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25 juin 2026

Elections truquées et contestation sociale en Amérique latine : les US reprennent le contrôle

Après 50 jours de blocage en Bolivie et des résultats de scrutins nationaux manifestement truqués par les Etats-Unis comme ils en ont l'habitude, faisons le point sur la situation en Amérique latine. Une situation explosive, où certains pays sont clivés comme jamais entre l'extrême-droite à la solde de l'impérialisme US et une gauche qui porte un projet de progrès social. 

Les élections sont truquées pour faire passer les partis alignés sur les Etats-Unis, en général à l'extrême-droite, et Trump déploie ses troupes au prétexte du nacrotrafic.

 

Alors que l'ambiance électorale en Amérique latine est très proche de celle qu'on connaît ici, où les populations écrasées par le néo libéralisme reviennent de plus en plus vers des partis de gauche qui tentent de construire un avenir collectif, pendant qu'une partie croit être anti-système en votant à l'extrême-droite, et que le centre néo-libéral ne représente plus que des baby-boomers et des actionnaires, les médias se montrent particulièrement silencieux sur la situation. C'est pour cela qu'il est important de se rendre compte de ce qu'il se passe, entre réappropriation de la politique par les populations et autoritarisme néo-libéral destructeur.

Si des présidents de gauche ont été élus il y a quelques années, c'est parce que Biden a demandé que les US cessent de truquer les élections sur le continent. C'est donc le vote des gens qui a compté, et Kazt par exemple, l'actuel président chilien d'extrême-droite, a perdu en 2021.

Je ne serais pas étonnée qu'une nouvelle Opération Condor, de traque voire même d'élimination des opposants de gauche, sur tout le continent, soit remise en place comme au bon vieux temps -pas si vieux que ça puisque la dernière était le Brésil, encore en 1986- des dictatures militaires.

Trump avait prévenu dans sa stratégie nationale de sécurité délirante : il se servira de toutes les ressources du continent et empêchera toute opposition à la domination US, en servant au passage les intérêts sionistes. Et ce ne sont pas les dirigeants-marionnettes européens qui vont l'en empêcher, comme ils l'ont déjà démontré.

Ce qu'il se passe aujourd'hui en Amérique latine n'est clairement pas le fruit du hasard. C'est une opération politique qui préfigure une opération militaire, avec le déploiement de forces armées US dans tout le continent. Le prétexte ? La lutte contre le trafic de drogue, comme à l'époque de Reagan et de sa "war on drugs" totalement bidon, puisqu'en réalité la CIA organisait le trafic de drogue à l'échelle internationale.

 

Colombie : une élection truquée en faveur de l'extrême-droite pro US

Commençons par la Colombie, où le deuxième tour des élections présidentielles opposant la gauche à l'extrême-droite s'est déroulé dans un climat très tendu, sur fond de votes achetés et de manipulation électronique des résultats.

La politique de gauche modérée qu'essayait de mener Gustavo Petro ne plaisait pas à la frange de droite et  d'extrême-droite, nombreuse dans ce pays où la guerre civile entre paramilitaires et groupes armés d'extrême-gauche se mélangeait aux narcos dans un marais de corruption politique, de la police et de l'armée. 

Dans la soirée, le candidat d'extrême droite, l'avocat petit bourgeois, sioniste et patron d'entreprise Abelardo de la Espriella [1] s'est déclaré vainqueur avec moins de 1% d'avance, en gagnant grâce au vote des colombiens installés aux Etats-Unis -où certains ont pu voter plusieurs fois. Mais le candidat de gauche Iván Cepeda, successeur du président actuel qui a toujours refusé d'obéir aux injonctions US, a annoncé qu'il contestera les résultats de plus de 30 000 bureaux de vote. 

Et les médias occidentaux, bien alignés sur Washington, se sont empressés d'annoncer sa victoire, de même qu'Israël qui l'a même félicité, alors que les contrôles sont toujours en cours. Car maintenant, ce sont "les médias" qui annoncent le vainqueur, le plus tôt possible, peu importe les preuves de fraude et les contestations qui peuvent avoir lieu.

De la Espriella est pourtant une sorte de caricature de Trump et de Milei, qui va s'en prendre à la gauche, militants, syndicats, liberté de la presse, pour engraisser encore plus les riches et mater les autres pour qu'ils soient toujours bien rentables. Ses business sont soupçonnés de servir au blanchiment d'argent et l'origine de sa fortune n'est pas claire. C'est le candidat que soutient Trump, et il a dit qu'il mettra le pays à son service, comme le font l'Argentine, le Chili et la Bolivie, gouvernés au mieux par la droite néo-libérale et autoritaire, au pire par des fascistes.

Sur Twitter, on voit passer des vidéos de militants d'extrême-droite en train d'acheter des votes en Colombie, et il y a surtout des histoires de machines à voter israéliennes, avec des intérêts français dans l'entreprise. Le président actuel, Gustavo Petro, a demandé des explications et a même dénoncé le trucage des élections par Israël. Selon lui, les adresses IP des serveurs du registre national ont été modifiées en cours de dépouillement, et les résultats des bureaux de vote ont été inscrits par des personnes extérieures aux collèges électoraux.

Des centaines de preuves d'achats de votes et de pressions sur des assesseurs ont été réunies. Dans certaines régions, des groupes paramilitaires ont empêché les gens d'aller voter. Il y aussi des bureaux de vote où plus d'électeurs ont voté Abelardo qu'il n'y avait d'électeurs inscrits, comme l'un où il a récolté plus de 1338 voix sur 220 électeurs.

Petro explique la manipulation sur Twitter et ailleurs, et il est évident qu'en Colombie comme ailleurs y compris au macronistan, les élections ont été truquées à différents niveaux. La Colombie s'est dotée d'un système centralisé pour organiser les remontées des scrutins depuis les bureaux de vote. Petro explique que des algorithmes ont été supprimés pour permettre la manipulation des résultats en modifiant les résultats des bureaux de vote.

Lors des scrutins, Petro avait appelé les avocats à venir observer les scrutins dans les bureaux de vote, et des observateurs ont été empêchés de passer par l'armée : En Antioquia, il semblerait que l'armée ait reçu l'ordre d'empêcher témoins et avocats d'accéder à la zone de surveillance des recherches. 

Dans la soirée de dimanche, de nombreuses manifestations ont éclaté dans les villes (ici à Bogota), et il semble que l'armée est venue réprimer le mouvement, notamment à Cali où des coups de feu ont été tirés. Elles ont continué ce lundi dans de nombreuses villes, mais il y a fort à parier que Trump et ses sous-fifres occidentaux seront ravis de négocier avec le facho, quel qu'en soit le prix pour les colombiens. 

De La Espriella a annoncé ce 24 juin qu'une de ses premières mesures sera d'inclure la Colombie dans le Bouclier des Amériques, une initiative du gouvernement de Donald Trump, qui autorise des opérations contre le trafic de drogue et le déploiement de troupes américaines sur le territoire des pays membres. Parallèlement, le président élu progresse déjà dans la constitution de son équipe gouvernementale.

On peut maintenant craindre le retour des groupes paramilitaires armés, de la criminalité et de la corruption qui vont avec, pendant que les opposants se feront emprisonner ou assassiner, comme il y a 20 ans. Petro, quant à lui, explique que s'il doit partir maintenant, c'est "sans le sou, mes comptes sont gelés et ma liberté de circulation est restreinte. Ma situation financière est pire qu'à mon arrivée."

 

 

Bolivie : 50 jours de blocage pour réclamer le départ du président néo-libéral

La Bolivie est en insurrection depuis le 1er mai, quand une grève générale a été déclarée contre la politique austéritaire du président, le néo-libéral Roberto Paz, élu en novembre 2025 après une longue période d'instabilité et aussi parce qu'Evo Morales, harcelé par les autorités, a été empêché de se représenter. Il a mené une politique ultra-libérale - tout pour le capital et des impôts pour les travailleurs -  avec par exemple une réforme agraire qui privatise des terres indigènes, la fin des subventions sur l'alimentation et l'autorisation pour Trump d'exploiter le lithium, ce qui a entraîné une baisse rapide du niveau de vie. Sa politique est un musée des horreurs capitaliste : Paz est un caniche de Trump qui met le pays et ses ressources à disposition des US, et la contestation est nourrie par de nombreux facteurs, les mêmes que ceux qui ont créé les Gilets Jaunes.

La contestation sociale est devenue politique. Des dizaines de routes ont été bloquées par une coalition de la centrale ouvrière (COB), des indiens et paysans, puis de la jeunesse, des enseignants, qui a commencé à s'effriter tardivement après que le leader de la COB a accepté de négocier. C'était pourtant une ligne rouge fixée par les indiens et paysans, qui exigeaient uniquement la démission de Paz.

En réponse, celui-ci a instauré l'état d'exception le 20 juin., et envoyé l'armée aider la police à casser les blocages. La pression médiatique est énorme, car les blocages ont en effet des conséquences en termes d'approvisionnements en carburants, énergies, produits médicaux et aliments. Mais au lieu de partir, Paz pousse le pays dans une situation quasi insurrectionnelle. Le Parlement a de toute manière autorisé l'armée à aider la police pour écraser le mouvement. Des leaders indigènes, paysans et syndicaux ont été arrêtés et sont retenus en otage sans jugement.

 

Pérou : fraude probable sur les votes de l'étranger pour l'extrême-droite 

Le Pérou votait aussi pour l'élection présidentielle, avec l'opposition de l'extrême-droite fujimoriste (la fille du dictateur Alberto Fujimori, soutenue par Trump et Israël, se présentait) et de la gauche modérée derrière Roberto Sanchez. La situation était très tendue, les rues de Lima étaient fermées pour empêcher des manifestations dénonçant les fraudes (comme à chaque élection où la droite gagne).

 A peine 40 000 voix séparent les deux candidats. Les résultats seront annoncé mi-juillet mais la fasciste est annoncée gagnante, là aussi grâce aux voix de l'étranger (les votes du pays ont mis la gauche en tête).

Là aussi, les accusations de fraude volent de tous les côtés. Comme en Colombie, la gauche dénonce des fraudes sur les remontées des votes de l'étranger, plus faciles à manipuler, cela "en démantelant arbitrairement et sans justification le système de sécurité logistique, informatique et diplomatique des votes des Péruviens de l'étranger lors des élections générales de 2026, violant ainsi les principes de neutralité de l'État, de légalité et d'inviolabilité des règlements". Il demande l'annulation de plus de 300 000 votes.

Des manifestations ont lieu pour dénoncer les fraudes que certains qualifient de "monumentales". Mais là encore, tout semble se passer comme si rien n'allait se passer, comme s'il fallait minimiser voire taire les irrégularités", pour acter au plus vite la victoire d'un nouveau caniche de Trump.

Les indigènes Aymara ont dit qu'ils ne reconnaitront pas l'élection de Fujimori et Roberto Sanchez vient d'annoncer le 23 juin qu'il ne le reconnaitra pas non plus.

 

Equateur : Un néolibéral pro Trump aux manettes 

Manifestation le 23 juin 2026

Né en 1987 à Miami, le président équatorien Daniel Noboa, réélu en avril 2026, préfigurait cette nouvelle vague brune qui déferle sur l'Amérique latine. Là aussi, la gauche avait contesté les résultats et demandé un recomptage des voix. Le résultat a en effet beaucoup surpris les observateurs, et il y avait des incohérences, comme 20 000 voix d'écart avec Luisa Gonzalez au premier tour, 1 million annoncées au deuxième tour.

Noboa est d'abord un fils d'un exportateur de bananes qui est le milliardaire le plus riche d'Equateur, pro US et pro Israël. Il est soutenu par Trump qu'il appelle à la rescousse face à la montée du narcotrafic et de la criminalité en général. D'ailleurs Noboa et de la Espriella (Colombie) ont annoncé qu'ils allaient collaborer dans la lutte contre le narcotrafic, ce qui permettra surtout de militariser la région, de créer de l'instabilité et de réprimer les mouvements de contestation. D'autant que Noboa est certainement impliqué dans le narcotrafic, étant actionnaire majoritaire d'une boîte d'exportation qui faisait passer de la drogue dans des conteneurs de bananes à destination de l'Italie et de la Croatie [2]. Il est aussi lié par son frère à un scandale de corruption et de détournement de millions de dollars d'essence.

Depuis mai, un couvre-feu militaire a été imposé dans la majorité des villes, au prétexte d'une forte augmentation de la criminalité, qui est pourtant la suite logique des politiques néolibérales et de la paupérisation généralisée des citoyens. La semaine dernière, un nouvel état d'exception a été déclaré pour 60 jours. Et alors que le parlement a avait voté contre l'installation de bases militaires US dans le pays, des Special Force US sont bien sur place, officiellement pour combattre le trafic de drogue.

Ce mardi 23 juin, les organisations sociales ont lancé une pétition pour la révocation du mandat de Noboa.

 

Chili : Un fils de nazi pour ravager le pays façon macron

Le Chili, où l'instabilité politique est très forte depuis 2019, a voté en mars 2026. Et qui a gagné sur fond d'accusations d'ingérence et de fraude électorale et de campagnes d'intox par des armées de trolls ? Le candidat d'extrême droite José Kast, fils de nazi émigré après la guerre et frère d'un ministre des Finances et directeur de la Banque centrale sous Pinochet. Il est maintenant occupé à détruire tous les acquis sociaux (112 programmes sociaux supprimés) et à vendre le pays à la découpe, ce qui déclenche d'importantes manifestations dans le pays depuis mars, et évidemment une répression violente. Le mouvement a repris de plus belle début juin.

C'est dans ce pays que récemment, un chien anti-drogue a sauté sur la poche de pantalon d'un gradé des forces de l'ordre lors d'une présentation officielle.

A peine élu Kast a fait une déclaration avec Trump pour annoncer l'open bar sur l'exploitation des terres rares et minéraux critiques au profit des actionnaires internationaux, quitte à expulser des communautés indigènes et des paysans. Il semble aussi faciliter l'immigration des sionistes, qui commencent à s'installer en Patagonie, où ils reprennent les mêmes comportements de bestiaux déglingués qu'en Palestine. En Argentine où Milei les a carrément invités et au Chili, la communauté Mapuche en Patagonie tire la sonnette d'alarme.

 

Mexique : La Présidente annonce des ingérences au prochain scrutin

Claudia Sheinbaum

Le Mexique est actuellement dirigé par Claudia Sheinbaum, qui a réussi à mener plusieurs politiques de gauche comme la sécurité sociale pour tous, l'augmentation du salaire minimum, la construction de logements sociaux... Elle tient à préserver une indépendance vis-à-vis des US, mais les élections sont l'année prochaine, et elle a déjà prévenu qu'il y a un très fort risque d'ingérence et de manipulation des élections, dans ce pays voisin des Etats-Unis, qui résiste comme il peut au colonialisme version Trump.

Lors de la grande opération en février 2026 contre El Mencho, le narcotrafiquant à la tête du cartel de Jalisco Nouvelle génération qui a commencé sa carrière aux Etats-Unis et a fait tomber tout le cartel, les autorités mexicaines ont dit que les armes saisies chez les narcos venaient des Etats-Unis ainsi que d'Israël. La Présidente a encore récemment demandé aux Etats-Unis d'agir sur leur territoire contre le crime organisé et le trafic d'armes vers le Mexique.

Le 1er juin Claudia Sheinbaum a dénoncé l'ingérence permanente des Etats-Unis dans la politique nationale, et Trump continue à utiliser le prétexte des cartels qui domineraient le Mexique pour faire pression, par exemple en inculpant le gouverneur de l'Etat de Sinaloa de trafic de drogue et en le condamnant à perpétuité, ou en essayant de rebaptiser le Golfe du Mexique en "golfe d'Amérique". Si ça a été le cas pendant la domination sans fin de la droite, rien ne montre des liens entre le parti de Sheinbaum et le narcotrafic.

 

Venezuela : coup d'Etat réussi

Capture de Nicolas Maduro et sa femme par les US en janvier 2026

Maduro est toujours retenu aux Etats-Unis après le coup d'Etat US, qui leur a ouvert l'accès aux ressources stratégiques semble être grandement facilité. Depuis 2002, une dizaine de coups d'Etat ont été menés par les US au Venezuela, et celui-ci a fonctionné parce que des cadres de l'Etat et des hauts gradés de l'armée ont trahi. Et parce que son entourage était vérolé, comme Delcy Rodriguez, qui était son bras droit et dirige aujourd'hui le pays, main dans la main avec Trump.

Le Venezuela qui depuis 2019 ne pouvait plus vendre son pétrole, doit maintenant le vendre en quantité aux US et s'arroger une dette de 230 milliards de dollars, pour bien mettre la tête sous l'eau de la population et l'obliger à tout vendre, comme le fait le micron chez nous. Cela représente un taux d'endettement pire que celui de la Grèce au moment de la crise de sa dette. C'est le prix pour la fin de l'embargo et des punitions iniques des US sur ce pays. 

Après l'avoir détruit, ce sont des entreprises US qui vont se gaver sur la reconstruction, comme General Electric qui vient de décrocher le contrat pour la reconstruction du réseau électrique.

 

Cuba : le pays étranglé cède à l'économie de marché

Cuba, qui vit sous embargo depuis 1962, résiste et doit donc être détruite. Le pays est aidé par des approvisionnements du Mexique et de la Colombie, notamment, mais si l'extrême-droite passe en Colombie cette aide sera stoppée.

La pression est de plus en plus forte, Trump menace carrément d'une invasion militaire, les entreprises étrangères ont toutes dû quitter l'île sous la menace de sanctions US, et Cuba manque de ressources essentielles. C'est ainsi que le président a fini par céder, ouvrant la voie à l'économie de marché et au libre-échange, à l'entrée de capitaux étrangers et privés dans les entreprises et dans l'économie en général.

Le pays a été tout simplement étranglé par les US, comme ils l'ont fait avec le Venezuela, sans que les larbins européens n'y trouvent à redire. L'autodétermination des peuples, qui ont le droit de décider de leur propre système, n'existe pas dans le monde de Trump et des rapaces capitalistes US qui veulent mettre la main le plus vite possible sur la plus grande quantité de ressources qu'ils peuvent accaparer.

 

Argentine : les néo-libéraux ravis, le peuple mange de l'âne

L'Argentine de Milei est en ruines économiquement et ne tient que grâce aux perfusions d'argent frais des Etats-Unis. Ce sioniste patenté est soutenu par Trump pour laisser le capital US mettre la main sur ses entreprises, ses services publics, et en augmentant sa dette. Certains s'extasient devant ses résultats économiques, possibles grâce à des prêts US.

Des colons sionistes s'y installent, Peter Thiel aussi apparemment. Des avions militaires US atterrissent à Ushuaïa, où la Chine développe aussi des projets autour du port notamment, sans que personne ne sache ce qu'ils font.

Pourtant, on entend parler de pénurie de viande et d'autres denrées alimentaires à cause de la spéculation -et Milei conseille de manger de l'âne, pendant que les loyers flambent à cause de la dérégulation au point que même de bons salaires ne permettent plus de vivre en ville. Idem avec le prix des médicaments, devenus inaccessibles pour beaucoup.

 

 

L'Amérique latine n'est pas seule à connaître une poussée de contestation sociale et politique. On pourrait parler des Etats-Unis où des villes entières se lèvent contre les data centers qui pullulent et demandent un débat public, de l'Albanie où les citoyens sont en train de bloquer de vastes projets immobiliers et touristiques de la clique Trump, du Portugal où les grèves et la mobilisation ont bloqué tout le pays et mis fin à un projet de régression des droits du travail.

Je pense que beaucoup en ont assez du discours selon lequel rien ne peut changer, de l'accaparement rapace d'une clique d'ultra privilégiés qui vivent sur le dos des populations et des faux politiciens de nos démocraties en toc. Le capitalisme ne peut pas durer, c'est une évidence pour ceux qui le subissent le plus, dans les continents que nous avons saignés jusqu'à présent, pour les laissés pour compte de la productivité chez nous, pour ceux qui essaient d'anticiper les catastrophes sociales, environnementales, économiques qui commencent seulement.

 

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L'Amérique latine redevient une provine américaine, comme l'est l'Europe depuis 1945. En face, la Chine étend ses routes de la soie et risque de passer à une stratégie plus offensive. Les populations d'Amérique latine, d'Afrique et d'Europe sont prises en étau entre ces deux puissances, et les droits sociaux et politiques ne comptent pour aucune de ces puissances. 

Les citoyens doivent trouver un chemin sinueux pour ne pas finir avalés par la machine de propagande et d'exploitation, probablement en le construisant pierre après pierre.

En 2027 en france, Trump et Israël diffuseront des fake news contre la gauche et au service des partis d'extrême-droite, ou atlantiste néo-libéraux. Il est évident que le schéma qui s'applique en Amérique latine s'applique aussi à nous. 

 

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[1] Avocat, il s'est fait une réputation en défendant, par ailleurs très bien, les paramilitaires d'extrême-droite qui avaient massacré des indiens et paysans, organisé le trafic de drogue avec les narcos, et corrompu des générations de politiciens qu'ils aidaient par ailleurs à mater l'opposition. 

[2] Noboa a été élu par surprise en 2023, après l'assassinat d'un candidat anticorruption. Son père s'est présenté 5 fois à l'élection présidentielle en Equateur, jusqu'en 2006.

[3] Une militante polonaise qui travaillait sur cette entreprise, Noboa Trading, et ses activités dans le trafic de droguée et le vol de terres, Monika Silva Koniuszek, a été retrouvée sans vie peu après avoir envoyé son dossier à l'ambassade US à Quito. Il n'y a même pas d'enquête puisque la mort a été classée en suicide en l'espace de 24h.

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15 juin 2026

Interview d'une maman désenfantée par la justice et les services sociaux : parcours judiciaire et conseils aux parents protecteurs

Virginie Dervieux est une maman très en colère, combative, qui dénonce avec ses moyens le système justice -aide sociale à l'enfance qui lui a littéralement volé sa fille. Dans cette interview, ce qu'elle explique peut sembler délirant mais c'est bien son parcours judiciaire. A l'époque où les autorités font mine de se réveiller sur le traitement judiciaire des violences contre les enfants, cette histoire parmi tant d'autres montre que cela ne relève pas du "dysfonctionnement" mais bien d'un système organisé pour faire taire les victime, en l'occurrence des enfants.

 

 

Virginie Dervieux se bat depuis plusieurs années pour récupérer sa fille, avec laquelle la justice a coupé tous les liens, méthodiquement, bien que rien ne soit reproché à cette maman. Son tort a probablement été de ne pas se laisser faire.

 

Dans cette interview, elle explique comment les choses se sont passées, étape après étape, pour lui retirer la garde de sa fille et la confier à son père, qu'elle connaissait à peine et dont elle dénonçait la violence physique. Il n'était pas question de violences sexuelles, mais le déroulé a été tout comme : les services sociaux se sont immédiatement rangés du côté du père, certes bon comédien, et la justice a entrepris de la punir en confiant la fillette à son père, sans autre argument que des rapports mensongers.

 

L'objectif est évident : nier la parole des enfants et des mères protectrice. Quand l'enfant parle, dénonce des violences de son père, c'est chez lui que la justice l'envoie vivre, et il comprend parfaitement le message : parler est contre productif, mieux vaut se taire sinon ce sera pire.

 

Virginie Dervieux a constaté que le système était contre elle et sa fille, et a déposé plainte contre les services sociaux de son département. Aujourd'hui, l'acharnement continue, et les mesures judiciaires se poursuivent sans rétablir les liens, très forts, entre Virginie Dervieux et sa fille.

 

Ayant décidé de se défendre seule quand c'est possible, elle a eu l'occasion d'analyser comment ce système fonctionne, et apporte des conseils utiles pour les autres parents protecteurs. Partant du constat que les enfants sont présumés menteurs et les mères protectrices sont accusées de d'être des manipulatrices, elle revendique la présomption d'innocence pour les enfants et pour les parents protecteurs. Nous en sommes bien là, beaucoup de mères embourbées dans ces procédures voient aussi que, si les droits des accusés sont scrupuleusement respectés, il y a un vide total concernant le droit des victimes.

 

1 juin 2026

Réseaux pédocriminels sectaires en Israël : le point après une commission de la Knesset et un documentaire

Haaretz

Une enquête sur les violences sexuelles contre les filles dans la vaste colonie israélienne en Cisjordanie Gush Etzion a mis au jour un réseau actif depuis plus de trente ans et des violences de type rituelles. Cela, peu après les travaux d'une commission de la Knesset sur les abus rituels organisés, en juin 2025 et février 2026. Le voile commence à peine à se lever sur ces réseaux qui semblent remonter aux plus hauts niveaux des communautés et même de l'Etat, mais l'omerta est solidement implantée.

 

 

La colonie de Goush Etzion a été fondée en 1948 sur des terres prises aux Palestiniens et regroupe 70 000 habitants sur 22 colonies -la dernière a été créée de la même manière en novembre 2025. Le 27 mai 2026, le Conseil Régional de Goush Etzion a admis et condamné publiquement l'existence de violences sexuelles systématiques et dans un cadre rituel contre les enfants, après la diffusion de l'enquête de la journaliste Roni Zinger. Un appel aux victimes a été lancé avec la promesse d'enquêtes sérieuses et de la rouverture d'enquêtes classées.

 

 

Un documentaire choc sur une communauté orthodoxe

 

Depuis des années, des accusations ont été étouffées, les victimes invisibilisées et la loi du silence est encore bien installée. J'avais abordé ce sujet il y a un an quand Shoshana Strook a témoigné sur les réseaux sociaux, pour dénoncer un réseau de pédos sectaires autour de sa famille. Des voix s'élèvent du côté des victimes, des médecins et des thérapeutes qui échangent et communiquent à ce sujet, des journalistes enquêtent, la police est forcée de faire quelque chose.

 

Israël est un pays très favorable aux pédocriminels, par exemple plus de 2152 pédos faisant l'objet d'une demande d'extradition à l'étranger y coulent des jours heureux, protégés par Netanyahou. L'omerta est la règle dans les communautés, et les plaintes sont rarement suivies de jugements, même si quelques-uns se font attraper ces dernières années.

 

Ce documentaire diffusé le 15 mai donne la parole à 5 femmes victimes de pédos organisés dans la communauté Gush Etzion. On ne sait pas s'il s'agit du même réseau pour toutes, mais ils sont probablement interconnectés, au moins par des cérémonies. Les violences ont commencé vers 3, 4 ans, et certaines avaient tout oublié pendant des années et l'une d'elle explique que si on lui avait demandé il y a dix ans comment s'était passée son enfance, elle aurait répondu qu'elle avait eu une enfance merveilleuse et une vie tout à fait banale.

 

Extrait du documentaire

Et puis ce sont des cauchemars, une dissociation, des signes corporels, qui sont arrivés soudain, ou un accouchement, qui ont déclenché la mémoire de ces traumatismes. C'est le phénomène de mémoire traumatique, expliqué par des spécialistes comme Muriel Salmona, qui est bien connu quand on travaille sur ces dossiers.

 

Depuis un ou deux ans, dizaines de femmes ont rapporté avoir subi ce genre de rituels pédos, dans tout le pays. Et c'est là que certaines ont compris qu'elles n'étaient pas folles ; que ces souvenirs étaient bien réels.

 

Généralement, les parents étaient impliqués, et certaines parlent de plusieurs membres de leur famille.  Les filles semblaient principalement ciblées pour être agressées et maltraitées. On comprend aussi que dans certains cas mes garçons étaient poussés à maltraiter les filles, certainement dans le but de reproduire le système de domination / soumission misogyne, et aussi pour mieux massacrer les palestiniens.  

 

Extrait du documentaire

Il est question de rituels / partouzes impliquant plusieurs adultes, souvent d'autres enfants, le tout avec un fond pseudo religieux complètement délirant, parfois avec des robes noires, des sortes d'incantations ou de prières, des chandelles, une mise en scène plus ou moins élaborée... Il est question de drogues injectées aux enfants, de prises de sang, de tortures physiques et psychologiques, d'avortements forcés. Des médecins étaient souvent présents pour s'assurer que l'enfant ne meure pas malgré les tortures ou bien pour les droguer., des psychiatres qui organisaient les traumas et leur conditionnement.

 

 

Ces viols étaient très souvent filmés. Le fond pseudo religieux est aussi très présent. L'une d'elles raconte qu'ils justifiaient les viols en disant que cela permettait de se connecter avec dieu et de recevoir des prophéties, et que s'ils ne le faisaient pas ce serait la fin du monde.

Certaines ont porté plaintes : les enquêtes ont été minimalistes si elles ont réellement eu lieu, et les procédures ont vite été classées "faute de preuves". On connaît le refrain.

 


Israël, terreau de réseaux pédo-cultuels 

 

Israël semble être une terre fertile pour les pervers, qui peuvent créer leur communauté et la faire vivre quasiment en autarcie. Idem dans les familles, notamment polygames, où un tyran domestique peut mette 15 personnes en esclavage pendant des années. De plus, la justice ne semble pas efficace pour enquêter sur ces affaires : on est au même niveau qu'en france, mais au moins là-bas ils ont mis en place une unité spécialisée dans la police.

 

Selon la psychiatre Inbal Brenner qui a suivi plusieurs victimes, les auteurs pouvaient aussi être "des membres de haut rang de la communauté", détenant "soit une autorité religieuse ou spirituelle respectée, comme un rabbin ou un rebbetzin, soit ils occupaient d'autres postes influents et importants, comme un juge, un enseignant ou un directeur d'école".

 

Une autre psychiatre le Dr Daphna Armon, explique : "il est important pour moi de souligner que j'ai entendu parler de médecins qui ont participé à de telles choses, qui ont délibérément fait du mal à des personnes. J'ai entendu parler d'accouchements qui ont eu lieu en secret, de toutes sortes de choses dans lesquelles l'équipe médicale était impliquée. Je me sens responsable de le souligner. Les gens essaient de transformer les abus rituels en quelque chose de politique - ce qui n'est pas le cas".

 

En janvier 2026, des parents de jeunes garçons ont dénoncé des abus rituels dans des sortes de cérémonies sectaires auprès du rabbin Yaakov Medan, qui a appelé à prendre ces révélations au sérieux et à ouvrir le débat à ce sujet. Les faits se sont produits dans une communauté sioniste.

 

Il faut aussi rappeler que Shoshana Strook, fille de la ministre des Colonies, la sioniste radicale Orit Strook [1], a dénoncé les violences sexuelles et rituelles dont elle a été victime par sa famille et son entourage depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, et l'existence d'un réseau d'agresseurs. Elle a parlé de cérémonies pédophiles organisées par son père et rabbi Tao, a dit que son père l'a prostituée à Tel Aviv à partir de ses 13 ans, de ses multiples identités. Dans la foulée, d'autres femmes avaient témoigné dans la presse, puis on n'en a plus vraiment entendu parler.

 

La justice, plus spécifiquement le juge Menachem Mizrahi, spécialisé dans l'étouffement des affaires sensibles, a interdit toute évocation publique de l'affaire en s'appuyant sur des moyens légaux douteux.

 

Son amie Yael Shitrit, elle aussi victime de ce réseau, a confirmé ses accusations, et ajouté que les agresseurs n'étaient pas des marginaux isolés mais des membres de la Knesset, des officiers, des chefs de communautés, "des gens avec du pouvoir, des fonctions, des connections. Des gens qui menacent. Des gens qui peuvent disparaître n'importe laquelle d'entre nous". Devant la Knesset, elle a expliqué avoir été victime de ce type d'abus un peu partout dans le pays, de cérémonie en cérémonie. 

 

En effet, depuis l'été 2025 plusieurs femmes âgées d'une trentaine et d'une quarantaine d'années ont témoigné devant une commission de la Knesset sur ces violences sexuelles systématique, dans un cadre pseudo religieux totalement déviant. Les faits rapportés ont eu lieu principalement dans les  communautés ultra-orthodoxes, nationalistes et religieuses de Jérusalem, Bnei Brak, Haïfa, Safed, en général avec l'implication pleine et entière des leaders "religieux" de ces communautés repliées sur elles-mêmes, fanatisées et sectaires.

 

Selon un article du 2 mars 2026 sur le site Royanews.tv , "Plusieurs victimes ont décrit des violences physiques et psychologiques extrêmes destinées à les réduire au silence, notamment des chocs électriques, l'enchaînement, l'isolement prolongé et l'enfermement dans des pièces souterraines ou obscures. 
Selon les survivants, ces sévices se sont produits dans des lieux centraux de la vie religieuse et communautaire, tels que des domiciles privés, des synagogues, des écoles religieuses et des cimetières
". Ces femmes ont aussi témoigné de pressions et de menaces qui continuent aujourd'hui de la part des agresseurs.

 

Un article du Jérusalem Post reprend plusieurs témoignages, dont celui de Yael Ariel, qui a déclaré  : "J’ai subi des abus rituels pendant de nombreuses années, jusqu’à la fin de mon adolescence, et j’ai été forcée de faire du mal à d’autres enfants. J’ai choisi de briser le silence et de faire entendre ma voix. J’ai reçu des menaces après avoir révélé mon histoire. De 5 à 20 ans, j’ai été agressée lors de ces cérémonies".

 

L'article ajoute qu'elle a dit avoir "reçu les témoignages de plusieurs femmes affirmant que des médecins, des enseignants, des policiers et d’anciens et actuels membres de la Knesset étaient impliqués dans ces abus" . Une autre a dit avoir été victime de trafic sexuel dès l'âge de 11 ans par un cousin : "À 14 ans, il m'emmenait dans des clubs sadiques. J'ai subi des tortures et la famine aux mains de personnes connues et influentes. J'ai enduré d'innombrables sévices. 


[...] Il y avait des événements publics et des cérémonies privées où j'étais attachée à un grand poteau avec des menottes. Autour de moi, d'autres victimes menottées subissaient des rituels consistant à boire du sang menstruel et à sacrifier des chats et d'autres animaux. Ils m'ont dit que personne ne me croirait si je parlais."

 

Les parlementaires ont demandé une enquête nationale indépendante sur les violences sexuelles dans les communautés religieuses fermées et veulent une évolution de la législation.

 

Shoshana Strook est morte en mars 2026 après avoir rappelé qu'elle n'était pas suicidaire et alors qu'elle venait de nommer des avocats pour relancer les poursuites.

 

C'est Orit qui a annoncé que sa fille avait été retrouvée sans vie à son domicile. Les causes du décès n'étaient pas claires mais la piste criminelle a été écartée immédiatement.  Le même juge Mozrahi a blanchi les parents après un mois.

 

Pour l'instant, quand il y a des procès, il s'agit d'agresseurs jugés isolément. Comme ce leader communautaire de Bnei Brak jugé en juillet 2025, qui s'est avéré être un indic de la police depuis 15 ans, et agressait des mineurs et des femmes depuis au moins 10 ans. Il avait même monté un groupe d'auto-défense, officiellement contre les vols, mais qui faisait probablement régner l'omerta dans le secteur. 

 

En outre, certains ont pris l'habitude de se suicider avant leur procès, comme le rabbin ultra-orthodoxe mais sioniste Yehuda Meshi-Zahav mort en 2022 après 1 an de coma dû à son suicide, qui était accusé, en plus de détournements de fonds, de viols et maltraitances sur des enfants, des femmes et des hommes. Il était très connu et très respecté dans le pays pour avoir créer une organisation de secours et venait de recevoir le "prix d'Israël", la plus haute récompense civile nationale, pour l'œuvre de sa vie. 

 

Ou comme le leader ultra-orthodoxe très médiatique Chaim Walder, accusé de dizaines de viols d'enfants et de jeunes femmes, qui s'est suicidé en décembre 2021. Le type écrivait des livres pour enfants, se targuait de les éduquer selon les principes "religieux" et a même reçu des mains de Netanyahou la médaille de "Protecteur des enfants". Comme chez nous, on observe que les pédocriminels sont aussi placés dans les milieux de la "protection de l'enfance", ce qui explique en partie, selon moi, l'ampleur des défaillances en la matière.

 

Il y a aussi eu le cas Moshe Kiviti, sorte de "juge de paix" communautaire ultra-orthodoxe, qui gardait sous le coude les plaintes pour violences sexuelles contre les enfants remontées par les habitants, pour régler cela de manière discrète. 180 affaires auraient ainsi dû être transmises à la justice en deux ans et 22 personnes ont été arrêtées avec lui.

 

Ces pratiques n'ont hélas pas lieu qu'en Israël, d'autres structures et communautés à travers le monde ont été accusées des mêmes types de faits. En Colombie, par exemple, le leader de la secte ultra-orthodoxe Lev Tahor (qui regrouperait une cinquantaine de familles et est aussi présente au Mexique) a été arrêté fin 2025 et 17 mineurs, des enfants de la secte venus du Guatemala, des Etats-Unis et du Canada, ont été retirés. 160 enfants avaient déjà été retirés à la secte au Guatemala fin 2024. Il était question de viols, de maltraitances, de grossesses forcées. Créée en 1980, la secte a été accusée de viols sur mineurs à la Knesset lors des auditions de 2025-2026. Les leaders sont en fuite depuis bien longtemps.

 


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On observe que beaucoup de "sceptiques" niant l'existence de ces violences, se font entendre. Une bonne partie doit être composée de suiveurs endoctrinés mais d'autres sont certainement des agresseurs. Le combat risque d'être rude pour faire entendre la parole des victimes, mais la boîte de Pandore est ouverte et les victimes sont à mon avis bien trop nombreuses pour enterrer à nouveau ces dossiers, ces vécus.

 

Cela m'inspire aussi une observation qui je le crains pourrait être une règle : plus des individus font la morale aux autres et cherchent à contrôler leur vie, plus eux-mêmes ont des risques d'être totalement pourris. Ils font cela pour éloigner les soupçons, et sont sans complexes d'autant plus qu'ils sont habitués depuis toujours à jouer la comédie en société. 

 

Le caractère apparemment endémique de ces violences impunies depuis toujours, dans les communautés de fanatiques, éclaire mieux le comportement absolument inhumain de nombreux sionistes contre les palestiniens, qu'ils harcèlent, frappent, violent, spolient, tuent sans le moindre scrupule. Comment en est-on arrivé là ? Ces violences n'expliquent pas tout mais elles contribuent à produire des générations de sadiques.

 

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[1] Orit Strook a épousé un étudiant auprès d'un rabbin puis le couple s'est installé illégalement dans le Sinaï (Egypte) d'abord, puis à Hébron en Palestine (Cisjordanie), et ont eu 11 enfants. De 2004 à 2012 elle a dirigé une ONG défendant les colonies illégales à Gaza. Elle est élue à la Knesset pour un parti nationaliste, religieux et sioniste. Elle fait partie de la frange la plus radicale. Elle a fermement défendu un de ses fils, qui avait quasiment massacré un gamin palestinien de 15 ans.

26 mai 2026

Plainte contre un réseau pédocriminel à Cholet : on attend des nouvelles de la justice depuis un an

Cholet - Wikimedia

Aujourd'hui, nous allons aborder une affaire complexe, celle de S., qui a porté plainte en 2025 en expliquant qu'elle avait été victime dès son enfance de ce qu'on appelle un réseau pédocriminel. Elle a cité plusieurs noms, donné des lieux, des dates, des éléments circonstanciés, des noms de témoins. Mais rien ne se passe, personne n'a été interrogé.

 

 

S. a grandi à Cholet dans une famille pour le moins dysfonctionnelle bien qu'insérée dans la société locale. Son beau-père a très vite commis des violences sexuelles sur elle, puis sa sœur. Il a amené d'autres pédocriminels et S. a été livrée à un réseau pédocriminel local.

 

Mais de tout cela, elle n'a commencé à se rappeler qu'il y a quelques années, alors qu'elle avait plus de 35 ans. Aucun souvenir de toutes ces violences n'était revenu dans sa conscience avant cela. S. pensait avoir mené une existence « normale », avoir eu des relations « normales » tout au long de sa vie, et n'a jamais eu d'enfant.

 

Mais ce décor a volé en éclats quand de premiers souvenirs de violences sexuelles sont remontés à la surface, impliquant d'abord le beau-père, puis d'autres personnes. Elle s'est rappelée de nombreuses scènes traumatisantes, elle est suivie en thérapie et sait qu'elle n'est pas folle. Elle sait aussi que ce réseau, resté totalement impuni, existe toujours, et que des mineurs sont entre leurs mains. Elle a donc décidé de déposer plainte en 2025.

 

 

Les contours d'un réseau pédocriminel

 

Ce que S. décrit a toutes les caractéristiques d'un réseau pédocriminel : les viols étaient filmés, plusieurs enfants ont été et sont probablement encore leurs victimes, plusieurs individus sont impliqués, pour certains de manière répétée. De plus, ces individus savent rester discrets et ont des connexions avec le milieu politique local.

 

Il se trouve que d'autres ont parlé du réseau pédocriminel local, notamment Véronique Liaigre, en 2001 déjà. Et elle a décrit un réseau organisé qui opérait depuis le début des années 80, avec des pratiques satanistes ritualisées ou non, y compris des meurtres d'enfants, dans la région de Cholet 1. Les enfants étaient aussi prostitués, amenés dans d'autres villes, très certainement drogués, et les viols étaient filmés, souvent ou à chaque fois. Un autre témoin parle du même réseau, au même endroit, à la même époque2.

 

Plusieurs éléments indiquent que le réseau des années 1980 et celui décrit par S., qui opérait des années 1980 jusqu'aux années 2010 au moins, ont des liens notamment en termes de protections locales. L'impunité régnant malgré les plaintes et tentatives de plaintes, il n'y a aucune raison que ces individus aient arrêté.

 

Les profils des individus décrits par S., comme par les autres témoins, sont variés, plutôt de la classe moyenne, plutôt des indépendants. Ils mènent une vie que leurs voisins trouvent certainement banale, mais organisent leur système derrière les portes closes, y compris avec des individus au-dessus de tout soupçon.

 

On reviendra plus tard sur ce réseau, à moins que soudainement l'enquête avance, et pas seulement pour tenter de démontrer que la plaignante n'est pas fiable. Il serait intéressant d'entendre les individus cités et de vérifier les éléments donnés.


 

 

A la recherche des enfants

 

Vilkasss

Il y a un aspect très complexe dans le témoignage de S. : les enfants qu'elle a eus, toujours dans le réseau. Après plusieurs années à essayer d'assembler les pièces du puzzle, S. a compris plusieurs choses très troublantes, mais qui reposent sur une série de faits, de souvenirs, de détails recoupés, qui ne peuvent pas être liés au hasard.

 

S. s'est rappelée, sans le vouloir, de plusieurs accouchements depuis son adolescence. Elle ne se rappelait d'aucun et pensait n'avoir jamais eu d'enfants, jusqu'à ce que les souvenirs traumatiques commencent à revenir. Je tiens à préciser qu'il est très courant que des gens qui ont subi des taumatismes aussi graves et répétés dès la petite enfance oublient totalement ce qu'ils ont subi jusqu'à 35, 40 ans parfois. Certains n'oublient jamais tout, quand ils ont pu être coupés de ce milieu assez tôt, mais à ma connaissance la plupart connaissent l'amnésie traumatique, qui est un réflexe de survie.

 

Concernant les violences sexuelles, S. s'est rappelée de nombreuses scènes, a identifié et reconnu des lieux dans lesquels elle pensait n'être jamais allée, des personnes qu'elle pensait ne pas connaître. Quand des enfants devaient naître à l'intérieur de ce réseau, ils étaient soit tués, soit abandonnés. S. a donc cherché à retrouvé leur trace, et différents éléments lui ont permis de probablement identifier plusieurs d'entre eux.

 

Cela peut sembler incroyable, je m'en rends compte. Mais j'ai déjà diffusé le témoignage d'une femme très courageuse, qui elle aussi avait eu plusieurs enfants à la suite de viols dans le réseau om elle a été mise dès l'enfance, et avait réussi à prendre contact avec certains d'entre eux, devenus adultes. J'espère qu'elle a pu retrouver les autres. Et la plupart des survivantes de ce type de réseau auxquelles j'ai pu parler ont aussi été enceintes, les enfants étant souvent tués très rapidement lors de rituels, ou parfois disparaissaient sans qu'elle sachent ce qu'ils sont devenus. Ces pratiques sont courantes dans ce système de tarés.

 

 

Appel à témoins

 

Je me joins à S. pour lancer un appel à des témoins, à d'autres victimes d'un réseau organisé de pédocriminels dans la région.

 

Nous reviendrons prochainement sur l'histoire de S. et ses recherches.

 

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1Malgré des accusations étayées, seuls les parents de Véronique et de ses sœurs, qui ont aussi subi les violences de réseau, ont été condamnés (16 ans pour la mère, 12 ans pour le père).

2Entretien réalisé le 17 mai 2016.

19 mai 2026

Le Pizzagate avant l'heure : Madison Clares, lanceuse d'alerte sur l'affaire CyberSlice décédée prématurément

Je publie aujourd'hui cet article sur une affaire quasi inconnue, qui est assez similaire au Pizzagate. En résumé, le tout premier site de livraisons de pizzas aux Etats-Unis était la vitrine d'un réseau pédocriminel. Je l'avais commencé il y a un moment et souhaitais creuser davantage, mais Madison Clares, une femme qui dénonce depuis plusieurs années l'exploitation sexuelle des enfants dans ce réseau, est décédée le 10 avril 2026, et je tenais à publier ce que j'ai compris de cette affaire.

 

 

Madison Clares expliquait que son père a créé dans les années 90 le précurseur du système du Pizzagate, une boîte de préparation de pizzas à aller chercher en restaurant, puis de livraison de pizzas appelée CyberSlice. 

 

 

Une start-up soutenue au plus haut niveau

 

Madison Clares disait que l'entreprise CyberSlice a été créée par son père Bryan Cupps en 1996 à Seattle avec Jim Brimhall et Tim Glass entre autres. Bryan Cupps était le vice-président de la Technologie, Tim Glass était le PDG et Steve Green était le gestionnaire.

 

La particularité de CyberSlice était de proposer la vente en ligne de pizzas, à une époque où quasiment personne n'avait d'ordinateur personnel, ce qui était pour le moins précurseur. Mais, l'entreprise a bénéficié de gros soutiens, comme celui de Steve Jobs.

 

Madison Clares est née en 1999. Elle a rompu avec sa famille en 2021 parce qu’elle ne supportait plus de se réveiller le matin en sachant qu’il l’avait violée (elle était manifestement droguée). Sa sœur jumelle a signalé les faits d’inceste à la police vers 2013 mais elle a été envoyée dans une institution psychiatrique [1] jusqu’à ce qu’elle se rétracte, elle est donc retournée dire à la police qu’en fait il ne s’agissait pas de son père mais de quelqu’un d’autre. 

 

Pour éviter une enquête des services sociaux qui interrogeaient les voisins en 2017, Madison disait que son père avait même tué une voisine, morte par pendaison le lendemain d’une discussion qu'il a eue avec sa mère et dans laquelle il parlait d’assassiner quelqu’un. Elle a dit cela à la police mais évidemment rien ne s’est passé.

 

Madison Clares disait que sa mère a tenté de quitter son père quand elle avait 7 ans en raison des violences répétées, mais qu’elle a du renoncer en constatant que les services sociaux le protégeaient. Un jour, elle les a déposées avec sa sœur dans un foyer en leur disant qu’elle revenait les chercher le lendemain, mais au dernier moment elle a aperçu là une femme qu’elle a reconnue comme étant de l’entourage du père de Madison et elle les a reprises avec elle. Elle a encore essayé de partir, avec un ami qui a fini par être tué, et après cela, Madison explique que sa mère a abandonné toute idée de partir, qu'elle avait cessé de lutter, qu’elle était absente.

 

Elle parlait publiquement parce qu’elle voulait que son frère qui a 13 ans, qui n’est pas scolarisé et ne sort pratiquement jamais, soit mis à l'abri et retiré à la garde de leurs parents, et aussi parce que son père a menacé de nombreuses fois de la tuer, et la seule chose qui le retenait était qu’elle avait "parlé à trop de monde", selon ses mots.

 

D'après Emma Katherine, qui avait interviewé Madison Clares sur sa chaîne, les circonstances de son décès sont "mystérieuses" et avait prévenu qu'elle n'avait pas l'intention de se suicider. Elle expliquait depuis un moment que le réseau des pizzas était connecté à celui du show-biz, et donnait des noms comme celui de P Diddy.

 

 

Madison Clares a toujours maintenu ses accusations

 

Madison explique qu’elle avait quasiment tout oublié de son enfance et que les souvenirs commencent seulement à revenir. Quand sa sœur a signalé les faits d’inceste aux services sociaux, Madison ne s’en rappelait pas alors que cela n’avait cessé que deux ans plus tôt (pour recommencer par la suite).

 

 

La famille et l'entreprise ont déménagé en Californie à la fin des années 90. C'est en Claifornie à Redwood City que se trouvait l'entreprise de Steve Jobs NeXT : c’est Steve Jobs qui a fourni des ordinateurs, développé l'interface et la technologie et a financé Cyber Slice. En effet, en 1996 c'est lui qui a inauguré le système de commande en ligne en passant la première commande sur le site de CyberSlice depuis son QG de Redwood City. Depuis, l'industrie US de la pizza le vénère pour avoir révolutionné le secteur, et c'était le début du e-commerce. 

 

Selon une collaboratrice de Steve Jobs, "il a vraiment soutenu personnellement CyberSlice", car il "pensait que CyberSlice était l'entreprise idéale pour mettre en valeur la technologie… Steve aimait présenter des technologies accessibles à tous". 

 

Le système était doublé : il y avait les pizzas commandées dans des pizzerias a proximité du domicilié et les enfants, livrés dans un réseau de pizzerias à travers le pays en l'espace de 3 jours maximum. Madison Clares dit qu'il y avait des codes : pizza pour les fillettes, Coca-Cola pour cocaïne, ou des codes pour des actes sexuels spécifiques par exemple olives pour sodomie. Il était possible de commander pour des événements à venir.

 

Certains clients recevaient régulièrement une sorte de magazine dans lequel les lieux de certains événements étaient annoncés, et qui donnaient des informations permettant d'avoir accès à certains « Vendeurs de pizzas » à proximité. Madison Clares expliquait que "si tu commandais plus plus 100 $ de pizzas, tu devais parler à un manager et on te donnait un nouveau numéro de téléphone". Des photos d’elle et sa sœur ont aussi été mises dans ce magazine, pour "appâter les clients".

 

En 1998, CyberSlice avait un réseau de 10 000 restaurants. Un nouveau PDG, ancien directeur exécutif de Disney dénommé Rich Frank, est arrivé en 1999 alors que l'entreprise perdait toujours de l'argent, et a renommé l'entreprise Food.com en diversifiant à l'ensemble des plats.

 

Son père était franc-maçon et disait travailler pour la CIA, en tout cas selon Madison Clares il avait des liens avec la CIA. Il prenait des drogues, était violent, il l'a violée ainsi que sa sœur jumelle, filmait les actes et avait de la pédopornographie dans son ordinateur. Il parlait souvent des extra-terrestres auxquels il croyait fermement et détenait à ce sujet de nombreuses informations. Il lui disait par exemple que les voyages dans le temps sont une réalité, et semblait savoir certaines choses qui allaient se produire dans le futur, raconte Madison Clares. Il s'intéressait à l'occultisme et avait un papillon Monarque (Monarch) tatouée dans l’épaule.

 

Elle se demande s’il n’est pas lui-même victime d’une programmation de la CIA. Il lui avait aussi dit de ne jamais vendre son âme au diable parce qu’après il n’est pas possible d’en sortir. 

 

Après la vente forcée de l'entreprise en 2007 à Warner Bros, Madison Clares disait qu'il n'a plus trouvé de travail pendant 3 ans. Elle précise que sa famille a un lien généalogique avec la famille fondatrice des studios Warner [2].

 

CyberSlice est devenue CyberMeals puis a été revendue à Food.com (marque déposée en 1999), qui appartient à la chaine de télé Discovery, fusionnée en 2021 avec Warner Brothers. Elle a eu de gros investisseurs, par exemple en 2002 le site mentionnait Accel Partners, Tribune Ventures, Clear Channel, Kraft Foods. Madison dit que McDonalds et Disney ont aussi soutenu financièrement CyberSlice.

 

Madison a contacté le FBI pour raconter tout cela mais personne ne l’a rappelée. La police de Las Vegas, où elle a déposé une plainte, a clos le dossier en juin 2024. Elle dit dans une interview par Kristen Bitting que sa mère s’est vantée d’avoir une notice rouge avec le père de Madison, ce qui bloquerait toute investigation à leur sujet.

Autour de cette entreprise, il y avait aussi le duo Clinton (Bill a été élu président en 1996) et Bill Gates, dont elle dit qu’il était un très gros client de CyberSlice, à tel point que "Quand il [son père] a perdu Bill Gates il a perdu CyberSlice". En fait, à ce moment le dark-web apparaissait plus sûr pour le trafic d’enfants.

 

Dans le couple Clinton, elle expliquait que c'est Hillary qui tire les ficelles, et son père qui la traitait de "démon" en avait d’ailleurs peur. Madison ajoute qu’elle sacrifie des enfants- ce que disent plusieurs autres survivants comme Cathy O'Brien [3]. Elle expliquait que Bill est un pervers qui agresse les enfants et qui l'a violée, ce qui a fait dire à son père alors qu'elle avait 5 ou 6 ans qu'elle avait de la chance parce que si elle avait été envoyée avec Hillary, elle lui aurait coupé les parties génitales parce que ça lui donne plus de plaisir et qu’elle aime faire ça aux enfants.

 

Quant à Steve Jobs, Madison a d'abord dit qu'elle ne se rappelait d’aucune agression de sa part, mais qu’elle a du mal à imaginer qu’il ignorait tout du trafic derrière Cyber Slice. Par contre elle se souvenait d’une scène où elle avait environ 4 ans, où Tim Glass et son père lui ont dit d’aller faire pipi devant eux et se sont masturbés. Plus tard, elle a dit dans une vidéo : "Mon père, Bryan Cupps, m'a fait prostituer auprès de Steve Jobs entre l'âge de 4 et 7 ans, par le biais de sa société CyberSlice. Je suçais mon pouce pour empêcher mon père et ses amis de me mettre leurs "vous savez quoi" dans la bouche…" Les deux ne sont pas contradictoires, les souvenirs traumatiques se précisent hélas souvent au fil du temps.

 

Madison Clare a dit que son père utilisait les vidéos qu'il faisait d'elle et de sa sœur pour attirer des clients. Mais certains l'auraient fait chanter avec cela parce qu'ils voulaient qu'il leur amène des snuffs, c'est-à-dire des vidéos dans lesquelles des enfants sont tués.

 

Elle se rappelle d'avoir entendu son père parler d'un Projet Caméléon, et dire qu'il touchait de l'argent de la CIA pour violer ses filles. Au moment du Pizzagate, qui selon elle est une opération psychologique, elle a été internée de force : "C’est sorti en novembre 2016, ils venaient de m’envoyer en hôpital psychiatrique parce que je parlais des bébés qu’il avait tués et des bébés morts qu’il avait dans son garage. Je disais ça aux gens". Et Madison précise qu'il pouvait aussi planquer ces bébés chez lui pour rendre service à d’autres.

 

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Cette histoire peut avoir l’air délirante, d’ailleurs Madison le disait : "Je comprends pourquoi les gens n’y croient pas, parce que c’est vraiment difficile à admettre", mais hélas à force d'entendre parler de ce système, ce témoignage n'est pas délirant, et l'organigramme du réseau n'est pas surprenant. Il reste des zones d'ombre sur l'organisation concrète de ce trafic via le site de pizzas, il faut maintenant creuser les pistes données par Madison Clares. 

 

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[1] Cet institut à Gilroy en Californie, a fermé depuis, et a connu des accusations de violences sexuelles contre des enfants..

[2] Ce sont les quatre frères Wonskolaser, immigrés Juifs polonais de Russie, qui ont créé les Warner Bros studios à Hollywood en 1918 et  la société de production Warner Bros Pictures en 1923. En 1927 Warner Bros a échappé à la faillite grâce au succès du premier film au son synchronisé, Le Chanteur de Jazz. Elle a aussi produit le premier film tout en couleur en 1929.

[3] Voir son livre "Thanks for the Memories: The Truth Has Set Me Free! the Memoirs of Bob Hope's and Henry Kissinger'S mind-Controlled Slave", paru en 1999. Elle écrit qu'elle et sa fille ont été prostituées auprès de Bill Clinton dès 1992, et qu'elle a servi ensuite à lui amener des messages.

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8 mai 2026

Inceste et chemin de croix judiciaire : interview d'une maman protectrice

Revenons sur une affaire dont nous avions parlé il y a quelques années de cela. Le temps passe, mais la "justice" est toujours aussi défaillante, voire structurellement toxique pour les victimes de violences sexuelles. Nous l'avions appelée Emma, elle avait 8 ou 9 ans à l'époque, et n'arrivait pas à se faire entendre de la justice qui l'obligeait à voir son père agresseur. Sa maman n'arrivait pas non plus à se faire entendre. Aujourd'hui, celle-ci a rejoint le collectif des 500 mamans, elle a témoigné devant la commission d'enquête sur l'inceste, et revient dans une interview sur son parcours face à cette institution plus soucieuse de protéger les agresseurs que leurs victimes. 

 


Difficile de retracer la suite des procédures sans perdre tout le monde : c'est l'objectif, même les parents protecteurs et les victimes s'y perdent, et pendant que les avocats et experts touchent leurs honoraires, parents et victimes s'enlisent, d'enquêtes sociales en jugements délirants. 

 

 

Une "justice" sourde et aveugle

Tout a commencé en 2016, trois ans après le divorce des parents. Emma, alors âgée de 5 ans, allait chez son père un week-end sur deux et a commencé à décrire des attouchements réguliers commis par le père un jour où elle refusait de s'y rendre. Des signaux auraient pu amener à s'interroger davantage, mais en général les violences sexuelles sont la dernière chose à laquelle pensent les proches : il y avait des troubles du sommeil, de l'anxiété, des difficultés comportementales à l'école, des violences physiques étaient apparues. 

 

La maman, Anne, a porté plainte, un signalement médical a été réalisé auprès du procureur, mais comme un non-lieu a été rendu et qu'un juge aux affaires familiales avait décidé de "la reprise du lien avec son père", elle a donc porté plainte avec constitution de partie civile en 2019. La fillette a parlé à plus d'une dizaine de personnes : tout le monde a tenté d'agir sauf la "justice". 

 

Ce qu'elle a connu n'est pas une succession de "dysfonctionnements" comme on aimerait le penser : c'est le fruit d'un processus évident destiné à nier la réalité des violences sexuelles, ce qui implique de nier la parole des victimes et les victimes elles-mêmes. 


Faisons un point sur ce qu'il s'est passé depuis 2019, et sur le parcours judiciaire, aussi surréaliste que banal hélas, de cette maman et ses enfants, tous victimes de la violence physique et psychologique de leur père, qui réclamait la garde alternée. Car la situation n'a fait que s'aggraver : le droit n'est plus appliqué qu'occasionnellement par les tribunaux, code de procédure compris. On se demande même à quoi servent les épais bouquins qu'on fait lire aux étudiants en droit, peut-être à caler les armoires. En attendant, des dizaines de milliers d'enfants victimes d'un père agresseur, et des dizaines de milliers de parents protecteurs sont passés par la broyeuse judiciaire. 

 

La lettre d'Emma :

 

Emma a envoyé une lettre que je publie ici:

 

"Etant petite, j'ai subi de multiples attouchements de la part de mon "père". Mes parents sont divorcés depuis mes 1 an et demi et j'allais donc chez mon père un week-end sur deux du coup, évidemment tout se passait chez lui, ça commençait sous la douche, quand il m'habillait puis dans mon sommeil en pleine nuit.


Puisque j'étais toute petite et remplie d'innocence, j'ai commencé à en parler à mon 3e grand frère puis ensuite à ma maman, c'est là que j'ai commencé à comprendre que c'était pas quelque chose de normal et d'anodin de vivre ça.

 

On est donc allées à la gendarmerie afin de porter plainte, arrivées là-bas ma maman explique donc la raison de notre venue et les gendarmes ont dit exactement, je cite : "la petite là, on l'écoute pas".  On est parties sans pouvoir porter plainte du coup. Puis récemment, je suis allée à la cour d'appel de Rennes accompagnée de ma mère pour la même raison depuis des années, et c'est vrai que c'est jamais agréable d'aller là-bas, mais là ça l'était encore moins car je me suis pris des regards comme si c'était moi qui étais accusée alors que pas du tout, et on m'a aussi empêchée de parler encore une fois. 

 

Ca a été super compliqué honnêtement. Déjà que t'as vécu des choses que personne devrait vivre, en plus de ça tu es traitée comme une moins que rien. Et même en dehors de ça, tellement personne ne veut m'écouter et certaines personnes ne me croient pas, je commençais à douter de mon vécu alors qu'il n'y a pas à douter de cela, je sais plus que personne ce que j'ai vu, ressenti etc.

 

Puis après tu as plein de conséquences à combattre comme t'en avais pas eu assez tel que la prise de poids extrême, des troubles du sommeil, des cauchemars, le dégoût envers tous les hommes, le manque d'affection paternelle, les pleurs et l'angoisse de retourner là-bas, un manque de confiance en soi énorme, ne pas faire les cadeaux des fêtes des pères en primaire, devoir accepter que tu n'auras jamais de papa gentil, etc."

 

 

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Anne, qui n'a jamais baissé les bras et a toujours cherché à se faire entendre comme ses enfants par une institution conçue pour protéger le système et donc les agresseurs, s'est impliquée dans un collectif avec d'autres mamans, et chercher à faire bouger les choses. Nous allons revoir avec elle où en est la procédure aujourd'hui, sur son combat pour faire changer les choses, et sur la commission d'enquête sur l'inceste devant laquelle elle a témoigné.

2 mai 2026

Note de lecture - Les prédateurs : Enquête sur un rapt de 80 000 enfants, de Jacques Thomet

Chacun connaît aujourd'hui le désastre de la "protection de l'enfance", le sous-investissement, les besoins croissants auxquels l'Etat ne répond plus. Ce qui est moins connu, c'est qu'en même temps les placements abusifs, ceux d'enfants qui ne sont pas en danger, représentent de la moitié des 150 000 mesures de placements annuelles, en foyer ou famille d'accueil. Le journaliste Jacques Thomet consacre un ouvrage à cette "véritable rafle légale d'enfants" : Les prédateurs : Enquête sur un rapt de 80 000 enfants. L'interview réalisée le 1er mai 2026 est disponible.

 

Jacques Thomet travaille depuis des années sur le sujet de la pédocriminalité, et a accompagné plusieurs mères qui cherchent à protéger leur enfant victime d'inceste dans leur combat judiciaire.

Il a observé ce schéma que j'ai aussi dénoncé ici : 

  1. Le parent (en général la maman) constate que son enfant a été violé par son géniteur.
  2. Elle porte plainte.
  3. Le pédo nie, la plainte est classée sans suite.
  4. La maman étant considérée comme une menteuse manipulatrice toxique, l'aide sociale à l'enfance intervient, l'enfant est placé en foyer ou directement chez le pédo.

Jacques Thomet, moi, tous ceux qui suivent ces dossiers observent ce même schéma qui se répète sans fin, d'autant que le nombre de condamnations pour viol sur mineur chaque année est dérisoire, sans rapport avec les plaintes [1]. Ce n'est pas du délire, c'est la réalité de nos tribunaux.

Là, un nouveau combat démarre : récupérer des droits de visite, et même la garde de son enfant. Ce combat durera des années, coûtera des dizaines de milliers d'euros, et sera vain dans la plupart des cas. C'est ce qui m'a amenée à dénoncer une industrie du placement, car tout cela est aussi une question d'argent.

La situation est telle que "Cinq années d’investigations sur les dossiers judiciaires de ces mères "désenfantées" me conduiraient presque à dire aux prochaines victimes : ne portez pas plainte, vous ignorez le piège qui va se refermer sur vous ! Mais ce serait ouvrir la voie à une pédocriminalité débridée contre votre petit et au profit des prédateurs", écrit Jacques Thomet.

 

1 enfant placé sur 2 est victime du système

L'auteur rappelle les estimations : un placement sur deux est abusif, soit 60 à 80 000 mesures de placement par an. Mais derrière ces chiffres, il y a des vies brisées : celle de l'enfant, victime non reconnue, forcée au silence et souvent envoyée vivre chez son agresseur, celle de la maman qui est impuissante à protéger son enfant, celle des frères et sœurs, des grands-parents. C'est comme si la vie était soudain en suspens, conditionnée au bon vouloir d'une institution qui protège si bien les agresseurs et si mal leurs victimes.

 

Jacques Thomet raconte ce qu'il est arrivé à plusieurs de ces mamans et à leurs enfants, comme Abélard, embarqué par l''Aide Sociale à l'Enfance" (ASE) à 3 ans en clase de maternelle pour être placé d'abord en foyer puis chez son père. Pourtant, les médecins avaient constaté une "fissure anale" au retour d'une visite chez son père, la maman a porté plainte, l'enfant montrait clairement des signes de traumatisme, mais tout cela, pour ma justice française, ne vaut rien face aux dénégations d'un prédateur. C'est la maman qui sera accusée et harcelée, et plus elle se démènera moins elle verra son fils.

 

Ce système comprend des enquêtes minimalistes, sans prises de sang, IRM, examen approfondi, et encore sans expertise d'un spécialiste de la victimologie des enfants, sans perquisitions chez les mis en cause, des expertises totalement à charge contre le parent protecteur, qui prennent pour argent comptant les mensonges du prédateur, des avocats défaillants, des médecins timorés, des accusations d'"aliénation parentale", des auditions des mineurs réalisées hors du cadre défini, etc. Les parents protecteurs sont poursuivis et condamnés pour non représentation d'enfant ou même enlèvement au bout de quelques jours, et beaucoup de mamans font de la prison ferme pour cette raison.

 

Il s'agit de mamans embarquées dans des procédures sans fin et ruineuses, forcées par la justice à laisser de côté les violences sexuelles, qui cumulent harcèlement des services sociaux, de l'administration, de la justice, de la police, qui finissent souvent par perdre l'autorité parentale et sont parfois forcées de quitter le pays. Ce scénario délirant est pourtant la réalité de milliers de parents protecteurs chaque année.

 

Les enfants, eux, sont en détresse. Ils retiennent qu'il faut se taire, que personne ne les aidera. Certains ne voient plus d'autre porte de sortie que de mettre fin à leurs jours, comme Audrey dont le parcours judiciaire est relaté dans le livre : la justice a été maltraitante en classant sans suite les plaintes de sa mère il y a des années, elle l'était encore quand, une fois adulte, elle a refusé d'instruire sa plainte.

 

Toutes les victimes subissent des conséquences sur le long terme. Le coût individuel et le coût social de l'inceste et des violences sexuelles contre les mineurs sont énormes, et Jacques Thomet parle de "pédocide" pour désigner cette destruction des enfants victimes, d'une ampleur grandissante de génération en génération en raison de l'impunité quasi totale dont bénéficient les prédateurs.

 

Le rejet systématique des preuves, des signalements, les procédures fondées sur des faux et des mensonges, leur permettent de harceler leurs victimes jusqu'au bout. Parfois, heureusement, des juges prennent des décisions cohérentes allant dans le sens de la protection des enfants, mais cela reste marginal dans ces dossiers.

 

 

La mafia judiciaire contre les droits des enfants

 

Jacques Thomet explique à quel point la "justice" ignore la loi dès qu'il s'agit de protéger les enfants victimes. La france signe des textes intéressants, comme la convention sur la protection des droits de l'enfant, mais fait exactement l'inverse de ce qu'ils préconisent. Et cela a été dit, redit et re-redit depuis 25 ans et le rapport de l'ONU de Juan Miguel Petit en 2003.

 

Le livre brosse le portrait d'une france où la pédocriminalité, dont l'inceste qui représente la très grande majorité des cas, n'est pas une priorité, et ne semble souvent même pas être un problème pour nos institutions. Y compris la police, quand les agents protègent un collègue qui viole des enfants aux Philippines et s'en prennent au lanceur d'alerte qui a permis de l'arrêter, dans les hôpitaux ou dans l'éducation nationale, dans les rangs de laquelle des prédateurs sexuels sont arrêtés régulièrement, comme le rappelle Jacques Thomet. Et tout cela n'est que l'arbre qui cache la forêt.

 

Une fois entre les mains de l'ASE, les enfants se retrouvent au milieu d'enfants fracassés, souvent livrés à eux-mêmes. Beaucoup de filles finissent dans la prostitution parce que les maquereaux tournent autour des foyers à la recherche de gamines sans repères ou abîmées. De cela aussi, l'auteur parle en évoquant divers exemples récents.

 

Tout cela est un système, et l'Etat français est clairement complice, sinon l'organisateur, de ce chaos. Le livre aborde la neutralisation de la CIIVISE (après celle du conseil de protection de l'enfance) par macron, le refus durant des années d'interdire l'utilisation du 'Syndrome d'Aliénation Parental" qui n'a aucun fondement scientifique et a été inventé par un pédocriminel ou le recours au "conflit parental" pour nier les violences sexuelles et la parole des enfants, la correctionnalisation des viols désormais jugés dans des mini cours "départementales" sans jury, pour aller plus vite (cela montre bien que pour les politiques qui ont inventé ces cours au rabais, il s'agit de mini crimes), la négation systématique de l'état de nécessité dans lequel se trouvent les mamans obligées de refuser de remettre leurs enfants aux agresseurs malgré les décisions de "justice", le sous-financement de l'aide aux victimes, etc.

 

Des affaires plus sombres comme l'affaire Olivier Duhamel, l'affaire Jean-Michel Baylet , Bétharram, montrent aussi que la pédocriminalité concerne bien toutes les couches sociales. Et puis, il y a la franc-maçonnerie et ses dérivés, qui sont des pièces du puzzle à prendre en compte. "Son courant dévie de la voie normale vers les chemins de traverse avec l’érection d’obstacles sur sa route : les pressions, l'intrigue, le favoritisme, la disparition de pièces ou les mensonges", dit au sujet de la franc-maçonnerie Jacques Thomet, qui montre comment elle apparaît en filigrane, et parfois même très clairement, dans certaines procédures, dans l'ampleur du harcèlement du parent protecteur et le sentiment d'impunité totale du prédateur.

 

Le processus implacable par lequel la justice récupère les enfants pour en faire ce qu'elle veut, en particulier quand il s'agit de les éloigner de parents protecteurs, est expliqué dans le livre depuis le "barrage police - gendarmerie" quand il s'agit de porter plainte, jusqu'à la surdité face aux alertes répétées de l'ONU en passant par les experts et le cas Paul Bensussan, les classements sans suite et les enquêtes de l'ASE. Ces différents barrages sont mis en perspective avec des cas concrets de dérives pédocriminelles dans les différents services qui interviennent tout au long des procédures.

 

Ce livre est aussi un guide des pièges auxquels doivent faire face les parents qui tentent de protéger leurs enfants malgré la "justice", à toutes les étapes de la procédure. C'est aussi un témoignage sur la dérive des institutions, mutées en une sorte de machine autoritaire, sourde et aveugle.

 

Le livre est disponible sur le site Contre Propagande.

 

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[1] En 2023 selon la CIIVISE, 72% des plaintes pour viol sur mineur étaient classées sans suite et 79% des plaintes pour agression sexuelle sur mineur. C'est ainsi qu'on a eu à peine 664 condamnations pour viol sur mineur en 2023 et moins de 3000 pour les agressions sexuelles sur mineur (chiffres du ministère de la justice).

27 avril 2026

Le réseau pédocriminel et le contrôle mental, des nazis aux Américains : éclairage à partir d'un témoignage

 

Dans son blog, Anneke Lucas, survivante du réseau pédocriminel belge puis du réseau international, a parlé plus précisément des expériences de manipulation mentale qu'elle a subies en Allemagne, à Heidelberg, un haut lieu nazi. En tirant les ficelles, on revient sur les expériences MK-Ultra, l'influence de la fondation Rockefeller, les théories eugénistes, le Planning Familial.

 

 


Nous avons déjà parlé du parcours d'Anneke Lucas, lanceuse d'alerte depuis plus de dix ans [1], notamment son parcours de guérison. Et cela  comprend la nécessité de révéler ce qu'elle se rappelle avoir vécu de ses 6 ans jusqu'à ses 11 ans,  quand elle a été exploitée par le réseau belge d'abord (c'est-à-dire le même réseau que celui dans lequel Marc Dutroux a été actif plus d'une dizaine d'années après, découvert et étouffé 25 ans après les faits relatés par Anneke Lucas), puis par le réseau international.

 

Le blog d'Anneke Lucas.

 

J'en ai parlé il y a quelque temps : ces réseaux pédocriminels et satanistes fonctionnent sous une forme pyramidale. Même s'ils ne sont pas clairement organisés, il y a en France comme en Belgique, par exemple, un groupe pédocriminel et sataniste qui réunit des personnages "puissants", par l'argent, par leur rôle politique ou religieux, par leur naissance, ou parce qu'ils étaient des célébrités. On observe que certains enfants "remontent", pour ainsi dire, du réseau local dans lequel ils sont d'abord exploités, vers le réseau national, où ils sont en contact avec le gratin.


C'est ce qu'on comprend en écoutant Anneke Lucas et d'autres témoins européens de ces horreurs. Pour Anneke Lucas, qui parle d'un vaste réseau international, "ce réseau est un amalgame de psychopathes et de leurs sbires qui cherchent, dans leur besoin infantile, à obtenir un contrôle maximal sur tout, y compris à l’intérieur de leurs propres rangs et bien sûr à l’extérieur". Elle explique, comme d'autres survivants, que ce réseau est aussi nazi : beaucoup sont nés dans des familles de nazis, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie, et l'idéologie sous-jacente est clairement nazie.

 


Programmation mentale en Allemagne

 

A l'âge de 9 ans, Anneke Lucas a été repérée par des individus puissants du réseau international, notamment un américain qu'elle a cité récemment dans une interview, David Rockefeller. Il avait un projet pour elle : en faire une enfant star ultra sexualisée, avec plusieurs objectifs :

 

  • En faire un étendard de la sexualisation des enfants, un programme que les satanistes cherchent à dérouler depuis des années parce que c'est leur modèle à eux.
  • En faire en même temps une enfant prostituée qui irait récupérer des informations auprès des puissants de ce monde.
  • Récupérer de l'agent.

 

La programmation mentale dont parle Anneke dans un post de blog d'octobre 2024 a eu lieu durant un mois quand elle avait 9 ans à l'été 1972, dans le sous-sol d'une villa à Heidelberg (pas très loin des frontières française et luxembourgeoise). D'autres enfants étaient présents pour y subir le même genre de contrôle mental. 

 

Pour Anneke Lucas, cet entraînement consistait à la former, la programmer pour devenir une parfaite "esclave sexuelle d'élite", capable de détecter les penchants sexuels des hommes et leurs faiblesses en observant leur visage, de les faire parler pour récolter des informations. C'est un entraînement de type MK-Ultra, qui ressemble à ceux dont parlent des survivants aux Etats-Unis. Les individus ciblés avaient, dans ce milieu, des penchants sadiques, certains allant jusqu'à massacrer les enfants qui étaient leurs victimes.

 

Annke Lucas raconte une session lors de laquelle on lui a demandé de se concentrer sur la photo d'un homme, pour faire fonctionner son intuition. Elle écrit : "De plus amples informations ont commencé à filtrer. L’entraînement des semaines précédentes avait aiguisé mes connaissances d’observation et d’intuition. Cet homme de la photo avait dépassé son apogée, mais de justesse. Il avait très peur de devenir insignifiant. Il voulait vraiment appartenir au club le plus secret du pouvoir mondial, mais pendant ses années de gloire, pas si loin derrière lui, il n’avait pas été assez impitoyable pour obtenir une position solide au sein du réseau. Il ne recevait plus d’invitations comme avant.

 

On m’a ordonné de me concentrer plus profondément et de me connecter à cette peur qu’il avait. J’ai dû insérer ma propre conscience dans la sienne, comme si j’étais à ses côtés, non, même plus près, vraiment à l’intérieur de son corps et de son esprit. Je ne pensais pas que c’était possible, mais c’était l’entraînement thêta du programme pour arrêter de penser et ouvrir et utiliser les dons psychiques, et je suppose que l’acte physique de flotter en apesanteur pendant des périodes prolongées nous transforme en une sorte de fantôme et rend possibles de nombreuses choses étranges. Parfois, je percevais une brève bouffée de café, par exemple, ou j'entendais pendant une demi-seconde des bruits comme s'ils provenaient d'une rue bondée, ou des bribes de conversation".

 

De temps à autre, les types qui organisaient l'expérience lui confirmaient certaines images qu'elle percevait, probablement parce que cet individu était espionné en temps réel pendant cette expérience. Pendant plusieurs jours ensuite, ils lui ont demandé de diriger ses pensées vers ses pensées à lui, pour s'y connecter puis pour les diriger, ce qu'Anneke Lucas explique être en partie parvenue à faire en utilisant la peur de ce type vieillissant d'être progressivement mis à l'écart du système de pouvoir.

 

Après un mois comme cela, ses capacités psychiques étaient entraînées et elle était capable de savoir ce que pensaient les hommes à son sujet, quelles étaient leurs perversions sexuelles. Elle a été renvoyée plusieurs fois en Allemagne pour y subir de type d'expériences et pour des missions précises auprès de cibles, cela pendant les deux années suivantes, jusqu'en 1974 quand elle a pu fuir le réseau.

 

On l'amenait auprès du type de la photo qu'elle avait dû "scanner" en quelque sorte. et elle l'a vu durant plusieurs mois, pour des week-ends le plus souvent.

Il s'agit d'un hiérarque allemand de la politique, adhérent du parti nazi dès 1933 et directeur adjoint de la Propagande du Reich, qui après la guerre était devenu chancelier et dirigeant du parti chrétien-démocrate (la CDU, qui était un repère d'"anciens" nazis depuis l'après-guerre). En 1972, ce pilier de la droite était mis sur la touche après avoir pris en plein congrès de la CDU une baffe de Beate Klarsfled, fameuse "chasseuse de nazis" avec son mari, qui avait étudié son parcours depuis les années et 30, et après avoir perdu les élections de 1969.

 


Un réseau pédocriminel, sataniste ET nazi 

 

Anneke devait ensuite ramener des informations sur ce type à celui avait ordonné sa formation et l'avait envoyée en mission. Au sujet de ce nazi, Anneke Lucas écrit sur son blog : "Par le passé, il avait été nazi et avait été dégoûté lorsqu’il avait été confronté à la réalité de la cruauté et de la violence de cette idéologie. Puis il s’est retrouvé dans le réseau, sans apparemment se rendre compte que le réseau était nazi, mais en secret au lieu de le faire ouvertement. On pouvait en être membre sans connaître ce secret, mais si on était aussi ignorant que lui, on ne pouvait jamais gravir les échelons internes, et ce pédophile n’a jamais compris que la raison pour laquelle il n’avait pas atteint le sommet à l’intérieur était qu’il n’était pas suffisamment nazi".

 

Dans le livre MK Ultra Dark Labs: 1959-1975. Testimonial Report [2], une survivante américaine des expérimentations menées dans le cadre de MK-Ultra et d’exploitations sexuelle, explique qu’avant l’âge de 3 ans elle a subi une lobotomie qui a enlevé la plupart de ses émotions ainsi  que des injections de produits qui la mettaient dans des états d’hallucinations, et de méthodes de contrôle mental par des "médecins" dont certains étaient des nazis. Elle cite Siegfried Ruff, qui dirigeait les expérimentations pour l'armée de l'air allemande et a organisé des expériences sur des prisonniers de Dachau. 

 

Photo prise au centre médical de l'armée US d'Heidelberg

A la fin de la guerre, il a été recruté par l’armée américaine pour travailler à l'United States Army Air Forces Aero Medical Center à Heidelberg, officiellement pour mener des expériences sur l'exposition des humains à la haute altitude. Cet hôpital militaire était en réalité un centre de transfert des connaissances entre les nazis et les US. 51 scientifiques nazis y sont arrivés en 1946. Il était basé à l'institut Kaiser Wilhelm pour la recherche médicale de Heidelberg, ville qui fut un pôle nazi important dans la région.

 

D’après ce témoignage, Ruff est allé aux États-Unis via l’opération Paperclip d'exfiltration de centaines de scientifiques nazis vers les Etats-Unis, pour travailler sur le programme spatial -qui recouvrait de nombreuses expérimentations. Ce témoin qui à l’âge adulte déclare avoir collaboré à ces expérimentations de contrôle mental et de torture, explique que ces travaux s’inspiraient de ceux menés par Josef Mengele pendant la guerre.

 

Selon sa bio, Ruff a mené des recherches à partir de 1947 à Heidelberg au centre de médecine aéronautique de l'armée américaine avec les médecins nazis Hermann Becker-Freyseng [3] et Konrad Schäfer [4] sur l'exposition à la haute altitude. Mais la plupart sinon tous les scientifiques nazis recrutés dans cet "hôpital" ont organisé ou contribué à des expériences sur les prisonniers des camps. L'armée US a ouvert plusieurs laboratoires pour qu'ils puissent "finir plusieurs de travaux de recherche incomplets" [5].

 

 

Anneke Lucas explique dans son blog que lorsqu'elle a été en Allemagne pendant l'été 2023, elle a rencontré une thérapeute dont des patients avaient aussi parlé d'expériences de contrôle mental dans les sous-sols d'une villa à Heidelberg, quelques années après elle.

 

L'individu qui semblait diriger les opération dans cette villa était un "médecin" nazi, qu'Anneke Lucas a identifié il y a quelques années : il s'agit de Hans Harmsen, qui après la guerre a développé l'équivalent allemand du Planning Familial. A son sujet, elle écrit "Dans la maison où j’étais enfermé avec d’autres enfants pour la formation au contrôle mental en 1972, le médecin responsable, Hans Harmsen, n’était pas tout à fait humain. De tous les psychopathes que j’ai rencontrés, c’était celui chez qui je n’ai jamais détecté le moindre sentiment, le moindre signe qu’il y avait un petit garçon enfermé à l’intérieur qui hurlait pour sortir".

 

Elle ajoute "Il pouvait me faire peur pour ses propres besoins, une pratique qu’il avait clairement étudiée et perfectionnée au cours de sa vie. Lorsqu’il m’étranglait – une combinaison entre punition et entraînement – ​​je perdais connaissance. Harmsen semblait savoir exactement combien de temps je pouvais rester inconscient avant que mon esprit ne puisse plus revenir dans mon corps ; il relâchait son emprise à la toute dernière seconde. Et cette pratique était routinière pour lui. Lorsque j’ai été exposé à son expertise en matière de contrôle mental, il avait 73 ans. Je n’ai jamais vu des yeux aussi sombres et vides que les siens".

 

C'est précisément pour ce genre de connaissances que des nazis ont été recrutés par les Américains pour collaborer au programme MK-Ultra, comme Mengele si l'on en croit plusieurs témoignages de survivants aux Etats-Unis. En torturant les victimes des camps pour divers expériences, ils ont apparus à maîtriser le point de rupture des individus, étudié les différents profils, les méthodes de contrainte, par exemple : autant de savoirs précieux pour les US, qui après la guerre considéraient que les soviétiques maîtrisaient tout cela et pouvaient amener n'importe qui à parler.

 

Lors de ce séjour, elle est allée avec Chantal Frei et son avocat Marcel Polte au château de Heidelberg. Anneke Lucas raconte dans son blog qu'elle s'est retrouvée comme pétrifiée au détour d'un bâtiment lorsqu'elle a aperçu une tour, et qu'intérieurement une voix lui a fait remarquer que la cheminée au-dessus de la tour était neuve et toujours en fonctionnement. 

 

La tour dont parle Anneke Lucas, qu'elle a prise en photo

Des souvenirs traumatiques jusque là enterrés sont remontés instantanément. Elle écrit : "Alors que je me tenais devant la tour du château de Heidelberg, je savais exactement à quoi servait cette nouvelle cheminée sur ces ruines. Des images horribles de plusieurs cadavres dans un espace semblable à un donjon à l’intérieur de la partie inférieure de cette tour défilaient devant mes yeux. Des voix allemandes me disaient d’allumer le feu". Elle s'est souvenue de sortes de rituels, de meurtres d'enfants dans ce château ouvert au public durant la journée, déjà à l'époque [6].

 

Le château, tout comme la ville de Heidelberg, n'ont pas été bombardés par les US en 1945, officiellement parce que les US voulaient s'y installer : c'est en effet à Heidelberg, qui se trouvait dans la zone d'occupation américaine, qu'ont été implantés les quartiers généraux de la 7e armée US jusqu'en 2012 et de l'OTAN. Je relève que c'est aussi sur une base militaire US en Allemagne, la base de Dagger (à 60 km au nord d'Heidelberg), que Chantal Frei explique avoir participé à des sessions de "formation" de bébés pour les activités pédocriminelles du réseau.

 

Château d'Heidelberg

Ce château se trouve à quelques centaines de mètres de la villa où la programmation avait lieu. Hans Harmsen (1899-1989) était sous le régime nazi un médecin spécialiste de ce qu'ils appelaient "l'hygiène raciale", c'est-à-dire comment préserver la "race" allemande, et son doctorat en poche il a été travailler à l'Institut d'hygiène de Berlin grâce à une bourse de la fondation Rockefeller, qui a modelé la médecine et la santé publique occidentales à coups de financements des chercheurs, médecins, universités, hôpitaux et ONG.

 

On va revenir plus en détail sur Harmsen, mais restons sur Heidelberg et la présence américaine dans ce secteur. Dans le livre "Poisoner in chief" [7] au sujet de Sidney Gottlieb et des expériences de la CIA sur le contrôle mental, il est mentionné qu'un des organisateurs du programme MK-Ultra qui a rapidement été suicidé par ses collègues, Frank Olson, allait régulièrement en Allemagne et avait montré des photos de son passage à Heidelberg, où la CIA avait mis en place, comme à Berlin, des centres d'interrogatoires secrets.

 

Olson était d'ailleurs un des scientifiques de la Special Operations Division présente en France le 16 août 1951 quand a eu lieu l'épisode de Pont-Saint-Esprit, avec du LSD lâché par avion par la CIA sur une petite ville française [8]. Pour finir au sujet de MK-Ultra, c'est le frère de David Rockefeller, Nelson, qui fut vice-président des Etats-Unis en 1976 et gouverneur de l'Etat de New-York jusqu'en 1973, qui a lancé la commission d'enquête sur les programmes occultes de la CIA, dont MK-Ultra, en 1974 [9] un an après la destruction ou la dissimulation de la plupart des fichiers.

 

Il y avait aussi à Heidelberg un centre d'entraînement paramilitaire secret de la CIA, actif depuis la fin de la guerre, jusque dans les années 50 au moins [10]. Plusieurs scientifiques nazis recrutés par la CIA après 1945 sont passés par les sites militaires US à Heidelberg. Le journaliste David Guyatt rappelait en 2005 [11] : "Au camp de concentration de Dachau, des médecins nazis ont mené des expériences sur des patients contraints, sous hypnose et narcohypnose (à l'aide de mescaline). D'autres recherches ont été menées à Auschwitz, utilisant divers produits chimiques, dont des barbituriques et des dérivés de la morphine. Nombre de ces expériences se sont avérées mortelles. Après la guerre, la Mission technique navale américaine a été chargée de récupérer le matériel industriel et scientifique pertinent produit par le Troisième Reich et susceptible de servir les intérêts américains. Suite à un rapport détaillé, la Marine a lancé le projet CHATTER en 1947.

Strughold aux Etats-Unis

Nombre de scientifiques et médecins nazis ayant mené ces expériences, parmi d'autres, ont ensuite été recrutés par l'armée américaine et ont travaillé à Heidelberg avant d'être secrètement transférés aux États-Unis dans le cadre du programme PAPERCLIP. Sous la direction du Dr Hubertus Strughold, 34 anciens scientifiques nazis acceptèrent des contrats PAPERCLIP, autorisés par l'état-major interarmées, et furent affectés à la base aérienne de Randolph, à San Antonio, au Texas."

 

Bref, après la guerre il y avait de nombreux nazis au milieu des Américains à Heidelberg, pour mener en partenariat des expériences "scientifiques" qui s'inscrivaient dans la continuité des travaux des nazis. C'était dans les années 50, mais jusqu'en 2013 la 7e armée d'Europe (arrivée en 1966 à Heidelberg en même temps que l'US European Command) et un QG de l'OTAN étaient basés à Heidelberg.

 

Une autre survivante du réseau pédo-sataniste et nazi, l'allemande Rike Schwan, a fait récemment une interview en anglais (disponible sur Rumble, donc il faut un VPN), dans laquelle elle explique que sa famille, dont les pratiques rituelles remontent à loin, était aussi très impliquée dans le nazisme. Elle parle d'un de ses oncles, Werner Best, juriste et officier SS qui a réorganisé la police dès 1934 à la demande d'Hitler puis a été chargé de la police politique, la Gestapo. En 1939 il a rejoint une unité spéciale chargée de traquer "les ennemis du parti" et ensuite il est arrivé en France en tant que chef du département administratif du commandant militaire du pays : c'est lui qui dirigeait la France en 1940 [12]. On notera d'ailleurs que la France a oublié de demander l'extradition de ce fin connaisseur de la Collaboration locale, et n'a jamais envisagé de le juger.

 

Il est ensuite allé au Danemark, où il a été condamné à mort après la guerre (peine transformée en 5 ans de prison) avant d'être libéré en 1951 parce que la quasi totalité de ses crimes a été ignorée et dissimulée. Ce qui illustre juste la blague que fut la "justice" d'après guerre envers les criminels nazis et leurs sympathisants. C'est donc bien naturellement qu'il a été nommé conseiller au ministère des affaires étrangères de la RFA, tout en étant embauché dans une grande compagnie maritime (les ex nazis adorent tout ce qui touche à l'import-export) et en œuvrant pour l'aide aux ex SS, gestapistes et autres soutiers du régime nazi, demandant une amnistie générale, apportant une aide juridique... Il a aussi été "témoin" de la défense au procès - spectacle de ses collègues criminels de guerre à Nuremberg.

 

En 1953 il faisait partie du "groupe Naumann", un de ces réseaux de nazis qui cherchaient le retour du Reich, celui-ci ayant pour objectif d'infiltrer l'Etat fédéral (une blague là aussi car l'Etat fédéral, de la politique à la police, était rempli de nazis au moins jusque dans les années 80). Le démantèlement de ce groupe a fait scandale, mais c'était seulement un minuscule morceau de l'iceberg.

 

Rike Schwan dit que Werner Best participait aux programmations qu'elle a subies et aux rituels satanistes.

 

Elle explique que selon sa famille, Mengele avait aussi mené des expérimentations axées sur le contrôle mental, et elle raconte avoir compris par la suite qu'il avait inventé certains types de programmations comme celle par les codes couleur.

 

 

Une autre interview de Rike Schwan que j'ai traduite en 2024 :

Hans Harmsen, parcours d'un nazi impliqué dans le MK-Ultra européen

 

 

 

Arrêtons-nous sur le parcours de Harmsen, figure de proue de l'eugénisme version Eglise protestante, qui a commencé dans les années 1920, s'est poursuivi pendant les nazis, et a continué avec la création du Planning Familial International avec Margaret Sanger. Cet individu a manifestement été repéré très tôt, et a occupé de nombreuses fonctions de direction dans le domaine médical. C'est lui qui selon Anneke Lucas dirigeait les opérations de contrôle mental lors de l'été 1972 et après.

 

Harmsen a eu son diplôme de médecine en 1924, et dès 1926 jusqu'en 1939, il a été directeur général de l'Association des hôpitaux évangéliques allemands. Il a aussi passé un doctorat d'économie en 1927.

 

Dès 1926, Hans Harmsen, médecin spécialiste en démographie qui n'avait pas 30 ans, a pris d'importantes responsabilités. Il a été nommé directeur de la Section IV pour les soins de santé, les hôpitaux et les maisons au sein des services de la jeunesse et de l'aide sociale, de la charité et du travail social du Comité central de la Mission intérieure (Protestante). En 1928, plusieurs organismes ont été réunis sous l'égide de la Section IV, donc sous sa direction : 

  • l'Association des hôpitaux protestants allemands, 
  • l'Association des maisons allemandes pour infirmes
  • la conférence des directeurs d'institutions protestantes pour les déficients mentaux et de maisons et sanatoriums pour enfants et adolescents
  • l'Association nationale des hospices protestants pour personnes âgées et incurables
  • l'Association des infirmières protestantes des hôpitaux psychiatriques 
  • la Conférence des aumôniers des hôpitaux protestants 

 

De 1929 à 1932 il a collaboré à la Commission pour l'hygiène raciale et la population du conseil régional prussien de la santé, en même temps que d'autres chercheurs dont le parcours est intéressant :

  • Ernst Rüdin : psychiatre et eugéniste militant suisse, spécialiste de l'hérédité et créateur de la "psychologie génétique". Proche des américains qui ont financé ses travaux dès les années 1920, il a joué un rôle important dans les lois de stérilisation de 1933 édictées par le Reich. Il a été directeur de l'Institut Kaiser Wilhelm pour la Psychiatrie, où ont été concoctées diverses théories racistes et eugénistes reprises par les nazis. En 1932 il a pris la direction de la Fédération Eugéniste Mondiale. Il faut noter qu'en 1933, année de l'avènement des nazis, la fondatrice du planning Familial International Margaret Sanger a offert à Rüdin une tribune dans sa revue l'American Birth Control Review, où il a publié un article intitulé "Stérilisation eugénique : une nécessité urgente". Après la guerre, Rudin est allé travailler aux Etats-Unis via l'opération Paperclip et sa fille Edith Zerbin-Rüdin est elle-même une généticienne eugéniste.
  • Eugen Fischer : autre eugéniste de l'Institut Kaiser Wilhelm, où il dirigeait le département d'anthropologie raciale et co-dirigeait celui d'hérédité humaine. Cet ami d'Heidegger était en contact étroit avec ses homologues américains. 
  • Otmar von Verschuer : ancien bras droit de Fischer, en 1929 Fischer l'a nommé directeur du directeur du département de Génétique humaine de l’Institut Kaiser Wilhelm. A partir de 1935 il a dirigé l’Institut de biologie de l’hérédité et d’hygiène raciale à l’université de Francfort. "Il est important que notre politique raciale reçoive un arrière-plan scientifique, également sur la question juive" avait-il déclaré. Avec son assistant Joseph Mengele, il a étudié les jumeaux et l'hérédité en prenant des cobayes à Auschwitz de 1938 à 1940, grâce des financements de la fondation Rockefeller. En 1942 il a été nommé président de l’Institut Kaiser Wilhelm d’anthropologie de Berlin et a a commencé ses travaux sur le sang, pour mettre au point une méthode d’identification raciale ou de paternité par un test sanguin. Il a ensuite dirigé l’institut de génétique humaine de l’université de Mûnster jusqu'en 1968.

 

Ce conseil étudiait les contours d'une loi de stérilisation dans une perspective eugénique.

 

Au début des années 1930, Harmsen a développé une théorie fondée sur les concepts d'hérédité, sur l'amélioration qualitative et quantitative de la population, qui a été reprise par les nazis pour leur politique raciale. Selon un article de Sabdste Schleiermacher paru dans le "Journal of international Feminist Analysis" [13], "Sur la base de calculs coût-utilité et selon des critères de
capacité productive, il s’agissait de promouvoir les sections productives de la population. D’autre part, des économies devaient être réalisées dans la préservation et la prise en charge des personnes
qualifiées d’inférieures, c’est-à-dire des groupes sociaux marginaux. 

 

Par le biais de l’institutionnalisation et de la stérilisation, ces personnes devaient être exclues de la procréation. En tant que membre du mouvement mondial pour le contrôle des naissances, Harmsen a soutenu le planning familial et les conseils sexuels. Pour des raisons eugéniques, il a préconisé une parentalité consciente. Il a soutenu que des conseils sexuels et génétiques devraient être disponibles
dans le but d'informer les femmes sur le contrôle des naissances, car seule une femme en bonne santé au sein d'une famille intacte pouvait élever des enfants "en bonne santé" et "dignes d'un point de vue eugénique". Ce concept a été appliqué dans le monde entier après 1945, non seulement lors de la renaissance de la campagne de planification familiale en République fédérale d'Allemagne, mais aussi dans les pays du tiers monde
".

 

En 1931, Harmsen a envoyé à Hitler et à Mussolini, dont il admirait les positions, ses conclusions sur le risque d' "extinction de la famille de valeur qualitative" et le "fardeau financier considérable" que représentaient "un petit nombre de familles inférieures". Lors d'une conférence eugéniste la même année, il a appelé à la stérilisation des "moins précieux" et a été approuvé par toute l'assemblée. 

 

Selon A.E Saaman du Center for Study of Medicine After the Holocaust dans l'article "Sanger and the Holocaust","Harmsen promouvait ce qui allait devenir le cœur de la politique eugénique nazie avant même qu'Hitler ne consolide son pouvoir. Lors de la Conférence évangélique d'eugénisme du 18 mai 1931, Harmsen aurait déclaré que l'État avait le droit de détruire des vies humaines ; des vies que l'État jugeait "indignes d'être vécues", un concept juridique et médical issu de Nietzsche, cher à Sanger."

 

Il voulait aussi séparer les "races" et éliminer "les parasites étrangers". Il écrivait dans un essai paru en 1931 que "Si l’on reconnaît qu’une nation doit se développer davantage pour survivre, alors on ne peut pas éviter la question de savoir ce qu’il faut faire des vies sans valeur et malades qui entravent le développement.". En 1935 il affirmait que "le sang Juif doit être séparé et tout mélange ultérieur doit être exclu". Mais officiellement, aujourd'hui encore, Harmsen n'était pas un vrai nazi.

 

Les médecins et les pasteurs protestants étaient d'ailleurs parfaitement d'accord sur la stérilisation obligatoires de différentes catégories de population. 

 

Les nazis sont arrivés au pouvoir en 1933, et à ce moment Harmsen était président de la conférence d'experts pour l'eugénisme et jusqu'en 1942 il a été directeur général du groupe de travail pour la santé publique. En 1942 il est devenu médecin pour la Wehrmacht, l'armée. En 1935, il a organisé l'accueil à Berlin du "congrès mondial de la population" [14], encensé dans le magazine US Time.

 

Malgré tout, et parce qu'il n'a pas été membre du parti nazi, Harmsen est passé à travers la dénazification, poursuivant sa carrière à l'Institut d'hygiène de Hambourg et en tant que prof d'hygiène générale et sociale à l'université de Hambourg, où il a contribué à créer et développer la faculté de médecine de 1945 à 1967.

 

Harmsen a pris la direction de l'Institut d'hygiène de Hambourg en 1946, et y a créé à la demande des autorités britanniques qui géraient une partie de l'Allemagne, une académie de médecine d'Etat. C'est intéressant car l'Angleterre a été à l'avant-garde dans la mise en place de la médecine en mode "Rockefeller", où tout est fondé sur la vente de nouveaux produits chimiques et de nouvelles technologies, et où on ne prend en compte ni l'individu ni son environnement. Il a quitté ses fonctions à l'Institut d'hygiène en 1969 seulement.

 

Apparemment, l'Institut a obtenu des financements de la fondation Rockefeller dès 1948. Celle-ci a aussi financé le déplacement de divers étudiants pour apprendre les méthodes de Harmsen, qui "avait développé dans les années 1950 une approche d’hygiène sociale qui établissait le lien entre les soins de santé complets à la naissance et les possibilités de lancement de programmes de planification familiale.", explique l'historien allemand Heinrich Hartmann [15].

 

Une bio à son sujet précise : "Chargé par les autorités d'occupation britanniques de réorganiser la formation des médecins militaires dans le nord de l'Allemagne, il a travaillé au rétablissement de la science et de la politique de population en République fédérale d'Allemagne sans jamais avoir à réviser son attitude à l'égard de l'eugénisme".

 

De 1948 à 1957 il était responsable du groupe d'études "Contrôle des naissances et eugénisme" à l'
Académie évangélique de Hambourg, avec le pasteur Ernst Bornikoel. Il a aussi édité environ une dizaine de revues liées à l'hygiène sociale et à la famille.

 

1952 a été une année très productive pour Harmsen. Il a même reçu la visite d'un rapporteur de la CIA au sujet de ses recherches :

  • Il est devenu le premier président de la Société allemande pour les sciences de la population, et président de l'Académie allemande pour les sciences de la population créée en 1953 à l'université de Hambourg [16]. Selon le journaliste scientifique Ludger Weß, cette association servait de "zone de recrutement et de réseau pour les plus grands esprits de la biologie raciale et démographique nazie", précise la page Wikipédia en allemand. Ces structures, où il s'est entouré d'eugénistes, lui ont donné une stature nationale.
  • Il était l'un des membres fondateurs de la Fédération internationale pour le planning familial (IPPF) en 1952 à Bombay, imaginée par l'eugéniste et anticommuniste américaine Margaret Sanger, qui a créé le Planning Familial [17].
  • Il co-fondé l'association Pro-Familia (Société allemande de conseil sexuel et de planification familiale), filiale allemande du Planning familial qui existe toujours, dont il a été le premier président pendant des dizaines d'années, puis en est devenu en 1980 le président honoraire jusqu'en 1984, deux après sa mort, quand son passé nazi a enfin fait surface.

 

Cela confirme une fois encore la relation directe entre l'eugénisme et le Planning Familial. Ce Planning Familial qui est si actif pour accélérer l' "éducation sexuelle" dès le plus jeune âge. Une émission que j'ai réalisé avec Anneke Lucas et Chantal Frei pour recueillir leur avis au sujet de cette "éducation sexuelle" a été diffusée récemment par l'Organisation Nationale Ethique Santé Transparence (cet entretien était réalisé dans le cadre de la campagne d'information d'ONEST). Elles expliquent que ce processus de sexualisation des enfants répond à une volonté délibérée des pédocriminels satanistes qu'elles ont connus dans le réseau, et qu'ils le pratiquent sur leurs propres enfants.

 

Pour Sara Weydner, de l'université Humboldt à Berlin, l'action de l'IPPF s'inscrit dans l'idéologie eugéniste et néo-malthusienne. Bien-sûr, c'est la liberté de choix des femmes qui a été mis en avant mais l'objectif final était de réduire les naissances, en particulier dans les couches défavorisées de la population. Mais à l'origine, la contraception n'était pas un droit individuel des femmes, pour l'IPPF : il s'agissait d'un "outil pour résoudre le problème de la "surpopulation" dans les pays en développement qui semblait menacer la modernisation économique mondiale et la stabilité politique", explique Sara Weydner.

 

C'est la créatrice de l'IPPF, Margaret Sanger pour qui l'eugénisme était "la voie la plus adéquate et la plus complète pour résoudre les problèmes raciaux, politiques et sociaux", qui a choisi Harmsen pour piloter Pro Familia car il ne risquait pas de virer "communiste". C'est aussi elle qui l'a invité à la conférence fondatrice à Bombay en 1952, "en tant que représentant du mouvement allemand de planification familiale" précise Sara Weydner. Harmsen et elle étaient également alignés sur le fait que la contraception devait permettre de réguler les naissances en fonction de la croissance économique (donc du besoin de main d'œuvre et du risque de contestation sociale).

 

Depuis les années 1910-1920, la fondation Rockefeller, du temps du père de David Rockefeller, a beaucoup investi dans l'eugénisme, notamment dans l'American Birth Control League de Margaret Sanger ou dans le Population Council qu'il a créé en 1952. A partir de la Deuxième Guerre, la fondation Rockefeller a aussi financé des projets en Europe et ailleurs dans le monde, tels que l'IPPF.

 

Par contre, si Sanger était pour un contrôle strict des naissances, Harmsen s'inquiétait de la baisse de la démographie allemande.

 

L'IPPF est l'instance internationale de coordination de cette mouvance, et a mis en avant le fait qu'on choisisse le nombre d'enfants qu'on veut pour lever des fonds chez les donateurs US.

 

Un rapport de la fondation Rockefeller sur son activité de 1953 évoque l'action d'Harmsen, alors directeur de faculté et professeur d'hygiène à l'université de Hambourg, pour faire évoluer le cursus des étudiants dans son domaine. Ce rapport précise que "En collaboration avec les autorités sanitaires, il révise également le programme des agents de santé. Pour soutenir le programme d'enseignement du Dr Harmsen à l'académie de santé publique au cours des cinq prochaines années, la Fondation Rockefeller a alloué 140 000 deutsche marks (environ 35 000 $) à l'autorité sanitaire de la ville hanséatique libre de Hambourg. 
L'année dernière, une subvention de la Fondation a permis au Dr Harmsen de passer quelque temps en Angleterre et en Amérique du Nord pour observer les développements récents en matière de santé publique et les aspects sociaux de l'enseignement médical
".

 

En effet dans le rapport de l'année précédente on lit qu'il a reçu un financement pour voyager : "Professeur Hans Harmsen, directeur de l'Institut d'hygiène de Hambourg ; 2 675 $ pour observer les évolutions de la santé publique et des aspects sociaux de l'enseignement médical au Royaume-Uni et aux États-Unis". Est-il allé observer les œuvres du Planning Familial ? Ou les travaux du programme MK Ultra (qui a démarré au début des années 50) ? Ou simplement comment transformer la médecine en VRP de Big Pharma ?

 

En 1958, c'est encore avec des subsides de la fondation Rockefeller qu'Harmsen s'est rendu en Turquie en tant que consultant dans le cadre de la mise en place d'un réseau international d'instituts d'hygiène pour développer la politique "familiale" de contrôle des naissances et de soins infantiles. Car la fondation Rockefeller a aussi modelé la médecine en Turquie. A partir de 1959 il est devenu consultant pour l'université d'Ankara et s'est donc rendu plusieurs fois en Turquie pour cela. 

 

De 1955 à 1960, Harmsen a été engagé par l'office de l'ONU pour les réfugiés, afin de réaliser des études sociologiques "du processus d’intégration de 54 000 personnes déplacées et réfugiés non allemands enregistrés" et de leur droit à percevoir des allocations.

 

Sa carrière a continué, avec des fonctions officielles : il a été nommé en 1963 Chef du comité de travail "Population et Famille" de l'Office central allemand de la santé publique à Francfort et Membre du Conseil consultatif scientifique du Ministère fédéral de la Famille et la Jeunesse. De 1962 à 1969 il a été vice-président, président de la section allemande du Centre de recherche sur le problème mondial des réfugiés (AWR), puis à partir de 1969 président de l'AWR international, et en 1970 il a obtenu la Grande Croix Fédérale du Mérite.

 

Son passé nazi n'a fait surface que dans les années 80, il a même démissionné de Pro-Familia en 1984 quand ses propos cette époque sont revenus à la surface, et il est mort en 1989. Sa fille Ursula a été élue députée pour le parti chrétien démocrate de 1978 à 1986. Harmsen était un eugéniste de la pire espèce, qui regrettait que l'Etat ne puisse pas "détruire les existences gênantes".

 

 

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Je remercie Anneke Lucas d'avoir cité cet individu, qui relie les réseaux MK, la fondation Rockefeller, l' "éducation sexuelle", les nazis et les eugénistes. Il représente exactement les différentes causes de la situation délirante que nous connaissons en 2025, sur laquelle je ne vais pas revenir, qui n'est pas issue de rien mais est le fruit d'un long processus de pourrissement, mené sur plusieurs générations.

 

Il y a l'argent et le pouvoir qu'il apporte, certes. Mais il y aussi de l'idéologie. Quand ils se revendiquaient eugénistes, cette idéologie était plus claire, elle transparaissait bien : ces individus très riches se considèrent supérieurs à la masse de la population, ils pensent avoir davantage de valeur et qu'ils sont légitimes à diriger tout le monde et à penser pour tout le monde. Ils n'ont pas changé depuis des siècles mais leurs moyens deviennent inquiétants car les techniques ont évolué depuis le début du programme MK-Ultra. 

 

Quant aux objectifs poursuivis, ils sont simples puisque ce sont toujours les mêmes : se goinfrer toujours plus en exploitant le monde et empêcher les populations de décider de leur avenir. Ils diffusent déjà leur idéologie eugéniste, qui par ailleurs s'inscrit très bien dans le délire satanico-pédocriminel, dans la société depuis plus d'un siècle. Et ils s'attaquent particulièrement aux enfants pour les rendre stupides et vulnérables à leurs pulsions, quant aux adultes, on les fracasse à coup de stress, de divertissement et de propagande.

 

Il est important d'identifier les acteurs de ce cirque destructeur, comme Harmsen, comme David Rockefeller, comme bien d'autres dont il faudrait pouvoir parler pour que les gens comprennent bien à quel point nous sommes cernés par ces individus.

 

 

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[1] Dans cet article, Anneke Lucas s'exprime aussi au sujet de ses mésaventures de lanceuse d'alerte en France, et sur l'impression que son témoignage a été utilisé pour faire du sensationnalisme ou même à des fins politiques ou idéologiques.

[2] STARFIRE, "MK Ultra Dark Labs: 1959-1975. Testimonial Report", 2019, Kindle Edition.

[3] Condamné à 20 ans à Nuremberg, Becker-Freyseng a été recruté immédiatement par les US pour travailler dans la médecine spatiale.

[4] Acquitté à Nuremberg, Schafer a été recruté en 1949 par les US dans le cadre de Paperclip pour travailler au Texas sur la base de Randolph Field.

[5] Report from Heidelberg: the story of the Army Air Forces, Aero Medical Center in Germany, 1945-1947.

[6] Le château, qui est en fait une ruine depuis que les Français l'ont détruit au XVIIe siècle, appartient au Lander de Bade-Würtemberg.

[7] Stephen Kinzer, "Poisoner in chief. Sidney Gottlieb and the CIA search for mind control", 2019, Henry Holt & Company.

[8] Idem

[9] Son rapport a été tellement inutile qu'une autre commission a été mise en place 1975, la commission Church, qui a entendu plus de 800 témoins.

[10] Hugh Wilford, "The Agency. A History of the CIA", 2019, The Great Course.

[11] GUYATT, DAVID. “Anti-Personnel ‘Soft-Kill’ Em Weaponry.” World Affairs: The Journal of International Issues 9, no. 4 (2005): 41–57. https://www.jstor.org/stable/48531829 

[12] Best a notamment introduit en France une idée conservée par nos élites "démocrates" la détention administrative, sans décision de justice. 

[13] Sabdste Schleiermacher, "Racial hygiene and deliberate parenthood : two sides of demographer Hans Harmsen's population policy", "Journal of international Feminist Analysis", n°3, 1990.

[14] Le congrès mondial de la population à Berlin était aussi un instrument de propagande nazie. Il a été ouvert par le ministre de l'Intérieur Wilhelm Frick, pour montrer l'objectif d'amélioration de la population allemande.

[15] Heinrich Hartmann, "Eigensinnige Musterschüler. Ländliche Entwicklung und internationales Expertenwissen in der Türkei (1947–1980)", Campus, 2020.

[16]  Cette Académie allemande des sciences de la population, qui recrutait parmi les eugénistes, était le centre de coordination des projets de recherche universitaire sur les questions de sciences de la population, et avait une influence sur l'orientation des travaux universitaires en la matière dans toute l'Allemagne.

[17] L'IPPF prenait la suite de l'International Committee on Planned Parenthood (ICPP) créé en 1948 par Margaret Sanger pour "recueillir et de diffuser des informations sur la fertilité humaine et le contrôle des naissances, l'éducation sexuelle et les problèmes de population, ainsi que d'organiser des programmes, des conférences et d'autres activités liées à l'éducation au contrôle des naissances". L'IPPC comprenait 5 organisations : la Family Planning Association of England, la Planned Parenthood Federation of America, le Margaret Sanger Research Bureau, la Nederlandse Vereniging Voor Sexuale Hervorming (Pays-Bas) et le Riksförbundet for Sexuell Upplysning (Suède).

 

 

19 avril 2026

Affaire Epstein : la brindille qui cache une forêt vierge. Focus sur le réseau pédocriminel et la France

Les dernières livraisons des documents d'Epstein, mails et photos, sont un puits sans fond de recherches et recoupements. J'orient mes recherches sur la question du réseau pédocriminel, et cet article sera évolutif car d'autres documents seront certainement publiés. Mais on peut déjà confirmer ce que je dis au sujet de cette affaire depuis des années : Epstein n'est qu'un pion du système, et beaucoup de gens dans le gratin sont éclaboussés avant même que les documents les plus compromettants soient diffusés.

 

Le 30 janvier, le ministère de la justice US a diffusé 3 millions de mails (déjà entre les mains de la justice française depuis 2018), en plus des centaines de photos et vidéos publiés quelques semaines avant. 

 

Ces documents permettent de mieux cerner le réseau d'Epstein, d'entrevoir les relations qu'il avait avec les uns et les autres, mais rien n'est vraiment explicite quand au réseau pédocriminel. Il y a eu des ouvertures d'enquêtes, des démissions, mais si l'onde de choc est importante, il est certain qu'on n'est pas encore arrivés au fond de cette affaire qui n'en finit pas. Le dossier étant tentaculaire, cet article sera suivi d'autres sur des thématiques précises.

 

Epstein, la boîte de Pandore des réseaux pédocriminels

Epstein et Clinton (photo éclaircie issue du dossier)

On comprend bien le rôle d'entremetteur d'Epstein, capable de mettre en relation à peu près n'importe qui avec des individus clés aussi bien dans les affaires que dans les sciences ou la politique. 

 

Cependant, le fait d'être en relation avec Epstein après 2008 et sa condamnation, certes très légère grâce à l'aide de son ami Alan Dershowitz, pour avoir eu recours (mais pas organisé) la prostitution de mineures, est déjà problématique. Et certains comme Jack Lang chez nous, étaient clairement ses fidèles. Car, Epstein savait se montrer généreux quand il s'agissait d'avoir accès aux individus les plus puissants. Il pouvait par exemple être sollicité afin de trouver des amateurs pour payer 25 000 $ pour un dîner avec sarkoléon (en 2009 pendant qu'il était président) ou à une soirée privée organisée à New-York  par un avocat US pour accéder à sarkoléon, dont le ticket d'entrée était de 500 000 $ (toujours en 2009).

 

Ses crimes commençaient à être connus, on avait entendu parler de victimes adolescentes, de filles de 12, 13, 14 ans, et les derniers documents sont clairs : il y avait aussi des enfants de moins de 10 ans, comme l'avaient dit certaines plaignantes. C'est un volet qui a été complètement occulté jusqu'à présent, et qui est à peine dévoilé dans les 3 millions de documents lâchés en janvier. 

 

Mais on est loin d'avoir tout le corpus entre les mains (certains estiment qu'on doit avoir environ 2% des éléments) car il y a aussi des vidéos des viols mais étrangement -et alors qu'Epstein avait placé des caméras partout- les seules vidéos qu'on a sont des caméras de vidéosurveillance où rien se passe, dans des couloirs, cuisines et autres pièces vides [1]. 
Et puis il y a aussi toutes les photos pornos prises par Ghislaine. Et tous les mails non publiés et retirés des dossiers.

 

Beaucoup de mails sont caviardés, quelques dizaines de fichiers (au moins) ont disparu depuis le 30 janvier 2026. Et il est évident que tous les mails n'ont pas encore été diffusés. En outre, Epstein prenait soin de ne pas être trop clair dans ses mails, et les choses plus précises étaient fixées directement par téléphone.

 

D'un autre côté, de nouveaux documents sont diffusés, par exemple fin mars 2026, un groupe de hackers, iraniens apparemment, a diffusé des vidéos de surveillance de chez Epstein sur lesquelles on voit divers individus, comme Trump et Epstein, en compagnie ou en train de tripoter des mineures de 11, 12, 13, peut-être 14 ans pour certaines. Mais il y a aussi beaucoup de fakes qui circulent, comme celle-ci.

 

Je n'ai évidemment pas eu le temps d'explorer l'ensemble des documents, j'en ai lu quelques milliers à peine, en ciblant certains personnages et mots-clés. 80% des mails n'ont aucun intérêt, mais ces documents permettent quand-même de mieux comprendre comment Epstein plaçait certaines de ses jeunes "amies", pas seulement auprès de types riches, mais aussi à des postes qui lui sont utiles, comme pilote d'avion pour Marcinkova, ou dentiste pour une autre pour laquelle il a obtenu une place à l'université de Columbia après qu'elle a été refusée.  Il était un entremetteur, permettait des rencontres dans un cadre "convivial", avec des gens de divers horizons. Il savait, pas exemple, que pour accéder à macron il pouvait passer par Jack Lang et sa fille Caroline, qui en retour profitaient de sa "générosité".

 

On avance un peu sur le volet "renseignements" de l'activité d'Epstein, et il y a un certain nombre de témoignages, souvent directement envoyés au FBI, et quelques mails qui permettent de dessiner les contours de son réseau pédocriminel. 

 

En tout cas, les dernières livraisons de documents ont eu de l'impact, avec des démissions et arrestations de "personnalités", parmi celles qui nous expliquent comment vivre et qui mettent en œuvre les délires mondialistes, de Jack Lang à Miroslav Lajcak (diplomate slovaque, président de l'assemblée générale de l'ONU en 2017 -2018), en passant par Thomas Pritzker des hôtels Hyatt, le "spécialiste de la longévité" Peter Attia ou l'ex-prince Andrew, beaucoup ont déjà payé des conséquences symboliques pour leur relation avec Epstein et pour avoir minimisé cette relation jusqu'à ce que des preuves soient diffusées.

 

Et Trump, qui est en très mauvaise posture et avait menacé de lancer une guerre si les documents Epstein étaient diffusés, a mis sa menace à exécution dans une vaine tentative de détourner l'attention de son cas et de ses mensonges.

 

De nombreux témoignages envoyés au FBI

 

Zorro Ranch au Nouveau Mexique

Parmi les informations les plus graves, dans des mails ou des documents du FBI en général,  il y a ce mail confidentiel de novembre 2019 (après la mort d'Epstein) dont l'expéditeur et le destinataire, un certain Edward, sont censurés [2], qui mentionne clairement le meurtre "par strangulation lors de rapports sexuels brutaux à caractère fétichiste" de deux "jeunes femmes étrangères" qui seraient enterrées "sur ordre de Jeffrey et Madame G" dans le ranch d'Epstein au Nouveau Mexique, le "Zorro ranch" : l'info viendrait d'un ancien employé du ranch qui a été témoin  des faits.
Des vidéos d'Epstein ont aussi été envoyées dont deux montraient selon ce mail un acte sexuel avec une mineure.

 

Parmi les documents, il y a aussi le témoignage d'une femme qui dit avoir été victime d'exploitation sexuelle par Jeffrey Epstein quand elle avait 5 ans puis à nouveau quand elle avait 17 ans. Elle déclare que sa famille était impliquée dans ce trafic, que "beaucoup d'hommes étaient amenés à la maison" pour la violer et qu'elle a été amenée "dans beaucoup d'Etats des Etats-Unis" pour être violée par des types dont Epstein qui la menaçait de mort si elle n'obéissait pas. Quand elle avait 5 ou 6 ans, elle raconte :

"J'ai été emmenée dans un endroit souterrain. On m'a bandé les yeux pour que je ne sache pas exactement où j'étais. Il faisait sombre, et quand nous avons franchi des portes, nous sommes descendus. Il y avait aussi un ascenseur. J'ai été enfermée dans un box, ça ressemblait à une écurie avec des cloisons basses sur les côtés, ce qui permettait de voir à l'intérieur. Ce n'était pas vraiment pour nous enfermer, moi et les autres petites filles, mais pour que nous puissions être observées. Epstein passait devant chaque fille, y compris moi, suivi de nombreux hommes, qui nous jugeaient. Il m'a dit que j'étais "grosse et laide". [...] Il a dit que je devais faire semblant d'être lui pour voir si je me débrouillais bien. Il a dit que si je me débrouillais bien, je pourrais être sa petite amie, et que j'aurais le droit d'aller à l'étage, comme il disait. Il a dit que les filles à l'étage étaient jolies et que c'étaient ses petites amies. Ensuite, il m'a violée et a dit que j'étais mauvaise parce que j'aimais ça. Je n'arrivais pas à contrôler mes sensations, alors il m'a dit que je devais aller dans la salle d'attente pour prier assez fort pour pouvoir monter à l'étage avec les autres filles. Il y avait plein de photos de filles nues partout sur les murs. Je devais prier fort pour leur ressembler, a-t-il dit. Les filles qui, selon lui, avaient bien performé, ont suivi le groupe d'hommes et ils sont partis."

Elle évoque aussi les Iles Vierges (elle avait 17 ans) : "on m'a bandé les yeux et emmenée dans un endroit souterrain. Il y avait des escaliers qui descendaient. J'ai été violée par Jeffrey Epstein, il y avait d'autres hommes qui m'ont violée.
On m'a gardée dans une cabine pour que les hommes puissent me regarder. Il a dit que j'étais un animal et que lui était parfait, que si j'avais des relations sexuelles avec lui, je ne serais plus un tel animal.
"

 

Il y a aussi ce témoignage d'une femme, reçu en 2020 par le FBI, qui déclare que quand elle avait 6 ou 8 ans (entre 1994 et 1996), son père la droguait et l'emmenait à des soirées organisées par un réseau de pédocriminels (elle vivait en Angleterre), où elle a été violée, battue et torturée quand elle tentait de s'enfuir (notamment par Ghislaine Maxwell), et où elle dit qu'Andrew était présent [3]. A la même époque, en Floride où la famille était en vacances, son père l'a amenée dans une villa où Epstein l'a violée. 

Cette femme dit qu'elle a porté plainte contre son père en 2012, même si elle n'avait pas encore retrouvé tous ses souvenirs, après avoir vu sur son téléphone un message de Ghislaine Maxwell qui disait "j'ai deux enfants".

En mars 2020, le FBI a aussi reçu le témoig­nage d'une femme disant avait été prostituée par son oncle et Jeffrey Epstein quand elle avait 13 ans et alors qu'elle était enceinte. C'était en 1984. Quand un détective du FBI l'a rappelée, elle dit avoir "révélé d'autres informations importantes concernant d'autres personnalités impliquées dans mon trafic sexuel et le meurtre et la disparition de ma fille nouveau-née".

Souvent, ces témoignages impliquent à la fois Trump et Epstein, Comme celui que le FBI a reçu en 2016 de la part de l'avocat d'une de leurs victimes, au sujet de faits remontant à 1994 alors qu'elle avait 13 ans. Elle a été introduite auprès d'Epstein par une femme de 26 ans à l'époque qui a joué les intermédiaires pour Epstein pendant 10 ans, appelée "Tiffany Doe" par la justice (elle a porté plainte et témoigne également), et s'est ainsi retrouvée à des soirées chez Epstein au cours desquelles elle a été violée par Trump et menacée de mort si elle s'avisait de parler.

 

La victime est probablement Katie Johnson âgée de 13 ans lors des faits, que Trump a menacée de la tuer "comme la fille de 12 ans" qu'il a probablement massacrée avant, ainsi que toute sa famille, si elle s'avisait de parler. Un des fichiers qui a disparu est le fichier EFTA 01250883 (encore présent sur WebArchive) qui est seulement un extrait du témoignage d'une femme qui a travaillé pour Epstein dans les années 1990 au sujet de Trump. Elle explique : "J'ai personnellement été témoin que Trump a dit à la plaignante [probablement Katie Johnson] qu'elle ne devrait jamais parler si elle ne voulait pas disparaître comme la fille de 12 ans (prénom censuré), et qu'il était capable de faire tuer toute sa famille".

 

Elle ajoute : "Après avoir quitté mon emploi pour M. Epstein en 2000, j'ai été personnellement menacée par M. Epstein d'être tuée ainsi que ma famille si je parlais d'une seule des violences physiques et sexuelles de filles mineures dont j'ai été moi-même témoin de la part de M. Epstein ou ses invités" et elle cite plus loin explicitement Trump parmi les agresseurs. 

 

Sculpture dans l'entrée de chez Epstein à New-York

En 2022, le FBI a reçu le témoignage d'une autre femme disant qu'elle s'est retrouvée adolescente dans le réseau d'Epstein. Le témoignage est un peu caviardé mais on comprend qu'elle dit avoir été enlevée quand elle était bébé, puis qu'elle a été exploitée sexuellement avec d'autres filles du même âge quand elle était adolescente, et a été envoyée à des soirées où il y avait toujours le même groupe de types, dont faisaient partie Epstein, un certain Mark Mattheson ainsi qu'un pasteur et trois types dont les noms sont censurés. Elle ajoute que vers 13 ans elle est devenue une "enfant enceinte d'Epstein".

Une autre femme a parlé en 2024 à un agent du FBI des viols subis depuis ses 5 ans dans les milieux de pouvoir, notamment sur l'île d'Epstein où elle dit avoir été amenée à l'âge de 13 ans depuis l'Irlande.

 

Parmi les fichiers vidéos (pour les voir il faut changer la fin de l'url et remplacer. Jpg par.mov ou .mp4), on a l'échographie d'un bébé datée de 2011, dont la mère a un nom russe ou ukrainien. Pourquoi était-ce entre les mains de ce pédo ?

 

Il est aussi question de l'assassinat d'une victime de Trump et Epstein à la fin des années 90, après qu'elle contacté la police et porté plainte malgré ses craintes qu' "ils" ne la tuent. La mort a été classée en suicide contre toutes les évidences. Selon un média, il s'agit d'une étudiante de 19 ans, officiellement suicidée d'une balle dans la tête en janvier 2000, Dusti Rhea Duke, et elle aurait accusé Trump et Epstein de viols quand elle avait 14 ans, en 1994.

 

Dossier de photo publié fin 2025 par la justice, largement caviardé

Autre document troublant : la plainte déposée en septembre 2020 par un avocat représentant des victimes africaines d'Epstein et ses copains, violées et torturées et exploitées sexuellement par "Epstein et ses associés" alors qu'elles étaient mineures. Apparemment les autorités locales n'ont pas daigné enquêter, la plainte est donc arrivée aux Etats-Unis. Cette plainte vise des pédocriminels qui "étaient sous la supervision directe, employés ou sous le contrôle de Présidents africains, de gouvernements africains, de représentants de l'ordre africains, des agences de l'Union africaine, de l'UNICEF, des agences des Nations Unies et du gouvernement des Etats-Unis".

 

Cette plainte, qui demande la saisie d'actifs appartenant à Epstein, précise encore que lorsqu'ils se trouvaient dans des lieux appartenant aux accusés, comme "des avions privés et des chambres d'hôtel privées sur le sol africain", les victimes ont croisé d'autres mineurs ("minor children"), et le jet privé d'Epstein est cité parmi ces "lieux". Quand on sait qu'Epstein et une partie de son entourage étaient racistes, on se demande comment se passaient ces "soirées".

 

"Au sein du réseau de prostitution de Jeffrey Epstein, un réseau de communication commun permettait aux complices de partager régulièrement des informations.
Les accusés ont utilisé ce réseau pour faciliter leurs activités sexuelles criminelles en Afrique, en toute impunité.
Chaque accusé ou participant au réseau de prostitution d'Epstein était systématiquement lié aux autres par des liens organisationnels, des relations professionnelles, des liens financiers et la coordination continue de leurs activités par l'intermédiaire des associés financiers d'Epstein.
Les accusés et leurs complices agissaient comme une entité permanente dans le but de poursuivre le système illégal et d'atteindre leur objectif commun
", peut-on encore lire dans ce document.

 

En 2025, le procureur du district sud de New-York a reçu le mail d'une femme, Christine C., qui écrit depuis la Floride. Elle déclare être harcelée le FBI et avoir été victime de viols depuis l'enfance. C'est un témoignage qui pourrait passer pour délirant, mais qui peut aussi être vrai puisque la victime semble avoir grandi dans un réseau pédocriminel. 

Elle dit à un moment : "Je me croyais une personne normale jusqu'à ce que je me souvienne de tout ce que ces monstres m'ont fait. Tout cela est orchestré par la CIA et le FBI, membres de ce réseau pédophile."

 

On comprend qu'elle est victime d'un réseau depuis son enfance, et elle évoque des faits qui se seraient produits à New-York chez Epstein : "Le FBI savait que j'avais été violée par Epstein entre 10 et 12 ans environ, et ils savaient que j'avais été victime d'un viol collectif commis par Steve Bannon et neuf autres hommes, alors que j'étais attachée à une table chez Epstein. Ces hommes m'ont prise pour cible parce qu'ils ont fait référence au fait que j'ai été attachée et violée enfant. Voilà ce que j'ai reçu comme punition pour avoir dit avoir vu James Bulger et Kevin Weeks enlever un enfant" [4], une fillette enlevée en 1998 devant ce témoin qui avait alors 14 ans. 

 

Elle poursuit : "En 2021, Robert A. Murray [5] m'a dit que lorsque je me souviendrais de tout, ils me tueraient. Je n'avais aucune idée de ce dont il parlait, car je ne me souvenais de rien. Cela semble se confirmer. Il a également dit que lorsque je me souviendrais, je ne devrais rien signaler aux autorités, car elles me traiteraient de "psychopathe". Eh bien, je ne me laisserai pas réduire au silence et je dirai la vérité".

 

Elle explique avoir été droguée, amenée chez Epstein, enfermée dans une chambre où Trump s'est présenté : "À un moment donné, le majordome a ouvert la porte et Donald Trump se tenait là. (Je n'étais pas à son goût). Il a dit à un homme de s'assurer qu'elle boive un peu de ça pour qu'elle oublie ma présence. Puis il a dit au majordome : "N'ouvre la porte que si tu penses que je vais aimer. "". 

 

Ce mail mentionne aussi des violences et pratiques qui montreraient l'existence d'un réseau en lien avec le FBI, et son récit rappelle d'autres témoignages de victimes de la CIA, traquées dès qu'elles commencent à se souvenir et à essayer de parler. Par exemple, elle a fini par se confier à deux femmes au sujet de l'enlèvement, deux femmes qui par la suite ont porté de fausses accusations contre elle, et raconte : "Quelques jours plus tard, James Bulger et Kevin Weeks m'ont enlevée, ainsi qu'une autre femme. J'ai été victime d'une overdose pour avoir trop parlé. Je me suis réveillée un mois différent. L'homme qui prétendait être mon père était également impliqué, car il travaillait pour James Bulger, ce que j'ignorais et dont je ne me souvenais pas". On a même de sérieux marqueurs de manipulation mentale de type MK-Ultra.

 

Elle parle de drogue qui efface la mémoire, d'enlèvements chez elle la nuit, de trous de mémoire pendant les épisodes traumatiques, d'expériences "médicales", d'électrodes dans la tête, explique qu'un soir alors qu'elle était frappée à coups de marteau, un des agresseurs a dit "fais attention, c'est notre ordinateur" en parlant d'elle, parle de viol commis par le juge de la cour suprême Clarence Thomas quand elle avait 4 ou 5 ans.  Elle mentionne aussi le gouverneur de Floride (élu en 2019), le Républicain soutien de Trump Ron DeSantis, aujourd'hui gouverneur de Floride, comme agresseur [6].

 

Le réseau dont elle parle semble lié à la mafia de Winter Hill dans la région de Boston, mais pas seulement : parmi ses agresseurs, elle cite les deux kidnappeurs qui étaient des boss de cette bande (elle dit que son père travaillait pour James Bulger), John Martorano, un assassin de la mafia (le gang de Winter Hill) condamné en 2004 à 15 ans de prison mais est sorti dès 2007 grâce à une réduction de peine parce qu'il a avoué ses assassinats, et dit que d'autres membres du gang de Winter Hill l'ont violée. Elle mentionne aussi le mafieux new-yorkais Michael Franzese [7] et Sam Gravano du clan Gambino [8].

 

Le FBI a aussi reçu en août 2019 un témoignage d'un dénommé "Santos" au sujet d'une soirée en 2004 ou 2005 dans une villa appelée la "maison Playboy de l'Oklahoma", en présence d'Epstein et Trump, et lors de laquelle des femmes auraient été "vendues aux enchères" [9]. 

 

En 2020, une femme qui a contacté le FBI se disait victime d'exploitation sexuelle « dès son plus jeune âge ». Elle a déclaré : "J'ai été vendue en Russie. J'ai été agressée sexuellement par des avocats, des juges, des membres de la famille royale, des politiciens et des présidents, des policiers et d'autres personnes. J'ai été vendue à Jeffrey Epstein à plusieurs reprises. Ma famille et mes proches ont reçu de l'argent grâce à moi.
J'ai été agressée sexuellement et violée pendant plusieurs années. Ils ont fait de moi un objet pornographique. Ils ont fait de moi une esclave sexuelle dans tous les pays. Ils ont essayé de me détruire mentalement. Les membres de la famille royale norvégienne, Gunnhild Stordalen
[10], Petter Stordalen [11], Kjell Inge Rokke [12], Jens Stoltenberg [13], Jonas Gahr Store, Stian et d'autres ont essayé de me plonger dans le coma et de me rendre handicapée.
J'étais milliardaire et on m'a volé ma fortune et on a essayé de me disqualifier. Je n'ai aucune aide, j'ai besoin d'aide. J'ai eu des contacts avec Joe Biden et Hillary Clinton
.". Elle dit encore qu'ils l'ont stérilisée et que sa famille est impliquée dans le système.

 

Et puis, qui donne à Epstein l'autorisation de tuer un type (tous les noms sont censurés) qui serait un menteur, dans un mail du 30 juin 2014 suivi quelques minutes après d'un autre mail précisant : "Je veux trouver la meilleure stratégie pour l'engloutir sous ses propres mensonges. Je vais le tuer lentement et douloureusement. J'ai dit ça quand tu as parlé de lui à quelqu'un. On peut me mentir, mais si on ment à Jeffrey, c'est fini. J'espérais vraiment qu'il ne l'aurait pas fait".

 

 

En france

Epstein avait un rapport particulier avec la france, où il passait plusieurs semaines par an et où il invitait des individus de différents horizons dans sa villa de l'avenue Foch. Quand il venait, il atterrissait souvent à l'aéroport du Bourget (premier aéroport d'affaires en Europe) où apparemment on ne s'embarrasse pas de contrôler les allers-et-venues de mineures en compagnie de milliardaires étrangers.

 

macron

 

Photo de l'album d'Epstein dans le sud de la France

Il est au pouvoir depuis 2017, Epstein, qui venait -et transitait- beaucoup en france où il avait une résidence avenue Foch, est mort à l'été 2019 - un "meurtre" selon le mail d'un assistant du procureur, son frère et divers observateurs. Depuis, la france n'a strictement rien fait pour éclairer les relations et les actions d'Epstein alors qu'il passait plusieurs mois par an dans ce pays. C'est d'ailleurs en rentrant de france qu'il a été arrêté aux Etats-Unis pendant le 1er mandat de Trump (2016-2020), son ancien ami qui se targuait alors de "nettoyer le marais". Une blague quand on connaissait déjà les témoignages de victimes, violées alors qu'elles étaient mineures par Trump dans le cadre du réseau Epstein.

 

Jean-Luc Brunel, ami proche et bras droit d'Epstein en france, n'a été arrêté [14] que pour se suicider après la parution d'un article pertinent à son sujet dans la revue de Karl Zéro : en le lisant je me suis dit que Brunel n'allait pas tarder à être suicidé à son tour en février 2022.

 

Il est évident que macron a bloqué les poursuites. Lui qui a méthodiquement détruit la protection de l'enfance et tout le reste des services publics, qui a organisé une dictature covidiste et ruiné notre pays dans une guerre inepte en Ukraine, n'avait aucun intérêt à faire la lumière sur le réseau pédocriminel d'Epstein. Lui qui a rencontré Brigitte à 14 ans n'a pas l'air de vouloir réagir face à ces pratiques.

 

Ghislaine Maxwell, complice d'Epstein et Brunel qui a aussi la nationalité française, n'a pas été inquiétée davantage.

 

 

 

Ne lui en déplaise, Jupicrétin est cité des dizaines de fois dans les fichiers Epstein - et ce n'est pas à cause des Russes. On comprend en filigrane qu'Epstein, dans son rôle d'intermédiaire, facilitait l'accès à macron à divers individus. On trouve par exemple dans ces mails  :

  • En mars 2016, le magnat de l'immobilier émirati, le prince Ben Sulayem, écrit à Epstein qu'il a mangé à l'Elysée, où il a eu "une conversation sympathique avec le ministre de l'économie MrMacron au sujet de nos affaires en France". Pourquoi cette info donnée au pédo ? Probablement parce qu'il a quelque chose à voir dans ces « affaires en France », dont on aimerait connaître le montant des dessous de table.
  • Dans un mail d'avril 2017, entre les 2 tours de la présidentielle, Brad Wechsler un des assistants de la famille du patron du fonds Apollo jusqu'en 2021 Leon Black, lui aussi très impliqué dans le réseau Epstein, s'inquiétait de l'issue du scrutin présidentiel en france pour pouvoir spéculer.
  • En août 2017, le norvégien Thorbjorn Jagland, ex secrétaire général du Conseil de l'Europe de 2009 à 2019 qui fait l'objet d'une enquête pour corruption aggravée en Norvège dans le cadre de sa relation avec Epstein, lui écrit qu'il a obtenu un rendez-vous pour le 29 août avec macron. Le Monde explique : "Chef du gouvernement travailliste de 1996 à 1997, M. Jagland était président du comité Nobel, qui décerne le prix Nobel de la paix, et secrétaire général du Conseil de l’Europe au moment où il a tissé des liens avec M. Epstein dans les années 2010 […] M. Jagland a sollicité une garantie du financier américain pour l’achat d’un appartement, sans que l’on connaisse l’issue de cette demande. M. Jagland a, par ailleurs, séjourné chez M. Epstein à New York en 2018, ainsi qu’à Paris en 2015 et 2018, selon ces mêmes documents.". Jagland a encore obtenu un rendez-vous avec macron (dont il tient encore informé Epstein) le 10 novembre 2018 pour un dîner.
  • En septembre 2018, un certain "Jaques" (c'est ainsi qu'Epstein écrit le prénom de Jack Lang) écrit à Epstein qu'il a diné avec macron.
  • Dans un mail du 30 août 2018 envoyé à Epstein par une personne dont le nom est censuré, et dont l'objet est "macron", il lui est demandé de trouver des idées "disruptives" car il veut être le chef de l'Europe et "peut-être" du monde. 
  • Dans plusieurs mails, une victime d'Epstein relie macron à Epstein, notamment pour des questions financières.

 

Tahiti, territoire ultramarin français, est cité plusieurs fois, notamment dans des échanges avec Brunel. Epstein y est allé plusieurs fois entre 2005 et 2017, et Maxwell y est passée en 2009.

 

 

Jack et Caroline Lang

 

Album d'Epstein

Lang est enfin tombé du piédestal qu'il occupe depuis 1981, quand Mitterrand en a fait son ministre d'une Culture placée sous perfusion d'argent public et vassalisée par l'ancien Collabo.

Lang est un mendiant qui prend tout l'argent et les avantages qu'il peut là où il le peut, et après son passage à divers endroits émergent les "rumeurs" sur ses actes pédocriminels. Sa pingrerie l'a quand-même amené à ne plus être invité au Festival de Cannes en raison de ses notes d'hôtel très élevées et non payées. 

 

Lang et Epstein s'échangent des mails au moins depuis 2012, et les deux, souvent avec Caroline qui semble les avoir mis en contact, se voyaient souvent pour déjeuner ou surtout pour diner dans les palaces et restos chics de Paris. Lang était aux petits soins pour le divertir, l'invitant à une représentation de West Side Story en décembre 2012, lui empruntant une voiture en septembre 2017 pour aller à une soirée organisée par l'Aga Khan IV [15] dans son domaine d'Aiglemont dans l'Oise, lui souhaitant la bonne année le 1er janvier 2019, sans que le pédo US lui réponde, et demandant à le voir en avril 2019 quand il était en france. 

 

Epstein aussi était aux petits soins. Il le ramenait ainsi que sa femme et sa fille semble t'il, dans son jet privé, de Marrakech à Paris en 2014. Il prête sa maison de New-York à la petite-fille Lang et ses copines, En 2013, il assure à Lang qu'il sera disponible pour lui "tous les jours". 

 

Lang était aussi un canal vers Jupicrétin : dans un mail du 2 octobre 2018, Epstein demande à Lang et sa fille s'il peut obtenir un rendez-vous avec quelqu'un dans l'entourage de macron pour Tom Pritzker président des hôtels Hyatt et de la fondation Hyatt qui voulait organiser une remise de prix à l'Elysée. Caroline, contactée en premier, dit qu'elle va en parler à son père.

 

Quant à Caroline Lang, ancienne directrice générale adjointe de Warner Bros International Television Distribution et coprésidente de l'association pour les femmes dans les médias, très enthousiaste à l'idée que macron gagne les législative de juillet 2017, les mails publiés montrent qu'elle était très proche d'Epstein qui connaissait ses filles. Elle mentionnée dans plus de 2000 mails. L'un d'eux, en 2014, porte sur l'arrivée de Caroline et ses deux filles dans la maison d'Epstein à Palm Beach.

 

Il existe aussi une société offshore basée aux îles Vierges créée par Epstein, dont Caroline détient la moitié des parts non déclarées au fisc, et destinée à acheter des "œuvres de jeunes artistes". Et deux jours avant son "suicide", Epstein l'a mise sur son testament pour lui donner 5 millions de dollars. A quel titre ? Il sera intéressant de le savoir.

 

Selon Le Canard Enchaîné (11 février 2026), Lang a utilisé les salariés de l'Institut du monde arabe pour satisfaire des demandes d'Epstein, probablement la contrepartie, financée par de l'argent public, aux largesses octroyées par Epstein à la famille Lang, ou des rendez-vous organisés avec Macron.

 

En effet, c'est grâce à de l'argent d'Epstein qu'un film à la gloire de Lang, "Jack Lang, la traversée du siècle", a pu être tourné dans les locaux de l'Institut, dont les salariés sont intervenus pour trouver un avocat et un notaire à Epstein, ou une designeuse pour refaire la déco de son jet privé.

 

 

 

Et puis il y a ce mail d'Epstein à Jack le 5 janvier 2016, au sujet d'une idée de magouille financière pour donner de l'argent à Lang : "Maintenant que la famille est de retour de vacances, l'idée est assez simple mais nécessite l'avis des avocats français. J'investis 20 millions de dollars. Jacques achète l'œuvre. Je n'interviens pas. Nous partageons les bénéfices à parts égales. Les recettes lui reviennent, ainsi qu'aux membres de sa famille qu'il désigne : enfants, petits-enfants. S'il préfère que mon nom n'apparaisse pas, cela me convient également. Il peut l'appeler le Fonds Lang Art. S'il le souhaite, il peut également percevoir un salaire annuel pour l'administration."

 

Même sa petite fille Anna écrivait directement à l'assistante d'Epstein en 2016 pour venir avec trois copines à New-York "chez Jeffrey" alors qu'elle avait 17 ans. On comprend aussi qu'il lui a prêté un apparemment en 2019 et l'a même alimentée en recharges de cigarettes électroniques.

 

Le 6 février 2026, le parquet financier a ouvert une enquête au sujet des affaires communes des Lang et d'Epstein.

 

 

Ariane de Rothschild

 

La banquière française, mariée en 1999 à Benjamin de Rothschild (fils d'Edmond et Nadine, décédé d'un arrêt cardiaque en 2021 à 57 ans après des années d'addiction à l'héroïne) et dirigeante d'une société Edmond de Rothschild (son beau-père), est citée 4500 fois dans les fichiers parce qu'elle échangeait beaucoup avec lui par mail pendant des années et ils se sont aussi rencontrés plusieurs fois entre 2013 et 2019. Ils parlaient business, opportunités financières, par exemple  à l'occasion de la guerre en Ukraine, ou encore des problèmes familiaux d'Ariane avec ses cousins par alliance, son mari qu'elle a écarté du groupe et cherchait à mettre sous tutelle, ou ses beaux-parents.

 

Apparemment, Epstein lui donnait des conseils pour sa banque, la mettait en relation avec des personnages utiles pour ses affaires par exemple en 2015 dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale contre Edmond de Rothschild (conseils qui ont couté 25 millions de dollars à l'entreprise!).

 

Elle a rencontré Epstein au moins une douzaine de fois. La banque a dit qu'il s'agissait seulement de son activité de banque, puisqu'Epstein avait des relations d'affaires avec eux. Le 20 décembre 2018, elle se plaignait auprès d'Epstein que les Gilets Jaunes l'avaient accusée, alors qu'elle était sur son yacht en Bretagne, de "contrôler macron et l'Etat français".

 

Une enquête financière sur les transactions d'Epstein a été ouverte en france et confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). En mars 2026 les bureaux de la banque Edmond de Rothschild ont été perquisitionnés.

 

 

Fabrice Aidan

 

Fabrice Aidan, franco-israélien diplomate depuis les années 90, affecté à Tel-Aviv entre 1998 et 2000 [16] puis à l'ONU en 2002, échangeait de 2010 [17] à 2018 avec Epstein, parfois dans une boucle avec son chef sous-secrétaire général de l'ONU, le norvégien Terje Roed-Larsen [18], sur la politique du Proche-Orient (Péninsule arabique, Palestine ; Syrie, Israël notamment) et le rencardait sur l'ONU où il était en poste en 2011 – 2013. Comme Lang, Aidan jouait les intermédiaires pour Epstein auprès de diverses personnalités politiques et du business, contribuant ainsi ) son retour dans les soirées du gratin mondial. 

 

Ils sont entrés en contact parce qu'Epstein cherchait un moyen d'assister au forum Sir Bani Yas aux Emirats Arabes Unis, où il voulait rencontrer Abdullah Bin Zayed de la famille royale, frère du prince héritier et ministre des Affaires étrangères depuis 2006. C'est le chef d'Aidan à l'ONU, Terje Roed Larsen, qui a réussi à y introduire Epstein et à organiser un diner avec Bin Zayed et Bill Gates en janvier 2011.

 

Aidan et Roed Larsen donnaient aussi des informations confidentielles, comme un compte rendu de réunion du secrétaire général de l'ONU ou d'une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU en 2004 sur le retrait des troupes syriennes du Liban.

 

Aidan a été dénoncé en 2013 par le FBI pour avoir téléchargé des vidéos de viols d'enfants et a fait l'objet d'une enquête de la DGSI en 2020, qui a signalé les faits au parquet, pour ses penchants pédocriminels. Mais bien-sûr la procédure a été classée sans suite et selon Médiapart, Aidan n'a même pas été entendu. En 2020, Jupicrétin squattait l'Elysée et en 2012 il était déjà dans la place comme conseiller ou chef de cabinet de Hollande. A la suite de l'enquête du FBI qui a prévenu l'ONU où il siégeait, Aidan a quand-même dû quitter les Etats-Unis en urgence.

 

De 2014 à à 2016 il a rejoint la banque Edmond de Rothschild : en 2016 encore, il participait à Salzburg à un forum auquel il était présenté comme "Conseiller international, Edmond de Rothschild Group". Des têtes couronnées du monde "arabe" ou leurs proches assistants étaient là, ainsi que de nombreuses ONG. C'est Epstein lui a trouvé une planque chez Rothschild en 2014 comme lobbyiste, avant son renvoi en 2016 à cause de l'enquête du FBI mentionnée dans un livre. Selon un article de Radio France (28/02/2026), "L'alerte remonte à la présidente du groupe, Ariane de Rothschild. Son bras droit, Cynthia Tobiano, adresse le jour-même un mail à Jeffrey Epstein, avec le lien vers un site français évoquant les révélations de Vincent Jauvert. Un courriel que le financier new-yorkais transfère immédiatement à ses amis Terje Rød-Larsen et... Fabrice Aidan. Epstein laisse également un SMS au Français : “Appelle-moi. Ariane a lu l’article...”. Le pédocriminel va alors tenter de rassurer son amie banquière. “J’ai parlé à Terje, écrit-il. Il a dit que Fabrice a été innocenté de toutes les accusations judiciaires.”"

 

En 2017, alors que le conflit entre Aidan et Rothschild n'était toujours pas réglé, Epstein a même proposé à Ariane de Rothschild de le payer pour "régler le problème, comme avec Olivier", laissant comprendre qu'il avait aussi joué les conciliateurs pour le renvoi d'Olivier Colom, également passé par la société.

En 2017 Aidan est retourné aux Affaires étrangères d'où il a été envoyé à l'UNESCO, et en 2023 il était présenté comme Conseiller des affaires internationales chez Engie, d'où il n'a été viré qu'en mars 2026.

 

 

Frédéric Chaslin

 

Ce chef d'orchestre est en contact par mail avec Epstein depuis 2012 quand il dirigeait l'opéra de Santa Fé, car sa compagne est une ex d'Epstein. Le couple est allé le voir dans son ranch en août 2012, et l'invitait à des concerts. Après le séjour dans le ranch, où Epstein cherchait à créer une usine à bébés avec son ADN, Chaslin écrit un mail dithyrambique à Epstein : "Je dois dire que c'était la première fois que je pénétrais dans l'univers d'un tel visionnaire. Il ne s'agit pas vraiment de la dimension de tout cela en termes de "matérialité", mais plutôt du goût, du sens des proportions, de l'harmonie et du désir. Il y a quelque chose de totalement voluptueux dans tout ce que j'ai vu ; j'étais comme ivre du début à la fin, sans avoir bu une goutte d'alcool. Comme être à l'intérieur d'une œuvre d'art.

 

Ils se voyaient aussi à Paris où Chaslin a organisé une visite de l'opéra Garnier pour Epstein, à New-York chez Epstein en présence de Woody Allen, pédo notoire déjà en 2013 lors d'un passage de Chaslin.

 

Il y a un mail en particulier qui interroge : il a écrit le 12 septembre 2016 à Epstein qu'il lui a "trouvé une fille super pour ton [ou votre] prochain séjour à Paris. Étudiante en philosophie. 21 ans. Ressemble un peu à la femme actuelle de Roman Polanski (Mathilde Seigner)", Epstein a demandé à la voir le 27 et Chaslin lui a donné le contact de cette femme, qui heureusement a refusé la proposition après avoir vérifié sur Google qui était Epstein.

 

Dans un mail de juillet 2017, Chaslin se vante de connaître macron parce qu'Attali, qu'il qualifie de "mentor de macron", est un de ses amis, et Bruno Le Maire déjà catastrophique ministre des finances. D'ailleurs, Jupicrétin l'a invité à une cérémonie.

 

D'autres accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Chaslin, dans un cadre professionnel, ont émergé depuis la diffusion des derniers documents.

 

 

Simon Ghraichy

 

Ce pianiste est mentionné des centaines de fois dans les mails, et ils se sont rencontré au moins une dizaine de fois entre 2014 et 2018. Avec Chaslin, il a participé à l'animation de séjours d'Epstein en France, lui organisant visites dans des lieux privilégiés, rencontres et soirées. Il cherchait lui aussi des jeunes femmes pour Epstein.

 

Selon le Canard Enchaîné, c'est Jack Lang qui aurait permis la rencontre entre Ghraichy et Epstein en 2012, et une seconde rencontre a eu lieu en présence de Jean-Luc Brunel. Epstein lui a trouvé un agent pour le placer à un festival ou même un dentiste aux Etats-Unis et le finançait aussi tel un mécène. En janvier 2018, il souhaitait à Epstein une année "décadente et musicale".

 

 

Olivier Colom

 

Cet ex conseiller diplomatique de sarkoléon, la première "racaille" de france, passé lui aussi par la société Edmond de Rothschild et désormais conseiller Afrique de Marine Le Pen, est mentionné environ 2000 fois dans les fichiers car depuis 2011 il échangeait beaucoup avec Epstein sur différents sujets, et ils s'échangeaient des contacts. Colom cherchait ainsi pour Epstein des personnes intéressantes à rencontrer et des filles lors de ses passages à Paris, et en échange Epstein l'invitait à des dîners pour rencontrer du gratin comme Ehud Barak.

 

Colom disait en 2013 vouloir trouver des financements pour Bruno Le Maire qui allait être candidat à la prochaine élection , et se vantait en 2018 auprès d'Epstein de voir "régulièrement" Bruno Le Maire (déjà ministre de l'Economie) et disait vouloir l'aider à trouver des financements. C'est via Colom que la rencontre de Le Maire et Epstein chez ce dernier à New York en 2018 a été initiée.

 

En novembre 2013, Colom écrit à Epstein (vraisemblablement avec une adresse -censurée- du groupe Edmond de Rothschild mentionné dans le bas du mail - Colom y a travaillé de 2013 à 2016) pour lui demander : "Peux-tu organiser un rendez-vous discret entre sarko et Hillary Clinton à New-York ? Si pas, à qui peut-on demander ?", rendez-vous sollicité pour le mois de décembre 2013. 

 

Et puis il y a les propos racistes et probablement pédocriminels tenus dans leurs échanges. En juin 2013, Epstein qui est sur son île écrit à Colom : "Certaines sont comme des crevettes, tu jettes la tête et tu gardes le corps". "J’aime les crevettes. Mais pas tellement si c’est trop rose, même si je préfère clairement les blanches à toutes les autres couleurs", répond Colom, puis l'autre enchaîne : "Je ne peux même pas penser à l’odeur des crevettes noires". Et enfin Olivier Colom approuve, ajoute qu’en Russie, où il s’apprête à voyager, "il y a sûrement beaucoup de poisson frais".

 

Dans d'autres mails, on comprend que Colom cherche une jeune assistante pour Epstein, et dans un autre encore en février 2016, Epstein semble préciser les termes d'une rupture de contrat avec Colom à des conditions très avantageuses : "Votre préavis prend effet immédiatement. Vous percevrez l'équivalent de trois mois de salaire, sans prime différée. Vous recevrez 500 000 € en mai 2016, 500 000 € en mai 2017 et 500 000 € en décembre 2017. Vous êtes déjà tenu au secret professionnel, et cette obligation restera en vigueur indéfiniment".

 

 

Marine Le Pen

 

Rencontre Bannon - Le Pen en novembre 2018

Elle est citée et son mari est évoqué dans certains échanges au sujet de ou avec Steve Bannon, mais aucune relation directe avec Epstein n'est identifiable.

 

On apprend au détour d'un échange entre l'écrivain Michael Wolff et Epstein en juillet que Steve Bannon, meneur d'extrême-droite et bras droit de Trump au début de son mandat [19], a rencontré le 11 juillet 2018 "des figures de droite", dont le mari de Marine Le Pen à l'époque, Louis Alliot, au sujet du "refinancement du FN parce qu'apparemment une bonne partie de leur argent vient de Russie".

 

Et comme on va le voir, Bannon dit plus tard avoir obtenu de l'argent pour le FN dans des échanges par chat d'avril 2019 auxquels participaient Larry Summers, Torje Roed Larsen, Epstein et d'autres. L'un d'eux dont le nom est censuré explique "Je viens d'appeler les gars du Front National. Je crois que j'ai fait une super affaire avec leur financement ! Il se peut que je n'aie pas besoin d'un prêt à taux zéro. (…) J'ai demandé au Rassemblement National de contacter ses membres pour leur proposer les 4,7 MILLIONS DE DOLLARS NÉCESSAIRES AUX ELECTIONS EUROPÉENNES.(…)  Ils m'ont dit qu'ils n'avaient récolté que 1,25 million de dollars pour l'ensemble de la campagne nationale de 2017. (…) Le Pen va attendre avant d'annoncer, car les médias vont s'emballer pour le montant qu'ils ont récolté."

 

Le Pen a déclaré à Off Investigation que les discussions avec Bannon n'ont débouché sur aucun prêt ni rien d'autre.

 

 

Daniel Siad

 

Siad s'est lancé dans le mannequinat un peu comme Brunel, et recrutait des filles pour Epstein. Une plainte déposée contre lui pour viol en février 2026 l'accuse d'avoir été l'un des nombreux rabatteurs d'Epstein en france. Cette plainte a été suivie d'une deuxième, et on en serait aujourd'hui à 4 plaintes. Selon RFI (28/02/2028) "Il s'agit d'une Française qui a rencontré Daniel Siad à la fin des années 2000 en France. Elle accuse l'ancien recruteur de mannequins de l'avoir présenté à des hommes et notamment à Jeffrey Epstein, sous prétexte de lui trouver de prestigieux castings, mais dans l'unique but de pourvoir aux besoins sexuels de ses hommes.

 

Son avocate dit avoir recueilli trois autres témoignages de trois femmes qui décrivent le même mode opératoire : un casting sauvage dans la rue, la promesse d'une grande carrière dans le mannequinat, mais au final, aucun casting, aucun emploi.

 

Cité autour de 2000 fois dans les fichiers publiés, il est accusé par une suédoise de 56 ans de viols commis dans les années 1990. Jusque là Siad, de nationalités algérienne et suédoise, était passé entre les gouttes, et il n'était pas encore cité dans les documents déjà publiés.

 

Pourtant, il était proche de Jean-Luc Brunel encore dans les années 2010. Brunel lui versait 3000$ par mois pour lui ramener des filles. 

 

Selon la plainte d'Emma Karlsson (la première), Siad l'a fait venir à Monaco pour une séance photos et l'a amenée à Cannes où il l'a violée, puis à Paris dans les locaux de l'agence Elite où elle a été violée par un des dirigeants, Gérald Marie, autre relation d'Epstein cité dans plusieurs plaintes. Quatre autres françaises, aspirantes mannequin, ont porté plainte contre Siad, selon une enquête de France Télévision. L'une, qui a témoigné devant la police française en 2019, a rencontré Siad en 2003 à Paris : il lui a donné des billets d'avion pour New-York et l'adresse d'Epstein où elle s'est rendue. Il lui a demandé de se mettre en sous-vêtements et elle a fui. Une autre qui dit avoir été une des esclaves sexuelles d'Epstein pendant plusieurs années, explique que Siad recrutait aussi des filles pour d'autres pervers qu'Epstein.

 

 

Brunel

 

Brunel, suicidé en 2021 peu après son arrestation à l'aéroport, était très proche d'Epstein et Maxwell depuis les années 1990 quand Epstein finançait son agence MC2 et mettait à disposition de ses jeunes mannequins des appartements à New York, où elles étaient fortement incitées, si pas poussées, à la prostitution. Il est venu le voir 67 fois pendant son séjour en "prison" (où Epstein restait seulement la nuit).

 

C'est seulement en 2015 que Brunel et Epstein se sont brouillés après que Brunel ait déposé une plainte avec demande de dommages et intérêts contre son ancien ami parce que ses scandales sexuels auraient nui à la réputation de son agence Karin models. Dans les mails publiés on trouve aussi des échanges avec Matthieu de Boisséson, avocat proche de Jean-Luc Brunel, qui échangeait aussi avec Epstein en 2015 pour apaiser le conflit entre les deux pédos, auxquels il prodiguait ses conseils d' "ami". L'avocat, qui en 2009 a signé une pétition dans Le Monde pour défendre Polanski (qu'il fréquentait par ailleurs), a dit ne l'avoir rencontré que 2 ou 3 fois et n'avoir rien sur de leurs activités pédocriminelles.

 

En 2016 Brunel a même négocié avec des avocats de victimes et la justice US pour le dénoncer en échange de l'immunité, et Epstein l'a rapidement su parce que via son avocat, Brunel lui a demandé 3 millions de dollars pour ne pas aller voir le procureur afin de conclure l'accord.

 

Enfin, citons le cinéaste Michel Hazanvicius qui est venu le voir dans son appartement à Paris au moins une fois en 2012 et essaie de fixer une date pour un diner avec Epstein en 2014, et le photographe Antoine Verglas qui a un studio à New-York et est venu voir Epstein sur son île. Il organisait des séances photo avec des filles à sa demande, probablement pour les appâter et était le seul à accéder aux photos.

 

D'autres comme Jupicrétin n'échangent pas directement avec Epstein mais sont cités :

  • Bruno Le Maire : Epstein écrit dans un mail du 17 juillet 2017 que Le Maire est venu le voir à New York avant l'élection du micron, apparemment grâce à l'entremise de Chaslin.  En mai 2018 il écrit à Cédric Villani (macroniste perdu et scientifique) que Bruno Le Maire était chez lui à New-York. 
  • Moscovici : Dans un mail à Epstein du 4 avril 2014, Bill Gates raconte qu'il a rencontré Moscovici, ministre des Finances sous Flamby de 2012 au 31 mars 2014 qui "nous a beaucoup aidés" - et on aimerait bien savoir pourquoi ?

 

 

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Bien d'autres choses sont encore à découvrir concernant les magouilles d'Epstein et sa bande en france, pays où tout est permis pour les pédocriminels en général, mais en particulier quand ils sont proches des milieux politiques. On voit en tout cas clairement qu'Epstein cherchait à se rapprocher du pouvoir politique, même après 2008, malgré son odeur de souffre qui en a fait hésiter certains.

 

Le réseau pédocriminel dont Epstein était un pion parmi d'autres commence à se dessiner à travers une série de témoignages, dans lesquels Trump est souvent mentionné. La "section Epstein" du réseau pédocriminel est aussi impliquée dans des magouilles politiques et financières, dans l'eugénisme, dans le sionisme, dans le capitalisme de surveillance. On n'a pas fini d'explorer ses liens avec beaucoup des problématiques clés du moment, même si bien-sûr beaucoup n'ont aucun intérêt à ce que tout cela soit exposé.

 

 

Statue de Trump et Epstein posée devant le Capitole. Photo du 11 mars 2026

 

[1] Selon un document de l'enquête, il y a 14,6 terabytes de vidéos à exploiter.

[2] Ce mail est transféré par un animateur radio qui enquête sur l'affaire, Eddy Aragon.

[3] Cette femme a précisé que la principale maison où elle a été amenée "se situe derrière Thorpe Green, au bout d'un chemin privé. Les écuries de Hurst Farm sont juste à côté. Dans l'allée de cette maison, j'ai été percutée par une voiture bleu foncé dont la plaque d'immatriculation personnalisée se terminait par "M", conduite par le prince Andrew. Je n'ai pas été emmenée à l'hôpital, mais j'ai subi des blessures permanentes aux côtes, à la hanche et à la jambe droite. La figurine du capot de la voiture s'est détachée et m'est restée dans la main lors de l'impact. Je l'ai ensuite enterrée près de chez moi, afin qu'elle puisse encore servir de preuve. Après l'accident, je me suis réveillée avec le prince Andrew [passage censuré] dans cette maison  Je possède des dossiers médicaux concernant l'infection qui en a résulté. Une fois, je me suis enfuie de la maison, nue, et j'ai réussi à rejoindre la communauté des Travellers irlandais un peu plus loin". Elle a aussi été amenée dans une autre habitation appartenant à Andrew, qu'elle a reconnue plus tard comme le Frogmore Cottage : "Là, j'ai été attachée à une table et torturée avec des décharges électriques par Ghislaine Maxwell, entourée d'hommes qui regardaient. Je me souviens avoir vu le visage du prince Andrew. J'ai essayé de m'échapper. Maxwell m'a rattrapée et m'a battue avec le manche d'un balai. Elle m'a aussi menacée, disant que je "méritais de mourir", et m'a frappée au visage avec le balai, me cassant le nez. Je n'ai été emmenée à l'hôpital qu'après un match de rugby pour une fracture du nez, afin que la blessure puisse être imputée à ce sport.

[4] James Bulger était un parrain de ma mafia, informateur de la police depuis 1975, finalement arrêté en 2011, accusé de 19 meurtres commis entre 1972 et 2000 et mort en prison en 2018. Kevin Weekes était son bras droit, puis devenu indic de la justice en 1999 il a balancé Bulger, et a été relâché de prison en 2005.

[5] Robert A Murray était son patron à la Bank of Boston, et a fait des confidences au témoin. Dans sa déposition, elle explique : "En 1998, Robert A. Murray, mon patron à la Bank of Boston, a déclaré que des psychopathes au sein de la CIA et du FBI jouaient un jeu dangereux. Il a affirmé que Donald Trump était impliqué et faisait partie de ce réseau pédophile. Il a mentionné le juge [de la cour suprême]Clarence Thomas, que je ne connaissais pas. Il m'a aussi dit que j'avais été vendue à la CIA par l'homme qui prétendait être mon père, l'homme qui m'a violée à plusieurs reprises et m'a exploitée sexuellement. Je n'y croyais pas, mais maintenant j'y crois."

[6] Elle explique : "Je me suis réveillée nue, ligotée et battue, allongée sur le sol, sous la menace d'une arme de James Bulger. Ron DeSantis est entré et m'a violée. Il a dit : "Quand je me souviendrai de ce viol, je serai internée comme psychopathe !". Puis une femme est arrivée et a simulé un rapport sexuel avec moi ; cette femme, c'est Nancy Mace. James Bulger a menacé de diffuser la scène dans un film pornographique. Je ne me souviens de rien." Nancy Mace est députée républicaine depuis 2021. Son père était officier de l'armée et elle est née à Fort Bragg, où diverses expériences ont été menées notamment dans le cadre de MK-Ultra.

[7] Condamné en 1991 pour fraude fiscale, Michael Franzese est devenu un born-again, un chrétien évangélique. Libéré en 1994, il est devenu écrivain critiquant le crime organisé.

[8] Sammy Gravano est lui aussi devenu informateur du FBI, en 1992, après s'être fait coincer. Son témoignage aurait permis l'arrestation de John Gotti (entre autres). En 2002 il a de nouveau été arrêté et a pris 20 ans pour trafic d'ecstazy, mais a été libéré en 2017.

[9] Cette villa appartenait à "Sir" Ivan Wilzig, et selon le document "héritier de la Common Wealth Bank du New Jersey". Santos, le témoin, explique que là-bas il a "sauvé" une jeune femme âgée selon lui de 18 à 23 ans qui pensait venir en Oklahoma pour un job de mannequin, "cependant, à la fête, elle a appris qu'elle avait été vendue à un homme en France. KJ est partie d'Oklahoma, pour une maison à Brooklyn, puis a été emmenée au château de Wilzig. Plusieurs femmes étaient mises aux enchères". Il a prévenu la police qui apparemment était au courant de la soirée.

[10] Physicienne norvégienne et militante écolo, mariée à Stordalen avec lequel elle a ouvert une fondation qui est dans la veine eugéniste en opposant l'humanité et l'environnement. En 2013 elle a lancé la EAT initiative sur l'alimentation mondiale et organisé un forum en 2014, en présence du prince Charles, Clinton, des membres de la famille royale comme la princesse de Norvège Mette-Marit.

[11] Milliardaire norvégien, promoteur immobilier, de centres commerciaux, d'hôtels et pseudo écolo.

[12] Milliardaire norvégien qui faisait du business dans l'extraction pétrolière off-shore.

[13] Politicien norvégien qui a été secrétaire général de l'OTAN de 2014 à 2024.

[14] Brunel a été arrêté le 21 décembre 2021 alors qu'il s'apprêtait à embarquer, avec un seul billet aller, vers le Sénégal pour les fêtes de fin d'année.

[15] Chef de la communauté ismaélienne (chiite), une lignée qui dit descendre du prophète Mahomet, et dont le père était proche de Mitterrand et impliqué dans diverses magouilles.  Karim Aga Khan IV est décédé en février 2025 et son fils lui a succédé.

[16] Juste après son diplôme d'HEC, de 1998 à 2000, il a fait son service militaire en Israël. En 2002 il a été détaché à l'ONU par la France et s'est rapproché de Terj Roed-Larsen, alors envoyé spécial pour le Liban. De 2010 à 2017, Aidan était secrétaire des Affaires étrangères pour l'Orient. Il a aussi représenté la france à l'ONU.

[17] Selon RFI (10 février 2026), "En décembre 2010, les premiers contacts répertoriés entre Fabrice Aidan et Jeffrey Epstein portent sur l'Arabie Saoudite. Le milliardaire américain veut à tout prix participer au forum de Sir Ban Yas, un évènement annuel organisé par le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, pour rencontrer Abdullah Bin Zayed, l'un des fils du fondateur du pays."

[18] Dans les années 1990 il avait joué un rôle clé dans les accords d'Oslo entre Israël et la Palestine.

[19] En 2018 Bannon est venu pour fédérer les partis d'extrême-droite européens et les financer en vue des élections européennes de 2019. 

 

28 décembre 2025

Extension des mafias chinoises par le travail forcé et les escroqueries en ligne, de l'Asie à l'occident

Siège du groupe prince à Phnom Penh

Je propose d'aborder aujourd'hui un sujet un peu différent, parce qu'il s'agit d'un phénomène géopolitique et économique qui commence à s'installer partout dans le monde : il s'agit du système mafieux, porté par les triades chinoises, de trafic d'êtres humains pour les obliger à faire des escroqueries en ligne à une échelle industrielle. Des dizaines de milliers de personnes sont retenues dans des centres d'escroqueries partout en Asie, entraînant au passage une corruption endémique des castes dirigeantes. Ensuite, il faut blanchir ces milliards de dollars : l'argent est investi en Asie, en Afrique, et même en Europe. 

 

Sur le plan géopolitique, la Chine affiche depuis 2020 sa lutte contre ces réseaux qui continuent à prospérer, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont lancé l'offensive en 2025 avec la saisie de milliards de dollars et des procédures contre des dizaines de personnes liées à un groupe international basé au Cambodge, Prince Group, accusé d'être impliqué dans le trafic d'êtres humains, les fraudes et la corruption.

 

 

Il est intéressant aujourd'hui de regarder de plus près l'extension de la mafia chinoise et ses pratiques, car elle s'installe aussi en Occident et dispose de quantités d'argent que les bandes criminelles cherchent à blanchir dans nos économies moribondes, qui sont aussi, comme la france, de plus en plus impactées par la corruption.

 

Les mafias chinoises, qu'on appelle en occident les triades, sont aussi bien implantées en Chine qu'à Hong-Kong, Taiwan, Macao, Singapour, des lieux-clés pour le blanchiment d'argent, qu'ailleurs en Asie, jusqu'en Europe et en Amérique du Nord1. Elles sont organisées mondialement pour fournir de la drogue, comme la métamphétamine ou le Fentanyl, développer des réseaux de prostitution, et depuis le covid, elles sont très actives dans les fraudes sur internet (fraudes à l'amour ou aux gains en ligne avec les cryptos), extrêmement lucratives, qui sont en train de pourrir l'Asie du sud-est et de s'étendre de l'Afrique au Canada.

 

L'United States Institute for Peace explique comment, depuis 2020 en particulier, des groupes criminels liés à la Chine se sont implantés dans l'immobilier au Cambodge, au Laos, en Birmanie, aux Philippines principalement, pour blanchir de l'argent issu des escroqueries en ligne. Il s'agit souvent de quartiers entiers "qui ressemblaient moins à des villes-casinos luxueuses qu'à des colonies pénitentiaires. Ces installations étaient à proximité immédiate des villes-casinos, qui ont également été rapidement transformées en complexes similaires construits pour empêcher les gens de s'enfuir. En 2020, des rumeurs ont circulé dans les villes d'Asie du Sud-Est continentale, faisant état d'enlèvements ou d'internements forcés de Chinois dans ces complexes. En 2021, la situation a évolué avec l'apparition de témoignages de demandeurs d'emploi désespérés originaires de Thaïlande, du Cambodge, du Laos, du Myanmar et de Malaisie, piégés et contraints de franchir illégalement les frontières sous prétexte d'emplois légitimes, pour découvrir plus tard qu'ils avaient été victimes de traite et de cyber-esclavage, forcés à escroquer. Les conditions de vie dans ces complexes étaient épouvantables : les individus étaient torturés s’ils échouaient à atteindre des objectifs agressifs ou s’ils refusaient de participer à des escroqueries. Ils étaient également vendus ouvertement entre les complexes, traités comme de la marchandise par les chefs du réseau d’escroquerie chinois".

 

 

L'Asie du sud-est, banlieue corrompue de la Chine ?

 

Sihanoukville

Pour aller vite, depuis 2013 avec le projet de Route de la Soie (la Belt and road initiative) et surtout depuis 2020 (covid), la Chine multiplie les investissements dans les pays voisins, mais surtout au Cambodge où les investissements chinois, qui ont augmenté de 700% entre 2008 et 2017, représentent la moitié des investissements réalisés dans le pays aussi bien par des nationaux que des étrangers (3,6 milliards de dollars en 2024 qui vont en général dans des entreprises d'Etat chinoises), cela sans aucune condition comme le contrôle de la destination des fonds, le contrôle de la corruption, la soutenabilité des projets... Logiquement, une partie de ces investissements vient des mafias chinoises et sert à blanchir l'argent du crime.

Il y a aussi une coopération militaire, des exercices conjoints, une dépendance diplomatique, et l'immigration massive de chinois dans le pays, dont certains arrivent les poches pleines d'argent liquide et travaillent avec les mafias.

 

 

Nouvelle route de la Soie / Crédit : géoconfluences.

 

Le Cambodge est un terrain très sensible à la corruption : pendant 30 ans le Premier ministre a été Hun Sen2, qui a placé son fils à ce poste en 2024. Sous son règne, la corruption était un mode d'action politique, et une clique d'affidés a pris les rênes de l'économie, de la politique, de l'armée. Plusieurs ministres nommés à partir d'août 2023 dans le gouvernement du fils d'Hun Sen sont les fils et filles des ministres en place depuis la fin des Khmers rouges dans les années 1990-2000, bien souvent au même ministère3, et leurs épouses font du business.

 

Les quantités d'argent injectées par la Chine et ses mafias finissent en partie dans la poche de cette caste, qui a éliminé tous les médias indépendants ces dernières années et n'hésite pas à emprisonner les opposants politiques ou militants écologistes, qui essaient en vain de préserver leur pays des ravages du capitalisme et de la corruption. 3000 entreprises chinoises opèrent au Cambodge (16 millions d'habitants).

 

En quarante ans, les forêts ont presque été rasées4, le littoral devient une station balnéaire bling bling en chantier permanent, les nappes phréatiques sont polluées, Phnom Penh la capitale voit se multiplier des buildings chinois clinquants pourtant inexistants il y a 15 ans, et la zone économique spéciale de Sihanoukville sur la côte est pourrie par la spéculation immobilière, les casinos et les mafias chinoises arrivées en masse quand les jeux en ligne et casinos ont été interdits en Chine5. De fait, Sihanoukville devait remplacer Macao, où le contrôle sur les jeux et casinos a été renforcé (la star des casinos locale, Alvin Chau, arrêté en 2021, a été condamné à 18 ans de prison en 2023). 

 

Membres des triades mobilisés pour réprimer les manifestations à Hong-Kong en 2020

Ce sont aussi les chinois qui depuis 2015 environ paient la plupart des routes, des ponts, des barrages et centrales électriques. Elles paient aussi des bus publics, des bâtiments scolaires, des hôpitaux... Concernant la Chine, dirigée depuis 2012 par Xi Jinping qui a une vision très nationaliste et absolument pas libérale de la politique, il faut aussi noter qu'elle est en tension avec Taïwan et avec Hong-Kong, où le PCC (le parti communiste) est allié aux mafias pour contrer l'opposition démocrate. Depuis les années 19906, le PCC et plusieurs grandes triades ont décidé de coopérer, dans une stratégie appelée le "Front Uni" qui a déjà eu cours par le passé, quand le pouvoir chinois avait besoin de main d'œuvre pour réprimer des mouvements de contestation.

 

Cette stratégie du front Uni passe aussi par les hongmen, des associations "culturelles" chinoises qui sont une sorte de franc-maçonnerie où les criminels croisent les chinois influents dans le business et la politique. Dans le livre Triades, Antoine Vitkine explique : "Les hongmen permettent au gouvernement chinois d'influence les élites locales tout au long des Nouvelles Routes de la Soie (par exemple via la corruption), d'investir dans des entreprises (par exemple des casinos ou des centres d'appels), de protéger leurs investissements (via des sociétés de sécurité comme a Hongmen Security Company créé par Dent Cassée) et de contrôler les diasporas chinoises". L'ancien chef de la triade 14 K, Wan Kuok koi appelé Dent Cassée, a créé cette hongmen basée au Cambodge, qui a des implantations dans le Pacifique et s'installe en Afrique, toujours le long des Routes de la Soie (qui concernent tout de même 138 pays), comme un instrument d'influence.

 

Wan Kuok Koi

Wan investit dans l'immobilier et dans les escroqueries en ligne qui rapportent de l'argent et de l'influence. A Palau, un archipel du Pacifique à un emplacement stratégique pour le contrôle de la mer de CHine, les Américains ont fait pression sur le gouvernement en 2019 pour qu'il soit persona non grata après avoir essayé d'acheter deux terrains près de radars US, mais ses associés y continuent leur business. Wan y a aussi ouvert des centres d'escroqueries en ligne. Les US estiment que sa hongmen permet de coopter des personnalités dans des pays comme le Cambodge et la Malaisie. En utilisant comme relais de la politique de Pékin les personnalités chinoises de la diaspora chinoise, très présente dans toute l'Asie, l'investissement est orienté, la contestation est étouffée dans l'oeuf, et l'influence de la communauté chinoise grandit. Il est clair que Wan est totalement dans la ligne du PCC chinois, qui lui a décerné une récompense pour son "patriotisme", c'est-à-dire pour son soutien à la stratégie géopolitique du PCC.

 

Aujourd'hui, certains estiment que l'argent des fraudes en ligne est la plus grosse industrie du Cambodge, l'équivalent de 60% du PIB. Il existe en effet des dizaines de sites de travail forcé, probablement plusieurs centaines, grands et moins grands, dans lesquels on estime que 100 000 personnes pourraient être retenues par la force pour faire des escroqueries en ligne 16 à 18 h par jour. Le chiffre estimé pour toute l'Asie est de 200 à 300 000 personnes, dont beaucoup d'asiatiques qui parlent et écrivent au moins deux langues, philippins, indonésiens, thaïlandais, indiens, sud-coréens, quelques africains, même des ukrainiens apparemment. Des ONG comme Amnesty International ont dénoncé cela7, et depuis quelques mois la Chine, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande communiquent sur leurs actions contre ces centres. Mais le constat est qu'ils rouvrent souvent immédiatement, au même endroit ou un peu plus loin, et que les têtes de réseaux ne tombent pas.

  

Les autorités cambodgiennes, qui ont moins besoin qu'avant de se faire bien voir de l'occident, deviennent de plus en plus autoritaires. Les médias indépendants ont été quasiment supprimés, internet doit être contrôlé en termes de circulation de l'information (pas de fraudes évidemment), les partis d'opposition survivent tant qu'ils ne s'opposent que pour la forme, les association de défense de l'environnement, les syndicats sont dans la ligne de mire. 

 

C'est dans ce contexte que, depuis 2020, des mafias chinoises se sont implantées en Thaïlande, au Cambodge, au Laos, en Birmanie, et ont créé de grands centres informatiques avec des dortoirs, encerclés par des murs et gardés par des locaux payés pour rattraper et frapper les fuyards. Les premiers centres de ce genre ont été créés dans des casinos fermés pendant le covid. 

 

Des centaines et souvent des milliers de personnes, attirées avec des promesses d'emploi ou simplement des touristes du sud-est asiatique enlevés dans les rues, sont retenues sur chaque site et rapportent des millions d'euros chaque mois. Il y aurait notamment des dizaines de milliers de chinois retenus dans ces camps de travail forcé 2.0. Au bout d'un moment, les mafias, qui apparemment paient même les billets d'avion pour venir, sur de fausses promesses d'emploi, demandent des rançons exorbitantes aux familles contre la libération des otages, qui peuvent entre-temps avoir été revendus à d'autres groupes mafieux.

 

Carte des sites d'escroqueries en ligne / Source : rapport UNDOC Inflexion point - Avril 2025


 

Des milliers de sud coréens, par exemple, sont retenus dans ces centres, et les autorités sud coréennes déconseillent à leurs ressortissants d'aller au Cambodge, comme l'ont fait l'Indonésie, le Vietnam et la Thaïlande. Un étudiant sud-coréen est mort sous les coups d'un de ces groupes criminels en août 2025, ce qui a poussé les autorités à réagir.

 

 

L'affaire Chen Zhi, 14 milliards de dollars de Bitcoins saisis

 

En octobre 2025, un type de 38 ans au faux air de gendre idéal, un chinois naturalisé cambodgien dénommé "Vincent" Chen Zhi, s'est fait saisir 15 milliards de dollars en Bitcoins par les justices US, anglaise et australienne, l'argent étant soupçonné de provenir des fraudes en ligne et de la traite d'être humains qui va avec. On ne sait pas vraiment quand il a commencé dans ce business, ni d'où vient son argent au départ. Quant à la nébuleuses de sociétés liées au groupe Prince, y compris dans les paradis fiscaux, elle interroge aussi bien la Chine que les Etats-Unis.

 


Sa proximité avec Hun Sen et le pouvoir cambodgien a permis à Chen Zhi de monter un empire dans le pays en l'espace d'une dizaine d'années. Son groupe, le Prince Group qui a de nombreuses filiales à travers l'Asie et jusqu'en Grande-Bretagne, gère des biens immobiliers un peu partout dans le monde, possède deux compagnies aériennes, une banque et une boîte de production qui a tourné le premier film d'action à gros budget au Cambodge8. Tout en faisant bien-sûr dans la philanthropie, avec par exemple une école d'horlogerie de luxe ou l'aide aux victimes des inondations. Revenons sur son parcours, qui est assez interpellant.

 

Chen Zhi est arrivé au Cambodge en 2010 et peu après, ce type qui n'avait jamais rien fait à part gérer un cyber café en Chine9 et passer la frontière avec 2 millions de dollars légués dit-il par un oncle providentiel, s'est rapproché d'Hun Sen, l'inébranlable Premier ministre. En 2011, il commence à investir dans l'immobilier, mais au Cambodge les étrangers ne peuvent pas être propriétaires de terrains ou de bâtiments (cela commence à évoluer à la marge), donc il a acheté la nationalité en 2014 contre 250 000 $ versés au gouvernement10

 

Chen Zhi et Hun Sen

Chen est loin d'être le seul à profiter de ce système d'achat de nationalité pour faire son business au Cambodge. Un rapport publié en mai 2025 par un think tank US, le Human Research Consultancy précise : "Comme l'a rappelé un des interviewés à l'équipe de recherche, "il existe toute une catégorie de criminels chinois, d'investisseurs et de barons de la drogue chinois, qui jouissent non seulement de l'impunité, mais aussi d'une influence considérable au Cambodge". Les plus puissants d'entre eux, occupent des postes de conseillers personnels auprès du Premier ministre ou d'autres postes d'influence, malgré leurs graves problèmes juridiques en Chine et ailleurs. Cette situation pose des défis importants à Pékin en matière d'application de la loi. Elle laisse également entrevoir l'existence potentielle d' "incitations mixtes et d'opportunités mutuelles", étant donné le profond accès à l'élite dirigeante cambodgienne que des criminels bien financés, tels que Chen Zhi, She Zhijiang, Xu Aimin, Dong Lecheng et d'autres, pourraient potentiellement offrir au Parti communiste chinois."

 

En 2015 Chen créé la fondation Prince et une boîte de microfinance, et en 2017 il s'associe dans l'entreprise Jinbei Cambodia Investment Co. Ltd. (dissoute en 2021) avec Sar Sokha, actuel ministre de l'Intérieur (qui à ce titre gère la lutte anti fraude)11 et fils de l'ancien ministre de l'Intérieur Sar Kheng, dont Chen Zhi est en même temps devenu le conseiller officiel. 

 

En 2018 sa boîte de microfinance devient une banque, la Prince Bank. Chen achète aussi la nationalité chypriote (2,5 millions de dollars cette fois) qui lui donne accès au marché et au système bancaire européen. Il achète également le titre honorifique le plus prestigieux décerné par le roi du Cambodge, celui de "Neak Oknha", qui requiert un don d'au moins 500 000 dollars américains au gouvernement. Au moins au Cambodge, l'achat des titres honorifiques n'est pas hypocritement caché.

 

Chen poursuit son ascension et devient conseiller de Hun Sen en 2020 (en 2025 quand le scandale éclate, il conseille son fils Hun Manet qui est aussi premier ministre), mais la Chine a commencé à s'intéresser de près aux activités du groupe Prince contre lequel elle a lancé une procédure pour fraude et jeux en ligne, interdits en Chine (la Chine pense que Prince rend disponibles en Chine des jeux en ligne dont les bénéfices sont sortis du pays et planqués dans des paradis fiscaux, et concernant les fraudes il s'agit des escroqueries en ligne menées par la traite d'êtres humains). Apparemment, il finance même des rencontres de l'ASEAN.

 

 

Plusieurs procès ont eu lieu en Chine contre diverses activités du groupe Prince depuis 2022, et le département de la Justice US a déposé en octobre 2025 une plainte civile pour fraude et blanchiment d'argent qui a permis en novembre de saisir pour 14 milliards de Bitcoins. Un mandat d'arrêt a été lancé contre Chen et 43 de ses associés, à Singapour, Hong-Kong et ailleurs dont une trentaine aurait déjà été arrêtée. Au total, 146 personnes et entités liés au groupe Prince sont visés par l'action des US et de la Grande-Bretagne12.

 

 

Selon les chinois, au moins 700 millions de dollars des actifs du Groupe Prince viennent directement des escroqueries en ligne, et l'argent est saisi un peu partout : Hong-Kong a saisi 354 millions, Singapour 116 millions, à Londres des bien immobiliers d'une valeur de 133 millions de $ ont été saisis, et le 4 décembre 2025 la Thaïlande a encore saisi 300 millions de dollars du Prince Group.

 

Une trentaine de personnes a été arrêtée en quelques semaines, mais fin décembre 2025 Chen Zhi reste introuvable. Les mandats d'arrêt visent pour l'instant les circuits financiers, et les journalistes constatent qu'ainsi les politiciens locaux pourtant très proches de Chen sont épargnés.

 

Beaucoup de monde est cependant impacté de près ou de loin par ce scandale, un peu partout en Asie et jusqu'en Europe. Derrière, ce sont des réseaux internationaux qui organisent le trafic humain et gèrent les fraudes. Par exemple, lors des interventions de police dans 5 casinos liés au groupe Jin Bei au Cambodge, en novembre 2025, les nationalités des 23 étrangers arrêtés et sortis de là (ces casinos étaient aussi des sites d'exploitation et de fraudes en ligne) montre l'aspect international du système : Deux Taïwanais et un Malaisien, considérés comme les instigateurs, ont été identifiés. Les autres personnes, six Sri Lankais, sept Pakistanais, deux Philippins, deux Népalais, un Indien, un Nigérian et un Algérien, ont été identifiées comme victimes de l'opération.

Ces casinos sont cités dans la plainte des US comme des sites de fraude.

 

Des dizaines de perquisitions ont été menées ces derniers mois, 168 personnes doivent être jugées prochainement, des milliers ont été libérées des centres d'escroqueries -mais ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan mafieux de la fraude. Le pays est forcé d'agir par la pression internationale, mais pour que les choses changent il faut aussi nettoyer le paysage politique.

 

Il est évident que pour prospérer aussi bien au Cambodge, ce système est protégé par l'Etat. Un article du site The Diplomat du 25 octobre 2025 précisait : "Début 2025, les opérations d'escroquerie menées depuis le territoire national devraient générer entre 12,5 et 19 milliards de dollars par an, une manne financière intouchable, à l'abri des droits de douane, surpassant largement le secteur du vêtement et représentant une part astronomique du PIB. Contrairement à ce que suggère un rapport de l'ONU publié cette semaine, il ne s'agit pas d'une aberration cybercriminelle ayant "corrompu" l'État ; il s'agit de l'État lui-même."

 

Les fraudes en ligne rapportaient l'équivalent de 60% du PIB du pays en 2022, et cela a probablement augmenté depuis : entre 12 et 19 milliards de dollars par an, alors que la première industrie du pays, le textile, ne représente que 30% du PIB et 9,3 milliards de revenus par an. C'est devenu une industrie plus puissante qu'aucune autre auparavant au Cambodge et cela ne peut pas avoir lieu à l'insu de la classe dirigeante. Selon le rapport du Human Research Consultancy, chaque travailleur exploité dans ce système rapporte en moyenne 350$ par jour.

 

"De même, il est incontestable que le vice-Premier ministre Sar Sokha était l'un des deux principaux co-investisseurs dans la construction de l'un des plus grands complexes d'escroquerie du pays ; que son beau-père possède également au moins un complexe important ; ou que ces entreprises familiales criminelles ont échappé à toute responsabilité, malgré leur forte présence médiatique", explique ce rapport qui met aussi en cause Chen Zhi, autre investisseur du casino Jin Bei.

 

Officiellement, Sar Sokha et Chen Zhi ont cessé leur business commun et la société Jin Bei de l'époque n'a rien à voir avec celle des casinos et du trafic humain d'aujourd'hui.

 

Organigramme du Groupe Prince par le département du Trésor US.

 

Quant au Groupe de travail interministériel de lutte contre les escroqueries lancé en février 2025 suite à de fortes pressions de la Chine, beaucoup de ses membres ont des liens avec l'industrie de la fraude en ligne. Selon le rapport des US, "les documents publics officiels sur la propriété des complexes d’escroquerie constituent peut-être la réfutation la plus accablante à la rhétorique de lutte contre la traite des êtres humains, empreinte de générosité et de collaboration, proposée par le Premier ministre et le vice-Premier ministre lors de la dernière cérémonie cambodgienne de la Journée contre la traite des êtres humains. La défense systématique de ces élites par un vaste appareil d’État complaisant est tout aussi frappante". Une task force contre le cybercrime a été créée en octobre 2025, et au niveau régional les gouvernements se coordonnent pour agir de manière coordonnée. On verra jusqu'où ira le nettoyage.

On a vu depuis 2022 des opérations médiatiques avec des interventions sur des sites de travail forcés qui ont permis de libérer des dizaines de milliers de personnes au Cambodge, au Laos, en Birmanie. Des centaines de personnes de toute l'Asie ont aussi été arrêtées, des petites mains des réseaux en général, et souvent rapatriées dans leurs pays d'origine pour y être jugés. Par exemple en septembre 2025, la Chine a condamné à mort 11 membres de la famille Ming, accusée d'être au centre d'un système de fraude en ligne, de trafic humain et de blanchiment d'argent installé en Birmanie. Mais certains de ces sites, notamment au Cambodge, ont déjà rouvert plusieurs fois, comme l'a noté Amnesty.

 

De plus, le Human Research Consultancy rappelle que "le mécanisme des "opérations de répression contre les réseaux de trafic d’êtres humains" a historiquement servi deux fonctions principales pour les industries criminelles étatiques :

  1. Atténuer la pression de la communauté internationale, et

  2. Consolider/monopoliser l’activité criminelle entre les mains de l’élite la plus influente.

Ce mécanisme a clairement été déployé à ces fins lors des opérations de répression de 2022 et de l’identification erronée systématique des victimes de trafic d’êtres humains à Sihanoukville (voir chapitre 3 ci-dessus), mais il n’est en aucun cas propre à ce secteur. Le même schéma a également été observé entre 2013 et 2015 en réponse aux pressions internationales visant à lutter contre la crise de la déforestation illégale au Cambodge, facilitée par l’État.

Des opérations de répression ont été promises et menées contre les petites exploitations forestières illégales, et la victoire a été déclarée. Pourtant, le secteur a continué de croître et persiste encore aujourd'hui entre les mains des Cambodgiens les plus influents.

 

Pire encore, ces opérations de répression ne semblent pas avoir été ordonnées pour dissuader l'exploitation forestière illégale, mais plutôt pour permettre à des acteurs hyperconnectés comme Try Pheap, un magnat du bois, d'enchérir sur des lots de grumes saisis aux enchères et ainsi consolider ses propres opérations forestières illégales. Comme indiqué précédemment, un effet de consolidation similaire est facilement observable au niveau du lien entre trafic et escroquerie". Ce schéma est connu : dans les années 1990 – 2000, en Colombie ou au Mexique, les grandes opérations anti cartels ne visaient que certains cartels et permettaient d'éliminer la concurrence.

 

 

Fusion de l'économie souterraine et de l'économie légale 

 

Ce système de fraude, qui se déroule à une échelle industrielle et a intégré la classe dirigeante, se développe fortement depuis 2019 malgré de nombreuses alertes. Le rapport du Human Research Consultancy résume ainsi la situation du pays : "Le CPP [Parti du Peuple Cambodgien] domine le paysage politique et économique intérieur non pas grâce à un consentement populaire à sa légitimité, mais grâce à une répression très efficace et pragmatique de la dissidence intérieure. Cette fonction coercitive est monétisée et maintenue par les activités économiques extractives et prédatrices d'un réseau clientéliste d'élite consolidé, étroitement contrôlé au sommet par Hun Sen et sa famille. Ce réseau, à son tour, s'assure la loyauté des forces de sécurité de l'État, empêchant ainsi l'émergence d'une opposition significative à une stratégie de gouvernement impopulaire"

 

En 2021, la société anglaise basée aux îles Marshall, Connectum limited rachetée un an plus tôt par une businesswoman proche du pouvoir et en particulier de Hun Sen, Hang Sokha, était accusée d'avoir fait transiter des millions de livres d'argent sale. En 2020 Hang Sokha, a pris les rênes d'un conglomérat d'une cinquantaine d'entreprises au Cambodge et dans la région, en remplacement de son mari devenu ministre des Transports13. Le couple a voulu passer au niveau international en achetant une société financière londonienne qui pouvait lui donner un pied dans le système financier occidental, plus restrictif en matière de blanchiment d'argent.

 

En décembre 2021, le média Radio Free Asia (RFA) qui enquête sur ce système, expliquait que "Des données bancaires figurant dans un rapport de police autrichien consulté par RFA révèlent que plus de 7 millions d'euros (8 millions de dollars) issus d'une escroquerie multinationale de type "boiler room" ont transité par les comptes de Connectum entre 2017 et 2019. Un tribunal viennois a condamné le cerveau de cette escroquerie, Gal Barak, à quatre ans de prison en septembre 2020, moins de deux mois avant que Sokha ne prenne la direction de Connectum.

 

Bien que les transactions mentionnées dans le rapport de police soient antérieures au rachat de Connectum par Sokha, elles soulèvent une fois de plus des questions quant à la diligence raisonnable dont le magnat a fait preuve avant de racheter l'entreprise, et quant à ses motivations à acquérir une société aussi manifestement embourbée dans le scandale."

 

Ledit Gal Barak, un Israélien, avait ouvert en Europe de l'Est, notamment à Prague et Pristina, des centres d'appels qui proposaient des produits financiers (interdits en Europe), partout dans le monde, en promettant des gains mirobolants. Ils démarchaient par téléphone ou par les réseaux sociaux, et les victimes ne voyaient jamais la couleur et l'argent des "placements" était détourné. 200 millions d'euros s'étaient ainsi évaporés quand il a été arrêté en janvier 2019 avec un complice, l'Allemand Uwe Lenhoff14. Bizarrement, le web européen semble avoir été nettoyé à son sujet15.

 

Ce système d'esclavage a été dénoncé dès 2022, alors qu'il était encore émergent, par un collectif de cambodgiens qui demandait l'ouverture au niveau international d'une enquête sur ces réseaux. A l'époque, ils estimaient que "plusieurs milliers" de personnes avaient été enlevées pour faire des escroqueries en ligne. Il y aurait en 2025 une cinquantaine de sites où 200 000 personnes sont retenues rien qu'au Cambodge.

 

Quelques opérations de police ont été menées récemment par le Cambodge en partenariat avec d'autres pays, comme la Chine et la Corée du Sud avec laquelle un accord de coopération à ce sujet a été signé début novembre 2025, pour arrêter des mafias dans lesquelles leurs ressortissants sont actifs et libérer les sud coréens qui en sont otages. En effet, ces mafias sont composées de nationaux de différents pays d'Asie, qui semblent prospérer au Cambodge. Ils sont arrêtés par groupes de plusieurs dizaines : 60 sud-coréens expulsés en octobre 2025,

 

En 2025, un rapport du département d'Etat US "Trafficking in person" sur le trafic d'êtres humains épingle le Cambodge et son business de la fraude fondé sur l'exploitation humaine : "Au Cambodge, de hauts fonctionnaires possédaient des propriétés utilisées par des opérateurs d'escroqueries en ligne pour exploiter des victimes par le travail forcé et la criminalité forcée" dit ce rapport. 

 

 

Un système qui pourrit les Etats et s'étend à travers le monde

 

Libération d'un millier d'étrangers retenus dans un centre d'escroqueries au Cambodge en 2024

Le problème est tel que la pression des Etats-Unis s'est accrue d'abord sur les pays vassaux, puis maintenant sur ceux qui sont dans l'orbite de la Chine. En 2023, Interpol en a fait une priorité dans la région. En Indonésie, le gouvernement estime qu'environ 3 millions de citoyens sont impliqués dans l'industrie des escroqueries en ligne16 et a créé une task force interministérielle en avril 2024 pour "éradiquer" cette industrie.

 

Aux Philippines, où le système de jeux off shore (illégaux) a été légalisé en 2016 officiellement pour mettre fin au trafic -en vain évidemment, d'immenses complexes immobiliers dédiés à la fraude ont été créés, des organisations criminelles se sont emparées du secteur, et même si le gouvernement a dû les interdire en 2024, il reste des centaines de sociétés illégalement actives dans ce secteur. "En mai 2023, une descente de police dans les locaux de Clark Sun Valley Hub Corporation à Mabalacat City, dans la province de Pampanga, a permis de découvrir plus de 1 300 personnes travaillant dans des conditions apparemment de travail forcé, dont la majorité étaient des étrangers. Parmi eux, on comptait 428 Vietnamiens, 301 Chinois et 243 Indonésiens", selon le rapport de l'UNDOC d'octobre 2024.

 

Alice Gao à son procès

L'ancienne maire d'une ville des Philippines, Alice Guo, a été accusée d'être une espionne chinoise. Elle a été condamnée à perpétuité en novembre 2025 pour blanchiment d'argent, trafic d'êtres humains et corruption. Avec 7 autres accusés, elle gérait un complexe immobilier avec des casinos et des centres de fraudes en ligne à Bamban où des travailleurs forcés étaient exploités. Plus de 400 millions de dollars US ont transité sur ses comptes bancaires entre 2019 et 2024, puis on a appris qu'elle n'était pas philippine mais chinoise, et avait un faux acte de naissance.

 

Quand les Philippines et la Malaisie ont commencé à sévir à partir de 2015-2016, les mafias se sont surtout installées sous de meilleurs auspices, principalement en Birmanie, au Laos, au Cambodge et en Thaïlande. Et maintenant que ces pays agissent à leur tour, l'Afrique semble devenir une nouvelle terre d'accueil des activités chinoises illégales.

 

Toute l'Asie du sud-est, et même désormais l'Afrique et l'Amérique latine, sont ciblées par les mafias chinoises et le système de fraude, alors que le pays est longtemps resté dans le giron des US, qui ont donc lancé la contre-offensive. La diaspora chinoise y est très importante, de même que le tourisme : ils sont plus de 10 millions en Thaïlande ou en Indonésie, par exemple. En 2023, plus de 4 millions de chinois étaient passés ou vivaient au Cambodge.

 

En Thaïlande aussi la classe politique, moins monolithique qu'au Cambodge mais tout aussi clientéliste, est secouée. En octobre 2025, le banquier et depuis septembre 2025 ministre des Finances Vorapak Tanyawong a démissionné après des révélations reliant sa femme au système de fraude du groupe Prince : elle aurait reçu 3 millions de dollars en cryptos d'u réseau du groupe Prince, pendant que lui participait au comité gouvernemental anti-fraude.

 

Kok An

D'autres personnalités politiques seraient impliquées, les regards se tournent notamment vers Kok An, qui est donc en fuite, et un autre proche de Hun Sen, le magnat et sénateur Ly Yong Phat, "dont les activités sucrières ont conduit à certaines des expropriations les plus violentes qu'ait connues le Cambodge ce siècle, a expulsé des milliers de personnes de leurs terres. Le sucre n'est qu'une branche de son immense portefeuille d'activités, qui comprend des casinos, les médias, les infrastructures et bien plus encore", selon un article du site Global Witness en 2018 17.

 

Il est question d'infiltration du gouvernement thaïlandais par la mafia chinoise, via des intermédiaires et des cadeaux, y compris des cryptomonnaies. En 2022, un scandale a révélé la collusion entre une triade chinoise et la hiérarchie de la police, et les liens de la nièce d'un ancien ministre de la Justice et colonel de police et épouse d'un trafiquant de drogue avec la mafia chinoise ont été exposés. Ils ont été accusés de blanchiment d'argent et d'avoir protégé des activités illégales de la mafia. Chaiyanat Kornchayanant, homme d'affaires et pilier du crime organisé en Chine, est marié avec la colonel Wanthanaree Kornchayanant qui arrangeait ses affaires avec des collègues, contre grasses rétributions. Une centaine de fonctionnaires sont tombés pour complicité dans cette affaire tentaculaire. Cependant, Chaiyanat Kornchayanant, sa femme et 17 autres accusés ont été acquittés en février 2025. Là encore, la corruption aurait joué.

 

Intervention de la police au KK Park en Birmanie en octobre 2025

Plus récemment, un certain Benjamin Mauerberger est mentionné par un média local comme ayant créé des liens "non seulement au sein de la police et des politiciens, mais aussi dans le cercle restreint du Premier ministre, parmi les généraux de l'armée et les régulateurs financiers", et agissant comme "un ministre officieux du gouvernement thaïlandais" 18.

 

Mauerberger se vantait d'avoir des milliards à disposition, distribuait des millions en cryptos à des officiels thaïlandais, et cherchait à développer les cryptos en Thaïlande pour avoir une place financière capable de traiter de grosses quantités de cryptos d'origine douteuse. Et il a de l'entregent : lui aussi se disait encore récemment conseiller de Hun Sen, et depuis des années il est en lien avec les plus hauts responsables thaïlandais.

 

 

Yim Leak

Avec un chinois, Deng Pibing, et Yim leak, fils d'un ancien Premier ministre cambodgien, Mauerberger a ouvert la BIC Bank en 2018 à Phnom Penh, qui a attiré rapidement d'importants capitaux chinois, notamment en provenance des jeux en ligne et des casinos. Avec le covid et leur interdiction au Cambodge, la banque a commencé à manquer de fonds et à avoir des difficultés. La banque servait à faire transiter l'argent des fraudes en ligne vers les comptes de cryptos de Mauerberger qui devait ensuite le blanchir en le faisant transiter sur divers comptes cryptos puis reconvertir ces cryptos en argent injectable dans l'économie 19.

 

 

Puis la 1ère ministre, Paetongtarn Shinawatra, fille d'un ancien Premier ministre destitué en 2006 dont Mauberger se vante de financer le retour et d'avoir mis en place sa fille, a été destituée en août 2025 car jugée trop proche de Hun Sen qui a fini par la compromettre en laissant fuiter l'enregistrement d'un appel téléphonique, mais elle reste en place pour un an. Elle a dissous l'assemblée, pendant qu'un conflit territorial dont l'intensité monte en même temps que le scandale Prince oppose la Thaïlande au Cambodge. Le 12 décembre 2025, la Thaïlande a même bombardé des casinos à la frontière où des escroqueries sont menées, alors que des gens s'y trouvaient certainement. 

 

Il est clair que ce conflit est bien pratique pour détourner l'attention des populations et monopoliser la couverture médiatique avec autre chose que la corruption et les escroqueries. Le conflit, militaire, a commencé à dégénérer, par exemple avec des survols d'avions de guerre au-dessus du centre du pays, la fermeture de la frontière qui impacte autour de 2 millions de cambodgiens qui travaillent en Thaïlande, la rupture de l'approvisionnement en carburant de la Thaïlande vers le Laos etc. Les hostilités ne semblent pas près de s'arrêter.

 

En s'affranchissant de l'influence occidentale pour rentrer dans le giron chinois, la caste dirigeante cambodgienne n'a plus à composer avec la société civile, réduite au minimum. L'opposition politique, les médias, les associations environnementales, les syndicats sont réprimés. Des activistes ont été tués, d'autres sont emprisonnés. De nombreux médias d'influence occidentale ou d'opposition ont été fermés ou vendus à des proches du pouvoir. La situation se dégrade rapidement depuis 2014, et surtout depuis le covid.

 

En Birmanie, la junte militaire au pouvoir depuis le coup d'Etat de 2021 profite et facilite le système de travail forcé et de fraude, en particulier le long de la frontière avec la Chine, qui soutient le régime. Comme au Cambodge, une bonne partie de la caste dirigeante semble impliquée et la Chine réagit avec des procédures judiciaires depuis 2023. D'anciens leaders comme Bai Suocheng et son fils Bai Yingcang, qui régnaient sur la ville-casino du Laukkai dans la zone autonome du Kokkang, viennent d'être condamnés à mort en novembre 2025 à la suite d'une procédure lancée par la Chine, qui fait officiellement pression sur la junte militaire pour mettre fin à ce système.

 

Ainsi, selon le site Global Initiative against transnational organized crime, "En coordination avec divers groupes armés birmans et la Thaïlande, la Chine a orchestré une vague de rapatriements. Rien qu’en 2024, les tribunaux birmans ont inculpé plus de 78 000 personnes pour escroquerie en ligne, soit une augmentation de près de 54 % par rapport à l’année précédente […] Au total, la répression chinoise a abouti à la condamnation de plus de 120 000 personnes depuis début 2023. Cependant, un nombre important d'entre elles ont été libérées, et certaines dirigent désormais en Chine des opérations d'escroquerie clandestines à petite échelle, ciblant des ressortissants étrangers de nombreux pays, dont les États-Unis, l'Inde et le Japon".

 

En novembre 2025, un mafieux chinois qui a développé une ville dédiée aux casinos et aux jeux en Birmanie à la frontière avec la Thaïlande et dans les pays voisins, notamment au Cambodge, She Zinjiang, a été extradé vers la Chine malgré ses tentatives d'y échapper. Il a peut-être eu le tort d'expliquer qu'il était un agent du PCC pour lequel il espionnait et menait des opérations d'influence dans les pays voisins, et d'être un concurrent de Wan Kuok Koi en Birmanie.

 

Golden Triangle Special Economic Zone au Laos

Au Laos, la zone frontalière avec la Chine (la Golden Triangle Special Economic Zone20) où sont aussi installés de nombreux centres d'escroquerie et de travail forcé était encore en 2022 tenue par une triade. Comme Sihanoukville puis Phnom Penh, cette "zone" ressemble à un Disneyland bling bling pour chinois. Des chinois sont régulièrement arrêtés ces dernières années, dans le cadre d'une lutte très médiatique contre ce système, et des milliers de personnes sont libérées de ces centres.

 

En face, les occidentaux, derrière les US qui se sentent menacés par ce système de fraude et de blanchiment dont ils évaluent le chiffre d'affaire annuel à 200 milliards, ont décidé de réagir par divers canaux (ONG, justice, finances, diplomatie, médias...). La mafia chinoise qui tire les manettes est clairement ciblée. La Chine lutte contre sur son territoire, mais a tendance à le permettre à sa périphérie. Jusqu'à quel point laisse-t-elle faire ces mafias ? Les encourage-t-elle ? Permet-elle à ce système de prospérer.

 

Un rapport de la US-China Economic and Security Commission publié en juillet 202521 relevait que les Américains sont désormais les principales cibles d'escroqueries en ligne, et notait entre autres que :

  • « Les criminels chinois à l'origine de ces centres d'escroquerie ont tissé des liens – parfois manifestes, parfois plus discrets – avec le gouvernement chinois en adoptant une rhétorique patriotique, en soutenant l'initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie (BRI) et en diffusant une propagande pro-Pékin à l'étranger. De ce fait, les organisations criminelles chinoises se sont étendues à toute l'Asie du Sud-Est, bénéficiant au minimum d'un soutien implicite de certains membres du gouvernement chinois. »

  • « La prolifération de ces centres d'escroquerie liés à la Chine en Asie du Sud-Est alimente la corruption et la violence, compromet la capacité des gouvernements de la région à contrôler ce qu'il se passe sur leur territoire et favorise le trafic d'êtres humains. »

  • "La Chine exploite le problème des centres d'escroquerie pour accroître son influence sur les gouvernements d'Asie du Sud-Est, mener des opérations de renseignement et d'influence, et étendre son emprise sécuritaire dans la région".

 

Selon les US, les centres d'escroquerie servent à Pékin à déployer son appareil de sécurité. Apparemment, certains de ces centres aux Philippines, par exemple situés juste à côté d'une base militaire US, étaient liés à l'espionnage par la Chine. C'est aussi, au Cambodge, en Birmanie, au Laos, en Thaïlande, un prétexte pour déployer ses forces de sécurité sur place22, officiellement pour mener des opérations de grande envergure contre ces sites d'escroqueries.

 

 


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Ce dossier des escroqueries en ligne et du système mafieux qui se répand avec n'est pas à prendre à la légère, même en Europe où ce système a déjà fait des fortunes sans toutefois aller jusqu'à l'esclavage, car des quantités d'argent doivent être blanchies. Le terreau est de plus en plus fertile pour la corruption, et des milliards sortent chaque année pour être directement versées à des brouteurs ou à ces mafias (5 milliards estimés en 2024 en france). 

Au-delà, on comprend que le problème est d'ordre géopolitique : les mafias chinoises contribuent à l'influence chinoise sur la région par la corruption et par les investissements massifs qu'elles peuvent réaliser dans des pays où les populations restent pauvres et n'ont pas les moyens de jouer le jeu capitaliste. Il s'agit aussi de milliards qui alimentent une économie à la fois légale et illégale, qui renforcent la capacité d'investissement du "camp chinois", d'où la menace pour les US.

 

 

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1Je recommande à ce sujet les livres Triades. La mafia chinoise à la conquête du monde d'Antoine Vitkine, (Tallandier, 2025) et The Chinese mafia. Organized crime, corruption, and extra-legal protection de Peng Wang (Oxford University Press, 2017).

2Hun Sen, qui a rejoint les Khmers Rouges dès 1970 et a rejoint les Khmers Rouges anti Pol Pot au Vietnam au moment des purges dans les Khmers Rouges en 1978, est resté 1er ministre sans discontinuer de 1985 à 2023. Depuis 2006 il est aussi prédisent du parti hégémonique, le Parti du Peuple Cambodgien.

3Chhay Rithisen, ministre du Développement rural fils de l'ancien ministre de la Planification Chhay Thorn, Sâr Sokha ministre de l'intérieur, fils de l'ancien ministre de l'Intérieur Samdech Krala Hom Sar Kheng, Hun Many, frère d'Hun Manet et ministre de la fonction publique, Peng Ponea, ministre des Travaux publics et des Transports, fils de l'ancien ministre de la Politique intérieure, Men Sam An, . Eang Sophalleth, ministre de l’Environnement, gendre de l'ancien ministre de l'Aménagement du territoire, Chea Sophara, Bin Trachhey, ministre du Plan, fils de Bin Chhin, l'ancien ministre en charge du Bureau du Conseil des ministres, Dith Tina, ministre de l'Agriculture, des Forêts, de la Chasse et de la Pêche, secrétaire d'État au ministère des Mines et de l'Énergie de 2014 à 2022. Il est le fils de l'ancien président de la Cour suprême, Dith Munty, Châm Nimul, ministre du Commerce : fille de l'ancien ministre du Cabinet et ministre du Commerce de longue date, Cham Prasidh… La liste n'est pas exhaustive.

4La forêt primaire couvrait 70% du territoire dans les années 1970, 3% en 2007. En 2015 le pays était n°1 de la déforestation.

5La Chine a interdit les jeux en ligne et les casinos sur son terrtiroire en 2018, les considérant comme une menace nationale responsable de la sortie du pays de 145 milliards de dollars chaque année. Comme les casinos servent à blanchir l'argent des mafias, celles-ci ont ouvert des casinos en périphérie de la Chine, et ont ciblé Sihanoukville dans les années 2010. Elles ont construit des hôtels, des immeubles, des casinos apprécisés des touristes chinois et des mafieux. La criminalité, essentiellement chinoise, y a explosé. Au Cambodge, les paris sont en principe interdits pour les Cambodgiens depuis 1996 et les jeux en ligne depuis 2019.

6Cet accord a été passé en prévision de la rétrocession à venir de Hong-Kong en 1997, macao en 1999 et elles sont occupées aujourd'hui à soutenir, comme à Taïwan, les partis défendant la réunification avec la Chine (car ces iles ont des statuts spéciaux qui ne conviennent ni à la Chine, ni aux indépendantistes / démocrates.

7Les équipes d'Amnesty sont allés voir plus de 50 centres d'escroqueries au Cambodge, surtout à la frontière avec la Thaïlande et pas loin de celle avec le Vietnam, et évoque dans un rapport de 2025 une « complicité de l'Etat dans les exactions commises par les bandes criminelles chinoises ».

8Il faut noter que l'insdutrie du cinéma en Asie est vérolée par les mafias, qui y voient autant un moyen de redorer leur blason que de blanchir de l'argent.

9Chen Zhi vient de Fuzhou, une grande ville en face de Taiwan, lieu de refuge des triades.

10De 2009 à 2023, la liste des personnes ayant obtenu la nationalité a été publiée, avec dedans des criminels connus. Depuis cette liste n'est plus publiée.

11Outr Sar Sokha, Jin Bei avait 4 co-directeurs (Chen Zhi, Ing Dara, Zhu Jack et Guy Chhay). Les quatre codirecteurs sont cités comme complices présumés par les US.

12Les sociétés Ableton Prestige Global Limited et Amiga Entertainment basées à l'île de Man, où travaillaient des dizaines de chinois, ont été perquisitionnées en mars 2024. Elles sont soupçonnées de participer au système de blanchiment d'argent de la fraude organisée par la Groupe Prince et de permettre son rabattement vers l'Europe.

13Son mari Ing Bun Hoaw, s'est construit une fortune dans les affaires à partir de la fin de la dictature dans les années 1990, en se rapprochant de Hun Sen et du Parti du Peuple Cambodgien (PPC), dont il a ensuite gravi les échelons. Grâce à son carnet d'adresses, il a obtenu la concession de la route Phnom Penh - Sihanoukville pourtant construite et rénovée par les US et y a mis des péages. Comme chez nous avec Villepin et les autoroutes.

14Lenhoff avait créé un empire de fraude par téléphone ou en ligne et de blanchiment à travers l'occident. L'argent passait notamment par des structutres qui avaient pignon sur rue comme le système de paiement hollandais Payvision (en cours de dissolution depuis 2021) ou la banque hollandaise ING. Lenhoff a été retrouvé mort dans sa cellule dans la prison de Sarrebruck en mai 2020 (à 57 ans).https://c4ads.org/wp-content/uploads/2021/06/ZonedOut-Report.pdfi

15En utilisant un VPN on accède à certains articles pour lesquels une page d'erreur apparaît avec le google français.

16Rapport de l'UNDOC (United Nations Office on Drugs and Crime), Transnational Organized Crime and the Convergence of Cyber-Enabled Fraud, Underground Banking and Technological Innovation in Southeast Asia: A Shifting Threat Landscape, publié en octobre 2024.

18« America 's New ennemy : the Chinese crypto cartel buying states to fight the US », du 11 décembre 2025, sur le site Whale Hunting.

19Selon Whale hunting, qui a longuement enquêté sur Mauerberger, lui et Yim Leap ne se contentaient pas de prélever 20% sur les transactions et gardaient parfois tout l'argent.

20Cette zone est gérée par ZhaoWei, un chinois propriétaire du Kings Romans Group, soupçonné par le Trésor US d'être à la tête d'une organisation criminelle transnationale faisant dans la drogue, la fraude, le trafic d'espèces protégées et la prostitution, y compris de mineurs. Les Zones Economiques Spéciales abritent des investissements chinois en très large majorité, et abritent des casinos, des jeux, des centres de fraudes. Ce sont des zones de non droit où des sociétés de sécurité privées chinoises règnent aux côtés des triades, avec l'accord des autorités locales corrompues.

Au sujet de ces sociétés de sécurité chinoises, dont la présence ne cesse de se renforcer le long des Routes de la Soie et sont directement sous le contrôle de Pékin, un article de juin 2021 sur le site Africa Center expliquait "5 000 sociétés de sécurité immatriculées en Chine, qui emploient 4,3 millions d’anciens militaires de l’APL et de la Police armée du peuple. Vingt de ces sociétés ont une autorisation d’exploitation à l’étranger, et elles déclarent employer 3 200 vacataires, encore plus que les déploiements de maintien de la paix de l’APL – qui se montent à environ 2 500 militaires. Le nombre réel de prestataires chinois en Afrique est certainement encore bien plus élevé. Beijing DeWe Security Service et Huaxin Zhong An Security Group emploient 35 000 vacataires dans 50 pays d’Afrique, de l’Asie du Sud, du Moyen-Orient et en Chine. Overseas Security Guardians et China Security Technology Group emploient 62 000 personnes dans les mêmes régions. Au Kenya, DeWe emploie environ 2 000 vacataires de sécurité pour protéger uniquement la ligne de chemin de fer à voie normale de Mombasa à Nairobi et Naivasha, qui a coûté 3,6 milliards de dollars".

21 « China’s Exploitation of Scam Centers in Southeast Asia », US-China Economic and Security Commission, 18 juillet 2025.

22Des accords ont été signés dans ce but : accord China – Laos le 25 mai 2023, accord Cambodge- Chine en septembre 2024 lors d'une visite à Pékin du ministre de l'Intérieur Sar Sokha, et en janvier 2025 accord Chine – Cambodge, Laos, Birmanie, Thaïlande, Vietnam pour renforcer la coopération en matière de renseignement afin de lutter contre les centres de fraude (scams centers). Un accord a été passé avec la Thaïlande pour laisser la police chinoise y intervenir loe long des frontières (où se trouvent la grande majorité de ces centres).

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