau numéro de téléphone". Des photos d’elle et sa sœur ont aussi été mises dans ce magazine, pour "appâter les clients".

 

En 1998, CyberSlice avait un réseau de 10 000 restaurants. Un nouveau PDG, ancien directeur exécutif de Disney dénommé Rich Frank, est arrivé en 1999 alors que l'entreprise perdait toujours de l'argent, et a renommé l'entreprise Food.com en diversifiant à l'ensemble des plats.

 

Son père était franc-maçon et disait travailler pour la CIA, en tout cas selon Madison Clares il avait des liens avec la CIA. Il prenait des drogues, était violent, il l'a violée ainsi que sa sœur jumelle, filmait les actes et avait de la pédopornographie dans son ordinateur. Il parlait souvent des extra-terrestres auxquels il croyait fermement et détenait à ce sujet de nombreuses informations. Il lui disait par exemple que les voyages dans le temps sont une réalité, et semblait savoir certaines choses qui allaient se produire dans le futur, raconte Madison Clares. Il s'intéressait à l'occultisme et avait un papillon Monarque (Monarch) tatouée dans l’épaule.

 

Elle se demande s’il n’est pas lui-même victime d’une programmation de la CIA. Il lui avait aussi dit de ne jamais vendre son âme au diable parce qu’après il n’est pas possible d’en sortir. 

 

Après la vente forcée de l'entreprise en 2007 à Warner Bros, Madison Clares disait qu'il n'a plus trouvé de travail pendant 3 ans. Elle précise que sa famille a un lien généalogique avec la famille fondatrice des studios Warner [2].

 

CyberSlice est devenue CyberMeals puis a été revendue à Food.com (marque déposée en 1999), qui appartient à la chaine de télé Discovery, fusionnée en 2021 avec Warner Brothers. Elle a eu de gros investisseurs, par exemple en 2002 le site mentionnait Accel Partners, Tribune Ventures, Clear Channel, Kraft Foods. Madison dit que McDonalds et Disney ont aussi soutenu financièrement CyberSlice.

 

Madison a contacté le FBI pour raconter tout cela mais personne ne l’a rappelée. La police de Las Vegas, où elle a déposé une plainte, a clos le dossier en juin 2024. Elle dit dans une interview par Kristen Bitting que sa mère s’est vantée d’avoir une notice rouge avec le père de Madison, ce qui bloquerait toute investigation à leur sujet.

Autour de cette entreprise, il y avait aussi le duo Clinton (Bill a été élu président en 1996) et Bill Gates, dont elle dit qu’il était un très gros client de CyberSlice, à tel point que "Quand il [son père] a perdu Bill Gates il a perdu CyberSlice". En fait, à ce moment le dark-web apparaissait plus sûr pour le trafic d’enfants.

 

Dans le couple Clinton, elle expliquait que c'est Hillary qui tire les ficelles, et son père qui la traitait de "démon" en avait d’ailleurs peur. Madison ajoute qu’elle sacrifie des enfants- ce que disent plusieurs autres survivants comme Cathy O'Brien [3]. Elle expliquait que Bill est un pervers qui agresse les enfants et qui l'a violée, ce qui a fait dire à son père alors qu'elle avait 5 ou 6 ans qu'elle avait de la chance parce que si elle avait été envoyée avec Hillary, elle lui aurait coupé les parties génitales parce que ça lui donne plus de plaisir et qu’elle aime faire ça aux enfants.

 

Quant à Steve Jobs, Madison a d'abord dit qu'elle ne se rappelait d’aucune agression de sa part, mais qu’elle a du mal à imaginer qu’il ignorait tout du trafic derrière Cyber Slice. Par contre elle se souvenait d’une scène où elle avait environ 4 ans, où Tim Glass et son père lui ont dit d’aller faire pipi devant eux et se sont masturbés. Plus tard, elle a dit dans une vidéo : "Mon père, Bryan Cupps, m'a fait prostituer auprès de Steve Jobs entre l'âge de 4 et 7 ans, par le biais de sa société CyberSlice. Je suçais mon pouce pour empêcher mon père et ses amis de me mettre leurs "vous savez quoi" dans la bouche…" Les deux ne sont pas contradictoires, les souvenirs traumatiques se précisent hélas souvent au fil du temps.

 

Madison Clare a dit que son père utilisait les vidéos qu'il faisait d'elle et de sa sœur pour attirer des clients. Mais certains l'auraient fait chanter avec cela parce qu'ils voulaient qu'il leur amène des snuffs, c'est-à-dire des vidéos dans lesquelles des enfants sont tués.

 

Elle se rappelle d'avoir entendu son père parler d'un Projet Caméléon, et dire qu'il touchait de l'argent de la CIA pour violer ses filles. Au moment du Pizzagate, qui selon elle est une opération psychologique, elle a été internée de force : "C’est sorti en novembre 2016, ils venaient de m’envoyer en hôpital psychiatrique parce que je parlais des bébés qu’il avait tués et des bébés morts qu’il avait dans son garage. Je disais ça aux gens". Et Madison précise qu'il pouvait aussi planquer ces bébés chez lui pour rendre service à d’autres.

 

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Cette histoire peut avoir l’air délirante, d’ailleurs Madison le disait : "Je comprends pourquoi les gens n’y croient pas, parce que c’est vraiment difficile à admettre", mais hélas à force d'entendre parler de ce système, ce témoignage n'est pas délirant, et l'organigramme du réseau n'est pas surprenant. Il reste des zones d'ombre sur l'organisation concrète de ce trafic via le site de pizzas, il faut maintenant creuser les pistes données par Madison Clares. 

 

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[1] Cet institut à Gilroy en Californie, a fermé depuis, et a connu des accusations de violences sexuelles contre des enfants..

[2] Ce sont les quatre frères Wonskolaser, immigrés Juifs polonais de Russie, qui ont créé les Warner Bros studios à Hollywood en 1918 et  la société de production Warner Bros Pictures en 1923. En 1927 Warner Bros a échappé à la faillite grâce au succès du premier film au son synchronisé, Le Chanteur de Jazz. Elle a aussi produit le premier film tout en couleur en 1929.

[3] Voir son livre "Thanks for the Memories: The Truth Has Set Me Free! the Memoirs of Bob Hope's and Henry Kissinger'S mind-Controlled Slave", paru en 1999. Elle écrit qu'elle et sa fille ont été prostituées auprès de Bill Clinton dès 1992, et qu'elle a servi ensuite à lui amener des messages.

8 mai 2026

Inceste et chemin de croix judiciaire : interview d'une maman protectrice

Revenons sur une affaire dont nous avions parlé il y a quelques années de cela. Le temps passe, mais la "justice" est toujours aussi défaillante, voire structurellement toxique pour les victimes de violences sexuelles. Nous l'avions appelée Emma, elle avait 8 ou 9 ans à l'époque, et n'arrivait pas à se faire entendre de la justice qui l'obligeait à voir son père agresseur. Sa maman n'arrivait pas non plus à se faire entendre. Aujourd'hui, celle-ci a rejoint le collectif des 500 mamans, elle a témoigné devant la commission d'enquête sur l'inceste, et revient dans une interview sur son parcours face à cette institution plus soucieuse de protéger les agresseurs que leurs victimes. 

 


Difficile de retracer la suite des procédures sans perdre tout le monde : c'est l'objectif, même les parents protecteurs et les victimes s'y perdent, et pendant que les avocats et experts touchent leurs honoraires, parents et victimes s'enlisent, d'enquêtes sociales en jugements délirants. 

 

 

Une "justice" sourde et aveugle

Tout a commencé en 2016, trois ans après le divorce des parents. Emma, alors âgée de 5 ans, allait chez son père un week-end sur deux et a commencé à décrire des attouchements réguliers commis par le père un jour où elle refusait de s'y rendre. Des signaux auraient pu amener à s'interroger davantage, mais en général les violences sexuelles sont la dernière chose à laquelle pensent les proches : il y avait des troubles du sommeil, de l'anxiété, des difficultés comportementales à l'école, des violences physiques étaient apparues. 

 

La maman, Anne, a porté plainte, un signalement médical a été réalisé auprès du procureur, mais comme un non-lieu a été rendu et qu'un juge aux affaires familiales avait décidé de "la reprise du lien avec son père", elle a donc porté plainte avec constitution de partie civile en 2019. La fillette a parlé à plus d'une dizaine de personnes : tout le monde a tenté d'agir sauf la "justice". 

 

Ce qu'elle a connu n'est pas une succession de "dysfonctionnements" comme on aimerait le penser : c'est le fruit d'un processus évident destiné à nier la réalité des violences sexuelles, ce qui implique de nier la parole des victimes et les victimes elles-mêmes. 


Faisons un point sur ce qu'il s'est passé depuis 2019, et sur le parcours judiciaire, aussi surréaliste que banal hélas, de cette maman et ses enfants, tous victimes de la violence physique et psychologique de leur père, qui réclamait la garde alternée. Car la situation n'a fait que s'aggraver : le droit n'est plus appliqué qu'occasionnellement par les tribunaux, code de procédure compris. On se demande même à quoi servent les épais bouquins qu'on fait lire aux étudiants en droit, peut-être à caler les armoires. En attendant, des dizaines de milliers d'enfants victimes d'un père agresseur, et des dizaines de milliers de parents protecteurs sont passés par la broyeuse judiciaire. 

 

La lettre d'Emma :

 

Emma a envoyé une lettre que je publie ici:

 

"Etant petite, j'ai subi de multiples attouchements de la part de mon "père". Mes parents sont divorcés depuis mes 1 an et demi et j'allais donc chez mon père un week-end sur deux du coup, évidemment tout se passait chez lui, ça commençait sous la douche, quand il m'habillait puis dans mon sommeil en pleine nuit.


Puisque j'étais toute petite et remplie d'innocence, j'ai commencé à en parler à mon 3e grand frère puis ensuite à ma maman, c'est là que j'ai commencé à comprendre que c'était pas quelque chose de normal et d'anodin de vivre ça.

 

On est donc allées à la gendarmerie afin de porter plainte, arrivées là-bas ma maman explique donc la raison de notre venue et les gendarmes ont dit exactement, je cite : "la petite là, on l'écoute pas".  On est parties sans pouvoir porter plainte du coup. Puis récemment, je suis allée à la cour d'appel de Rennes accompagnée de ma mère pour la même raison depuis des années, et c'est vrai que c'est jamais agréable d'aller là-bas, mais là ça l'était encore moins car je me suis pris des regards comme si c'était moi qui étais accusée alors que pas du tout, et on m'a aussi empêchée de parler encore une fois. 

 

Ca a été super compliqué honnêtement. Déjà que t'as vécu des choses que personne devrait vivre, en plus de ça tu es traitée comme une moins que rien. Et même en dehors de ça, tellement personne ne veut m'écouter et certaines personnes ne me croient pas, je commençais à douter de mon vécu alors qu'il n'y a pas à douter de cela, je sais plus que personne ce que j'ai vu, ressenti etc.

 

Puis après tu as plein de conséquences à combattre comme t'en avais pas eu assez tel que la prise de poids extrême, des troubles du sommeil, des cauchemars, le dégoût envers tous les hommes, le manque d'affection paternelle, les pleurs et l'angoisse de retourner là-bas, un manque de confiance en soi énorme, ne pas faire les cadeaux des fêtes des pères en primaire, devoir accepter que tu n'auras jamais de papa gentil, etc."

 

 

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Anne, qui n'a jamais baissé les bras et a toujours cherché à se faire entendre comme ses enfants par une institution conçue pour protéger le système et donc les agresseurs, s'est impliquée dans un collectif avec d'autres mamans, et chercher à faire bouger les choses. Nous allons revoir avec elle où en est la procédure aujourd'hui, sur son combat pour faire changer les choses, et sur la commission d'enquête sur l'inceste devant laquelle elle a témoigné.

2 mai 2026

Note de lecture - Les prédateurs : Enquête sur un rapt de 80 000 enfants, de Jacques Thomet

Chacun connaît aujourd'hui le désastre de la "protection de l'enfance", le sous-investissement, les besoins croissants auxquels l'Etat ne répond plus. Ce qui est moins connu, c'est qu'en même temps les placements abusifs, ceux d'enfants qui ne sont pas en danger, représentent de la moitié des 150 000 mesures de placements annuelles, en foyer ou famille d'accueil. Le journaliste Jacques Thomet consacre un ouvrage à cette "véritable rafle légale d'enfants" : Les prédateurs : Enquête sur un rapt de 80 000 enfants. L'interview réalisée le 1er mai 2026 est disponible.

 

Jacques Thomet travaille depuis des années sur le sujet de la pédocriminalité, et a accompagné plusieurs mères qui cherchent à protéger leur enfant victime d'inceste dans leur combat judiciaire.

Il a observé ce schéma que j'ai aussi dénoncé ici : 

  1. Le parent (en général la maman) constate que son enfant a été violé par son géniteur.
  2. Elle porte plainte.
  3. Le pédo nie, la plainte est classée sans suite.
  4. La maman étant considérée comme une menteuse manipulatrice toxique, l'aide sociale à l'enfance intervient, l'enfant est placé en foyer ou directement chez le pédo.

Jacques Thomet, moi, tous ceux qui suivent ces dossiers observent ce même schéma qui se répète sans fin, d'autant que le nombre de condamnations pour viol sur mineur chaque année est dérisoire, sans rapport avec les plaintes [1]. Ce n'est pas du délire, c'est la réalité de nos tribunaux.

Là, un nouveau combat démarre : récupérer des droits de visite, et même la garde de son enfant. Ce combat durera des années, coûtera des dizaines de milliers d'euros, et sera vain dans la plupart des cas. C'est ce qui m'a amenée à dénoncer une industrie du placement, car tout cela est aussi une question d'argent.

La situation est telle que "Cinq années d’investigations sur les dossiers judiciaires de ces mères "désenfantées" me conduiraient presque à dire aux prochaines victimes : ne portez pas plainte, vous ignorez le piège qui va se refermer sur vous ! Mais ce serait ouvrir la voie à une pédocriminalité débridée contre votre petit et au profit des prédateurs", écrit Jacques Thomet.

 

1 enfant placé sur 2 est victime du système

L'auteur rappelle les estimations : un placement sur deux est abusif, soit 60 à 80 000 mesures de placement par an. Mais derrière ces chiffres, il y a des vies brisées : celle de l'enfant, victime non reconnue, forcée au silence et souvent envoyée vivre chez son agresseur, celle de la maman qui est impuissante à protéger son enfant, celle des frères et sœurs, des grands-parents. C'est comme si la vie était soudain en suspens, conditionnée au bon vouloir d'une institution qui protège si bien les agresseurs et si mal leurs victimes.

 

Jacques Thomet raconte ce qu'il est arrivé à plusieurs de ces mamans et à leurs enfants, comme Abélard, embarqué par l''Aide Sociale à l'Enfance" (ASE) à 3 ans en clase de maternelle pour être placé d'abord en foyer puis chez son père. Pourtant, les médecins avaient constaté une "fissure anale" au retour d'une visite chez son père, la maman a porté plainte, l'enfant montrait clairement des signes de traumatisme, mais tout cela, pour ma justice française, ne vaut rien face aux dénégations d'un prédateur. C'est la maman qui sera accusée et harcelée, et plus elle se démènera moins elle verra son fils.

 

Ce système comprend des enquêtes minimalistes, sans prises de sang, IRM, examen approfondi, et encore sans expertise d'un spécialiste de la victimologie des enfants, sans perquisitions chez les mis en cause, des expertises totalement à charge contre le parent protecteur, qui prennent pour argent comptant les mensonges du prédateur, des avocats défaillants, des médecins timorés, des accusations d'"aliénation parentale", des auditions des mineurs réalisées hors du cadre défini, etc. Les parents protecteurs sont poursuivis et condamnés pour non représentation d'enfant ou même enlèvement au bout de quelques jours, et beaucoup de mamans font de la prison ferme pour cette raison.

 

Il s'agit de mamans embarquées dans des procédures sans fin et ruineuses, forcées par la justice à laisser de côté les violences sexuelles, qui cumulent harcèlement des services sociaux, de l'administration, de la justice, de la police, qui finissent souvent par perdre l'autorité parentale et sont parfois forcées de quitter le pays. Ce scénario délirant est pourtant la réalité de milliers de parents protecteurs chaque année.

 

Les enfants, eux, sont en détresse. Ils retiennent qu'il faut se taire, que personne ne les aidera. Certains ne voient plus d'autre porte de sortie que de mettre fin à leurs jours, comme Audrey dont le parcours judiciaire est relaté dans le livre : la justice a été maltraitante en classant sans suite les plaintes de sa mère il y a des années, elle l'était encore quand, une fois adulte, elle a refusé d'instruire sa plainte.

 

Toutes les victimes subissent des conséquences sur le long terme. Le coût individuel et le coût social de l'inceste et des violences sexuelles contre les mineurs sont énormes, et Jacques Thomet parle de "pédocide" pour désigner cette destruction des enfants victimes, d'une ampleur grandissante de génération en génération en raison de l'impunité quasi totale dont bénéficient les prédateurs.

 

Le rejet systématique des preuves, des signalements, les procédures fondées sur des faux et des mensonges, leur permettent de harceler leurs victimes jusqu'au bout. Parfois, heureusement, des juges prennent des décisions cohérentes allant dans le sens de la protection des enfants, mais cela reste marginal dans ces dossiers.

 

 

La mafia judiciaire contre les droits des enfants

 

Jacques Thomet explique à quel point la "justice" ignore la loi dès qu'il s'agit de protéger les enfants victimes. La france signe des textes intéressants, comme la convention sur la protection des droits de l'enfant, mais fait exactement l'inverse de ce qu'ils préconisent. Et cela a été dit, redit et re-redit depuis 25 ans et le rapport de l'ONU de Juan Miguel Petit en 2003.

 

Le livre brosse le portrait d'une france où la pédocriminalité, dont l'inceste qui représente la très grande majorité des cas, n'est pas une priorité, et ne semble souvent même pas être un problème pour nos institutions. Y compris la police, quand les agents protègent un collègue qui viole des enfants aux Philippines et s'en prennent au lanceur d'alerte qui a permis de l'arrêter, dans les hôpitaux ou dans l'éducation nationale, dans les rangs de laquelle des prédateurs sexuels sont arrêtés régulièrement, comme le rappelle Jacques Thomet. Et tout cela n'est que l'arbre qui cache la forêt.

 

Une fois entre les mains de l'ASE, les enfants se retrouvent au milieu d'enfants fracassés, souvent livrés à eux-mêmes. Beaucoup de filles finissent dans la prostitution parce que les maquereaux tournent autour des foyers à la recherche de gamines sans repères ou abîmées. De cela aussi, l'auteur parle en évoquant divers exemples récents.

 

Tout cela est un système, et l'Etat français est clairement complice, sinon l'organisateur, de ce chaos. Le livre aborde la neutralisation de la CIIVISE (après celle du conseil de protection de l'enfance) par macron, le refus durant des années d'interdire l'utilisation du 'Syndrome d'Aliénation Parental" qui n'a aucun fondement scientifique et a été inventé par un pédocriminel ou le recours au "conflit parental" pour nier les violences sexuelles et la parole des enfants, la correctionnalisation des viols désormais jugés dans des mini cours "départementales" sans jury, pour aller plus vite (cela montre bien que pour les politiques qui ont inventé ces cours au rabais, il s'agit de mini crimes), la négation systématique de l'état de nécessité dans lequel se trouvent les mamans obligées de refuser de remettre leurs enfants aux agresseurs malgré les décisions de "justice", le sous-financement de l'aide aux victimes, etc.

 

Des affaires plus sombres comme l'affaire Olivier Duhamel, l'affaire Jean-Michel Baylet , Bétharram, montrent aussi que la pédocriminalité concerne bien toutes les couches sociales. Et puis, il y a la franc-maçonnerie et ses dérivés, qui sont des pièces du puzzle à prendre en compte. "Son courant dévie de la voie normale vers les chemins de traverse avec l’érection d’obstacles sur sa route : les pressions, l'intrigue, le favoritisme, la disparition de pièces ou les mensonges", dit au sujet de la franc-maçonnerie Jacques Thomet, qui montre comment elle apparaît en filigrane, et parfois même très clairement, dans certaines procédures, dans l'ampleur du harcèlement du parent protecteur et le sentiment d'impunité totale du prédateur.

 

Le processus implacable par lequel la justice récupère les enfants pour en faire ce qu'elle veut, en particulier quand il s'agit de les éloigner de parents protecteurs, est expliqué dans le livre depuis le "barrage police - gendarmerie" quand il s'agit de porter plainte, jusqu'à la surdité face aux alertes répétées de l'ONU en passant par les experts et le cas Paul Bensussan, les classements sans suite et les enquêtes de l'ASE. Ces différents barrages sont mis en perspective avec des cas concrets de dérives pédocriminelles dans les différents services qui interviennent tout au long des procédures.

 

Ce livre est aussi un guide des pièges auxquels doivent faire face les parents qui tentent de protéger leurs enfants malgré la "justice", à toutes les étapes de la procédure. C'est aussi un témoignage sur la dérive des institutions, mutées en une sorte de machine autoritaire, sourde et aveugle.

 

Le livre est disponible sur le site Contre Propagande.

 

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[1] En 2023 selon la CIIVISE, 72% des plaintes pour viol sur mineur étaient classées sans suite et 79% des plaintes pour agression sexuelle sur mineur. C'est ainsi qu'on a eu à peine 664 condamnations pour viol sur mineur en 2023 et moins de 3000 pour les agressions sexuelles sur mineur (chiffres du ministère de la justice).

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