Note de lecture : The other side of deception, de Victor Ostrowsky
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Revenons sur un livre publié en 1994 par un ancien agent du Mossad, qui à ma connaissance n'a pas été traduit en français. L'auteur Victor Ostrowsky, y fait quelques révélations sur différentes manipulations et opérations sous faux drapeau organisées par le Mossad, et explique comment fonctionnaient les services secrets israéliens à la fin des années 1980. Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que les événements actuels laissent apparaître le modus operandi du Mossad, spécialiste de la déstabilisation et des campagnes de propagande tordues.
Victor Ostrowsky est resté quatre ans au Mossad, mais dit avoir continué à travailler en lien avec une faction du Mossad qui tentait de bloquer la dérive fasciste et ultra-radicale de l'organisation, dont la stratégie était d'agir pour obtenir des gains politiques à court terme, en plaçant Israel comme victime des arabes et comme caillou permanent dans la chaussure de Washington. C'est dans ce contexte que son premier livre serait sorti en 1990 sous le titre By Way of Deception: The Making and Unmaking of a Mossad Officer, traduit en français sous le titre Mossad : Un agent des services secrets israéliens parle. C'est du second livre, The Other Side of Deception. A Rogue Agent Exposes the Mossad's Secret Agenda (L'Autre Face de la tromperie. Un agent dissident révèle l'agenda secret du Mossad) paru en 1994, dont nous allons parler.
Les deux livres ont été très critiqués par le Mossad et ses relais, de même que l'auteur, mais le temps a montré qu'il avait raison sur plusieurs sujets très sulfureux. Sur d'autres, on ne peut que prendre en compte ce qu'il écrit, et qui a tous les risques d'être vrai.
Sur le fonctionnement du Mossad
Les israéliens sont paranoïaques, obsédés par leur propre sécurité. Ostrowsky dit qu'au Mossad, dont la devis est "Par la tromperie, la guerre tu mèneras", les agents doivent considérer que tous les moyens sont bons pour préserver Israël et ses intérêts partout dans le monde. Les nouvelles recrues n'ont plus de vie privée, même les passeports de leur famille sont confisqués, et personne ne peut donc sortir du territoire sans validation du Mossad.
Ostrowsky explique que dans les années 1980, le Mossad ne comptait pas plus de 40 agents traitants dans le monde entier, des katsa. Car contrairement aux autres services de renseignement, la quasi totalité des agents du Mossad est constituée des juifs de la diaspora, les sayanims, qui s'activent aux quatre coins du monde pour défendre les intérêts d'Israël à la demande du Mossad, qui les contacte souvent via leur famille en Israël. Chaque kasta gère une équipe de sayanims.
Il y avait selon Ostrowsky environ 2000 sayanims uniquement à Londres au milieu des années 80, et 3000 dans le pays. Ils peuvent avoir tous les profils : un gérant d'hôtel qui donne des infos sur les clients, ferme les yeux si besoin, prête des chambres, couvre des opérations, un journaliste qui est un informateur, peut nouer des contacts, intoxiquer l'opinion, un juge qui fermera les yeux sur les magouilles impliquant le Mossad ou des israéliens, un politicien qui défendra coûte que coûte le génocide et le "droit d'Israël à se défendre", tout en accusant les critiques d'antisémitisme, un propriétaire de magasin qui servira de couverture ou de point de chute, des employés de milliers d'entreprises dans le monde à différents niveaux... Beaucoup ne sont que des prête noms pour des sociétés écrans, des locations d'appartements, des achats internationaux...
Le Mossad recrutait clandestinement des ressortissants juifs en Angleterre et disposait d'une centaine de planques dans le Grand Londres. Ostrowsky a tout expliqué aux renseignements britanniques dans sa tentative de calmer le Mossad.
La seule condition pour être un sayan est d'être juif, car ils doivent être fidèles. Ils peuvent refuser une mission mais ne parleront pas. Ce système offre un vivier de millions de juifs prêts à servir Israël, et sont une aide indispensable au fonctionnement du Mossad ainsi qu'à la réalisation des missions.
Ostrowsky raconte comment les choses se passent avec l'exemple des Etats-Unis : "La communauté juive américaine est organisée en un dispositif à trois niveaux. Il y avait d'abord les sayanims individuels (si la situation avait été inversée et que les Etats-Unis avaient convaincu des Américains travaillant en Israël d'œuvrer secrètement pour le compte de Washington, le gouvernement israéliens les aurait traités d'espions), ensuite il y avait le puissant lobby israélien. Celui-ci mobilisait la communauté juive pour mener une action vigoureuse dans la direction indiquée par le Mossad.
Enfin, il y avait le B'nai Brith. On pouvait compter sur les membres de cette organisation pour se lier d'amitié avec des non-juifs et pour qualifier d'antisémite quiconque ne se rallierait pas à la cause israélienne", et commente : "Avec une telle stratégie en trois temps, l'échec nous était impossible". Fondé en 1843 à new-York, le B'nai Brith, sorte de mélange entre le Counrty Clube et la franc-maçonnerie, recrute parmi la caste la plus privilégiée, aux postes clés. Il y a des médecins, des scientifiques, des criminels, des banquiers, des politiciens, des artistes, des producteurs... Il regrouperait 2500 personnes en France.
Des non juifs peuvent aussi être recrutés pour trahir, dans ce cas le Mossad essaie la séduction, l'argent, la menace et si cela ne fonctionne pas ou plus, l'élimination.
Le Mossad est divisé en différentes branches, avec des départements spécialisés, comme la kidon qui la branche opérationnelle de la Metsada devenue Komemiute, en charge des opérations paramilitaires (clandestines) à l'étranger, notamment les assassinats dans les pays arabes. C'est là que son gérés les agents infiltrés pour des missions à l'étranger, qui fonctionnent en équipes. Leur couverture est souvent une entreprise basée au Canada, et les missions durent plusieurs mois à plusieurs années/ Selon Victor Ostrowsky, ces agents ne sont pas des professionnels, ils ont un métier et consacrent quelques années au Mossad. Leur rôle est surtout de capter des informations économiques, les mouvements d'opinion, les moeurs des uns et des autres...
L'un des sayanims les plus connus d'Angleterre était Robert Maxwell, le père de Ghislaine Maxwell, bras droit d'Epstein. Le Mossad l'aidait à racheter des journaux d'abord en lui prêtant de l'argent et en organisant des conflits sociaux ou d'autres problèmes pour affaiblir la cible, ensuite en désignant les médias qu'il devait racheter, et qu'ils mettaient en faillite pour faciliter le rachat, par exemple en demandant à des banques amies de couper les crédits ou des à des annonceurs de retirer leurs pubs. Maxwell était ensuite envoyé "pour porter le coup de grâce".
En échange, Maxwell faisait passer les bons messages. Par exemple quand un ingénieur israélien, Mordechaï Vanunu, a dénoncé le programme nucléaire illégal d'Israël en 1986, son ami alors 1er ministre Ytzak Shamir a dit à Maxwell de publier sa photo et de l'attaquer dans ses médias.
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Mais surtout, il utilisait la caisse de retraite des salariés pour financer les opérations secrètes du Mossad. Mais à force de ponctionner ce magot, Maxwell s'est retrouvé en difficulté et le Parlement britannique a commencé à y regarder de plus près sur sa gestion financière et une enquête avait déjà conclu à la disparition d'une partie des fonds (400 millions de livres officiellement à cette époque).
Selon Ostrowsky, le Mossad avait l'habitude de remettre de l'argent, mais à ce moment l'invasion du Panama par les US avait coupé les revenus tirés du trafic de drogue, si bien que Maxwell a été obligé de prendre dans la caisse. Pour que le Mossad le paie, il a menacé, selon Ostrowsky, de parler de l'affaire Krioutchov, qu'il avait permis au Mossad de rencontrer pour préparer un coup d'Etat contre Gorbatchev [1]. Il voulait aussi récupérer rapidement quelques centaines de millions.
Le Mossad l'a donc éliminé. Un rendez-vous a été fixé en Espagne au prétexte d'arranger les choses, il a été baladé pendant deux ou trois jours sur yacht le Lady Ghislaine entre Madère et Ténérife, et il a été assassiné une nuit de novembre 1991. On l'a retrouvé flottant dans l'eau et officiellement la cause du décès est inconnue. Il va sans dire que l'enquête n'est jamais remontée jusqu'au Mossad. Ostrowsky ajoute qu'à son inhumation en Israël, le 1er ministre Ytzak Shamir - qui selon toute vraisemblance a demandé ou validé le crime - a déclaré "Il a fait pour Israël bien plus qu'on ne peut en dire aujourd'hui".
Déstabilisation permanente au Proche-Orient
Parmi les sayanims français, un dénommé Jacques Marcel qui travaillait sur le transfert de technologies nucléaires à l'Irak, dans le cadre de la construction de la centrale d'Osirak (qu'Israël a fait exploser en 1981, des parties de la centrale devant être expédiées en Irak ayant aussi été explosées à La Seyne-sur-Mer). Le Mossad lui a demandé des infos sur la centrale, Marcel a donc fait sortir les documents avec les noms des irakiens qui travaillaient à Saclay en France, les a mis dans son coffre, a donné le double du coffre au Mossad qui a dérobé les documents.
Ostrowski explique aussi comment des palestiniens étaient recrutés au Danemark, pour donner des infos sur la communauté palestinienne et ses activités. Les services danois considéraient à tort le Mossad comme un allié, et transmettaient donc la liste de toutes les demandes d'entrée dans le pays de la part des hommes au nom arabe et le Mossad pouvait refuser l'entrée simplement en indiquant qu'il s'agissait de terroristes ou assimilés. Dès que l'homme arrivait sur le territoire danois, le Mossad disait au danois qu'il était dangereux, il était donc arrêté, interrogé et envoyé dans un centre de détention, où le Mossad essayait de le recruter. S'il suivait, il était libéré et devait agir comme un agent du Mossad, mais s'il refusait il était menacé et devait quitter le pays. Selon Ostrowsky, plus de 80 palestiniens ont été recrutés comme cela au Danemark en un an.
Ostrowsky évoque une démarche du roi Hussein de Jordanie auprès de Yasser Arafat, pour parvenir à la paix. En réalité, l'objectif de Hussein était que les Etats-Unis le laissent acheter ou même lui vendent pour 2 milliards de dollars d'armement. Selon Ostrowsky, Israël a alors mobilisé tout le lobby juif aux Etats-Unis pour encourager les US à le faire.
L'affaire du meurtre du diplomate israélien Yacov Barsimantov, en poste à Paris, serait aussi un coup du Mossad. Il a été assassiné dans le hall de son immeuble dans le 16e à Paris en avril 1982 en rentrant chez lui avec son épouse et ses filles. Le 6 avril 1982 Le Monde titrait "La meurtrière pourrait être d'origine française" car elle s'exprimait "dans un français parfait" selon la famille présente sur les lieux qui décrivait un femme jeune, brune et plutôt ronde -dont le portrait robot a été présenté "au personnel de l'ambassade d'Israël, dans l'espoir que l'un d'eux ait remarqué".
Bizarrement, c'est un grand libanais, Georges Ibrahim Abdallah, qui a été condamné en 1987 à la prison à vie (il y est resté jusqu'en 2024, devant le plus ancien détenu du pays). Il était un des fondateurs des Forces Armées de Libération Libanaises (FARL, de tendance communiste), qui ont commis des attentats en France en 1981-1982.
Pour Ostrowsky, il est certain de Barsimantov n'avait pas été tué par les palestiniens, parce qu'avec l'Américain Charles Robert Ray il essayait d'organiser la paix entre Israël et la Palestine. D'ailleurs, Ray a été tué à la même époque. Le livre dit que c'est une équipe du Mossad qui a éliminé Barsimantov, qui a ensuite placé l'arme du crime chez Abdallah et l'a dénoncé aux autorités françaises, allant même jusqu'à diffuser une fausse revendication des FARL. Israël a ensuite tenté d'utiliser le meurtre de Barsimantov pour justifier une intervention armée au Liban.
Le livre parle aussi du soutien apporté par le Mossad aux fondamentalistes religieux égyptiens. Pourquoi ? Parce que comme Israël ne voulait pas de paix avec l'Egypte (contrairement aux déclarations officielles évidemment), "il fallait une nouvelle menace dans la région", écrit Ostrowsky. Un monde arabe dirigé par des islamistes, surtout s'ils sont soutenus en sous-main par les sionistes, ne voudrait pas la paix, et par conséquent la guerre permanente d'Israël contre ses voisins restait "légitime".
C'est pour la même raison que le Mossad a armé le Hamas [2], formidable épouvantail qui ruinait "miraculeusement" toutes les négociations de paix menées avec l'OLP. Dès qu'un accord était signé ou que les négociations avançaient, des roquettes étaient envoyées par le Hamas et Israël bloquait tout, allant jusqu'à la guerre si c'était possible afin de gagner du terrain. Il vient officiellement, en 2026, de dissoudre son "gouvernement" à Gaza, son QG.
Selon Ostrowsky, le Mossad recrutait au Caire beaucoup d'égyptiens qu'il envoyait mener des opérations sous faux-drapeau au Proche-Orient et en Afrique. Le Mossad fournissait aussi des armes aux frères Musulmans (que sarko a aussi beaucoup aidés quand il était à l'Elysée), en échange desquelles la seule demande était que des cibles soient aussi frappées sur le territoire égyptien. Les Frères Musulmans ont toujours été une puissante force de déstabilisation des pays arabes, qui a eu de nombreuses émanations aussi bien en politique que dans le terrorisme, comme le Hamas.
Déstabilisation des pays "amis"
Même les pays "amis" officiellement, comme la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne ou même les Etats-Unis, sont en réalité des cibles et considérés comme tels.
Belgique : l'affaire des Cellules Communistes Combattantes
En Belgique, par exemple, Ostrowsky évoque une manipulation en 1985, avec les Cellules Communistes Combattantes, les CCC, un groupuscule d'extrême-gauche manipulé par l'extrême-droite [3], qui a commis des attentats [4] dont le pouvoir s'est servi à la fois pour taper sur la gauche et pour renforcer la pression sécuritaire, comme le voulait l'OTAN. Comme la Fraction Armée Rouge ou la bande à Baader, ces groupes ont été vite pris en main par les renseignements, liés à l'extrême-droite et à l'OTAN, dans le cadre de la stratégie de la tension déployée en Europe dans les années 70 et 80 par les réseaux stay-behind pro-US et fascisants.
Ostrowski revient sur l'épisode, fort connu, des tonnes d'explosifs saisies dans une planque des CCC en Belgique. Il explique que c'est lui, en se faisant passer pour un anglais, qui leur a vendu les explosifs pour 2 millions de dollars, dans le cadre d'une opération coordonnée avec les services secrets belges, en utilisant une cellule dormante du stay-behind composée des fascistes et du groupe Westland New Post, également impliqué dans les tueries de Brabant à la même époque. La discussion entre Ostrowsky sous couverture et un membre des CCC a eu lieu à Chypre, et l'opération a été menée parce que les belges avaient demandé au Mossad de trouver un moyen de passer des armes aux groupes d'extrême-droite sans que les autorités belges soient impliquées.
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Quatre membres des CCC ont été arrêtés par la police dès la réception des explosifs, parce que le Mossad avait transmis l'adresse aux belges de l'extrême-droite, qui ont immédiatement récupéré les explosifs [5].
Pourquoi ce cirque? Ses chefs ont expliqué à Victor Ostrowsky que l'objectif de l'opération était de neutraliser les CCC qui soutenaient la Palestine, mais il a découvert par la suite que l'objectif principal était de susciter l'émotion dans la population pour qu'elle réclame davantage de sécurité et qu'on accuse les communistes de terrorisme. C'est un classique, de l'Italie à la Norvège, car c'était le modus operandi des US dans leur stratégie de vassalisation de l'Europe occidentale.
L'historien suisse Daniele Ganser explique [6] au sujet des CCC que plusieurs de ses membres étaient en réalité sympathisants d'extrême-droite. D'ailleurs, peu avant ce coup de filet, une attaque contre une caserne militaire à Vielsalm connue comme l'opération Oesling 84, visait à voler des armes en faisant accuser des groupes de gauche. L'opération, qui était officiellement un "exercice", a été menée par le stay-behind belge avec des militaires US qui ont tiré sur les soldats sur place mais l'un d'eux a survécu presque par miracle à plusieurs balles.
De 1982 à 1985, une vague d'attaques dans des supermarchés, armureries, un restaurant, a eu lieu en Belgique, faisant 28 morts. Ces crimes appelés les tueries du Brabant n'ont jamais été officiellement élucidés, même si l'on a bien compris que les renseignements belges, des membres de la police et des criminels tous d'extrême-droite, étaient impliqués, et que l'objectif était de déstabiliser le pays. Selon Ostrowsky, "trois membres du groupe [des tueurs] ont dû quitter le pays en 1985. ils se sont enfuis en Israël et le Mossad leur a donné de nouvelles identités, comme c'était prévu dans l'accord initial avec l'extrême-droite belge". Cela pourrait surprendre, vu que cette extrême-droite belge est antisémite et que les plus anciens de ses membres étaient des collabos patentés pendant la guerre. Mais les sionistes n'ont jamais rechigné à s'entendre avec les fascistes, y compris Hitler comme on le sait, et ils prouvent aujourd'hui qu'eux aussi sont des fascistes. En tout cas, cette fuite en Israël montre l'implication des sionistes dans les tueries du Brabant.
Il y a beaucoup à dire sur les tueries du Brabant et leur contexte, je dirais seulement que les politiciens impliqués là-dedans sont des piliers du réseau pédocriminel belge des années 60 aux années 1990, quand l'affaire Dutroux a mis au jour ces réseaux sordides.
France : la secte Moon et le Front national
Victor Ostrowsky mentionne aussi les liens entre la secte Moon (créée en Corée du Sud en 1954) et le Front National. La secte Moon a toujours été un satellite des renseignements sud-coréens, eux-mêmes inféodés à la CIA. Fasciste sans l'afficher ouvertement, la secte, qui est internationale, était bien pratique pour les transferts de fonds discrets, par exemple. Dès ses débuts, elle finançait des structures anticommunistes comme la Ligue Anti-Communiste Internationale.
Ostrowsky parle d'une grande conférence du gourou Sun Myung Moon (mort en 2012) organisée en février 1986 au Country Club Hotel d'Haïfa. Pendant sa visite sur place, Moon a aussi eu des rendez-vous avec des membres d'extrême-droite de la Knesset (le parlement israélien), des militaires, des représentants des renseignements israéliens et d'autres dignitaires comme Yehuda Blum, ex-ambassadeur d'Israël à l'ONU. Etaient aussi présents plusieurs généraux US à la retraite, un ancien colonel de la CIA sud coréenne, et le français Pierre Ceyrac (qu'il écrit Ceylac).
Celui-ci, selon Ostrowsky, demandait beaucoup de services au Mossad. C'est ainsi que le Mossad lui a fourni un programme informatique permettant de communiquer discrètement et de stocker beaucoup de données. Ce programme lui a été envoyé par la valise diplomatique.
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Les liens de la secte Moon avec Marine Le Pen, amie de Pierre Ceyrac qui est le représentant de la secte en France, faisaient encore jaser en 2017, année lors de laquelle ils ont voyagé ensemble aux Etats-Unis. Ceyrac, qui était déjà proche de Jean-Marie le Pen à l'époque, est mort en 2018. Il était entré au FN à la demande de la secte, comme il l'a expliqué en 2012 aux Inrocks : "Au sein de l’Église, il a été décidé qu’une personne devait intégrer le Front. J’ai été désigné alors que je n’étais pas du tout attiré par la politique et Le Pen. Pour les législatives de 1986, j’ai donc obtenu une place qui me permettait d’être élu député FN. En échange, la secte apportait au Front national une puissance financière et un solide carnet d’adresses international". Cela s'appelle un financement étranger et c'est interdit. Mais comme l'a montré sarko avec l'argent de Kadhafi, les financements des campagnes électorales peuvent venir de partout.
Allemagne : l'affaire Uwe Barschel
Une autre manipulation du Mossad mentionnée par Ostrowsky, en Allemagne, s'inscrivait dans le cadre de l'opération Hannibal qui visait à vendre à l'Iran des pièces détachées d'avions militaires via le BND (renseignements allemands), à la fois pour gagner de l'argent et pour prolonger la guerre.
Le gouverneur d'un Länder par lequel devaient transiter ces pièces détachées, Uwe Barschel, qui était le numéro 2 du parti démocrate chrétien et le dauphin d'Helmut Kohl, s'y était opposé : le Mossad a tout fait pour le décrédibiliser en créant de toutes pièces des scandales largement diffusés dans les médias, qui l'ont empêché d'être réélu, allant jusqu'à intoxiquer les renseignements allemands sur un pseudo trafic d'armes opéré par Berschel. Tout cela a mis fin à sa carrière politique, et en octobre 1987 il a été retrouvé mort dans la baignoire de sa chambre à l'hôtel Beau Rivage à Genève. Officiellement, on ignore la cause de la mort et personne n'a été poursuivi.
Selon Ostrowsky, Barschel avait appelé le BND et menacé de parler de leurs trafics avec le Mossad s'ils ne lui donnaient pas les moyens de se disculper, et il devait témoigner quelques jours plus tard devant une commission d'enquête parlementaire sur la fraude électorale dans son Länder. Le BND a appelé le Mossad, qui a décidé de l'éliminer.
Le livre raconte comment s'est passée l'opération, qui a mobilisé une équipe du Mossad. Berschel a été attiré à Genève sous prétexte de lui donner des documents permettant de le disculper. Il a rencontré un agent du Mossad, qui lui a fait boire du vin empoisonné. Puis, avec un tuyau ils lui ont fait ingérer des médicaments, lui ont mis un suppositoire avec un agent qui créé de la fièvre, et l'ont mis habillé dans un bain glacé, ce qui a produit une crise cardiaque. Evidemment, la cause du décès n'a jamais été déterminée [7] et officiellement on ignore ce qu'il était venu faire à Genève, même si les spéculations ont été nombreuses, probablement en partie à cause de fausses pistes disséminées par le Mossad. Comme le notait La Tribune de Genève en 2023 "La thèse d’un suicide circule d’emblée ; elle semble arranger autant la police genevoise, qui espère conclure rapidement un dossier sensible, que les autorités allemandes, qui tablent sur la fin d’un scandale. Pourtant, que de questions sans réponse, en l’absence de message qui expliquerait ce geste !" [8].
Une campagne anti Bush 1er aux Etats-Unis
Les Etats-Unis semblent être toujours soumis à Israël, et sous Trump plus que jamais. Cependant, quand un président d'avise de faire des choix qui ne satisfont pas les sionistes israéliens, ceux-ci n'hésitent pas à utiliser les grands moyens. Ostrowsky raconte que quand Bush 1er s'est opposé à Israël qui continuait à coloniser les terres palestiniennes et à pousser des guerres, les israéliens ont lancé une grande campagne médiatique contre lui et les Etats-Unis. Ils avaient même prévu de l'assassiner lors d'une conférence pour la paix prévue à Madrid fin 1991, en faisant accuser les palestiniens.
Il raconte que le Kidon a sorti trois prisonniers palestiniens de leur prison à Beyrouth, pour les envoyer dans un centre de détention spécial au milieu du Neguev pour les rapprocher du théâtre des opérations, pendant que le Mossad diffusait des menaces contre Bush, laissant penser qu'elles provenaient du groupe islamique Abou Nidal, un scission de l'OLP créée en 1974. trois jours avant la conférence, le Mossad a balancé à la police espagnole que les trois palestiniens étaient arrivés à Madrid et qu'ils risquaient de commettre une action. Ostrowsky, qui dit que le Mossad avait prévu de les abattre dans la confusion, a mis en échec ce plan en le dénonçant. Israël aurait alors tué les trois palestiniens à Nes Ziyona.
Assassinats ciblés y compris en france
Le mossad se permet d'assassiner des gens sur le territoire français. Par exemple le secrétaire adjoint de l'ambassade d'Israël Yacov Barsimantov dont on a déjà parlé, ou Mahmoud Hamchari représentant de l'Organisation de Libération de la Palestine en France, que le Mossad a fait exploser chez lui en janvier 1973 parce qu'il était considéré comme un des organisateurs du groupe terroriste pro-palestinien Septembre Noir, ce qui n'a jamais été démontré.
Ostrowsky parle aussi d'une station d'écoute clandestine du Mossad située au nord de Sarcelles, près d'une propriété de campagne de Claude Pompidou. Ou de l'explosion en juin 1980 par les Israéliens d'un avion reliant Bologne à Palerme avec 80 passagers au-dessus de la mer Tyrrhénienne (à l'est de l'Italie et l'ouest de la Sardaigne), car il était soupçonné de transporter de l'uranium. Cette affaire n'a toujours pas été élucidée officiellement, et l'Italie accuse la France d'avoir envoyé un missile dessus par erreur avec les Etats-Unis.
Il raconte également un début d'enquête mené à la demande des français sur la Reason fundation, émanation d'un parti libertarien US réunissant des milliardaires juifs qui avaient l'intention de privatiser un territoire insulaire dans les iles Fidji en chassant les habitants et en y faisant un maximum de business (c'est le programme de Trump pour Gaza, par exemple). Cette fondation était créée par Robert Poole Jr, un adepte d'Ayn Rand [9] qui était un meneur du mouvement de privatisation aux Etats-Unis, notamment le secteur de l'aviation.
Ostrowsky évoque aussi le meurtre, par le Mossad, de Gerald Bull, un ingénieur canadien spécialiste en balistique, qui avait travaillé pour les US, Israël, le Canada, l'Afrique du sud, l'Irak, l'Iran... Il avait participé au développement du système HAARP (High Altitude Research Project) en Alaska et a enseigné à l'université McGill om Ewen Cameron a mené des expériences sur des cobayes humains dans le cadre de Mk-Ultra et d'autres programmes. Il a été assassiné par balles dans l'entrée de son immeuble à Bruxelles en 1990, et selon Ostrowsky, comme selon Gordon Thomas un ancien agent du MI6, c'est le Mossad qui l'a tué en s'arrangeant pour que le crime ne puisse pas être pris pour un accident ou un vol. Il s'était assuré que des flics belges d'extrême-droite seraient présents dans le secteur pour couvrir leur fuite en cas de besoin.
Ce crime reste non élucidé, même si en 2003 une source "fiable" a appelé la justice belge pour dénoncer le rôle d'un agent du Mossad dans le crime. Les soupçons se sont surtout tournés vers l'Iran ou l'Irak. Selon le journal israélien Haaretz, "Des membres de la famille de Bull ainsi que des journalistes d'investigation ont laissé entendre que Bull était en contact avec des membres des services de renseignement israéliens et leur avait fourni des informations privilégiées sur le projet irakien de "super-canon"." [10]. Selon Ostrowsky, c'est parce qu'il participait au programme nucléaire iranien et qu'il semblait peu malléable que les israéliens l'ont tué, et sa famille pense aussi que ses travaux en Iran ont suscité le crime.
Le Mossad ou l'art de la fourberie
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Dans le livre, Ostrowsky explique que pour le Mossad, tous les moyens sont bons pour défendre Israël. En 1986, il craignait déjà que le Mossad, tel qu'il se positionnait moralement en général et en particulier vis-à-vis des arabes, ne pouvait que devenir une structure fasciste. Il raconte comment, lors qu'à un moment Ytzak Rabin [11] a tenté de contrôler le Mossad, les responsables le laissaient simplement dans l'ignorance de ce qu'il faisait. La structure fonctionnait de manière autonome quand le pouvoir politique était du côté du sionisme "modéré", et pouvait se lâcher avec la droite. On imagine ce qu'il en est aujourd'hui avec les dingues d'extrême-droite qui dirigent aujourd'hui le pays.
L'objectif des sionistes est d'éliminer les arabes du territoire et d'avoir Israël partout, puis d'élargir les frontières pour recréer un "Grand Israël" mythique. Le Mossad est un bras armé essentiel sur les plans politique, commercial, militaire, géostratégique, qui peut faire des choses que l'armée n'est pas en capacité de faire, et qui n'a strictement aucune limite éthique.
Ostrowsky parle de "la droitisation" du Mossad, avant et pendant qu'il y était, du fait que les politiciens d'extrême-droite y plaçaient leurs hommes à des postes-clés. Il produit des agents prêts à tout, dévoués au sionisme, considérant les goys comme des individus de seconde zone et les arabes encore en dessous, qataris et saoudiens compris.
Il parle d'un complexe militaire au sud de Tel Aviv, dans la ville de Nes Ziona, qui serait un centre d'interrogatoire d'où les prisonniers, principalement palestiniens, ne ressortent pas vivants, et où des agents chimiques, biologiques, nucléaires, étaient testés sur eux. Les brevets étaient ensuite transmis à des laboratoires pharmaceutiques. Officiellement ce site n'existe pas, mais de nombreux labos pharma sont présents dans cette ville, dont l'Israël Institute for Biological Research créé par le corps scientifique de l'armée et est placé sous la tutelle directe du 1er ministre.
En Afrique du sud, le Mossad aurait été impliqué dans une mission "humanitaire" de médecins israéliens dans le bidonville de Soweto. Ostrowsky dit que l'hôpital et la clinique étaient soutenus par une structure de Baltimore (USA) qui était une couverture du Mossad, et que l'opération consistait à tester des maladies infectieuses pour le compte des labos israéliens.
L'une des grandes activités du Mossad semble aussi être la vente d'armes, de première main ou d'occasion, très souvent aux deux côtés des belligérants, y compris à des pays ennemis comme l'Iran [12], et à des armées régulières comme à des groupes terroristes. Cela permet de faire rentrer énormément de cash que le Mossad peut dépenser dans ses opérations.
Pour les opérations clandestines à l'étranger, par exemple du sabotage comme ou un assassinat, le Mossad avait deux équipes : l'équipe A du Mossad menait l'opération, et une équipe B était envoyée sur le terrain d'opérations, si possible des locaux du pays en question ou des pions, pour servir de bouc émissaire. C'est ainsi qu'une destruction d'oléoduc au Koweit par le Mossad est passée pour une action des irakiens, ce qui a fait monter la pression avec l'Iran (la guerre entre les deux pays a duré tout au long des années 80).
Parmi les manipulations mentionnées par Ostrowsky, il y a celle des émetteurs radio placés à Tripoli pour tromper les occidentaux sur les intentions de la Libye. Le Mossad avait placé à Tripoli des émetteurs Trojan émettant des messages préenregistrés que les autres pays allaient prendre pour des ordres d'attaques terroristes donnés à ses ambassades par Kadhafi. Les US seraient tombés dans le panneau, ou ont utilisé cela comme prétexte, et ont lancé un raid aérien sur Tripoli et Benghazi le 14 avril 1986 avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, comme le souhaitait le Mossad. La France et l'Espagne, par contre n'y ont pas cru et ont soupçonné une manœuvre du Mossad.
Après cela, la cible du Mossad était Saddam Hussein : "Nous commencerons dès maintenant à la présenter comme le grand méchant", aurait expliqué son chef à Ostrowsky, qui en était étonné car dans la région, Saddam était plutôt modéré vis-à-vis d'Israël, et se positionnait contre l'Iran et la Syrie.
L'affaire Farzad Bazoft, un journaliste iranien travaillant pour des médias anglais et tué à Badgad en 1990, est aussi évoquée. Il était venu avec sa compagne, une infirmière anglaise, pour enquêter sur une explosion dans une usine de munitions. Arrêté, il a été condamné à mort après un procès expéditif, et elle à 15 ans de prison. Dans le livre, Ostrowsky dit que c'est le Mossad qui lui avait fait passer l'info sur cette explosion, en envoyant un agent sous la couverture d'un journaliste qui l'a attiré à Bagdad pour enquêter davantage. Quand ils étaient détenus, le Mossad aurait appelé Saddam Hussein pour lui demander de le libérer lui mais pas elle, et évidemment il a conclu que Bazoft était un agent israélien et l'a fait tuer, pendant qu'elle a été libérée rapidement.
Le Mossad avait repéré Barzoft comme un profil intéressant à manipuler et surtout qui avait trop d'informations en main, quand il travaillait sur la mort d'une autre victime du Mossad, le Dr Cyrus Hashemi un vendeur d'armes qui était un ancien pion du Mossad, et était impliqué dans le programme nucléaire iranien. De ce fait, il s'est retrouvé mouillé jusqu'au cou dans la fameuse affaire Iran Contra [13]. Officiellement il est mort d'une leucémie foudroyante en juillet 1986.
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Le Mossad a évidemment nié en bloc toutes les affirmations d'Ostrowsky, et tout le monde a fait comme si rien n'avait été dit. A part les victimes de ces coups tordus, qui ont, elles, tendance à y donner crédit. Depuis la publication des livres d'Ostrowsky, l'Histoire a aussi montré qu'il avait raison sur le Mossad et sa dérive fasciste, comme sur la dérive fasciste des sionards, dont le monde entier se demande aujourd'hui s'ils ont des limites. Ostrowsky nous donne la réponse : ils n'en ont pas.
[1] Le problème pour les sionistes était que Gorbatchev essayait de rendre l'URSS plus démocratique, ce qui aurait apaisé le conflit avec les Etats-Unis, chose qui, pour eux, était une catastrophe. Israël aurait donc promis aux putschistes de reconnaître immédiatement le nouveau gouvernement et de lui apporter son soutien. En échange, Israël aurait demandé que les juifs soviétiques soient expulsés du pays ou qu'on les en fasse sortir pour qu'ils viennent en Israël apporter du monde pour les usines; l'armée et les colonies.
[2] Le Hamas a été créé en 1987 avec le soutien actif des sionistes, et c'est encore le cas aujourd'hui avec Netanyahu, présent à des postes clés depuis 2009, via le Qatar par exemple. Israël l'a armé et l'a laissé se développer à Gaza en terrorisant les sympathisants de l'OLP, pour diviser les palestiniens, puis pour avoir un prétexte pour attaquer. Des israéliens l'ont confirmé, comme Avner Cohen, responsable israélien des affaires religieuses à Gaza, qui a déclaré au Wall Street Journal en 2009 : "à mon grand regret, le Hamas est une création d’Israël".
[3] Les CCC, créées en 1982, ont selon toute vraisemblance été infiltrées très rapidement par une aile des renseignements belges au service de l'extrême-droite. C'est ensuite le politique qui a laissé durer la manipulation au lieu de les arrêter. Les attentats n'ont commencé qu'en 1984. Quand un juge a commencé à enquêter sur cette infiltration, des cartons entiers d'archives sur cette affaire ont été détruits par la Sûreté de l'Etat.
[4] Sur la vingtaine d'attentats aux explosifs menés entre 1984 et 1987, au moins 8 visaient des cibles de l'OTAN (très présent en Belgique y compris avec des armes nucléaires censées ne pas y être), le reste étaient des cibles capitalistes d'enjeu national.
[5] Toutefois, dans la version officielle il n'est question que d'explosifs dérobés dans une carrière en 1984.
[6] GANSER, Daniele, Les armées secrètes de l'Otan : réseaux stay behind, opération Gladio, et terrorisme en Europe de l'Ouest, Demi Lune, 2007.
[7] Pourtant, le frère d'Uwe Barschel a parlé d'un complot, disant qu'il avait été attiré à Genève pour être tué. Il a conclu en lisant le livre d'Ostrowsky que ce qu'il avait écrit correspondait aux éléments du dossier. Quatre poisons lui ont été administrés successivement en l'espace de quelques heures, "dont une substance inhibant le réflexe nauséeux. Un barbiturique puissant et paralysant s'est finalement révélé mortel", selon un journaliste, et les agents du Mossad ont forcé pour qu'il rentre dans la baignoire. Il apparait aussi que le BND a très vite fait pression pour classer la mort en suicide. Le frère a fait appel à un détective, indic de plusieurs services de renseignements dont le Mossad et le BND, qui est décédé en 1992, la veille du jour où il devait rencontrer un agent du Mossad : crise cardiaque en présence d'une prostituée.
[8] CUENOD Jean-Noël, "L’affaire Barschel ou le mystère de la chambre 317", La Tribune de Genève., 04 février 2023
[9] Ayn Rand prônait des valeurs satanistes dans l'économie et la gestion de la société, et le sataniste d'Hollywood Anton La Vey adhérait totalement à ces postions qui relèvent du culte de l'égoïsme, de l'arrivisme et de l'opportunisme.
[10] MELMAN Yossi, "New Evidence of Mossad Involvment in Belgian Murder Case", Haartz, 4 janvier 2003.
[11] Ytzak Rabin a d'ailleurs fini par être assassiné par balles à Tel-Aviv en 1995, parce qu'il menait des pourparlers relativement constructifs pour la paix en cédant des territoires colonisés, ce qui a excité l'extrême-droite. L'assassin était un facho sioniste déjà suivi (voire contrôlé selon certains) par le Shin Bet, les renseignements intérieurs.
[12] Ostrowsky parle par exemple de l'affaire Avraham Bar-Am en avril 1986: ce militaire israélien avait été chargé par le Mossad de vendre des armes israéliennes à l'Iran. Mais, l'intermédiaire entre lui et le Mossad a été repéré et retourné par le FBI. Le Mossad a envoyé Ostrowsky lui dire de continuer le processus alors qu'il le savait grillé, Bar-Am s'est fait prendre par les Etats-Unis, a dit avoir agi pour le Mossad, mais le Mossad l'a lâché, n'admettant jamais qu'il agissait à sa demande. L'affaire a fini en non lieu en 1989.
[13] En résumé, la CIA a vendu des armes à l'Iran avec l'aide d'Israël, et aussi de la drogue, pour financer ses activités clandestines, notamment le financement des Contras pour faire un coup d'Etat au Nicaragua. Il y a aussi un volet pédocriminel à cette affaire, moins connu.
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